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Soleil Grand Air (417)

Ce Sénégalais, descendant de Bouna Alboury Ndiaye, s’est fait une place en or dans le business de la Nba. Il fait office d’intermédiaire pour les contrats des Français du basket américain.

Bouna Ndiaye a réussi sa vie : pour ses 50 ans, il a reçu une Rolex. Ce n'était pas une promesse gratuite. Il a de quoi s’offrir un tel privilège, l’homme fait office d’intermédiaire dans l'export de joueurs français à la Nba. Bouna Ndiaye débarque adolescent en France, en provenance du Sénégal, avec quatre frères et sœurs et sa mère, petite-fille d'un colon français. Le père, entrepreneur et diplomate, est resté au pays. Contrairement à la plupart des jeunes de banlieue, les études lui tentent. Pour financer son cursus en économie d'entreprise, il nettoie les ¬avions à Roissy et organise des soirées sur le campus.

Son sourire enjôleur et un sens certain du contact tissent les premiers réseaux. Bouna était très présent dans le phénomène Streetball des années 1990. Il avait un côté grand-frère pour les joueurs de banlieue parisienne. Bien qu’il soit toujours obnubilé par le basket, il fut un joueur modeste, en -deuxième division, avec un salaire de 8.000 francs français par mois. Avec ComSport, l'idée est de dénicher les joueurs à fort potentiel pour les développer jusqu'en Nba. A force de détermination et d’abnégation, la planche à billets finit par chauffer. De quoi offrir à cet élastique de 2,16 m la plus grosse fiche de paie du sport français : plus de 23 millions d'euros annuels. Total des nouveaux contrats : 371 millions de dollars. Le pactole ne passe pas inaperçu, même dans une ère d'opulence née de droits télé. Au passage, une commission de 4 % et de sacrés galons pour l'agent, négociateur à sang-froid mais mine de gamin réjoui une fois apposée la signature en bas de page. Si Tony Parker est démarché en vain, l'escouade finit par prendre forme. Ndiaye passe en force, en attaquant la puissante association des joueurs Nba. Mais le rêve américain passe par une licence. Pour l'obtenir, un numéro de Sécu local est impératif. Derrière sa réussite, se cache des moments caractéristiques de rudes épreuves.

Bouna s'est souvent fait plaquer. En 2005, la draft, foire aux jeunes joueurs appelés à intégrer le grand monde, dessine un autre tournant. Le départ le plus douloureux ? Celui de Ronny Turiaf, à l'orée d'un contrat de 17 millions de dollars. Pour mieux s'affranchir, Ndiaye s’est installé à Dallas avec sa femme et ses enfants. C'est là-bas qu'il avait placé son premier joueur. Vingt ont suivi. En tête de gondole, Nicolas Batum, pris en main à 16 ans, dont la trajectoire exponentielle a permis de lever les doutes sur le savoir-faire du chaperon. Dans le landerneau français, les jalousies bruissent mais jamais publiquement. Quarante ans qu'il n'était pas retourné à Linguère, 300 km au nord-est de Dakar. On l'a accueilli avec égards, pas tant pour saluer son succès que sa généalogie. Il a envie de perpétuer la trace familiale, projette d'y construire une école. Autour, il y aura des terrains de basket.

Le leader du parti le Front national de salut public « Mome saa rew » ne fait pas dans la langue de bois. Il se dit nationaliste et l’assume pleinement autant dans sa démarche, ses actes que son propos. Malick est décidément un père Noël qui n’aime pas distribuer des cadeaux.

À la perspective d’une rencontre avec « Malick Noël Seck », quelques idées reçues d’avance sur le caractère fougueux de notre hôte nous avaient laissé dubitatif. Nous nous sommes laissé, comme pour la plupart, entrainer dans un flot de préjugés rien qu’à y penser. Ce père Noël qui, dit-on, ne distribue point de jouets à tout bout de champ, nous avait-on prévenu. Pour faire court, disons-le, il est l’opposé de ce que nous pensions. Il affiche une apparence assez stricte certes et le port léger en ce dimanche, jour de repos. Un sous-vêtement blanc assorti d’un jean noir quelconque. Relaxe donc ! Côté gabarit ? Ce n’est pas un colosse à véritablement dire, mais il n’est pas petit non plus. Il tient bien dans son corps.

Une grande maison précieusement décorée par des fleurs minutieusement choisies et amoureusement entretenues. « C’est une des passions de ma mère. Elle adore prendre soin de ses fleurs qui contribuent à embellir sa vie », note Malick dans un brin de sourire. Le père est un ancien diplomate qui a servi au Sénégal et à l’étranger.

« Réfléchir pour soi-même, essayer de comprendre, remettre en cause le point de vue dominant tant que celui-ci ne constitue pas le meilleur », voilà les devises qui animent Malick Noël Seck. Il aime briser les résistances, les positions établies. Avec cet acharnement, aucune difficulté ne le décourage. Pas d’esprit de revanche cependant ni d’ambition mondaine, non plus, assure-t-il. C’est autre chose. « La passion du challenger plutôt que du trophée. L’amour de la défense de la « patrie » est un perpétuel défi chez lui. Une jolie rage donc. « C’est juste que j’ai mes convictions qui diffèrent de celles de la plupart des gens », relève-t-il. « Il y a du militaire chez cet homme politique. Il est exigeant, rigoureux, pénible à la limite dès lors qu’il s’agit d’aller au front afin de mener des combats de principe », note un de ses anciens compagnons du Parti socialiste. Malick, malgré l’apparence, traine la réputation d’avoir « un grand respect des personnes et un sens aigu des relations humaines ». Il compte beaucoup d’amis et entretient des relations fraternelles. Il est plutôt taquin de nature et aime détendre l’atmosphère. C’est quand il s’agit de défendre des principes que Malick manifeste une rigueur à friser l’insolence pour certains », note cette connaissance qui exige l’anonymat. Ceux qui le décrivent sous les traits d’un homme violent ne connaissent vraiment pas l’homme, souligne-t-il.

Malick Noël s’exprime avec aisance, dénonce sans notes. Il maîtrise son sujet et dégage une cohérence dans sa ligne de conduite.

Un combattant dans les idées
Il a très tôt compris qu’il ne fallait pas se perdre dans les dissensions internes et qu’il valait mieux s’exprimer à l’extérieur, si « on arrive plus à accorder les violons dans la même organisation politique ». La liberté de ton en bandoulière, il n’hésite pas à couper les ponts. Traditionnellement rangé dans la bande de ceux qui critiquent avec la dernière énergie, Malick traine le comportement du cogneur idéologique. Lui dit être plutôt adepte de l’échange contradictoire.

Malick a douze ans lorsque son papa est affecté en France, à l’Unesco plus précisément. Toute la famille plie bagages, destination le pays de Marianne. Le gamin qui vient alors de débarquer ne mettra pas beaucoup de temps à trouver ses marques. « Tout de suite, je me suis fait des amis. Les enfants de mon âge m’avaient très bien accueilli. Vous savez, à cet âge, l’être humain ne connaît pas encore la méchanceté, les préjugés et le racisme. On accepte autrui comme il est », souligne-t-il, le visage serein.

Il a fait l’école du Plateau puis les Maristes jusqu’en sixième secondaire. Le collège se déroule en France, puis le lycée, ensuite les études supérieures. Il est titulaire d’un baccalauréat B option économie. Malick apprend la gestion et se spécialise en comptabilité. Il a travaillé en Autriche dans une boite spécialisée dans les montages de grands projets. Dès que l’occasion se présente, il ne se fait guère prier pour rejoindre les siens au Sénégal, nous sommes en 1997. « J’avais besoin de maintenir ce contact fusionnel avec autant les membres de ma famille que mes amis d’enfance. Au fond, je crois que cela m’a beaucoup aidé à ne point oublier d’où je venais », souligne-t-il.

Découvert par le grand public en 2012, Malick Noël Seck assure s’être engagé en politique, bien avant cette date, en 2003 plus exactement. « D’ailleurs, j’ai été pour la première fois en taule en 2008 pour avoir osé marcher contre les coupures d’électricité devenues récurrentes à cette période », se souvient-il. Lui et quatre de ses autres camarades socialistes sont ainsi arrêtés. L’affaire était passée presqu’inaperçue dans les médias. « Juste un média de la presse écrite avait relaté l’affaire évoquant l’incarcération de cinq jeunes socialistes », se rappelle Malick.

Le politique engagé
Il finit par jeter son dévolu sur le Parti socialiste qui venait, deux ans plus tôt, de perdre le pouvoir. « Le choix n’était point hasardeux. Cette formation venait de perdre le pouvoir après l’avoir contrôlé quarante années durant. Son intégration sera non seulement facilitée par son engagement mais également son compagnonnage d’avec son ami d’enfance Barthélemy Dias, actuel maire de Mermoz Sacré-Cœur. « Avec Barth, nous avons grandi ensemble, notre amitié date de l’enfance. Lui était déjà très tôt dans la perspective de se lancer un jour dans la politique, l’influence paternelle aidant certainement », note-t-il. Le duo fera très mal au pouvoir en place de l’époque. Leur posture radicale leur vaudra d’ailleurs, à deux reprises, des séjours carcéraux. Le duo « Barth-Noël » est né au grand dam du pouvoir libéral. Des « incompréhensions » auront raison de ce compagnonnage.

« Nous n’avions plus la même vision politique des choses. Chacun est parti de son côté. Mais, cela n’a, en aucun cas, mit en péril notre fraternité. Barthélemy reste et demeurera à jamais un frère », note Malick Noël. Sans rancœur aucune donc ? Il sourit et répond : « Non, la rancœur appartient aux faibles. Toutefois, nous sommes des hommes et devons rester libres ».

Par Oumar BA

À l’heure du tout jetable et de la production à grande échelle, il est légitime de se demander si le métier de cordonnier nourrit son homme. Certes, à travers les siècles, les cordonniers ont su démontrer leur talent, non seulement pour protéger les pieds, mais également pour les couvrir de façon élégante.

L’industrialisation excessive semble bousculer le quotidien du métier de cordonnier. Au lieu de se faire confectionner une chaussure sur mesure, il devient plus courant, pour certains usagers, de les acheter directement dans les grandes enseignes et les chaines de distribution. Les chaussures confectionnées en Asie sont de si bon marché que la réparation de certains modèles coûte plus cher que l’acquisition d’une nouvelle paire. Toutefois, depuis quelques temps, cette tendance semble s'inverser et la cordonnerie a su s'adapter aux nouveaux modes de consommation, en proposant des produits conformes aux exigences de la clientèle, sanctionnés de prestations de qualité. Un détour à la Médina prouve à souhait que l’artisanat local de la confection de chaussures a de beaux jours devant lui. Le secteur confronté à des difficultés il y a de cela quelques années s’est apparemment relevé du bon pied. Doucement, mais sûrement, la cordonnerie locale est en train de filer un marché porteur essentiellement composé d’usagers locaux. Ici à la Medina, pour se faire confectionner une chaussure, il est essentiel de passer une commande à l’avance. La majeure partie des chaussures exposées ont déjà trouvé preneurs. Seules quelques-unes sont proposées à la vente libre. « Nous sommes dans le secteur depuis des générations. C’est de grands-pères en petits-fils que nous nous sommes transmis ce savoir-faire », souligne Amadou Guissé, qui tient échoppe à la Médina. Ce legs serait, selon lui, à l’origine d’une clientèle conquise d’avance. « Les commandes proviennent essentiellement de commerçants établis à Dakar et dans les autres régions. Ils appellent pour communiquer les modèles, envoient l’acompte sur le prix convenu et nous entamons le travail, pour toucher le reliquat après livraison », précise-t-il. Ici, ce sont essentiellement des chaussures à base de semi-cuir qui sont vendues. Pour cela, les artisans font continuellement recours au tannage traditionnel du cuir. « Cette opération consiste à transformer la peau en cuir grâce à des tanins », souligne-t-il.

Birane est un homme d’affaires aguerri. Agé tout juste de 34 ans, il n’en demeure pas moins très expérimenté en « business ». Très tôt, il dit s’être initié aux activités commerciales. Il ne se focalise pas sur un seul secteur et compte plusieurs cordes à son arc. Ces temps-ci, Birane a jeté son dévolu sur la cordonnerie locale. « Je me rends à Ngaye où je m’approvisionne en chaussures, pour ensuite aller les écouler à l’extérieur. Je les ventile un peu partout : dans la sous-région, en Italie, un peu en France et à Dubaï », note l’homme d’affaires. Il ne se plaint pas outre mesure de cette trouvaille : « Les chaussures sénégalaises sont très bien appréciées à l’extérieur », assure-t-il. Cette activité lui rapporte suffisamment de bénéfices à tel point qu’il pense « exclusivement s’y consacrer ». Le prix des sandales de Ngaye varie entre 5.000 et 10.000 Ffrancs Cfa, informe-t-il. A la vente, « il m’arrive de doubler le prix d’acquisition », souffle-t-il.

Selon lui, les cordonniers devraient commencer à se considérer non plus comme des « bricoleurs » de subsistance, mais plutôt comme des entreprises et mettre en place des stratégies de croissance et des objectifs qui peuvent être productifs, plaide-t-il. Selon Birane, « l’artisanat est sans doute le secteur offrant le plus d’opportunités à l’export ».

Des chaussures accessibles à toutes les bourses
Si la plupart des cordonniers préfèrent acheter le cuir importé, c'est parce qu'il facilite la fabrication artisanale des chaussures. Et ce travail requiert moins d'énergies. « Après avoir acheté la peau traitée on doit y enduire de l'huile pour lui donner la couleur souhaitée. Le processus peut parfois prendre du temps », informe Aly Mbow, cordonnier à Sandaga.

La crise économique et la diminution du pouvoir d’achat sonnent le renouveau du métier de cordonnier. En effet, outre la volonté de soutenir l’artisanat local, il devient plus judicieux de réparer ses chaussures abimées que de les jeter. Par ailleurs, le métier de cordonnier a grandement évolué : « Les techniques employées et les matériaux utilisés permettent aujourd’hui de redonner une nouvelle jeunesse aux souliers », précise Aly.

La qualité de la peau utilisée est très importante ; plus elle est consistante, plus le prix est élevé. Le motif de la chaussure est aussi pris en compte. Certains modèles sont beaucoup plus faciles à confectionner que d’autres, ce qui, à coup sûr, se répercute sur la fixation du prix, souligne Amadou Guissé, cordonnier à la Médina. Toutefois, assure-t-il, toutes les bourses peuvent s’offrir un soulier. « Les prix commencent à 3.000 FCfa et peuvent aller jusqu’à 15.000 FCfa », note-t-il. Tout le monde ne peut pas s’approvisionner en cuir sachant qu’« il n’y a aucune usine de transformation du cuir au Sénégal, et c’est ce qui fait défaut dans le métier », déplore-t-il.

La qualité du travail du cordonnier constitue un atout qui milite en sa faveur, notamment lorsqu’il s’agit d’une création. Beaucoup de ces spécialistes n’hésitent pas à proposer d’autres services comme la maroquinerie, pour compléter leur revenu et étendre leur clientèle. Cheikh Guèye, trouvé au marché Thiaroye, fait décidément parti de ceux-là. Ses chaussures, il les achète au marché Petersen. « Je maîtrise les goûts de ma clientèle. Voilà ce qui me pousse à apporter une nouvelle touche aux chaussures que j’achète », informe-t-il. Cette nouvelle touche est doublement payante. « Elle permet non seulement de vendre plus vite la chaussure, mais aussi et surtout cela augmente le prix de vente », assure-t-il. Cheikh Guèye dit vivre de ce métier.

D’autres se spécialisent exclusivement dans la réparation ou la confection de chaussures spécifiques. C’est le cas de Mamadou Kassé. Il est âgé d’une soixantaine d’années. Mamadou est installé à Yeumbeul. Cela fait plusieurs années qu’il répare des chaussures. « Je capitalise plus d’une trentaine d’années d’activités dans la réparation des chaussures. Cette activité m’a permis de m’occuper de ma famille des années durant », souligne-t-il. Aujourd’hui, la relève est prise par sa progéniture. « Certains de mes enfants ont grandi et s’occupent depuis lors de la nourriture familiale et des dépenses afférentes à la tenue de la maison », se réjouit-il. Toutefois, il s’est résolu à continuer son activité, ce qui lui permet de « subvenir à ses besoins personnels ». Qu’en est-il de son gain journalier ? Il varie : « Il m’arrive de repartir avec 7.000 ou 200 FCfa, c’est selon les jours », informe-t-il. Globalement, s’il fait les calculs à la fin du mois, il gagne quotidiennement « 3.000 FCfa ».

Nécessaire professionnalisation
La plupart de ces fabriques demeurent artisanales parce qu’elles ont été mises sur pied juste pour des besoins de survie et elles évoluent : « au jour le jour ». « C’est surprenant de savoir qu’il y a des cordonniers qui réparent des chaussures depuis trente ans, mais ils n’en ont jamais confectionné une paire. Ce n’est pas qu’ils en soient incapables. Le problème est qu’ils n’en ont pas l’idée, le plan et le rêve de conduire leur business vers une étape supérieure », s’indigne Abou, un étudiant trouvé sur place. Il est d’avis que les industries artisanales devraient travailler à développer leurs produits, leurs services ou encore leurs idées. « Il s’agit de travailler à l’amélioration qualitative et quantitative du produit ou service, l’amélioration de la présentation du produit, la production de nouveaux produits et l’innovation dans la façon de faire », souligne-t-il.

Confection d’amulettes
C’est un décor étonnant et captivant à la fois. Des amulettes sont minutieusement rangées. Certaines ont déjà été confectionnées et n’attendent que leur propriétaire. D’autres sont en phase de l’être. Dans une scénographie étonnante, ces amulettes sont minutieusement rangées dans l’atelier d’Ibou Touré. Des gris-gris destinés à être portées, d’autres à orner maisons, véhicules et autres… Deux traditions sont ainsi mises en exergue : africaine et islamique.

« Ces amulettes sont des prescriptions de marabouts. Elles sont très chargées. Ce sont souvent des objets codifiés. Ces objets servent autant à attaquer qu’à protéger », note le cordonnier qui s’affaire à son activité favorite. Toutes les catégories sociales viennent vers lui: hommes politiques, hommes d’affaires, civils, pauvres, riches. Cette activité devenue très « florissante » permet à Ibou de subvenir à ses besoins en entretenant ses rejetons. Père de famille, Ibou assure nourrir quotidiennement une dizaine de bouches. Seule son activité de confection de gris-gris lui permet de subvenir à ses besoins. « Tout est parti d’une histoire d’initiation. De père en fils, j’ai reçu les sciences occultes qui permettent de faire face aux éventuelles déconvenues », informe-t-il. La confection de certaines de ces amulettes exige des comportements spécifiques. « Il m’arrive de confectionner des amulettes où on est tenu de garder le silence, tout le processus durant », note-t-il. Il est également courant de « se déshabiller nu, afin de satisfaire les exigences et les prescriptions d’une amulette », note-t-il. Le prix le plus accessibles est 500 FCfa, toutefois, les prix peuvent grimper jusqu’à 10. 000 FCfa, c’est selon la nature de l’amulette et parfois les risques et les exigences qui vont avec sa confection, note-t-il.

Par Oumar BA

Peu connu du grand public, très reconnu au sein de sa formation politique, Alliance pour la République (Apr), Pape Gorgui Ndong, Pape Ndong tout court pour les intimes, valse entre anonymat et discrétion. L’homme au visage juvénile, à la taille moyenne et au gabarit d’un gringalet n’en est pas pour autant un enfant de chœur. Il s’est forgé à travers le temps et les épreuves, comme dirait l’autre, des épreuves essentiellement politiques. Pape Ndong fait en effet partie des premiers militants qui ont adhéré à la cause de Macky Sall, alors opposant à la quête du pouvoir. C’est dans la tumultueuse banlieue de Dakar Pikine, aux enjeux politiques multiples et à l’électorat considérable, mais pas tout à fait dénuée de risques, que Gorgui Ndong s’engage. Il va, durant toute la traversée de l’opposition, diriger la section des jeunes de l’Apr dans tout le département de Pikine. Un travail qu’il va mener avec acharnement, qui au passage ne manquera pas de lui valoir autant d’admirateurs que des critiques. Muni de sa carapace, il va conduire les destinées du parti non sans difficultés, jusqu’à leur accession au pouvoir. Il hérite alors de la direction générale de l'Agence pour l'emploi des jeunes des banlieues (Ajeb). A la faveur de la dernière élection locale, il est élu maire de Pikine-Ouest. Tout récemment, ce spécialiste en gestion des ressources humaines, précédemment membre du Collège du Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT), est nommé ministre délégué auprès du ministre du Renouveau urbain, de l’Habitat et du Cadre de vie, chargé de la Restructuration et de la Requalification des banlieues, en remplacement de Madame Fatou Tambédou. «Audace et Raison d’Espérer ! ARE », tel a toujours été la philosophie du nouveau ministre. Ceux à qui il a, ne serait qu’une fois, eu à envoyer un sms ne le démentiront point.

Mohammed Dewji est un entrepreneur tanzanien qui a transformé l'héritage familial en un groupe diversifié. Mohammed Dewji dirige un groupe qui réalise près de 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Un ancien groupe de négoce dont il a hérité et qu’il a transformé notamment dans l’industrie, la téléphonie, l’électronique et qui possède une trentaine d’usine dans son pays, la Tanzanie.

Mohammed Dewji a mis quelques années avant de s’imposer comme un patron incontournable. Ces dernières années, il est devenu l’un des dirigeants les plus en vue d’Afrique : depuis 2012, il enchaîne les récompenses. En 2014, il fait notamment partie du classement des dix personnalités africaines les plus puissantes. La même année, il intègre le top 100 des jeunes leaders économiques dans le monde. L’année suivant, il est nommé dirigeant de l’année par African Business Magazine. Si Mohammed Dewji réussit, d’ici à 2018, à atteindre les 5 milliards de dollars de chiffre d’affaires, il pourrait rapidement rejoindre les plus grands du continents.

Parmi les cent personnalités du classement Forbes des personnalités africaines les plus riches, Mohammed Dewji fait figure d’exception. A seulement 40 ans, il cumule une fortune de 1,1 milliard de dollars. Assez pour être l’un des 23 milliardaires que compte l’Afrique. Surtout, il est le plus jeune de ce classement. « L’une des figures de proue de cette nouvelle génération d’entrepreneurs africains », résume Le Monde. Malgré son jeune âge, Mohammed Dewji a déjà un CV impressionnant : depuis 2011, il est à la tête de l’entreprise familiale, MeTL. Une entreprise qu’il a métamorphosée depuis son arrivée. Depuis sa prise de fonctions à la présidence du groupe, il en a fait le plus gros conglomérat de Tanzanie, avec des statistiques extraordinaires : il a notamment multiplié par quarante le chiffre d’affaires de la société. Ce dernier dépasse le milliard de dollars depuis désormais deux ans. Et c’est loin d’être fini… D’ici à 2018, Mohammed Dewji veut «passer de 24 000 à 100 000 employés. » Surtout, il veut encore multiplier par cinq le chiffre d’affaires du conglomérat. Un objectif qui pourrait être atteint, tant l’internationalisation de MeTL est en marche.

Car son conglomérat est bien plus qu’une société tanzanienne. Mohammed Dewji voit plus grand que le marché de son pays : MeTL exporte déjà ses produits dans huit pays de la sous-région. Dans tous les secteurs : savons, détergents, textile, huiles de cuisine. En tout, le milliardaire est à la tête de 25 sociétés et possède plusieurs dizaines de marques. Le tout, produit dans une trentaine d’usines un peu partout dans le pays. Il est loin le temps où Mohammed Dewji était encore sur les bancs de la Georgetown University, aux Etats-Unis. Ce n’était pourtant qu’en 1998.

On a l’habitude de dire que le travail scientifique est une réalisation commune et non pas l'œuvre d'un cavalier seul. A lui seul, il a su adapter la science à son milieu. N’est-ce pas lui qui a traduit les mathématiques en wolof pour plus d’accessibilité. Sakhir Thiam, une vie, un combat, l’enseignement. Mathématicien, linguiste et musicien, il se consacre aujourd’hui à la gestion de son Université Dakar-Bourguiba en dehors de son sport-business, l’hippisme.

« Ne demandez jamais quelle est l’origine d’un homme, interrogez plutôt sa vie et vous saurez ce qu’il est ». Cet adage servirait bien à celui qui veut revisiter sa trajectoire pour mieux le connaître et le faire connaître au grand public. Des mathématiques à la linguistique en passant par la musique, Professeur Sakhir Thiam aime maîtriser son sujet. Autre qualité de ce poète et musicien, la communication. C’est un homme au verbe facile avec une bonne maîtrise de la langue de « Kocc », mais également celle de Molière. D’où une parfaite adresse. D’ailleurs, le rencontrer vous fait courir le risque d’être séduit à tel point d’en oublier l’essentiel. Dans l’ombre de cet innovateur qui a fait bouger les lignes dans tous les domaines, on a toujours de la matière pour remplir de longues pages de notions scientifiques, linguistiques et musicales.

Son vaste bureau, avec quelques box, s’accorderait parfaitement à son écurie de chevaux située à la périphérie de Dakar. Trophées, instruments musicaux et supports pédagogiques y rivalisent d’éclat. Une sorte de fourre-tout qui fait ressortir nombre de ses qualités.

Une vie au service de l’enseignement
Le professeur Sakhir Thiam est un innovateur animé par l’envie de faire bouger les choses. Il fait partie des premiers à envisager l’enseignement à distance avant qu’il ne soit devenu une tendance. Ses cours filmés, agrémentés de musique puis projetés dans des salles de cinéma sont un bel hommage à la technologie. Son esprit sémillant lui permet, parfois, de trouver des idées géniales qui, malheureusement, se retrouvent entre d’autres mains ? L’Université virtuelle africaine (Uva), une de ses idées majeures, s’est retrouvée dans l’escarcelle d’autres investisseurs.

Agrégé de mathématiques  de l'Université de Paris, puis Docteur en économie théorique des Universités Paris VI et Paris IX, cet ancien ministre de l’Enseignement supérieur a été au début et à la fin des bouleversements notés dans l’enseignement supérieur au Sénégal. Après son vaste chantier de traduction des sciences exactes, notamment les mathématiques en Wolof, il a été à la base de l’intégration des langues nationales dans l’enseignement supérieur au Sénégal et en Afrique. Directeur de l’Institut national d’étude et d’action pour le développement de l’éducation (Ineade), il crée dans les années 1995 sa propre université.

Président de l’Université Dakar-Bourguiba, il a voulu en faire une alternative pour répondre au problème lancinant du chômage des diplômés de l’enseignement supérieur et à leur massification à travers un enseignement supérieur professionnel. En effet, il a créé de rapports clairs avec le monde du travail en promouvant des filières qui répondent aux besoins de ce dernier. L’Udb est aujourd’hui un carrefour d’étudiants venus d’horizons différents à la recherche d’une formation qualifiante.

Science et musique, la parfaite harmonie
Si sa casquette de scientifique est la plus apparente, le professeur Thiam garde des cordes moins connues à son arc. Il est, en effet, un grand musicien. Auteur, compositeur, cet artiste est l’auteur de l’hymne de la Coupe d’Afrique des nations (Can) de 1992, intitulé « Bukkuw » et interprété par les Ouzettes.
Un des fondateurs et chef d’orchestre de Xalam I créé dans les années 1960, il avait interprété musicalement et en wolof, en 2012, les réformes du code électoral qui avaient, selon les autorités compétentes, subi l’usure du temps. Des aptitudes acquises après un passage à l’école des beaux arts.

Hippisme rentable
Ayant grandi dans l’environnent des chevaux, ce linguiste s’enrichit du wolof authentique parlé par les palefreniers venus de l’intérieur du pays. Des capacités linguistiques renforcées après son passage au Daara Mor Cissé Mbaye de Diourbel. A côté de ces derniers, il a appris à monter au cheval même s’il n’a « jamais été brillant à cause de ses longues jambes ». Son amour pour la race équine s’est renforcé depuis, encouragé par les exploits de ses chevaux qui en sont à leur 18ème grand prix du chef de l’Etat. L’hippisme pour ce passionné est un sport-business qui appelle une privatisation de la société hippique.

Par Marame Coumba SECK

A Sophia-Antipolis, Orange va tester ses antennes 5G avant une mise en service dès 2020…

Une cage coupée du monde pour mieux le connecter dans les années à venir. Ce vendredi après-midi, Orange et l’université Côte d’Azur, par le biais du Centre de recherche mutualisé sur les antennes, vont inaugurer à Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes), une chambre anéchoïque – ses parois absorbent les ondes électromagnétiques – « unique en France », annonce l’opérateur.
La nouvelle norme proposera « un débit jusqu’à 30 fois supérieur à celui de la 4G », promet Orange. Les données pourront être reçues à une vitesse allant jusqu’à 10 Gb/s et avec une latence (le délai entre l’envoi d’une requête et la réception de l’information) raccourcie de 25 à 5 millisecondes. Autre avantage : en plus de proposer davantage de données à la seconde, la 5G devrait utiliser la même consommation d’énergie que la 4G. La future technologie « devrait relier non seulement les smartphones et les tablettes mais aussi des objets connectés aussi variés que des vêtements, de l’électroménager, des voitures, du mobilier urbain ou même des végétaux », prédit également Orange.

« On n’en est qu’au début, indique-t-on du côté de l’Arcep, l’autorité de régulation des communications électroniques et des postes. Cette technologie n’est pas encore normalisée. Des tests qui nous sont demandés par les opérateurs et les équipementiers sont accordés mais la priorité reste encore le développement de la 4G. » Cette révolution numérique se prépare en tout cas. Dans la technopole azuréenne, mais pas seulement.

A Rennes, B Com a également obtenu « l’autorisation d’émettre des fréquences pour tester les composants de la future 5G », indique Michel Corriou, directeur réseaux et sécurité de cet Institut de recherche technologique (IRT).

Alors, c’est pour quand ?
Pas avant 2020, pour les premières commercialisations. Des tests grandeur nature sont programmés d’ici là. Et notamment en 2018, à l’occasion des Jeux Olympiques d’hiver en Corée du Sud. Le Japon devrait être le premier à dégainer des abonnements 5G, au moment des Jeux olympiques d’été de Tokyo, en 2020.

Dans la foulée, « l’Amérique du Nord connaîtra un déploiement rapide et massif », prédit l’institut B Com. Et alors quid de l’Europe ? « Avec l’absence d’opérateur dominant, des marchés nationaux disparates et une gestion des fréquences à allouer plus contrainte, elle sera à la traîne », annonce-t-il également. Dommage…

Héritier d’un passé de près de sept siècles, Kahone constitue, à elle seule, les pages d’un livre d’histoire à ciel ouvert. Hier, ancienne capitale du royaume du Saloum, cette ville carrefour située dans le bassin arachidier refuse de lire son avenir au passé. Elle a retrouvé l’espoir et affiche un autre visage. Aujourd’hui, Kahone est promise à un bel avenir où la culture pourra jouer un rôle de premier plan dans son développement durable.

Celui qui ne maîtrise pas très bien l’histoire de Kahone ne peut pas imaginer que cette ville, plongée dans l’anonymat, a écrit l’une des plus belles pages de l’histoire du Saloum. Mais au contact des mémoires vivantes de cette localité, on se rend bien vite compte que son passé historique est très riche. De l’intronisation du premier Buur Saloum, Mbégane Ndour, en 1493, à aujourd’hui, Kahone a connu une expansion fulgurante, sa population a augmenté et de nouvelles implantations ont vu le jour.

Une ville, près de sept siècles d’histoire !
Située à quelques jets de pierres de Kaolack, la commune de Kahone, ancienne capitale du Saloum, reste une ville très ancienne avec près de 700 ans d’histoire. Kahone qui a connu les aléas de l’histoire riche et mouvementée du royaume du Saloum, concentre le plus grand nombre de monuments historiques, témoins d’un riche passé. Une flânerie dans le cœur historique de la ville se transforme en un voyage dans le temps. De sa création à 1969, quarante-neuf Buur Saloum se sont succédé au trône. Mais avec l’avènement de l’indépendance, Kahone est presque tombée dans l’oubli, vivant pendant plusieurs décennies, dans l’ombre de sa grande voisine : Kaolack.

Traversée par la route nationale n° 1, cette ville qui couvre une superficie de 25 km2 avec une population de plus de 15.000 habitants, jouit d’une position privilégiée. Une fois les pieds à terre, le visiteur découvre une ville paisible, mais en pleine renaissance. Premiers symboles de la modernisation de Kahone érigée en commune en 1996 : les équipements ont sonné le glas à cette allure villageoise restée longtemps collée à la peau de cette ville. Selon le maire, Ousseynou Senghor, en place depuis 2009, son équipe œuvre, sans relâche, pour la prospérité de la ville.

Beaucoup de changements ont également été notés, notamment sur le plan socioéconomique, des infrastructures de base, de l’éducation, de la santé, de l’électrification, de l’accès à l’eau. Selon le maire, la renaissance de Kahone était perceptible vers les années 1996 et 1997, mais le décollage s’est réellement fait ressentir en 2009. « La ville a grandi très vite et a connu une expansion démographique galopante. Des quartiers comme Kanda ont doublé leur population en cinq ans. C’est étonnant du fait des extensions concernant les lotissements, car Kaolack ne disposant plus de terres, tout le monde se rue vers Kahone qui est devenue une véritable terre d’accueil », explique le maire Ousseynou Senghor. Selon lui, Kahone s’est totalement urbanisée du fait de sa proximité avec Kaolack. Même si, soutient-il, la proximité avec Kaolack n’apporte pas grand-chose à Kahone. Malgré cette renaissance, le maire reconnait que les défis sont nombreux. Sur la liste, figure la construction d’un lycée digne de ce nom, mais aussi d’un poste de santé. « Kahone est devenue très grand. On est très proche de Kaolack, mais avec cette population, on a besoin d’un centre de santé de référence avec le soutien des pouvoirs publics », plaide-t-il.

Guy Ndiouli, symbole du royaume
Kahone Gouye NdioulyGuy Ndiouli (le baobab des circoncis) occupe une place centrale dans l’histoire, la culture et la tradition du Saloum. Tous les rois du Saloum, sans exception, ont été intronisés à Guy Ndiouli. « Le promu Buur Saloum, après quelques épreuves comme le tas de sable, venait vers le baobab. Il y avait une branche oblique qu’il devait monter sans s’appuyer nulle part. Le nombre de pas franchis sur le trône équivalait au nombre d’années de règne », explique Cheikh Mbaye, actuel « Ngarandou » du Saloum sous le règne de Buur Saloum Mbaye Badiane. Selon lui, le huitième Buur Saloum, Maléotane Diouf, a le plus duré au pouvoir avec 45 ans de règne et Socé Bigué Ndiaye, trente sixième roi, a eu le règne le plus court avec seize jours. « Ce n’était pas n’importe qui, qui était intronisé Buur Saloum. En plus d’être descendant de la lignée des Guélewars, le promu Buur devait aussi être une tête », précise-t-il.

Guy Ndiouli était la place où le Buur Saloum organisait les cérémonies de circoncision. À l’époque, indique M. Mbaye, les circoncisions ne se faisaient pas n’importe comment. C’est le Buur Saloum qui donnait l’autorisation. Et il le faisait périodiquement. « Il regroupait tous les adolescents à Guy Ndiouli pour qu’ils subissent l’épreuve de circoncision. Après, on les gardait là-bas des mois pour leur inculquer certaines valeurs comme le civisme, la bravoure, mais aussi le métier des armes parce que les attaques étaient nombreuses à l’époque. Et ces adolescents devaient plus tard être les défenseurs du royaume », fait-il savoir. Guy Ndiouli a également été le théâtre d’une grande bataille appelée « dimansou Guy Ndiouli », qui opposaen 1862 Macodou Birama Fall du Cayor (un damel déchu) et son fils, le buur Saloum, Samba Laobé. « C’est pourquoi, aujourd’hui, c’est un grand symbole. Nous Saloum Saloum, qui connaissons bien l’histoire de cet arbre, allons très souvent nous ressourcer là-bas », assure-t-il.

Guy Guewel, une fierté pour les griots
Il n’y a pas que Guy Ndiouli à Kahone. Guy Guewel fait aussi partie de l’histoire. C’était le cimetière des « pares », illustres griots de la cour royale. Selon M. Mbaye, Wal Boumy, frère du Buur Saloum Latmingué Diélène Ndiaye, avait une affection vis-à-vis de son griot Mbathie Ndiaye. « À la mort de ce dernier, il n’a pas voulu qu’on l’enterre parce qu’il ne voulait pas être nostalgique. Il a donc préféré creuser le tronc d’un baobab pour mettre son griot à l’intérieur. Chaque fois qu’il avait envie de le voir, il venait se ressourcer et repartir. C’est ce qui a fait Guy Guéwél », raconte M. Mbaye. Selon lui, beaucoup de griots qui étaient considérés comme des personnages importants du royaume étaient enterrés dans cet arbre, mais avec l’islamisation, précise-t-il, ces pratiques ont disparu. « Bien que nous consolidions cet acquis historique, nous sommes des musulmans à part entière », souligne-t-il.

Un Gamou qui attend l’implication de ses fils
Kahone, c’est aussi son gamou initié sous le règne du Buur Saloum Latmingué Diélène Ndiaye. Cet évènement qui reçoit, chaque année, pendant trois jours, des milliers de personnes était organisé à chaque approche de l’hivernage. « L’idée principale était de prier pour un bon hivernage, des récoltes abondantes, mais c’était aussi la période où le Buur Saloum devait procéder à l’évaluation de son royaume. C’était comme une sorte de conseil des ministres », explique M. Mbaye. « Aujourd’hui, le gamou vise à sauvegarder l’histoire de Kahone. Pour que cette culture et cette tradition ne s’envolent, il faut des gens qui soient debout, dynamiques, très organisés pour consolider les acquis », affirme-t-il. El Hadji Ousmane Sarr, responsable de l’organisation de ce gamou, a déploré la mauvaise interprétation de l’évènement. « Le gamou n’est pas un moment de réjouissances. C’est un évènement qui nous permet de faire revivre l’histoire. A chaque édition, on organise un panel avec une famille qui parle de l’histoire de ce Buur. C’est aussi une occasion pour permettre aux jeunes de connaitre l’histoire de leur terroir », indique-t-il. Selon lui, beaucoup de valeurs se perdent aujourd’hui avec la modernité. « On est envahi par l’Occident alors que nous avons nos propres valeurs. À travers cette manifestation, qui n’est pas une fête païenne, nous parvenons à faire un retour aux sources. Nous profitons aussi de ce gamou pour introniser les nouveaux dignitaires », précise-t-il. En 2012, le soutien de l’État était bien senti, mais depuis, plus rien. M. Sarr a ainsi invité les cadres du Saloum à s’impliquer davantage dans l’organisation du Penc. « Il y a de la volonté et des personnes qui sont capables de tenir ce Penc à la hauteur de nos ambitions, mais ils ne doivent donc pas attendre à ce qu’on leur lance un appel. Ils doivent s’impliquer volontairement », indique M. Sarr.

Un riche patrimoine à revaloriser
Kahone Residence RoyaleKahone offre un témoignage flamboyant de son passé. Mais aujourd’hui, voir Kahone c’est découvrir une ville qui souffre du dépérissement de son patrimoine. Conscients de son inestimable valeur et de l’importance de sa revalorisation, les fils de la localité s’en préoccupent profondément et demandent l’appui des pouvoirs publics.

Kahone est une terre riche d’histoires, avec un patrimoine qui demeure le témoignage vivant des traditions séculaires. Selon Cheikh Mbaye, l’objectif de Pencum Saloum est de préserver cet acquis culturel, mais le soutien fait défaut. « L’organisation interne actuelle du Saloum n’existe nulle part. Nous n’avons pas perdu nos repères et nous faisons tout pour sauvegarder ce qui existait auparavant, malheureusement, l’État ne suit pas », soutient-il. Pour M. Mbaye, les chantiers sont nombreux. « Il faut ressusciter Guy Ndiouli, la maison royale du dernier Buur Saloum en état de délabrement très avancé et qui pouvait être un écomusée, un lieu de mémoires que l’on peut visiter tout le temps ». Il y a aussi Mama Diana, le génie protecteur de Kahone, Mama Yumang qui est dans l’enceinte de l’hôtel Aldiana. « En allant à Kaolack vendre leurs canaris, les femmes passaient vers Mama Yumang et prenaient un petit bâton ou un bout de bois qu’elles jetaient là-bas pour solliciter des prières. Ces jets sont aujourd’hui devenus une montagne. Nous avons perdu tous ces repères parce que l’État ne s’est pas impliqué », déplore M. Mbaye. Selon lui, les populations de Kahone ne doivent pas céder au découragement. A son avis, la sauvegarde de tout ce patrimoine exige la mobilisation des moyens et la conjugaison des efforts des différents acteurs pour concrétiser ce projet. « Nous avons interpellé une bonne partie des ministres de la Culture qui se sont succédé au Sénégal, mais nous n’avons eu aucun retour. Il est grand temps que l’État jette un coup d’œil au Saloum pour nous aider à assurer la promotion culturelle de cet ancien royaume qui mérite d’être soutenu », fait-il savoir. Selon lui, la culture peut contribuer au développement de Kahone si l’État y met sa main.

El Hadji Ousmane Sarr est du même avis. Pour cet ancien gendarme à la retraite qui a intégré le Pencum Saloum, la culture du Saloum doit être vulgarisée. « Nous avons besoin de préserver l’histoire du Saloum, mais nous sommes conscients que nous avons des limites. C’est pour cette raison que nous invitons tous les fils du Saloum à s’impliquer pour relever les nombreux défis », note-t-il.

A l’origine des « djoung-djoung » !
C’est sous le règne de Latmingué Diélène Ndiaye, initiateur du gamou de Kahone, que les djoung-djoung du Saloum ont existé. Selon M. Mbaye, le Buur avait un griot qui s’appelait Mbathie Ndiaye. Ce dernier, se promenant un jour, avait rencontré un chasseur du nom de Konta Camara qui avait par-devers lui un tambour. «Chaque fois qu’il voulait aller à la chasse, il battait son tambour et les chiens, d’où qu’ils se trouvent, accouraient. Cela a impressionné le « pare », noble griot du Buur, qui est venu rendre compte au roi. Latmingué Diélène demanda à son griot de faire appeler le chasseur. Ce dernier, sachant qu’il allait recevoir la visite de Mbathie Ndiaye, avait rendu féroce ces chiens pour qu’à l’arrivée du pare, ils puissent l’attaquer.

Le griot du Buur qui détenait un pouvoir mystique avait déjoué tous ses plans. À son arrivée, tous les chiens se sont couchés. Aussitôt, le chasseur a compris que l’envoyé du Buur Saloum était un grand homme », explique M. Mbaye. C’est ainsi, poursuit-il, que le chasseur a accepté de le recevoir et de partir répondre à l’invite du roi. À son arrivée, le Buur Saloum lui a posé des questions à propos de son tambour. « C’est alors qu’il lui confia que le tambour s’appelle « dounou », ce nom en bambara a été déformé et a entrainé le nom de « djoung-djoung » », éclaire M. Mbaye. « Le Buur Saloum demanda alors au chasseur de le lui léguer et il accepta sans rechigner. C’est à partir de ce jour que les « djoung-djoung » du Saloum ont été initié », soutient-il.

Selon M. Mbaye, le Buur Saloum qui avait élu domicile à Latmingué avait confié les commandes de Kahone à son frère Wal Boumy. Ce dernier était tellement séduit par les « djoung-djoung » qu’il ne pouvait pas dormir ni se réveiller sans entendre le son des « djoung-djoung ». L’ayant compris, son grand frère envoyait chaque matin les instruments de Latmingué à Kahone pour assouvir les caprices de son jeune frère. « Comme cela était extrêmement éprouvant, le Buur Saloum avait trouvé une solution en éclatant le dispositif des « djoung-djoung » en deux. L’un devant rester à Kahone et l’autre à Latmingué. Ainsi, Wal Boumy avait la possibilité d’entendre les « djoung-djoung » quand il le souhaitait », rapporte-t-il.

Les griots, dit-il, avaient tendance, en chantant ses louanges, de dire « Wal Boumy Diélène Ndiaye sou namé « djoung-djoung » lak day » (si Wal Boumy Diélène Ndiaye a envie d’entendre les « djoung-djoung », il déclenchait un feu de brousse). Même dans sa tombe, raconte M. Mbaye, quand Wal Boumy avait envie d’entendre le « djoung-djoung », le feu jaillissait en évolution vers Kahone. « Seul le son des « djoung-djoung » pouvait éteindre cet incendie. Les vieux montaient alors les chevaux, arboraient les instruments en direction du feu qui s’éteignait rapidement ».

PORTRAIT : CHEIKH MBAYE, ACTUEL « NGARANDOU » ET MÉMOIRE VIVANTE DU SALOUM
Kahone Cheikh MbayeNé en 1953, à Kahone, Cheikh Mbaye est l’actuel « Ngarandou » du Saloum sous le règne de Buur Saloum Mbaye Badiane. Fils du vieux Garandou Mbaye, griot du Buur Saloum El Hadji Fodé Diouf, le dernier à occuper le trône de 1934 à 1969, cet infirmier de formation, historien à ses heures perdues, montre avec humilité son attachement à ses racines et sa fierté d’être acteur dans sa ville.

Malgré ses 63 ans, Cheikh Mbaye parait en avoir 50. Le sexagénaire est débordant d’énergie et généreux dans l’effort. D’un abord facile, il adore parler de sa culture et l’histoire de sa localité. Cheikh Mbaye n’a pas fait des études en histoire, mais, à force de fréquenter son père, il est devenu une mémoire vivante. « J’ai été élevé à côté de mon père qui était un grand historien. Il animait une émission à la Rts 5 et est décédé en 1985. J’ai essayé de suivre ses pas, mais sans jamais l’égaler. Ce n’est pas toujours évident puisqu’il détenait une connaissance extrêmement vaste sur le plan historique, culturel et traditionnel et il en faisait son propre métier », explique-t-il. Infirmier de son état, Cheikh Mbaye a touché à la politique et son cursus l’a amené à devenir premier adjoint au maire de Kahone de 1977 à 2009. « J’ai commencé à exercer le métier d’infirmier en 1970. Mais je n’avais pas le temps pour être tout le temps aux côtés de mon père. Je me suis tout de même efforcé à lui soutirer un peu de sa connaissance », indique-t-il.

Aujourd’hui, Cheikh Mbaye est l’actuel « Ngarandou » du Saloum sous le règne de Buur Saloum Mbaye Badiane qui se trouve présentement à Guinguinéo. Le « Ngarandou », explique-t-il, c’est le proche collaborateur du Buur Saloum, mais aussi son griot. « Le Buur Saloum ne voyageait jamais sans son « Ngarandou ». Il l’avait toujours à ses côtés et celui-ci détenait beaucoup de ses secrets », note-t-il. Dans le Saloum, fait savoir M. Mbaye, la royauté a commencé en 1493 avec le Buur Saloum Mbegane Ndour qui a fait 20 ans de règne. Mais avec l’accession du Sénégal à l’indépendance, le colonisateur a cédé une bonne partie sinon l’intégralité de son pouvoir aux autochtones, de sorte que la royauté a été complètement bannie. « Les chefs coutumiers ont remplacé les rois. Mais, ne voulant pas perdre leur histoire, les Saloum Saloum se sont réunis au tour d’une association dénommée Pencum Saloum dans les années 70. Le grand farba, El Hadji Malick Sarr, a été l’initiateur de cette restructuration du Saloum en Penc. Et le premier à avoir occupé la tête du trône est Momar Diarra Ndao, un ancien douanier à la retraite qui a été intronisé à Guy Ndiouli. À sa mort, le trône du Saloum était vacant. Des années après, les Kahonois se sont organisés et ont cotisé pour faire ressusciter le trône et le gamou. C’est à partir de ce moment que Mbaye Badiane, neveu direct du Buur Saloum Fodé Diouf, a été intronisé », relève-t-il. Aujourd’hui, Mbaye Badiane est le conseiller culturel du gouverneur de la région et est en train de faire son chemin pour gérer le patrimoine historique et culturel du Saloum ayant au tour de lui des chefs de province. À l’époque, précise M. Mbaye, le Saloum était constitué de 13 provinces, mais actuellement, six d’entre elles seulement fonctionnent. « Notre ambition est de restructurer et de redynamiser les sept autres provinces pour permettre au Saloum de retrouver son lustre d’antan », soutient-il.

Pour Cheikh Mbaye, il n’existe pas, au Sénégal, un royaume aussi important que celui du Saloum. « Vu l’histoire et l’importance du Saloum, il nous revient de nous organiser, d’être plus dynamiques afin que cette culture que nous ont léguée nos ancêtres puisse survivre pour la future génération ».

Par Samba Oumar FALL (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)

Une de mes connaissances d’une touchante générosité, mari d’une femme peu précautionneuse, se tape de moins en moins la cloche. Cet ex-rupin, grand pourvoyeur de petits délices, bienfaiteur du chat et de la souris, des gueux (au propre et au figuré) et des hommes de cour de son apprêtée épouse, rase piteusement les murs. Les commères et leurs « potes de potins » s’en délectent joyeusement avec leurs petits « ndeysaan » de commisération. Ses enfants ont désormais pris un abonnement chez le gargotier !

Le matin au moment d’aller à l’école, le boutiquier du coin si peu discret, donne quelque menue monnaie (en attendant que le géniteur retrouve sa santé financière !) à l’un d’entre sa progéniture qui ne le regardait pas avec dédain. La petite chichiteuse du vieux désargenté devient subitement tendre, moins hautaine. Ses frères fréquentent désormais « les petites saletés » crasseuses jouant pieds nus avec des haillons, les Gtv (grosses têtes vides) du quartier. Le drame est qu’il ne peut pas compter sur sa pompeuse épouse, tournoyant toujours dans les airs de la vanité, comptant naïvement sur sa coterie fortunée et ses repus courtisans qui ne supportaient son aristocratisme incommodant que pour sa libéralité à leur égard.

Il faut bien que les mômes mangent, s’habillent, se soignent et gardent un peu de leur fierté. A Sunugaal, sans argent, c’est un peu compliqué malgré les bourses familiales ! La stratégie la plus ingénieuse, pour d’ex-rupins, est de « ventiler les gosses ». Il doit bien y avoir quelque part dans ce vaste Sénégal un tonton, une tante ou un grand ami de leurs aïeuls qu’ils n’ont jamais cherché à connaître qui pourront se les coltiner durant les vacances…Tant mieux si la rentrée des classes coïncide avec la Tabaski. Les enfants vont revenir avec le nécessaire. Et si le tonton, la tante et ce « lointain » ami sont aussi généreux que le vieux du temps de sa splendeur, ils leur achèteront des fournitures… et du goûter. Et le tour est joué. Le budget des toilettes élégantes de maman ne sera pas grevé ! Papa, le débonnaire, n’oserait pas d’ailleurs ! Il en a fait une reine, amie des gens d’en haut qui ne descendrait de son piédestal pour l’innocence d’aucun petit capricieux de sa descendance.

Au risque de paraître égoïste, la « tactique d’éparpillement » des enfants employée par certains chefs de famille est déshonorante. Elle abat quelquefois la fierté de leur progéniture valsant éperdument, comme Maimouna (Abdoulaye Sadji), dans deux mondes de valeurs disparates. Les codes de convenance, dépouillés de toutes les fourberies, sont des moyens de raffermissement des liens sociaux. Mais, quand, au nom d’une solidarité plus idéalisée que vécue, on écrase l’autre du poids des devoirs non assumés, le glissement de sens est marqué. Les réminiscences constituent un viatique pour les âmes jeunes en quête de repères. Face aux vicissitudes de la vie, elles affirment, à travers ce passé lointain, leur personnalité morale. Le souvenir d’un père qui s’abandonne à la facilité et d’une mère insouciante est un accotoir fragile.

Par Alassane Aliou Fèré MBAYE

Le journalisme mène, décidément, à tout. Jadis journaliste, Madior Sylla est parti de la presse pour épouser une carrière diplomatique. De l’information, il passe à la Communication avant d’atterrir, aujourd’hui, à la gestion des carrières et des compétences à la Bceao Sénégal.

Quand on le rencontre seize années après, il vous ramène toujours au journalisme, notamment à la présentation du journal télévisé. S’il n’est plus l’homme des plateaux de 20 h de la Radio télévision sénégalaise (Rts), il n’en est pas moins élégant. Dans un costume gris assorti d’une cravate rouge, il a une démarche de playboy. Vif, plein d’entrain, le milieu des affaires semble l’avoir rajeuni. Ceux qui croient à un Madior Sylla rattrapé par le temps, avec des cheveux grisonnants seront surpris par l’éternelle jeunesse de ce journaliste qui crevait l’écran, il n’y a guère. Présentateur vedette dans les années 90 à la Rts qui, jusqu’en 2000, avait le monopole de l’information, par conséquent du débat « fécond », il est depuis juillet 2012, à la direction de gestion des carrières et des compétences de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) dont il était le chargé de la Communication de 2000 à 2005.

Du journalisme à la communication, la frontière est mince. La différence réside dans le fait que la communication, bien qu’informative, vise à convaincre un public. La pratique des deux fait de lui un interlocuteur expressif et convaincant à la fois. Le risque de le rencontrer, c’est d’être hypnotisé par sa voix captivante au point d’en oublier l’essentiel. Une belle voix qui, pourtant, n’a pas pu faire une longue carrière à la radio. Il était devenu, peu d’années après son intégration à la Rts, le présentateur vedette du Jt de 20h, grâce à la confiance et l’encadrement de sa hiérarchie qui avait vu en lui quelques prédispositions d’un bon présentateur. La mise, toujours correcte, ne l’a pas emporté sur son souhait de ressembler à des voix célèbres comme Ibrahima Ndiaye, Mbaye Sidy Mbaye, Ahmad Bachir Kounta, Sokhna Dieng, entre autres.

Sauter le pas pour changer de voie
S’il fait fantasmer, le travail de présentateur n’est pourtant pas de tout repos. En effet, ce sortant du Centre d’études des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (Cesti) s’est reconverti, après une dizaine d’année d’exercice journalistique. « En toute liberté » il en est venu, « sans détour », il en est sorti. Ces deux intitulés d’émissions qu’il a animées jadis, résument en quelque sorte sa carrière. Face à une profession prenante où l’on s’épanouit à peine, une passion qui se partage, de nouvelles ambitions professionnelles qui ressurgissent, l’ancien directeur de la coopération du Sénégal pour l’Asie et le Moyen Orient songea à se reconvertir. Une reconversion mûrie dans le temps. Une spécialisation en Relations internationales dans un premier temps, un diplôme d’études approfondies (Dea) en diplomatie ensuite. De quoi épouser un autre corps de métier. « Journaliste, les questions internationales étaient au cœur de mes préoccupations. Lorsqu’il a fallu donner une autre tournure à ma carrière, il était tout a fait naturel d’épouser ce corps de métier », déduit-il.

De nouvelles aptitudes, de nouvelles ambitions et de nouvelles possibilités. Par un heureux concours de circonstances, son nouveau plan de carrière avait coïncidé avec une période où la Bceao procédait à un concours pour recruter des spécialistes en communication. Depuis mars 2000, il est devenu agent de cette structure financière. En détachement auprès du gouvernement du Sénégal en septembre 2005, il a été successivement chargé de la Communication de l’Agence nationale de l’Organisation de la Conférence islamique (Anoci) puis, plus tard, du ministère de la Coopération internationale et de l’Aménagement du territoire auprès du ministre d’Etat Karim Wade. Le départ de ce dernier à son poste le fait retourner à la Bceao. « Quand on est journaliste, on le reste pour toute la vie », soutient le journaliste-diplomate. Une impression pour revisiter un passé qui, grâce à quelques supports audiovisuels, retrace une dizaine d’années à la télévision. D’ailleurs, M. Sylla n’exclut pas, après sa retraite, de faire une tranche d’informations, mais en radio, sa passion de toujours.

Journaliste pour un jour, journaliste pour toujours
Bien qu’il ne soit plus dans ce métier, il s’intéresse à ce qui se passe de près et se désole du fait que le traitement de l’information devient de plus en plus accessoire. «Pour rester positif, le métier s’est amélioré. Le paysage médiatique s’est enrichi avec l’arrivée de nouvelles télévisons, des radios et des journaux. Mais, dans le traitement de l’information, on met plus l’accent sur des polémiques stériles », se désole cet ancien animateur d’émissions politiques.

Dans un contexte où est présentateur qui veut, cette voix célèbre dans une époque de monopolisation de l’information avec une seule chaine, la Rts, résume ses mots en la modestie et l’humilité. Quelques lettres salvatrices pour ses confrères pour bien exercer la profession.

Par Marame Coumba Seck

Avec 19 victoires contre deux défaites et un nul, le palmarès du « roi déchu » Yékini force le respect. Une véritable prouesse pour celui qui est pourtant entré dans la lutte par effraction et a régné sans partage pendant 15 longues années sur le trône. Ce qui lui vaut ce témoignage du grand champion Birahim Ndiaye : « Il a réussi à faire une carrière extraordinaire. Aucun lutteur ne peut l’égaler en termes de prouesses, de succès ou de longévité. Il a été remarquable tout au long de sa riche carrière. Il m’a beaucoup marqué par sa technicité, sa tactique, mais surtout par sa politesse et son respect envers tous. Il n’a jamais versé dans la violence, tous ses combats se sont bien déroulés. »

Professionnel jusqu’au fond du nguimb
Yahya Diop Yékini ne badine pas avec la lutte. Il respecte son métier et s’emploie à lui trouver une place de choix dans la longue liste des disciplines sportives. Il résume son ambition au micro de Rfi : « Ce que la lutte m’a apporté, c’est simple : mon plus petit cachet en lutte avec frappe était de 200.000 FCfa, mon plus gros, c’est 150 millions de FCfa. J’en ai fait mon métier, elle a fait ma réussite. La lutte représente beaucoup pour moi en tant que Sénégalais, mais surtout en tant que sérére, car cela fait partie intégrante de ma culture. C’est un sport noble et il y a un côté artistique. C’est comme si vous évoquez le sumo au Japon. Notre ambition, nous les lutteurs, c’est de faire que la lutte soit au même niveau international que la boxe thaï, ou le sumo, par exemple. Nous n’en sommes pas à ce stade, mais je prie pour qu’on y arrive. »

Une référence pour les jeunes
Yékini est une référence pour les jeunes qui veulent faire carrière dans l’arène. Ses conseils sont un véritable viatique pour ses cadets : « D’abord, il faut maîtriser les techniques de la lutte, avoir de la force et puis avoir de solides assises sur le plan mystique. Après, il faut beaucoup de sérieux dans ce que l’on fait parce que le sport de haut niveau demande beaucoup de sacrifices. Comme tout le monde, on aime la compagnie des filles. Comme tout le monde, on aime aller en boite de nuit. Tu es jeune, tu as envie de vivre ta vie comme un jeune de ton âge, mais tu ne peux pas le faire. Franchement, je me suis privé de beaucoup de choses. Je ne sortais pas. J’ai très tôt arrêté de sortir ou de m’amuser parce que je voulais régner longtemps dans l’arène ».

Par S. Diop

Des hackers russes profitent d’une faille de sécurité de Windows. Microsoft a averti mardi qu’une vulnérabilité de son logiciel, récemment exposée par son rival Google, était exploitée par des pirates informatiques soupçonnés d’avoir mené des attaques contre des institutions politiques américaines.

Ce groupe de pirates, que Microsoft appelle « Strontium », est aussi connu sous le nom de Fancy Bear, la même organisation qui, selon des spécialistes, aurait piraté les emails de John Podesta, le président de l’équipe de campagne d’Hillary Clinton. Dans un rapport publié l’an dernier, le géant de l’informatique décrivait le groupe comme faisant usage « de tactiques et techniques agressives et persistantes et utilisant régulièrement des vulnérabilités Zero Day [soit des failles encore peu ou pas connues pour lesquelles aucun correctif n’est disponible] pour attaquer ses cibles] ».

John Podesta aurait été victime de hameçonnage
Cette fois, Strontium a lancé une campagne d’attaques par hameçonnage visant des cibles spécifiques, notamment des agences gouvernementales ou des institutions diplomatiques et militaires, écrit Terry Myerson, vice-président de Microsoft en charge notamment de Windows, sur un blog officiel du groupe. Le piratage des mails de John Podesta, publiés par Wikileaks, aurait ainsi commencé par un courriel envoyé en mars dernier au responsable pour lui demander de mettre à jour son mot de passe. La direction du renseignement américain (ODNI) avait dénoncé au début du mois une tentative de Moscou d'« interférer dans le processus électoral américain ». Le Kremlin avait répliqué en qualifiant ces accusations de « foutaises ». Dans le cas présent, les pirates combinent leurs attaques par hameçonnage avec l’exploitation de failles de sécurité dans Windows ainsi que dans Flash, un logiciel d’Adobe, pour installer des portes dérobées sur des ordinateurs afin de pouvoir ensuite s’y introduire à leur guise.

Les patchs de sécurité devraient être prêts le 8 novembre
Ce n’est pas Microsoft lui-même, mais des chercheurs de Google qui avaient rendu ces failles publiques lundi, les qualifiant de « particulièrement graves » et précisant « qu’elles sont activement exploitées ». Terry Myerson a toutefois critiqué le fait que son rival n’ait pas attendu que le problème soit résolu. « La décision de Google de dévoiler ces failles avant que des patchs soient largement disponibles et testés est décevante, et fait courir un risque accru aux consommateurs », déplore-t-il. L’entreprise indique que ses propres patchs de sécurité sont en phase de tests et devraient faire l’objet d’une mise à jour le 8 novembre.

Google a argumenté qu’il avait donné sept jours à Microsoft pour régler le problème avant de le rendre public : il dit avoir informé Microsoft et Adobe de sa découverte dès le 21 octobre. Une mise à jour de Flash a d’ailleurs été faite 5 jours plus tard. Terry Myerson assure toutefois que les internautes utilisant le navigateur Edge et la dernière version de Windows 10 ne devraient pas être vulnérables.

Par le surfeur

Last modified on lundi, 07 novembre 2016 11:45

Alek Wek a su donner un nouveau souffle à l'univers de la mode. Défiant les préjugés, elle s'impose comme l'une des premières africaines à faire la couverture de magazines occidentaux réputés. Elle ravit les grandes maisons et marques. Elle est également investie dans de nombreuses associations humanitaires. 

Après ses premiers pas dans la musique, Alek Wek intègre le monde de la mode et est élue en 1997 « Mannequin de l'année» par MTV. Elle est le premier top africain à apparaître en couverture du magazine « Elle », la même année. Repérée par de nombreuses marques, sa carrière décolle et elle pose pour des publicités. Alek est également très sollicitée sur les podiums et elle défile pour Shiatzy Chen, John Galliano, Chanel, Donna Karan, Calvin Klein, parmi d'autres. Dès lors, elle s'investit énormément au sein d'associations humanitaires : porte-parole de Médecins sans frontières au Soudan, membre du Comité américain pour les réfugiés, elle est très attachée à son pays d'origine.

Elle vit aujourd'hui à New York avec son conjoint Riccardo Sala. Elle est la septième d'une famille de neuf enfants. Alek Wek est née au Soudan. Elle y vit un véritable drame lorsque la guerre civile éclate dans son pays. Elle assiste à des enlèvements, à la destruction de son village et fuit vers la capitale avec sa famille. Malheureusement, son père, blessé, est transporté à l'hôpital et meurt peu après. Alek Wek décide de partir rejoindre l'une de ses sœurs installée à Londres, en 1991, en compagnie de sa mère et d'une  autre sœur. Les autres membres de la famille trouveront refuge plus tard au Canada ou en Australie. En 1995, alors qu'elle se promène à Londres, Alek Wek est repérée par l'agence Models 1. Elle commence à apparaître dans des clips vidéo de Tina Turner et de Janet Jackson, nous sommes en 1997. Plus tard, elle crée une ligne de sacs baptisée « Wek 1933 », en hommage à son père né cette année-là.

Elle a été choisie pour figurer dans le juré du prix de la mode africaine, à Johannesburg.

Par Oumar BA

Ibrahima Kane est le nouveau Directeur général du Fonsis (fonds souverain d’investissements stratégiques). Il remplace Amadou Hott promu au poste de vice président chargé de l’énergie, de la croissance verte et du développement durable à la banque africaine de développement (Bad). Polytechnicien, Ingénieur civil des Ponts et Chaussées, Ibrahima Kane était précédemment Directeur exécutif du Fonsis en charge des Infrastructures, de l’Agriculture et de l’Agrobusiness. Le nouveau Directeur général du Fonsis a roulé sa bosse dans plusieurs pays en Afrique après son départ de la France où il a fait ses humanités. Le polytechnicien a monnayé son talent au Cameroun, en Côte-d’Ivoire et en Mauritanie avant de rentrer au bercail.

Au Sénégal, il s’est d’abord lancé dans l’industrie laitière. Co-fondateur et administrateur de la première unité industrielle sénégalaise opérant un rayon laitier composé d’éleveurs traditionnels, M.Kane est proche du secteur privé. Par son expérience et ses compétences, ce polytechnicien diplômé aussi de London Business School en Exécutive leadership program parviendra-t-il à faire de Fonsis un véritable acteur du développement ?

L’eau et le feu

29 Juil 2016
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Un Indien, père de 7 filles, ne s'est pas lavé depuis 35 années, afin de s'assurer la naissance d'un garçon. Dans son village, on raconte plutôt qu'un voyant lui aurait prédit qu'il aurait un enfant de sexe masculin s'il arrêtait de prendre des bains. Kailash « Kalau » Singh remplace le bain et le brossage de dents par un « bain de feu », qui, d'après lui, aide à purifier le corps des germes et des infections. Le problème, c’est qu’à force de fuir l’eau pour le feu, aucune femme ne sera dans les dispositions de se frotter à lui pour lui faire un garçon.
Son compatriote K. Vijayan, 59 ans, est entré dans le livre Guiness des records pour n'avoir pas pris de jours de congé depuis plus de trois ans. Cet employé modèle travaille de nuit dans un hôtel et a remarqué qu'il n'avait pas pris un seul jour de congé depuis 1 100 nuits. Il n'a pas manqué une seule journée de travail et a travaillé tous les jours durant ces 3 ans. Un bourreau du boulot qui confie que le travail est sa religion.
Cet homme c’est du feu ! Mais gare au bain (d’eau), ça risque de rendre paresseux.

Last modified on vendredi, 29 juillet 2016 13:54

Le département de Keur Massar est bien parti pour jouer les principaux rôles dans l’attraction économiques de la banlieue dakaroise. Cette immense forêt perdue il y a de cela quelques années, est en train de s’agrandir à un rythme effréné.
Keur Massar est l'une des 16 communes du département de Pikine avec une population estimée à 337.611 habitants (dernier recensement de l’Ansd). Créée en 1962, Keur Massar couvre une superficie de 25 km². Elle est limitée à l’Est par le département de Rufisque, à l’Ouest par les communes d’arrondissement de Yeumbeul-nord et sud, au Nord par la commune d’arrondissement de Malika et au Sud par la réserve forestière de Mbao. Le réseau routier connaît déjà un tracé, cependant, seuls trois axes ont été stabilisés. Il s’agit de l’axe bitumé Nord-Sud entre Niakoulrab et la nationale 1 (route des Niayes), l’axe Ouest-Est Malika et Rufisque Est. Le troisième axe qui est le plus fréquenté passe par le village de Boune.

On note aussi un grand carrefour à hauteur du siège de la Sedima et à partir duquel se font des départs suivants les trois axes cités plus haut. La brigade de gendarmerie de Keur Massar se situe aux Parcelles Assainies unité 3 et couvre tout le territoire communal. La zone d’intervention de la brigade d'hygiène couvre cinq communes que sont : Keur Massar, Grand Mbao, Diamaguène Sicap Mbao, Tivaouane Diacksao et Thiaroye-sur-mer.

Économie
L’économie de la commune tourne autour du commerce, de l’élevage et de l’agriculture. Selon le dernier recensement mis à notre disposition par les services de la mairie de la localité, Keur Massar compte neuf marchés, un marché hebdomadaire et un parc à bétail. Les activités avicoles sont intenses dans la commune grâce à l’implantation de l’usine de la Sedima et la centaine de poulaillers qui entourent la commune. Sa position centrale entre les départements de Rufisque, Pikine et Guédiawaye fait de la commune un important pôle d’échanges de produits d’élevage et d’agriculture. Près de cent cinquante groupements de femmes y sont représentés. Répartis dans cinq réseaux, ils s’activent dans le commerce, la transformation des fruits et légumes et les céréales locales. Keur Massar abrite des infrastructures, telles que des cases des tout-petits, des écoles maternelles privées, des écoles élémentaires et secondaires privées et publiques. Keur Massar dispose également d'un lycée, d’un très grand marché situé au centre avec un marché hebdomadaire. Le plus grand hôpital traditionnel du Sénégal se trouve dans la zone.

L'accès à Keur Massar est, aujourd'hui, facilité par l'autoroute à péage Dakar-Diamnadio. Avec cette autoroute, la localité se trouve désormais à 20 minutes du centre-ville. Il faut aussi noter que le futur aéroport international Blaise Diagne de Diass sera à 30 minutes de la zone. Aux alentours, les hôpitaux Youssou Mbargane de Rufisque et de Thiaroye sont à quelques minutes de voiture. Ainsi, l’autorité décentralisée représentée par le conseil municipal, en la personne du maire, est le premier acteur administratif impliqué dans le processus de développement. Par ailleurs, avec le transfert de compétences consacré par la politique de décentralisation, le maire occupe une place centrale dans le développement de la commune.

Il oriente et applique la politique de développement. Sur le plan de la formation et de l’éducation, la commune abrite l’Inspection de l’enseignement et de la formation (Ief) qui polarise, en plus de la commune de Keur Massar, Yeumbeul-nord et Yeumbeul-sud. Elle regroupe 28 écoles élémentaires et plus de 230 établissements privés, huit Cem (Collèges d’enseignement moyen), 2 lycées et un centre polyvalent. Sur le plan de la santé, la commune abrite le district qui polarise, en plus des communes de Malicka, Yeumbeul-nord et Yeumbeul-sud, un centre de santé, six postes de santé publics, deux postes de santé privés et quatre cases de santé.

Importante réserve foncière
Keur Massar dispose d’importantes réserves foncières comparée aux autres communes environnantes de la ville de Pikine. Les réserves actuelles sont estimées à 54 hectares. La topographie, à l’instar de celle de la région, est plate. On note deux cuvettes au Nord-est. La pédologie de la zone est constituée essentiellement de sol « dior » propice à l’agriculture et à l’habitat. Cependant, il existe une zone marécageuse  aux environs du lac de Mbeubeuss. Ainsi, la végétation est clairsemée, contrastant avec la réserve forestière de Mbao. De ce fait, la faune est presque inexistante, se résumant, pour l’essentiel, à des rongeurs et quelques reptiles.

Last modified on vendredi, 29 juillet 2016 13:09

Ava (www.avawomen.com) détecterait 5,3 jours de fertilité par mois, avec 89 % de précision en moyenne, contre deux jours pour les méthodes traditionnelles...
Détecter la fertilité des femmes pour les aider à tomber enceintes. C’est ce que promet Ava, un bracelet connecté mis au point par la startup suisse Ava Sciences.
Porté durant la nuit, il calcule plusieurs éléments comme la température de la peau, le pouls ou encore la qualité du sommeil… Les données sont ensuite recueillies dans une application (disponible uniquement sur IOS pour le moment) et présentées sous la forme d’un graphique indiquant le moment idéal pour concevoir un enfant.

89 % de précision en moyenne
Selon ses concepteurs, Ava aurait fait ses preuves lors d’une étude menée durant un an à l’hôpital universitaire de Zurich, auprès d’une quarantaine de femmes âgées de 20 à 40 ans.
L’expérience a permis de montrer que le bracelet détectait 5,3 jours de fertilité par mois, avec 89 % de précision en moyenne, contre deux jours pour les méthodes traditionnelles.
Clubic indique que le bracelet, vendu près de 200 dollars aux Etats-Unis, « attend des homologations » avant de pouvoir être commercialisé dans le reste du monde.

Le lac de Guiers est une véritable aubaine pour les populations de Keur Momar Sarr. Avec la disponibilité de l’eau, beaucoup d’entre elles s’adonnent au maraîchage pendant la saison sèche.
A la sortie du village de Keur Momar Sarr sur la route de Gnith, se trouve la localité de Mérina, située à moins d’un km. A l’entrée du village, Maly Coumba Niang, la cinquantaine entamée, prépare sa parcelle. Aidé de deux autres parents, il s’apprête à entamer la contre saison chaude. Sa parcelle de près d’un hectare, située près du lac, est divisée en plusieurs lots. Ici, le tournesol sera la principale variété.

« Avec l’aide de partenaires, je cultive du tournesol. Dans trois mois, ce sera la récolte. Je compte faire d’autres variétés comme les carottes », a expliqué M. Niang, un des notables de Mérina qui s’intéresse beaucoup à l’histoire de son terroir. Grâce à la disponibilité de l’eau, beaucoup de personnes s’activent dans le maraichage. Sur les rives du lac, de Keur Momar Sarr à Suyer sur une distance de près de 30 km, les parcelles sont visibles. Il en est de même sur la route qui mène à Gnith.

A la sortie de Keur Momar Sarr, Amadou Kâ exploite une parcelle d’un hectare et demi. Il est à la préparation des plans et espère récolter dans quatre mois. Depuis 40 ans, il s’active dans le maraichage, d’abord, à Mboro, puis Fass Boye et Lompoul. « Faute de moyens, je n’utilise qu’une partie de la parcelle qui m’a été prêtée par le conseil municipal », a confié M. Kâ. Selon lui, beaucoup de gens s’activent dans ce secteur, mais ils n’ont pas assez de moyens. Les charges liées aux intrants, engrais et carburant sont importantes. Vulcanisateur de profession, le jeune Babacar Thiam s’est lancé également dans le maraîchage. Il exploite une parcelle de moins d’un hectare prêtée par le conseil municipal. Lui aussi déplore le manque de moyens.

« Le maraîchage, a-t-il soutenu, est rentable mais les charges sont lourdes. Trouvé près de son champ de manioc en train de réparer un tuyau endommagé, il demande au gouvernement d’aider les jeunes qui veulent se lancer dans ce secteur qui peut combattre le chômage. «Il y a beaucoup de jeunes qui souhaitent s’investir dans le maraîchage, mais les moyens font défaut. C’est un secteur qui peut contribuer à la diminution du taux de chômage», a regretté M. Thiam. 

Sepam : Une exploitation agricole qui lutte contre le chômage
Une exploitation agricoleA côté du maraichage à Keur Momar Sarr, de grandes exploitations se développent également. Profitant de la disponibilité de l’eau et ayant des moyens considérables, elles exploitent de grands domaines. C’est le cas de la Société d’exportation de produits agricoles et maraichers (Sepam). A la sortie de la ville, sur la route de Gnith à environ un km, se trouve le domaine de la Sepam. Il couvre une superficie de 1.000 hectares, dont 500 sont actuellement exploités. Entièrement clôturée, elle participe activement à la lutte contre le chômage.

Situé à 1 km du lac, le domaine est irrigué grâce à un tuyau qui déverse l’eau dans un bassin de 7.500 m3. Sont cultivés dans ce domaine, des haricots verts, des tomates, des melons et des oignons qui, après la récolte, sont conditionnés à Keur Ndiaye Lô (département de Rufisque), puis exportés vers l’Europe.

Selon Abdou Niasse, directeur administratif et responsable phytosanitaire, la Sepam, qui a démarré depuis 2005, emploie 12 permanents. Pour les travaux de semis, sarclage et binage du sol, elle fait recours à 60 personnes par jour. Les besoins de main-d’œuvre augmentent lors de la récolte. « En période de récolte, nous prenons entre 300 et 400 femmes par jours », a précisé M. Niasse. Il a ajouté que chaque femme peut gagner jusqu’à 4.000 FCfa par jour. Il n’y a pas que la Sepam qui intervient à Keur Momar Sarr.

Le Dac d’une superficie de près de 5.000 hectares a démarré depuis 2015. « L’agrobusiness se développe. Il y a la Sepam qui fait travailler beaucoup de personnes, sans oublier le Dac. La Saed a également prévu d’aménager de grandes superficies dans le diéri », a confié Diomaye Sène, le chef du Centre d’appui au développement local (Cadl).

Plante aquatique : Le typha valorisé à Keur Aya
Plante aquatiqueLe typha est une plante aquatique envahissante qui occupe une bonne partie du Lac de Guiers. Il empêche la navigabilité, mais freine également les activités de pêche. Malgré ces effets sur l’environnement, le typha constitue une source de revenus pour les habitants de Keur Aya, un quartier de la commune. A l’entrée de la ville, à gauche, se trouve ce quartier habité principalement par des Maures. Ici, toutes les clôtures des maisons sont faites à base de typha. Les Maures valorisent cette plante en fabriquant des nattes. Ils en tirent leurs principales sources de revenus. Ndèye Fall, la quarantaine, s’active dans la fabrication de nattes à base de typha depuis près de 40 ans. C’est son gagne-pain et elle en est fière.

Elle fabrique deux à trois nattes par jour en plus des travaux ménagers. «Je vends une natte entre 1.500 et 2.500 FCfa », explique-t-elle. Sa voisine, Marème Fall, maitrise parfaitement aussi l’art de fabrication des nattes. « C’est un travail que je fais depuis mon enfance et qui me permet de subvenir aux besoins de la famille », raconte Mme Fall. Avec le produit de la vente des nattes, elle appuie son mari. Mais ces deux dames trouvent difficile la récolte de cette plante aquatique. « La récolte du typha n’est pas facile. C’est même risqué. Il y a beaucoup de moustiques et des insectes, mais également des serpents dangereux dans le lac», a expliqué Ndèye Fall.

Après la coupe, le typha est séché pendant une semaine. Les nattes sont prisées lors des cérémonies religieuses. «Lors des Gamou, nous parvenons à écouler beaucoup de nattes. Nous faisons aussi le tour des marchés hebdomadaires », a ajouté Marème Fall. Ces dernières envisagent tout de même d’abandonner ce travail qu’elles jugent harassant. «Si nous trouvons des parcelles de terre, nous allons nous investir dans l’agriculture et abandonner le tissage des nattes», note Ndèye Fall qui confie que les Peuls s’adonnent également au tissage. Chef du Centre d’appui au développement local (Cadl), Diomaye Sène souligne qu’il y a des tentatives de la part de partenaires au développement pour transformer le typha en charbon.

Reportage de Aliou KANDE et El Hadji Ibrahima THIAM (Textes) et Ndèye Seyni SAMB (Photos)

Last modified on vendredi, 29 juillet 2016 12:40

C'est sans doute l'opération la plus massive des autorités américaines contre le téléchargement illégal depuis l'action contre Kim Dotcom. Mercredi, c'est KickAss Torrents, le site BitTorrent qui avait détrôné The Pirate Bay pour devenir le plus visité au monde, qui a été visé par le département américain de la Justice. Son fondateur et propriétaire présumé, l'Ukrainien Artem Vaulin, a été arrêté en Pologne, et sept noms de domaines sont en instance d'être saisis.

A minuit, l'adresse principale, kat.cr fonctionnait encore au ralenti mais cela ne devrait pas durer. Avec des serveurs dans plusieurs pays, c'est juste une question de temps avant que les autorités US n'obtiennent gain de cause via des traité d'assistance judiciaire mutuelle.

Des contenus évalués à « plus d'un milliard de dollars»
Les autorités fédérales américaines ont inculpé Vaulin d'infraction au copyright et de blanchiement d'argent. Ce citoyen ukrainien âgé de 30 ans, est accusé d'avoir «distribué des centaines de millions d'exemplaires de films, jeux vidéo, séries télé et d'enregistrements musicaux évalués à plus d'un milliard de dollars». On rappelle que comme The Pirate Bay, KickAss Torrent n'hébergeait pas directement les contenus mais des torrents, un index contenant les adresses de toutes les personnes partageant un fichier.

Selon les autorités, KickAss Torrent avec en moyenne 50 millions de visiteurs mensuels, ce qui en fait le 69e site le plus visité au monde. Ses revenus publicitaires atteignaient entre 12,5 et 22,3 millions de dollars annuellement, selon l'estimation de la justice.

Un compte bancaire et sept noms de domaine ont été saisis, dont kickasstorrents.com, kat.ph et kat.cr. Vaulin a été arrêté mercredi en Pologne, à la demande des autorités américaines, qui demanderont bientôt son extradition.

Par le surfeur

L’envers de la politique

27 Juil 2016
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Sous nos latitudes, quand quelqu’un est nommé ministre, une expression rend bien compte de l’admiration de ses concitoyens : « arrivé na »*. Ce qui signifie qu’il a atteint le but de sa vie : la réussite sociale. Mais c’est surtout dans le monde de la politique que cette expression prend tout son sens. Le but de l’engagement politique, c’est l’exercice du pouvoir et les commodités qui vont avec. Les signes de la réussite, dit-on chez nous, c’est la belle bagnole, la belle villa, la belle femme et le compte en banque bien fourni. Toutes choses qu’un strapontin ministériel facilite grandement.
Il arrive pourtant que de longues années de militance soient aussi stériles qu’une vieille génisse. Alors, au moment du bilan, seul dans l’intimité de sa conscience, il arrive que l’homme politique se laisse aller à de sombres résolutions. Et, comme pour ce maire traîné en justice pour abus de confiance portant sur 21 bœufs non payés, la politique se révèle être le cruel cimetière des ambitions perdues.

* Il a réussi

Last modified on mercredi, 27 juillet 2016 13:08

Dans sa livraison n°597 du 09 au 15 novembre 2007, l’hebdomadaire Nouvel Horizon révèle que « l'Anoci a adoubé la Société Tse de Cheikh Amar pour la réalisation d'un projet immobilier de très grande envergure, qui sera implanté sur l'emprise de l'Aéroport international LSS de Dakar Yoff ». « Ce projet dit des villas présidentielles de l'Oci », poursuit l'hebdomadaire dakarois, « serait estimé autour de 15 milliards de FCfa. Il s'agit d'un complexe immobilier de plusieurs villas de très haut standing pour accueillir les grosses pointures politiques du prochain sommet de l'Oci, en mars 2 008 ». L'heureux bénéficiaire de ce projet qualifié de pharaonique par N.H. « a déjà obtenu des services de l'Etat toutes les autorisations requises pour la mise en valeur du vaste terrain qui lui a été attribué ».

Elu « Homme de l’année » par le jury des « Sedar » de Nouvel Horizon en 2008 et en 2010 – une première –, le patron de TSE-TRE est une belle réussite dans le monde des affaires sénégalais. Inconnu du grand public il n’y a guère longtemps, le frère d’Ameth occupe aujourd’hui une place enviable au box-office des célébrités sénégalaises. Pas un album (de mbalakh) ne sort aujourd’hui sans qu’une chanson ne lui soit dédiée. Youssou Ndour him self y est allé de sa chansonnette. Cheikh a cherché la notoriété, la célébrité et l’a obtenu. Le directeur général de Tracto Services Equipement (Tse) est donc un homme ambitieux qui doit, en grande partie, sa réussite à la première alternance sénégalaise.

Arrivé en France après le bac pour les besoins de ses études en 1991, il faisait de petits boulots pour pouvoir financer ses études commerciales. Son Bts commercial en poche, il créé une petite entreprise qui s’occupe de transit et vend aussi des voitures. En 2001, il lâche tout et rentre au pays sur demande du défunt Khalife des Mouride Serigne Saliou Mbacké, son marabout. Il se lance dans l’importation des matériels agricoles. Khelcom et quelques paysans lui servent de tremplin et l’ex-pensionnaire du lycée Delafosse en fait un filon qui lui permettra de créer en 2002 Tracto Services Equipement (Tse).

Depuis plus d’une dizaine d’années, il dirige Tracto services équipement (Tse), une société anonyme qui épaule les paysans en leur vendant des matériels agricoles importés d’Inde. Mais c’est surtout le coup de pouce de son marabout et du président Wade qui lui permet de décoller. Il fait la connaissance de Me Wade en 2003 lors d’une foire agricole. Ils se retrouveront à Touba où le marabout l’introduit auprès du Président. Wade multiplie les marchés pour son coreligionnaire en mouridisme. L’effet boomerang est positif.

Les agences de l’Etat lui font confiance aussi. L’heureux bénéficiaire du projet pharaonique des villas de l’Anoci a déjà obtenu des services de l’Etat toutes les autorisations requises pour la mise en valeur du vaste terrain qui lui a été attribué. Il revient à la charge en fournissant à l’État, plus exactement à Me Wade, les 510 tracteurs et les 800 motopompes qui avaient été réceptionnés en grande pompe au Cices (coût estimé de ces équipements : 16 milliards de FCfa). C’était le 8 février 2006.

Présent dans la riziculture, du nord au sud du Sénégal, Cheikh Amar se signale presque dans tous les secteurs touchant l’économie du pays. En 2010, il a multiplié sa présence dans certaines entreprises nationales. Récemment, il a été nommé Pca de Seniran auto après son entrée remarquable dans le capital de cette société. Lorsque le chef de l’Etat a été invité aux Usa pour rencontrer les investisseurs noirs américains, c’est Cheikh Amar qui a été désigné pour représenter le Sénégal et toute l’Afrique de l’Ouest. Après avoir lancé son entreprise TRE spécialisée dans l’immobilier, M. Amar est en train de finaliser son grand projet immobilier «Touba Almadies ».

Par Sidy DIOP

Un quart d'heure quotidien d'activité physique pour les seniors est un objectif raisonnable qui permettrait de réduire leur risque de mortalité.

15 minutes d'activité sportive quotidienne améliorerait la santé des seniors et réduirait leur risque de mortalité, selon les résultats d'une étude présentée au Congrès EuroPRevent 2016 de l'European Society of Cardiology et publiée sur le site Eurekalert. Un objectif raisonnable plus facile à atteindre que les 150 minutes de sport par semaine recommandées par les professionnels de la santé. Les chercheurs du CHU de Saint-Etienne en France, ont étudié les données médicales de deux cohortes. Pendant 12 ans, ils ont étudié 1011 sujets français âgés de 65 ans. Ils ont aussi suivi pendant 10 ans, 122 417 sujets internationaux âgés de 60 ans.

Les risques de décès associés à l'intensité de l'activité physique chez les seniors
L'activité physique a été mesurée en « MET » (Metabolic Equivalent of Task) minutes par semaine qui révèle les niveaux d'inactivité suivants :
1 MET minute = quantité d'énergie dépensée assis.
Entre 3 et 5,9 MET minutes = activité d'intensité modérée
6 MET minutes = activité d'intensité vigoureuse
Les niveaux recommandés d'exercice équivalent à 500 à 1.000 MET minutes/ semaine.
Les auteurs ont examiné le risque associé de décès pour les quatre intensités d'activité physique hebdomadaire mesurée en MET.

15 minutes d'activité sportive réduit le risque de mortalité
Les résultats de l'étude ont montré que le risque de décès diminue dès que le niveau d'exercice augmente. Par rapport à ceux qui étaient inactifs, les personnes à niveaux d'activité faible, moyen et élevé voient respectivement leur risque de décès réduit de 22%, 28% et 35%. «Nous avons constaté que le faible niveau d'activité, qui est la moitié de la quantité recommandée, a été associée à un risque réduit de décès chez les personnes âgées par rapport à ceux qui étaient inactifs de 22%», a déclaré le Dr Hupin. "Ce niveau d'activité équivaut à 15 minutes de marche rapide chaque jour." "L'âge n'est pas une excuse pour ne pas faire de l'exercice», a déclaré le Dr Hupin. «Il est bien établi que l'activité physique régulière a un meilleur effet global sur la santé que tout traitement médical. Mais moins de la moitié des personnes âgées atteignent le minimum recommandé de 150 minutes d'intensité modérée ou 75 minutes d'exercice d'intensité vigoureuse chaque semaine."

Pas assez de sport
42 % des 60 ans et plus ne pratiquent aucun sport régulièrement et un tiers d’entre eux déclarent à peine consacrer 5 heures à une activité sportive par semaine, selon un sondage réalisé pour la Fédération des Prestataires de santé à domicile. « Les seniors savent que l’activité physique est excellente pour leur santé et permet de mieux vieillir, pourtant ils sont trop nombreux à être sédentaires », explique Jean-Philippe Alosi, directeur général de Fédération des Prestataires de santé à domicile. En effet, la moitié des seniors déclarent que l’activité physique permet de lutter contre l'obésité et les troubles cardiovasculaires. Un tiers d’entre eux avouent même qu’elle  améliore le sommeil, maintient ou améliore le désir sexuel et  permet aussi de lutter contre l'isolement. Ils considèrent également qu’elle est essentielle pour réduire le risque de chute et améliorer l'équilibre. Pourtant 42 % des seniors ne pratiquent aucune activité sportive régulière et seul un tiers d’entre eux déclarent y consacrer 5 heures par semaine, selon ce sondage.

Préférences pour la randonnée pédestre
En moyenne, les seniors pratiquent 3 heures de sport par semaine. 13 % d’entre eux  plus motivés déclarent  y consacrer 5 à 7 heures et 12 % plus de 8 heures. La majorité d’entre eux est plutôt attirée par des activités d’endurance, comme la randonnée pédestre, la marche rapide, le vélo et la natation, ou les activités douces comme la gym douce ou le yoga. Ils sont moins nombreux à s’adonner à des sports plus énergiques comme le fitness, le cardio, le tennis ou le ski. Ce sondage a été réalisé pour la Fédération des Prestataires de santé à domicile par OpinionWay auprès d'un échantillon représentatif de 1.003 personnes de 60 ans et plus.

Sa capacité de mener des politiques et d’apporter des changements n’est plus à démontrer. Si d’importantes réalisations ont été notées dans le secteur de la santé, c’est bien grâce à elle. La riposte contre la maladie à virus Ebola en est une parfaite illustration.

Un seul cas importé a semé une grande panique au sein de la population sénégalaise. Au moment où les germes de la stigmatisation commençaient à naître. Au moment où les Européens pensant être à l’abri de ce danger, laissant les pays infectés à eux-mêmes, bien évidemment, celui qui ne sait pas prendre en charge son mal ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort, Awa Marie Coll Seck y a fait face avec beaucoup de lucidité et de leadership. Au moment où ces « omnipotents » n’ont pu trouver un vaccin à ce virus dévastateur qui a emporté quelques de leurs citoyens, elle mobilisa tout le personnel médical pour couper la route à ce dernier.

Pour ceux qui connaissent sa trajectoire professionnelle, cet exploit ne les surprendra point. Car, quand on parle également de l’éradication ou presque du paludisme au plan national comme international, c’est bien grâce à elle. Avec le travail remarquable qu’elle a pu effectuer avec le programme Roll Back Malaria (RBM) créé en 1998 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), l’Unicef et la Banque mondiale, elle voyage aux quatre coins du monde pour faire reculer le paludisme. Si des milliers de Sénégalais dorment sous des moustiquaires toute l’année aujourd’hui, ils le lui doivent.

Syndicaliste, militante, après vingt ans d’exercice, Eva Marie Coll Seck a diagnostiqué le premier cas de sida au Sénégal. Au service de l’être humain, elle décide, en 1996, de s’engager dans l’action internationale de lutte contre le sida en acceptant de diriger, depuis Genève, le département Politique, stratégie et recherche de l’Onu sida.

Une action au service de sa nation
Awa M Coll Seck 3Quand le pays l’a appelée parce qu’ayant besoin de son expertise, elle a fait fi de tout le conforts matériel du système des Nations Unies pour répondre présent. Ministre de la santé dans le gouvernement de Wade qui, un an après son élection à la présidence du Sénégal, a battu le rappel de l’élite du pays à l’étranger. En effet, le professeur revient au pays pour prendre les rênes du ministère de la Santé et de la Prévention. De 2001 à 2003, une courte durée à la tête de cette institution, mais assez de réalisation qui ont fait que son nom restera à jamais gravé dans l’agenda des hommes politiques au sens noble du terme. Des arguments sans illustrations n’ont point de fondement. En deux ans, elle réussit à élargir la couverture vaccinale des enfants de 30% à 70%, à améliorer la santé maternelle, à instaurer la gratuité de la césarienne, entre autres. A l’origine du siège du ministère de la Santé et de l’action sociale, elle est partie quelque temp après son inauguration. Mais, comme Dieu fait bien les choses, elle est rappelée en 2012 par le président Macky Sall. Elle y était et elle est y encore.

Un exemple de réussite féminine
Elle fait partie des femmes leaders qui ont compris très tôt que leurs noms n’étaient pas une faiblesse ni une légèreté mais plutôt une identité. Elle n’a jamais demandé quelque chose. Elle s’est toujours imposée. La parité n’est même pas de Dieu mais l’égalité si. Dotant chacun de nous d’une intelligence, il faut se battre avec des résultats pour gagner sa place dans le concert des individus d’abord et des nations ensuite. Ce qu’elle a compris.

Ancienne militante du mouvement « Yeewu Yeewi », d’Angélique Savané, elle a fait bouger les lignes de par ces résultats. Premier Secrétaire général du Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action social (Sutsas) à sa naissance, ce pur produit de la fonction publique a choisi à une époque où il n’y avait pas beaucoup de femmes médecins de faire son parchemin dans la médecine.

Diplômée de médecine à l’université de Dakar en 1978, elle se spécialise et devient, en 1989, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital universitaire de la ville. A trente trois ans, le professeur est le premier médecin agrégé en maladies infectieuses du Sénégal.

Par Marame Coumba Seck

Last modified on mercredi, 27 juillet 2016 12:56

La région de Kolda recèle un potentiel diversifié et richement fourni qui devrait lui conférer une place de leadership dans le développement d’un tourisme compétitif. Mais ce créneau s’apparente à un véritable filon d’or dormant. Ce riche patrimoine histoire et culturel inexploité attend toujours d’être mis sur le marché, dans les circuits touristiques. Kolda pourrait devenir un pôle touristique et culturel digne de la richesse dont elle regorge, mais, en attendant, l’existant est surtout lié à la chasse en raison de ses potentialités fauniques et forestières.

Kolda ne dispose pas de plage à perte de vue encore moins d’aires de détente ou de forêts récréatives, mais cette région, avec son passé historique très riche, peut se targuer d’être un véritable creuset de cultures et de civilisations. De Kolda à Vélingara en passant par Médina Yéro Foula, presque chaque contrée regorge de sites historiques qui sommeillent dans les méandres de l’oubli.

Des ruines du palais de Moussa Moolo au village de Hamdallaye à son tata à Ndorna en passant par son magasin de munitions au village de Djignawouling, l’emplacement du palais de la reine Sona, à Mansacounda, les vestiges du château des rois mandingues.

Sans compter l’ancienne capitale des rois Pathiana, la grotte de Kadiama, l’ancienne capitale du roi de Mandé, Faramba Tamba, dans le village de Kabendou, les ruines du château de l’ancien roi Malick dans le village de Malick-Thiangel, le puits centenaire de Kandian, le Lingué de Kaoné, arbre multiséculaire dont les feuilles et les branches sont tatouées ou encore les fromagers de Biaro, deux arbres accolés représentant deux jeunes filles frappées par une malédiction. Autant de curiosités qui, ajoutées aux cultures populaires, aux savoir-faire séculaires et coutumes anciennes, constituent une attraction à haute valeur touristique, mais ce créneau s’apparente à un véritable filon d’or dormant parce qu’inexploité. Tous ces sites qui ont défié le temps et qui ont réussi à survivre sommeillent en attendant d’hypothétiques visiteurs.

Une activité au petit trot
Aujourd’hui, force est de reconnaître que le tourisme n’est pas un secteur très dynamique à Kolda. Dans la région, les professionnels du secteur sont unanimes sur ce constat. Cette situation se perçoit à travers le nombre peu important de réceptifs.

Pour le chef de service régional du Tourisme de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda, la capacité d’hébergement de cette région est relativement faible. Cela résulte, selon Tekhéye Faye, de la faiblesse des flux touristiques en direction de la destination Kolda. « La capacité d’hébergement est d’environ 320 chambres et 450 lits répartis entre les différents réceptifs touristiques dont dix à Kolda et douze à Vélingara », a expliqué M. Faye.

Alpha Diallo, un professionnel du secteur, explique cette morosité du tourisme par le fait que Kolda n’ait pas beaucoup de choses à montrer, faute de valorisation du patrimoine. De plus, ajoute M. Diallo, l’activité touristique ne peut se développer sans l’existence d’infrastructures d’accueil. « Si l’on veut que le tourisme marche, il faut que l’Etat s’investisse et crée des infrastructures », relève-t-il en invitant les pouvoirs publics à réaliser des infrastructures hôtelières de qualité à même de satisfaire les ambitions touristiques de la zone.

Avec l’ancienne route Tanaff-Ziguinchor, souligne-t-il, beaucoup de touristes passaient par Kolda parce que l’accès était plus facile pour aller à Ziguinchor. La plupart partaient visiter le parc national Niokolo Koba, allaient à Kédougou puis venaient dormir à Kolda.

C’était un circuit bien dessiné. Des gens quittaient même la Gambie, visitaient le parc, puis passaient par Kolda. A l’époque le campement de Simenti fonctionnait à merveille et recevait beaucoup de touristes qui, au retour, partaient pour Ziguinchor et étaient obligés de s’arrêter à Kolda. Aujourd’hui, le campement ne fonctionne plus. Du coup, 80% des touristes qui passaient par Kolda ne reviennent plus. Depuis quelques années, le parc a perdu de son attractivité et cela a tué le tourisme dans la zone », note M. Diallo. Les mêmes griefs sont soulevés par Mamadou Dramé, gérant de l’hôtel Moya. Selon lui, le tourisme à Kolda souffre de l’absence de touristes étrangers et reste tributaire de la clientèle nationale à travers les séminaires et autres. Pour Mamadou Dramé, il y a un travail de longue haleine qui devrait se faire dans le but d’attirer beaucoup de touristes.

Pour attirer davantage de touristes, Alpha Diallo soutient qu’avec le manque d’attractivité du parc Niokolo Koba, la région de Kolda devrait se doter d’une réserve animalière. Une telle initiative, selon le colonel Allé Seck, inspecteur des Eaux et Forêts de Kolda, nécessite beaucoup de moyens et, à son avis, l’Etat ne peut pas tout faire. « Une réserve animalière demande beaucoup de ressources financières, surtout pour faire voyager des girafes, des hippotragues et autres espèces. Il faut une initiative privée pour concrétiser ce souhait des acteurs et nous sommes prêts à les appuyer », indique-t-il.

Absence de syndicat d’initiative depuis 2000
Le chef de service régional du tourisme de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda, Tékhéye Faye liste ainsi, les contraintes au développement du secteur sont nombreuses. En plus de l’insuffisance des capacités d’accueil, les principaux facteurs de blocage ont pour nom faible taux de fréquentation de la région résultant de plusieurs paramètres dont l’enclavement de la région. « Le voyage par la route est long et les vols aériens inexistants. Il y a aussi la dégradation des routes en dehors de la commune et des pistes de production, de même que la concurrence déloyale », indique M. Faye. Il s’y ajoute l’état de certains campements qui ont souffert de la situation qui a prévalu dans cette partie sud du pays et l’absence de zones à vocation touristique aménagées. L’inexistence d’un syndicat d’initiative et de tourisme a constitué un frein considérable à la promotion de la destination. En effet, Kolda s’est retrouvé sans syndicat d’initiative depuis 2000 suite au décès de son président. Selon Alpha Diallo, il était difficile de rassembler tous les acteurs qui avaient préféré aller chacun de son côté. « Depuis 2000, on a essayé de redémarrer la structure, mais elle n’arrive pas à être fonctionnelle. L’absence de syndicat d’initiative est l’un des facteurs qui ont plombé le secteur », estime-t-il.

La culture en appoint
Kolda Jrnee CulturellePour M. Faye, la redynamisation du syndicat d’initiative constitue une priorité. « Un syndicat d’initiative est une nécessité dans toute zone touristique, car permettant aux acteurs de parler d’une même voix, de bénéficier de la subvention du ministère. Une bonne occasion pour assurer une promotion adéquate de la destination au niveau national et international », indique-t-il.

Pour le directeur du Centre culturel régional, le tourisme et la culture sont les revers d’une seule médaille. L’un ne peut aller sans l’autre. Et, à son avis, le secours que la culture peut apporter, c’est un contenu culturel à ces différents sites à haute valeur touristique. « La touriste ne vient pas pour le confort, mais pour la touche culturelle. C’est pourquoi il faut leur proposer des animations culturelles, des séances d’apprentissage aux instruments de musique traditionnelle », fait savoir Abdoulaye Lamine Baldé. Selon lui, le tourisme doit s’appuyer sur la culture parce que seule la culture peut vendre une localité. Pour le maire de Kolda et non moins ministre de l’Environnement et du Développement durable, la région a d’énormes potentialités qui ne sont pas suffisamment exploitées. « Sur le plan touristique, Kolda est dans la Casamance, donc bénéficie de mesures prises par l’Etat pour relancer le tourisme. On va essayer d’accompagner tout cela pour rendre la destination plus attrayante parce que ce n’est pas une grande destination », indique Abdoulaye Bibi Baldé tout en magnifiant les nombreuses initiatives qui ont été prises jusque-là. « On peut encore franchir des pas importants parce qu’il y a un tourisme spécifique lié à la chasse, qui est un tourisme de luxe. C’est une opportunité que nous allons saisir pour rendre encore plus dynamique l’industrie touristique à Kolda », assure M. Baldé. « La culture était une fenêtre, on va en faire une porte pour l’industrie touristique ».

Malgré la situation actuelle, le chef de service régional du Tourisme estime que des perspectives favorables s’ouvrent à l’industrie touristique à Kolda. Pour M. Faye, le développement du secteur passe d’abord par une redynamisation du syndicat d’initiative pour assurer une très bonne promotion de la destination. « Il faut aussi inciter les agences de voyage et autres tours operators à s’intéresser, à programmer et à organiser des circuits en direction de la région de Kolda qui regorge d’attraits culturels et historiques parfois méconnus », indique-t-il. Le rétablissement de la ligne aérienne, après avoir satisfait à tous les aménagements aéroportuaires nécessaires au bon fonctionnement de l’aéroport, constitue également une priorité, selon M. Faye. D’autres actions pourraient également jouer en faveur du développement du secteur. Il s’agit de l’attractivité de la commune par la lutte contre l’insalubrité et la pollution, l’aménagement de zones à vocation touristique, la création d’infrastructures d’accompagnement au secteur (centre culturel, village artisanal, réserves animalières, etc.).

Le tourisme cynégétique se porte bien
Kolda Jrnee Cult Bibi BaldeLa forte présence du gibier constitue un facteur déterminant dans le développement du tourisme cynégétique à Kolda. Dans le but de développer cette activité et permettre aux touristes cynégètes venus particulièrement de France de chasser le petit gibier (francolins, lièvres, pintades, gangas, tourterelles), onze zones ont été amodiées entre Dabo, Médina Yéro Foula, Fafacoura, Pata, Salikégné et autres localités.

Selon Tékhéye Faye, Kolda recèle d’énormes potentialités axées particulièrement sur le tourisme cynégétique, avec une moyenne de 2.500 touristes qui séjournent chaque année dans la région entre décembre et février », a-t-il souligné. L’importance et la diversité des ressources fauniques, a-t-il dit, offrent des opportunités réelles au développement du tourisme cynégétique dans la région. Ce qui, à son avis, justifie l’augmentation des superficies amodiées.

Comme beaucoup d’acteurs, Alpha Diallo a développé depuis trois décennies une économie tournée vers le tourisme cynégétique.

Pour cet amodiateur, cette activité marche bien. Le seul hic, déplore-t-il, c’est le vieillissement de la clientèle. « Chaque année, ce sont les mêmes clients qui font de la chasse depuis 50 ans qui reviennent pour une à deux semaines au maximum. On est en train de faire des pertes de clientèles parce que la nouvelle génération ne suit pas », regrette-t-il. Selon Alpha Diallo, il faut vraiment aimer la chasse pour pratiquer cette activité qui demande beaucoup de moyens. Et avec la crise économique qui sévit en Europe et la retraite, ce n’est pas toujours évident, reconnaît-il.

Pour rentabiliser leurs affaires, précise M. Diallo, les amodiateurs sont obligés de faire leur propre promotion. « Dans ce contexte de rareté de la clientèle, il faut faire une très bonne promotion. Il faut dégager un budget pour aller dans les salons en France. Ce qui demande beaucoup de moyens et de sacrifices », souligne M. Diallo, qui invite l’Etat à s’impliquer davantage, surtout dans la création d’infrastructures. « Si l’on a un réceptif d’une capacité maximale de 50 chambres et qu’on reçoit un groupe de 120 chasseurs, cela pose problème ». L’autre contrainte, selon M. Diallo, est la dégradation de l’habitat sauvage, la disparition de certaines espèces. « Dans les zones de chasse à Kolda, il y a beaucoup plus d’habitations, donc moins de forêt. L’accès est devenu très facile parce qu’il y a des routes un peu partout, et avec les coupeurs d’arbre, le gibier n’a plus d’endroit où se reposer, où se cacher. Et quand la population locale se met à pratiquer la chasse, cela devient inquiétant pour les amodiateurs. Tous ces facteurs contribuent à diminuer le gibier qui se retrouve sans refuge et s’en va », fait-il savoir. Pour M. Diallo, la chasse a encore de beaux jours à Kolda, mais, précise-t-il, cela dépend en partie de la conservation de la forêt qui est aujourd’hui envahie. « La chasse va durer 20 ans environ, mais si l’on arrive à bien conserver la forêt, on va faire plus. Toutes les forêts classées sont habitées, elles ne le sont plus que de nom », avertit-il.

Potentiel sous-exploité
Kolda descente pontPour le colonel Alla Seck, la chasse est rentable. Du point de vue économique, fait-il remarquer, cette niche s’avère être une manne séduisante pour les opérateurs qui y trouvent leur compte. Elle fait aussi rentrer beaucoup d’argent dans les caisses du trésor public, entre location de la zone amodiée par hectare, la taxe d’amodiation, la licence de chasse, le permis qui varie, le timbre entre autres.

Dans cette partie du pays, affirme le colonel Seck, c’est la petite chasse qui est pratiquée et le francolin est très prisé. « Cette espèce arrive à partir de janvier parce qu’on a fait en sorte de la protéger. La chasse s’ouvre en général le 25 décembre et jusqu’en fin janvier les chasseurs n’ont pas droit au francolin, qui est très demandé », indique le colonel Seck, qui assure que l’activité de chasse menée de décembre à avril par les touristes ne menace nullement le gibier. « C’est de la chasse touristique, de l’écotourisme qu’on est en train de faire. Ces chasseurs ne sont pas venus ici pour le gibier. Ce sont des gens qui ont de l’argent et qui ont la chasse dans le sang. Ils ne tuent pas le gibier pour le manger. C’est un sport qu’ils pratiquent. Ils peuvent rester une journée sans rien tuer et ça ne se cumule pas », précise-t-il.

Malgré la bonne tenue du tourisme de chasse, le potentiel reste encore sous-exploité, selon le colonel Seck. Pour sa part, M. Tékhéye Faye estime qu’il y a nécessité à réfléchir sur la possibilité d’élaborer un plan d’aménagement de mise en valeur des ressources naturelles et culturelles pour soutenir le tourisme cynégétique dans la compétition existante par rapport aux autres destinations concurrentielles et l’exigence de plus en plus accrue de la clientèle internationale.

De nos envoyés spéciaux Samba Oumar FALL et Souleymane Diam SY (textes) et Pape SEYDI (photos)

Last modified on mercredi, 27 juillet 2016 12:52

Un monde d’éclopés

25 Juil 2016
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Répondant à la volonté affichée par l’ancienne ministre de la justice française, Michèle Alliot-Marie, d'ouvrir le débat sur la castration physique des délinquants sexuels, le Syndicat de la magistrature a ironiquement prôné l'amputation des mains des voleurs, de la langue pour les escrocs et du foie pour les conducteurs surpris en état d'ivresse, ainsi que la lapidation des casseurs.

Qualifiant cette idée d'“hommage au Moyen Age”, le syndicat propose d'élargir la réflexion. Il propose aussi “le supplice dit du 'croc de boucher' pour les auteurs de dénonciations calomnieuses”. “S'agissant des infractions économiques et financières, un simple retrait des boutons de manchette en place publique devrait suffire”, ajoute le Syndicat de la magistrature.

Mais pourquoi donc s’arrêter en si bon chemin ? Que faire des maris infidèles, des voyeurs, des pirates, des diffamateurs, des agresseurs, des corrompus et des corrupteurs, etc. S’il faut couper la main à chaque délinquant, on vivrait dans un monde d’éclopés.

Par Sidy DIOP

Last modified on lundi, 25 juillet 2016 12:16

Le Fouladou est connu par sa richesse en sites historiques et culturels, héritage du règne de Moussa Moolo Baldé. Mais aujourd’hui, voir Kolda, c’est découvrir l’autre dimension de cet ancien royaume qui souffre du dépérissement de son patrimoine, dont le tata de Ndorna, qui a subi les assauts du temps. Il urge de valoriser et de préserver ce patrimoine, témoignage vivant du passé, pour aider les populations à mieux comprendre l’ampleur des évolutions qui ont marqué leur territoire.

Le Fouladou recèle d’importants monuments et vestiges qui demeurent le témoignage vivant du règne d’Alpha Moolo et de son fils Moussa Moolo, figures emblématiques de ce royaume qui se situait au contact de quatre États (Gambie, Guinée-Bissau, Guinée et Sénégal). Malgré la richesse du patrimoine de l’ancien royaume, son histoire si marquante et riche est loin d’être connue par tous. La communication autour de ces lieux reste incomplète.

Aujourd’hui, on ne peut pas parler de l’histoire du Fouladou sans évoquer Ndorna, qui abrite le tata de Moussa Moolo. Ce village historique qui se trouve à 40 km environ au nord de la commune de Kolda, sur un embranchement de l’axe Kolda-Pata, vit dans l’isolement le plus total du fait de son enclavement. Pour s’y rendre, il faut emprunter une piste cahoteuse. Il n’y a aucune autre alternative. Et pendant l’hivernage, la situation s’empire. Les moyens de transport, les mieux indiqués pour parcourir ce trajet d’une trentaine de kilomètres sont les véhicules 4x4, les taxis-brousse habitués à ces trajets ou les deux roues. Et ils sont obligés de slalomer pour éviter les nids-de-poule, crevasses et autres flaques d’eau. Les véhicules particuliers qui osent emprunter cet axe se voient contraints de faire un tour chez le mécanicien à leur retour en ville.

Malgré le mauvais état de la route, ce coin perdu est bien doté par la nature. Le voyageur se laisse envahir par le charme irrésistible de cette végétation luxuriante, la vue panoramique qui ressemble à un magnifique tableau naturel s’élançant vers le ciel. A cette beauté naturelle se mêlent de charmants villages, tantôt petits, tantôt grands. Diatouma, Saré Moussa Meta, Saré Sada, Saré Dianfo, Dianbounta, Tounkoye Alette, Missira Diatta Baldé, Balkamussa défilent. Puis Ndorna se pointe à l’horizon.

Le tata de Moussa Moolo se meurt
Pour beaucoup de citoyens, Ndorna, tout comme Soulabali et Hamdallaye Moussa, deux localités situées dans le département de Médina Yéro Foula, ne leur dit pas grand-chose, alors qu’elles renferment un pan entier de l’histoire de notre pays. Ce village porte l’empreinte d’Alpha Moolo Baldé, fondateur du royaume du Fouladou, au sud du Sénégal. Ce chef peul qui a régné au XIXe siècle fonda, en 1870, le village de Ndorna, qui deviendra plus tard la capitale politique et économique du Fouladou. Son fils Moussa Moolo, né à Soulabali vers 1846, lui succéda et va parachever son œuvre. Il y construisit un tata (résidence) à l’image des fortifications en pierres héritées des grands empires du Soudan médiéval. Les ruines de ce tata ont traversé le temps et il ne reste plus que des amas de pierres rouges, des fondements qui tracent encore les pièces de ce qui fut la résidence du souverain qui disposait de deux portes d’entrée principales. Ses épouses y disposaient également d’habitations. Tout autour, il y avait des sortes de tranchées bien aménagées.

La particularité du tata de Moussa Moolo de Ndorna, selon l’historien Sadiki Sall, c’est le fait qu’il soit une bâtisse solide en pierres. « Moussa Moolo a pris des pierres et les a cimentées. C’est en Gambie qu’il allait chercher du ciment. D’habitude, les tatas étaient en banco. C’est le cas à Kansonko avec les vestiges du Tata de Karang Bounding Sané, de même qu’à Cita Diouba », explique-t-il. « Avec ce tata, il était assuré qu’aucune attaque extérieure ne pouvait le surprendre », ajoute le maire de Ndorna, Souleymane Diamanka. Moussa Moolo, sa famille et sa garde rapprochée vivaient dans le tata, selon le maire, tandis que son armée, les guerriers du Fouladou, vivait aux alentours, dans le village.

Aujourd’hui, les ruines du tata sont encore visibles sur place pour perpétuer, dans la mémoire collective, les faits importants de ce patrimoine historique qui disparaît petit à petit, faute de politiques de valorisation. Outre le fait que l’histoire du Fouladou soit mal enseignée et répertoriée dans le patrimoine, M. Sall estime qu’il y a une mauvaise gestion des politiques culturelles. « Ce patrimoine est laissé en déliquescence », poursuit l’enseignant à la retraite, membre de l’Association des professeurs d’histoire et de géographie. En 1988, dit-il, lorsque je préparais la visite de l’Enoa, nous avons trouvé « Tabayel Dikiguel » à Ndorna, c’est là où Moussa Moolo organisait l’exécution des sentences. « Quand quelqu’un est jugé et qu’il doit être condamné à mort, on l’amenait à cet endroit où il y avait une branche à l’horizontale et on le porte dessus pour lui trancher la tête. Il y avait aussi le coin où on faisait de la castration. On avait symbolisé cela par des cailloux », relève-t-il. « Dix jours après, ajoute l’historien, lorsque je suis venu avec la mission, j’ai trouvé que Tabayel Dikiguel était ravagé par le feu. Il ne restait que la branche horizontale qui était en train de se consumer ». Quant au « Sanghé » (fortification) de son père Alpha, à l’en croire, l’école élémentaire de Ndorna a été construite dessus.

Le défi de la mise en valeur
Ruines Tata Moussa Moolo 2Le professeur regrette ainsi l’absence d’une politique de sauvegarde du patrimoine national et de sa valorisation. « Notre défaut, déplore-t-il, nos espaces ne sont pas historiquement parlants ». « Vous irez à Gouye ndiouly, vous verrez l’arbre « Gouye ndiouly ». Mais le jour où l’arbre mourra, qu’est-ce qu’on va retrouver sur place ? C’est la même chose à Samba Sadio où a eu lieu l’affrontement entre Cheikh Ahmadou Bâ et la coalition des pouvoirs centraux wolofs du Sénégal. À Samba Sadio, on vous dit que c’est ici le « Soumpe Cheikh » ; mais rien ne vous l’indique », détaille l’historien. Il en est de même de « Sinkou Boye », à Guédé, un site où s’est déroulée la bataille mémorable entre les « Mahdiyankobés tidianes » et les « Lamtoro » de Guédé appuyés par le Law. Mais cette histoire et ces vestiges sont une richesse sous-exploitée. Elles pourraient être le noyau du développement du tourisme local. Mais au-delà d’un enjeu économique, c’est l’identité du peuple qui repose sur ce pan de l’histoire.

En attendant une éventuelle mise en valeur, la mairie de Ndorna s’occupe de l’entretien du site, même si la réhabilitation et la valorisation du tata ne relèvent pas de ses compétences. Le maire Souleymane Diamanka estime que le Conseil départemental doit poser les premiers jalons en attendant l’appui du pouvoir central. « Le développement du Fouladou passe par la valorisation des sites historiques de Ndorna », estime-t-il. Souleymane Diamanka est d’avis que ce site peut rapporter beaucoup de choses à la commune et à la zone d’une manière générale, car, soutient-il, Alpha et son fils Moussa Moolo Baldé se sont battus pour que le Fouladou retrouve son identité, sa dignité. « Des gens viennent visiter, prennent des photos et repartent sans que la commune n’y gagne rien. Le site n’est ni sécurisé encore moins valorisé », insiste-t-il. Sous le régime libéral, se souvient le maire, un des ministres de la Culture d’alors était annoncé sur le site. Jusqu’à présent, ce dernier n’y a pas mis ses pieds. Pour lui, le pouvoir central doit jouer un grand rôle dans la valorisation du site ne serait-ce que pour l’histoire. Mais il estime que cette valorisation doit être précédée par la réalisation de la route Kolda-Pata pour faciliter l’accès aux touristes et aux visiteurs, mais aussi le déplacement des populations vivant dans la zone.

Le directeur du centre culturel régional estime, pour sa part, qu’il faut faire prendre conscience aux populations de la valeur de ces sites qui font partie du cœur historique du Fouladou.

Pour Abdoulaye Lamine Baldé, la réhabilitation du site pourrait participer à la promotion de l’élan touristique dans la zone. Et, précise-t-il, le ministère de la Culture a bien compris les enjeux. Selon M. Baldé, des efforts seront engagés pour réhabiliter ce patrimoine ancestral, le préserver et le rendre accessible à tous.

Un patrimoine dispersé et sous-exploité
Outre le tata de Ndorna, le Fouladou regorge de vestiges historiques en ruine ou menacés. C’est du moins la remarque qui se dégage quand on fait un inventaire du patrimoine. On ne peut se rendre à Kolda sans faire un détour par l’arbre de Moussa Moolo, qui est un autre trésor historique à visiter. C’est aussi un lieu de culte qui a une histoire parfois même des légendes à raconter. Situé à quelques encablures du camp militaire Moussa Moolo Baldé, cet imposant caïlcédrat qui se dresse au milieu de la route, dans le vieux quartier de Doumassou, est témoin de plusieurs étapes de l’évolution du Fouladou. Selon beaucoup de témoignages, Moussa Moolo, en partance pour Ndorna, village fondé par son père en 1870, en avait fait son lieu de repos. Il y recevait aussi, nous dit-on, les notables du Fouladou Pakao pour discuter des questions brûlantes du royaume. Selon la légende populaire, un étranger ne devrait pas contourner l’arbre à sept reprises de crainte d’être coupé de ses origines.

Un esprit curieux pourra découvrir bien d’autres legs de l’histoire du Fouladou dispersés dans ce terroir et encore méconnus du grand public. Parmi ceux-ci, on peut citer les quatorze pierres de Soulabali  symbolisant le pacte d’engagement d’Alpha Moolo et de ses compagnons dans leur volonté de combattre les Mandingues pour libérer le Fouladou. Quatre de ces pierres témoignent de la première rencontre au cours de laquelle l’idée a été émise et les dix autres la décision d’aller libérer leur terroir. Près du village de Parumba, au sud-est de Vélingara, se trouve le tunnel de Moussa Moolo d’une longueur d’environ trois kilomètres. Aménagé dans une grotte, il a conservé une profondeur qui varie selon les niveaux. L’entrée étant très basse, il faut ramper pour y accéder. Le reste du parcours du tunnel a une hauteur normale. Selon la légende populaire, une femme du nom d’Adama y aurait mystérieusement disparu. Le tambour de Moussa Moolo appelé « tamouldé » fait également partie de ce riche patrimoine. Utilisé comme moyen de communication, il permettait de faire des annonces sur un rayon d’une cinquantaine de kilomètres. Le reste de l’instrument est conservé par le vieux Coly Baldé, au village de Parumba. Tous ces points attractifs sont susceptibles de rapporter des retombées pour les collectivités et capables de contribuer au développement de l’industrie touristique. Malheureusement, ce patrimoine n’est pas valorisé. Pis, il ne suscite aucun intérêt de la part des populations. Autant de facteurs qui font de la sauvegarde de ce patrimoine historique un défi complexe, et dont le succès nécessite la participation de tous les acteurs, notamment les populations et les pouvoirs publics.

Mythe, quand tu nous tiens !
Plus d’un siècle après la disparition de Moussa Moolo, le mystère entoure encore son tata. Les fonctionnaires n’osent pas y mettre les pieds de peur, dit-on, de perdre leur statut. Ils peuvent venir à Ndorna, mais ne franchissent pas le seuil de la forteresse. Vrai ou faux, nombreux sont ceux en tout cas qui y croient. « Nous avons amené la promotion de l’École nationale des officiers d’active (Enoa) en 1988 à Ndorna, mais nous sommes restés sur le seuil du tata, se souvient Sadiki Sall. Pour le maire de Ndorna, ces croyances populaires ne sont guère avérées. Et Souleymane Diamanka regrette que ce mythe continue d’être entretenu par une bonne frange de la population. « En ma qualité de maire de Ndorna, je suis toujours le premier à entrer dans le tata quand il y a des visites du site, et cela ne m’a rien fait. Je continue d’être le maire », fustige Souleymane Diamanka qui rappelle que ces croyances ne tiennent qu’à ceux qui y croient. « Il faut être un croyant pour briser ce mythe. Aujourd’hui, des fonctionnaires viennent et entrent dans le tata sans aucune considération », assure-t-il.

En décembre 1987, poursuit le maire, lors d’une visite de travail à Ndorna, le président de la République du Sénégal d’alors, Abdou Diouf, a voulu entrer dans le tata, mais il a été dissuadé par un de ses collaborateurs. Le président avait déjà posé un pied sur l’édifice, avant de se raviser, dit-il. Pour Souleymane Diamanka, cette croyance a impacté sur le développement économique de la zone. « Si les pouvoirs publics chargés de mener des politiques de restructuration et de réhabilitation du site n’y viennent pas, il n’y aura point de valorisation de l’édifice », déplore-t-il. La conviction du maire est que le temps de vaincre ce mythe a véritablement sonné et ce combat devrait, selon lui, passer par le pouvoir central.

De nos envoyés spéciaux Samba Oumar FALL et Souleymane Diam SY (textes)
et Pape SEYDI (photos)

L’un des premiers postes de débarquement de crevettes est en marée basse prolongée. Aussi bien dans le village qu’au rivage, les pêcheurs se laissent emportés par des flots de souvenirs des périodes fastes de la pêche de crevettes, à Adéane, situé dans l’arrondissement de Niaguiss à l’est de Ziguinchor.

La commune d’Adéane est à 32 km de Ziguinchor sur la route du sud, en pays Baïnouk. Des habitats sont répartis pêle-mêle à l’entrée. Au centre, un plan en damier est bien visible sur cette route descendante vers le quai. Les maisons modernes se concentrent au centre. Des antennes paraboliques apparaissent sur les toits comme des touffes sur la coiffure des afro-africaines. Il y a un embryon d’organisation de l’espace. A la grande place du village. Une mosquée est attenante aux habitations. Non loin de là, des personnes âgées conversent sur le mirador de la coopérative des pêcheurs d’Adéane. Les années passent. Elles ne rassemblent pas pour ces vieux usagers du fleuve. Leurs discours sentent la nostalgie des périodes fastes de la pêche. « Il serait très injuste de comparer les activités de pêche des années passées, 1980-90, à celles d’aujourd’hui. Actuellement, c’est à peine qu’un pêcheur parvient à avoir 1 kilogramme de crevettes. Dans le passé, un pêcheur peut avoir jusqu’à 15 kg à 30 kg par jour », se souvient Demba Fall. Les échanges intéressent le reste du groupe des usagers du fleuve Casamance. Djiby Sy se retourne et ajoute : « Tout dépend des périodes. Parfois un pêcheur peut avoir 5 kilogrammes de crevettes comme il peut se retrouver avec un demi-kilogramme ». Sur le mirador, le passé est un présent. Tous parlent avec enthousiasme. Le bourg n’avait pas usurpé son nom. Adéane, un dérivé du mot mandingue « Adiyata » qui signifie « c’est agréable » même si une autre version porte sur le nom de l’un des premiers habitants Baïnouk qui s’appelait Adéane Mané. « Vers les années 1974, la production de crevettes était abondante. Ceux qui étaient dans le secteur ont fait fortune dans la pêche et la vente des crevettes. L’activité était plus fleurissante. Ce n’est plus le cas, même si nous avons de quoi couvrir nos besoins », admet Birame Ndiaye.

En tout état de cause, en ce moment, l’épicentre de la pêche de crevettes avait attiré des Sénégalais des régions du nord, du centre et des Maliens. La pêche des crevettes a des incidences sur le brassage culturel, ethnique et religieux du village. « Nous avons une population cosmopolite. On y retrouve des mandingues, des toucouleurs, des diolas, des bambaras, des balantes », énumère Birame Ndiaye qui a vu le jour à Adéane.

De la place publique, on regagne le quai de débarquement. Un piroguier attend les clients. Des pirogues flottent sur le virage. Elles couvrent plus de 200 mètres des deux côtés. Une nuée de nuages adoucit les températures. Le ciel est bleu. En contrebas, Idrissa Koné répand du goudron sur la cale de sa pirogue. Lui attend que le ciel se dégage. Il a quitté la région de Matam en 1993 pour s’établir à Adéane. Depuis lors, sa vie est liée au fleuve Casamance. « Auparavant, lorsque vous effectuiez une sortie, vous pouviez revenir avec 10 kg de crevettes.

Il était facile pour nous d’avoir beaucoup d’argent », confesse Idrissa Koné. Ici, on connaît la cause de l’effondrement des ressources halieutiques. Ce dernier embarque tous les pêcheurs dans la même barque. Ils sont à ses yeux les premiers responsables de la chute des débarquements. « Il y a toute sorte de filets. Certains utilisent des mono filaments, des filets de petites mailles. C’est difficile d’organiser ce secteur ici », estime Idrissa Koné.

Le visage émacié, Moussa Badji supervise le remodelage d’une vieille pirogue par deux garçons. Ces derniers sectionnent des morceaux et colmatent les flancs. D’autres planches servent de traverses. Pour ce vieux pêcheur, il faut s’accrocher. La vingtaine de pirogues tanguant au large au gré du vent l’inspire. « Je suis dans la pêche depuis 30 ans. Nous avons beaucoup de Maliens.

Il y a beaucoup de pirogues. Il y a une pression extrême sur la ressource », se désole Moussa Badji. Cette version est balayée par le président de la coopérative des pêcheurs. Pour ce dernier, l’effondrement des ressources a entraîné des flux migratoires des pêcheurs. L’ancien poste de pêche est en quête d’un nouveau souffle.

Ecoulement des produits halieutiques : Les mareyeurs à la quête d’un meilleur avenir
Adeane Quai PecheIls font partie de la chaîne de l’activité halieutique à Adéane, mais les mareyeurs vivent des périodes difficiles, compte tenu de la non-disponibilité des véhicules leur permettant d’acheminer leur marchandise à Ziguinchor.

A Doumassou, un des neuf quartiers d’Adéane, les mareyeurs se rassemblent chaque jour pour trier la capture débarquée par les pêcheurs. En cette mi-journée ensoleillée, le rituel est respecté par Aïssata Kébé, Diarra Ndong et les autres femmes mareyeuses trouvées en train de sélectionner les crevettes qu’elles doivent acheminer à Ziguinchor. « Aujourd’hui, j’ai réussi à avoir 45 kilos. Il ne me reste plus qu’à prendre la route pour les revendre à Ziguinchor », souligne Aïssata Kébé, l’une des mareyeurs. Cédé entre 1.300 et 2.000 FCfa le kilogramme, le commerce des crevettes reste une spécialité des femmes d’Adéane.

Diarra Ndong, une halpulaar originaire de Fanaye Diéry dans le département de Podor, s’active dans ce commerce depuis une dizaine d’années. Aujourd’hui, cette Adéeanoise d’adoption se frotte les mains. « Avec cette activité, j’entretiens ma maison et je paie la scolarité de mes enfants », nous confie Diarra. En même temps qu’elle fait son travail de collecte des crevettes, Diarra marchande un drap de couleur rouge avec un commerçant ambulant « baol-baol » qui est venu leur proposer une panoplie de produits. Après un marchandage qui n’a duré que quelques minutes, elle tombe d’accord avec le bonhomme et met la main dans sa tirelire et lui tend un billet vert de 5.000 FCfa. Non loin de ces femmes, un camion frigorifique est stationné pour ramasser les caisses de crevettes collectionnées par les femmes mareyeuses. Comparée aux autres périodes, la capture de ce matin est maigre, voire insignifiante, selon le convoyeur Lamine Ndaw. « Si ça marche réellement, nous pouvons aller jusqu’à 150 caisses par jour », souligne Lamine.

Seulement, ce n’est pas tous les jours que les femmes mareyeuses arrivent à trouver un véhicule pour acheminer leur marchandise à Ziguinchor. Cela reste d’ailleurs la principale préoccupation de ces commerçantes. « L’autre jour, j’avais 300 kg de crevettes entre les mains, mais je suis resté longtemps au quai de débarquement à attendre un véhicule, en vain.

Comme la crevette est un produit périssable, elle a commencé à changer de couleur et j’étais obligée de les griller pour ne pas les perdre », renseigne Diarra Ndong. La dizaine de mareyeurs de cette zone de pêche de la Casamance ne dispose que de 3 à 4 camions frigorifiques pour ramasser la capture quotidienne. Il arrive souvent que ces véhicules tombent en panne ou fassent faux bond. Ce qui ne rend guère la tâche facile aux mareyeurs. Moussa Touré, le chef de village d’Adéane, rappelle l’importance de l’activité halieutique dans sa localité.

« La pêche est un pilier important de l’économie locale. Une grande partie de la population évolue dans le secteur et chaque jour, ils sont nombreux à partir à Ziguinchor où elles acheminent la capture », explique le chef de village. Seulement, aussi bien les pêcheurs que les mareyeurs, ils n’arrivent pas à disposer de suffisamment de moyens leur permettant de mener à bien leur travail. Même si la pêche demeure leur principal moyen de subsistance à l’heure actuelle.

Un réel brassage ethnique
La Casamance en miniature. On pourrait qualifier ainsi Adéane, un village traditionnel qui a le mérite d’abriter une forte concentration ethnique. Toutes les ethnies de la Casamance, ou presque, sont présentes à Adéane. On y trouve des bambaras, des peuls, mandingues, balantes, mancagnes, diolas, sérères et même des pépèles. Si certains, comme les peuls et les bambaras s’y sont installés depuis plusieurs années, en y pratiquant la pêche, d’autres comme les balantes et les mandingues sont arrivés ici à la faveur de la guerre en Guinée-Bissau.

Pour autant, toutes ces ethnies cohabitent dans les neuf quartiers de manière harmonieuse. Ici, il n’existe pas de quartier peul, diola ou mandingue. Les populations vivent dans une parfaite symbiose. Mais surtout dans le respect et la tolérance quasi-quotidienne.

De nos envoyés spéciaux Idrissa SANE, Maguette NDONG (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)

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