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Soleil Grand Air (475)

Dans la nuit du 17 au 18 décembre 2016, au cœur de l’hiver, une centrale électrique de Kiev a été touchée par une panne électrique d’une heure qui n’a pas vraiment fait la une des médias. Mais selon des chercheurs, elle a été causée par un virus informatique qui serait lié à la Russie. Et qui serait capable de s’en prendre à de nombreuses infrastructures partout dans le monde, y compris au gaz et à l’eau.

L’une des deux sociétés à avoir identifié le virus, la société slovaque ESET, l’a baptisé « Industroyer ». Elle affirme qu’il était la menace la plus puissante pour les systèmes de contrôle industriels depuis Stuxnet, le virus visant les installations nucléaires de l’Iran qui était probablement d’origine américaine et israélienne. Dragos, une société de cybersécurité américaine qui a travaillé sur le même virus, l’a relié de son côté à un groupe de hackers russes nommé Sandworm, réputé lié au gouvernement russe.

Il permet par exemple à des hackers de prendre le contrôle de sous-stations et de fermer des parties du réseau électrique, pour le déstabiliser et provoquer des pannes géantes. Selon ESET, le malware « peut être adapté pour s’en prendre à n’importe quel système en visant le système de communications ». L’entreprise n’exclut pas que l’Ukraine n’ait été qu’un test, et que des attaques de plus grande ampleur puissent se produire à l’avenir.

Quinze ans de carrière dans le rap. Serigne M’Baye Gueye devient Disiz La Peste et s’impose avec le succès de « J’pète les plombs ». En 2009, soucis personnels et lassitude de l’industrie le poussent à mettre fin à sa carrière avec « Disiz the end ». Mais, il reviendra en 2012 sur le devant la scène avec son album « Extra-lucide ».

Le nouveau Disiz, à la fois rappeur, père et mari, s’affirme plus que jamais comme un artiste confirmé qui se bat contre les clichés violents et gratuits. Histoire d’un jeune de banlieue qui grandit à Evry, dans l’Essonne. Comme beaucoup d’entre eux,  il se nourrit de la musique hip-hop avec NTM et IAM. Il doit s’affranchir du regard de l’autre et cherche à définir son identité. De Tolstoï à la biographie de Malcolm X, il va s’inspirer de ces auteurs pour écrire ses textes. Un rappeur qui a voulu faire exploser la ségrégation intellectuelle ambiante et imposer le langage de la rue dans un domaine réservé aux élites.

Il ne veut pas produire un disque trop introspectif, ni raconter son journal intime, mais plutôt mélanger figures de styles et sujets actuels afin d’arriver à une réelle cohésion entre rap et réalité. L’image du rappeur calme, serein et surtout lecteur, lui vaut de se voir qualifié d’intello. Cette vision lui déplaît puisqu’elle met en opposition le rap et l’intérêt pour la littérature, ce qui alimente une vision erronée de l’univers hip hop. Le rap représente avant tout les mots et les différentes subtilités de langage. Il crée un rap « utile » bien loin d’un rap « conscient » ou d’un rap « bling bling » comme il dit.

Et lorsqu'on connaît le parcours du rappeur d'Evry, on est surpris de lui trouver les idées si claires et l'esprit si serein. Car Serigne Mbaye Guèye, franco-sénégalais de 38 ans, revient de loin. Sa génération, celle issue de l'immigration et des quartiers populaires, a grandi en écoutant les rappeurs américains et français. La vie en banlieue incarne sa principale source d’inspiration. En 2007, Disiz accorde sa confiance à Ségolène Royale, un geste qui lui laissera une expérience amère. La récupération de son image de rappeur intelligent à des fins stratégiques soutient les clichés contre lesquels il se bat. Cette société, devenue trop vite libérale et capitaliste à son goût, représente un prétexte pour écrire ses textes.

Par Oumar BA

L’envie de connaître une situation sociale bien meilleure a poussé de nombreux jeunes Sénégalais dans les bras de vieux retraités européens venus passer du bon temps à la Petite Côte, pour le restant de leur vie. Mais si certains ont pu construire de belles villas et investir dans des créneaux porteurs, grâce au mariage mixte, d’autres, trahis et abandonnés à leur triste sort, ont vu leurs rêves s’effondrer comme un château de cartes.

Il est venu une première fois au mois de février, il est revenu au mois de mai et il compte s’installer définitivement dès novembre prochain. Lui, c’est Fabrice, un sexagénaire français, en vacances à Saly Portudal, depuis un mois. C’est un amoureux du Sénégal et particulièrement de cette station balnéaire où, selon lui, on trouve toutes les commodités pour mener une vie agréable. Cet après-midi du mois béni de Ramadan, il fait partie de la cohorte de retraités européens, en belle compagnie, venus faire leurs achats dans un supermarché niché en plein cœur de Saly Portudal. A la devanture de cette grande enseigne, les belles bagnoles se succèdent les unes les autres, dans un vrombissement continu des moteurs. Le lieu dégage un luxe insolent. Tout autour, des vendeurs d’œuvre d’art guettent le moindre touriste, dans l’espoir de réaliser de bonnes affaires. Les vendeurs de cartes de crédit, le long des trottoirs, ont aussi senti le bon coup n’hésitant pas à interpeller les passants. Enfin, les bureaux de change installés un peu partout complètent le décor. 

Dans ce milieu qui grouille de touristes, pour la plupart des Européens, l’activité commerciale est intense, le marchandage constant. Il est 17h. Dans deux heures et demie, les musulmans procéderont à la rupture du jeûne. Le supermarché reçoit de plus en plus de monde. Un ballet incessant de couples mixtes se mêle parmi cette foule hétérogène qui grossit au fil des heures.

De vieux occidentaux sont accompagnés de belles nymphes africaines, des sénégalaises pour l’essentiel. Un homme s’empresse de récupérer un panier et ouvre aussitôt la porte à sa jeune partenaire noire. Ah, ils sont toujours galants ces Blancs ! Un autre, sans doute, un septuagénaire, traine sa lourde silhouette, derrière une fille d’à peine 20 ans, qui se trouve être sa conjointe. Vu l’écart d’âge qui les sépare, la jeune dame pourrait être sa petite fille voire son arrière-petite-fille. Mais l’amour connaît-il l’âge ? Evidemment non.
D’autres acheteurs prennent d’assaut les échoppes de fortune qui font face au supermarché. Parmi eux, Fabrice et sa femme, une Sénégalaise de 21 ans, les lunettes noires bien vissées, certainement pour éviter les regards de certains curieux et jaloux. Entre ces deux-là, le courant est vite passé. Le couple s’est rencontré en février dernier à l’occasion de la première visite au Sénégal du sexagénaire français. Très vite, le coup de foudre a lieu entre les deux tourtereaux. Finalement, Fabrice et sa compagne ont fini par sceller leur alliance, devant Dieu et les hommes.

« Ici, c’est sympathique »
Couple mixtePour l’heure, c’est le prolongement de leur lune de miel. Les deux conjoints surfent toujours dans un bonheur intense, la belle vie qu’ils entendent croquer à belles dents. La ville est belle ! D’ailleurs, Fabrice compte, à partir du mois de novembre prochain, revenir s’installer définitivement au Sénégal et à Saly auprès de sa femme afin de vivre pleinement son idylle. C’est fou l’amour ! « Je suis là depuis un mois et il ne me reste que trois semaines de vacances. Je suis venu une première fois au mois de février et je suis revenu. C’est un endroit qui me plait énormément. Personnellement, ce n’est pas le premier pays africain que j’ai fait. J’ai toujours aimé l’Afrique mais ici c’est sympathique », affirme-t-il, en homme amoureux.

Pour lui, Saly Portudal, en termes de confort, de commodités etc. ; n’a pas beaucoup à envier aux villes françaises « Le coût de la vie n’est pas cher et l’on peut trouver tout ce que l’on veut ; sans oublier les hôtels, les belles plages, le soleil, le beau temps toute l’année, la proximité géographique etc. », ajoute-t-il, manifestement sous le charme de cette station balnéaire.

Jean, un vieux promoteur touristique a, lui aussi, cédé aux assauts charmants d’une belle demoiselle à la fleur de l’âge. C’est à la suite du décès brusque de sa femme, alors qu’ils étaient tous deux en voyage au Sénégal, en compagnie de leur jeune fils, que le Français a rencontré la Sénégalaise. Comme Fabrice et sa femme, les deux amants n’ont pas mis du temps pour officialiser leur relation. Eux aussi ont l’air de bien s’entendre, malgré le gap générationnel consistant. Ils ont fait de l’amour un pont pour traverser les âges, se retrouver et sceller leur union sacrée pour le meilleur et le pire. Toutefois, le couple n’entend pas se fixer définitivement au pays comme l’ont fait beaucoup de retraités européens. « Ma femme et moi, nous nous entendons à merveille ; mais nous ne comptons pas nous installer à Saly. Nous aller retourner en France. J’étais venu pour me lancer dans le tourisme mais le secteur n’est pas bien soutenu », se convainc Jean. Entre autres raisons, à l’origine de ce choix, « la jalousie et la haine » qu’attire son idylle avec sa fringante dame, sans oublier « les difficultés du tourisme, les billets d’avion chers ».

Comme Fabrice et Jean, ils sont nombreux ces vieux retraités européens qui ont décidé de se la couler douce à la Petite Côte. Le cadre de vie, les belles plages, le soleil tropical, la chaleur africaine et le coût de la vie peu cher etc. ; font partie des raisons qui attirent ces derniers. Sans compter la possibilité de trouver de jolies belles nymphes « qu’ils ne peuvent espérer rencontrer chez eux, tant l’écart d’âge est important », martèle le premier adjoint au maire de Saly, Babacar Guèye.

Résultat, à Saly, Mbour, Pointe Sarène, Nianing, Somone etc. ; le mariage mixte est devenu un phénomène social. L’élu de Saly ajoute qu’il est en hausse.
Dans ces localités, beaucoup de jeunes se sont mariés à des Blancs et Blanches qui viennent essentiellement de la France ; et dans une moindre mesure de l’Italie. A Saly, constate l’adjoint au maire, « sur 100 mariages, les 35 sont des mariages mixtes ».

Troisième adjoint au maire de Mbour, chargé de l’intercommunalité, Babacar Guèye a, en sa qualité d’officier d’état civil, eu à sceller des mariages mixtes. Il pense que la raison fondamentale qui pousse les jeunes dans les bras des Occidentaux est d’ordre économique.

Quand la pauvreté pousseles jeunes dans les bras des retraités européens
« Nous sommes dans un pays sous-développé et beaucoup de jeunes, en s’engageant dans ces mariages, espèrent trouver une situation socioéconomique bien meilleure. Ces mariages mixtes ne sont pas en général fondés sur l’amour », fait-il remarquer.

Par ailleurs, il ajoute que certains garçons et filles ont pu rallier l’Occident grâce à leur alliance avec des Européens. Un constat que conforte l’autre Babacar Guèye, 1er adjoint au maire de Saly. «  Le rêve, pour beaucoup de jeunes, est de se rendre en Europe. Du coup, le phénomène du mariage mixte constitue, à leurs yeux, une formidable opportunité de réaliser ce rêve », souligne-t-il. A l’en croire, certains ont effectivement atteint leurs objectifs en arrivant dans « l’Eldorado » européen. Le troisième adjoint au maire de Mbour soutient que d’autres jeunes ont pu également, grâce à leur mariage avec des Blancs, investir dans des créneaux porteurs, l’immobilier etc. « Certaines filles ont réussi à investir dans des projets, à construire de grandes maisons qu’elles louent. Actuellement, elles vivent dans un milieu social respectable. J’en connais trois cas », fait constater M. Guèye. Pour autant, les deux élus conviennent que le mariage mixte comporte plus d’inconvénients que d’avantages. Le phénomène, expliquent-ils, peut se révéler un dangereux miroir aux alouettes.

Ils racontent que des jeunes filles et garçons, contrairement à ce qu’ils espéraient, ont fini dans des culs-de-sac, trahis puis abandonnés à leur malheureux sort. « On a appris que certaines filles qui avaient pu gagner l’Europe à la faveur du mariage mixte ont été entrainés dans des réseaux de prostitution », souligne, avec regrets, le troisième adjoint à la mairie de Mbour.

Des sergents recruteurs à la solde de réseaux de prostitution
Babacar Guèye adjoint maire MbourEn fait, les vieux retraités qui jettent leur dévolu sur la Petite Côte n’ont pas toujours les mêmes motivations. Si certains ont de bonnes intentions, cherchent l’âme sœur, veulent passer du bon temps sous le soleil tropical, d’autres ne sont en réalité que des sergents recruteurs encagoulés à la solde de dangereux réseaux de prostitution. « La prostitution est l’autre danger qui guette les jeunes qui s’engagent dans les mariages mixtes », prévient encore Babacar Guèye. Il fait savoir que certains (filles et garçons) ont également été contaminés par le VIH Sida et abandonnés. C’est pourquoi, il appelle les jeunes à apprendre à mieux connaître d’abord leurs partenaires avant de s’engager dans une relation durable. « Le problème, c’est que les jeunes comme leurs familles ne font les investigations nécessaires avant de s’engager parce que pour la plupart, c’est une opportunité de réussite à saisir. Ils ne prennent pas les précautions nécessaires pour s’entourer de garanties en vue d’éviter des surprises désagréables », déplore encore, l’adjoint à la mairie de Mbour. L’autre inconvénient relevé par ce dernier est que « certains jeunes, une fois en Europe, sont coupés de leurs attaches au Sénégal ». Les deux hommes pensent que le risque de perdre son identité culturelle, ses valeurs est donc réel dans ce genre de relation.

« Beaucoup restent 3 à 4 ans sans venir en vacances au pays ; tandis que d’autres n’envoient même pas de l’argent à leurs familles à la fin du mois », renchérit l’adjoint à la mairie de Saly. Il explique que ce ne sont pas seulement les filles qui sont les malheureuses victimes du mariage mixte. Les garçons ne sont pas en reste ; surtout ceux qui vivent en concubinage avec leurs partenaires. « Généralement, certaines femmes, au bout d’un certain temps, quittent leurs jeunes conjoints pour d’autres plus aptes physiquement. Abandonnés, ces derniers se retrouvent sur les carreaux, épuisés, sans ressources », constate-t-il. Pour lui, le concubinage est encore plus dangereux ; puisqu’aucun papier juridique ne légalise ni ne garantit cette relation.

Manque de sensibilisation
« Ceux ou celles qui s’engagent dans le concubinage sont plus faciles à virer. Il n’y a rien qui garantit les liens. Si c’est un mariage avec des papiers, on réfléchit deux fois avant de se séparer de son conjoint ou de sa conjointe. Les vieilles personnes qui cherchent à se marier avec des jeunes, c’est uniquement pour le plaisir et quand le conjoint n’est plus en mesure de satisfaire aux désirs, il est viré », note l’élu de Mbour. Il faut dire que le prétexte ne manque pas pour se débarrasser de son partenaire ou sa partenaire ; même si c’est parfois fallacieux. Qui veut tuer son chien l’accuse de rage, selon un vieil adage. En effet, révèle-t-il, les jeunes vivant en concubinage avec des Européens ou Européennes font généralement l’objet d’accusations de vols mais ce n’est qu’un prétexte pour se séparer d’eux au profit d’autres plus aptes sur le plan physique.

Face aux dangers du phénomène, il insiste encore sur l’importance de la sensibilisation à l’endroit des jeunes et des parents dont la responsabilité est, d’après lui, engagée. Il constate que l’Etat, en dépit de l’ampleur de la situation, ne développe pas des initiatives dans ce sens. Le hic, c’est que chacun est libre de contracter un mariage avec le partenaire de son choix à la seule condition que tous deux s’aiment. « L’Etat, ni les communes ne peuvent s’opposer à un mariage, dès lors que les concernés ont convenu de vivre pour le meilleur et le pire. Tout ce qu’on peut faire, c’est de venir constater le mariage », indique, Babacar Guèye, 1er adjoint à la mairie de Saly Portudal. Les deux élus soutiennent que c’est seulement à travers des causeries ponctuelles qu’ils arrivent à sensibiliser, par affinité, des jeunes qui constituent une cible potentielle du phénomène du mariage mixte.

Le Tourisme sexuel, un terreau fertile au mariage mixte
Selon Babacar Guèye, adjoint à la mairie de Mbour, des Européens ont pu trouver des partenaires par le biais du tourisme sexuel. Il explique qu’au départ, certains vieux retraités viennent, en vacances, pour « déguster de la bonne chair » et repartir chez eux. Certains ont, cependant, pris goût à la belle vie de Saly, y ont pris femmes et ont fini par s’y installer ; tandis que d’autres retournent en Europe avec leurs jeunes conquêtes. « A l’origine, ces gens ne viennent pas pour le mariage, ils viennent en vacances et entrent en contact avec des relais dans l’espoir de passer du bon temps avec des filles, le temps de leur bref séjour en terre sénégalaise. Ainsi, ces personnes trouvent des clientes qui évoluent dans la prostitution et occasionnellement des femmes qui cherchent des partenaires », relève-t-il.

Il révèle que la mairie de Mbour a organisé un programme de formation de guides touristiques en vue d’encadrer l’arrivée des touristes à la Petite Côte. A son avis, beaucoup de gens qui accompagnent ces derniers dans leurs sorties, une fois à Saly, ne sont pas de vrais guides touristiques et peuvent souvent abuser de la confiance de leurs hôtes en les conduisant dans des réseaux de prostitution. « Avec les guides que nous avons formés, nous voulons dorénavant que les touristes passent désormais par ces gens-là afin d’éviter d’être emmerdés ou même entrainés, sans leur aval, vers des réseaux de prostitution », soutient l’élu de la mairie de Mbour.

Par Diégane Sarr et Babacar Dione (textes), Abib DIOUM (photo)

Jeûneurs en piste

16 Jui 2017
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Un quotidien de la place révèle qu’à Dakar « l’on ne sent le ramadan que durant les 10 premiers jours ». Son constat est que l’effectif des fidèles -après quelques journées de jeûne- se réduit comme peau de chagrin. C’est vrai que les mosquées, reconnaissons-le, ne refusent plus du monde comme lors des premières séances de « nafilas » (prières surérogatoires). L’on raconte même qu’ils sont très nombreux à avoir déjà renoué avec l’ambiance de la bouffe en mi-journée.

Manque de résistance à l’effort ? Le ramadan est comme une course de fond. Dès que le départ est donné, l’on doit être un croyant qui a du coffre plein d’énergie spirituelle pour passer les « haies » de la faim, de la soif, etc. jalonnant le parcours. Il n’est donc pas l’affaire du « croyant-sprinter », c’est-à-dire ce gus qui, sans aucune préparation dans la pénitence, se lance dans une course de vitesse alors que la distance est longue et est parsemée d’obstacles. Un tel individu file vers la sortie de piste, loin de la ligne d’arrivée. Et vite, il déclare forfait pour ce qui reste de cette « compétition » qu’est le ramadan.

Les bons fidèles qui savent que le jeûne est un excellent moyen de nettoyer leur organisme, d’éliminer les toxines, de déstocker des protéines et dépôts de graisse superflus, sont, eux, en piste et espèrent, dans une dizaine de jours, franchir la ligne d’arrivée et être pris dans l’aile protectrice de Dieu.

Par Cheikh Aliou AMATH

Mariée à un Européen depuis plus de 7 ans, Mbissine Sarr a échappé aux échecs qui caractérisent la plupart des mariages mixtes dans le département de Mbour. De son union avec son mari, sont nés un enfant de 3 ans et une situation sociale reluisante.

Mbissine Sarr n’est pas comme les autres filles de son village, Pointe Sarène. Au moment où les autres peinent à joindre les deux bouts, elle ne se plaint pas. Elle roule à bord d’une rutilante 4X4. Mieux, elle habite dans une belle maison équipée de toutes les commodités dont une piscine. Pourtant, il y a quelques années, elle était juste employée comme femme de ménage dans une résidence. Aujourd’hui, sa vie a basculé vers le luxe. Le bonheur. Et cela grâce à une rencontre qu’elle a faite. «  J’ai rencontré mon mari là où je travaillais. Il y passait ses vacances. Quand on s’est connu, pendant trois ans, nous sommes sortis en tant qu’amoureux. Cette relation a abouti à un mariage », explique-t-elle avec un air de fierté.

A Pointe Sarène, Mbissine Sarr suscite l’admiration. « Elle a eu la chance de rencontrer un Blanc qui est très généreux. C’est un homme qui n’est pas raciste et qui accepte de l’aider », confie, une femme âgée de la cinquantaine. « Il y a des filles qui choisissent des Sénégalais qui ne peuvent pas s’occuper d’elles. On ne doit pas faire une distinction entre un mari blanc ou un noir. L’essentiel est d’avoir une union stable », ajoute notre interlocutrice. L’admiration envers Mbissine est vite constatée par le visiteur qui pénètre dans ce paisible village peuplé de pêcheurs et de cultivateurs. Quand, à bord de sa rutilante 4X4, elle stationne à côté du domicile de ses parents, les regards sont fixés sur ses faits et gestes. Le voisinage s’empresse d’échanger avec elle. Une ambiance cordiale s’installe. Mais Mbissine Sarr semble garder la tête sur les épaules. Ses échanges avec ses amis sont empreints de respect et d’humilité. Ils portent sur les tâches quotidiennes opérées par les femmes du village. Preuve de la simplicité dont elle fait montre, Mbissine Sarr porte sur le dos un nourrisson sous de regard de la mère de celui-ci.

Né en 1982, Mbissine Sarr est la fille d’un notable bien respecté dans ce village situé en bordure de mer. Elle a suivi ses études primaires dans son village natal jusqu’ au cours élémentaire deuxième année. « J’ai quitté l’école très tôt. Je n’aimais pas les études », justifie-t-elle. Restée à la maison, Mbissine Sarr a appris à exercer les tâches domestiques. Pour monnayer ses connaissances, elle n’est pas partie loin. Comme nombre de jeunes habitantes de la Petite côte, elle est restée dans son village. Elle se fait employer comme domestique dans une résidence qui accueille des touristes occidentaux. « L’homme qui est mon mari m’a trouvée dans cette résidence. Nous avons débuté une relation amoureuse », se souvient-elle.
La relation entre les deux nouveaux amoureux durera trois ans, malgré la différence d’âge. Les deux ont une différence d’âge de 25 ans. «  Mon mari a 60 ans. Mais son âge ne me gêne pas. Je l’aime c’est tout. Il m’aime aussi », se défend Mbissine. La jeune de Pointe Sarène se targue d’avoir presque « sénégalisé » son mari. «  Il mange des plats de chez nous. Il s’adapte à notre environnement », explique-t-elle. «  Ce matin, je lui ai demandé ce que nous devons préparer pour le déjeuner, elle m’a répondu qu’il n’a pas de choix. Il goutera tout ce que nous préparerons », explique-t-elle.

Mbissine Sarr est visiblement avantagée par son physique. De teint clair et de taille élancée, elle est bien moulée dans un jean qui laisse apparaître ses formes généreuses. La mine joviale, elle a su se forger une place dans la modernité tout en n’oubliant pas les valeurs traditionnelles auxquelles s’accroche son village natal. A titre d’exemple, elle raconte avec un air de fierté, les tournois de lutte traditionnelle organisés dans sa contrée. C’est manifestement pour récompenser cela que, C.L ne lésine pas sur les moyens pour faire plaisir à son épouse. Les commodités sont nombreuses : voiture, maison équipée, etc. La native de Pointe Sarène ne perd pas de vue ce soutien. «  Il m’aide beaucoup. Je ne regrette pas de l’avoir épousé. Mon mari s’occupe bien de moi », dit-elle, la mine joviale.

Les échecs de mariages mixtes enregistrés ailleurs ne découragent pas la native de Pointe Sarène. « Je remercie le bon Dieu. Mon ménage se porte bien. Nous avons choisi de nous marier parce que nous nous aimons », martèle-t-elle. Notre interlocutrice rejette toute motivation financière dans cette relation qui a été visiblement bénie par les parents. « Quand ta fille fait son choix, il faut le respecter. Qu’elle ait choisie de se marier avec un Blanc ou pas, l’essentiel est qu’elle soit heureuse. Que ce mariage réussisse », témoigne M. Sarr, père de Mbissine Sarr. A Pointe Sarène, au moins 5 couples mixtes sont dénombrés. « L’important est d’avoir un mari qui vous aime et qui vous respecte », fait remarquer Mbissine. Pourtant, si ça ne dépendait que de quelques membres de l’entourage de la native de Pointe Sarène, l’heureux élu aurait été un Sénégalais bon teint. « Un parent m’avait mis en garde en ces termes : ne t’engages pas dans ce mariage. Tous les Européens qui viennent ici ne sont pas sérieux », se souvient-elle. Mais, a poursuivi Mbissine Sarr, « j’ai foncé parce que je savais que mon mari m’aime beaucoup. J’avais beaucoup d’espoir en lui ».

Du mariage entre Mbissine Sarr et C.L est né un garçon âgé de trois ans. Une famille est fondée. La jeune Mbissine Sarr peut bien afficher le sourire de faire partie des exceptions des mariages mixtes.

Diégane Sarr et Babacar Dione

Le TGV ambitionne de devenir le premier train à grande vitesse au monde à circuler de manière autonome. Une révolution dans le milieu ferroviaire car la conduite totalement automatisée « n’existe pas dans le monde des trains à grande vitesse », explique Mathieu Chabanel, directeur général adjoint de SNCF Réseau. Contrairement aux métros automatiques, les trains circulent sur des voies qui ne sont pas closes, rendant cette technologie plus complexe à mettre en place, notamment du fait de possibles intrusions, ou d’une dose de freinage à adapter à la météo.

Néanmoins, une première expérimentation de train de fret « drone », c’est-à-dire un train de fret sans conducteur va être menée. Les manœuvres des trains de fret et des TER, depuis et vers les centres de maintenance par exemple, pourront être partiellement automatisées.

Si progressivement, depuis 1983, avec l’ouverture à Lille de la première ligne de métro entièrement automatisée, les voyageurs ont pris l’habitude de circuler à plus de 50 km/h sans conducteur, avec le TGV il s’agit de réaliser la même prouesse à plus de 320 km/h en milieu ouvert. La SNCF espère parvenir à ce saut technologique à l’horizon 2022-2023. Le prototype de TGV autonome sera pourvu d’un conducteur capable de reprendre la main en cas de difficulté. En plus du risque de piratage il faut ajouter la problématique de l’acceptation des voyageurs. Car circuler à très grande vitesse sans personne aux commandes, ce n’est pas comme « deux stations de métro qui sont séparées d’environ 500 m, les gares ferroviaires sont souvent distantes de plusieurs dizaines de kilomètres. On imagine mal laisser les voyageurs entièrement livrés à eux-mêmes, indique Alain Krakovitch, directeur général de SNCF Transilien. Si un jour le TGV est entièrement automatisé, il y aura forcément un personnel à bord pour intervenir en cas de problème et procéder, si besoin, à une évacuation du train en toute sécurité. »

Cette automatisation va en outre continuer à être implémentée dans le réseau ferroviaire régional. Le prolongement vers l’ouest parisien du RER E sera semi-autonome entre Nanterre et Rosa-Parks (19e arrondissement de Paris). « Il s’agira du premier système autorisé à faire de l’automatisme sur le réseau ferré national », a précisé Alain Krakovitch. L’automatisme, baptisé Nexteo, gère les accélérations et freinages, tandis que le conducteur ferme les portes et traite les éventuels aléas. Ainsi, un train pourra passer toutes les 108 secondes, au lieu de 180 secondes actuellement.

Nayé Bathily, née au Royaume Uni et formée à l’université de Harvard, est diplômée de commerce international et développement durable. Dans le classement de New African, la jeune cadre, en compagnie de deux de ses compatriotes, fait partie des 100 personnalités les plus influentes d’Afrique.

Nayé Bathily débute sa carrière professionnelle au sein des organisations internationales. Au siège de la Banque mondiale à Washington, elle est consultante à la Division de la communication où elle lance notamment le concept « Projet du mois » et collabore à la publication de l’ouvrage «Our Dream is a World free of Poverty». En 2003, elle a en charge des relations avec les parlementaires du monde entier au bureau des relations extérieures à Paris.

Elle est la première recrue à ce poste et participe activement à la création, au sein de cette institution, du premier réseau parlementaire mondial sur la Banque mondiale; une plate forme unique permettant le dialogue des membres des parlements de tout pays sur les enjeux majeurs liés aux problématiques de développement. Elle initie et orchestre nombre d’ateliers de réflexion  et de conférences internationales impliquant des centaines de représentants élus du monde entier, autour de thématiques spécifiques aux pays émergents. «Gouvernance», «Gestion des ressources naturelles », « Sida et VIH » sont quelques uns des sujets qui sont développés.

Elle œuvre également et plus particulièrement en Afrique pour une meilleure mobilisation et une coopération des parlementaires sur le continent.  En 2004, elle s’engage et devient un des membres clés du réseau de professionnels africains de la diaspora « Espace Jappo », qui favorise la rencontre et la promotion des cadres originaires du Sénégal.

En juin 2009, elle obtient un Master d’Administration publique à l’université de Harvard où elle a rejoint le prestigieux programme Edward Mason à la Kennedy School of Government de Harvard (ENA Américaine) en 2008. Ce Master programme a formé nombre de leaders politiques et de la diplomatie internationale comme Mme Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Libéria, Felipe Caldero, président du Mexique, Ban Ki Moon, ancien secrétaire général des Nations Unies. Auparavant, en 1998, elle avait obtenu, avec mention honorable, un double diplôme en Relations et Commerce internationaux de la Business School de l’université de Maryland et complété, par la suite, le cycle de formation LEAD International en 2005 (Leadership pour l’Environnement et le Développement) à Londres.

Par Oumar Ba

Germaine Acogny est de ces âmes qui voguent en silence vers des rivages où affleurent des émotions à la fois violentes, tendres et profondes qui la gagnent elle-même, nous envahissent et nous emportent dans un quelque part où la gestuelle fait sens. Elle est un univers poétique, discursif, de rencontres et de synthèse. Car, celle qu’on appelle affectueusement et légitimement la mère de la danse contemporaine africaine opère une exquise greffe (qui a pris) entre les danses traditionnelles africaines et celles-là occidentales pour être à la charnière du « local » et du « global » et décliner un message d’humanité. 

Son génie est reconnu ici. Il est célébré ailleurs. Les éloges décernés ne sont jamais assez répandus pour les âmes qui s’échinent à dessiner des mondes possibles et à secouer notre intérieur. « Mama Germaine » ne faisait pas (l’on peut aussi employer par prudence parce que les danses africaines respectent le corps selon elle) que se mouvoir le corps. Elle incarne des vies, explore des possibilités, stimule des imaginaires et les développe avec l’autre pour créer une fusion avec les « Esprits », avec la nature. Avec le néant aussi.

Ici, au Sénégal, terre qu’elle a foulée à l’âge de cinq ans, elle a été faite « Chevalier de l’Ordre national du Lion », « Officier des Arts et des Lettres »… Ailleurs, en France, une de ses terres de prouesse, elle est faite « Chevalier de l’Ordre du mérite », « Officier des Arts et des Lettres », « Chevalier de l’Ordre de la Légion d’honneur », élevée au rang de « Commandeur dans l’Ordre des Arts et des Lettres » et, le mois dernier, au rang d’« Officier de la Légion d’honneur ». Les hommages d’admiration et de respect dont elle a été comblée, dans toutes les sphères de « décryptage » de sa gestuelle, témoignent de sa grandeur d’âme et de sa foi en la mission qu’elle s’était destinée à accomplir. Honneur ne saurait être plus réconfortant que celui-là après lequel on ne court point. Et la « divinité des sables », pour ainsi reprendre des éloges d’autres cieux, poursuit sa promenade de grâce le long d’une allée où le silence d’humilité est rythme ; et le mouvement, tout un pan de notre aventure collective consigné. Car, dans le continent noir, le corps, plus que l’écrit, est un espace de mémoire. En 2014, elle est classée par le magazine « Jeune Afrique » parmi les 50 personnalités africaines les plus influentes dans le monde. « Jeune Afrique » accompagnait cette reconnaissance de ces mots dont le Sénégal et l’Afrique peuvent tirer fierté : « Germaine Acogny a fait sortir la danse africaine de son ghetto folklorique pour la hisser au rang d’art noble, forgé au cours de longues années d’apprentissage – loin des clichés qui voudraient que la danse en Afrique, on ait ça dans le sang ».

Le temps la vénère
Le temps est complice d’une œuvre utile, accomplie. Celle de Germaine Acogny est magistrale. Il y a un fait loin d’être anodin qui en atteste. L’actuelle directrice du ballet la Linguère du Théâtre Daniel Sorano, fleuron national et « temple » d’exploration et de consignation des identités culturelles, Ndèye Bana Mbaye, fut son élève à Mudra-Afrique (école de danse fondée par Maurice Béjart, en 1977, avec le soutien du poète-président Léopold Sédar Senghor). Germaine Acogny en était la directrice. Ndèye Bana Mbaye se faisait alors appeler « Acogny 2 ». En outre, la plus grande salle de spectacle du Sénégal, le Grand Théâtre, est dirigée par Keyssi Bousso, également un ancien pensionnaire de cette grande école fermée en 1982. Ils ont fait leur chemin et investi d’autres univers de rythmes, mais l’âme de la « pionnière » les (nous) peuplera éternellement.

Il y a toujours un geste, une parole, un lieu, un événement, qui nous rappellent l’auteure du livre « Danse africaine » édité dans plusieurs langues. Elle évoque même notre cheminement collectif. Alors que les autorités de la jeune République du Sénégal s’échinaient à asseoir une indépendance économique et politique, Germaine Acogny, elle, s’attachait à instaurer notre « souveraineté culturelle », à forger notre identité. Qui n’a pas frémi devant les spectacles offerts par les corps domptés des majorettes du Lycée John Fitzgerald Kennedy à l’occasion des fêtes de l’indépendance ? Qu’il aurait été incommode de célébrer des rythmes d’ailleurs les jours d’affirmation de notre souveraineté. Rien que pour avoir écourté cet affront, l’inspiratrice de cette chorégraphie mérite que nous nous répandions en éloges sur la fondatrice, en 1985, du studio-école Ballet-théâtre du 3e monde à Toulouse. Tout autant que le défunt percussionniste, Doudou Ndiaye « Rose », qui l’accompagnait dans cette noble entreprise d’affirmation de notre être profond. Germaine Acogny embrasse d’autres cultures sans perdre ce qui la rend unique : demeurer elle-même comme pour narguer le temps.

Ame généreuse
La danseuse et chorégraphe confiait à la journaliste de Radio France internationale Sarah Tisseyre ceci : « La danse n’est pas innée. Nos danses patrimoniales et traditionnelles sont extrêmement complexes. Elles nécessitent un apprentissage. Moi, j’ai pris l’essence des danses traditionnelles d’Afrique de l’Ouest et celles que j’ai apprises en Europe, et j’ai créé ma propre technique où les mouvements sont initiés par la colonne vertébrale ». L’ancienne directrice artistique de la section danse d’Afrique en création à Paris et des rencontres chorégraphiques de danse africaine contemporaine ne s’est pas contentée de la gestuelle de sa grand-mère, prêtresse Yorouba, ni des danses sénégalaises qu’elle a apprises, encore moins de la parodie presque dédaigneuse de ceux-là qui ont eu la chance d’apprendre les danses occidentales. Germaine Acogny s’est forgée une identité. Et le monde lui reconnaît sa technique. Des danseurs de tous les horizons s’y meuvent.

Un mot pourrait résumer l’œuvre de la franco-sénégalaise d’origine béninoise : partage. Elle a partagé ses émotions sur les scènes du monde mais surtout ses connaissances, son savoir-faire. L’Ecole des sables, une institution unique dans son genre en Afrique, bourg côtier de Toubab Diaw, qu’elle a fondée avec son époux Helmut Vogt, en est une illustration achevée. Elle organise des stages de formation professionnelle pour les danseurs d’Afrique et du monde. Patrick Acogny, son fils, chorégraphe également, en est le directeur artistique. Elle s’emploie à ce que le danseur se serve de son corps comme d’une « plume pour écrire un poème dessiné dans l’espace ». Quand le geste est poésie, la parole pour le traduire est image.

Par Alassane Aliou MBAYE

Last modified on lundi, 12 juin 2017 15:52

Considéré comme l’une des plus anciennes localités du Sine Saloum, Djilor Djognick a fortement marqué l’histoire du Sénégal. L’existence de cette contrée qui a été tour à tour occupée par les Lamanes, les Nianthios et les Thiédos dépasse largement les 900 ans. Mais son passé reste méconnu de la plupart des Sénégalais et, pourtant, elle a une histoire riche en évènements. Plus de dix siècles n’ont pas suffi à sortir Djilor Djognick de son inquiétant anonymat inquiétant et à connaître un essor digne de ce nom.

À première vue, Djilor donne l’impression d’être un coin perdu sur terre. Situé entre Foundiougne et Passy, cet ancien royaume somnole et baigne dans une quiétude exceptionnelle. Malgré son « louma » (marché hebdomadaire) et les quelques activités quotidiennes, la vie y semble ensevelie dans une léthargie sans nom. Avec le rôle qu’il a joué dans l’histoire du Saloum, Djilor Djognick, qui n’a rien à voir avec Djilor Djidiack situé dans l’arrondissement de Fimela, dans le département de Fatick, n’est pourtant pas de ces villes à taille humaine où l’on trouve facilement des vestiges préhistoriques ou historiques. Mais ce gros village qui affiche une mine de papier mâché est riche de son passé et regorge de secrets cupidement conservés par les gardiens de la tradition. Difficile d’en trouver un pour nous entretenir sur cette glorieuse époque. Mais à force de chercher sans pour autant fouiner, on en trouve. Abdou Soulèye Ndiaye, qui paraît mieux connaître l’histoire de cette contrée, accepte volontiers de nous aider à dépoussiérer cette page de l’histoire du Sine Saloum et du Sénégal.

Ce septuagénaire qui s’est fait mémoire vivante à force de recherches est une source passionnée et passionnante. Cet ancien chef du Centre d’expension rurale (Cer) est convaincu que Djilor Djognick est l’une des plus anciennes localités du Sine Saloum. Pour nous plonger dans le passé de cette contrée, il s’est armé de ses notes et de sa riche documentation. Sa soif de savoir et de connaissances l’a poussé à tout consigner les moindres détails dans des cahiers. Jadis, nous dit-il, Djilor Djognick était un repère pour les lions et les éléphants. C’était vers le XIe siècle. Le domaine était tellement riche et il y avait beaucoup de lions, de panthères et d’éléphants. Selon lui, la fondation de Djilor daterait de 1080. Une fondation qui, précise-t-il, fait l’objet de deux versions. La première l’attribuant à Samba Sarr et la seconde à Diégane O Math. « Chaque famille a sa version. Chez les Pouma, qui sont une lignée matrilinéaire, ils vous diront que Djilor a été créée par Diégane. La famille Sarr vous dira que Djilor a été créé par Samba Sarr ». Toutefois, assure-t-il, Djilor a un cycle évolutif très clair. « Cette contrée a été fondée, dévastée totalement par des guérillas puis refondée », indique-t-il. Au cours de son évolution, dit M. Ndiaye, Djilor Djognick a connu plusieurs dénominations : Djilor Sandakewé, Djilor Diogoy Fou gnithie, Djilor Saré Mbégane dandé maayo, Djilor Abdou Soulé, Djilor Saloum…

Pour le vieil Abdou Ndiaye, les lamanes sont les premiers à venir à Djilor. « Ils ont mis le feu, ontcoupé les arbres pour habiter ici », précise-t-il. Approximativement, note-t-il, leur pouvoir va de 1080 à 1248. Évoluant, Djilor a reçu des conquérants venus du Gabou, en Guinée-Bissau. Il s’agit des « Nianthios » (Guélewar en wolof). « Ils sont venus dominer et conquérir Djilor. Ils ont duré ici et sont les premiers créateurs du royaume du Djognick », souligne M. Ndiaye.

Abdou Soulèye NdiayeAvant que leur pouvoir ne disparaisse, les «Nanthios» ont élu huit rois, partant de Sira Badiar Mané, qui réussit à devenir la première reine de Djilor, à Birane Djické Mané. Jamais à court d’anecdotes, ce vieil homme transmet son récit avec passion. « Nianthio signifie "nous sommes les plus grands guerriers, c’est nous qui avons créé la dynastie donc, nous sommes les rois" ». Le peuple avait accepté cette suprématie en les suivant. Les «Nianthios» se sont battus pour s’imposer et tout le monde avait accepté leur bravoure et leur noblesse », relève-t-il.
À en croire l’ancien chef de CER, « le Nianthio est une lignée matrilinéaire ». « On ne se levait pas du jour au lendemain et dire qu’on était Nianthio. Il se transmet de mère à fils. Votre mère est nianthio, vous êtes nianthio, votre père est nanthio, vous n’êtes pas nianthio. C’était leur organisation et les wolofs ont pris le mot à la volée et ont dit Guélewar », raconte-t-il. Mais, le règne sans partage des Guélewars prend fin avec la victoire de Latmingué Diélègne Ndiaye sur Birane Djické Mané. Et pourtant, indique M. Ndiaye, le guerrier « nanthio » a résisté pendant sept ans, avant de tomber dans le piège tendu par Latmingué. « Il est tombé dans un trou creusé à son insu et a été enseveli vivant. Cette victoire a marqué l’arrivée des «Thiédos» », explique-t-il. C’est à partir de cet instant, en 1517, que Djilor est devenu une province vassale. Selon M. Ndiaye, le règne des Thiédos a démarré avec Mbagnick Diop cette même année jusqu’à Diène Coumba Ndiaye qui fut le 30e roi. « Ils ont tous été nommés à partir de Kahone. Aucun ne l’a été à partir de Djilor. À l’époque, le roi de Kahone, après son intronisation, appelle son cousin, son grand frère ou son oncle et lui dit, je te lègue Djilor », renseigne-t-il.

C’est donc la colonisation qui a marqué la fin du pouvoir des «Thiédos», marquant ainsi l’arrivée des chefs de canton dont le premier à Djilor fut Fara Guédél Mbodji en 1931. Il y eut ensuite Momar Betty Bâ, Baba Ly, Abdou Soulèye Bâ, selon Abdou Soulèye Ndiaye. Avec l’accession à l’indépendance, il y a eu des les chefs d’arrondissement. Djilor en a connu six, de Sambou Touré à Alpha Touré, selon M. Ndiaye. À leur suite, il y a eu dix sous-préfets, d’Amadou Sy à Sidy Mokhtar Fall. Au total, précise Abdou Soulèye Ndiaye, Djilor a vu passer 61 hommes de commandement. « Aucun d’entre eux n’est né à Djilor », regrette-t-il.

«Thouroum Pèthie», une fête païenne qui résiste encore
À Djilor, les Guélewars ont légué à la postérité une fête qui subsiste encore et qui est célébrée chaque année en leur honneur. Il s’agit du «Touroum Pèthie» ou «Thiouram Pèthie». Cette tradition fait partie de leur patrimoine culturel. Chaque année, la famille qui doit faire le « tour » vient faire son sacrifice, sucre et lait versé sur le tombeau des Guélewars. Ce rite est perpétué régulièrement et depuis des siècles, selon le vieil Abdou Soulèye Ndiaye. Cette cérémonie a toujours lieu un vendredi et draine les populations de la contrée, hommes, femmes, jeunes filles et garçons, enfants, tous âges confondus. « C’est un grand moment de fête, de retrouvailles et de communion qui se prépare toute l’année. Il y a du rythme et on danse toute la nuit jusqu’à l’aube à la place du village. Le lendemain, la fête continue. De 8 à 12 heures, un concours était organisé pour élire l’homme le plus généreux. C’était une occasion d’étaler toute sa générosité. On procédait également à l’élection de la plus belle fille et aussi de la meilleure danseuse », explique-t-il. La participation de la communauté à cette commémoration était donc essentielle et tout le monde s’impliquait.

«Thiouram Pèthie», explique M. Ndiaye, est une commémoration en l’honneur des «Nianthios». « Quand ils ont quitté le Gabou et ont fondé leur royaume à Djilor, on avait envoyé à la reine Sira Badiar Mané une monture de cheval pour la féliciter de cette grande réussite. La selle était merveilleusement confectionnée, mais elle renfermait un sort. Quand le cadeau est venu, la reine se trouvait en tournée à Lérane, à 15 km au sud de Djilor. Elle a alors demandé à un enfant du nom de Diégane Coumba de la mettre sur son cheval et de lui garder la scelle dans sa chambre », indique-t-il. « Entre Lerane et Yerwago, il y a une petite rivière. Arrivée à cette hauteur, l’enfant a eu des maux de ventre. Il s’est tordu de douleur et a vomi de petites pierres. Il ne survivra pas à ses douleurs et est mort sur le cheval qui l’a amené jusqu’au village. Un autre enfant subira le même sort. Ayant finalement compris que la selle était atteinte mystiquement, elle a été jetée dans un bolong et le problème était résolu », fait savoir Abdou Soulèye Ndiaye. Ces deux enfants, nous dit-il, sont enterrés à Lélwane dans une position debout comme tous les «Nianthios» d’ailleurs. Et leurs tombes, informe-t-il, sont toujours présentes dans cette localité. Aujourd’hui encore, la tradition est bien conservée à Djilor. Cette grande fête païenne y est célébrée chaque année avant l’hivernage.

Aux origines de la lutte traditionnelle
Djilor SénégalTout comme les «Nianthios», les «Thiédos» ont également laissé une fête. Il s’agit de la lutte traditionnelle dont la première organisation remonte à 1781, selon M. Ndiaye. Une guerre de succession qui a mal tourné a été à l’origine. En effet, raconte le vieil Abdou Ndiaye, Djilor, à une certaine époque, était resté sans roi. « C’est alors que Biram Ndiémé Niakhana Ndiaye appelle son neveu Biram Codou Niakhana pour lui offrir le trône. Ce dernier quitta Kahone pour venir à Djilor. Mais quand son cousin Diène Sanou Faye a entendu la nouvelle, il a interpelé son oncle. Mais ce dernier lui fit la confirmation », explique-t-il. « Je n’ai pas commis d’erreur. Biram Mbodji Codou est né au Saloum alors que toi ton père est né au Sine. Si tu veux un royaume, va le chercher au Sine et laisse Biram Mbodji Codou tranquille », avait alors lancé le roi à son neveu. Non content de cette décision, Diène Sanou Faye défia alors son oncle. Décidé à prendre le pouvoir, il se résolut alors à combattre son cousin Biram Mbodji Codou. Leurs mères étaient de même père et même mère, précise le septuagénaire. « Quand Diène Sanou Faye enfourcha son cheval, sa tante, qui se trouve être la mère de Biram Mbodji Codou, l’appela et lui remit deux pagnes. Elle lui dit : « le premier appartient à ta mère et le second est le mien. Comme on t’a interdit et que tu as refusé, amène ces deux pagnes avec toi. Quand vous aurez combattu, si tu le tues, couvre-le avec le pagne de ta mère. Si c’est lui qui te tue, qu’on te couvre avec mon pagne ».

« Lamb buur »
Suite à ces recommandations, Diène Sanou Faye s’en alla. Malgré les négociations, les deux protagonistes n’avaient pu trouver un terrain d’entente. Pour se départager, les deux prétendants au trône engagèrent une rude bataille au cours de laquelle Diène Sanou fut touché par balle. Il succomba par la suite à ses blessures et moins d’une semaine plus tard, Biram Mbodji Codou fut intronisé. Une intronisation qui divisa totalement le royaume. L’ambiance était devenue invivable, pourrie. Il n’y avait plus de solidarité ni cette fraternité et toutes ces valeurs qui faisaient la force de Djilor. « C’est par la suite qu’un sage homme est venu vers le roi pour lui demander d’organiser une séance de lutte pour retrouver cette cohésion », fait savoir Abdou Soulèye Ndiaye. C’est ainsi, dit-il, que le «Lamb buur» a été initié. « C’était un grand moment de fête et de réjouissances. Les préparatifs duraient jusqu’à un mois. Il y avait du couscous et de la viande à profusion. Les combats avaient lieu de vendredi à vendredi et démarraient à midi pour ne prendre fin qu’au coucher du soleil. Les villages périphériques lutaient le lundi jusqu’à jeudi puis entraient en lice des Niominka du vendredi au dimanche ». Selon M. Ndiaye, un seul trophée était mis en jeu. C’était une tunique appelée « thialite » en sérère. « À chaque édition, de grands lutteurs, des champions aguerris, venaient de partout et s’affrontaient. La première finale a opposé Leyti Loum à Khomba Diouma Sène de Lérane. Ce dernier fut d’ailleurs le premier vainqueur de l’épreuve et jusqu’à aujourd’hui, les hymnes et autres glorifications entonnés en leur honneur résonnent encore », rappelle-t-il. « C’est cette pratique qui a aujourd’hui évolué vers une activité culturelle et sportive, mais la lutte traditionnelle a été organisée pour la première fois à Djilor. C’était en 1781 », précise-t-il. Malheureusement, déplore le vieil homme, cet évènement qui a beaucoup contribué à ramener et à renforcer la cohésion sociale a perdu de son ampleur. « Ce passé prestigieux n’intéresse pas les populations de Djilor. Tous les petits-fils sont partis et ont laissé le village à lui-même ».

Pour cette incursion, Djilor l’anonyme n’a pas livré tous ses secrets. Et pour éviter que son riche passé ne se perde à jamais, le vieil Abdou Soulèye Ndiaye qui a développé un esprit chercheur à Bambey où il effectuait son service vétérinaire avant d’être transformé en chef de Cer pendant dix ans, se bat pour écrire un livre et permettre à la postérité de se réapproprier l’histoire et la culture de Djilor Saloum. Et c’est à partir du procès-verbal du séminaire de Pencuum buur tenu le 9 avril 1992 qu’il a glané toutes les informations qu’il a à sa disposition. « Ce que je raconte là n’est ne vient pas de moi. Ce sont des informations que j’ai glanées auprès de dignitaires et historiens du Djiognick », avoue-t-il modestement. « J’ai senti que ce séminaire était une nécessité. Je suis alors allé à Kaolack, j’ai formulé une demande et j’ai été financé à hauteur de 120.000 FCfa par Conrad Adenauer. C’est avec ce financement que j’ai organisé cette rencontre pour connaître l’histoire du Diognick », note-t-il.

Par Mohamadou SAGNE, Samba Oumar FALL (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)

Last modified on lundi, 12 juin 2017 15:19

Errance « domestiquée »

12 Jui 2017
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Dakar, terre d’espoirs et de déboires. Ville lumière, de torpeur, de tortuosité où viennent s’inhumer les âmes en peine. Dakar a, à la fois, des airs d’une luxueuse métropole et d’un vaste cloaque humain où l’opulence et la misère ont signé une clause d’indifférence. On se croise, on s’épie dédaigneusement. On foule la patte du chien comme on le ferait avec la jambe d’un « malfamé » en pleine divagation. Est-il d’ailleurs en errance ? Il est dans sa vaste cour ; la cour du roi où on trimbale cinq sachets d’eau pour trouver fortune, où on glande chaque matin à la quête de la « bonne affaire ». Une bonne dame étourdie laissera peut-être tomber son sac à main ou un gadget électronique que son « errant international », à l’autre bout du monde, s’est tué à lui dégotter. L’errance, ce n’est plus « aller çà et là ». Elle est devenue une résultante des espoirs immenses, de notre façon d’envisager la réussite et de nous en targuer et, de manière globale, de la désarticulation des relations humaines. 

Le vieil homme laissé à lui-même, à sa sénilité – parce que nous n’avons pas su « tropicaliser » l’hospice –, le fou – l’asile ne lui convenant pas –, l’ivrogne – pour s’accorder du répit –, le gueux, le chat et le chien – comme une souris évitant la tapette –, cherchent à se poser quelque part dans leurs masures, ces rues publiques, à avaler leur pitance. Où ? Nulle part ailleurs que dans les espaces de morosité espérant quelquefois susciter la compassion des « âmes sédentaires » trop souvent pressées et elles-mêmes dans une éternelle et profonde errance dans leur « aventure » intime.

L’errance n’est pas forcément en mouvement. Elle est dans l’espérance, dans une quête incertaine. Dakar offre, dans ce sens, à voir un monceau d’images de « petites gens » pour ainsi reprendre le cinéaste Djibril Diop Mambety, d’animaux et parfois de choses qui cherchent (ou se cherchent) à rencontrer la fortune, la quiétude. Le petit talibé est-il en errance ? Il habite la rue. Le fou l’est-il davantage ou moins que lui ? Le chien ou le maître ? C’est le maître parce que sa femme lui mène la vie dure ? Sait-il seulement où il va ? L’humeur routinière du maître a peut-être fait connaître au clébard sa destination finale ? Au cours du trajet, il rencontrera le chiot sans maître ou son « grognon » rival, lui aussi sans seigneur. C’est le maître et son chien qui sont en errance ou ceux qu’ils rencontrent dans la « pègre », dans le « taudis à ciel ouvert ». C’est leur demeure. Ils sont à l’étroit chez eux. Ici, ils peuvent se shooter avec de la came à mort. On les regardera dédaigneusement mais on ne les délogera point parce qu’ils sont chez eux.

Le contraste de nos rues en constante métamorphose met en scène des « errants de luxe » et des « errants domestiques ». Dakar, à défaut de devenir comme Paris, met en lumière cette ambivalence. Le drame est qu’elle est devenue refuge de toutes les aspirations parce que tout le monde veut y arriver et la seule allée mène à la capitale sénégalaise. Le valeureux et jeune agriculteur n’envisage la réussite que dans une « promenade » avec quelques camelotes dans la capitale. La poursuite du rêve de grandeur ressemble fort à une aventure incertaine qui l’installe dans une errance à travers un désert, dans un sentiment de devoir rempli parce qu’il faut bûcher, s’accomplir là où on ramasse des billets de banque et les distribue ensuite dans les soirées mondaines. Et ainsi donner à ses rêveries une couverture honorable, « beugg teki rek ».
Ps : passez-moi mon errance

Par Alassane Aliou Mbaye

La Banque Postale a lancé le système de paiement par reconnaissance vocale « Talk to Pay » qui devrait faciliter et sécuriser les transactions des clients…

« Parler pour payer ». Tel est le nouveau leitmotiv de la Banque Postale. Ce dispositif est désormais possible grâce au lancement dès ce mardi, du tout premier moyen de paiement en ligne par reconnaissance vocale. Plus besoin de sortir sa carte de son porte-monnaie, la vérification des données bancaires se fait désormais grâce aux nouvelles technologies.

Après cinq ans de discussions dont trois ans de tests et environ 300 testeurs, le projet est arrivé à maturité. Si la Banque Postale est pionnière en la matière c’est parce qu’elle a été la « première à croire en cette technologie », avance Aurélien Lachaud, directeur des innovations paiement de la Banque Postale. Une fierté pour M. Lachaud qui précise que cette collaboration est entièrement française puisque la start-up «Talk to Pay», malgré son nom anglophone, est bel et bien française.

Effectuer des achats sur n’importe quel site
L’objectif principal est de pousser davantage la sécurité des paiements en ligne. Le principe est simple, pour dix euros par an (ou cinq euros pour les étudiants) le client peut activer cette option sur son compte en ligne et doit alors « enregistrer six fois la même phrase pour que le logiciel de biométrie vocale prenne en compte toutes les fréquences de la voix », précise Aurélien Lachaud.

Une fois cette action réalisée, il peut librement effectuer des achats sur n’importe quel site. Au moment de choisir le mode de paiement, il sélectionne ce moyen puis valide son paiement et enclenche ainsi un processus. Un appel automatique survient sur son téléphone et l’usager doit alors prononcer la phrase qu’il a paramétrée auparavant et ensuite indiqué un code reçu par message.

Ce moyen de paiement « suspend automatiquement le cryptogramme visible sur le dos d’une carte », indique Aurélien Lachaud, ce qui facilite amplement la transaction puisque plus besoin de sortir sa carte bleue. Au niveau de la sécurité tout a également été pensé, surtout en cas de vol de carte. L’usurpateur ne pourra effectuer aucun achat sur internet car il sera bien difficile pour lui de contourner la reconnaissance vocale mise en place.

Cette nouvelle technologie pose de nombreuses questions sur la sécurité, notamment sur l’utilisation par autrui de ce système. Qui n’a jamais confondu au téléphone la voix de deux personnes de la même famille ? Aurélien Lachaud apparaît sûr de ce système : « Il repose sur les fréquences de la voix, sur les phonèmes » détaille-t-il. En d’autres termes, le logiciel capture la plus petite unité vocale d’une personne et permet ainsi de la différencier parmi tant d’autres. Même après une longue soirée à crier, si votre voix est altérée, il vous sera toujours possible de parler pour payer, assure Aurélien Lachaud. « Sauf si vous avez la voix cassée ! » Mais il ne peut confirmer que Talk to pay ne rencontrera pas de faille : « Aucune technologie n’est aujourd’hui 100 % fiable, nous ne nous engageons pas à promettre ça. »

Karim Fall alias Lefa est un rappeur né le 28 novembre 1985 à Paris. Il est un des fondateurs et membre du collectif de rappeurs parisiens Sexion d'Assaut. Il est aussi un très bon danseur de break dance, l’ayant pratiqué des années durant. Après plusieurs années d'absence, Lefa revient sur le devant de la scène en juin 2015 avec un nouveau single Intro et sort son premier album solo « Monsieur Fall » en 2016. 

Né d'un père sénégalais musicien de jazz Cheikh Tidiane Fall et d'une mère française chorégraphe et art-thérapeute, il grandit rue des Abbesses à Paris. Durant son adolescence, il pratique la danse, plus particulièrement le break dance. En 2012, Lefa n'apparaît plus sur scène avec les autres membres du collectif, le groupe le dit « en pause musicale » pour se consacrer à sa vie personnelle mais promet un retour prochainement. Dans ses lyrics, Lefa évoque très souvent ses expériences personnelles. Il se contente de faire transcrire ses vérités et se veut plus prudent de l'image qu'il renvoie à ses fans.

Il aborde souvent des thèmes qui peuvent toucher tout le monde comme le matérialisme, son indignation devant certains actes posés par les hommes, sa propre évolution et celle de la Sexion d'Assaut, l'avarice, les futilités, les jeunes parents. Il est très souvent influencé par l'ambiance des quartiers populaires de Paris comme le manque d'argent, la délinquance, etc. Il ne montre pas ses yeux, il les cache avec une paire de lunettes ou parfois avec la visière de sa casquette, cela afin de mettre une « barrière » entre sa carrière et sa vie personnelle, tout comme le fait Maître Gims.

Le style d'écriture de Lefa est immédiatement reconnaissable parmi les autres rappeurs francophones, avec l'emploi fréquent de rimes embrassées. Parmi ces particularités, on peut noter l'utilisation de mots en verlan, caractéristique de l'accent parisien des quartiers populaires, ou de mots issus de l'argot américain.

Par Oumar BA

Last modified on lundi, 12 juin 2017 15:52

Le voyageur qui emprunte l’axe Fatick-Foundiougne sera surpris de découvrir deux canons longeant la route, à quelques encablures de l’embarcadère du petit village de pêcheurs de Ndakhonga. Ces deux canons qui, dit-on, ont été érigés par le maréchal Pétain pour contenir les troupes du général de Gaulle, n’ont jamais servi.

Difficile de venir à Ndakhonga en provenance de Fatick sans être attiré par les deux canons installés de part et d’autre de la route goudronnée. Selon Lamine Sarr, leur installation sur ces lieux s’inscrit dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale. En effet, soutient M. Sarr, le régime du maréchal Pétain pour empêcher toute tentative de la France libre, donc du général de Gaulle et de ses partisans, de s’approcher de Foundiougne et encore moins de Kaolack, avait installé ces canons. Il s’agissait donc de boucliers protecteurs qui n’ont jamais servi. Et bien avant même leur installation, estime M. Sarr, le colonisateur avait fini de faire de Foundiougne un hub commercial incontournable pour la traite de l’arachide.

« C’est pourquoi il y a implanté un port commercial à partir de 1888, lequel contribuait significativement à l’essor des échanges commerciaux entre la capitale de l’Aof et la métropole française. Une illustration parfaite, ajoute-t-il, « de l’importance que le colon accordait à la cité de Laga Ndong (roi des Pangols) et son arrière-pays, aussi bien sur le plan économique que géostratégique. Par sa situation, il occupe une position géostratégique unique, à cheval entre la terre et la mer, ouvre le Sénégal aux pays voisins, à l’Europe et à l’Amérique par le biais de l’océan Atlantique », note-t-il. Pourtant, renseigne l’historien Wack Bâ, « ces canons n’ont jamais tonné depuis leur installation, en 1940, contrairement à ceux de l’île de Gorée qui l’ont fait en septembre de la même année ».

Depuis lors, indique-t-il, ils croupissent sous le poids de l’âge et subissent les intempéries de la chaleur et de l’humidité. Pour M. Bâ, « ces monuments historiques constituent des symboles de la Seconde Guerre mondiale et, ne serait-ce que par devoir de mémoire, il convient, pour notre pays, de veiller à leur préservation et à leur sauvegarde ». L’État semble l’avoir compris en procédant, depuis 2016, à la restauration de ces monuments historiques via le ministère de la Culture. Un effort que les populations de Foundiougne magnifient tout en exprimant leur gratitude. Pour Wack Bâ qui détient une pile d’informations sur les canons de feu Doudou Maty Sène, chef de quartier qui avait combattu aux côtés des Français pendant la Seconde Guerre mondiale, le site pourrait être intégré dans les circuits touristiques et même devenir un lieu de pèlerinage.

Par Mohamadou SAGNE, Samba Oumar FALL (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)

Sur la rive gauche du fleuve Saloum, entre la brèche de Sangomar et le port de Kaolack, Foundiougne, distante de 22 kilomètres de Fatick, sa capitale régionale, se laisse découvrir. Partir à la découverte de cette ville, jadis prospère, « relève d’une véritable attraction », selon l’historien Wack Bâ. Foundiougne, qui a joué un rôle important dans l’administration coloniale française et a connu une époque florissante grâce à son port, lequel a marqué son histoire, peine à se relever. Aujourd’hui, l’ancien chef-lieu du cercle du Sine-Saloum se débat toujours pour retrouver son glorieux passé.

Il n’est pas nécessaire de remonter loin dans l’histoire de Foundiougne pour comprendre ce que cette ville est aujourd’hui. Bordée au sud par la commune de Soum, au nord par la commune de Fatick, à l’est par la commune de Passy et à l’ouest par l’océan atlantique, Foundiougne possède encore de belles traces de son passé. Les marques de l’histoire sont encore présentes avec les bâtiments de style colonial construits en briques rouges, caractérisés par leurs toitures pentues en tuiles mécaniques et résistant tant bien que mal à l’usure du temps. Notre séjour nous a permis de découvrir la belle richesse de ce terroir que son maire, Babacar Diamé, qualifie de « vieille ville qui date de l’époque coloniale ». À l’origine, soutient l’historien Wack Bâ, Foundiougne était un petit village de pêcheurs appelé Kaad et situé au bord du fleuve. « C’est précisément à cet endroit qu’un berger taillait son « soundiougne », un petit manège artisanal qui interdisait aux vaux de téter et donnera plus tard le nom de Foundiougne, une petite escale de pécheurs où s’était installé un véritable marché de produits halieutiques. Un endroit qui deviendra, par la suite, un village réputé que se disputaient les guerriers pour le compte du Buur Saloum afin de l’élire aux prestiges de résidence royale », explique-t-il.

Dans le riche passé de la ville de Foundiougne, l’histoire et la mémoire locale révèlent que cette contrée a joué un rôle important dans l’administration coloniale française. Chef-lieu du cercle de Foundiougne en 1888, puis du Sine en 1897, Foundiougne a été érigée en commune mixte en 1917, avant de devenir commune de moyen exercice en 1957. Ce n’est qu’en 1960 que Foundiougne obtient le statut de commune de plein exercice.

Selon le conseiller régional Lamine Sarr, « le colonisateur avait déjà fait de Foundiougne un hub commercial incontournable pour la traite de l’arachide avec son port de transit qui a fait la gloire de la vieille cité d’un riche héritage historique à l’origine même de sa diversité culturelle ». Toutefois, souligne M. Sarr, « la présence de la mer a été déterminante dans le peuplement de la contrée, comme en atteste d’ailleurs la présence des nombreux amas coquillers, témoin d’une civilisation ancestrale basée, entre autres, sur l’exploitation des produits de la mer ». Foundiougne fut alors une terre de transit, mais également un centre d’accueil de populations venant de divers horizons et qui choisissent de s’y implanter définitivement compte tenu du cadre hospitalier et des opportunités de la contrée.

Une période coloniale glorieuse
« Ce qui a justifié, en plus des mouvements de populations liés aux crises alimentaires survenues dans l’histoire (famine) et de l’expansion des religions musulmane et chrétienne, la diversité de son peuplement et la richesse de sa culture », fait remarquer Lamine Sarr. Il ne manque pas de vanter la position géographique de Foundiougne qui, selon lui, « est unique. Ce qui, du reste, semble avoir justifié le choix porté sur cette contrée par le colonisateur qui en avait fait un point stratégique dans sa politique de mise en valeur de la colonie du Sénégal. En atteste les canons qui trônent majestueusement à Ndakhonga, orientés vers l’Atlantique, la Gambie et l’hinterland sénégalais, comme pour veiller sur la ville à la crevette rose ».

Pendant la période coloniale, Foundiougne connut une époque très glorieuse grâce à l’édification d’un port commercial de premier plan qui fut à l’origine de son essor sur le plan des échanges commerciaux entre la capitale de l’Aof et la métropole française. Il fut le 4e de l’Afrique de l’Ouest et le 3e du Sénégal, faisant de Foundiougne un port arachidier attractif du fait de sa localisation au cœur de l’ancien bassin arachidier et de son ouverture sur l’0céan Atlantique par la Pointe de Sangomar.

Grâce à son port et aux échanges commerciaux, Foundiougne a connu une époque florissante et fut économiquement riche grâce à l’implantation, le long du fleuve, de maisons de commerce comme la Compagnie française de l’Afrique occidentale (Cfao), Maurel et Prom, Vézia & Cie., Chavanel, entre autres, qui avaient chacune son wharf.

Avec tout un réseau de marigots et de rivières, cet écosystème permettait de drainer la production arachidière du Niombato, du Loog, du Djognick, du Sine et du Saloum Ouest vers le port arachidier de Foundiougne. À cette époque, les transports terrestres n’étaient pas développés. « Plus de 200 bateaux long courrier fréquentaient annuellement le port », indique Maurice Ndéné Warore, ancien inspecteur d’académie à la retraite, qui a écrit un mémoire sur le passé de Foundiougne.

De l’avis de Pape Momar Diagne, ancien maire de la ville, toutes les possibilités d’emplois qu’offrait le port avaient favorisé l’installation des comptoirs français à cette période. « Les activités ont influé sur l’arachide, faisant de Foundiougne un véritable point de rencontre et d’échanges entre pêcheurs et agriculteurs qui acheminaient leurs produits (halieutiques, cultures vivrières et de rente, lait) vers des destinations comme Kaolack et Fatick », indique M. Diagne. Selon lui, « c’est un véritable marché de troc qui s’était développé à l’époque ».

Il s’y ajoute, selon l’historien Wack Bâ, « le grand marché de fruits de mer qui attirait, à l’époque, une mosaïque d’ethnies (Wolofs, Sérères, Pulaars, Diolas) ayant découvert l’agglomération de Foundiougne que l’homme blanc, venu de Dakar, avait transformé en port commercial sur la route maritime de l’Europe ». Les statistiques nous révèlent que la population, qui était de 2695 en 1920, dépassait les 15.000 en 1927 avec pas moins d’une vingtaine d’ethnies, en dehors des Français et des Libano-Syriens. Foundiougne était alors une terre de rencontre des peuples de l’Aof. Un riche passé d’une ville que Maurice Ndéné Warore analyse à travers le système économique que le colon avait mis en place à partir de 1875 jusqu’à 1939, avec son port arachidier ayant favorisé le caractère d’une ville d’immigration, mais aussi du fait que Foundiougne ait été le chef-lieu du cercle du Sine-Saloum de 1888 à 1897, ayant sous son autorité Kaolack, Fatick et Joal. « Le contexte d’insécurité qui régnait, à l’époque, autour de Kaolack, avec, d’une part, les guerres entre le Sine et le Saloum, et, d’autre part, le Rip, avait prévalu à ce choix de Foundiougne », note-t-il.

Une navigation fluviale éclipsée par le tracé des axes routiers
C’est par la suite, précise Maurice Ndéné Warore, « que la politique a pris le dessus et avec le retour de la paix au Saloum et au Sine permettant ainsi à Kaolack de retrouver sa situation stratégique de centre d’une région à fortes potentialités agricoles ». À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, la France devait reprendre en main ses colonies et exploiter au maximum leurs potentialités. Cela devait passer par le tracé de nouveaux axes routiers et lignes de chemin de fer. Foundiougne a ainsi commencé à perdre son passé glorieux. « La naissance d’un réseau de routes allait éclipser la navigation fluviale. Désormais, Kaolack était devenu le cœur du bassin arachidier avec la marche de l’arachide vers de nouvelles zones pionnières (nord Kaffrine aux environs de Boulel) », relève Lamine Sarr.

Mieux, ajoute M. Sarr, sur le chemin de Kaolack, convergèrent de nouvelles routes et la voie ferrée entre cette ville et Guinguinéo. Cette nouvelle donne a ainsi entrainé le retrait des maisons commerciales bordelaises, notamment Vézia, Maurel et Prom, Cfao, etc., qui s’étaient implantées à Foundiougne. « Aujourd’hui encore, les vieilles bâtisses desdites maisons, les canons protecteurs de la ville implantés par le colonisateur lors de la guerre, témoins d’un riche patrimoine historique colonial, résistent tant bien que mal à l’usure du temps », se désole Lamine Sarr. Autre témoin de cette histoire féconde, ajoute-t-il, les reliques des différents wharfs construits à l’aide des troncs de rônier et appartenant aux maisons de commerce et à l’administration coloniale. Il en est de même avec les familles d’origine libano-syrienne implantées dans le département durant la belle époque de l’arachide. Aujourd’hui, nous dit-il, la famille Zerdan est encore présente à Passy où elle constitue un modèle d’intégration.

Le port ayant perdu son attraction et ses activités qui se sont amenuisées à vue d’œil, la ville commence alors à perdre sa popularité et sa population. Il en sera ainsi jusqu’à l’accession à l’indépendance, en 1960. « Quand nous arrivions à Foundiougne, en octobre 1968, il ne restait de cette période faste que des wharfs squelettiques qui défiaient encore les flots et de vieux magasins devenus le fief d’une multitude de chauves-souris », informe Maurice Ndéné Warore qui soutient avoir vu les derniers bateaux embarquer des arachides au port de Foundiougne en 1969. Des bateaux gros porteurs, souligne-t-il, qui chargeaient l’arachide et y déchargeaient des produits occidentaux. « On les voyait alignés au large du fleuve au niveau des wharfs des différentes maisons de commerce de la ville. Ce port fut à l’origine de l’essor de la ville sur le plan des échanges commerciaux entre le Sénégal et la métropole française », renseigne-t-il.

Abdou Diouf fait renaitre l’espoir
Aux lendemains de l’indépendance du Sénégal, note l’ancien maire Pape Momar Diagne, les rivalités politiques entre le président Léopold Sédar Senghor du Bds et Lamine Guèye de la Sfio ont beaucoup influé sur le déclin de Foundiougne. Selon M. Diagne, le président Senghor avait juré de tourner le dos à Foundiougne après sa défaite aux élections législatives de 1951 face à Lamine Guèye. « C’est une date repère à laquelle il s’est employé à accorder un mépris total vis-à-vis de la ville de Foundiougne durant tout son règne », rappelle-t-il. « Ce n’est qu’avec l’avènement du président Abdou Diouf, à partir de 1981, que la ville commence à retrouver l’espoir d’émerger », fait savoir Pape Momar Diagne.

« À l’époque, j’étais adjoint au maire de Malick Ndiogou, chargé de prononcer le discours de bienvenue au président Diouf. Ce dernier a retenu une seule doléance que j’avais évoquée à trois reprises : la route, pour enclencher le désenclavement de Foundiougne et profiter de ses énormes potentialités halieutiques, touristiques et agricoles ». Un potentiel qui reste toujours intact en dépit des difficultés de son exploitation grandeur nature et qui pourrait permettre à la ville d’atteindre l’émergence. Retraçant les atouts géographiques qui avaient fait de Foundiougne un chef-lieu administratif, un port et un centre commercial, Maurice Ndéné Warore estime que ces atouts pourraient être mis à profit dans le contexte politico-socio-économique actuel.

Il s’y ajoute la proximité du chenal qui se situe sur la rive gauche du fleuve Saloum et dont la partie la plus profonde passe non loin de cette rive gauche. C’est pourquoi, dit-il, les wharfs qui partaient de la rive avaient une dizaine de mètres de longueur et leur bout atteignait facilement un tirant d’eau entre 3,5 m et 4 m. Ce qui, selon lui, permettait aux bateaux d’accoster et de charger les arachides. « C’est pour cette raison que le bateau Diambogne ne peut toujours pas accoster au port construit à Ndakhonga, sur la rive droite, car il faut encore draguer du chenal jusqu’à cet aménagement », indique M. Warore.

Une relance de Foundiougne espérée avec le Pse
Il convient, selon Maurice Ndéné Warore, de rendre navigable le chenal à partir de l’embouchure jusqu’à Foundiougne, sur une distance de  65 kilomètres. Et d’y effectuer des balisages et de prendre en charge l’exploitation de la végétation du département de Foundiougne qui est le poumon vert du Saloum, notamment dans le Niombato et les îles Betenty qui sont encore couverts de forêts. Il y a aussi le parc du delta du Saloum et les îles du Gandoul qui sont couvertes de forêts de mangrove. « C’est dire que toutes ces données géographiques et naturelles devraient permettre de relancer Foundiougne et le hisser au rang de centre économique. Elles permettent des initiatives dans différents domaines comme la navigation maritime et continentale, la renaissance du port, le développement du tourisme, l’agriculture, la pêche, la pisciculture et l’ostréiculture, de même que l’apiculture », indique Maurice Warore.

Il suffit, à son avis, de prendre en compte le développement de Foundiougne à partir d’un réseau routier qui entrerait dans le désenclavement de la Casamance et de l’intégration sénégambienne. « Nous sommes à l’heure du Plan Sénégal émergent (Pse), il s’agit de développer tout le Sénégal de manière équilibrée. Le développement d’un quelconque coin du pays qui entrainerait le recul d’un autre ne serait point pertinent et ne serait pas non plus une action de développement, mais une croissance isolée. Le Pse ne devra pas être une addition de croissances, mais une multiplication d’actions de développement durable », fait-il savoir.

Par Mohamadou SAGNE, Samba Oumar FALL (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)

Last modified on vendredi, 09 juin 2017 15:18

Les ex-ami(e)s fêtard(e)s

09 Jui 2017
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Bientôt deux semaines que l’on jeûne à Dakar. Un constat : une nouvelle spiritualité a pénétré l’âme de beaucoup de mes ami(e)s. Ceux et celles qui, avant le début du Ramadan, peuplaient « mbed u naari » (le chemin de l’enfer) où avaient cours, à côté des rivières d’eau de feu, une musique non-stop, des scènes d’amour illégitimes et des bagarres sanglantes, manquent, aujourd’hui, à l’appel du bataillon des « kafr » (infidèles).

Pour votre information, mes ami(e)s, des néo-converti(e)s, ont un autre chemin de passage : « mbed u neeg u Yalla » (voie menant à la mosquée). Ces hommes et femmes, de mes connaissances, sont entrés dans une nouvelle vie et se sont engagés à réformer leurs mœurs en s’accrochant aux fondamentaux religieux. Ces néo-convertis dont l’âme n’a jamais été scellée autour de Dieu ont, depuis l’entame du mois de Ramadan, décidé de s’échapper de ces chaudes nuits dakaroises qui, il y a peu, les enveloppaient, de tourner le dos aux plages qui, il n’y a guère longtemps, se déroulaient devant eux, et aux dancings qui, récemment, s'ouvraient à eux.

Mes ami(e)s ont incendié leur « nid d’amour » où, dans un passé récent, il n'y avait plus de réalité à certaines heures. C’était ces heures pendant lesquelles il n’y avait que le plaisir, le rêve, la poésie, le charme et la folie des sens. En ce mois béni de Ramadan, ils ont enterré leur vie de fêtard(e)s. Est-ce pour de bon ?

Par Cheikh Aliou AMATH

Mbaye Guèye, ancienne gloire de la lutte sénégalaise, a marqué son époque. L’homme, toute sa carrière durant, a drainé de nombreuses foules acquises à sa cause. Aujourd’hui, il savoure tranquillement une retraite bien méritée.

Assis sous un arbre, le buste droit et les jambes écartées, le corps reste athlétique malgré le poids de l’âge. Les années d’efforts fournis au bord des plages pour se muscler ou maintenir la forme ont laissé quelques petites séquelles. Le premier « Tigre de Fass » a de beaux restes. La génération qui l’a vu lutter apprécie son courage légendaire et sa détermination sans faille. L’autre génération, celle qui ne l’a pas vu batailler, n’en demeure pas moins attachée aux prouesses du premier « Tigre de Fass ».
Mbaye Guèye a, malgré les années qui passent, gardé sa bonne réputation de lutteur légendaire. C’est parce qu’au fond l’homme ne s’est véritablement jamais tenu à l’écart des arènes. Comment y parvenir ? Difficile ! Chez les Guèye, la lutte est un legs qui se transmet de génération à génération. « Mon grand-père était, à son époque, un très grand lutteur craint de tous. Il a fait mordre la poussière à tous ceux qui ont osé se frotter à lui dans une arène », témoigne-t-il. Comme son aîné, il a, lui aussi, marqué son temps autant dans les « mbapatt « (combats de lutte populaire) que dans l’arène nationale. L’autre « Tigre » de la famille se nomme Moustapha Guèye, petit frère de Mbaye Guèye. C’est dire que chez les Guèye, la lutte est dans le sang.

Après avoir tenu en haleine les amateurs de lutte pendant plusieurs années, Mbaye Guèye profite présentement d’une retraite bien méritée. Il tient actuellement domicile en banlieue dakaroise, plus précisément à Fass Mbao. Ici, il est devenu un notable, un sage à qui on fait continuellement appel pour échanger sur divers sujets. Il se montre d’ailleurs particulièrement disponible dès lors qu’il s’agit de prodiguer des conseils ou donner des orientations aux jeunes. « Mbaye est d’une disponibilité marquante. Il est tout le temps prêt à vous accorder de son temps », témoigne un de ses voisins.

Il reste l’un des lutteurs qui aura le plus marqué les générations des années 1970-1980. Il a à son actif près de 80 combats en deux décennies dans l’arène. A l’époque, un lutteur ne pouvait pas se permettre de rester plus de six mois sans se frotter à un adversaire. « C’était une question d’honneur », se souvient-il. Et dire qu’en son temps les cachets étaient nettement moindres par rapport à ceux d’aujourd’hui. En 1973, un des combats de Mbaye Guèye avait défrayé la chronique. Pour cause, le lutteur avait empoché la « rondelette » somme d’un million de FCfa pour affronter Saa Ndiambour. 

« Une énorme somme à l’époque », se souvient-il. A l’occasion, le stade avait fait le plein. Certains n’ont d’ailleurs pas pu y avoir accès. Les gradins étaient archi pleins. Les lutteurs venaient ainsi de percevoir le premier cachet d’un million de FCfa, mais le promoteur pouvait également être fier d’avoir organisé une telle confrontation. Chacun a su, au final, tirer son épingle du jeu. Aujourd’hui, un cachet pourrait avoisiner la centaine de millions par lutteur. « A chacun sa génération. A chaque génération sa chance », relativise t-il.

Tigre de Fass
Le sobriquet de « Tigre de Fass » colle encore à la peau de Mbaye Guèye. Mais, au fait, d’où vient ce surnom ? « C’est un journaliste du quotidien national « Le Soleil » qui m’avait surnommé ainsi au sortir d’un combat âprement disputé », se souvient-il. Ce jour-là, Mbaye Guèye, bien que blessé, a lutté jusqu’au bout, ne se laissant guère déstabiliser par ses blessures. Il finira vainqueur de cette légendaire confrontation, avec à la prime le surnom de « Tigre » qu’il trainera honorablement jusqu’à la fin de sa carrière. Il fait, sans doute, partie des anciens champions de lutte qui auront le plus marqué leur temps.

C’est en 1964 que le « Tigre de Fass » débute sa carrière dans les « mbapatt ». Là, Mbaye Guèye se fait remarquer. Sa technique, son endurance, sa détermination marquent plus d’un. Son nom fera le tour du pays avant qu’il ne décide même d’intégrer l’arène nationale. C’est en 1964 qu’il intègre l’arène nationale. Il en ressort en 1970 pour aller honorer son service militaire. Après sa durée légale, il signe son retour dans l’arène au grand bonheur des nombreux amateurs. « Mbaye Guèye était un combattant charismatique. Vous pouviez ne pas le supporter, mais vous tombiez forcément sous son charme. Il était en quelque sorte irrésistible », témoigne James Seck, un incorrigible amateur de lutte.

Agé aujourd’hui de 50 ans, James assure avoir assisté à la plupart des combats du premier des trois « Tigres de Fass ». De Mbaye Guèye, il ne garde que de bons souvenirs. Parmi les mémorables souvenirs, James évoque les confrontations contre Moussa Diamé, Souleymane Diaw et Double Less. Justement, il s’est frotté à deux reprises au dernier de la liste. Dans la première confrontation, il s’est retrouvé avec une défaite. Le second combat a eu lieu en 1977. Il est resté sans verdict.

Par Oumar Ba

« Les victimes du Net »

02 Jui 2017
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« Les victimes du Net ». C’est une initiative lancée, ces derniers jours, par des tiers déterminés à « faire cesser, sur internet et les réseaux sociaux, les insultes, calomnies, diffusions de fausses nouvelles, etc. » dont le but manifeste est de salir de bonnes gens. Leur idée est bonne. Le combat qu’ils comptent mener doit mobiliser beaucoup d’entre nous. En effet, nous devons nous impliquer et, à leurs côtés, rappeler à ceux qui l’ont oublié et apprendre à ceux qui ne le savent pas que le Net n’est pas un « repaire » où des mal éduqués se retranchent pour ne débiter, à partir de leur clavier, que des insanités, des obscénités et des vulgarités. 

Des nouvelles salaces sur une mère de famille, des racontars sur un couple célèbre, des contre-vérités sur le voyage d’un chef religieux, des propos irrespectueux sur nos hommes et femmes politiques, sont l’œuvre d’esprits malfaisants que « Les victimes du Net » et ceux qui les soutiennent se proposent de mettre à l’index et de combattre. Les mauvais utilisateurs du Net et des réseaux sociaux ont, aujourd’hui, un sacré « client » qui va désormais leur apprendre à réfléchir sur leurs propos concernant la vie privée de personnes qui leur sont, souvent, totalement inconnues. Totalement dégoûté par cette façon de clouer au pilori certains compatriotes pour un oui ou un non, j’invite ceux qui s’en gaussent à aller fouiller dans les catacombes de leur propre vie. C’est sûr qu’ils y trouveront quelques faits, gestes et images personnels qu’ils refuseront, pour tout l’or du monde, d’étaler sur la toile.

Comme moi, vous avez certainement constaté que ces mal éduqués du Net sont trop portés sur des futilités : sexe, sang, déballage. Ne comprennent-ils pas, ces mauvais utilisateurs du Net, qu’ils doivent s’élever par l’esprit ? Au Sénégal, l’on doit s’échiner à développer l’agriculture, à défendre et à sauvegarder l’environnement, à prodiguer des soins de santé de qualité, à instruire et à éduquer les jeunes, à créer des richesses et des emplois… Vaste programme devant nous éloigner des insanités, obscénités et vulgarités !

Par Cheikh Aliou AMATH

A quelques foulées de cheval du poste de Karang, à la frontière entre le Sénégal et la Gambie, une route latéritique bordée d’anacardiers mène au village de Sirmang, reconnaissable à mille lieues par son imposant minaret qui dévisage les cieux. Ce bourg du département de Foundiougne, se trouvant à une trentaine de kilomètres de la capitale gambienne, Banjul, et dépourvu d’infrastructures, vit principalement d’agriculture et d’élevage. Diverses ethnies, témoignant des liens historiques entre les peuples sénégalais et gambiens, y développent une étroite solidarité. Dans ce patelin tranquille, on satisfait encore au principe de fraternité. On accueille les âmes d’ici et d’ailleurs avec le sourire et s’emploie à trouver remèdes à leurs maux, à dissiper les craintes et à entretenir les espoirs en faisant se mouvoir le visiteur dans un univers religieux qui ne nie point ses croyances ancestrales. Plongée dans un cosmos de ferveur religieuse et de délivrance des souffrances.

Vendredi- Le ciel darde ses rayons. Les rues sont désertes. Il n’y a que quelques mômes, des écoliers en tenue sur le chemin du retour et un cheval s’emballant qui leur donnent vie. Un haut-parleur perché sur le minaret distille des mélodies divines apaisant un grand arbre feuillu et branchu qui donne de l’ombrage à la devanture de la maison de l’homme de Dieu El Hadji Mama Ansou Niang. Un homme affable, d’une touchante humilité, neveu du marabout, y accueille les visiteurs. « Allez dans cet endroit là-bas, vous y trouverez deux bassines remplies d’eau bénite, formulez vos vœux avant de vous en asperger », dit-il en guise de bienvenue en pointant du doigt le « mouroir » des angoisses. A l’intérieur, le décor est presque austère ; juste un portemanteau dentelé bien serré sur la porte, deux bassins et une puisette pour apaiser ses angoisses.

Deux frêles garçons venus de Diourbel, les mines affligées, se conforment au rituel dès leur arrivée avant d’espérer rencontrer le marabout, Cheikh Tidiane Niang, digne continuateur de l’œuvre de son père. Ils en ressortent l’un après l’autre avec de légers chuchotements. Le dévoué et prévenant « chambellan » formule des instructions à leur endroit avec quelques marques de déférence comme s’il « aspirait » leurs maux par ses paroles rassurantes. Il affiche la même disponibilité pour chaque « patient ». Mamadou, « boulanger » venu du département de Mbour, lui, est un habitué des lieux. Il y vient depuis quelques temps pour soigner un mal qui le ronge depuis des lustres. « C’est un ami qui m’a conseillé de venir dans ce village. Depuis, après avoir rencontré le marabout, je reste ici toute la journée parce que j’ai fini par m’y plaire. Au-delà de l’amélioration de mon état de santé, il y a un sentiment de sécurité qui m’habite grâce à la prévenance et à l’amabilité des gens. Ils n’ont jamais exigé de moi un paiement pour les soins prodigués. Je donne en fonction de mes possibilités », dit-il. Des hommes et des femmes, comme ce couple gambien, y affluent pour s’attirer les bénédictions divines. Cette magnanimité est cultivée depuis des décennies par un ascendant, Cheikh Al Islam El Hadji Mama Ansou Niang, qui, loin de la lumière aveuglante des privilèges terrestres, s’est très tôt destiné à servir l’humain. La gratification divine vaut tous les sacrifices. Elle est le mobile de toutes les actions. Sirmang, c’est surtout une terre de dévotion. La ferveur religieuse donne une idée claire de l’immensité de l’œuvre du Cheikh qui a construit la grande mosquée en 1971. Son fils aîné, Cheikh Tidiane Niang, à la rhétorique exquise et à la science religieuse reconnue, en est l’Imam. Dans ce temple, les prières sont interminables. On implore le Seigneur pour qu’Il couvre les morts de sa miséricorde, pour que les continuateurs portent dignement le flambeau allumé par l’honorable créature et que soient menées à la prospérité du village toutes les actions.

Salon de toutes les espérances
Après la prière, les fidèles se ruent chez le patriarche. Les hommes prononcent les panégyriques à la gloire du Seigneur. Les femmes, à une encablure, suivent la cadence. Arrivés dans la cour de la maison familiale, ils tendent leurs mains pour recueillir les prières de l’imam avant de rencontrer le Cheikh si la santé le lui permet. Un grand salon, celui-là même où s’allongent les corps en quête de répit, accueille les premiers arrivés. D’autres se contentent de la cour. La « marée » dévote est productive d’émotions, de sentiments puissants et apaisants. L’image est fascinante. Elle est même émouvante. Cheikh Tidiane Niang et son jeune frère Abdou Aziz s’asseyent à côté de leur père marqué par le poids de l’âge mais la posture toujours digne, le visage rayonnant de la lumière des âmes que Dieu célèbre sur terre. Ses descendants rappellent aux nombreux fidèles les enseignements du Cheikh dont la source inspiratrice est la parole du Seigneur, le Coran. La présence de El Hadji Mama Ansou Niang emplit la salle d’espérances. Il produit un halo d’altruisme et de pureté.

Dans cet univers de ferveur, on donne beaucoup d’importance au Coran. C’est pourquoi, tout est fait pour que le « talibé » soit dans des conditions idoines pour réaliser des performances. Il a très tôt été expérimenté, ici, ce que les autorités publiques ont appelé des « daara modernes ». Dans les écoles coraniques de Keur Sette et de Sirmang, les apprenants, en internat, n’ont pas besoin de mendier pour se nourrir. On fait confiance à la terre et aux vertus du travail. Des élèves viennent de tous les horizons pour s’abreuver à la source du Coran dans un cadre approprié. Les enseignements sont dispensés dans des salles de classe avec près d’une dizaine de bâtiments. Les effectifs (des centaines) sont constitués d’enfants et d’adultes. La satisfaction d’avoir contribué à propager la parole de Dieu suffit au bonheur du guide religieux et à supporter un tel fardeau. L’idée, c’est de répandre le message divin, de former les hommes d’aujourd’hui et de demain et d’œuvrer pour une humanité en paix avec elle-même. On y apprend le Coran et les sciences islamiques et forme les pensionnaires aux métiers de la vie en fonction de leur inclination.

Cheikh Aliou AMATH,
Alassane Aliou MBAYE (textes)

Last modified on vendredi, 02 juin 2017 15:53

Il est un modèle d’humilité aux valeurs discrètes. L’œuvre du Cheikh El Hadji Mama Ansou Niang est transcendante. Elle éclaire les fidèles et répand une lumière, par la prégnance de ses recommandations, sur l’humanité. Retour sur la vie du phare de Sirmang.

En 1927, A Niodior, une île peuplée de Sérères, pour la plupart de valeureux pêcheurs, venait au monde El Hadji Ousmane Niang, plus connu sous le nom d’El Hadji Mama Ansou Niang. Il est d’un lignage royal car son père, Mouhamadoul Mahdy, est un descendant du célèbre roi Mansa Moussa. Seydatou Khadidiatou Diop, dont la piété était reconnue, est sa mère.

Sa famille l’a très tôt fait explorer les océans de la foi. Son réputé ascendant, Mouhamadoul Mahdy, connu pour la grâce dont le Seigneur l’avait couvert, sa dévotion et sa grandeur d’âme, implorait son Créateur de le gratifier d’une progéniture ancrée dans les valeurs de l’Islam et qui serait un phare pour les générations futures. Ce qui le mène à Diourbel pour solliciter les prières de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké afin que Dieu exauce ses prières. Arrivé sur cette terre du Baol, il a dû attendre trois nuits pour être reçu par l’inspirateur de la voie mouride plongé dans une retraite spirituelle. Ses deux compagnons, lassés d’attendre, n’ont pas eu cette patience. Lorsqu’il a été reçu, Cheikh Ahmadou Bamba, après qu’il lui a touché un mot sur l’objet de sa venue, lui prédit l’exaucement de sa prière mais le prévient en ces termes : « En acceptant d’échanger cette vie présente contre celle-là future, tu perdras tous tes biens matériels ». Ce qui a été observé quelques temps après son retour à Niodior. Les mésaventures s’en sont suivies au point que le bienfaiteur n’arrivait plus à aider les gens qu’il couvrait de sa générosité. Il décide alors de quitter son île pour aller s’installer au village de Santhi Wali. C’est en 1958, à Kaolack, qu’il a rendu l’âme au Seigneur qu’il a adoré toute sa vie.

Selon Ousmane Cissé, El Hadji Mama Ansou Niang entame, très jeune, son éducation religieuse auprès de son frère Kéba Fodé. A la mort de ce dernier, il est envoyé à Sipho (Gambie) auprès du réputé marabout Mouhammad Lamine Kanté. Celui-ci lui inculque une éducation spirituelle et le forge mentalement pour qu’il soit apte à recevoir un apprentissage islamique complet. Dans ce terroir, il parfait ses connaissances religieuses, maîtrise parfaitement le Coran, la chari'a, la rhétorique arabe, l’histoire et les sciences ésotériques. Le dévoué apprenant choisit alors une vie d’ascète, renonçant ainsi à toutes les jouissances aveuglantes d’ici-bas afin d’atteindre les objectifs qu’il s’était fixés. Il s’attache à être digne de l’amour, de la gratitude et des prières de son guide spirituel et à accomplir le vœu le plus cher de son défunt ascendant pour que les générations futures trouvent en lui l’exemple qu’il a voulu qu’il soit pour l’humanité. Il s’arme de persévérance et de patience bien que ne disposant pas de moyens pour étudier.

Apprendre, enseigner et adorer
Lorsque Cheikh Mouhamadou Lamine Kanté s’est rendu compte que son élève a acquis de profondes connaissances religieuses et atteint la maturité des érudits et qu’il l’a jugé apte à transmettre son savoir, il le libère et lui ordonne de retourner auprès des siens avec tous les titres que son abnégation lui a permis d’avoir. Il lui prodigue ces conseils rapportés par El Hadj Mama Ansou Niang lui-même : « ne réside pas dans ton village. Etant une île qui ne connaît que la pêche, tu risques de t’y confiner, alors que tel n’est pas ta destinée. Choisis un endroit convenable pour toi et tes étudiants afin de leur inculquer un enseignement de qualité ». Le Cheikh rentre ainsi dans son village auprès des siens où il est resté deux ans.

En 1965, il se rend à Sokone et réside chez le grand érudit El Hadji Ahmadou Dème pour l’éclairer de ses conseils quant au choix du lieu de résidence. Le saint homme, qui le connaissait déjà, apprécie ce geste, cette déférence et lui indique un endroit entre son village Sokone et Karang. Sirmang devient alors son champ de dévotion et de propagation de la parole de Dieu. Il a été bon prophète car ce village est devenu, en l’espace de quelques décennies, un univers où sont développées des valeurs islamiques, humaines. Sa renommée dépasse les frontières du Sénégal et de la Gambie. Beaucoup de talibés y bénéficient d’une bonne formation dans les sciences religieuses dans des conditions appréciables. La prégnance du discours d’El Hadj Mama Ansou Niang, parce que tiré d’une source immuable et universelle, fait que sa voix porte. Elle transcende les obédiences.

A tous ses disciples et à toute personne venue solliciter ses prières, il recommande la purification du cœur et de l’âme. Car, c’est là que réside l’essentiel. Aujourd’hui, le patriarche de toute une communauté dévote, regarde, apaisé, sa progéniture emprunter les allées de la foi comme l’avait souhaité son ascendant pour lui et sa descendance. Elle continue de composer le triptyque : « apprendre, enseigner et adorer Dieu » (Diangue, diangalé, diamou). Les traditions historiques parleront improprement de saga un jour. Ici, il s’agit d’un renouvellement d’une allégeance perpétuelle à des vertus, à des valeurs et à un message divin.

C. Aliou AMATH et A. Aliou MBAYE

Famara Ndour, après 25 ans, à braver la mer- ou à la dompter- avec ses bateaux, parle toujours de la voile avec une touchante passion. La navigation à la voile, plus qu’un banal parcours le long des étendues d’eau, c’est sa vie, sa préoccupation quotidienne qui l’arrime à Foundiougne depuis toujours. Il en est, ici, à la fois le précurseur et le promoteur. Il se donne comme exaltante mission d’y développer ce sport nautique pour donner à ses concitoyens la chance de vivre ses joies infinies et ses aventures fabuleuses.

C’est comme si Famara Ndour était condamné à braver la mer ; lui, le « petit » Sèrère qui s’ennuyait à Foundiougne à assister un oncle dans un petit commerce pour ne pas tomber dans le désœuvrement après l’arrêt de ses études et les tentatives pour être enrôlé dans l’armée. Ses infortunes agissaient sur son fabuleux destin. Un matin, en effet, au hasard des rencontres, un homme blanc, français de nationalité, interrompt la routine dans laquelle il croupissait. Fabrice, alors jeune navigateur français, veut acheter une cassette audio « originale » de Youssou Ndour après qu’il l’a cherchée vainement à Dakar. Dame fortune le mène chez Famara où il en reste une seule. Les deux bonhommes ont un bon feeling. On s’invite à manger. « Il venait d’arriver à Foundiougne avec son bateau. Il se plaisait à venir papoter à la boutique de mon oncle que je tenais pour juste m’occuper. Un jour, il me confie son voilier parce que devant se rendre en France pour deux mois et me propose un salaire de 30.000 FCfa par mois. Ce qui était une aubaine pour moi qui n’avais pas de revenus », se souvient-il, heureux d’avoir eu du pot. On est alors en 1989. Pour la première fois, le natif de Foundiougne met les pieds dans un voilier. « C’était un challenger », se rappelle-t-il. C’est le début de « l’odyssée » marine. La passion devient, de jour en jour, plus ardente. Après la première remontée sur Dakar avec Fabrice de retour au Sénégal, elle devient brûlante. Il passe un mois au Cercle de Voile de Dakar et perce davantage cet univers. De temps en temps, lui et son nouvel ami s’offrent quelques sorties pour parcourir les bolongs du Saloum, de la Casamance et quelques traversées vers les îles du Cap vert… ; ce qui l’accoutume à la pratique si bien que le tandem ne se quitte plus.

Après un énième voyage en France, Fabrice, accompagné de sa copine, sa future épouse, l’invite à faire une sortie en mer pour se rendre en Casamance. « Cela a été une expérience à la fois difficile et enrichissante pour mon apprentissage de la voile », confie Famara. Ce jour-là, la mer est agitée, le vent de face complice de leur infortune. Le moteur et les voiles les enlisent dans la misère. Néanmoins, Famara ne faiblit pas devant l’adversité. Un bateau contacté grâce à la bande des très hautes fréquences (Vhf) les sort de la galère temporairement en les remorquant pendant trois tours d’horloge pour les larguer à Djifer. Béa, la dame de cette périlleuse aventure tombe malade. Comble d’infortune, Famara doit ramener le voilier seul à Foundiougne pour permettre au couple de ne pas rater son vol. L’expérience est concluante. Un mental se forge.

La mer, espace de rencontres
Par la suite, Fabrice cédant devant l’insistance de sa femme, reste deux ans en France pour se construire un plus gros bateau. Il fait cadeau au jeune féru de la navigation de plaisance du petit bateau. C’est son premier voilier. Le « toubab » l’incite alors d’en user dès qu’il y a du vent et d’en faire jouir des touristes pour en tirer gain. « Et c’est grâce à cela que je me suis marié, j’ai construit ma maison, fait de belles rencontres, voyagé pour découvrir plusieurs endroits », jubile-t-il fier d’avoir joint l’utile à l’agréable. 17 ans après, il s’achète un petit bateau de course en remplacement du premier. Il s’offre ensuite un Sangria, choisi à Dakar parmi les nombreux bateaux délaissés par leurs propriétaires, acheté à un bon prix et conduit à la voile de Dakar au Saloum par un Famara téméraire qui entreprenait sa première navigation hauturière en solo.

La mer est le point de convergence des amoureux de la voile. On y noue des relations viscérales. La « flamme » des eaux assiègent leurs esprits et nourrissent leurs âmes. Un matin, Famara y croise, en train de naviguer, une petite française d’une grande famille de plaisanciers à qui a appartenu son nouveau joyau, le Sangria. Cette dernière en a été bouleversée. Ses propos, ses effusions devrait-on dire, sont un éloge à l’audace de l’enfant de Foundiougne : « Regardez bien ce petit voilier qui navigue à quelques encablures de Skol. Il a trois propriétaires remarquables, ce joli petit bateau : premièrement, c’est un Sangria, un bateau de grande série qui a le même architecte que notre Jurançon, un cousin donc, une silhouette que nous connaissons bien. Secondairement, il est manœuvré par deux Noirs et zéro Blanc, ce que nous n’avions jamais vu jusqu’à ce jour. Troisièmement, il marche au près, c’est-à-dire de manière pointue contre le vent et nous avons le plaisir d’observer plusieurs virements de bord qui marquent une véritable maîtrise de la voile occidentale et une longue pratique. Un petit mystère pour nous ». Le marin de Foundiougne se meut allègrement donc dans un univers préconçu pour des êtres d’ailleurs !

Le précurseur
Marquée et rassurée par la personnalité de Famara et sa passion pour la voile, et devant se rendre en France, comme Fabrice, il y a quelques années, elle lui confie son bateau et lui fait cadeau d’un « bijou » de famille à son retour : un instrument de navigation provenant du bateau fétiche de sa maman. « Ce personnage étonnant aura été l’un des rares hommes dans ce pays qui nous aura rendu service sans rien attendre de nous, sans chercher à en tirer un avantage, une bonne affaire, sur le champ ou plus tard », témoigne-t-elle, heureuse d’échanger sur sa passion à des milliers de kilomètres de chez elle, dans une petite commune perdue dans le Sine-Saloum.

Les sports nautiques sont considérés, au Sénégal, comme la marotte de la sphère des gens opulents eu égard à la cherté de la logistique. Toutefois, Famara Ndour essaie, depuis quelques années, à les promouvoir dans son patelin, avec les moyens du bord et au détriment parfois de ses économies. « Il est nécessaire de partager mon savoir et le bonheur que procure cette pratique ». Il s’échine à donner corps à cette ambition. Aujourd’hui, il dispose de quelques bateaux (dont un qui s’appelle Youssou Ndour pour faire un clin d’œil à l’histoire) qui lui permettent d’initier des personnes à la voile afin de trouver des relais au sein de la population.

En collaboration avec un Italien qui a un club de voile à Ndangane, il compte s’investir davantage dans la formation des jeunes. Grâce aussi à des amis, il attend 17 bateaux pour donner plus de marge à cette pratique dont il est le précurseur à Foundiougne. « La priorité, c’est la formation des formateurs, des futurs moniteurs. Car, c’est un vaste chantier que je ne saurais entreprendre seul. Nous devons profiter de ce plan d’eau pour former les champions de demain », souligne-t-il tout en espérant que les pouvoirs publics y participeront. L’attribution d’un espace, par simple indication de leur probable champ d’intervention, leur serait utile ; celui occupé actuellement est un domaine privé. En attendant, Famara entretient sa passion et ses bateaux même s’il faut se priver de quelques plaisirs.

Par Alassane Aliou MBAYE

Foundiougne est une terre d’espoirs entretenus par ses potentialités et un champ étendu que sa jeunesse s’échine à ensemencer malgré les obstacles qui se dressent devant elle. L’emploi en est un malgré les promesses des graines semées par les agences de financement dédiées aux jeunes. Le sport, hormis la lutte traditionnelle, lieu de refuge et d’accomplissement social, peine à sortir la tête de ses enchanteresses étendues d’eau. Le manque d’infrastructures sportives et culturelles, cadres de distraction par ailleurs, sont des obstacles à l’épanouissement des jeunes et à la réalisation de performances.

Une dizaine de jeunes conversent sous des arbres feuillus autour d’une table encombrée de récipients, de bouteilles et de divers autres gadgets électroniques. Dans une chaleureuse ambiance, ils parlent avec enthousiasme de la première édition de l’événement culturel « Foundiougne reggae man groove » qui regroupe plusieurs chanteurs de reggae des Iles et des environs. On semble l’attendre avec impatience car, hormis le Festival annuel de Foundiougne, le « peuple » bûcheur de cette zone de la région de Fatick est rarement convié à de pareilles réjouissances même s’il peut se prévaloir d’avoir été deuxième lors du Festival national des arts et des cultures (Fesnac).

Les jeunes cherchent plutôt à s’assurer un avenir meilleur. « A l’époque, quand le bateau de croisière, Bou El Mogdad, était encore là, beaucoup de jeunes s’activaient dans le tourisme. En plus de cela, l’hôtel Le Piroguier a perdu de son attrait. Il y a moins de touristes et naturellement les personnes qui en tiraient des revenus substantiels ont vu leurs gains fortement baisser », indique Alcaly Diamé. Comme lui, beaucoup de jeunes de la localité ont embrassé le métier d’enseignant pour se prémunir contre l’incertitude. D’autres ont investi le transport avec les motos-taxis « Jakarta » qui pullulent sur les deux rives. La pêche à la crevette est également une des principales activités des jeunes bien qu’elle soit moins florissante aujourd’hui avec la baisse de la production et la concurrence de pêcheurs d’autres localités qui viennent y chercher fortune.

Toutefois, pense le chef de service départemental de la Jeunesse de Foundiougne, Seny Ndiaye, les financements attendus de l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes (Anpej) et du Projet d’appui à la promotion de l’emploi des jeunes (Papej) sont porteurs d’espoirs. Regrette-t-il juste les lenteurs notées dues à des malentendus sur les apports en ce qui a trait au financement que devrait octroyer le Papej qui a retenu 40 projets dont quelques-uns conçus par des femmes. L’Anpej a retenu, quant à elle, 30 projets faits par des jeunes. Il lui semble nécessaire de changer de paradigme en travaillant davantage à donner une bonne formation aux jeunes ; ce qui, à ses yeux, a plus de portée que les subventions accordées lors des activités de vacances.

Le sport collectif et l’absence d’infrastructures
Seyni Ndiaye Cdeps FoundiougneComme dans plusieurs localités du pays, les jeunes de Foundiougne se plaisent à s’adonner à la pratique du sport comme à la fois une activité récréative et un moyen pour se réaliser socialement. L’effervescence que suscite le « navétane » (championnat populaire) en est une parfaite illustration. Le département de Foundiougne compte 14 zones réparties dans les 17 communes. Les principales disciplines collectives qui y sont pratiquées sont le football et l’athlétisme. Le basket-ball est dans une profonde léthargie malgré les discrets sautillements du club fanion de la localité, le Foundiougne basket club qui n’a pas pu participer aux compétitions faute de moyens. L’équipe communale de football qui végète dans les divisions inférieures des compétitions organisées par la fédération ne s’est pas engagée cette année pour des problèmes internes.

Les équipes, Diofondor et Académie football club de Foundiougne, essaient d’exister au niveau régional. Le volley-ball et la voile sont à leurs balbutiements. La ligue de natation y a été récemment installée grâce à l’excellent plan d’eau que la zone donne à voir. La principale difficulté à laquelle le sport collectif est confronté à Foundougne, chef-lieu de département, est liée à l’absence d’infrastructures de bonne qualité. « Le stade municipal qui dispose d’une tribune menaçant ruine est dans un état de délabrement avancé. Le seul plateau dont disposent les basketteurs est dans un piteux état. Les autres zones environnantes comme Passy, Sokone sont mieux loties », déplore l’inspecteur des Sports du département de Foundiougne.

La cartographie des infrastructures culturelles dessine à peu près la même réalité. Toubacouta a un centre d’interprétation avec un théâtre de verdure pouvant contenir jusqu’à 700 places assises et des salles d’exposition alors que la commune de Foundiougne ne dispose que d’une salle des fêtes. Celle de spectacles, logée dans le Centre départemental d’éducation populaire et sportive (Cdeps) également en mauvais état, a été transformée en salle d’informatique pour un programme de formation gratuite des jeunes.

La lutte, un éclair dans la grisaille
Babacar DioufS’il y a un sport qui suscite une passion exacerbée de jour en jour, c’est incontestablement la lutte traditionnelle ; un culte entretenu par l’enthousiasme débordant des populations et des lutteurs qui en tirent fortune et gloire. Foundiougne est un grenier de la lutte. Depuis la réforme du drapeau du chef de l’Etat instituant les équipes, la région de Fatick s’illustre de fort belle manière. Il y a, à chaque fois, au moins trois lutteurs qui sont de Foundiougne. En individuel, sur les 19 éditions, 14 vainqueurs sont de Fatick avec une belle moisson pour les athlètes de Foundiougne. Ici, on lutte le jeudi, le vendredi, le samedi et le dimanche pour étaler ses prouesses et faire honneur à son village. L’arène municipale, en meilleur état que les infrastructures des autres disciplines, accueille, les soirs d’exhibition des possibilités du corps, des lutteurs et des gens férus de ce sport de divers horizons.

Chaque commune a un comité local de gestion. Avant l’ouverture de la saison, le président du comité départemental de lutte et l’inspecteur de la Jeunesse supervisent l’assemblée générale et l’élaboration du calendrier des compétitions. Chaque année, au moins 150 séances de lutte sont organisées dans le département. Chaque village choisit ses dates pour l’organisation des combats. La catégorisation des poids est en fonction des jours. Au-delà des aspects culturels et sportifs, la lutte est, dans cette zone, une activité et économique et sociale qui témoigne de la survivance des valeurs de solidarité. Les recettes issues de ces séances de lutte traditionnelle -les entrées étant payantes- permettent au comité local de participer à la bonne marche du village.

« Des classes ont été construites grâce à ces retombées ; des mosquées et des églises réfectionnées, des forages entretenus. C’est le village qui organise grâce à un fonds alimenté par des cotisations et un champ collectif. Cela leur permet également de prendre en charge les participants. Et nous, nous mettons à leur disposition des arbitres et des superviseurs. Nous ne nous occupons que de l’aspect technique », renseigne Babacar Diouf, président du comité départemental de lutte et également professeur d’Education physique et sportive. De plus en plus, des promoteurs, dont le fils de la défunte cantatrice Khady Diouf, Leyti Ndong, s’intéressent à ce milieu eu égard à l’engouement qu’il suscite et son intérêt grandissant. Le lutteur de Foundiougne ne jouit pas d’une grande célébrité comme celui de la capitale, Dakar, mais se fabrique un destin et cultive les valeurs de solidarité en faisant de ses triomphes un moyen de venir en aide à sa communauté. « Il y a beaucoup de lutteurs qui se sont constitués un cheptel grâce aux victoires engrangées lors des séances de « mbapatt ». Certains d’entre eux gratifient les organisateurs de bœufs à l’occasion des fêtes religieuses. C’est assez fort comme symbole de solidarité. Le lutteur ne s’extirpe pas de la réalité de son terroir parce que les victoires sont, ici, collectives ; ce sont celles de tout un village, de toute une communauté solidaire », magnifie Babacar Diouf tout en regrettant les horaires imposés par le regain des activités économiques. Les séances débutent vers 20 heures pour se poursuivre quelquefois jusqu’à 4 heures du matin.

« A l’époque, les joutes commençaient vers 14 heures pour se terminer à 19 heures. Malheureusement, à cause des marchés hebdomadaires et de certaines contraintes, nous entamons tard les séances. Cela pose un problème de sécurité et nous interpelle en tant que parents d’élèves. Nous ne voudrions pas non plus que certains en profitent pour se livrer à la débauche. Nous sommes en train de réfléchir à une meilleure formule », ajoute celui qui est par ailleurs entraîneur de lutte et de football (2ème degré).

Cheikh Aliou AMATH, Alassane Aliou MBAYE (textes) et Mbacké BA (photos)

Nous ne sommes plus en sécurité (les armes physiques sont moins périlleuses) ! Le dire est une lapalissade. On se couvre presque de ridicule à le ressasser. Le tumulte est devenu un élément du décor. Il nous cause une certaine appréhension et légitime beaucoup de nos actes. Cette insécurité, source de notre angoisse existentielle en ces temps fiévreux, redéfinit nos rapports et ouvre des brèches à tous les « doctrinaires ambulants » prompts à nous annoncer l’apocalypse et le début de leur « gloire éternelle » enivrant les âmes égarées et désespérés et ceux-là, particulièrement faciles à embrigader, qui larmoient sempiternellement sur leurs sorts. Il suffit de leur faire miroiter les lambris dorés. Ils sont les seuls dignes d’en jouir ! Ils étaient là quand le Seigneur s’est laissé aller à la confidence ! Les rebuts de « leur » société, en plus de l’opprobre dont ils seront couverts, seront soumis au supplice des âmes damnées. Il n’y a qu’une voie pour y échapper. La leur.

Le drame aujourd’hui, c’est que ces individus, grands rhétoriciens, pullulent dans l’univers du sacré et des promesses. L’insécurité est là. Nous n’avons plus d’emprise réelle sur l’éducation de notre progéniture. Les intrus produisent des interférences. Les ondes de « formatage » s’entremêlent. Qui ne s’est pas plaint, un jour, de ne plus reconnaître son fils, son neveu et le taciturne et déférent garçon du quartier qui adoptent subitement un langage ésotérique les poussant à s’abstraire. Le géniteur devient, pour le rejeton subjugué par le discours mystificateur, « cet homme qui n’a rien compris » au sens de nos petites existences. « Xamoul Yalla » (Il ne connaît pas Dieu). Le doux et sage garçon imagine son géniteur dans les ténèbres de l’enfer ! Il faut alors le sauver. Car, pour son gourou, qui lui a construit de nouveaux paradigmes, croupit dans l’ignorance celui-là qui est différent, qui a emprunté une autre allée pour raviver sa foi. La vie familiale devient une persécution quotidienne pour le nouvel illuminé au grand dam de ceux qui se sont toujours échinés à lui fabriquer un destin « normal », à l’entretenir, à le combler de leurs prévenances devenues encombrantes. Il s’isole parce qu’il faut « sauver la planète » ! C’est l’exaltante mission du môme dont le lait maternel n’a pas encore fini de cailler dans sa « panse » ! L’esprit formaté, il devient l’exécuteur des toquades de son nouveau mentor (Qui sait, celui-ci voudra peut-être un jour faire pâlir certains d’horreur).

Quelques (faux) dévots se plaisent à dessiner un monde qui les rendrait eux-mêmes moins sûrs de leurs étranges absurdités. Ils envahissent les foyers de leur présence encombrante en appâtant les crédules gens par de belles promesses. Ils détruisent des vies pour construire une zone d’influence emplie de leur ego et de leur inhumanité. Il n’y a, en effet, pire cruauté que celle-là qui détourne le fils de ses géniteurs désarmés. Sur cette terre, on s'offre, se soumet pour vivre d’espoirs entretenus par la « vénérable personnalité » qui n’ouvre la bouche que pour cracher sur des paumes moites et percluses d’admiration et de mysticité monnayée ; celle qui leur donne cette douce illusion de voir au-delà de la munificence de la nature et des étoiles (qu’ils sont les seuls à voir scintiller !), de pouvoir s’abstenir de « vivre ». Car ce monde, admettant la souillure, est indigne d’eux pour qu’ils en jouissent ! Il faut le regarder avec dédain ; ceux qui s’en entichent, avec plus de mépris encore. Ce n’est là qu’un leurre simulant leur goût du pouvoir et des honneurs. Le « confident » du Seigneur, l’intercesseur auprès de celui-ci, messie de quelques impies et autres libertins, est un épicurien (dans son espèce) aimant s’entourer de crédules gens qui ensemencent le champ de son égotisme. La désillusion sera leur moisson.

Par Alassane Aliou Fèré MBAYE

Après la cyberattaque, la crainte d’un « cyberchaos ». Dans la foulée de l’opération sans précédent qui a frappé plus de 200.000 victimes dans au moins 150 pays depuis vendredi, les experts redoutent une recrudescence du virus lundi lorsque des millions d’ordinateurs seront rallumés, en Asie notamment.

Microsoft, de son côté, a averti les gouvernements dimanche contre la tentation de cacher des failles informatiques qu’ils auraient repérées, comme cela a été fait dans le cas de cette attaque, où la brèche dans le système Windows utilisée par les pirates avait été décelée depuis longtemps par la NSA (L’agence de sécurité nationale américaine) avant de tomber dans le domaine public via des documents piratés au sein de la NSA elle-même.

« Un signal d’alarme »
« Les gouvernements devraient voir cette attaque comme un signal d’alarme », a insisté Brad Smith, le directeur juridique de Microsoft, dans un post de blog : « Un scénario équivalent avec des armes conventionnelles serait comme si l’armée américaine se faisait voler des missiles Tomahawk ».En attendant d’éventuelles nouvelles victimes, le bilan de cette cyberattaque mondiale est déjà imposant. « Le dernier décompte fait état de plus de 200.000 victimes, essentiellement des entreprises, dans au moins 150 pays. Nous menons des opérations contre environ 200 cyberattaques par an, mais nous n’avions encore jamais rien vu de tel », a déclaré dimanche le directeur d’Europol, Rob Wainwright, à la chaîne de télévision britannique ITV.

Et ce n’est sans doute pas fini, a ajouté le patron d’Europol, qui craint une augmentation du nombre de victimes « lorsque les gens retourneront à leur travail lundi et allumeront leur ordinateur », après un dimanche plutôt calme.

C’est le Graal de la réalité virtuelle. Une liberté de mouvement totale, qui permet de marcher ou d’esquiver les lasers de la bataille de Scarif (Star Wars : Rogue One). Alors que la technologie est pour l’instant coincée entre les câbles des casques haut de gamme et le manque de « tracking positionnel » des solutions mobiles, tout le monde tente de régler le problème. Et Google est, semble-t-il, bien parti.

« Pas de câble, pas de PC, pas de smartphone. » Clay Bavor, le vice-président en charge de la réalité virtuelle chez Google, a annoncé la sortie, d’ici la fin de l’année, de deux casques « tout en un » fabriqués par HTC et Lenovo utilisant sa plateforme de réalité virtuelle Daydream. Ils bénéficieront de ce qu’on appelle « six degrés de liberté », qui immergent le joueur dans un monde virtuel en lui permettant de tourner autour d’un objet et de se pencher pour regarder à l’intérieur d’un coffre ou au bord d’un précipice.

Google a développé la technologie Worldsense, qui détermine sa position dans l’espace uniquement avec des capteurs intégrés au casque, sans devoir recourir à des caméras ou des lasers placés dans la pièce. Pour cela, l’entreprise s’est appuyée sur les progrès de sa plateforme de réalité augmentée Tango, notamment développée pour scanner une pièce en quelques secondes.

Google est loin d’être le seul sur ce créneau. Facebook/Oculus travaillent sur le prototype « Santa Cruz », Intel a fait de nombreuses démos et Microsoft a réglé le problème du positionnement sur son casque de réalité augmentée HoloLens. Mais il n’est pas encore disponible pour le grand public et la version développeurs coûte 3.000 dollars. L’équation est complexe : il faut réussir à proposer une solution légère, sans lag, pas trop gourmande en batterie et qui ne surchauffe pas.

Selon The Verge, Google mise sur un prix plus proche de celui de l’Oculus Rift ou du HTC Vive (entre 500 et 800 euros), avec une différence majeure : pas besoin d’ajouter le coût d’un PC gamer à 1.000 euros. Forcément, en intégrant un ordinateur au casque, il faut sacrifier de la puissance. Un ingénieur de Google confie à 20 Minutes que l’expérience graphique est proche de celle offerte par la réalité virtuelle sur smartphone (Gear VR, Daydream View), mais Google a développé une technologie, baptisée « Seurat », d’après le peintre pointilliste, pour restituer une scène complexe avec moins de polygones.

Par le surfeur

Il a soixante-six ans. On lui en donnerait beaucoup plus. Il a la voix peu audible, la démarche chancelante mais Abdoulaye Diop trouve toujours la force de faire ce qui donne sens à son existence : monter sur les planches. Et cela jusqu’au dernier souffle de vie.

Tout est clair dans sa tête. Le théâtre, c’est son cheval de bataille. Il est d’une cohérence presque fascinante sans laquelle on le confondrait à un illuminé des temps nouveaux, avec son accoutrement de scène -celui des miséreux d’une pièce théâtrale-. Dans une grande maison, à Khombole, Abdoulaye Diop trimbale sa longiligne carcasse et son visage ridé en quête de vies à raconter. La sienne n’est pourtant pas sans intérêt. C’est le genre de personnage choyé par tous et ami de personne. Qui, dans sa solitude, voit le film de son existence se dérouler avec regret et amertume. Mais, lui n’a pas encore eu le temps de regarder le sien pour en avoir. Son art, il le conjugue au présent parce que « le théâtre, c’est un sacerdoce, chez moi, une chance de servir mon peuple. Et ça, ce n’est pas une chose qu’on arrête de faire », sort-il mollement de sa bouche « dépeuplée » de ses dents. Celles qui lui restent sont brunies par l’abus de tabac.

Son défunt père, guérisseur et maître coranique, aurait voulu qu’il choisît « une vie plus gratifiante ». S’il ne dépendait que du pater familias, cet encadreur et directeur artistique n’aurait jamais connu l’enseignement en français. C’est son parrain qui l’inscrit à l’école 1 de Khombole où il obtient son Cepe pour poursuivre ses études au lycée Malick Sy de Thiès. Dans cet établissement, en classe de quatrième, son prof d’espagnol, celui qu’il appelle toubab bi (le blanc) lui fait découvrir ses prédispositions pour l’art dramatique « après avoir brillamment accompagné de mimiques une chanson ». La référence du théâtre khombolois est née au détriment des études qu’il arrête en classe de Seconde. Il intègre la troupe Dahwatoul Islam, la plus significative de Khombole ; Islam, une manière peut-être pour rassurer les censeurs de la localité. Avec la compagnie communale qu’il quitte en 2004, Abdoulaye participe, à plusieurs reprises, à la semaine de la jeunesse et de la culture. De cette expérience, cet homme dur d’oreille se montre plus engagé pour des causes utiles à sa communauté. « Je suis le premier à avoir écrit une pièce théâtrale sur le Sida avec la collaboration de l’Organisation non gouvernementale Aprosor », se souvient-il fier. Lui et ses partenaires se produisaient dans des cours de maisons ou d’écoles, dans des rues à l’occasion des séances de lutte ou pendant la période des « Nawetaan ». Sa progéniture semble être attirée par la scène. « Mafille est la plus talentueuse », précise-t-il, ses yeux rouges illuminés de fierté. Celui qui n’a jamais eu de production filmée ne rase pas les murs pour avoir choisi un métier trop longtemps jugé dégradant. Autrement, « j’aurais dissuadé toute ma famille de s’y aventurer », jure-t-il. Chez lui, tout le monde est comédien. Seule la femme qui lui reste y a échappé. L’acteur au frêle corps souvent drapé dans des boubous traditionnels n’aime pas se lamenter. Il se contente de ce que la nature lui a donné. Que les pouvoirs soient indifférents à ce qu’il fait ne l’empêche pas de faire ce qui le passionne.

Ces donneurs de leçons-là !
Il est également trop vieux pour se préoccuper de ce que disent les gens à propos du métier qu’il a choisi. Le théâtre nourrit-il son homme ? « La question est malposée », selon lui. « C’est un sacerdoce, une révolution culturelle pour changer les mentalités et les adapter ». Son jeune frère, Serigne Abdou Diop, son clone, parle de lui, conquis par sa ténacité : « Les gens éprouvaient de la gêne à faire du théâtre mais lui, il ne s’est jamais préoccupé des médisances ». Encore moins de ceux qui prétendent pouvoir lui apprendre son art.

Il y a un épisode de son parcours qu’Abdoulaye raconte avec beaucoup de fierté. « Des gens ont voulu m’apprendre un métier que je fais depuis des décennies ». Il fait allusion à un ancien metteur en scène de la troupe nationale dramatique du théâtre Daniel Sorano. Ce dernier, dans le cadre du programme du Centre de lecture et d’animation culturelle (Clac), était chargé d’animer un séminaire de formation sur la mise en scène. « Au bout de quelques minutes, j’ai quitté la salle, n’y trouvant aucun intérêt. Ce n’était pas ma conception du théâtre », proteste-t-il. Aux explications d’un autre ponte sur l’écriture théâtrale, il n’accorde non plus aucune importance. Ce ne sont pas eux qui lui ont permis d’écrire son chef-d’œuvre sur le conservatisme traditionnel et le conflit générationnel que « malheureusement un de mes amis se plaît à plagier et à s’attribuer », dénonce l’homme à la barbichette et aux cheveux poivre et sel.

Abdoulaye ne donne pas l’air de vouloir trop s’épancher sur les retombées financières. En tout cas, pas autant que sur sa passion. Le théâtre, de son propre aveu, il n’en tire que la satisfaction d’avoir rendu service à sa communauté. Pour nourrir sa famille, le natif de Khombole s’est essayé à beaucoup de métiers. Il a été tisserand à la société textile sénégalaise, veilleur de nuit au centre de santé. Mais, « c’était plus du bénévolat », précise-t-il. La star des comédiens khombolois aurait également hérité de son père des dons de guérisseurs. Il n’en ferait toutefois pas un gagne-pain. « Un acteur culturel doit être généreux », justifie cet ancien militant de l’Union progressiste sénégalaise (Ups). L’homme aux multiples décorations a également adhéré à Aj/Pads (And-jeuf/Parti africain pour la démocratie le socialisme). Après la fissure du parti, il rejoint le fils de Khombole, Mamadou Diop Decroix. « Mais la politique et moi, c’est un mauvais casting. Je me vois plus comme acteur de développement au-dessusde la mêlée », dit-il. Il fourmille d’idées et d’initiatives. Grâce à son engagement, à son obstination, Abdoulaye a été conseiller municipal en 1972. Ce n’est rien à côté de la joie que lui a procurée son art.

Par Alassane Aliou MBAYE

Ramadan oblige

26 Mai 2017
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Demain, démarre le ramadan. Pendant ce mois béni, c’est une nouvelle spiritualité qui pénètre l’âme de beaucoup de Sénégalaises. Des amies, leurs 100 kilogrammes de féminité et de tendresse avec, optent de s’effacer devant leurs admirateurs. Mes cousines, grandes, claires et très bien faites, troquent leurs jupes et robes hyper courtes contre les djellabas.

Elles, qui sept jours sur sept, prenaient possession de nos rues et avenues, rôdaient autour des points-argent, squattaient les restaurants et donnaient le tournis aux hommes, décident de ranger, dans le placard, leurs légères et transparentes étoffes comme les tongs, shorts, décolletés profonds, minis et robes fendues. Bref, une subite spiritualité est née chez des milliers de Sénégalaises, les faisant entrer dans une nouvelle vie religieuse. Pendant ces prochaines 29 ou 30 longues journées de jeûne que dure ce court mois de ramadan, les demoiselles et jeunes dames, célibataires ou divorcées, réfrènent donc leur ardeur de croqueuses d’hommes.

Mois d’absolution de tous les péchés, mes cousines dévergondées soutiennent vouloir se consacrer pleinement aux dévotions pour se refaire une nouvelle virginité… au plan comportemental. Elles qui ne manquaient pas de culot et déclenchaient de fortes sensations qui faisaient se retourner les hommes quand elles les croisaient, vont devenir, provisoirement, de saintes nitouches. En s’emmitouflant dans les manteaux de la chasteté, elles sont parties pour nous cacher, d’ici à fin juin prochain, leur joli teint, mais aussi leurs fesses bombées, ongles, tresses et cheveux parfaits.

Par Cheikh Aliou AMATH

Après l'explosion qui s'est produite lundi soir dans l'Arena de Manchester en Angleterre, Ariana Grande, une chanteuse américaine de 23 ans, a fait savoir, sur Twitter, qu’elle est « brisée ». En conséquence, cette icône auprès de la jeunesse a décidé d'annuler ses prochains concerts en Europe.

Sous le choc, la chanteuse américaine Ariana Grande a dit être « brisée » par l'attentat perpétré dans l'Arena de Manchester, en Angleterre lundi soir. Alors qu’elle venait de terminer son concert, une explosion s'est produite, faisant vingt-deux morts et une cinquantaine de blessés, dont des enfants. « Brisée. Du fond du cœur, je suis affreusement désolée. Je n'ai pas de mots », a tweeté la chanteuse au petit matin. Elle pleure les vies d'enfants prises par cet attentat.

Ariana Grande devait se produire à Londres hier mais a décidé d'annuler le déplacement et de suspendre sa tournée européenne pour le moment, rapporte TMZ. Elle devait apparaître dans les semaines et mois qui suivent en Belgique, en Allemagne, en Suisse mais également en France, à Paris le 7 juin et à Lyon le 9. C'est en 2008 que l'adolescente née en Floride débute sa carrière à Broadway. Elle décroche le rôle de Charlotte, une pom-pom girl, dans la comédie musicale 13. Le spectacle restera à l'affiche pendant une centaine de représentations et permettra à la jeune fille, alors âgée seulement de 15 ans, de montrer l'étendue de ses talents.

Chanteuse, comédienne talentueuse
A la fois chanteuse et comédienne, un producteur la repère et lui propose le rôle de « Cat » dans la série Victorious, produite par les studios Nickelodeon. À l'instar de ses rivales Miley Cyrus et Selena Gomez, Ariana Grande devient rapidement une icône auprès de la jeunesse. Elle sort son premier album Yours Truly en 2013. Il atteint la tête du Billboard 200 et est encensé de toute part par la critique. L'année suivante, son deuxième album, My Everything, se place directement sur la première place du Billboard 200, ce qui fait d'Ariana Grande la première artiste féminine ayant eu ses deux premiers albums numéro un à la suite depuis Susan Boyle.

Sa popularité est à son zénith après son duo Problem avec Iggy Azalea. Le single se classe numéro un des téléchargements iTunes dans plus d'une cinquantaine de pays. Figure incontournable de l'industrie musicale américaine avec ses sons mêlant pop et R'n'B, la star de 23 ans a été élue en 2016 meilleure artiste de l'année aux American Music Awards. Aujourd'hui, près de 45 millions de fans la suivent sur Twitter et 106 millions sur Instagram.

Par Cheikh Aliou AMATH (avec Le Figaro)

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