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Soleil Grand Air (457)

« Etodié », « thiébou diola » ou encore « kaldou »…, ces trois mets sont des plats typiquement diolas. Mais aujourd’hui, à cause de leur originalité et de leur richesse, ces plats de l’art culinaire diola sont adoptés par l’ensemble des Sénégalais. La particularité de ces mets est qu’ils sont tous accompagnés par le fameux « niankatang » ou riz blanc.

L’« étodié »
kaldouL’ « étodié » est préparé avec des feuilles de manioc, de plantes aquatiques rampantes, et des feuilles du Casia Tora plus connu sous le nom de « Ekangouley ». Ces feuilles sont cuites soit avec l’arachide, de l’huile de palme, ou encore des presses de régimes de palme. Le cuisinier ne pourra pas s’en passer des poissons et un peu de sel. La préparation est simple. Elle ne prend pas beaucoup de temps et ne nécessite pas beaucoup de condiments. Pour la préparation proprement dite, il s’agit tout d’abord d’avoir en même temps de l’eau et de la pâte de feuilles de manioc dans une marmite qu’on surveillera soigneusement sur le feu avant de verser ce mélange de pâte d’arachide avec des feuilles, ou encore la combinaison entre l’huile de palme et des feuilles. L’« étodié » présente plusieurs avantages du fait qu’il n’est pas chargé en graisse.

Aussi, sa digestion se fait facilement. Et étant donné qu’il est préparé à base de feuilles de manioc, il est utile pour lutter contre l’anémie et les vertiges.

« Thiébou diola »
La préparation de ce menu passe par plusieurs étapes. Dans un premier temps, il s’agit de préparer une confiture à base d’oseille verte ou « beguedj ». Sur un fourneau, il faut poser une marmite avec couvercle et mettre dedans l'oseille déjà lavée. Il ne faut surtout pas les égoutter, car on utilise cette eau pour la cuisson. Des gombos seront par la suite plongés. Si les feuilles s'écrasent facilement aux doigts, versez le tout dans le mortier qui a servi à piler le « nététou » ou un bocal propre avec le pilon ou une fourchette bien remuer pour bien les écraser.

L’étape suivante, c’est le malaxage du piment sec, du poivre, de l’ail, du « kani » salade, du persil chinois et du persil Sénégal et du gingembre. Il faut enduire ce « nokoss » à l'intérieur comme à l'extérieur, puis en garder un peu pour l'après cuisson. L’étape finale, c’est la préparation du riz blanc et la sauce d’oignons.

Le « Kaldou »
kaldou 1Pour préparer ce plat, il faut disposer du riz, du sel, du poivre, du piment en poudre, de deux gousses d’ail,  deux bouillons en cube, de quatre gombos, d’un piment frais, d’une citrouille ou « diakhatou », d’un morceau de poisson fumé ou « guédji », de quatre oignons, de l’huile, du citron et d’un gros poisson (1 kg environ) et d’un demi poivron vert. La première étape consiste à cuire le riz blanc, ensuite suivra la préparation de la sauce de l’oignon.

Pendant ce temps, l’huile bouille dans la marmite. Le cuisinier y plongera des tranches d’oignons, 5 mn sont nécessaires pour cette étape. Le cuisinier remuera de temps en temps. Il faut ajouter une pincée de sel, de piment et de poivre, puis verser le jus d’un citron, les deux bouillons cube et l’ail mixé. Il faut remuer avant d’ajouter des aubergines, des gombos, du piment frais et le poisson fumé et du poisson frais à cuire. L’oseille complète les condiments.

De nos envoyés spéciaux Idrissa SANE, Maguette NDONG (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)

Last modified on lundi, 04 juillet 2016 12:45

Comme les Sérères et leur pangol, les Diolas ont un lien viscéral avec leur grenier. Celui-ci n’est pas uniquement une chambre pour garder le riz récolté plusieurs années durant et qui sert à la consommation. Mais le fait de remplir le grenier est une chose, une autre est de le garder à l’œil des étrangers qui ne doivent en aucun cas le voir. C’est une question d’honneur pour les Diolas. « Un Diola ne va jamais vous montrer son grenier, s’il le fait c’est comme s’il vous montrait ses fesses », confesse Salif Badji, un habitant d’Affiniam.

ans le subconscient des Diolas, visiter le grenier d’autrui, c’est se rendre compte de sa situation sociale et de savoir s’il est riche ou pauvre. C’est ce qui explique ce choix de garder jalousement fermé le grenier à toute personne qui n’est pas de la famille.

Outre cet aspect, il n’est pas rare de voir dans certains greniers du riz datant de plusieurs décennies. Salif Badji détient dans sa maison un riz vieux d’une quarantaine d’années. Pour lui, ce riz était récolté par ses frères avant que sa maman ne soit l’épouse de son père. C’est pourquoi ce riz est gardé intact et ne peut être utilisé par lui ou aucun de ses enfants. Ce vieux riz est toutefois utilisé par les Diolas dans les rituels et dans les périodes de circoncision.

De nos envoyés spéciaux Idrissa SANE, Maguette NDONG (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)

Un cœur en bon état bat normalement au rythme de 60 à 100 pulsations à la minute, de manière régulière. Il est aussi normal que le rythme cardiaque s’accélère en réponse à un effort physique ou en cas de dérèglement de la glande thyroïde, par exemple.

Une arythmie cardiaque se produit lorsque le cœur bat irrégulièrement ou s’il bat à moins de 60 pulsations ou plus de 100 pulsations à la minute, sans que cela soit justifié.

L’arythmie est le trouble cardiaque le plus fréquent. Dans un cœur arythmique, les impulsions électriques qui contrôlent les battements du cœur se produisent de façon désordonnée ou ne passent pas par les circuits électriques habituels.

La durée d’une arythmie varie beaucoup d’un individu à l’autre et dépend aussi du type d’arythmie.

Remarque. Il existe une multitude de formes d’arythmie, et toutes ne sont pas décrites dans cette fiche.

Les arythmies sont classées selon le lieu où elles prennent naissance, l’oreillette ou le ventricule et selon l’effet qu’elles produisent, soit l’accélération ou le ralentissement des battements du cœur. Les tachycardies correspondent à une augmentation du rythme cardiaque, les bradycardies à une diminution.

Tachycardies
Il y a tachycardie lorsque le cœur bat à un rythme supérieur à 100 pulsations à la minute.

Certaines tachycardies surviennent aux oreillettes. Les formes les plus courantes sont les suivantes :
Fibrillation auriculaire. Elle est le type le plus fréquent d’arythmie. Elle se manifeste le plus souvent après 60 ans, chez les gens qui souffrent d’hypertension ou d’un trouble cardiaque. Elle est habituellement due à l’usure du tissu conducteur du cœur. Jusqu’à 10 % des personnes de 80 ans et plus en souffrent. Les périodes de fibrillation auriculaire peuvent durer de quelques minutes à quelques heures. Souvent, la fibrillation est même permanente. Une oreillette en fibrillation peut se contracter au rythme de 350 à 600 fois par minute (heureusement, les ventricules ne battent pas aussi rapidement car une partie de ces impulsions désordonnées est bloquée en cours de route). Ce type d’arythmie peut s’avérer dangereux. Le sang ne circule plus adéquatement.

S’il stagne dans l’oreillette, un caillot sanguin peut se former, migrer au cerveau et risquer de provoquer un accident vasculaire cérébral;
Flutter auriculaire. Ce type d’arythmie s’apparente à la fibrillation auriculaire, bien que les battements cardiaques soient plus structurés et un peu moins rapides dans ce cas, à environ 300 la minute;

Tachycardie supraventriculaire. Il en existe plusieurs formes. Elle provoque en général de 160 à 200 contractions par minute et peut durer de quelques minutes à quelques heures. Elle survient davantage chez les jeunes et ne met généralement pas la vie en danger. La plus fréquente est la tachycardie supraventriculaire paroxystique ou maladie de Bouveret (une sorte de court-circuit se crée et stimule les ventricules de façon très rapide et régulière). Le syndrome de Wolff-Parkinson-White en est une autre forme. Il survient lorsque des impulsions électriques passent de l’oreillette au ventricule sans transiter par le nœud auriculo-ventriculaire;

• Tachycardie sinusale. Elle se caractérise par une augmentation du rythme cardiaque au-delà de 100 battements par minute. La tachycardie sinusale est normale dans un cœur sain après un effort physique, en cas de déshydratation, de stress, de consommation de stimulants (café, alcool, nicotine, etc.) ou de certains traitements médicamenteux. Il arrive toutefois qu’elle soit le signe d’un problème de santé majeur au cœur, comme une embolie pulmonaire ou une insuffisance cardiaque;

Extrasystole auriculaire. Une extrasystole est une contraction prématurée du cœur, généralement suivie d’une pause plus longue que la normale. L’extrasystole se glisse parfois entre les pulsations normales, sans altérer leur succession. Il est normal d’en avoir quelques-unes par jour. Avec l’âge, elles sont plus fréquentes, mais demeurent souvent inoffensives. Cependant, elles peuvent être causées par un problème de santé (cardiaque ou autre). L’extrasystole auriculaire prend naissance dans l’oreillette, tandis que l’extrasystole ventriculaire (voir plus bas) provient des ventricules.

D’autres tachycardies surviennent dans les ventricules, c’est-à-dire dans les cavités inférieures du cœur:
Tachycardie ventriculaire. Il s’agit d’un battement régulier, mais très rapide des ventricules, allant de 120 à 250 contractions par minute. Elle survient souvent au site d’une cicatrice laissée par une intervention chirurgicale précédente ou de faiblesses dues à des maladies cardiaques. Lorsque les périodes durent plusieurs minutes, ils peuvent dégénérer en fibrillation ventriculaire et nécessiter une intervention d’urgence;

• Fibrillation ventriculaire. Ces contractions rapides et désorganisées des ventricules cardiaques constituent une urgence médicale. Le cœur n’arrive plus à pomper et le sang ne circule plus. La plupart des personnes perdent immédiatement connaissance et requièrent une assistance médicale immédiate, dont la réanimation cardiorespiratoire. Le rythme cardiaque doit être rétabli avec un défibrillateur, sinon la personne meurt en quelques minutes;

Syndrome du QT long. Ce problème fait référence à la longueur de l’espace QT sur un électrocardiogramme (ECG), soit le temps entre la charge et la décharge électrique des ventricules. Il est souvent causé par un trouble génétique ou une malformation congénitale du cœur. En outre, les effets secondaires de plusieurs médicaments peuvent entraîner ce syndrome. Il provoque des battements accélérés et irréguliers du cœur. Il peut mener à la perte de connaissance et même provoquer une mort subite;

Extrasystole ventriculaire. Une contraction prématurée peut survenir dans les ventricules. L’extrasystole ventriculaire est plus fréquente que celle d’origine auriculaire. Comme pour l’extrasystole auriculaire, elle peut être anodine dans un cœur sain. Il est cependant nécessaire d’explorer plus loin lorsqu’elle est très fréquente.

Bradycardies
Il y a bradycardie lorsque le sang circule à moins de 60 battements de cœur la minute. Un rythme cardiaque plus lent que la normale ne met pas nécessairement la vie en danger. Il peut même être le signe d’une excellente santé du cœur. Certains athlètes, par exemple, ont une fréquence cardiaque au repos de 40 battements par minute et ont une forme physique remarquable.

Par contre, dans les cas où le cœur n’arrive pas à alimenter adéquatement les organes en oxygène, on parle de bradycardie symptomatique. Les formes suivantes sont les plus courantes :
• Dysfonctionnement du nœud sino-auriculaire. Cela cause généralement un battement cardiaque inférieur à 50 la minute. La cause la plus courante est un tissu cicatriciel qui perturbe ou remplace le nœud sino-auriculaire;

• Bloc auriculo-ventriculaire. Ce défaut de transmission de l'influx électrique (ralentissement, interruptions occasionnelles ou interruption complète) entre les oreillettes et les ventricules cause un ralentissement des battements du cœur.

Causes
Les causes de l’arythmie cardiaque sont multiples et incluent les suivantes :
• Vieillissement normal;
• Stress;
• Abus de tabac, d'alcool, de café ou tout autre excitant; consommation de cocaïne;
• Déshydratation;
• Artériosclérose et athérosclérose;
• Prise de certains médicaments;
• Broncho-pneumopathies (problèmes de l'appareil respiratoire);
• Embolie pulmonaire;
• Insuffisance coronarienne conduisant à un défaut d'oxygénation du tissu cardiaque.

Complications possibles
Certains types d’arythmie augmentent les risques de complications telles que :
• un accident vasculaire cérébral (AVC);
• une insuffisance cardiaque;
• une perte de connaissance (rarement, certains types d’arythmie seulement).

Quand consulter un médecin?
Contactez les services d’urgence sans tarder si vous ressentez des symptômes comme des palpitations, une douleur à la poitrine ou un manque de souffle, de façon inattendue et inexpliquée.

Reni Folawiyo mène toujours grand train dans les soirées mondaines de Lagos. Mais ce n’est plus ce qui la fait rêver. Elle ne le dit pas comme ça, mais on sent bien que la vie fastueuse et superficielle des femmes de millionnaires nigérians l’ennuie. Le luxe tapageur des nantis de Lagos et de leurs demeures à colonnades à la décoration rococo l’exaspère. Elle, l’icône du bon goût et du raffinement africain, se sent parfois incomprise dans son univers de jet-set nigériane pour qui le comble du luxe se trouve dans les boutiques de Paris, de Londres ou de New York. Cette quinquagénaire élégante, épouse du millionnaire Tunde Folawiyo, est à la fois avocate, designer d’intérieur et femme d’affaires.

Ces dernières années, elle est devenue la chef de file d’une nouvelle tribu urbaine de Lagos dont le portrait-robot pourrait être celui-ci : jeune, raffiné, « arty», aussi à l’aise dans le village de leurs aînés qu’au cœur des bidonvilles ou dans un cocktail chic de la capitale. Dans ce milieu, on méprise les poncifs réducteurs du genre « afropolitain », « afro-tendance »… Souvent diplômés d’universités anglo-saxonnes, la plupart sont rentrés au Nigeria pour capter cette énergie de Lagos, faire des affaires et raviver une scène artistique snobée ou ignorée par les oligarques.

A sa manière, elle réunit ces deux mondes de privilégiés au sein d’Alara. La presse décrit ce lieu qui a ouvert ses portes à Victoria Island en 2015 comme le « concept-store le plus branché d’Afrique ». C’est un petit bâtiment cubique aux épais murs noirs percés de baies vitrées couvertes de motifs ocre puisés dans l’esthétique yoruba. Une œuvre signée de l’architecte britannique d’origine ghanéenne David Adjaye. Aux antipodes de projets démesurés tels que le Sky Gallery, centre commercial de Luanda dédié au luxe. Dans la cour, à l’ombre de palmiers, un joli bar en fer forgé de l’artisan sénégalais feu Baay Xaaly Sène est devenu l’un des lieux de rendez-vous branchés de Lagos. Les tables, les chaises et les trônes en tissus tressés aux couleurs vives réalisés par des artistes togolais et maliens sont à vendre, « prix sur demande ».

Reni Folawiyo les a dénichés sur les marchés ou dans les ateliers d’artisans qu’elle a repérés au cours de ses nombreux voyages sur le continent. Avec un faible pour le Sénégal, où elle se dit fascinée par une « créativité brute et purement africaine » qui fait fi des influences occidentales. Elle aime à glaner des produits et créations sur les marchés d’Afrique qu’elle met ensuite en valeur chez Alara, avec le même soin qu’un produit de luxe. Face au bar, il y a le restaurant aux murs ornés de photo d’art, Nok by Alara, qui ne désemplit pas. Reni Folawiyo a confié la carte au célèbre chef sénégalais établi à New York, Pierre Thiam.

Reni Folawiyo fait figure d’exception, un « ovni » culturel et entrepreneurial, comme elle dit. Elle aménage un espace pour recevoir des artistes en résidence, prépare le lancement en septembre d’un site de vente en ligne pour satisfaire des clients africains jaloux qu’Alara ne soit présent qu’à Lagos. Et elle songe à créer un autre concept-store à Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire qui a enregistré une croissance de 10,3 % en 2015. Mais Reni Folawiyo ne se soucie guère des tendances économiques qui n’affectent pas vraiment sa clientèle.

Source : Le monde

Aimer à plusieurs est-elle une manière d’être fidèle ? Dans un pays où la « niarel » (seconde épouse) est la règle, quelques résistants assument leur option pour la monogamie. Les raisons de ce choix sont nombreuses. Mais la constance est la condition économique surtout en ville. Cependant, n’est-il pas contradictoire de demander aux hommes d'être monogames et fidèles ?

Sortir avec ses deux garçons la nuit est devenu une habitude chez lui. Le plus petit contre la poitrine, l’autre pris par la main, il marche suivant le rythme du second enfant. Ibrahima Guèye est agent immobilier et marié à une seule femme. Celle-ci travaille jusqu’à tard dans la soirée. « Je pars chercher un peu de couscous et du lait à donner aux petit en attendant l’arrivée de leur mère qui doit apporter le dîner », informe M. Guèye.

C’est le même rythme au matin. « Leur maman descend tard et est crevée au petit matin. Comme je me lève tôt pour la prière de l’aube, je me charge du bain et du petit déjeuner du plus grand enfant qui va à l’école », confie-t-il.

A cinquante-trois ans, Iba, comme l’appelle affectueusement ses proches, avoue qu’il n’envisage pas d’épouser une seconde femme car il ne veut pas détruire l’équilibre qu’il a créé. Ce choix est-il une conséquence de la jeunesse de sa femme ou de son niveau d’instruction ? Non ! répond-il. Aucun des deux ! « Peut-être, je suis né d’une famille monogame. Pourquoi, l’idée de prendre une seconde femme ne m’a jamais traversé l’esprit », suppose-t-il. A trente ans, sa femme à qui on donnerait un âge moins avancé, refuse de donner des détails sur sa profession ni le régime matrimonial de leur couple. En croire à son mari, dans leur acte de mariage figure bien le régime polygame. A cet arrêt des lignes 58 et 38 à Sham, il s’apprête à monter dans le véhicule où il est lisiblement inscrit Sham-Fass Mbao. Interpellé, il esquisse un sourire avant de prendre place. Le bus partira quinze minutes après celui qui vient de prendre le départ. Aliou Ndiaye est un agent dans une banque de la place. Ce quadragénaire est aussi marié à une femme. Pas même un petit bout de bois de Dieu après six ans de mariage. Son hostilité envers la polygamie est claire.

« Polygamie madame ! Merci. Vous êtes des sujets à problèmes, une seule suffit », réagit-il. De quoi a-t-il peur ? Son souci est plus accentué sur les querelles familiales. « Au Sénégal, si vous voulez mourir tôt, épousez plus d’une femme. Elles vont vous donner à "manger" et à "boire". Mais, elles vous rendent la vie impossible à cause de leurs querelles inutiles. Et le plus dangereux, c’est qu’elles vont les prolonger en une bataille mystique qui n’épargnera ni le mari ni les enfants », se désole M. Ndiaye.

Cependant, pour certains, le problème de la monogamie c’est le risque d’infidélité. Ils convoquent en l’ignorant même l'effet Westermarck, c'est-à-dire le manque d'attrait pour le familier. Selon cette approche biologique, la monogamie est problématique pour les hommes jeunes, en raison de la perte du désir sexuel pour les partenaires de longue date ou anciens, et l'attrait pour de nouveaux partenaires.

Lamine Lô est vendeur d’objets d’art au village artisanal de Pikine. Habitant Keur Samba Kane dans la région de Diourbel, il épouse une seconde pour ne pas être infidèle à sa femme. « De Keur Samba à mon lieu d’habitation, Pikine, c’est des kilomètres. Je ne peux pas m’y rendre régulièrement. Donc, il me faut une seconde pour ne pas se livrer à la débauche », justifie M. Lô. D’autres hommes hésitent à s'engager dans une relation monogame parce que ce régime est considéré comme un désert sexuel.

Pourquoi s'embarquent-ils dans une relation monogame s’exposant à l’infidélité alors qu’ils peuvent trouver autant de relations sexuelles ? C’est ce que le Professeur Amadou Ali Dieng, sociologue, appelait à tort ou à raison la « transhumance sexuelle ». A la recherche peut-être de la bonne prairie. Par ailleurs, quelles que soient les raisons données, la situation économique qui rend difficile les conditions de vie est une constante, surtout en milieu urbain. En ville, un enfant est un bien à consommation, c'est-dire un sujet à nourrir. Alors qu’en milieu rural un enfant est un bien à production, car il participe aux activités agricoles. Ce qui fait que la polygamie y est assez importante car étant un facteur de production agricole.

Par Marame Coumba SECK

Le riz reste une denrée à multiples usages au royaume Bandiale. Pour les familles, c’est un honneur d’en disposer en abondance et de le montrer, en signe de richesse dans certains rituels. Mais la céréale la plus cultivée au monde a également un rôle dans la cohésion sociale et donne lieu à plusieurs festivités avant et après les récoltes.

C’est avec un brin de fierté qu’Auguste Tendeng, un septuagénaire de Séléky, un village non loin d’Enampore, ouvre son grenier pour en sortir deux échantillons de riz paddy. L’un de couleur jaune provient de la récolte de l’année dernière. L’autre par contre noirâtre et quelque peu envahi par les insectes est un riz qui date de plus de 5 décennies. Ce dernier échantillon est conservé jalousement par le vieil homme parce qu’étant un héritage de son propre père qui est mort à l’âge de 70 ans. « Je ne peux même pas vous dire depuis combien de temps ce riz est dans ce grenier, mais ce qui est sûr, c’est que c’est l’une des récoltes de mon père qui a vécu dans cette maison trente années durant avant sa mort », affirme Auguste en remuant la tête. A Séléky, comme dans tous les autres villages du royaume Bandiale, cette presqu’île située à une quinzaine de kilomètres de Ziguinchor, la conservation du riz reste une vieille tradition à laquelle tous les habitants sont attachés. Dans les 19 villages de la commune d’Enampore et partout sur le territoire diola de la Basse-Casamance, il n’est pas étonnant de voir du riz datant de plusieurs années et toujours conservé dans les greniers.

Le riz de 1948
Ils sont d’ailleurs les seuls à détenir le secret du système de conservation permettant au riz de résister au temps. Idrissa Manga, le gestionnaire du campement villageois d’Enampore, confie qu’en 2008, lors de la réfection de leur maison, lui et ses frères ont été surpris de découvrir un riz conservé depuis 1948. De telles anecdotes sont nombreuses dans cette partie de la région naturelle de la Casamance.

En plus d’être la principale denrée de consommation, le riz joue un important rôle social en milieu diola. « La richesse chez-nous, confie Idrissa Manga, c’est le bétail et le riz ». Ce qui explique pourquoi certaines familles diolas n’acceptent pas d’ouvrir leurs greniers à n’importe qui, de peur de faire étalage soit de leur richesse, soit de leur pauvreté. « On dit chez nous qu’on ne peut pas montrer son ventre à un étranger », confie Richard Diémé, un habitant de Badiatte, le premier village du royaume Bandiale en provenance de Brin. C’est donc un honneur pour chaque famille non seulement de bien entretenir sa rizière, mais aussi de pouvoir produire une importante quantité à la fin des récoltes. A cet effet, le travail des femmes se fait en grande partie dans les rizières où elles se rendent tôt le matin pour repiquer le riz dans un rythme endiablé ponctué de chants et d’incantations. Ce travail fastidieux peut leur prendre une journée entière.

L’attachement obsessionnel à une céréale
Seulement ces travaux dans les rizières sont souvent précédés par des séances de prières et donnent lieu à des festivités décrétées par le roi. Avant l’hivernage, c’est tout le royaume Bandiale qui commémore le « Garoumo », une fête de réjouissances qui permet de réconforter les hommes et les femmes avant leur départ dans les champs. A la fin des récoltes également, une autre fête, le « Outeuss », est organisée.

Outre sa consommation, le riz est réservé à un usage noble. En vendre ou en acheter est considéré comme un signe de misère alors qu’en distribuer aux autres sous forme de dons équivaut à élargir les bases des relations sociales. « Il y a quelques années, c’est une honte pour le Diola d’aller acheter du riz et même s’il le fait, il attend la nuit tombée pour l’acheminer chez lui. Au cas contraire, il sera la risée de tout le village », confirme Valère Tendeng, un boutiquier du village d’Essyl.

Si le grenier des hommes sert de réserve pour les réjouissances lors des fêtes ostentatoires, celui des femmes sert à la nourriture quotidienne de la famille. En outre, l’aptitude d’une femme sur le plan économique est jugée à l’aune de la gestion qu’elle fait de son grenier. Cet amour voué au riz et les usages multiples qui sont faits de cette denrée prouvent l’attachement quasi obsessionnel du Diola à cette céréale. Dans ses travaux de recherche sur « Riz, symboles et développement chez les Diolas de Basse-Casamance », le chercheur Lamine Diédhiou écrit : « A l’image du produit du travail fétichisé en marchandise dans la société capitaliste, le riz des diolas s’est aussi fétichisé dans l’inconscient collectif des Diolas (….). Le fétichisme du riz s’est noyé dans les rapports sociaux où il a pris une fonction symbolique extrêmement forte. C’est cette interprétation que les Diolas font du riz qui permet de comprendre pourquoi ils le placent hors des circuits modernes des échanges ». Seulement ce fétichisme du riz a, par le passé, donné lieu à de fréquentes « guerres du riz » entre villages voisins et même parfois à des jacqueries paysannes.

Une culture à l’épreuve des aléas
Toutefois, à l’heure actuelle, même si le riz continue de garder une place de choix dans le cœur des Diolas, il reste que certaines techniques d’exploitation des rizières sont devenues obsolètes et inadaptées. En outre, avec la baisse graduelle de la pluviométrie, les récoltes ne sont plus très abondantes. Ce qui permet de tolérer certaines contraintes telles que l’achat du riz. La preuve, dans sa boutique de Badiatte, Valère Tendeng a stocké des sacs de riz importés. Ce qui veut dire que conserver le riz des années durant sera de moins en moins une performance en pays diola.

Le Grenier  : Ce jardin secret des diolas
jardinComme les Sérères et leur pangol, les Diolas ont un lien viscéral avec leur grenier. Celui-ci n’est pas uniquement une chambre pour garder le riz récolté plusieurs années durant et qui sert à la consommation. Mais le fait de remplir le grenier est une chose, une autre est de le garder à l’œil des étrangers qui ne doivent en aucun cas le voir. C’est une question d’honneur pour les Diolas. « Un Diola ne va jamais vous montrer son grenier, s’il le fait c’est comme s’il vous montrait ses fesses », confesse Salif Badji, un habitant d’Affiniam. Dans le subconscient des Diolas, visiter le grenier d’autrui, c’est se rendre compte de sa situation sociale et de savoir s’il est riche ou pauvre. C’est ce qui explique ce choix de garder jalousement fermé le grenier à toute personne qui n’est pas de la famille.

Outre cet aspect, il n’est pas rare de voir dans certains greniers du riz datant de plusieurs décennies. Salif Badji détient dans sa maison un riz vieux d’une quarantaine d’années. Pour lui, ce riz était récolté par ses frères avant que sa maman ne soit l’épouse de son père. C’est pourquoi ce riz est gardé intact et ne peut être utilisé par lui ou aucun de ses enfants. Ce vieux riz est toutefois utilisé par les Diolas dans les rituels et dans les périodes de circoncision.


Etodié, Thiébou diola et Kaldou : Ces spécialités de l’art culinaire diola très cotées
« Etodié », « thiébou diola » ou encore « kaldou »…, ces trois mets sont des plats typiquement diolas. Mais aujourd’hui, à cause de leur originalité et de leur richesse, ces plats de l’art culinaire diola sont adoptés par l’ensemble des Sénégalais. La particularité de ces mets est qu’ils sont tous accompagnés par le fameux « niankatang » ou riz blanc.

L’« étodié »
kaldouL’ « étodié » est préparé avec des feuilles de manioc, de plantes aquatiques rampantes, et des feuilles du Casia Tora plus connu sous le nom de « Ekangouley ». Ces feuilles sont cuites soit avec l’arachide, de l’huile de palme, ou encore des presses de régimes de palme. Le cuisinier ne pourra pas s’en passer des poissons et un peu de sel. La préparation est simple. Elle ne prend pas beaucoup de temps et ne nécessite pas beaucoup de condiments. Pour la préparation proprement dite, il s’agit tout d’abord d’avoir en même temps de l’eau et de la pâte de feuilles de manioc dans une marmite qu’on surveillera soigneusement sur le feu avant de verser ce mélange de pâte d’arachide avec des feuilles, ou encore la combinaison entre l’huile de palme et des feuilles. L’« étodié » présente plusieurs avantages du fait qu’il n’est pas chargé en graisse. Aussi, sa digestion se fait facilement. Et étant donné qu’il est préparé à base de feuilles de manioc, il est utile pour lutter contre l’anémie et les vertiges.

« Thiébou diola »
La préparation de ce menu passe par plusieurs étapes. Dans un premier temps, il s’agit de préparer une confiture à base d’oseille verte ou « beguedj ». Sur un fourneau, il faut poser une marmite avec couvercle et mettre dedans l'oseille déjà lavée. Il ne faut surtout pas les égoutter, car on utilise cette eau pour la cuisson. Des gombos seront par la suite plongés. Si les feuilles s'écrasent facilement aux doigts, versez le tout dans le mortier qui a servi à piler le « nététou » ou un bocal propre avec le pilon ou une fourchette bien remuer pour bien les écraser.

L’étape suivante, c’est le malaxage du piment sec, du poivre, de l’ail, du « kani » salade, du persil chinois et du persil Sénégal et du gingembre. Il faut enduire ce « nokoss » à l'intérieur comme à l'extérieur, puis en garder un peu pour l'après cuisson. L’étape finale, c’est la préparation du riz blanc et la sauce d’oignons.

Le « Kaldou »
kaldou 1Pour préparer ce plat, il faut disposer du riz, du sel, du poivre, du piment en poudre, de deux gousses d’ail,  deux bouillons en cube, de quatre gombos, d’un piment frais, d’une citrouille ou « diakhatou », d’un morceau de poisson fumé ou « guédji », de quatre oignons, de l’huile, du citron et d’un gros poisson (1 kg environ) et d’un demi poivron vert. La première étape consiste à cuire le riz blanc, ensuite suivra la préparation de la sauce de l’oignon.

Pendant ce temps, l’huile bouille dans la marmite. Le cuisinier y plongera des tranches d’oignons, 5 mn sont nécessaires pour cette étape. Le cuisinier remuera de temps en temps. Il faut ajouter une pincée de sel, de piment et de poivre, puis verser le jus d’un citron, les deux bouillons cube et l’ail mixé. Il faut remuer avant d’ajouter des aubergines, des gombos, du piment frais et le poisson fumé et du poisson frais à cuire. L’oseille complète les condiments.

De nos envoyés spéciaux Idrissa SANE, Maguette NDONG (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)

Last modified on lundi, 04 juillet 2016 10:29

Une vitesse de lecture de 100 Mo par seconde, performance inédite pour une carte possédant un tel espace mémoire...
La société américaine SanDisk, spécialisée dans les produits de stockage de mémoire, a présenté ce jeudi sa toute dernière carte micro SD, qui présente des caractéristiques-record. La carte dispose d’un espace de 256 Go et égale ainsi la capacité maximum proposée par un produit de ce type, celle présentée par Samsung en mai dernier, explique Zdnet. Mais c’est en matière de débit que SanDisk laisse son concurrent coréen derrière lui et établit une nouvelle référence technique sur le marché.

Une vitesse de lecture de 100Mo/s
Si les vitesses d’écriture des modèles SanDisk et Samsung sont toutes les deux de 90 Mo par seconde, la petite merveille du constructeur californien promet la vitesse de lecture de 100 Mo/s, jamais atteinte par un modèle offrant une telle mémoire, contre seulement 95 Mo/s pour le dernier-né de la marque coréenne.

Associée à sa grande capacité de stockage, cette extrême rapidité fait de la carte SanDisk un outil idéal pour les professionnels qui souhaitent produire des vidéos en 4K, qui pourront enregistrer 14 heures d’images. A condition d’être prêts à débourser 200 euros pour ce concentré de technologie, qui sera disponible dans le courant du dernier trimestre 2016. 

Rennes : Les routes bientôt connectées à votre voiture
Rennes les routes bientôt connectées à votre voitureUne expérimentation est lancée pour diffuser des informations dans les véhicules…
En attendant de lâcher complètement le volant, on pourra bientôt obtenir des informations de sécurité en temps réel, grâce à l’installation de capteurs sur le bord des routes. Lancée au niveau national, l’expérimentation sera menée à Rennes et Saint-Brieuc dans les prochaines semaines.

Baptisé Scoop, le projet sera présenté ce vendredi, à l’occasion d’un grand colloque qui se tient à Rennes. Les automobilistes pourront être informés d’un accident, d’un ralentissement, d’une zone de travaux ou de l’intervention d’agents sur les voies. Les conducteurs pourront eux aussi signaler tout événement marquant. « On gagne du temps pour alerter les secours ou le gestionnaire du réseau et on peut espérer fluidifier le trafic », poursuit Katell Kerdudo, chef du service mobilité à la DirOuest.

Pour fonctionner, le système Scoop s’appuiera sur des capteurs installés au bord des routes, qui communiqueront par ondes radio avec les véhicules équipés. Retenus pour ce projet, PSA et Renault produiront chacun 1.000 Citroën C4 et Mégane équipés de ce système de communication au niveau national. Les premiers tests seront menés cet été. « Au 1er janvier 2017, nous aurons équipé l’axe entre Rennes et Saint-Brieuc et les rocades des deux villes, ainsi que la quatre voies vers Saint-Malo », assure Guillaume Lavenir. Six mois plus tard, les axes Rennes Nantes et Nantes Saint-Nazaire seront également dotés.

Last modified on vendredi, 01 juillet 2016 13:15

Les femmes, les jeunes garçons et les filles investissent, très tôt, les plantations d’anacardiers à Boucotte Mancagne, Kenya, Mpack entre autres localités. Ils ramassent des noix de cajou qu’ils revendent au bord des routes, aux intermédiaires dans des vergers et aux opérateurs économiques qui tiennent des magasins et des points de vente tout au long des axes routiers. L’activité est fleurissante. Elle génère beaucoup d’emplois durant la traite. On ne compte plus le nombre de personnes qui ont fait fortune dans le créneau. L’anacarde, c’est de l’or au sud du Sénégal.

Le jour commence tôt à Boucotte Mancagne, depuis le mois d’avril. L’élève en classe de 3e, Jean Christophe Mantane, un seau rempli de noix d’acajou, sort de la forêt d’anacardiers à 9 heures. Depuis 3 mois, c’est à l’aube que des femmes, des garçons et des filles se précipitent dans des plantations. Le visage est poudreux. L’élève affiche une mine avenante. Il avance avec un air de fierté, traverse l’asphalte et se dirige vers l’un des points de vente au bas-côté de la route. Le collégien tend son seau de cajou à Mohamed Guèye, un commerçant originaire de Keur Ayib. Le bonhomme pose le seau sur une balance et le pèse. « C’est 7, 5 kilogrammes », dit l’acheteur en se relevant. Mohamed Guèye ouvre son portefeuille, retire des billets et les tends au collégien. A ses heureuses perdues, le collégien ramasse les noix et amasse des sous. « Durant cette période, tout jeune qui n’a pas d’argent, est responsable de sa situation. Ce que je gagne couvre largement mes besoins », confesse l’élève en classe de 3e. De l’autre côté de la route, des garçons et filles parlent à voix haute. Une jeune fille de teint clair embrasse un garçon assis sur un Jakarta.

L’hivernage qui s’approche ne déclenche plus la course au défrichage ni à l’emblavement des rizières comme dans le passé. A Boucotte Mancagne, situé à une dizaine de kilomètres de Ziguinchor, on fait confiance aux plantations d’anacardiers. « La culture de l’arachide et du riz n’est pas plus rentable que l’exploitation d’anacardiers. Depuis quelques années, tous misent sur l’anacarde. La vente des noix d’acajou rapporte beaucoup. Ce n’est plus comparable avec l’arachide », compare Emai Mandef. Boucotte Mancagne n’est plus au temps de la comparaison.

La nouvelle mamelle de l’économie
Les anacardiers ne sont pas soumis aux fluctuations des aléas pluviométriques. Son cours sur le marché mondial a des répercussions directes sur les revenus de ces riziculteurs et ces agriculteurs, de Boucotte Mancagne, Cité Faro, Kenya situés sur la route de la Guinée Bissau. « On cultive l’arachide, le riz, sans être sûr d’avoir une bonne récolte. Par contre, lorsqu’on a une bonne plantation, c’est sûr, même si la floraison n’est pas si bonne, vous êtes sûrs d’avoir, au moins, 300.000 FCfa après les ventes », évalue Emai Mandef. Le samedi 11 juin 2016, le cours de l’anacarde s’échangeait entre 600 et 650 FCfa sur le marché de Boucotte Mancagne.

Depuis plusieurs années, en dépit des fluctuations, le prix du kilogramme n’a jamais chuté en deçà de celui de l’arachide. A l’ombre des manguiers, jeunes et vieux ne sont pas en conflit de générations sur la préférence de l’or vert. « Pour l’arachide, il faut déficher le champ, il faut biner, récolter et transporter. Au bout du compte, on se retrouve avec des miettes. On fournit plus d’efforts pour rien. Pour l’anacardier, après la mise en terre des plants, il faut trois ans d’entretien, vous pouvez exploiter des plantations durant plusieurs décennies », admet Anatole Bandagny, né en 1955 à Boucotte Mancagne. L’arachide perd des…superficies.

De part et d’autre de la route, des vergers d’anacardiers étendent leurs tentacules jusque dans les vérandas de la Cité Faro, au Kenya. C’est la nouvelle mamelle de l’économie. A l’ombre des Anacardium occidentale, de petits arbres originaires de l’Amérique latine, Véronique Djandy prend une pause avec son fils qui est venu de Kafountine pour l’aider durant la traite. Elle a rempli des bidons de cajou. Véronique n’a plus d’énergie pour tenir la houe ou pour repiquer le riz. Aujourd’hui, elle gagne encore sa vie à la sueur de son front, malgré son âge avancé. « J’ai de petits-fils qui prennent tous mes revenus. Je n’économise pas. Mais je parviens à satisfaire mes besoins et ceux d’autres membres de la famille », affirme la vieille Véronique.

A une quinzaine de kilomètres, à Mpack, à la frontière avec la Guinée-Bissau, non loin du poste des douanes, des sacs de noix sont entreposés dans des magasins aux portes entrebâillées. Les intermédiaires se prélassent sous des vérandas. C’est une autre plaque-tournante du commerce de pompes de cajou. Les forêts de pompes de cajou forment un rempart naturel derrière les habitations. Ici, en plus du cours intéressant, de la moindre pénibilité de l’entretien, la crise en Casamance et aussi la proximité avec l’un des pays, grands exportateurs de ce produit, l’intérêt de ce secteur a provoqué la ruée vers l’aménagement des vergers d’anacardiers. « Nous continuons à cultiver du riz. Actuellement, tout le monde est dans l’anacarde. La culture du riz et de l’arachide est en perte de vitesse », confirme Toumboulou Sagna, né à Mpack en 1948. C’est l’âge d’or de l’or vert.

De nos envoyés spéciaux Idrissa SANE, Maguette NDONG (textes)
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Filière de la noix de cajou : La bonne affaire pour de nombreux jeunes                                                                              Anacarde camionLes trois à quatre mois de campagne de l’anacarde en Casamance constituent une période florissante pour bon nombre de jeunes et de femmes. Aussi bien la collecte et la transformation de la noix de cajou permettent-elles à de nombreuses personnes de tirer des revenus substantiels de cette activité.

Sur le chemin qui mène vers Mpack, à la frontière bissau-guinéenne, Mouhamed est sur le bord de la route, à l’ombre d’un arbre.

Chapelet autour du cou, bonnet laffa lui couvrant la tête, ce jeune saloum-saloum, originaire de Keur Ayip, est l’un des nombreux négociants de la filière de noix d’acajou dans la région naturelle de Casamance.

A Boucotte Mancagne, un village situé non loin de Kantène, Mouhamed est bien connu des jeunes garçons et des femmes qui viennent lui revendre les noix d’acajou ramassées dans la journée à l’intérieur de la forêt. « Je peux avoir entre 100 et 200 kilogrammes parfois et revendre cela aux intermédiaires qui collectent pour les compagnies indiennes installées à Ziguinchor», confie Mouhamed. A 600 FCfa le kilogramme, le jeune homme paie comptant tout ce que lui amènent les jeunes du village. D’ailleurs, à l’instant même, Jean-Christophe traverse la route avec un seau rempli de noix d’acajou qu’il a ramassées très tôt le matin. Il tend le seau à Mouhamed qui le met sur une balance. « Le tout, c’est 8,5 kg pour aujourd’hui », lui dit le jeune négociant. Pour cette journée, Jean-Christophe vient d’empocher un peu plus de 5.000 FCfa. Une somme non négligeable pour ce jeune écolier. A côté de lui, son jeune camarade, Hervé dit avoir ramassé, depuis le début de la campagne des noix d’acajou, une quantité équivalente à 3 sacs de 60 kg. « Cet argent me permet d’acheter des habits et de subvenir à plusieurs de mes besoins », dit ce jeune lycéen. La campagne de noix d’acajou qui s’étend sur une courte période, d’avril à juin, reste un intense moment pour de nombreuses personnes de faire des affaires. « C’est l’unique commerce par lequel tu peux avoir un bénéfice net de 30.000 FCfa par jour », souligne Mouhamed qui vient de boucler cinq années dans la filière. Son jeune frère vient aussi de le rejoindre dans cette activité et s’en sort bien, lui aussi.

Outre ces négociants, beaucoup d’autres jeunes monnaient leur talent dans les entrepôts indiens sur le Boulevard 54 et tirent des revenus substantiels avec le déchargement des noix d’acajou. C’est le cas de Saliou, un lycéen de 25 ans trouvé dans l’un des nombreux magasins indiens. Depuis deux ans, le jeune homme a signé un contrat avec des indiens, en qualité de chef manœuvre.

Ce qui lui procure un revenu de 50.000 FCfa par mois. Il est chargé de contrôler le travail des ouvriers, de faire les échantillonnages  afin de vérifier la qualité de la noix. En tant que lycéen, Saliou alterne son emploi du temps scolaire et son activité commerciale pour honorer ses engagements de part et d’autre. Mais Saliou n’est pas le seul écolier qui s’active dans les magasins indiens.

Beaucoup d’autres commerçants et d’ambulants y trouvent leur compte, soit en chargeant ou en déchargeant les camions dans les entrepôts. Chacun de ces ouvriers peut rentrer avec au moins 9.000 FCfa à la fin de la journée.

« Au terme des trois mois de la campagne, chacun de ces ouvriers peut empocher 350.000 FCfa », révèle Saliou. Lui-même dit avoir ouvert un compte bancaire et espère acheter, sous peu, un terrain. Si la collecte de la matière première de la noix d’acajou procure assez de revenus à de nombreux jeunes, sa transformation fait vivre de nombreuses familles. Le fruit pressé permet de tirer un jus très prisé par les populations.

A Kenya, un village situé non loin de Kantène, Hyacinthe Paulin Biagui et sa mère s’adonnent à cette activité. Ils peuvent collecter entre deux et cinq bidons qu’ils peuvent revendre, sans difficulté. Evoluant dans le secteur touristique, Hyacinthe profite de la campagne des noix d’acajou pour aider sa maman. « La campagne est courte, elle dure deux mois au maximum, mais c’est une période qui permet d’avoir des revenus », reconnaît ce jeune homme fraîchement marié.

Mainmise des indiens sur la filière d’anacarde : Le Boulevard 54 de Ziguinchor en passe de devenir Delhi street
Anacarde IndeDes maisons à étage poussent comme des champignons de part et d’autre du boulevard 54. Les propriétaires réservent le rez-de-chaussée aux magasins loués par des indiens. Le boulevard 54 sera bientôt rebaptisé New Dehli Street.

En cette période de l’année, le célèbre boulevard 54 de Ziguinchor est assailli par une noria de camions en attente d’être chargés.

Des deux côtés de la route, ces camions sont stationnés devant les magasins de stockage ouverts par les hommes d’affaires indiens qui s’activent dans la filière de noix d’acajou. Les indiens achètent une très grande quantité de la production par le biais des intermédiaires. Chaque année, entre les mois d’avril et de juin, ils collectent des milliers de tonnes qu’ils acheminent aux pays asiatiques tels que le Vietnam, la Chine et l’Inde. Satish Kumar, l’un des indiens installés sur le boulevard affirme employer huit manœuvres dont deux magasiniers pour faire le travail de collecte. Tous ces ouvriers sont payés quotidiennement par cet employé de la compagnie Real blue international qui n’en n’est pas à son premier séjour en Casamance.

Mais les indiens se soucient beaucoup de la qualité du produit qu’on leur revend. Pour ce faire, ils ont implanté, dans leurs magasins, des machines et des détecteurs qui leur permettent de faire des prélèvements dans les différents chargements avant de convoyer la marchandise au port de Banjul pour l’Asie.

A vrai dire, il est pour l’heure impossible de savoir le nombre d’Indiens qui s’activent dans la filière d’anacarde, mais leur mainmise sur ce secteur ne fait guère de doute. Saliou, un des ouvriers de Satish Kumar confie qu’outre le fruit qui est destiné à la consommation, la coque peut servir à fabriquer du savon, du goudron ou même du kérosène.

Outre le Sénégal, la compagnie de Satish Kumar sillonne d’autres pays de l’Afrique tels que la Côte d’ivoire, le Bénin, le Ghana, le Nigéria, la Tunisie ou encore la Tanzanie. Toujours est-il qu’à l’heure actuelle, ces indiens règnent en maîtres sur le Boulevard 54 où, nous confie-t-on, ils louent ces magasins, toute l’année durant. Si on n’y prend garde, à l’image du boulevard Centenaire à Dakar qui est devenu une Chinatown, le boulevard 54 de Ziguinchor risque d’être transformé, sous peu, en Delhi street.

30.000 personnes investissent la filière de tous les espoirs
La filière anacarde est l’une des mamelles de l’économie au sud du Sénégal. Plus de 30.000 personnes ont investi le créneau qui suscite tous les espoirs.

L’anacarde fait renaître l’espoir dans un contexte de dégradation des sols, de fluctuations pluviométriques et de la baisse continue de rendements de l’arachide et du riz dans la partie méridionale du Sénégal. Ce n’est pas seulement une production de rente. C’est une option d’adaptation face aux conséquences du réchauffement de la planète.

Depuis quelques années, la filière ne cesse d’attirer des milliers de producteurs. Leur nombre est estimé à 30.000 en Casamance, un chiffre qui n’a rien à voir avec des milliers de jeunes qui ont pignon sur rue durant les 4 mois de campagne. « 30.000 personnes s’activent dans la filière anacarde. Il n’y a pas de préférence pour celle-ci, comparée à l’arachide et au riz parce chacune de ces spéculations a sa phase de travaux et de récolte  », indique le président de la filière interprofessionnelle de l’anacarde, Lamine Sène. Toutefois, il a admis que des producteurs, à cause de la rentabilité, consacrent plus de temps et d’énergie à l’aménagement des plantations d’anacardiers. « Les recettes d’un producteur dépend de la taille des plantations et de la production. Si vous avez 5 tonnes, vous pouvez avoir jusqu’à 3, 5 millions de FCfa, pour la même quantité d’arachide, le producteur n’aura qu’environ 1 million de francs Cfa », précise le membre du comité de pilotage de l’Alliance africaine de cajou.

Cette année, la production est moins bonne. Cette diminution peut être liée, selon Lamine Sène, aux phénomènes des changements climatiques. C’est pour cette raison qu’il conseille aux producteurs de planter de nouvelles variétés végétales et d’élaguer les branches d’anciens anacardiers. « La filière se porte tant mieux que mal cette année. Nous avons noté une baisse de la production. Nous devons penser à la plantation de nouvelles variétés végétales », indique Lamine Sène qui ne doute pas que la filière a de beaux jours devant elle.

30 milliards de Cfa de chiffred’affaires en 4 mois
La filière anacarde est la nouvelle mamelle de l’économie en Casamance. Elle nourrit les exploitants, les non exploitants, les propriétaires de magasin, des hôteliers, des camionneurs, des manœuvres durant les 4 mois de campagne. Elle pèse de plus en plus dans l’économie des trois régions du Sud. « Le secteur génère un chiffre d’affaires de 30 milliards de FCfa en Casamance », souligne Lamine Sène. En Afrique, plus de 2 millions de personnes vivent de la production d’anacarde.

Noël Niouky, productrice et transformatrice d’anacardes  : Les confessions de la « reine » du cajou
Anacarde Noel NioukyNoël Niouky est l’exploitante des plantations d’anacardiers la plus en vue dans la région de Ziguinchor. Elle gère une exploitation de 18 ha. Elle a monté une petite unité de transformation grâce au Programme d’appui au développement économique de la Casamance (Padec). La reine du cajou n’a pas révélé tous les secrets d’une filière qu’elle ne cesse de vanter tout au long de l’entretien.

Rien ne distingue, Noël Niouky, des femmes assises entre les jerricanes. Elle presse les pompes comme les deux autres. Les 4 garçons remplissent des fûts de jus. Noël ne joue pas à la bosse. Elle veut rester à l’ombre. Mais le Padec l’a sortie de l’ombre. Elle est à la tête du Gie Demir. L’appellation veut tout dire pour Noël. La dame de teint clair croit au destin. « Demir veut dire en Mancagne patience. Je ne suis pas pressée. Dans la vie, si l’on est pressée, on ne peut pas avoir le savoir », conseille la catholique pratiquante. L’exploitante n’est pas repliée sur elle-même. Elle vante la production de l’anacarde. Noël est dans la filière depuis 1994.

A la mort de son père en 1996, elle hérite d’une plantation de 18 ha d’anacardes, à Diabir, derrière l’Université Assane Seck de Ziguinchor. Son verger est à quelques lieux de son village natal de Baraf, dans les faubourgs de Ziguinchor où elle a vu le jour en 1955. « Je dis merci à mon papa qui m’a laissé ce verger et bravo au Padec qui m’a aidée à avoir une unité de transformation, sans mes parents et le Padec, je ne serais pas devenue ce que je suis », reconnaît la reine du cajou. Noël est une digne héritière de son père et de sa mère. Ce sont ces derniers qui lui ont inculqué le culte du travail. Déjà en étant jeune, elle admirait sa mère qui pouvait passer des heures dans les rizières et dans les plantations. Noël marche sur les pas de ses parents. « Je ne me repose qu’au mois de février avant la mise en place de l’unité de transformation. Normalement, au plus tard, le 3 juillet, je dois commencer les travaux dans les champs et au mois de septembre, je vais me consacrer aux travaux rizicoles », a programmé l’exploitante. Les jours sont immuables depuis quelques décennies. L’ouverture de l’unité a un peu chamboulé son quotidien.

Elle est à l’unité, la matinée. Dans l’après-midi, elle est dans ses plantations. Ce n’est pas un abus de langage de dire qu’elle est au four et au moulin. La matinée, elle prépare un jus non fermenté de cajou, des gâteaux, dans son unité. Le soir, elle participe au ramassage des noix, elle presse les pompes. « Le repos n’existe pas dans ce monde. Une personne se repose lorsqu’on lui souhaite que la terre lui soit légère », ironise la dame. Elle a pris conscience que c’est une filière porteuse. Mais pour rien au monde, elle n’acceptera de dévoiler ses recettes en fin de campagne.

A l’inverse, elle a affirmé que l’activité est très rentable. « Je ne vais pas vous dire ce que je gagne. Mais l’activité est très intéressante. Je parviens à satisfaire les besoins de mes enfants, de ma famille et de mon entourage. Lorsqu’il y a beaucoup de cajous, j’emploie une quinzaine de personnes », se contente de dire l’exploitante. Cette mère de 7 enfants a capitalisé une bonne expérience. Elle se remet à niveau au gré des rencontres sur la noix d’acajou qui se tiennent en Afrique. « Je viens de rentrer du Mozambique. J’ai visité 3 fois le Bénin avec l’Ird. J’ai été aussi au Ghana. J’essaie de comparer ce qui se fait là-bas avec ce qui je fais ici. J’ai amélioré mes connaissances en transformation », se réjouit la reine. Elle est dans la production et la transformation. Elle croit que d’autres femmes viendront grossir les rangs des exploitantes, ou elles s’investiront dans la production et ainsi elles contribueront davantage à la lutte contre la pauvreté. « Les femmes sont des travailleuses, surtout celles qui sont dans les plantations. L’anacarde est une filière d’avenir qui va attirer plus de personnes et notamment des femmes », prédit la dame.

Lamine Séne, president de l’interprofession de la filiere anacarde : « Des manguiers sont abattus pour planter des anacardiers »
Le président de l’interprofession de la filière anacarde confirme la montée en puissance de l’anacarde par rapport aux autres spéculations et productions fruitières. Les spécialistes témoignent que dans la partie sud du Sénégal, les anacardiers supplantent, de plus en plus, des manguiers dans beaucoup de vergers. « Les mouches portent un lourd tribut à la production des mangues. Des producteurs abattent des manguiers pour planter des anacardiers parce qu’en partie, la production de mangue a chuté à cause des mouches. En plus, la vente d’anacarde est très rentable », a affirmé Lamine Sène.

De nos envoyés spéciaux Idrissa SANE, Maguette NDONG (textes) 
et Ndèye Seyni SAMB (photos)

 

 

Last modified on vendredi, 01 juillet 2016 13:27

Entre les vitres teintées du véhicule, la lycéenne peule en veste crème, tee-shirt et jean blancs, répète les paroles de son titre « Kono Non » (« t’as raison », en pular), un rap qui dénonce la pédophilie.

« Il appelle à voix basse la fillette/ 
l’a conduit dans un coin/ 
lui chuchote des mots doux/ 
lui donne des sucettes et des biscuits/ 
il veut l’amadouer et abuser d’elle (…) »

Le texte est autobiographique. Quand Aïcha Bah avait 12 ans, un muezzin qui habitait en face de chez elle lui a fait des avances. « Il m’a dit : “Come on baby, I have a bonbon”. Il m’a touché les seins. J’ai tapé ses mains et je suis partie en courant », raconte-t-elle.

L’adolescente vit avec ses sept frères et sœurs à Wanindara, un quartier chaud de Conakry, mais elle est née à Kambia, dans le nord de la Sierra Leone. Sa révolte est plus large que de s’insurger contre un muezzin libidineux. Elle dénonce aussi la polygamie. Elle n’a pas revu son père épicier depuis des années. La mère d’Ashley, elle, vend du riz sur le marché Wanindara. Une situation précaire que ne digère pas la jeune fille. Il y a donc les colères d’Ashley. Pas inutile pour une rappeuse.

Mais il y a aussi un rêve. Celui d’écrire des romans, de produire des films. La jeune fille qui étudie au lycée anglophone Wisdom Academy de Conakry a pour icône OmotolaJalade-Ekeinde, une actrice nigériane qui figurait parmi les cent personnes les plus influentes du monde en 2013, selon Time.

En 2014, Ashley n’est pas sortie de chez elle. Du haut de son mètre cinquante-huit, elle se souvient d’Ebola qui a tué 2 500 personnes en Guinée. « Ma mère ne voulait plus qu’on prenne les taxis pour aller au lycée, elle avait peur qu’on attrape le virus ». Cette année sans école, cantonnée à la maison, Ashley l’a utilisée pour écrire ses textes et polir son flow. Dès que la fin de l’épidémie est proclamée par l’Organisation mondiale de la santé en décembre 2015, elle se précipite sur la scène du concert « Bye bye Ebola » organisé par la présidence guinéenne. Elle y côtoie de grands noms de la musique africaine tels Youssou N’Dour, Tiken Jah Fakoly, Mory Kanté ou Aïcha Koné.

Sa chanson d’ouverture, « AshMiwaitai » (« e me nomme Ashley »), est un cri de victoire qu’elle scande dans un mélange d’anglais et de pular, avec un phrasé véloce que certains journalistes guinéens comparent à celui de Dr. Dre. Aujourd’hui, Ashley sort un maxi-single qui contient notamment un rap afrobeat en créole léonais intitulé « Pépé soupe », un potage à base de viande de bœuf, de piments et de tomates qu’on donne aux malades de la grippe pour décongestionner leurs voies nasales. 

« Pépé soupe », c’est aussi une expression locale pour désigner ces vieilles personnes qui se mêlent de ce qui ne les regarde pas. Ashley, elle, se mêle de tout. Elle a le droit, elle est jeune.

Source : Le Monde

Les bouffées de chaleur sont plus fréquentes chez la femme que chez l’homme. Elles constituent un trouble physique et peuvent devenir vraiment gênantes au quotidien.
Parfois appelées « sueurs nocturnes » ou tout simplement « transpiration », les bouffées de chaleur se traduisent par une sensation de chaleur subite et passagère du visage et du cou. Elles sont généralement accompagnées de sueurs et de frissons. Les bouffées de chaleurs sont principalement dues à un déséquilibre hormonal et se manifestent surtout la nuit, de manière incontrôlable et variable.

Des causes hormonales
Les causes des bouffées de chaleur sont principalement hormonales :
• Elles peuvent être provoquées en grande partie par la ménopause, qui amène à des bouleversements hormonaux. Les œstrogènes (= hormones ovariennes), qui interviennent dans la régulation de la température du corps, diminuent et influencent ce mécanisme de régulation. La ménopause est un phénomène qui apparaît chez les femmes entre 45 et 55 ans.

• L’hystérectomie (= ablation des ovaires) entraîne les mêmes changements hormonaux que durant la ménopause et peut donc être à l’origine de bouffées de chaleur.
• La grossesse induit également des changements hormonaux qui peuvent causer la dilatation de petits vaisseaux sanguins sous la peau, c’est-à-dire des bouffées de chaleur.

• L’hyperthyroïdie peut également provoquer des sueurs. Dans ce cas précis, la thyroïde (= petite glande située à la base du cou secrétant des hormones essentielles au bon fonctionnement de l’organisme) « travaille » de manière excessive ce qui entraîne une surproduction de chaleur.

• L’hypoglycémie peut conduire aussi à un déséquilibre hormonal provoquant des bouffées de chaleur. Le taux de sucre dans le sang diminue et l’organisme sécrète une substance qui augmente la transpiration afin de contrer le manque de sucre.

• Dans le cas du cancer du sein, la chimiothérapie et les traitements anti-ostrogéniques peuvent provoquer une ménopause précoce accompagnée de bouffées de chaleur.
• L’homme peut également être concerné par ce problème au moment de l’andropause (= baisse du niveau de testostérone).

En dehors des raisons hormonales, les bouffées de chaleur peuvent subvenir en cas d’allergies, d’intolérances alimentaires, de mauvaise alimentation et hygiène de vie (aliments épicés, caféine, alcool, sel, tabac, etc.) ou encore en cas de stress.

Fatigue, stress…
Les sueurs nocturnes jouent sur la qualité du sommeil et peuvent engendrer du stress, de la fatigue, du surmenage, etc. Elles provoqueraient aussi une sensation de gêne dès lors que le phénomène se produit en société.

Après une bouffée de chaleur, un refroidissement peut se faire sentir soudainement, provoquant de l’inconfort dû à l’écart de température ressenti. Dans de rares cas, il peut y avoir hypothermie (au-dessous de 35°) ou fièvre (au-dessus de 38°).

Quelles solutions ?
Plusieurs solutions simples existent afin de prévenir ou soulager les bouffées de chaleur. Il est conseillé de pratiquer une activité physique régulière, d’éviter de consommer de l’alcool en excès, d’éviter les aliments trop épicés ou encore d’apprendre à se détendre.

Certains traitements peuvent être prescrits par un médecin en cas de bouffées de chaleur dues à un dérèglement hormonal. L’acupuncture, l’homéopathie, la phytothérapie ou encore la méditation seraient des méthodes également recommandées afin de lutter contre les sueurs.

Les bouffées de chaleur peuvent être dues à des intolérances alimentaires ou à d’autres maladies comme l’hyperthyroïdie. Dans ces cas de figure, pensez à vous rapprocher de votre médecin.

Last modified on vendredi, 01 juillet 2016 13:03

Obots humanoïdes et voitures sans conducteur pourraient devenir des «personnes électroniques»…

Les robots auront-ils bientôt une existence juridique ? Partant du constat selon lequel « les ventes de robots dans l’UE ont augmenté de 29 % en 2014, marquant leur plus forte progression jamais enregistrée », la Commission des affaires juridiques du Parlement européen propose de leur attribuer le qualificatif de « personnes électroniques ».

Dans un projet de motion publié le mois dernier, les robots seraient dotés de « droits et de devoirs bien précis » rapporte Le Figaro. Les machines qui auraient la capacité de « prendre des décisions autonomes de manière intelligente ou celle d’interagir de manière indépendante avec les tiers » seraient concernées par ce texte.

a « personne électronique » pourra être jugée responsable
Il s’agit donc des robots humanoïdes, mais également des voitures sans conducteur. Parmi les mesures concrètes évoquées par le rapport figure par exemple la possibilité de se retourner contre sa voiture sans conducteur en cas d’accident. La « personne électronique » pourrait ainsi être déclarée responsable. ,Et pour payer la facture, les experts européens prévoient d’instaurer un fonds, qui serait alimenté par des taxes prélevées auprès des constructeurs et des utilisateurs.

Les rapporteurs préconisent également d’exiger le paiement de cotisations sociales par les employeurs de « personnes électroniques », souligne France 24. Le rapport imagine aussi une « charte éthique » respectée par les concepteurs de robots. Les ingénieurs devraient concevoir des robots bienfaisants et les industriels les vendre à un prix abordable dans certains domaines comme la santé.

Par le surfeur

Les entrepreneurs, manageurs et hommes d’affaires sénégalais  se font distinguer partout dans le monde. Après la nomination de la Sénégalaise Fatma Diouf Samoura, désignée secrétaire générale de la Fifa, le jury de Capital finance international (Cfi.co), une revue londonienne spécialisée dans les affaires et la finance, a désigné Bougane Guèye Dany meilleur chef d’entreprise du Sénégal en 2016 (Best corporate  Leadership Senegal Award 2016). 

« Déterminé à construire un empire médiatique moderne en Afrique de l’ouest », Bougane dessine avec force son chemin vers le succès. Il a récemment acquis 50% des actions de la radio Nostalgie Dakar.

Le parcours de ce self made man patron de SenTV est plus qu’inspirant pour le monde des affaires et ce, le jury l’a bien rappelé. Il a débuté dans les médias comme reporter, avant de démarrer son business avec son agence Dak’cor. Petit à petit, il a fructifié ses affaires, a bâti un solide groupe de presse dont SenTV, La Tribune, Zik FM et a exploré le secteur du transfert d’argent avec Joni Joni/Vitfé qui opère en Afrique de l’Ouest.

Capital Finance International a des raisons de désigner Bougane Guèye Dani le meilleur entrepreneur sénégalais en 2016.  Une désignation qui vient s’ajouter à celle de Financial Afrik  qui l’a classé parmi les 100 personnes qui font bouger l’Afrique et l’un des dix meilleurs entrepreneurs de presse.

Source : intelligence-affaire.com

Last modified on mercredi, 29 juin 2016 12:58

Baptisé Sunway TaihuLight, il possède 10,65 millions de cœurs et dispose d'une puissance de plus de 93 pétaflops par seconde...

Avec plus de 93 pétaflops/s (c’est-à-dire 93 millions de milliards d’opérations par seconde), Sunway TaihuLight, un « super-ordinateur » chinois, est devenu le plus rapide de la planète. Doté de 10,65 millions de cœurs, il figure en tête du classement biannuel des 500 ordinateurs les plus puissants du monde, devant un autre concurrent chinois, le Tianhe-2, affichant 33 pétaflops/s au compteur.

Si le précédent super-ordinateur avait été fabriqué sur la base de processeurs Intel, les Etats-Unis avaient ensuite instauré un embargo sur la technologie américaine, contraignant les Chinois à ne compter que sur leur savoir faire, précise KultureGeek.

Ce nouveau super-ordinateur est donc 100 % chinois. Et ces derniers semblent avoir plusieurs coups d’avance, car avec 6 gigaflops/watt, sa consommation est qualifiée d' « excellente », précise le Journal du Net. La machine surpuissante a été installée dans la ville de Wuxi et sera au service de recherches sur la biologie, le climat, la météo ou encore des procédés industriels et l’analyse des données.

Pour trouver une machine occidentale, il faut scruter la troisième place occupée par Titan, le super-ordinateur américain. Quant aux Français, ils échouent aux abords du Top 10 avec Pangea, une machine appartenant à Total.

Par le surfeur

Peu connu dans les médias sénégalais, Ameth Amar fait la fierté des entrepreneurs sénégalais. Ce milliardaire à la discrétion légendaire règne sur un empire qui fait près de 40 milliards F Cfa de chiffre d’affaires par an. Son entreprise Nma Sanders étend ses tentacules en rachetant les Moulins Sentenac.

Ameth Amar est un homme pressé. Le temps passe très vite et les tâches sont multiples. Il n’est pas rare de le voir peupler les mondanités dakaroises, mais sa disponibilité cache un emploi du temps « surbooké ». Grand de taille, présence imposante, Ameth se dissimule derrière un corps qu’il voudrait soustraire au public qui l’oblige pourtant à s’afficher. De fait, le temps d’Ameth, c’est le temps du travail. Plus que la naissance, c’est à force de travail que l’homme s’impose aujourd’hui comme l’un des capitaines d’industrie les plus en vue de notre pays. On ne devient pas président directeur général de Nma Sanders, spécialiste dans les aliments de bétail et de minoterie, Pastami une usine de pâtes alimentaires sans ambition.

L’histoire commence dans les années 80 avec l’investissement d’Ameth Amar dans le transport maritime. L’homme aime investir et le retour sur investissement n’est pas maigrelet. Loin s’en faut. Les financements ne courent pourtant pas les rues. Il réussit, malgré les difficultés, à inaugurer en février 2001 l’unité industrielle de la Nouvelle Minoterie Africaine à Dakar pour produire de la farine panifiable et des aliments pour bovins et volailles. La route fut pourtant longue. C’est un ami qui lui vend l’usine à… 13 millions de nos francs. Un « tas de ferraille » qu’Ameth transforme en véritable bijou industriel. Pour ce faire, il s’adresse aux banques en quête de 500 millions. Niet des institutions financières en rogne contre les hommes d’affaires sénégalais plus préoccupés à se la couler douce qu’à bâtir de véritables entreprises performantes. Il parviendra, malgré tout, à trouver les financements nécessaires au lancement des activités de son usine.

Né à Mbacké, dans la région de Diourbel, il grandit à Dakar. A 22 ans, il fait des cours du soir en compabilité à l’Ecole Nationale Universitaire de Technologie (Ensut) de 18 h à 22 h, employé à L’Oncad pendant la matinée pour pouvoir payer ses études. Sa famille était loin d’être pauvre, mais les études n’y étaient pas la priorité. Le commerce l’emportait sur tout le reste. Le jeune Amar se découvre pourtant une fibre pour le gain. Ameth loue son vélo à ses petits camarades, et reverse les bénéfices dans l’achat de pigeons qu’il revendra par la suite.

Vient l’adolescence. Le Baol-baol emploie son temps libre en tenant la boutique de son oncle. Le soir, il écume les boîtes de nuit de la capitale, roule en R5, fréquente Thione Seck…la belle vie quoi ! Il dit : « à l’époque où le groupe Baobab était à la rue Jules Ferry, je sortais tout le temps. Cela m’empêchait de faire des économies. » Armé de son bagout et d’un culot d’enfer, le jeune homme se fait repérer par une société de pêche qui en fait son chef comptable en 1979. Capitaine dans l’âme, il démissionne de son poste, achète une vedette qui fait la navette entre le quai et les bateaux. En 1985, il achète deux camions qui transportent des containers, puis une grue pour faire des prestations de services. L’activité rapporte, mais le jeune homme d’affaires, comme nombre de personnes de son âge, aime la fête. Il roule en R5, sort tous les soirs, fréquente Thione Seck et s’éclate avec le « Baobab ». Résultat : toutes ses économies flambent.

Mais il faut croire que ce n’était là que péché de jeunesse. Aujourd’hui, le patron de la Nma emploie 350 personnes et pèse 32 milliards de FCfa. Un patron exemplaire qui, pour fidéliser ses employés, ne lésinent pas avec les moyens pour leur réussite sociale : formation continue pour les cadres en plus d’un pécule de 40 millions pour qu’ils s’achètent une maison, projet de construction d’une cité des ouvriers, etc.

Des pâtes, oui mais des Pastami
Spécialisée dans les farines boulangères et les aliments pour animaux, l’entreprise produit aujourd’hui 200 tonnes de farine de blé par jour. Il est loin, le temps où son Pdg était un petit opérateur sur le port de Dakar… Ameth Amar a aujourd’hui de nouvelles ambitions. Lancée il y a un an, sa nouvelle usine de pâtes alimentaires – Pastami –, dotée de machines italiennes, produit déjà 40 t de pâtes par jour, qui ont investi toutes les grandes surfaces de la capitale. Objectif ? Devenir aussi le fabricant de marques de grandes enseignes comme Casino. Où s’arrêtera-t-il ? Comme le groupe Glon, son partenaire français leader en nutrition animale, la Nouvelle Minoterie Africaine est concessionnaire Sanders pour toute l’Afrique de l’Ouest. Son ambition est de devenir une référence en Afrique afin d’occuper une grande place dans le marché national et de l’Uemoa (Union monétaire et économique ouest africaine).

Self made man au sens américain de l’expression, l’homme d’affaire qui a été porté à la tête de l’Association des industries meunières ouest-africaines (Aim- Uemoa) étale ses ambitions en rachetant Nma Sanders. Pour le moment, on ignore le montant de la transaction mais, il est sûr que Nma Sanders a mis sur la table une belle somme qui se compte en milliards FCfa. 

Par Sidy DIOP                                                                                                                                                                 Portrait rédigé grâce à une documentation sur le Web

 

Last modified on mercredi, 29 juin 2016 12:52

La jeunesse africaine a un esprit entrepreneurial et le prouve dans la création des entreprises. Dans le classement 2016, le magazine Forbes a relevé 30 jeunes entrepreneurs africains parmi les plus prometteurs. Intelligence-Affaire vous présente ces jeunes qui font bouger le continent.

La tête de liste du classement est occupée  par les kenyans,  les sud-africains et les ghanéens… et une sénégalaise Fatoumata Bâ.
On retrouve 6 entrepreneurs kényans dans le classement qui liste les Businessmen/women âgés de moins de trente ans qui connaissent des réussites éclatantes dans divers domaines d’activités. Parmi ces jeunes on retrouve le jeune Joël Mzcharia le fondateur de la société de services financiers Abacus et d’Alex Muria créateur de Farm Capital Africa, une société spécialisée dans l’agriculture.

On retrouve cinq représentants de l’Afrique du sud, cinq également du Ghana. Il faut ajouter que c’est l’Afrique anglophone qui est la plus représentée. En  Afrique francophone un peut citer le brave sénégalais Fatoumata Bâ fondatrice de la plateforme de commerce en ligne Jumia qui occupe la 10e place. Ce qu’il faut retenir  de ce classement, c’est que la majeure partie des jeunes entrepreneurs africains évoluent dans l’agriculture, des biens de consommation, des technologies de l’information et de la communication.

Source : intelligence-affaire.com

Last modified on mercredi, 29 juin 2016 12:44

Le royaume du Bandial commence à partir de Brin, une localité située au sud de la ville de Ziguinchor. C’est à partir de Brin que l’on emprunte une route carrossable. Au bout de quelques minutes, Badiatte, puis Essyl, Kameubeul et Enampor surgissent au cœur des palmeraies et des forêts. Suivront Séléky, Etama et Bandial coincés entre les mangroves et les rizières. Ces villages situés dans un hinterland baigné à la fois par le fleuve Casamance et le marigot Kameubeul forment le royaume Bandial, qui est sans roi depuis 1972, année de la disparition du dernier souverain, Affilédio. Depuis, le Bandial est à l’écoute des fétiches.

Sur cette piste sinueuse, couverte de feuilles mortes, seul le bruit des pas des visiteurs est perceptible. Crac ! Crac ! Crac ! entend-t-on avant de faire face, subitement, à un espace lumineux dans cette forêt dense. L’endroit est calme et garde une certaine spiritualité nettement perceptible. Nous sommes sur l’ancienne maison du roi de Bandial à Essyl, un village non loin d’Enampore.

Par endroit, on peut voir quelques jarres renversées ou encore d’anciennes calebasses hors d’usage. Mais le lieu le plus sacré de cet endroit se trouve au fond de cette petite hutte qu’on aperçoit, au pied des fromagers. Il est interdit à tout étranger d’y accéder, au risque de voir des malheurs s’abattre sur lui, nous confie-t-on. « Nous n’avons plus de roi à l’heure actuelle, mais la princesse habite ici », nous indique Faustin Garoumo Bassène. Même si le royaume Bandial s’étend de Badiatte au village de Bandial, Essyl serait le point de départ. C’est par la suite que les autres villages tels qu’Enampore, Keumeubeul et Bathingnère sont entrés dans le giron du royaume. Selon beaucoup de témoignages recueillis sur place, le premier roi de la contrée aurait des pouvoirs de faire descendre la pluie à tout moment. Il aurait été mis en captivité par les colons en même temps que le fondateur du Mouridisme, Cheikh Ahmadou Bamba. Quand l’autorité coloniale le défia de faire tomber la pluie, il leva alors son éventail qu’il remua deux fois en haut. Une forte pluie commença alors à tomber. Longuement. Il signifia alors au colon que pour arrêter cette pluie, il lui fallait rentrer chez-lui. C’est ainsi qu’il fut libéré. Depuis lors, les rois se sont succédé au trône entre les deux familles Sagna qui sont d’Essyl et les Manga qui habitent à Enampore. D’ailleurs le dernier roi « Affilédio » était de Enampore. Depuis la disparition de ce dernier, le Royaume Bandial ne dispose plus de rois comme les autres dans les autres territoires diolas, exceptés des princes.

Le trône ne s’hérite pas
Seulement ici, la royauté ne s’exerce pas de père en fils. Autrement dit, un roi ne donne pas naissance à un roi. Le titre de roi est plutôt conféré par les fétiches qui portent leur choix sur une personne dotée de connaissances ésotériques, capable de supporter ce sacerdoce. Faut-il le rappeler, le titre de roi dans le Bandial n’est pas une sinécure. « Quand vous êtes intronisé roi, vous ne faites plus partie du commun des mortels. Vous changez de nom et vous vous séparez de vos épouses et de vos enfants. C’est une autre vie qui commence. En quelque sorte, vous faites vos funérailles », renseigne André Bassène, l’adjoint au maire d’Enampore. La sacralité du roi oblige ses sujets à le vénérer. Il lui est interdit de travailler ou de mener des activités pour subvenir à ses besoins. Ce sont plutôt ses sujets qui mettent à sa disposition tout ce dont il a besoin.

A chaque famille, sa vocation
Pour autant, dans le royaume Bandial chaque famille a un rôle précis à jouer, démontrant ainsi la répartition des rôles dans la royauté. « Chaque famille a un rôle particulier à jouer. Et quand le roi disparaît, il y a une famille qui annonce sa disparition et une autre qui est préposée à organiser les funérailles », explique André Bassène. A l’heure actuelle, les fétiches n’ont désigné personne pour incarner le titre de roi et tout le monde est suspendu aux prédictions des féticheurs. Eric Manga, le chef de village d’Enampore, résume cette attente des populations. « Aujourd’hui, nous avons besoin d’un roi, mais personne ne peut choisir le roi, ce sont les fétiches qui peuvent le désigner à travers des signaux mystiques ».

Toutefois, sur le territoire et à Enampore plus particulièrement, les femmes prêtresses continuent à faire des prières et des libations à chaque fois que de besoin. En l’absence de roi, le chef coutumier Bacodia Manga gère les affaires courantes et reste le gardien du temple. « Nous n’avons pas de roi actuellement. J’assume une sorte d’intérim. Quand il y a un problème, les femmes se rassemblent et viennent chez-moi pour que je leur explique ce qu’il y a lieu de faire », renseigne le chef coutumier. A la veille de l’hivernage, il se prépare une grande fête traditionnelle, le « Garoumo » avant les premières semences. Pour combien de temps encore, les habitants du royaume vont-ils rester sans roi ? La question reste suspendue à la décision des fétiches.

Mais toujours est-il que même s’ils désirent tous un nouveau souverain, les habitants de Bandial n’en sont pas moins prêts à faire face à toutes les contraintes qui accompagnent l’arrivée d’un roi. Obligation sera faite aux populations de subvenir à tous les besoins de ce haut dignitaire. Pour l’heure, ils sont suspendus à la décision des fétiches qui ne tardera sûrement à trouver un successeur à Affilédio, le dernier roi du royaume Bandial.


Us et coutumes : Le royaume de tous les interdits                                                                                                               bangui 1Le royaume Bandial est une succession de villages de Badiatte, Essyl, Kameubeul, Enampor, Etama et de Bandial, tous coincés entre le fleuve Casamance et le marigot Kameubeul avec un premier plan des rizières et un chenal aux berges colonisées par des mangroves comme entre Enampor et Essyl, et à Etama. De Badiatte à Bandial, les habitants continuent de cultiver les rapports transcendants avec la nature au fil des siècles.

En provenance de Ziguinchor, nous laissons la chaussée et nous nous engageons à droite, sur une route latéritique. Au bout de quelques kilomètres, nous atteignons Badiatte, la porte du royaume Bandial. A l’entrée quelques maisons avec des toitures de zinc sont éloignées les unes des autres. En arrière-plan, des maisons en banco et des cases sont étouffées au milieu des manguiers et des palmiers. D’autres sont prises au piège des formations arbustives. La répartition des habitats est éparse. C’est comme si les habitants ne sont pas en communauté. Chacun est dans son… verger. Richard Diémé, le corps couvert de poussière sort du sentier des rivières. Il ne s’aventure pas à donner une idée sur la date de la fondation de Badiatte. Peu importe. Le temps n’a pas emporté les réalités du royaume Bandial. Ici, hier comme aujourd’hui, on cultive le riz et aussi on cultive le respect des forces invisibles qui animent la nature. Cette culture se transmet de père en fils. Et de génération en génération. Ce ne sont ni l’école française, ni les radios encore moins les télévisions qui remettront en question cet héritage.

Ici, ce n’est pas comme dans le Fogny. Il y a beaucoup d’interdits. Il ne faut pas toucher à la femme d’autrui, il ne faut pas prendre de l’argent trouvé sur des sites », conseille Richard Diémé. Rien d’étonnant. La nature n’est pas dépossédée du souffle divin dans le royaume Bandial et chez les adeptes des religions traditionnelles dans cette partie du Sénégal. Badiatte est dérivé du nom de famille Diatta. Nous longeons la route, les formations de palmerais, des arbustes, et au long loin derrière les rizières, des palétuviers suspendent nos regards. La nature étale sa splendeur. L’hôte n’a pas le temps d’admirer, parce qu’Essyl est là. « Essyl veut dire en Diola cuisiner. C’est d’ici qu’est parti le peuplement du royaume Bandial. Nos ancêtres qui sont venus de Bourofaye se sont installés ici, puis, par la conquête, des terres, d’autres sont partis à Séléky, Etama, Eloubalir, Enampor », raconte Jean Manuel Bassène. Les maisons carrées et l’école projettent l’image d’une ouverture. C’est n’est qu’un rideau d’apparence. Derrière ces fromagers, des manguiers, de baobabs, des rôneraies des réalités immuables. En suivant les pas de Faustin Marie Simon Bassène, nous remontons une piste sinueuse. Des maisons apparaissent çà et là dans des clairières.

Après des détours, nous voici dans un tunnel de verdure. Les branches des fromagers et les lianes forment une voûte épaisse, imperméable aux rayons du soleil. Nous avançons. Mais nos pas sont rythmés par des doutes. Les sentiers menant vers le site sacré semblent transmettre une peur soudaine. Les lieux sont habités par la quiétude et aussi par les esprits. Au fur et à mesure que nous nous engouffrons dans la palmeraie touffue, le sentier s’élargit. Au bout, au pied des fromagers des petites huttes couvertes de paille protègent quelques représentations. Au pied des arbres, d’autres représentations veillent sur tout. « Nous n’avons pas le droit d’aller jusqu’à l’endroit où l’on fait les fétiches. Ici, il est interdit de prendre des photographies.

Les préséances toujours de saison
Lorsque quelqu’un a des problèmes, il lui faut venir se confesser et implorer les esprits », confesse un de nos interlocuteurs. Après Essyl, voici Kameubeul, et puis Enampor, d’autres villages aux maisons réparties dans des formations arbustives. A la sortie d’Enampor, des jeunes peuplements de mangroves se déploient. Au loin, nous pouvons admirer des femmes sortir des vases, la tête chargée de lattes de bois d’Avicendia. A Séléky, un manguier se dresse à l’entrée, près de la véranda d’une maison en zinc.

Les fruits sont généreux. Une femme nous inviter à emporter des mangues. Elle s’empresse pourtant de nous mettre en garde : « une femme ne peut pas manger ces mangues ». Elle ne connait pas la raison de cet interdit, mais la cause est entendue par notre photographe.

Ici, tous les villages sont entre des rizières, le fleuve Casamance et la rivière de Kameubeul. Au fur et à mesure que l’on parcoure le royaume, on découvre les us et les coutumes qui sont toujours de saison. Les générations la perpétuent. C’est tout. « On ne doit pas voir une femme en période menstruation. Dans notre culture, il est aussi proscrit de voir beaucoup de sang », nous confie un jeune à Essyl. La vie humaine est sacrée dans le Bandial. Les coutumes sont respectées.

Dans le royaume bandial, ni le temps, ni la rareté des pluies n’ont remis en cause des pratiques précédant le démarrage des travaux dans les rizières. Depuis l’aube des temps, le démarrage des travaux rizicoles est rythmé par une série de cérémonies. Les bandial sont aussi considérés comme les peuples des rizières. Ils ne vivent que de riziculture et de pêche. La pratique de la riziculture est soumise à toutes les préséances. Le royaume continue de fêter « Outeuss », une fête qui précède le repiquage du riz. « C’est une fête qui est célébrée le même jour dans tout le royaume. Mais c’est une seule personne qui est habilitée à choisir le jour. Et, cette personne se trouve dans le dernier village du royaume, c’est-à-dire dans le village de Bandial », confie un jeune du village de Essyl.

Ce n’est pas tout. La période précédant l’hivernage est rythmée par des implorations. De temps en temps, on se regroupe pour essayer d’organiser des séances de divinations ou encore pour solliciter l’aide des ancêtres et des fétiches. Le « Outesse » est suivi du « Garoumo », une cérémonie organisée avant la tombée des premières pluies. Dans le passé, il revenait au roi de choisir la date de cette fête en se fondant sur les signes inaccessibles aux communs des mortels.


Village de Bandial  : La vie au fil de l’eau
bangui 2Le village de Bandial est le village le plus avancé du royaume sur le fleuve Casamance dans l’extrême sud-ouest de la région de Ziguinchor. Dans cette presqu’île où les ruisseaux viennent lécher les murs et les clôture des maisons, les habitants manifestent un fort attachement à leur terroir.

La vie au fil de l’eau. Les maisons en première ligne sont dans la vase. Le jour de notre visite, la dérive des ruisseaux s’arrête à quelques mètres de deux maisons couvertes de zincs et d’une chaumière. Les digues en argile sont érigées. Elles forment des bassins. Elles servent à protéger des maisons durant la marée haute. Les digues et des bassins de rétention parcourent la zone de marnage, cette partie couverte et découverte respectivement en marée haute et en marée basse. Au fond du village, presque sur la rive du bolong, se dresse une imposante chaumière. La dérive de la rive ceinture, l’habitation Gilbert Bassène, un professeur de transit qui a vécu durant une trentaine d’années à Dakar. « Durant l’hivernage, nous avons de l’eau jusqu’à dans la cour. Mais nous sommes heureux. On peut se lever et aller pêcher du poisson frais à n’importe quel moment de la journée », lance le professeur de transit à la retraite.

Sur le flanc droit, deux hommes sont au bord du bolong. Ils hument l’air pur. Au loin, un jeune garçon d’environ 10 ans sort du ruisseau à la nage. A Bandial, l’eau est plus une source de vie. Le village lui doit son existence. Le fleuve Casamance apporte à travers ses affluents l’abondance. « Nos ancêtres se sont installés à Bandial à cause de l’abondance des poissons et aussi de la fertilité des sols. Des familles récoltent encore d’importantes quantités de riz », raconte Damas Tendeng adossé à un baobab au rivage jonché de coquillages d’huitres. De l’autre côté de l’école, le ruisseau continue sa conquête de la terre. Les marées hautes inondent des bassins aménagés entre les maisons. Dans la presqu’île, le charme de nature chasse le dépaysement. Des habitants qui travaillent à Ziguinchor rentrent tous les jours malgré une longue distance. Les touristes espagnols sont tombés sous le charme du site. Ces européens portent le combat de la préservation du patrimoine local. « Les espagnols nous disent de conserver les cases. Mais il faut reconnaître que c’est difficile. La paille n’est plus abondante dans la zone. Vous pouvez observer, de nouvelles constructions gagnent du terrain par rapport aux habitations traditionnelles, typiques du Bandial », avance, le professeur de transit sous une voix triste.

Hubert Bassène, les pieds nus avance d’un pas léger. Il se dirige sur ce quai où flottent des pirogues. Pour ce pêcheur, le Bandial est son paradis terrestre. Depuis 20 ans, la vie n’est pas immuable pour cet homme dont l’occupation se résume à la pêche. « Je suis heureux à Bandial. J’ai passé 7 mois sans me rendre en ville. Je suis tranquille ici. Je respire de l’air pur. Ce n’est pas comme à Ziguinchor », se plaît à dire Hubert Bassène. Au centre polyvalent construit par la coopération espagnole, la joie de vivre est manifeste. Les femmes se raillent. D’autres passent au peigne fin des pagnes teintés. Le cousinage à plaisanterie apporte une touche ludique au tissage des pagnes.

Une nature généreuse
Leur vie durant la saison sèche est liée à ce centre de formation construit par la Coopération espagnole « Nous avons reçu une formation en batik, mais nous n’avons pas maîtrisé les techniques. Nous avons besoin d’autres formations », s’exprime Marie Jeanne Bassène, l’une des premières bénéficiaires de la formation. Le centre est aussi le prolongement d’une vie en communauté.

L’argent généré par la teinture est versée dans une caisse de solidarité. « Toutes les recettes gardées. Nous attendons d’avoir une somme importante pour voir ce qu’il faudra faire », informe Marie Claire Tendeng. Au fil des années, des générations peuvent se lever à tout moment pour pêcher dans les bolong avec des pirogues, ou à pied avec des filets à épervier, ou encore à la nasse. La nature est généreuse. « Toutes les familles vivent de la riziculture et de la pêche. Nous fournissons des poissons aux villages de la zone et à la ville de Ziguinchor », raconte un homme croisé à l’entrée d’une concession à l’extrême droite du village. La presqu’île a aussi ses revers. L’eau colonise des superficies rizicoles. La mare d’eau douce est sous influence de la remontée de la langue salée. L’accès à l’eau potable confie le chef du village, Michel Tendeng, est un vrai problème. Bandial est desservi de façon irrégulière par un forage construit à Badiatte à l’entrée du royaume. « La vie serait plus enviable dans notre village, si nous avions de l’eau potable en permanence », clame le chef du village le plus avancé sur le fleuve Casamance. Bandial avec ses dérives de ruisseaux et ses remparts de mangroves continue de fasciner ses habitants et ses visiteurs.

 

De nos envoyés spéciaux Idrissa SANE, Maguette NDONG (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)

Last modified on mercredi, 29 juin 2016 12:48

Dieu et les Siens

29 Jui 2016
457 times

L’autre jour, dans un coin chic de Dakar, c’est un ancien camarade de classe perdu de vue depuis longtemps et qui, entre temps, a cédé à l’onction bachique qui m’offre de prendre un verre avec lui. Grande fut sa surprise de m’entendre commander un jus de fruit.

épité, il me tint ce discours tout droit sorti des officines de l’ébriété permanente :

- Il y en a beaucoup, parmi ces gens qui se perdent en génuflexions et en courbettes devant Dieu qui seront surpris le jour de Jugement dernier. Dieu fera faire deux grandes files : celle des musulmans pratiquants qui croient avoir signé un bail avec le paradis et celle des gens comme moi qui vivent pleinement sur terre. A la première catégorie de gens il dira : « vous avez snobé les bienfaits que j’ai descendus sur terre pour vous faciliter la vie, n’espérez donc pas que je vais perdre mon temps à vous proposer mieux ici ».

t à nous, il ouvrira grandement les portes du paradis puisque dira-t-il, « nous avons compris ».

- Je me surpris à lui répondre sur un air interloqué :

- Si je te vois entrer au paradis avant moi, je détrône Michael Jackson dans l’art de la danse.

Par Sidy DIOP

L'halitose (Mauvaise haleine)

29 Jui 2016
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L’halitose ou la mauvaise haleine est le fait d’avoir une haleine dont l’odeur est incommodante. Le plus souvent, ce sont les bactéries présentes sur la langue ou les dents qui produisent ces odeurs. Bien que l’halitose soit un problème de santé mineur, elle peut cependant représenter une source de stress et un handicap social.
La plupart des cas de mauvaise haleine proviennent de la bouche elle-même et peuvent être causés par :

• Certains aliments contenant des huiles qui dégagent une odeur particulière, par exemple l’ail, les oignons ou certaines épices. Ces aliments, une fois digérés, sont transformés en composants potentiellement odorants qui passent dans la circulation sanguine, se rendent dans les poumons où ils sont source de l’haleine odorante jusqu’à ce qu’ils soient éliminés du corps.

• Une mauvaise hygiène bucco-dentaire : lorsque l’hygiène de la bouche est insuffisante, les particules de nourriture persistant entre les dents, ou entre la gencive et les dents sont colonisées par des bactéries émettant des composés chimiques malodorants à base de soufre. La surface microscopique inégale de la langue peut également abriter des débris alimentaires et des bactéries à l’origine de mauvaises odeurs.

• Une infection bucco-dentaire : une carie ou une maladie parodontale (infection ou abcès des gencives ou parodontite).

• Une bouche sèche (xérostomie ou hyposialie). La salive est un rince-bouche naturel. Elle contient des substances antibactériennes éliminant les germes et les particules responsables de la mauvaise haleine. La nuit, la production de salive diminue, ce qui est à l’origine de la mauvaise haleine du matin.

• La consommation d’alcool, la respiration par la bouche plutôt que par le nez et les désordres des glandes salivaires.

• Les produits du tabac. Le tabac assèche la bouche et les fumeurs sont également plus à risque de maladies dentaires, ce qui entraîne l’halitose.

• Les hormones. Pendant l’ovulation et la grossesse, les taux élevés d’hormones augmentent la production de plaque dentaire, qui, colonisée par des bactéries, peut provoquer une haleine nauséabonde.

L’halitose peut parfois être le symptôme d’un problème de santé plus grave tel que :

• Des maladies respiratoires. Une infection des sinus ou de la gorge (amygdalite) peut provoquer une abondance de mucus qui occasionne une haleine fétide.

• Certains cancers ou des problèmes métaboliques peuvent entraîner une mauvaise haleine caractéristique.

• Le diabète.

• Un reflux gastro-oesophagien.

• Une insuffisance rénale ou du foie.

• Certains médicaments, tels que les antihistaminiques ou les décongestionnants, de même que ceux utilisés pour traiter l’hypertension artérielle, les désordres urinaires ou les problèmes psychiatriques (antidépresseurs, antipsychotiques) peuvent contribuer à la mauvaise haleine en asséchant la bouche.

Mesures préventives de base

• Se brosser les dents et la langue au moins deux fois par jour après les repas. Changer de brosse à dents tous les 3 ou 4 mois.

• Utiliser de la soie dentaire une fois par jour pour retirer les aliments coincés entre les dents, ou une brossette interdentaire pour les personnes dont les dents sont plus écartées.

• Nettoyer les prothèses dentaires régulièrement.

• Boire suffisamment d’eau pour assurer l’hydratation de la bouche. Sucer des bonbons ou mâcher de la gomme (idéalement sans sucre) en cas de bouche sèche.

• Consommer des fibres (fruits et légumes).

• Diminuer la consommation d’alcool ou de café.

• Consulter un dentiste régulièrement, au moins une fois par an pour des soins éventuels et pour un détartrage régulier.

Last modified on mercredi, 29 juin 2016 12:37

Ce programme malveillant, qui permet de prendre le contrôle à distance sur le terminal, menace 90 % des smartphones…

La société Trend Micro a signalé mardi sur son blog l’existence d’un nouveau malware qui serait propagé par le biais d’applications disponibles sur le playstore et touchant les terminaux Android.

Baptisé Godless, le programme malveillant s’attaquerait aux appareils fonctionnant sous Android 5.1 Lollipop ou inférieur, soit plus de 90 % des smartphones, précise Numerama. Si vous disposez d’Android Marshmallow sur votre mobile, vous n’avez en revanche rien à craindre. A l’heure actuelle, le malware aurait infecté 850.000 mobiles, principalement situés en Asie. Trend Micro, société spécialisée dans les logiciels de sécurité informatique, a fourni un tableau d’implantation de Godless : l’Inde (46,19 %) est le pays le plus touché, loin devant l’Indonésie (10,27 %) et la Thaïlande (9,47 %).

Godless exploiterait plusieurs vulnérabilités différentes, dont certaines sont déjà documentées tandis que d’autres sont mal connues. Ce qui n’a rien de rassurant. Une fois dans le terminal, le malware récupèrerait les droits « root », soit « le plus haut niveau de privilège sur le téléphone » souligne Numerama.

Après cette prise de contrôle, totalement transparante pour l’utilisateur, le logiciel malveillant téléchargerait d’autres éléments de programmes difficiles à supprimer, précise Trend Micro.

Il semble que Godless soit capable d’être piloté à distance par un tiers, qui pourrait alors espionner l’utilisateur, souligne Fredzone. Cependant, Google a affirmé que des mesures avaient été prises pour limiter la propagation du logiciel malveillant.

Par le surfeur

L'entreprise travaille sur des appareils capables d'identifier différentes espèces de moustiques pour repérer d'éventuelles maladies avant qu'elles ne se répandent...

Microsoft ne s’intéresse pas seulement au cannabis, mais aussi aux moustiques. L’entreprise américaine d’informatique s’est associée à une collectivité du Texas (sud des Etats-Unis) afin de tester une technologie utilisant l’intelligence artificielle pour lutter contre les insectes vecteurs de maladie. Au cœur de cette initiative, baptisée « Project Premonition », la volonté de se servir des nouvelles technologies pour identifier la présence de moustiques porteurs du virus Zika ou de la dengue avant que les épidémies ne se propagent.

Différencier les espèces en fonction de leurs battements d’ailes
Les pièges développés par Microsoft sont capables de différencier les espèces de moustiques en fonction de leurs battements d’ailes et de faire des captures « sélectives », qui permettent aux scientifiques un gain de temps considérable pour tester différentes populations d’insectes. En utilisant le « machine learning », l’appareil peut également apprendre au fil du temps à différencier de nouvelles espèces.

La technologie sera prochainement testée au Texas, dans le comté de Harris, près de Houston, dont les autorités ont été séduites par l’idée. « Pour un scientifique, c’est comme un rêve », s’exclame Mustapha Debboun, directeur du service de contrôle des moustiques de cette collectivité grande comme la moitié de la Corse. « Dans un comté de cette taille, nous n’avons pas les ressources suffisantes pour éliminer les moustiques à l’aide d’insecticides », explique-t-il.

Dans un premier temps, dix pièges seront répartis dans le comté, capables de mesurer et transmettre les conditions climatiques de l’endroit où ils se trouvent au moment de la capture des moustiques. Microsoft espère par la suite mettre en place des drones capables de repérer les zones de concentration de moustiques et d’y transporter les pièges.

Par le surfeur

Thé, café, jus de raisin… De nombreux aliments peuvent tacher les dents, les jaunir ou les abîmer. Découvrez comment avoir des dents plus saines et plus blanches au naturel !

1. Brossage au citron
En plus d'avoir de nombreux bienfaits sur la santé, le citron est aussi un allié qui permet d'avoir des dents plus blanches. L’acide citrique qu’il contient aide à lutter contre le tartre, c'est-à-dire à l’épaississement de la plaque dentaire, en partie responsable du jaunissement des dents. De plus, le tartre peut être à l’origine de caries dentaires, de maladies gingivales comme la gingivite ou la parodontite, ainsi que de la mauvaise haleine.
Brossez délicatement vos dents avec un peu de jus de citron fraîchement pressé puis rincez abondamment. Attention : ne répétez l’opération qu’une fois par semaine au maximum, car si l’acidité du citron permet d’éliminer le tartre et la plaque dentaire, il peut aussi abîmer l’émail des dents. De la même manière, évitez de consommer des aliments acides comme le café, les sodas ou les produits à base de sucre raffiné ou d'aspartame, par exemple.

2. Vive le bicarbonate de soude !
Le bicarbonate de soude est un ingrédient souvent recommandé pour blanchir les dents. Véritable détartrant naturel, le bicarbonate de soude possède des propriétés abrasives douces qui permettent de réduire la plaque dentaire et de lisser l’émail des dents. Il a également l'avantage d’assainir la bouche et de prévenir la formation de caries.
Appliquez une fois par semaine un peu de poudre de bicarbonate de soude sur la brosse à dent, à la place du dentifrice. Attention à ne pas l’utiliser trop régulièrement car le bicarbonate peut également être responsable d’un émail fragilisé.

3. Le Melaleuca, un antiseptique buccal
En plus de traiter la gingivite, les aphtes, les abcès et la mauvaise haleine, l’huile essentielle de tea-tree, également appelée Melaleuca, permet d’assainir la bouche et les dents. Ses vertus antibactériennes et antifongiques font de cette huile un excellent antiseptique buccal.  Bien que cela n’ait pas été prouvé scientifiquement, l'huile essentielle de tea-tree contiendrait également des principes actifs qui permettraient de blanchir les dents.

En rince-bouche, se gargariser avec un demi-verre d’eau dans lequel quelques gouttes d’huile essentielle de Melaleuca ont été incorporées.

• Appliquer 1 goutte de cette huile essentielle directement sur l’aphte avec un coton-tige, 1 fois par jour jusqu’à sa disparition.
• Appliquer directement 1 goutte d’huile essentielle de tea-tree sur le dentifrice et brosser délicatement ses dents, 1 fois par semaine uniquement pour ne pas abîmer l’émail.

Précautions d’utilisation : L’huile essentielle de Melaleuca peut être irritante : faites un test sur une petite portion de peau avant de l’utiliser. De plus, l’utilisation des huiles essentielles ne convient pas aux femmes enceintes, ni aux enfants.

4. Les secrets du brossage
Avoir une bouche saine et des dents blanches passe aussi par une hygiène bucco-dentaire optimale. Un bon brossage de dent permet d’éliminer la plaque dentaire, en partie responsable de la coloration des dents, et de diminuer le risque de caries dentaires.
Il est conseillé de se brosser les dents 2 à 3 fois par jour, idéalement après chaque repas, durant 3 vraies minutes. Il est aussi recommandé d’utiliser une brosse à dent adaptée à ses besoins, de préférence souple ou medium, car une brosse à dent dure risque d’abîmer les gencives et de provoquer à terme, un déchaussement des dents.

Il est conseillé de brosser d’abord la mâchoire du haut puis celle du bas. Pensez également à brosser de la gencive vers la dent, et non l’inverse ou horizontalement, c'est-à-dire d’un côté vers l’autre de la bouche. N’oubliez pas d’utiliser quotidiennement de la soie ou du fil dentaire.

5. La pomme contre les bactéries
L'émail des dents est légèrement poreux, c'est-à-dire qu’il est composé d’infimes interstices dans lesquels les fines particules de certains aliments peuvent pénétrer. C’est pour cette raison que les dents sont rapidement colorées après une consommation de myrtilles ou de vin, par exemple.

Tous les aliments ou boissons colorés ont tendance à teinter les dents, c’est pourquoi il est conseillé de les éviter ou de se brosser rapidement les dents après en avoir consommé. Evitez aussi les aliments acides, comme les agrumes ou les produits à base de sucres raffinés qui fragilisent l’émail et augmentent sa porosité. En revanche, mâcher une pomme à la fin du repas entraîne une salivation qui permet de lutter contre l’acidité et l’activité bactérienne des Streptoccus Mutans (= bactérie faisant partie de la flore de la cavité buccale). N’adhérant pas aux dents, la pomme permet de faire un petit nettoyage et de limiter ainsi la formation de caries. Mastiquer permet aussi de masser les gencives, ce qui est efficace contre l’inflammation de ces dernières (= gingivite). Si vous n’avez pas la possibilité de vous brosser les dents, le midi au travail par exemple, il est conseillé de manger une pomme. Attention, elle ne remplace pas le brossage des dents !

Source : passeportsante.net

Réunis au centre de Malango le 4 juin dernier, les divinateurs sérères ont prédit un hivernage pluvieux et de bonnes récoltes. La prochaine élection présidentielle s’est invitée aux prédictions, non sans controverses.

Samedi 4 juin. Il est 22h au Centre Malango situé juste derrière le fleuve Mame Mindiss (Ndlr : totem de la ville de Fatick), de l’autre côté en allant vers Kaolack. En cette tombée de la nuit, les vagues du petit bras de mer se noient dans le bourdonnement ininterrompu des tambours. Par dizaine, les visiteurs convergent vers la mythique demeure des saltigués, hôte cette soirée du traditionnel « Khoy », cette fameuse cérémonie de divination en pays sérère. La presse nationale et étrangère, parmi laquelle un journaliste freelance hollandais, est présente, micros et caméras à l’affût ; toujours prête à se faire l’écho médiatique de cet événement dont la notoriété a fini de dépasser les frontières nationales.

Dans la vaste cour du centre, les invités prennent progressivement place, entourés d’arbres. Certains des hôtes dînent entre deux cases, dans la pénombre. Les voyants, eux, sont reconnaissables à leurs tenues particulières, leurs gris-gris et leurs bonnets à la couleur rouge. Ils se bousculent au portillon pour prendre la lance et se livrer à leurs prédictions, leur jeu favori. Comme s’ils étaient possédés par une force supérieure qui les fait agir selon son bon vouloir. Les saltigués se défient tels des lutteurs dans une arène qui s’apprêtent à en découdre. Accompagnés par le « ndakin », rythme propre au « khoy »,  ils se laissent parfois aller à quelques démonstrations, quelques pas de danse. Le public se régale. Ça promet ! D’autres, à travers leurs mouvements, donnent l’impression de vouloir se métamorphoser, voler dans l’espace, toucher le firmament. Tel que le faisait le « dieu » saltigué Guedjopale Mane Niane, du moins si l’on en croit la légende. Celle-ci raconte que ce dernier, proche du mythique roi Diomaye Niane qui a un temps gouverné le Sine, montait au ciel partager le repas avec « Roog Seen », le Dieu suprême. Et miracle, il revenait sur terre, les mains recouvertes de couscous et de lait caillé ! Mais c’était il y a bien longtemps.

Hivernage pluvieux
salA l’intérieur du cercle transformé presque en ring, c’est un vrai capharnaüm, malgré les nombreux rappels à l’ordre du maître de cérémonie Djiby Ndiaye. « Vous ne pouvez pas tous parler en même temps ; ce n’est pas possible, vous n’êtes pas des enfants ! », se fâche le journaliste de la radio communautaire « Ndef Leng » Fm. Finalement, après plusieurs tentatives ratées, il convainc les saltigués à regagner leurs places respectives, une liste ayant été confectionnée pour les appeler un à un. Les esprits finissent par se calmer. Enfin le défilé tant attendu des « madag » (Ndlr : équivalent de voyant en sérère) peut commencer, à la grande satisfaction des spectateurs dont l’impatience devenait de plus en plus perceptible. Et c’est le saltigué Guedj Guèye qui ouvre le bal. « Fakkam ! » (littéralement bats-moi le tam-tam), lâche-t-il aussitôt à l’endroit du tambour major qui s’exécute, sans crier gare. « Rang tanguindang, rang tanguindang, rangtanguindang… ». Après quelques démonstrations au son des tams-tams, le vieillard enfonce la lance de toutes ses forces dans les entrailles de la terre. C’est le moment de s’adresser au public. Le ton grave, il salue la foule suspendue à ses déclarations très attendues : « L’hivernage sera pluvieux et les récoltes seront très bonnes. Il y aura beaucoup de mil et d’arachide ».  « Amiine », rétorque en chœur l’assistance. Les paysans sont avertis. De la pluie, il y en aura. Le reste ne dépendra que d’eux.

Le voyant Ndiaw Diouf embouche la même trompette. Il prédit une saison des pluies généreuse mais s’empresse de recommander des prières pour éviter certains accidents qui, souligne-t-il, risquent de coûter la vie à bien de passagers. Le « Yal pangol » (Ndlr : celui qui est possédé par des compagnons invisibles), Ibrahima Ndong confirme les prédictions de ses prédécesseurs. L’homme prévient néanmoins sur un violent vent qui pourrait créer beaucoup de dommages dans le sud du pays. Le jeune voyant Omar Ndiaye entre en lice et met les pieds dans le plat. « J’avais dit ici que si l’élection présidentielle s’était tenue en 2017, le chef de l’Etat Macky Sall n’aurait pas de second mandat. Fort heureusement pour lui, le scrutin a été repoussé. Mais cette prédiction reste valable pour 2019 », martèle-t-il.

La nouvelle génération, sans complexe
 saltigue 2Selon ce divinateur qui révèle avoir une épouse djinn, à côté de ses deux femmes, le successeur de Me Abdoulaye Wade à la magistrature suprême ne peut en aucun cas rempiler. « Je suis catégorique », insiste-t-il. Une prédiction que balaie d’un revers de la main Khane Diouf. En dépit de l’âge, la saltigué de Diadiack garde encore son agressivité, son principal trait de caractère. Dans le milieu très macho de la divination en milieu sérère, cette dame octogénaire est l’une des rares à défier et contredire la gent masculine. Ses prédictions dont beaucoup se sont révélées justes ont fini par lui donner une aura locale voire nationale et internationale. « J’ai été la première à avoir prédit l’accession de Macky Sall au pouvoir », rafraîchit-elle d’emblée la mémoire des spectateurs sur un ton jubilatoire. Puis prenant le contrepied de son jeune camarade Omar Ndiaye, elle ajoute que le président de la République aura bel et bien un second mandat en 2019. « Que ça vous plaise ou pas, Macky Sall va rempiler. Personne n’y peut rien », dit-elle encore à l’endroit de son rival. Après les cadors Khane Diouf, Mahé Mathie, Guedj Wagni, Landiougane de Sanghaie, Amy Faye de Niakhar etc., place aux jeunes loups aux dents longues ! Il faut dire que la relève est bien assurée avec notamment une forte présence des jeunes voyants de Ndiaye-Ndiaye, le quartier traditionnel sérère de Fatick. Incarnée par le jeune Fodé Diouf, la jeune génération n’a pas froid aux yeux et n’a pas non plus de complexe d’infériorité. Elle dispute la parole aux ténors dont elle ose contredire les prédictions, à l’image de ce choc de génération entre Khane Diouf et le jeune Omar Ndiaye. Et c’est justement tous ces défis, toutes ces contradictions, toutes ces empoignades verbales qui font le charme du « Khoy ».

 

Last modified on lundi, 27 juin 2016 14:54

Dans la cuvette de Ngalenka, jadis espace sauvage et ingrate, des champs rizicoles à perte de vue sont en train de pousser grâce aux aménagements hydro-agricoles réalisés par le Mca. 450ha ont été aménagés au bénéfice de 1.800 riziculteurs répartis dans 43 Groupements d’intérêt économique (Gie) et 10 Groupements de promotion féminine (Gpf).

La Cuvette de Ngalenka est le nom du cours d’eau qui tire sa source de la rivière Doué, elle-même bras du fleuve Sénégal. Jusqu’à une date récente, peu de gens pouvaient identifier sur une carte ce coin niché au village de Ndiofoundé Dialy, dans la commune de Ndiayenne Pendao, département de Podor, région de Saint-Louis. Mais, depuis que le Millénium Challenge Account (Mca-Sénégal) y a réalisé des aménagements hydro-agricoles structurants sur 450ha, la cuvette de Ngalenka est relativement sortie de l’anonymat. Sur cette prairie jadis déserte et abandonnée, poussent aujourd’hui des champs de riz à perte de vue ceinturés par des plans d’eau bien alimentés par une station de pompage électrique haut débit à travers un canal principal.

D’un coût de 3 milliards de FCfa, la cuvette de Ngalenka est l’une des composantes du Projet d’irrigation et de gestion des ressources en eau dans la vallée du fleuve Sénégal que le Mca a mis en œuvre pour un montant global de 95 milliards de FCfa. Lancés en novembre 2012 par l’ancien Premier ministre, Abdoul Mbaye, les aménagements qui disposent de tous les équipements nécessaires ont été inaugurés en octobre 2014 par le chef de l’Etat, Macky Sall. « Avec l’intervention du Mca, les surfaces cultivables sont passées d’un aménagement sommaire sur 70ha à un aménagement maîtrisé sur 450ha avec une augmentation des rendements. Les axes hydrauliques ont été recalibrés, le dispositif du champ hydraulique amélioré. On a rendu l’eau disponible douze mois sur douze et les conditions de drainage meilleures », souligne Ibrahima Niane, agent du Saed qui avait en charge l’Unité de gestion de cette cuvette.

Amadou ba dentalCe dimanche 15 mai, un temps étonnamment clément enveloppe les lieux en cette période pré-hivernage où, d’habitude, le thermomètre affichait entre 40 et 45 degrés. Amadou Maham Bâ, président de l’Union « Dental Mca » et son acolyte Saliou Sow, chargé de l’aménagement, nous promènent à travers les casiers rizicoles. En cette période de l’année où les semis entrent dans leur phase de maturation, la cuvette est presque vide. Seuls quelques ouvriers agricoles font la ronde pour éloigner les oiseaux granivores. « Si vous revenez ici durant la période de récolte, la cuvette est bondée de monde comme un marché de Dakar », indique le sieur Bâ dans son grand boubou trois pièces.

Le périmètre est divisé en cinq blocs qui font entre 70 et 12 ha chacun. Aussi loin que porte le regard, c’est le même décor : un impressionnant tapis de verdure qui tire de plus en plus sur le jaune. Cette deuxième campagne de contre-saison, depuis la mise en service de la cuvette, s’annonce sous de bons auspices. Mais il faudra faire vite avant que la pluie ne surprenne les tiges de riz. « Le riz est entré dans sa phase de maturité. Dans quelques semaines, nous allons engager la récolte. Le mieux serait de commencer avant le début de l’hivernage afin d’en tirer le meilleur rendement», explique-t-il. Cela permettrait par ailleurs d’entamer les préparatifs de la deuxième campagne hivernale en toute sérénité.

Exploitations familiales
Ici, le type d’aménagement mis en place repose sur des exploitations familiales afin de répondre prioritairement aux besoins des populations locales. En effet, au-delà de contribuer à augmenter la production rizicole au Sénégal, la cuvette de Ngalenka a pour objectif premier de permettre aux agriculteurs d'offrir de meilleures conditions de vie à leurs familles, comme l’avait souligné Sandra Clark, chargée d'affaires de l'Ambassade des Etats-Unis au Sénégal, lors de l’inauguration de ces aménagements.

Pour en faire profiter au maximum de personnes, les modalités d’attribution des terres ont été déterminées dans le cadre d’un processus d’échanges avec les populations des 23 villages qui se trouvent dans le rayon de la cuvette. Le consensus avec tous les acteurs pour l’affectation des terres a surtout permis la mise à disposition d’au moins 10% de la superficie aménagée aux groupements féminins grâce à un programme foncier inclusif. Aujourd’hui, près de 1.800 riziculteurs répartis dans 43 Groupements d’intérêt économique (Gie) et 10 Groupements de promotion féminine (Gpf) se partagent les 450ha aménagés. « Chaque groupement dispose entre trois et quatre ha et chaque membre est attributaire d’une parcelle de 0,5ha », explique Saliou Sow.

Du coup, les rendements qui étaient très faibles en amont, moins de 4 tonnes, ont doublé voire triplé atteignant entre 7 et 9 tonnes à l’hectare. « Au total, on se retrouve donc avec une production de 2.000 tonnes de riz paddy, c’est très louable. Cela impacte énormément de monde surtout les femmes », insiste Ibrahima Niane. Cette performance n’aurait jamais été possible sans l’intervention du Mca et l’accompagnement de l’Etat à travers la mise à disposition de machines de laboure, admet Saliou Sow. Toutefois, ces riziculteurs attendent encore une moissonneuse-batteuse. « L’Etat nous a donné les moyens, mais nous voulons cultiver davantage et accélérer la cadence. Pour ce faire, il nous faut toutes les machines nécessaires dans la chaîne de production, notamment une moissonneuse-batteuse. Cette machine nous permettrait de récolter très vite avant le début de l’hivernage », confie Saliou. La mise en valeur de la cuvette a permis de créer des centaines d’emplois. « Pour chaque hectare, on recrute trois à quatre ouvriers agricoles pour la récolte », dit-il. Pour la commercialisation, le riz est écoulé soit dans les marchés hebdomadaires soit cédé à certaines entreprises privées de la zone.

Un potentiel énorme
NgalenkaPour ces riziculteurs, témoins de la transformation radicale de la cuvette de Ngalenka, l’autosuffisance en riz à l’horizon 2017 est loin d’être une chimère. « C’est un objectif à portée de main », déclare Amadou Maham Bâ. « L’Etat est en train d’aménager les terres, il y a de l’eau et assez de terre, les gens s’intéressent de plus en plus au riz, des machines sont en train d’être distribuées, il n’y a aucune raison pour que ce vœu ne soit pas exaucé », estime-t-il. En tout cas, informe le technicien de la Saed, « tout le monde, à tous les niveaux, travaille à l’atteinte de cet objectif ». Le fait que l’importation de riz a fortement baissée impactant ainsi positivement sur la balance des paiements est déjà quelque chose de gagné, selon lui. « Si la dynamique enclenchée se poursuit, il est fort à parier que cet objectif sera atteint », soutient-il. Dans ce sens, le département de Podor aura un rôle important à jouer car, d’après Ibrahima Niane, cette localité est actuellement la zone au Sénégal où la potentialité rizicole reste énorme. « Podor dispose de pas moins de 140.000 ha de terres cultivables. A lui seul, il peut porter tout le circuit rizicole. Si on veut miser sur de grandes superficies, c’est à Podor qu’il faut aller. Parce que dans le Delta, le potentiel foncier est en train de diminuer car la plupart des terres ont été déjà attribuées », confie-t-il.

Cela ne veut pas dire qu’il faut délaisser le Delta, précise le technicien de la Saed. « Il reste encore quelques poches qu’on peut exploiter, mais ce qu’il faut, c’est surtout réhabiliter les sols dégradés », affirme-t-il. Dégradées ou à l’état de friche, les terres de la vallée portent en tout cas tout l’espoir d’un pays qui aspire à l’autosuffisance en riz. Et la cuvette de Ngalenka, jadis abandonnée et aujourd’hui fertile, augure des lendemains qui peuvent chanter.

De nos envoyés spéciaux El Hadj Ibrahima THIAM, Oumar BA (textes)
et Mbacké BA (Photos)

Last modified on lundi, 27 juin 2016 15:20

Née le 27 septembre 1973 à Bukavu, au Congo Kinshasa (Rdc), Barbara Kanam est musicienne, productrice et actrice. Considérée comme l’une des plus belles voix de la génération des années 1990/2000, elle excelle aussi bien dans l’afro-pop, l’afro-folk et les ballades (guitare/voix) que dans l’afro-dance muisc (soukouss, ndombolo, coupé decalé, afro zouk). Elle s'est faite une place dans le répertoire des chansons aux sonorités africaines, au fil de deux albums (Mokili, en 1999 et Teti en 2003).

Elle fonde sa boîte de production, Kanam Music, car voulant se départir des « producteurs machos congolais », se séparant alors du « Propriétaire de tous les dossiers », Awilo Longomba, avec qui « elle est restée en bons termes ».

Abidjan et son cosmopolitisme l'ouvriront à divers univers musicaux, le gospel notamment, comme en témoigne son opus « Karibu ». « Je voulais aller plus loin, car je me sens plus mûre, plus femme », soulignait-elle. 2008 a été donc pour elle l'année de tous les défis.

Barbara a fait des études brillantes. Elle est titulaire d’un Bts en Commerce international. Elle peut alors devenir Kanam (« plat royal », en lunda). Pas facile, néanmoins, de faire comprendre la force d'un destin à une mère et, surtout, à un pater (neuf filles, deux garçons), directeur d'hôtel, à l'éducation sévère.

Son séjour en Afrique du Sud lui permet d’aguerrir sa voix en interprétant les standards internationaux et africains. Deuxième acte en Côte d'Ivoire, « sa seconde patrie », comme elle l'appelle, où elle résidera pendant dix ans, avant de s'installer dans le sud de la France, avec son fils, Michaël. Cœur à prendre ? En tout cas, elle se sait sexy !

Last modified on vendredi, 24 juin 2016 13:41

La profession de journaliste cite son nom parmi les exemples. Jean Meissa Diop est un des plus grands chroniqueurs de la presse sénégalaise. Ancien directeur de publication de « Walf Grand-Place », un quotidien du groupe Walfadjri dont il est le concepteur, il est également un des pionniers de la presse culturelle au Sénégal.

« Danouy nox Damel dogga dem reeri wala danouy reer dogga dem nox Damel », (on va tuer le Damel avant d’aller prendre le dîner, ou bien ce sera le contraire), une devinette pour montrer qu’il acceptait de se joindre à ses confrères du quotidien national « Le Soleil » qui s’apprêtent à couper leur jeûne avant d’accorder à un des leurs un entretien. Son interlocuteur, aussi humoristique, lui répond : « Nanou reer ba paré doga nox Damel », sinon on peut en être privé.

Rire de tout jusqu’à l’excès, voilà un caractère qui se dégage au premier contact de Jean Meissa Diop, un des pionniers des journalistes culturels de la presse sénégalaise. Un humour qui transparaît bien, de manière subtile, dans les écrits de ce passionné des chroniques. De jungle qui a donné par la suite Post écoute dans Walf Quotidien, on peut le reconnaître à l’absence de toute signature à travers sa plume au style ironique recherché.

N’est-ce pas lui l’auteur des chroniques « Ce français si malmené dans les médias », une manière d’évaluer le niveau de cette langue qui, selon lui, se parle, s’écrit mais se porte mal dans les médias. Ce professionnel des médias est également l’auteur du « Journalisme mène vraiment à tout », une autre chronique qui montre comment ce métier aussi palpitant peut mener à la gloire, comme à la déchéance. À la promotion des causes nobles ou à celle du diable pour reprendre ses mots pour des maux.

Cette belle plume est un homme aux vocations contrariées. Son rêve de lycéen, c’était d’être un professeur de français. Mais, au contact avec la philosophie, cet ancien lauréat au concours général de philosophie révise ses ambitions.

Orienté contre son gré à la faculté de droit, un autre rêve ressurgit, la magistrature. Mais l’homme est incapable de changer le chemin que lui impose le destin. Ce destin qui parfois est une accumulation de paradoxes, l’a amené dans le fleuve d’un passé enfoui. Et finit par lui imposer le journalisme.

Mais, comme le disait Matias Malzieu, deux chemins peuvent mener au même château. Le magistrat n’est-ce pas celui qui se base sur la loi et une petite marge d’interprétation que lui confère celle-ci pour organiser la société, par conséquent la départir de tout ce qui peut mener à sa perte.

Gardien du temple
De même pour le journaliste qui, pour reprendre Albert Londres, journaliste français, porte la plume dans la plaie. Plume au sens de lumière et la plaie à celui des maux. Issu de la treizième promotion du Centre d’études des sciences et techniques de l’information et de la communication (Cesti), option presse écrite, l’animateur d’"Avis d’expert" sur « Walfadjri » fait partie de ces journalistes qui sont sortis à une période où l’Etat, principal employeur des journalistes, ne recrutait plus. Six mois sans travail, la création d’« Afrique nouvelle » vient à sa rescousse.

Mais, cet hebdomadaire catholique dura le temps d’un feu de paille et disparut après dix mois de parution. Ainsi, il tenta l’aventure à « Walfadjri » qui, en cette période de 1987, était encore hebdomadaire, puis paraît trois fois par semaine en 1993, avant de devenir quotidien en 1994. Resté fidèle à la ligne de ce dernier malgré une vague de départs à la recherche de bons salaires et d’autres expériences, Jean Meissa Diop y passe l’essentiel de sa carrière professionnelle.

26 ans dans cette boîte qu’il trouvait passionnante et professionnellement enrichissante. « Le reproche qu’on nous faisait, c’était de rester dans cette boîte à ne rien gagner au moment où il y avait les bons salaires et les bonnes expériences ailleurs », témoigne ce journaliste qui dit être attaché à la valeur des personnes qui y étaient. Au plan professionnel, il a aussi fait « Le Soleil ».

Comme les bons élèves font les bons maîtres, il se consacre actuellement à l’enseignement. Un des produits du Cesti, il a formé deux promotions sortantes de cette école. Il a également initié au journalisme des étudiants d’autres écoles comme l’Institut supérieur d’entreprenariat et de gestion (Iseg), l’Institut supérieur d’information (Isi) qui n’existe plus et, depuis 2011, l’Institut supérieur de l’information et de la communication (Isicom) où il dispense un cours de Collecte et de traitement de l’information.

Soucieux d’un journalisme bien fait, ses chroniques et ses analyses ont souvent porté sur la profession de journaliste, sa responsabilité morale et juridique, sa formation, ses dérives. Cet enseignant en éthique et déontologie reprend ainsi la formule célèbre du chroniqueur français Jean-Claude Guillebaud, qui enseigne à ses étudiants que « pour bien pratiquer le journalisme, il faut le haïr » ; le haïr quand il peut vous mener à des activités annexes de maître-chanteur, de concussionnaire… Toutes ses valeurs défendues lui ont valu de figurer parmi les neuf conseillers du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra).

Par Marame Coumba SECK

Last modified on vendredi, 24 juin 2016 13:34

A Poste Médine, temple des « garabou-garabou » (médicaments traditionnels), situé sur l’Avenue Blaise Diagne, au cœur de Dakar, le quotidien des vendeurs nigériens installés le long du stade Iba Mar Diop déroule sa pellicule sans discontinuité. Sur ce trottoir qui longe cette avenue couverte des vrombissements de moteurs, du bavardage des passants et des hélées des vendeurs, le commerce des peaux, têtes, cornes, dents, os d’animaux, entre autres médicaments, fait recette.

Peaux, queues, dents, cornes, os, têtes, d’animaux, plûmes, nids…, il y a du tout. Des hommes de tous les âges, de tous les sexes et de toutes… les couleurs. Dans ce magma d’habitués et de visiteurs enfiévrés qui espèrent peut-être y trouver la clé de la réussite, se départir de son « djinn » ou trouver un remède à sa maladie que les médecins voués à soigner le mal n’ont pu faire, la discrétion est de rigueur. Ici, il faut aborder la finalité des produits pour que le vacarme se dissipe. Les Haoussas feignent de ne rien connaître de ces produits. Le silence est la règle. « Nous ne faisons que vendre. Les vertus de ces médicaments, seuls les marabouts les savent », ont lancé plusieurs parmi eux.

Ses rastas abondants sous un bonnet, il en laisse découvrir une partie. Cette silhouette noire et grande se courbe la tête pour accéder sous la tente d’un de ces tradipraticiens. Après quelques échanges de salutations, ce dernier s’affaire dans un sac de riz vide dont on ignore le contenu. Il y extirpe un nid d’oiseau qu’il a enveloppé dans du papier en échange d’un billet de 2.000 FCfa. « C’est le nid d’un oiseau appelé en wolof « war wat ». On le brule pour humer la fumée. C’est une recette dont m’a fait part un talibé de la même confrérie », renseigne Moustapha Diouf, un Baye Fall.

Au même endroit, une dame d’âge mûr lance : « Quel est le cordonnier qui m’a confectionné en gris-gris (amulette) la dent de caïman toute à l’heure ? Que peut apporter cette canine qui a fait plus de mal que de bien ? Cette dernière qui a percé autant de fois, la chair d’un être vivant. Est-elle toujours vouée à faire du mal ? Non pourtant, précise la détentrice. « C’est pour éviter à l’enfant les maladies liées au nourrisson », renseigne-t-elle. D’un revers de la main, elle essaie de repousser des nœuds rouges qui, sous l’agitation du vent, frappe sur son visage. Ces bouclettes qui enveloppaient à moitié des miroirs, permettent, selon les vendeurs haoussas, d’avoir la notoriété. Les vendeurs et les gens qui veulent avoir une promotion, témoigne Mohamed Ciss, ne s’en séparent pas. « Elles sont mises autour des reins », poursuit-il.

A quelques encablures, un autre client, le sac au dos, réclame la peau de la queue d’un singe. La tête courbée, il tourne le dos à la route. Monsieur ne veut-t-il pas se faire remarquer ? Il presse le pas une fois le marchandage effectué. « Les gens qui se mesurent à des adversaires le confectionne sous forme de gris-gris et le porte autour des reins. Ça leur permet d’occuper les premiers rangs », explique un de ces gens qui ont la mission de freiner les lois de la nature.

De la main, une autre dame qui attendait, choisit trois hérissons secs. 2.500 FCfa contre cet être qui acquiert une valeur une fois morte et séchée. Vivante, elle fait fuir les plus poltrons. « Nous avons un malade qui fait des hoquets incessants. C’est sur la prescription d’un marabout que je viens acheter ces produits », informe cette dame qui a préféré garder l’anonymat. Quel usage pour ce « médicament » ? Elle l’ignore, elle a été juste envoyée. Mais, Mohamed Cissé, un jeune haoussa, en connaît l’usage. Contrairement à certains qui ne sont que des vendeurs, lui, il est tradipraticien aussi. Initié à cet art par son grand-père, il peut vous donner la vertu de tout ce qu’il vend. « Tout comme les nids, les hérissons secs sont mis dans un encensoir contenant du feu. Sa fumée permet de sortir le mauvais esprit qui est en la personne. Il est également prescrit aux personnes qui souffrent de toux répétitives », explique ce Nigérien qui, avec son écritoire, trace des signes ressemblant à l’arabe. C’est du « toule », une amulette qui permet de se protéger des coups de feu et de couteaux.

La vente de la fourrure autour d’un grand marché
La vente de la fourrure, une activité génératrice de revenues. « La ceinture d’une peau de lion pour confectionner un gris-gris est vendu à 15.000 FCfa. Une surface de 5 cm2 de cette peau, il faut débourser 1.000 FCfa pour l’avoir. Pourtant, les vendeurs s’en sortent difficilement du fait que le franc Cfa est une monnaie faible comparée à celle des pays exportateurs (Kenya, Nigeria, Niger et Mali. « La peau du lion en entier, on l’achète à environ un million de FCfa. Et 400 dinars au Kenya, un équivalent de 1.200.000 FCfa », informe Mohamed Diallo, un vendeur et guérisseur.

De son coin dissimulé par des rideaux rouges, il s’adresse à trois types : deux Noirs et un Blanc. L’un des deux premiers est le fils d’un roi martiniquais. Que vient faire ce « milliardaire » au milieu de la Médina, quartier populaire de Dakar.
« Soigner son impuissance sexuelle », révèle Mohamed Diallo. « On s’est rencontré aux Etats-Unis et il m’a fait part de son impuissance qu’il a traitée en vain. Et comme je l’avais guéri, il est venu me rendre visite », s’en réjouit-il. D’un index, il nous montre la voiture que ce dernier lui a offert.

Par Marame Coumba SECK

Inscrit sur la liste du patrimoine historique classé sénégalais, le château du Baron Roger est le témoin d’une partie de l’aventure coloniale de la France au Sénégal. Son état de délabrement avancé inquiète.

Sur la route de Dagana, juste après le pont qui enjambe le cours d’eau Taouey à Richard-Toll, en face du quartier de Gaya-Diamaguène, un panorama de verdure se détache, comme un oasis, dans cette région semi-désertique. D’ici, difficile de soupçonner que derrière cette végétation touffue, se dresse un vaste bâtiment à étages à la peinture d’un jaune défraîchi construit au milieu d’un parc. Pour le contempler dans toute sa splendeur, il faut s’engager dans une allée ombragée tapissée de feuilles mortes et bordée de part et d’autre de grands arbres. Ici, aucune pollution sonore humaine.

Seuls le gazouillis des oiseaux et le souffle du vent caressant les feuilles d’arbres viennent déchirer, par moment, le silence qui règne en ces lieux. Au bout de cette promenade, apparaît, majestueuse, cette bâtisse coloniale charmante par sa stature et par sa noblesse. Son style sobre et élégant est à l’image des châteaux appelés « folies » construits à partir du 18ème siècle en Europe: on est dans le domaine du Baron Jacques-François Roger.

C’est dans cet écrin de verdure, ceinturé à l’époque par des plans d’eau, que le premier gouverneur civil du Sénégal (1822-1827) dont le nom et celui de son jardinier, Richard, qui donna son nom à la ville (Richard Toll signifiant « Les champs de Richard » en Wolof) et qui fut associé à la politique de mise en valeur agricole du Walo, où le Baron Roger venait passer ses weekends. Une sorte de résidence secondaire pas très loin de Saint-Louis, la capitale de l’époque.

Après le Baron Roger, la « Folie » et ses petites pièces, ses salons, ses recoins, ses boudoirs, ses alcôves, ont servi de lieu de repos à un autre célèbre gouverneur, Louis Faidherbe, avant d’être transformé en monastère, puis en école.

Le Baron Roger a également à son actif la construction de l’église de Gorée ainsi que de la cathédrale de Saint-Louis. « La folie désigne une maison de plaisance que se faisaient construire les aristocrates généralement en périphérie des villes. Elle répondait dans sa destination et dans sa conception à un caprice de courtisan, qui se faisait un jeu de bâtir l'une de ces maisons dans un laps de temps très court, comme par une sorte de défi de l'argent au temps.

C’est une maison de villégiature ou de réception », explique Amadou Bakhaw Diaw, historien traditionnaliste. Plus qu’une folie des grandeurs, ce serait surtout pour les beaux yeux d’une femme dont il s’était épris et qu’il épousera, Yacine Yérim Diaw, fille du Diogomaye Ndiack Arame Kélar Diaw, que le Baron Roger aurait engagé la construction de ce château sur les berges de la Taouey.

Toutes les fins de semaines donc, il venait retrouver cette femme qui lui avait tourné la tête. De cette union, naquit une enfant, Marie Roger, laquelle compte actuellement beaucoup de descendants à Richard-Toll et à Rufisque, poursuit M. Diaw.

Un château en péril
Aujourd’hui, de cette maison de villégiature aux murs hauts décrépis et aux larges fenêtres en forme d’arche et aux volets en bois miteux, témoin des amours entre un colonialiste et une fille du terroir, des moments de fastes et de réunions galantes, il n’en reste que les reliques et le souvenir d’un empire déchu. Le château, classé au patrimoine historique du Sénégal, se réduit aujourd’hui à ses propres murs et est squatté par des sans domicile fixe.

Construit au milieu des années 1820, cet édifice est aujourd’hui fortement gagné par l’usure du temps. Son état de décrépitude avancé appelle des mesures d’urgence pour sa réhabilitation. C’est le combat que mène depuis des années Amadou Bakhaw Diaw.

« Il faut sauver cette bâtisse dont la valeur historique est inestimable », implore-t-il. Mais avant cela, il faudra bien déterminer sous quelle tutelle administrative ce château se trouve. L’espace dans lequel il se trouve est devenu une forêt classée, donc sous la coupole de la Direction des Eaux et Forêts, mais en tant que patrimoine historique classé, il dépend aussi de la Direction du Patrimoine culturel.

Un flou qui gêne donc toute action en faveur de la réhabilitation de ce patrimoine que l’historien traditionnaliste rêve de voir transformé en musée culturel et botanique. Ce qui permettrait sans doute d’attirer davantage de visiteurs car le site en accueille très peu pour le moment. « Une fois réhabilité, La folie du baron Roger pourrait abriter un musée culturel et botanique dédié à l’histoire du Walo, à l’histoire de la présence française au Sénégal et surtout à son expérience agricole », plaide-t-il.

De nos envoyés spéciaux El Hadj Ibrahima THIAM, Oumar BA (textes)
et Mbacké BA (Photos)
Baron Roger, colon, mais lucide
Homme de loi, haut fonctionnaire et homme politique français, le Baron Roger est né à Longjumeau dans le département de l’Essone, en région Ile de France en 1787. Selon l’historien Amadou Bakhaw Diaw qui le qualifie de « colon lucide », le Baron Roger avait exprimé pendant plusieurs années le désir de servir dans les colonies.

C’est ainsi qu’il est nommé directeur de l’Habitation royale à Koielel, une ferme modèle entre Dagana et Mbilor destinée à la vulgarisation agricole de la colonie au Sénégal. Deux ans plus tard, il est nommé procureur du Roi par intérim à Saint-Louis et, par ordonnance royale du 26 juillet 1821, il devient Commandant et Administrateur du Sénégal, équivalent du titre de Gouverneur qui ne sera établi qu’en 1828. En février 1822, le Baron Roger prend ses fonctions à Saint-Louis.

Empreint de théories rousseauistes, très progressiste pour son époque, il commence à former les premiers éléments d’une élite africaine moderne, d’après l’historien. C’est ainsi que de 1822 à 1824, avec l’aide de la Révérende mère Anne-Marie Javouhey, il crée une école rurale de garçons à Dagana. « Son action se fonde sur une pensée simple : la croissance d’une société sous-développée se réalise à partir de l’agriculture dont le commerce devient en conséquence, l’auxiliaire ».

Fort de ce postulat et afin d’attirer investissements et collaborateurs nécessaires à cette politique agricole, il s’attache à débarrasser le Sénégal d’une réputation d’insalubrité auprès de l’opinion publique française. D’où l’appel à un personnel d’encadrement très spécialisé composé de botanistes, de chimistes et de géographes. C’est l’un de ces ingénieurs, Claude Richard, qui donnera son nom à la ville de Richard-Toll, qui implante la première station expérimentale agricole de l’Afrique noire. Le coton, l’arachide, le sésame, l’indigo, autant de plantes introduites en Afrique tropicale grâce au jardin d’essai de Richard-Toll.

Pour la main-d’œuvre, il met en place, en septembre 1823, « l’engagement à temps », principe en harmonie avec ses idées abolitionnistes. Aucun esclave ne travaillait dans ses plantations. En novembre 1826 et à sa demande, estimant la colonisation fondée, il retourne en France où il est élu député du Loiret et, à ce titre, membre d’une commission chargée de l’examen du sort des esclaves dans les colonies.

Ouvert, philanthrope, « le Baron Roger s’est beaucoup intéressé à la culture de son pays d’adoption, le Walo », estime M. Diaw. En témoigne, ses nombreux écrits sur la culture et le peuple du Walo parmi lesquels on peut citer « Fables sénégalaises recueillies du wolof et mis en français », « Notice sur le gouvernement, les mœurs et les superstitions des nègres du pays du Walo », « Recherches philosophiques sur la langue wolof », « Kélédor, histoire africaine »….

 

Last modified on vendredi, 24 juin 2016 11:31

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