grandair

Soleil Grand Air (378)

60.000 ouvriers remplacés par… des robots. L’entreprise taïwanaise Foxconn, qui fabrique notamment les iPhone d’Apple, l’a annoncé samedi.

L’une de ses usines chinoises, dans la ville de Kunshan, qui employait jusqu’ici 110.000 personnes, a en effet presque réduit de moitié ses effectifs humains au profit de machines, pour assembler les éléments sur la chaîne de montage. Mais pour l’entreprise, pas question de mettre ses ouvriers à la porte. « Grâce à des formations, nous permettrons à nos employés de se concentrer sur des tâches plus complexes, comme la recherche et le développement ou le contrôle de qualité », a-t-elle insisté, dans un communiqué relayé par la BBC.

Quant aux robots, ils serviront seulement à accomplir « les tâches répétitives effectuées avant par nos employés », promet la société. D’ailleurs, « d’autres usines vont suivre », indique un porte-parole interrogé par le South China Post.  Pour rappel, Foxconn avait été plusieurs fois la cible de critiques concernant les conditions de travail de ses ouvriers, entre emploi de mineurs, émeutes et vague de suicides.

Par le surfeur

Last modified on vendredi, 27 mai 2016 16:04

Carlou D, de son vrai nom Ibrahima Loucard, est né le 13 décembre 1979 à Dakar. Il  est artiste musicien, rappeur, compositeur et guitariste.  

Doté d’une voix agréable, Carlou D est l'une des références de sa génération.  Né en 1979 à Dakar, Ibrahima Loucard se consacre,  dès 1995, à la musique. Parallèlement, il développe une passion pour la danse. Avec le groupe Navajo, Carlou D décroche le prix de la meilleure chorégraphie dans l’émission la plus suivie de l’époque : « Oscar des vacances ». Nous sommes  en 2002. Puis, c'est la rencontre avec Ass Malick et Seydiman,  avec lesquels il forme le groupe « Ska Blue ». Ibrahima Loucard  a passé son enfance dans les villes de l'intérieur du pays entre Kaolack, Diourbel, Mbour et Thiès. Mais parmi celles-ci, c'est particulièrement Kaolack, Mbour et le fin fond du Saloum, plus précisément à Kaffrine, qu'il  pratique l'école de la vie. En 2001, il fait un featuring avec Daby dans l'opus « Mbêguel dou trahison ». Le tube cartonne et le révèle au grand public. Carlou D gagne en aura et en estime  auprès des mélomanes et artistes.  La même année, il  intègre  le célèbre et mythique groupe de rap Positive Black soul (Pbs). De 2001 à 2004, il y joue comme danseur avec Baye Souley et rappeur au sein de Pbs radikal.  En 2003, Carlou D intègre le groupe Pbs et devient un des artistes les plus en vues du mouvement hip hop sénégalais. C'est ainsi qu'il sort « Séédé », son premier album solo, en 2004.  

     
La même année, Carlou D est nominé « Révélation » de l’année. Deux  ans plus tard, avec Sory Kandia Kouyaté, Kémokho Kondé, Ablaye Diabaté (Mali) et Fatoumata Diawara, sa candidature est acceptée à l'Opéra du Sahel. En 2009, Carlou D revient au-devant de la scène et gagne le prix de « Meilleur artiste et Album de variété de l'année » de Sunu music awards.  Il faut attendre 6 ans pour que le musicien sorte son deuxième opus, « Musikr », à la rentrée 2010.        

Carlou D compte, à son actif, une participation à plusieurs festivals de renommée internationale : le festival « Womex » à Copenhague, en 2010, celui du Bénin la même année, la participation, en 2013, lors de la remise du prix Polar Music à Youssou Ndour. 

L’artiste est à l'aise dans tous les registres musicaux. La musique constitue, pour lui, un véritable langage universel.     

Par Oumar BA 

Last modified on vendredi, 27 mai 2016 16:00

De nombreuses personnes souffrent de problèmes de vue. Pour certains, la difficulté réside dans le fait de voir clairement des objets proches, tandis que d’autres ont du mal à distinguer les objets lointains. Pour résoudre ce problème, on opte soit pour des verres correcteurs ou pour des lentilles de contact plus discrètes, soit pour la chirurgie laser. Mais existe-t-il un moyen d’améliorer progressivement sa vue sans avoir recours ni aux uns ni aux autres ? Absolument ! Voici comment.

Voici 8 astuces qui vous permettront de stimuler vos yeux et d’améliorer votre vue :

1- Reposez-vous
Assurez-vous de laisser à vos yeux quelques instants de repos plusieurs fois par jour. Il vous suffit de fermer les yeux pendant quelques minutes et de vous mettre dans une pièce faiblement éclairée. Au cas où vous passez votre journée devant votre ordinateur, pensez à régler la luminosité de votre écran afin de ne pas trop fatiguer vos yeux.

2- Enlevez vos lunettes
Si vous portez des lunettes, il vous faudra essayer de passer un peu de temps sans. Selon une étude menée par le Journal médical du Ghana, 64 % des étudiants universitaires pensent que les verres correcteurs sont dangereux pour leurs yeux. C’est également le cas d’une étude menée au Brésil, à la seule différence que c’est le personnel médical qui pense que le port de lunettes est néfaste pour la vision. Enlevez-les de temps en temps !

3- Massez vos yeux
Pour ce faire, il vous suffit de rouler vos orbites. Sinon, vous pouvez utiliser d’autres méthodes qui consistent à utiliser le pouce et l’index pour exercer une légère pression sur la zone au-dessus du coin intérieur de vos yeux. Massez vos tempes ou la zone de votre cuir chevelu qui se trouve exactement derrière vos yeux permet également d’améliorer la circulation sanguine au niveau des yeux.

4- Adoptez la règle du 20-20-20
En utilisant votre ordinateur, vous devez impérativement prendre des pauses régulières. Vous pouvez adopter la règle du 20-20-20 : après chaque 20 minutes d’utilisation de votre ordinateur, choisissez un objet qui se trouve à 20 pieds (6 mètres) de vous et fixez-le pendant 20 secondes.

5- Faites des sorties en pleine nature
Il est nécessaire de passer plus de temps au sein de la nature. Si vous êtes en train de faire une randonnée en montagne ou que vous vous promenez dans un parc, vous avez moins de risques que vos yeux soient exposés à des sources de lumière néfastes.

6- Appliquez des compresses chaudes
Les compresses chaudes sont une méthode qui permet de traiter les problèmes oculaires et dont l’efficacité a été prouvée en ce qui concerne l’hydratation des yeux secs. Tout ce que vous avez à faire, c’est d’appliquer un bout de tissu trempé dans de l’eau chaude (mais pas brûlante) sur vos yeux et de presser légèrement.

7- Adaptez votre régime alimentaire
Il est crucial d’intégrer à votre régime alimentaire les nutriments bénéfiques pour la santé de vos yeux. C’est pourquoi il est conseillé de manger quotidiennement d’importantes quantités de carotte et de patate douce, très riches en vitamine A essentielle pour une bonne vision.

8- Renforcez vos yeux
Pour améliorer votre vue et renforcer les muscles de vos yeux, vous pouvez faire les exercices simples mais efficaces du tableau ci-dessous. Suivez les lignes des flèches, en respectant la direction vers laquelle ils pointent. Si c’est la première fois que vous pratiquez ce genre d’exercices, prenez le temps de regarder pendant quelques secondes chaque symbole afin de comprendre sa signification, puis faites toute la série.

lunette 

Last modified on vendredi, 27 mai 2016 15:57

1. Un talent  international
Si les fruits tiennent la promesse des fleurs, la fille de Ouza risque de coiffer ses paires dans le landerneau musical avec plein de projets qui risquent de la propulser au-devant de la scène musicale. En effet, après avoir posé son empreinte et bouleversé les tendances sur le plan local, la chanteuse entame un autre tournant de sa carrière avec des tournées et plans de promotion sur l’international. Sous la houlette d’un staff professionnel et bénéficiant de bon contacts, la musicologue compte intégrer un cercle fermé ou trônaient uniquement de rares privilégiées comme Coumba Gawlo et Viviane dans une moindre mesure. Si la protégée de You s’est faite un label dans l’ombre protectrice du roi du Mbalax et que la Gawlo récolte par dimension le fruit de longues années de galère sur le plan local, pour Adiouza, cette percée reste uniquement le fruit d’un talent confirmé, travaillé dans la stricte discipline professionnelle.

2. Un héritage précieux
Adiouza a hérité le talent d’un père formateur dans la musique sénégalaise. Plusieurs générations de chanteuses ont évolué sous sa coupe. Elle a, en outre, apporté sa touche personnelle dans sa musique qui fait bouger les sceptiques. Son premier album a convaincu les professionnels de la musique. Tous les titres ont été bien travaillés et c’est de la qualité pure et dure. Son single « Samba mbalax », mariage entre les musiques traditionnelles sénégalaises et brésiliennes, a fait fureur. Tout comme « Daddy », son nouvel opus qui rend hommage à son père. Non seulement elle chante bien, mais elle danse bien aussi. Mais ses pas de danses sont décents, contrairement à l’effeuillage à la mode dans ce domaine. Elle manie la classe au feeling quand elle bouge sur scène, et ses chorégraphies sont un ravissement.

3. Un cœur d’or
Adiouza est une dame au cœur d’or. Populaire grâce à la musique, elle s’investit dans l’humanitaire pour venir en aide aux personnes démunies de la banlieue dakaroise. Elle a lancé le projet « Social solidaire Sénégal,  Dimbalima », inspirée par les initiatives françaises comme les restos du cœur et les épiceries sociales et solidaires en France.

« Mon père est un artiste engagé, et son engagement nous a coûté assez cher. Ses œuvres étaient souvent censurées et ma mère éprouvait toutes les peines du monde pour faire bouillir la marmite. Cette expérience m’a beaucoup inspiré. Et comme j’habite la banlieue aussi, j’ai pu me rendre compte que plusieurs familles étaient dans la même situation », a plaidé la nouvelle avocate des couches défavorisées. Elle ambitionne de faire manger le plus grand nombre. Avec ses études supérieures en anthropo-musicologie, elle est dans son élément. Elle a une tête bien faite et dispose de tous les atouts pour faire une belle carrière.

Par Sidy DIOP

Last modified on vendredi, 27 mai 2016 15:49

Président de l’Alliance pour le développement et l’amélioration des races (Adam), qui regroupe près d’un millier de membres et sympathisants, Abou Kâne a une vision globale et une ambition pour l’élevage : exporter le Ladoum hors de nos frontières.

Une scène détonante. C’était lors du dernier Salon de l’agriculture tenu à Paris Expo Porte de Versailles, en France, du 25 février au 5 mars derniers. Alors que nombre de visiteurs sont occupés à contempler les 360 races animales, les vaches charolaises ou montbéliardes, les moutons, chèvres et autres volailles de l’Hexagone, une affiche suscite la curiosité.

Fièrement fixé dans le stand du ministère de l’Elevage et des Productions animales, le poster de « Boy sérère » accroche les regards. La foule se presse autour de la photo pour scruter, examiner et comparer ce mouton aux mensurations impressionnantes. Emerveillement non dissimulé. Roulement de questions sur cette race de mouton qui n’envie rien aux races à viande de la France. « Le Ladoum est d’autant plus extraordinaire que les Français ou Européens n’auraient jamais accepté qu’une race africaine puisse atteindre ces performances  zootechniques et génétiques. Ici, il n’y a pas de moutons d’une telle envergure », confiait alors Abou Kâne, le propriétaire du bélier.

« Boy sérère » est un super bélier de race « ladoum » qui a été le champion du concours « Khar bi » en 2012. Ses étonnantes mensurations (une hauteur de 110 cm au garrot et une longueur de 153 cm) et ses capacités de reproducteur ont bouleversé l’élevage ovin au Sénégal. Il a été, pendant de longues années, la vitrine du travail d’amélioration de la race ovine réalisée par El Hadj Omar Kâne dit Abou.  Gestionnaire comptable de formation, opérateur économique et éleveur, Abou est, aujourd’hui, une référence dans le milieu de l’élevage. A Sicap Mbao, dans la bergerie Galoya qu’il a créée en 1999, les visiteurs ne se lassent jamais de contempler ses bêtes à la stature imposante. Ici, le slogan de la bergerie « Belle bête » n’est pas usurpée. Ses jeunes employés ont des journées bien remplies : tamisage du sol pour enlever les excréments des bêtes, alimentation, lavage… Des journées de dur labeur qui donnent des résultats appréciables. « J’ai atteint mes premiers objectifs en créant une souche et en améliorant ce que j’avais en 1999 pour disposer, aujourd’hui, de ma propre lignée qui est fortement prisée et donne, aujourd’hui, les meilleurs résultats », se félicite Abou Kâne.

L’histoire de cet éleveur de moutons avec ces bêtes prisées démarre très tôt dans le cercle familial. En bons Halpulaars, ses parents ont toujours élevé des moutons dans la maison.

Mais c’est en 1997 qu’il se lance dans l’aventure de l’élevage avec une brebis métisse « touabir » et « bali-bali » offerte par sa mère. Il achète sa première brebis « ladoum » la même année et acquiert une trentaine de sujets métis qu’il garde dans son champ de Keur Ndiaye Lô. Le sort s’acharne alors sur son projet, car ses moutons lui sont volés. La passion est pourtant plus forte que la résignation. Il repart du bon pied en 1999 avec un couple offert par son frère et une brebis encore mise à sa disposition par sa mère. C’est l’année où il aménage à Mbao pour sécuriser son projet. C’est le début de l’aventure de la bergerie Galoya.

Dès le début, Abou Kâne opte pour l’amélioration de nos races locales. « J’ai une approche scientifique de l’élevage », confie-t-il. Le premier jalon est un travail de documentation pour faire des croisements génétiques. « Car », reconnait-il, « le Ladoum, au début, est du Touabir amélioré ». Il opte alors pour le métissage, malgré les critiques  des « puristes » qui lui reprochent de « souiller » le Ladoum. Il se bouche les oreilles et introduit des « Bali-Bali », de grosses bêtes au potentiel génétique très appréciable. Un travail de longue haleine qui finit par donner des résultats reconnus par l’ensemble de la communauté des éleveurs de Ladoum. « La lignée de mes moutons actuels englobe, aujourd’hui, une bonne partie des champions au Sénégal. Ils sont pourtant d’origine bali-bali », se réjouit-il. Comme pour confirmer ses dires, l’essentiel des champions primés lors de la neuvième édition du Salon international de l’élevage (Saladam), tenu au Cices, en janvier dernier, sont issus de sa bergerie. « Je me suis beaucoup investi dans l’élevage, au point de négliger parfois ma famille. Je peux donc vous dire que ces résultats sont le fruit d’un travail difficile », assure le propriétaire de la bergerie Galoya.

Président de l’Alliance pour le développement et l’amélioration des races (Adam), qui regroupe près d’un millier de membres et sympathisants, Abou Kâne a une vision globale de l’élevage. Il sait que le problème de ce secteur, au Sénégal, est que nos races locales ont des mensurations modestes et ne produisent pas beaucoup de viande. D’où la nécessité de les croiser avec les « Ladoum » pour améliorer leurs performances. C’est son combat à la tête de son association qui est parvenue à convaincre les autorités d’acheter des géniteurs pour les mettre à la disposition des éleveurs aux quatre coins du Sénégal. Avec l’Adam, l’organisation des foires régulières et des concours, grâce au soutien des autorités étatiques, alliées à une forte médiatisation de l’élevage « ladoum », un grand engouement est suscité pour cette race de mouton. Quelques spécimens s’échangent, aujourd’hui, à coups de dizaines de millions de nos francs. « Le mouton ladoum n’est pas comme les autres. Ce n’est pas une question de viande mais de semence. Nos moutons sont des améliorateurs génétiques. C’est ce qui explique le renchérissement des prix des grands reproducteurs », explique M. Kâne. Il tient cependant à tempérer : « Les Ladoum qui sont chers à ce niveau ne représentent qu’1 %. La mévente est d’ailleurs le principal danger qui guette le Ladoum ».

Il reste, aujourd’hui, à exporter le « Ladoum ». Déjà Maliens et Mauritaniens viennent en acheter au Sénégal pour améliorer leur cheptel. Abou Kâne souhaite pourtant aller plus loin dans ce domaine. Il espère profiter de la vitrine du Salon de l’agriculture à Paris pour exposer et vendre le label sénégalais du « ladoum ». « Nous espérons pouvoir y participer l’année prochaine par la grâce de Dieu ».

En attendant, Abou n’est pas peu fier de ses sujets. Sa bergerie est, à elle seule, un salon de l’élevage. Et avec c’est le sourire aux lèvres qu’il évoque les sujets qui lui ont le plus donné satisfaction. Sa grande femelle Aïcha, qui porte le nom de sa fille. « L’essentiel des champions primés, aujourd’hui, sont ses descendants », lâche-t-il. « Boy sérère », qu’il surnomme « le Yékini des moutons ». « C’est le meilleur mâle jamais produit au Sénégal.

Des gens ont gagné des millions rien qu’en faisant saillir leurs femelles par ce champion », sourit-il. Enfin, « Magistrat », le dernier champion primée au Salon international de l’élevage.

« C’est l’un des rares mâles au Sénégal qui présente toutes les caractéristiques d’un bon géniteur ». Assis dans une salle attenante aux box de sa bergerie, son téléphone ne cesse de sonner. La demande pour ses produits est très forte.

Par Sidy DIOP

Last modified on vendredi, 27 mai 2016 15:40

No Make-Up Day !

27 Mai 2016
367 times

Demain, 28 mai 2016, sera célébré le No make-up day (La Journée internationale sans maquillage). Une journée de plus à célébrer. Certaines filles laisseront de côté leur fond de teint, mascara, eye-liner et rouge à lèvres. Un effort pour certaines, un acte anodin pour d'autres. Car, il faut le reconnaître, nombre de femmes ne se maquillent que très peu, voire jamais, préférant mettre en valeur leur beauté naturelle. Parce que les cosmétiques font - depuis toujours - débat. Il y a ceux qui sont contre, qui pensent que c'est un déguisement, un artifice qui engendre des complexes auprès de nombreuses femmes. Et puis, il y a ceux qui sont pour, qui y voient simplement un moyen d'être soi en mieux, de se sentir bien dans sa peau.

Il nous arrive, dans nos rues, de rencontrer des œuvres d’art ambulantes. Des filles dont les visages sont ensevelis sous des centimètres de fond de teint ou colorés à l’excès. Elles sont les seules à ne pas souffrir de la main maladroite de leurs maquilleurs. On se surprend alors à prier à haute voix : « Pourvu qu’il ne pleuve ! »

Last modified on vendredi, 27 mai 2016 15:32

Serigne Ibra Niang alias Yves Niang est un artiste au talent reconnu. Passionné de musique depuis son jeune âge, il est passé par divers styles de danse et de musique, avant de trouver sa voie. Après un parcours riche et varié avec des albums à succès tels que « Mbakhe » et  « Doylou », Yves Niang a connu une période sombre. De retour, aujourd’hui, avec un album international de 22 titres « Ndioukel », qui a déjà conquis le grand public, l’artiste est prêt à reprendre sa place. Dans cette interview, Ibra Niang revient sur son parcours, ses succès, ses difficultés et son avenir dans la musique.

Parlez-nous un peu de vous. Qui est Yves Niang ?
Je m’appelle Serigne Ibra Niang alias Yves Niang. Je suis de la banlieue mais je suis né à Louga. J’ai eu une enfance calme et sereine. J’ai fait le « Dara » en bon « talibé ». J’avais, cependant, un amour profond pour la danse. J’ai pratiqué tous les styles à l’époque, avant d’intégrer le « Simb ». Après quelques années d’apprentissage, j’ai décidé de chanter dans les « kassak ». J’avais une voix puissante. Mais je me suis fait connaître, en participant à un album de Youssou Ndour « Birima ». Je faisais partie des jeunes talents qu’il avait sélectionnés pour les chœurs. J’ai également participé dans l’album de Papa Ndiaye Guéwel et celui de Moussa Traoré « Niomré ». Sachant que j’avais une base solide, j’ai voulu affûter mes armes dans les soirées sénégalaises avec mon ami feu Ndongo Lô. On faisait le tour des boites de nuit, juste pour chanter. Et c’est grâce à Papa Ndiaye Guéwel que nous avons connu le succès. Talla Diagne a produit mon premier album. J’en avais sorti aussi deux autres « Doylou » et « Bakhe ». Actuellement, je viens de sortir mon quatrième album de 22 titres intitulé « Ndioukel ». Je suis en pleine promotion.

Ndongo Lô et vous étiez incontournables dans la musique sénégalaise. Comment avez-vous vécu ces moments ?
J’en avais bien profité. Et j’enchainais les tournées européennes. Mes soirées étaient très prisées par les mélomanes. Je voyais toute sorte de personne.  Le succès, en fait, c’est le nirvana ! J’avais de l’argent, beaucoup d’habits et on m’accueillait à bras ouverts dans les boites de nuit. Je rends grâce à Dieu, parce que j’ai vécu le succès avec sérénité. J’avais la tête sur les épaules. Je ne fumais pas, ni ne buvais de l’alcool. Je n’ai jamais emprunté la mauvaise voie. J’ai su garder une bonne image de moi, et c’est l’essentiel. Je suis une référence, j’en ai été conscient très tôt. Nous sommes dans un milieu très malsain. On voit du tout. D’une part, il y a les personnes malintentionnées, les menteurs, les briseurs de carrières, et les diviseurs. De l’autre, il y a les personnes riches, les marabouts et les fans. C’est donc un monde à part. Je m’en suis bien tiré, j’en rends grâce à Dieu encore.

Vous connaissez aujourd’hui une période moins faste comme beaucoup d’artistes de votre génération d’ailleurs.

Vous savez, je suis conscient que je sais chanter. J’ai fait beaucoup de pays, grâce à mon talent d’artiste. J’ai sorti des albums qui ont cartonné au Sénégal. Mais j’ai un handicap, car les producteurs se font rares. Le piratage est passé par là. Beaucoup de chanteurs de ma génération n’existent plus sur la scène musicale. Ils ne pouvaient plus tenir face au manque de moyens. Ceux qui sont là actuellement et qui occupent la scène, sont dans de grands labels. Je vais citer un, mon ami Pape Diouf. Il est au « Prince ‘Art », et est bien entouré. Waly Seck aussi est très populaire actuellement. Et, ce, grâce à une télé qui couvre ses moindres activités. Il occupe cette chaine matin, midi et soir et ne manque pas de visibilité. Les autres n’ont pas cette chance. Le privé est responsable de cette situation, il faut l’admettre. Avant, les chanteurs étaient sur un pied d’égalité vis-à-vis des médias. Aujourd’hui, on voit une télé ou un journal couvrir seulement les activités d’un artiste donné.

Finalement, cela devient un business. Ceux qui n’ont pas assez de soutiens finiront donc par se retirer. Des artistes ont quitté le pays, pour aller s’installer en Europe car ils ne parvenaient plus à gérer leur carrière musicale chez eux. De mon côté, je rends grâce à Dieu. Je ne vois pas de producteur, je ne suis pas dans un label non plus et pourtant je viens de sortir un album de 22 titres. Je me suis battu tout seul pour assurer mon retour. Je suis un fils de la banlieue, et j’ai mon public. J’étais absent, cependant, parce que j’étais parti rejoindre ma femme en Espagne. J’ai joué là-bas dans beaucoup de boites, de même qu’en France. En fait, c’était un prétexte pour préparer mon album international.

Est-ce que les jeunes artistes qui font le buzz actuellement auprès de la nouvelle génération ne vous ont pas mis sur la touche.

Nos ainés nous ont devancés dans le milieu musical. Ainsi va la vie, les générations se succèdent. Je ne crois pas que la musique soit une affaire de concurrence. C’est une passion pour moi avant tout et un métier. Dans le football, il y avait les Pelé, Platini, aujourd’hui, on parle de Messi, de Cristiano Ronaldo. Personne ne peut être au devant de la scène éternellement. Seul le bon Dieu a le titre d’éternel Numéro Un. Nous sommes sur terre pour travailler honnêtement. Et quand on est une célébrité, on doit faire de son possible pour bien gérer ses économies. Car il se peut qu’un jour, tout change. Là, on pourra, au moins, garder sa dignité et continuer de vivre paisiblement. Je trouve très normal, qu’une nouvelle génération de chanteurs arrive. Avant Youssou Ndour, Omar Péne entre autres, il y avait les Assane Ma Rokaya Samb, Samba Diabaré Samb, Ablaye Ndar Samb, Ndiaga Mbaye, Ablaye Mboup. C’est la vie qui est ainsi faite.

Certains disent que vos chansons se succèdent et se ressemblent. Ces critiques sont-elles fondées ?
J’accepte avec philosophie ces critiques. Je suis une personne humble et l’avis des autres compte beaucoup pour moi. Je ne peux pas avoir mille styles. Vous savez, je n’ai pas appris la musique, je n’ai que ma belle voix. Je suis sorti de la banlieue à travers les « Simbs ». Je le reconnais. Je n’ai pas fait l’école des Arts, et je n’ai pas appris les notes de musique. C’est normal alors que je chante le même air. Je gagne en expérience, cependant et je commence à changer. Je ne me laisse plus guider par ma belle voix. La preuve, dans mon nouvel album, j’ai fait des duos avec des Américains, Maliens, entre autres. J’ai assisté à des festivals. Je connais le genre de musique qui marche. J’essaie d’évoluer, en fait. J’écoute beaucoup la musique nigériane, ghanéenne et celle d’autres horizons.

Il se dit également que votre voix s’adapte mieux aux chants religieux. Etes-vous d’accord ?
C’est vrai ! J’ai fréquenté Moustapha Mbaye et Alla Diop, ceci explique peut-être cela. J’ai beaucoup appris à leur côté. Raison pour laquelle je peux chanter dans d’autres registres.

En tant qu’artiste reconnu, comment voyez-vous le milieu musical sénégalais ?
Le milieu musical ne marche pas. Maintenant, pour remplir les soirées, il faut offrir gratuitement des billets aux fans. Je ne peux comprendre qu’on loue une salle, qu’on fasse de  la pub, qu’on paye les musiciens, pour à la fin faire du porte-à-porte et offrir gracieusement  les billets. On offre à chaque fan 10 à 15 tickets pour remplir la salle. Cela veut dire que la musique ne marche plus. En plus, pour partir à l’assaut du Grand Théâtre, il faut chanter des personnalités. Ces derniers à leur tour vous achètent les billets, pour remplir la salle. Il y a maintenant autre chose : est considéré artiste, celui qui remplit le Grand Théâtre. Ceux qui ont échoué dans ce concours, deviennent insignifiants aux yeux des gens. Alors que l’art, c’est dans le sang. Ce n’est pas le public qui détermine l’artiste. Ça ne marche plus également, parce que les producteurs ont fui. Et c’est l’artiste lui-même qui pirate son produit en premier. Il en fait des singles et les écoule sur le marché. On essaie également d’être présent dans les réseaux sociaux. Les gens écoutent nos albums gratuitement.

Quels sont vos projets ?
Je vais fêter mon nouvel album le 15 juillet au théâtre Daniel Sorano. Je prépare également mon anniversaire au Grand Théâtre au mois de décembre ou janvier prochain. Que mes fans sachent que je suis de retour.

Propos recueillis par Absa NDONG

Last modified on mercredi, 25 mai 2016 14:13

Un nouveau programme permet de pirater des distributeurs automatiques à distance, sans support matériel. Soit pour retirer de l'argent sans débiter un compte, soit pour voler les données bancaires des utilisateurs...

Généralement, les criminels ajoutent un petit boîtier à la fente existante, qui scanne le numéro de carte qu'un utilisateur introduit pour retirer de l'argent. Une caméra permet ensuite de récupérer le code. Mais ce procédé est en train de laisser la place à une nouvelle méthode bien plus pernicieuse.

Selon le blog de l’éditeur d’antivirus Kaspersky, une équipe de hackers russes a mis au point un programme capable de soutirer de l’argent sans aucune trace et sans aucune présence physique, grâce à un logiciel. Le casse parfait, en somme.

Baptisé Backdoor.Win32.Skimer, le malware peut être installé par accès direct ou par le réseau interne de la banque. Une fois en place, il donne un accès total à la machine. Le programme n’est pas nouveau, mais ses dernières mises à jour permettent aux escrocs de se passer de CD pour l’installation.

Une fois le programme activé - en insérant une simple carte magnétique, les hackers ont alors plusieurs possibilités : retirer autant d’argent qu’ils le désirent ou collecter les données concernant les cartes bancaires des utilisateurs - incluant le code secret. C’est souvent la seconde option qui l’emporte, afin de créer de fausses cartes bancaires par la suite. Ces dernières permettront d’effectuer des retraits sur des distributeurs non infectés, rendant bien plus longue la détection de ceux qui le sont. Le logiciel peut ainsi être utilisé de longs mois avant d’être repéré.

Pour les clients, ce nouveau malware est d’autant plus problématique qu’il ne laisse aucune trace visuelle. Même en étant très attentif, il est impossible de se rendre compte de la fraude. Toujours selon Kaspersky, de nombreux distributeurs sont susceptibles d’être infectés, aux Etats-Unis, en Chine, en Russie, mais aussi en Espagne ou en France. Pour les victimes, la seule solution est de faire opposition rapidement et de prendre contact avec son agence. La banque est tenue de rembourser toutes les sommes indûment débitées.

Par le surfeur

Last modified on mercredi, 25 mai 2016 14:07

Manie made in Jolof

25 Mai 2016
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Devant une assistance s’entretenant de la citoyenneté, un enseignant à la retraite parlait, avec emphase, de sa grandeur d’âme et surtout de son savoir-vivre. Il a créé une école « sociale » (ou socialisante, pour faire plaisir à certains esprits nostalgiques !) dans son quartier afin de lutter contre la déperdition scolaire et influer sur les comportements des gens dépourvus d’urbanité. Nos petites règles de bienséance nous obligent à être polis jusqu’à l’obséquiosité parfois.  Mais, ce n’est pas vouloir les transgresser que de douter de la capacité du quidam à assurer cette mission. L’attitude dont il a fait montre lors de cette rencontre n’est pas celle qu’on attend d’un « donneur de leçons ». Alors qu’il exigeait de l’assistance qu’il conférât à ses propos une grande solennité, lui, il se permit, au moment des autres allocutions, de répondre allègrement aux appels téléphoniques, comme vautré dans sa bergère à oreillettes. De temps en temps, il déconcertait certains intervenants par ses objections soudaines et dédaigneuses. S’il faut compter sur ce singulier personnage pour redresser les esprits malfamés, battons notre coulpe ; la faillite collective est validée.

Un peuple à qui il faut apprendre les petites bonnes manières comme on les inculquerait à des sauvageons, « fais pas pipi ici, fais le là-bas », ne saurait prétendre au développement. Exiger même de ses gouvernants une certaine tenue, sans vouloir les dispenser de leurs obligations, relèverait de l’incohérence. Dakar, la capitale qui doit être la vitrine de la conscience citoyenne –car il fut un temps où les « évolués » y paradaient- ressemble à un cloaque repoussant.

Fais pas pipi ici !
On verse de l’eau au beau milieu de la rue parce que « mbeddubuur le ». Les noctambules, « médisants de la nuit », troublent le sommeil du peuple besogneux. Les dévots et autres fous de Dieu, se croyant investis d’une mission publique d’exaltation de la foi, prennent ensuite le relais. Le jour, on barre la route. Le soir, on chante à tue-tête avec un haut-parleur. Car, parait-il, les fréquences sénégalaises sont moins audibles au ciel. Il faut crier. Et le voisinage, lui, a-t-on seulement demandé l’autorisation de l’importuner ? « xewël la » (c’est la grâce divine), rétorqueront-ils …Xewël tympanique certainement ! Pour des joyeusetés ostentatoires, baptêmes, mariages et autres mondanités « trompe-misère » (passez-moi ce néologisme, Trompe-l’œil traduit mal ma pensée), on chambarde les rues. La rengaine « akhudekendo » (droits du voisin) est devenue de vieilles reliques conservées dans des îlots de résistance menacés de disparition.

Une scène cocasse s’est passée, il y a quelques temps, dans un quartier bien vivant. Les « autochtones » reprochaient à des étrangers de faire trop de bruit lors d’une soirée d’anniversaire. La réponse de l’un d’eux est à la mesure de la violence avec laquelle les jeunes rouspéteurs s’y sont pris : « depuis quand, le bruit vous dérange ? Avec vos haut-parleurs qui grognent au-dessus de nos têtes, nous pensions que le tapage nocturne vous amusait ! ». Les chamailleries ne se sont pas arrêtées pour autant mais la piquante répartie de l’«étranger » fera certainement réfléchir les esprits sensés de la bande râleuse.  Qu’elle est loin l’époque où le coup de klaxon était interdit aux heures de sieste ! La vieille garde formatée par « papa colon blanc » pleure encore les ans-de-dépendance.

Ventre bedonnant de flemmardise
Quand le naufrage du bateau le Joola est venu nous rappeler nos inconséquences et nos tendances excessives dans notre façon de concevoir le bien-être collectif, il y a eu une petite embellie bien trop éphémère. Le policier écoute subitement sa conscience. La route arrête d’être pour lui, pendant un moment, bien que court, le lieu d’anéantissement de son orgueil pour 1.000 FCfa…parfois moins. Aussi, le car rapide et le Ndiaga Ndiaye respectent le temps du deuil.

Mais c’est à croire que nos manies ne se meuvent pas seulement dans notre univers. Elles nous habitent.  Malheureusement, cette insoumission aux convenances n’est pas propre à une catégorie sociale. Ceux qu’on appelle ici pompeusement les élites ou les intellectuels aux discours pédants ne s’illustrent guère mieux. Le forum de l’administration n’aurait pas été aussi médiatisé si elle ne faisait pas l’objet de griefs justifiés. Ils n’ont pas uniquement trait à la désinvolture avec laquelle ses agents accomplissent les charges pour lesquelles ils sont payés.

L’administration, devenue pour certains « un luxueux foutoir » rebute à cause des comportements qui y sont observés. Costume, cravate, lunettes à verres correcteurs, ventre bedonnant de flemmardise, attitude condescendante…Les usagers, qui s’en offusquent quotidiennement, continueront le portrait peu flatteur. Que ceux-là, parmi eux, qui se dévouent corps et âme pour la République, domptent leur colère. Ils ne sont point visés par la caricature.


Par Alassane Aliou MBAYE

Last modified on mercredi, 25 mai 2016 13:49

La quarantaine entamée, Abdoulaye Seydou Sow est l’un des hommes politiques les plus en vue dans la capitale du Ndoucoumane. Cette notoriété, il le doit, en partie, à son engagement précoce dans le mouvement sportif, associatif et politique. Cet administrateur civil sorti en 2015 de l’Ecole nationale d’administration a, dès l’âge de 17 ans, commencé son militantisme politique au Pds.

Abdoulaye Seydou Sow est un homme politique qui compte dans la capitale du Ndoucoumane. Né au début des années 70 à Kaffrine, ce leader très populaire dans son fief, a très tôt chopé le virus de la politique. C’est à l’âge de 17 ans qu’il intègre les rangs du Parti démocratique sénégalais alors que beaucoup de jeunes prenaient la carte du parti au pouvoir de l’époque, le Ps. Lui, il était déjà fasciné par le leader de la formation libérale. Son entrée dans ce parti a été facilitée par l’ancien député de la localité, Oumar Diouf. «J’ai intégré le Pds en 1987 sous la houlette de l’ancien député Oumar Diouf. A l’époque, il y avait un désir profond de changement. On courait derrière le cortège de Me Wade », confie cette frêle silhouette qui a récemment rejoint les rangs de l’Alliance pour la République (Apr). La politique, une activité qui le fascine.

«Kaffrine était une localité pauvre. On était obligé de se battre, chaque jour, pour changer le cours de la vie. Il fallait un engagement pour renverser l’ordre préétabli. Les jeunes avaient besoin de stade, on s’est battu. On a organisé une marche en août 88 », rappelle-t-il. Les secousses intervenues au sein du Pds vers la fin des années 90 avec le départ de quelques responsables comme Ousmane Ngom ont poussé le longiligne administrateur civil à se rapprocher du Ps. Courtisé par le puissant premier secrétaire du Ps de l’époque, il quitte le parti de Me Wade et crée un mouvement de soutien à Ousmane Tanor Dieng. «Ousmane Tanor Dieng m’avait demandé de l’accompagner. C’est dans ce cadre que j’ai créé un mouvement dénommé Jeunesse sursaut. J’ai refusé de rejoindre le Parti libéral sénégalais (créé par Ousmane Ngom)», martèle M. Sow tout en précisant qu’il n’était pas un militant du Ps.  Son compagnonnage avec l’homme fort du Ps ne sera que de courte durée ; car avec l’arrivée du Pds au pouvoir en 2000, il retourne dans la maison du pape du Sopi. Modou Diagne Fada, responsable des jeunesses libérales de l’époque, l’avait convaincu de reprendre ses activités au sein du parti. « Avec quelques responsables, nous avons implanté le Pds à Kaffrine puisqu’il ne représentait pas 10% de l’électorat à l’époque dans cette partie. En 2007, nous avons été la première formation politique dans la région en termes de poids», renseigne celui que certains proches appellent affectueusement Laye Sow. Avant d’embrasser la carrière d’administrateur civil, Abdoulaye Sow a enseigné, pendant dix ans. Après son bac A3 obtenu en 1991 au Lycée technique Cheikh Ahmadou Bamba de Diourbel, il intègre la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Ucad. Mais pour des raisons familiales, en deuxième année, il décide de se lancer dans l’enseignement. Il réussit le concours de l’Ecole de formation des instituteurs (Efi) et fut affecté à Kolda pour la formation. Son parchemin en poche, il est envoyé dans le département de Kaffrine.

Engagement précoce
Par la suite, il est chargé de cours de Français au Cem Babacar Cobar Ndao de Kaffrine entre 1993 et 2002. Avec l’avènement de la première Alternance politique en 2000, il quitte les classes en 2002 pour devenir attaché de cabinet du ministre de la Jeunesse de l’époque, Aliou Sow. Après avoir fait le cycle B de l’Ena, M. Sow est affecté au ministère de l’Assainissement puis au département de la Jeunesse où il coordonne le projet «Asc jeunes». Malgré la chute de Me Wade en 2012, il a continué à défendre le parti jusqu’au jour où, avec des responsables comme Fada, ils ont réclamé la réorganisation du Pds. Se sentant marginalisé, il met ses activités en veilleuse dans la formation libérale avant de se décider à répondre favorablement aux appels du président Macky Sall. Après avoir consulté sa base et reçu son aval, il rejoint l’Apr à la veille du Référendum de mars dernier. D’ailleurs, le chouchou des Kaffrinois dit avoir largement contribué à la victoire du Oui dans le Ndoucoumane. Aujourd’hui, il n’a qu’une ambition : faire de l’Apr, la première formation politique dans la région. «J’ai reçu l’aval de ma base. C’est pourquoi, j’ai décidé de rejoindre l’Apr. Je compte travailler pour faire du parti, la première force politique dans la commune, le département», dit-il.

Abdoulaye Sow, c’est également un engagement dans le mouvement associatif et sportif local puis national. Il a été président de l’Orcav de Kaolack (jusqu’en 2008, Kaffrine faisait partie de cette région) et premier délégué de Kaffrine à l’Oncav. Avec des amis comme le pharmacien Moustapha Diop, il est parvenu à faire renaître l’Asc Kaffrine en la faisant progresser jusqu’en ligue 2. Premier président de la ligue de Kaffrine, membre du Comité exécutif de la Fédération sénégalaise de football, Abdoulaye Sow dirige actuellement la ligue de football amateur. Eloquent,  Abdoulaye Sow, un des vice-présidents de la Fsf,  dit avoir chopé le virus de la politique et ne pense pas arrêter un jour. «J’ai chopé le virus de la politique. Je suis un passionné. C’est pourquoi, j’ai évité soigneusement de faire administration territoriale à l’Ena.

La vie est une lutte permanente pour changer les conditions de vie des populations. Je ne pense pas arrêter un jour», précise-t-il non sans dire qu’il ne fait pas partie de ceux qui vivent de la politique. Abdoulaye Sow est retourné en 2013 à l’Ena après avoir été recalé en 2011. Sorti en 2015 comme administrateur civil, le Kaffrinois est, depuis, mis à la disposition de la présidence de la République. «C’est  un homme de défis, compétent, ouvert, très engagé pour la cause de son terroir, un amoureux du sport», confie Bourama Sadio, un professeur d’anglais qui chemine depuis 1994 avec ce monogame, père de trois enfants. « Abdoulaye Sow est généreux, il aime sa ville. Il ne pense que pour le développement de Kaffrine», renchérit El Hadji Ndiaye, le président des communicateurs traditionnels de Kaffrine. Très apprécié par la jeunesse, il est régulièrement sollicité pour parrainer des activités sportives et culturelles organisées dans son terroir.

Par Aliou KANDE

Last modified on mercredi, 25 mai 2016 13:08

Omar Diawara

25 Mai 2016
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Malgré la soixantaine bien sonnée, toujours tiré à quatre épingles, le verbe lent et un ton rassurant, Omar est surnommé « le Sénateur » par son ami Pape Ndiaye, le couturier. On peut y ajouter « du Paris by night » tellement la vie et le personnage d’Omar sont intrinsèquement liés aux mondanités parisiennes. Depuis 43 ans, il y officie au plus haut niveau. Jusqu’aujourd’hui où il tient les manettes de « Albarino », un salon- bar- restaurant de spécialités afro-latines à…, tenez-vous bien, la rue Lekain, dans le 16e arrondissement de Paris. Ce doit être probablement le seul coin « black » de ce quartier de la haute bourgeoisie française.

Auparavant, Omar aura fait ses classes au Plaza Athénée, le célèbre palace de l’avenue Montaigne, dans le « triangle d’or de Paris ». Un job décroché deux semaines seulement après son arrivée en France en 1963. Pour un autodidacte, il y apprit très vite les bonnes manières, le goût du luxe et l’art du savoir- vivre et du savoir-être à la française. Au point d’être considéré comme faisant partie des piliers du Tout-Paris des affaires et de la politique. Du parti gaulliste en particulier. Ainsi, il est très proche de Charles Pasqua dont il considère le bureau « comme (son) salon ». Tout comme il connaît bien les Chirac, Juppé, Tibéri, Dominique Baudis et autres… Il est « à tu et à toi » avec des stars comme Guillaume Durand, Michel Durrey, le Monsieur tennis de Roland Garros, Alain Delon, Jean- Paul Belmondo, le footballeur Karembeu et son épouse Adriana, les fils Mitterand (Jean-Claude), de Tibéri et de Balladur. Un de ses proches dit que « Omar a un carnet d’adresses qui vaut des milliards ». Un entregent qu’il a tissé tout au long d’un parcours pour le moins « extraordinaire ». Après douze ans de Plaza Athénée, cap sur « Keur Samba » qui a été, pendant longtemps, le rendez- vous mondain de l’Afrique- sur-Seine. Le carrefour obligé des ambassadeurs et autres ministres africains de passage à Paris. C’est là où il a connu les Pierre Goudiaby Atépa, Diagna Ndiaye qualifié « d’ami intime ». Il lui a présenté Karim Wade au Plaza Athénée où Omar est toujours bien reçu et considéré comme un pilier de la maison. Ensuite, ce fut la direction du « Rubis », qui a eu également son heure de gloire.

Selon Monsieur Omar, « c’était un lieu privilégié de rencontre entre des personnalités de la Gauche et de la Droite françaises ».

Le plus remarquable, c’est qu’Omar, un Sarakholé originaire de la région de Matam, reste « authentiquement africain ». Avec des enfants éduqués suivant les préceptes de l’Islam. Ils ont appris le Coran, ne ratent aucune prière et viennent passer leurs vacances au Fouta. Soit une vraie gageure pour un homme de la trempe d’Omar. C’est parce que lui-même donne le bon exemple. La preuve, il a emmené six de ses parents à La Mecque. Avant d’y aller, avec son épouse, comme « invités du Roi ». « A mon arrivée, raconte-t-il, j’ai trouvé un garde du corps d’un prince et fils du Roi, un ami, venu me chercher à l’aéroport dans une Rolls Royce. » Comme quoi, Omar est un Vip. Même en Arabie Saoudite...

Par Oumar BA

Last modified on mercredi, 25 mai 2016 13:01

Vive la volaille

25 Mai 2016
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Le baudet que nous voyions ployer sous les lourdes charges ou gambader dans la campagne en lançant des pets est maintenant dans nos assiettes. Qui aurait pu l’imaginer ? Depuis plusieurs semaines, au rythme des découvertes d’abattages clandestins d’ânes, le consommateur sénégalais n’est plus vraiment sûr de la viande qu’il mange. Et l’année dernière nous apprend-on,  240 tonnes de viande asine auraient été enregistrées sans qu’on nous dise dans quel sens. Même si un docteur, pour nous rassurer a soutenu que la viande d’âne n’est pas impropre à la consommation, encore faut-il que le consommateur ait la liberté de choisir en toute connaissance de cause. La consommation étant avant tout quelque chose de culturel. Et c’est maintenant que l’on se rend compte de l’importance d’avoir un secteur formel bien organisé car la viande d’âne dont on parle, emprunte les circuits informels de vente pour se retrouver sur le marché. Si l’on y ajoute une certaine propension à vouloir acheter ce qui est moins cher sans chercher à en connaître l’origine, alors les bouchers clandestins ont encore de beaux jours d’abattage devant eux. Apparemment, le service du contrôle vétérinaire n’est pas encore en mesure d’y apporter une réponse adéquate.

La cupidité étant un défaut partagé chez les humains,des pays voisins comme le Mali sont également confrontés à la vente illégale de viande d’âne.
Et en attendant que ce trafic soit démantelé, vive la volaille.

Par Ibrahima MBODJ

Last modified on mercredi, 25 mai 2016 12:51

Il y a deux décennies, Manda Douane, dans la nouvelle commune de Sinthiang Koundara (département de Vélingara), n’était qu’un pauvre hameau qui végétait dans un insolent anonymat. Aujourd’hui, cette localité traversée par la route Cedeao qui va jusqu’en Guinée est devenue, grâce à sa position stratégique et son marché hebdomadaire d’envergure sous-régionale, un véritable carrefour international. Manda poursuit timidement sa mue et n’a pas encore fini de s’agrandir.

Ceux qui connaissent bien Manda Douane n’auraient jamais osé, quelques années plus tôt, parier un seul kopeck que cette localité serait ce qu’elle est devenue, aujourd’hui. Ce hameau perdu dans l’ancienne communauté rurale de Sinthiang Koundara (département de Vélingara, région de Kolda) passée commune à la faveur de l’Acte III de la décentralisation, a connu, ces dernières années, une accélération urbanistique rapide.

Une ville animée toute l’année
Manda Douane est loin de cette bourgade jadis colonisée par ses extensions anarchiques. Comme par un coup de baguette magique, cette localité est sortie de l’anonymat dans lequel elle végétait et a réussi un modeste saut vers le progrès socioéconomique. Même si ce progrès est encore assez timide, la transformation se ressent. Manda Douane est, aujourd’hui,  devenue une ville composée de trois grands quartiers qui comptent environ 2000 habitants dont la première activité est et reste incontestablement l’agriculture. Traversée par la route Cedeao qui va jusqu’en Guinée Conakry, Manda Douane est devenu, par la force des choses, un creuset d’échanges commerciaux sous-régionaux. Frontalière avec la Gambie, le commerce s’est développée dans cette ville et le carrefour, centre de gravité des activités, est vivante toute l’année, de jour comme de nuit. Divers produits frauduleux des pays voisins sont vendus dans les nombreuses échoppes qui ont pignon sur rue.

« Au début des années 1990, Manda Douane était constituée de vastes terrains vierges et de quelques maisons et bâtiments éparpillés un peu partout. Aujourd’hui, la transformation est impressionnante, avec la construction de nouvelles maisons. Le foisonnement de boutiques, de magasins et restaurants », explique Sidy Fall, responsable des jeunes de Manda. Selon lui, Manda a eu cette chance d’être dans un département de Vélingara frontalier avec la Gambie, la Guinée Conakry et la Guinée-Bissau. « Cette position stratégique a profité à Manda qui était une bourgade plongée dans l’oubli et le marasme. Aujourd’hui, la donne a changé et sa position de ville carrefour a beaucoup joué dans la  vitesse incroyable avec laquelle elle a grandi et changé de visage », indique-t-il. Et à son avis, l’expansion sera encore plus importante dans les années à venir. Amadou Seydou Diallo, conducteur du forage de Manda, partage le même avis. Selon lui, la réhabilitation du tronçon Manda Douane-Vélingara sur environ 40 km par l’Etat a également contribué à la renaissance de cette localité. « Cette infrastructure, en plus d’améliorer la liaison routière, a favorisé le développement économique et social de la zone et a aussi permis de développer davantage les échanges avec les pays limitrophes », soutient-il. « Cette route nous a apporté une bouffée d’oxygène. Grâce à elle, le déplacement est beaucoup plus facile. Elle a également boosté le taux de fréquentation de notre marché hebdomadaire », affirme Sidy Fall.

Un développement lié au marché hebdomadaire
Le développement de Manda est, en grande partie, lié à l’éclosion de son marché hebdomadaire d’envergure sous régionale devenu le point fort de l’animation commerciale de cette nouvelle ville. Créé depuis plus de 20 ans, ce marché est devenu une tradition à Manda et un rendez-vous très respecté attirant bien au delà des limites de la ville.

Tous les mardis, le carrefour point de convergence, change de visage. Le lundi, les commerçants, grossistes et autres vendeurs occasionnels, venus d’horizons divers, prennent leurs quartiers dans la ville qui connait alors une effervescence extraordinaire. Et le jour du marché, les transporteurs déversent, à un rythme régulier, une déferlante humaine venue de partout pour faire de bonnes affaires. Manda Douane devient alors très étroit et la fluidité du trafic en prend un sacré coup. Les routes, dans tous les sens, sont bondées de voitures garées sur les accotements et les véhicules de transport se disputent la chaussée avec les vendeurs qui exploitent le moindre centimètre carré. « À Manda, la passion pour le marché est tellement importante que chaque mardi, aucune école ne fonctionne et aucune activité n’est organisée.

Tous les chemins mènent au carrefour qui est toujours aussi dynamique et constitue un lieu de vie précieux et de travail pour de nombreuses personnes », explique Sidy Fall.

Le marché de Manda représente un fort enjeu économique, selon Mamadou Sarr, un vendeur de pièces détachées, qui ajoute que les retombées, pour l’économie locale, sont incommensurables. Selon lui, l’ampleur, le volume et la diversité des échanges commerciaux laissent supposer que cet espace brasse des sommes considérables. « A tous les points de vue, le marché de Manda n’a vraiment rien à envier à son homologue de Diaobé qui existe depuis 1974 et qu’il est en train même de supplanter », assure-t-il.

Le  marché de Manda, ce n’est pas seulement une affaire de Sénégalais. Cet espace constitue un eldorado pour beaucoup de commerçants venus de la Gambie, de la Guinée Conakry et de la Guinée-Bissau qui ont délaissé celui de Diaobé qui s’est pourtant construit une belle renommée depuis quatre décennies.

Les commerçants guinéens y sont légion et proposent, en plus de l’huile de palme, divers autres produits. « Depuis plus de vingt ans, je fréquente régulièrement le marché de Diaobé. Chaque semaine, j’amène de l’huile de palme de qualité et en grande quantité. Mais les tracasseries ont fait que je me suis orienté vers Manda », note Boubacar Diallo. Ce commerçant soutient qu’il perd beaucoup d’argent en quittant Koundara pour rallier Diaobé à cause de nombreux points de contrôle. « J’ai préféré venir ici parce qu’il n’y a qu’un seul poste de Douane à franchir entre la frontière et Manda Douane. C’est donc moins contraignant », affirme-t-il. Son concitoyen, Mountaga est du même avis. « Il y a beaucoup de contrôle avant d’entrer à Diaobé. Il y a la Douane, les Eaux et Forêts, la Police. Ça fait beaucoup pour quelqu’un venu chercher des profits. A l’arrivée, quand on fait le décompte, on se rend compte que le manque à gagner est considérable », fait-il savoir.

Tout comme Diaobé, le marché de Manda est une véritable foire aux bonnes affaire, même si Mountaga Diallo reconnait que la maladie à virus Ebola qui s’était déclarée dans son pays avait quelque peu freiné l’ardeur. En effet, l’Etat du Sénégal avait pris la décision de fermer ses frontières avec ce pays. Et le préfet du département de Vélingara  avait, à travers un arrêté, imposé la fermeture du marché de Manda, tout comme celui  de Diaobé, Témento, Pakour entre autres. Du côté Sénégalais, on estime que c’était une très bonne décision, même si Manda et son marché en avaient complètement pâti. « Les activités étaient complètement au ralenti et la ville ressemblait à une ville morte », reconnait Ahmed Fall, un boutiquier installé dans la zone depuis une décennie. « Les commerçants ont beaucoup souffert et les populations aussi car elles tiraient beaucoup de revenus de ce marché ». 

Aujourd’hui, cet épisode est un vieux souvenir. Manda respire et continue de vivre au rythme de son marché et des nombreuses transactions commerciale.

Manda-Douane vit et respire également grâce à sa gare routière internationale qui dessert trois pays : le Sénégal, la Guinée et la Gambie. Cette ville est considérée, à juste titre d’ailleurs, comme l’escale guinéenne en terre sénégalaise à cause notamment du nombre important de passagers guinéens qui y transitent. 

Jadis, chauffeurs guinéens et sénégalais avaient chacun son propre garage. Mais, la commune de Sinthiang Koundara a mis fin à cette division qui avait fait naître anarchie, insécurité et manque d’hygiène notoire, en éliminant ces espaces pour regrouper tout le transport en commun dans une seule gare routière composée de plusieurs blocs, avec plusieurs destinations.

Avec une quinzaine de tableaux, la gare routière de Darou Salam Manda est très fréquentée. La Guinée se taille la part du lion avec plusieurs tableaux. Les clients en partance de Koundara, Lélémine, TimbiMadina, Leloumaa, Conakry, Mbokee ou encore Labé ne seront jamais dépaysés en y venant. D’ailleurs, le flux de passagers qui viennent d’autres localités du pays pour se rendre en Guinée Conakry est considérable. Et chaque jour, ce sont des dizaines de véhicules qui quittent Manda Douane pour rallier la capitale guinéenne et autres villes de ce pays.

Aliou Danso, président de la gare routière, magnifie l’esprit de fraternité qui unit Guinéens et Sénégalais qui vivent dans une belle harmonie. A son avis, cette infrastructure d’intérêt public vient combler un besoin longtemps ressenti par la population et les acteurs du transport. Selon M. Danso, ni Kolda encore moins Diaobé ou Vélingara chef-lieu de département n’ont une gare routière de cette envergure, qui, soutient-il, contribue fortement à l’activité économique de la ville qui ne cesse de grandir. « Cette gare routière fait vivre Manda Douane. Depuis son ouverture, elle est très convoitée aussi bien par les transporteurs que les commerçants. Et du lundi au mercredi, nous recevons beaucoup de monde grâce au marché hebdomadaire de Manda qui est très couru ».

Gare routière internationale
Ce débordement de monde appelle, selon M. Danso, à des mesures de  sécurité adaptée pour faire face. « Manda est une grande ville, mais qui n’est toujours pas raccordée au réseau électrique. Cela pose de sérieux problèmes de sécurité. C’est pourquoi notre premier souci a été d’acheter de panneaux solaires pour que la gare routière soit éclairée en permanence, mais ce n’est pas suffisant ». Ibrahima Diallo dit « Coumba Yalla », chef de ligne Conakry-Manda, est du même avis. Selon lui, le problème de la sécurité doit être une surpriorité et devrait être prise en charge par l’Etat du Sénégal. « Manda Douane reçoit beaucoup de monde, surtout les jours de marché. Le problème de sécurité se pose donc avec acuité parce qu’il y a beaucoup de gens malintentionnés qui viennent pour délester d’honnêtes citoyens de leurs biens. Et la plupart du temps, ils profitent de l’obscurité pour accomplir leurs forfaits ». En plus de l’électrification de la ville, les responsables de la gare routière veulent être appuyés dans l’édification de bloc toilettes supplémentaires pour mettre les milliers de passagers qui fréquentent cet espace dans les meilleures conditions.

Cependant, Aliou Danso a déploré le non-respect de la convention qui lie les chauffeurs guinéens et sénégalais. « Selon la convention, les chauffeurs guinéens doivent desservir les lignes Guinée-Linkéring ou Guinée-Manda, mais certains d’entre eux prolongent jusqu’à Dakar.

Une fois à la capitale, ils ne vont pas aux Baux Maraîchers, mais à la rue 25 de la Médina où ils prennent clandestinement des clients. Ce sont des pratiques illégales qui plombent nos activités », note Aliou Danso qui invite le syndicat des transporteurs à trancher cette question. « Les chauffeurs sénégalais respectent cette convention et n’iront jamais  jusqu’en Guinée. Nos homologues guinéens devraient faire de même et ne pas enfreindre les règles ».

Sur cette même dynamique, Ibrahima Diallo, membre du syndicat des transporteurs de Guinée, appelle ses concitoyens à respecter, à la lettre, cette convention. « Ce n’est pas normal que certains chauffeurs guinéens aillent jusqu’à Dakar pour amener ou emmener des clients. En agissant de la sorte, ils causent d’énormes préjudices aux chauffeurs de Manda qui devaient faire ce travail. Si ça continue, les conséquences pourraient être fâcheuses ». Il a invité les autorités guinéennes à rappeler ces chauffeurs à l’ordre et les amener à respecter les clauses de la convention. « Nous n’avons pas la moindre difficulté avec le Sénégal depuis qu’on a intégrés la gare routière de Manda. On est comme des frères. Il ne faut pas que ces pratiques malsaines viennent pourrir nos relations qui sont au beau fixe », soutient M. Diallo.

Oumar Ba, membre du bureau de la gare routière, a également plaidé pour un retour à la normal. « Entre deux pays frères, le respect d’une convention ne doit pas poser de problèmes. Les chauffeurs sénégalais n’ont jamais enfreint cette règle, donc, nos parents guinéens ne devraient pas le faire ».

Aujourd’hui, les habitants de Manda Douane sont fiers de ce qu’est devenue leur localité qui a su résister aux épreuves du temps. Et la première bataille concerne, selon eux, l’eau, l’électricité. Sur la liste des défis, figurent aussi l’assainissement, la voirie. Manda qui s’est inscrit sur la voie du développement, compte sur l’attention des pouvoirs publics pour poursuivre son essor et devenir une ville carrefour digne de ce nom.

Par Samba Oumar FALL (textes)
et Mbacké BA (photos)

Last modified on mercredi, 25 mai 2016 12:42

A la tête du groupe CCBM (Comptoir commercial Bara Mboup), référence sénégalaise en matière de commerce, Serigne Mboup est un personnage atypique du monde des affaires. Cet homme d’affaires est un « Ndongo daara » qui n’a pas été à l’école française. Sa formation professionnelle en matière de pratique entrepreneuriale et de gestion d’entreprise s’est exclusivement déroulée auprès de son père Bara Mboup qui fut un grand opérateur économique au sein de l’entreprise familiale qu’il a fondée depuis les années 1960.

A la tête du CCBM, référence en matière de commerce et d’industrie composée de dix filiales, Serigne Mboup est un homme d’affaires qui touche à tout. Président de la chambre de commerce et d’industrie et d’agriculture de Kaolack (CCIAK), président de l’union nationale des Chambres de commerce du Sénégal depuis main 2015, ce friand patron veut se mesurer aux candidats pour le fauteuil de la CCIA de Dakar. Des ambitions qui lui valent de nouveaux adversaires politiques.

Pour reprendre le magazine Jeune Afrique, il est également le chantre controversé du secteur sénégalais. Son comptoir commercial a été au milieu d’une affaire de falsification de spécifications techniques portant sur 97 véhicules destinés au ministère sénégalais de l’Education. Une autre mésaventure en 2014 de cette entreprise a tourné autour de l’attribution des marchés publics.

En effet, en partenariat avec des multinationales comme Samsung ou Volkswagen ou avec l’État sénégalais, la stratégie du Groupe a toujours été de mettre à la disposition de ses clients des produits de consommation aux prix les plus compétitifs.

Son crédo, la préférence nationale
Pour lui, le secteur privé national d’un pays sous-développé comme le Sénégal doit être protégé, soutenu et promu sans complexe par l’État. Car il est capable de créer suffisamment de richesse et d’emplois pour les Sénégalais. Ainsi, l’homme d’affaires préconise l’aménagement des mécanismes législatifs de partenariat entre le privé national et le privé étranger.

Née à partir d’un petit commerce en 1960, cette entreprise est, à l’origine, spécialisée dans l’importation de produits essentiellement alimentaires. Avec un flair aigu des affaires, le Saloum-Saloum (ressortissants de la région de Kaolack, sa ville natale) en a fait un holding très diversifié. CCBM est aujourd’hui présent dans des activités aussi variées que la distribution de produits alimentaires, l’automobile, l’immobilier, les centres commerciaux, l’électroménager, le transport, la microfinance, l’agriculture.

Mboup fils a investi également dans le secteur des médias. Le président fondateur du groupe CCBM holding et patron du groupe « Univers médias » présent dans le paysage médiatique depuis plus d’une décennie, est l’actuel propriétaire du groupe de presse « Siweul » qui détient deux fréquences radios, un quotidien et un site internet. Ainsi, il est le patron d’une agence de Communication, « Le point » et la radio Koum-koum sans oublier la télévision et la radio régionale du Sine saloum TVS qui émettent depuis juillet 2014.

(Source Magazine Jeune Afrique, les sites spécialisés et Léral.net).
Par Marame Coumba Seck

Ces derniers temps, les forces de sécurité font du bon boulot en démantelant plusieurs gangs aux activités délictuelles les plus diverses. Voleurs, agresseurs, vendeurs de viande d’âne… sont exhibés devant à la presse, les mains menottées et tournant le dos. Seulement, on se demande s’il est vraiment nécessaire de préserver l’anonymat de ces bandits en ne montrant pas leur visage. A mon avis, il faut que tout le monde puisse voir la tête de ces individus qui tuent, violent et volent. Cela aurait l’avantage de permettre aux populations de pouvoir les reconnaitre dans la rue, de prendre leurs précautions et même d’alerter la police ou la gendarmerie dès qu’ils commencent à roder dans un endroit. Et qu’on n’invoque surtout pas le respect des droits humains pour garantir l’anonymat à ces délinquants appréhendés pour des délits graves. Sur la balance, les droits et la vie des honnêtes citoyens sont plus dignes d’être défendus que ceux de ces bandits impénitents qui répandent partout l’insécurité.
* Anonymat

Par Ibrahima MBODJ

Un hacker russe a piraté 272 millions d’adresses mail pour les revendre au marché noir, accompagnées des données personnelles des titulaires des comptes. Il s’agirait d’un des plus grands détournements de données de ce type. Parmi les services de messagerie concernée par cette faille de sécurité, on trouve des plateformes utilisées dans le monde entier, comme Yahoo ou Gmail. Vendus pour un euro symbolique.

C’est la société Hold Security qui a repéré le piratage, raconte Reuters. Sur des forums spécialisés, le pirate se vantait en effet d’avoir à sa disposition près d’un milliard de comptes mail à vendre, qui lui avaient au passage permis de voler des milliers de données personnelles. Plus intéressé par la gloire que par le profit, le hacker proposait l’ensemble pour un euro.

Hold Security aurait alors réussi à récupérer une grande partie des informations volées en flattant le Russe à travers des messages admiratifs sur les forums fréquentés par le voleur. En effet, la société de sécurité informatique refuse par principe toute transaction avec les hackers.

Par le surfeur

Un modèle de main artificielle développé par le Darpa (Agence américaine des projets de recherche avancés sur la défense) a été présenté, ce mercredi, au Pentagone (États-Unis). Johnny Matheny, le porteur de la prothèse, contrôle cette dernière avec son cerveau, qui envoie un message à ses nerfs puis au membre artificiel. Après des débuts difficiles, le blessé maîtrise maintenant beaucoup mieux l’engin noir et métallique. « Au début, il faut penser assez fort pour réussir chaque mouvement mais maintenant ça me vient naturellement, je n’ai même pas à y penser », explique Johnny Matheny.

Avec plus de 1.600 soldats américains amputés pendant les guerres d’Irak et d’Afghanistan, le département de la Défense américain et son agence de recherche se sont logiquement investis dans le développement de projets pour aider les mutilés. Dont des prothèses innovantes, comme celles permettant de retrouver le sens du toucher.

Le modèle utilisé par Johnny Matheny, lui, s’accroche directement sur un socle métallique placé chirurgicalement sur l’os du bras, là où il a été coupé. Toujours à l’état expérimental, la prothèse n’a pas encore reçu toutes les autorisations réglementaires.

Par le surfeur

Les 5 alliés de votre transit

20 Mai 2016
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Quinze à 35 % des adultes seraient régulièrement sujets à la constipation, les femmes étant les premières touchées. Pour venir à bout de ce désagrément, des aliments adaptés et un minimum d'activité physique suffisent souvent. Voici cinq conseils pour restaurer le transit intestinal.

La digestion n'est pas toujours un long fleuve tranquille. Le stress, les changements de mode de vie ou d'alimentation, ainsi que certaines périodes de la vie (grossesse, ménopause), peuvent perturber le transit intestinal. Avec pour conséquences inconfort abdominal, ballonnements et constipation, surtout chez les femmes… Heureusement dans la plupart des cas, quelques mesures simples permettent de tout remettre en ordre.

Diversifiez les sources de fibres
En plus de contrôler l'appétit, les fibres augmentent le volume des selles en retenant l'eau dans l'intestin, ce qui accélère le transit. Or, notre alimentation contient généralement trop peu de fibres : en moyenne, nous en consommons 6 à 20 g par jour, alors que les apports recommandés sont de 30 g au moins.

Pour corriger le tir, il est conseillé d'augmenter la consommation de céréales complètes, par exemple en choisissant du pain complet, qui apporte trois fois plus de fibres que le pain blanc.
Autre source majeure de fibres : les légumes secs, dont la consommation a été divisée par dix en un siècle ! Lentilles, haricots blancs ou rouges, pois chiches contiennent 10 à 15 % de fibres végétales (contre 9 % pour le pain complet) en plus d'une forte teneur en protéines. Les noix et fruits secs (abricots, pruneaux, figues) sont aussi de bonnes options.

Mais si les fibres sont un bon remède à la constipation passagère, il faut toutefois augmenter leur consommation de façon graduelle, car leur fermentation dans le tube digestif risque d'entraîner des ballonnements.

Des fruits et légumes frais tous les jours
On ne le dira jamais assez, il faut manger cinq  fruits et légumes par jour ! Outre leurs apports en vitamines et minéraux, les fruits et surtout les légumes frais sont une bonne source de fibres. Ils facilitent également le transit intestinal grâce à leur teneur en eau et en éléments naturellement « laxatifs », comme le sorbitol. En cas de constipation, mangez donc sans compter salades, melon, agrumes, légumes verts (courgettes, épinards, poireaux…).
Mais attention aux crudités ! En cas de ballonnements, privilégiez les légumes cuits, plus faciles à digérer.

L'hydratation, alliée incontournable du transit
En cas de constipation, il ne faut pas hésiter à boire encore plus que d'habitude. Une bonne hydratation permet d'augmenter le volume du contenu intestinal et de favoriser la régularité des selles.

En plus des fruits et légumes frais, qui contiennent entre 80 et 95 % d'eau, il est conseillé de boire chaque jour un à deux litres de boissons non sucrées et non gazeuses : eau, tisanes, soupes… Les eaux de source riches en magnésium sont également à privilégier pour leur effet laxatif naturel.

Les probiotiques ont fait leur preuve
Les gastro-entérologues parlent de plus en plus des bienfaits des probiotiques. Ces micro-organismes vivants ont un effet bénéfique sur le système digestif, puisqu'ils viennent renforcer la flore déjà présente dans notre intestin, constituée de quelques 100 000 milliards de bactéries indispensables à la digestion ! Chaque probiotique a son action propre, certains ayant prouvé leur efficacité contre la diarrhée, les allergies, l' intolérance au lactose… D'autres ont fait leurs preuves dans le traitement du syndrome de l'intestin irritable, caractérisé par des maux de ventre et des troubles du transit. Au quotidien, on trouve des probiotiques dans les produits laitiers, les plus "célèbres" étant les lactobacillus et les bifidobactéries. Ainsi, pour faciliter le transit, la consommation régulière de yaourts et de laits fermentés est une habitude à prendre.

Faites travailler les abdos !
Si une bonne alimentation est nécessaire pour lutter contre la constipation, il ne faut pas pour autant négliger le sport. C'est prouvé : l'activité physique stimule le transit intestinal, en particulier lorsque les muscles abdominaux sont sollicités. En pratique, il est conseillé de faire chaque jour au minimum l'équivalent de 30  minutes de marche rapide. Tous les choix sont possibles, à commencer par le jogging, la natation et tout ce qui renforce la sangle abdominale.
Sources :

http://www.doctissimo.fr/

Abdoul Mbaye : un ACT amer

20 Mai 2016
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Abdoul Mbaye, 63 ans, a lancé l’Alliance pour la citoyenneté et le travail (Act) afin de conquérir le pouvoir. Pour 2019, c’est le candidat que l’on n’attendait certainement pas. Et pour cause ! Invité de l’émission « Les Affaires de la cité » de la Tfm alors qu’il était encore Premier ministre, il avait confié sur le ton de la certitude : «Ce que je sais, c’est que je suis au service d’une ambition présidentielle : il s’agit de Son Excellence le Président Macky Sall. Il est là pour cinq ans. Premier ministre ou pas – prenez bonne note de ce que je vous dis –, je l’aiderai à se faire réélire et à rester dix ans. Alors au bout de dix ans, moi, je serai suffisamment vieux pour aller cette fois définitivement à la retraite dont on m’a tiré il y a quelques années ». On avait pris bonne note, mais le voilà qui nous oblige à défiler les pages de notre bloc-notes pour retrouver les mots de son engagement en faveur du président Macky Sall.

C’est pourquoi on ne lui pardonne pas, dans les cercles du pouvoir, d’avoir défié l’APR et son patron ? Les attaques contre l’ancien Premier ministre sont rudes. Au beffroi. Une manière, sans doute, de lui signifier que le monde de la politique est très éloigné des salons feutrés de la finance. Un homme averti… Abdoul Mbaye, né le 13 avril 1953 à Dakar, est un homme d'affaires, banquier et désormais homme politique sénégalais qui a occupé les fonctions de directeur général de la Banque de l'habitat du Sénégal (BHS), de la Banque sénégalo-tunisienne (BST) et d'Attijari Bank du Sénégal avant d'être nommé Premier ministre par le président de la République Macky Sall le 3 avril 2012. Il est limogé le 1er septembre 2013.

Par Sidy DIOP

Ce brillant chercheur, la quarantaine, Agrégé de parasitologie et mycologie, ancien interne des hôpitaux de Dakar, est le co-inventeur de « Illumigene Malaria », un test révolutionnaire permettant de traquer le plus plasmodium et de confirmer les cas de paludisme en moins d’une heure.

En voilà un exemple de chercheur sénégalais qui trouve. En mettant au point « Illumigene Malaria », un test rapide de diagnostic du paludisme, le Pr Daouda Ndiaye fait mentir cette boutade qui veut qu’au Sénégal, des chercheurs qui cherchent, on en trouve, mais des chercheurs qui trouvent, on en cherche. Il a fallu dix ans de labeur et de recherche à ce natif de Guinaw-Rail, dans le département de Pikine, pour mettre au point ce test qui, à coup sûr, va révolutionner le traitement du paludisme qui continue de faire des millions de morts à travers le monde. « Ce test a été mis au point en collaboration avec la compagnie Meridian By Science basée à Cincinnati aux Etats-Unis et le Cdc Atlanta. Reposant sur la biologie moléculaire, il permet d’avoir un résultat confirmatif à 100% en détectant la présence ou non de la plus petite parasite dans le sang et sans risques d’erreurs », explique-t-il.

Contre la fuite des cerveaux
Trouvé dans son bureau au Laboratoire parasitologie et mycologie de l’hôpital Aristide le Dantec dont il est le chef, l’homme dégage une intelligence et une humilité dont on ne peut être qu’admiratif. Son CV, aussi long que le bras, qui tient sur une cinquantaine de pages, en donne une idée. Le local est à l’image de son occupant : tout y respire sérénité. La toge universitaire rouge pourpre fièrement accrochée par-là, des tableaux avec des écritures coraniques par-ci, des photos personnelles de l’autre côté, sans oublier cette table de bureau qui croupit sous le poids des livres et des documents bien rangés, bref le décor de l’antre de cette bête de travail ne manque pas d’interpeler le visiteur. Rasé de près, le débit rapide, le gestuel mesuré, ce Professeur titulaire à l’Université Cheikh Anta Diop, au moment où certains universitaires et chercheurs sénégalais prennent le chemin des pays occidentaux pour monnayer leur savoir, a préféré emprunter la voie inverse pour mettre ses compétences au service de son pays. Ce, alors qu’un juteux poste lui tendait les bras à l’université de Harvard aux Etats-Unis. « En termes d’avantages financiers, sociaux et économiques entre les Etats-Unis et le Sénégal, c’est le pays de l’Oncle Sam qui l’emporte de loin. Mais rester aux Etats Unis aurait signifié trahir mes idéaux et mes principes et probablement passer à côté de mon destin. Quand je partais, c’était pour revenir au Sénégal et contribuer à la lutte contre le paludisme », dit-il la voix ferme. Malgré l’insistance de l’université de Harvard pour le retenir, le Pr Ndiaye a donc refusé de céder. En fait, même tout l’or du monde ne lui aurait pas fait changer d’avis. Lui, l’originaire de la banlieue de Dakar où le paludisme, jusqu’à une certaine époque, tuait à grand trait, maladie dont lui-même a failli mouriren l’ayant plongé dans le coma pendant quelques heures, ce n’est pas donc lui qui va gonfler le rang de ces compatriotes partis sous des cieux plus cléments. « Je ne suis pas adepte de la fuite des cerveaux. J’estime que quand on connaît son métier, on a le boulot qu’on veut. Avec mes compétences et mon expertise, je suis plus utile aux Sénégalais qu’aux Américains», renchérit-il.

Dès le début, l’ambition du Pr Daouda Ndiaye était claire. Il en a fixé le cap et s’est donné les moyens de la réaliser : devenir médecin, avoir ainsi les arguments scientifiques et médicaux qui lui permettent de lutter contre ce parasite. « C’est peut-être prétentieux, mais abréger la souffrance des populations de Pikine était devenu ma préoccupation. Cet engagement m’a toujours guidé. Je me suis dit que le jour où je parviendrai à faire en sorte qu’aucun enfant né à Pikine ne meurt de paludisme, à travers un groupe de collaboration, un consortium, un groupe d’experts, j’aurais atteint mon objectif ». En voyant aujourd’hui son projet aboutir, le Pr Daouda Ndiaye a gagné son pari et c’est non sans fierté qu’il en parle. Et quand il le fait, on sent un homme qui a soif, un homme déterminé et prêt à aller toujours plus loin.

Né au début des années 1970 à Pikine, le Pr Ndiaye a un parcours qui fait honneur à sa grande taille. Le fait d’être issu d’une famille nombreuse et très modeste n’a jamais été un handicap pour celui qui, très tôt, a développé une précocité intellectuelle. Sa scolarité sans aspérités le prouve. De l’école 8 de Pikine à la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar en passant par le lycée Limamoulaye de Guédiawaye, Daouda Ndiaye a toujours squatté les premières places. C’est ainsi que de la première à la dernière année de la Fac, il a toujours validé son passage dès la session de juillet. Il sort major de sa promotion en 1997 et réussit dans la foulée le concours d’internat. Fait notable, il est le seul étudiant, cette année-là, à avoir été reçu. Malgré ce pedigree, Daouda Ndiaye se refuse à toute forfanterie. « Grâce à Dieu, je n’ai jamais eu d’anicroches dans mes études. Et Quand j’ai réussi à ce concours, j’ai compris la chance que j’avais entre mes mains. J’ai décidé de l’exploiter parce que les portes s’ouvraient devant moi. En effet, quand on est interne des hôpitaux, on peut choisir la discipline qu’on veut et on a la chance d’être un jour enseignant à l’université », confie-t-il.

Formation entre les Etats Unis et le Sénégal
 Soif de connaissances, Daouda, une fois son arrêté d’ancien Interne des hôpitaux reçu en 2000, s’inscrit en Dea à la Faculté des Sciences pour décrocher un diplôme de spécialisation en recherche qui n’existait pas encore à la Faculté de Médecine. Son parchemin en poche, il est sélectionné pour subir une formation entre les Etats-Unis et le Sénégal. En 2010, il est Agrégé et Professeur des universités depuis 2014. Ce parcours lisse, le Pr Daouda Ndiaye le met au crédit de sa maman, « une femme formidable », qui, en l’absence du père de famille disparu alors que Daouda n’avait que neuf ans, a, malgré son analphabétisme, très tôt compris l’importance des études. « Pour faire plaisir à notre maman, il fallait juste bien travailler à l’école. Nous étions dans le dénuement, mais elle n’a jamais demandé de l’aide, elle a fait de nous des personnes fières. C’est pourquoi je ne cesserai jamais de lui rendre hommage. Le meilleur atout pour un homme, c’est sa maman. Quand on s’y adosse, il y a de fortes chances qu’on réussisse dans la vie », confesse-t-il la voix émue. En tout cas, lui a su s’y adosser avec bonheur.

Par Elhadji Ibrahima THIAM

Elie Yaffa  dit Booba est né en 1976, à Sèvres. Son père est d’origine sénégalaise.  Il grandit à Meudon-la-Forêt et passe une partie de son enfance à Boulogne-Billancourt. Après le divorce de ses parents, vers 10 ans, il s’installe avec sa mère à Cagnes-sur-Mer.  L’été, il va au camping à la Colle-sur-Loup. «On prenait la voiture, pas l’avion, on n’allait pas à Chamonix dans les hôtels de luxe, et voilà.» C’était une «vie de base» : «On travaille, on prend notre salaire et avec ça on se démerde, on gratte les aides, tout ça quoi», confie t-il aux journalistes du quotidien français  Libération. Mentionner son nom fait souvent fuir le vis-à-vis, d'abord les filles effrayées par sa vulgarité, puis les  allergiques au hip hop, les bien-pensants qui méprisent son arrogance et ceux pour  qui le rap est mort, depuis longtemps.  Avec le sourire, il  apprécie  déplaire au plus grand nombre. Et pourtant,  depuis dix ans, le rappeur de Boulogne vend chaque album à une ou plusieurs centaines de milliers d'exemplaires,  à une époque où le disque d'or ne récompense plus que 50.000 galettes écoulées. Qu'on l'aime ou pas, Booba  s’impose.

Sa mère est blanche, elle travaille sur les bateaux. Elle est secrétaire. Le père est noir, il existe de loin en loin, c’est le monde de la nuit, on raconte qu’il a été mannequin, qu’il a fait de la musique, des percussions.  La  première est toujours présente, le second vit au Sénégal,  son pays d’origine.

Booba  est allé pour la première fois à Dakar à 10 ans, visiter l’île de Gorée. Il est rentre  du Sénégal avec un pseudo, diminutif du nom d’un cousin de là-bas, Boubacar. Au collège, c’est l’élève du fond, celui qui dort près du radiateur. Il n’écrit pas encore, sinon les rédactions imposées. «En français, j’étais pas très bon. Des fois je croyais que j’étais bon, mais non. Des fois tu crois que t’es bon et en fait t’as un onze», dit-il dans Libération.

Booba  découvre   les Etats-Unis à 14 ans, à l’occasion d’un séjour linguistique prolongé en année d’échanges dans une famille à Detroit. Le rêve est resté américain. S’il fait référence à Aimé Césaire, c’est qu’il sait que «c’est un bon». Son rapport à l’écriture, instinctif, immédiat, il l’a appris «en écoutant de la musique, en écoutant d’autres écrivains» - lapsus ? Il cite Bob Marley, Trenet, Renaud, Nas, Public Enemy, «des flashs, des univers, des ambiances». C’est ce qu’il cherche à créer, dans un français «pas du tout scolaire».

Entre chaque album, l'artiste publie en effet une mixtape officielle compilant  nouvelles versions et collaborations diverses. Soit une bonne occasion d'expliquer une fois pour toutes pourquoi Booba domine encore le rap,  mais surtout, reste  au royaume de la chanson française.

Par Oumar BA

Après s’être lancée dans le monde du mobile, en élaborant deux applications permettant de suivre la propagande djihadiste, l’organisation de l’Etat islamique vient de créer Alphabet (« Huroof » en arabe). Il s’agit d’une appli Android destinée aux enfants, qui leur permet d’apprendre l’alphabet arabe. A chaque lettre un dessin. Sauf qu’ici, le choix s’est porté sur des motifs guerriers où D est un tank (« dababa ») et S un missile (« sarukh ») rapporte Slate.

Des jeux et chants orientés
Mitraillette, canon, munitions et sabre font aussi partis de l’arsenal permettant aux enfants de mieux appréhender l’alphabet. L’application, téléchargeable depuis la plateforme de communications cryptées Telegram, permet également aux bambins de jouer à des jeux et d’écouter des chants islamiques pro-jihad.

Par le surfeur

« Le Soleil » se propose de revenir, chaque semaine, sur ces métiers qui  nous ont tant fascinés, sans que l’on sache forcément, ce qu’ils  recouvrent, d’exigences et de nécessité. Cette semaine, visite guidée du métier de transitaire.

Le transitaire organise le transport de marchandises en relation avec les douanes et les chargeurs. Il est l’interlocuteur des intervenants de la chaine des transports et l’administration des douanes. Il est chargé du mouvement physique ou documentaire de la marchandise en entrepôt ou  du transfert sous un autre régime. Pour exercer cette fonction, il faut être agréé. L'agent de transit est chargé de l'expédition et du suivi de marchandises pour les entreprises de commerce.  Par ces temps, le métier d'agent de transit est très demandé par les grandes entreprises. Cette forte demande se justifie par la rapidité des échanges marchands internationaux. Toute personne physique ou morale remplissant les conditions requises peut faire la demande et aspirer devenir transitaire. Au Sénégal,  pour cela, il faut une lettre de demande d'agrément adressée au directeur général du Port Autonome de Dakar, président de la Commission consultative portuaire.

Mission de l’Agent de transit
« Un certificat d'imposition à la patente de l'année en cours avec indication du tableau de la partie ou de la classe,  un certificat d'inscription au registre du commerce et NINEA,  un certificat d'inscription à la  Caisse de sécurité  sociale pour les sociétés nouvellement créées ou une attestation de régularité pour les sociétés en activités sont également requis », informe Cheikh Ba, agent transit. L’aspirant au métier de transit doit également fournir  un certificat d'inscription à l'Ipres pour les sociétés nouvellement créées ou une attestation de régularité,  pour les sociétés en activité. Une attestation de l'inspecteur du travail prouvant que le demandeur est en règle avec la législation en vigueur, en matière de sécurité sociale, accidents de travail et non retard de paiement des salaires est également nécessaire, précise-t-il. Concernant les sociétés, les états financiers de l'exercice écoulé dûment certifié par un Commissaire aux comptes, si la société fonctionne ou un Business plan détaillé si la société est nouvellement créée doivent être fournis. Une copie certifiée de l'arrêté d'agrément en qualité de commissionnaire en Douane est aussi réclamée, informe-t-il. Le demandeur devra fournir une  attestation d'agrément des locaux pour l'activité de transit, délivrée par la direction  du commerce intérieur. Un certificat de non condamnation pou infraction grave à la réglementation douanière et fiscale délivré par la direction des enquêtes douanières. Un capital minimum de 15 millions de FCFA devra être entièrement libéré, par acte notarié, dans la procédure de demande. Pour l'expérience professionnelle, la société devra justifier, au sein de son personnel  d'encadrement, de cadres confirmés dont un ayant au moins 10 années d'expérience, dont 5 années dans la profession de transitaire avec des  certificats de travail et autres attestations à l'appui Fiscalité : le demandeur devra présenter un quitus délivré par la  direction des impôts.  Quel est le coût ?  Il est gratuit. Un agrément sous forme d'arrêté ministériel est alors délivré. Le délai de délivrance est d’un  mois. La durée de l'agrément est indéterminée.

L'agent de transit a un rôle clé pour les sociétés commerciales. Il est chargé d’acheminer les marchandises de la sortie des entrepôts,  jusqu'à leur destination finale, il faut valider un parcours à la fois légal,  mais aussi tarifaire. Youssoupha Guissé capitalise une vingtaine d’années d’expérience dans le transit, il décrit son métier de «personne morale de droit privée. Le transitaire a pour objectif, notamment, la réalisation, pour un tiers, des formalités de passage de marchandises ou d'effets personnels d'un territoire douanier à un autre. Il peut revêtir différents statuts : celui de transitaire mandataire, s'il est lié à son client par un contrat de mandat, et celui de transitaire commissionnaire, s'il est lié par un contrat de commission », informe-t-il. Le rôle  du transitaire consiste à étudier le moyen le plus approprié pour le type de marchandise à expédier et en fonction de sa destination finale. Il gère les aspects réglementaires relatifs au transport de marchandises, dans le monde et à l'import-export. Il assure enfin les formalités administratives de rédaction de documents de douane.

Devenir Agent de transit
L'agent de transit doit être particulièrement rigoureux et méthodique. Il doit  respecter toutes les formalités et conditions réglementaires, souvent complexes, est en effet indispensables au bon acheminement des produits finis. Le commissionnaire de transport doit être réactif et savoir gérer les imprévus, notamment administratifs. L'agent de transit acquiert ses responsabilités avec le temps et l'expérience. Il commence souvent en stage ou en contrat de qualification et doit faire ses preuves sur le terrain. Sa carrière pourra s'orienter vers des fonctions commerciales ou des métiers de la douane, plaide Youssoupha Guissé.Un transitaire est une personne ou une entreprise mandatée par l'expéditeur ou le destinataire d'une marchandise qui doit subir plusieurs transports  successifs. Sa mission est d'organiser la liaison entre les différents  transporteurs et d'assurer ainsi la continuité du transport, ainsi que toutes les opérations administratives connexes s'y rapportant, réglementation  douanière gestion administrative, et financière, du personnel, commerciale, des  assurances des litiges, des crédits documentaires, et de la représentation fiscale etc.. Il est possible de débuter avec un bac pro en poche. Il s'agit du bac pro Logistique ou du bac pro Exploitation des transports. La plupart du temps, un bac+2 est cependant recommandé et l'évolution sera plus rapide. Il existe des formations en Bts en Transport ou Dut gestion logistique et transport. Certains transitaires ne prennent en charge que les expéditions nationales. Les transitaires internationaux, eux, ont des compétences supplémentaires leur permettant de réaliser la préparation des documents import-export et le dédouanement des marchandises. Lors d'un envoi international de marchandises, le transitaire constitue un dossier comprenant l'ensemble des documents export. Ces documents exports sont présentés à la douane du pays d’arrivée des marchandises.

Par Oumar BA

Les autres s’attendrissent davantage sur son sort que lui n’en fait état. La fatalité pour Madiagne Fall, non-voyant plein de vie, n’est ni une prédestination, ni une fragilité qui inhibe et étouffe les esprits portés par leur seule volonté de conquérir leur dignité d’être humain. Sa vie en est une poignante illustration. Jeune élève, il s’est battu pour gagner le respect de ses camarades et de ses encadreurs. En France, pour poursuivre ses études, le Thiéssois s’est armé de courage pour que l’investissement de l’Etat du Sénégal sur sa personne ne soit vain. A la Direction de l’enseignement élémentaire du ministère de l’Education nationale depuis 2014, l’expert en administration s’échine à lui être utile.

Qu’il peut être insolite de se faire guider par un handicapé visuel déboulant un escalier ! Madiagne Fall est d’une exquise sensibilité. La longue canne qu’il trimbale languit d’oisiveté. Lui sert-elle juste, chaque matin, de « fidèle compagnon » de chemin pour se rendre au ministère de l’Education nationale où se trouve son bureau au premier étage d’un des bâtiments. C’est ici, éclairé par un esprit alerte et une détermination touchante, que le bonhomme ébauche ses projets, nourrit ses ambitions pour son pays et ensoleille une vie loin de la paralysante bulle embuée dans laquelle on confine les corps affligés par la nature.

Madiagne fait fi de son infortune pour ne pas être objet de compassion et d’exutoire pour des âmes en quête de repentance et de grâce. Cette foi viscérale en son étoile ne découle pas d’un orgueil –peut-être un tout petit peu- mais d’une intime conviction : « On n’est handicapé que par soi-même. Je ne ferai jamais partie d’une association de handicapés qui entonne l’hymne de la misère, de l’indignité ».

Expert en administration
A l’Institut national d’éducation et de formation des jeunes aveugles de Thiès où il a fait ses premières « humanités », le jeune garçon montre déjà des aptitudes particulières qui lui ouvrent un horizon moins embrumé que celui-là des mains en quête de pitance quotidienne, de pitié. Il n’en demande pas plus au Cem Amadou Coly Diop. Ici, il est le seul handicapé visuel grâce à la méthode braille. « Le petit chouchou » du collège y fait bonne impression grâce à ses résultats scolaires. Il remporte le prix du concours de la langue française organisé par l’Association des enseignants de lettres et s’engage dans l’équipe de génie en herbe de son établissement. Mais le jeune homme aux savoureuses anecdotes ne se fait pas trop d’illusions. Il doit fournir plus d’efforts que ses camarades pour exister en tant qu’élève. Autrement, il serait le petit intrus dans le monde des « voyants » en attendant que la rue soit plus clémente.

Malgré les petites flatteries des « cancres » de la classe, principalement de quelques filles, pour s’attirer sa sympathie, Big Madj, comme elles se plaisaient à l’appeler, se concentre sur ses études. « J’avais peur d’échouer et de rester toute ma vie à invoquer la fatalité. Aujourd’hui, j’aurai certainement été un peu plus attentionné », raille-t-il,  la paume de sa main « flânant » sur un visage gai. Au Lycée Malick Sy de Thiès où les adolescentes ont été moins pressantes, le potache s’ouvre les portes de la France après l’obtention de son baccalauréat en 2005.

Il s’inscrit à l’Université Aix-Marseille et en sort avec un diplôme d'études universitaires générales, option administration juridique. Malgré le dépaysement, il obtient sa licence en administration économique à l’Université de Nancy. C’est à celle de Saint-Etienne qu’il décroche une maîtrise en économie et management et un master en administration et entreprises avec la mention bien. « C’est le plus beau jour de ma vie. Ils n’étaient pas nombreux ceux qui y croyaient », se souvient-il, heureux d’avoir étouffé quelques voix sceptiques.

En France, Madiagne ravive sa foi pour faire honneur à son vieux père, un religieux, et une mère très soucieuse de l’éducation de son fils et anxieuse à l’idée de le voir aller sous d’autres cieux poursuivre son rêve : exister en tant qu’être humain simplement. Il se lie d’amitié avec la communauté maghrébine qui « respecte la personne en fonction des valeurs qu’elle véhicule ». Bien que s’y plaisant, Madiagne, contrairement à d’autres camarades, décide de rentrer au Sénégal « pour, dit-il, servir mon pays et montrer une image plus reluisante de la personne handicapée ». En 2014, il est recruté à la Direction de l’enseignement élémentaire du ministère de l’Education nationale. Sa qualité d’expert en administration des systèmes de l’éducation et de la formation, des structures d’éducation pour déficients visuels et des instituts pour personnes handicapées lui confère « la légitimité de faire des propositions et de participer au débat », indique-t-il.

Un homme frustré
L’expérience accumulée à travers des voyages professionnels et interuniversitaires effectués au Canada, en Tunisie, en Suisse, au Maroc…, l’homme veut la mettre au service de l’Etat qui a financé ses études. « Hélas, je suis confiné dans un bureau comme un objet de vitrine pour peut-être servir d’emblème à l’éducation inclusive tant louée. J’utilise mes propres moyens pour trouver des informations me permettant de produire des documents dans le domaine de l’éducation ordinaire, inclusive et spéciale ». Madiagne ne quémande pas une place au soleil, ni ne convoite les honneurs. Exige-t-il juste la même considération dont jouissent ses collègues pour que l’équité professionnelle ne soit pas seulement une douce ritournelle pour enjoliver les discours. « Depuis deux ans, je ne participe à aucun projet intéressant en dehors du Cerpe en éducation inclusive. Alors que je pourrai être utile dans le Programme d’amélioration de l’apprentissage des mathématiques dans l’élémentaire par exemple », s’offusque-t-il. Le non-voyant ne tire aucune fierté à toucher sa paye sans la conscience d’avoir servi la communauté.

Pour ne pas plonger dans la mélancolie, le bonhomme, la trentaine dépassée, s’échine à produire des documents dont le plus récent porte cet intitulé : « Plan de promotion de l’éducation inclusive au Sénégal, 2016-2025 ». Il est articulé autour du Programme d’amélioration de la qualité, de l’équité et de la transparence (Paquet). Madiagne bouillonne d’idées et d’initiatives mais il a besoin « d’être outillé pour tirer parti de son expertise car il est au fait de l’évolution des problématiques de l’éducation », témoigne un de ses collègues. Si ce témoignage éloquent ne dissipe pas son amertume, Big Maj peut se laisser choir dans les bras de sa brave et prévenante épouse en lui distillant certainement les notes d’Omar Pène et de Youssou Ndour dont il est féru.

Par Alassane Aliou MBAYE

Cette alerte a été lancée lors du dernier congrès de l'Association française dentaire. On va enfin comprendre pourquoi de nombreux sportifs souffrent de problèmes dentaires...

Pourquoi les sportifs souffrent plus de problèmes dentaires ? Il vient de l'alimentation adoptée : beaucoup de glucides type pâtes, pain ; de sucres rapides sous forme de collations à base de bananes, d'agrumes ou fruits secs, de barres ou gels énergétiques... Le tout avec souvent une consistance collante sur les dents. Et il y a aussi la consommation de boissons énergétiques, elles, très acides. Ces apports sont nécessaires dans les sports d'endurance. Mais répétés et sans précautions, ils ont des répercussions sur les dents. D'autant plus que s'y ajoute le phénomène de bouche sèche lors de l'activité physique à cause de la perte hydrique (et accentué par le stress lors d'une compète) : la salive ne joue plus son rôle de tampon protecteur contre les agressions.

Quels sont les risques ? Il y a un risque accru de caries. Mais ce n'est pas tout... Les sportives sont aussi plus exposées à l'érosion de l'émail dentaire, c'est-à-dire à son usure, à cause des acides (boissons, fruits). L'émail des dents (couche dure en surface qui les protège et donne leur brillance) y est très vulnérable : les acides l'attaquent chimiquement et le dissolvent au fil des contacts répétés. Un fléau méconnu, qui provoque au début une sensibilité au froid, au sucré, au brossage. Si on ne stoppe pas les dégâts, l'érosion est irréversible, pouvant même obliger à la pose de facettes ou de couronnes. Enfin, il y a un risque d'atteinte des tissus de soutien de la dent. Cela commence par une gingivite souvent négligée.

Comment prévenir l'érosion ? D'abord, il ne faut pas se brosser les dents immédiatement après le repas. Il se produit alors un pic acide qui fragilise l'émail. Si on brosse tout de suite, on le décape et le fragilise davantage, ce qui l'expose plus aux caries et à l'érosion. Il faut attendre une demi-heure que la salive agisse avec son pouvoir de protection. En revanche, mâcher un chewing-gum sans sucre est conseillé pour stimuler la sécrétion de salive. Autre bon truc, finir son repas par du fromage qui a un effet anti-acidité.

Alors on arrête les boissons énergétiques ? Là encore, surtout pas de brossage sitôt après pour ne pas agresser l'émail alors ramolli ! Se rincer tout de suite la bouche à l'eau, c'est bien. On peut essayer de réduire les boissons acides : à cet égard, certaines comme Isostar le sont bien moins que d'autres, et il faut savoir que le jus d'orange en bouteille l'est beaucoup, même plus que certains sodas. Sinon, on use d'astuces pour éviter le contact avec les dents : on utilise une paille, ou une gourde souple sur laquelle on appuie pour faire couler la boisson au fond de la gorge.

Enfin, pour lutter contre la bouche sèche durant l'effort, on boit à petites gorgées très souvent. Avoir recours à une eau minérale très riche en bicarbonates comme Vichy-Célestins, St-Yorre, Contrex ou Vittel, neutralise l'acidité en bouche.

Côté hygiène dentaire, des précautions ? Se brosser les dents 2 fois par jour suffit. Trop en faire peut être néfaste si l'émail est déjà un peu fragilisé. Il faut utiliser une brosse souple (les medium sont trop dures), avec une petite tête pour bien brosser partout. La brosse électrique est idéale - il en existe avec poils souples -, car elle assure un brossage souvent plus efficace, sans être agressif. En cas de sensibilité dentaire, les dentifrices et bains de bouche spécifiques sont utiles.

Les bains de bouche avec une cuillerée à soupe de bicarbonate de soude dilué dans l'eau, et gardés en bouche 30 secondes, font merveille : cela rééquilibre le degré d'acidité buccale et supprime la sensibilité. En cas d'érosion dentaire diagnostiquée, on proscrit les dentifrices blanchissants !

Et chez le dentiste ? Le suivi doit être fait 1 à 2 fois par an. Le dentiste peut conseiller un dentifrice à très haute teneur en fluor, comme Duraphat, afin que les dents soient plus résistantes aux attaques. Le fluor renforce un peu l'émail, mais ne le régénère pas en cas d'érosion, d'où l'importance d'un diagnostic précoce ! Le praticien peut aussi appliquer des vernis fluorés sur des dents menacées, préconiser le port de gouttières de fluoration un quart d'heure par jour en cas de risque élevé.

Source : topsante.com

Sept jours après sa naissance, Bébé se retrouve avec une nouvelle tête. Sa marraine, une petite calebasse contenant de l’eau, du mil, des noix de cola, quelques piécettes d’argent et des lames à la main, le dépouille de tous ses cheveux.

Le nouveau-né et sa mère sacrifient ainsi au conformisme social dans le brouhaha d’un baptême où ils ont le sentiment que leur intimité n’existe plus. Ils ont certes vécu le rituel, mais ne l’ont pas forcément compris.

Pourquoi rase-t-on le crâne frêle d’un bébé que sa génitrice ose à peine toucher ? La seule réponse qu’on me donne est plus culturelle que religieuse. « Les cheveux du bébé à la naissance sont souillés. Donc, il faut s’en débarrasser ». Mais là, mon intelligence m’interpelle. Si les cheveux du nouveau-né sont souillés, cela suppose que son corps aussi l’est. Donc, va-t-on l’éplucher ? J’en ai déduit que toute culture n’est pas sagesse.

Une fois les tifs coupés, sa grand-mère, une wolof du Jolofen évalua le poids en or pour le donner en aumône. Son grand père qui est un vrai sérère du Sine quant à lui, les additionna au cordon ombilical et en fit un gris-gris pendentif chargés de le protéger contre les maux de ventre jusqu’au sevrage. Sa « badiène », diola, ne s’y oppose guère car entre diola et sérère, la parenté culturelle n’est pas que feinte.

Par Marame Coumba Seck

Les dernières statistiques et quelques études faites par des structures spécialisées révèlent une montée en flèche du viol à Dakar, à la faveur de la promiscuité, de la négligence des parents, de la pauvreté, mais surtout du mutisme des victimes avec la pression de l’entourage familial des deux camps. Des facteurs encourageant ce phénomène qui a atteint des proportions inquiétantes avec des conséquences dramatiques.

Souvent, en tant que relation coupable, le viol est entouré de silence. Les familles préfèrent un arrangement plutôt qu’enclencher une procédure pénale où tout le monde est mis au courant. Au final, qui protège-t-on dans l’histoire, la victime ou l’honneur de la  famille ? L’honneur de la fille n’est-elle pas incluse dans celui de la famille ? (lire le reportage) Autant d’interrogations qui méritent des réponses. A la boutique de droit de la Médina, sur le nombre de cas de viol enregistrés pour l’année 2015, seuls 63 victimes ont suivi les procédures jusqu’à terme. Parmi elles, trente une ont une tranche d’âge comprise entre 10 et 20 ans, 2 ont moins de dix ans et 24 ont moins de trente ans. Les autres affaires sont étouffées sous la pression familiale des deux camps. Des attitudes qui encouragent ce phénomène qui a atteint des proportions inquiétantes. Une situation similaire à celle qui se trouve à Pikine. Au mois de juin, plus d’une soixantaine de contentieux d’abus sexuels ont été enregistrés dont vingt suivis de grossesse, informait Mme Ami Sakho, juriste et coordonnatrice de la campagne médiatique de la Task Force qui est le comité technique chargé d’informer les autorités et le public sur la problématique de l’avortement à risque.

Sur le plan national, le ministre de la Justice, Me Sidiky Kaba, avait annoncé, lors des plénières du mois janvier,  3600 cas de viol pour l’année 2015. Ceux passés sous silence dépassent ces estimations.

L’autre versant du viol : l’avortement clandestin
Le viol est une pilule difficile à avaler. Les victimes en sortent avec des séquelles physiques ou psychiques. D’où le perpétuel débat juridique, religieux, sociologique et sociétale. Faut-il légaliser ou pas ? Dans quel cas ? Les avis divergent.

Ainsi, l’Association des Juristes sénégalais mène une campagne pour la légalisation de l’avortement médicalisé en cas de viol ou d’inceste. « Et là, il faut avoir un fondement solide. Notre première base est la justice. Le Sénégal a ratifié, sans réserve, le protocole de Maputo qui, en son article 14, invite les Etats africains à autoriser l’avortement médicalisé en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale ou physique de la mère, ou la vie de la mère et du fœtus.  Là, on essaye de mettre l’Etat face à ses responsabilités. Le nombre de viols montre que l’accès à un avortement médicalisé est un enjeu de santé publique, explique Ami Sakho, juriste et coordonnatrice de la campagne médiatique de la Task Force qui est le comité technique chargé d’informer les autorités et le public sur la problématique de l’avortement à risque.  Selon elle, le droit à l’avortement est un droit fondamental pour la femme. Cette pénalisation de l’Ivg a des conséquences. « Deux possibilités s’offrent à la femme qui a une grosse non désirée et qui n’a pas la possibilité d’accéder à un avortement médicalisé. Premièrement, elle cache sa grossesse jusqu’à terme pour jeter son enfant dans une fosse septique ou l’étrangler. Dans ce cas, elle tombe sous le coup de l’infanticide prévu par l’article 285 du Code pénal. Deuxièmement, elle trouve des moyens pour interrompre cette grossesse qui peut se terminer par des complications.  En effet, elle tombe sous le coup de l’avortement clandestin », poursuit-elle.

Cet avis est partagé par M. Baba Diop, Avocat à la Cour. « A l’état actuel des choses, nous voyons beaucoup de viols donc beaucoup de grossesses non désirées. Dans nos plaidoiries, 80% des infanticides sont liées ces dernières. Je pense que si l’on donne la possibilité aux femmes de mettre un terme à une grossesse non désirée, on pourra empêcher les nombreuses infractions d’infanticides », justifie-t-elle.  Selon lui, ces phénomènes de sociétés évoluent à tel point qu’il faut réfléchir sur une politique pas criminelle mais sociale. Toutefois, il soutient que la légalisation doit être encadrée.

Dans la religion musulmane, l’interruption volontaire de grossesse est interdite. La vie du fœtus, à l’instar de la vie humaine, est sacrée. A ce titre, elle se doit d’être gardée et protégée dans la mesure du possible. « Dans le Coran, il est dit que personne n’a le droit d’ôter la vie sauf pour des raisons de justice. Justice ne veut pas dire aussi vengeance », affirme Abdou Aziz Kébé, professeur au département arabe de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. L’Islam n’autorise l’avortement que pour des raisons thérapeutiques. « Il peut arriver que la grossesse porte atteinte à la santé de la mère.  Dans ce cas, l’Ivg est autorisée car il s’agit de sauver une vie qui est déjà et qui a des responsabilités familiales et sociales. En plus, dans les objectifs visés par le droit musulman, la préservation de la vie vient en premier lieu. Mais, ce sont les médecins qui doivent déterminer si l’on doit la laisser arriver à terme ou bien s’il y a lieu de l’interrompre », poursuit M. Kébé.

Malgré les nombreux cas de viols et d’incestes, la position de l’Eglise catholique reste la même sur l’avortement. Elle le considère comme un meurtre délibéré d’un être humain dans la phase initiale de son existence. En 1995, le Pape Jean-Paul II a publié « Evangelium vitae », lettre encyclique sur la valeur et l’inviolabilité de la vie humaine. Dans cette lettre destinée « aux évêques, aux prêtres et aux diacres, aux religieux et aux religieuses, aux fidèles laïcs et à toutes les personnes de bonne volonté », le Pape évoque les diverses formes de violence qui menacent la vie aujourd’hui. Et parmi celles-ci, figure l’avortement.

Selon le Frère Maurice Yelomey, curé à la Paroisse Saint Dominique située sur l’Avenue Cheikh Anta Diop, nous entrons dans une absurdité intellectuelle, mentale et morale. « Aujourd’hui, il n’y a rien qui résiste au désir de l’homme. Chacun fait ce qu’il veut, comme il veut. L’avortement provoqué n’est rien d’autre qu’un crime car le patrimoine génétique commence depuis la rencontre des deux gamètes mâle et femelle », soutient ce religieux. Pour lui, aucune situation ne peut justifier la suppression d’une vie innocente.  Dans le Quatrième Commandement, illustre-il, il est dit : « tu ne dois point tuer ».

talibesEnfants désœuvrés des quartiers populaires : des proies faciles pour les violeurs
H-L-M est l’un des quartiers du village de Niaga, un site touristique qui abrite le lac rose et des sites de relogement des familles venues des zones inondées. Cette commune qui grandit vers ses extensions et dont le cœur lui-même ressent le poids de la concentration humaine, est en même temps le point de ralliement des hommes de tout âge à la recherche du travail dans la construction. Ces paramètres ajoutés à la non scolarisation des enfants ou le problème de leur maintien à l’école liée à la pauvreté, exposent ces derniers aux abus sexuels.

Une et unique chambre pour un couple et six enfants dont le plus âgé est une fille de onze ans. En retrait dans celle-ci, cette mère donne à manger au dernier né qui n’a pas encore soufflé sa première bougie. A cette heure de crépuscule, une seule bougie suffirait pour éclairer la chambre de cette pauvre dame pour qui la lumière généreuse du jour n’éclairait plus. De caractère ouvert, elle dépose son petit par terre, dès que nous abordons la question du viol. Ses traits deviennent plus sérieux. Quelle fille ? Réagit-elle. « Ma fille n’a jamais été violée », précise F. Sarr. Pourtant, les investigations du voisinage prouvent le contraire. Quelques précisions lui font sortir ce qu’elle avait dans le cœur mais aussi dans le ventre. Selon elle, il s’est agi plutôt d’une tentative de viol. « L’auteur est d’origine bissau-guinéenne qui habite cette maison en construction derrière la nôtre.  Loin des regards, il l’appelle pour l’envoyer à la boutique. Une fois dans la chambre, il ferme la porte à clé. Ne sachant pas qu’elle était accompagnée de son petit frère. Ce dernier est venu m’aviser. J’ai couru vers la maison, j’ai trouvé qu’en plus de la porte de la chambre qui était fermée, celle de la maison l’était aussi. Je suis allée vers la fenêtre, j’ai appelé plusieurs fois ma fille mais, aucun bruit. J’ai rebroussé chemin pour alerter les gens de chez moi. Quand il a su que la situation allait mal tourner, il a demandé à la petite d’aller se cacher dans les toilettes avant de refermer sa porte. Ce qu’elle a fait bien évidemment. Arrivés, nous avons trouvé la porte principale ouverte. J’ai regardé en vain la petite dans sa chambre. Je suis allé vers les toilettes, Et là, je l’ai trouvée.  A la police, on nous a demandé d’apporter des preuves pour », narre cette mère dont on sent toujours la colère dans la voix. En considérant les thèses des voisins comme de simples rumeurs, il assure que le certificat médical établi par un des médecins à l’hôpital Youssou Mbargane Diop de Rufisque, a prouvé que la fille avait toujours l’hymen intact. « N’empêche, le gars a écopé d’une peine de deux ans de prison ferme pour tentative de viol », poursuit-elle.

Un autre contentieux d’abus sexuel dans le même village mais dans un quartier différent. Pikine, jadis connu pour ses maisons spacieuses est devenu un bric-à-brac de ruelles étroites qui plongent parfois dans des maisons habitées. Presque aucune n’est entièrement clôturée. Celle de la  famille Diagne en est un exemple. Tonton « Sai Sai » est passé par là. Selon une source très proche, le présumé violeur a trouvé la gamine en pleine nuit dans les toilettes isolées de la maison.  « L’empêchant  de crier d’un revers de la main, il a passé à l’acte. Mais comme la première, la maman de cette seconde victime insiste, qu’on n’a pas abusé d’elle. Des propos que le père biologique de la gamine a démentis, selon la cousine de la dame. « C’est par la faute de preuves que l’auteur du viol n’a pas été arrêté.  Après constat, sa mère devrait se rendre au centre de santé pour l’établissement d’un certificat médical. Ce qui n’a pas été fait. Ils ont attendu que les séquelles disparaissent pour l’établir. En effet, il n’y a pas eu assez de preuve réuni pour mettre en cause ce délinquant qui n’a été arrêté qu’après avoir violé une blanche », soutient A. S.

A la Médina, quartier périphérique du Centre-ville, une affaire de viol opposant un maître coranique et trois familles est pendant de la justice. Il est accusé d’avoir violé deux garçons et une fille. Mais, les procédures étant en cours, à la boutique de droits, les intervenants n’ont pas voulu trop avancer sur le sujet.

Analyse : viol a dakar, démographie, promiscuité et permissivité
Une ville comme Dakar, qui grandit vers ses extensions et dont le cœur lui-même ressent le poids de la concentration humaine, renferme des candidat(e)s vulnérables et des violeurs. De ce fait, l’une des causes majeures du viol est à chercher dans sa démographie et son versant problématique, la promiscuité. La ville est victime de l’éclat qu’elle reflète dans l’imaginaire de ceux qui répondent aux sirènes de l’exode rural. Considérée comme un eldorado, Dakar est de loin la région la plus peuplée avec 3.137.196 habitants. Elle est également celle où la densité est la plus accentuée avec 5.735 habitants au kilomètre carré (Source : Agence nationale de la Démographie et de la Statistique - Ands). De plus en plus, les gens désertent les campagnes pour peupler la capitale, espérant s’accomplir dans le secteur informel comme dans les circuits formels. L’aménagement du territoire y est également pour quelque chose. Les services essentiels du privé et de l’administration sont implantés à Dakar.

Pour cette population citadine jeune et inoccupée (47,3%), certains recourent au sexe de gré ou de force car il devient, pour eux, un instrument de divertissement. Loin du regard des parents et de la censure communautaire, ils prennent des libertés. En effet, 3600 cas de viol ont été enregistrés pour l’année 2015 (source le ministre de la justice lors des plénières). D’où les nombreux cas de grossesses non désirées qui sont interrompues en douce. La grossesse contractée devient de plus en plus prégnante. La honte suscitée par l’enfant à naître prend de plus en plus de la place dans le cœur des filles ou dames. Quand celui-ci n’y est plus, l’âme n’organise plus la résistance. Elles franchissent le pas. Les fœtus jetés dans les décharges publiques et fosses septiques sont devenus nombreux. Au Bureau de l’enrôlement du tribunal de Dakar, la plupart des filles emprisonnées pour le délit d’avortement, habitent les quartiers populaires.

Le phénomène a des origines sociologiques. En milieu rural, la famille est le lieu de l’activité de bien de production. Les enfants sont considérés comme des biens de production, ce qui incite à une fécondité élevée. Par contre, dans une ville moderne comme Dakar, la famille est le lieu de consommation. Les enfants ont un rôle de bien de consommation. En effet, face à la désillusion née de cette méprise qui leur a fait prendre Dakar comme un eldorado, ces familles issues de l’exode rural, en plus de s’enliser, essayeront  de s’adapter aux réalités de la ville qui a ses tentations. Leurs enfants ne sont pas scolarisés ou leur maintien à l’école pose un énorme problème du fait de la pauvreté. Ces familles, de leurs propres illusions, se réfugient dans des quartiers populaires où le loyer est moins cher ou dans des cités dortoirs. Ils y retrouvent des marginaux qui ont leurs racines dans les quartiers mal famés de la même manière que les bons vivants des quartiers chics se livrent à ces abus. La promiscuité dans la banlieue, ajoutée à la précarité, favorise le développement du banditisme. La plupart des jeunes usent de la drogue pour dissimuler leur mal existentiel. Dans une inconscience totale, ils sont susceptibles d’y aller de leurs dérapages et, par conséquent, d’abuser sexuellement de la première fille qui se trouve sur leur chemin. Au Tribunal régional de Dakar, en quatre mois, 42 personnes ont comparu pour le délit de viol dont une trentaine sur des filles de moins de 13 ans. La situation est pareille à la Boutique de droit de Pikine où soixante cas de viols ont été enregistrés dont vingt suivis de grossesses. L’acte de viol est, pour la plupart,  passé sous silence et la grossesse qui en résulte est interrompue en douce car les familles des victimes ne veulent pas garder un souvenir de cet acte qui les place dans un inconfort social.

Le regard de l’autre pousse des femmes à braver les interdits sociaux et juridiques, jetant des êtres en devenir dans les poubelles, comme de vulgaires déchets ménagers. La loi ne doit pas être moins dissuasive que le « qu’en-dira-t-on ? ». Cette législation a la plus grande légitimité d’interdire et de faire observer le respect des interdits. La sanction pénale peut donc empêcher les femmes d’interrompre leur grossesse et d’en assumer les effets sociaux et psychologiques devant la société. L’interdiction a tout de même son revers. Elle peut encore favoriser la clandestinité, notamment les avortements à risque. Il importe également d’agir sur la concentration humaine à Dakar. Dans une ville qui grossit de toutes ses ailes, la promiscuité et le désœuvrement sont des facteurs de dérives. De ce fait, la décongestion de Dakar est une des alternatives permettant d’éviter les viols et les grossesses non désirées qui en découlent. Le facteur économique est également étroitement lié à ce phénomène qui prend des proportions inquiétantes. La préservation des bonnes mœurs passe par le développement de l’agriculture dans les régions. Ayant des activités génératrices de revenus à portée de main (pour ceux qui veulent se réaliser sur le plan social, bien sûr), les jeunes ruraux n’auront plus besoin d’affluer vers la capitale dakaroise. Enfin, un objet de sensibilisation doit détenir les paramètres d’analyse. En conséquence, le maintien des filles à l’école est un moyen de conscientisation. Les jeunes avertis ont les aptitudes intellectuelles et psychologiques pour dénoncer les auteurs.

Une enquête de Marame Coumba SECK

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