grandair

Soleil Grand Air (417)

L’opération entre le géant de l’informatique et le réseau social professionnel devrait être finalisée d’ici à la fin de l’année…

Microsoft a annoncé ce lundi sur son blog le rachat de LinkedIn pour 26,2 milliards de dollars (23,3 milliards d’euros). Le géant de l’informatique assure dans un communiqué : « LinkedIn restera une marque distincte, avec sa culture et son indépendance. » Ainsi, Jeff Weiner, PDG du réseau social, reste en place. Pour Satya Nadella, PDG de Microsoft, ce rachat est l’occasion « d’accélérer la croissance de LinkedIn, mais aussi de Microsoft Office 365 et Dynamics. »

Microsoft a notamment été séduit par les performances du réseau social professionnel créé en 2003, qui revendique « 433 millions de membres dans le monde, 105 millions de visiteurs uniques par mois, et sept millions d’annonces actives d’emplois ».

La transaction, qui devrait être bouclée d’ici à la fin de l’année, a été « pleinement approuvée » par Jeff Weiner et Reid Hoffman, cofondateur du réseau social professionnel. Microsoft s’engage à payer 196 dollars par action LinkedIn, coté à la Bourse de New York.

Cette acquisition détrône ainsi le rachat de la messagerie WhatsApp par Facebook en 2014. Le groupe de Mark Zuckerberg avait déboursé 22 milliards de dollars pour l’application de messagerie instantanée.

Par le surfeur

Le poids de l’âge ne l’empêche point de s’adonner à sa passion. Passi pousse la chansonnette comme s’il avait encore dix-sept piges. Dans la lignée de l’aventure du collectif Bisso Na Bisso, il est impulsé au-devant de la scène en 1998, avec l’opus-carton « Racines, historique », venant de jeunes Mc issus de l’immigration. Celui qui est désormais considéré comme l’un des pères fondateurs du rap français, à l’instar de Ntm, Iam ou Mc Solaar, continue de mordre et de dénoncer «l’ambiguïté des médias, le néocolonialisme français en Afrique, l’inertie des politiques ». Normal, il n’a jamais cessé de le dire: «le rap n’est pas une musique de jeunes, c’est un mouvement, une culture à part entière».

L’homme grandit à Sarcelles, en banlieue parisienne. «Je me suis longtemps battu pour savoir qui j’étais. Je le sais maintenant : je suis un métis culturel, un franco-congolais. Mais il y a beaucoup de jeunes qui sont d’autant plus paumés que la France refuse de les intégrer», note-t-il. Passi se souvient de ses jours tranquilles d’enfance passée au Congo-Brazza, sa jeunesse de B-Boy à Sarcelles avec sa famille émigrée à partir de 1979. «À 15 ans, j’avais déjà un de ces appétits ! Les limitations de la cité stimulent ton imagination: faire des voyages, grimper dans l’échelle sociale, décrocher des diplômes ». Avec un père qui inspirait le respect et une mère enseignante, qui n’hésitait pas à les punir, Passi a reçu une éducation stricte.

Il comprend vite que l’argent était le nerf de la guerre. A 17 ans, il fonde alors une association, A.m.e.r. (Action, musique et rap), ce qui lui permettait d’obtenir des locaux de répétition. «On savait que le hip-hop était la seule culture qui disait la vérité», note-t-il. L’auteur de « Je zappe et je mate » publie parallèlement un livre, écrit à quatre mains, avec son frère Steeve. Au lieu d’opter pour une autobiographie, il a choisi de publier certains de ses textes de chanson qui prennent une tout autre force « dépouillés » de leur background musical. «Je suis sentimental, mais je le cache par pudeur. Mon éducation africaine probablement… Chez nous, on ne dit pas je t’aime, on le montre».

A ses yeux, l’exclusion sociale et économique dans les cités de banlieue, ne diminue pas, bien au contraire ! « Je dis donc qu’il ne faut pas laisser au Front national le monopole du drapeau tricolore et de La Marseillaise », alerte-t-il.

Par Oumar BA

Les taxis circonstanciels

15 Jui 2016
265 times

Chef, Papiers ! Une chanson connu des conducteurs de la route, notamment les taximen. Les voici Chef. Un seul et unique papier : le permis. Une assurance dans une moindre mesure. N’est-il pas conscient qu’il en faut plus pour un taximan ? C’est que « Sa Dakar » est un taximan à l’improviste.

‘’Moussé sendarme’’, c’est…….que tout ce qui scintille en jaune et noir dans la circulation, n’est pas un taxi. Quoi ? Certains pères de familles étranglés par le coût de la vie et la conjoncture économiques à Dakar, s’improvisent en chauffeurs de taxi. Pardon Moussé ‘’sendarme’’ ! Il suffit de peindre votre voiture en jaune-noir et la doter d’un Vendôme à l’intérieur duquel vous écrivez « takzi ».

Pour s’occuper de cent enfants, des femmes gaies et jeunes, il faut avoir un bon flair pour ‘’Xaliss’’ afin d’éviter les Karass-karass des « nota béné », médiateurs de mon quartier, toujours disponibles pour s’immiscer dans mes intestines familiales, histoire de séduire plus mes jeunes dames. Votre voiture fait l’objet d’une saisie. Ay…ya ya. Moussé ‘’sendarme’’, où je vais puiser assez d’argent pour tant de dépenses quotidiennes si sans votre pardon, je ne rentrerai plus ? Et Moussé ‘’sendarme’’ aussi’’ gentil et compréhensif lui dit : « Yala sah danguay togne mou bal la », à fortiori nous les êtres humains. ‘’Walé nak, dama beug nga ham neh loxoy kadior day wessou’’ moté’’ (formule qui vise l’échange de bons procédés, plus précisément en espèces sonnantes et trébuchantes). Et sa Dakar lui serra la main. Sa Dakar, dans notre imaginaire, transposé dans la réalité, cette ironie suscite une colère noire chez les taximen.

Borom Keur boul gawa seugem, sinon c’est la galère dans la famille. Mais si borom keur ne change pas de doxaline, que devient ‘’Niol Nikou’’ le taximan ‘’classique’’. Un taximan qui roule pour récolter à peine son versement. Garage Onu 3, Colobane. Bienvenue à l’organisation des taximen crevés par les courses de la journée. Certains s’étalent, d’autres ont la tête sur les deux genoux. Sans les taxis stationnés de manière non aligné, on aurait confondu le lieu à un parlement où on décide sur le sort du chef de l’Etat. « Mani waxon na ko dina wagn loxom bamou woté dialogue », « Wa Banque mondiale la, gno ka ka imposer », « dafa bah rek », on dirait les filles pubères des bornes fontaines où il est difficile de saisir le pourquoi de leurs querelles à cause de leurs cris enragés. Là-bas, des mèches tombent, des greffages se déchirent laissant une partie de la chevelure chauve. Ici, l’odeur du thé sur le fourneau et la gargote à côté, détendent les nerfs.

Il faudra aborder la question des taximen qui s’improvisent pour dissiper les rumeurs politiques. « Madame cette situation, on en a tellement parlé aux syndicats. Mais, rien n’a été fait. Au-delà des voitures qu’on peint, certains conducteurs de calandos s’improvisent également en taximen », dit de manière spontanée Badara Mbaye, chef de garage intérimaire. Autre phénomène ignoré, le trucage des licences qu’on affiche sur des particuliers peints au jaune-noir pour échapper à l’attention des policiers et gendarmes.

« Arrêter certains conducteurs de jaune-noir et vérifier s’ils remplissent les conditions pour rouler comme taxi dans la ville. Un nombre important ne les réunit pas », s’indigne-t-il. Pour être donc un taximan plein, il faut : une visite technique, une assurance, une licence, un livret de conduite plus un permis. Et s’acquitter des impôts de 4.000 Fcfa, le mois.

Rien de plus énervant pour un taximan que de s’acquitter de ses devoir et d’être concurrencé par des gens qui s’improvisent conducteurs de taxi après quelques coups de pinceaux.

Rond point Sicap Mbao, dans cet arrêt où une grande inspiration peut faire de vos narines le point de rencontre de poils soyeux de foin, de gaz d’échappement des véhicules et de la fumée provenant de la grillade sur des barbecues. En cette matinée où le soleil se cache encore sous les nuages d’un ciel blanchâtre, les taximen bavardent, en attendant leur tour de faire le plein de clients. Ici, on n’a pas besoin de la peinture, il faut juste s’acquitter des trois cents francs qu’imposent les rabatteurs s’armant d’insultes pour évacuer leur colère envers les conducteurs qui ne respectent pas leurs tarifs.

« Certains particuliers qui prennent la charge ici, sont des chauffeurs qui, une fois leur patron déposé, au retour, ils prennent des clients qui rallient le centre ville. D’autres propriétaires venus d’un voyage aussi, profitent de leur passage pour gagner de l’argent », renseigne un rabatteur qui subitement court derrière le véhicule d’un taximan à qui il manque deux clients. Deux têtes, cent cinquante francs, sauve qui veut les avoir. En effet, les lundis sont des jours où les taximen classiques sont concurrencés. Certaines personnes de retour à leur domicile familiale ramassent les clients qu’ils rencontrent sur le chenin du retour. 800 Fcfa chaque personne, de quoi compenser les ‘’traits’’ économiques dus à la famille.

Par Marame Coumba Seck

Last modified on mercredi, 15 juin 2016 13:38

Ils sont nombreux, ces jeunes natifs de Bambilor qui ont jeté leur dévolu sur l’aviculture, un secteur porteur d’emplois et de richesses. Un détour effectué à la ferme d’un des propriétaires, Papa Bakary Coly, permet de s’en convaincre. Cependant, ces aviculteurs se plaignent de l’implantation « anarchique » des fermes, le manque de lopin de terre dû à l’urbanisation « galopante».

Située à 3 kilomètres de Bambilor, la ferme avicole de Papa Bakary Coly est la parfaite illustration d’un secteur en plein essor. Dans ce poulailler implanté sur une superficie d’un hectare et demi au cœur de la brousse, on dénombre huit grandes bâtisses qui font office d’enclos de 20 mètres de long et 10 mètres de large. Les trois enclos d’une capacité de 700 sujets pour chacun servent à contenir les poulets de chair, les cinq autres, situés de l’autre côté de la ferme, abritent les poules pondeuses. Cinq puits creusés au milieu de la ferme assurent l’alimentation en eau aussi bien pour les poulets que pour les occupants de la ferme. Cette eau est également utilisée pour l’arrosage des champs maraîchers aménagés à l’intérieur de la ferme où s’activent 6 employés avec des tâches différentes.

Le maître des lieux, Papa Bakary Coly, un passionné de l’aviculture, nous sert de guide dans l’antre de son poulailler. Dans un des enclos où sont logées les pondeuses, le décor est tout simplement saisissant. Des sacs remplis d’aliments sont empilés de part et d’autre du local, des abreuvoirs et des mangeoires pris d’assaut par les volailles qui, avec leur piaillement, donnent un peu d’animation à cet endroit. Papa Bakary Coly explique, en effet, que ces sujets doivent rester 3 mois et demi pour pondre. Ainsi, avec ces milliers de pondeuses, le propriétaire de cette ferme parvient à réaliser, annuellement, une production d’un million d’œufs. A une dizaine de mètres de cet enclos, un autre local abrite les poulets de chair destinés uniquement à la consommation. A ce titre, précise M. Coly, ils doivent être élevés pendant 45 jours.

A l’image de Pape Bakary Coly, ancien émigré en Italie et en Espagne, actuellement secrétaire général de l’Association des aviculteurs de Dakar, ils sont nombreux ces jeunes natifs de Bambilor à avoir investi dans le secteur avicole, qui est en plein essor. Ibrahima Ndiaye, un autre aviculteur rencontré dans son dépôt d’aliments de volaille évolue, depuis 10 ans, dans les exploitations avicoles. « Avant 2005, la filière était un peu en léthargie à Bambilor. Ce n’était pas trop favorable, car il y avait les importations qui menaçaient le secteur. On notait même une diminution de la production dans la zone des Niayes », se souvient-il. Mais avec l’entrée en vigueur d’un arrêté visant l’interdiction de l’importation de poulets, dit-il, la filière a commencé à se redresser, ce qui fait que beaucoup de gens ont investi dans le créneau. « Du coup, la production a évalué de 2005 à 2008 », soutient M. Ndiaye, par ailleurs, président de la Fédération des acteurs de la filière avicole (Fafa). Il juge « favorables » les conditions de la zone de Bambilor pour la pratique de l’élevage de poulets. Un facteur qui contribue à l’augmentation de la production. « Etant dans une zone agro-sylvo-pastorale, elle participe à la croissance des sujets. Que ce soient les chairs ou les pontes », explique-t-il. Ainsi, soutient l’aviculteur, sa ferme peut produire jusqu’à 30.000 poulets par mois. Quant aux prix, ils varient entre 2.200 et 2.300 francs Cfa l’unité.

Pape Bakary Coly indique, de son côté, que les gens ont osé investir dans cette filière depuis l’arrêt des importations. « Si aujourd’hui, le gouvernement veut revenir en rouvrant les frontières, c’est nous ramener 8 ans en arrière », avertit M. Coly. Il explique qu’en 2005, la filière était à genou. « Actuellement, le secteur avicole commence à se relever, c’est mieux de le protéger et de l’encourager », estime-t-il. A son avis, il faut envisager la mise en place des mesures de restriction pour empêcher l’entrée des poulets étrangers dans le marché intérieur. Ces poulets, à en croire ce fermier, sont engraissés avec de la farine animale. « Il faut que le marché soit garanti à travers des mesures de protection pour encourager les investisseurs à venir dans cette filière. Le secteur avicole est rentable. En plus, l’investissement se fait à court terme. Car au bout de 45 jours, la personne peut retrouver l’argent qu’il avait injecté », rassure-t-il. S’agissant de la clientèle, elle est d’abord nationale avec les ménages, les gérants d’hôtel.

Ces obstacles qui plombent la filière
Cependant, déplore M. Ndiaye, l’implantation des poulaillers à Bambilor se fait de manière anarchique, ce qui pose un problème de données sur le nombre de personnes évoluant dans l’aviculture. Outre cette difficulté, il dénonce l’urbanisation galopante dans la zone de Bambilor. « Des zones destinées à l’aviculture sont même habitées ; un problème d’espace se pose. Pire, il y a des endroits où des gens ont rasé des poulaillers pour mettre des bornes en attendant de venir habiter », déplore Ibrahima Ndiaye. Il relève également des épidémies périodiques dans la zone et qui touchent les sujets. L’accès aux aliments reste un casse-tête pour les acteurs. Cela s’explique par la cherté du maïs qui constitue 50 % de la production de ces aliments. « D’où l’intérêt de voir d’autres sources de production d’aliments », préconise M. Ndiaye.

Un reportage d’Elhadji Ibrahima THIAM et d’Abdou DIAW

Depuis plus de 10 ans, de nouveaux médicaments ont changé la prise en charge des troubles de l’érection. Mais quels sont réellement les usages et les attentes des hommes et des femmes vis-à-vis de ces traitements ?

Du 26 juin au 28 août 2014, 1 873 personnes ont répondu à notre enquête en ligne sur les traitements des troubles de l’érection. Les répondants étaient majoritairement des hommes (86 %) âgés de 50 à 79 ans (67 %). On trouve néanmoins 20 % de 35-49 ans et même 6 % de 25-34 ans. Globalement, on trouve une majorité de retraités ou de préretraités. Près de deux participants sur trois (62 %) connaît une personne atteinte par ce problème.

Un sujet tabou et un manque d’informations sur les traitements
Les troubles érectiles ont bénéficié de plusieurs campagnes destinées au grand public, notamment depuis l’avènement des traitements oraux qui représentaient des solutions efficaces plus pratiques que celles jusqu’alors disponibles. On avait ainsi tendance à croire que les pannes sexuelles n’étaient plus aussi taboues dans les foyers et les médias… Et bien les résultats de notre enquête démontrent le contraire : une majorité de répondants (59 %) jugent que les médias n’abordent pas suffisamment ce thème.Ce sentiment se traduit-il par un manque d’informations ? Les causes de ces problèmes intimes sont relativement bien connues des répondants : une origine psychologique, l’âge, des causes physiologiques, médicamenteuses, un désintérêt pour le sexe… A l’inverse, l’information sur les traitements souffre d’un réel manque de connaissances : près d’un tiers ne savent pas que ces problèmes peuvent se soigner ! Parmi ceux qui ont une démarche active de recherche d’informations, Internet est la principale source d’information (52 %), loin devant la presse spécialisée (21 %) et la télévision (18 %). La presse grand public, la radio ou les chaînes thématiques restent loin derrière.

Pour être traité, encore faut-il en parler…
En cas de troubles érectiles, les répondants se tourneraient naturellement vers leur médecin généraliste (49 %), devant même leur compagne/amie (18,5%) et le sexologue/sexothérapeute (17,3 %). Selon leurs déclarations, le choix de se diriger vers un autre médecin, un andrologue ou les amis restent assez rares. Mais parmi ceux qui sont concernés par ce problème (80,2 %, dont 26,5 % de temps en temps, 22 % assez régulièrement, 16,6 % régulièrement et 15,2 % tout le temps), la réalité est assez différente : seuls 44 % avouent en avoir parlé avec leur médecin, mais 16,5 % en ont parlé avec un autre médecin, un sexologue ou un andrologue. Et 39 % n’en ont jamais parlé !

Faute d’en parler, 45,5 % des hommes ne bénéficient pas de prise en charge médicamenteuse et 11 % se sont tournés vers des solutions alternatives. Seuls 43,5 % ont bénéficié d’un médicament (principalement du Cialis ® à 55 % et duViagra ® à 21 %). Pourquoi ne pas avoir pris de traitement éprouvé ? Les deux raisons les plus fréquentes sont le fait de ne pas oser en parler (22 %) et la peur des effets secondaires (16 %). Un peu plus de la moitié des femmes qui ont répondu à notre enquête (55 %) sont en couple avec un partenaire qui a eu ou a des troubles de l’érection. Selon elles, la plupart de leur partenaire ne prend aucun traitement (68 %) ; 13,5 % un traitement prescrit par le médecin et 7,5 % un traitement alternatif. La différence entre les partenaires démontre que les hommes cachent souvent le fait qu’ils prennent un traitement.

Le traitement idéal doit être efficace et bien toléré
Parmi les patients traités, 30,6 % ont connu des effets secondaires (dont 77 % souvent à très souvent, 23 % rarement ou très rarement) : maux de tête, rougeurs au visage, nez bouché, problèmes digestifs, problèmes au niveau de la vision, vertiges… Mais globalement, sont-ils satisfaits de leur traitement ? On note une très légère prédominance de l’insatisfaction (53 %), un sentiment principalement lié à un manque d'efficacité (38,4%) et au coût du médicament (21%). Ensuite, viennent le fait de devoir le prendre à chaque rapport (14,5%) et le manque de spontanéité que cela engendre (13,8%)… Des sources de mécontentement différentes chez les femmes (55 % sont satisfaites du traitement, 45 % non) qui citent en premier le manque de spontanéité dans les rapports et le manque d’efficacité sur l’érection.

Quel serait pour vous le traitement idéal ? Les principales caractéristiques recherchées par l’ensemble des répondants (hommes, femmes, tout âge confondu) sont une bonne efficacité (30 %), une bonne tolérance (18 %), une action rapide (15 %) et une simplification d’utilisation (14 %). Le prix et son remboursement ne sont pas prioritaires, l’aspect onéreux passe après l’efficacité.

Un réel impact sur la vie de couple
Au quotidien, les hommes concernés avouent que ces troubles altèrent leur vie de couple/familiale (84 % des répondants) et l’image qu’ils ont d’eux-mêmes (78 %). Au-delà du problème sexuel, plusieurs sentiments se mêlent : atteinte de leur virilité, sentiment de mal vieillir, culpabilisation, honte, déprime… Autant de sentiments négatifs qui peuvent favoriser les pannes, qui vont alors nourrir cette peur de l’échec : le terrible cercle vicieux propre aux troubles érectiles. Et ce sentiment n’est pas pour autant l’apanage des hommes, puisque les femmes jugent à 73 % que ces problèmes intimes ont un impact important sur leur vie de couple.

Aujourd’hui, de nouvelles solutions existent, qu’il s’agisse de traitement oraux ou locaux. Si vous vivez mal cette situation, si elle impacte votre vie personnelle et familiale, parlez-en à votre médecin.

Source : doctissimo.fr

Un monde de pécheurs

15 Jui 2016
427 times

Le péché originel, tout le monde s’en rappelle, même si beaucoup s’en tapent royalement. Une banale histoire de pomme qui transporta Adam et Eve de l’Eden à la Géhenne terrestre. Des pommes comme on en trouve des centaines de variétés sur les étals des fruitiers du monde. Des pommes croquées avec un art consommé de la dégustation pour se moquer du sort de nos deux ancêtres coupables de franches bouchées de la boule à la chair craquante.

C’est dire donc que tous les jours, l’humanité, sous l’emprise du malin, passe son temps à jeter de grosses pierres dans le jardin du gendarme suprême. Et c’est peut-être ce qu’a compris cet espagnol de 30 ans qui s’est coupé le pénis et l’a jeté aux toilettes, expliquant qu’il ne voulait « plus commettre de péché ». Le hic, c’est que sa famille s’est vite empressée de le conduire à l’hôpital pour recoudre sa baguette. Après cela, sûr que ce n’est pas l’envie qui manquera à ce repenti à l’objet de vie cousu de fil de revenir de ses envies de repentance. C’est Satan qui rigole. Dieu porte le masque.

Par Sidy DIOP

Ces Sénégalais des Grands Lacs

15 Jui 2016
3062 times

Grands voyageurs devant l’Eternel, les Sénégalais se croisent aux quatre coins du monde. Notre envoyé spécial au Rwanda et au Burundi a profité de son séjour, avec l’équipe nationale de football, dans ces pays des « Grands Lacs, en Afrique de l’Est, pour aller à la rencontre de compatriotes vivant à Kigali et à Bujumbura. Reportage.

Même au pic de la crise, ils n’avaient pas été inquiétés
Bujumbura (Burundi) : Des voitures des Nations Unies et des casques bleus en grand nombre sur le tarmac ! Dès l’atterrissage de l’avion à l’aéroport international de Bujumbura, on comprend qu’on pose pied sur un pays particulier. Les premiers pas en ville confirment cette première impression avec presqu’à chaque coin de rue, des forces de l’ordre, arme au poing et des véhicules militaires patrouillant avec à bord des hommes en treillis armés jusqu’aux dents, parfois même de lance-roquettes. Bienvenue au Burundi !

Papis Guissé, jeune sénégalais arrivé dans ce pays, il y a six mois, dit avoir mis du temps à se remettre et à s’y habituer, un tant soit peu. « Au Sénégal, c’est peut-être lors du défilé de la fête de l’indépendance nationale, le 4 avril, que traditionnellement, je voyais des armes. Mais là… », témoigne-t-il dans un sourire confus. En fait, ce spectacle est devenu partie intégrante du quotidien des populations de Bujumbura depuis l’annonce, le 25 avril 2015, de la candidature à l’élection présidentielle du 26 juin de la même année, du président sortant Pierre Nkurunziza. Dès le lendemain, les manifestations ont éclaté partout dans le pays et principalement dans la capitale pour s’opposer à cette « manœuvre » contraire aux accords d’Arusha en Tanzanie et à l’article 96 de la constitution burundaise qui tous deux, parlent d’« un mandat de cinq ans renouvelable une fois ». Or, élu une première fois en 2005 et réélu en 2010, M. Nkurunziza tenait à son troisième mandat « parce que c’était son mandat à lui et qu’on devait le lui donner », pour paraphraser le célèbre chroniqueur de RFI, Mamane. Il n’en fallait pas plus pour mettre le feu aux poudres. Et depuis, c’est presque l’état d’exception permanent. Entre soulèvements, tentative de coup d’Etat en mai 2015 par le général Godefroid Niyombare, ancien chef d’état-major des armées, meurtres, assassinats et exode de population, le Burundi et principalement sa capitale, sont constamment sur le qui-vive.

Mais les Sénégalais de Bujumbura, vivant pour l’essentiel aux quartiers de Bwizia et de Bohero, ont appris à dompter la peur et à vivre de leurs métiers. Ils sont pour l’essentiel tailleurs, commerçants et bijoutiers et soutiennent que même au plus fort de la crise politique « aucun compatriote et plus largement aucun ouest-africain n’avait été inquiétés ». Tel est le témoignage de Bamba Sène, natif de Thiadiaye dans le département de Mbour et établi ici depuis la mi-2013. Président de l’Association des Sénégalais de Bujumbura, ce maître – tailleur assure que la centaine de ses compatriotes (compte non tenu des jeunes enfants) sont « particulièrement respectés » de leurs hôtes burundais. Mais, « pendant les évènements, il fallait être prudent. Alors on fermait boutique, on faisait le plein de stocks de provisions et l’on restait cloîtré à la maison », précise Yoro Guissé, né au Burundi mais qui était venu « au Sénégal en 1992 pour faire (ses) études et connaître la famille avant de retourner à Bujumbura en 2006 ». Depuis, ce commerçant plutôt prospère multiplie les allers et retours entre ses deux pays. Un privilège que beaucoup de ses compatriotes ne peuvent s’offrir. En effet, lorsque leurs papiers sont périmés, bien des Sénégalais d’ici ont un mal fou à s’en procurer puisque ne pouvant pas sortir du territoire burundais pour aller s’en faire faire à Addis-Abeba, en Ethiopie, où réside l’ambassadeur en charge du pays où ils vivent.

Certains sont obligés de se trouver des papiers… congolais pour sortir du pays
lacsBujumbura : Jusqu’à tout dernièrement, les Sénégalais de Bujumbura s’étaient regroupés en association selon leur langue ou leur localité d’origine. Mais, la nécessité s’est imposée de les fédérer toutes « pour mieux rapprocher nos concitoyens, parler d’une seule voix pour mieux nous faire entendre et mieux prendre en charge nos besoins », selon Bamba Sène, le président de l’Association des Sénégalais de Bujumbura mise sur pied il y a environ six mois. En fait, ce sont les jeunes qui se sont mobilisés pour prendre le relais des « vieux ». « Mais, ce ne fut pas facile, selon le commerçant Yoro Guissé. Car plusieurs tentatives de regroupement ont échoué pour diverses raisons. Cependant, malgré quelques inévitables divergences, les choses fonctionnent tant bien que mal ». La preuve, selon le maître – tailleur Bamba Sène, « tous les postes du bureau ne sont pas encore pourvus ». Ce qui ne les empêche guère de s’organiser, comme lors du récent séjour de l’équipe nationale de football à Bujumbura. Ils s’étaient vraiment pliés en quatre pour bien accueillir et accompagner les « Lions » et leur délégation. A la grande satisfaction du président de la Fsf, Me Augustin Senghor, des joueurs et des accompagnateurs qui leur ont laissé quelques souvenirs en signe de reconnaissance.

Cependant, les Sénégalais de Bujumbura regrettent de n’avoir pas pu rencontrer le chef de l’Etat lorsque celui-ci était venu en mars prendre part à une réunion de conciliation dans la crise burundaise. « Le consul du Sénégal nous a expliqué que le président de la République aurait bien voulu nous recevoir, mais que c’était impossible du fait de son agenda particulièrement chargé », d’après Yoro Guissé. Une occasion manquée de lui exposer leur doléance principale : « nous faciliter l’accès aux visas d’entrée dans certains pays de la sous-région, comme la Tanzanie et le Kenya », selon Bamba Sène. Le souci est donc le même que pour les Sénégalais du Rwanda. « Certains de nos compatriotes sont même obligés de se trouver des papiers de Congolais de Kinshasa pour aller, sans problème, dans ces deux pays où l’on accepte même pas de passeport sénégalais », se désole Guissé.

« C’est à croire que nous sommes oubliés de notre pays », rugit même Amadou Thiam dont la mère est burundaise et dont le père est Kaolackois. Cet invétéré boute-en-train à la bonne humeur contagieuse ne semble perdre sa joie de vivre que lorsqu’il évoque cette doléance majeure. Abasse, un jeune sénégalais récemment arrivé de Pointe Noire, au Congo, et qui voudrait passer par la Tanzanie pour se rendre en Zambie, le pays de sa maman, est pour le moment « bloqué à Bujumbura pour ces histoires de visa ».

Les affaires légèrement en baisse                                                                                                                                   baisseBujumbura : Une caution de 1.000 dollars US (plus de 500.000 FCfa) et 500 autres dollars (plus de 250.000 FCfa), c’est ce qu’il faut, à chaque Sénégalais du Burundi, débourser pour avoir le droit de résider dans ce pays. « Et c’est vraiment trop », se plaint Yoro Guissé, commerçant. En réalité, les « frais de séjour » étaient beaucoup moins importants avant la crise politique. Mais, depuis que le président Pierre Nkurunziza s’est entêté à briguer et à obtenir un troisième mandat, en violation des textes en vigueur, la vie est devenue plus dure dans ce petit pays de la région des Grands Lacs (27.834 km2 pour près de 10 millions d’habitants). En effet, avec la suspension de l’appui financier de la Belgique, ancienne puissance coloniale et le « boycott » de la communauté internationale, le Burundi a du mal à s’en sortir et n’hésite pas à actionner tous les leviers susceptibles de lui octroyer des rentrées d’argent. Et les frais de séjour des étrangers ne sont pas des moindres.

N’empêche, le cadre de vie à Bujumbura n’est pas très reluisant. Malgré la luxuriante verdure du paysage et une beauté naturelle tirée du paysage montagneux (surtout avec une vue plongeante depuis le campus Kiriri de l’Université du Burundi située tout en hauteur), la capitale du Burundi n’offre pas, de manière générale, une image de carte postale. Surtout pour quelqu’un qui débarque de Kigali au Rwanda voisin, avec ses larges avenues bien éclairées, sa propreté et la discipline de ses habitants. « En comparaison, Bujumbura, c’es le bordel », avait averti quelqu’un qui avait la chance d’avoir séjourné dans les deux capitales les plus proches au monde exceptées Kinshasa (en Rdc) et Brazzaville (Congo) juste séparées par le fleuve Zaïre. Et qu’est-ce qu’il avait raison ! Imaginez une ville sans jeux de circulation (d’où une indicible indiscipline des usagers de la route), un éclairage public défectueux, voire presque inexistant ! Et puis, des tas d’ordures, d’immondices presque partout ! A se demander comment des villes aussi proches géographiquement pouvaient être aussi dissemblables…

Qu’importe, puisque leurs pas d’impénitents voyageurs les ont conduits en ces lieux, les Sénégalais de Bujumbura s’emploient quotidiennement à tirer leur épingle du jeu. « Et, Dieu merci, même si les choses ne marchent pas comme avant la crise, nous arrivons à nous en sortir », reconnaissent Bamba Sène et Yoro Guissé. En fait, les Sénégalais ont réussi à imposer leurs marques à force de sérieux dans leur travail.

Impénitents voyageurs
Même s’ils importent (de la Rdc, de la Tanzanie, du Kenya, de Dubaï voire du Sénégal et du Mali) l’essentiel de la matière première qu’ils utilisent, les tailleurs et bijoutiers font briller le label made in Sénégal. « Vu la baisse du pouvoir d’achat des Burundais, consécutivement à la crise politico-économique que vit leur pays, ils ont d’autres priorités que de bien s’habiller ou de se parer de bijoux. Heureusement qu’on a une clientèle essentiellement composée de Congolais de la Rdc qui raffolent de nos produits », se console Bamba Sène, le maître – tailleur, président de l’Association des Sénégalais de Bujumbura. Appelés peut-être à rentrer définitivement au pays un jour, lui et ses compatriotes établis au Burundi aimeraient bien que l’Etat les associe à tous ces projets en faveur des émigrés, afin de faciliter leur future réinsertion. Mais, pour l’heure, ils espèrent un retour prochain de la paix civile dans leur pays d’accueil afin que leurs affaires puissent repartir de l’avant, même s’ils ne se plaignent pas trop…

B. Khalifa NDIAYE

Last modified on mercredi, 15 juin 2016 12:52

Mais que se passe-t-il sur Internet ? Depuis environ un mois, c’est la panique. Des centaines de millions de vieux comptes LinkedIn, MySpace et Tumblr, hackés en 2012-2013, se vendent dans les tréfonds du dark Web. Dans la foulée, Mark Zuckerberg en personne s’est fait pirater ses comptes Twitter et Pinterest, tout comme Katy Perry et Kylie Jenner. Et la situation devrait empirer, selon Gérôme Billois, expert en cybersécurité chez Solucom. LinkedIn s’était fait pirater en 2012. A l’époque, l’entreprise avait juré que seuls six millions de profils étaient concernés. Finalement, ce sont 177 millions de comptes (identifiants et mots de passe) qui ont fait leur apparition sur des sites d’enchères russes en mai. Soit le nombre total d’utilisateurs LinkedIn à l’époque. Ajoutez des centaines de millions de d’identifiants de MySpace et de Tumblr, dérobés en 2013, et un paquet d’autres sites, et ce sont au total près d’un milliard de comptes qui sont à vendre. D’autres devraient suivre, jurent les hackers, notamment de Yahoo.

Mais la fuite de vieux mots de passe, c’est vraiment grave ?
Oui. De nombreuses personnes utilisent le même mot de passe partout et ne le changent pas régulièrement. Exemple, Mark Zuckerberg, qui aurait dû être plus avisé, utilisait « dadada » sur LinkedIn, mais aussi Twitter et Pinterest. Twitter n’a pas été piraté mais a dû remettre à zéro plus de 30 millions de mots de passe la semaine dernière. Et même si ces bases sont souvent périmées, elles permettent aux hackers d’améliorer leurs techniques de « cassage » de mot de passe, notamment en obtenant des statistiques sur les règles et les mots les plus utilisés (chiffre à la fin, tiret au milieu etc.).

Si vous utilisez encore votre vieux mot de passe LinkedIn de 2012 sur votre Gmail et Facebook, arrêtez tout de suite la lecture de cet article et changez-le immédiatement.

Par le surfeur

Rokhaya Diallo est issue d’une famille sénégalaise immigrée en France dans les années 1970. Cette fille d’un mécanicien et d’un professeur de couture, née à Paris en 1978, a grandi à La Courneuve. Après son bac en 1996, elle décroche brillamment une maîtrise de droit international et européen puis un master en marketing et distribution dans l’industrie audiovisuelle, avant de travailler pendant huit ans dans la conception de programme jeunesse pour le petit écran. Elle est devenue journaliste, chroniqueuse à RTL, réalisatrice et écrivain.

Rokhaya Diallo se dit avant tout européenne et française dans une France qui n’est pas exclusivement composée de gens à la peau blanche ! « J’ai pourtant des reproches à faire à mon pays : il ne tient pas ses promesses de liberté, d’égalité et de fraternité envers tous ses enfants », note-t-elle. Je crois qu’il ne se console pas de sa puissance économique perdue, qu’il a une immense nostalgie de son empire colonial disparu, qu’il a peur de ces gens venus d’ailleurs, ajoute-t-elle.

Ses interventions font désormais polémiques. Elle passe pour la porte-parole d’une gauche new génération, constituée en partie de ces enfants d’immigrés exigeants envers la « mère patrie ». Son rêve voir enfin une nation véritablement « black-blanc-beur ». Telle cette bande de copines aux origines et religions diverses qu’elle a imaginée pour sa première BD, Pari(s) d’amies (Delcourt). Son but : «déconstruire» les préjugés d’une certaine France. Son association est à l’initiative, des « Y’a Bon Awards », sorte d’Oscars annuels des « meilleures phrases racistes » prononcées par des personnalités publiques et décernés avec humour.

Quand survient la tuerie par des « jihadistes » d’une partie de l’équipe de Charlie Hebdo, les médias se font un plaisir de rappeler qu’un incendie criminel avait ravagé les locaux de ce même journal quatre ans plus tôt, et qu’à cette occasion Rokhaya avait signé l’appel « Pour la défense de la liberté d’expression, contre le soutien à Charlie Hebdo! ». Un appel qualifiant la démarche comme relevant d’« un anticléricalisme primaire doublé d’une obsession islamophobe». Mais Charlie Hebdo a toujours été une des rares publications en France à avoir combattu toutes les formes de racisme, de ségrégation sociale ? «Certes, tout n’est pas à jeter dans ce journal. Mais je n’aime pas chez eux ces attaques contre le physique comme, par exemple, ce dessin de Marine Le Pen poilue sur une de leurs couvertures », note-t-elle. Evoquant son appartenance raciale, elle note « la négritude, c’est juste une communauté d’expérience construite dans la douleur. Et ça, je le refuse »! Elle se dit cependant reconnaissante à ses parents de l’avoir donné un prénom sénégalais, de l’avoir légué cette trace de ses origines. «Mais ce que je veux avant tout, c’est choisir comment je me définis et ne pas obéir à ce déterminisme de la peau», ajoute-t-elle.

Par Oumar BA

Moins en lumière que l'avocat ou le juge, le greffier est pourtant présent à toutes les audiences du tribunal où il assiste les magistrats, dresse les procès-verbaux et rédige les actes. Un métier qui exige organisation et sens du service qui peut constituer un vrai débouché, après quelques années de droit.

Simple « gratte-papier », le greffier ? Certainement pas ! Il est le garant de la procédure, le « scribe » de la justice. Il consigne l’intégralité des débats à tous les niveaux d’instance et veille à la conservation des jugements. Ce professionnel est la mémoire écrite de toutes les activités du tribunal. Présent lors de chaque étape d’un procès, il transcrit par écrit les débats d’audience, dresse des procès-verbaux et rédige les décisions du tribunal. Avant cela, il constitue les dossiers pour les juges, enregistre les affaires et prévient les différentes parties de la date de l’audience. Il est en quelque sorte un assistant des juges et des procureurs.

Amadou Sylla a fait une belle carrière dans ce corps, avant de tirer sa révérence. A tour de rôle, il a échelonné toutes les étapes de la hiérarchie des greffiers. Il informe davantage sur les tâches du greffier. « Le greffier garantit l’authenticité des décisions du juge, en effet tout jugement rendu en son absence peut être annulé pour vice de forme. Présent à toutes les étapes d’une procédure, il dresse des procès-verbaux et rédige les décisions du tribunal. Le greffier conserve les pièces, les archives et les actes pour ensuite délivrer des copies », informe-t-il.

Le greffier est le plus souvent le premier interlocuteur que le citoyen rencontre en pénétrant dans le Palais de justice.

l conseille sur tous les conflits de la vie quotidienne, renseigne sur les choix de procédure, les façons de constituer un dossier. Le justiciable peut lui remettre des dossiers à l’attention du juge, sans qu’il soit nécessaire de passer par un avocat. « C’est un métier où il faut être méthodique, précis et d’une extrême rapidité de réaction. En certaines circonstances, la discrétion doit être totale », note le doyen Sylla. Le greffier assiste à toutes les audiences publiques de sa juridiction, dont il assure en quelque sorte le « secrétariat ». « J’aime siéger (en robe, comme les juges), être au cœur de la justice en spectatrice privilégiée, sans avoir les contraintes et les responsabilités morales des juges, même si nous avons une responsabilité énorme : c’est notre signature en bas d’un jugement ou d’un arrêt qui le rend exécutoire, sinon il ne peut être appliqué. J’aime aussi la précision et surtout la rapidité de réaction qu'il faut avoir en audience pour prendre des notes», souligne cette débutante. « Il faut avoir du bon sens et être organisé pour ne pas se noyer dans les dossiers », conseille le vétéran qui ne cache cependant pas son peu d'enthousiasme pour la paperasse.

Études et formation pour devenir greffier
Le concours de recrutement de greffier (concours du ministère de la Justice) est ouvert aux titulaires du bac. Beaucoup de candidats sont cependant titulaires d'une licence, voire plus. Le greffe englobe l’ensemble des services administratifs des tribunaux. Toutes les juridictions administratives et judiciaires sont pourvues d’un greffe. Chaque greffe est sous la responsabilité d’un chef greffier. Après des années d’expérience, le greffier peut aspirer à devenir greffier en chef (fonctionnaire de catégorie A) par concours interne. « Le greffier en chef encadre tout un service de greffe dans un tribunal. Il gère le personnel et est responsable de la gestion financière. Les greffiers les plus motivés peuvent aussi passer le concours interne de l’École nationale de la magistrature, tandis que les greffiers en chef peuvent être recrutés en tant que magistrats après plusieurs années d'exercice », informe M. Sylla. Toutefois, certains membres de cette corporation appellent à plus de considération et un avancement plus conséquent. « Je suis greffier depuis plus de dix ans. J'ai à peu près œuvré dans toutes les disciplines pénales, de l'instruction jusqu'à l'application des peines, via le greffe correctionnel et celui du juge des libertés et de la détention », note ce greffier qui a requis l’anonymat. «Il faut tout d'abord comprendre qu'un Tribunal est organisé de façon tripartite. Il y a le parquet dirigé par le procureur qui dispose d'une équipe de magistrat afin de défendre les intérêts de la société », note-t-il. Cette branche est très hiérarchisée. Le procureur en haut puis ses adjoints, les vices-procureurs et enfin les substituts. Vient ensuite le siège, avec là aussi une hiérarchie, au moins administrative avec le président, les premiers vice-présidents, les vice-présidents et enfin les juges. Leur tâche est de statuer et de répondre juridiquement à une situation qui leur est exposée, informe-t-il. «Je dirai que ce métier passionnant nécessiterait une revalorisation, non seulement indiciaire mais statutaire. Il faudrait que nous devenions des agents de catégorie A avec une perspective de carrière », clame-t-il. On a coutume de dire en droit que « le fond suit la forme », affirme-t-il. «Nous sommes sur le terrain, nous essayons de nous motiver, nous recevons des gens dans de très grandes détresses, et nous ne devons jamais oublier que nous sommes des agents d'un service public, nous devons assumer la masse de travail qui est gigantesque, assister aux audiences parfois très tardives».

Par Oumar BA

« Je vous ai envoyé le chargé des revendications et mon chauffeur, ils sont en route », une telle phrase dans la bouche d’un syndicaliste ne surprend personne. Gora Khouma, un homme, une vie pleine d’engagement syndical. Dans son bureau, les affiches d’images et les distinctions témoignent plus d’une vingtaine d’années de lutte dans le secteur du transport routier.

Une photo parmi tant d’autres attire l’attention, celle d’un car rapide jaune-bleu bien cadrée et soigneusement nettoyée. Est-ce un hasard si la prise même est valorisante parce qu’étant en contreplongée? Ce n’est point un hasard. Elle n’est que la représentation du réel. Après un départ négocié aux Industries chimiques du Sénégal (ICS) où il travaillait en 1992 comme machiniste, il a investi dans le secteur des transports en achetant ce dernier. Connu dans la circulation du fait de ses accrochages avec les policiers qui le mettait derrière les grilles bien que temporairement pour outrage à un agent en exercice, il commençait à se faire un nom dans le cercle restreints des transporteurs belliqueux de la route. « Je ne pouvais même pas concevoir de payer des amendes sans effraction », dit-il

Du siège conducteur au fauteuil syndical
Depuis son élection à la tête du Cntfc en 2005, Gora Khouma n’a jamais cessé de faire du bruit pour défendre les intérêts des transporteurs du Sénégal. Cet infatigable syndicaliste a été derrière beaucoup de grèves ou de préavis de grève lancés dans le but d’ « améliorer » les conditions de travail des transporteurs routiers. Un engagement syndical qui a le plus souvent porté ses fruits.

Si les transporteurs ont bénéficié d’une baisse de 5 FCfa sous le régime libéral puis de 100 FCfa sur le prix du gasoil sous l’actuel pouvoir, ils le doivent bien à cet homme dont l’engagement, dit-il lui-même, est inné. N’est-ce pas lui qui était chargé des revendications dans les mouvements de jeunes lycéens à Abdoulaye Sadji. Cet ancien chauffeur d’origine Lébou a également beaucoup contribué au renouvellement du parc automobile. Un autre combat, une autre réalisation : la création de Transvie, une mutuelle de santé financée par la Banque internationale du travail (BIT) pour tous les transporteurs routiers du Sénégal qui s’acquittent de leurs cotisations.

Cet activiste à la carrure de bûcheron ne recule devant rien. Une satisfaction ou rien. A un syndicat, celui de la Confédération nationale des transporteurs du Sénégal (CNTS) jusqu’à la fin des années 90, il nourrit une ambition de le révolutionner.

Il pose les premiers jalons pour un changement à la tête de cette centrale syndicale en organisant des rassemblements clandestins parce que n’étant pas autorisés. Parmi ces manifestations, un qui avait mal tourné lui a valu un emprisonnement de deux mois six jours.

Après une longue bataille, il y a eu les élections au sein de la centrale syndicale. Alassane Ndoye, son candidat qu’il a défendu avec beaucoup de courage, remporte les élections avec 34 voix d’écart. Il est nommé aussitôt chargé de l’administration centrale. Un compagnonnage qui va durer le temps d’une chandelle. En 2004, fin du mandat du bureau en place. Une autre ambition resurgit chez M. Khouma, une volonté d’occuper le poste de secrétariat. Son allié d’hier devient ainsi son adversaire d’aujourd’hui. Mais, à cause d’une rumeur faisant état de trente millions reçus du Président Wade pour remporter les élections syndicales, le congrès est reporté. Ne pouvant pas partager le même bureau avec son adversaire, l’ancien transporteur routier crée parallèlement en 2005 le Syndicat des travailleurs des transporteurs routiers du Sénégal (Sttrs) affilié à la CNTS dont il est le secrétaire général jusqu’à aujourd’hui. A trois mandats, il soutient qu’il est à son dernier et il va se retirer en 2019.

Au plan international, il occupe également des positions syndicales. Il est le coordonnateur de la Fédération internationale des transporteurs au Sénégal (ITF) et le vice-président de la Confédération des conducteurs routiers de l’Afrique de l’Ouest (Cescrao).

Par Marame Coumba SECK

Kigali : Pour bien des Sénégalais, Rwanda rime encore avec génocide, ce massacre organisé qui, entre avril et juillet 1994, a fait environ 800 000 morts, essentiellement des Tutsis qui composent avec les Hutus l’écrasante majorité d’une population qui parle pourtant la même langue : le banyarwanda. Il est vrai que cette page sombre restera à jamais liée à l’histoire de ce minuscule pays de 26 338 km2. Mais la réalité actuelle est bien plus réjouissante. Et le visiteur qui séjourne pendant quelques temps dans ce pays ne peut à la limite pas s’empêcher de se demander comment un peuple aussi accueillant et sympathique a pu tomber dans le génocide le plus court dans le temps et le plus meurtrier de l’Histoire.

C’est à croire que les Rwandais ont tout bonnement décrété : « Plus jamais ça » ! Le site mémorial du génocide à Gisozi est d’ailleurs destiné à rappeler à tout un peuple toutes les horreurs commises afin de le dissuader d’une éventuelle rechute ; ni entre eux, ni contre les autres. Ainsi qu’en témoigne le « Kwibuka » (souvenir en langue banyarwanda) plaqué un peu partout en ville et dans certains hôtels, avec en-dessous la mention « Fighting Genocide Ideology », pour lutter contre toute résurgence de ce douloureux passé.

« Set settal national »
Au grand bonheur des étrangers dont les Sénégalais de Kigali qui, même sur certains chapitres, aimeraient bien offrir leur pays d’accueil en modèle pour leur pays d’origine. « Il est vrai que chez nous, on a la cérémonie de levée des couleurs présidée par le chef de l’Etat, tous les premiers lundis du mois, mais ici on fait encore plus fort. Le denier samedi de chaque mois, se déroule le « Community Cleaning » qui consiste pour toute la population à nettoyer les maisons et les quartiers », informe Sada Dieng, le président de l’Association des Sénégalais de Kigali. Et, le 28 mai dernier, nous avons été témoin de ce « set settal » (opération de nettoyage) national. Pas (ou presque pas) de voitures, encore moins de motos-taxis dans les rues avant midi ! Tout le monde est impliqué dans ces travaux d’intérêt public. Même le chef de l’Etat, Paul Kagamé en personne qui se met en bleu de chauffe pour descendre auprès de ses compatriotes, un coup en ville un autre en campagne. Et puis d’ailleurs, il n’y a pas grand-chose à nettoyer dans les rues où l’on ne voit même pas une feuille de papier voler, pour ne même pas parler de tas d’ordures et d’immondices. Ce qui constitue une grosse performance pour Kigali et plus généralement pour le Rwanda à la densité de population la plus forte en Afrique. Puisque sur son territoire lilliputien, cohabitent plus de 12 millions de personnes. Presque autant que le Sénégal pour un espace plusieurs fois plus petit.

C’est que, renseigne Ndiaw Diaw, bijoutier établi à Kigali depuis 21 ans, « chaque famille s’acquitte d’une somme de 1000 à 2000 francs rwandais chaque mois pour la collecte des ordures ménagères ». Une fois par semaine, les agents du service de ramassage de ces ordures passent pour tout enlever. La sécurité est organisée sur le même principe. Les familles versent sensiblement la même somme mensuellement pour payer les services rendus par une sorte de police de proximité. Il s’agit de gens du quartier qui s’organisent pour effectuer des rondes nocturnes et veiller, de jour comme de nuit, sur le confort et le bien-être de leurs compatriotes.

Si les Sénégalais de Kigali sont convaincus que leurs compatriotes restés au pays peuvent bien « copier ces modèles rwandais », il est une chose qu’ils sont sûrs de ne pas voir s’installer à « Djolof » avant mille ans : que les moutons de Tabaski soient tous immolés aux abattoirs et non dans ou devant les concessions…

exposees au Mémorial de Gisozi


Nyamirambo, quartier des Senegalais a Kigali ?
Rien à voir avec Treichville…Kigali : Nyamirambo nous avait été annoncé comme « le quartier des Sénégalais » à Kigali. On s’attendait alors à voir une sorte de Treichville à Abidjan ou de Makélékélé (à Brazzaville) où il est difficile de parcourir 100 mètres sans entendre parler Wolof ou apercevoir une enseigne de restaurant, d’atelier ou de boutique qui fleure bon le pays de Ndiadiane Ndiaye. Mais, ce mercredi en fin de matinée, on a eu un mal fou à y apercevoir la tronche d’un compatriote. Au centre islamique, à l’heure de la prière de Tisbar, pas l’ombre d’un caftan sénégalais. C’est finalement au marché de Biriyego et après nous être rabattu au téléphone sur un autre compatriote en déplacement dans une autre ville que nous avons rencontré Boun Oumar Sy. Et c’est ce natif de Ourossogui qui nous donne la bonne information. « En fait, ici on assimile tous les ouest-Africains à des Sénégalais. Mais, on a trois ateliers de couture, trois bijouteries et quelques boutiques de commerçants », précise ce tailleur. Son collègue Abdou Dieng, venu de Touba depuis 2000, confirme tout en indexant « la crise mondiale » pour justifier le petit nombre de Sénégalais au Rwanda et plus particulièrement à Kigali. « Certains de nos compatriotes ont préféré aller se débrouiller dans d’autres pays ».

Selon ce duo d’amis, « la vie n’est plus aussi belle qu’auparavant », même s’ils reconnaissent « n’avoir aucun problème, ni avec l’Etat rwandais ni avec les citoyens ». Et de rappeler que tant qu’on s’acquitte de ses impôts (les mêmes que les nationaux), on est en paix. En plus, bien sûr, de payer les 100 000 francs rwandais de « visa » tous les deux ans. D’ailleurs, ajoutent-ils, les Sénégalais sont si bien vus que les forces de l’ordre leur pardonnent même les accidentels écarts de conduite dont ils se rendent coupables. C’est que, comme le soutient le doyen Bara Guèye, bijoutier devenu commerçant, « les Sénégalais ont su se faire respecter et imposer leur style ». Si bien que beaucoup de Burundaises préfèrent « s’habiller à la sénégalaise ». Mais, si le pays leur manque parfois, même s’ils ne ratent aucune occasion de revenir au pays se ressourcer er revoir la famille, les Sénégalais de Nyamirambo restent connectés grâce notamment aux nombreuses chaînes de télé qu’ils arrivent à suivre sur les bouquets.

Le casse-tête des visas d’entrée dans les pays voisins
S’ils se sentent bien dans leur pays d’accueil, les Sénégalais de Kigali éprouvent cependant d’énormes difficultés dès qu’il s’agit pour eux d’aller dans des pays voisins comme la Tanzanie ou le Kenya. Certains se sont même résolus à les rayer de la liste de leurs destinations de prédilection pour les besoins de leurs activités professionnelles. « Parfois, une demande de visa peut n’aboutir qu’après 3 à 4 mois », témoigne l’un d’eux. Ils ont profité du passage de président Sall à Kigali pour lui en toucher un mot. Et ils espèrent que ce ne sera là bientôt qu’un mauvais souvenir.


« Le président Macky Sall nous a honorés »
Le président Macky Sall nous a honoresKigali : « Le président Macky Sall nous a fait l’honneur de nous recevoir lors de son récent séjour au Rwanda », se réjouit Oumar Mbaye, consul à Kigali nommé par le Sénégal et que le Rwanda ne devrait plus tarder à reconnaître. Présent dans la capitale rwandaise lors du dernier Forum économique mondial (du 11 au 13 mai), le chef de l’Etat avait en effet accordé une longue audience à se compatriotes installés au pays de Kagamé. Un geste à la limite normal, mais que les Sénégalais apprécient à sa juste valeur, car traduisant, selon eux, la considération que le président de la République a pour eux et analysé comme un signe de reconnaissance de leur rôle d’« ambassadeurs ».

Une raison supplémentaire pour eux de redoubler d’efforts afin que les relations entre leurs deux pays (d’origine et d’adoption) soient toujours plus solides et renforcées. Oumar Mbaye, symbole de ces liens étroits puisque né d’un père sénégalais et d’une mère rwandais vivant actuellement à Ouest Foire à Dakar et installé à Kigali depuis 2011, ne doute d’ailleurs pas qu’il en sera forcément ainsi. La preuve ? Après le Forum Einstein tenu cette année au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Dakar – Diamniadio (où le président rwandais Paul Kagamé était présent), c’est Kigali qui prendra le relais en 2018.

Et puis, annonce-t-il, lors de son séjour dans la capitale rwandaise, le président Macky Sall a accepté, à la demande de son homologue Paul Kagamé, que le prochain « Rwanda Day » se tienne au Sénégal. « Il s’agit, selon Jean-Marc Kibogo, un ancien étudiant rwandais de la faculté des Sciences de l’UCAD, dune journée au cours de laquelle on vend notre pays à l’étranger. Chaque année, un pays différent est choisi pour l’abriter, en fonction des relations qu’il entretient avec le Rwanda », explique-t-il.

Bara Gueye, 75 ans dont 43 passes a l’exterieur : Le « doyen » des Sénégalais de Kigali compte rentrer au bercail un jour
Bara Gueye« Quarante-trois (43) ans de service » ! C’est ainsi que Bara Guèye, doyen des Sénégalais du Rwanda, à 75 ans, résume mon parcours. Parti du Sénégal en 1973, il n’a « plus revu l’aéroport de Dakar depuis ». Bijoutier de profession, il a installé sa forge du Liberia au Burundi en passant par le Kenya, la Côte d’Ivoire et la Tanzanie, entre autres pays avant de déposer définitivement ses baluchons au Rwanda en 1977. Définitivement ? Pas sûr, puisque ce natif de Diamaguène à Saint-Louis espère rentrer … définitivement un jour au Sénégal. Et puis, de temps à autre, Bara Guèye annonce s’être rendu dans différents pays comme le Zimbabwe, à l’occasion de l’accession du pays de Mugabe à l’indépendance et avoir été « le seul ouest-africain présent, ce 18 avril 1980, lors du spectacle donné par Bob Marley ». Ou alors le Burundi voisin au déclenchement en 1994 du génocide des Tutsi. « J’avoue que j’avais fui et laissé ma famille à Kigali, mais je suis tout de même revenu peu de temps après », admet ce vieil homme qui n’a rien perdu de son Wolof et a toujours l’esprit alerte. Pour justifier sa « fuite » au Burundi voisin lors de cette période trouble à jamais liée à l’histoire du Rwanda, le vieux commerçant s’est plu à paraphraser Zao, le chanteur congolais « quand il y a la guerre, il n’y a plus de camarade ». En plus, on peut à tout moment se prendre une balle perdue. Même si, s’empresse-t-il de rectifier, « une balle qui tue ou atteint quelqu’un ne peut pas être qualifiée de perdue ».
Jovial et taquin, Bara Guèye a tenu à nous prouver, ainsi qu’à ses jeunes compatriotes établis comme lui à Kigali, qu’il n’avait rien oublié de « son » Sénégal. A ses derniers, il s’est même amusé à signaler que « Khourounar », ce ne sont pas « les c… du maure », mais bien un quartier de Pikine qu’il a parfaitement localisé. Pour dire que le vieil homme a toujours le sens de l’humour.

Last modified on lundi, 13 juin 2016 15:46

Question d’époque

13 Jui 2016
425 times

Comment aborde-t-on celle ou celui que l’on veut séduire?? À chaque époque, amants ou soupirants ont inventé toute une diversité de stratégies et de ruses pour se livrer au commerce sexuel ou amoureux. Le coude sur la portière de son 4x4, arborant un sourire ravageur, le dragueur contemporain n’a rien à envier au séducteur des temps anciens. Il n’est qu’à en juger par l’usage des carrosses et des fiacres depuis la fin du Moyen-âge. Casanova, dans ses confessions érotiques, y narre quelques exploits quand, par exemple, il se fait raccompagner dans la voiture d’une jolie femme et lui laisse «?une marque non équivoque de l’ardeur qu’elle [lui] avait inspirée?». On a toujours séduit, conté fleurette, coqueté, racolé, dragué…, l’air du temps y appose sa marque.

Chez nous, le temps n’est plus seulement aux mots doux et aux déclarations enflammées. Qu’il est loin le temps où l’on parcourait les longues pages du dictionnaire pour dégoter le mot qui fait mouche ! Cette courtoisie, ce sentimentalisme hérité du classicisme français, doit céder la place à une forme plus triviale où l’argent et les présents sont les plus précieux compagnons des Don Juan des temps présents. La valeur d’un soupirant se mesure de plus en plus à l’opulence qu’il dégage. L’amour est aujourd’hui un mot dont la signification se cherche dans les dictionnaires anciens.

Par Sidy DIOP

Grands voyageurs devant l’Eternel, les Sénégalais se croisent aux quatre coins du monde. Notre envoyé spécial au Rwanda et au Burundi a profité de son séjour avec l’équipe nationale de football dans ces pays des Grands Lacs, en Afrique de l’Est, pour aller à la rencontre de compatriotes vivant à Kigali et à Bujumbura. Reportage.

SENEGALAIS DU RWANDAKigali (Rwanda) : Le premier est tailleur, le deuxième bijoutier et le troisième s’active dans les pierres précieuses ! Sada Dieng, Ndiaw Diaw et Oumar Mbaye sont le concentré et la photographie des Sénégalais et de leurs activités à Kigali, capitale du Rwanda. Ce n’est certainement pas par hasard qu’ils sont respectivement président, secrétaire général de l’Association des Sénégalais de Kigali et consul honoraire nommé par l’Etat du Sénégal et en attente d’être officialisé par la partie rwandaise. Ce qui ne devrait pas tarder, encore moins poser problème, tant les Sénégalais se sont bien intégrés et fondus dans leur pays d’accueil. « Nous n’avons jamais eu de problème, ni avec les Rwandais Lambda ni avec l’Etat », témoigne Ndiaw Diaw, présent à Kigali depuis 21 ans. Sada Dieng qui compte un séjour en terre rwandaise juste plus court d’un an que son compatriote ajoute même qu’« aucun Sénégalais n’a jamais été mêlé à une quelconque affaire d’escroquerie, de banditisme ni de délinquance. D’ailleurs, Oumar Mbaye dont la mère … rwandaise vit encore à Ouest Foire à Dakar, tient à préciser que « nous ne permettrons à personne de ternir l’image de notre pays par un comportement inapproprié ».

Une image reluisante que nos compatriotes ont « exportée » à Kigali, ainsi que l’a récemment reconnu l’ambassadeur du Rwanda à Dakar lors d’une audience avec Mbagnick Ndiaye, le ministre de la Culture et de la Communication, et que d’anciens étudiants rwandais à l’UCAD semblent avoir un immense plaisir à rappeler et à véhiculer à chaque occasion. A l’image de Jean-Marc Kibogo alias Tigana qui, de 2012 à 2014, a usé ses fonds de culotte sur les bancs de la Faculté des Sciences (Environnement). Aujourd’hui employé dans un grand projet agricole, ce titulaire d’un Master n’a gardé que de bons souvenirs de son séjour au Sénégal « qui (lui) manque déjà ». Témoin accidentel de notre rencontre avec le trio de responsables de la communauté sénégalaise, « Tigana » s’est même engagé à … intégrer leur association. Et d’après le bijoutier Ndiaw Diaw justement, « le fait qu’il y ait beaucoup d’anciens étudiants rwandais à Dakar facilite notre insertion. Car, les gens nous sont reconnaissants quelque part ». Si bien que les Sénégalais du Rwanda en général et de Kigali disent « vivre dans les meilleures conditions ». « D’ailleurs tous les étrangers vivent en paix ici. Il suffit juste de payer régulièrement ses impôts pour être tranquille », selon Sada Dieng, le président de l’association des Sénégalais de Kigali. En réalité, selon lui, c’est tout à l’honneur du président Kagamé pour qui « un Africain est un Africain d’où qu’il vienne ». Car même si le Rwanda n’est pas forcément un pays d’émigration « parce que n’ayant pas trop de ressources, sans pétrole ni une grande agriculture », il ne complique pas la tâche aux Africains qui choisissent de s’y installer et d’y gagner honnêtement leur vie.

Mais, même si ils se sentent bien dans leur pays d’accueil, les Sénégalais de Kigali n’ont pas oublié leur pays d’origine ni ses us et coutumes. Aussi sont-ils organisés en dahiras (tidiane et mouride) qui se réunissent au moins une fois par mois pour revivifier leur foi, créer un bout du Sénégal au Rwanda et voir comment s’entraider. Ils pensent également à leur futur retour ou à celui de leurs enfants qu’ils sont obligés d’inscrire dans des écoles bilingues français – anglais (la langue de Shakespeare étant désormais plus usitée dans cet ex-pays francophone) afin qu’ils ne perdent pas le fil le jour où ils rentreront au pays de leur père.

De notre envoyé spécial B. Khalifa NDIAYE

Last modified on lundi, 13 juin 2016 15:29

Bon à tout faire

06 Jui 2016
463 times

Assez d'entendre le robinet de la cuisine fuir sans relâche depuis quinze jours sans avoir le temps ni les outils pour y remédier ? De ne plus pouvoir fermer la fenêtre depuis un mois ? Les Moscovites peuvent désormais, selon le Moscow Times, s'offrir, pour 500 roubles (environ 6000 FCfa) et pendant deux heures, les services d'un homme à tout faire. C'est ce que propose l'agence « Husband for an Hour ». Au Sénégal, où la bataille fait rage autour de la « nouvelle » place de la femme dans la société, l’idée pourrait germer dans quelques ciboulots de féministes que le temps des bonnes (à tout faire) est bien derrière nous et que le moment était venu, comme à Moscou, d’expérimenter les bons (à tout faire). A ces derniers, elles confieraient les tâches qui leur étaient traditionnellement dévolues : cuisine, lessive, lustrage de carreaux… Et même, pourquoi pas, la fonction suprême de pallier aux défaillances des maris aux poches trouées et au stress permanent. Un conseil messieurs : un bon (à tout faire) n’est bon que castré comme un eunuque. Sinon, le torticolis sera votre compagnon de toujours à force de reluquer le faciès de vos chérubins pour s’assurer qu’ils sont bien de vous.

Par Sidy DIOP

Yaya Diallo, le médiateur

06 Jui 2016
441 times

Certains qui ont l’art de rester dans l’ombre, tout en mettant les autres en lumière, finissent toujours par s’en lasser. Alors, le besoin de sortir de l’anonymat jaillit. Il semblerait que ce soit le cas pour Yaya Diallo. Il a passé son enfance à Vélingara, en Haute-Casamance. Il est cependant né en Mauritanie, à Atar, en 1963. Ce père de trois enfants, dont un champion de France de judo, Alpha Diallo, s’accorde une influence forte au Sénégal où il envisage de s’engager après avoir roulé sa bosse en France. Son pater fut combattant dans l’armée française. Un jour, il a préféré rentrer au pays pour « s’occuper de ses vaches ». Il est juste âgé de 19 ans quand il est animé par l’envie de s’aventurer en l’Occident. En effet, des amis chasseurs, toubabs venus flinguer la pintade au Sénégal, lui font savoir que s’il venait en France, il pourrait réussir. « Va pour l’ancienne métropole », lui auraient-ils suggéré. Des cousins l’ont alors accueilli, il était mu par une vraie volonté d’appartenir à la « communauté ». ,Yaya Diallo assure être membre du Parti socialiste français. Sur ses fonctions, il reste toutefois un peu confus. Il se présente par ailleurs comme « membre fondateur de Sos racisme ». Il raconte avoir été « mis à la fédération par Claude Bartolone, pour aider les camarades socialistes » et déroule diverses fonctions au sein du conseil fédéral du Ps (commission des adhésions, commission des conflits, relations internationales, comité Afrique). En d’autres termes, il se targue d’être le pont entre le Ps et les dirigeants africains. « Je veux que les socialistes prennent en compte l’existence de l’Afrique, et je veux créer des liens », explique-t-il.

Par Oumar BA

En six albums et une flopée de collaborations, le guitariste concilie les couleurs musicales de son Bénin natal avec les prouesses techniques du jazz. « Son talent m’a été révélé à l’occasion d’un concert qu’il a donné à 15 ans, dans un grand hôtel de Cotonou », se souvient son père, Basile, enseignant à la retraite. C’est d’ailleurs à son frère aîné, Alexis, que Lionel doit ses premiers cours de guitare. Convaincus que le jeune homme entretient des rapports fusionnels avec l’instrument, ses parents l’envoient dès ses 17 ans au National institute of art d’Abidjan. Verdict des professeurs : enfant prodigieux ! Après un passage par Paris, il reçoit une bourse pour étudier au Berkeley college of music de Boston, aux États-Unis. Depuis, les récompenses, les tournées et les séances d’enregistrement s’enchaînent pour l’un des meilleurs guitaristes de jazz au monde.

Par Oumar BA

Last modified on lundi, 06 juin 2016 15:39

1. Valeurs d’humanisme
Puisqu’il faut mourir, enfin que ce soit comme Mbaye Diagne : dans l’humanisme. Si la faillibilité de la mémoire collective peut être remise en question, le courage de ce capitaine qui, au moment où une partie du monde s’entretuait, sous le regard complice de la communauté internationale, a décidé de servir d’interface entre les deux belligérants (Hutus et Tutsis), doit être rappelé.

Six - sept avril 1994. Le Rwanda vient d’assister au génocide le plus meurtrier de l’histoire, notamment à l’élimination physique d’une partie de sa population. Qui allait sauver cette population qui jadis mangeait, buvait son vin et se mariait ensemble ? Pas la communauté internationale qui avait vu les choses venir et a préféré laisser libre cours à ces meurtres organisés.

Bravant les tempêtes et les ouragans, un jeune Sénégalais de 36 ans de la première promotion de l’Ecole nationale des officiers d’active (Enoa) avait avancé sans recul vers le pont de Milles Collines, jonction entre les deux camps. Rien que pour sauver des vies.

2. Courage jusqu’à l’inconscience du danger…
Bignona 1989-1993 : année de braise de la lutte indépendantiste, cette personne morte pour vivre à jamais a pu se détacher grâce à son engagement et ses résultats sur le terrain.

Un courage qui va se prolonger jusqu’au Rwanda qui, à une période de l’histoire, a basculé dans la violence. Son premier acte de bravoure commence depuis Kigali où les cibles principales étaient les personnes politiques issues de la transition. Qui ne se rappelle pas d’Agathe Uwilingiyimana, Première ministre à l’époque, une Hutu modérée victime de la folie humaine. Le 6 avril, sa maison est attaquée et les onze belges chargés de la sécurité ont été tous tués. Et le capitaine qui maitrisait bien cette maison est intervenu pour sauver ses enfants.

Le second, c’est d’avoir sauvé un observateur sénégalais qu’on avait confondu avec le frère de Kagamé et qu’on a voulu tuer. Au moment où tout le monde se demandait ce qu’il fallait faire. Il avait ordonné à ses troupes de l’encercler. Et a fini par le tirer d’affaire. A la demande de l’organisation des Nations unies, certains agents de la mission de l’Onu pour l’assistance au Rwanda (Minuar) se désengagent. Le capitaine, quant à lui, avait décidé de s’installer à Milles Collines où s’étaient réfugiés des milliers de Tutsis. De l’hôtel où il était, il avait décidé de venir à l’état-major, ne sachant pas qu’il avait pris rendez-vous avec la mort. 31 mai 1994, un obus vient de frapper son véhicule. Le capitaine est tombé sur le terrain, loin de chez lui, dans l’exercice de sa mission. Mais il vit dans la quête de la paix. Le jour de son décès, enfin les armes se taisent pour la première fois. Son corps devrait être évacué.

3. Une référence pour la jeunesse…
Si les jeunes, aujourd’hui, répondent aux sirènes de l’immigration, c’est parce qu’ils n’ont plus de références. Et en ce capitaine, on sait ce qu’est la loyauté, l’engagement, le courage et l’humanisme. Mieux vaut mourir en héros plutôt que de s’égarer au milieu de la mer comme de vulgaires poissons noirs au milieu de l’océan. En Mbaye Diagne, nous avons un vrai sportif très dynamique, un « diambar » qui a inscrit le nom de son pays dans l’histoire des Nations. Trente-six ans, une vie courte mais bien fournie. Avant que la vie éphémère des hommes classe ton nom dans les oubliettes de l’histoire, voici une médaille qui porte ton nom pour le courage dont tu as fait montre. (Sources : témoignages de ses collègues de l’armée, le film « Etoiles noires », Capitaine Mbaye Diagne et Niani Djeydi Djigo, on nous tue, on ne nous déshonore pas de Moussa Sène Absa).

Par Marame Coumba Seck

Deux scientifiques américains ont mené une étude pour comprendre l’effet des œufs cuits sur l’absorption des caroténoïdes présents dans les légumes.

Si pour vous, comme pour moi, manger des légumes est un vrai calvaire, cette nouvelle étude devrait vous faire plaisir. Selon deux chercheurs américains, ajouter des œufs cuits à une portion de légumes crus augmenterait l’absorption de caroténoïdes, des nutriments antioxydants qui stimulent nos anticorps. Cela permettrait donc de booster les valeurs nutritives des légumes… Une bonne nouvelle pour les partisanes au moindre effort (dont je fais partie) !

Les deux scientifiques Wayne Campbell et Jung Eun Kim, de l’Université Purdue, ont mené une étude sur 16 jeunes hommes en bonne santé. Ils leur ont proposé trois types de salades à base de légumes crus : une sans œufs, une avec un œuf et demi brouillé et une avec trois œufs brouillés.

3 à 9 fois plus de caroténoïdes
Les chercheurs ont remarqué une absorption des caroténoïdes nettement supérieure chez les volontaires ayant consommé la salade la plus riche en œufs. Les valeurs nutritives des tomates, des carottes, des épinards, de la laitue et des baies de goji étaient 3 à 9 fois plus élevées.

Ces résultats qui seront présentés au meeting annuel de la société américaine de la nutrition, s’appliqueraient à toutes les populations et toutes les tranches d’âges, selon les auteurs de l’étude. Les deux chercheurs souhaitent d’ailleurs élargir leurs travaux et explorer les effets d’autres nutriments sur notre organisme comme la vitamine E et la vitamine D. Et s’ils peuvent trouver une solution pour nous faire aimer les légumes, je suis preneuse !

Source : santemagazine.fr

Fallou Diop est un homme d’affaires qui prospère sur les bords de la lagune Ebrié. Son restaurant qui propose des spécialités sénégalaises et africaines est le plus couru à Abidjan.

Difficile de le rater à Treichville. Son nom est connu de tous dans ce quartier fortement habité par les ressortissants sénégalais. Fallou Diop est un restaurateur de renom à Abidjan. Son restaurant, « La Téranga », est un must pour nombre de cadres ivoiriens qui s’y retrouvent à la mi-journée pour recharger les accus. « Il vaut mieux appeler avant de venir », explique un jeune cadre d’une société de téléphonie de la place. A défaut, il faut prendre son mal en patience, en attendant que des places se libèrent. A 13 heures, impossible de trouver une table libre. C’est comme si tout Abidjan s’est passé le mot. Il faut dire qu’à « La Téranga », on en a pour son argent. Les spécialités sénégalaises et africaines qui y sont servies valent bien le détour. « Mon souci, c’est que tous mes clients sortent d’ici rassasiés », confie Fallou. Il n’est pas rare qu’une assiette vide repasse entre les mains des serveurs pour un second service. « Quand un client ne mange pas à sa faim dans un restaurant, cela laisse une mauvaise impression. Or, le but est qu’il revienne un autre jour », théorise ce gérant que rien, pourtant, ne destinait à la restauration.

Né à Mbacké-Baol, c’est dans un daara que le jeune Fallou a fait ses premières armes. Issu d’une famille de bijoutiers, c’est naturellement qu’il s’oriente vers ce métier après une formation diplômante. « J’ai commencé par travailler chez un parent bijoutier sans être payé. Mais comme je faisais bien mon travail, on me confiait des travaux rémunérés. Des parents établis en Côte d’Ivoire le convainquent alors à venir s’y établir. « Je voulais aller en Italie, mais on m’a encouragé à venir ici pratiquer mon métier », confie-t-il. On est en 1984. Il débarque à Treichville avec seulement 8.000 FCfa en poche et commence à travailler dans la bijouterie d’un proche parent. Un guêpier social dans lequel il ne gagne que des miettes. Mais le souvenir de sa famille restée dans son Baol natal est, pour lui, le carburant de son ambition. A force de travail, il parvient à s’installer à propre son compte. Il ouvre alors une bijouterie qui marche bien et commence à voyager pour acheter de l’or à revendre. C’est au cours de ces voyages qu’il se familiarise avec la restauration. « C’est en mangeant dans des restaurants au cours de mes voyages que l’idée m’est venue de me lancer dans ce domaine », lâche-t-il.

Aujourd’hui, Fallou est une personnalité bien connue sur les bords de la lagune Ebrié. Son restaurant est très prisé par bon nombre de Vip abidjanais. « Je dis un grand merci à la Côte d’Ivoire qui m’a accueilli, les bras ouverts, et m’a permis de me réaliser », dit-il, très bien introduit dans ce pays où il compte des relations bien placées dans toutes les couches de la société. A midi, la plupart de ses clients, des cadres et Vip, quittent le Plateau, traversent le pont pour venir manger à « La Téranga », à l’entrée de Treichville, à la sortie du pont qui le relie au Plateau, le quartier des affaires.

Pour mettre sa clientèle dans de meilleures conditions, Fallou a agrandi le local et l’a bien réaménagé. Des investissements qui lui ont coûté près de 80 millions de FCfa. Un investissement réalisé sur fonds propres. « Je n’ai jamais demandé un prêt à une banque ». Alors que c’est l’offre qui manque le moins, avec tous ces financiers qui viennent manger chez lui… « Je n’ai jamais tendu la main, je ne crois qu’au travail. Aux jeunes qui veulent me prendre comme modèle, je demande de ne jamais baisser les bras, de rester honnête, de ne pas voler, de persévérer dans l’effort. Inchallah, la réussite sera au rendez-vous ! ». Fervent mouride, le patron du restaurant sénégalais le plus réputé d’Abidjan n’a jamais coupé les ponts avec le Sénégal où il se rend plusieurs fois dans l’année, particulièrement à l’occasion de certains événements religieux à Touba. « Mon objectif est d’ouvrir un restaurant similaire à Dakar ». Un défi dans ses cordes.

Par Sidy DIOP

Longtemps laissés pour compte en raison des multiples tabous qui les affligent, certains déficients mentaux errent dans les rues. Un phénomène de plus en plus courant qui gagne du terrain au fil des ans. Qui sont ces patients que la société considère comme des « malades mentaux » ? 

Il pleure, s’enlace, éclate nerveusement de rire et applaudit à tout rompre. Il fond à nouveau en larmes, dont le flot ne se tari que rarement dans la journée. Des années qu’il traine sa maladie. Une maladie mentale qui le ronge et l’indispose à la fois. Habillé en haillons, il fait le tour de Fass Mbao où il a fini d’élire quartier. Sa posture exprime un catalogue impressionnant de négligences. Ces dernières qui ont fini par le plonger du jour au lendemain dans la rue viennent-elles de lui ou sont-elles le résultat de faits combinés ? On donne notre langue au chat. Pour l’heure, c’est dans la solitude la plus absolue que Birama traine sa maladie.

Les langues bien pendues rapportent qu’un mauvais sort lui a été jeté par un vieux charretier, alors qu’il était beaucoup plus jeune. Suite à une altercation, le jeune homme alors saillant de muscles aurait fait passer un sale quart d’heure au vieux, surplombant de coups de poings au pauvre charretier. Lequel blessé de sa dignité a décidé d’en découdre en ôtant à Birama de son sens du discernement entre le « normal et l’anormal ». Une situation qui l’aurait fait perdre ses aptitudes psychologiques tout en l’envoyant dans la rue. Ses parents dont on ne sait où ils habitent, ont fini par l’abandonner.

Il y a à peine quelques décennies, les familles étaient mises au banc des accusés, dès lors qu’il s’agissait d’expliquer la déficience mentale de leurs proches. Heureusement, la science a évolué et les spécialistes admettent maintenant que la maladie mentale provient de surenchères mêlées à des conditions d’ordre biologique, psychologique et social. En termes simples, les maladies mentales sont liées à des dérèglements du cerveau et de la pensée qui peuvent être déclenchés par des événements pénibles et des difficultés de la vie. Sur le plan génétique, on n’hérite pas d’une maladie mentale, mais uniquement de la tendance à la développer.

Un jeune homme de 32 ans trouvé à Sicap Baobab, que nous nommerons Amadou, est un exemple achevé de ce phénomène. Dans ses descriptions, il dit, en effet, avoir été touché de plein fouet par une maladie aussi curieuse que subite. Un jour, comme tous les autres, Amadou, peintre de son état, s’adonnait à son travail. Il dit avoir tout d’un coup aperçu une silhouette étrange.

Cette dernière, bien que particulière, épouse des relents humains et lui propose de venir la rejoindre. Un niet catégorique lui est servi, et la créature « bizarre », blessée dans son amour propre, lui lance un défi. Quelques heures plus tard, Amadou a mal partout, s’en prend à tout le monde, veut se débarrasser de ses habits, insulte à tout va, bref, il perd complètement le « pôle Nord ». Ses parents soupçonnent de « mauvais esprits » et l’orientent alors vers une prise en charge traditionnelle. C’est à l’hôpital psychiatrique de Thiaroye qu’il finira après plusieurs traitements pour retrouver ses facultés mentales. Pour combien de temps encore ? A bien des égards, Amadou constitue un rescapé. Car d’autres qui ont traversé une situation similaire se sont retrouvés, du jour au lendemain, dans la rue, errant sans aucune aide. Ils finiront clochard. Ce qui entraîne des dégâts collatéraux. Car ces maladies touchent des individus dans une période de leur vie où elles sont les plus actives ; et ce, sans discrimination quant à l’âge, le sexe et le contexte socioéconomique.

Ces malades mentaux qui vivent dans la société
Medicaments« Plusieurs facteurs peuvent avoir un effet sur le développement de la maladie. À titre d’exemple, au niveau biologique, on peut penser à des dommages prénataux, des traumatismes physiques, des infections et des déséquilibres dans le cerveau », note Ndongo Ndiaye, psychiatre. Pour ce qui est des facteurs psychologiques et sociaux, des éléments, tels que l’absence de soutien social, les mauvais traitements durant l’enfance, la violence familiale, le chômage et les changements importants au cours de la vie, peuvent influencer le déclenchement de la maladie », précise-t-il.

C'est une litanie fortement déconseillée aux âmes sensibles dont les journaux font pourtant parfois état. Des barbaries terribles devenues ordinaires. Courant de l’année 2015, quartier Dixième Thiès, le corps mutilé d'un garçon est découvert gisant dans la cour de son école coranique. La police procède difficilement à l'arrestation du présumé meurtrier, après qu’il ait massacré à coups de hache un jeune talibé. Deux adolescents rescapés, dont l’un gravement atteint, sont admis à l’hôpital. L’enquête déterminera plus tard que l’accusé serait un consommateur invétéré de chanvre indien. Il serait même un ami du père de la victime. Lequel est en train, au moment des faits, de purger une peine en prison. Des enfants et des adultes continuent d'être engloutis dans la spirale mortifère de personnes souvent décrites comme jouissant de toutes leurs facultés mentales, jusqu’à ce qu’un jour l’irréparable se produise. Pour fondés qu’ils soient, les exemples propres à ce type de faits sont nombreux. Leurs expressions sont parfois tragiques. A cet égard, les malades mentaux de la région de Tambacounda ont été la risée de personnes tapies dans l’ombre. Des meurtres, aux auteurs méconnus, avant que la gendarmerie ne prenne à bras-le-corps l’affaire et démasque les faiseurs de troubles. Le niveau de fréquence de cette criminalité s'était brusquement accru. La population vivait alors dans un état de stress permanent.

Saut à l’hôpital psychiatrique de Thiaroye
Assis sur les marches de l’hôpital psychiatrique de Thiaroye qui mènent au service des admissions, un jeune patient élancé entonne des chansons. Il est drapé dans un pantalon jean. Son regard se perd au loin. Les va-et-vient incessants des accompagnants ne semblent guère le distraire. Il s’est fait à cette situation. Son accoutrement renvoie à celui des rappeurs : jean suffisamment ample, liquette assortie d’un tee-shirt, casquette bien vissée et des chaussures marque « Timberland », pour accompagner le tout. Ses chansons renvoient à celles des rappeurs. Tantôt faites de dénonciations, tantôt orientées sur des thèmes plus globaux, telle que la déception ou l’amour. Nos tentatives de lui soutirer quelques propos vont s’avérer vaines. Il est plus occupé à composer des « couplets ». Ici, à l’’hôpital de Thiaroye, l’équipe médicale tente de faire prévaloir une prise en charge respectueuse des malades.

Les administrateurs encouragent le principe de «l’accompagnement». Chaque malade est hospitalisé avec un membre de sa famille ou un proche. Ceci maintient un lien entre le malade et son environnement familial. Les auxiliaires veulent rompre l’isolement des patients et atténuer le choc de l’hospitalisation. La tradition reste très forte dans le rapport à la maladie mentale, expose un psychiatre trouvé à l’hôpital de Thiaroye. Il préfère garder l’anonymat, car l’administration doit donner son aval avant toute communication. Familiers des méthodes traditionnelles de prise en charge de la maladie mentale, les soignants intègrent pleinement cette dimension. Des « Penc », groupe de parole réunissant patients, accompagnants et médecins, sont initiés. Ces « arbres à palabres » à visée thérapeutique sont souvent le lieu d’échanges riches, complémentaires des entretiens individuels et familiaux.

Des familles qui peinent à honorer le prix des médicaments
La prise en charge médicale passe aussi par la prise de médicaments dont le coût pèse sur les budgets des familles. Ceci constitue un obstacle au traitement. Une fois rentrés chez eux, certains patients rechutent, faute de prise en charge. Malgré la politique de tarifs sociaux pratiquée, les familles, mises à contribution, peinent à soutenir l’effort financier. Au Sénégal, outre l’établissement de Thiaroye et le service de psychiatrie de Fann, il existe un village psychiatrique à Ziguinchor et un établissement à Thiès.

La santé mentale, grande cause nationale, selon l’Oms
L’Organisation mondiale de la santé (Oms) définit la santé mentale comme « un état complet de bien-être physique, mental et social ». La santé mentale englobe à la fois la promotion du bien-être, la prévention des troubles mentaux, le traitement et la réadaptation des personnes atteintes de ces troubles. La diversité de l’origine des maladies est à l’image de celle des traitements. Dans la pratique, il est observé que la plupart des personnes se remettent mieux lorsqu’elles bénéficient de la combinaison pharmacologique et psychologique. Par ailleurs, plus vite elles sont traitées, plus vite elles se rétablissent. Au-delà du traitement de base, il ne faut pas négliger l’importance et le soutien de famille. La personne atteinte d’une maladie mentale doit s’entourer de facteurs de protection, qui le permettront de développer sa résilience, c’est-à-dire la capacité à surmonter les difficultés, note le site de l’Oms.

Par Oumar BA

Last modified on lundi, 06 juin 2016 16:31

Sirin Labs se targue de proposer un «super smartphone», en mettant surtout en avant une sécurité de «classe militaire»...

17.000 euros, soit 12.500 euros environ. Tel est le prix à payer si l’on souhaite s’offrir le smarphone le plus sécurisé et le plus cher du monde. Solarin, de son petit nom, vient d’être lancé par le constructeur helvète Sirin Labs. Et sur son site Internet, le Suisse se targue de proposer un « super smartphone » sous Android, en mettant surtout en avant une sécurité de « classe militaire ». Ses cibles ? Les « PDG de multinationales » assure Sirin Labs.

Cuir italien, arêtes en or et mode chiffré
Le terminal ultraclasse est constitué d’un boîtier partiellement en titane, d’un écran de 5,5 pouces IPS LED 2K avec verre incurvé et incassable Gorilla Glass 4. Il contient également un appareil photo 23 MP avec autofocus au laser et un lecteur d’empreinte digitales. Le dos de Solarin est recouvert de cuir italien et les arêtes en or (en option) finissent l’appareil haut de gamme. ,Côté sécurité, c’est le spécialiste KoolSpan qui fournit le chiffrement matériel pour les coups de fils et les échanges textes. Il suffit d’appuyer sur le bouton « Security Switch » situé à l’arrière du téléphone pour basculer en « mode chiffré ». Le Solarin intègre aussi Zimperium, une solution de protection contre les malwares.

Par le surfeur

Il y a chez Jacqueline Moudeïna, 58 ans, coordinatrice du collectif des avocats des victimes du régime de Hissein Habré, un sourire qui contraste avec une raideur fière, dans un corps douloureux. Ce corps a, en effet, été tour à tour victime d’une tentative d’assassinat à la grenade (2001), puis la tentative d’exfiltration (2008), au motif que son nom aurait été couché sur «une liste noire» du régime de Déby. Depuis 1998, Moudeïna s’est en quelque sorte soustraite à la vie, car le dossier Habré tire en longueur. Elle s’y est engagée pour ne jamais en sortir. Un dossier comme celui-là, c’est surtout une succession d’échecs et de désillusions.

Il y a chez Jacqueline l’orgueil de ne rien devoir à personne et de lutter contre la toute puissante attraction des pouvoirs, quels qu’ils soient. Cette indépendance d’esprit, lui viendrait de son père qu’elle n’a pas connu. Jacques Moudeïna est mort en 1957. Il était le premier médecin tchadien issu d’une grande famille protestante. Jacqueline est alors confiée à sa grand-mère maternelle, elle aussi protestante. Sa mère se remarie. Naîtront de cette union quatre demi-sœurs et frères.

Elle est scolarisée chez les sœurs de Koumra, une petite ville dans la région du Moyen-Chari, non loin de la frontière avec la République centrafricaine. C’est là qu’elle se signale par sa toute première «révolte» contre ce qu’elle considère comme une injustice. En effet, elle estime que la note donnée «à une fille de militaire français» est surévaluée.

L’institutrice, «une française», lui répond : «reste donc à ta place, petite Négresse». Jacqueline la gifle. Elle est exclue un mois : «En fait, j’ai continué d’assister aux cours, mais par la fenêtre de la classe, et tout en répondant aux questions de l’institutrice que j’avais giflée. Une sœur, que j’aimais beaucoup, m’a dit : « Tu es une révoltée, une enfant devenue adulte un peu trop tôt. Va, retourne en classe ». Puis ce sera, à l’adolescence, le lycée Félix-Eboué de N’Djamena «seule fille parmi 32 garçons, j’ai dû montrer que j’étais plus intelligente et plus bosseuse qu’eux», souligne-t-elle dans Libération.

En 1978, son dossier pour rentrer à l’école d’interprétariat de Bordeaux est prêt. Mais, il se perd. Elle rentre alors en fac d’anglais à N’Djamena par défaut. Se marie la même année avec un journaliste tchadien. Ce dernier réalise une interview de Habré, pressenti pour être Premier ministre. Qui lui dit en le quittant : «Tenez, vous offrirez cette caisse de mangues à votre épouse». Elle : «Comment aurais-je pu un seul instant imaginer que cet homme allait occuper dix-sept ans de ma vie ?».

Divorce, exil à Brazzaville, au Congo, en 1982, au moment où Habré prend le pouvoir. Un oncle avocat lui suggère «de faire son droit» au Congo. Elle mène ses études sur place, qu’elle finance en occupant «un poste de vendeuse en pharmacie». Premier stage en 1995 et elle s’inscrit au barreau trois ans plus tard.

Par Oumar BA

23 décembre 2008 - La pratique régulière d’un exercice aérobique modéré pourrait non seulement ralentir le déclin cognitif, mais aussi inverser le processus de vieillissement du cerveau, selon les résultats d’une étude américaine1. Les chercheurs ont colligé les résultats d’études sur les effets de l’exercice physique et aérobique sur la performance des fonctions cognitives et sur le volume du cerveau auprès de personnes âgées atteintes ou non de démence. Leur synthèse démontre que six mois d’activité aérobique modérée, comme la marche rapide, seraient suffisants pour améliorer les fonctions cognitives du cerveau. Cette amélioration s’accompagnerait aussi d’une augmentation de la matière grise dans la région des lobes frontaux.

Les auteurs soulignent en exemple une étude qui a évalué les effets de l’activité physique sur le cerveau pendant six mois auprès de personnes âgées de 60 ans à 75 ans. Un groupe de sujets pratiquaient la marche rapide pendant 45 minutes à raison de trois fois par semaine et l’autre groupe s’adonnait à la pratique d’exercices de musculation et d’étirements. Les personnes du groupe de la marche rapide ont non seulement amélioré leur forme physique, mais aussi leurs fonctions cognitives, notamment leur mémoire et leur capacité de concentration, comparativement aux sujets de l’autre groupe. Il reste encore plusieurs questions à élucider sur les effets de l’exercice physique sur le cerveau, notent les chercheurs. Toutefois, ils peuvent avancer qu’un régime de vie actif qui comprend des exercices aérobiques modérés peut améliorer les fonctions cognitives du cerveau et même inverser le déclin neurologique chez les personnes âgées.

Source : passeportsante.net

Ce sont des métiers qui ne font pas rêver, pourtant, ils nourrissent leurs hommes. Mécanique et lavage de voitures, de quoi faire dans une ville où le nombre de jeunes inoccupés et les notes de conjoncture inquiètent. Le point sur leur exercice et les chiffres d’affaires.

« J’ai toujours rêvé d’être militaire », laisse entendre ce jeune de 26 ans. Rien que de porter la tenue lui aurait suffi. « Day tah nit gni naw la» (Avec la tenue, les gens vous respecte). A défaut du service militaire, Magou Fall a décidé de se réaliser dans la mécanique. De la tente sous laquelle il s’est réfugié, les bras croisés, il soutient que la réparation mécanique ne profite plus au patron. « Sur les rechanges de moteurs par exemple, le patron nous donne 7.500 FCfa ou 10.000 FCfa à se partager pour nous les cinq apprentis qui travaillons dans son garage. On peine même à assurer nos besoins alimentaires », se désole ce garçon venu jusqu’à Tagar Ndiobène Tay (Kébémer) pour trouver un travail assez descend. La réponse ne s’est pas fait attendre bien que surprenante. « Cinq moteurs par jour, ça fait combien ? Sans compter les autres dépannages que le patron laissent entre vos mains », dit l’un des chefs du garage électrique qui de sa cachette resurgit pour cracher ses vérités. Pour certaines pannes d’organes, ce sont les mécaniciens qui s’en chargent. Tandis que les patrons s’occupent des disfonctionnement des moteurs.

Quand on fait un métier qu’on n’aime pas, on cherche toutes les excuses possibles. Son désamour pour ce qu’il fait est devenu un secret de polichinelle. « Il me traverse parfois l’esprit de prendre une pirogue si l’occasion se présentait », confie ce jeune qui se perd dans ses ambitions d’être riche à tout prix.

7.000 FCfa pour segmenter un seul moteur, 30.000 FCfa pour l’acheter et 40.000 FCfa le montage inclus. De quoi assurer la dépense quotidienne mais également de quoi faire rêver un jeune Magou qui voit des billets de banque circuler sans en gagner beaucoup.

Dans une confusion de taxis, de particuliers, de minicars, de ferrailles, les bruits mécaniques émanent de partout. Des coups de tôlerie sur les épaves restant des véhicules accidentés ou trop usés et les vrombissements des véhicules qui ont des problèmes de masse, assourdissent passants et clients. Assis parterre, un homme d’âge mur s’affaire sur les bagues du moteur qu’il a entre les deux mains. Ce dernier ne semble guère gêné par ce bruitage mécanique. Au garage, un mécanicien n’a point d’oreilles, sauf pour parler à ses clients. Sur le capot d’un minicar à côté de lui, deux messieurs bien habillés attirent l’attention. Que font ces dandys au milieu de cette cacophonie ? Gérer leur garage comme tout le monde. « Un mécanicien en électrique n’a pas besoin de haillons pour faire son travail », lance dans un ton taquin le premier. Dans ses habilles tachetés d’huile, il assure que la mécanique est un métier profiteur. « Surtout quand il y a des évènements », informe-t-il.

Dandys au travail
« Je peux gagner jusqu’à 5.000 FCfa par jour », renseigne Talla Diouf qui a déserté l’école au profil du lavage des véhicule.

A quelques encablures du garage des mécaniciens, des laveurs déroulent également leurs activités. Quel réflexe ! Que d’outils à laver dans ce dépôt de véhicules ocrés où les hommes même perdent de leur couleur. « Pour les taxis, les calandos, les moteurs, nous les lavons à 500 FCfa. Pour les 4x4 à 1.000 FCfa », informe-il. A quelques pas de cette place, une autre station de lavage plus moderne que le premier mais, qui les moins que les espaces dédiés. Muni d’un aspirateur et d’une pompe de lavage, les tarifs y sont plus élevés voir multipliés par deux. « Le lavage associé à l’aspiration, c’est au minimum 5.000 FCfa », annonce Ablaye Mbaye, un ancien élève.

Après une série d’échecs successifs pour l’obtention du brevet de fin d’études moyennes (Bfm), il embrassa le métier de laveur. « J’ai une famille que j’entretien très bien grâce à ce métier », s’en réjouit ce père de famille qui, depuis quinze ans, y est.

Par Marame Coumba Seck


Décidément, un Modou Lô peut en cacher un autre. Si le chouchou des Parcelles assainies s’est fait un nom grâce à ses kilos de muscles à force de s’empoigner et de cogner dans l’arène, l’autre Modou Lô, lui, est champion dans un tout autre domaine : la culture du riz. Dans tout le Walo, ses performances agricoles et rizicoles retentissement à l’image des victoires du gladiateur de l’arène nationale.

En fond sonore, le ronronnement d’une pompe irrigant les périmètres rizicoles se fait entendre. Des hommes aux muscles saillants s’affairent autour de la pompe. Ils sont chargés de l’irrigation d’un immense champ étendu sur plus de 100 hectares. Une propriété qu’exploite Modou Lo. Né en 1952 à Gaya, le village d’Elhadji Malick Sy, localité située à la sortie de Dagana, il a quitté son patelin à l’âge de 22 ans, après le décès de son père. Modou Lo a fait le tour du Sénégal, muni d’une détermination indéfectible, travaillant à la sueur de son front. « Je venais souvent à Ross Béthio, mais c’est en 1989 que je m’y suis installé de manière permanente. A l’époque, j’étais établi à Nder près du Lac de Guiers, où je faisais de la pêche et de l’agriculture », souligne-t-il, sur un brin nostalgique.

Modou a longtemps cherché sa voie, ce qui l’a amené à être un « touche à tout ». Il a été tour à tour transporteur, pêcheur pendant presque 35 ans dans le lac de Guiers, et commerçant. C’est en 1989 qu’il se lance dans la riziculture. A l’époque, il faisait également office de prestataire de service, car louant du matériel agricole (tracteurs, moissonneuses-batteuses, niveleuses etc.). Tous les domaines de l’agriculture l’intéressent. « Puisque nous n’avons pas des diplômes nous permettant d’avoir un travail salarié bien rémunéré, nous n’avons que la force de nos bras pour tirer notre épingle du jeu et se faire une place dans la société. C’est pourquoi nous faisons tous les boulots », se justifie-t-il. S’il est bien connu dans les autres domaines, aujourd’hui, c’est grâce à la culture du riz que Modo Lô s’est fait un nom. Considéré comme un bienfaiteur ici, notamment par les femmes qui ne manquent jamais l’occasion de lui rendre hommage, pour tout ce qu’il fait. « Peut-être qu’aujourd’hui, Dieu a fait que j’ai plus de chances qu’elles et de moyens, donc il est tout a fait normal que je leur apporte mon aide, je cherche la félicité », sert-il comme toute réponse, face à la reconnaissance des femmes.

De 7 à 300 ha
Les choses ont bien évolué depuis 1989. A l’époque, il avait commencé avec un champ de 7 ha. Il procède alors à la mise en valeur de l’exploitation, avec ses économies. Modou avait hérité le champ de son oncle qui était atteint par le poids de l’âge. « Chaque année, j’étends le périmètre jusqu’au jour où le Cnca a accepté de me financer, je suis resté longtemps sans avoir de financement parce que cette banque n’avait pas trop confiance aux Gie qui ne remboursaient pas toujours les prêts qu’on leur accordait », se souvient-il. Heureusement pour lui, en venant au Cnca, il disposait d’une garantie et a pu bénéficier d’un prêt de 4 millions pour démarrer. Depuis, chaque année, la confiance entre lui et cet établissement bancaire s’agrandit. Modou Lo exploite actuellement 300 ha. La Cnca lui a financé l’exploitation des 200 ha, les 100 ha sont financés par ses propres moyens. En contre-saison, les rendements sont plus importants, on note, au minimum, entre 7 et 8 tonnes ou 9 à l’hectare, en hivernage, ça retombe jusqu’à 5 à 6, c’est selon, souligne-t-il.

Qui pouvait alors imaginer que la riziculture se développerait à ce point et qu’il y aura cet engouement, qu’on lui connaît aujourd’hui. Modou est resté constant. Il a toujours cru au travail. « J’ai toujours cru que l’homme ne s’accomplit que par et dans le travail et quel que soit le métier, on aura toujours ce que Dieu nous a réservé », souligne-t-il.

Certes tout le monde ne connaît pas le même succès que Modou, mais l’agriculture est en train de nourrir certains de ses hommes. « Dire qu’on est agriculteur est devenu une fierté », avoue-t-il. En plus de nourrir son homme, la riziculture a des effets économiques qui se font également sentir chez de nombreux travailleurs. Des emplois, Modou Lo en a créés des dizaines. «Nous faisons appel au service de presque 30 personnes, des emplois permanents. Ces jeunes habitent dans les périmètres rizicoles : ils nettoient, font les semis. Durant la récolte, on prend quelques saisonniers pour les renforcer », informe-t-il.

Ses enfants et ses neveux sont tous dans l’agriculture, son fils aîné notamment. Au fort moment de l’émigration clandestine, l’idée leur avait effleuré la tête d’embarquer dans des pirogues, mais ils ont renoncé. « En voyant aujourd’hui que ceux qui étaient partis n’avaient pas plus réussi qu’eux, ils n’ont pas regretté leur choix de rester au Sénégal et d’exploiter la terre et d’en tirer une richesse. Ils croient tous en l’agriculture. Je les encadre, les accompagne et chacun a son périmètre rizicole », se targue-t-il. Ne dit-on pas qu’aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre d’années ? Aux hommes voués à la réussite, peu importe le parcours… «Je n’ai jamais fait les bancs », relève fièrement Modou Lo comme pour confirmer l’adage.

De nos envoyés spéciaux El Hadj Ibrahima THIAM, Oumar BA (textes)

1. Un talent au service du social
Issue d’une famille de griots, elle remporte, à 14 ans, un concours national avec « Soweto », une chanson écrite par son père. En 1990, à 18 ans, elle sort sa première cassette, Seytane. Un gros succès, qui permet aux adolescents du Sénégal d’avoir enfin « leur » star. Le chanteur français Patrick Bruel la remarque et produit en 1998 son album Pata Pata. Du nom de ce morceau légendaire de Miriam Makeba dont la reprise lui vaut un disque d’or en Belgique et un autre de platine en France. Un tremplin pour lancer son label Sabar qui emploie une dizaine de personnes dans ses bureaux et son studio, situés sur trois étages dans le quartier de Sacré-Cœur, à Dakar. Sans compter les dix musiciens de son orchestre mené par Laye Diagne, guitariste chevronné. Elle a remporté les Kora Awards en 1999 en tant que meilleur espoir, puis en 2001 comme meilleure artiste pour l’Afrique de l’Ouest. Depuis, elle vogue de concerts en tournées, de nouveaux disques en succès, à l’échelle de l’Afrique de l’Ouest. Voilà plus de vingt ans qu’elle mène aussi sa fondation Lumière pour l’enfance, avec neuf permanents engagés pour l’éducation et les droits des filles et des femmes, contre les mariages précoces, les violences sexuelles et l’excision. Un combat qui lui tient à cœur, ayant elle-même connu une adolescence difficile.

En mars 2010, elle a rassemblé tout le gratin de la musique africaine pour un concert à Dakar, au bénéfice des victimes du séisme en Haïti.

2. Une gagnante dans l’âme
Elle vient de monter son groupe média avec lancement de Fem fm, une radio généraliste, qui diffusera beaucoup de musique, des bulletins d’information, des débats, mais aussi des programmes centrés sur la femme et l’enfant. Professionnelle, elle aimerait inculquer le culte de la ponctualité et de l’esprit d’initiative à ses collaborateurs, qu’elle se fixe pour mission de « former », même si elle les recrute au niveau bac +5. Elle circule dans une voiture aux vitres teintées et vit sur la côte dakaroise dans une belle villa cubique, qu’elle a elle-même dessinée, et dont les larges baies vitrées plongent sur l’Atlantique. Dans son salon, des portraits de Marilyn Monroe et une photo de Katoucha Niane.

3. Une vie privée vraiment… privée
Elle protège jalousement son image et sa vie privée. « J’ai une vie bien trop rangée pour intéresser la presse people », sourit cette célibataire, que tous ses compatriotes aimeraient voir mariée. Elle en joue dans ses chansons : « Kouy feug ? » (Qui frappe à ma porte ?), lance l’un de ses derniers titres… Sur scène, elle éconduit les nombreux prétendants qui se présentent devant elle, spontanément, dès qu’elle entonne ce refrain. !

Bref, Coumba est une Sénégalaise presque ordinaire qui explique « attendre l’homme de sa vie ». Une diva et chef d’entreprise exigeante, donc, mais qui aime plaisanter avec sa mère et s’occuper de ses trois filles adoptives.

Par Sidy DIOP

Last modified on vendredi, 03 juin 2016 16:39

CanGabon90x700ok


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.