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Soleil Grand Air (472)

Accusé de tous les maux lorsqu'il se trouve en trop grande quantité dans le sang, le cholestérol semble jouer un rôle crucial dans le cerveau. Il permet la connection entre les neurones, liens nécessaires à la mémoire ou l'apprentissage. Comment ce bourreau des coeurs peut-il faire des miracles au niveau cérébral ?

Véritable boite noire de l'organisme, le cerveau n'a pas révélé tous ses secrets. Cet organe complexe est composé :
- De neurones, qui envoient et reçoivent des impulsions nerveuses ;
- Et de cellules gliales, qui nourrissent et protègent les neurones.

Les quelques 100 milliards de neurones communiquent entre eux par l'intermédiaire de structures appelées synapses. Les échanges d'informations entre les neurones se font via des neurotransmetteurs dont on distingue plus d'une centaine de types. Le nombre de synapses dépasse l'entendement avec plus de 100 billions de connexions… mais ce sont ces circuits qui sont à l'origine des processus mentaux complexes, de la formation cérébrale, de la mémoire, de l'apprentissage, de l'intelligence, etc.

De précédentes recherches ont suspecté la sécrétion par les cellules gliales d'un facteur régulant la formation de synapses, sans pouvoir l'identifier. Des chercheurs français et allemands l'auraient finalement trouvé : il s'agirait du cholestérol !

Des neurones isolés en laboratoire peuvent survivre et même se multiplier sans pour autant se connecter entre eux. Exposés aux substances secrétées par les cellules gliales, ils produisent de forts signes d'activité synaptique 2. Il restait donc à identifier la substance en question.

De précédentes études avait mis en évidence le rôle de l'alipoprotéine E (apoE) produite par les cellules gliales dans certaines maladies neurodégénératives 3. Mais son addition n'a pas provoqué la formation spontanée de synapses entre les neurones en culture.

Sachant d'autre part que les apoE peuvent être des transporteurs de lipoprotéines comme le cholestérol, les chercheurs se sont intéressés à cette protéine. Les scientifiques ont pu observé qu'en ajoutant apoE et cholestérol, les neurones ont spontanément formé des synapses. A l'inverse, le retrait du cholestérol du milieu stoppait le mécanisme de connexions. Ainsi, la formation de synapses nécessite bien une source extérieure de cholestérol apportée par les cellules gliales.

Le mécanisme de stimulation synaptique reste cependant à élucider. Le cholestérol est-il un constituant des synapses ou un initiateur de leur formation ?
Cette étude pourrait également apporter un nouvel éclairage sur la survenue de la maladie d'Alzheimer 4. Depuis 1993, l'équipe du Pr. Amouyel a mis en évidence l'influence d'un type particulier de l'alipoprotéine E (apoE4) dans le développement de cette maladie. Résultat d'une caractéristique génétique, la mauvaise influence de l'apoE4 serait-elle due à son incapacité à stimuler la formation de synapses en présence de cholestérol ?

Cette découverte offre ainsi de nouvelles perspectives tant dans la compréhension du développement cérébral que de certaines maladies neurodégénératives.
Attention, ne croyez pas pour autant booster votre Quotient Intellectuel en vous empiffrant d'hamburgers ou de frites trop grasses ! Le cerveau ne tire pas le cholestérol dont il a besoin du sang. Les taux sanguins ne sont en rien reliés avec les concentrations cérébrales. Le cholestérol est une association de protéine et de lipides (lipoprotéine), trop grosse pour passer la barrière sang-cerveau, première ligne de défense contre d'éventuelles substances toxiques. Le cholestérol cérébral est ainsi exclusivement produit localement au niveau du cerveau.

À Foundiougne se trouve la communauté du Loog, une entité unie depuis plusieurs siècles par l’histoire et la géographie. L’appartenance à une même ethnie (sérère) et l’insularité ont favorisé des relations de bon voisinage entre les populations des villages grâce à la mise en place d’instances regroupant leurs ressortissants. Aujourd’hui, ils partagent le même environnement, les mêmes contraintes et le même avenir.

Forte d’une dizaine de villages, à savoir Thiaré, Soum, Ndorong, Mbassis, Mbam, Sapp, Keur Samba, Gagué Bocar, Gagué Mody, la contrée du Loog, située au centre-ouest du Sénégal, explique Abibou Ngom, est limité à l’est, au sud et au sud-ouest par le Baagal qui est un prolongement du bras de mer du Jombos, un défluent du fleuve Saloum qui le limite au nord et au nord-ouest. Cette île du delta du Saloum, nous renseigne Abibou Ngom, actuel chef des services administratifs de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan), ex-Institut français d’Afrique noire, est entourée de toute part par les eaux du Saloum et ses défluents. « Autrefois, le Loog appartenait au Diognick, une province située au nord-ouest du royaume du Saloum. Actuellement, il se trouve dans la région de Fatick et renferme le chef-lieu du département de Foundiougne », précise-t-il.

Les premières installations humaines, informe-t-il, remontent à la protohistoire comme en témoignent les tumulus de sable (Poodoom en sérère) repérés entre les villages de Ndorong et de Mbassis. « Les populations actuelles du Loog ne revendiquent pas la paternité de ces édifices, mais l’imputent aux Socés, c’est-à-dire aux Mandingues qui seraient les premiers habitants des lieux. Selon Martin et Becker, fait-il savoir, ces édifices sont « des monuments funéraires réservés à des personnages importants ». De l’avis de ces mêmes auteurs, ces édifices remonteraient à l’époque de l’apogée de l’empire du Ghana, indique M. Ngom. « La tradition locale note que ce tumulus représente le tombeau d’un personnage nommé Jaal Manjooreen qui serait de la lignée maternelle des Wagadu. L’empire du Ghana, selon l’historien Ki-Zerbo, est aussi appelé Wagadu. À coté de ces tumulus se trouvent un village déserté appelé « O Mbetionga » et des champs délaissés appelé Xabaan, c’est-à-dire terres orphelines », souligne cet historien. Et de préciser que ces vestiges historiques montrent que les populations actuelles ne sont pas les pionniers de la localité. « Elles y ont succédé les Socés », relève-t-il. À en croire M. Ngom, « la fondation des villages actuels remonte aux environs du treizième siècle avec l’immigration de populations venues majoritairement du Gabou, cette aire géographique qui couvre la majeure partie des régions actuelles de Gambie, de Casamance et de Guinée-Bissau ».

À l’origine, nous dit Fodé Sarr, professeur de Svt, le Loog, c’était Mbassis, Mbam, Ndorong, Thiaré et Soum avant que des nomades ne quittent le Sine pour venir s’y installer. Ensuite, il y a eu Keur Samba Wané et Sapp qui datent de l’époque coloniale. « Quand le chef de canton venait, il appelait tout le monde là-bas. Puis, il y a eu les villages de Gagué Mody et Gagué Bocar, lesquels font aussi partie du Loog, et Bambou ».

Dans ce coin du département de Foundiougne, les populations, composées à plus de 90 % de Sérères, s’entendaient à merveille. « C’est un cercle, mais une même famille de même lignée aussi bien paternelle que maternelle. Tous les habitants sont d’une même famille culturellement et sociologiquement. Les familles que vous trouvez à Mbam sont les mêmes que celle que vous trouverez à Mbassis, Ndorong, Thiaré, entre autres », indique le maire de Mbam, Simon Diouf.

De l’avis du maire de Soum, Moustapha Ngor Léon Diop, « le fait que son village, l’un des plus grands du Sénégal à l’époque avec Dioffior et Thionck Essyl, soit devenu une commune doit être considéré comme un avantage, et cela ne change en rien les rapports de voisinage entre les populations qui doivent au contraire s’entraider pour que leurs conditions de vie puissent s’améliorer ».

Et, aujourd’hui que Mbam est passé commune, ceci doit traduire davantage en actes cette nécessité d’agir ensemble comme le souhaite le maire de Soum, qui se dit convaincu « qu’aucune entité ne peut aller seule sans les autres ». D’ailleurs, soutient-il, « sans le Loog, même Foundiougne ne peut pas marcher et vice-versa. Le développement, c’est que les trois entités doivent l’amorcer ensemble ».

Pour Abibou Ngom, Soum occupe une place de leader et de locomotive dans la communauté du Loog compte tenu de son poids économique (agriculture, extraction et commerce du sel et des cotonnades) et démographique. « En tant que havre de paix et de prospérité, Soum a été une terre d’accueil et de refuge. D’où sa forte démographie. Soum est aussi connu pour ses grands lutteurs et ses célèbres guérisseurs traditionnels. Bref, Soum était un village-centre de l’île de Foundiougne appelé « Loog », car ayant toujours été imprenable », explique M. Ngom. De même, ajoute-t-il, la ville de Foundiougne entretient d’intenses relations économiques avec les villages environnants qui constituent son hinterland. « Jadis premier port colonial de commerce du Sine-Saloum, l’essentiel des produits écoulés provenaient de ses environs où se pratiquait la culture de l’arachide. En gros, une forte interdépendance peut être notée entre Foundiougne et le Loog, une interdépendance qui rappelle les relations ville-campagne », informe-t-il.
 
Une presqu’île du département de Foundiougne
FoundiougneConseiller municipal à Mbam et deuxième secrétaire élu du Conseil départemental de Foundiougne, Lamine Sarr, natif de ce terroir, présente le Loog comme constituant la partie continentale du delta du fleuve Saloum. Il est bâti, selon lui, « sur un cordon littoral sableux, au modelé constitué de dunes et de cuvettes et se présente sous la forme d’une presqu’île cernée de toute part par la mer, à l’exception du couloir routier qui le relie à la commune voisine de Djilor. Le Loog comprend les communes de Soum et de Mbam limitrophes de celle de Foundiougne ». Mais, sur le plan pédologique, trois à quatre types de sol alternent selon les zones écologiques : les sols ferrugineux tropicaux (Dior et Deck), les sols hydromorphes des vallées, les sols halomorphes (sols salins, « tanne ») et les sols des mangroves observés dans les îles et les estuaires. Sur la terre ferme, les sols, essentiellement de type Dior sont propres à l’agriculture, notamment à la culture de l’arachide, du petit mil, du maraîchage et de l’arboriculture, tandis que les sols argileux des cuvettes sont par excellence le domaine de la culture du sorgho, mais surtout de la riziculture. Par ailleurs, souligne M. Sarr, « dans certains villages, comme à Mbassis, l’existence de basses terres situées en dessous du niveau de la mer et surtout de sols argileux imperméables expose les populations et les cultures aux risques d’inondation. En effet, le Loog a un « pêché environnemental originel » : le confinement et l’exigüité des terres liés à l’insularité ».

Il note que « c’est un terroir qui est coincé entre la mer et les communes voisines de Djilor à l’est, de Foundiougne au nord-ouest et il en résulte de faibles réserves foncières amoindries par l’existence d’une longue ceinture de pâturage, sorte de forêt classée que les populations ont décidé de réserver au pâturage pendant l’hivernage afin de protéger les champs agricoles. Cette forêt classée, en sus de son rôle environnemental et économique certain, contribue à l’apaisement des relations entre éleveurs et agriculteurs dont les champs sont protégés pour l’essentiel des attaques des troupeaux. Sa position géographique privilégiée, mi-continentale, mi-maritime, justifie son important potentiel agro-sylvo-pastoral, piscicole et touristique ».
 
Un riche patrimoine historique et culturel
Mbass CeremLa zone du « Loog » est essentiellement peuplée de Sérères qui cohabitent harmonieusement avec les Peuls majoritaires dans les villages de Keur Samba Wané, Gagué Mody et Mbam Toucouleur, tandis que la plus forte communauté d’obédience wolof réside à Sapp. Lamine Saar nous append qu’à la faveur de la péjoration du climat qui frappe durement la partie nord de la région de Fatick, le Loog se présente, depuis quelques années, comme un terroir d’accueil des populations du Sine. Aujourd’hui, indique-t-il, la zone compte environ 25.000 habitants. Et sur le plan historico-culturel, cette population est détentrice d’un riche patrimoine avec des lieux de culte dans chaque village : Laga Ndong à Ndorong, Ngaandé Saar et Saas à Thiaré, Pathine à Mbam, Diatta Waly à Mbassis, Poro Poro à Soum, etc. Il existe également des lieux célèbres de rencontre des initiés où se déroulent les cérémonies de divination avec les Saltigués ou d’échanges sur les problèmes qui secouent la localité.

Selon Abibou Ngom, l’appartenance à une même ethnie (sérère) et l’insularité auraient favorisé des relations de bon voisinage entre les villages du Loog grâce à la mise en place d’instances regroupant les ressortissants de chaque village. « Il s’agit de Xooy Raag ainsi appelé, car se tenant chaque année sur le lit de la marre appelé Raag. C’est une sorte de congrès annuel où l’on prédit certes l’avenir, mais où l’on discute aussi des problèmes de tout genre que rencontrent ou que pourraient rencontrer les habitants du Loog. À l’approche de l’hivernage, renseigne Fodé Sarr, tous les « Saltigués », avec leurs connaissances diverses, se réunissaient au niveau du « Raag » (la brousse) pour faire des prédictions sur l’hivernage, l’avenir, la protection de la communauté. Ces pratiques, indique-t-il, subsistent encore. « Il y a une forte cohésion qui a été un peu effritée avec la communalisation, le village Soum étant passé commune, le reste constitue la commune de Mbam », soutient-il.

Il y a aussi le Xooy extraordinaire de Paak xa daq (à distinguer du xooy ordinaire du même lieu) réservé en particulier aux questions de sécurité, selon Abibou Ngom. « Il s’agit là d’une instance spéciale à laquelle chaque village se fait représenter par deux dignitaires. Le nom de circonstance est alors « O ndan nu looloog », peu connu de la majorité des habitants du Loog, explique M. Ngom.

À la faveur de ce riche patrimoine immatériel auquel il faut ajouter l’hospitalité des populations, les opportunités de pêche sportive et d’implantation de réceptifs hôteliers, la visite de la zone est un itinéraire presque incontournable pour les visiteurs.

Toutefois, la localité n’a pas, jusqu’ici, tiré profit de ses nombreux avantages comparatifs, souligne Lamine Sarr, relevant que ce sont des opportunités géographiques qui cachent mal les contraintes physiques du Loog qui, malgré leur ténacité, doivent être perçues comme des défis à relever. D’autant que dans le domaine démographique, les 25.000 âmes du Loog vivent sur une superficie inférieure à 15 km2 tout en s’activant à la fois dans les secteurs de l’agriculture, l’agropastoralisme et la pêche. « Le Loog se confond dans une végétation composée de savanes arbustives qui renferme, du côté de la mer, la mangrove qui peuple les nombreux bolongs (bras de mer) serpentant le territoire départemental de Foundiougne. Et à la lisière de ces bolongs se trouvent généralement des sites boisés et sacrés comme : Lagga Ndong, par exemple, qui est situé dans la zone de Ndorong, dans la commune de Mbam. Une diversité géographique justifiant son important potentiel agro-sylvo-pastoral, piscicole et touristique », explique M. Sarr.

Dans cette contrée du Loog, les difficultés ne manquent pas. Le problème majeur auquel les populations sont confrontées reste l’accès à l’eau potable que seul le transfèrement peut régler de manière définitive. Le maire de la commune de Soum souhaite que leur commune soit raccordée au projet « Eau potable Notto-Ndiosmone-Palmarin » à partir de l’île de Baout  pour résoudre la problématique de l’approvisionnement en eau. Il s’y ajoute l’achèvement des travaux de la piste Soum-Foundiougne-Mbassis-Mbam tant souhaité par les populations qui sollicitent également des infrastructures sanitaires et éducatives, de même que des équipements et matériels agricoles.

Mohamadou SAGNE, Samba Oumar FALL (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)  

Les maladies cardiovasculaires tuent 8 fois plus les femmes que le cancer du sein. Le coupable ? Le tabac, en cause dans la moitié des infarctus du myocarde chez les femmes de moins de 50 ans. Pourtant, ces maladies restent encore largement sous-estimées par le grand public.

Principal facteur de risque, le tabac. Avec l'augmentation constante du tabagisme féminin depuis les années 1970, un comportement jusque-là plutôt réservé aux hommes, les maladies associées ont littéralement explosé. Mais si l'on pense instinctivement aux maladies respiratoires et aux cancers, on a tendance à oublier les maladies cardiovasculaires qui, par leur nombre, sont pourtant les plus meurtrières. " Le tabac est responsable de la moitié des infarctus du myocarde chez les femmes de moins de 50 ans", précise le Dr Mounier-Véhier qui a fait de la prévention cardiovasculaire chez les femmes son cheval de bataille. Et pas question de lui parler de petit tabagisme. " Fumer 4 cigarettes par jour double le risque d'infarctus du myocarde chez les femmes". En cause, les artères plus fines et une revascularisation plus compliquée chez les femmes que chez les hommes.

Stress, mauvaise alimentation, sédentarité malmènent également le cœur. Et facteur de risque spécifique aux femmes, les hormones, et plus particulièrement les oestrogènes de synthèse contenus dans la plupart des contraceptifs. " Avec les oestrogènes de synthèse, le risque thrombotique augmente avec l'âge, et de manière significative au-delà de 35 ans. Chez les femmes à risque cardiovasculaire (pour cause de diabète, d'hypertension artérielle, etc.), une seule précaution : éviter les œstrogènes de synthèse", préconise la cardiologue. Pour ces femmes, la contraception devra reposer sur des progestatifs seuls. Et la situation s'aggrave considérablement chez les femmes combinant contraceptif œstro-progestatif et tabac. " Après 35 ans, une femme qui fume doit choisir entre tabac et œstrogènes de synthèse".

Le THS, protecteur contre les maladies cardiovasculaires
Autre risque lié aux hormones : la ménopause précoce. Mais la prescription d'un traitement hormonal de substitution par voie transdermique (patch ou timbre) aux œstrogènes naturels annule ce risque, affirme le Dr Mounier-Véhier. " Une étude danoise qui a suivi un millier de femmes pendant 10 ans montre que l'administration d'œstrogènes naturels par voie transdermique, comme c'est l'usage en France (contrairement aux Etats-Unis où les THS reposent sur des œstrogènes de synthèse administrés par voie orale, ndlr), non seulement n'augmente pas les risques de cancer du sein ni d'accident vasculaire cérébral (AVC), mais protège contre les accidents cardiovasculaires, les évènements coronaires et la mortalité cardiaque".

Pour cette spécialiste, le rôle des cardiologues à la périménopause (c'est-à-dire quelques années avant la ménopause) est donc essentiel : face à une femme qui présente un surpoids et/ou se plaint de bouffées de chaleur, il doit procéder à un bilan cardiovasculaire et l'interroger sur ses antécédents cardiovasculaires. Ce n'est qu'à l'issue de ce bilan qu'il donnera son feu vert ou son feu rouge à l'instauration d'un THS.

Infarctus : des symptômes atypiques chez les femmes
Contrairement aux hommes, les femmes ne présentent pas tous les signes caractéristiques d'un infarctus du myocarde. Les médecins eux-mêmes sont parfois déroutés devant un tableau clinique atypique et participent ainsi au retard dans la prise en charge des patientes, assure le Dr Mounier-Véhier. Et cette dernière de citer l'exemple d'une " femme de 60 ans, nauséeuse, angoissée , avec un diabète connu, qui se présente pour une douleur qui irradie du ventre au dos". Le médecin l'envoie... chez le gastro-entérologue ! Cette symptomatologie digestive est en fait typique de l'infarctus chez les femmes.

Autre exemple, celui de Laurence, la cinquantaine, qui doit sa survie à un concours de circonstances heureusement favorable. "Laurence est très fatiguée depuis un mois, elle est essoufflée , mais elle met cela sur le compte d'un rythme de travail très important et un stress assez élevé. Le soir d'une fête, elle se rend aux urgences pour des douleurs plus importantes et fait un arrêt cardiaque sur fibrillation ventriculaire. Prise en charge immédiatement, elle a pu être réanimée et récupérer d'une mort subite". C'était en 2012. Laurence l'ignorait, mais elle présentait un tableau clinique typiquement féminin . Car avant la douleur thoracique caractéristique de l'infarctus, présente chez 9 patientes sur 10, celles-ci présentent souvent une fatigue intense et durable, sans lien direct avec une activité particulière. Depuis, Laurence arrive à écouter son corps, désormais consciente que " tout peut s'arrêter".

doctissimo.fr

La belle horreur

22 Mai 2017
246 times

Hier, plongé dans une vague rêverie, je rencontre, par hasard, deux individus d’une touchante affabilité. La femme, éloquente, un tantinet diserte et surtout gracieuse, « m’impose » une discussion. Elle me demande ceci : « Pensez-vous que la vraie justice peut, un jour, régner sur terre ? » Je lui réponds que cela tient de l’utopie tout en épiant « l’ambulant prédicateur stagiaire » qui la secondait, particulièrement taiseux pour parler comme les Belges. La persuasive bonne dame tenait un petit document au titre troublant : « Les cavaliers de l’apocalypse ». Ces hérauts « surgissent brusquement, leurs sabots retentissant comme le tonnerre ! (…) Le premier cheval est blanc. Son cavalier est un roi glorieux nouvellement couronné. Derrière lui, arrive un cheval rouge, couleur de feu, monté par un cavalier qui ôte la paix de la terre entière. Puis, apparaît un troisième chevalier, noir comme la nuit, dont le cavalier tient à la main une balance, alors qu’est proclamé un message sinistre au sujet d’une pénurie alimentaire. Le quatrième cheval, de couleur pâle, d’une blancheur maladive, est le présage de maladies et d’autres menaces mortelles. Son cavalier est la Mort personnifiée. Et la Tombe, la tombe commune aux hommes, le suit de près, moissonnant sur son passage un nombre effroyable de vies ».

Cet extrait métaphorique nous conte notre propre déliquescence et pose les défis du présent et de l’avenir de notre commune humanité. Il transcende les coteries et les obédiences et, dans cette lugubre représentation, fait résonner une sirène d’alarme : le chant du cygne. Devons-nous continuer à l’ignorer sous l’effet du bruit assourdissant de notre silence ? Nous sommes en train d’attendre ce qui est déjà arrivé : la Fin. La fin (pas celle-là promise par les livres saints) c’est, de notre point de vue, cette altération extrême et profonde de notre être qui devient autre que ce qui a jusqu’ici assuré l’équilibre et la survie de notre espèce capable de s’émouvoir, d’être bourrelée de remords après s’être couverte d’ignominie. L’horreur est devenue beauté. Elle est objet d’art à admirer pour témoigner de notre affligeante décadence morale. Il faut qu’elle soit capiteuse, captivante, excitante à raconter pour en tirer parti comme une camelote devenue une relique que l’on court découvrir au « musée des horreurs ».

Il arrive qu’on se réveille joyeux, plein de vie, prêt à conquérir le monde. Il faut alors savourer ces précieux moments parce qu’ils sont devenus si courts dans cette tumultueuse existence. L’infamie et l’atrocité peuplent notre environnement. En plus du branle-bas quotidien -car nous sommes de plus en plus pressés- le train-train horrifiant relaté par les médias nous dessine un monde tourmenté où l’on « zieute », impassible, l’épouvante.

Aïe, aucun mort !
La monstruosité est telle qu’on en est, aujourd’hui, à faire une répulsive comptabilité quotidienne des morts. Un individu poignardé à mort par son vieux compagnon ! Deux autres égorgés ! Il faut que ce soit devant leurs enfants pour que la scène soit suffisamment dramatique ! Une spectaculaire fusillade dans un quelque part tranquille ! Malheureusement, il n’y a pas eu de mort ! Une tuerie, c’est encore plus excitant ! Le folklore des compatissants de luxe sera plus somptueux ! Plus le nombre est important davantage les sens sont échauffés, la laideur est fascinante pour les courroies de transmission (pas seulement les médias, car ils ne sont qu’un groupe de relayeurs parmi une flopée de diffuseurs) et les infâmes bourreaux qui s’y complaisent.

On chosifie nos morts. On se délecte de l’horreur ; « l’horreur anodine ». Il y a des fins heureuses où la mort est fêtée avec quelques larmes de réminiscences. Il ne saurait en être ainsi pour ceux qui ont vu un père, une sœur, une mère, un ami partir si affreusement ; ou ceux-là qui ont vu une âme subissant les assauts d’un maniaque sexuel comme le relaie la presse nationale ces derniers jours. Le procédé informatif est discutable. Mais, il y a une circonstance atténuante. Le journaliste est le produit d’une société désarticulée.

Le marchand de terreur, c’est aussi celui qui affame, qui nie la dignité de l’homme, l’avilit, le dépouille. Nous sommes, chacun dans sa sphère de pouvoir et d’influence, interpellés, parce que chaque action entreprise, noble ou répugnante, chaque mot énoncé, aimable ou scabreux, est une indication de l’état de notre collectivité. Il est, dans ce sens, primordial que les institutions pourvoyeuses de sens soient à la hauteur de la légitimité dont elles jouissent et de la confiance placée en elles. Il y va de la clarté des signaux de modulation qu’elles chercheront à produire.

Par Alassane Aliou Fèré Mbaye

Des hackers ont réussi à s'emparer des données cryptées des quelque 17 millions de clients de cette plateforme présente dans 23 pays...

Zomato, la première plateforme Internet indienne de réservation de restaurant et de livraison de nourriture, a annoncé ce jeudi qu’elle avait été victime d’un piratage informatique massif.
Les données personnelles de 17 millions d’utilisateurs sont concernées. Des hackers ont réussi à s’emparer des noms, adresses mail et mots de passe cryptés des clients de la startup, fondée en 2008 et opérant dans 23 pays.

L’entreprise se veut rassurante
Les informations financières des clients étaient stockées sur une autre base de données qui n’a pas été touchée par ce piratage, assure Gunjan Patidar, responsable informatique de Zomato. « Aucune information relative aux paiements n’a été volée », a-t-il déclaré dans un communiqué publié sur le blog officiel de l’entreprise. « Vos données de cartes de crédit sur Zomato sont totalement en sécurité, donc il ne faut pas s’inquiéter. »

Toutefois, par mesure de précaution, tous les utilisateurs victimes de ce piratage ont été désinscrits du site Internet et de l’application mobile.

Le fichier piraté revendu pour 1.000 dollars
Leur mot de passe a également été modifié, bien que la société a assuré que les hackers ne disposent pas des clés de déchiffrement de ces mots de passe. Selon des médias indiens, citant une information émanant d’un site Internet spécialisé, le fichier de données piratées aurait été vendu aux enchères pour un millier de dollars sur un réseau parallèle anonymisé.

La startup, qui revendique 120 millions de visites par mois, a affirmé qu’elle renforcerait ses protocoles de sécurité. Tous les systèmes informatiques sont passés au crible pour rechercher d’autres effractions éventuelles.

Des hackers ont réussi à s'emparer des données cryptées des quelque 17 millions de clients de cette plateforme présente dans 23 pays...

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Toutefois, par mesure de précaution, tous les utilisateurs victimes de ce piratage ont été désinscrits du site Internet et de l’application mobile.

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La startup, qui revendique 120 millions de visites par mois, a affirmé qu’elle renforcerait ses protocoles de sécurité. Tous les systèmes informatiques sont passés au crible pour rechercher d’autres effractions éventuelles.

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Les données personnelles de 17 millions d’utilisateurs sont concernées. Des hackers ont réussi à s’emparer des noms, adresses mail et mots de passe cryptés des clients de la startup, fondée en 2008 et opérant dans 23 pays.

L’entreprise se veut rassurante
Les informations financières des clients étaient stockées sur une autre base de données qui n’a pas été touchée par ce piratage, assure Gunjan Patidar, responsable informatique de Zomato. « Aucune information relative aux paiements n’a été volée », a-t-il déclaré dans un communiqué publié sur le blog officiel de l’entreprise. « Vos données de cartes de crédit sur Zomato sont totalement en sécurité, donc il ne faut pas s’inquiéter. »

Toutefois, par mesure de précaution, tous les utilisateurs victimes de ce piratage ont été désinscrits du site Internet et de l’application mobile.

Le fichier piraté revendu pour 1.000 dollars
Leur mot de passe a également été modifié, bien que la société a assuré que les hackers ne disposent pas des clés de déchiffrement de ces mots de passe. Selon des médias indiens, citant une information émanant d’un site Internet spécialisé, le fichier de données piratées aurait été vendu aux enchères pour un millier de dollars sur un réseau parallèle anonymisé.

La startup, qui revendique 120 millions de visites par mois, a affirmé qu’elle renforcerait ses protocoles de sécurité. Tous les systèmes informatiques sont passés au crible pour rechercher d’autres effractions éventuelles.

Issa Doumbia est un acteur et humoriste français né le 10 juin 1982 à Trappes. L’acteur est notamment connu pour avoir tenu le rôle d'Issa Leguenec dans la série courte de TF1, « Nos chers voisins ». Issa Doumbia débute sa carrière en 2009 à la télévision dans la série télé « Brigade Navarro ». En 2010, il obtient un rôle dans le film « Crédit pour tous » de Jean-Pierre Mocky. Mais, c'est en 2011 que l'acteur est révélé au grand public pour son interprétation de Mamadou Seydou Koulibaly dans le film « Beur sur la ville » de Djamel Bensalah, dans lequel il donne la réplique à Booder et Sandrine Kiberlain.

En 2012, Issa Doumbia continue sur sa lancée et passe au petit écran ! Dans douze épisodes, il incarne le rôle de Barkette dans la série « Les Lascars. » En juin 2012, il rejoint le casting de la série télévisée de TF1  « Nos chers voisins » où il interprète Issa Leguenec, un jeune étudiant en sociologie de 23 ans. Par la suite, Issa Doumbia devient animateur de l’émission « Wesh » avec pour co-animateur l’humoriste Alban Ivanov. Les deux complices reviennent sur Canal Street Tv avec une nouvelle émission baptisée « Comment va la street ? »

En mars 2014, Issa Doumbia fait une apparition dans le clip « Mme Pavoshko » de Black M. Il y interprète le rôle d'un professeur de collège complètement débordé par les élèves turbulents de sa classe. Issa Doumbia fait aussi des apparitions dans des clips comme « 20 ans » de Zazie ou encore « Mamadou » du groupe Magic System. À la fin de cette même année, il joue le rôle de Soldat Issa dans le film de Fabrice Eboué, « Le Crocodile du Botswanga. » Par la suite, Issa Doumbia est une nouvelle fois à la présentation des Trace Urban Music Awards, cette fois-ci au côté de Clara Morgane. En 2015, il intègre la bande de chroniqueur de Cyril Hanouna. On le retrouve quelques soirs autour de la table de « Touche pas à mon poste », une émission phare de divertissement diffusée sur la D8.

Par Oumar BA

Le village de Karantaba, situé  dans la  région de Sédhiou était noir de monde les 9,  10, 11, 12 mai 2017. Des milliers de fidèles venus des contrées du Sénégal, de la Mauritanie, du Mali, de la Gambie, de la Guinée Bissau et de la Guinée ont convergé vers  l’un des plus grands  foyers de diffusion de l’enseignement coranique dans l’espace sénégambien. Sa mosquée construite depuis 800 ans, les tombes des érudits de l’Islam ont reçu des milliers de fidèles de jour comme de nuit. Le village conserve bien sa vocation et l’étymologie de son appellation. 

Le quai d’embarquement de Sédhiou bascule dans une relative effervescence. Des minicars, des camions, des particuliers forment une file. Les motos « Jakarta » déposent des clients. Des mécaniciens réparent la rampe du bac. Les clients, les plus pressés enfilent des gilets de sauvetage et sautent dans des pirogues motorisées. Les embarcations, les moteurs en marche, font cap sur Sandiniéry qu’elles atteignent au bout de moins  d’une demi-heure. Sur la terre ferme, des rabatteurs hèlent les passagers en répétant : « Ai Wa Karantaba », « Karantaba ». Les fidèles se dirigent vers  des minicars immatriculés au Sénégal, en Gambie et en Guinée-Bissau. Des voitures bondées de clients et aux porte-bagages pleins de chargements quittent à vive allure Sandiniéry. Elles s’engagent sur une piste cahoteuse par endroits et carrossable dans d’autres sections. Des chants religieux, amplifiés par des haut-parleurs, rythment le voyage vers le village des érudits. Des champs d’anacardiers et des plantations de manguiers se succèdent.  Karantaba se signale au loin par des déclamations du Saint-Coran. Après le rallye, des fidèles imposent aux conducteurs de ralentir. La voie principale fourmille à hauteur du poste de santé. Des vendeurs de tissus, de friandises, de draps, de matériels agricoles, d’huile de palme, de mangues, de bananes, etc. ont leurs étals sur les dépendances de l’artère principale. Toutes les ruelles secondaires transbordent comme les affluents d’un fleuve en crue.

« Ce n’est pas encore l’affluence. Le gamou, c’est demain. Le village  de Karantaba est béni. Personne n’y peut rien  », s’exprime avec un air de fierté Vieux Seydi.  Dans l’enceinte des concessions, des fidèles déclament des chants religieux. D’autres battent des « tabalas » (tambours). Des louanges à Dieu et à son prophète Mouhamad (Psl) sont bien enrobées en langue mandingue. « Le village bat à ce rythme, c’est l’un des rares, pour ne pas dire unique village, au Sénégal où il y a une intense activité religieuse qui précédé le gamou », nous confie Soulèye Camara.

Le village des mosquées
Jusqu’à minuit, ce mercredi, des bus, des minicars, des « Ndiaga-Ndiaye » continuent de déverser leur chargement sur la cité. Les rares espaces libres aussi bien à l’artère principale que dans des  rues secondaires se transforment en gares routières temporaires. Ce village religieux a sa particularité. A quelques mètres du poste de santé, une mosquée en construction fait face à une autre.  Toutes les deux donnent sur l’artère principale. Un peu en amont en face de la maison du maire, une ancienne mosquée fait figure de nain au pied d’une nouvelle. Leur répartition spatiale est une incitation à la prière en groupe. C’est comme si les anciens ne voulaient pas que des  passants trouvent une bonne excuse pour rater  l’heure de prière. Depuis une lointaine époque, des guides religieux ont dédié leur vie à l’adoration de Dieu. Chacun cherchait, avec une certaine obsession, une élévation spirituelle en tournant le dos à ce monde si éphémère. A l’intérieur des quartiers on peut voir çà et là d’autres mosquées. La localité où vivent 7000 âmes au dernier recensement  porte bien son nom. Ni le temps, ni le flux de la modernité  ni la quête du mieux-être n’altèrent l’essence du fondement de Karantaba. La tradition littérale de Karantaba en mandingue signifie le brasier autour du duquel on apprend le Coran. « Normalement toute personne qui est née à Karantaba doit maîtriser le Coran et doit être bien éduquée. Ce village a produit de grands érudits de l’Islam », professe un guide religieux après l’intervention du gouverneur de la région de Sédhiou, Habib Léon Ndiaye lors de la cérémonie d’ouverture.

Le chef local de l’exécutif a mesuré toute la place que les hommes et les foyers religieux dans la consolidation de la  cohésion nationale. Le représentant des familles religieuses, El Hadji Fakéba Solly a magnifié la contribution de l’Etat à la réussite de l’organisation du grand rendez-vous de la foi. Dans la foulée, le président du comité d’organisation a salué la prise en charge de la réhabilitation de la grande mosquée par le gouvernement et l’engagement du ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye. La cérémonie officielle a été sobre. Le village retourne à ses fondamentaux : la propagation des enseignements islamiques. Dans des certaines de concessions, on récite le Coran de façon presque continue.  Des louanges à Dieu et au prophète Mouhamad (Psl)  émanent de partout. « Ici, nous avons 9 grandes familles religieuses. En réalité, Karantaba est un village de marabouts », me confie un de mes tuteurs, lui-même issu d’une des grandes familles religieuses. La graine semée par les érudits a bien porté ses fruits. Depuis 1976, le village célèbre  son gamou sans tambour ni trompette. Mais l’évènement a  dépassé les frontières du Sénégal. Il suffit de jeter un regard sur les plaques d’immatriculation des véhicules pour se rendre compte que la cité n’est pas dans l’anonymat. « Les anciens faisaient leur gamou sans se rapprocher de l’Etat, au fil des années, cela a été perpétué. L’évènement a pris actuellement  une dimension internationale et l’affluence est devenue plus importante », témoigne  le maire de Karantaba, Seydi Solly au cours d’un échange à  son domicile.

Le recueillement nocturne sur des tombes
Depuis 800 ans, Karantaba  a construit sa réputation sur la transmission des enseignements de l’Islam, la diffusion des connaissances coraniques. Son étoile illumine encore sur l’espace sénégambien au sens large du terme. Ce jeudi 11 mai,  la nuit tombe sur la cité sans voiler l’effervescence religieuse. Au marché, on marchande à tout bout de champ. D’autres commerçants, le corps couvert de poussière, dorment sur les sacs et des nattes étalés à même le sol. Il fait jour au marché à minuit. Des fidèles se faufilent entre les cantines pour rejoindre le site d’où est parti le peuplement du village fondé par l’homme de Dieu Foderba Dramé.

Ici, des hommes, des femmes, des jeunes garçons entrent dans un bâtiment abritant des tombeaux. Ils jettent des pièces de monnaie. Les gardiens des lieux formulent des prières. Ils ressortent et entrent dans un caveau où des moustiquaires sont accrochées aux  lattes de bambou. Chacun, formule des vœux et puis lance quelques pièces, des bougies ou du sucre dans une calebasse. Des pèlerins tendent les mains pour la prière commune d’abord. Puis ils  se tournent vers le levant. Des hommes récitent des versets. Après cette étape, la procession traverse la cour d’une concession où d’autres pèlerins dorment.

Une mosquée à part    
Derrière, cette grande concession, des groupes  se recueillent sur d’autres tombes. Depuis de longues années, dans ces sites, c’est vers l’aube que des fidèles viennent se recueillir dans les mausolées des érudits qui reposent  sur la terre sainte. « Karantaba est un endroit où tous ceux viennent pour des bénédictions voient leurs vœux se  réaliser. Ici, il y a quelque chose que l’on ne trouve pas ailleurs », confesse un septuagénaire établi au village de Kafoul et qui a passé 35 ans à Karantaba auprès de son maître.

 Il n’y avait pas de place pour la prière de l’aube  du jeudi dans la mosquée. Des foules de fidèles avaient pris d’assaut l’ancienne mosquée, construite avec la terre bâtie. L’édifice se distingue avec  ses multiples portes internes et ses murs intérieurs servant à séparer les files de fidèles. A  l’intérieur de la moquées multiséculaire, des  fidèles, les uns et après les autres,  posent  leurs  mains et leur visage sur  des effets des premiers imams cousus  dans un tissu et qui sont incrustés dans des murs. A l’extérieur, des femmes se massent. Elles se recueillent.

D’autres pèlerins emportent de l’eau bénite contenue dans des canaris alignés dans la cour. L’affluence atteint un nouveau record, lors de la prière hebdomadaire du vendredi. Déjà à 11 heures, le lieu de culte est pris d’assaut. Jusqu’à plus de 100 mètres à la ronde de l’extérieur de l’enceinte, les fidèles étalent leur natte. D’autres envahissent des cours des concessions où ils forment d’autres rangées. A la fin de la prière, des fidèles se précipitent  vers des véhicules. Le village religieux commence à se vider sans que la ferveur ne s’estompe. 

Par Idrissa SANE

Les imposteurs

19 Mai 2017
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Ils se sont faufilés et imposés dans tous les recoins de la société, tels des envahisseurs d'un nouveau genre : les imposteurs sont parmi nous. On les croise chaque jour au travail. On les subit dans les quartiers. On les entend à la télévision. On lit parfois leurs écrits. Ils nous envoient dans le mur en prétendant nous sauver. Virtuoses des apparences, dissimulateurs sur les valeurs de leur temps, les imposteurs vivent à crédit. Celui que les autres leur accordent. Ces caméléons nous abusent volontiers par leur apparence  «normale ». A la fois conformiste et opportuniste, l'imposteur se coule toujours dans le moule pour mieux duper son monde. C'est un «martyr» de l'époque, un pur produit de la culture du complot qui vibre au rythme des secousses de l’heure. Quand l'intérêt individuel supplante le souci général, quand les apparences l'emportent sur le fond, la performance sur le dénigrement, le préjugé sur le véritable travail abattu, la popularité sur le mérite, l'opinion sur les valeurs, alors les imposteurs s’imposent. Le principe même, c'est de se distinguer. Il est impossible pour lui d'avancer sans se détacher des normes. Surtout tout bousculer aux fins d’atteindre son objectif, tel est le premier impératif au pays de l'imposture. L'imposteur sait qu'il est inutile de perdre son temps à réfléchir, à créer, à prendre des risques. Sur quels critères va-t-on m'évaluer ? Comment séduire ceux qui peuvent œuvrer à mon ascension ? Comment me mettre en scène ? Voilà les seules questions dont il se préoccupe. Peu importe la qualité ou la vertu qu'il lui faudra usurper à toutes fins utiles. Il serait pourtant injuste de limiter l'imposture à un quelconque  champ. L'apparence étend son règne dans tous les champs socioprofessionnels. Dans l'entreprise, ceux qui savent présenter leur carence de travail, sous un jour favorable d’autocommentaires flatteurs progressent plus vite dans la hiérarchie que les laborieux qui œuvrent dans l'ombre, sans mettre en avant leurs réalisations.

Par Oumar BA

 

Abdou Aziz Sall, de son nom d’artiste Maha Lahi, est de ceux qui ne rompent jamais l’effort sur le chemin de l’accomplissement de leur destin. Cette atypique créature n’envisage l’épanouissement que dans le style musical auquel il s’identifie, le reggae, par la cadence et le sens. Par la spiritualité et l’engagement en faveur de l’aventure collective.

Son épouse s’appelle Fatou Ndiaye. Comme sa mère. Elle est son ombre qui lui rappelle le chemin parcouru et les horizons illimités à découvrir ensemble. L’ange gardien à la carnation claire est celle qui l’a aimé et choyé au beau milieu de la tempête. Elle est sa manageuse officieuse qui répond aux appels. Maha Lahi risquerait de tenir le téléphone à l’envers ! De toute façon, ça le laisse de marbre ! Il est de ces êtres qui ne subissent pas le temps et ne vivent que pour accomplir leur « destinée ». Il y a, dans la vie de « l’ex » Abdou Aziz Sall, de petites étrangetés aussi fascinantes que les saillies charmantes et égayantes de son imagination ; celle-là qui lui permet de tenir en haleine une assistance tout au long de ses exquises divagations.

Le quadragénaire, né à Kaolack, a bourlingué et trimé pour se fabriquer un destin dans un style musical, le reggae, qu’il a embrassé au détour d’un voyage en Gambie et d’une découverte d’un morceau du chanteur jamaïcain, Luciano. Après des études interrompues en classe de troisième aux cours moyens et secondaires, il s’essaie à plusieurs métiers. Mais, le cœur n’y était pas. En sus, « mon père et ma mère avaient divorcé », rappelle-t-il en guise de justification. Il tâte le ballon rond dans le « nawetaan » et s’égare un peu. La musique le ramène dans le « giron de la normalité ». Abdoul Aziz Sall imite des ténors de la musique sénégalaise : Thione Seck, Youssou Ndour, Omar Pène. Il s’y plait. L’envie de tracer sa propre voie devient irrépressible. Une prestation du Groupe de rap Daara-J le stimule.

En 1996, des amis et lui fondent un groupe, le « Black roots ». Leur premier morceau « Boolo len » révèle leur talent poétique et artistique. La formation fait long feu. Les membres investissent d’autres univers. L’enfant de Kaolack, lui, poursuit le rêve et s’ancre dans le reggae. « La Gambie m’avait déjà inoculé le virus du reggae. J’avais fini par m’identifier à cette musique par le message qu’elle formule et le rythme qu’elle déploie », confie l’homme aux dreadlocks interminables au-dessus desquels « plastronne » un chapeau « Cabral ». En 1998, le groupe Rapadio fait une entrée fracassante sur la scène musicale sénégalaise et sonne le glas d’une certaine forme de musique et d’artistes « doucereux ». Maha Lahi, reclus à Foundiougne, trouve refuge dans la spiritualité auprès de son nouveau guide religieux « Baye Fall », Moussa Diagne. Il y rencontre son épouse et se réconcilie avec la musique. « Au début, je voulais me lancer dans le cantique. Cependant, mon guide, convaincu de mon amour pour le reggae, m’a incité à m’accrocher à ce rêve nourri depuis des années », se souvient-il, les yeux, derrière des lunettes à verres correcteurs, scintillant de fierté. Doit-on attendre moins d’un fils de Muchacho, célèbre percussionniste qui a accompagné Thione Seck, Afriando et African Salsa ?

La désillusion
A son retour à Kaolack, tout au début des années 2000, il crée le Majal Gui et s’offre une petite notoriété grâce aux belles mélodies distillées. Sa rencontre avec le groupe de rap Keur Gui booste sa carrière naissante. Celle avec l’animateur J-Man de la Radio Dounya lui permet de louer Cheikh Ahmadou Bamba et de rappeler le drame du Diola à travers deux titres qui lui ont valu d’être reconnu par le public. Malgré ces éclairs de génie, Maha Lahi se morfond dans ses satisfactions d’amour-propre. Pour répondre aux sceptiques qui le trouvaient peu ambitieux et l’affublaient de sobriquets pour sa longue « hibernation », il sort « Juum ngen » (vous vous trompez). Certains esprits narquois lui suggéraient même de faire un duo avec le chanteur Pape Thiopet ! Suprême offense pour un reggae man !

Les quolibets, si tant est qu’ils existent encore, sont certainement devenus moins incommodants. Maha Lahi a fait du chemin. Le concours télévisé, « L’Afrique a un incroyable talent », auquel il a participé récemment, l’a mis sous une source lumineuse qui l’a fait découvrir au monde. Le début a été aussi prometteur que la désillusion qu’il y a connue par la suite. « Un ami de mon père m’a informé du casting après lequel j’ai été choisi parmi une flopée d’artistes. Je l’ai su tardivement et les formalités pour le voyage en ont rajouté à mon stress. N’eut été ma femme, je serai passé à côté de ce rendez-vous. C’était mon baptême de l’air. J’avais tellement peur. Le jour de mon passage, ma guitare m’a joué un mauvais tour. Je me suis débrouillé avec celle que l’on m’a prêtée. Ma performance s’en est ressentie et j’ai été éliminé à cause d’une fausse note. Cet épisode m’a particulièrement affecté surtout quand j’ai pensé à toutes les personnes qui ont cru en moi », se rappelle-t-il, amer. La pilule a été d’autant plus difficile à avaler qu’un membre du jury, Fally Ipupa, l’a traité de « pleurnichard » quand il a voulu raconter son infortune. Pour la narrer à ceux qui daigneront l’écouter, il sort le morceau « Les chiens aboient » comme pour faire un clin d’œil au célèbre reggae man de la Côte d’Ivoire, terre de sa mésaventure. Le précurseur du reggae à Foundiougne ferme la page et embrasse un immense horizon avec ses promesses de belles mélodies, de rythmes et de vies. Dans cet album à venir, il chante les femmes, des existences difficiles et possibles, exalte des valeurs, confère une acception à sa spiritualité qui va au-delà des petites appartenances. Son message, accoté à la réalité de l’humain, se veut universel. Le langage ésotérique qu’il affectionne n’est qu’une autre « disposition » des mots, une autre expression des sentiments indéfinissables. En cela, il transcende les temps et les espaces. Maha Lahi, à la charnière entre le temporel et le spirituel, suit sa route qui dessert plusieurs univers de saveurs quoique parsemés d’embûches.

Par Alassane Aliou MBAYE

Le Micral N., premier ordinateur fonctionnant grâce à un micro-processeur, a ouvert la voix à une nouvelle conception de l'informatique vite adoptée par les futurs géants du secteur...

Un exemplaire du Micral N., le tout premier micro-ordinateur de l’histoire construit en 1972, sera vendu aux enchères le 11 juin prochain au château d’Artigny, près de Tours (Indre-et-Loire). Il ne resterait à l’heure actuelle dans le monde que cinq de ces machines, qui ont un statut à part parmi les spécialistes de l’histoire de l’informatique.

« Le Micral a donné des idées aux Américains »
François Gernelle, le créateur de la machine, est en effet le premier à avoir intégré un micro-processeur dans son produit, à une période où les ordinateurs étaient tellement volumineux qu’il fallait une pièce entière pour les héberger.

« Le Micral a donné des idées aux Américains. En 1975, l’IBM 5100 dépasse le cadre des entreprises et arrive dans les foyers. En 1977, sort le premier micro-ordinateur conçu par Steve Jobs, l’Apple II. Le Micral N. est à l’origine de cette nouvelle conception de l’informatique », a ainsi précisé ce jeudi Aymeric Rouillac, le commissaire-priseur en charge de la vente.

C’est d’ailleurs pour cet ordinateur de 13cm de haut, 43cm de long et 44cm de profondeur que le magazine américain Byte a inventé le mot « microcomputer » (micro-ordinateur) en 1973. Cette machine, sans clavier ni écran et pesant un peu plus de huit kilos, a été fabriquée en 90.000 exemplaires. En juin, ce morceau d’histoire de la high-tech sera mis à prix à 20.000 euros, une valeur bien éloignée de celle qu’ont pu récemment atteindre les premières créations d’autres marques, vendues pour plusieurs centaines de milliers de dollars. « Mais Micral n’a pas la notoriété d’Apple », analyse Aymeric Rouillac.

De son vrai nom Alpha Diallo, Black M est une nouvelle figure du rap français. Né à Paris le 27 décembre 1984, Black M commence sa carrière musicale au sein du groupe Sexion d’Assaut aux côtés d’autres rappeurs comme Maître Gims, Barack Adama, Maska ou encore Lefa. Après quelques années de galère, c'est en 2010 que le groupe rencontre son public avec leur premier album « L’École des points vitaux ». Les hits «Désolé» et «Wati by night» deviennent des tubes en un rien de temps. Un franc succès puisque l'album est certifié disque d’or seulement trois semaines après sa sortie. Rapidement, le groupe enchaîne avec un deuxième album, « l’Apogée », et remporte grâce à lui deux NRJ music awards. Comme bien souvent dans la carrière des groupes, les membres décident de faire un break. En 2012, une collaboration avec la chanteuse Rita Ora permet au Français d’origine guinéenne d’accroître un peu plus sa notoriété. 2014 est l'année des lancements solos. Puis vient le temps du premier album solo. En 2014 sort «Les Yeux plus gros que le monde», un album salué simultanément par le public et par la critique. Ses faits marquants : Black M est un chanteur connu pour avoir fait partie des rappeurs à l'origine du groupe Sexion d'Assaut. Il s'est ensuite lancé en solo en sortant son premier album, «Les yeux plus gros que le monde ». On y découvre les premiers singles qui permettent à Black M de rencontrer le succès populaire comme « Mme Pavoshko » ou « Sur ma route ». Ce dernier titre se classe notamment n°1 des ventes en France en mai 2014. Cette même année, l'artiste remporte également le trophée de meilleur clip de l'année pour « Mme Pavoshko » lors des NRJ Music Awards. Après un troisième succès,  « Je garde le sourire », Black M sort au début de l’année 2015 un second album, intitulé « Eternel insatisfait ». Autodidacte, Alpha Diallo passe son adolescence à écrire. Certains thèmes le préoccupent plus que d'autres : les injustices, l'égalité et la stigmatisation. « Tous les enseignants n’appliquent pas la devise d’égalité de la République», déclare-t-il à L'Humanité. Ses textes se lissent et le chanteur revendique un «rap gentil».

Par Oumar BA

Foundiougne, presqu’île située à 22 kilomètres de Fatick, ne brille pas d’attraits que par son passé glorieux rappelant son importance pour la puissance coloniale. Elle dispose de ressources naturelles qui font sa renommée. La pêche à la crevette, activité économique impliquant une bonne partie de la population locale, offre des opportunités d’accomplissement aux divers acteurs en même temps qu’elle interpelle sur les pratiques illégales et irresponsables. Celles-ci concourent à la baisse de la quantité du produit dont la valeur commerciale estimée tourne autour de trois (3) milliards de FCfa par an.

Ousseynou Sall, fringant et convivial jeune homme, devenu enseignant à l’Ile de Niodior, ressasse la « belle époque » avec nostalgie. Pour combler ses désirs de jeunesse ou obéir à un caprice, il s’adonnait occasionnellement à la pêche à la crevette. Aujourd’hui, cette activité est moins attrayante du fait de la baisse de la capture. Les statistiques font état de 250 à 300 tonnes de crevettes collectées par an. A une certaine époque florissante, la moyenne annuelle, dans tout le département, atteignait 800 tonnes au grand bonheur des divers acteurs qui y trouvaient leur compte. L’abondance des ressources démersaux a pendant longtemps occulté la nécessité d’organiser le milieu. En plus des pêcheurs locaux et des environs, il y a d’autres acteurs provenant de divers horizons : Casamance, Gambie, Joal et même quelquefois la Guinée-Bissau. Cette même mobilité caractérise les pêcheurs de Foundiougne qui fréquentent également d’autres centres comme Joal, Djifer, Kafountine, Cap Skiring, Dakar et les pays limitrophes comme la Gambie et la Guinée-Bissau.

Par ailleurs, la surpêche trouve une explication dans la régression de l’agriculture à Foundiougne qui est une commune semi-urbaine ; ce qui accroît la population de pêcheurs. En outre, cet espace est particulièrement prisé grâce à la disponibilité du carburant, de la glace et aux facilités de commercialisation. Il est, de ce fait, un des principaux centres de débarquement de la localité. Les produits frais débarqués sont destinés à l’autoconsommation, au mareyage et à la transformation. Les produits transformés sont constitués, pour l’essentiel, de « tambadiang » (poissons fumés et séchés) et de crevettes séchées.

La mainmise des mareyeurs
Crevette Foundiougne« L’approvisionnement, confie Joseph Sarr, président du Comité local des pêcheurs (Clp), se fait à partir du centre de mareyage où les pêcheurs concentrent leur production. Cette infrastructure a été construite par l’Etat ». Les mareyeurs absorbent l’essentiel de la production exposée à la vente. Le reste est pris en charge par les micros mareyeurs et les convoyeurs d’usine. Selon celui qui est par ailleurs le coordonnateur du Conseil local de pêche artisanale (Clpa), les moyens insuffisants dont disposent les micros mareyeurs locaux ont une incidence insidieuse sur la commercialisation en cela qu’elle profite beaucoup plus aux mareyeurs. Ces derniers, contrairement aux premiers déjà cités, disposent de camions. Une évaluation sociale, économique et politique des sites pilotes effectuée dans le cadre du programme de Gestion intégrée des ressources marines et côtières (Girmac) faisait remarquer ceci : « Le bénéfice total réalisé par chaque mareyeur est compris entre 1.095.000 et 2.880.000 FCfa par opération. Cette marge commerciale est incessamment décriée par les pêcheurs qui estiment être exploités par les mareyeurs. La taille marchande semble être le premier facteur influençant les prix ». Cela est d’autant plus préjudiciable que la plupart des mareyeurs exercent des activités parallèles.

Les autres écueils ont trait à l’écoulement, à la baisse de la production et à la concurrence entre mareyeurs. Pour ce qui est de l’écoulement, Joseph Sarr fait de la construction d’un complexe frigorifique un besoin impérieux. Cela permettrait, à l’en croire, de stocker le produit dans les périodes de grande abondance. Celui promis par l’Etat du Sénégal, en plus des deux camions frigorifiques quoiqu’insuffisants, est un début de réponse à l’équation que constituent la conservation et l’écoulement des crevettes.

Adama Ngom est une femme transformatrice depuis sa tendre jeunesse, activité bien prisée par la gent féminine de la commune de Foundiougne. Cette occupation lui permettait, sur un investissement de 100.000 FCfa, de réaliser un bénéfice de 20.000 FCfa après trois jours de séchage. Hélas, ce souvenir hante le quotidien maussade et brise les espoirs d’un avenir prospère !

La détresse des transformatrices
La faute incombe « aux hommes transformateurs d’ici et d’ailleurs qui nous font une concurrence déloyale et presque monopoliste. Quand, par exemple, nous achetons le kilogramme à 800, eux peuvent s’en procurer à 1.000 FCfa. Ce qui réduit considérablement nos marges bénéficiaires ». Cette « compétition » raccourcit la campagne de crevettes des transformatrices obligées de minimiser les risques en réduisant les investissements. Certaines parmi elles se détournent du milieu au grand dam de leur progéniture qu’elles entretiennent grâce à cette activité.
« Au début de la saison, en septembre, les crevettes abondent dans le marché. Ce qui nous permet, avec les prix assez abordables, de participer à la campagne. Mais, au fur et à mesure qu’elle avance, le produit, pour plusieurs raisons et surtout du fait des hommes venus chercher fortune ici dans la transformation, devient inabordable pour les maigres budgets », se plaint, de son débit régulier, Adama Ngom. Depuis trois mois, elle a arrêté cette activité parce que ne pouvant pas s’en sortir avec le prix appliqué sur le marché. « C’est un déchirement, une douleur profonde que j’éprouve parce que je me plaisais, depuis ma tendre enfance, dans cette activité ». Se suffit-elle juste à vendre quelques sachets de crevettes sur l’une des deux rives reliées par le bac afin de ne pas laisser son époux, pêcheur (son fournisseur quand la mer est généreuse), s’occuper seul des dépenses de la maison. Pis, de l’avis des acheteurs, le produit transformé par les femmes est de meilleure qualité ; le temps de préparation étant plus long. Les « intrus » sèchent les crustacés en un jour contre trois chez les transformatrices. Ici, la crevette n’est pas seulement un vulgaire produit à écouler quel que soit sa qualité. Les bonnes dames chérissent une vertu, la patience, qui en est le gage. Les « capitalistes itinérants » des îles n’ont pas le même rapport avec le « diamant » local.

La cogestion, une bouée de sauvetage
Vendeuse crevettesLa commune de Foundiougne est une zone de prédilection des crevettes. Ce qui la rend très attrayante. Beaucoup d’acteurs y interviennent. On y trouve nombre de pêcheurs qui ne sont pas originaires de la localité. Cela nécessite non seulement un encadrement de l’Etat mais aussi une implication des acteurs pour une utilisation responsable de la ressource. En dehors des initiatives des partenaires au développement et de celles des comités locaux, la législation sénégalaise, le code de la pêche notamment, est assez dissuasive malgré les difficultés liées à son application. Ces obstacles, selon l’inspecteur départemental des pêches, Mamadou Wade, sont réduits grâce à la création des conseils locaux de pêche artisanale par l’Etat avec l’ancien code abrogé en 2015. Ils prennent en compte les spécificités biologiques, environnementales et sociales de chaque espace.

Pour l’accès à la ressource, il faut avoir un permis de pêche (5000, 15000 ou 25000 FCfa par an), un engin et une maille réglementaires et un gilet de sauvetage. Il est interdit de pêcher dans une zone à une période interdite. Ces dispositions ne sont pas toujours respectées. La diminution des volumes et de la taille moyenne des débarquements de crevettes en est la principale conséquence. Ce qui contribue, par ricochet, à la baisse des revenus des pêcheurs.

Ainsi, dans le cadre du programme Girmac financé par la Banque mondiale, deux objectifs étaient visés. « Le premier consistait à observer un repos biologique et le deuxième avait trait à la prohibition des crevettes immatures du circuit de distribution à travers le contrôle des opérations de pêche et le remplacement des filets non réglementaires », informe Mamadou Wade. Dans ce sens, en 2007, il a été décidé d’observer un repos biologique au mois d’août de chaque année afin de protéger les femelles grainées. Une telle initiative devait être concomitante à la vulgarisation des filets à grande maille qui permettent de protéger les juvéniles. Le projet avait permis l’achat de plus de 2.000 filets pour rayer ceux dits « bombardiers » des eaux de Foundiougne. Toutefois, regrette l’inspecteur départemental des pêches, certains continuent les mauvaises pratiques. Le projet Usaid Comfish s’emploie également à sensibiliser les acteurs grâce à une collaboration avec deux radios communautaires de Foundiougne et de Bétenty. C’est une vraie vitrine pour l’agent de l’Etat qui ne peut effectuer des sorties fréquentes en mer du fait de la logistique et du personnel qu’elles requièrent.

Il est appuyé dans cet exercice par le Comité local des pêcheurs créé en 2006 pour mettre fin à l’anarchie dans le milieu. C’est un exemple de cogestion qui a été appuyé par le programme Girmac. Mais, après la fin de ce dernier, le projet de Gestion intégrée des ressources halieutiques lancé par la Banque mondiale n’a pas eu les effets escomptés. C’est par la suite, en 2010, que le Programme régional des pêches en Afrique de l’Ouest (Prao) a été lancé. C’est surtout, de l’avis de Joseph Sarr, également coordonnateur du Réseau régional des Clpa de Fatick, dans la réduction de la pêche illicite et la surveillance que ce programme pouvait avoir un grand impact. Il espère que sa reconduction (le projet ayant pris fin en décembre 2014 et reconduit jusqu’en septembre 2016) permettra une meilleure prise en charge des zones marines protégées et une utilisation responsable de la ressource. Il y va du devenir de millier d’individus. L’espoir réside dans la prise de conscience des populations convaincues de la pertinence des initiatives de cogestion. Foundiougne ne saurait se compromettre. La réduction de la pression de pêche dans les zones de reproduction, de refuge et de croissance des crevettes, plus qu’un problème de survie de l’espèce et des hommes, est une question de dignité, du présent et de l’avenir.

Par Cheikh Aliou AMATH, Alassane Aliou MBAYE (textes)
et Mbacké BA (photos)

Last modified on lundi, 15 mai 2017 16:38

Moi, votre héros en perdition

15 Mai 2017
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Pour la première fois, nous parlons, ici, d’une individualité marquante du Sénégal pour à la fois l’admiration que nous lui vouons et l’exaspération que « son moi » suscite. Tout au début des années 2000, le Sénégal découvrait une talentueuse génération de footballeurs dont les prouesses rehaussaient notre fierté abattue après moult désillusions. On les acclama, les célébra jusque dans les bourgades et hameaux, dans les mosquées et les églises. Nous louions leurs valeureuses génitrices. Les hommes de Dieu prièrent pour nos athlètes, nos dignes représentants au Mali et lors de la coupe du monde asiatique. On invoqua aussi les esprits pour qu’ils les préservent du mauvais œil et des rancœurs réprimées du pays. Les drapeaux flottèrent comme jamais dans notre histoire pourtant riche de mésaventures et de jubilations. Femmes et enfants, vieux et jeunes hommes, sans même être en mesure de faire le distinguo entre les ballons rond et ovale, vécurent ces instants avec passion, dans une belle communion que même l’accession à la souveraineté « encadrée » n’avait donnée à voir.

Le délire était presque hallucinatoire. Dans cette euphorie générale, nous admettions même certains écarts de nos 23 « surhommes », leur maladresse, l’insolence dédaigneuse de certains parmi eux que le succès du moment avait grisés. Ils étaient jeunes, beaux et talentueux. Ils étaient devenus riches et célèbres, peut-être même plus qu’ils ne l’imaginaient dans leurs rêves les plus fous.  Quand « Ndambé (haricot), pain thon, "nen bunu baxal" (œuf cuit) » était encore, pour certains, un copieux plat.

De ces 23 demi-dieux d’un temps jouissif quoique court, El Hadj Ousseynou Diouf était sans doute le plus habile. Il nous réconciliait avec le football comme une pratique faisant l’éloge de l’intelligence du corps humain. Il a fait chavirer, pour utiliser le jargon des « panégyristes » de l’époque (il y avait, en effet, plus de supporters que de journalistes), des foules, des spectateurs. A l’enfant de Balakoss, nous pouvons tout pardonner… sur le terrain ; même d’avoir eu une carrière moins aboutie que les « besogneux » sans grand talent au grand dam de nous tous qu’il a émerveillés.

Toutefois, sa personnalité enchante moins. Les virtuoses, il est vrai, ont souvent une personnalité extravagante quelquefois même burlesque. Le monde du ballon rond a connu l’allemand Mario Basler, le Français Eric Cantona et autres « grandes gueules » qui se sont illustrées de manière peu coutumière. Il est devenu assez incommodant, pour ceux qui adulaient El Hadj Ousseynou Diouf, de le voir débiter des niaiseries qui ne révèlent en réalité que son ego surdimensionné. Il est même devenu encombrant, car ramenant tout à lui, pour les gens qui l’accompagnent dans cette pseudo-entreprise de redressement du football sénégalais qui n’est point en crise. La bonne tenue des autres sélections nationales et l’organisation régulière du championnat sénégalais (ce qui, il n’y a guère longtemps, n’était pas encore acquis) en attestent largement.

Le vrai acteur de développement du football est celui-là qui s’investit dans la formation et dans les infrastructures, maillons faibles de plusieurs pays africains. Au-delà de ces créneaux, le champ d’intervention pour qui veut participer au progrès de ce sport est assez large. Il suffit de vouloir s’investir sincèrement sans ameuter le peuple du foot. L’ancien pensionnaire de Bolton a bâti certes une légitimité réelle qui lui confère le droit de décliner sa vision, de donner des orientations, de « taper sur la table ».

Néanmoins, il n’est pas le seul digne d’éloges et de reconnaissance parmi tous ces co-équipiers qui s’emploient, sans tapage et impertinence, à construire les futurs succès. S’accoter à un édifice en construction et le détériorer par des dissonances ineptes et superflues pour simplement exalter son moi est assez pathétique de la part d’un homme qui n’a pas le droit d’infliger cette peine à ces millions de gens pour qui il est une légende vivante.

Par Alassane Aliou Fèré MBAYE

La démarche est peu altière, la voix timide, presque monotone. Mamadou Ndiaye est né à Fambine dans la communauté rurale de Djirnda. Ici, on n’apprend pas à fabriquer des pirogues. Elles peuplent cet univers et dictent aux mômes ses diverses formes. Après avoir cherché fortune dans la pêche, le quinquagénaire se souvient qu’il savait « usiner » ces embarcations légères. En 2000, il investit le créneau et trouve en Foundiougne une terre d’accueil de choix. La pêche y est la principale activité. Dans son « atelier » de fortune, une tente toisant une large étendue d’eau, s’abritent deux imposantes pirogues que Mamadou Ndiaye fabrique seul. « Je n’ai pas d’apprenti pour me seconder dans le travail », confie-t-il en pointant son index malmené par le bois, la scie, la perceuse et autres matériels obsolètes… vers deux ouvrages.

Le coût de réalisation de celui de sept mètres est de 300.000 FCfa. Il en faut presque quatre fois plus pour réaliser une œuvre de 15 mètres. « Malheureusement, travaillant seul, je perds beaucoup de temps à en achever une. Il arrive que cela dure quatre mois ou une année. En sus, je ne dispose pas de suffisamment de moyens pour acheter des outils plus performants.
Parfois, c’est le client qui ne dispose pas de fonds nécessaires à la fabrication. Je suis alors obligé de suivre sa cadence », regrette celui dont les deux frères exercent également le métier de charpentier. Espère-t-il juste que la modernisation des pirogues artisanales annoncée avec la création de celles en fibres de verre ne les privera pas de cette source de revenus qui est un symbole de la transmission des savoir-faire dans son patelin.

Par Alassane Aliou MBAYE

Les auteurs de la cyberattaque mondiale du vendredi 12 mai 2017 ont réussi à exploiter une faille dans le système Windows…

Plus de 75.000 attaques dans 99 pays ont été relevées vendredi par Europol. « L’attaque récente est d’un niveau sans précédent et exigera une investigation internationale complexe pour identifier les coupables », a indiqué l’agence de sécurité européenne dans un communiqué.

Les logiciels de rançon, utilisés dans cette vague de cyberattaques, sont devenus au fil des années l’un des outils préférés des pirates informatiques. Comment fonctionnent-ils et comment s’en prémunir ?

Qu’est-ce qu’un « logiciel de rançon » ?
Les « logiciels de rançon », ou « ransomware », sont des logiciels malveillants qui verrouillent les fichiers informatiques. Leurs utilisateurs forcent leurs cibles à verser une somme d’argent, souvent sous forme de monnaie virtuelle, pour en recouvrer l’usage.

Ces dispositifs, parfois qualifiés de « rançongiciels », sont utilisés aussi bien sur les PC que sur les tablettes et les smartphones. Ils touchent « à la fois les particuliers, les entreprises et les institutions », rappelle à l’AFP Amar Zendik, PDG de la société de sécurité Mind Technologies.

Comme cela fonctionne-t-il ?
Les pirates informatiques prennent en général le contrôle des ordinateurs en exploitant les failles d’internet. Cela peut passer par la consultation par la victime d’un site web préalablement infecté ou par l’ouverture d’un email invitant à cliquer sur un lien ou à télécharger une pièce jointe. En quelques secondes, le logiciel malveillant peut alors s’implanter. « Quand il s’installe, il n’a pas de charge virale et ne peut pas être détecté », explique Laurent Maréchal, expert en cybersécurité chez McAfee : ce n’est qu’ensuite qu’il « télécharge le payload, c’est-à-dire la charge virale. » Dès lors, le poste de travail se trouve chiffré… et donc bloqué. « Le plus souvent, l’utilisateur doit envoyer un SMS », bien entendu payant, « pour obtenir un code de déblocage », détaille Laurent Maréchal, qui précise que l’infection, dans certains cas complexes, peut se propager « sans intervention humaine ».

Leur utilisation est-elle fréquente ?
Oui. Et le phénomène ne cesse de s’amplifier. Selon l’éditeur de logiciels de sécurité Kapersky Lab, 62 nouvelles familles de « ransomwares » ont été répertoriées l’an dernier. Et d’après McAfee, le nombre de d'« échantillons » détectés a grimpé de 88 % en 2016, pour atteindre le chiffre de quatre millions.

A l’origine de ce succès : le retour sur investissement des « rançongiciels », jugé élevé par les pirates. « Souvent, les pirates demandent de petits montants. Mais accumulés, ces petits montants font de grosses sommes », explique Amar Zendik, qui évoque des opérations « simples à mettre en œuvre et très rentables ». Un avis partagé par Laurent Maréchal, qui rappelle que les « ransomware » sont « faciles à se procurer ». « Sur le darkweb, les particuliers peuvent acheter des ransomware prêts à l’emploi, parfois pour seulement 150 dollars. »

Longtemps considéré comme la quatrième destination touristique du Sénégal, le Delta du Saloum, inscrit sur la prestigieuse liste du patrimoine mondial de l’Unesco, regorge d’un potentiel énorme. Un attrait touristique considérable qu’on peut remarquer à travers la diversité de l’offre qui allie tourisme culturel, de découverte, balnéaire et sportif (chasse et pêche). Le Delta du Saloum offre un cadre géographique et bioclimatique unique, porteur de développement durable. Découverte.

Avec son charme impressionnant, le Delta du Saloum est engoncé dans le département de Foundiougne qui est ouvert, à la fois, sur l’Océan Atlantique par le biais du fleuve Saloum et à la terre ferme, occupant ainsi une position géographique privilégiée, mi-continentale, mi-maritime, où l’insularité et la continentalité se côtoient du fait de l’interpénétration quotidienne. Mieux, cette zone, par la voie maritime, relie le Sénégal à deux pays voisins que sont la Gambie et la Guinée Bissau. Partie intégrante de la destination touristique du Sine-Saloum, le Niombato se pointe dans la partie du Sud Saloum qui comprend le département de Foundiougne avec un embranchement sur Passy, Toubacouta, Missirah jusqu'à l’île de Djinack, à l’embouchure entre l’océan et le fleuve Saloum.

L’autre partie du Saloum Nord part de Fimela à Niodior, en passant par Ndangane Sambou, Palmarin et Djiffer. L’environnement naturel du Niombato, c’est aussi ces nombreux sites classés patrimoines mondiaux. Mahécor Diouf, gestionnaire du site, renseigne que le Delta du Saloum renferme une grande diversité de paysages et d’écosystèmes maritimes qui permettent la survie de nombreuses espèces animales et végétales. Selon lui, l’importance des ressources naturelles a fait de cette zone un espace de vie particulièrement favorable au développement de la faune et de l’avifaune. Pour ce diplômé d’un master en Gestion du patrimoine culturel à l’Université Senghor d’Alexandrie en Égypte, le Delta se compose de neuf forêts classées, d’un parc naturel, d’une aire marine protégée et de réserves naturelles communautaires.

Avec ce potentiel impressionnant très riche et varié, on se rend compte de la beauté qui le caractérise avec ses endroits paradisiaques très adorés par les visiteurs. Le soleil y joue une part importante à longueur de journée ainsi que la réserve naturelle du Delta du Saloum avec sa grande forêt de Fathala et les îles Bétenti et du Gandoul qui représentent l’avenir de l’éco-tourisme sénégalais. Un attrait touristique qui cohabite avec les différents villages de pêcheurs, les facettes culturelles sérères et mandingues, favorisant ainsi un véritable tourisme de découverte.
 
L’une des plus belles baies du monde
Delta SaloumCet univers amphibie composé d’un chapelet d’îles, d’îlots et de méandres est, selon Mahécor Diouf, marqué par une potentialité écologique et culturelle exceptionnelle. « On y note la présence de plusieurs amas coquillers dont certains sont érigés en tumulus funéraires avec des sépultures accompagnés de riches mobiliers », indique-t-il. Dans cette même zone, il a été recensé plus d’une vingtaine d’îles, ce qui justifie d’ailleurs son surnom de « Polynésie du Sénégal ». Une appellation d’autant plus pertinente que les conditions bioclimatiques ont favorisé, à l’image de la Polynésie française, l’installation d’une végétation de mangrove composée essentiellement de palétuviers sans oublier les nombreux cocotiers surtout dans les îles de Bétenti, de Dionewar et de Niodior, mais également l’île aux oiseaux. L’ensemble des îles du Saloum offre, selon Mahécor Diouf, un charme impressionnant à travers sa faune et sa flore variée, sa population cosmopolite.

Promoteur touristique à Sokone, Baba Elimane Ndao qualifie le Delta du Saloum comme « l’un des plus beaux sites naturels d’Afrique occidentale avec ses mangroves situées en bordure de l’Océan Atlantique, véritable labyrinthe d’îles et de rivières qui comptent parmi les plus poissonneuses au monde ». Cette zone, note-t-il, est, pour nous, un paradis vert qui se caractérise par la richesse de sa faune et de sa flore avec pas moins de 650 espèces d’oiseaux répertoriées. L’autre particularité est que le Sine Saloum bénéficie de deux classements mondiaux, comme l’a souligné Issa Barro, président du syndicat d’initiative et de promotion touristique de la région de Fatick. « Le Delta du Saloum est d’abord membre du club des plus belles baies du monde depuis 2005 et est aussi classé Patrimoine mondial de l’Unesco », indique-t-il. Il s’y ajoute, selon M. Barro, qu’entre le littoral et l’arrière-pays, il y a un patrimoine matériel et immatériel immense.

« Vers le Sine, il y a la maison royale et l’installation de l’écomusée de Diakhao qui permettent de savoir ce qui s’est passé dans le Sine des siècles plus tôt, le Djognick avec Djilor comme capitale, les îles du Saloum, Toubacouta, Missirah et l’ensemble des îles », explique-t-il. En somme, note-t-il, c’est tout un ensemble d’une biodiversité qui fait que le Delta du Saloum est une destination qui pourrait nous valoir une grande satisfaction. Toutefois, relève-t-il, force est de reconnaître que depuis le mois de décembre dernier, une hausse du taux de fréquentation est constatée par rapport aux deux dernières années.
 
Légère hausse de la fréquentation
Pour M. Barro, il s’agit de mener des actions de promotion intensive dans le monde pour rendre plus visible cette destination. Le président du syndicat d’initiative de Fatick est convaincu qu’avec la promotion qui reste d’ailleurs une priorité pour les acteurs, le tourisme pourrait se développer davantage dans le Delta du Saloum. « Aussi, il faut développer davantage l’activité touristique à travers la création d’établissements adaptés à ce milieu », soutient M. Barro. Selon lui, la durabilité de cette activité dépend également de ces aspects qu’il nous faut prendre en considération. D’autant que la tradition veut qu’il faille toujours aller montrer à l’extérieur ce que nous avons et cela réduit considérablement la possibilité de faire découvrir notre potentiel.

« Mais, le mieux, c’est d’arriver à organiser au Sénégal un grand salon de tourisme international pour l’Afrique de l’Ouest qui va nous permettre de vendre la destination Sénégal, mais aussi certains pays proches comme la Gambie, la Mauritanie et le Maroc », estime-t-il. Aujourd’hui, se réjouit M. Barro, une hausse de la fréquentation a été notée par rapport à l’année passée où c’était une catastrophe. « Ici, nous avons enregistré une augmentation de 7% par rapport à l’année dernière à la même époque, avec une moyenne annuelle qui oscillait entre 23 et 24 contre 30 et 33 aujourd’hui », précise-t-il. Cette évolution, indique-t-il, est due à la stabilité politique du Sénégal qui n’est pas touché par le terrorisme. Ce qui fait, selon lui, que la destination, par rapport au reste de l’Afrique, reste une destination sûre et attractive.

« La paix est revenue en Casamance, une région qui n’est plus classée dans la zone orange. Cela a aussi participé à booster la fréquentation. Au niveau local, il y a une nette amélioration des voies de communication. Des routes et des pistes ont été réalisées. Tout cela, relève-t-il, a facilité la mobilité des touristes et des opérateurs et a considérablement boosté la fréquentation. Selon Issa Barro, la situation antérieure qu’avait connue la zone et liée à un problème de mobilité, a maintenant trouvé une solution heureuse avec la réparation complète de toutes les routes d’accès, notamment les axes  Kaolack-Karang et Foundiougne-Djilor-Passy-Sokone.
 
Un secteur à réorganiser à Foundiougne
Illes du SaloumDans une dynamique de promotion du tourisme dans le département, le souci d’organiser le secteur hante le sommeil des autorités municipales de la commune de Foundiougne dans sa quête d’émergence. Le maire, Babacar Diamé, dresse un tableau sombre de la destination Foundiougne. Le constat actuel, fait-il remarquer, est que le tourisme dans la cité de Laga Ndong est sauvage et mal organisé. Cela, indique-t-il, pose de sérieux problèmes qu’il faut résoudre à travers une bonne organisation, un bon encadrement et la création d’un cadre d’accueil exceptionnel. Aussi, ajoute le maire Babacar Diamé, il urge de réhabiliter certains réceptifs en état de délabrement comme l’hôtel Foundiougne et mieux organiser les campements pour qu’ils soient répertoriés, identifiés et immatriculés.

A son avis, c’est ce qui permettra de mieux gérer cet espace touristique comprenant les guides touristiques qui seront formés, les campements, les hôtels, etc. Dans cette perspective, souligne-t-il, la mairie a déjà un projet de réfectionner son campement municipal dont les travaux sont en cours. A terme, fait savoir le maire, le réceptif sera doté d’une vingtaine de chambres et d’une suite présidentielle comprenant toutes les commodités. Tout cela permettra à Foundiougne d’avoir ses propres infrastructures. L’autre particularité de la baisse du niveau de fréquentation des quelques réceptifs hôteliers installés à Foundiougne, c’est la concurrence déloyale notée avec la prolifération des résidences privées, des maisons meublées.

Il s’y ajoute le manque d’infrastructures hôtelières d’envergure pouvant accueillir une importante clientèle, estime Famara Diamé, président du syndicat local du tourisme. L’hôtel Foundiougne (ex-hôtel piroguiers) qui a fait les beaux jours du tourisme dans cette commune est en état de délabrement avancé et est même fermé ; ce qui freine l’essor du secteur. Famara Diamé souligne que les agences de voyages et autres Tours opérateurs (To) ne veulent pas, dans ce cas d’espèce, vendre les destinations qui n’abritent pas de grandes infrastructures hôtelières. « Nous avons besoin également d’un village artisanal pour abriter la cinquantaine d’antiquaires et autres artistes de tous bords qui s’activent dans le secteur à Foundiougne », plaide-t-il.

Le tourisme de découverte constitue un atout certain pour la destination Foundiougne caractérisée pour son accessibilité non seulement par la route à partir de Fatick (22km) et la traversée du bac, mais aussi et surtout par ses possibilités de navigation continentale. « Foundiougne se trouve juste en aval de la confluence entre le Sine et le Saloum. C’est ce qui ouvrait le port de Foundiougne au Sine à l’époque coloniale. Foundiougne est dans une île définie par le fleuve Saloum, le Diombos et le Bandiala. Ces bras de mer qui marquent le Delta du Saloum, mettent Foundiougne en contact fluvial avec différentes zones de production. Les bolongs du Saloum desservent les îles du Gandoul, au nord, vers Foundiougne », explique Maurice Ndéné Warrore, ancien inspecteur d’académie à la retraite.

Par Mohamadou SAGNE, Samba Oumar FALL (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)  

Le consommer sénégalais

12 Mai 2017
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Depuis quelques jours, il n’y a que le « riz en plastique » au menu des colporteurs de ragots. A les entendre parler, on croirait que les populations sont dans l’insécurité alimentaire. Beaucoup, comme moi, ne mettront pas sous la dent cette « céréale » sortie du néant de l’esprit de certains individus qui ne débitent que des… salades. Du grain à moudre, nous en avons pourtant dans notre pays. A l’approche de l’hivernage, nos énergies devraient plutôt aller à la préparation des terres de culture, à la mise en place des facteurs de production (semences, intrants) et à la remise en état des outils aratoires. La révolution verte passe nécessairement par là.

Malheureusement, bon nombre de nos compatriotes dissertent sur ce « riz en plastique » qui, en ce qui me concerne, est aussi futile que des bagues pour un lépreux. A supposer même qu’il existe et menace notre santé, n’y a-t-il pas une bonne manière de s’en éloigner et, par conséquent, de ne pas en souffrir ? Il s’agit, tout simplement, de produire et de consommer sénégalais. Sur cette belle terre sénégalaise d’Afrique, nous avons le riz de la Vallée, de la Casamance et du Sine, le fonio de Tambacounda et Kédougou, le maïs du Niombato, le mil et ses dérivées du Saloum, le niébé du Ndiambour, le manioc du Cayor et l’arachide du Baol. C’est fou comme les produits agricoles sénégalais, avec les recettes culinaires qu’ils permettent, peuvent encore vous surprendre.

Associez-les avec la viande ou le lait de la zone sylvopastorale, le poisson frais, fumé ou séché de Saint-Louis et de la Petite Côte, le poulet de Sangalkam, les légumes de Podor et des Niayes et la citrouille du Fouta. Avec le riz local, de succulents « thiéboudieune », « thiébou yapp », « thiébou guinaar » et « maafé » vont sortir de vos marmites. Le mil et ses dérivées, comme le « sankhal », font de bons « mbakhalou saloum », « niéleng », « lakhou soow » et « lakhou bissap ». Le niébé permet de réaliser ces délicieux mets que sont le « ndambé » et les « akara ». Consommer sénégalais, c’est participer à l’émergence d’une nouvelle mentalité, c’est travailler pour notre sécurité alimentaire.

Par Cheikh Aliou AMATH

Le tourisme dans le Delta du Saloum a fait naître des vocations dans cette zone qui regorge d’atouts impressionnants. Mamadou Dieng, un des fils du terroir, a choisi d’embrasser le métier de guide touristique avant d’opter plus tard pour l’ornithologie. Après plus de vingt ans de carrière, il garde toujours la même passion de son métier qui lui a presque tout donné.

Être guide touristique ne s’improvise pas. C’est un métier qui demande une formation et une grande culture générale. Mais on peut aussi devenir guide par passion. Et Mamadou Dieng, à force de côtoyer le milieu touristique, en a attrapé le virus. C’était vers le début des années 1980. À l’époque, il allait monnayer sa sueur dans les bars et restaurants de la localité pour soutenir sa famille et acheter des fournitures pour ses frères et sœurs. Puis, la passion ne l’a plus lâché.

« J’ai aimé cette expérience qui m’a permis de connaître beaucoup de gens et de bien maîtriser la culture de la localité ». Mamadou Dieng, qui a décidé de se jeter dans la mare, a laissé tomber ses études pour faire une formation de guide. Au début, il travaillait dans un établissement hôtelier, mais le guide étant à la merci de la demande, Mamadou Dieng qui connaît tous les coins et recoins de la zone a préféré être autonome et travailler en free-lance. Ce métier, reconnait-il, est très exigeant.

« Depuis des années, je passe mon temps à accompagner des touristes et à les assister au cours d’excursions ou de randonnées au niveau des sites naturels, à leur fournir les informations à caractère naturel, historique, géographique, économique ou social sur les localités visitées. C’est un travail qui nécessite des heures de travail, beaucoup de déplacements et exigeant parfois de travailler à tout temps, mais quand on est passionné, on ne s’arrête jamais », fait-il savoir.

Et chaque saison, Mamadou Dieng se donne à fond pour donner raison aux visiteurs d’avoir choisi la destination Sine Saloum pour découvrir ses merveilles naturelles incommensurables. Avec le temps, il est devenu un acteur incontournable du secteur. Et il continue de faire affaire avec beaucoup d’établissements hôteliers qui font souvent appel à ses services. Selon lui, un bon guide touristique doit avoir une oreille très attentive et une bonne compréhension des demandes de sa clientèle. La connaissance de la localité, de son histoire et de sa culture est aussi nécessaire, précise-t-il.

Le travail de guide étant saisonnier, Mamadou Dieng s’est trouvé une autre occupation pour meubler son emploi du temps et avoir d’autres sources de revenus. Depuis quelques années, il combine sa passion avec son travail de restaurateur. « Avant, j’avais investi dans la quincaillerie parce que la demande en matériaux de construction devenait très forte. Mais avec la construction du Centre d’interprétation de Toubacouta et les infrastructures connexes, je me suis dit, pourquoi ne pas investir dans la restauration. C’est ce que j’ai fait et aujourd’hui, je ne le regrette pas », indique-t-il. Son restaurant ne désemplit pas et le guide qu’il est a même créé des emplois.

Formation les guides touristiques
Avec l’industrie touristique qui se modernise de plus en plus, le guide a besoin d’être mieux encadré, soutient-il. C’est ainsi que le Conseil régional de Fatick a jugé opportun de former les guides touristiques de toute la zone pour les doter des bonnes pratiques et aussi d’améliorer la qualité de leurs prestations. Et Mamadou Dieng a opté pour l’ornithologie. « Le fait qu’il n’y ait pas d’ornithologue dans la zone m’a poussé à opter pour cette branche. Je me suis donc spécialisé dans l’étude des oiseaux, l’analyse de leur comportement, le rôle et leur évolution au sein d’écosystèmes ».

Cette option, dit-il, lui a permis d’élargir sa clientèle et de profiter davantage de son activité. À son avis, ce métier nécessite de la patience, mais surtout une passion. C’est ce qui fait, selon lui, que les ornithologues ne sont pas très peu nombreux à Toubacouta. « Nous sommes 12 guides à Toubacouta, dont deux ornithologues, et des années de travail m’ont permis de réaliser mon rêve. C’est un métier très payant. Si on a quelques clients, on est peinard. Et quand on tombe sur des touristes nobles, aisés, ils paient très bien », indique-t-il.

Pour Mamadou Dieng âgé aujourd’hui de la cinquantaine, le métier de guide est le plus beau métier de l’industrie touristique. « Tout le patrimoine que j’ai aujourd’hui, c’est le métier qui me l’a donné. Grâce à mon travail de guide, j’ai acheté un véhicule, construit ma maison et je cultive mon champ. Si c’était à refaire, je n’hésiterai pas une seule seconde », fait-il savoir.
Aujourd’hui, fait remarquer M. Dieng, on ne peut pas parler de tourisme, sans parler de guide. « C’est lui qui détient les clés d’une destination. Et il est grand temps de donner à ce métier ses lettres de noblesse ». Et comme bon nombre de ses collègues, il attend toujours que sa licence lui soit délivrée pour pouvoir exercer librement sa profession.

Par Samba Oumar FALL

En analysant les taux de glucose ou de sel dans la transpiration, cet appareil permettrait une détection plus rapide des risques et un traitement personnalisé…

Un bracelet capable d’analyser rapidement la sueur de son propriétaire pourrait représenter une grande avancée dans le diagnostic et le traitement de certaines maladies, parmi lesquelles le diabète ou la mucoviscidose.

L’appareil est, en effet, conçu pour étudier les composants moléculaires de la transpiration et pour envoyer via un simple smartphone les données ainsi obtenues au serveur d’un laboratoire qui procède alors à l’analyse complète.

C’est ce qu’expliquent les chercheurs des universités de Stanford et Berkeley (Etats-Unis), qui ont développé le bracelet, dans une étude publiée ce lundi dans les Comptes-rendus de l’Académie nationale américaine des sciences (PNAS). Les scientifiques ont amélioré les travaux réalisés par d’autres spécialistes avant eux.

En effet, des dispositifs basés sur l’analyse de la sueur existaient déjà, mais les patients devaient rester sans bouger pendant toute l’opération. Désormais, grâce aux microprocesseurs qui stimulent les glandes sudoripares, le prélèvement est beaucoup plus courtt, avec ce nouveau bracelet.

Contrôler régulièrement leur glycémie
« Un énorme progrès » d’après le Docteur Carlos Milla, un des auteurs de l’étude. La création des chercheurs américains permet également une utilisation dans des régions éloignées de tout centre ou laboratoire médical.

« La sueur est bien adaptée à des applications portables et représente une source riche en informations médicales », explique Ronald Davis, autre coauteur de l’étude. Si la teneur en sel de la transpiration analysée peut indiquer un fort risque de mucoviscidose, le taux de glucose peut, lui, alerter sur la possibilité d’un cas de diabète.

Les patients pré-diabétiques peuvent par ailleurs utiliser le système pour contrôler régulièrement leur glycémie. Parmi les autres substances que peut détecter le bracelet se trouvent le sodium, le potassium et le lactate avec, à terme, la possibilité pour les médecins de proposer un traitement parfaitement adapté aux besoins du malade.

Aziz Salmon Fall est politologue, chercheur panafricaniste et internationaliste, enseignant universitaire et toujours militant progressiste. C’est d’ailleurs pourquoi il préside le Centre de recherches Stanley Brehaut Ryerson, qui valorise la recherche engagée en Sciences humaines et sociales. Se présentant comme un « intellectuel organique », c’est-à-dire qui « est enraciné dans la condition des masses laborieuses, des peuples qui sont exploités et brimés par un ordre impérialiste », il croit que son rôle est d’utiliser le savoir pour changer les conditions matérielles.

« Le savoir est un privilège lorsqu’il est utilisé dans une différente acception du pouvoir et dans une nouvelle forme de défense des opprimés, lorsqu’il contribue à une désaliénation et lorsqu’il contribue à libérer. Le savoir peut contribuer à construire un autre monde », soutient le chercheur militant. Son engagement remonte d’ailleurs à loin. Dès son adolescence au Sénégal, il milite dans des organisations de gauche clandestines qui contestent le régime en place et le néocolonialisme. Même s’il dit être « dans le sillage de ses parents, qui ont participé à la lutte de décolonisation et d’indépendance », ceux-ci ont préféré qu’il étudie à l’étranger, jugeant l’université de Dakar « dangereuse » compte tenu du degré de politisation du jeune homme qu’était Aziz Fall.

Même s’il n’a jamais eu l’honneur de rencontrer Madiba en personne, comme il le rappelle  dans une lettre publiée dans Le Devoir, le militant d’origine sénégalaise reconnaît que la lutte contre l’Apartheid a occupé une grande partie de sa vie. En 1982, il se rend au Canada, à l’université de Moncton plus précisément où il poursuit ses études parallèlement avec son militantisme. « Il était formellement interdit aux étudiants étrangers de participer aux organisations radicales de type communiste. C’est pourquoi nous avons formé le groupe de recherche et d’initiative pour la libération de l’Afrique (Grila) qui, à l’origine, luttait contre l’Apartheid ». Formée avec un groupe d’amis en 1984, l’organisation a rapidement pris de l’importance, soutenue par l’Anc (Congrès national africain) d’Afrique du Sud et alliée à des organismes locaux.

Une fois l’Apartheid tombé, Aziz Salmon Fall prend part à des initiatives politiques au Sénégal, comme le Front pour l’Alternance qui a contribué à la chute du régime socialiste en 2000. Il cofonde également le Mouvement pour les assises de la gauche afin de rassembler toutes les forces progressistes du Sénégal. De plus, à travers ses années au sein du Grila, le militant poursuit sa lutte en menant plusieurs actions, allant de « la libération de prisonniers politiques à la dénonciation de l’Apartheid en passant par la promotion de l’émancipation des femmes ».

Par Oumar BA (Sources : journal Alternative)

Longtemps laissée à elle-même, Sokone, ancienne zone d’échanges qui a joué un rôle important dans le dispositif économique du  département de Foundiougne, veut prendre un nouveau virage. Cette ville du Centre-ouest du Sénégal, desservie par la Transgambienne, vit un renouveau économique et se donne un coup de jouvence et un nouveau lifting après des années de marginalisation pour renouer avec son passé florissant.

Il est révolu le temps où Sokone faisait parler d’elle aux quatre coins du pays. Cette ville au proche passé prestigieux, érigée en chef-lieu de Canton en 1916, a, avec le temps, perdu son dynamisme, et même ses lettres de noblesse. Dans son riche passé, l’histoire et la mémoire locale révèlent que la première implantation humaine remonte vers la seconde moitié du 19e siècle avec les Mandingues venus du Sud. Ils seront suivis des Sérères venus de Ndiaffé-Ndiaffé, des Wolofs, des Toucouleurs, des Maures, des Lébous, des Diolas. Ces mouvements migratoires ont vite fait de Sokone un important pôle économique.

Ville religieuse par excellence…
Mais cette ère de richesse, de puissance et de prospérité s’acheva avec l’érection, en 1960, du cercle du Sine Saloum en région. Sokone était devenu chef-lieu d’arrondissement, avant de devenir commune de plein exercice dont le fonctionnement effectif a démarré en 1970. Ce changement de statut avait progressivement transformé Sokone en une ville presque endormie.
 De tout temps, Sokone a été une ville très religieuse, symbolisée par la présence de plusieurs grandes familles maraboutiques, l’existence de beaucoup de «daaras» et d’écoles franco-arabes reconnues par l’État. Selon Oustaz Moussa Zaccaria Ngom, on ne peut pas parler d’Islam, au Sénégal, sans penser à Sokone. Une forte religiosité caractérise cette ville qui vit au rythme des gamou et ziarra. L’une des activités religieuses phare de Sokone, renseigne-t-il, reste la cérémonie annuelle religieuse de la famille Dème, communément appelée « Ziarra » où « Téré » en référence à l’œuvre de El Hadji Amadou Dème, plus connu sous le nom « Diyaou Nayrayni » (la lumière des deux lumières ou symbiose des deux lumières).

La rédaction de cet ouvrage pluridisciplinaire qui compte vingt (20) tomes, soit 14.000 pages, a démarré en 1938 pour se terminer en 1959. C’est ainsi que le saint homme, pour fêter son œuvre, organisa un grand évènement en 1960 pour rendre grâce à Dieu et à son prophète (psl). « Depuis cette date, la famille perpétue cette commémoration à laquelle prennent part les différents foyers religieux du pays et pendant trois jours, Sokone devient le point de convergence de milliers de fidèles qui viennent du Sénégal, de la sous-région et de la diaspora », indique-t-il. « La famille de Maodo Malick Sy est bien représentée à Sokone, celle de Cheikhoul Khadim, de Ndiassane, du Chérif  Bounana Aïdara. Il y a aussi la hadara de Mame Seydi Tafsir Aliou Ngom. On ne peut pas parler de Baye Niass sans parler de lui. Sokone est une ville religieuse par excellence », indique-t-il. Selon Oustaz Moussa Zaccaria Ngom, Sokone est une destination religieuse où toutes les confréries vivent dans une belle harmonie.
 
Un dynamisme économique à retrouver…
Sokone a beaucoup profité de l’apogée du commerce de l’arachide qui a entrainé l’installation des  grandes maisons françaises de commerce, des commerçants traitants et des commerçants libanais. Ces échanges commerciaux ont, selon le maire, donné à Sokone sa fonction de ville commerciale, favorisant ainsi la création du marché central en 1927 par les colons pour écouler leurs produits.

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, mais Sokone garde toujours son statut de ville commerciale. Tous les mercredis, la ville vit au rythme de son louma qui, depuis 1987, entraine une activité commerciale avec d’importants flux financiers qui impactent positivement sur les recettes fiscales de la mairie. Au-delà de son commerce qui fut florissant, Sokone peut s’enorgueillir d’avoir toujours eu un destin lié la pêche. Son bras de mer a attiré la concentration d’un nombre important de pêcheurs dans le quartier de Ndangane depuis 1848.

Ce qui a fait que les activités de pêche y étaient très développées. La production halieutique était abondante parce que toutes les pirogues y débarquaient leurs prises. Aujourd’hui, le secteur rencontre d’énormes difficultés. Selon Moustapha Guèye, l’ensablement du bolong empêche le débarquement des grandes pirogues, ce qui, renseigne-t-il, réduit les capacités de production. Cette situation a eu pour conséquence un exode de nos pêcheurs de Sokone. « Avec cet ensablement, nous avons plus de 300 pêcheurs qui sont aujourd’hui à Kafountine. Le manque à gagner est considérable », informe-t-il.

Pour le maire de Sokone, la relance du secteur passe par le dragage du canal pour faciliter l’accès des pirogues au quai de pêche. « Si on le fait, ça nous donnera un potentiel de 30 tonnes de poisson par jour », assure le maire « Petit » Guèye. « Notre projet d’économie locale qui peut booster l’auto emploi et générer des recettes pour la municipalité, c’est le projet pour la pêche, avec le dragage du canal d’accès, l’élargissement du quai de pêche mettre et la mise en place d’un système de froid. Cela va permettre de booster considérablement l’économie locale ».
 
Sokone ville sportive
Dans cette localité qui veut se positionner comme une ville sportive, le football reste le sport le plus pratiqué. Le handball, le karaté, le taekwondo et la lutte sont aussi pratiqués. Avec cette diversité, l’équipe municipale a initié, en 2016, des Olympiades pour offrir aux jeunes un cadre d’expression de talents cachés et la possibilité de participer à des compétitions sportives. « Les Olympiades constituent un évènement intercommunal de sport, une pépinière de futurs cadres sportifs et de futurs performeurs. Il essaie de combler le gap de compétitions, de motivations et de récompenses des sportifs méritants, mais aussi de politique de développement du sport », renseigne le maire de Moustapha Guèye. Il s’agissait, selon lui, de mettre en compétition six disciplines : taekwondo, karaté, football, handball, natation, avec une démonstration de badminton et une initiation des jeunes au Kids Athletics. « C’est un grenier potentiel pour les différentes équipes nationales et fédérations de sport du Sénégal », indique-t-il. Ces olympiades, selon Birane Cissé Thiam, visent à répondre à un besoin sportif Sokone qui dispose d’une équipe féminine de handball évoluant en première division depuis dix ans qui a pourvoyé l’équipe nationale de joueuses. En taekwondo, précise le directeur des Olympiades, l’Open de Sokone est inscrit par la fédération comme deuxième évènement national. « Ces compétitions se faisaient dans des structures privées qui nous laissaient faire, mais parfois quand ils ont besoin de leurs infrastructures, c’est gênant. C’est pourquoi on a pensé chercher les moyens pour construire nos propres infrastructures », indique-t-il.

« Cette année, on a acquis un dojo municipal dans le centre socio collectif avec l’appui de l’ambassade du Japon. On est en train de finaliser un complexe de handball, de basket à la promenade des Sokonois. Pour la natation, on pense à construire une piscine marine », fait-il savoir. « À travers ces Olympiades, nous voulons reconstituer notre patrimoine urbain sportif, ce qui fait que depuis, on se débrouille », indique M. Thiam.

Malgré cette volonté de booster la pratique du sport, l’appui de l’État est jugé très timide par les acteurs. « Si le ministère des Sports devient proactif et spontané dans le soutien aux initiatives locales, nous pouvons faire de Sokone une pépinière de cadres et de futurs performeurs pour les différentes fédérations du Sénégal », assure le maire qui a dit l’ambition de faire de Sokone une ville sportive.
 
Une ville en chantier
Aujourd’hui, Sokone se cherche un second souffle. La ville est en chantier. Sur le plan du cadre de vie, deux grandes places ont été aménagées. Il s’agit de la place de l’indépendance et la « promenade des Sokonois ». Un mur de l’indépendance a aussi été aménagé. « Ce mur qui fait 100 mètres a été peint par les artistes locaux à l’effigie des présidents du Sénégal, de Senghor à Macky Sall et aussi les anciens maires de Sokone », souligne le maire. En face du mur, note-t-il, se trouve la place de l’indépendance qui reste à aménager. La municipalité, précise-t-il, attend le financement de l’Adm pour un montant de 40 millions pour en faire une place pavée sur 3000 mètres carrés. « Nous avons aussi la plus belle place en face de la rivière et du ponton. C’est la « promenade des Sokonois » qui sera réalisée sur un espace de cinq hectares », fait savoir Moustapha Guèye. Cette place constitue, selon le maire, une fierté. « Depuis plus de deux décennies, cette zone n’a pas été fréquentée. C’était un dépotoir d’ordures. Nous avons mis des lampadaires solaires. Nous allons en faire un espace de loisir, avec un grand projet éco-touristique, une piscine marine entre les pontons qui pourra abriter des compétitions en eau libre de 200 sur 80 mètres de large », fait-il savoir. Selon le maire, Sokone est en chantier. D’ailleurs, indique-t-il, le président de la République avait promis 5 km de voirie en accompagnement avec la construction de la route Keur Wally Ndiaye-Sokone. La municipalité, selon le maire, attend toujours et espère que ce projet améliorera davantage le cadre de vie.

Si Sokone est l’une des portes d’entrée du Delta du Saloum et bénéficie d’une biodiversité qui lui offre d’énormes potentialités de développement d’activités touristiques, ce secteur n’est pas très bien développé. Malgré les efforts des autorités municipales qui ont initié des projets comme l’aménagement de la corniche de Sokone, la promenade des Sokonois, la construction d’une maison des hôtes, la restauration et valorisation des patrimoines historiques de Sokone, la création du réseau des acteurs culturels. Acteur touristique, Issa Barro, estime que l’activité touristique n’est pas aussi développée à Sokone. « L’activité est plus concentrée à Toubacouta. Il n’y a pas beaucoup de promotions qui permettent à Sokone d’avoir une très grande fréquentation ».

Aujourd’hui, Sokone qui veut retrouver un nouveau souffle est une ville qui bouge, selon son maire. « Les artistes de Sokone sont en train de dessiner les images de Sokone, les chanteurs chantent Sokone et les jeunes sont en train d’écrire l’histoire de Sokone à travers le sport, leurs talents et leur expertise pour écrire une nouvelle page de l’histoire de cette cité », se réjouit-il.

Par Mohamadou SAGNE et Samba Oumar FALL (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)

Le rescapé et l’autre

08 Mai 2017
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Quand je n’étais encore qu’un môme aimant s’acoquiner avec le rebut du genre humain, il m’arrivait de voir des choses peu ordinaires. Il y avait dans ce bas-fond, une curieuse et jeune créature qui se rengorgeait de ses étrangetés (ou déviances, pour être fidèle au jargon de notre époque) pour nous « éblouir » : manger un chat par exemple (là où nous étions, la consommation de cet animal pouvait lui valoir l’exécration). Plus on semblait s’émouvoir de sa singularité et de ses manies, davantage il nous en mettait plein la vue. La version officielle de chez « Monsieur Potins et Madame cancan » répand que le cocasse personnage a, un jour, « fricoté », en présence de ses copains, avec une bourrique pour franchir les limites de l’aliénation dont il est supposé être atteint. Cela fit le tour de quelques chaumières. Certains n’y crurent point. Il paraît qu’il a reçu quelques baffes des contristées mains de sa génitrice.

Pour convaincre les sceptiques, il reprit son infamante scène de petites mœurs. Est-il alors un zoophile ? Un simple maniaque instinctif ? Un petit inconscient en mal d’attention qui voulait égayer ses amis ? Cherchait-il à être différent, à s’affranchir des règles de bienséance, des convenances de goût ? Je ne l’ai plus revu depuis. J’étais parti sous d’autres cieux. Mais, me dit-on, aujourd’hui, c’est un respectable et distingué homme avec, comme on se plait à concevoir l’épanouissement, une épouse et des enfants. Que serait-il devenu s’il avait pris goût à la chose, si son « aventure avec madame ânesse » lui causait de la nostalgie. Il est ce qu’on pourrait appeler un rescapé. Ne le sommes-nous pas tous d’ailleurs ? Le rescapé le plus digne d’éloges n’est pas celui-là qui est sorti indemne d’un naufrage, d’un accident de la route…C’est cette personne qui s’est battue, dans sa longue marche, contre ses envies, ses doutes, son environnement hostile à la réalisation sociale, pour se fabriquer un destin digne.

Les irrépressibles envies ne sont pas forcément celles-là communes qu’on découvre par soi-même. Elles sont parfois suscitées par l’autre quelquefois à la même conformation des organes génitaux. Certains s’y attacheront. D’autres, les « survivants », s’en détourneront. Cet autre n’est pas toujours cet être venu d’ailleurs aux antipodes de nos valeurs… « érotiques » ! C’est un oncle, le copain de papa, l’amie de maman, la tante, l’idole de toujours…Le « mal » est partout. Il est en nous. Des marches de désapprobation ne feront que l’enfouir au tréfonds des désirs opprimés. Il est une chose de criminaliser des inclinations naturelles (ou contre nature si vous voulez), c’en est une autre d’empêcher leur dissémination pour préserver les âmes insouciantes dans nos internats, dans nos couvents, dans nos écoles coraniques...

Les désirs « matés » de ceux qui estiment que « rien de ce qui procure la joie n’est contre la nature » (Henri Troyat), profitent des brèches laissées entrouvertes par notre propre déliquescence entretenue par nos fourberies qu’on prend pour des valeurs de « soutoura » (discrétion). Ici, ce que le mari chuchote à son épouse est cancané à la foire aux médisances. Se gargariser de cette relique est une douce manière de se calfeutrer dans l’illusion.

Les mâles chiqués aux phrasés et tics exquis (parce que répétés dans nos chaumières avec grands éclats de rire) qui s’entichent du membre viril devraient inciter à nous interroger sur ce qu’on est (ou croit) en train de devenir. Sur ce que, peut-être, nous ne sommes plus : nous-mêmes. Rester soi-même est le défi de notre époque surtout quand les institutions pourvoyeuses de sens sont en parfaite contradiction avec les aspirations des « masses ». Il est une crédulité presque niaise que de s’étonner de la désarticulation de la société.

A suivre

Par Alassane Aliou Fèré MBAYE

A mi-chemin entre le zodiac et la motojet de Star Wars, voici peut-être la voiture (volante) du futur. Une start-up de la Silicon Valley a annoncé lundi, vidéo à l’appui, le prototype de la machine volante qu’elle compte mettre en vente d’ici la fin de l’année.

L’engin ultra-léger, propulsé par huit rotors, décolle et atterrit verticalement comme un hélicoptère. Il est formé d’une plateforme qui ressemble à une toile d’araignée, où le pilote est à califourchon sur la partie centrale, qui repose

Car le « Flyer » - c’est son nom – ne peut se déplacer qu’au-dessus de l’eau douce. Comme le montre la très kitch vidéo ci-dessus, il peut servir par exemple à rejoindre des amis qui pique-niquent sur un bateau, au milieu d’un lac, avant d’aller boire un verre au bout d’un ponton. Il faudra donc remettre à plus tard son rêve d’aller chercher le pain en volant ou de se garer sur le toit de son immeuble pour éviter d’avoir à chercher une place.

Point positif, le véhicule, qui pèserait une centaine de kilos et se déplacerait à environ 40 km/h à quelques mètres au-dessus de l’eau donc, ne nécessite pas de licence de pilotage, seulement deux heures de formation. Son prix ne sera dévoilé qu’au moment de la commercialisation. « Notre mission est de faire du rêve du vol individuel une réalité. Nous pensons que lorsque tout le monde aura accès au vol personnel, un monde nouveau et sans limites s’ouvrira », explique sur son site internet la société Kitty Hawk, à l’origine de la bête et qui bénéficierait du soutien du cofondateur de Google, Larry Page.

Commercialisé d’ici la fin de l’année
L’entreprise, installée comme le géant de l’internet à Mountain View, en Californie où se trouve également le siège du géant d’internet, prévoit de mettre en vente son « Flyer » d’ici la fin de l’année. Le « Flyer » commercialisé aura un design différent du prototype, précise Kitty Hawk. Son président, Sebastian Thrun, professeur d’informatique à l’Université de Stanford qui a été considéré comme le père de la voiture autonome de Google, a tweeté : « Changer l’avenir du transport individuel. Rejoignez-nous sur @kittyhawkcorp pour avoir des informations sur le prototype #the Flyer ».elle-même sur deux… flotteurs. L’entreprise a annoncé qu’elle offrait une « adhésion » de trois ans pour 100 dollars afin de figurer sur une liste d’attente et de bénéficier d’une réduction sur le prix de vente. Plusieurs firmes, y compris le constructeur aéronautique européen Airbus, cherchent à développer des engins volants similaires.

Sibeth Ndiaye était en charge de la communication et de la relation presse du candidat Emmanuel Macron, élu hier Président de la République Française. Si son prénom (Sibeth), en « Diola », veut dire celle qui a «remporté beaucoup de combats », c’est qu’elle porte sans doute en elle l’étoffe d’une combattante. Sibeth est discrète, certes ! Mais elle a déjà le goût de l’arène politique. Titulaire d’un DESS en économie de la santé, elle est passée par la case du syndicalisme étudiant. De tendance strauss-kahnienne, elle est au PS depuis 2002 où elle a été secrétaire nationale en charge de la petite enfance. Ancienne des cabinets d’Arnaud Montebourg et d’Emmanuel Macron à Bercy, elle a aussi dirigé le service de presse de Claude Bartolone au département de Seine-Saint-Denis. Sibeth Ndiaye termine ses études à la Sorbonne et se lance dans la communication. Tour à tour chargée de Presse, puis responsable de la Communication au Conseil Général de Saint-Denis, chargée de mission au ministère du Redressement Productif, elle était jusqu’en septembre 2016, Chargée de mission presse et communication au Ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique. Son prénom évoque les reines combattantes de la Casamance. La légende familiale veut que sa mère l’ait découvert en lisant le quotidien national le Soleil. Aujourd'hui lancée dans la bataille de l'élection présidentielle aux côtés d'Emmanuel Macron, la Franco-Sénégalaise Sibeth NDiaye gère les relations presse du candidat.

Sibeth Ndiaye qui figure dans la task force d’Emmanuel Macron, n’est autre que la fille de feu Fara Ndiaye illustre responsable politique au Pds et Mireille Ndiaye ancienne Présidente du Conseil Constitutionnelle. Sibeth Ndiaye est âgée de 37 ans. Emmanuel Macron a su revaloriser ses équipes. Il tient compte de la diversité, tous les talents sont les bienvenus. Les compétences de chacun sont prises en compte.

Par Oumar BA

Depuis des siècles, l’exaltation des esprits a toujours été une constante. Le pays sérère n’a pas échappé à cette règle. À proximité de chaque village, subsistent encore des bois sacrés. C’est le cas à Foundiougne, particulièrement dans la contrée du Loog, où se trouve la forêt de Laga Ndong, du nom d’un personnage légendaire ou mythique considéré comme le génie protecteur de toute cette contrée et même de la ville de Foundiougne. Un mythe ou une légende dont l’histoire serait liée à l’installation des premiers peuplements dans la contrée. Reportage. 

Au Sénégal comme partout ailleurs en Afrique, les populations ont leurs propres croyances religieuses, transmises de génération en génération. Le pays sérère est riche d’un vaste répertoire de génies aux pouvoirs divers. À ces esprits habitant les forêts, les bois sacrés, les cours d’eau, on voue un culte afin d’obtenir d’eux bénédiction et bienfait, protection contre le mal. Malgré la présence de l’Islam, musulmans comme chrétiens, ont vécu et continuent de vivre sous l’influence des croyances traditionnelles et malgré la modernité, ils ne semblent pas prêts à s’en départir. Les populations qui attribuent à ces esprits le pouvoir de donner et de combler de biens ceux qui les invoquent, de procurer la santé, de garantir de bonnes récoltes, d’accorder une longue vie, de faire tomber les pluies, de protéger contre les forces du mal, le danger ont continué à perpétuer le rituel légué par les ancêtres.

Dans la contrée du Loog, forte de près d’une dizaine de villages : Thiaré Loog, Soum Loog, Ndorong Loog, Mbassis Loog, Mbam Loog, Sapp, Keur Samba, Gagué Bocar, Gagué Mody et même la commune Foundiougne, le génie protecteur se nomme Laga Ndong. Le village de Ndorong est à cheval entre Soum et Mbassis, deux localités reliées par la « Boucle du Log » une piste cahoteuse dont les travaux tardent à voir le bout du tunnel. Ils sont arrêtés sans motif. N’empêche, la forêt et son environnement sont encore là. C’est, une zone à vocation culturelle et spirituelle caractérisée par le bois sacré qu’on peut apercevoir de loin, à partir du village de Ndorong. « Les habitants de ce village sont les dépositaires du sanctuaire (tours) et du temps des ancêtres ce sont eux seuls qui exploitaient la forêt », nous lance-t-on à Mbassis comme à Soum.

L’existence de ce génie tutélaire semble être liée à l’histoire de la contrée avec ses premiers peuplements dont certains seraient des sérères venus du Gaabou, même si l’histoire révèle aussi que d’autres habitants étaient venus du Fouta. Notre tentative de percer le mystère qui entoure « Laga Ndong » n’a pas levé l’énigme. Les personnes interrogées ont toutes servi les mêmes réponses : « Laga Ndong appartient au village de Ndorong et c’est là-bas que vous pouvez avoir la chance de trouver un interlocuteur qui puisse vous informer ». Ce qui nous incite alors à emprunter le chemin de ce village où se situe la forêt de Laga Ndong. À Ndorong, il n’y a personne pour parler de ce génie qui semble susciter une certaine crainte. La seule personne qui a daigné nous parler est un vieil homme assis sous un arbre, devant sa maison. Mais il a préféré nous renvoyer au chef de village absent ce jour-là. Obstinés à mener à terme nos investigations, nous avons fini par être mis en rapport avec le doyen Abdoulaye Faye, un agent de police à la retraite qui a fait des recherches sur le totem « Laga Ndong ». Il fallait alors aller à sa rencontre au village de Félane.
 
Une particularité historico-culturelle
NdorongComme tous les villages, Félane est calme et paisible. Ses ruelles débordent d’activités. Chez le doyen Abdoulaye Faye, un accueil chaleureux nous est réservé. Le vieil homme est originaire de Mbam, de la lignée paternelle de Faye Yéguel. Il a choisi de se retrancher au village voisin de Félane proche de la forêt, à une dizaine de kilomètres à partir de Djilor Saloum. « Ma grand-mère se trouvait à Ndorong. C’est ce qui me lie à ce village, terre d’accueil de Laga Ndong. Ce qui m’a donné l’occasion de rassembler des informations sur la légende de Laga Ndong », souligne-t-il. L’ancien policier tient, devant lui, une bonne documentation, moisson des recherches qu’il a déjà effectuées sur « Laga Ndong » qui, selon lui, viendrait du Gaabou avec sa famille. « Sa mère s’appelait Damane, venue, elle aussi, du Gaabou où les sérères venant de l’Est ont fait d’abord une halte. Il y a eu, ensuite, l’attaque des empires qui a fait plusieurs victimes. Ces dernières ont attiré les charognards qui, à l’époque, venaient se régaler et boire dans les marigots, infectant, du coup, l’eau polluée que les populations utilisaient également pour leur consommation. Il s’en est suivi une épidémie de peste qui a décimé une partie des populations », explique-t-il. C’est en ce moment-là, ajoute-t-il, « que Laga Ndong pris la décision de quitter ces lieux pour une destination inconnue. Cet exil l’a conduit vers d’autres cieux, avec ses cinq enfants sur certaines parties des corps desquels sont estampillés des signes d’identification par des dénominations : Taaboor, Pouma, Thiofane, Thioka et Sasagne, données à chacun d’entre eux pour qu’en cas de séparation, ils puissent se reconnaître ». Par la suite, indique le doyen Abdoulaye Faye, « le Taaboor a continué vers Ngothie pour s’y installer, le Pouma également a fait son choix aux environs de ce même village de Ngothie, le Thiofane s’est dirigé vers Mbam Laguène derrière Passy et le Thioka à Fatick jusqu’à Simal où réside le Sasagne. Et à chaque étape, il y avait un symbole qui la caractérisait. Quant à Laga Ndong, il a traversé le fleuve à partir de Niamdiarokh pour venir s’installer à Ndorong. Le village de Faye Yaguel est créé aux environs de Mbam d’où est originaire ma famille ».

Le mythe qui entoure la forêt de Laga est lié, selon M. Faye, « au souhait même du totem qui avait recommandé qu’un sanctuaire soit édifié là où, le jour où on le reverra plus, les gens trouveront ses chaussures ». Ce qui laisse croire que Laga a disparu mystérieusement en ce lieu qui fait aujourd’hui la gloire de la contrée du Loog.

Ici à Ndorong, beaucoup de gens viennent solliciter des prières de Laga Ndong, considéré comme le Taaboor, roi des Esprits. Mais, souligne le doyen Abdoulaye Faye, « comme en milieu sérère, il y a un gardien du temple qui s’occupe du rituel de libations qui symbolisent l’existence du totem de Laga Ndong ».
 
Génie protecteur du littoral
La particularité, dans le Loog, renseigne-t-il, est que la population est détentrice d’un riche patrimoine avec des lieux de culte dans chaque village : Laga Ndong à Ndorong, Ngaandé Saar et Saas à Thiaré, Pathine à Mbam, Diatta Waly à Mbassis, Poro Poro à Soum, entre autres. À côté également des lieux célèbres de rencontre des initiés où se déroulent les cérémonies de divination avec les Saltigués ou d’échanges sur les problèmes qui secouent la localité. Mais le site de Laga Ndong, à Ndorong-Loog ou  « Fangool » (serpent) du panthéon sérère a sa particularité historico-culturelle. En témoigne l’existence du « Tourou Peithie », une fête païenne qui a lieu annuellement au village de Djilor Diognick et à Peithie. Les serviteurs du culte sont des Sérères Taaboors qui, nous apprend-on, rendent hommage à Laga Ndong, roi des esprits, à travers l’immolation d’animaux, de libations diverses (lait caillé, gâteau de mil) sur la tombe de Sira Badial, la première reine des Guelewar. Ceci, pour rentrer dans les bonnes grâces de Laga Ndong, qui est assimilé au génie tutélaire même de Foundiougne. Les jeunes de cette localité ont même initié le « Laga Plage ».

Le président du syndicat d’initiative et de promotion touristique de la région de Fatick, Issa Barro, ne tarit pas d’éloges à l’endroit de Laga Ndong. « La légende de génie protecteur du littoral nous a appris qu’au temps, il y avait une belle animation dans la zone. Laga a produit beaucoup de miracles. Bien avant, les anciens ont déjà vu des touristes se balader devant le bras de mer de Laga et c’est des scènes éphémères qui se déroulaient en quelques minutes », note-t-il. Par ailleurs, ajoute M. Barro, tous les habitants de ce terroir respectent Laga. « On respecte les consignes. Il est interdit d’y aller habillé de rouge ni parler certaines langues comme le wolof. Il y a aussi des jours où il ne faut pas fréquenter Laga. Tous ceux qui ont passé outre ces consignes ont eu des problèmes », avertit M. Barro. L’association pour la gestion des ressources agro forestières et environnementales (Agrafe) a décidé de se lancer dans la préservation de l’espace dédié à Laga Ndong qui, nous dit-on, continue à veiller sur Ndorong et ses habitants. Son président, Abdoulaye Faye, soutient qu’un projet a été élaboré et soumis à la mairie pour l’octroi d’un espace.
 
Préservation du site de Laga
Village sérère« Quand l’Agrafe nous a montré le projet qu’ils veulent mettre en œuvre pour la préservation du site, nous avons rapidement accepté parce que nous avons estimé que c’est mieux de confier la gestion de la préservation au lieu de laisser l’espace dans sa léthargie actuelle qui risque de compromettre l’existence même de Laga Ndong.

Son environnement constituant, pour nous, un patrimoine culturel qui ne peut pas être utilisé individuellement, nous avons compris que c’est en faisant un transfert de responsabilité au village de Ndorong qui, historiquement et culturellement, a occupé Laga, qui nous permettrait de faciliter les choses », renseigne le maire de Mbam, Simon Diouf. L’espace à nous décrit par le maire fait une superficie de 400 ha. Selon M. Diouf, les membres d’Agrafe ont l’obligation de travailler à sa préservation parce que c’est un patrimoine culturel qui devrait valoir aux populations de la commune des activités lucratives.

Pour le maire de la ville de Mbam, il s’agit là d’une belle manière d’intéresser et d’impliquer directement les populations à la gestion du foncier et des ressources du Laga. « Pour le maire, ce sont les populations qui gèrent, donc l’institution ne fait qu’insuffler une vision à diffuser chez les populations afin qu’elles sentent qu’elles ont aussi un devoir de participation. C’est pourquoi nous les encourageons et nous allons les accompagner dans cette dynamique », souligne-t-il.

Les temps ayant changé, Abdoulaye Faye estime qu’il convient d’insuffler un nouveau paradigme. « Nous avons mis en place un comité d’initiative à l’issue d’une rencontre de deux jours qui a abouti à la création de l’association pour éviter les nombreux conflits entre communautés qui ont occasionné un manque à gagner énorme et une transformation anarchique de l’espace. Nous avions même, à l’époque, saisi, du temps du conseil rural de Djilor, le Conseil d’État pour arbitrage, car comme vous le savez, les temps ont changé, les populations ont augmenté et qu’il nous fallait donc insuffler un nouveau paradigme ». Aujourd’hui, avec la communalisation intégrale et l’érection de Mbam en commune qui polarise le village de Ndorong où est situé le site, l’Agrafe a franchi un palier important. Le président, Abdoulaye Faye, estime qu’ils ont les coudées franches en face d’un problème culturel dont l’ambition affichée est d’assurer la valorisation du site de Laga Ndong qui intéresse toute la contrée du Loog.

Pour Issa Barro, par ailleurs gérant d’un campement ayant pignon sur l’ile de Laga Ndong, le site présente un endroit magnifique pour développer le concept de tourisme durable avec sa nature, ses potentiels en ressources naturelles, sa plage et la mangrove. Il s’y ajoute les activités de pêche et agricoles. « C’est le seul endroit où l’on pratique encore le troc. Les pêcheurs viennent avec leurs pirogues de poissons et les femmes avec leur mil. Il n’y a pas d’argent et c’est des échanges qui se développent », assure-t-il. « Avec notre campement, nous avons ainsi suivi et respecté toutes les consignes indiquées en réalisant des cases pour le séjour de nos clients pour lesquels le site de Laga Ndong constitue un circuit touristique à découvrir ».

Par Mohamadou SAGNE et Samba Oumar FALL (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos) 

Last modified on vendredi, 05 mai 2017 18:42

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