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Soleil Grand Air (602)

Par sa position géographique et les péripéties de son histoire, Saint-Louis recèle un trésor culturel et architectural inestimable. L’évocation de celle-ci fait resurgir une foultitude de souvenirs. La vieille cité, particulièrement le quartier Sindoné (sud de l’île), porte encore l’empreinte des signares, ces mulâtresses réputées pour leur beauté envoûtante et leur habileté au commerce. Un tel patrimoine, à défaut de politique de valorisation, est en train de tomber dans l’oubli. Aujourd’hui, des acteurs s’organisent pour préserver ce pan de l’histoire qui n’est pas très connu des jeunes générations.

Symbole de l’élégance et du raffinement, Saint-Louis la charmante est restée une terre de convivialité, une terre d’hospitalité. Son glorieux passé ressurgit à chaque fois que l’on se pavane dans les rues de l’île. Difficile de parler de cette ville mythique sans penser aux sublimes signares qui, au cours de leurs promenades crépusculaires, dans l’avenue Mermoz, les rues Blaise Dumont, Repentigny, Blaise Diagne, Anne Marie Javouhey, Blanchot ou encore Pierre Loti, faisaient chavirer les cœurs. Réputées pour leur beauté envoûtante et toujours parées de tous leurs atours, parfumées et maquillées, corsetées et vêtues de magnifiques robes brodées, ces affriolantes créatures, qui s’étaient mariées « à la mode du pays » avec les cadres bourgeois et aristocrates européens vivant à Saint-Louis, avaient contribué à l’émergence d’une bourgeoisie métisse. Les souvenirs de ces belles femmes, ayant régné sur le commerce de la vieille cité, habitent toujours les rues de celle-ci.

Aujourd’hui, il est difficile dans le quartier Sindoné (sud de l’île) et même dans tout Saint-Louis, de trouver une famille de descendants de ces signares, même si leurs maisons se confondent encore au patrimoine architectural saint-louisien riche d’une grande diversité de formes, héritage du passé colonial. Dans ce vieux quartier, les anciens nous parlent avec un brin de nostalgie de ces mulâtresses qui ont écrit une des pages de l’histoire de Ndar. Pour les plus jeunes, cette histoire est lointaine, si lointaine qu’il leur est impossible d’en témoigner. « Nous ne connaissons les signares qu’à travers les festivités comme le fanal et autres activités organisées à travers la ville », indique Anta Fall. La raison, dit-elle, ce pan de l’histoire n’est pas connu comme il devrait l’être.

Pour Aliou Guèye, président du conseil de quartier de Sindoné, les signares font partie intégrante de l’histoire de Saint-Louis. Mais, note-t-il, en dehors des fêtes de fin d’année, on ne sent guère la mise en valeur de ce trait culturel. Cette situation est due, selon lui, au fait que la population a complètement rajeuni et ne maitrise pas bien ce sujet. Présentement, déplore-t-il, il n’existe pas de gens qui pourraient témoigner sur le passé de ces dames qui ont très fortement marqué de leur empreinte la société coloniale sénégalaise. Cependant, il arrive de voir de temps à autre certaines actions revisiter cette richesse historique de la vieille ville, notamment à l’occasion des fêtes de fin d’année, le fanal, les «mardis gras». «Au cours de ces événements, les filles s’habillent en signares. Mais, en dehors de ces initiatives, il n’y a aucune autre action visant à valoriser les signares», fait-il savoir. Alors que le rôle de la commission culturelle du conseil de quartier est de valoriser un tel patrimoine à travers son plan d’actions.

Clichés négatifs !
Le quartier sud porte toujours l’empreinte des signares - dont l’âge d’or remonte au 18e siècle - qui n’étaient pas seulement à Saint-Louis (Gorée et Rufisque en avaient aussi). La particularité de ces dames - reconnaissables à leur haute coiffe pointue, à ce grand pagne dont elles s’entouraient jusqu'aux pieds et leurs babouches en maroquin - est, selon Aliou Guèye, qu’elles étaient des collaboratrices et des épouses des colons. Et par la suite, leurs descendants ont hérité de beaucoup de privilèges. Mais, signale-t-il, les gens ont véhiculé des clichés négatifs à leur égard. «Au fil du temps, on a tellement fait des commentaires négatifs à leur sujet et colporté tellement de ragots que beaucoup de leurs descendants n’osent plus revendiquer cette parenté avec les signares», soutient-il.

A en croire M. Guèye, ces préjugés et jugements portés sans réellement connaître les signares, relèvent de la «pure jalousie». Pour Fatima Fall, directrice du Centre de recherches et de documentation du Sénégal (Crds) et par ailleurs présidente de l’association Ndart, les gens ont une appréciation négative de ces femmes ; ce qui n’a pas aidé à la promotion de ce patrimoine. Aujourd’hui, renseigne Mme Fall, la «signarité» - un nouveau concept - vise à partager toutes les informations portant sur la  vie des signares.
 

« Les agents de l’administration coloniale, pendant leur séjour, étaient obligés de se marier, à la « mode du pays », avec des femmes de la colonie, parce qu’ils ont mis deux siècles avant de pouvoir faire venir leurs épouses ; ce qui fait que les femmes avec qui ils se mariaient s’occupaient d’eux, pour les protéger par rapport aux maladies, à l’alimentation, parce que elles savaient allier les deux, c'est-à-dire la médecine traditionnelle, l’art culinaire traditionnel et pouvaient aussi leur offrir un cadre de vie acceptable durant tout leur séjour », explique-t-elle. La plupart du temps, ces agents de l’administration coloniale repartaient, laissant leurs enfants ici.

«Cette proximité avec l’Occident faisait que les signares étaient particulières.» A en croire Fatima Fall, celles-ci étaient aussi de vraies femmes d’affaires parce qu’elles faisaient le commerce de la gomme, des esclaves, de l’or, du sel. Avec leur goût raffiné, elles résidaient dans des maisons à étages qui sont encore perceptibles à Sindoné. « Elles habitaient à l’étage avec des balcons et persiennes qui leur permettaient de visualiser tout ce qui se trouvait à l’intérieur de la cour. Et tout au long des galeries, elles y installaient des artisans. C’est cela qui leur permettait d’échanger, mais aussi de pouvoir vendre à d’autres signares du même niveau de vie les produits.»
D’après Mme Fall, il est impossible de parler tout le temps du patrimoine matériel et laisser en rade le patrimoine immatériel. «Quand on inscrivait Saint-Louis sur la liste du patrimoine mondial, le patrimoine immatériel est venu renforcer le dossier », se réjouit-elle.

Un espace dédié aux signares
Bon nombre d’auteurs comme Guillaume Vial, Tita Mandeleau, Jean-Luc Angrand, Aïssata Kane Lo, entre autres, ont fait la part belle aux signares dans des ouvrages dédiés. Mais, ce patrimoine n’est pas assez valorisé. Aujourd’hui, le souvenir des signares ne se perpétue que lors du « takussan ndar », ce défilé costumé qui est une spécificité purement saint-louisienne, du Festival jazz de Saint-Louis, du Fanal, qui était l’occasion pour les signares d’exhiber leurs tenues vestimentaires et de faire étalage de toute leur beauté, leur élégance.

Et également lors de la célébration du «mardi gras». Le président du conseil de quartier Sindoné est convaincu que «le patrimoine des signares est sous-exploité». Selon lui, seule l’association «Jalooré» de Marie Madeleine Diallo exploite un tel trésor à travers le «fanal» pendant les fêtes de fin d’année. «En dehors de cet événement, il n’y a pas un autre programme visant à mettre en valeur les signares», fait remarquer Aliou Guèye qui pense que cette situation est due à l’absence de politique et de vision dans ce sens au niveau de la municipalité. Pour lui, le patrimoine saint-louisien est riche par sa configuration, les atouts naturels et culturels qui, bien valorisés, pourraient apporter beaucoup de retombées à la ville.

Actuellement, Fatima Fall et les amoureux du patrimoine culturel saint-louisien essaient, à travers la «signarité», et par le biais de l’histoire, de redonner à ce patrimoine un second souffle. «C’est notre histoire, on ne peut donc pas la rejeter.  C’est notre devoir de faire revivre cette façon de vivre en la partageant avec le maximum d’informations crédibles qu’on mettrait à disposition des visiteurs», propose Fatima Fall, non sans préciser que le Crds qu’elle dirige représente beaucoup de choses par rapport à la conservation, la valorisation et la promotion de la culture sénégalaise en général et saint-louisienne en particulier. «On avait réfléchi avec l’équipe du musée à la mise en place d’un espace dédié aux signares.

Depuis l’année dernière, avec l’Ong Initiative pour le développement durable basée en France et qui a une antenne à Saint-Louis, et l’Association Ndart, on a pensé monter un espace où l’on va expliquer aux visiteurs ce qu’est la «signarité». On en parle et il y a beaucoup de choses que les gens disent sur les signares et pour nous, il s’agit d’expliquer réellement ce que les signares ont fait, comment elles fonctionnaient, comment elles vivaient pour permettre à tout un chacun de comprendre », détaille-t-elle.

A son avis, cet espace va s’intégrer dans les nouvelles expositions du musée du Crds. «On voudrait que l’exposition soit facilement démontable, que ça puisse être montée ailleurs.»
Le défi, c’est de faire découvrir aux populations, aux enfants, aux jeunes et à tout le monde ce qu’était la vie des signares, ce qu’elles ont apporté au Sénégal en général, à Saint-Louis en particulier, pour que ce pan de l’histoire ne tombe pas définitivement dans l’oubli.

 

 

Ancien patron d'Orange Sierra-Leone, ce Sénégalais de 45 ans a pris, le 17 avril dernier, les rênes du leader sénégalais des télécoms, tant dans la téléphonie mobile que pour l'Internet.

Le 17 avril dernier, Sékou Dramé a remplacé Alioune Ndiaye à la tête de l’ancienne entreprise publique sénégalaise des télécoms, la Sonatel, aujourd’hui contrôlée à 42% par Orange – l’État ayant encore 27% du capital, des investisseurs institutionnels détenant 15%, et le reste étant entre les mains d’actionnaires privés.
Ce Sénégalais de 45 ans, spécialiste des réseaux de télécommunications et téléinformatique, a été formé en France, à l’École nationale supérieure des télécommunications (Télécom Paristech). Ex-employé de Cegetel et LDcom, il est entré chez Orange en 2003 et y a gravi un à un les échelons jusqu’aux postes de direction.
Premier passage à la Sonatel en 2008
Réputé dans le milieu des experts des télécoms comme « brillant » et « compétent », le quadragénaire a travaillé une première fois pour la Sonatel entre 2008 et 2012, avant d’être envoyé au Mali, où il a été directeur adjoint d’Orange de 2012 à 2014. Lorsque qu’Orange et l’opérateur historique du Sénégal rachètent la filiale d’Airtel en Sierra-Leone, en juillet 2016, il est envoyé à Freetown pour diriger la nouvelle filiale.
Le départ d’Alioune Ndiaye, promu directeur exécutif d’Orange Afrique et Moyen-Orient à la place de Bruno Mettling, est donc pour lui l’occasion d’un retour au pays. Il devra gérer une société qui constitue la plus grande filiale africaine de l’opérateur français. Ancienne société publique, la Sonatel a su conserver une place dominante sur le marché après sa privatisation, en 1997, et malgré un environnement concurrentiel de plus en plus rude.
Selon les chiffres de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP), au 4e trimestre 2017, l’entreprise détenait 52,95% des parts de marché de la téléphonie mobile, contre 24,65% pour Tigo et 22,40% pour Expresso. Même domination sur le marché de l’Internet, avec 68,11% des parts, devant Tigo (24,60%) et Expresso (7,28%).
Source JA

Partenaire de Youssou Ndour depuis plus d’un quart de siècle, membre d’une fratrie qui a marqué la musique sénégalaise, le bassiste Habib Faye a été emporté, hier, par une infection pulmonaire. Retour sur le génie de cette super étoile de la basse.

Bassiste et claviste de Youssou Ndour et du Super Étoile de Dakar, Habib Faye a commencé très tôt sa carrière musicale. Dès l’âge de neuf ans, il suit le chemin de ses grands frères (Adama Faye, Vieux Mac Faye, Lamine Faye) en apprenant la guitare avec Vieux Mac Faye. Il s’initie à l’improvisation et au jazz, tout en connaissant par cœur le répertoire des grands groupes de l’époque (Super Diamono, Super Étoile). C’est en tant que guitariste qu’il forme le groupe Watosita avec Michael Soumah, célèbre animateur très connu à Dakar. Parallèlement, il joue de la basse dans un groupe de variétés, le Thiaf, en compagnie de son frère Moustaf et d’Ibou Cissé (qui seront plus tard ses compagnons au Super Etoile). Il se fait remarquer par les grands musiciens de l’époque, notamment lors du mémorable concert des Touré Kunda au stade Demba Diop de Dakar où il était venu en spectateur, quand il entendit : « Habib Faye est demandé sur scène », le bassiste du Super Diamono étant absent. Lamine Faye (guitariste du Super Diamono de l’époque) et Ismael Lô proposent à Habib de le remplacer.

Débuts difficiles
Après avoir trafiqué une guitare électrique et espacé les cordes, le jeune Habib, âgé d’une douzaine d’années, emprunte une basse. "On me l’a prêtée pour deux jours, je l’ai gardée quatre mois !" Passé le temps d’apprivoiser l’instrument – "les cases étaient tellement énormes, mes mains tellement petites..." – vient celui du premier concert, au lycée.

Interdiction lui a été faite de s’y rendre. Il passe outre. "Quitte à ce qu’on me tue après." Il a gardé ces instants en mémoire : la scène, le décompte, "1, 2, 3, 4" et le grand frère auquel il a désobéi, juste derrière, qui tout à coup saute de joie en entendant les cordes vibrer. "C’est à partir de ce jour-là que j’ai eu mon indépendance", déclare Habib.

Demandé, évoluant de groupe en groupe, il ne se voit pourtant pas faire de la musique son métier. Jusqu’à ce que Youssou Ndour, qui emploie déjà son frère Adama dans son orchestre, vienne convaincre Monsieur Faye père. Au milieu des années 80, le jeune élève part pour sa première tournée internationale et abandonne les études à 11 jours du bac. Il se retrouve aux claviers ! Les fausses notes le découragent mais le chanteur lui renouvelle sa confiance. Alors, il fait de son mieux chaque soir. "Regardez, Habib est en train de jouer sans regarder les touches", finit par remarquer le percussionniste du Super Etoile lors d’une répétition.

C’est en 1984 qu’Habib intègre le Super Étoile de Dakar au sein duquel il participe, aux côtés de son frère Adama Faye, claviste et guitariste, à l’arrangement des morceaux phares de Youssou Ndour. Adama Faye quitte le groupe, c’est alors que Youssou Ndour lui donne carte blanche pour la conception et l’arrangement des albums du Super Étoile. Cet homme au doigté vrombissant de mélodies uniques va révolutionner la musique sénégalaise avant de se lancer dans le jazz. Impossible d’écouter un album du groupe sans se rendre compte du cachet harmonieux et fluide de ses arrangements.

Architecte de la musique
Depuis quelques temps, Habib Faye, également claviériste et producteur, parcourait le Sénégal en classifiant les rythmiques propres à chacune des ethnies du pays. Le tout pour les mêler au jazz, genre musical qui lui tenait à cœur. C’était un architecte de la musique. Musicien versatile, Habib Faye aura joué aux côtés de plusieurs stars internationales parmi lesquelles Sting ou Tracy Chapman et a notamment enregistré avec Peter Gabriel. Habitué du festival Saint-Louis Jazz, il compte aussi parmi ses musiciens africains qui ont apporté leur pierre au jazz. Manu Katché, Lionel Loueke, David Sanborn, Ablaye Cissoko, Angélique Kidjo, Branford Marsalis, pour ne citer qu’eux, font partie de ses compagnons de route. Il laisse derrière lui son épouse, ses frères musiciens ainsi que ses enfants – dont un fils qui marchait sur ses pas.

Habib avait fini de créer son propre groupe de jazz, Habib Faye Quartet, avec des musiciens européens (Lionel Fortin au piano, Carlos Bagidi aux drums) et sénégalais (Laye Lô à la batterie, Kevin Ass Malick et Ibou Cissé au clavier). Le groupe changeait de membres selon les disponibilités des uns et des autres. Une formation indéfinissable, à l’image des Weather Reports et du bassiste Jaco Pastorious, dont Habib est fan et disciple.

Les exploitations familiales n’ont pas de beaux jours devant elles. Des villas poussent comme des champignons dans les champs. Les dernières réserves foncières du département de Mbour sont au centre de toutes les spéculations. La commune éponyme s’est agrandie sur l’espace de l’ancienne communauté rurale de Malicounda. L’urbanisation de cette zone va aussi empiéter sur une bonne partie des terres agricoles.

Bien avant le croisement Saly en venant de Dakar, sur le côté gauche, des maisons poussent comme des champignons au milieu des arbustes à dominante de combretun glutinosum (nguer).

Des chantiers sont édifiés sur des champs. Au bord de la route de Mbour, avant le rond-point Saly, il est inscrit sur une plaque : « Bienvenue à Malicounda ». Cette partie de Mbour a accueilli des milliers de personnes. Comme l’annonce de la découverte d’une mine d’or, les réserves foncières de Malicounda aiguisent tous les appétits. « Il n’y a plus de terre dans le département de Mbour. Nous avons les dernières réserves foncières. Les gens viennent de partout, y compris de Dakar, de Kaolack, de la Casamance pour acheter des parcelles à usage d’habitation », témoigne Thiéoulé Cissokho, ancien Président du conseil rural. La construction de l’Aéroport international Blaise Diagne a déclenché la ruée vers Malicounda. « Auparavant, c’étaient les inondations. Aujourd’hui, c’est la construction de l’Aéroport international Blaise Diagne qui fait de Malicounda une zone plus que stratégique », fait savoir M. Cissokho.

A l’entrée de Malicounda Bambara, au centre, comme à la sortie, des ouvriers s’affairent autour des maisons en construction qui sortent de terre à côté de celles déjà habitées. Tout près de la mosquée, une dizaine de maçons posent des structures de coulage. « Les étrangers sont plus nombreux que les autochtones. Les inondations à Dakar, à Kaloack, l’épuisement des réserves foncières ont entraîné une course vers l’acquisition de terrains », indique Thiaoulé Cissokho.

L’agriculture familiale en sursis
MalicoundaMalicounda, fondée en 1902 par Baba Houma, Samba Ba et Barka Traoré, avait une vocation agricole. Cette activité est en sursis. L’agriculture familiale n’a pas de beaux jours dans cette localité. Le jardin d’Alioune Sankaré, avec ses pieds de manioc, des citronniers, des bananiers éparpillés tout autour des puits et des bassins, est l’une des rares parcelles réservées où se pratique encore l’agriculture. Son jardin est quadrillé par des grilles. Cette exploitation apparaît comme un rempart contre le bradage des terres. « J’ai résisté à toutes les propositions de morcellement de mes terres. Je vis de l’agriculture depuis des années. Cette zone est connue pour ses productions agricoles. L’agriculture familiale est en train de mourir », regrette A. Sankaré.

Ces zones d’exploitations agricoles seront de nouveaux quartiers. Assis à même le sol, Mbaye Camara résiste aux enveloppes financières proposées par des acquéreurs et des intermédiaires.

L’agriculture est, pour lui, l’activité génératrice de revenus. « A ce rythme, nos descendants risqueront de ne pas avoir de terres chez eux. Je ne peux pas vous dire combien de personnes sont venues me proposer de morceler mes champs en contrepartie de millions de FCfa. J’ai refusé. Mais, je ne sais pas jusqu’à quand je vais résister », s’interroge M. Camara.

Spéculation
Le morcellement des champs résulte de la baisse de la production agricole. L’agriculture ne nourrit pas son homme, d’après un jeune croisé dans le jardin d’Alioune Sankaré. « Ici, nous vendons nos terres parce que nous ne parvenons pas à avoir une bonne production. Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous vendons nos terres », explique-t-il.

Cet avis est loin d’être partagé par A. Sankaré. Ce dernier fait porter le chapeau aux autorités qui n’ont pas soutenu l’agriculture depuis l’accession de notre pays à la souveraineté internationale. « Il n’y a pas une vraie politique pour soutenir les paysans. Des indépendances à nos jours, il n’y a jamais eu une volonté affirmée d’aider les paysans. Or, nous ne pouvons pas nous développer sans l’agriculture », souligne-t-il. Les terres cultivables s’amenuisent comme une peau de chagrin.

L’horizon de l’épuisement des réserves foncières n’est pas loin. Le jour de notre passage, en plus des citoyens à la recherche de pièces d’état-civil, d’autres sont venus tirer au clair les dossiers d’attribution des parcelles.

Le premier adjoint au maire, Bakary Faye, a constaté une prise de conscience de la marche irréversible vers la réduction des parcelles à usage d’habitation. « Je suis l’un des premiers à avoir construit un bâtiment moderne et cela a fait tache d’huile.

D’autres fils de Malicounda ont construit ou sont en train de construire », affirme le premier secrétaire administratif de la mairie. Ce sera la fin de la culture de ces terres par les autochtones au grand dam des conservateurs comme le premier président du conseil rural, mais non comme Bakary Faye pour qui, s’opposer au progrès, c’est vouloir arrêter la mer avec ses bras. « De nos jours, on ne danse plus le kotéba durant l’hivernage. Nous savons danser le kotéba mais pas nos enfants. Ce qui nous reste, ce sont les rites des mariages qui sont respectés », se désole Thiéoulé Cissokho.

Contrairement aux années passées, la pratique de l’excision n’est plus de saison à Malicounda Bambara après des années de sensibilisation et de persuasion.

Par Oumar Ba et Idrissa SANE (Textes)
et Assane SOW ( Photos)

Le sabre de l’argent

09 Avr 2018
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Une histoire. Dans un village du Sénégal, un père de famille jaloux et ronchon comme pas deux, misait beaucoup sur sa fille pour lisser les rugosités de son époque. Une fille d’une beauté rare qui nourrit les fantasmes les plus fous dans son entourage. Surveillée comme du lait sur le feu, elle finit cependant par tomber dans les filets d’un richissime commerçant. Et ce qui devait arriver… arriva. La belle tomba enceinte des œuvres subreptices d’un grand négociant du village. Le père en rogne jura d’avoir la peau de ce malotru qui a osé lui voler ses rêves. Sabre tranchant bien en évidence, le père passa au peigne fin le village pour débusquer le bourreau de sa fille.

Informé des intentions du papa de sa belle, le commerçant usa de tout son tact pour remettre la goupille dans la grenade. Il alla le trouver pour lui tenir ce langage :
Mon père, je sais que j’ai fauté en engrossant ta fille. Ce n’était guère mon intention, mais Dieu l’a voulu ainsi. Je prends l’engagement ici, devant tout le village, de l’épouser dès qu’elle aura accouché. Je t’enverrai à La Mecque, je t’offrirai une maison, une voiture et beaucoup d’argent. La seule condition que je pose, c’est que tu prennes bien soin d’elle pour qu’elle n’avorte pas. Si elle perd l’enfant qu’elle porte, ma proposition ne tient plus.

Le père écarquilla les yeux et visionna la belle vie qui s’annonçait pour lui. Il se racla la gorge et, d’une voix décidée lança au commerçant :
Mon fils, rassure toi, même si elle avorte, tu l’engrosseras à nouveau.

Par Sidy DIOP

Pour arbitrer le match entre Déesse Major et Guigui, il faut avoir le cœur bien accroché et les sens complètement anesthésiés. Sinon, gare aux palpitations !

De son vrai nom Ramatoulaye Diallo, Déesse Major évolue dans la musique, plus particulièrement dans le hip-hop. Etant l’une des rares filles à avoir opté pour le rap, elle entretient de bonnes relations avec ses paires. Son style, très osé, lui a facilité une place dans le milieu des sonorités. C’est d’ailleurs sa marque de reconnaissance. A travers ses vidéos clips et apparitions sur scène, on croirait avoir à faire à une jeune fille sadique et mal éduquée et la côtoyer peut faire basculer cette idée car cet artiste est une femme très pieuse. Elle a vécu une enfance bien mouvementée.

De femme de ménage à chanteuse en passant par commerçante, son parcours renferme des souvenirs pas très roses. En septembre 2014, Déesse Major participe à un concert avec d'autres artistes. Sur scène, elle se produit dans une tenue sexy, jugée « indécente » par le Comité pour la défense des valeurs morales au Sénégal. Celui-ci, composé d'une dizaine d'associations religieuses et de la société civile, décide alors de porter plainte pour attentat à la pudeur et atteinte aux bonnes mœurs. La chanteuse présente ses excuses et le dossier est finalement enterré.

Rebelote en juin 2016. La même organisation décide de réactiver sa plainte, suite à la publication, par Déesse Major, sur l'application Snapchat, d'une vidéo où elle apparaît en minishort et décolleté plongeant. La vidéo est ensuite diffusée sur les réseaux sociaux et médias en ligne. Elle est alors arrêtée pour « attentat à la pudeur et atteinte aux bonnes mœurs » et placée en garde à vue. Après le tumulte, l’artiste aux tenues plus courtes que courtes répond à ses détracteurs en lançant un single du tonnerre : JPLT (J’ai pas le temps pour les bla-bla. Une manière de dire à ses détracteurs : « plus vous critiquez, plus je vous en mets plein les yeux ».

L’autre Ramatoulaye se fait appeler Guigui. Ramatoulaye Clémentine Sarr qui s’est frayé un chemin dans le landerneau de la musique sénégalaise, fait partie des artistes qui font couler beaucoup d’encre et de salive. Avec un physique qui détonne, elle ne passe pas inaperçue et attire dans sa cour des hommes de statuts divers. Quand la presse people se veut catégorique à son sujet en laissant entendre que « c’est une croqueuse de ministres », elle répond avec un art consommé de la répartie : « je suis belle, attachante et attirante ; je possède tout ce que les hommes recherchent chez une femme ». Avant d’avouer être très courtisée par les hommes.

On aura remarqué que pour parler de Guigui et de Déesse Major, on se réfère très peu à leurs carrières musicales respectives. Peut-être parce que la belle plastique n’est pas forcément synonyme de talent artistique.

Qui sait ?

S. D.

Pape Mouhamed Camara est l’incarnation d’un dandy moderne qui cultive le bien-être. Economiste mathématicien de formation, c’est pourtant dans l’interprétation qu’il se fait le plus remarqué auprès de l’ancien Président de la République du Sénégal, Me Abdoulaye Wade.

Qui disait l’âge c’est dans la tête ? Pape Mouhamed Camara tient bien dans ses 70 piges. Il affiche une forme peu commune pour son âge. On lui donne nettement moins. Lui attribue, sa bonne mine «à des années de pratique assidue de différents arts martiaux». Un look bien entretenu, une démarche certes lente, mais méticuleuse. Une voix pondérée, pleine de sagesse reçoit, pour immédiatement mettre à l’aise le visiteur. Un étrange mélange de rigueur zen et de tchatche espiègle se dégage du comportement de ce monsieur qui susurrait dans l’oreille du Président de la République, Abdoulaye Wade. Il faisait alors à la fois office de ministre conseiller et interprète. C’est dans un bureau décoré avec retenue qu’il nous reçoit en cette fin de matinée. L’homme maîtrise plusieurs langues : français, anglais, espagnol, chinois, russe, arabe, portugais, japonais, amharique, bulgare… Aujourd’hui, il est le coordonnateur d’un programme de PhD au centre diplomatique situé sur la route de Ouakam, une antenne du centre diplomatique de Paris.

Ce neveu d’Ousmane Diagne, (un ancien magistrat), issu d’une famille d’enseignants, a très tôt pris goût à la quête des connaissances. Il aimait à pousser les limites en allant au-delà des cours qui sont restitués à l’école. Cette curiosité l’amène à flirter d’avec toutes les langues, à sa portée. Cette donne lui confère aujourd’hui la capacité d’en manier plusieurs à la fois. Il effectue son cursus élémentaire et secondaire au Sénégal. Puis, se rend en Guinée ; accompagné de sa maman et y boucle le cycle secondaire. Baccalauréat en poche, il revient à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), pour les études supérieures. Il est orienté à la Faculté des Sciences Economiques et Juridiques. Il se spécialise en économie privée et en management option mathématiques. Dans le corps professoral, en quatrième année, se trouve un enseignant spécialement venu des Usa, de l’université Massachusetts Institute of Technology (MIT). Ce dernier ne maniait guère la langue de Molière. Il était évidemment plus à l’aise dans celle de Shakespeare. Cette donne constituait un énorme frein dans sa détermination à transmettre du savoir à ses étudiants, qui, pour l’essentiel, ne comprennent pas l’anglais. Sur recommandation de ses collègues de classe, Mouhamed Camara, accepte de jouer les interprètes. Parmi ses condisciples figurent feu Djibo Leity Kâ, Abdoulaye Diop Mactar, Fadel Dramé, Sadikh Diop, Fatah Diagne… tous devenus d’imminentes personnalités.

Pape fera office d’interprète un an durant, entre le professeur américain qui parle à peine français et des étudiants francophones. Après avoir bouclé sa Maîtrise, le jeune homme très ambitieux, veut se rendre à Columbia University (New York), une des plus prestigieuses au monde, afin d’y affiner davantage ses connaissances. Il lui fallait une recommandation. Il l’obtient de son professeur américain, ce qui lui ouvre les portes de Columbia University. Nous sommes en 1974. Il se propose «d’apprendre une filière pouvant aider les pays d’Afrique à se développer». Il se spécialise en «Buisness Inchanging Economy», une forme de macroéconomie, se rappelle-t-il. Il restera en tout, vingt six ans, à travailler pour des structures établies aux Usa. Il était toutefois courant qu’il revienne au Sénégal, dans le cadre de son travail. «Je ne restais pas plus de deux ans sans revenir au Sénégal». La majeure partie des projets, pour lesquels il travaillait, servaient en Afrique. C’est ce qui l’amène à visiter plusieurs pays du continent. Là, il accumule une grande expérience qui «complète son éducation académique», relève-t-il. Il a travaillé dans la structure qui a construit l’immeuble Trump Tower.

Au début, se souvient-il, j’étais «un monsieur quelconque». En fin d’année, une fête est organisée chez le président de la structure. Au jeu de ping pong, il aligne tout le monde. La fille du boss la remarque soulignant avoir déjà vu son visage quelque part. C’était en fait, dans le catalogue de l’Université Columbia. Le patron mis au courant, le change automatiquement de position. Son salaire passe du simple à huit fois plus. Quelques temps après, le Fonds monétaire donne suite favorable, à sa demande d’emploi. Son salaire passe de 11.000 à 61.0000 dollars. Le retour de Pape Mouhamed Camara dans son pays natal passe par la Senelec en 1996. Il a étroitement travaillé dans la confection du schéma directeur informatique de cette structure publique. Mais, Pape Mouhamed est plus connu par le grand public, pour son rôle d’interprète auprès d’Abdoulaye Wade. Leur première rencontre a lieu à l’Ucad.

L’homme qui murmurait dans l’oreille du président
Me Wade, alors jeune professeur et lui étudiant. Il est alors charmé par ce professeur qui déjà à l’époque dispensait «les cours en rétro-projecteur ». Il venait toujours bien habillé, à bord de sa Mustang, évoquait ses amis tels que Samuel Chang. La fascination est déjà au rendez-vous. Quelques années plus tard, élu Chef d’Etat, le Président Wade cherchait un profil pour diriger l’Université du Futur. C’est là qu’il est contacté pour le rencontrer. En plus de ce travail, il est nommé chargé de mission à la Présidence de la République. Plus tard, il est nommé conseiller spécial, avant d’être promu ministre conseiller, «très actif» relève-t-il, auprès du Chef de l’Etat. Ce dernier, dit-il, lui propose de faire désormais partie, de sa délégation, dans tous ses voyages. La première traduction a lieu lors d’une rencontre avec une délégation américaine. Camara faisant office d’interprète montre toute l’étendue de sa maitrise des langues.

Le Président Wade découvre émerveillé une des facettes cachées de son conseiller. C’est ainsi qu’à chaque fois qu’une délégation venait au Palais de la République, il faisait appel aux services de Camara. De fil en aiguille, il devenait un des interprètes attitrés du Chef de l’Etat. Il retient un «homme aux connaissances étendues et au génie rare». L’homme qui a fait le tour du monde avec Me Abdoulaye Wade dit prier «pour la paix des cœurs».

Il incombe aux hommes de faire de la réalité ce qu’ils désirent. La première perspective du développement réside dans la paix, souligne t-il. On peut le croire, lui qui a côtoyé pas mal de cultures et fait le tour du monde.

Oumar BA

Le fondateur du label Off-White vient d’être nommé à la tête des collections homme de Louis Vuitton. Le début d’une nouvelle aventure pour ce génie de la mode.

Un parcours atypique
Virgil Abloh, un nom déjà bien connu dans la fashion sphère. A 38 ans, le designer africain-américain marié et père de famille, succède à Kim Jones et devient le premier créateur artistique noir au sein de la maison Louis Vuitton. Aux côtés d’Olivier Rousteing chez Balmain, Virgil Abloh est l’un des seuls à occuper une telle fonction au niveau d’une marque de luxe française.

Né en Illinois (près de Chicago) en 1980 de parents d’origine ghanéenne, Virgil Abloh a étudié dans une école catholique avant d’obtenir un diplôme en génie civil à l’université du Wisconsin à Madison. Il n’a suivi aucune formation de mode puisqu’il a enchaîné ensuite avec une maîtrise en architecture à l’Institut de technologie de l’Illinois. Au regard de ses créations parfois asymétriques, on comprend d’où lui vient sa vision créative.

Après ses quelques expériences, Virgil Abloh lance en 2012 un premier label appelé Pyrex Vision sur lequel il distribue des streetwears hyper recherchés et des t-shirts/polos signés Champion et Ralph Lauren, avec son propre logo imprimé et visible dessus. Si cette idée a créé la polémique, elle a surtout réussi à le faire connaître dans l’industrie de la mode.

Désireux de faire rimer streetwear et luxe, Virgil Abloh lance un an plus tard Off-White, une marque de prêt-à-porter au succès croissant, et s’impose comme le designer à suivre de très près.

Avec sa griffe reconnaissable par ses grosses bandes noires ou blanches, il joue avec les codes du luxe en transformant le sportwear en couture. Des finitions pointues, des coupes malines, des détails sophistiqués… Virgil Abloh désacralise le luxe. Un moyen de faire changer les choses et de faire évoluer les mentalités. Ses collections séduisent les plus grandes stars du moment ainsi que le public jeune.

Le bras droit de Kanye West
Par un concours de circonstance, Virgil Abloh s’est fait repérer par le rappeur Kanye West. A seulement 22 ans, il devient l’un des plus proches collaborateurs de la star et son conseiller mode.

En 2006, il suivra Kanye West dans les coulisses de Fendi à Rome. On lui doit notamment en 2011 la pochette de l’album Watch the Throne réalisé avec la complicité de Jay Z. Un travail artistique qui lui vaudra une nomination pour le Grammy Award de la meilleure pochette d’album. Aujourd’hui, Virgil Abloh et Kanye West ont encore des projets communs.

Créatif multi casquette
Nike, Jimmy Choo, Levi’s, Moncler, Warby Parker, VLONE, Takashi Murakami…, les collaborations sont nombreuses. Récemment, Virgil Abloh s’est associé avec Ikea pour mettre sur le marché en 2019 une collection capsule.

Depuis ses 20 ans, Virgil Abloh se retrouve souvent derrière les platines. Actuellement, il mixe encore de nombreuses soirées à Miami ou Las Vegas. De temps en temps, le DJ prend le dessus sur le designer !

S. D.

C’est sur sa page facebook qu’il a annoncé sa nomination au Conseil présidentiel pour l’Afrique (Cpa): « Fier et honoré d’être nommé au Conseil présidentiel pour l’Afrique auprès du Président Macron - Pour un nouveau visage de la relation entre l’Afrique et la France ! Je compte sur vous ! »

Entrepreneur d’origine sénégalaise, né en France en 1971, Karim Sy a fondé, en 2010, à Dakar, Jokkolabs qui se veut non seulement un espace de travail partagé mais également le creuset d’une communauté d’entrepreneurs engagés dans les nouvelles technologies. Le Conseil présidentiel pour l’Afrique a été annoncé le mardi 29 août lors de la conférence des ambassadeurs. Il aura pour mission de « nourrir la politique africaine d’Emmanuel Macron, de lui faire remonter des propositions et redescendre la perception de sa politique sur le continent ». Ainsi, onze bénévoles liés à l’Afrique auront un accès direct au président pour lui « remonter des idées » et faire passer ses messages. « Ce ne sera ni un nouveau think tank, ni un fan-club africain du président de la République », promet l’Élysée.

Directement rattaché au chef de l’État Emmanuel Macron, le Cpa a été pensé depuis le mois d’avril pour incarner « le renouvellement du partenariat entre la France et l’Afrique », voulu par M. Macron afin de permettre « une nouvelle approche des enjeux de société ».

S. D.

Huawei, troisième fabricant mondial de smartphones, lance son nouveau produit, le P20, face aux modèles concurrents de son grand rival sud-coréen.

Spots à la radio, campagne de publicité à la télévision, lancement mondial au Grand Palais, là où d’habitude Karl Lagerfeld fait défiler les mannequins de Chanel… Rien n’est trop beau ni trop cher pour les P20 de Huawei, la dernière gamme de smartphones lancée ce mardi, à deux pas de la Seine, par le constructeur de Shenzhen. Celui-ci a sorti le grand jeu pour imposer ses nouveaux téléphones : le P20 et le P20 Pro. Si tous les deux misent sur la photo et l’intelligence artificielle, ce dernier modèle est le véritable « coup » technologique. Il s’agit, en effet, du premier smartphone au monde à avoir trois objectifs photo, alors que la norme actuelle du marché est de deux. Il sera disponible dès aujourd’hui en France et en Europe occidentale pour 899 euros. Le P20 est, lui, à 649 euros. Cette dernière famille de smartphones est une arme de poids pour Huawei dans la guerre sans merci que celui-ci mène à Samsung et Apple. A eux deux, le Sud-coréen et l’Américain captent presque 35% du marché, selon les chiffres 2017 du cabinet Gartner. Huawei, lui, arrive à la troisième place, avec presque 10% des parts. « Samsung cherche à maintenir son avance sur Apple, mais Huawei, lui, vise directement Samsung », explique Annette Zimmermann, analyste mobile chez Gartner.

Profil bas à la Mecque du mobile
Le constructeur chinois rêve depuis des années de devenir numéro un. Même s’il est l’un des deux seuls constructeurs au monde (avec son compatriote Xiaomi) à avoir augmenté sa part de marché au dernier trimestre, sur un marché globalement en maturation, Huawei vend toujours deux fois moins d’appareils que Samsung. En 2017, selon Gartner, le Sud-coréen a vendu plus de 320 millions d’unités, contre 153 millions pour le constructeur chinois. « Huawei est le numéro trois mondial mais ils ne veulent pas rester à cette place : ils visent clairement le leadership, on aurait tort de l’oublier », rappelle Thomas Husson, analyste principal au sein du cabinet Forrester à Paris. « Le fait de lancer le téléphone à Paris témoigne d’ailleurs de leur volonté de jouer avec les codes du luxe et du “lifestyle”, tout en confortant leurs parts de marché en Europe, celles qu’ils n’ont pas aux Etats-Unis. »

C’est la deuxième fois que Huawei choisit la capitale française pour un lancement mondial. En 2014, le P7 avait déjà été dévoilé à Paris. Les P10, qui précèdent les P20, avaient été mis sur le marché, de leur côté, à Barcelone, en 2017. Mais cette année, en février, Huawei avait fait profil bas à la Mecque du mobile. Doublé par Samsung, qui en avait profité pour dévoiler sa dernière gamme, les S9, le constructeur chinois s’était contenté d’annoncer une tablette et un nouvel ordinateur portable.

Le patron de la division grand public, Richard Yu, avait reconnu que le P20 devait encore subir quelques petits réglages techniques… Un mois plus tard, Huawei contre-attaque, avec Samsung comme cible. « Avec le P20, on est clairement positionné en face », reconnaît François Hingant, responsable du marketing chez Huawei Consumer France. D’ailleurs, pendant plus de deux heures, Richard Yu n’a cessé, mardi, de comparer les performances du P20 avec celles du S9 de Samsung et de l’iPhone X d’Apple.

Source Les Echos

Ces oiseaux montrent des processus cognitifs que l’on croyait appartenir exclusivement aux humains, la capacité de penser être espionné. En effet, les corbeaux montrent des signes de paranoïa et changent la façon dont ils agissent s’ils pensent être surveillés.

En étudiant le comportement des corbeaux qui cachaient de la nourriture, Thomas Bugnyar et son équipe du département de biologie cognitive de l’Université de Vienne ont découvert que ces corvidés pouvaient comprendre qu’ils pouvaient être observés, même sans voir un autre oiseau, et se comporter sournoisement en conséquence. Cela suggère que les corbeaux sont également capables de penser abstraitement à d’autres esprits, un trait normalement unique aux humains. Connue sous le nom de théorie de l’esprit, cette capacité nous permet de comprendre les choses du point de vue de quelqu’un d’autre.

Ils s’appelaient Idy Diène, Cheikh Tidiane Diol, Mame Mbaye Ndiaye, Ousseynou Mbaye. Ils vivaient respectivement à Florence (Italie), à Caxias do Sul (Brésil) et à Madrid (Espagne) pour les deux derniers cités. Ils ont tous subi le même sort que César, assassiné en mars. On tue les Sénégalais en mars. On les tue également les onze autres mois de l’année. Dans un passé pas si lointain, il y a eu des meurtres de Sénégalais en France, aux Etats-Unis, en Côte d’Ivoire, au Gabon, en Argentine ou encore au Maroc. Est longue la liste des pays où la tête du Sénégalais est une hure pour les chasseurs d’immigrés. Leurs hallalis jouissifs résonnent sauvagement d’ignominie, de barbarie, de manque de tolérance et d’humanité. Alors que – pour poursuivre de filer la métaphore animalière – les immigrés sont comme des pinsons, ces oiseaux migrateurs qui cherchent une meilleure vie en quittant les zones froides de la Scandinavie et de la Sibérie pour rejoindre les climats plus cléments de la mer Méditerranée. La migration est, en partie, la source de leur bonheur. En effet, les pinsons sont des oiseaux qui chantent à tel point qu’ils sont à l’origine d’une expression française : « Joyeux comme un pinson ». Survivre n’est pas un délit. Autant pour les oiseaux que pour les humains.

• Par Moussa DIOP

Peu connu du grand public, ce Sénégalais n’en demeure pas moins méritant. Il est à l’origine de la première télévision école créée au Sénégal. Ici, on combine éducation et transmission du savoir.

Assane Mboup vient de franchir la quarantaine. Malgré cet âge dit de la maturité,  il est encore à se poser des questions existentielles. Il avoue toujours se demander qui il est réellement. Il est décidemment difficile de cerner l’homme. Lui-même peine encore à venir à bout de cet exercice. Retenons donc ce qu’il veut bien partager avec nous.  Assane se définit comme « un citoyen et ami du monde ». « On m'appelle Mister Blue», dit-il. C’est non seulement plus simple mais surtout plus juste car le monde est fait de valeurs d’amitié et d’amour, s’empresse-t-il de préciser. Son parcours qu’il dépeint comme rempli de « folies » est en réalité le vecteur de son cursus.

«Élève, je me proposais de réaliser les cartes géographiques de tous les pays du monde. J’y croyais fermement. Je démarrais avec l’Afrique, j’en ai fait quelques unes, je devais préparer mon Brevet de Fin d’Etudes Moyennes, il me fallait suspendre. En classe de terminale,  je publiais mon premier livre en anglais,  pour me rendre compte plus tard que j’étais dans un pays francophone. Je devais repasser en mode traduction, des folies qui ne se justifiaient pas », souligne-t-il. Parallèlement,  il est très imprégné des sciences spirituelles. Son intérêt pour la spiritualité lui permet d’approfondir ses recherches sur les relations humaines. Une fois le baccalauréat en poche, il est orienté à la Faculté d’Anglais mais la philosophie demeure un domaine phare pour lui.  Il fait ses études universitaires partagées entre l'anglais, la comptabilité et  l'informatique multimédia. Ensuite, le troisième cycle est consacré à la communication et le management. Il était déjà directeur administratif et financier d’une industrie de peinture au Sénégal. Un an après, il est directeur général adjoint. Et trois ans durant, il a couplé services, études et recherches approfondies en communication, spiritualité et management. Sa passion pour  l’écriture l’amène à la production d’une dizaine de livres dont huit déjà publiés. Le dernier en date « Valeurs de paix » est paru aux Editions L’Harmattan à Paris. Mister Blue a initié, sur recommandation de son guide spirituel, l'édition de six volumes illustrés pour enfant retraçant la vie et l'œuvre de Cheikh Ahmadou Bamba en tant que creuset de valeurs pour la stabilité sociale. Cette collection intitulée Collection Maam Bamba est en six volumes traduits en trois langues.

Un entrepreneur né
C’est en 2003 qu’Assane Mboup crée sa propre société. Un cabinet d’expertise en communication et en management du nom de « Show Me ». En même temps, l’histoire des jeunes savants l’intéresse. Les jeunes surdoués, les hauts potentiels, comme il aime à les appeler. « J’essayais de les comprendre, de comprendre leurs problèmes, les désynchros qui existaient entre eux et les autres et ce que leur réservait la vie comme ignorance, comme incompréhension », souligne-t-il.  Il organise alors un forum national dans l’objectif de dénicher ces incompris, de leur offrir une plateforme d’épanouissement,  pour les accompagner à la réalisation de leur rêve. Le forum des jeunes cracks et créateurs du Sénégal est né. Ce Forum révèle des talents impressionnants. De jeunes génies informaticiens hors pair, des artistes innés jusqu’à ce que l’on tombe sur un jeune créateur de fusées. « Les gens ont peur. Je suis traqué, contrôlé, suivi même alors que mon ambition était de faire comprendre aux Sénégalais que ma patrie était riche de valeurs et de savoir-faire qu’il fallait accompagner. Heureusement que c’est maintenant compris, ou du moins je l’espère », indique-t-il. En 2006, il est  sélectionné par le Département d’Etat américain pour représenter l’Afrique de l’Ouest avec 24 autres jeunes chercheurs et experts pour travailler sur la thématique du Business Développement avec les plus grandes universités des Etats-Unis dont Harvard University. Le travail fut le fruit de profondes réflexions sur les relations entre l’humain et le business avec l’apport des medias. C’est le déclic d’un nouveau rêve. Encore une folie avancée : créer une télévision 100 % éducative au service de l'école, de l'université, de la citoyenneté du partage et de l’échange pour la promotion des valeurs de la République. Une télévision au service de la santé, du civisme, de l’innovation pour le développement durable, de la démocratie, du genre, de l’éthique, du rapprochement des peuples dans la paix et la tolérance. Une télévision « positive », une télévision hors business... Est-ce possible ?  Une première en Afrique. Il s’appuie sur les revenus de ses consultances professionnelles, du fruit des marchés de son cabinet, de l’engagement volontaire de ses amis. Ces efforts combinés permettent de réaliser le projet. « J’installais petit à petit la télé tout en ayant à l’esprit qu’il ne fallait pas que je pense qu’il faut des milliards pour faire une télé, mais qu’il fallait juste rester intelligent et innover tout en s’ouvrant aux autres », souligne-t-il. Des studios en mode récupération, des cabines de montage recyclé ; il fit appel aux jeunes créateurs qui avaient participé aux forums des inventeurs. Ensemble, ils mettent sur pied une plateforme technologique révolutionnaire haute définition menant à la création d’une IPTV désormais disponible à travers le monde en mode mobile et en mode box international.    

Et la télé-école vit le jour…
2012, Télé-école est lancée. Avec les moyens du bord mais assurant une qualité top de diffusion et un programme 100 % éducatif, avec l’engagement de personnes ressources bénévoles et expertes. L’Etat du Sénégal s’intéresse à travers son ministère de l’Education, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le ministère de la Formation professionnelle.  Et en 2014, des acteurs de la télévision éducative se réunissent à Lyon (France) pour créer l’Union internationale des télévisions éducatives francophones. Il est  alors élu président avec comme mission d’élargir les champs des Tv éducatives à travers le monde par la prise en charge des préoccupations éducatives dans leur globalité et leur diversité.  L’objectif  du support est de participer au renforcement des actions d’aide à l’éducation, l’échange inter-écoles, mais aussi et surtout l’appui aux élèves, étudiants et professionnels de l’entreprise de tous niveaux, à travers la création d’une plateforme media gratuite de révisions, d’études, de formation et d’entraide pour le développement. La particularité de Télé-Ecole est que les présentations sont faites par les élèves et étudiants, en collaboration avec les citoyens, encadrés par des professionnels. Par sa grille des programmes, Télé-Ecole invite les élèves et les étudiants à investir les médias, mais dans une approche différente de celle de la distraction. L’intérêt est plutôt orienté vers des émissions de langue, de science, de culture générale, de débats entre élèves et étudiants sur des questions liées à leur cursus scolaire. Des personnes ressources compétentes veillent à l’encadrement. « Par sa grille des programmes, Télé-Ecole participe au développement de l’entreprise, de l’éducation environnementale, de la citoyenneté et du civisme... à travers des contenus élaborés et présentés par les élèves avec l’encadrement des spécialistes », fait remarquer Assane Mboup. C’est aussi une autre façon de faire de la télé en donnant la primeur non pas aux artifices des pratiques mais à la valeur des contenus, tout en impliquant toutes les couches socio- professionnelles. A quand la prochaine folie d’Assane Mboup ?

 

Cœur d’or et de mélodies

Une œuvre d’humanité
Le père Dominique Catta est le seul survivant des neuf moines français de l’Abbaye de Solesmes, en France, qui sont arrivés au Sénégal, en 1963, pour ensuite fonder le monastère de Keur Moussa où ils ont fait fleurir le « désert ». La Kora est un instrument important dans cet univers de dévotion. Et l’homme de Dieu y est pour beaucoup. Il a, en effet, dans un élan de générosité, transmis son savoir-faire à des apprenants de l’Ecole nationale des arts après avoir apporté une contribution considérable à l’atelier de lutherie musicale du monastère de Keur Moussa. Son œuvre est reconnue au-delà des cieux qu’il a servis dans le travail, la foi… et le rythme. Elle a permis à cette communauté religieuse de recevoir le prix Albert Schweitzer. Le père Dominique Catta ne brigue pas les honneurs. Il tire satisfaction du service rendu à l’autre. Il promeut, de par son action inspirante, une humanité loin de tout ce qui pourrait la corrompre.

Trésor Humain Vivant

En 2016, année de ses 90 de présence sur terre, le ministère de la Culture et de la Communication a élevé le frère Catta au titre de Trésor Humain Vivant (Thv) suite à une requête de l’Amicale des Joyeux koraïstes pour l’œuvre musicale des Moines de Keur Moussa. Cette distinction méritée, honore toute une communauté et célèbre des vertus, une générosité et traduit l’attachement d’une âme à sa terre d’accueil, à ses populations, à ses cultures, à la nature.
Déjà pratiqué au Japon depuis les années 1950, le système de Trésors humains vivants a été adopté par le Sénégal en 2006.  En France, il est connu sous l’appellation « les Maîtres d’art ». L’Unesco, à travers l’adoption de la convention 2003 relative à la protection du patrimoine culturel immatériel, a reconnu les Thv considérés comme des personnes possédant, à un niveau élevé, les connaissances et les savoir-faire nécessaires pour interpréter ou recréer des éléments spécifiques du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Le père Dominique Catta n’a jamais arrêté d’œuvrer dans ce sens.

Il a consigné notre patrimoine

Le frère Catta, comme on l’appelle affectueusement dans cette abbaye, a consigné un patrimoine qui ne le laisse pas indifférent. La Nation lui doit cette reconnaissance. Il a participé à ce qu’un être inspiré a appelé « inculturation de la liturgie romaine dans la terre africaine du Sénégal ».  L’abbaye de Keur Moussa intègre la kora et les chants traditionnels sénégalais dans ses prières aux premières années de l’indépendance du Sénégal. Cette touchante anecdote rapportée par le site WWW.terredecompassion.com en dit long sur son dévouement : « Le Père de Ribes, supérieur du monastère naissant, lança au frère Catta : « Tu as de grandes oreilles, ouvre-les aux cultures locales, comme le dit le Concile ». Alors le Père Catta écouta ! Il était formé au plain-chant de Solesmes, avec un rudiment élémentaire de solfège, mais il se mit à écouter. Il écouta ses ouvriers qui travaillaient en chantant à la construction du monastère, il écouta ses novices africains, il écouta les femmes sérères, les séminaristes casamançais, les danses diolas, les griots mandingues comme Soudioulou Sissoko alors dans toute sa gloire de roi de la kora mandingue, il écouta les concerts du 1er Festival mondial des arts nègres organisé par Senghor en 1966, les messes camerounaises, surtout la fameuse messe Ewando… Il collecta des kilomètres de bandes magnétiques, de 33 tours. Il écouta et chercha les instruments traditionnels : la kora, le balafon, le tam-tam, le xalam, l’assiko, la sanza, l’arc en bouche dont les noms seuls disent la poésie ! Il écouta la radio surtout, notamment la musique traditionnelle du Sahel et celle des griots du Sénégal et même les chanteurs des villages voisins du monastère. » Ce témoignage est un récit de passion, de générosité et de foi. Le père Catta n’est pas un homme d’ailleurs, ni d’ici. Il est un symbole universel d’une humanité en paix avec elle-même dans la diversité de ses beautés.

 

Samira Bawumia est devenue au fil du temps l’ambassadrice du Ghana en matière de mode qui, à chacune de ses apparitions, fait sensation.

Maman de quatre enfants, Samira est admirée et aimée par beaucoup pour son impressionnant goût pour la mode. Bon nombre de gens ont cependant reconnu le fait que la seconde dame (elle est ainsi appelée parce qu’elle est la femme du vice-président du Ghana, Dr Mahamudu Bawumia) est exemplaire en matière de style et d’élégance. Samira est la fille de Alhaji Ahmed Ramadan, ancien président de la People’s National Convention, et de Hajia Ayesha Ramadan.

Comme son père, c’est une grande figure politique. Mais au sein du Nouveau Parti patriotique, NPP, du Président Akufo Addo, actuel Président du Ghana.
Sa beauté, à chaque sortie officielle et privée fait couler beaucoup d’encre et de salive au Ghana. L’élément clé de la dernière campagne présidentielle au sein du NPP était la famille Bawumia. Alors que le Dr Mahamudu Bawumia briguait la Vice-présidence aux côtés de Nana Akufo-Addo, son épouse Samira Bawumia était l’étoile principale de sa campagne. Tête bien faite et surtout bien pleine, elle est polyglotte et parle cinq langues du pays : Ewe, Ga, Twi, Fanti et la langue maternelle de son mari, Mamprusi.

Samira est diplômée en sciences sociales, en droit et en sociologie à l’Université Kwame Nkrumah des sciences et de la technologie. Elle a été meilleur étudiant en Master of Business Administration (MBA) pour la gestion de projet à GIMPA. Elle est l’une des rares personnalités qui fait l’unanimité au Ghana par son caractère et son style de vêtements. Elle est surtout très fière de son teint bien noir.
Ne dit-on pas  « Black is beautiful » ?

 

Musiciens, écrivains et personnalités du show-biz plébiscitent les créations de ce tailleur congolais installé à Paris. Prochaine étape : ouvrir sa première boutique en Afrique.

Le mannequin vient tout juste d’être posé en vitrine. Le créateur Jocelyn Armel, alias le Bachelor, s’empresse de nous le présenter. La veste en velours bleu portée par l’écrivain Alain Mabanckou lors de sa leçon inaugurale au Collège de France, le 17 mars, trône fièrement à la vue des passants du quartier de Château-Rouge, à Paris. Jocelyn était évidemment présent dans ce haut lieu du savoir pour l’occasion. « Il fallait que l’événement soit aussi vestimentaire », affirme-t-il. La tenue a réclamé un mois d’intense travail, d’essayages, d’ajustements, avec l’auteur de Petit Piment, que le tailleur appelle affectueusement « son petit frère ».

Les deux compères se sont connus à Paris il y a une quinzaine d’années. Cette amitié, jamais démentie, a finalement conduit le professeur Mabanckou à devenir l’égérie de la marque Connivences, créée par Jocelyn en 1998. Ce dernier est un adepte de la sape (Société des ambianceurs et des personnes élégantes), héritière d’un mouvement né au Congo avant les indépendances, comme un pied de nez au pouvoir colonial, et qui allie joie de vivre et raffinement. Sa griffe, identifiable entre toutes – costumes hauts en couleur, vestes à fleurs, chemises à pois ou à rayures -, avait aussi conquis l’icône congolaise de la rumba, Papa Wemba, décédé le 24 avril.

Echos médiatique

En 2014, c’est d’ailleurs une création de Jocelyn que le chanteur arborait dans le clip du morceau Araignée. Le couturier se targue aussi d’avoir pour ambassadeurs de prestige les musiciens congolais Fally Ipupa, Roga Roga, Ferre Golla et, plus surprenant, Antoine de Caunes et Ariel Wizman, deux animateurs de Canal+.
Jocelyn choisit lui-même ses tissus en Italie, en Pologne ou en Roumanie et ne propose que six modèles pour chaque vêtement. Exclusive, la mode du créateur n’en demeure pas moins abordable puisque ses costumes se négocient pour la plupart à 300 euros.

Cela fait maintenant onze ans que ce tailleur fringant a ouvert sa boutique dans l’ancien restaurant de sa mère après avoir commencé comme vendeur chez Daniel Hechter dans les années 1990. « Les clients étaient jaloux de mes vêtements. Ce sont leurs réactions qui m’ont poussé à créer ma marque. » Étudiant, pour arrondir ses fins de mois, il revendait déjà à ses camarades des costumes rapportés de ses voyages à Naples.

Imaginait-il alors qu’il serait un jour distingué dans le dernier City Guide de Louis Vuitton comme l’une des 100 personnalités de Paris, photographié par le célèbre Martin Parr, invité par le couturier britannique Paul Smith à la Fondation Prince Claus (Pays-Bas) ou qu’il tournerait des publicités et des clips pour Radio Nova, Canal+ Afrique et pour le groupe Black Bazar, inspiré par le livre éponyme de Mabanckou ? Il a également prêté son image à Nike en 2010, aux 80 ans de Lacoste en 2013, et à la dernière campagne de la compagnie aérienne congolaise ECair. Et, à présent, c’est la prestigieuse marque de chaussures pour femmes Louboutin qui s’attache ses services. Il réfléchit désormais, avec son ami Mabanckou, à ouvrir des franchises à Chicago et à Détroit. « Au départ, ma clientèle ne venait que du Congo. Aujourd’hui, elle s’est rajeunie, elle est de toutes les origines. » Les « sapeurs » viennent de partout, des quartiers chics de l’Ouest parisien, de Monaco, de Suisse… Et pour toutes les occasions, comme ce jeune urbain invité à un mariage, désespérant de ne voir ailleurs que des vêtements bien sombres. Ou cet autre, d’origine congolaise, qui se rend à des obsèques. Le rêve pour Jocelyn : lever des fonds et ouvrir sa première boutique en Afrique qu’il entend également habiller avec sa très communicative joie de vivre.

Source JA

L’histoire de Dakhar-Bango, l’un des trente-trois quartiers de Saint-Louis commune, se confond avec celle des camps militaires implantés dans cette localité depuis des décennies. Civils et militaires cohabitent en parfaite harmonie dans ce havre de paix qui a longtemps gardé sa quiétude à distance respectable de l’agitation de Saint-Louis. Bango est aujourd’hui devenu un nouvel eldorado qui attire bon nombre de résidents tombés sous son charme.

Ville amphibie, Saint-Louis ne se limite pas seulement à l’île, encore moins à Sor, côté continent. La cité tricentenaire étale ses tentacules jusqu’à Dakhar-Bango, un charmant village de 8 000 âmes situé à neuf kilomètres. Pour y aller, il faut emprunter la nationale 2, en direction de Richard-Toll et après le quartier de Khor, bifurquer à gauche. Une route construite en 2006 mène au village et se prolonge jusqu’au bord du marigot Lampsar, affluent du fleuve Sénégal. Dakhar-Bango, riche de son histoire, ses souvenirs, ses secrets et de nombreux trésors, invite à découvrir ses charmes. Les échoppes et autres commerces qui se sont installés le long de la route et autour desquels se côtoient quotidiennement les autochtones ajoutent une beauté supplémentaire à ce coin où vivent pêcheurs, éleveurs, maraîchers, militaires, professeurs...

Dakhar-Bango a la particularité d’abriter le Centre d’instruction militaire encore appelé 12e bataillon, creuset de formation des hommes de troupes. Créé en 1943 sous le nom de camp « Ardent Du Picq », il a été baptisé en décembre 1992 camp Deh Momar Gary. A Bango est également implanté, depuis 1946, le Prytanée militaire Charles N’Tchoréré et le 22e Bataillon de reconnaissance et d’appui. Ce village peut également s’enorgueillir d’abriter un aéroport depuis plus d’un demi-siècle et aussi la réserve d’eau qui alimente Saint-Louis et ses environs.

Espaces verts, rue pleine de charme, Bango qui offre de nombreux attraits, invite à la flânerie, au dépaysement. L’histoire de ce village, devenu un quartier de la ville de Saint-Louis depuis 1972, remonte aux années 1800. Selon de nombreux témoignages, le nom Dakhar-Bango vient d’un tamarinier qui se trouvait à l’intérieur du camp militaire. Magoye Mbaye, notable du quartier, souligne que cet arbre était le point de ralliement des pêcheurs qui rentraient de la mer. Il servait aussi à sécher et à réajuster les filets de pêche, ajoute-t-il. « Dakhar » signifiant donc le tamarinier et Bango renvoyant à un système de séchage des filets de pêche ont donné le nom de Dakhar-Bango. Cette technique artisanale consistait, explique M. Mbaye, à mettre deux poteaux et une transversale à l’image d’un camp de football, et permettait non seulement de sécher les filets, mais aussi de ne pas être attaqués par des insectes et autres déprédateurs. Les pêcheurs disaient donc « Dakhar bangui bango ». Le tamarinier qui nous servait de lieu séchage de nos filets de pêche. Le délégué de quartier Samba Guèye tient presque la même version.

Toutefois, poursuit-il, le premier habitant est venu du Saloum. Ce dernier, raconte-t-il, était à la recherche de ses enfants enlevés par des Maures qui voulaient les conduire en Mauritanie. Il les rattrapa à Dakhar-Bango. Compte tenu de nombreuses potentialités dont recelait cette localité, il avait préféré y rester pour s’adonner à la pêche et à l’agriculture.

D’après Magoye Mbaye, le village se trouvait à l’époque à proximité de l’aéroport. Les populations étaient installées sur la ligne de vol des avions. Cela posait un énorme problème de sécurité aux populations et aux autorités. C’est par la suite que les habitants ont été invités à quitter cette zone pour venir s’installer vers le barrage, actuel emplacement du village. Ce quartier rattaché à la ville de Saint-Louis depuis 1972 s’étend présentement du croisement de la route nationale n°2 aux rizières.

Dans le passé et la construction de la vieille ville, Dakhar-Bango a joué un rôle prépondérant. Ancienne capitale de l’Afrique occidentale française (Aof), Saint-Louis était à l’époque une île vierge. « Il fallait la construire. Les colons firent alors recours au matériel local. En quittant l’Europe pour venir en Afrique, ils n’apportaient pas de matériaux de construction. Ils travaillaient avec la matière première qu’ils avaient trouvée sur place », renseigne Magoye Mbaye. D’abord, ils installèrent les premiers fours à briques pour la fabrication des briquettes à Bopp Thior (vers Gokhou Mbathie). Au fil du temps, le banco avec lequel ils fabriquaient ces briques est devenu salé du fait de l’eau de la mer qui remontait jusqu’à Dagana, voire Podor, en période de décrue. Il fallait donc trouver du banco qui n’était pas contaminé. Durant leurs recherches, les colons avaient été conduits à Bango où ils avaient monté des fours à briques pour faire des agglos, des briquettes en banco cuit de couleur rouge. Celles-ci, indique Magoye Mbaye, ont servi à la construction de quantité d’édifices publics comme la gouvernance, l’hôpital régional de Saint-Louis, la mairie, les églises, les deux Rognats (nord et sud), tous les bâtiments qui se trouvent sur l’île, du nord au sud, avec ces briquettes en argile, en terre cuite. A en croire Magoye Mbaye, des descendants de ces anciens qui travaillaient dans ces fours, des familles bambaras principalement, vivent encore à Dakhar-Bango.

La ruée vers Bango
Coin relativement charmant et paisible, Bango est devenu un véritable eldorado. Depuis quelques années, on assiste à une ruée de nouveaux résidents vers ce quartier. Avec la promiscuité qui règne à Saint-Louis, tout le monde veut habiter à Bango. Une situation due, de l’avis du délégué de quartier Samba Guèye, aux nombreuses potentialités dont regorge ce quartier, la nature. De plus, il fait bon y vivre, et il règne dans ce village une ambiance toute particulière où amitié rythme avec convivialité. Le calme y est également pour beaucoup de choses, car Bango est assez éloigné de Saint-Louis pour ne pas en subir l’effervescence.

A en croire ce délégué de quartier, le rythme de la valorisation du foncier connaît une cadence soutenue au fil du temps. « Tous ceux qui avaient des terrains à côté de la route nationale les ont revendus à des prix relativement élevés », affirme-t-il. Cependant, cette zone est non-lotie. A l’image du président du conseil de quartier, Demba Guèye fait remarquer qu’ils sont impuissants face à une telle situation. A son avis, la particularité de l’habitat à Dakhar-Bango est que personne ne dispose d’un titre foncier, d’un permis d’occuper ou d’un bail. Depuis leur relogement à l’actuel emplacement du village, les populations courent toujours derrière leurs titres de propriété. Dakar-Bango est encore victime de l’absence d’un plan d’assainissement et de lotissement.

« Personne à Bango ne peut brandir un seul document attestant qu’il est propriétaire d’une portion de terre », se désole Oumar Diouf, président du conseil de quartier Bango nord et sud. Les démarches entreprises auprès des autorités compétentes étant restées vaines. Au Service régional du cadastre, les recherches sur le droit réel du village montrent qu’une partie relève du domaine réservé, une autre appartenant à des institutions comme l’Asecna ou bien au domaine de Jean Jacques Bancal. « Cela constitue un sérieux handicap dans la valorisation de l’habitat social. Tout nous manque, en l’absence de nos titres de propriété », alerte O. Diouf, tout en déplorant le chômage et le sous-emploi devenus une réalité chez les jeunes du village. « De tous les chefs d’Etat que notre pays a connus, seul le président Macky Sall est venu jusqu’au barrage de Dakhar-Bango. Mieux encore, tous les présidents qui viennent à Saint-Louis passent par Bango via l’aéroport. Malgré tout, nous sommes les parents pauvres de la ville. Même les Saint-Lousiens ne considèrent pas Bango comme un quartier de la vieille ville alors que nous avons ce statut depuis 1972 », s’étonne Magoye Mbaye. Et pourtant, Dakhar-Bango compte deux dignes fils dans l’actuel gouvernement du Sénégal. Il s’agit des ministres Mary Teuw Niane et Mansour Faye. Ce dernier, né à Saint-Louis, a construit une maison à Bango. Les populations fondent beaucoup d’espoir sur eux afin que cette question liée à la reconnaissance administrative de leur habitat soit un vieux souvenir.

Contraintes majeures
Vers les années 60, Dakhar-Bango ne disposait pas d’école primaire. Un bâtiment du camp a servi près d’une décennie de salle de classe aux enfants des militaires et du village et même à ceux des localités de Ngallèle et de Sanar. Ce n’est qu’en 1968 qu’on a construit trois classes pour les élèves du village par le biais du génie militaire. Un an plus tard, l’école primaire a ouvert ses portes. L’actuel ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le Pr. Mary Teuw Niane, y a fait ses humanités. Aujourd’hui, dans le domaine de l’habitat, bon nombre de militaires ont acheté des maisons dans le quartier ou y logent. Cela constitue, selon Magoye Mbaye, une « réelle opportunité » pour les habitants du quartier, notamment les bailleurs. Le brassage ethnique est une réalité à Dakhar-Bango, surtout entre militaires et population locale. Celui-ci a permis à plusieurs militaires d’épouser des filles de Bango. La proximité avec le camp aidant, beaucoup d’entre eux habitent dans le village. De même, des fils et filles de Dakhar-Bango se sont engagés dans l’armée. Le vieux Djiby Samb, notable du village, s’enorgueillit d’avoir des fils sous les drapeaux. Ils sont devenus des gradés dans leurs corps respectifs. Dans les rangs des enfants de troupe du Prytanée militaire, on compte aussi des ressortissants du quartier Dakhar-Bango. On retrouve toutes les ethnies à Dakhar-Bango.

Pour le délégué de quartier Samba Guèye, le concept « Armée Nation » est une réalité à Dakhar-Bango. D’après lui, l’Armée les soutient dans toutes leurs activités. « Aujourd’hui, nous avons encore plus besoin d’appui. Beaucoup de jeunes du quartier ne travaillent pas, certains sont tentés même par l’émigration clandestine », fait-il savoir. Dans le domaine de la sécurité, note M. Guèye, la présence des camps militaires constitue un facteur dissuasif. Toutefois, il souhaite la mise en place d’un poste de police ou d’une brigade de gendarmerie du fait que son quartier est frontalier avec la Mauritanie.

Actuellement, beaucoup de contraintes freinent l’essor du village. Selon Oumar Diouf, président du conseil de quartier Bango nord et sud, celles-ci sont liées aux réseaux électrique et hydraulique défectueux ainsi qu’à l’enclavement de leurs rizières en saison des pluies. Cette situation fait que les besoins des populations en eau ne sont pas couverts. L’aura de Dakhar-Bango ne correspond pas, d’après lui, à la réalité sur le terrain. « Nous faisons maintenant partie de la ville de Saint-Louis, mais nous éprouvons d’énormes difficultés pour avoir de l’eau alors que la source se trouve dans notre quartier », déplore-t-il. Pour Magoye Mbaye, une agglomération de 8 000 habitants a besoin d’un lycée, d’un marché moderne et même d’un centre de santé.

Samba Oumar FALL, Souleymane Diam SY (textes) et Assane SOW (photos)

Last modified on jeudi, 29 mars 2018 07:06

Thilogne, ville située à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec la Mauritanie, doit une belle chandelle aux émigrés, ses fils de l’autre côté du monde qui s’échinent, au rythme des transferts d’argent, à entretenir la flamme de leur terre d’origine accablée par le ralentissement de l’activité économique. Elle cherche son énième souffle face aux effets pervers de l’assistanat.

Thilogne, c’est cette terre du Fouta Toro remplie d’histoire et coincée entre Agnam et Matam. Elle semble perdre son dynamisme économique. Cela, malgré la contribution des émigrés qui ont apporté, à travers la mise en place d’une association dénommée « Thilogne Association Développement »(Tad), de la valeur à la vie de cette localité, jadis considérée comme le premier grand village du Sénégal.

La ville est poussiéreuse et difficile d’accès. Elle est sans grand relief. Des univers contrastés s’y « épient ». Capitale du Fouta au 18e siècle, Thilogne ou Thilouki en pulaar, espère inaugurer, sous peu, des pistes de production comme d’autres parties nord du pays. Les déviations dues à des travaux et leur lot de calvaires de Ndioum à Thilogne fondent ces espoirs. La route est rocailleuse, rendant le supplice interminable. Plusieurs heures sont nécessaires pour parcourir 137 km qui embrassent l’éternité sous une chaleur torride.

Tout au long du chemin menant à Thilogne, le paysage ne laisse pas entrevoir une bonne santé économique. La zone est désertique. Les arbres, peu épanouis, se faisant de plus en plus rares au fil du trajet, dessinent une nature hostile « domptée » par les populations de Thilogne. Ici, la modernité de l’architecture est saisissante avec des bâtiments bien imposants construits par des émigrés. On tire fierté de ces réalisations qui ont apporté un souffle nouveau à la ville. Néanmoins, Thilogne donne l’image d’une ville victime, comme d’autres contrées, d’une certaine indifférence. L’agriculture, présentée comme un levier de développement dans la zone, est en perte de vitesse. Les loumas ou marchés hebdomadaires qui proposent une diversité de produits à bas prix ne sont plus florissants.

L’espoir n’y est entretenu que par l’émigration,  seule issue, à leurs yeux, pour sortir de l’ornière et tirer leurs proches de la pauvreté. « J’ai quitté l’administration pour m’exiler et contribuer au bien-être social de ma famille. Ceux qui ont réussi dans notre localité et qui ont réalisé quelque chose sont ceux qui ont tenté l’émigration. Ils ont pu créer de la valeur ajoutée et soutenir leurs proches ». Ces propos de Habib Kâ, actuel président de Thilogne Association Développement (Tad), illustrent, à bien des égards, l’état d’esprit de ses pairs.

Ville construite par ses fils
Thilogne LyceeAmadou Niang qui observe une retraite bien méritée dans sa ville s’est absenté du pays pendant 42 ans. Il a démarré ses pérégrinations par l’Afrique centrale avant de s’installer aux Etats-Unis où il a vécu pendant 20 ans. Il souligne, comme d’autres, que la localité allait s’enliser dans la misère si des possibilités d’émigrer n’existaient pas. « Nous ne serions pas en mesure de survivre sans l’émigration », affirme-t-il avec force tout en orientant notre regard, avec fierté, vers de nouveaux grands bâtiments construits en un laps de temps par de jeunes émigrés établis dans les pays occidentaux.

Cette dynamique migratoire remonte aux années 1970. La plupart des Thilognois estiment qu’ils ont connu une période florissante avec le boom pétrolier du Gabon vers 1977. Ils ont pu ainsi changer le visage de la localité. Toutefois, pour l’ambassadeur itinérant Almamy Bocoum, par ailleurs ancien président du Tad, les ressortissants de cette localité ont visé d’abord des pays africains comme la Côte d’ivoire, le Mali, la Mauritanie, la Guinée avant de s’installer en Sierra Léone, au Libéria, au Congo, puis au Gabon où ils pouvaient trouver du diamant et de l’or. « Leur volonté était de s’enrichir et de soutenir financièrement la famille. Des fonctionnaires s’installaient aussi, dans cette perspective, dans les grandes villes », ajoute-t-il.

Le roman communautaire de Thilogne ne peut s’écrire sans ses ressortissants répartis un peu partout dans le monde. Ils ont eu l’idée de lancer, en 1995, Thilogne Association Développement. Aussi, un festival organisé tous les deux ans leur a permis de gagner en visibilité. Ils ont su se donner les moyens de relever le niveau de vie des populations. Ces âmes généreuses, conscientes de la situation de ceux qu’ils ont laissés au terroir, ont, en premier lieu, réfectionné l’école primaire qui date de 1925 avant de construire d’autres salles de classe, puis quatre écoles, un collège et le lycée de Thilogne. On leur doit aussi, entre autres réalisations, la réhabilitation du poste de santé, la construction des dispensaires et l’installation des forages.

« Tout a été construit par les fils du terroir. Au début, en tant que Thilognois établis en France, nous nous cotisions pour installer des forages, construire des écoles, faire des dons de matériels… La création de la coopération décentralisée par le président français François Mitterrand nous a permis d’accélérer le rythme et de faire de grandes réalisations. Des jumelages et échanges scolaires ont pu se réaliser entre des villes françaises et Thilogne », indique Almamy Bocoum. Cependant, le chantier est vaste. Dans différents secteurs d’activités, des habitants déploient des efforts pour le bien-être social, mais les moyens ne suivent toujours pas. C’est le cas dans les structures sanitaires. Au centre de santé de Thilogne, par exemple, le personnel soignant se donne corps et âme pour mettre un terme aux décès évitables et permettre aux femmes de pouvoir espacer les naissances et d’accoucher dans des conditions idoines ; un travail éprouvant en raison des stéréotypes tenaces et des difficultés financières. Nonobstant, des membres du Comité de santé, malgré leurs faibles moyens, ne se découragent pas.

Aly Sall est un enseignant qui s’investit dans l’amélioration de la santé communautaire, de même que Awa Ndiaye, une « Badianou Gox ». Ils brillent par leur engagement pour la cause sociale.

« Je travaille depuis longtemps dans ce centre de santé. Je ne gagne pas plus de 30 000 FCfa par mois. J’estime que c’est de mon devoir de militer pour le bien-être de mes sœurs et de sauver leurs vies en les sensibilisant », confie-t-elle. Awa se rend dans des zones reculées pour encourager les femmes à fréquenter les structures sanitaires. Mais, soulignent ces deux êtres altruistes, un soutien de l’Etat aurait permis de réaliser plus de résultats tangibles. Des infirmiers du centre sont restés trois mois sans salaire.

L’oisiveté des assistés
Thilogne ForagePar ailleurs, Thilogne semble perdre son souffle. Il n’est pas à l’abri des effets de la crise économique. L’une des activités les plus prospères dans cette localité, c’est le retrait d’argent. Les populations qui dépendent des revenus migratoires font vivre les systèmes de transfert d’argent, tels que Western Union, Orange Money, Wari et autres. Ces derniers ont fini par développer le culte de la facilité. Le président de Tad, Habib Kâ, reconnaît les revers de cette politique d’assistanat. « Les gens travaillent de moins en moins ici, contrairement aux zones environnantes. Ils sont sûrs de bénéficier du soutien des proches basés à l’extérieur. Il s’y ajoute que l’absence d’une politique d’emploi exacerbe cette situation. Ce sont les femmes qui sont les plus enclines à se débrouiller ici. Elles se lancent dans le commerce et dans différentes activités », explique-t-il. Il déplore aussi le fait que les fonds d’investissement n’aient pas permis de créer des emplois. « On consomme plus qu’on ne produit », regrette Habib.

Les élèves ont la tête ailleurs
Cette situation impacte le système éducatif. Malgré les efforts soutenus du corps enseignant pour des résultats scolaires satisfaisants, il est noté un certain désintérêt des enfants pour les études. Mme Ndiaye est professeur de français et d’anglais au collège de Thilogne. Elle explique qu’il leur faut consentir de grands efforts pour inculquer le goût des études aux enfants. « Ce n’est pas facile. La plupart sont des partisans du moindre effort. A croire qu’ils viennent à l’école juste pour meubler le temps. Ils pensent que l’émigration est la seule voie de réussite », relève-t-elle avec regret.

Pour autant, de l’avis de l’ancien proviseur du lycée de Thilogne Mamadou Sam, il est bien possible de renverser la tendance. Il en veut pour preuve les résultats qu’il a obtenus à force de ténacité. « J’avais senti, dès ma prise de fonction, un relâchement à tous les niveaux. Je me suis battu pour remettre de l’ordre au niveau du lycée. Cela n’avait pas été facile, suscitant même des hostilités. Mais, en mobilisant toutes les énergies, nous avons pu obtenir un taux de réussite  de 75 % au baccalauréat », dit-il. Une prouesse dans la mesure où le taux moyen n’avait pas dépassé les 40 %. L’homme est un natif de la localité, mais il a grandi à Dakar. Son successeur essaie de consolider cette dynamique.

Par ailleurs, en dehors des jeunes qui sont des charretiers, ouvriers ou cireurs, d’autres ont la chance de se faire recruter dans les deux menuiseries installées dans la localité.

Par Matel BOCOUM (photos : documentation)

En 2007, Nicolas Sarkozy, alors président de la République française, avait, à l’occasion de son premier déplacement en Afrique subsaharienne, suscité une vive émotion en évoquant notamment le drame de l’Afrique ainsi présenté : « L’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire », disait-il. « Le paysan africain qui, depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles ».

Il l’avait dit sans sourciller et avec condescendance. Ironie du sort, c’est en Afrique, pas suffisamment entrée dans l’histoire, que la sienne risque de s’écrire. Il aurait été de connivence avec une âme qu’il vouait aux gémonies et qui désormais le hante et saborde ses entreprises politiques. Le président sénégalais Abdoulaye Wade avait, à l’époque, fustigé ce discours. Il l’avait même raillé en ces termes : « Sarkozy vient d’arriver au pouvoir, il a beaucoup à apprendre ». Quelques années plus tard, une enquête sur un supposé financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2007, s’est accélérée et a causé son placement en garde à vue avant sa mise en examen. Le juge suspecte de possibles flux financiers impliquant des protagonistes liés au régime de l'ancien guide libyen Mouammar Kadhafi et l’entourage de Nicolas Sarkozy plus que jamais accablé par le sarcasme du temps.

Par Oumar Ba

Dans un pays « normal » et dans un « vrai » sport de combat (les gars, ils dansent de 14 à 20 heures pour nous gratifier de quelques secondes de balancement de bras et d’empoignades), Gris Bordeaux, qui empile les contre-performances depuis des années, serait à des années-lumière de ce ce qu’on a appelé, ici, la « Cour des grands » ou le « Cercle des vip ». Que les enragés de ce drôle de sport, partisans du colosse de la Médina, ne nous en veuillent pas « nak ! » C’est la triste réalité. « Monsieur 4 appuis », successeur d’un autre tigre à la tête de l’écurie Fass, un génie celui-là, ne côtoie le gratin des mastodontes que par les bonnes grâces d’un monde de la lutte aux critères de performance aussi extravagants que les normes qui le régissent. Sur 21 combats, il a essuyé 11 défaites. Ses deux dernières victoires ont été décrochées contre la « farce » Baye Mandione, passoire de la nouvelle vague et des préretraités, et contre Mouhamed Ndao Tyson que son mentor, Mbaye Guèye, a nommé, à juste titre, « ambulance ». Eclats trompeurs. Mais, le troisième tigre de Fass a un grand atout : il est pensionnaire de l’écurie Fass. Ici, on ne forme pas que des champions. On crée des produits tête de gondole. Mame Gorgui, Mbaye Guèye et Moustapha Guèye étaient des cracks et des chouchous. Gris Bordeau, lui, un piètre athlète pouponné. Le tigre n’égratigne même plus ! C’est la vérité des chiffres.

L’enfant de Tchiky fera face, le 31 mars prochain, au stade Léopold Sédar Senghor, à Balla Gaye II, auteur de 23 combats. Le lion de Guédiawaye en a remporté 19 et perdu 4. Il est impertinent, inconvenant, parfois même ridicule, mais ça gagne. Il s’est mieux approprié le slogan du mentor de l’autre : « J’attaque, je cogne et je gagne ». Gris Bordeaux, lui, attaque, cogne et s’affaisse ! L’ancien roi des arènes, tombeur du grand champion Yakhya Diop « Yekini », a montré qu’il est un lutteur complet et sait créer l’événement même si parfois il dérape avec des inepties du genre « Gris n’a pas de jolies chaussures. Il porte la même chemise jaune. Il fume du yamba ! » et bien d’autres niaiseries. On espérait que ses deux dernières défaites et ses deux années loin de l’arène avaient été bonnes conseillères. C’est dans ce seul domaine que Gris Bordeaux le bat à plate couture. Balla Gaye est un charmant champion d’une désespérante immaturité. Son jeune frère, Sa Thiès, victime de sa fougue « congénitale », a perdu son dernier combat contre Boy Niang 2. Si celui qui a perdu sa couronne en 2014, face à Bombardier, rencontre la même infortune, Double Less, le pater familias, risque, à nouveau, de lui faire endurer les vieilles remontrances de patriarche sénile et nostalgique. Et cette fois-ci, pour l’amour du ciel, Balla, ne viens pas nous dire, de manière pathétique, que tu étais souffrant pour expliquer une probable déconvenue comme la dernière fois avec ton ventre de vieux flemmard de troquet. Contrairement à Double Less, Mbaye Guèye, lui, contraint au stoïcisme, fera moins de tintamarre sans doute. Il est habitué à consoler son « bébé » !

Alassane Aliou MBAYE

Espérant un portrait au vitriol, nous posions au réalisateur sénégalais Joseph Gaï Ramaka cette question : « Quel regard portez-vous sur la nouvelle génération de cinéastes sénégalais ? » Voici sa réponse : « Dans la vie, il y a deux générations : celle qui a fait et qui n'est plus là et celle des vivants. Les cinéastes vivants sont ceux qui font tourner la machine tout en sachant qu'ils sont héritiers d'un excellent travail fait par leurs devanciers. Il faut apprendre de ceux qui ne sont plus là physiquement et dont les succès et les erreurs peuvent nous permettre d’aller plus loin et également insister sur la formation ». On a souvent reproché aux cinéastes de sa génération leur révolutionnarisme incommodant, leur tendance à exprimer leur dédain pour le travail des jeunes.

Joseph Gaï Ramaka ne les crible pas de critiques. Il se meut dans leur univers de créativité pour les accompagner. Le réalisateur de « Karmen Geï », film à succès et à polémiques, est un esprit ouvert et lucide dont la filmographie peint l’être profond, définit la personnalité. L’ancien étudiant de l’Institut des Hautes études Cinématographiques à Paris (anthropologie visuelle) est de ceux qui ont blanchi sous le harnais et trouvent leur second souffle d’inspiration dans leur altruisme.

Entreprenant
Cette générosité se manifeste à la fois dans son œuvre cinématographique et dans son action en faveur du cinéma sénégalais et africain. Gorée, « terre d’accueil » de ce Saint-Louisien qui a longtemps vécu à la Nouvelle Orléans, en Louisiane (comme attiré par les espaces remplis d’histoire), n’est pas son île de douce oisiveté. Le monde ne lui en aurait certainement pas fait grief après qu’il l’ait gratifié d’une si belle et « éclectique » filmographie. Sans se répandre en longs et interminables gémissements sur le cinéma sénégalais en éternels balbutiements ou en éloges sur sa carrière enviable, le producteur et scénariste pose des actes dans la limite de ses possibilités et engage, depuis des années, la réflexion sur le devenir du 7e art au Sénégal et dans son continent.

Son examen lui a permis de lancer, avec des jeunes, le Festival Gorée cinéma qui offre un cadre d’expression original de cet art (débat suivi de projection à la plage de films d’ici et d’ailleurs). Ce festival qui a élargi son réseau à Saint-Louis, sa terre natale, et en Casamance, plus qu’un palliatif au déficit ou à l’absence quelquefois d’infrastructures cinématographiques, est, à ses yeux, un plaisir. « Car je trouve qu’il est mille fois plus agréable de regarder des images avec comme toit un ciel étoilé. Ce n’est pas un palliatif, c’est une option. Avec le cinéma en plein air, on partage plus que le film. On partage la nuit, un climat propice à se raconter ou à écouter des histoires, la mer », dit-il.

Engagé
« Il semble que vous aviez de mauvais rapports avec l’ancien régime… » est la dernière question que nous lui avions posée chez lui à Gorée, il y a quelques années. Sa réponse fut : « L’ancien régime avait davantage de problèmes avec le peuple qu’avec ma personne ! » Les films de Joseph Gaï Ramaka montrent clairement qu’il est une âme que le devenir de son continent et du peuple ne laisse pas indifférent. Il est un homme sincèrement engagé pour les causes justes parce que, justement, il est de « cette génération de jeunes qui voulait changer le monde ». Son long métrage « Et si Latif avait raison », en 2006, était une alerte face à un régime qui entretenait le doute. Son court métrage « Plan Jaxaay », axé sur les inondations dans les quartiers de la banlieue dakaroise, s’inscrit aussi dans cette veine. Il y a quelques années, il a créé, avec ceux pour qui la liberté d’expression est essentielle pour l’épanouissement, l’Observatoire Audiovisuel sur les Libertés. Et avec un cinéaste burkinabé, il a lancé la Coordination Africaine Audiovisuelle pour la Démocratie lors du Forum Social Mondial de Bamako en janvier 2006. Dans son univers de prouesses aussi, il s’est employé à se donner les moyens de son indépendance de caractère en créant, en France, dans les années 1990, « Les ateliers de l’Arche ». Ramaka est définitivement un homme libre.

A. A. MBAYE

Le crash de l’hélicoptère de l’armée, le 14 mars dernier, à Missirah, est de ces souvenirs atroces imprimés dans la mémoire collective du peuple sénégalais. La douleur n’est pas encore assoupie.

Elle est vive parce que les drames de nos temps nous assaillent par la floraison d’images. L’humanité peut tirer fierté de celles qui nous ont montré un homme d’une saisissante bienveillance secourant des âmes désemparées. Madou Diarra, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a fait preuve de bravoure mais surtout de détermination. Il est venu à bout de sa peur légitime pour être utile à ses semblables accablés par le sort, gémissant de désespoir dans la mangrove et le noir. Il a su entretenir l’espoir face à la douleur. Ce pêcheur est un témoin oculaire de ce drame national. Il a eu le réflexe salvateur, dans un premier temps, de secourir les passagers coincés dans l’épave. Les cris de détresse en ont rajouté à son investissement digne des meilleurs éloges. Ayant compris qu’il ne pourrait y arriver tout seul, ce Malien d’origine, âgé de 27 ans, a alerté les populations riveraines qui se sont jointes à cet élan de solidarité. Ensemble, ces êtres inspirants ont sauvé les rescapés avant même l’arrivée des secours.

L’émotion et la peur ne se sont pas emparées de lui. Elles n’ont pas non plus affaibli son engagement infaillible.  Le divin l’a mis au bon endroit et au bon moment. Car rien, dans ce monde, n’est fortuit. Il met sur le chemin de ses créatures éprouvées l’ange du salut. Il ne s’est pas débiné pour parler de manière triviale. Il n’a pas témoigné de l’indifférence à l’égard de ces hommes et femmes dans le désarroi. Mais, au-delà de la reconnaisse que lui doit toute une Nation, il est un exemple d’altruisme dans ce monde qui pullule d’individualistes.

Dans la plus grande discrétion, sans ameuter les louangeurs et toute la République compatissante, cet homme s’est singularisé par sa générosité d’âme, sa vaillance. Il est un héros pour ceux qu’il a participé à sauver, pour nous tous qui croyons encore à l’homme. Madou Diarra a fait montre d’une grande humanité. La Nation lui doit une belle chandelle. Qu’elle lui témoigne toute sa gratitude.

Oumar BA

Le « car rapide » ou « 1000 kg », dans une autre époque, est définitivement entré dans l’imaginaire du peuple sénégalais. Ce véhicule de transport en commun compose le décor de la ville. Le Pr Ousseynou Faye du Département d’Histoire de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar l’évoque dans son ouvrage « Dakar et ses cultures », paru aux éditions L’harmattan. Extraits.

«L’année 1947 correspond à la mise en circulation du premier «car rapide». Celle-ci est intervenue dans un contexte de crise grave qui règne…dans les transports en commun à Dakar. D’autres éléments du contexte d’apparition de ce véhicule de transport méritent d’être soulignés. C’est le cas de la hausse de la demande de transport… (liée) au développement de cette ville… (Il y a aussi) l’insuffisance du parc automobile de la Compagnie Sénégalaise des Transports en Commun (Cstc) et le coût prohibitif du ticket de transport qu’elle proposait au consommateur. Le ticket de transport est passé de 0,5 F à 7 F. Cette inflation a été présentée comme un remède de cheval contre la baisse drastique du montant de la subvention de l’Etat.

Devant l’impossibilité de proroger l’exclusion des autres (néo)citadins du transport automobile, il fallait trouver une réponse adéquate à la nouvelle demande de transport. Outre le système du transport par taxi, l’empire du transport par régie allait cohabiter avec un régime de transport contrôlé par le colonisé. Il le fit en inventant le « car rapide ». Le « car rapide » est une adaptation de la fourgonnette de marque Renault. Utilisé dans le transport et le service de livraison à domicile du lait de vache, ce véhicule a été recyclé au profit des usagers du transport urbain. Au nombre des aménagements opérés, pour rendre possible l’exercice de la nouvelle fonction, (il faut souligner) l’alignement de banquettes sur lesquelles pouvaient s’asseoir 18 personnes. Le nom de « 1000 kg », qui lui est accolé, entre en concurrence avec celui de « car rapide ».

Le nouveau véhicule est exclu, à la suite de la calèche, du centre urbain par l’institution municipale qui lui aménage des points de stationnement dans un périmètre formé par la rue Sandiniéry et les allées Paul Béchard. Ce périmètre est situé dans la zone quasi escarpée du plateau. Aussi sommes-nous en présence d’une mécanique vouée à rouler uniquement dans la « ville indigène » et à transporter « l’indigène » exclu des autres régimes de transport. Ce régime de transport a été institué en 1951 avec la création de la Régie des Transports du Gouvernement général (Rtgg) de l’Afrique Occidentale Française…

Aussi l’année 1954 consacre-t-elle la position de «domination sans hégémonie» de «l’autobus de l’indigène» dans le trafic de passagers. Il affiche des chiffres impressionnants : 20 millions de voyageurs transportés… En outre, quand, en 1957, la Rtgg transportait par jour une moyenne de 8.400 passagers, l’ensemble des 800 «cars rapides» mobilisés pour effectuer un seul voyage quotidien pouvaient satisfaire la demande de transport de 14.400 habitants…

En 1948, la somme de 5 F correspond au prix du ticket de transport à payer par les usagers des lignes d’autocars Dakar-Colobane, Dakar-Gueule Tapée et Sandaga-Médina ».

Alassane Aliou MBAYE (source : Ousseynou Faye)

On a juré sur tous les saints que Rahmane Barry, c’était le nouveau Mehmet Scholl lors de la Coupe d’Afrique des Nations égyptienne en 2006. On a aussi dit qu’Issa Bâ était fantastique. Pape Seydou Diop, capable de fulgurances, que beaucoup ont oublié, nous a enchantés en un temps court. Et puis, El Hadj Diouf, on en a fait un Dieu. Plus récemment, le dernier venu, Santy Ngom, pensionnaire de l’élite française de football, nous a fait oublier que Mbaye Niang traîne désormais sa carcasse sur les prés de nos futurs triomphes et bides. Le joueur de 24 ans du Fc Nantes nous a gratifiés de sa belle palette technique face à l’Ouzbékistan dans le cadre de la préparation de la Coupe du monde russe ; ce qui lui a valu d’être élu homme du match et bien des éloges légitimes.

Ce Franco-sénégalais, natif du Mans, est plus fin que son grognard de coach qui a eu, cette fois-ci, le nez creux ! Il a épaté. Mais, nous allons souvent très vite en besogne. Certains -et parmi eux des Es-pécialsites », en ont vite fait un titulaire en puissance.

Le Sénégalais a la manie de créer ses mythes, de les accabler de dithyrambes, avant de les démolir. Santy Ngom est un jeune joueur qui vient tout juste de jouer ses premiers matches en ligue 1 française. Il n’a pas encore gagné ses galons de titulaire dans la formation de l’entraîneur italien Claudio Ranieri même si ses premiers éclats sont prometteurs. Avec les Canaris, il a joué, cette saison, une dizaine de matches et marqué un but. Formé au Mans Fc, le nouveau chouchou des « footeux » est passé par les équipes réserves de Guingamp et du Paris Saint Germain. Il a également fait quelques piges au Pfk Levski Sofia, en Bulgarie, en 2015, avant de retourner en France, à La Suze Fc, club de division d’honneur. Il y réalise de bonnes performances qui suscitent l’intérêt du Fc Nantes, désireux de renforcer sa réserve. Il s’engage avec cette formation, en mai dernier, et réussit à attirer l’attention de l’encadrement technique de l’équipe professionnelle. Il fait ses débuts en Ligue 1 le 14 novembre 2017 et signe son contrat professionnel de trois ans quelques jours après son baptême du feu. Que cette baraka qui l’a loti de ce talent accompagne sa carrière débutante en équipe nationale.

A. A. MBAYE

Amie Ndiaye Sow est la nouvelle directrice régionale de United Bank Africa (Uba) en zone Ouest.  Celle qui vient d’être promue a toujours été un pion béni. Aujourd’hui, elle est célébrée. Elle a désormais en charge des filiales d’Uba réparties dans trois pays d’Afrique, notamment le Sénégal, la Guinée et le Mali. Avant sa nomination au poste de directrice régionale de la Zone 2 de l’Afrique de l’Ouest, l’ex-major d’Ecobank gérait, depuis 2013, la filiale du Sénégal en tant qu’administratrice et directrice générale. Elle capitalise une vingtaine d’années d’expérience… dans les hautes responsabilités du monde des finances bancaires en tant que manager risques et business développeur sur les marchés de l’Afrique de l’Ouest, du Centre et de l’Est, tout particulièrement au Kenya où elle s’est construit une belle réputation en tant que directrice de la gestion des risques pour le compte du Fonds Africain de Garantie des Pme (Agf). Titulaire d’une Maîtrise en Economie, d’un Master en Banque, Finance et Assurance ainsi que d’un Master en Gestion des Finances publiques à l’Université de Dakar, Amie Ndiaye Sow n’a pas eu un parcours professionnel classique.  Dans cette sphère, son estampille est reconnaissable entre mille. Aujourd’hui, elle a fini de placer l’institution qu’elle dirige dans le peloton de tête des banques au Sénégal. Pour un domaine qu’elle a embrassé par passion, elle s’entoure de sa rigueur et doit s’ouvrir, par ailleurs, aux réalités de son milieu.

OUMAR BA (Source : Piccmi.Com)

La Dodge est l’un des plus anciens constructeurs automobiles américains. Cette marque porte le nom de ses créateurs légendaires, les frères John Francis et Horace Elgin Dodge. La société est responsable de la création de certaines des voitures les plus emblématiques, fabriquées aux États-Unis et commercialisées aux quatre coins du monde. En 1900, la Dodge Brothers Company a été fondée par Horace et John Dodge à Detroit, au Michigan. Au début, la firme produisait des bicyclettes et des pièces de véhicules pour d’autres constructeurs de Detroit. Ce type de démarrage était typique d’une nouvelle entreprise automobile aux États-Unis au début du 20e siècle. Reconnue pour sa qualité de travail et sa fiabilité, la société Dodge Brothers a produit une vaste gamme de pièces automobiles, notamment des groupes motopropulseurs, des transmissions, des moteurs de précision et d’autres composants.

Nos illusions

22 Mar 2018
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Les enlèvements d’enfants, dont certains subissent un sort atroce comme dernièrement avec cette âme innocente de Rufisque, Serigne Fallou Diop, ont fini de créer une psychose collective. Il y a des créatures que la violence émoustille et que la tendresse répugne. Ces individus de conduite infamante, que la conscience, pour ceux qui en ont, n’assaille point, que le remords ne hante et que les geôles ne dissuadent, ne tirent jouissance que dans la vilenie, l’horreur dont ils sont capables. Mais, il y a à dire sur cette fameuse société sénégalaise de « vertus » et sur ce qu’elle est devenue (à moins qu’elle n’ait jamais été autre chose) sans vouloir admettre ces souillures ou justifier le mal. Nous ne sommes plus ce que nous prétendons être. Nous nous gargarisons de l’héritage des aïeux et des vénérables figures religieuses d’un autre temps pour trouver un accotoir à nos égarements et inconséquences. Nous entretenons l’illusion sur notre être profond. Il suffit d’évaluer le lien affectif avec notre entourage immédiat pour se rendre compte de la désarticulation de la société. Cela n’arrive pas qu’aux autres. Le patient est devenu pour le toubib un vulgaire client. Le dévot, une vache à lait pour le marabout avide de privilèges ; la mosquée, une gentilhommière de recyclage pour vieux flemmards. Le politicien s’octroie le droit de « pigeonner », de mystifier de manière éhontée et l’on dira que « dafa mana polotik » ! Quand les institutions pourvoyeuses de sens se délitent sous l’effet des convoitises, de la cupidité, il ne faut pas s’étonner que ceux que le vice excite sortent de leur cabane pour « faire ripaille ». Car les discours verbeux exaltant nos « valeurs » sont devenus si éloignés de la funeste réalité... Gardez bien vos enfants. Le mal est en nous…dans nos illusions.

Par Alassane Aliou MBAYE


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