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Mécaniciens et laveurs : Ces métiers mal aimés qui rapportent gros

03 Jui 2016
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Ce sont des métiers qui ne font pas rêver, pourtant, ils nourrissent leurs hommes. Mécanique et lavage de voitures, de quoi faire dans une ville où le nombre de jeunes inoccupés et les notes de conjoncture inquiètent. Le point sur leur exercice et les chiffres d’affaires.

« J’ai toujours rêvé d’être militaire », laisse entendre ce jeune de 26 ans. Rien que de porter la tenue lui aurait suffi. « Day tah nit gni naw la» (Avec la tenue, les gens vous respecte). A défaut du service militaire, Magou Fall a décidé de se réaliser dans la mécanique. De la tente sous laquelle il s’est réfugié, les bras croisés, il soutient que la réparation mécanique ne profite plus au patron. « Sur les rechanges de moteurs par exemple, le patron nous donne 7.500 FCfa ou 10.000 FCfa à se partager pour nous les cinq apprentis qui travaillons dans son garage. On peine même à assurer nos besoins alimentaires », se désole ce garçon venu jusqu’à Tagar Ndiobène Tay (Kébémer) pour trouver un travail assez descend. La réponse ne s’est pas fait attendre bien que surprenante. « Cinq moteurs par jour, ça fait combien ? Sans compter les autres dépannages que le patron laissent entre vos mains », dit l’un des chefs du garage électrique qui de sa cachette resurgit pour cracher ses vérités. Pour certaines pannes d’organes, ce sont les mécaniciens qui s’en chargent. Tandis que les patrons s’occupent des disfonctionnement des moteurs.

Quand on fait un métier qu’on n’aime pas, on cherche toutes les excuses possibles. Son désamour pour ce qu’il fait est devenu un secret de polichinelle. « Il me traverse parfois l’esprit de prendre une pirogue si l’occasion se présentait », confie ce jeune qui se perd dans ses ambitions d’être riche à tout prix.

7.000 FCfa pour segmenter un seul moteur, 30.000 FCfa pour l’acheter et 40.000 FCfa le montage inclus. De quoi assurer la dépense quotidienne mais également de quoi faire rêver un jeune Magou qui voit des billets de banque circuler sans en gagner beaucoup.

Dans une confusion de taxis, de particuliers, de minicars, de ferrailles, les bruits mécaniques émanent de partout. Des coups de tôlerie sur les épaves restant des véhicules accidentés ou trop usés et les vrombissements des véhicules qui ont des problèmes de masse, assourdissent passants et clients. Assis parterre, un homme d’âge mur s’affaire sur les bagues du moteur qu’il a entre les deux mains. Ce dernier ne semble guère gêné par ce bruitage mécanique. Au garage, un mécanicien n’a point d’oreilles, sauf pour parler à ses clients. Sur le capot d’un minicar à côté de lui, deux messieurs bien habillés attirent l’attention. Que font ces dandys au milieu de cette cacophonie ? Gérer leur garage comme tout le monde. « Un mécanicien en électrique n’a pas besoin de haillons pour faire son travail », lance dans un ton taquin le premier. Dans ses habilles tachetés d’huile, il assure que la mécanique est un métier profiteur. « Surtout quand il y a des évènements », informe-t-il.

Dandys au travail
« Je peux gagner jusqu’à 5.000 FCfa par jour », renseigne Talla Diouf qui a déserté l’école au profil du lavage des véhicule.

A quelques encablures du garage des mécaniciens, des laveurs déroulent également leurs activités. Quel réflexe ! Que d’outils à laver dans ce dépôt de véhicules ocrés où les hommes même perdent de leur couleur. « Pour les taxis, les calandos, les moteurs, nous les lavons à 500 FCfa. Pour les 4x4 à 1.000 FCfa », informe-il. A quelques pas de cette place, une autre station de lavage plus moderne que le premier mais, qui les moins que les espaces dédiés. Muni d’un aspirateur et d’une pompe de lavage, les tarifs y sont plus élevés voir multipliés par deux. « Le lavage associé à l’aspiration, c’est au minimum 5.000 FCfa », annonce Ablaye Mbaye, un ancien élève.

Après une série d’échecs successifs pour l’obtention du brevet de fin d’études moyennes (Bfm), il embrassa le métier de laveur. « J’ai une famille que j’entretien très bien grâce à ce métier », s’en réjouit ce père de famille qui, depuis quinze ans, y est.

Par Marame Coumba Seck

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