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Aviculture à Bambilor : Une activité qui nourrit son homme

15 Jui 2016
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Ils sont nombreux, ces jeunes natifs de Bambilor qui ont jeté leur dévolu sur l’aviculture, un secteur porteur d’emplois et de richesses. Un détour effectué à la ferme d’un des propriétaires, Papa Bakary Coly, permet de s’en convaincre. Cependant, ces aviculteurs se plaignent de l’implantation « anarchique » des fermes, le manque de lopin de terre dû à l’urbanisation « galopante».

Située à 3 kilomètres de Bambilor, la ferme avicole de Papa Bakary Coly est la parfaite illustration d’un secteur en plein essor. Dans ce poulailler implanté sur une superficie d’un hectare et demi au cœur de la brousse, on dénombre huit grandes bâtisses qui font office d’enclos de 20 mètres de long et 10 mètres de large. Les trois enclos d’une capacité de 700 sujets pour chacun servent à contenir les poulets de chair, les cinq autres, situés de l’autre côté de la ferme, abritent les poules pondeuses. Cinq puits creusés au milieu de la ferme assurent l’alimentation en eau aussi bien pour les poulets que pour les occupants de la ferme. Cette eau est également utilisée pour l’arrosage des champs maraîchers aménagés à l’intérieur de la ferme où s’activent 6 employés avec des tâches différentes.

Le maître des lieux, Papa Bakary Coly, un passionné de l’aviculture, nous sert de guide dans l’antre de son poulailler. Dans un des enclos où sont logées les pondeuses, le décor est tout simplement saisissant. Des sacs remplis d’aliments sont empilés de part et d’autre du local, des abreuvoirs et des mangeoires pris d’assaut par les volailles qui, avec leur piaillement, donnent un peu d’animation à cet endroit. Papa Bakary Coly explique, en effet, que ces sujets doivent rester 3 mois et demi pour pondre. Ainsi, avec ces milliers de pondeuses, le propriétaire de cette ferme parvient à réaliser, annuellement, une production d’un million d’œufs. A une dizaine de mètres de cet enclos, un autre local abrite les poulets de chair destinés uniquement à la consommation. A ce titre, précise M. Coly, ils doivent être élevés pendant 45 jours.

A l’image de Pape Bakary Coly, ancien émigré en Italie et en Espagne, actuellement secrétaire général de l’Association des aviculteurs de Dakar, ils sont nombreux ces jeunes natifs de Bambilor à avoir investi dans le secteur avicole, qui est en plein essor. Ibrahima Ndiaye, un autre aviculteur rencontré dans son dépôt d’aliments de volaille évolue, depuis 10 ans, dans les exploitations avicoles. « Avant 2005, la filière était un peu en léthargie à Bambilor. Ce n’était pas trop favorable, car il y avait les importations qui menaçaient le secteur. On notait même une diminution de la production dans la zone des Niayes », se souvient-il. Mais avec l’entrée en vigueur d’un arrêté visant l’interdiction de l’importation de poulets, dit-il, la filière a commencé à se redresser, ce qui fait que beaucoup de gens ont investi dans le créneau. « Du coup, la production a évalué de 2005 à 2008 », soutient M. Ndiaye, par ailleurs, président de la Fédération des acteurs de la filière avicole (Fafa). Il juge « favorables » les conditions de la zone de Bambilor pour la pratique de l’élevage de poulets. Un facteur qui contribue à l’augmentation de la production. « Etant dans une zone agro-sylvo-pastorale, elle participe à la croissance des sujets. Que ce soient les chairs ou les pontes », explique-t-il. Ainsi, soutient l’aviculteur, sa ferme peut produire jusqu’à 30.000 poulets par mois. Quant aux prix, ils varient entre 2.200 et 2.300 francs Cfa l’unité.

Pape Bakary Coly indique, de son côté, que les gens ont osé investir dans cette filière depuis l’arrêt des importations. « Si aujourd’hui, le gouvernement veut revenir en rouvrant les frontières, c’est nous ramener 8 ans en arrière », avertit M. Coly. Il explique qu’en 2005, la filière était à genou. « Actuellement, le secteur avicole commence à se relever, c’est mieux de le protéger et de l’encourager », estime-t-il. A son avis, il faut envisager la mise en place des mesures de restriction pour empêcher l’entrée des poulets étrangers dans le marché intérieur. Ces poulets, à en croire ce fermier, sont engraissés avec de la farine animale. « Il faut que le marché soit garanti à travers des mesures de protection pour encourager les investisseurs à venir dans cette filière. Le secteur avicole est rentable. En plus, l’investissement se fait à court terme. Car au bout de 45 jours, la personne peut retrouver l’argent qu’il avait injecté », rassure-t-il. S’agissant de la clientèle, elle est d’abord nationale avec les ménages, les gérants d’hôtel.

Ces obstacles qui plombent la filière
Cependant, déplore M. Ndiaye, l’implantation des poulaillers à Bambilor se fait de manière anarchique, ce qui pose un problème de données sur le nombre de personnes évoluant dans l’aviculture. Outre cette difficulté, il dénonce l’urbanisation galopante dans la zone de Bambilor. « Des zones destinées à l’aviculture sont même habitées ; un problème d’espace se pose. Pire, il y a des endroits où des gens ont rasé des poulaillers pour mettre des bornes en attendant de venir habiter », déplore Ibrahima Ndiaye. Il relève également des épidémies périodiques dans la zone et qui touchent les sujets. L’accès aux aliments reste un casse-tête pour les acteurs. Cela s’explique par la cherté du maïs qui constitue 50 % de la production de ces aliments. « D’où l’intérêt de voir d’autres sources de production d’aliments », préconise M. Ndiaye.

Un reportage d’Elhadji Ibrahima THIAM et d’Abdou DIAW

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