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Grace à la disponibilité de l’eau : Le maraîchage gagne du terrain à Keur Momar Sarr

29 Juil 2016
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Le lac de Guiers est une véritable aubaine pour les populations de Keur Momar Sarr. Avec la disponibilité de l’eau, beaucoup d’entre elles s’adonnent au maraîchage pendant la saison sèche.
A la sortie du village de Keur Momar Sarr sur la route de Gnith, se trouve la localité de Mérina, située à moins d’un km. A l’entrée du village, Maly Coumba Niang, la cinquantaine entamée, prépare sa parcelle. Aidé de deux autres parents, il s’apprête à entamer la contre saison chaude. Sa parcelle de près d’un hectare, située près du lac, est divisée en plusieurs lots. Ici, le tournesol sera la principale variété.

« Avec l’aide de partenaires, je cultive du tournesol. Dans trois mois, ce sera la récolte. Je compte faire d’autres variétés comme les carottes », a expliqué M. Niang, un des notables de Mérina qui s’intéresse beaucoup à l’histoire de son terroir. Grâce à la disponibilité de l’eau, beaucoup de personnes s’activent dans le maraichage. Sur les rives du lac, de Keur Momar Sarr à Suyer sur une distance de près de 30 km, les parcelles sont visibles. Il en est de même sur la route qui mène à Gnith.

A la sortie de Keur Momar Sarr, Amadou Kâ exploite une parcelle d’un hectare et demi. Il est à la préparation des plans et espère récolter dans quatre mois. Depuis 40 ans, il s’active dans le maraichage, d’abord, à Mboro, puis Fass Boye et Lompoul. « Faute de moyens, je n’utilise qu’une partie de la parcelle qui m’a été prêtée par le conseil municipal », a confié M. Kâ. Selon lui, beaucoup de gens s’activent dans ce secteur, mais ils n’ont pas assez de moyens. Les charges liées aux intrants, engrais et carburant sont importantes. Vulcanisateur de profession, le jeune Babacar Thiam s’est lancé également dans le maraîchage. Il exploite une parcelle de moins d’un hectare prêtée par le conseil municipal. Lui aussi déplore le manque de moyens.

« Le maraîchage, a-t-il soutenu, est rentable mais les charges sont lourdes. Trouvé près de son champ de manioc en train de réparer un tuyau endommagé, il demande au gouvernement d’aider les jeunes qui veulent se lancer dans ce secteur qui peut combattre le chômage. «Il y a beaucoup de jeunes qui souhaitent s’investir dans le maraîchage, mais les moyens font défaut. C’est un secteur qui peut contribuer à la diminution du taux de chômage», a regretté M. Thiam. 

Sepam : Une exploitation agricole qui lutte contre le chômage
Une exploitation agricoleA côté du maraichage à Keur Momar Sarr, de grandes exploitations se développent également. Profitant de la disponibilité de l’eau et ayant des moyens considérables, elles exploitent de grands domaines. C’est le cas de la Société d’exportation de produits agricoles et maraichers (Sepam). A la sortie de la ville, sur la route de Gnith à environ un km, se trouve le domaine de la Sepam. Il couvre une superficie de 1.000 hectares, dont 500 sont actuellement exploités. Entièrement clôturée, elle participe activement à la lutte contre le chômage.

Situé à 1 km du lac, le domaine est irrigué grâce à un tuyau qui déverse l’eau dans un bassin de 7.500 m3. Sont cultivés dans ce domaine, des haricots verts, des tomates, des melons et des oignons qui, après la récolte, sont conditionnés à Keur Ndiaye Lô (département de Rufisque), puis exportés vers l’Europe.

Selon Abdou Niasse, directeur administratif et responsable phytosanitaire, la Sepam, qui a démarré depuis 2005, emploie 12 permanents. Pour les travaux de semis, sarclage et binage du sol, elle fait recours à 60 personnes par jour. Les besoins de main-d’œuvre augmentent lors de la récolte. « En période de récolte, nous prenons entre 300 et 400 femmes par jours », a précisé M. Niasse. Il a ajouté que chaque femme peut gagner jusqu’à 4.000 FCfa par jour. Il n’y a pas que la Sepam qui intervient à Keur Momar Sarr.

Le Dac d’une superficie de près de 5.000 hectares a démarré depuis 2015. « L’agrobusiness se développe. Il y a la Sepam qui fait travailler beaucoup de personnes, sans oublier le Dac. La Saed a également prévu d’aménager de grandes superficies dans le diéri », a confié Diomaye Sène, le chef du Centre d’appui au développement local (Cadl).

Plante aquatique : Le typha valorisé à Keur Aya
Plante aquatiqueLe typha est une plante aquatique envahissante qui occupe une bonne partie du Lac de Guiers. Il empêche la navigabilité, mais freine également les activités de pêche. Malgré ces effets sur l’environnement, le typha constitue une source de revenus pour les habitants de Keur Aya, un quartier de la commune. A l’entrée de la ville, à gauche, se trouve ce quartier habité principalement par des Maures. Ici, toutes les clôtures des maisons sont faites à base de typha. Les Maures valorisent cette plante en fabriquant des nattes. Ils en tirent leurs principales sources de revenus. Ndèye Fall, la quarantaine, s’active dans la fabrication de nattes à base de typha depuis près de 40 ans. C’est son gagne-pain et elle en est fière.

Elle fabrique deux à trois nattes par jour en plus des travaux ménagers. «Je vends une natte entre 1.500 et 2.500 FCfa », explique-t-elle. Sa voisine, Marème Fall, maitrise parfaitement aussi l’art de fabrication des nattes. « C’est un travail que je fais depuis mon enfance et qui me permet de subvenir aux besoins de la famille », raconte Mme Fall. Avec le produit de la vente des nattes, elle appuie son mari. Mais ces deux dames trouvent difficile la récolte de cette plante aquatique. « La récolte du typha n’est pas facile. C’est même risqué. Il y a beaucoup de moustiques et des insectes, mais également des serpents dangereux dans le lac», a expliqué Ndèye Fall.

Après la coupe, le typha est séché pendant une semaine. Les nattes sont prisées lors des cérémonies religieuses. «Lors des Gamou, nous parvenons à écouler beaucoup de nattes. Nous faisons aussi le tour des marchés hebdomadaires », a ajouté Marème Fall. Ces dernières envisagent tout de même d’abandonner ce travail qu’elles jugent harassant. «Si nous trouvons des parcelles de terre, nous allons nous investir dans l’agriculture et abandonner le tissage des nattes», note Ndèye Fall qui confie que les Peuls s’adonnent également au tissage. Chef du Centre d’appui au développement local (Cadl), Diomaye Sène souligne qu’il y a des tentatives de la part de partenaires au développement pour transformer le typha en charbon.

Reportage de Aliou KANDE et El Hadji Ibrahima THIAM (Textes) et Ndèye Seyni SAMB (Photos)

Last modified on vendredi, 29 juillet 2016 12:40
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