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Voix unique, talent…Ces raisons d’aimer Ismaël Lô

04 Jan 2017
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1- Voix unique, sonorités nomades
La ligne démarcative entre ce que certains appellent pompeusement, ici, « album international » -donc dans les normes d’un confort d’écoute- et le « consommer local », forme trépide d’harmonies dissonantes, est trop allongée pour permettre à la musique sénégalaise d’enchanter le monde pour prétendre le conquérir. Et pourtant, sa palette de sonorités est riche et variée. Mais, faudrait-il d’abord que nos artistes-chanteurs sussent explorer et exploiter tout cet univers de rythmes. Un album bien travaillé est forcément international car transcendant les goûts « confidentiels » sans toutefois se priver d’en tirer parti. C’est ce qu’a réussi le chanteur Ismaël Lô même si sa discographie est arrimée aux spécificités locales. Ne s’est-il pas fait connaître ailleurs grâce au morceau « Tajabone » qui, à la fois, puise dans les réalités culturelles sénégalaises et emprunte des cadences entremêlées ? Les instruments ne font pas référence, dans sa musique, à leur terre d’origine ; même ses éternels compagnons de galère et de triomphe. Son harmonica et sa guitare. Ils se croisent pour créer des mélodies qui lui donnent une qualité peu courante sous nos cieux aux résonances stéréotypées.

Ismaêl Lô, c’est une voix unique, parfois d’un exquis tremolo, et des sonorités nomades. Le natif de DongoButi au Niger excelle autant dans ce qui s’apparente, sous plusieurs traits, à la Soul music, que dans les balades au terroir pour emprunter au Mandingue, au Peul, au Wolof… ce qui fait le charme de leurs rythmes. Sa réputation méritée en Amérique, en Europe et dans bien des pays africains « exotiques » est le résultat de cet assemblage d’univers musicaux et de son écriture originale. Ses pérégrinations, son passage au mythique groupe « Super Diamono », sa double appartenance aux cultures sénégalaise et nigérienne ont certainement contribué à cette ouverture à d’autres cultures.

2- C’est un artiste…
Ceux qui se délectent de la musique d’Ismaël Lô peuvent rendre grâce au Ciel qu’il n’ait pas préféré la carrière d’artiste-peintre à celle de chanteur dont le génie est partout célébré. En effet, celui qu’on surnomme le Bob Dylan africain (Bob Dylan était aussi peintre en plus d’être un auteur, compositeur et interprète reconnu) a, pendant un moment, hésité entre ces deux sphères de créativité après son passage (deux ans) à l’Institut des arts de Dakar. C’est par le plus heureux des hasards qu’il a choisi la chanson au détriment du pinceau qu’il aime, de temps en temps, à tremper pour donner de la couleur à la vie, aux choses qu’il évoque dans son répertoire.

Ismaël Lô s’est aussi essayé au cinéma avec une aisance déconcertante. Dans le film « Tableau ferraille » du réalisateur Moussa Sène Absa, il est l’acteur principal, « Dam » qui, sous plusieurs aspects, nous rappelle l’image que nous nous faisons de lui (un homme altruiste, humain et simple). « Afrique, mon Afrique » d’Idrissa Ouédraogo avait auparavant convaincu de ses prédispositions à briller dans le septième art et, dans une moindre mesure, « Camp de Thiaroye » de Sembène Ousmane.

3- ...Et il est correct
C’est à croire que, sous nos cieux, pour porter le titre d’artiste, il faut vivre dans la marginalité, exposer son révolutionnarisme suranné, laisser ses cheveux en délire avec le temps. Ismaël Lô a réussi à exister par sa musique et son talent sans fioritures de style dans sa manière de se manifester à nous. Il ne nous est pas encore donné de le retrouver dans la rubrique des inepties, caractéristiques de beaucoup de nos célébrités, encore moins dans les petites manies pour égayer les groupies.

Sa marotte, si tant est qu’elle existe, est de distiller, dans la longue durée (le bourdonnement du « buzz » ne saurait durer parce que l’insecte devra bien se poser quelque part) des mélodies. Plusieurs années après leur sortie, on se plaît encore à écouter « Jammu Africa », « Dibidibirek » … !

Par Alassane Aliou MBAYE

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