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Mamadou Diop, officier d’état civil à la ville de Dakar : Un maître dans l’art de sceller les mariages

10 Fév 2017
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Sollicité pour son approche originale de célébrer les mariages, l’officier d’état civil, Mamadou Diop,  a su marquer les couples passés par ses services, au fil des années. Ses cérémonies sont très courues à l’hôtel de ville de Dakar et au centre principal de l’état civil de la Sicap Amitié II.

Samedi. Il est 16h. Nous sommes  dans la salle de délibération de l’hôtel de ville de Dakar. L’endroit est rempli. Des hommes et femmes en grande toilette occupent les chaises. Ils sont venus assister à la célébration d’un mariage. Le jeune couple est là. L’officier d’état civil  prend la parole. Il rappelle aux mariés les droits et devoirs que renferme le mariage. L’assistance est silencieuse, conférant à l’évocation une solennité marquante.  

Le buste droit, Mamadou Diop,  l’officier d’état civil, assis dans un fauteuil, est en costume.  Il débute la cérémonie. La solennité du moment est étonnante et la sensation ressentie assez étrange. Mamadou Diop a ce don de capter l’attention de son public. Un discours sur mesure, simple, accessible et marquant par le choix des mots. Se basant sur le Code de la Famille, il est maître dans l’art de réunir des conjoints « pour le meilleur et pour le pire ». La mythique salle de délibération où il célèbre les unions est un lieu haut d’histoires. Là, au fil des années, est abritée la célébration des mariages que Diop a conduite avec un rare bonheur.

Il parle haut d’une voix limpide. Il capte l’attention.  Il célèbre l’idéal d’une vie tout en sacrifiant à la logique de l’émotion.  Il a cette manie de rendre le scénario émouvant, vivant, marquant et surtout inoubliable. A la suite de la célébration du mariage, l’officier d’état civil est congratulé et félicité de tout bord. Certains échangent avec lui leurs coordonnées de téléphone pour nouer une relation suivie. D’autres le félicitent avec déférence. Et pourtant, en temps normal, les éloges ne doivent point lui revenir. Pour cause, il n’a fait que son travail  qui consiste à célébrer des mariages. Toutefois, il a cette particularité de les célébrer, ce qui l’amène à capter à son honneur, une attention  toute particulière.

Assister à un mariage célébré par Mamadou Diop ne laisse personne indifférent, tant l’homme a cette capacité de rendre solennels ces moments forts  dans la vie d’un couple. Cette manière de célébrer les mariages lui a permis de nouer pas mal de relations qui ont évolué au fil des années. Et pas n’importe lesquelles. Mamadou Diop, né en 1957 à Wack Ngouna dans le Saloum, a fait ses études entre son village  et la commune de Nioro du Rip. Des études qu’il dit avoir interrompues  afin de se consacrer à sa famille. Fils unique, il était tenu d’assister sa mère dans les travaux.  Il se rappelle d’ailleurs avoir aidé sa maman dans toutes les  tâches domestiques. C’est en 1981 qu’il a commencé à travailler. Il atterrit à la Sonadis. Là, Mamadou va acquérir beaucoup de connaissances  qui lui seront, par la suite, très utiles. 

Une solennité qui marque à jamais
Après la Sonadis, il débarque au bureau d’études de la Sotrac avant d’intégrer, comme commis, l’office d’état civil de Dakar. C’est Mamadou Diop, alors maire de Dakar, qui fera appel à ses services au niveau de l’état civil. Nous sommes en 2000. A force de persévérance et de travail, il parvient à gravir les échelons pour devenir officier  d’état civil à part entière.  Sa nomination est intervenue sous le magistère de Pape Diop. C’est en 2003 qu’il hérite de la célébration des mariages.  Il trouve sur place une dame du nom de Fatoumata Dieng, c’est elle qui guide ses premiers pas, dans la célébration des mariages. Obnubilé par le travail, il assure n’avoir pas  pris de congés depuis 2001.

La solennité que revêt la célébration des mariages semble à ses yeux s’inscrire dans la norme.  « Tous les officiers d’état  civil se valent », déclare-t-il en signe de solidarité avec les membres de sa corporation.  Toutefois,  souligne-t-il, il  est tout le temps animé par l’amour dans ce qu’il fait. Ce qui l’amène à toujours chercher les mots justes pour rendre inoubliables ces moments forts dans la vie d’un couple.  « S’agissant des discours tenus, certains sont préparés d’avance, d’autres par contre sont tout simplement improvisés », note-t-il.  Quand il s’agit d’un mariage où il veut véritablement marquer la solennité, il sort un discours « fétiche ». Chose curieuse, ça marche à tous les coups. Il s’en suit des prières, un échange de numéros de téléphone, etc.  

« Le discours est longuement préparé », affirme-t-il. Mamadou Diop qui ne se lasse pas d’écrire, de réécrire dans le but de perfectionner davantage ce fameux discours.  Il avoue avoir beaucoup lu beaucoup d’ouvrages littéraires pour maitriser les techniques rédactionnelles.  Au fil des années, plusieurs célébrations de mariages l’auront marqué. Par exemple, celle de la fille de l’ambassadeur Bruno Diatta. Si lui, M. Diop, a été en pèlerinage à la Mecque, c’est en partie grâce à cette fille dont il a célébré son mariage.  Le père, Bruno Diatta, marqué par la solennité du moment, a su maintenir les liens avec l’officier d’état civil. C’est ainsi qu’en 2008, il lui a fait bénéficier d’un billet à la Mecque, lui permettant ainsi de voir se réaliser un grand rêve.

L’architecte Pierre Atepa Goudiaby, le colonel Kane des douanes sénégalaises, Me Adama Guèye, le Premier ministre Souleymane Ndené Ndiaye, l’actuel  président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse et l’ancien président de la République du Sénégal, Abdou Diouf, lui ont manifesté leur amitié. « Nos relations sont mêmes familiales. Il ne se passe rien chez lui sans qu’ils ne soient au courant », souligne Mamadou Diop qui est d’avis que « les mariés, souvent jeunes et fougueux, ont besoin d’être accompagnés par les parents, invités cependant à jamais s’immiscer dans l’intimité des époux ».  Selon lui, il faut laisser une marge de manœuvre aux deux conjoints afin que la communication prévale. « Beaucoup de mariages volent en éclats parce qu’il y a défaut de communication », regrette l’officier d’état civil.

Par Oumar BA

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