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Me Assane Dioma Ndiaye : Une belle rage de faire triompher le droit

20 Fév 2017
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Me Assane Dioma Ndiaye est l’un des avocats les plus médiatisés du Sénégal. Connu pour son engagement dans la défense des droits humains, il n’en demeure pas moins adepte des « gros dossiers ». La notoriété du président de la Ligue sénégalaise des droits humains transcende les frontières sénégalaises. Découverte d’un homme qui dit tout le temps s’engager « pour défendre la cause des sans voix ».

C’est l’histoire d’un jeune apprenant qui s’inspire d’une référence et l’assume pleinement. Chose plutôt rare par ces temps. Souvent, les hommes cachent, en effet, leurs  « individus rois » derrière un « je n’ai besoin de personne » quand on leur demande leurs références admirées, les exemples auxquels ils s’identifient, ceux à qui ils aspirent ressembler. Ce n’est point le cas de ce jeune étudiant en Droit rencontré à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Amadou a déjà fait son choix : il veut être avocat à l’image de Me Assane Dioma Ndiaye. La précision est importante à ses yeux. Il suit l’homme depuis quelques années et a fini par prendre cause pour lui.

Pas besoin d’arpenter longtemps les couloirs du Palais de justice de Dakar pour entendre évoquer « sa capacité à prendre plusieurs dossiers à la fois ». Réfléchis par toi-même, remets en cause le point de vue dominant, il ne renferme pas toujours la vérité, voilà ce qui pourrait être le devise de Me Assane Dioma Ndiaye.

On l’observe dans l’un des rares moments de pause, un visage bien garni, couvert sur un teint d’ébène, laisse entrevoir un physique en embonpoint. Il dépasse le mètre quatre vingt. Habillé d’un costume, comme c’est souvent le cas chez lui, il ne manque pas de s’arrêter ici et là pour de brefs échanges avec ses collègues. Me Assane Dioma Ndiaye dit, entre autres, avoir voulu être avocat parce que c’est un métier où « même si on fait face aux plus puissants, on peut quand même espérer gagner à force de travail et de persévérance ». Pas d’esprit de revanchard ni d’ambitions mondaines. Non, c’est autre chose. C’est la passion du challenge plutôt que du triomphe. L’amour de la défense et du défi relevé. Une belle rage donc !

Me Assane Dioma Ndiaye est un homme occupé. C’est parce qu’il est sur plusieurs fronts à la fois. Avocat de profession, il n’en demeure pas moins très engagé pour la cause des droits humains. Il s’est plus d’une fois illustré en prenant la défense de victimes. Il s’est, par exemple, constitué partie civile dans l’affaire Hissene Habré du nom de l’ex président du Tchad. Cette affaire n’est qu’une parmi tant d’autres. Passionné du droit, déjà très jeune, Assane Dioma Ndiaye a toujours rêvé arborer un jour cette robe noire dans le but de « défendre la cause des sans voix ». A la base, c’est la fibre humaniste qui a prévalu et guidait les pas d’un rêve, lequel n’a fait que se consolider au fil des années. Enfant studieux à l’école, il s’est toujours donné les moyens pour figurer parmi les premiers de la classe. A cet égard, son curriculum vitae est très expressif : « Il obtient en 1981 son baccalauréat avec la mention « Très Bien » et est le major du centre », lit-on dessus. Une fois le baccalauréat en poche, le jeune Assane pouvait bel et bien aller poursuivre ses études en Occident, comme cela était d’usage à l’époque. Il a tout simplement préféré rester dans son pays. « Je ne voyais pas la nécessité d’aller poursuivre mes études ailleurs, d’autant plus que l’époque l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar figurait parmi les meilleures au monde », souligne-t-il. C’est là donc qu’il passe tout son cursus universitaire jusqu’à l’obtention du Diplôme d’étude approfondies (Dea) en Droit.

Homme de défis
Me Assane Dioma Ndiaye est réputé endosser des dossiers où tout semble flou au début. Que d’improbabilités. Un adepte du risque, en d’autres termes. « C’est à l’image d’un footballeur sur un terrain de jeu. Il doit se dire que tant que le match est en cours, il est nécessaire de se donner à fond pour atteindre son objectif. Avec Assane, c’est pareil. Il a horreur de perdre, voilà pourquoi une fois engagé, il se donne tous les moyens nécessaires pour remporter un procès », témoigne un de ses confrères. « Un avocat gagne bien sa vie suivant sa carrière, ses objectifs. Selon la spécialité, on peut beaucoup voyager. Ce n'est pas monotone, car les dossiers sont divers et variés. C’est un métier passionnant, guidé par l’envie de défendre la cause des autres », dit-il.

Malgré un travail où il passe le plus clair de son temps à défendre des causes, Me Ndiaye se refuse de juger les autres. L’image lui est devenue familière : tous les jours, il voit des ombres furtives qui descendent des fourgonnettes de l’administration pénitentiaire pour rejoindre le box des accusés afin de connaitre le sort que la justice leur réserve. Certains s’engouffrent à nouveau dans ces voitures, car étant maintenus dans les liens de détention. D’autres, au contraire, recouvrent la liberté. C’est le quotidien des tribunaux.

Cette réalité est devenue une routine des habitués du barreau. Pour autant, Me Ndiaye traine cette réputation de ne jamais s’avouer vaincu d’avance. Quelque soit la complexité du dossier, il est prêt à l’endosser pour faire triompher la justice, témoigne un jeune avocat qui a eu à effectuer son stage dans le cabinet de cet avocat émérite. Il aime briser les résistances, les positions établies avec cet acharnement qui fait qu’aucune difficulté ne le décourage. Il a ce côté révolutionnaire, résume-t-il.

Me Assane Dioma Ndiaye est né le 13 Août 1961 à Kaolack. Il fait ses études primaires entre 1968-1975 à l’école régionale de Diourbel. Il passe son cycle secondaire au collège Saint Gabriel de Thiès. Comme susmentionné, il obtient son baccalauréat en 1981 et passe ses études supérieures à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar ou il sort avec un Dea en Droit privé, option judiciaire. Me Ndiaye est, en 1988, lauréat au Concours d’aptitude à la profession d’avocat (Capa). Il est aussi président de l’Organisation nationale des droits de l’Homme du Sénégal (Ondh) et directeur de la Justice internationale. Depuis 2010, il est coordonnateur de la Ligue sénégalaise des droits humains (Lsdh). En 2014, il devient membre permanent du Comité de discipline de la Cour pénale internationale.

C’est un avocat vif. Il s’engage à défendre un dossier selon qu’il juge qu’une des parties a été lésée. Il n’appartient à aucun clan, si ce n’est celui qu’il consent à défendre corps et âme. « Il sait combien la justice permet aux individus d’échapper au déterminisme, de faire face aux régimes totalitaires, de s’ériger pour rétablir l’ordre normal des choses », ajoute son confrère avocat. Assane Dioma Ndiaye fait partie des rares personnes à avoir dénoncé haut et fort la situation qui prévalait en Gambie, alors qu’un certain Yahya Jammeh en était encore le dirigeant. Après le départ du pouvoir de ce dernier, il fait encore partie de ceux qui réclament justice. Un procès en vue ? Wait and see !

Par Oumar BA

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