grandair

Cachez-moi ce sein...

31 Mar 2017
677 times

Il y a quelques années (disons quelques décennies), parmi les critères officieux de sélection dans les ballets africains, figurait en bonne place celui des seins bien pointus. Évidemment, cette exigence a été un peu « revue à la baisse, les seins étant précocement sollicités aujourd’hui (nous ne faisons naturellement pas référence au mariage précoce, mais aux petites jouissances charnelles « hâtives » de nos jouvencelles). « Papa » de l’autre côté de la métropole, principal client de nos ballets nationaux à l’époque de la curiosité de l’Art nègre, aimait bien voir nos danseuses avec toute leur fraîcheur indomptée, leurs prouesses corporelles, sans que les seins ne se joignissent à la valse étourdissante. Il ne fallait donc pas que les tétons fussent dévoilés, pour que la nudité ne s’assimilât au dévergondage. C’est de l’art ! On applaudira ! De retour au bercail, on pendra la crémaillère pour avoir aiguisé les esprits du « tuteur toubab » et figuré dans le gotha du monde des explorateurs des possibilités du corps tropical…et des seins ! Il valait mieux, pour celles qui aspiraient à une carrière sur la scène, veiller à l’épaisseur des « morceaux de poitrine ». Ça, c’est de l’histoire.

Notre rapport aux choses, à la réalité banale ou transcendante, est si alambiqué que toute déduction peut sembler hasardeuse (donc ne me prenez pas trop au sérieux…si un peu quand même !) Dans un « Car rapide », l’esprit le plus tordu, le plus lascif arrive à réprimer ses désirs devant une mère allaitant son nourrisson. Elle peut même susciter de la répugnance, du dégoût, alors que le bébé en tire son bien le plus précieux. Pour les âmes sensibles, passagères du « Car rapide », ces « lolo » tombant, avidement tétés par l’innocent môme, représentent un lien d’une totale humanité. Pourvu que le môme ne se plaise pas à trop « sucer » un peu plus tard. Cela voudra dire qu’il a grandi, que sa relation avec la poitrine a connu une évolution sociale graduelle ou fulgurante pour les prématurés voluptueux.

Dans certaines sociétés « primitives » (encore que je n’en connais pas la signification) et dans des localités d’ici et d’ailleurs, on traîne la « paire de nichons » scrutant le ciel ou tassant la terre sans que cela ne suscite émoi et que la fatwa ne soit lancée par les auto-proclamés censeurs de la République à la laïcité bien égayante et aux coutumes rendues obsolètes par un renversement de sens : exhiber le bout ou une partie bien pimpante de la paire de tétons (« paccal bamu pacc ») est plus inconvenant que les images d’archives revisitant la mode « ngimb » (petit pagne) de nos aïeux ou même, jusqu’à présent, dans des « quelque part » du Sénégal profond. L’idée qu’on se fait de notre société ou de notre cheminement social dépend de la trajectoire individuelle de chacun, de l’ouverture d’esprit dont on peut faire montre pour se dessiner les univers de sens possibles sans se livrer à une comparaison futile. Qu’ils soient « à découvert » ou « burqanisés », tétés ou sucés, les seins sont de vrais révélateurs sociaux et rendent compte de la conscience collective et morale de nos communautés un peu trop idéalisées.

Un ami très taquin (et probablement plus que cela), esprit brillant et en perpétuelle divagation, me posa un jour une question fort intéressante. Pourquoi donc, cher ami, les femmes que l’on surprend nues cachent leurs seins plutôt que leur sexe ? Puisque je n’avais jamais encore vécu cette expérience, je ne pus répondre à son interrogation ! Pensent-elles que les seins alimentent davantage le fantasme chez le mâle intrus. Mystère et boule de gomme pour le jeune et sage garçon pudibond que je suis !

Par Alassane Aliou Féré MBAYE

Rate this item
(0 votes)

CanGabon90x700ok


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.