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Mamadou Dieng, acteur touristique : Un guide engagé qui vit pleinement sa passion

12 Mai 2017
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Le tourisme dans le Delta du Saloum a fait naître des vocations dans cette zone qui regorge d’atouts impressionnants. Mamadou Dieng, un des fils du terroir, a choisi d’embrasser le métier de guide touristique avant d’opter plus tard pour l’ornithologie. Après plus de vingt ans de carrière, il garde toujours la même passion de son métier qui lui a presque tout donné.

Être guide touristique ne s’improvise pas. C’est un métier qui demande une formation et une grande culture générale. Mais on peut aussi devenir guide par passion. Et Mamadou Dieng, à force de côtoyer le milieu touristique, en a attrapé le virus. C’était vers le début des années 1980. À l’époque, il allait monnayer sa sueur dans les bars et restaurants de la localité pour soutenir sa famille et acheter des fournitures pour ses frères et sœurs. Puis, la passion ne l’a plus lâché.

« J’ai aimé cette expérience qui m’a permis de connaître beaucoup de gens et de bien maîtriser la culture de la localité ». Mamadou Dieng, qui a décidé de se jeter dans la mare, a laissé tomber ses études pour faire une formation de guide. Au début, il travaillait dans un établissement hôtelier, mais le guide étant à la merci de la demande, Mamadou Dieng qui connaît tous les coins et recoins de la zone a préféré être autonome et travailler en free-lance. Ce métier, reconnait-il, est très exigeant.

« Depuis des années, je passe mon temps à accompagner des touristes et à les assister au cours d’excursions ou de randonnées au niveau des sites naturels, à leur fournir les informations à caractère naturel, historique, géographique, économique ou social sur les localités visitées. C’est un travail qui nécessite des heures de travail, beaucoup de déplacements et exigeant parfois de travailler à tout temps, mais quand on est passionné, on ne s’arrête jamais », fait-il savoir.

Et chaque saison, Mamadou Dieng se donne à fond pour donner raison aux visiteurs d’avoir choisi la destination Sine Saloum pour découvrir ses merveilles naturelles incommensurables. Avec le temps, il est devenu un acteur incontournable du secteur. Et il continue de faire affaire avec beaucoup d’établissements hôteliers qui font souvent appel à ses services. Selon lui, un bon guide touristique doit avoir une oreille très attentive et une bonne compréhension des demandes de sa clientèle. La connaissance de la localité, de son histoire et de sa culture est aussi nécessaire, précise-t-il.

Le travail de guide étant saisonnier, Mamadou Dieng s’est trouvé une autre occupation pour meubler son emploi du temps et avoir d’autres sources de revenus. Depuis quelques années, il combine sa passion avec son travail de restaurateur. « Avant, j’avais investi dans la quincaillerie parce que la demande en matériaux de construction devenait très forte. Mais avec la construction du Centre d’interprétation de Toubacouta et les infrastructures connexes, je me suis dit, pourquoi ne pas investir dans la restauration. C’est ce que j’ai fait et aujourd’hui, je ne le regrette pas », indique-t-il. Son restaurant ne désemplit pas et le guide qu’il est a même créé des emplois.

Formation les guides touristiques
Avec l’industrie touristique qui se modernise de plus en plus, le guide a besoin d’être mieux encadré, soutient-il. C’est ainsi que le Conseil régional de Fatick a jugé opportun de former les guides touristiques de toute la zone pour les doter des bonnes pratiques et aussi d’améliorer la qualité de leurs prestations. Et Mamadou Dieng a opté pour l’ornithologie. « Le fait qu’il n’y ait pas d’ornithologue dans la zone m’a poussé à opter pour cette branche. Je me suis donc spécialisé dans l’étude des oiseaux, l’analyse de leur comportement, le rôle et leur évolution au sein d’écosystèmes ».

Cette option, dit-il, lui a permis d’élargir sa clientèle et de profiter davantage de son activité. À son avis, ce métier nécessite de la patience, mais surtout une passion. C’est ce qui fait, selon lui, que les ornithologues ne sont pas très peu nombreux à Toubacouta. « Nous sommes 12 guides à Toubacouta, dont deux ornithologues, et des années de travail m’ont permis de réaliser mon rêve. C’est un métier très payant. Si on a quelques clients, on est peinard. Et quand on tombe sur des touristes nobles, aisés, ils paient très bien », indique-t-il.

Pour Mamadou Dieng âgé aujourd’hui de la cinquantaine, le métier de guide est le plus beau métier de l’industrie touristique. « Tout le patrimoine que j’ai aujourd’hui, c’est le métier qui me l’a donné. Grâce à mon travail de guide, j’ai acheté un véhicule, construit ma maison et je cultive mon champ. Si c’était à refaire, je n’hésiterai pas une seule seconde », fait-il savoir.
Aujourd’hui, fait remarquer M. Dieng, on ne peut pas parler de tourisme, sans parler de guide. « C’est lui qui détient les clés d’une destination. Et il est grand temps de donner à ce métier ses lettres de noblesse ». Et comme bon nombre de ses collègues, il attend toujours que sa licence lui soit délivrée pour pouvoir exercer librement sa profession.

Par Samba Oumar FALL

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