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Mbaye Guèye, ancien lutteur : Le premier « Tigre de Fass »

09 Jui 2017
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Mbaye Guèye, ancienne gloire de la lutte sénégalaise, a marqué son époque. L’homme, toute sa carrière durant, a drainé de nombreuses foules acquises à sa cause. Aujourd’hui, il savoure tranquillement une retraite bien méritée.

Assis sous un arbre, le buste droit et les jambes écartées, le corps reste athlétique malgré le poids de l’âge. Les années d’efforts fournis au bord des plages pour se muscler ou maintenir la forme ont laissé quelques petites séquelles. Le premier « Tigre de Fass » a de beaux restes. La génération qui l’a vu lutter apprécie son courage légendaire et sa détermination sans faille. L’autre génération, celle qui ne l’a pas vu batailler, n’en demeure pas moins attachée aux prouesses du premier « Tigre de Fass ».
Mbaye Guèye a, malgré les années qui passent, gardé sa bonne réputation de lutteur légendaire. C’est parce qu’au fond l’homme ne s’est véritablement jamais tenu à l’écart des arènes. Comment y parvenir ? Difficile ! Chez les Guèye, la lutte est un legs qui se transmet de génération à génération. « Mon grand-père était, à son époque, un très grand lutteur craint de tous. Il a fait mordre la poussière à tous ceux qui ont osé se frotter à lui dans une arène », témoigne-t-il. Comme son aîné, il a, lui aussi, marqué son temps autant dans les « mbapatt « (combats de lutte populaire) que dans l’arène nationale. L’autre « Tigre » de la famille se nomme Moustapha Guèye, petit frère de Mbaye Guèye. C’est dire que chez les Guèye, la lutte est dans le sang.

Après avoir tenu en haleine les amateurs de lutte pendant plusieurs années, Mbaye Guèye profite présentement d’une retraite bien méritée. Il tient actuellement domicile en banlieue dakaroise, plus précisément à Fass Mbao. Ici, il est devenu un notable, un sage à qui on fait continuellement appel pour échanger sur divers sujets. Il se montre d’ailleurs particulièrement disponible dès lors qu’il s’agit de prodiguer des conseils ou donner des orientations aux jeunes. « Mbaye est d’une disponibilité marquante. Il est tout le temps prêt à vous accorder de son temps », témoigne un de ses voisins.

Il reste l’un des lutteurs qui aura le plus marqué les générations des années 1970-1980. Il a à son actif près de 80 combats en deux décennies dans l’arène. A l’époque, un lutteur ne pouvait pas se permettre de rester plus de six mois sans se frotter à un adversaire. « C’était une question d’honneur », se souvient-il. Et dire qu’en son temps les cachets étaient nettement moindres par rapport à ceux d’aujourd’hui. En 1973, un des combats de Mbaye Guèye avait défrayé la chronique. Pour cause, le lutteur avait empoché la « rondelette » somme d’un million de FCfa pour affronter Saa Ndiambour. 

« Une énorme somme à l’époque », se souvient-il. A l’occasion, le stade avait fait le plein. Certains n’ont d’ailleurs pas pu y avoir accès. Les gradins étaient archi pleins. Les lutteurs venaient ainsi de percevoir le premier cachet d’un million de FCfa, mais le promoteur pouvait également être fier d’avoir organisé une telle confrontation. Chacun a su, au final, tirer son épingle du jeu. Aujourd’hui, un cachet pourrait avoisiner la centaine de millions par lutteur. « A chacun sa génération. A chaque génération sa chance », relativise t-il.

Tigre de Fass
Le sobriquet de « Tigre de Fass » colle encore à la peau de Mbaye Guèye. Mais, au fait, d’où vient ce surnom ? « C’est un journaliste du quotidien national « Le Soleil » qui m’avait surnommé ainsi au sortir d’un combat âprement disputé », se souvient-il. Ce jour-là, Mbaye Guèye, bien que blessé, a lutté jusqu’au bout, ne se laissant guère déstabiliser par ses blessures. Il finira vainqueur de cette légendaire confrontation, avec à la prime le surnom de « Tigre » qu’il trainera honorablement jusqu’à la fin de sa carrière. Il fait, sans doute, partie des anciens champions de lutte qui auront le plus marqué leur temps.

C’est en 1964 que le « Tigre de Fass » débute sa carrière dans les « mbapatt ». Là, Mbaye Guèye se fait remarquer. Sa technique, son endurance, sa détermination marquent plus d’un. Son nom fera le tour du pays avant qu’il ne décide même d’intégrer l’arène nationale. C’est en 1964 qu’il intègre l’arène nationale. Il en ressort en 1970 pour aller honorer son service militaire. Après sa durée légale, il signe son retour dans l’arène au grand bonheur des nombreux amateurs. « Mbaye Guèye était un combattant charismatique. Vous pouviez ne pas le supporter, mais vous tombiez forcément sous son charme. Il était en quelque sorte irrésistible », témoigne James Seck, un incorrigible amateur de lutte.

Agé aujourd’hui de 50 ans, James assure avoir assisté à la plupart des combats du premier des trois « Tigres de Fass ». De Mbaye Guèye, il ne garde que de bons souvenirs. Parmi les mémorables souvenirs, James évoque les confrontations contre Moussa Diamé, Souleymane Diaw et Double Less. Justement, il s’est frotté à deux reprises au dernier de la liste. Dans la première confrontation, il s’est retrouvé avec une défaite. Le second combat a eu lieu en 1977. Il est resté sans verdict.

Par Oumar Ba

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