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Les canons de Ndakhonga en phase de restauration

09 Jui 2017
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Le voyageur qui emprunte l’axe Fatick-Foundiougne sera surpris de découvrir deux canons longeant la route, à quelques encablures de l’embarcadère du petit village de pêcheurs de Ndakhonga. Ces deux canons qui, dit-on, ont été érigés par le maréchal Pétain pour contenir les troupes du général de Gaulle, n’ont jamais servi.

Difficile de venir à Ndakhonga en provenance de Fatick sans être attiré par les deux canons installés de part et d’autre de la route goudronnée. Selon Lamine Sarr, leur installation sur ces lieux s’inscrit dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale. En effet, soutient M. Sarr, le régime du maréchal Pétain pour empêcher toute tentative de la France libre, donc du général de Gaulle et de ses partisans, de s’approcher de Foundiougne et encore moins de Kaolack, avait installé ces canons. Il s’agissait donc de boucliers protecteurs qui n’ont jamais servi. Et bien avant même leur installation, estime M. Sarr, le colonisateur avait fini de faire de Foundiougne un hub commercial incontournable pour la traite de l’arachide.

« C’est pourquoi il y a implanté un port commercial à partir de 1888, lequel contribuait significativement à l’essor des échanges commerciaux entre la capitale de l’Aof et la métropole française. Une illustration parfaite, ajoute-t-il, « de l’importance que le colon accordait à la cité de Laga Ndong (roi des Pangols) et son arrière-pays, aussi bien sur le plan économique que géostratégique. Par sa situation, il occupe une position géostratégique unique, à cheval entre la terre et la mer, ouvre le Sénégal aux pays voisins, à l’Europe et à l’Amérique par le biais de l’océan Atlantique », note-t-il. Pourtant, renseigne l’historien Wack Bâ, « ces canons n’ont jamais tonné depuis leur installation, en 1940, contrairement à ceux de l’île de Gorée qui l’ont fait en septembre de la même année ».

Depuis lors, indique-t-il, ils croupissent sous le poids de l’âge et subissent les intempéries de la chaleur et de l’humidité. Pour M. Bâ, « ces monuments historiques constituent des symboles de la Seconde Guerre mondiale et, ne serait-ce que par devoir de mémoire, il convient, pour notre pays, de veiller à leur préservation et à leur sauvegarde ». L’État semble l’avoir compris en procédant, depuis 2016, à la restauration de ces monuments historiques via le ministère de la Culture. Un effort que les populations de Foundiougne magnifient tout en exprimant leur gratitude. Pour Wack Bâ qui détient une pile d’informations sur les canons de feu Doudou Maty Sène, chef de quartier qui avait combattu aux côtés des Français pendant la Seconde Guerre mondiale, le site pourrait être intégré dans les circuits touristiques et même devenir un lieu de pèlerinage.

Par Mohamadou SAGNE, Samba Oumar FALL (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)

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