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Disiz La Peste : Le choix du rap « utile »

19 Jui 2017
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Quinze ans de carrière dans le rap. Serigne M’Baye Gueye devient Disiz La Peste et s’impose avec le succès de « J’pète les plombs ». En 2009, soucis personnels et lassitude de l’industrie le poussent à mettre fin à sa carrière avec « Disiz the end ». Mais, il reviendra en 2012 sur le devant la scène avec son album « Extra-lucide ».

Le nouveau Disiz, à la fois rappeur, père et mari, s’affirme plus que jamais comme un artiste confirmé qui se bat contre les clichés violents et gratuits. Histoire d’un jeune de banlieue qui grandit à Evry, dans l’Essonne. Comme beaucoup d’entre eux,  il se nourrit de la musique hip-hop avec NTM et IAM. Il doit s’affranchir du regard de l’autre et cherche à définir son identité. De Tolstoï à la biographie de Malcolm X, il va s’inspirer de ces auteurs pour écrire ses textes. Un rappeur qui a voulu faire exploser la ségrégation intellectuelle ambiante et imposer le langage de la rue dans un domaine réservé aux élites.

Il ne veut pas produire un disque trop introspectif, ni raconter son journal intime, mais plutôt mélanger figures de styles et sujets actuels afin d’arriver à une réelle cohésion entre rap et réalité. L’image du rappeur calme, serein et surtout lecteur, lui vaut de se voir qualifié d’intello. Cette vision lui déplaît puisqu’elle met en opposition le rap et l’intérêt pour la littérature, ce qui alimente une vision erronée de l’univers hip hop. Le rap représente avant tout les mots et les différentes subtilités de langage. Il crée un rap « utile » bien loin d’un rap « conscient » ou d’un rap « bling bling » comme il dit.

Et lorsqu'on connaît le parcours du rappeur d'Evry, on est surpris de lui trouver les idées si claires et l'esprit si serein. Car Serigne Mbaye Guèye, franco-sénégalais de 38 ans, revient de loin. Sa génération, celle issue de l'immigration et des quartiers populaires, a grandi en écoutant les rappeurs américains et français. La vie en banlieue incarne sa principale source d’inspiration. En 2007, Disiz accorde sa confiance à Ségolène Royale, un geste qui lui laissera une expérience amère. La récupération de son image de rappeur intelligent à des fins stratégiques soutient les clichés contre lesquels il se bat. Cette société, devenue trop vite libérale et capitaliste à son goût, représente un prétexte pour écrire ses textes.

Par Oumar BA

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