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Couture : Modou Fall, l’étoffe d’un apprenti tailleur

19 Aoû 2017
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Modou Fall est un jeune tailleur qui a terminé sa formation il y a juste un an. Son quotidien se résume à courir d’atelier en atelier pour travailler comme journalier. Il fait du « khar matte » (travail supplémentaire) et en cette période de préparation pour la Tabaski, il n’a plus le temps de se reposer.

Calme, le visage serein, malgré son jeune âge (20ans), Modou Fall inspire responsabilité. Vêtu d’un pantalon noir, tee-shirt bleu, un long collier blanc autour du cou, il est derrière sa machine à coudre, entouré des coupons de tissus de toutes sortes. Depuis son arrivée à 10h, il a les pieds sur les pédales de sa machine sans arrêt. Sur la table, un ensemble wax, une paire de ciseaux à côté, sa main droite sur la machine et sa gauche tient le tissu. Il coud une tenue « taille-basse » wax garnie à la dentelle pour une cliente. Toute la journée, il se met la pression pour travailler très vite et avec efficacité. La raison : terminer très vite dans cet atelier pour aller guetter ailleurs. Il veut aussi gagner la confiance de ses différents employeurs pour trouver facilement du travail après les fêtes.

Dans ce petit atelier qu’il partage avec un autre tailleur, le désordre est total. Les morceaux de tissus jonchent le sol. La chaleur est étouffante. Malgré tout cela, la concentration est au bon point. En cette période de préparation pour la Tabaski, Modou ne dort plus. Il saisit toutes les occasions pour gagner davantage d’argent et mieux prouver qu’il est talentueux. « Je suis jeune et ambitieux. Je suis nouveau dans ce métier. Avant, j’étais simple apprenti, mais maintenant que je travaille, je dois prouver que je suis talentueux », explique-t-il, les yeux rivés sur sa machine.

N’ayant pas les moyens pour ouvrir son propre atelier de couture, le jeune Fall fait des va et vient chez les couturières pour travailler comme journalier. Dans cet atelier à Dieuppeul, il est payé 3.500 FCfa la journée. Après sa descente à 19h, il continue chez d’autres couturiers du quartier pour travailler jusque tard dans la nuit avant de rentrer chez lui à Yoff aéroport. « Je n’ai pas d’heures de repos, je fais du « khar matte ». Je saisis toutes les occasions. C’est maintenant que je dois préparer mon avenir », affirme-t-il, l’air sérieux.

Ils sont nombreux à l’image de Modou à terminer leur formation sans avoir les moyens d’ouvrir leur propre atelier. Pour ne pas rester au chômage, ces jeunes tailleurs font ce qu’ils appellent le « khar matte ». C’est-à-dire il court d’atelier en atelier pour travailler soit comme journalier soit comme employé. Ils font ainsi l’affaire des dames et autres promoteurs de mode qui investissent dans ce secteur sans maîtriser le métier.

En le regardant faire son travail, on remarque aussitôt sa passion pour la couture. Avec une énergie débordante, le jeune Modou travaille avec vivacité. Il ne participe point à la discussion qui s’anime autour de lui. Malgré la chaleur étouffante à l’intérieur de leur étroit atelier, il reste bien concentré. « Je ne veux pas me tromper. Quand on me confie un travail, je le fais bien. En plus, je ne veux pas faire des erreurs. Cela peut occasionner des problèmes avec la patronne », avance-t-il.

N’ayant pas eu l’occasion de faire des études, le natif de Gade Ndiaye (un village du département de Tivaouane) a choisi Touba pour apprendre la couture. Après avoir bien maîtrisé les techniques, il décide de venir à Dakar pour chercher du travail. Avant d’atterrir à Dieuppeul, il était au marché Hlm où il exerçait le même métier pour les couturières. Mais, ne trouvant pas assez rentables leurs rémunérations, il décide de faire l’expérience dans d’autres quartiers où le salaire est plus conséquent et les patronnes plus sérieuses. Modou veut profiter de la rentabilité de son métier en cette période de fête pour gagner le maximum d’argent et célébrer la cérémonie traditionnelle de son mariage. En effet, ce-dernier a déjà été scellé à la mosquée. Il ne reste que cette étape pour que son épouse le rejoigne dans son domicile. C’est pourquoi il court d’atelier en atelier et consacre toutes ses heures libres au travail.

Cependant, les ambitions de Modou vont au-delà de trouver un emploi garanti à Dakar. Son objectif est d’y ouvrir son propre atelier. Faute d’électrification, il ne peut pas exercer son métier dans son village, Gade Ndiaye.

Par Abba BA (stagiaire)

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