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Le village de Mbassis, relevant de la commune de Mbam, dans le département de Foundiougne, a vécu, au rythme de la traditionnelle cérémonie de circoncision appelée « ndut ». Depuis la nuit des temps, ce rite d’initiation masculine chez les Sérères et obligatoire pour devenir homme au sein de la communauté est une tradition jalousement préservée dans cette localité. Elle fait partie de leur identité. Récit de notre équipe qui a eu le privilège d’assister à cet événement grandiose et culturellement riche.

Ce dimanche 2 avril est un jour très particulier à Mbassis, dans le département de Foundiougne. Coincé entre Mbam et Ndorong, ce village sérère, d’ordinaire si calme et reposant, est gagné par une ferveur fantasmagorique. Une ambiance indescriptible a ravi la vedette à la quiétude habituelle. Malgré la canicule, hommes, femmes et enfants ont déserté les maisons pour converger vers la place publique, cœur du village, qui abrite pratiquement toutes les grandes cérémonies. Ce jour marque le retour des initiés après trois jours de retraite en brousse. Un moment inédit que le village n’a plus vécu depuis… 2004.

Depuis la nuit des temps, l’initiation à Mbassis constitue un évènement phare et le retour des initiés donne lieu à des réjouissances grandioses. Et à l’occasion, tout le village communie pour vivre les instants magiques de ce rassemblement sans précédent. Chants, louanges, panégyriques déchirent l’atmosphère et accueillent les initiés qui arrivent dans une allure soutenue, accompagnés de leurs encadreurs, et entourés de sages, de notables, du chef de village. Dans la foule, des hommes portent, sur leurs épaules, des enfants d’à peine quatre ou cinq ans plongés dans les bras de Morphée, fatigués par cette rude épreuve. Difficile de se retenir. On crie, chante, danse, applaudit. On n’est pas loin de l’hystérie. On immortalise ces beaux moments avec son téléphone portable. De temps à autre, des coups de fusil tonnent pour, dit-on, chasser les mauvais esprits.

Cette allégresse était déjà perceptible le jeudi, veille de l’ouverture du « ndut ». Selon les nombreux témoignages, les candidats à l’initiation, préparés mystiquement par leurs parents, sont restés toute la nuit dans leurs maisons où les gens avaient dansé jusqu’à l’aube. Le vendredi, au petit matin, voilés du pagne blanc de l’initiation et escortés par une horde de selbés (encadreurs) surexcités, ils avaient, par petits groupes, entamé leur marche silencieuse vers la maison du « Koumakh » pour prendre un bain spirituel puis, direction place publique où, au son de tam-tam appelé « douloub », ils ont effectué quatre tours de l’arbre sacré (un flamboyant). Tous les initiés sont ensuite rassemblés dans un endroit aménagé hors du village en attendant le grand départ pour la brousse.

« Depuis 2004, cette cérémonie d’envergure qui perpétue une vieille tradition léguée par les ancêtres sérères n’a pas été organisée à Mbassis », informe Mame Ndéné Senghor, un vieux notable de 80 ans, qui nous a guidés ce vendredi 31 mars, parce que l’ouverture des rites démarre toujours un vendredi. C’est ce qui explique, selon lui, cet engouement extraordinaire. Il est conforté dans ses dires par l’adjoint au chef de village de Mbassis. Selon Fary Diassé, le « ndut », chez les sérères, constitue une étape cruciale pour l’homme qui doit acquérir une bonne éducation de base. « C’est à travers des pratiques ancestrales de ce genre qu’on leur inculque toutes les vertus », indique-t-il.

Comme Fary Diassé, nombreux sont les notables de Mbassis qui considèrent le « ndut » comme un examen de socialisation qui consacre le passage de l’adolescence à l’âge adulte, mais aussi l’affirmation de l’identité culturelle sérère. « C’est une étape déterminante et lorsqu’elle est franchie, elle fait l’honneur de la famille », soutient Mody Senghor, un ancien agent des chemins de fer. Aux temps, explique l’adjoint au chef du village, la circoncision durait un voire trois mois. « Ce rite était pris très au sérieux par les anciens et les jeunes initiés passaient tout ce temps dans le bois sacré et à leur sortie, une grande fête était organisée. Et ceci était valable dans toute la contrée du Lôg comme dans les autres terroirs sérères», précise-t-il.

À Mbassis, fait-il remarquer, les ancêtres ont tracé la voie. Impossible donc de se départir de cette tradition sacrée, selon Mame Fodé Sarr, professeur de sciences de la vie et de la terre (Svt) au lycée Amadou Ndack Seck de Thiès. « Nous avons le devoir de pérenniser ce rite ancestral, de le faire connaître aux générations actuelles et futures », soutient-il. Une motivation supplémentaire qui a gagné la majorité des sages, notables et parents du village de Mbassis qui se sont organisés en rapport avec les initiés pour le choix de la période propice et cela 13 ans après la dernière édition du « ndut ».

153 initiés dans la case de l’homme
Ndut sérèreEn pays sérère, l’initiation est très bien organisée avec des rôles bien définis, explique le vieux Mody Senghor. « Nous avons une hiérarchisation qui comprend d’abord le « koumakh » qui est le chef suprême. Toutes les décisions émanent de lui. Ensuite vient le « kalma » qui est son second. Il y a aussi le « yayu njuli », la seule femme autorisée à être avec les initiés et qui est comme une mère pour eux. Il y a également les selbés qui se chargent de les surveiller et de les encadrer », fait savoir Mody Senghor. Et pour cette édition, Lamine Kor est choisi pour assurer la charge de « Koumakh ». Il est secondé par Mame Fodé Sarr, choisi comme protecteur des initiés. Selon ce dernier, l’initiation a lieu chaque fois qu’une classe d’âge ayant atteint l’âge requis en exprime le besoin.

« Pendant un certain temps, ils se réunissent pour voir si cette année la cérémonie pourrait se tenir ou non. Puis ils vont vers les personnes âgées afin de les informer de leur décision et de leur indiquer la personne qui sera leur protecteur spirituel ; celui qui va les emmener et les ramener sains et saufs », renseigne-t-il.

Le « ndut » est, aujourd’hui, le plus grand rassemblement à Mbassis. L’édition 2017 a mobilisé 153 enfants, toutes classes d’âge confondues, qui ont accompli le rituel depuis l’ouverture jusqu’à la sortie. Et ce ne sont pas uniquement des fils de Mbassis qui ont participé. Des jeunes venus d’autres contrées étaient également concernés. « Aujourd’hui, le « ndut » se fait rare en pays sérère. Il y a beaucoup de villages qui n’en ont plus organisé depuis des décennies. C’est pour cette raison que quand certains villages environnants sont au courant, ils envoient leurs candidats », informe Mody Senghor.

« Ici, on accorde une importance capitale à ce rituel. Il y a la cérémonie du mil concassé qui est versé sur les têtes des initiés. C’est une prière pour qu’ils vivent jusqu’à ce qu’ils aient des cheveux blancs », relève Mame Fodé Sarr. En charge de la sécurité physique et mystique des initiés pendant la période et même après le «ndut», il assure, avec la volonté de Dieu, la garantie d’une vie sauve aux initiés pendant les sept années à venir. « Notre mission, c’est de protéger mystiquement les enfants et de les ramener sains et saufs dans leurs familles respectives. Nous avons aussi le devoir de rassurer les parents qu’aucun enfant ne mourra ni ne subira un accident », indique-t-il, non sans insister sur la délicatesse de la mission.
« Quand il y a une cérémonie de ce genre, tout le monde apporte son pouvoir pour protéger au maximum les fils du village contre tout danger », assure-t-il. Le « ndut » permet d’inculquer aux jeunes certaines valeurs indispensables pour bien vivre en société. Ces valeurs ont pour nom courage, patience, endurance, solidarité, responsabilité, obéissance, humilité, abnégation et réserve. Un code de conduite leur est transmis.

Une vraie école de la vie
Sérère MbassisOn leur apprend aussi le respect de soi et de son prochain, mais surtout des parents, des anciens. « Au sortir de cette expérience, l’enfant était suffisamment armé de principes et de valeurs pour affronter les obstacles et aléas de la vie. C’est pourquoi, les parents mobilisent énormément de moyens financiers comme matériels pendant cette période », dit Mame Fodé Sarr. Selon lui, « ce rituel est une chance pour le village, car, des prières sont formulées pour que l’hivernage soit béni ». C’est aussi une chance, d’assurer la protection de tout le village. Mais si aux temps, le « ndut » se déroulait sur un ou plusieurs mois, ce rite de maturité est aujourd’hui concentré sur trois jours. « La tendance a fortement changé et avec l’école, on ne peut plus faire des circoncisions qui dépassent le temps des vacances. Il faut s’adapter au calendrier scolaire », argue Mody Senghor.

Ces quelques heures passées en brousse suffisent-elles pour acquérir suffisamment de savoir comme les anciens ? Le vieux Mody Senghor répond par l’affirmative. Le plus important, selon lui, c’est d’entrer dans la case des hommes. Et une fois qu’on en sort, on devient un homme mûr. Son nouveau statut lui permet d’acquérir des prérogatives très importantes. Il devient responsable et peut alors fonder une famille et perpétuer sa lignée. « L’initiation, chez les sérères, est incontournable pour tout jeune qui aspire au respect. Quand ils reviennent, ils sont assurés d’être de vrais hommes et peuvent prétendre épouser une femme et sont aptes à assurer tout ce qu’un chef de famille doit faire », note Mame Fodé Sarr. « Un non-initié n’est pas considéré et accepté dans certains cercles. Il n’a pas le droit de s’asseoir et de parler avec les adultes de sa communauté. Quand il y a une réunion dans le village, il ne peut non plus y assister. De même, il doit forcément passer par l’initiation avant d’être considéré comme un homme», précise Mame Fodé Sarr.

Moment de retrouvailles, de fêtes…
Le « ndut » apporte toujours un vent de bonheur dans les familles. C’est des moments de retrouvailles, de ripailles. Une fois de retour au village, une grande fête est organisée sur la place publique où chants et danses sont à l’honneur. Comme au premier jour, les initiés effectuent quatre fois le tours de l’arbre sacré devant toutes les populations toutes classes d’âges et sexes confondus. Des coups de fusil tonnent à tout va. Puis, place aux prières et aux remerciements. De retour dans leurs familles respectives, de grandes fêtes sont organisées en leur honneur. On ne lésine pas sur les moyens. Chacun, selon ses possibilités, immole bœufs, moutons, chèvres, volailles. Chez la famille de Waly Sène dont le fils de 17ans, Abdoulaye Sène, figurait parmi les initiés, la tradition sera encore respectée. « Nous allons immoler un mouton et faire la fête en l’honneur de notre fils nouvellement initié. C’est cela la tradition, un legs de nos ancêtres que nous devons suivre et sauvegarder. Cette pratique se prépare de longues années, différemment du mariage où les femmes suivent également un autre rituel, mais qui est toujours fêté chez les sérères dans l’apothéose », laisse entendre Waly Sène. Originaire de Mbassis, cette femme qui a requis l’anonymat, est venue spécialement de Dakar pour les besoins du « ndut ». Ses enfants figurent parmi les initiés. « Cet évènement est un rendez-vous bien inséré dans notre agenda et nous ne manquons jamais l’occasion de retourner au terroir pour nous ressourcer », note-t-elle. Dans pratiquement toutes les maisons, c’est l’effervescence. On mange, boit et danse. Tout le monde participe avec enthousiasme à ces réjouissances qui peuvent durer jusqu’à une semaine.

Depuis toujours, le « ndut » est un rite profondément ancré dans l’identité culturelle sérère. Malgré l’implantation de l’Islam et le modernisme, Mbassis, comme beaucoup de villages sérères, a gardé ses nombreuses traditions qui régulent chaque étape de la vie. L’importance de ce rite initiatique fait qu’à chaque organisation, les fils du village, où qu’ils soient, reviennent s’abreuver à la source des traditions.

Par Mohamadou SAGNE et Samba Oumar FALL (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)

Clairvoyance évaporable

21 Avr 2017
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Qu’est-ce qui peut bien pousser un homme à s’embrouiller l’esprit, à aliéner sa lucidité au point de commettre l’irréparable. Sous l’emprise de l’alcool ou des stupéfiants, certains ne s’imposent aucune limite. Chercher les raisons de ce « pétage de g… », c’est vouloir expliquer le pourquoi de l’existence du ciel et de la terre. Certains se piquent pour bien paraître aux yeux de la communauté des « branchés », d’autres se saoulent pour se donner du courage, d’autres encore pour vaincre l’oisiveté ou par simple vice. Ces gens vivent dans l’illusion du bien être, de la puissance, du bonheur sur terre. Jusqu’au jour où un sursaut d’orgueil leur fait comprendre qu’ils se mettent au banc de la société et ruinent leur santé.

Abdourahmane Savané s’est présenté au commissariat de Dieuppeul avec ses joints bien roulés pour prier les policiers de le mettre en prison avant que le yamba ne le tue. Son vœu a été exaucé puisqu’il a été arrêté et déféré au parquet pour détention et usage de chanvre indien. Le jour de son procès, l’homme qui a visiblement retrouvé ses esprits se rétracte et interpelle le juge : « Je ne suis pas fou au point de me présenter au commissariat avec des joints, je suis innocent». Le drame avec les fumeurs de joints, c’est que leur parole est aussi volatile que la fumée de l’herbe illicite.

Par Sidy DIOP

En l’absence de perspective d’emplois à Missirah, Mme Siga Diouf Fall s’est tournée vers le mareyage, activité qu’exercent beaucoup de femmes dans ce village de pêcheurs situé à 12 km de Toubacouta. Cette bonne dame affiche sa fierté d’avoir intégré ce métier et, aujourd’hui, elle n’est obsédée que par le poisson qui lui permet de subvenir aux besoins de sa famille.

Au lieu de s’adonner à la transformation des produits qui occupent la majorité des femmes de Missirah regroupées au sein d’une union locale, Mme Siga Diouf Fall a choisi la voie du mareyage. Sa passion pour ce métier, elle la raconte avec émotion. Selon elle, tout a commencé avec le décès de son premier époux. « Après mon veuvage, je suis restée trois années de suite à ne rien faire. J’avais trois enfants, dont deux garçons et une fille, que je devais nourrir », explique-t-elle. Cette période, elle l’a vécu difficilement. Jusqu’à ce que sa sœur qui s’active, elle aussi, dans le secteur, lui conseille de se lancer dans le mareyage. C’était en 2010. « Elle me procure une caisse et me prête un petit fonds de roulement pour me permettre de démarrer. Ensemble, nous nous rendons au ponton et elle me met en rapport avec les piroguiers auprès de qui j’ai commencé à acheter les poissons que j’acheminais ensuite vers le marché », indique-t-elle.

Ainsi, lancée dans l’activité de mareyage, Siga Diouf Fall découvre une nouvelle vie. Difficile au début, mais au fur et à mesure, elle a fini par s’adapter et l’habitude aidant, elle fait la connaissance d’acteurs travaillant dans le secteur de la pêche.

« Ce n’est pas bien facile en tant que femme de se lancer dans une telle activité qui naguère était beaucoup plus adaptée aux hommes. Cela demande beaucoup de courage, d’efforts. C’est tout un processus allant de l’achat de produits jusqu’à la vente en passant par la mise en caisse et la conservation avec de la glace qu’il faut toujours avoir à côté au risque de voir les produits pourrir ».

Pour autant, Mme Fall n’a jamais montré des signes de découragement, sa sœur étant à ses côtés pour mieux la pousser à persévérer. « Aujourd’hui, je rends grâce à Dieu de m’avoir donné les forces de surmonter autant de difficultés après le décès de mon défunt mari et le soutien de ma sœur que je remercie d’avoir eu l’idée de m’encourager à me lancer dans le mareyage », souligne-t-elle.

À 35 ans, Siga Diouf Fall se dit « obsédée » par cette activité devenue, pour elle, une chance saisie pour se reconvertir et nourrir sa progéniture, même si, reconnait-elle, ça n’a pas été bien facile au début. Dans son nouveau métier, la chance lui a souri à nouveau. Elle a rencontré un homme et convolé avec lui.

« Mon actuel mari évolue aussi dans le milieu. Je l’ai rencontré pour la première fois au ponton de Missirah. C’est ce qui m’a encore davantage encouragé à m’investir dans cette activité. Je me suis alors organisée dans la commercialisation en convoyant des produits dans les marchés de Sokone et de Karang deux fois par semaine, mais aussi dans les autres marchés hebdomadaires comme Passy », explique t-elle.

Tous les soirs, jusqu’à des heures avancées de la nuit, le ponton de Missirah regorge de monde dont une majorité de femmes qui s’activent pour gagner dignement leur vie. Des destins s’y nouent et comme Siga Diouf Fall, beaucoup de femmes, bercées par la brise et l’odeur du poisson, s’y sont construit une nouvelle vie qu’elles croquent à belles dents.

M. SAGNE et S. O. FALL (photo : N. S. SAMB)

Le fibrome utérin est une tumeur bénigne qui se développe au niveau de l’utérus. Différentes causes peuvent être à l’origine du fibrome de l’utérus. On fait le point sur les signes de la maladie, les examens prescrits et les traitements proposés en cas de fibrome utérin.

Les termes «fibrome» et «myome» sont synonymes. Un utérus dit polymyomateux ou fibromateux signifie qu’il est porteur de plusieurs fibromes.
Un fibrome de l’utérus est une tumeur bénigne développée à partir du muscle utérin (myomètre) et du tissu fibreux de l’utérus. Les fibromes sont sous l’influence des hormones féminines.
Les fibromes forment des masses plus ou moins arrondies ; il existe trois localisations principales par rapport à la paroi de l’utérus :
• Fibrome sous-muqueux : il fait saillie dans la cavité de l’utérus. Il est responsable de saignements et d’infertilité ;
• Fibrome interstitiel : il est enchâssé dans le muscle utérin. Il peut donner des douleurs, des pesanteurs, une infertilité...
• Fibrome sous-séreux : il fait saillie à l’extérieur de l’utérus. Il peut donner des douleurs et des pesanteurs.

Ces trois localisations peuvent être associées entre elles.
La cause des fibromes est inconnue à ce jour. Les fibromes sont plus fréquents autour de la quarantaine et chez la population noire.

Les signes de la maladie
Tous les fibromes ne donnent pas de symptômes. Beaucoup sont silencieux et asymptomatiques. Il n’y a pas lien entre les symptômes et le nombre de fibromes : un seul fibrome peut être gênant, plusieurs peuvent ne donner aucun signe. Les fibromes peuvent être découverts « par hasard » lors d’un examen effectué pour une autre raison ( toucher vaginal, échographie…).
Souvent, les patientes consultent pour des règles hémorragiques (ménorragies), trop abondantes ou trop prolongées, avec des caillots. Ce saignement s’arrête entre les règles. Des saignements entre les règles (métrorragies) sont cependant possibles.

Parfois, ce sont d’autres signes qui donnent l’alerte :
• Des douleurs au niveau de l’utérus ;
• Des signes urinaires à type d’envies fréquentes de miction (il existe une compression de la vessie) ;
• Une impression de pesanteur dans le petit bassin sans véritable douleur ;
• Une augmentation de volume de l’abdomen ;
• Une infertilité.
• L’échographie est l’examen clé pour la mise en évidence des fibromes, leur taille et leur localisation ;
• L’hystérographie est l’examen nécessaire pour voir l’aspect de la cavité utérine et sa déformation provoquée par le fibrome. Cet examen peut être réaliser dans le cadre d’un bilan d’infertilité ;
• L’hystéroscopie à l’aide d’une caméra dans l’utérus permet également de visualiser la cavité utérine ;
• Une prise de sang avec numération de la formule sanguine peut mettre en évidence une anémie en cas de saignements importants.

Traitement des fibromes utérins
La plupart des fibromes, de volume modéré, non douloureux, ne demandent qu’une surveillance régulière et une abstention thérapeutique. On ne soigne que les fibromes qui deviennent gênants.

Le traitement médical utilise des hormones féminines : progestatifs de synthèse avec des modalités qui dépendent de la localisation, de la taille du fibrome ainsi que des symptômes. Ce traitement est surtout indiqué pour les fibromes qui saignent. Ces traitements sont globalement décevants et n’ont pas fait la preuve éclatante de leur efficacité.
La chirurgie est envisagée dans certains cas.

La myomectomie réalise l’ablation d’un ou plusieurs fibromes et peut être faite par voie abdominale (chirurgie classique, parfois coelioscopie) ou par les voies naturelles (utérine) sous contrôle visuel (hystéroscopie). D’autres techniques incluent la myolyse par électrocoagulation ou aux ultrasons ou encore l’embolisation des artères utérines.

L’ablation de l’utérus et des annexes ou hystérectomie totale est pratiquée à l’approche de la ménopause, en cas d’utérus polymyomateux (plusieurs fibromes disséminés), hémorragique ou douloureux. Pour en savoir plus, lire notre article sur les « Traitements des Fibromes «.

Visage de madone, jambes vertigineuses, sourire irrésistible : née au Burundi, remarquée en Belgique, le mannequin a tout d’un grand Top model.

Elle parle français, anglais, néerlandais, allemand, chinois, swahili et kirundi. Elle mesure 1,80 m, pèse 55 kg. 37 000 followers sur Instagram. Ses mensurations : 83-58-89. À 25 ans, Leila Ndabirabe s’impose comme le premier top model originaire du Burundi depuis l’iconique princesse Esther Kamatari dans les années 1970. Même si sa ville de cœur est Bruxelles, où sa famille s’est installée lorsque Leila avait 10 ans.

C’est dans les rues de la capitale belge qu’elle est repérée par un talent scout. Elle a 16 ans, un bon âge pour commencer les castings. Après avoir obtenu son bac, Leila Nda fait des débuts de modèle au sein de l’agence Imm, dirigée par l’ex-mannequin et dénicheuse de talents Carine Caillieret… Tout en étudiant le droit à l’Université libre de Bruxelles. « En Afrique, être belle, c’est avoir des formes. Je n’en ai pas ! J’avais l’impression qu’il me manquait quelque chose. J’ai bataillé dur pour prendre du poids. Quand je suis arrivé en Europe, on m’a dit que j’étais mince et belle […].

La beauté dépend de l’endroit où l’on se trouve. » Cependant, sa silhouette longiligne ne l’empêche pas d’être désignée Miss Union africaine en 2012. Malgré sa timidité et son manque de confiance en elle, elle est vite repérée par les plus grandes maisons de mode, et se retrouve propulsée dans le réseau de cette industrie où tout le monde se connaît, et où il faut éviter le moindre impair.

Élève brillante doublée d’un bon petit soldat, Leila met un point d’honneur à se montrer toujours sous son meilleur jour, belle et professionnelle. En quelques mois, elle foule près de 40 podiums. Marc Jacobs, Victoria Beckham, Versace, Gucci, Bottega Veneta, Roberto Cavalli, Rodarte, Oscar de la Renta ou encore Hugo Boss… Résultat, elle fait la « une », en septembre 2014, du numéro mode du Elle belge. Aujourd’hui, elle est l’une des tops les plus influents du monde.

Dans les newcomers, s’illustre notamment la jeune Dilone, tout droit venue de Long Island, qui remet l’afro-américain au goût du jour. Mais le passeport occidental n’est plus un sésame indispensable. De nombreux modèles nés en Afrique tiennent la dragée haute dans les castings. Parmi les plus connues Leila Nda donc, mais aussi l’Angolaise Maria Borges, les Soudanaises Akuol de Mabior et Ajak Deng, la Tunisienne Hanaa Ben Abdesslem, la Kenyane Malaika Firth, la Tanzanienne Herieth Paul…

Source : Afrique magazine

En Afrique du Sud, la plate-forme Obami, lancée par Barbara Mallinson en 2009, met en relation des enseignants, des élèves et des parents pour améliorer la situation éducative du pays. Aujourd’hui, il fonctionne comme un réseau social.

Comment mieux apprendre en Afrique du Sud, pays occupant la 143e place mondiale (sur 144) pour l’enseignement des mathématiques et des sciences, selon le classement du World Economic Forum ? Pour relever ce défi, la plate-forme Obami, fondée en 2009, par Barbara Mallinson, s’est un peu cherchée.

« Au départ, notre vision était d’apporter un changement fondamental dans le système éducatif en offrant du contenu en ligne et des outils pour les enseignants », se souvient Ennis Jones, directeur et numéro deux de la structure. Un objectif extrêmement ambitieux et… démesuré. « Nous avons réalisé que la modification du système d’éducation à l’échelle d’un pays était un défi énorme et qu’il serait plus efficace de chercher à changer la façon dont les citoyens et plus seulement les écoles, transmettent et apprennent », explique Ennis Jones.

Une agora numérique
Ce virage stratégique et pragmatique a porté ses fruits. Obami, tel un réseau social, met désormais en relation des enseignants, des élèves et des parents. Elle crée également un espace où les écoles et les organismes universitaires discutent, se tiennent informés des nouvelles tendances en éducation, partagent leurs ressources et lancent des projets.

Une véritable agora numérique, spécialisée sur l’éducation et accessible par ordinateurs et portables interposés. Au total, 450 organisations enregistrées, « des collèges, des sociétés d’enseignements à distance, des entreprises dans des zones urbaines et rurales, pour le bénéfice de 45 000 apprenants, étudiants ou professionnels », précise Ennis Jones.

Au fil des années, Obami, est devenue « une sorte de facilitateur connectant des experts du savoir avec des gens qui cherchent de nouvelles expériences d’apprentissage, résume-t-il. Nous avons déjà assisté en ligne à des choses étonnantes : comme ces enfants de 7 ans capables de construire leurs propres sites Internet. Ou encore ces entreprises qui ont réussi à totalement transformer leurs programmes internes de développement professionnel. » La plate-forme a même réalisé une première en Afrique : « Rendre accessible des dizaines de milliers de documents numérisés pour permettre à des étudiants de réviser ». Cité dans de multiples classements (Forbes, CNN…) comme une des initiatives citoyennes africaines les plus innovantes, Obami accueille de plus en plus d’entreprises dans sa communauté. Ainsi, le projet est réalisé en partenariat avec Vodaphone, le plus grand opérateur téléphonique du pays.

Sur le site créé pour l’opération, une multitude de cours vidéos gratuits à destination des 8-12 ans. L’implication du secteur privé est-elle nécessaire pour prendre ce virage numérique et améliorer la situation éducative sud-africaine ? « Oui, répond, sans détour, le responsable. Le gouvernement n’y arrivera pas tout seul et n’a pas toute l’expertise requise ».

Lemondeafrique

Considéré comme l’un des villages les plus anciens du Niombato, Missirah, dans la commune de Toubacouta, est un coin plein de charme et riche de son passé. Le brassage culturel est une réalité dans ce village à 100 % musulman, très connu pour son fromager millénaire impressionnant entouré d’un fort mysticisme et qui possède aussi une très ancienne tradition de pêche.

Faisant partie intégrante du Parc national du Delta du Saloum et de la Réserve de biosphère du Delta du Saloum, le village côtier de Missirah représente un véritable havre de paix pour la communauté qui y vit. Situé à 12 km de Toubacouta et limité au nord par Néma Bah, au sud par Djinack et Bakadadji, à l’est par Taïba et à l’ouest par Bettenty, Missirah, accessible à travers une piste cahoteuse et caillouteuse (il est aussi accessible par pirogue), se distingue par son écosystème fluvial riche et varié. Sa végétation dominée par une colonie de badamiers, fromagers, baobabs, manguiers et anacardiers en font un coin très charmant. Créé vers 1856 par Diomaye Senghor qui se convertit plus tard à l’Islam pour porter le nom de Fodé Senghor, ce village historique compte cinq quartiers (Diatta Kounda, Djifandor, Mbarra Kounda, Ndoffane, Ngadior) peuplés majoritairement de Sérères et de Socés. Au centre de ce village plein de charme qui arbore une architecture tout à fait typique, et un mode de vie propre trône la grande mosquée.

Depuis la nuit des temps, la chefferie et l’imamat à Missirah sont assurés par la famille Senghor. Cette tradition remonte à la fondation du village, selon Diamé Cissé, une notable du village et par ailleurs conseiller municipal. C’est à son retour de Gambie où il était parti se soigner que Fodé Senghor, originaire du Mali, avait découvert ce site. Un marabout musulman l’avait soigné et converti à l’Islam. Il lui donna le nom de Fodé et lui enseigna le Coran. À la fin de sa formation, le marabout lui avait demandé de fonder un village dans la forêt où il trouverait un baobab avec des racines submergées dans l’eau et l’autre partie en terre ferme. « Fodé créa une daara où il enseignait le Coran en Socé et devint l’imam de la mosquée qu’il avait construite en banco et en bois. Le fauteuil de chef de village est laissé à son grand frère Mamadou Lamine Senghor ». Aujourd’hui, c’est Ismaïla Senghor qui assure la charge de chef de village depuis le rappel à Dieu d’El Hadji Sadio Senghor. Ce quadragénaire qui a vu le jour en 1933 est le 12e chef de village de Missirah.

Une vie au rythme de la pêche
MissirahComme dans toutes les villes ou villages côtiers, la vie à Missirah se résume en deux mots : pêche et poisson. La pêche est au centre de la vie de Missirah. Elle est le fondement principal de l’économie de ce village côtier et garantit l’existence de centaines de milliers de personnes, qui en dépendent, directement ou indirectement. Une flotte de 311 pirogues a été recensée entre son port et les îles de Bagadadji, Bettenty, Djinack et autres.

Selon Bouh Sidibé Sow, coordonnateur du Comité local de pêche artisanale (Clpa) de Missirah, le vieux ponton dont les travaux de réhabilitation ont été lancés par le ministre Oumar Guèye permet de saisir le pouls de la vie du village. Calme le jour, il vit le soir une animation fantasmagorique avec le retour des nombreuses pirogues parties en mer dans l’après-midi. L’effervescence du déchargement des prises est rythmée par un brouhaha extraordinaire et les cris stridents des pêcheurs et autres vendeurs.

« Missirah possède une tradition de pêche qui date de très longtemps. Il suffit de venir ici après le crépuscule pour se rendre compte que ce village ne respire que par la pêche. Des centaines de personnes, hommes, femmes et enfants s’activent dans une alacrité indescriptible. On assiste à un défilé incessant jusque tard dans la nuit. En attendant le retour du poisson, des centaines de voitures, charrettes, motos Jakarta et vélos venus de partout sont en vrac sur le quai », raconte Bouh Sidibé Sow. À l’en croire, la caisse de poisson se négocie des fois à 12.000 voire à 15.000 FCfa. « Quand il y a surabondance, ce qui est fréquent, les prix varient entre 3.000 et 2.000 francs. Il arrive même que le surplus soit jeté parce qu’il n’y a pas à Missirah d’unité de conservation », relève-t-il.

Selon Alassane Mbodji, le coordonnateur du Clpa départemental, Missirah qui abrite le centre et le quai de pêche de Toubacouta a la chance d’avoir en face un bras de mer. C’est ce qui fait qu’il accueille beaucoup de pêcheurs saisonniers de la petite côte et des îles du Saloum qui viennent pour des campagnes de pêche de 6 à 8 mois. « La pêche joue un rôle très important en termes d’emplois. Elle a pu régler le problème d’emplois directs et d’activités génératrices de revenus », soutient-il. Toutefois, déplore-t-il, la non-fonctionnalité du Centre de pêche de Missirah construit en 1989. « Sa vocation d’assister les pêcheurs locaux, d’appuyer et d’encadrer et de faciliter la vente de la glace pour assurer la conservation des produits. Les volontaires japonais ont, dans le cadre du séchage, appuyé et capacité certaines femmes qui étaient là dans le cadre de la formation, mais aussi dans les bonnes pratiques », renseigne-t-il. « Le centre qui était doté de camions frigorifiques, de chambre froide, a beaucoup contribué à l’amélioration de la qualité du poisson. La commercialisation a eu plus de coûts en termes de valeur et le prix du poisson a augmenté ; c’est ce qui a fait que la commercialisation a atteint son objectif », explique-t-il. Aujourd’hui, pense M. Mbodji, ce centre nécessite une relance en termes d’équipement, de personnel.

En attendant, la pêche continue de rythmer la vie des habitants de ce village côtier. Beaucoup d’entre eux se sont convertis en pêcheurs et en mareyeurs. « La pêche joue un rôle très important sur le plan économique et social à Missirah. Le poisson coûte de plus en plus cher et ici on ne sent pas trop si la saison des pluies a été bonne ou pas. La pêche est là et il y a l’activité sur toute l’année. On a un niveau de vie plus ou moins correct grâce à la pêche. Que ce soit les pêcheurs, les mareyeurs ou encore les transformatrices, les gens gagnent bien leur vie grâce à la pêche ».

Comme dans toutes les localités vivant essentiellement de la pêche, la quasi-totalité des femmes de Missirah intervient dans la transformation des produits de pêche. Leur tryptique : chercher du poisson, le transformer et le commercialiser. Et pour faire prospérer leurs activités, ces femmes au nombre de 219 et qui sont toutes membres du Clpa se sont organisées en Groupement d’intérêt économique (Gie), puis en union locale. Selon leur présidente, Aminata Diène, la volonté est là, mais cela ne suffit pas pour prospérer dans une activité pareille.

Aujourd’hui, ces femmes sont limitées par un manque de logistique au niveau des deux sites de transformation notamment les claies de séchage et les fours de braisage. Il s’y ajoute aussi le manque de charriot pour transporter le poisson à partir du quai de débarquement, le manque de financements pour l’acquisition de matériel de fumage adéquat, l’absence d’unités de congélation pour la conservation du surplus de captures en période de surabondance, entre autres.

Alassane Mbodji qui encadre ces femmes estime que leur rôle est considérable dans la chaîne de production. « Nous avons des femmes très braves et sur tous les maillons de la chaîne de valeur, de la production à la commercialisation. Leur souhait, c’est de sortir de l’informel et de travailler dans de bien meilleures conditions, mais cela demande un accompagnement conséquent, des financements pour l’optimisation de leur commerce », fait-il remarquer.

Un fromager mythique et millénaire
Missirah localitéMissirah, c’est aussi son fromager millénaire, témoin de l’histoire du village. Cet arbre gigantesque fascine avec ses branches immenses et multiformes et son tronc énorme qui semble écraser la terre de tout son poids. Ce fromager impressionne aussi bien par sa hauteur que par son ampleur. À y regarder de très près, des formes et images impressionnantes apparaissent. Loin de toute hypnose ou hallucination, un fin observateur pourra tantôt distinguer des formes humaines tantôt des formes de crocodile, de tortue ou encore de singe. Selon Bouh Sidibé Sow, ce fromager a été planté dans cette zone entourée de mangrove à l’époque et peuplée de boas par un certain Ansoumana Ndour. C’était bien avant la création de Missirah. Depuis, cet arbre sacré est géré par sa descendance.

L’histoire de ce fromager entouré de mythes et légendes est une ritournelle maîtrisée par tout le monde. « Visiter Missirah sans voir son fromager presque millénaire, c’est comme aller à Gorée sans voir la Maison des esclaves. Cet arbre fait partie intégrante du patrimoine de cette localité », soutient Alassane Mbodji. Toutefois, note-t-il, un fort mysticisme entoure cet arbre qui, selon certaines indiscrétions, abrite les esprits des ancêtres. C’est ce qui fait qu’il est respecté et bien protégé. « Le génie protecteur ne veut pas de souillures, c’est pour cela que l’endroit est toujours maintenu propre », Bouh Sidibé Sow. Le fromager est, selon lui, habité par un esprit. C’est ce qui fait qu’il est devenu un lieu de prières et accueille souvent des rituels. « Avant la pénétration l’Islam, les animistes vénéraient ce fromager qui fait partie de l’histoire de cette ville », explique Alassane Mbodji. Ce fromager, indique-t-il, est l’un des plus grands d’Afrique avec une circonférence exceptionnelle de plus de 30 mètres. « Cet arbre fait partie des éléments du patrimoine de Missirah. Des techniciens de l’Ist et de l’Ise qui sont venus jusqu’ici ont, après analyse des racines, affirmé que ce fromager daterait d’au moins 900 ans. D’autres chercheurs ont également assuré que c’était le deuxième plus grand fromager d’Afrique après celui du Ghana », fait-il savoir.

Depuis toujours, cet imposant arbre a été une attraction touristique qui a permis de faire la promotion de Missirah dans d’autres contrées. Et de tout temps, des touristes issus de divers horizons sont venus à sa découverte. « Ce fromager fait partie du circuit de nombreux hôtels et campements du delta du Saloum et même de la Gambie. Un touriste ne peut pas venir à Toubacouta sans venir à Missirah », assure-t-il.

L’autre attraction après le fromager est, selon Bouh Sidibé Sow, la mare aux crocodiles appelée « Mbaro Colon », située à 1 km. « Quand les pluies tardent à tomber, les populations y vont pour invoquer les esprits. Les femmes portent des pantalons et les hommes des pagnes. Aussitôt après les invocations, les pluies tombent », renseigne-t-il.

La route Toubacouta-Missirah, une surpriorité
A Missirah, les populations pensent que la pêche pourrait fortement contribuer à l’essor de leur localité et même de Toubacouta. Pour cela, la réhabilitation du tronçon Toubacouta-Missirah qui ne fait que 12 km doit être une réalité. Le chef de village, Ismaïla Senghor, estime que cette doléance vieille de plusieurs années n’est toujours pas satisfaite. « Notre plus grande difficulté aujourd’hui, c’est l’accessibilité, surtout pendant l’hivernage. C’était une promesse de Macky Sall bien avant son accession à la magistrature suprême. Depuis, nous attendons », indique-t-il. Et pourtant, note Alassane Mbodji, ce tronçon constitue une piste de production très importante. « Missirah est un lieu de débarquement où les gens viennent pour des raisons diverses. C’est un véritable carrefour d’échanges. Une fois que le ponton et la route seront réhabilités, ce village sortira de son enclavement. La pêche connaîtra un nouvel essor et contribuera grandement au développement de la commune de Toubacouta. Les autres activités comme l’agriculture et le commerce ne seront également pas en reste. C’est toute l’économie de la zone qui sera renforcée », estime M. Mbodji.

Par Mohamadou SAGNE et Samba Oumar FALL 

Il n’y a guère, la noblesse déclamait ses atours en couleurs. C’était le temps du sang bleu. Les gros os « Yakh you rey » chantés par les laudateurs en quête de subsides. Le mariage, les amitiés, les alliances, etc. se scellaient en exhibant les preuves de la noblesse de cour et de cœur : du fricassé de pot-bouille avec des os gros comme des ceps de vigne.

L’autre jour, quelque part dans Dakar, je tombe sur un mec costaud comme une brindille d’herbe, deux téléphones portables collés aux oreilles, distribuant à tue-tête des « allô, ne quitte pas » et des « excuse-moi, j’étais sur l’autre ligne ». En pleine rue, le comique de la scène s’effaçait très vite devant cette foultitude vociférante, tous ces gens qui passaient les uns à côté des autres, sans le moindre regard, la moindre attention, soliloquant à haute voix avec des gestes de la main qui en disaient long sur le sérieux de leurs dialogues. J’en étais arrivé à me dire qu’une nouvelle mode était née, celle de la conversation en solo.

Mais je n’avais rien compris. Une nouvelle mode est bien née, mais c’est celle du téléphone portable. On l’étreint avec passion, on le couvre d’attentions pour l’exhiber en toute innocence devant une assistance stupéfaite devant ce petit bijou de technologies qui supprime la distance et vainc l’absence. Plus il est petit et sophistiqué, plus son propriétaire est d’un certain rang. Ce n’est que maintenant que j’ai compris que c’est l’estampille de la nouvelle noblesse. Foin du temps où le « Yakh bou rey » était la marque de fabrique des gens importants. « Montre-moi ton portable, je te dirais qui tu es ».

Par Sidy DIOP

L’apparence est trompeuse, dit l’adage. Maël Thiam, premier vice-président du Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct) en est peut-être une illustration. Derrière le discours politique de l’administrateur de l’Alliance pour la République (Apr), se cache un homme au parcours atypique. Découverte !

Au fil des ans, l’homme s’est forgé une carrière et une réputation honorable dans le microcosme des affaires. D’autant qu’il a eu à entreprendre dans divers domaines. Il est donc avant tout un commercial dans l’âme. Justement, les hommes d’affaires trainent la bonne réputation d’être à cheval sur le temps. Ne dit-on pas que le temps c’est de l’argent ? Seulement, entre le monde des affaires et celui de la politique, il suffit de franchir un pas. Ce pas, Maël Thaim l’a bien franchi. Pour autant, ses rendez-vous ne sont pas minutés. Il a fallu attendre plus que le temps convenu, pour enfin lui mettre la main dessus, « retenu » qu’il était, par d’exigeants camarades de parti. Faute de frappe, habitude….allez savoir ! Courtois, mais ferme, il nous conduit doucement, après avoir pris connaissance de notre identité, vers son bureau sis à la Vdn, plus exactement au siège du parti Alliance pour la République (Apr). C’est que Maël Thiam est l’administrateur du parti au pouvoir. Il est également premier vice-président du Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct). Ce mercredi, il est habillé en boubou traditionnel aux couleurs de son parti. Pure coïncidence ?

Maël Thaim est né en 1962 à Louga. Il y passe une petite partie de son enfance. Nous sommes en 1964 lorsque sa famille déménage à Pikine, soit deux ans après sa naissance. C’est à Pikine qu’il fera tout son cursus primaire. A tour de rôle, il va habiter dans différents quartiers de la banlieue dakaroise, d’abord Thiaroye ensuite à Guinaw Rail. En classe de Cm2, le jeune Maël se présente au concours, pour intégrer le prytanée militaire. Il le réussit et y effectuera tout son parcours secondaire, jusqu’à l’obtention du baccalauréat, dans cette prestigieuse école où les plus doués étaient sélectionnés, pour y recevoir un enseignement de qualité, doublé de la rigueur militaire. Cette approche en dit long. En effet, il rappelle n’être jamais sorti du lot des premiers en classe. « La raison est la chose la mieux partagée et l’intelligence n’a pas de frontières », dit-il, mettant en touche ce préjugé qui voudrait que les meilleurs soient issus ailleurs, qu’en banlieue. Au prytanée militaire déjà, il se souvient avoir très tôt développé un leadership naturel. Alors qu’il était en classe de troisième secondaire, le petit Maël se voit confier « l’honorable tâche » de coordonner les activités scolaires, d’ordre sportif ou culturel. Dans ce cadre, il était également chargé de diriger même les élèves de terminale, qui se trouvent être ses aînés.

«Au prytanée militaire, les élèves sont soumis à un régime stricte. Ce qui installe un climat de rigueur et d’organisation, où tout est minutieusement calculé. Tout le monde était tenu de se conformer au règlement et à la hiérarchie. En plus des cours classiques, les élèves suivaient une formation militaire : manipulation des armes avec le montage et le démontage, du tir, la topographie, le combat. Tout ceci était évalué dans le cadre d’examen », se rappelle-t-il. Cette approche militaire va forcement faire naître des tentations. Il se rappelle ainsi avoir, en un moment voulu, s’engager comme militaire dans l’armée de l’air. Ce vœu ne s’est malheureusement pas réalisé.

Un footballeur passionné
Maël est un homme multifacettes. Il fut un footballeur passionné du ballon rond. Cet amour l’amènera notamment à jouer aux Navétanes à Pikine. Après l’obtention de son baccalauréat en série C (S1) avec mention Bien, il intègre l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). Toutefois, précise-t-il, l’Ucad n’a jamais figuré parmi ses plans d’études supérieures. D’ailleurs, se rappelle-t-il, il avait passé un concours pour aller boucler ses études en Allemagne. Concours, qu’il dit avoir réussi avec brio. Et curieusement, lorsqu’il a fallu recevoir la bourse, son nom ne figurait plus sur la liste définitive. Il va à la place « sans en avoir fait la demande gratuitement recevoir une bourse à l’Université de Dakar ». Il choisit la filière Médecine-Pharmacie. Il suivra des cours deux ans durant à l’Ucad. Ensuite, il se rend en France. Pour la petite histoire, c’est feu le Khalife général des Tidianes Serigne Mansour Sy Borom Darra-Ji qui va lui payer son billet, pour le voyage en France. Il se chargera également de son hébergement une fois sur place. Là, le jeune Maël suit des études en Sciences économiques jusqu’au troisième cycle. Après les études, il ouvre son propre cabinet. Au passage, il s’adonnera régulièrement au football, en première série. Ce qui lui permettra de gagner quelques revenus dans sa passion. Ensuite, il passe l’examen du diplôme d’entraîneur. M. Maël Thiam dispose, en effet, du diplôme de reconnaissance d’entraîneur délivré par la Fédération française de football (Fff). D’ailleurs, il sera entraîneur de l’As Durban. Il se rappelle avoir, dans ce cadre, joué contre Marseille, St Étienne, Monaco. Il sera ensuite désigné comme sélectionneur du Sporting Lyonnais dans le cadre d’un tournoi international à Orléans. Il sera, par la suite, coopter par un autre club comme entraîneur général et qui avait l’ambition de monter en division supérieure. En même temps, il avait un cabinet de consultance en finance, un restaurant et un institut de beauté. Par ailleurs, il était membre de Sos racisme, responsable de la commission Anti Le Pen. Il se rappelle que ce poste lui a valu beaucoup de débats télévisés en France. Fodé Sylla viendra plus tard. Des moments d’âpres luttes qui ont laissé des séquelles, mêmes physiques, précise-t-il.

Le retour au bercail
Dans le cabinet où il était associé avec un certain François Le Roux, ancien banquier du Crédit agricole, ensemble, ils vendront beaucoup de produits financiers tels que la loi Malraux, la loi Ponce ou la loi Menuri, se souvient-il. En 1998, il décide de revenir au Sénégal. Les autorités de l’époque lui demandent alors de réfléchir sur la reconversion des anciens militaires. Il va, dans ce cadre, rédiger un programme qui était ancré dans une nouvelle association, à l’effet d’intégrer les jeunes qui ont fait deux ans dans l’armée, avant de se retrouver dans le civil. Le programme va d’ailleurs être muté en société.

En 2000, Me Abdoulaye Wade est élu président de la République du Sénégal. Ce dernier lui demande, dit-il, en présence de Sidy Kounta et d’Idrissa Seck, de « l’aider à démanteler le Parti socialiste qui venait tout juste de perdre le pouvoir ». Il refuse la mission consistant à ruiner le Ps, parce que, dit-il, il n’a jamais été membre de ce parti, donc n’ayant pas suffisamment d’arguments pour le détruire. En plus de cette mission, d’autres lui seront confiées, parmi celle-ci « travailler sur l’image du président de la République nouvellement élu ». La rupture est intervenue lorsque, dit-il, Me Abdoulaye Wade, une fois au pouvoir, lui demanda d’adhérer complètement au Pds. Ce qu’il refusa.

Alors, il ira au Burkina pour y développer ses activités professionnelles. Sur place, il trouve un pays essentiellement tourné vers la culture bureaucratique. « A l’époque, il n’y avait pas 2.000 entreprises au Burkina. Il fallait mettre en place une stratégie pour booster l’entreprenariat », souligne-t-il. Il mettra au point un institut de formation professionnelle en entreprenariat au Burkina. Titillé très tôt par « la volonté d’être différent », il va très vite taper dans l’œil de ses camardes de parti. « Maël est un sanguin qui peut suffoquer de colères quand on le pousse à bout. Mais, c’est aussi un affectif qui sait communiquer avec tout un chacun. Il a cette capacité d’écoute qui lui a permis de conquérir la sympathie d’une multitude de personnes. C’est un cadet qui sait se comporter en grand frère, quand il s’agit de prodiguer des conseils et autres », témoigne un de ses camardes de parti qui préfère garder l’anonymat. C’est en décembre 2008, sur demande de l’homme d’affaires Harouna Dia, qu’il décide de venir soutenir le candidat Macky Sall. Ce compagnonnage les mènera jusqu’à la conquête du pouvoir. Aujourd’hui encore, c’est lui l’administrateur de l’Apr.

Par Oumar BA

Le kit solaire, développé par la société kényane M-Kopa, permet d’apporter suffisamment de lumière pour allumer trois ampoules et alimenter un chargeur de téléphone. De quoi se sentir en sécurité et permettre à ses enfants d’étudier.

C’est écrit sans détour sur le site, en rouge sur fond noir : la société spécialisée dans l’éclairage solaire embauche. Chef des ventes, développeur, ingénieur… En ligne, près d’une quinzaine de postes sont à pourvoir chez M-Kopa, la majorité à temps plein. La start-up, qui a réalisé, en février, sa quatrième levée de fonds à hauteur de 12,4 millions de dollars, connaît une belle accélération.

« Chaque jour, 500 maisons de plus en Afrique sont éclairées par nos soins », explique Jesse Moore, directeur et cofondateur de l’entreprise. De nouvelles installations qui se rajoutent aux 150 000 foyers déjà équipés dans l’Est africain. Le principe de cette offre écologique ? Un capteur solaire individuel est installé dans chaque foyer moyennant 35 dollars, puis le client s’acquitte de 43 cents par jour sur une durée d’un an.

Ce paiement quotidien se fait par téléphone portable interposé, en utilisant, par exemple, les services financiers de la société kényane M-Pesa, structure totalement indépendante et qui rassemble plus de 12 millions de consommateurs.

« Réduction des risques de feu »
Depuis son lancement en 2012, M-Kopa a enregistré plus de 3 millions de microtransactions. Ces sommes versées quotidiennement permettent à chaque maison cliente d’être éclairée de trois ampoules (deux murales et une mobile). Le foyer dispose également d’une alimentation pour un chargeur de téléphone et d’une radio solaire qui complète ce kit familial. Le marché potentiel est gigantesque : rien qu’au Kenya, près de 30 millions de personnes n’ont pas accès au réseau électrique et utilisent des lampes à kérosène pour un budget de l’ordre de 200 dollars par an.

Au fil des mois, le succès de l’entreprise s’est forgé sur le bouche-à-oreille. « Nos clients affirment à hauteur de 92 % que les résultats scolaires de leurs enfants ont progressé après notre installation, note Jesse Moore. La même proportion affirme également se sentir plus en sécurité la nuit, le système solaire réduisant logiquement les risques de feu et de brûlure. »

L’entreprise, qui emploie 500 salariés au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie et utilise les services de 1 000 agents de terrain, a récolté de nombreux prix internationaux : de l’Américain Bloomberg New Energy Finance Award en 2014, au Zayed Future Energy Prize décerné en janvier 2015 par les Emirats arabes unis. D’ici à trois ans, M-Kopa annonce vouloir embaucher 500 personnes supplémentaires et 2.000 nouveaux agents. Son objectif affiché ? Eclairer un million d’habitations d’ici à 2018.

Lemondeafrique

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