grandair

À Foundiougne se trouve la communauté du Loog, une entité unie depuis plusieurs siècles par l’histoire et la géographie. L’appartenance à une même ethnie (sérère) et l’insularité ont favorisé des relations de bon voisinage entre les populations des villages grâce à la mise en place d’instances regroupant leurs ressortissants. Aujourd’hui, ils partagent le même environnement, les mêmes contraintes et le même avenir.

Forte d’une dizaine de villages, à savoir Thiaré, Soum, Ndorong, Mbassis, Mbam, Sapp, Keur Samba, Gagué Bocar, Gagué Mody, la contrée du Loog, située au centre-ouest du Sénégal, explique Abibou Ngom, est limité à l’est, au sud et au sud-ouest par le Baagal qui est un prolongement du bras de mer du Jombos, un défluent du fleuve Saloum qui le limite au nord et au nord-ouest. Cette île du delta du Saloum, nous renseigne Abibou Ngom, actuel chef des services administratifs de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan), ex-Institut français d’Afrique noire, est entourée de toute part par les eaux du Saloum et ses défluents. « Autrefois, le Loog appartenait au Diognick, une province située au nord-ouest du royaume du Saloum. Actuellement, il se trouve dans la région de Fatick et renferme le chef-lieu du département de Foundiougne », précise-t-il.

Les premières installations humaines, informe-t-il, remontent à la protohistoire comme en témoignent les tumulus de sable (Poodoom en sérère) repérés entre les villages de Ndorong et de Mbassis. « Les populations actuelles du Loog ne revendiquent pas la paternité de ces édifices, mais l’imputent aux Socés, c’est-à-dire aux Mandingues qui seraient les premiers habitants des lieux. Selon Martin et Becker, fait-il savoir, ces édifices sont « des monuments funéraires réservés à des personnages importants ». De l’avis de ces mêmes auteurs, ces édifices remonteraient à l’époque de l’apogée de l’empire du Ghana, indique M. Ngom. « La tradition locale note que ce tumulus représente le tombeau d’un personnage nommé Jaal Manjooreen qui serait de la lignée maternelle des Wagadu. L’empire du Ghana, selon l’historien Ki-Zerbo, est aussi appelé Wagadu. À coté de ces tumulus se trouvent un village déserté appelé « O Mbetionga » et des champs délaissés appelé Xabaan, c’est-à-dire terres orphelines », souligne cet historien. Et de préciser que ces vestiges historiques montrent que les populations actuelles ne sont pas les pionniers de la localité. « Elles y ont succédé les Socés », relève-t-il. À en croire M. Ngom, « la fondation des villages actuels remonte aux environs du treizième siècle avec l’immigration de populations venues majoritairement du Gabou, cette aire géographique qui couvre la majeure partie des régions actuelles de Gambie, de Casamance et de Guinée-Bissau ».

À l’origine, nous dit Fodé Sarr, professeur de Svt, le Loog, c’était Mbassis, Mbam, Ndorong, Thiaré et Soum avant que des nomades ne quittent le Sine pour venir s’y installer. Ensuite, il y a eu Keur Samba Wané et Sapp qui datent de l’époque coloniale. « Quand le chef de canton venait, il appelait tout le monde là-bas. Puis, il y a eu les villages de Gagué Mody et Gagué Bocar, lesquels font aussi partie du Loog, et Bambou ».

Dans ce coin du département de Foundiougne, les populations, composées à plus de 90 % de Sérères, s’entendaient à merveille. « C’est un cercle, mais une même famille de même lignée aussi bien paternelle que maternelle. Tous les habitants sont d’une même famille culturellement et sociologiquement. Les familles que vous trouvez à Mbam sont les mêmes que celle que vous trouverez à Mbassis, Ndorong, Thiaré, entre autres », indique le maire de Mbam, Simon Diouf.

De l’avis du maire de Soum, Moustapha Ngor Léon Diop, « le fait que son village, l’un des plus grands du Sénégal à l’époque avec Dioffior et Thionck Essyl, soit devenu une commune doit être considéré comme un avantage, et cela ne change en rien les rapports de voisinage entre les populations qui doivent au contraire s’entraider pour que leurs conditions de vie puissent s’améliorer ».

Et, aujourd’hui que Mbam est passé commune, ceci doit traduire davantage en actes cette nécessité d’agir ensemble comme le souhaite le maire de Soum, qui se dit convaincu « qu’aucune entité ne peut aller seule sans les autres ». D’ailleurs, soutient-il, « sans le Loog, même Foundiougne ne peut pas marcher et vice-versa. Le développement, c’est que les trois entités doivent l’amorcer ensemble ».

Pour Abibou Ngom, Soum occupe une place de leader et de locomotive dans la communauté du Loog compte tenu de son poids économique (agriculture, extraction et commerce du sel et des cotonnades) et démographique. « En tant que havre de paix et de prospérité, Soum a été une terre d’accueil et de refuge. D’où sa forte démographie. Soum est aussi connu pour ses grands lutteurs et ses célèbres guérisseurs traditionnels. Bref, Soum était un village-centre de l’île de Foundiougne appelé « Loog », car ayant toujours été imprenable », explique M. Ngom. De même, ajoute-t-il, la ville de Foundiougne entretient d’intenses relations économiques avec les villages environnants qui constituent son hinterland. « Jadis premier port colonial de commerce du Sine-Saloum, l’essentiel des produits écoulés provenaient de ses environs où se pratiquait la culture de l’arachide. En gros, une forte interdépendance peut être notée entre Foundiougne et le Loog, une interdépendance qui rappelle les relations ville-campagne », informe-t-il.
 
Une presqu’île du département de Foundiougne
FoundiougneConseiller municipal à Mbam et deuxième secrétaire élu du Conseil départemental de Foundiougne, Lamine Sarr, natif de ce terroir, présente le Loog comme constituant la partie continentale du delta du fleuve Saloum. Il est bâti, selon lui, « sur un cordon littoral sableux, au modelé constitué de dunes et de cuvettes et se présente sous la forme d’une presqu’île cernée de toute part par la mer, à l’exception du couloir routier qui le relie à la commune voisine de Djilor. Le Loog comprend les communes de Soum et de Mbam limitrophes de celle de Foundiougne ». Mais, sur le plan pédologique, trois à quatre types de sol alternent selon les zones écologiques : les sols ferrugineux tropicaux (Dior et Deck), les sols hydromorphes des vallées, les sols halomorphes (sols salins, « tanne ») et les sols des mangroves observés dans les îles et les estuaires. Sur la terre ferme, les sols, essentiellement de type Dior sont propres à l’agriculture, notamment à la culture de l’arachide, du petit mil, du maraîchage et de l’arboriculture, tandis que les sols argileux des cuvettes sont par excellence le domaine de la culture du sorgho, mais surtout de la riziculture. Par ailleurs, souligne M. Sarr, « dans certains villages, comme à Mbassis, l’existence de basses terres situées en dessous du niveau de la mer et surtout de sols argileux imperméables expose les populations et les cultures aux risques d’inondation. En effet, le Loog a un « pêché environnemental originel » : le confinement et l’exigüité des terres liés à l’insularité ».

Il note que « c’est un terroir qui est coincé entre la mer et les communes voisines de Djilor à l’est, de Foundiougne au nord-ouest et il en résulte de faibles réserves foncières amoindries par l’existence d’une longue ceinture de pâturage, sorte de forêt classée que les populations ont décidé de réserver au pâturage pendant l’hivernage afin de protéger les champs agricoles. Cette forêt classée, en sus de son rôle environnemental et économique certain, contribue à l’apaisement des relations entre éleveurs et agriculteurs dont les champs sont protégés pour l’essentiel des attaques des troupeaux. Sa position géographique privilégiée, mi-continentale, mi-maritime, justifie son important potentiel agro-sylvo-pastoral, piscicole et touristique ».
 
Un riche patrimoine historique et culturel
Mbass CeremLa zone du « Loog » est essentiellement peuplée de Sérères qui cohabitent harmonieusement avec les Peuls majoritaires dans les villages de Keur Samba Wané, Gagué Mody et Mbam Toucouleur, tandis que la plus forte communauté d’obédience wolof réside à Sapp. Lamine Saar nous append qu’à la faveur de la péjoration du climat qui frappe durement la partie nord de la région de Fatick, le Loog se présente, depuis quelques années, comme un terroir d’accueil des populations du Sine. Aujourd’hui, indique-t-il, la zone compte environ 25.000 habitants. Et sur le plan historico-culturel, cette population est détentrice d’un riche patrimoine avec des lieux de culte dans chaque village : Laga Ndong à Ndorong, Ngaandé Saar et Saas à Thiaré, Pathine à Mbam, Diatta Waly à Mbassis, Poro Poro à Soum, etc. Il existe également des lieux célèbres de rencontre des initiés où se déroulent les cérémonies de divination avec les Saltigués ou d’échanges sur les problèmes qui secouent la localité.

Selon Abibou Ngom, l’appartenance à une même ethnie (sérère) et l’insularité auraient favorisé des relations de bon voisinage entre les villages du Loog grâce à la mise en place d’instances regroupant les ressortissants de chaque village. « Il s’agit de Xooy Raag ainsi appelé, car se tenant chaque année sur le lit de la marre appelé Raag. C’est une sorte de congrès annuel où l’on prédit certes l’avenir, mais où l’on discute aussi des problèmes de tout genre que rencontrent ou que pourraient rencontrer les habitants du Loog. À l’approche de l’hivernage, renseigne Fodé Sarr, tous les « Saltigués », avec leurs connaissances diverses, se réunissaient au niveau du « Raag » (la brousse) pour faire des prédictions sur l’hivernage, l’avenir, la protection de la communauté. Ces pratiques, indique-t-il, subsistent encore. « Il y a une forte cohésion qui a été un peu effritée avec la communalisation, le village Soum étant passé commune, le reste constitue la commune de Mbam », soutient-il.

Il y a aussi le Xooy extraordinaire de Paak xa daq (à distinguer du xooy ordinaire du même lieu) réservé en particulier aux questions de sécurité, selon Abibou Ngom. « Il s’agit là d’une instance spéciale à laquelle chaque village se fait représenter par deux dignitaires. Le nom de circonstance est alors « O ndan nu looloog », peu connu de la majorité des habitants du Loog, explique M. Ngom.

À la faveur de ce riche patrimoine immatériel auquel il faut ajouter l’hospitalité des populations, les opportunités de pêche sportive et d’implantation de réceptifs hôteliers, la visite de la zone est un itinéraire presque incontournable pour les visiteurs.

Toutefois, la localité n’a pas, jusqu’ici, tiré profit de ses nombreux avantages comparatifs, souligne Lamine Sarr, relevant que ce sont des opportunités géographiques qui cachent mal les contraintes physiques du Loog qui, malgré leur ténacité, doivent être perçues comme des défis à relever. D’autant que dans le domaine démographique, les 25.000 âmes du Loog vivent sur une superficie inférieure à 15 km2 tout en s’activant à la fois dans les secteurs de l’agriculture, l’agropastoralisme et la pêche. « Le Loog se confond dans une végétation composée de savanes arbustives qui renferme, du côté de la mer, la mangrove qui peuple les nombreux bolongs (bras de mer) serpentant le territoire départemental de Foundiougne. Et à la lisière de ces bolongs se trouvent généralement des sites boisés et sacrés comme : Lagga Ndong, par exemple, qui est situé dans la zone de Ndorong, dans la commune de Mbam. Une diversité géographique justifiant son important potentiel agro-sylvo-pastoral, piscicole et touristique », explique M. Sarr.

Dans cette contrée du Loog, les difficultés ne manquent pas. Le problème majeur auquel les populations sont confrontées reste l’accès à l’eau potable que seul le transfèrement peut régler de manière définitive. Le maire de la commune de Soum souhaite que leur commune soit raccordée au projet « Eau potable Notto-Ndiosmone-Palmarin » à partir de l’île de Baout  pour résoudre la problématique de l’approvisionnement en eau. Il s’y ajoute l’achèvement des travaux de la piste Soum-Foundiougne-Mbassis-Mbam tant souhaité par les populations qui sollicitent également des infrastructures sanitaires et éducatives, de même que des équipements et matériels agricoles.

Mohamadou SAGNE, Samba Oumar FALL (textes)
et Ndèye Seyni SAMB (photos)  

Les maladies cardiovasculaires tuent 8 fois plus les femmes que le cancer du sein. Le coupable ? Le tabac, en cause dans la moitié des infarctus du myocarde chez les femmes de moins de 50 ans. Pourtant, ces maladies restent encore largement sous-estimées par le grand public.

Principal facteur de risque, le tabac. Avec l'augmentation constante du tabagisme féminin depuis les années 1970, un comportement jusque-là plutôt réservé aux hommes, les maladies associées ont littéralement explosé. Mais si l'on pense instinctivement aux maladies respiratoires et aux cancers, on a tendance à oublier les maladies cardiovasculaires qui, par leur nombre, sont pourtant les plus meurtrières. " Le tabac est responsable de la moitié des infarctus du myocarde chez les femmes de moins de 50 ans", précise le Dr Mounier-Véhier qui a fait de la prévention cardiovasculaire chez les femmes son cheval de bataille. Et pas question de lui parler de petit tabagisme. " Fumer 4 cigarettes par jour double le risque d'infarctus du myocarde chez les femmes". En cause, les artères plus fines et une revascularisation plus compliquée chez les femmes que chez les hommes.

Stress, mauvaise alimentation, sédentarité malmènent également le cœur. Et facteur de risque spécifique aux femmes, les hormones, et plus particulièrement les oestrogènes de synthèse contenus dans la plupart des contraceptifs. " Avec les oestrogènes de synthèse, le risque thrombotique augmente avec l'âge, et de manière significative au-delà de 35 ans. Chez les femmes à risque cardiovasculaire (pour cause de diabète, d'hypertension artérielle, etc.), une seule précaution : éviter les œstrogènes de synthèse", préconise la cardiologue. Pour ces femmes, la contraception devra reposer sur des progestatifs seuls. Et la situation s'aggrave considérablement chez les femmes combinant contraceptif œstro-progestatif et tabac. " Après 35 ans, une femme qui fume doit choisir entre tabac et œstrogènes de synthèse".

Le THS, protecteur contre les maladies cardiovasculaires
Autre risque lié aux hormones : la ménopause précoce. Mais la prescription d'un traitement hormonal de substitution par voie transdermique (patch ou timbre) aux œstrogènes naturels annule ce risque, affirme le Dr Mounier-Véhier. " Une étude danoise qui a suivi un millier de femmes pendant 10 ans montre que l'administration d'œstrogènes naturels par voie transdermique, comme c'est l'usage en France (contrairement aux Etats-Unis où les THS reposent sur des œstrogènes de synthèse administrés par voie orale, ndlr), non seulement n'augmente pas les risques de cancer du sein ni d'accident vasculaire cérébral (AVC), mais protège contre les accidents cardiovasculaires, les évènements coronaires et la mortalité cardiaque".

Pour cette spécialiste, le rôle des cardiologues à la périménopause (c'est-à-dire quelques années avant la ménopause) est donc essentiel : face à une femme qui présente un surpoids et/ou se plaint de bouffées de chaleur, il doit procéder à un bilan cardiovasculaire et l'interroger sur ses antécédents cardiovasculaires. Ce n'est qu'à l'issue de ce bilan qu'il donnera son feu vert ou son feu rouge à l'instauration d'un THS.

Infarctus : des symptômes atypiques chez les femmes
Contrairement aux hommes, les femmes ne présentent pas tous les signes caractéristiques d'un infarctus du myocarde. Les médecins eux-mêmes sont parfois déroutés devant un tableau clinique atypique et participent ainsi au retard dans la prise en charge des patientes, assure le Dr Mounier-Véhier. Et cette dernière de citer l'exemple d'une " femme de 60 ans, nauséeuse, angoissée , avec un diabète connu, qui se présente pour une douleur qui irradie du ventre au dos". Le médecin l'envoie... chez le gastro-entérologue ! Cette symptomatologie digestive est en fait typique de l'infarctus chez les femmes.

Autre exemple, celui de Laurence, la cinquantaine, qui doit sa survie à un concours de circonstances heureusement favorable. "Laurence est très fatiguée depuis un mois, elle est essoufflée , mais elle met cela sur le compte d'un rythme de travail très important et un stress assez élevé. Le soir d'une fête, elle se rend aux urgences pour des douleurs plus importantes et fait un arrêt cardiaque sur fibrillation ventriculaire. Prise en charge immédiatement, elle a pu être réanimée et récupérer d'une mort subite". C'était en 2012. Laurence l'ignorait, mais elle présentait un tableau clinique typiquement féminin . Car avant la douleur thoracique caractéristique de l'infarctus, présente chez 9 patientes sur 10, celles-ci présentent souvent une fatigue intense et durable, sans lien direct avec une activité particulière. Depuis, Laurence arrive à écouter son corps, désormais consciente que " tout peut s'arrêter".

doctissimo.fr

La belle horreur

22 Mai 2017
12 times

Hier, plongé dans une vague rêverie, je rencontre, par hasard, deux individus d’une touchante affabilité. La femme, éloquente, un tantinet diserte et surtout gracieuse, « m’impose » une discussion. Elle me demande ceci : « Pensez-vous que la vraie justice peut, un jour, régner sur terre ? » Je lui réponds que cela tient de l’utopie tout en épiant « l’ambulant prédicateur stagiaire » qui la secondait, particulièrement taiseux pour parler comme les Belges. La persuasive bonne dame tenait un petit document au titre troublant : « Les cavaliers de l’apocalypse ». Ces hérauts « surgissent brusquement, leurs sabots retentissant comme le tonnerre ! (…) Le premier cheval est blanc. Son cavalier est un roi glorieux nouvellement couronné. Derrière lui, arrive un cheval rouge, couleur de feu, monté par un cavalier qui ôte la paix de la terre entière. Puis, apparaît un troisième chevalier, noir comme la nuit, dont le cavalier tient à la main une balance, alors qu’est proclamé un message sinistre au sujet d’une pénurie alimentaire. Le quatrième cheval, de couleur pâle, d’une blancheur maladive, est le présage de maladies et d’autres menaces mortelles. Son cavalier est la Mort personnifiée. Et la Tombe, la tombe commune aux hommes, le suit de près, moissonnant sur son passage un nombre effroyable de vies ».

Cet extrait métaphorique nous conte notre propre déliquescence et pose les défis du présent et de l’avenir de notre commune humanité. Il transcende les coteries et les obédiences et, dans cette lugubre représentation, fait résonner une sirène d’alarme : le chant du cygne. Devons-nous continuer à l’ignorer sous l’effet du bruit assourdissant de notre silence ? Nous sommes en train d’attendre ce qui est déjà arrivé : la Fin. La fin (pas celle-là promise par les livres saints) c’est, de notre point de vue, cette altération extrême et profonde de notre être qui devient autre que ce qui a jusqu’ici assuré l’équilibre et la survie de notre espèce capable de s’émouvoir, d’être bourrelée de remords après s’être couverte d’ignominie. L’horreur est devenue beauté. Elle est objet d’art à admirer pour témoigner de notre affligeante décadence morale. Il faut qu’elle soit capiteuse, captivante, excitante à raconter pour en tirer parti comme une camelote devenue une relique que l’on court découvrir au « musée des horreurs ».

Il arrive qu’on se réveille joyeux, plein de vie, prêt à conquérir le monde. Il faut alors savourer ces précieux moments parce qu’ils sont devenus si courts dans cette tumultueuse existence. L’infamie et l’atrocité peuplent notre environnement. En plus du branle-bas quotidien -car nous sommes de plus en plus pressés- le train-train horrifiant relaté par les médias nous dessine un monde tourmenté où l’on « zieute », impassible, l’épouvante.

Aïe, aucun mort !
La monstruosité est telle qu’on en est, aujourd’hui, à faire une répulsive comptabilité quotidienne des morts. Un individu poignardé à mort par son vieux compagnon ! Deux autres égorgés ! Il faut que ce soit devant leurs enfants pour que la scène soit suffisamment dramatique ! Une spectaculaire fusillade dans un quelque part tranquille ! Malheureusement, il n’y a pas eu de mort ! Une tuerie, c’est encore plus excitant ! Le folklore des compatissants de luxe sera plus somptueux ! Plus le nombre est important davantage les sens sont échauffés, la laideur est fascinante pour les courroies de transmission (pas seulement les médias, car ils ne sont qu’un groupe de relayeurs parmi une flopée de diffuseurs) et les infâmes bourreaux qui s’y complaisent.

On chosifie nos morts. On se délecte de l’horreur ; « l’horreur anodine ». Il y a des fins heureuses où la mort est fêtée avec quelques larmes de réminiscences. Il ne saurait en être ainsi pour ceux qui ont vu un père, une sœur, une mère, un ami partir si affreusement ; ou ceux-là qui ont vu une âme subissant les assauts d’un maniaque sexuel comme le relaie la presse nationale ces derniers jours. Le procédé informatif est discutable. Mais, il y a une circonstance atténuante. Le journaliste est le produit d’une société désarticulée.

Le marchand de terreur, c’est aussi celui qui affame, qui nie la dignité de l’homme, l’avilit, le dépouille. Nous sommes, chacun dans sa sphère de pouvoir et d’influence, interpellés, parce que chaque action entreprise, noble ou répugnante, chaque mot énoncé, aimable ou scabreux, est une indication de l’état de notre collectivité. Il est, dans ce sens, primordial que les institutions pourvoyeuses de sens soient à la hauteur de la légitimité dont elles jouissent et de la confiance placée en elles. Il y va de la clarté des signaux de modulation qu’elles chercheront à produire.

Par Alassane Aliou Fèré Mbaye

Des hackers ont réussi à s'emparer des données cryptées des quelque 17 millions de clients de cette plateforme présente dans 23 pays...

Zomato, la première plateforme Internet indienne de réservation de restaurant et de livraison de nourriture, a annoncé ce jeudi qu’elle avait été victime d’un piratage informatique massif.
Les données personnelles de 17 millions d’utilisateurs sont concernées. Des hackers ont réussi à s’emparer des noms, adresses mail et mots de passe cryptés des clients de la startup, fondée en 2008 et opérant dans 23 pays.

L’entreprise se veut rassurante
Les informations financières des clients étaient stockées sur une autre base de données qui n’a pas été touchée par ce piratage, assure Gunjan Patidar, responsable informatique de Zomato. « Aucune information relative aux paiements n’a été volée », a-t-il déclaré dans un communiqué publié sur le blog officiel de l’entreprise. « Vos données de cartes de crédit sur Zomato sont totalement en sécurité, donc il ne faut pas s’inquiéter. »

Toutefois, par mesure de précaution, tous les utilisateurs victimes de ce piratage ont été désinscrits du site Internet et de l’application mobile.

Le fichier piraté revendu pour 1.000 dollars
Leur mot de passe a également été modifié, bien que la société a assuré que les hackers ne disposent pas des clés de déchiffrement de ces mots de passe. Selon des médias indiens, citant une information émanant d’un site Internet spécialisé, le fichier de données piratées aurait été vendu aux enchères pour un millier de dollars sur un réseau parallèle anonymisé.

La startup, qui revendique 120 millions de visites par mois, a affirmé qu’elle renforcerait ses protocoles de sécurité. Tous les systèmes informatiques sont passés au crible pour rechercher d’autres effractions éventuelles.

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La startup, qui revendique 120 millions de visites par mois, a affirmé qu’elle renforcerait ses protocoles de sécurité. Tous les systèmes informatiques sont passés au crible pour rechercher d’autres effractions éventuelles.

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Zomato, la première plateforme Internet indienne de réservation de restaurant et de livraison de nourriture, a annoncé ce jeudi qu’elle avait été victime d’un piratage informatique massif.
Les données personnelles de 17 millions d’utilisateurs sont concernées. Des hackers ont réussi à s’emparer des noms, adresses mail et mots de passe cryptés des clients de la startup, fondée en 2008 et opérant dans 23 pays.

L’entreprise se veut rassurante
Les informations financières des clients étaient stockées sur une autre base de données qui n’a pas été touchée par ce piratage, assure Gunjan Patidar, responsable informatique de Zomato. « Aucune information relative aux paiements n’a été volée », a-t-il déclaré dans un communiqué publié sur le blog officiel de l’entreprise. « Vos données de cartes de crédit sur Zomato sont totalement en sécurité, donc il ne faut pas s’inquiéter. »

Toutefois, par mesure de précaution, tous les utilisateurs victimes de ce piratage ont été désinscrits du site Internet et de l’application mobile.

Le fichier piraté revendu pour 1.000 dollars
Leur mot de passe a également été modifié, bien que la société a assuré que les hackers ne disposent pas des clés de déchiffrement de ces mots de passe. Selon des médias indiens, citant une information émanant d’un site Internet spécialisé, le fichier de données piratées aurait été vendu aux enchères pour un millier de dollars sur un réseau parallèle anonymisé.

La startup, qui revendique 120 millions de visites par mois, a affirmé qu’elle renforcerait ses protocoles de sécurité. Tous les systèmes informatiques sont passés au crible pour rechercher d’autres effractions éventuelles.

Issa Doumbia est un acteur et humoriste français né le 10 juin 1982 à Trappes. L’acteur est notamment connu pour avoir tenu le rôle d'Issa Leguenec dans la série courte de TF1, « Nos chers voisins ». Issa Doumbia débute sa carrière en 2009 à la télévision dans la série télé « Brigade Navarro ». En 2010, il obtient un rôle dans le film « Crédit pour tous » de Jean-Pierre Mocky. Mais, c'est en 2011 que l'acteur est révélé au grand public pour son interprétation de Mamadou Seydou Koulibaly dans le film « Beur sur la ville » de Djamel Bensalah, dans lequel il donne la réplique à Booder et Sandrine Kiberlain.

En 2012, Issa Doumbia continue sur sa lancée et passe au petit écran ! Dans douze épisodes, il incarne le rôle de Barkette dans la série « Les Lascars. » En juin 2012, il rejoint le casting de la série télévisée de TF1  « Nos chers voisins » où il interprète Issa Leguenec, un jeune étudiant en sociologie de 23 ans. Par la suite, Issa Doumbia devient animateur de l’émission « Wesh » avec pour co-animateur l’humoriste Alban Ivanov. Les deux complices reviennent sur Canal Street Tv avec une nouvelle émission baptisée « Comment va la street ? »

En mars 2014, Issa Doumbia fait une apparition dans le clip « Mme Pavoshko » de Black M. Il y interprète le rôle d'un professeur de collège complètement débordé par les élèves turbulents de sa classe. Issa Doumbia fait aussi des apparitions dans des clips comme « 20 ans » de Zazie ou encore « Mamadou » du groupe Magic System. À la fin de cette même année, il joue le rôle de Soldat Issa dans le film de Fabrice Eboué, « Le Crocodile du Botswanga. » Par la suite, Issa Doumbia est une nouvelle fois à la présentation des Trace Urban Music Awards, cette fois-ci au côté de Clara Morgane. En 2015, il intègre la bande de chroniqueur de Cyril Hanouna. On le retrouve quelques soirs autour de la table de « Touche pas à mon poste », une émission phare de divertissement diffusée sur la D8.

Par Oumar BA

Le village de Karantaba, situé  dans la  région de Sédhiou était noir de monde les 9,  10, 11, 12 mai 2017. Des milliers de fidèles venus des contrées du Sénégal, de la Mauritanie, du Mali, de la Gambie, de la Guinée Bissau et de la Guinée ont convergé vers  l’un des plus grands  foyers de diffusion de l’enseignement coranique dans l’espace sénégambien. Sa mosquée construite depuis 800 ans, les tombes des érudits de l’Islam ont reçu des milliers de fidèles de jour comme de nuit. Le village conserve bien sa vocation et l’étymologie de son appellation. 

Le quai d’embarquement de Sédhiou bascule dans une relative effervescence. Des minicars, des camions, des particuliers forment une file. Les motos « Jakarta » déposent des clients. Des mécaniciens réparent la rampe du bac. Les clients, les plus pressés enfilent des gilets de sauvetage et sautent dans des pirogues motorisées. Les embarcations, les moteurs en marche, font cap sur Sandiniéry qu’elles atteignent au bout de moins  d’une demi-heure. Sur la terre ferme, des rabatteurs hèlent les passagers en répétant : « Ai Wa Karantaba », « Karantaba ». Les fidèles se dirigent vers  des minicars immatriculés au Sénégal, en Gambie et en Guinée-Bissau. Des voitures bondées de clients et aux porte-bagages pleins de chargements quittent à vive allure Sandiniéry. Elles s’engagent sur une piste cahoteuse par endroits et carrossable dans d’autres sections. Des chants religieux, amplifiés par des haut-parleurs, rythment le voyage vers le village des érudits. Des champs d’anacardiers et des plantations de manguiers se succèdent.  Karantaba se signale au loin par des déclamations du Saint-Coran. Après le rallye, des fidèles imposent aux conducteurs de ralentir. La voie principale fourmille à hauteur du poste de santé. Des vendeurs de tissus, de friandises, de draps, de matériels agricoles, d’huile de palme, de mangues, de bananes, etc. ont leurs étals sur les dépendances de l’artère principale. Toutes les ruelles secondaires transbordent comme les affluents d’un fleuve en crue.

« Ce n’est pas encore l’affluence. Le gamou, c’est demain. Le village  de Karantaba est béni. Personne n’y peut rien  », s’exprime avec un air de fierté Vieux Seydi.  Dans l’enceinte des concessions, des fidèles déclament des chants religieux. D’autres battent des « tabalas » (tambours). Des louanges à Dieu et à son prophète Mouhamad (Psl) sont bien enrobées en langue mandingue. « Le village bat à ce rythme, c’est l’un des rares, pour ne pas dire unique village, au Sénégal où il y a une intense activité religieuse qui précédé le gamou », nous confie Soulèye Camara.

Le village des mosquées
Jusqu’à minuit, ce mercredi, des bus, des minicars, des « Ndiaga-Ndiaye » continuent de déverser leur chargement sur la cité. Les rares espaces libres aussi bien à l’artère principale que dans des  rues secondaires se transforment en gares routières temporaires. Ce village religieux a sa particularité. A quelques mètres du poste de santé, une mosquée en construction fait face à une autre.  Toutes les deux donnent sur l’artère principale. Un peu en amont en face de la maison du maire, une ancienne mosquée fait figure de nain au pied d’une nouvelle. Leur répartition spatiale est une incitation à la prière en groupe. C’est comme si les anciens ne voulaient pas que des  passants trouvent une bonne excuse pour rater  l’heure de prière. Depuis une lointaine époque, des guides religieux ont dédié leur vie à l’adoration de Dieu. Chacun cherchait, avec une certaine obsession, une élévation spirituelle en tournant le dos à ce monde si éphémère. A l’intérieur des quartiers on peut voir çà et là d’autres mosquées. La localité où vivent 7000 âmes au dernier recensement  porte bien son nom. Ni le temps, ni le flux de la modernité  ni la quête du mieux-être n’altèrent l’essence du fondement de Karantaba. La tradition littérale de Karantaba en mandingue signifie le brasier autour du duquel on apprend le Coran. « Normalement toute personne qui est née à Karantaba doit maîtriser le Coran et doit être bien éduquée. Ce village a produit de grands érudits de l’Islam », professe un guide religieux après l’intervention du gouverneur de la région de Sédhiou, Habib Léon Ndiaye lors de la cérémonie d’ouverture.

Le chef local de l’exécutif a mesuré toute la place que les hommes et les foyers religieux dans la consolidation de la  cohésion nationale. Le représentant des familles religieuses, El Hadji Fakéba Solly a magnifié la contribution de l’Etat à la réussite de l’organisation du grand rendez-vous de la foi. Dans la foulée, le président du comité d’organisation a salué la prise en charge de la réhabilitation de la grande mosquée par le gouvernement et l’engagement du ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye. La cérémonie officielle a été sobre. Le village retourne à ses fondamentaux : la propagation des enseignements islamiques. Dans des certaines de concessions, on récite le Coran de façon presque continue.  Des louanges à Dieu et au prophète Mouhamad (Psl)  émanent de partout. « Ici, nous avons 9 grandes familles religieuses. En réalité, Karantaba est un village de marabouts », me confie un de mes tuteurs, lui-même issu d’une des grandes familles religieuses. La graine semée par les érudits a bien porté ses fruits. Depuis 1976, le village célèbre  son gamou sans tambour ni trompette. Mais l’évènement a  dépassé les frontières du Sénégal. Il suffit de jeter un regard sur les plaques d’immatriculation des véhicules pour se rendre compte que la cité n’est pas dans l’anonymat. « Les anciens faisaient leur gamou sans se rapprocher de l’Etat, au fil des années, cela a été perpétué. L’évènement a pris actuellement  une dimension internationale et l’affluence est devenue plus importante », témoigne  le maire de Karantaba, Seydi Solly au cours d’un échange à  son domicile.

Le recueillement nocturne sur des tombes
Depuis 800 ans, Karantaba  a construit sa réputation sur la transmission des enseignements de l’Islam, la diffusion des connaissances coraniques. Son étoile illumine encore sur l’espace sénégambien au sens large du terme. Ce jeudi 11 mai,  la nuit tombe sur la cité sans voiler l’effervescence religieuse. Au marché, on marchande à tout bout de champ. D’autres commerçants, le corps couvert de poussière, dorment sur les sacs et des nattes étalés à même le sol. Il fait jour au marché à minuit. Des fidèles se faufilent entre les cantines pour rejoindre le site d’où est parti le peuplement du village fondé par l’homme de Dieu Foderba Dramé.

Ici, des hommes, des femmes, des jeunes garçons entrent dans un bâtiment abritant des tombeaux. Ils jettent des pièces de monnaie. Les gardiens des lieux formulent des prières. Ils ressortent et entrent dans un caveau où des moustiquaires sont accrochées aux  lattes de bambou. Chacun, formule des vœux et puis lance quelques pièces, des bougies ou du sucre dans une calebasse. Des pèlerins tendent les mains pour la prière commune d’abord. Puis ils  se tournent vers le levant. Des hommes récitent des versets. Après cette étape, la procession traverse la cour d’une concession où d’autres pèlerins dorment.

Une mosquée à part    
Derrière, cette grande concession, des groupes  se recueillent sur d’autres tombes. Depuis de longues années, dans ces sites, c’est vers l’aube que des fidèles viennent se recueillir dans les mausolées des érudits qui reposent  sur la terre sainte. « Karantaba est un endroit où tous ceux viennent pour des bénédictions voient leurs vœux se  réaliser. Ici, il y a quelque chose que l’on ne trouve pas ailleurs », confesse un septuagénaire établi au village de Kafoul et qui a passé 35 ans à Karantaba auprès de son maître.

 Il n’y avait pas de place pour la prière de l’aube  du jeudi dans la mosquée. Des foules de fidèles avaient pris d’assaut l’ancienne mosquée, construite avec la terre bâtie. L’édifice se distingue avec  ses multiples portes internes et ses murs intérieurs servant à séparer les files de fidèles. A  l’intérieur de la moquées multiséculaire, des  fidèles, les uns et après les autres,  posent  leurs  mains et leur visage sur  des effets des premiers imams cousus  dans un tissu et qui sont incrustés dans des murs. A l’extérieur, des femmes se massent. Elles se recueillent.

D’autres pèlerins emportent de l’eau bénite contenue dans des canaris alignés dans la cour. L’affluence atteint un nouveau record, lors de la prière hebdomadaire du vendredi. Déjà à 11 heures, le lieu de culte est pris d’assaut. Jusqu’à plus de 100 mètres à la ronde de l’extérieur de l’enceinte, les fidèles étalent leur natte. D’autres envahissent des cours des concessions où ils forment d’autres rangées. A la fin de la prière, des fidèles se précipitent  vers des véhicules. Le village religieux commence à se vider sans que la ferveur ne s’estompe. 

Par Idrissa SANE

Les imposteurs

19 Mai 2017
24 times

Ils se sont faufilés et imposés dans tous les recoins de la société, tels des envahisseurs d'un nouveau genre : les imposteurs sont parmi nous. On les croise chaque jour au travail. On les subit dans les quartiers. On les entend à la télévision. On lit parfois leurs écrits. Ils nous envoient dans le mur en prétendant nous sauver. Virtuoses des apparences, dissimulateurs sur les valeurs de leur temps, les imposteurs vivent à crédit. Celui que les autres leur accordent. Ces caméléons nous abusent volontiers par leur apparence  «normale ». A la fois conformiste et opportuniste, l'imposteur se coule toujours dans le moule pour mieux duper son monde. C'est un «martyr» de l'époque, un pur produit de la culture du complot qui vibre au rythme des secousses de l’heure. Quand l'intérêt individuel supplante le souci général, quand les apparences l'emportent sur le fond, la performance sur le dénigrement, le préjugé sur le véritable travail abattu, la popularité sur le mérite, l'opinion sur les valeurs, alors les imposteurs s’imposent. Le principe même, c'est de se distinguer. Il est impossible pour lui d'avancer sans se détacher des normes. Surtout tout bousculer aux fins d’atteindre son objectif, tel est le premier impératif au pays de l'imposture. L'imposteur sait qu'il est inutile de perdre son temps à réfléchir, à créer, à prendre des risques. Sur quels critères va-t-on m'évaluer ? Comment séduire ceux qui peuvent œuvrer à mon ascension ? Comment me mettre en scène ? Voilà les seules questions dont il se préoccupe. Peu importe la qualité ou la vertu qu'il lui faudra usurper à toutes fins utiles. Il serait pourtant injuste de limiter l'imposture à un quelconque  champ. L'apparence étend son règne dans tous les champs socioprofessionnels. Dans l'entreprise, ceux qui savent présenter leur carence de travail, sous un jour favorable d’autocommentaires flatteurs progressent plus vite dans la hiérarchie que les laborieux qui œuvrent dans l'ombre, sans mettre en avant leurs réalisations.

Par Oumar BA

 

Abdou Aziz Sall, de son nom d’artiste Maha Lahi, est de ceux qui ne rompent jamais l’effort sur le chemin de l’accomplissement de leur destin. Cette atypique créature n’envisage l’épanouissement que dans le style musical auquel il s’identifie, le reggae, par la cadence et le sens. Par la spiritualité et l’engagement en faveur de l’aventure collective.

Son épouse s’appelle Fatou Ndiaye. Comme sa mère. Elle est son ombre qui lui rappelle le chemin parcouru et les horizons illimités à découvrir ensemble. L’ange gardien à la carnation claire est celle qui l’a aimé et choyé au beau milieu de la tempête. Elle est sa manageuse officieuse qui répond aux appels. Maha Lahi risquerait de tenir le téléphone à l’envers ! De toute façon, ça le laisse de marbre ! Il est de ces êtres qui ne subissent pas le temps et ne vivent que pour accomplir leur « destinée ». Il y a, dans la vie de « l’ex » Abdou Aziz Sall, de petites étrangetés aussi fascinantes que les saillies charmantes et égayantes de son imagination ; celle-là qui lui permet de tenir en haleine une assistance tout au long de ses exquises divagations.

Le quadragénaire, né à Kaolack, a bourlingué et trimé pour se fabriquer un destin dans un style musical, le reggae, qu’il a embrassé au détour d’un voyage en Gambie et d’une découverte d’un morceau du chanteur jamaïcain, Luciano. Après des études interrompues en classe de troisième aux cours moyens et secondaires, il s’essaie à plusieurs métiers. Mais, le cœur n’y était pas. En sus, « mon père et ma mère avaient divorcé », rappelle-t-il en guise de justification. Il tâte le ballon rond dans le « nawetaan » et s’égare un peu. La musique le ramène dans le « giron de la normalité ». Abdoul Aziz Sall imite des ténors de la musique sénégalaise : Thione Seck, Youssou Ndour, Omar Pène. Il s’y plait. L’envie de tracer sa propre voie devient irrépressible. Une prestation du Groupe de rap Daara-J le stimule.

En 1996, des amis et lui fondent un groupe, le « Black roots ». Leur premier morceau « Boolo len » révèle leur talent poétique et artistique. La formation fait long feu. Les membres investissent d’autres univers. L’enfant de Kaolack, lui, poursuit le rêve et s’ancre dans le reggae. « La Gambie m’avait déjà inoculé le virus du reggae. J’avais fini par m’identifier à cette musique par le message qu’elle formule et le rythme qu’elle déploie », confie l’homme aux dreadlocks interminables au-dessus desquels « plastronne » un chapeau « Cabral ». En 1998, le groupe Rapadio fait une entrée fracassante sur la scène musicale sénégalaise et sonne le glas d’une certaine forme de musique et d’artistes « doucereux ». Maha Lahi, reclus à Foundiougne, trouve refuge dans la spiritualité auprès de son nouveau guide religieux « Baye Fall », Moussa Diagne. Il y rencontre son épouse et se réconcilie avec la musique. « Au début, je voulais me lancer dans le cantique. Cependant, mon guide, convaincu de mon amour pour le reggae, m’a incité à m’accrocher à ce rêve nourri depuis des années », se souvient-il, les yeux, derrière des lunettes à verres correcteurs, scintillant de fierté. Doit-on attendre moins d’un fils de Muchacho, célèbre percussionniste qui a accompagné Thione Seck, Afriando et African Salsa ?

La désillusion
A son retour à Kaolack, tout au début des années 2000, il crée le Majal Gui et s’offre une petite notoriété grâce aux belles mélodies distillées. Sa rencontre avec le groupe de rap Keur Gui booste sa carrière naissante. Celle avec l’animateur J-Man de la Radio Dounya lui permet de louer Cheikh Ahmadou Bamba et de rappeler le drame du Diola à travers deux titres qui lui ont valu d’être reconnu par le public. Malgré ces éclairs de génie, Maha Lahi se morfond dans ses satisfactions d’amour-propre. Pour répondre aux sceptiques qui le trouvaient peu ambitieux et l’affublaient de sobriquets pour sa longue « hibernation », il sort « Juum ngen » (vous vous trompez). Certains esprits narquois lui suggéraient même de faire un duo avec le chanteur Pape Thiopet ! Suprême offense pour un reggae man !

Les quolibets, si tant est qu’ils existent encore, sont certainement devenus moins incommodants. Maha Lahi a fait du chemin. Le concours télévisé, « L’Afrique a un incroyable talent », auquel il a participé récemment, l’a mis sous une source lumineuse qui l’a fait découvrir au monde. Le début a été aussi prometteur que la désillusion qu’il y a connue par la suite. « Un ami de mon père m’a informé du casting après lequel j’ai été choisi parmi une flopée d’artistes. Je l’ai su tardivement et les formalités pour le voyage en ont rajouté à mon stress. N’eut été ma femme, je serai passé à côté de ce rendez-vous. C’était mon baptême de l’air. J’avais tellement peur. Le jour de mon passage, ma guitare m’a joué un mauvais tour. Je me suis débrouillé avec celle que l’on m’a prêtée. Ma performance s’en est ressentie et j’ai été éliminé à cause d’une fausse note. Cet épisode m’a particulièrement affecté surtout quand j’ai pensé à toutes les personnes qui ont cru en moi », se rappelle-t-il, amer. La pilule a été d’autant plus difficile à avaler qu’un membre du jury, Fally Ipupa, l’a traité de « pleurnichard » quand il a voulu raconter son infortune. Pour la narrer à ceux qui daigneront l’écouter, il sort le morceau « Les chiens aboient » comme pour faire un clin d’œil au célèbre reggae man de la Côte d’Ivoire, terre de sa mésaventure. Le précurseur du reggae à Foundiougne ferme la page et embrasse un immense horizon avec ses promesses de belles mélodies, de rythmes et de vies. Dans cet album à venir, il chante les femmes, des existences difficiles et possibles, exalte des valeurs, confère une acception à sa spiritualité qui va au-delà des petites appartenances. Son message, accoté à la réalité de l’humain, se veut universel. Le langage ésotérique qu’il affectionne n’est qu’une autre « disposition » des mots, une autre expression des sentiments indéfinissables. En cela, il transcende les temps et les espaces. Maha Lahi, à la charnière entre le temporel et le spirituel, suit sa route qui dessert plusieurs univers de saveurs quoique parsemés d’embûches.

Par Alassane Aliou MBAYE

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