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Evasion (53)

Dans le royaume Bandial, on pleure déjà la disparition programmée des cases à impluvium avec leurs charpentes superposées de l’extérieur et une autre de forme d’entonnoir inversée de l’intérieur communicant avec un bassin de captage des eaux pluviales. Les touristes et les curieux effectuent des tours et des visites pour admirer les derniers jours d’une architecture atypique inscrite sur la liste indicative de l’Unesco.

A l’ombre des palmiers, des rôniers et des fromagers, la case bicentenaire de Séléky, à l’image d’une vieille personne sous le poids de l’âge, porte les rides de sa longévité. La paille se déstresse. La toiture porte des entailles çà et là. A partir de l’intérieur on peut apercevoir le ciel. Derrière, dans la cour arrière, des adjonctions de couleur de terre moins foncée se différentient avec les pans noirs foncés datant de la période précoloniale. « Je me consacre à la réhabilitation et à la rénovation de cette case depuis une décennie.

Regardez, voici en photo mon père, il a fait la guerre d’Algérie. Il n’est plus de ce monde. Pourtant il est né dans cette case. C’est la plus vieille et la plus ancienne du royaume », se vante EvasionAtendeng Tendeng, un homme frêle, rongé par le souci de préservation d’un patrimoine en danger. Depuis plus deux siècles, chaque génération ne trahit pas sa mission. Le nouvel héritier est au bout de ses peines. A Séléky comme du reste, dans le pays Bandial, personne ne veut de la disparition de la case bicentenaire. Mais personne n’est prêt à faire le sacrifice pour la conserver. Assis sur une natte, savourant son vin de palme avec un ancien ami d’enfance, Atendeng Tendeng, le corps émincé et la voix rauque, laisse éclore des regrets.

Il ne peut plus supporter le lourd héritage de ses ancêtres à son corps défendant. « C’est la dernière réfection. Ici, tout le monde veut la conservation de ce patrimoine. Mais personne ne vous aide. Nous allons perdre cette case. Je ne vais plus me fatiguer. Ce n’est pas pour moi, mais pour la communauté », avertit Atendeng Tendeng. Le jeune écolier Alexandre Tendeng ne veut pas entendre ce discours. « Non, mon père ne dit pas cela », laisse-t-il glisser. « Ah oui je vais le dire », renchérit Atendeng Tendeng. 

La case bicentenaire n’est plus une maison familiale. A l’entrée, dans un coin, le fétiche veille sur tout. Au-dessus des récipients, des jerricanes et une grosse cuillère taillée dans le bois sont accrochés au mur. A l’entrée principale, un tambour traditionnel, une sorte de tronc d’arbre rongé de l’intérieur, est sur la véranda. Cette case est un musée pour la communauté. « Séléky est réparti en six quartiers et chaque quartier a son chef. Au quartier Batendeng, c’est dans cette case où se tiennent toutes les réunions pour prendre les grandes décisions, ce tambour sert à annoncer des événements », tente de convaincre Alexandre Bassène.

Une case sur la liste indicative de l’Unesco 
Construite à l’image des voûtes nubiennes avec des murs de grande épaisseur, la bâtisse laisse apparaître des fissures. Elle menace ruine. L’éclatement des familles, la rareté de la paille sont les principales raisons de l’abandon de cette architecture inscrite sur la liste indicative de l’Unesco. « Les Espagnols nous disent de conserver ces cases. Il faut reconnaître que c’est difficile. Dans la zone il n’y a plus de paille en abondance. Mon frère a dépensé plus de 100.000 francs Cfa pour recouvrir une partie de la toiture. L’année prochaine, nous allons renouveler l’autre pan de la toiture », rapporte Gilbert Bassène, au village de Bandial. La case à impluvium de sa forme originelle n’a pas de beaux jours devant elle.

A la sortie de Séléky en se dirigeant vers Etama, les taules ondulées épousent la forme circulaire des chaumières. De l’intérieur, une autre toiture inversée en taules ondulées complète la charpente. La modernisation de la case à impluvium est une stratégie de conservation qui ne sauvegardera pas pourtant tout le patrimoine en voie disparition.

Idrissa Manga : L’avocat d’une architecture en péril
Idrissa MANGAIdrissa Manga est l’un des plus ardents défenseurs de la case à impluvium dans le royaume Bandial. Il parle de cette architecture avec une passion teintée de regrets. Il ne sait pas pour combien de temps cette case sera la marque identitaire de leur architecture traditionnelle.

C’est toujours avec une grande fierté qu’Idrissa Manga, le gestionnaire du campement villageois d’Enampor, parle de la case à impluvium. C’est d’ailleurs un sujet de prédilection pour ce jeune homme trapu âgé de 35 ans. « Je suis né et j’ai grandi dans une case à impluvium. C’est normal que je connaisse quelque chose de cette architecture traditionnelle de chez-nous », souffle celui qui sert régulièrement de guide aux touristes qui viennent dans cette partie de la région naturelle de la Casamance pour admirer ces cases à l’architecture originale dont certaines datent du 17ème siècle. Lorsqu’il parle de ces cases, il ne laisse aucun détail.

D’abord la fonction protectrice de ces maisons lors des conflits opposant les groupes ethniques de la basse Casamance, sa fraîcheur ambiante. Il mentionne également la vie en communauté et en harmonie. « Sous une case, on peut retrouver plus de 5 familles issues toutes du même arbre généalogique. On retrouve des musulmans, des chrétiens et des animistes », raconte Idrissa Manga. Cet habitat cimente les relations entre les membres d’une même famille, préservant ainsi l’héritage culturel des sociétés africaines qui ne connaissent pas des ménages nucléaires. « Les cases à impluvium vont disparaître avec le mode africain de vie en famille », regrette le défenseur d’une architecture en péril.

Dans le royaume Bandial, cette case à impluvium a plus résisté au temps que les cases carrées ou rectangulaires qui ont été par la suite adoptées par les populations autochtones. En 2016, il reste trois prototypes que le bonhomme continue de vanter les bienfaits.

« Je plaide pour que ces cases soient sauvegardées, parce que si l’on parle de tourisme dans cette zone de la Casamance, c’est en grande partie lié à ces cases à impluvium. Elles font partie de notre patrimoine », défend Idrissa Manga. Signe de l’importance de ces cases, le guide renseigne que l’architecte Pierre Goudiaby Atepa s’en est inspiré pour construire la Case de l’Alliance française de Ziguinchor. Pour cela, il aura séjourné plusieurs jours durant à Enampore et dans les environs. 

Même Idrissa Manga a fait de la sauvegarde des cases à impluvium une lutte personnelle, le gérant du campement avait essayé d’embrasser la carrière d’enseignant sans succès. De même que celle d’infirmier d’Etat en vain. C’est par la suite qu’il a jeté son dévolu sur le tourisme en se formant au métier de guide. En 2011, il est coopté pour gérer le campement villageois d’Enampore. Actuellement, le secteur touristique n’est guère florissant à cause de plusieurs facteurs tels que les taxes douanières, les problèmes de sécurité de la zone, le blocus de la transgambienne, etc. Marié et père de quatre enfants, Idrissa ne désespère pas pour autant de voir et de revoir des bus remplis de touristes venir séjourner dans son campement et visiter les cases à impluvium.

I. SANE et M. NDONG

Last modified on mercredi, 13 juillet 2016 12:21

En bordure de la route qui mène à Gandiol, dans la région de Saint-Louis, un tableau indicatif de la « Reserve spéciale de Guembeul », passe presque inaperçu. De l’extérieur, l’endroit ne se démarque guère de l’ordinaire. Que d’illusion ! En effet, une fois à l’intérieur, on découvre une réserve de 720 ha abritant essentiellement des oiseaux, des gazelles, des tortues et des singes.

C’est vers 17h que nous foulons l’entrée de la Reserve spéciale de Geumbeul. De jeunes filles à peine sorties de la puberté s’amusent à regarder le spectacle qu’offre le ballet incessant de va-et-vient des véhicules qui empruntent à vive allure cette bretelle qui conduit au centre de Gandiol. Leur attention est captée par le mouvement incessant des bolides. Et pourtant, derrière elles, se cachent une Réserve fabuleuse qui offre un paysage à couper le souffle.

Ce site écologique se distingue par de fortes concentrations d’oiseaux. Situé dans la région Saint-Louis, il couvre une superficie de 720 ha. La Reserve de Geumbeul abrite, entre autres, la gazelle Dama Mhorr, celle-là même qui traîne la réputation d’être la plus belle des gazelles sahélo-sahariennes. On y trouve également des singes rouges et la Sulcata Geochelone qui demeure la plus grosse des tortues africaines. 

Dans la grande cour, de jeunes tortues âgées de 30 ans sont regroupées dans un enclos dédié, tandis que les gros spécimens bénéficient davantage d’espace. Toutes appartiennent à la même espèce, la « Tortue sillonnée », aussi appelée « Tortue de savane ».

Cette espèce est, mine de rien, la troisième plus grosse au monde, avec des mâles pouvant atteindre les 100 kg et une espérance de vie estimée à 150 ans. Sa spécificité anatomique lui confère une carapace aplatie. Autrefois commune au Sénégal, elle serait à présent devenue très rare. 

Un peu plus loin, nous progressons à bord de la voiture du commandant Thialaw Sarr qui, pour la circonstance, fait également office de guide. Dans les alentours de l’étang, un groupe de singes s’enfuit à notre approche, mais deux jeunes individus décident de rester sur place. Ils se camouflent derrière les salicornes, nous permettant d’observer de plus près leurs visages mutins.

« Cette réserve privée est une zone classée Ramsar en raison du stationnement en fin d’hiver de plusieurs milliers d’Avocettes, mais c’est aussi une zone où sont élevées, dans le but d’être réintroduits dans leur environnement, différentes espèces « animales », informe le Commandant Sarr, Vétérinaire conservateur des Parcs nationaux. 

La Reserve de Guembeul a été créée le 30 mai 1980. Elle est étendue sur une superficie totale de 720 ha. Les autorités s’étaient alors fixé trois objectifs. Il s’agissait d’abord de la mise en défens, (terme forestier qui veut dire clôturer un espace tout en laissant la végétation s’y remettre naturellement). Le deuxième objectif consistait à la protection de la cuvette, qui joue à la fois un rôle économique et écologique.

Le troisième objectif est relatif à la réintroduction des animaux sahélo-sahéliens qui existaient déjà dans la sous région et qui, malheureusement, avaient, en un moment donné, disparu. «Nous procédons à l’élevage en semi captivité et parfois en captivité. Nous surveillons aussi le processus de reproduction de ces animaux, pour qu’au moins, d’ici à un ou deux ans, qu’on puisse les transférer vers les autres Parcs et Réserves de la sous-région. Ce n’est pas seulement le Sénégal qui est concerné », note le commandant Thialaw Sarr.

Particularité de la Réserve Guembeul
Depuis l’ouverture de la Reserve, les trois objectifs ont été largement atteints, assure le commandant des lieux. Preuve à l’appui, nous indique t-il, le bois qui était voué à la mort s’est suffisamment remis. « D’ailleurs, nous tendons à diminuer les arbres en autorisant les populations riveraines à couper le bois mort. Le taux de couverture végétale a été largement dépassé. La protection de la cuvette a également été atteinte.

Les ressources naturelles qui entourent la cuvette sont également bien conservées. Des ponts ont été, dans ce sens, aménagés avec le soutien des populations locales », assure-t-il.

En ce qui concerne le troisième objectif qui a trait à l’élevage de l’animale gazelle sahélo- sahélien, là aussi, les résultats obtenus sont satisfaisants. « Nous pouvons dire qu’il est atteint, dans la mesure où, si un animal quitte un lieu pour un autre et commence à se reproduire, l’objectif est touché. Cependant, nous assistons, parfois, à des problèmes d’avortement, de prédations. Cela va de pair avec l’élevage. Nous essayons d’y apporter des solutions, d’autant plus que le programme renferme un volet d’acclimatation », souligne le vétérinaire.

La particularité, à Guembeul, est que les animaux ne doivent pas sortir des enclos. La Reserve reste exiguë pour ces bêtes qui avaient l’habitude de faire, en état de liberté, 30 à 40 Km de rayon de divagation. De fait, des enclos de 150 m sur 10 ont été confectionnés, ce qui permet de facilement capturer les animaux en cas de soins vétérinaires. L’acclimatation a des normes. L’animal est certes laissé à lui-même, mais il est toujours capturé en cas de besoin de soins vétérinaires. Au total, 200 sujets seraient réunis dans cette Réserve.

Quatre sortes d’espèces sont regroupées à Guembeul. La gazelle d’Amamore est venue au Sénégal en 1984 en acclimatation. Elle existe toujours. Elle a été libérée dans les années 2000 dans cette enceinte de 720 hectares. Elle a vécu et s’est reproduite de 1984 à nos jours. Sa durée de vie est de 25 ans. « Si nous parvenons à toujours observer l’espèce, cela veut dire que l’objectif a été atteint», note le commandant.

Il y a aussi l’Oryx Al gazelle, arrivée en 1999. C’est l’animal qui s’est le mieux acclimaté. Un certain noyau a d’ailleurs été transféré dans le Ferlo. Les animaux sont envoyés dans ce site en conformité avec la phase d’acclimatation. 

L’acclimatation n’est pas assujettie à un nombre d’années défini d’avance. Quand l’animal arrive vivant sur les lieux, cela constitue déjà un acquis. Cet acquis est encore meilleur quand il parvient à se reproduire.

« Quand l’animal parvient à se reproduire jusqu’au nombre de 50 sujets, nous sommes tenus, par l’obligation, de désengorger le site. Sinon, il risque de se poser des difficultés», souligne le commandant Sarr. Les animaux sont alors transférés au Ferlo ou dans d’autres pays qui ont signé des conventions dans ce sens avec l’Etat du Sénégal.

L’intérêt de protéger les cuvettes d’eau est avéré. Les gérants sont parvenus à trouver un cadre climatologique adapté pour permettre aux animaux qui ont quitté l’Afrique pendant des années d’y revenir. Cette transition confère à la cuvette un rôle très important.

« Nous parvenons aussi à capter tout ce qui est oiseau d’eau. Ce qui rend la cuvette très riche concernant tout ce qui est aquatique et cela impacte sur les oiseaux piscivores », note le commandant Sarr. 

La seule espèce qui rencontre, cependant, quelques gênes d’adaptation, est l’addax Namoclatus. Une politique d’insémination est en gestation dans le sens de procéder à sa réintroduction. La gazelle d’Ocrisasse demeure, elle, l’illustration la plus expressive d’une procédure d’acclimatation réussie.

Des touristes qui se font désirer

A bien des égards, l’apparence peut parfois s’avérer trompeuse. Malgré ses multiples charmes, le tourisme ne se porte pas bien dans ce merveilleux site réservé. Toutefois, la particularité du site réside sur le fait qu’il n’est pas saisonnier.

En effet, le Parc est praticable à n’importe quelle période de l’année. En plus de renfermer des animaux, le site demeure une surface à eau. «Alors que les autres parcs regorgent essentiellement d’oiseaux. Nous, nous élevons également des ruminants, ce qui constitue un atout », se glorifie le commandant des lieux. Le paysage vaut bien le détour. Bienvenue dans le grand étang de la réserve de Guembeul où se concentrent les oiseaux migrateurs lorsqu’ils arrivent d’Europe.

Aujourd’hui, ils ne sont pas très nombreux. Il y a surtout des bécasseaux sur les vasières. Seuls des tours de jumelles permettent d’ailleurs de mieux les apercevoir. Les Gazelles dorcas sont également visibles. Elles sont enfermées dans des enclos, un milieu désertique et pré-désertique qui leur permet de divaguer librement. « La Dorcas occupait aussi les zones sahéliennes du Sénégal d’où elle a disparu suite à une chasse intensive.

Classée comme vulnérable, l’espèce a été, après acclimatation à Guembeul, relâchée dans le Ferlo en 2009. En collaboration avec les habitants de la région, 23 individus y ont retrouvés leur liberté », informe le vétérinaire. Il précise que les individus présents ici peuvent servir dans tout programme de réintroduction au Sénégal et dans les pays voisins.

Autre espèce emblématique de cette réserve, l’Addax dont un adulte se tient près de l’étang. Il s’agit d’une espèce d’antilope en voie de disparition. Son aire de répartition a fondu comme neige au soleil, au cours des 50 dernières années. Pourtant, cette gazelle peut s’adapter aux rudes conditions des ergs sahariens, ce qui lui permettait de couvrir les zones les plus arides allant de la Mauritanie au Soudan.

Aujourd’hui, il ne reste que de très petites populations isolées dans les zones les plus reculées du nord du Mali et au Niger. « Cette espèce très farouche a subi, et continue de subir dans les zones non protégées, une importante pression de chasse. Il est à présent très rare de pouvoir l’observer dans la nature et la plupart des mentions proviennent d’observations indirectes, notamment de traces dans le sable », informe le commandant.

C’est vers 17h que nous foulons l’entrée de la Reserve spéciale de Geumbeul. De jeunes filles à peine sorties de la puberté s’amusent à regarder le spectacle qu’offre le ballet incessant de va-et-vient des véhicules qui empruntent à vive allure cette bretelle qui conduit au centre de Gandiol.

Leur attention est captée par le mouvement incessant des bolides. Et pourtant, derrière elles, se cachent une Réserve fabuleuse qui offre un paysage à couper le souffle. Ce site écologique se distingue par de fortes concentrations d’oiseaux. Situé dans la région Saint-Louis, il couvre une superficie de 720 ha. La Reserve de Geumbeul abrite, entre autres, la gazelle Dama Mhorr, celle-là même qui traîne la réputation d’être la plus belle des gazelles sahélo-sahariennes. On y trouve également des singes rouges et la Sulcata Geochelone qui demeure la plus grosse des tortues africaines. 

Dans la grande cour, de jeunes tortues âgées de 30 ans sont regroupées dans un enclos dédié, tandis que les gros spécimens bénéficient davantage d’espace. Toutes appartiennent à la même espèce, la « Tortue sillonnée », aussi appelée « Tortue de savane ». Cette espèce est, mine de rien, la troisième plus grosse au monde, avec des mâles pouvant atteindre les 100 kg et une espérance de vie estimée à 150 ans. Sa spécificité anatomique lui confère une carapace aplatie. Autrefois commune au Sénégal, elle serait à présent devenue très rare.

Un peu plus loin, nous progressons à bord de la voiture du commandant Thialaw Sarr qui, pour la circonstance, fait également office de guide. Dans les alentours de l’étang, un groupe de singes s’enfuit à notre approche, mais deux jeunes individus décident de rester sur place. Ils se camouflent derrière les salicornes, nous permettant d’observer de plus près leurs visages mutins.

« Cette réserve privée est une zone classée Ramsar en raison du stationnement en fin d’hiver de plusieurs milliers d’Avocettes, mais c’est aussi une zone où sont élevées, dans le but d’être réintroduits dans leur environnement, différentes espèces « animales », informe le Commandant Sarr, Vétérinaire conservateur des Parcs nationaux. 

La Reserve de Guembeul a été créée le 30 mai 1980. Elle est étendue sur une superficie totale de 720 ha. Les autorités s’étaient alors fixé trois objectifs. Il s’agissait d’abord de la mise en défens, (terme forestier qui veut dire clôturer un espace tout en laissant la végétation s’y remettre naturellement). Le deuxième objectif consistait à la protection de la cuvette, qui joue à la fois un rôle économique et écologique.

Le troisième objectif est relatif à la réintroduction des animaux sahélo-sahéliens qui existaient déjà dans la sous région et qui, malheureusement, avaient, en un moment donné, disparu. «Nous procédons à l’élevage en semi captivité et parfois en captivité. Nous surveillons aussi le processus de reproduction de ces animaux, pour qu’au moins, d’ici à un ou deux ans, qu’on puisse les transférer vers les autres Parcs et Réserves de la sous-région. Ce n’est pas seulement le Sénégal qui est concerné », note le commandant Thialaw Sarr.

Particularité de la Réserve Guembeul
Depuis l’ouverture de la Reserve, les trois objectifs ont été largement atteints, assure le commandant des lieux. Preuve à l’appui, nous indique t-il, le bois qui était voué à la mort s’est suffisamment remis. « D’ailleurs, nous tendons à diminuer les arbres en autorisant les populations riveraines à couper le bois mort. Le taux de couverture végétale a été largement dépassé. La protection de la cuvette a également été atteinte. Les ressources naturelles qui entourent la cuvette sont également bien conservées. Des ponts ont été, dans ce sens, aménagés avec le soutien des populations locales », assure-t-il.

En ce qui concerne le troisième objectif qui a trait à l’élevage de l’animale gazelle sahélo- sahélien, là aussi, les résultats obtenus sont satisfaisants. « Nous pouvons dire qu’il est atteint, dans la mesure où, si un animal quitte un lieu pour un autre et commence à se reproduire, l’objectif est touché. Cependant, nous assistons, parfois, à des problèmes d’avortement, de prédations. Cela va de pair avec l’élevage. Nous essayons d’y apporter des solutions, d’autant plus que le programme renferme un volet d’acclimatation », souligne le vétérinaire.

La particularité, à Guembeul, est que les animaux ne doivent pas sortir des enclos. La Reserve reste exiguë pour ces bêtes qui avaient l’habitude de faire, en état de liberté, 30 à 40 Km de rayon de divagation. De fait, des enclos de 150 m sur 10 ont été confectionnés, ce qui permet de facilement capturer les animaux en cas de soins vétérinaires. L’acclimatation a des normes. L’animal est certes laissé à lui-même, mais il est toujours capturé en cas de besoin de soins vétérinaires. Au total, 200 sujets seraient réunis dans cette Réserve.

Quatre sortes d’espèces sont regroupées à Guembeul. La gazelle d’Amamore est venue au Sénégal en 1984 en acclimatation. Elle existe toujours. Elle a été libérée dans les années 2000 dans cette enceinte de 720 hectares. Elle a vécu et s’est reproduite de 1984 à nos jours. Sa durée de vie est de 25 ans. « Si nous parvenons à toujours observer l’espèce, cela veut dire que l’objectif a été atteint», note le commandant.

Il y a aussi l’Oryx Al gazelle, arrivée en 1999. C’est l’animal qui s’est le mieux acclimaté. Un certain noyau a d’ailleurs été transféré dans le Ferlo. Les animaux sont envoyés dans ce site en conformité avec la phase d’acclimatation. 

L’acclimatation n’est pas assujettie à un nombre d’années défini d’avance. Quand l’animal arrive vivant sur les lieux, cela constitue déjà un acquis. Cet acquis est encore meilleur quand il parvient à se reproduire. « Quand l’animal parvient à se reproduire jusqu’au nombre de 50 sujets, nous sommes tenus, par l’obligation, de désengorger le site. Sinon, il risque de se poser des difficultés», souligne le commandant Sarr. Les animaux sont alors transférés au Ferlo ou dans d’autres pays qui ont signé des conventions dans ce sens avec l’Etat du Sénégal.

L’intérêt de protéger les cuvettes d’eau est avéré. Les gérants sont parvenus à trouver un cadre climatologique adapté pour permettre aux animaux qui ont quitté l’Afrique pendant des années d’y revenir. Cette transition confère à la cuvette un rôle très important.

« Nous parvenons aussi à capter tout ce qui est oiseau d’eau. Ce qui rend la cuvette très riche concernant tout ce qui est aquatique et cela impacte sur les oiseaux piscivores », note le commandant Sarr. 

La seule espèce qui rencontre, cependant, quelques gênes d’adaptation, est l’addax Namoclatus. Une politique d’insémination est en gestation dans le sens de procéder à sa réintroduction. La gazelle d’Ocrisasse demeure, elle, l’illustration la plus expressive d’une procédure d’acclimatation réussie.

Des touristes qui se font désirer
A bien des égards, l’apparence peut parfois s’avérer trompeuse. Malgré ses multiples charmes, le tourisme ne se porte pas bien dans ce merveilleux site réservé. Toutefois, la particularité du site réside sur le fait qu’il n’est pas saisonnier. En effet, le Parc est praticable à n’importe quelle période de l’année. En plus de renfermer des animaux, le site demeure une surface à eau. «Alors que les autres parcs regorgent essentiellement d’oiseaux.

Nous, nous élevons également des ruminants, ce qui constitue un atout », se glorifie le commandant des lieux. Le paysage vaut bien le détour. Bienvenue dans le grand étang de la réserve de Guembeul où se concentrent les oiseaux migrateurs lorsqu’ils arrivent d’Europe. Aujourd’hui, ils ne sont pas très nombreux. Il y a surtout des bécasseaux sur les vasières. Seuls des tours de jumelles permettent d’ailleurs de mieux les apercevoir.

Les Gazelles dorcas sont également visibles. Elles sont enfermées dans des enclos, un milieu désertique et pré-désertique qui leur permet de divaguer librement. « La Dorcas occupait aussi les zones sahéliennes du Sénégal d’où elle a disparu suite à une chasse intensive. Classée comme vulnérable, l’espèce a été, après acclimatation à Guembeul, relâchée dans le Ferlo en 2009. En collaboration avec les habitants de la région, 23 individus y ont retrouvés leur liberté », informe le vétérinaire. Il précise que les individus présents ici peuvent servir dans tout programme de réintroduction au Sénégal et dans les pays voisins.

Autre espèce emblématique de cette réserve, l’Addax dont un adulte se tient près de l’étang. Il s’agit d’une espèce d’antilope en voie de disparition. Son aire de répartition a fondu comme neige au soleil, au cours des 50 dernières années. Pourtant, cette gazelle peut s’adapter aux rudes conditions des ergs sahariens, ce qui lui permettait de couvrir les zones les plus arides allant de la Mauritanie au Soudan.

Aujourd’hui, il ne reste que de très petites populations isolées dans les zones les plus reculées du nord du Mali et au Niger. « Cette espèce très farouche a subi, et continue de subir dans les zones non protégées, une importante pression de chasse. Il est à présent très rare de pouvoir l’observer dans la nature et la plupart des mentions proviennent d’observations indirectes, notamment de traces dans le sable », informe le commandant. 

De nos envoyés spéciaux El Hadj Ibrahima THIAM, Oumar BA (textes) et Mbacké BA (Photos)

Last modified on mercredi, 22 juin 2016 14:48

Il y a deux décennies, Manda Douane, dans la nouvelle commune de Sinthiang Koundara (département de Vélingara), n’était qu’un pauvre hameau qui végétait dans un insolent anonymat. Aujourd’hui, cette localité traversée par la route Cedeao qui va jusqu’en Guinée est devenue, grâce à sa position stratégique et son marché hebdomadaire d’envergure sous-régionale, un véritable carrefour international. Manda poursuit timidement sa mue et n’a pas encore fini de s’agrandir.

Ceux qui connaissent bien Manda Douane n’auraient jamais osé, quelques années plus tôt, parier un seul kopeck que cette localité serait ce qu’elle est devenue, aujourd’hui. Ce hameau perdu dans l’ancienne communauté rurale de Sinthiang Koundara (département de Vélingara, région de Kolda) passée commune à la faveur de l’Acte III de la décentralisation, a connu, ces dernières années, une accélération urbanistique rapide.

Une ville animée toute l’année
Manda Douane est loin de cette bourgade jadis colonisée par ses extensions anarchiques. Comme par un coup de baguette magique, cette localité est sortie de l’anonymat dans lequel elle végétait et a réussi un modeste saut vers le progrès socioéconomique. Même si ce progrès est encore assez timide, la transformation se ressent. Manda Douane est, aujourd’hui,  devenue une ville composée de trois grands quartiers qui comptent environ 2000 habitants dont la première activité est et reste incontestablement l’agriculture. Traversée par la route Cedeao qui va jusqu’en Guinée Conakry, Manda Douane est devenu, par la force des choses, un creuset d’échanges commerciaux sous-régionaux. Frontalière avec la Gambie, le commerce s’est développée dans cette ville et le carrefour, centre de gravité des activités, est vivante toute l’année, de jour comme de nuit. Divers produits frauduleux des pays voisins sont vendus dans les nombreuses échoppes qui ont pignon sur rue.

« Au début des années 1990, Manda Douane était constituée de vastes terrains vierges et de quelques maisons et bâtiments éparpillés un peu partout. Aujourd’hui, la transformation est impressionnante, avec la construction de nouvelles maisons. Le foisonnement de boutiques, de magasins et restaurants », explique Sidy Fall, responsable des jeunes de Manda. Selon lui, Manda a eu cette chance d’être dans un département de Vélingara frontalier avec la Gambie, la Guinée Conakry et la Guinée-Bissau. « Cette position stratégique a profité à Manda qui était une bourgade plongée dans l’oubli et le marasme. Aujourd’hui, la donne a changé et sa position de ville carrefour a beaucoup joué dans la  vitesse incroyable avec laquelle elle a grandi et changé de visage », indique-t-il. Et à son avis, l’expansion sera encore plus importante dans les années à venir. Amadou Seydou Diallo, conducteur du forage de Manda, partage le même avis. Selon lui, la réhabilitation du tronçon Manda Douane-Vélingara sur environ 40 km par l’Etat a également contribué à la renaissance de cette localité. « Cette infrastructure, en plus d’améliorer la liaison routière, a favorisé le développement économique et social de la zone et a aussi permis de développer davantage les échanges avec les pays limitrophes », soutient-il. « Cette route nous a apporté une bouffée d’oxygène. Grâce à elle, le déplacement est beaucoup plus facile. Elle a également boosté le taux de fréquentation de notre marché hebdomadaire », affirme Sidy Fall.

Un développement lié au marché hebdomadaire
Le développement de Manda est, en grande partie, lié à l’éclosion de son marché hebdomadaire d’envergure sous régionale devenu le point fort de l’animation commerciale de cette nouvelle ville. Créé depuis plus de 20 ans, ce marché est devenu une tradition à Manda et un rendez-vous très respecté attirant bien au delà des limites de la ville.

Tous les mardis, le carrefour point de convergence, change de visage. Le lundi, les commerçants, grossistes et autres vendeurs occasionnels, venus d’horizons divers, prennent leurs quartiers dans la ville qui connait alors une effervescence extraordinaire. Et le jour du marché, les transporteurs déversent, à un rythme régulier, une déferlante humaine venue de partout pour faire de bonnes affaires. Manda Douane devient alors très étroit et la fluidité du trafic en prend un sacré coup. Les routes, dans tous les sens, sont bondées de voitures garées sur les accotements et les véhicules de transport se disputent la chaussée avec les vendeurs qui exploitent le moindre centimètre carré. « À Manda, la passion pour le marché est tellement importante que chaque mardi, aucune école ne fonctionne et aucune activité n’est organisée.

Tous les chemins mènent au carrefour qui est toujours aussi dynamique et constitue un lieu de vie précieux et de travail pour de nombreuses personnes », explique Sidy Fall.

Le marché de Manda représente un fort enjeu économique, selon Mamadou Sarr, un vendeur de pièces détachées, qui ajoute que les retombées, pour l’économie locale, sont incommensurables. Selon lui, l’ampleur, le volume et la diversité des échanges commerciaux laissent supposer que cet espace brasse des sommes considérables. « A tous les points de vue, le marché de Manda n’a vraiment rien à envier à son homologue de Diaobé qui existe depuis 1974 et qu’il est en train même de supplanter », assure-t-il.

Le  marché de Manda, ce n’est pas seulement une affaire de Sénégalais. Cet espace constitue un eldorado pour beaucoup de commerçants venus de la Gambie, de la Guinée Conakry et de la Guinée-Bissau qui ont délaissé celui de Diaobé qui s’est pourtant construit une belle renommée depuis quatre décennies.

Les commerçants guinéens y sont légion et proposent, en plus de l’huile de palme, divers autres produits. « Depuis plus de vingt ans, je fréquente régulièrement le marché de Diaobé. Chaque semaine, j’amène de l’huile de palme de qualité et en grande quantité. Mais les tracasseries ont fait que je me suis orienté vers Manda », note Boubacar Diallo. Ce commerçant soutient qu’il perd beaucoup d’argent en quittant Koundara pour rallier Diaobé à cause de nombreux points de contrôle. « J’ai préféré venir ici parce qu’il n’y a qu’un seul poste de Douane à franchir entre la frontière et Manda Douane. C’est donc moins contraignant », affirme-t-il. Son concitoyen, Mountaga est du même avis. « Il y a beaucoup de contrôle avant d’entrer à Diaobé. Il y a la Douane, les Eaux et Forêts, la Police. Ça fait beaucoup pour quelqu’un venu chercher des profits. A l’arrivée, quand on fait le décompte, on se rend compte que le manque à gagner est considérable », fait-il savoir.

Tout comme Diaobé, le marché de Manda est une véritable foire aux bonnes affaire, même si Mountaga Diallo reconnait que la maladie à virus Ebola qui s’était déclarée dans son pays avait quelque peu freiné l’ardeur. En effet, l’Etat du Sénégal avait pris la décision de fermer ses frontières avec ce pays. Et le préfet du département de Vélingara  avait, à travers un arrêté, imposé la fermeture du marché de Manda, tout comme celui  de Diaobé, Témento, Pakour entre autres. Du côté Sénégalais, on estime que c’était une très bonne décision, même si Manda et son marché en avaient complètement pâti. « Les activités étaient complètement au ralenti et la ville ressemblait à une ville morte », reconnait Ahmed Fall, un boutiquier installé dans la zone depuis une décennie. « Les commerçants ont beaucoup souffert et les populations aussi car elles tiraient beaucoup de revenus de ce marché ». 

Aujourd’hui, cet épisode est un vieux souvenir. Manda respire et continue de vivre au rythme de son marché et des nombreuses transactions commerciale.

Manda-Douane vit et respire également grâce à sa gare routière internationale qui dessert trois pays : le Sénégal, la Guinée et la Gambie. Cette ville est considérée, à juste titre d’ailleurs, comme l’escale guinéenne en terre sénégalaise à cause notamment du nombre important de passagers guinéens qui y transitent. 

Jadis, chauffeurs guinéens et sénégalais avaient chacun son propre garage. Mais, la commune de Sinthiang Koundara a mis fin à cette division qui avait fait naître anarchie, insécurité et manque d’hygiène notoire, en éliminant ces espaces pour regrouper tout le transport en commun dans une seule gare routière composée de plusieurs blocs, avec plusieurs destinations.

Avec une quinzaine de tableaux, la gare routière de Darou Salam Manda est très fréquentée. La Guinée se taille la part du lion avec plusieurs tableaux. Les clients en partance de Koundara, Lélémine, TimbiMadina, Leloumaa, Conakry, Mbokee ou encore Labé ne seront jamais dépaysés en y venant. D’ailleurs, le flux de passagers qui viennent d’autres localités du pays pour se rendre en Guinée Conakry est considérable. Et chaque jour, ce sont des dizaines de véhicules qui quittent Manda Douane pour rallier la capitale guinéenne et autres villes de ce pays.

Aliou Danso, président de la gare routière, magnifie l’esprit de fraternité qui unit Guinéens et Sénégalais qui vivent dans une belle harmonie. A son avis, cette infrastructure d’intérêt public vient combler un besoin longtemps ressenti par la population et les acteurs du transport. Selon M. Danso, ni Kolda encore moins Diaobé ou Vélingara chef-lieu de département n’ont une gare routière de cette envergure, qui, soutient-il, contribue fortement à l’activité économique de la ville qui ne cesse de grandir. « Cette gare routière fait vivre Manda Douane. Depuis son ouverture, elle est très convoitée aussi bien par les transporteurs que les commerçants. Et du lundi au mercredi, nous recevons beaucoup de monde grâce au marché hebdomadaire de Manda qui est très couru ».

Gare routière internationale
Ce débordement de monde appelle, selon M. Danso, à des mesures de  sécurité adaptée pour faire face. « Manda est une grande ville, mais qui n’est toujours pas raccordée au réseau électrique. Cela pose de sérieux problèmes de sécurité. C’est pourquoi notre premier souci a été d’acheter de panneaux solaires pour que la gare routière soit éclairée en permanence, mais ce n’est pas suffisant ». Ibrahima Diallo dit « Coumba Yalla », chef de ligne Conakry-Manda, est du même avis. Selon lui, le problème de la sécurité doit être une surpriorité et devrait être prise en charge par l’Etat du Sénégal. « Manda Douane reçoit beaucoup de monde, surtout les jours de marché. Le problème de sécurité se pose donc avec acuité parce qu’il y a beaucoup de gens malintentionnés qui viennent pour délester d’honnêtes citoyens de leurs biens. Et la plupart du temps, ils profitent de l’obscurité pour accomplir leurs forfaits ». En plus de l’électrification de la ville, les responsables de la gare routière veulent être appuyés dans l’édification de bloc toilettes supplémentaires pour mettre les milliers de passagers qui fréquentent cet espace dans les meilleures conditions.

Cependant, Aliou Danso a déploré le non-respect de la convention qui lie les chauffeurs guinéens et sénégalais. « Selon la convention, les chauffeurs guinéens doivent desservir les lignes Guinée-Linkéring ou Guinée-Manda, mais certains d’entre eux prolongent jusqu’à Dakar.

Une fois à la capitale, ils ne vont pas aux Baux Maraîchers, mais à la rue 25 de la Médina où ils prennent clandestinement des clients. Ce sont des pratiques illégales qui plombent nos activités », note Aliou Danso qui invite le syndicat des transporteurs à trancher cette question. « Les chauffeurs sénégalais respectent cette convention et n’iront jamais  jusqu’en Guinée. Nos homologues guinéens devraient faire de même et ne pas enfreindre les règles ».

Sur cette même dynamique, Ibrahima Diallo, membre du syndicat des transporteurs de Guinée, appelle ses concitoyens à respecter, à la lettre, cette convention. « Ce n’est pas normal que certains chauffeurs guinéens aillent jusqu’à Dakar pour amener ou emmener des clients. En agissant de la sorte, ils causent d’énormes préjudices aux chauffeurs de Manda qui devaient faire ce travail. Si ça continue, les conséquences pourraient être fâcheuses ». Il a invité les autorités guinéennes à rappeler ces chauffeurs à l’ordre et les amener à respecter les clauses de la convention. « Nous n’avons pas la moindre difficulté avec le Sénégal depuis qu’on a intégrés la gare routière de Manda. On est comme des frères. Il ne faut pas que ces pratiques malsaines viennent pourrir nos relations qui sont au beau fixe », soutient M. Diallo.

Oumar Ba, membre du bureau de la gare routière, a également plaidé pour un retour à la normal. « Entre deux pays frères, le respect d’une convention ne doit pas poser de problèmes. Les chauffeurs sénégalais n’ont jamais enfreint cette règle, donc, nos parents guinéens ne devraient pas le faire ».

Aujourd’hui, les habitants de Manda Douane sont fiers de ce qu’est devenue leur localité qui a su résister aux épreuves du temps. Et la première bataille concerne, selon eux, l’eau, l’électricité. Sur la liste des défis, figurent aussi l’assainissement, la voirie. Manda qui s’est inscrit sur la voie du développement, compte sur l’attention des pouvoirs publics pour poursuivre son essor et devenir une ville carrefour digne de ce nom.

Par Samba Oumar FALL (textes)
et Mbacké BA (photos)

Last modified on mercredi, 25 mai 2016 12:42


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