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Ils font l'Actu (13)

Youssou touré : Âme sensible

14 Mai 2018
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Faut-il en rire ou en pleurer ? En regardant la vidéo de l’interview que Youssou Touré a accordée au site Igfm, on est partagé entre l’hilarité et l’attendrissement. Un sentiment hybride à l’égard d’un homme jadis au verbe haut, aujourd’hui réduit à s’apitoyer sur son sort parce qu’on lui aurait retiré ses véhicules de fonction et des responsabilités au sein de l’appareil d’Etat et de l’Apr. « Je suis un ministre sans bureau, sans cabinet, cela fait mal au cœur. Ils n’ont qu’à tout retirer, ils n’ont qu’à tout me prendre. Cela ne me fera rien du tout parce que la mort approche. Le reste ce n’est pas important. Il y a quelques jours, j’ai piqué une crise à cause de cette humiliation. Dès fois, je me réveille à 2 heures du matin et je me dis que c’est un cauchemar », se plaint-il, voix basse, face à la caméra. Avant d’éclater en sanglot. Ce n’est pas la première fois que l’ancien Secrétaire d’Etat à l’Alphabétisation pleure comme une madeleine en public. Il y a trois ans, lors du lancement de la Semaine de l’Alphabétisation à Guédiawaye, il n’avait pas pu se retenir face aux mélopées dithyrambiques des griots. Il a fallu plusieurs minutes pour que l’ancien syndicaliste reprenne ses esprits et déclame enfin son discours entrecoupé de spasmes.

Pour en revenir à l’interview de l’autre jour, Youssou Touré y a laissé apparaître l’image d’un homme attaché aux privilèges ; d’un garçon à qui on a retiré son bonbon et qui pleure toutes les larmes de son corps. Il attribue sa « déchéance » à l’arrivée en masse des « transhumants » dans le parti présidentiel à qui on aurait déroulé le tapis rouge au détriment des militants de la première heure. « La transhumance est une mauvaise chose pour la démocratie, c’est abominable et reflète un recul démocratique », martèle l’ancien Secrétaire général du Réseau national des enseignants de l’Apr. C’est à peine si Youssou Touré ne regrette pas le temps où ils étaient dans l’opposition quand, nostalgique, il se souvient des moments passés avec le président Macky Sall à peaufiner la stratégie qui allait les mener au pouvoir. « Mais aujourd’hui, je suis complètement écarté des centres de décision. Voilà comment on détruit progressivement les individus », ajoute-il avant de se dire proche de la dépression. À l’évidence, Youssou Touré, sous ses dehors d’un dur à cuire, est une âme sensible au mental chancelant.

Elhadji Ibrahima THIAM

Abc, en électron libre ?

07 Mai 2018
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Alioune Badara Cissé (Abc), Médiateur de la République, focalise les rampes médiatiques sur sa personne. Il capte une attention particulière, du fait de ses sorties devenues, depuis quelques temps, récurrentes. Dans une posture de remplir sa mission de médiateur, il est courant qu'il prenne des positions. La démarche n'est pas du goût du Secrétariat exécutif national de l’Alliance pour la République (Sen-Apr). Cissé ne fait pas dans la langue de bois et sert de manière crue sa perception de la situation du pays. En signe de désapprobation d’une telle conduite, les instances du Sen-Apr ont, à travers un communiqué signé du porte-parole, Seydou Guèye, fustigé le «positionnement politique militant incompatible avec son statut, constituant, en même temps, une atteinte grave au devoir de réserve que lui impose ses hautes fonctions», selon les termes dudit communiqué. Les sorties d’Abc que le porte-parole Seydou Guèye nomme «dérapages» sont devenus «inacceptables», rapporte le texte. Il invite au «devoir de réserve du Médiateur de la République». Si Monsieur Cissé veut retrouver le terrain politique de la contestation, il devrait se décharger de ses fonctions de Médiateur de la République, lui recommande-t-il. Ce recadrage intervient après qu’un communiqué dont on confère la paternité à Alioune Badara Cissé a été publié: «Un seul être vous manque…» parue le 2 mai 2018, sur plusieurs sites d’information dont celui de Dakarmidi. Dans cette tribune, les propos conférés à M. Cissé rapportent qu’au «soir du 25 mars 2012, alors que dans la plupart des chaumières du Sénégal, on se laissait submerger par une frénésie euphorique, le texto qu’il envoyait à certains de ses amis. Il était perçu par les moins lucides d’entre eux comme le soupir malvenu d’un rabat-joie! Pourtant, ces propos qui invitaient à la vigilance disaient à peu près ceci: «Que Dieu nous préserve de nouvelles désillusions et de lendemains qui déchantent! Nous avions caressé tellement d’espoirs en 2000…..», écrivait-il. Poursuivant sa diatribe, il fait part de son regret qui découle d’«un bégayement de l’histoire ». «Nos mises en garde n’auront pas servi à grand-chose. Les mêmes attitudes resurgissent», s’est-il notamment ému. Intox! En effet, dans un communiqué signé de Mbagnick Diouf, Chargé de Communication du Médiateur de la République du Sénégal, il est rapporté, "Le Médiateur, tient à préciser qu’il n’est lié ni de près, ni de loin à la rédaction et à la diffusion d’un tel article". Par conséquent, il est demandé à tous les sites ayant fait publication de ce texte de bien vouloir le retirer au plus vite en les remerciant de leur compréhension. L'ère de la manipulation semble bien s'installer !

Oumar BA

On a juré sur tous les saints que Rahmane Barry, c’était le nouveau Mehmet Scholl lors de la Coupe d’Afrique des Nations égyptienne en 2006. On a aussi dit qu’Issa Bâ était fantastique. Pape Seydou Diop, capable de fulgurances, que beaucoup ont oublié, nous a enchantés en un temps court. Et puis, El Hadj Diouf, on en a fait un Dieu. Plus récemment, le dernier venu, Santy Ngom, pensionnaire de l’élite française de football, nous a fait oublier que Mbaye Niang traîne désormais sa carcasse sur les prés de nos futurs triomphes et bides. Le joueur de 24 ans du Fc Nantes nous a gratifiés de sa belle palette technique face à l’Ouzbékistan dans le cadre de la préparation de la Coupe du monde russe ; ce qui lui a valu d’être élu homme du match et bien des éloges légitimes.

Ce Franco-sénégalais, natif du Mans, est plus fin que son grognard de coach qui a eu, cette fois-ci, le nez creux ! Il a épaté. Mais, nous allons souvent très vite en besogne. Certains -et parmi eux des Es-pécialsites », en ont vite fait un titulaire en puissance.

Le Sénégalais a la manie de créer ses mythes, de les accabler de dithyrambes, avant de les démolir. Santy Ngom est un jeune joueur qui vient tout juste de jouer ses premiers matches en ligue 1 française. Il n’a pas encore gagné ses galons de titulaire dans la formation de l’entraîneur italien Claudio Ranieri même si ses premiers éclats sont prometteurs. Avec les Canaris, il a joué, cette saison, une dizaine de matches et marqué un but. Formé au Mans Fc, le nouveau chouchou des « footeux » est passé par les équipes réserves de Guingamp et du Paris Saint Germain. Il a également fait quelques piges au Pfk Levski Sofia, en Bulgarie, en 2015, avant de retourner en France, à La Suze Fc, club de division d’honneur. Il y réalise de bonnes performances qui suscitent l’intérêt du Fc Nantes, désireux de renforcer sa réserve. Il s’engage avec cette formation, en mai dernier, et réussit à attirer l’attention de l’encadrement technique de l’équipe professionnelle. Il fait ses débuts en Ligue 1 le 14 novembre 2017 et signe son contrat professionnel de trois ans quelques jours après son baptême du feu. Que cette baraka qui l’a loti de ce talent accompagne sa carrière débutante en équipe nationale.

A. A. MBAYE

«On a le droit de tout penser, mais tout dire c’est autre chose». Songdé Diouf a appris à ses dépens, cette vérité de Philippe Bigler. Depuis deux semaines, le chroniqueur de l’émission hebdomadaire « Jakkaarlo » de la Tfm est pris dans un maelström médiatique dont il aurait sans doute bien aimé se passer. Hélas, il devra tenir bon dans cette tempête aussi soudaine que violente au moins jusqu’au 27 mars prochain date de son procès que lui a intenté un groupe de féministes. Le crime de Songdé Diouf ? Avoir déclaré que certaines femmes, par leur accoutrement, s’exposaient au viol. Bien évidemment, auparavant, il avait pris le temps de condamner avec vigueur cet acte ignoble. Coupant ainsi la « poire en deux », pour reprendre ses propos. Il n’en fallait pas plus pour qu’on le qualifiât d’apologiste du viol. Tout simplement. Lui, le si brillant enseignant, modèle pour des générations d’élèves du lycée Limamoulaye et de Dakar, connu et reconnu pour ses belles réflexions et son sens de la mesure sur le plateau de cette émission, se retrouve ainsi, du jour au lendemain, lynché sur les réseaux sociaux. Même ceux qui ont tenté de « comprendre le sens de son propos », en ont pris pour leur grade.

La guerre des mots entre les « Songdephiles » et les « Songdephobes » pour reprendre les termes du perspicace journaliste du Témoin Serigne Saliou Guèye fait alors rage. Un vaste mouvement féministe, par la magie des réseaux sociaux, se forme. Et c’est lui qui est à l’origine de la procédure judiciaire déclenchée contre le sieur Diouf. On retrouve dans cet aréopage, des universitaires, des chefs d’entreprise, des étudiantes ou encore de simples femmes au foyer qui se sont senties « violés » par le discours du professeur. Dans la foulée, une pétition anti-Songdé recueille, en quelques heures, plus de 6000 signatures. Malgré une vidéo dans laquelle il « reprécisait » sa pensée, la tempête n’est pas retombée. Ses détracteurs s’attendaient plutôt à des excuses. Elles ne viendront jamais. Du moins pour l’instant. Les dommages collatéraux n’ont pas tardé. Le présentateur de l’émission « Jakkaarlo », dont la complicité avec Songdé Diouf est un secret de polichinelle, a préféré démissionner de la Tfm (avant de se retracter) après que Bouba Ndour, directeur des Programmes de cette chaîne mais aussi chroniqueur dans cette même émission, a fait une sortie à la radio où il semblait se désolidariser du professeur.

Elhadji Ibrahima THIAM

« En politique, il ne faut jamais dire jamais ». La célèbre boutade du président Abdoulaye Wade n’a jamais été aussi vérifiable que dans le cas de Thierno Alassane Sall. Il y a encore un an, en tant que ministre de l’Energie, il défendait farouchement le gouvernement dans ce qui est convenu d’appeler « l’affaire des contrats pétroliers », soulevée par Ousmane Sonko. Aujourd’hui, c’est le même Thierno Alassane Sall qui se pose en pourfendeur du gouvernement, dans ce même dossier. Finalement, on s’y perd. A quel Thierno se fier ? Même son départ du gouvernement prête à équivoque. Dans le camp d’en face, on parle de limogeage, lui parle de démission. C’est dire que la ligne de fracture entre l’ancien Coordonnateur des cadres de l’Apr et son ancienne famille politique est assez profonde. Ils ne s’entendent sur rien. Thierno Alassane Sall semble avoir ravalé ses convictions d’hier et se présente comme le nouveau parangon des valeurs républicaines. Les thèses du livre de l’ancien inspecteur des Impôts qualifiées de balivernes en janvier 2017, sont devenues paroles d’évangile en janvier 2018. «L’Etat n’a rien à cacher et le régime en place n’a violé aucune disposition réglementaire et législative dans la signature des contrats pétroliers», avait-il répondu à l’époque. Aujourd’hui, c’est un autre son de cloche que l’ancien de l’Asecna sert aux Sénégalais. Tressant des lauriers à Ousmane Sonko, il plaide pour la mise en place d’une Commission d’enquête parlementaire sur la gestion des ressources naturelles au Sénégal.

Dans son cheminement politique, Thierno Alassane Sall offre l’image d’un rebelle. Alors qu’il était haut cadre de l’Asecna sous Wade, il a été mis au « frigo » par son ministre de tutelle d’alors Farba Senghor. Cet épisode l’a décidé à accompagner le président Macky Sall sur le chemin de la conquête du pouvoir. La deuxième alternance survient, le responsable politique de Thiès hérite du poste de Directeur général de l'Autorité de régulation des postes et télécommunications (Artp). Un an plus tard, il est nommé ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement. Il quittera ce poste à la suite des élections locales de juillet 2014, perdues à Thiès devant Idrissa Seck. Le natif de Thiès réintégrera l’équipe gouvernementale en 2016, mais c’est pour encore le quitter quelques mois plus tard lorsqu’il a refusé de signer le contrat d’exploration et d’exploitation pétrolière avec Total dont l’accord de principe avait été paraphé quelques mois plus tôt. Un rebelle donc comme l’on a tendance a qualifié sa ville de naissance : Thiès.

Elhadji Ibrahima THIAM

« Je suis déçu ». Par cette petite phrase extraite de la bande-annonce de l’émission « Face2Face », Youssou Ndour a réussi, entre, vendredi et samedi, à faire braquer sur lui les projecteurs de l’actualité politique. Sans même attendre la diffusion de l’émission, une partie de la presse et les réseaux sociaux en ont fait leurs choux gras. Certains ont très vite compris une rupture du compagnonnage entre l’artiste planétaire et le président de la République. A l’arrivée, il n’en fut rien. Le buzz médiatique s’est dégonflé comme ballon de baudruche, pour ne pas dire que la montagne a accouché d’une souris. Pschitt. A la place d’une déclaration de divorce, on a eu droit à un renouvellement de serment de fidélité à Macky Sall dont le Roi du Mbalakh a magnifié le bilan à la tête du pays et pour qui il a appelé à la réélection en 2019. Youssou Ndour est même allé plus loin en prédisant que le président Sall va marquer l’histoire du Sénégal.

Ces propos font taire les supputations sur leur supposé désamour. En réalité, la déception en question dont parlait le leader du Mouvement Fekké ma ci bolé, est relative à la guéguerre, à « la jalousie » et aux tiraillements qui déchirent, à l’interne, la coalition présidentielle. Apparemment, Youssou Ndour avait un message à faire passer en direction de certains membres de l’entourage du chef de l’Etat. Par une savante stratégie de communication basée sur la technique du « teasing (attirer l’attention du téléspectateur par un message publicitaire bien dosé), le ministre-conseiller est arrivé à se faire écouter, à se faire entendre et sans doute à se faire comprendre. Pour y arriver, il a mis à contribution son groupe de presse Futurs Médias. La radio (Rfm), la télévision (Tfm), le journal (L’observateur) et site Internet (Igfm), ont tous joué le jeu. Etre patron de presse, ça sert à ça aussi. Mais l’auteur de « Porter presse » a fait mieux encore. Il a réussi à embarquer d’autres médias privés qui, en relayant ses propos tronqués et parcellaires, sont tombés dans le panneau. Et last but not least, l’émission « Face2Face » qui n’attirait plus grand monde, a repris de l’audience le temps d’un dimanche. Finalement le plus « déçu » ce n’est pas Youssou Ndour, mais tous ces gens-là qui attendaient un clash retentissant avec son allié de président de la République en cette année pré-électorale. Comme le dit l’adage : « les coups prévus frappent d’ordinaire moins rudement ».

El hadji Ibrahima THIAM

Baba Maal se signale, une nouvelle de fois, avec la musique du film « Black Panther ». Sa voix y retentit de façon nette, audible et authentique. Mais ce n’est pas une première.

Dernier opus des studios Marvel, filiale du géant Disney, Black Panther a été réalisé par le metteur en scène afro-américain Ryan Coogler (Creed, Fruitvale Station). Il s'est entouré d'acteurs noirs, parmi les plus charismatiques et prisés d'Hollywood, dont Chadwick Boseman, l'oscarisée Lupita Nyong'o, Angela Bassett, Forest Whitaker, Daniel Kaluuya... Qualifié de «phénoménal» par la présentatrice Oprah Winfrey, Black Panther ne semble pas avoir fini de surprendre.

Sa bande originale connaît un succès tout aussi impressionnant. Supervisée par Kendrick Lamar, qui vient de raffler cinq Grammy Awards, elle réunit le gratin du rap et du R&B. De The Weekend en passant par SZA, Khalid et James Blake. Black Panther: The Album fait ainsi son entrée à la première place du Billboard 200, le classement des meilleures ventes d'albums aux États-Unis. Selon le site musical américain, il s'agirait de l'un des meilleurs démarrages pour une bande originale depuis plus d'un an. Plus de 154.000 exemplaires se sont écoulés en une semaine, dont 52.000 albums physiques. Le dernier record était détenu par celle de Suicide Squad, s'était vendu à 182.000 exemplaires durant la dernière semaine d'août, l'été dernier.

Pour nous Sénégalais, la particularité de ce film réside dans la participation de Baba Maal dont la voix y retentit de façon nette, audible et authentique. Le son du tama sénégalais, qui ronchonne à quelques endroits, aussi. Cette ouverture vers le Sénégal rend crédible la trame, un blockbuster politique et social dans une Afrique magnifiée. Black Panther, c’est avant tout l’histoire d’un pays africain qui domine toutes les autres nations du monde, mais dont nul n’a jamais entendu parler, car il se protège farouchement contre toute intrusion extérieure.

Pour l’auteur de la musique du film, Ludwig Göransson, c’était une évidence. Il était important pour lui de puiser son inspiration dans les racines africaines. « J’ai fait un voyage de recherche d’un mois en Afrique, un de mes amis m’a mis en contact avec l’artiste Baba Maal et il nous a invités à venir avec lui », raconte-t-il.

Plus de 10 films à succès
Au Sénégal, le Roi du Yela est un artiste comme les autres mais sur le plan international, il est l’un des rares à briller dans le cinéma. Sa musique a été utilisée dans près de dix films à succès : une consécration. Même si les réseaux sociaux ont amplifié le buzz autour de sa contribution dans ce film, peu savent que Baaba Maal est un habitué des soundtracks de films. Depuis sa participation en 1988 à l’album Passion de Peter Gabriel qui compile les musiques du film The Last Temptation of Christ, Baaba Maal enchaîne les succès dans le domaine du cinéma.

Au Sénégal, sa musique est associée au film culte de Sembène, Guelewar en 1998. La même année son tube Call to Prayer avec Peter Gabriel est joué dans le film Why do fools fall in love où Halle Berry est l’actrice principale. En 2014, il participe à la musique du film Exodus : Gods and Kings de Ridley Scott. En 2001, il avait réalisé deux titres dans le film phénoménal Black Hawk Down (La Chute du faucon Noir) et toute la musique du jeu vidéo Far Cry 2. En 2001, sa chanson Souka Nayo est entendu dans la série culte Sex in the City et en 2002, le même titre fait partie des musiques du film Just a Kiss de Fisher Stevens.

En 2011, il compose la musique du documentaire Life in a Day (Documentary). Baba Maal a aussi été reconnu par la BBC Music en 2014 avec sa contribution au remake de The Beach Boys song « God Only Knows ». En 2016, il est en featuring avec d’autres artistes américains dans le premier épisode de la série télévisé The Tonight Show Starring Jimmy Fallon (TV Series). Sa voix, son timbre vocal et sa maîtrise de la musique font de lui l’un des meilleurs ambassadeurs de la culture africaine.

Sidy DIOP

Voudrait-il se rappeler au bon souvenir des Sénégalais et surtout du président de la République qu’Amath Suzanne ne s’y prendrait pas autrement. Après une longue période de silence, le Coordonnateur du Réseau national des enseignants Apr, a renoué avec les déclarations fracassantes comme il en a habitué les Sénégalais. Sa cible : Khalifa Sall, qu’il a accusé, sans fard, d’avoir fomenté un coup d’Etat qui visait le régime en place. Un des complices du maire de Dakar aurait même été arrêté dans un pays étranger. Rien que ça ! A côté de cette accusation grave, le qualificatif de « délinquant financier » qu’il accole à Khalifa Sall relève de la broutille.

C’est que, le Secrétaire général du Syndicat des enseignants du préscolaire et de l'élémentaire (Sepe) n’est pas du genre à s’accommoder de langage diplomatique. D’ailleurs, c’est comme ça que les Sénégalais l’ont découvert à la veille de la deuxième alternance lorsqu’avec son compère Youssou Touré, il s’est fait défenseur de son mentor politique Macky Sall. L’Apr et ses alliés au pouvoir, l’ancien volontaire de l’éducation est casé à l’Assemblée national comme Conseiller technique du président Moustapha Niasse. Il n’y fera pas long feu. Se mettant à critiquer vertement le président de l’hémicycle, Amath Suzanne Kamara est défenestré au bout d’un an. Faisant feu de tout bois comme à son habitude, c’est le ministre de l’Education nationale, Serigne Mbaye Thiam, qui sera la cible de ses foudres langagières en 2014 au plus fort des préparations des Assises de l’Education. Le tort du ministre, ne pas l’avoir impliqué dans l’organisation de cet événement. Même Youssou Touré, son compagnon de l’époque des vaches maigres, n’échappera à ses foucades. Après lui avoir contesté, à coups d’accusations de détournement de dizaines de millions, le poste de Coordonnateur du réseau national des enseignants Apr, il arrivera finalement à le lui chiper l’an dernier. Et ce n’est pas Me El hadji Diouf, un autre « Lucky Luke » de la parole, qui nous démentira.

Lui qui, lors d’une plénière à l’Assemblée nationale en 2016, a reçu en pleine figure les attaques d’Amath Suzanne Kamara.

Elhadji Ibrahima THIAM

Un avocat exclu d’un procès, cela ne se voit pas tous les jours. Me Elhadji Diouf, un des barons du barreau de Dakar, vient pourtant d’en faire l’amère expérience.

Commis par la ville de Dakar, il a vu le juge Malick Lamotte lui signifier qu’il ne pouvait plus prendre part au procès Khalifa Sall et Cie. La robe noire, qui se définit comme « l’avocat du peuple », si l’on en croit les raisons invoquées par le magistrat, serait tombé dans son propre piège. En effet, dans sa plaidoirie, Me Diouf a semblé plus défendre le prévenu, Khalifa Sall, que la partie civile, la mairie de Dakar. Ce que lui interdisent les dispositions de l’article 372 du Code de procédure pénale. Ayant vu sa constitution en tant qu’avocat de Khalifa Sall rejetée, conformément à  l’article 11 de la loi qui régit le corps des avocats et qui dit qu’un ancien ministre ou ancien député ne peut pas plaider contre l’État du Sénégal pendant une durée de trois ans depuis la cessation de ses fonctions, le tonitruant avocat avait pourtant réussi à entrer dans ce processus comme représentant de la Mairie de Dakar. Malheureusement pour lui, il y est ressorti avant même que les débats de fond ne soient abordés et avant même qu’il gratifie l’auditoire de ses célèbres effets de manches.

Car, faut-il le rappeler, plus d’une semaine après l’ouverture de ce procès, on en est toujours aux joutes procédurales.

El hadj ibrahima thiam

Le nouveau président gambien qui a prêté serment à Dakar, a-t-il fait un tour chez le tailleur du président Macky Sall pour bien paraître aux yeux du monde ?

En tout cas, sous sa tunique blanche immaculée, il ressemble étonnamment au chef de l’Etat sénégalais qui a popularisé ce qu’il est convenu d’appeler la « mode Macky ».

Entre la Gambie et le Sénégal, tout se ressemble. Mêmes leurs hommes forts !

Peu connu du grand public, très reconnu au sein de sa formation politique, Alliance pour la République (Apr), Pape Gorgui Ndong, Pape Ndong tout court pour les intimes, valse entre anonymat et discrétion. L’homme au visage juvénile, à la taille moyenne et au gabarit d’un gringalet n’en est pas pour autant un enfant de chœur. Il s’est forgé à travers le temps et les épreuves, comme dirait l’autre, des épreuves essentiellement politiques. Pape Ndong fait en effet partie des premiers militants qui ont adhéré à la cause de Macky Sall, alors opposant à la quête du pouvoir. C’est dans la tumultueuse banlieue de Dakar Pikine, aux enjeux politiques multiples et à l’électorat considérable, mais pas tout à fait dénuée de risques, que Gorgui Ndong s’engage. Il va, durant toute la traversée de l’opposition, diriger la section des jeunes de l’Apr dans tout le département de Pikine. Un travail qu’il va mener avec acharnement, qui au passage ne manquera pas de lui valoir autant d’admirateurs que des critiques. Muni de sa carapace, il va conduire les destinées du parti non sans difficultés, jusqu’à leur accession au pouvoir. Il hérite alors de la direction générale de l'Agence pour l'emploi des jeunes des banlieues (Ajeb). A la faveur de la dernière élection locale, il est élu maire de Pikine-Ouest. Tout récemment, ce spécialiste en gestion des ressources humaines, précédemment membre du Collège du Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT), est nommé ministre délégué auprès du ministre du Renouveau urbain, de l’Habitat et du Cadre de vie, chargé de la Restructuration et de la Requalification des banlieues, en remplacement de Madame Fatou Tambédou. «Audace et Raison d’Espérer ! ARE », tel a toujours été la philosophie du nouveau ministre. Ceux à qui il a, ne serait qu’une fois, eu à envoyer un sms ne le démentiront point.

Ibrahima Kane est le nouveau Directeur général du Fonsis (fonds souverain d’investissements stratégiques). Il remplace Amadou Hott promu au poste de vice président chargé de l’énergie, de la croissance verte et du développement durable à la banque africaine de développement (Bad). Polytechnicien, Ingénieur civil des Ponts et Chaussées, Ibrahima Kane était précédemment Directeur exécutif du Fonsis en charge des Infrastructures, de l’Agriculture et de l’Agrobusiness. Le nouveau Directeur général du Fonsis a roulé sa bosse dans plusieurs pays en Afrique après son départ de la France où il a fait ses humanités. Le polytechnicien a monnayé son talent au Cameroun, en Côte-d’Ivoire et en Mauritanie avant de rentrer au bercail.

Au Sénégal, il s’est d’abord lancé dans l’industrie laitière. Co-fondateur et administrateur de la première unité industrielle sénégalaise opérant un rayon laitier composé d’éleveurs traditionnels, M.Kane est proche du secteur privé. Par son expérience et ses compétences, ce polytechnicien diplômé aussi de London Business School en Exécutive leadership program parviendra-t-il à faire de Fonsis un véritable acteur du développement ?

Réunis au centre de Malango le 4 juin dernier, les divinateurs sérères ont prédit un hivernage pluvieux et de bonnes récoltes. La prochaine élection présidentielle s’est invitée aux prédictions, non sans controverses.

Samedi 4 juin. Il est 22h au Centre Malango situé juste derrière le fleuve Mame Mindiss (Ndlr : totem de la ville de Fatick), de l’autre côté en allant vers Kaolack. En cette tombée de la nuit, les vagues du petit bras de mer se noient dans le bourdonnement ininterrompu des tambours. Par dizaine, les visiteurs convergent vers la mythique demeure des saltigués, hôte cette soirée du traditionnel « Khoy », cette fameuse cérémonie de divination en pays sérère. La presse nationale et étrangère, parmi laquelle un journaliste freelance hollandais, est présente, micros et caméras à l’affût ; toujours prête à se faire l’écho médiatique de cet événement dont la notoriété a fini de dépasser les frontières nationales.

Dans la vaste cour du centre, les invités prennent progressivement place, entourés d’arbres. Certains des hôtes dînent entre deux cases, dans la pénombre. Les voyants, eux, sont reconnaissables à leurs tenues particulières, leurs gris-gris et leurs bonnets à la couleur rouge. Ils se bousculent au portillon pour prendre la lance et se livrer à leurs prédictions, leur jeu favori. Comme s’ils étaient possédés par une force supérieure qui les fait agir selon son bon vouloir. Les saltigués se défient tels des lutteurs dans une arène qui s’apprêtent à en découdre. Accompagnés par le « ndakin », rythme propre au « khoy »,  ils se laissent parfois aller à quelques démonstrations, quelques pas de danse. Le public se régale. Ça promet ! D’autres, à travers leurs mouvements, donnent l’impression de vouloir se métamorphoser, voler dans l’espace, toucher le firmament. Tel que le faisait le « dieu » saltigué Guedjopale Mane Niane, du moins si l’on en croit la légende. Celle-ci raconte que ce dernier, proche du mythique roi Diomaye Niane qui a un temps gouverné le Sine, montait au ciel partager le repas avec « Roog Seen », le Dieu suprême. Et miracle, il revenait sur terre, les mains recouvertes de couscous et de lait caillé ! Mais c’était il y a bien longtemps.

Hivernage pluvieux
salA l’intérieur du cercle transformé presque en ring, c’est un vrai capharnaüm, malgré les nombreux rappels à l’ordre du maître de cérémonie Djiby Ndiaye. « Vous ne pouvez pas tous parler en même temps ; ce n’est pas possible, vous n’êtes pas des enfants ! », se fâche le journaliste de la radio communautaire « Ndef Leng » Fm. Finalement, après plusieurs tentatives ratées, il convainc les saltigués à regagner leurs places respectives, une liste ayant été confectionnée pour les appeler un à un. Les esprits finissent par se calmer. Enfin le défilé tant attendu des « madag » (Ndlr : équivalent de voyant en sérère) peut commencer, à la grande satisfaction des spectateurs dont l’impatience devenait de plus en plus perceptible. Et c’est le saltigué Guedj Guèye qui ouvre le bal. « Fakkam ! » (littéralement bats-moi le tam-tam), lâche-t-il aussitôt à l’endroit du tambour major qui s’exécute, sans crier gare. « Rang tanguindang, rang tanguindang, rangtanguindang… ». Après quelques démonstrations au son des tams-tams, le vieillard enfonce la lance de toutes ses forces dans les entrailles de la terre. C’est le moment de s’adresser au public. Le ton grave, il salue la foule suspendue à ses déclarations très attendues : « L’hivernage sera pluvieux et les récoltes seront très bonnes. Il y aura beaucoup de mil et d’arachide ».  « Amiine », rétorque en chœur l’assistance. Les paysans sont avertis. De la pluie, il y en aura. Le reste ne dépendra que d’eux.

Le voyant Ndiaw Diouf embouche la même trompette. Il prédit une saison des pluies généreuse mais s’empresse de recommander des prières pour éviter certains accidents qui, souligne-t-il, risquent de coûter la vie à bien de passagers. Le « Yal pangol » (Ndlr : celui qui est possédé par des compagnons invisibles), Ibrahima Ndong confirme les prédictions de ses prédécesseurs. L’homme prévient néanmoins sur un violent vent qui pourrait créer beaucoup de dommages dans le sud du pays. Le jeune voyant Omar Ndiaye entre en lice et met les pieds dans le plat. « J’avais dit ici que si l’élection présidentielle s’était tenue en 2017, le chef de l’Etat Macky Sall n’aurait pas de second mandat. Fort heureusement pour lui, le scrutin a été repoussé. Mais cette prédiction reste valable pour 2019 », martèle-t-il.

La nouvelle génération, sans complexe
 saltigue 2Selon ce divinateur qui révèle avoir une épouse djinn, à côté de ses deux femmes, le successeur de Me Abdoulaye Wade à la magistrature suprême ne peut en aucun cas rempiler. « Je suis catégorique », insiste-t-il. Une prédiction que balaie d’un revers de la main Khane Diouf. En dépit de l’âge, la saltigué de Diadiack garde encore son agressivité, son principal trait de caractère. Dans le milieu très macho de la divination en milieu sérère, cette dame octogénaire est l’une des rares à défier et contredire la gent masculine. Ses prédictions dont beaucoup se sont révélées justes ont fini par lui donner une aura locale voire nationale et internationale. « J’ai été la première à avoir prédit l’accession de Macky Sall au pouvoir », rafraîchit-elle d’emblée la mémoire des spectateurs sur un ton jubilatoire. Puis prenant le contrepied de son jeune camarade Omar Ndiaye, elle ajoute que le président de la République aura bel et bien un second mandat en 2019. « Que ça vous plaise ou pas, Macky Sall va rempiler. Personne n’y peut rien », dit-elle encore à l’endroit de son rival. Après les cadors Khane Diouf, Mahé Mathie, Guedj Wagni, Landiougane de Sanghaie, Amy Faye de Niakhar etc., place aux jeunes loups aux dents longues ! Il faut dire que la relève est bien assurée avec notamment une forte présence des jeunes voyants de Ndiaye-Ndiaye, le quartier traditionnel sérère de Fatick. Incarnée par le jeune Fodé Diouf, la jeune génération n’a pas froid aux yeux et n’a pas non plus de complexe d’infériorité. Elle dispute la parole aux ténors dont elle ose contredire les prédictions, à l’image de ce choc de génération entre Khane Diouf et le jeune Omar Ndiaye. Et c’est justement tous ces défis, toutes ces contradictions, toutes ces empoignades verbales qui font le charme du « Khoy ».

 

Last modified on lundi, 27 juin 2016 14:54


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