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Les Gens (82)

C’est sur sa page facebook qu’il a annoncé sa nomination au Conseil présidentiel pour l’Afrique (Cpa): « Fier et honoré d’être nommé au Conseil présidentiel pour l’Afrique auprès du Président Macron - Pour un nouveau visage de la relation entre l’Afrique et la France ! Je compte sur vous ! »

Entrepreneur d’origine sénégalaise, né en France en 1971, Karim Sy a fondé, en 2010, à Dakar, Jokkolabs qui se veut non seulement un espace de travail partagé mais également le creuset d’une communauté d’entrepreneurs engagés dans les nouvelles technologies. Le Conseil présidentiel pour l’Afrique a été annoncé le mardi 29 août lors de la conférence des ambassadeurs. Il aura pour mission de « nourrir la politique africaine d’Emmanuel Macron, de lui faire remonter des propositions et redescendre la perception de sa politique sur le continent ». Ainsi, onze bénévoles liés à l’Afrique auront un accès direct au président pour lui « remonter des idées » et faire passer ses messages. « Ce ne sera ni un nouveau think tank, ni un fan-club africain du président de la République », promet l’Élysée.

Directement rattaché au chef de l’État Emmanuel Macron, le Cpa a été pensé depuis le mois d’avril pour incarner « le renouvellement du partenariat entre la France et l’Afrique », voulu par M. Macron afin de permettre « une nouvelle approche des enjeux de société ».

S. D.

Amie Ndiaye Sow est la nouvelle directrice régionale de United Bank Africa (Uba) en zone Ouest.  Celle qui vient d’être promue a toujours été un pion béni. Aujourd’hui, elle est célébrée. Elle a désormais en charge des filiales d’Uba réparties dans trois pays d’Afrique, notamment le Sénégal, la Guinée et le Mali. Avant sa nomination au poste de directrice régionale de la Zone 2 de l’Afrique de l’Ouest, l’ex-major d’Ecobank gérait, depuis 2013, la filiale du Sénégal en tant qu’administratrice et directrice générale. Elle capitalise une vingtaine d’années d’expérience… dans les hautes responsabilités du monde des finances bancaires en tant que manager risques et business développeur sur les marchés de l’Afrique de l’Ouest, du Centre et de l’Est, tout particulièrement au Kenya où elle s’est construit une belle réputation en tant que directrice de la gestion des risques pour le compte du Fonds Africain de Garantie des Pme (Agf). Titulaire d’une Maîtrise en Economie, d’un Master en Banque, Finance et Assurance ainsi que d’un Master en Gestion des Finances publiques à l’Université de Dakar, Amie Ndiaye Sow n’a pas eu un parcours professionnel classique.  Dans cette sphère, son estampille est reconnaissable entre mille. Aujourd’hui, elle a fini de placer l’institution qu’elle dirige dans le peloton de tête des banques au Sénégal. Pour un domaine qu’elle a embrassé par passion, elle s’entoure de sa rigueur et doit s’ouvrir, par ailleurs, aux réalités de son milieu.

OUMAR BA (Source : Piccmi.Com)

Dienaba Sarr est née en Picardie d’une mère mauritanienne et d’un père sénégalais. Très jeune, elle reçoit une multitude de propositions de travail. D’abord, c’est l’Institut de gestion sociale (Igs) de Paris qui s’intéresse à elle. Elle est sollicitée pour recruter les futurs étudiants du programme d’alternance de l’école.

Elle mène cette mission durant un an en France, avant de suggérer d’étendre son champ d’action en Afrique. La jeune dame est persuadée du potentiel des étudiants africains. Elle disait, par exemple, connaître de bonnes écoles de commerce à Dakar. La direction, qui cherche pourtant à se placer dans les pays « émergents », émet quelques doutes mais finit par accepter. Après Dakar, Dienaba Sarr reçoit des demandes du Congo, en particulier de Pointe-Noire. Dans cette ville, elle apprend beaucoup de l’organisation des grands groupes qui commencent à former en interne les compétences dont ils ont besoin.

Après deux années dans la finance, Dienaba Sarr propose à sa direction de créer une filiale spécialisée dans le recrutement top et middle management en Afrique, elle qui dispose d’une longueur d’avance grâce aux contacts qu’elle a gardés dans les écoles. L’équipe de sept personnes qu’elle dirige aujourd’hui, chacune spécialisée dans un domaine, sillonne le continent en quête de talents. De retour à Paris, elle soumet à l’Igs l’idée de s’inscrire sur ce marché, mais refuse d’être responsable du projet, estimant qu’il était impossible de gérer à distance – à 25 ans, la jeune diplômée rechigne à partir seule dans cette ville pétrolière qu’elle connaît mal. Elle passe un an en Irlande en tant qu’analyste de crédit pour la société Abbott, avant d’entrer, en 2008, au sein du groupe français Fed qui n’est alors présent que sur les métiers financiers. Sa structure organise des tables rondes pour réfléchir sur les problématiques Rh et faire évoluer le métier. Parmi les sujets étudiés : la rétention des talents dans l’entreprise ou le rapatriement des fonctions clés des multinationales, parfois trop éloignées de la base.

Oumar BA (avec JA)

Ce Sénégalais, natif de Ziguinchor, est directeur régional, pour l’Afrique subsaharienne, de la filiale de la Banque mondiale, consacrée au secteur privé. Cette nomination intervient vingt ans après  son intégration à cette structure. Avant sa nomination, il  servait à  Nairobi, où il a été, cinq ans durant, directeur pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe, pour Johannesburg. Il récupère, avec sa nouvelle nomination, la supervision des 23 pays d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Ouest – jusqu’alors sous l’autorité de la Camerounaise Vera Songwe, nommée à la tête de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique.  Entré à l’Ifc en 1997 comme chargé d’investissement dans le domaine du pétrole et des mines, le Sénégalais n’a, en effet, depuis lors, jamais quitté l’institution. De 2003 à 2008, il est – depuis Douala – représentant régional pour l’Afrique centrale ; puis, de 2008 à 2013, à Washington, directeur des ressources humaines avec une couverture de 108 bureaux à travers le monde, à l’époque où l’institution déploie son grand projet de décentralisation. Oumar Seydi a  des missions importantes à mener, notamment dans le domaine des infrastructures et en faveur des secteurs créateurs d’emplois. Il est aussi attendu sur l’agro-industrie et les énergies renouvelables.  Imaginer de nouveaux types de financement pour le développement du secteur privé : cette vocation serait presque pour Cheikh Oumar Seydi la synthèse de ses deux histoires, familiale et professionnelle. En Casamance, il est, en effet, né dans une grande famille de commerçants et d’entrepreneurs. Son père, Ousmane – qui fut député et l’un des vice-présidents de l’Assemblée nationale – dirigea la Csse, une importante société de négoce du sud-est du Sénégal. Et son oncle, Idrissa Seydi, était un célèbre capitaine d’industrie, actif dans les piles électriques, le négoce de bois et l’alimentaire dans plusieurs pays ouest-africains, et a présidé, pendant de longues années, le conseil d’administration de la Société générale de Banques au Sénégal, alors première banque du pays. Avant et après son Mba américain, Cheikh Oumar Seydi a travaillé dans le conseil, l’audit et la finance, pour Ernst & Young, Arthur Andersen, Usaid (Agence des États-Unis pour le développement international) ou Citibank… Au sein de la filiale sénégalaise de la banque américaine, il a travaillé sous la direction de Gabriel Fal.

Source JA

Baba Danpullo  est l’homme le plus riche du Cameroun. Son ascension a bousculé la hiérarchie des vieilles fortunes camerounaises. Avant lui, le gotha des milliardaires répertoriait des personnalités issues d’une bourgeoisie traditionnelle qui lui était étrangère. Il est parvenu à les tenir à bonne distance jusqu’à ce que le classement de la version africaine du magazine Forbes le présente comme la première fortune d’Afrique francophone. C’était en 2015.  À 67 ans, ce peulh musulman cultive l’allure simple du commerçant en habit traditionnel. Il a grandi dans un carrefour de cultures où les Mbororos, musulmans issus du Nigeria voisin et pratiquant l’élevage transhumant, cohabitent avec les agriculteurs bantous.

Il a toujours été proche du pouvoir. Issu d’une famille modeste, il est camionneur et dispose çà et là de quelques échoppes quand, à la fin des années 1970, il fait la connaissance de Youssoufa Daouda, le ministre de l’Économie de l’époque, qui lui octroie des licences d’importation de riz et de farine. Quelques années plus tard, sa rencontre avec Jeanne-Irène Biya lui permet de mettre un pied dans l’industrie : la première dame (décédée depuis) l’aide à acquérir la Société des minotiers du Cameroun en cours de privatisation pour un franc symbolique.

Père de huit enfants, qui travaillent presque tous dans les entreprises du groupe, le milliardaire peut envisager l’avenir avec optimisme. Il veut se lancer dans la production de thé vert, dont la consommation ne cesse d’augmenter depuis que des études lui prêtent la capacité de prévenir certains types de cancers.  En 2013, c’est aussi à Nexttel, coentreprise entre le groupe de Danpullo et le vietnamien Viettel, que le gouvernement a accordé la troisième licence de téléphonie mobile du pays : en trois ans, l’opérateur a développé son réseau au point de couvrir 80 % du territoire. L’homme le plus riche du Cameroun est aussi présent dans le coton, sa compagnie Smic détenant 11 % du capital de Sodecoton, et dans les services aéroportuaires, puisqu’il siège au conseil d’administration d’Aéroports du Cameroun (ADC).

Oumar BA (avec JA)

Khoudia Diop est arrivée à Paris à l’âge de 15 ans. Elle a beaucoup souffert du regard des autres quant à sa couleur de peau particulièrement foncée. Aujourd’hui, Khoudia Diop semble prendre sa revanche sur la vie. Après s’être autoproclamée « Melaniin Goddess » (Déesse de la Mélanine) sur Instagram, elle comptabilise près de 350 000 followers et devient une inspiration pour les jeunes filles à la peau foncée. Avec sa peau riche en mélanine, elle veut inspirer les jeunes filles et leur montrer qu’elles sont toutes des déesses à l’intérieur comme à l’extérieur. Plusieurs photographes professionnels sont déjà tombés sous le charme de la peau de Khoudia Diop. La beauté et la profondeur de la couleur de la peau du jeune mannequin sont aujourd’hui sublimées par les professionnels de l’image qui n’hésitent pas à faire appel à elle. Aujourd’hui, non seulement la model assume sa peau mais elle en est fière. Sa différence, elle en a fait un atout, une arme mais aussi une signature. Elle se sent investie d’une responsabilité, celle de «défier les canons de beauté » occidentaux qui gangrènent aussi le continent en prenant clairement position contre le fléau du blanchiment de la peau en Afrique. Khoudia devient une source d’inspiration, une icône pour de nombreuses femmes « pas seulement les femmes noires mais aussi celles qui manquent de confiance ».

Oumar BA (avec JA)

Moussa Diao : Monsieur pétrole

19 Fév 2018
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Moussa Diao est Ingénieur physicien formé à la prestigieuse école polytechnique fédérale de Lausanne (Epfl) puis à l’institut français du pétrole. Il est «tombé » dans le secteur des hydrocarbures dès l’enfance, avec un père Abdoulaye Diao, négociant de pétrole. Mais contrairement à ce dernier, il a choisi de faire carrière au sein d’une grande société. Séduit par la possibilité de travailler sur le continent, Moussa Diao est envoyé sur des métiers de management à peine un an après avoir été recruté et formé à son poste de trader à Genève : de 2000 à 2002, on lui confie la responsabilité de développer les activités commerciales à Cotonou, où la compagnie vient d’implanter un nouveau terminal pétrolier dédié au gaz GPL, un nouveau produit au Bénin. Puis, il passe sept années à Abidjan, en charge du développement du négoce dans la sous-région. Eminence africaine du milieu du trading sur les bords du lac Léman,  cet ingénieur physicien réputé pour sa mémoire phénoménale des chiffres gère annuellement un portefeuille de plus de 2 millions de tonnes de produits pétroliers (soit un chiffre d’affaires de plus de 1 milliard de dollars) et dirige une équipe d’une dizaine de traders. Il travaille actuellement pour: Addax Energy SA, International Trading Oil and Commodities (Suisse) SA. Une entité qui évolue dans le négoce international, notamment achat, importation, exportation, transformation, stockage, transfert, financement, vente et distribution de matières premières dans le domaine de l'énergie, principalement de pétrole brut, de produits pétroliers, de gaz et de ses dérivés, ainsi que distribution, raffinage et transport de ces matières à l'étranger.

 

Abdoulaye Diao, Pdg d’International Trading Oil and Commodities (Itoc), a lancé récemment la banque « Outarde ». Banque Outarde devient ainsi la 25e banque du Sénégal et est dotée d’un capital initial de 14 milliards de francs Cfa. Ce qui la met bien au-dessus de la norme sous-régionale qui est de 10 milliards de FCFA. L’établissement bancaire dont le siège est à Dakar soutiendra prioritairement les petites et moyennes entreprises (Pme) et les petites et moyennes industries (Pmi) du Sénégal.

Surnommé « Baba », il est à la fois l’un des hommes d’affaires les plus prospères et les plus discrets du pays. Il cultive cette posture de discrétion souvent commune aux hommes nantis. Né à Thiès, Abdoulaye Diao acquiert dès le lycée une réputation de surdoué. Après avoir décroché la mention Très bien au baccalauréat, il obtient une bourse d’études et atterrit en 1968 au lycée parisien Louis-le-Grand. Quelques années plus tard, il obtient les diplômes d’ingénieur de l’École centrale de Lille et de l’Institut français du pétrole (Ifp), mais aussi une licence de sciences physiques et de sciences économiques. De retour au Sénégal, il intègre l’administration sénégalaise et devient premier conseiller technique dans le cabinet de Cheikh Hamidou Kane, ministre chargé de l’Énergie et des Hydrocarbures et par ailleurs écrivain, auteur de «L’Aventure ambiguë». En 1981, on lui demande de jeter les bases de la Société des pétroles du Sénégal (Petrosen). Mais, une fois sa mission accomplie, il quitte l’administration.

Abdoulaye Diao s’est fait tout seul. Rien n’était acquis d’avance. Il a fallu batailler ferme. Né à Thiès, il a vécu dans une famille démunie. Sa jeunesse n’a pas été toute rose. Seulement, il était très brillant à l’école, se classant toujours premier de sa classe. A son retour au Sénégal, c’est le Président Senghor qui s’occupe de sa carrière, toujours subjugué par le talent de cet enfant. On lui donne un logement en plein centre ville et Senghor le reçoit tout jeune. Il est chargé d’écrire les premiers statuts de ce qui deviendra, quelques années plus tard, Petrosen. Nous sommes aux environs de 1972. C’était la belle époque. Il écrit les textes régissant Petrosen, pratiquement les mêmes jusqu’à présent, qui du reste orientent l’exploitation pétrolière au Sénégal. De conseiller au ministère, il quitte finalement pour le privé et travaille avec Cheikh Fall, l’ancien président de Air Afrique dans sa société de négoce et de transit. Il y reste quelques années, avant de lancer en 1985, la société International Trade Oil and shipping (Itoc).

Oumar BA

Lire, lire, lire et rien de plus ! C’est le quotidien d’Issa Garba Amadou, un passionné de la lecture qui n’hésite pas à mettre la main dans la poche pour se faire plaisir.

Elle nourrit son esprit et lui procure du plaisir. La lecture occupe une place importante dans la vie d’Issa Garba Amadou. « Il passe toute la nuit à lire. Il aime lire », témoigne une de ses amis du département de Philosophie à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Dans l’étroite chambre qu’il loue à la Gueule Tapée, non loin de la Cité Aline Sitoé Diatta ex Claudel, de nombreux livres sont superposés à même le sol. Ce sont ceux qu’il lit quotidiennement : une vingtaine. Les autres ouvrages sont entassés dans des valises, et ses habits suspendus dessus. Un non habitué des lieux trouverait bizarre la manière dont sa chambre est rangée, mais lui, s’y sent à l’aise. Dans son univers, le livre prime sur tout.

A la bibliothèque universitaire, il dévore les ouvrages. La ration quotidienne est de cinq à dix livres. Le quinquagénaire nigérien à la silhouette frêle ne pratique pas n’importe quel type de lecture. Pour lui, c’est la lecture professionnelle. La gestuelle pondérée, Garba dépose ses lunettes et avance lentement devant le tas d’ouvrages tout autour du lit. Il cherche un ouvrage parmi ses livres de chevet. Celui qui lui a permis de connaître tous les « secrets » de la lecture et de l’écriture. C’est le livre du Pr Djibril Samb intitulé « Manuel de Méthodologie et de rédaction bibliographique ». « Il y a deux types de lecture. Celle que pratiquent les amateurs et celle professionnelle. Par exemple, quand je lis mon journal, chaque matin pendant 30 à 40 minutes, cela me donne du plaisir et en même temps, je m’informe. Mais j’ai dépassé ce type de lecture. Maintenant, je pratique la lecture professionnelle parce qu’elle est celle académique, celle de la recherche. C’est également la lecture utilitaire. Donc différente de celle en amateur qui n’est pas méthodique », explique Garba, avec passion. Un type de lecture qu’il affectionne par-dessus tout, car, dit-il, « cela me permet de progresser dans mes études et dans la vie de tous les jours. Elle conduit également à des écrits ».

Sa passion pour la lecture commence dès l’école primaire dans les années 1960, quand il a eu l’opportunité d’accéder à la bibliothèque du Centre culturel franco-nigérien avec une carte de lecture à 100 francs le mois. C’est de là qu’est né son goût pour la lecture.

Quand il s’agit d’acquérir des livres, Issa Garba Amadou ne lésine pas sur les moyens. « Depuis mon arrivée au Sénégal, j’ai dépensé plus d’un million de FCfa pour l’achat de livres. Pour moi, cela n’a pas de prix, le savoir non plus », poursuit-il, l’air fier. A chaque fois qu’il a de l’argent, la première des choses à faire, c’est d’aller à la librairie. Il s’intéresse également aux livres d’occasion car « en général, on y trouve des ouvrages rares et qu’on a même parfois du mal à trouver dans les librairies », dit-il. C’est ainsi qu’il s’est constitué sa bibliothèque.

Un « vieux » étudiant
Son autre passion : la philosophie. Et c’est ce qui l’a amené au Sénégal. Après une maîtrise dans ce domaine, il désirait se rendre en Belgique poursuivre ses études. Mais faute de moyens, il choisit le pays de la Téranga. Un choix qu’il ne regrette pas, car il s’est beaucoup amélioré et s’apprête à s’inscrire pour la thèse de doctorat au département de Philosophie à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. D’ailleurs, il dispense des cours de philosophie au groupe scolaire la Maïeutique des Parcelles assainies. Au Niger, après l’obtention de son diplôme du Bfem, il se lance dans l’enseignement pendant des années abandonnant ses études avant de décrocher le Bac en étant candidat libre. C’est ce qui explique le fait qu’il soit aujourd’hui un « vieux » étudiant.

Deux livres l’ont particulièrement marqué : « Le Discours de la méthode » de René Descartes et « La République » de Platon. Pour le premier, au-delà de la dimension rationnelle, Descartes a essayé de montrer que sans méthode, on ne peut rien faire. Pour le second, parce que c’est un ouvrage qui a été écrit depuis longtemps mais qui est toujours d’actualité. Il pose un problème de justice qui, d'ailleurs, est un thème qu’on ne peut jamais épuiser.

A présent, il lit surtout des ouvrages philosophiques mais pas que, puisqu’il y a des ouvrages littéraires qui ont des liens avec la philosophie. « L’Aventure ambigüe », par exemple de Cheikh Hamidou Kane dont certains pensent que c’est un ouvrage uniquement littéraire, a une dimension philosophique. Il y a également les ouvrages d’Amadou Hampâté Bâ », précise Garba.

Par Alioune Badara Diatta (stagiaire)

Modou Fall est un jeune tailleur qui a terminé sa formation il y a juste un an. Son quotidien se résume à courir d’atelier en atelier pour travailler comme journalier. Il fait du « khar matte » (travail supplémentaire) et en cette période de préparation pour la Tabaski, il n’a plus le temps de se reposer.

Calme, le visage serein, malgré son jeune âge (20ans), Modou Fall inspire responsabilité. Vêtu d’un pantalon noir, tee-shirt bleu, un long collier blanc autour du cou, il est derrière sa machine à coudre, entouré des coupons de tissus de toutes sortes. Depuis son arrivée à 10h, il a les pieds sur les pédales de sa machine sans arrêt. Sur la table, un ensemble wax, une paire de ciseaux à côté, sa main droite sur la machine et sa gauche tient le tissu. Il coud une tenue « taille-basse » wax garnie à la dentelle pour une cliente. Toute la journée, il se met la pression pour travailler très vite et avec efficacité. La raison : terminer très vite dans cet atelier pour aller guetter ailleurs. Il veut aussi gagner la confiance de ses différents employeurs pour trouver facilement du travail après les fêtes.

Dans ce petit atelier qu’il partage avec un autre tailleur, le désordre est total. Les morceaux de tissus jonchent le sol. La chaleur est étouffante. Malgré tout cela, la concentration est au bon point. En cette période de préparation pour la Tabaski, Modou ne dort plus. Il saisit toutes les occasions pour gagner davantage d’argent et mieux prouver qu’il est talentueux. « Je suis jeune et ambitieux. Je suis nouveau dans ce métier. Avant, j’étais simple apprenti, mais maintenant que je travaille, je dois prouver que je suis talentueux », explique-t-il, les yeux rivés sur sa machine.

N’ayant pas les moyens pour ouvrir son propre atelier de couture, le jeune Fall fait des va et vient chez les couturières pour travailler comme journalier. Dans cet atelier à Dieuppeul, il est payé 3.500 FCfa la journée. Après sa descente à 19h, il continue chez d’autres couturiers du quartier pour travailler jusque tard dans la nuit avant de rentrer chez lui à Yoff aéroport. « Je n’ai pas d’heures de repos, je fais du « khar matte ». Je saisis toutes les occasions. C’est maintenant que je dois préparer mon avenir », affirme-t-il, l’air sérieux.

Ils sont nombreux à l’image de Modou à terminer leur formation sans avoir les moyens d’ouvrir leur propre atelier. Pour ne pas rester au chômage, ces jeunes tailleurs font ce qu’ils appellent le « khar matte ». C’est-à-dire il court d’atelier en atelier pour travailler soit comme journalier soit comme employé. Ils font ainsi l’affaire des dames et autres promoteurs de mode qui investissent dans ce secteur sans maîtriser le métier.

En le regardant faire son travail, on remarque aussitôt sa passion pour la couture. Avec une énergie débordante, le jeune Modou travaille avec vivacité. Il ne participe point à la discussion qui s’anime autour de lui. Malgré la chaleur étouffante à l’intérieur de leur étroit atelier, il reste bien concentré. « Je ne veux pas me tromper. Quand on me confie un travail, je le fais bien. En plus, je ne veux pas faire des erreurs. Cela peut occasionner des problèmes avec la patronne », avance-t-il.

N’ayant pas eu l’occasion de faire des études, le natif de Gade Ndiaye (un village du département de Tivaouane) a choisi Touba pour apprendre la couture. Après avoir bien maîtrisé les techniques, il décide de venir à Dakar pour chercher du travail. Avant d’atterrir à Dieuppeul, il était au marché Hlm où il exerçait le même métier pour les couturières. Mais, ne trouvant pas assez rentables leurs rémunérations, il décide de faire l’expérience dans d’autres quartiers où le salaire est plus conséquent et les patronnes plus sérieuses. Modou veut profiter de la rentabilité de son métier en cette période de fête pour gagner le maximum d’argent et célébrer la cérémonie traditionnelle de son mariage. En effet, ce-dernier a déjà été scellé à la mosquée. Il ne reste que cette étape pour que son épouse le rejoigne dans son domicile. C’est pourquoi il court d’atelier en atelier et consacre toutes ses heures libres au travail.

Cependant, les ambitions de Modou vont au-delà de trouver un emploi garanti à Dakar. Son objectif est d’y ouvrir son propre atelier. Faute d’électrification, il ne peut pas exercer son métier dans son village, Gade Ndiaye.

Par Abba BA (stagiaire)


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