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Les Gens (74)

Lire, lire, lire et rien de plus ! C’est le quotidien d’Issa Garba Amadou, un passionné de la lecture qui n’hésite pas à mettre la main dans la poche pour se faire plaisir.

Elle nourrit son esprit et lui procure du plaisir. La lecture occupe une place importante dans la vie d’Issa Garba Amadou. « Il passe toute la nuit à lire. Il aime lire », témoigne une de ses amis du département de Philosophie à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Dans l’étroite chambre qu’il loue à la Gueule Tapée, non loin de la Cité Aline Sitoé Diatta ex Claudel, de nombreux livres sont superposés à même le sol. Ce sont ceux qu’il lit quotidiennement : une vingtaine. Les autres ouvrages sont entassés dans des valises, et ses habits suspendus dessus. Un non habitué des lieux trouverait bizarre la manière dont sa chambre est rangée, mais lui, s’y sent à l’aise. Dans son univers, le livre prime sur tout.

A la bibliothèque universitaire, il dévore les ouvrages. La ration quotidienne est de cinq à dix livres. Le quinquagénaire nigérien à la silhouette frêle ne pratique pas n’importe quel type de lecture. Pour lui, c’est la lecture professionnelle. La gestuelle pondérée, Garba dépose ses lunettes et avance lentement devant le tas d’ouvrages tout autour du lit. Il cherche un ouvrage parmi ses livres de chevet. Celui qui lui a permis de connaître tous les « secrets » de la lecture et de l’écriture. C’est le livre du Pr Djibril Samb intitulé « Manuel de Méthodologie et de rédaction bibliographique ». « Il y a deux types de lecture. Celle que pratiquent les amateurs et celle professionnelle. Par exemple, quand je lis mon journal, chaque matin pendant 30 à 40 minutes, cela me donne du plaisir et en même temps, je m’informe. Mais j’ai dépassé ce type de lecture. Maintenant, je pratique la lecture professionnelle parce qu’elle est celle académique, celle de la recherche. C’est également la lecture utilitaire. Donc différente de celle en amateur qui n’est pas méthodique », explique Garba, avec passion. Un type de lecture qu’il affectionne par-dessus tout, car, dit-il, « cela me permet de progresser dans mes études et dans la vie de tous les jours. Elle conduit également à des écrits ».

Sa passion pour la lecture commence dès l’école primaire dans les années 1960, quand il a eu l’opportunité d’accéder à la bibliothèque du Centre culturel franco-nigérien avec une carte de lecture à 100 francs le mois. C’est de là qu’est né son goût pour la lecture.

Quand il s’agit d’acquérir des livres, Issa Garba Amadou ne lésine pas sur les moyens. « Depuis mon arrivée au Sénégal, j’ai dépensé plus d’un million de FCfa pour l’achat de livres. Pour moi, cela n’a pas de prix, le savoir non plus », poursuit-il, l’air fier. A chaque fois qu’il a de l’argent, la première des choses à faire, c’est d’aller à la librairie. Il s’intéresse également aux livres d’occasion car « en général, on y trouve des ouvrages rares et qu’on a même parfois du mal à trouver dans les librairies », dit-il. C’est ainsi qu’il s’est constitué sa bibliothèque.

Un « vieux » étudiant
Son autre passion : la philosophie. Et c’est ce qui l’a amené au Sénégal. Après une maîtrise dans ce domaine, il désirait se rendre en Belgique poursuivre ses études. Mais faute de moyens, il choisit le pays de la Téranga. Un choix qu’il ne regrette pas, car il s’est beaucoup amélioré et s’apprête à s’inscrire pour la thèse de doctorat au département de Philosophie à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. D’ailleurs, il dispense des cours de philosophie au groupe scolaire la Maïeutique des Parcelles assainies. Au Niger, après l’obtention de son diplôme du Bfem, il se lance dans l’enseignement pendant des années abandonnant ses études avant de décrocher le Bac en étant candidat libre. C’est ce qui explique le fait qu’il soit aujourd’hui un « vieux » étudiant.

Deux livres l’ont particulièrement marqué : « Le Discours de la méthode » de René Descartes et « La République » de Platon. Pour le premier, au-delà de la dimension rationnelle, Descartes a essayé de montrer que sans méthode, on ne peut rien faire. Pour le second, parce que c’est un ouvrage qui a été écrit depuis longtemps mais qui est toujours d’actualité. Il pose un problème de justice qui, d'ailleurs, est un thème qu’on ne peut jamais épuiser.

A présent, il lit surtout des ouvrages philosophiques mais pas que, puisqu’il y a des ouvrages littéraires qui ont des liens avec la philosophie. « L’Aventure ambigüe », par exemple de Cheikh Hamidou Kane dont certains pensent que c’est un ouvrage uniquement littéraire, a une dimension philosophique. Il y a également les ouvrages d’Amadou Hampâté Bâ », précise Garba.

Par Alioune Badara Diatta (stagiaire)

Modou Fall est un jeune tailleur qui a terminé sa formation il y a juste un an. Son quotidien se résume à courir d’atelier en atelier pour travailler comme journalier. Il fait du « khar matte » (travail supplémentaire) et en cette période de préparation pour la Tabaski, il n’a plus le temps de se reposer.

Calme, le visage serein, malgré son jeune âge (20ans), Modou Fall inspire responsabilité. Vêtu d’un pantalon noir, tee-shirt bleu, un long collier blanc autour du cou, il est derrière sa machine à coudre, entouré des coupons de tissus de toutes sortes. Depuis son arrivée à 10h, il a les pieds sur les pédales de sa machine sans arrêt. Sur la table, un ensemble wax, une paire de ciseaux à côté, sa main droite sur la machine et sa gauche tient le tissu. Il coud une tenue « taille-basse » wax garnie à la dentelle pour une cliente. Toute la journée, il se met la pression pour travailler très vite et avec efficacité. La raison : terminer très vite dans cet atelier pour aller guetter ailleurs. Il veut aussi gagner la confiance de ses différents employeurs pour trouver facilement du travail après les fêtes.

Dans ce petit atelier qu’il partage avec un autre tailleur, le désordre est total. Les morceaux de tissus jonchent le sol. La chaleur est étouffante. Malgré tout cela, la concentration est au bon point. En cette période de préparation pour la Tabaski, Modou ne dort plus. Il saisit toutes les occasions pour gagner davantage d’argent et mieux prouver qu’il est talentueux. « Je suis jeune et ambitieux. Je suis nouveau dans ce métier. Avant, j’étais simple apprenti, mais maintenant que je travaille, je dois prouver que je suis talentueux », explique-t-il, les yeux rivés sur sa machine.

N’ayant pas les moyens pour ouvrir son propre atelier de couture, le jeune Fall fait des va et vient chez les couturières pour travailler comme journalier. Dans cet atelier à Dieuppeul, il est payé 3.500 FCfa la journée. Après sa descente à 19h, il continue chez d’autres couturiers du quartier pour travailler jusque tard dans la nuit avant de rentrer chez lui à Yoff aéroport. « Je n’ai pas d’heures de repos, je fais du « khar matte ». Je saisis toutes les occasions. C’est maintenant que je dois préparer mon avenir », affirme-t-il, l’air sérieux.

Ils sont nombreux à l’image de Modou à terminer leur formation sans avoir les moyens d’ouvrir leur propre atelier. Pour ne pas rester au chômage, ces jeunes tailleurs font ce qu’ils appellent le « khar matte ». C’est-à-dire il court d’atelier en atelier pour travailler soit comme journalier soit comme employé. Ils font ainsi l’affaire des dames et autres promoteurs de mode qui investissent dans ce secteur sans maîtriser le métier.

En le regardant faire son travail, on remarque aussitôt sa passion pour la couture. Avec une énergie débordante, le jeune Modou travaille avec vivacité. Il ne participe point à la discussion qui s’anime autour de lui. Malgré la chaleur étouffante à l’intérieur de leur étroit atelier, il reste bien concentré. « Je ne veux pas me tromper. Quand on me confie un travail, je le fais bien. En plus, je ne veux pas faire des erreurs. Cela peut occasionner des problèmes avec la patronne », avance-t-il.

N’ayant pas eu l’occasion de faire des études, le natif de Gade Ndiaye (un village du département de Tivaouane) a choisi Touba pour apprendre la couture. Après avoir bien maîtrisé les techniques, il décide de venir à Dakar pour chercher du travail. Avant d’atterrir à Dieuppeul, il était au marché Hlm où il exerçait le même métier pour les couturières. Mais, ne trouvant pas assez rentables leurs rémunérations, il décide de faire l’expérience dans d’autres quartiers où le salaire est plus conséquent et les patronnes plus sérieuses. Modou veut profiter de la rentabilité de son métier en cette période de fête pour gagner le maximum d’argent et célébrer la cérémonie traditionnelle de son mariage. En effet, ce-dernier a déjà été scellé à la mosquée. Il ne reste que cette étape pour que son épouse le rejoigne dans son domicile. C’est pourquoi il court d’atelier en atelier et consacre toutes ses heures libres au travail.

Cependant, les ambitions de Modou vont au-delà de trouver un emploi garanti à Dakar. Son objectif est d’y ouvrir son propre atelier. Faute d’électrification, il ne peut pas exercer son métier dans son village, Gade Ndiaye.

Par Abba BA (stagiaire)

Historien, écrivain, chanteur, batteur et spécialiste en contes et légendes, El Hadji Alé Niang est une vraie bibliothèque ambulante, une mémoire vivante. Ce descendant d’une famille de griots à Gossas, qui a fait 37 ans de carrière dans l’administration sénégalaise, est bien connu des générations du Baol. À 75 ans révolus, ce communicateur traditionnel émérite désigné comme trésor humain de la région de Diourbel suscite respect et admiration à Bambey.

L’homme a des particularités. C’est un serviteur doué, un communicateur hors pair. Un acteur culturel et fonctionnaire à la retraite. Rien ne présageait pourtant une destinée aussi limpide. L’enseignement, l’ingénierie ou une autre corporation pouvait recevoir l’homme. Mais El Hadji Alé Niang a choisi une autre trajectoire. Commis de l’État au sens transversal du terme, Alé Niang a fait 37 ans de carrière dans l’administration sénégalaise avec plusieurs postes de chefs de bureaux, dont celui de gestionnaire à la préfecture de Bambey. Les gouverneurs et préfets qui ont sillonné les régions de Diourbel, de Bambey et arrondissements de l’époque le connaissent bien. 

Descendant d’une famille de griots à Gossas, cet homme de teint noir est né à Sokone, dans les années 1942. Il obtient son premier diplôme de certificat d’études élémentaire à l’école coloniale en 1956. Bien que résident de Bambey, Alé Niang est bien connu des générations du Baol.

Alé Niang, « Pa Alé Niang » pour certains et « Doyen Alé Niang » pour d’autres, a un viatique : celui de servir et de donner le meilleur de lui-même en toute humilité. Alé Niang est un homme multidimensionnel qui suscite respect et admiration. Un historien qui sait lire et écrire. Il surfe aussi bien à l’aise sur les annales orales et monographiques de nos contrées et héros. Cet homme a plusieurs cordes à son arc et reste une bibliothèque ambulante, mieux, un patrimoine humain.

De son verbe, Alé Niang incarne l’intellectuel décomplexé qui manie correctement la langue de Molière. Généreux et courtois, le « sage » se rappelle les épopées historiques où la première brigade de gendarmerie de Bambey était une simple et unique case transportée par sept gaillards de Ngoye (localité située à 11 km) à Bambey. Ou encore des périodes où le Cnra (Centre national de recherches agronomiques) de Bambey était un camp de redressement d’enfants délinquants dans les années 1910, avant de devenir un aérodrome puis une ferme pilote.
L’homme écrit beaucoup. Il est d’un commerce facile, témoin de plusieurs cérémonies et de faits qu’il transmet avec intérêt, tact, et une gestuelle dont lui seul maîtrise les contours.

Toujours en boubou traditionnel, Alé Niang est auteur-compositeur, puisqu’il est l’auteur de « Yéri Niamane », protégé au Bureau sénégalais des droits d’auteur (Bsda), et savamment reprise par Youssou Ndour « Massamba Dièye guedj mamboulane ». « C’est en chantant « Massamba Dièye » à travers les ondes de la Rts, que Youssou Ndour a récupéré la bande et en a fait un arrangement musical. Il a eu l’honnêteté de dire que le chant était composé par Alé Niang de Bambey. Il savait que mes œuvres étaient protégées par le Bsda. J’ai connu la gloire grâce à cette chanson, mais aussi à Nder. J’ai perçu des droits. Par la suite, j’ai rencontré Youssou Ndour qui m’a amené chez lui. J’étais trop fier », raconte-t-il.

« Massamba Dièye » était un conte narré par sa mère. Et cette légende, il l’a adaptée à un contexte bien particulier. « En tant que créateur, je l’ai refait pour galvaniser les gens. J’ai même fait de cette histoire un livre », note-t-il.

Élégant dans sa mise, accrocheur de public et bel orateur, l’acteur culturel est aussi bien à l’aise en chants, théâtre, contes et récits historiques. Les histoires des périodes fastes des provinces de Lambaye, de Thiakar, de Ngoye, des marigots de Sass, du Thiappy, des premiers maires de Bambey nommés par les colonialistes (Dr Babacar Diop, Mahanta Birima Fall, président du tribunal coutumier et deuxième maire de Bambey, Pierre Senghor, etc.) sont racontées par celui qui a failli devenir enseignant.

Les festivals nationaux et régionaux connaissent cet illustre défenseur des arts. Les planches ont feutré ses empreintes d’homme de culture. D’ailleurs, se souvient-il, en 1967, il a conduit la troupe de Bambey pour représenter la région de Diourbel aux phases nationales. Alé Niang est décoré au grade de Chevalier de l’Ordre national du mérite, Chevalier de l’Ordre national des Arts et Lettres, mémoire du trésor humain de la région de Diourbel, spécialiste en contes et légendes, comédien dans le film « Guélewar » de Ousmane Sembène avec comme rôle principal, Ndofféne Ciss. Ses principes : la loyauté, la magnanimité, le courage et l’abnégation. Et il suffit de l’approcher pour constater que ce polygame a le sens des relations humaines.

Un artiste complet
Percussionniste, ce batteur de tam-tam est aussi à l’aise dans son manteau de metteur en scène. « Pa Alé Niang » vient de publier un « Si Yeli Ndiamane était encore là » sous la supervision de l’écrivain Fama Diagne Sène, et un autre sur « la bataille de Diarndem » est en chantier.

Alé Niang est aussi un homme de médias. Il est animateur de radio, relais d’information et producteur à la Radio nationale sénégalaise (Rts) de Diourbel. Parmi les émissions qu’il anime en collaboration avec Samba Awa Ndiaye et Bara Ngom, ses amis et intimes, nous notons « Guew bi », « Kham sa diwan » et « Contes et légendes ». Ces productions sont bien suivies sur la bande FM de Rts Diourbel et dans les profondeurs des régions de Diourbel et Fatick.

Grand paradoxe, Alé Niang est un griot qui galvanise, qui chante des louanges, mais qui ne demande pas et ne quémande pas non plus. Il est trop fier de sa personne pour se rabaisser en tendant la main. À la sueur de son front, il compte sur lui-même, sur son talent et son mérite pour répondre à l’appel de l’honneur.

Son génie de touche-à-tout fait de lui un communicateur émérite. Il rappelle, avec beaucoup d’émotion, le jour où il a distribué son salaire aux artistes après des prestations, acteurs qui lui donnaient tant de soumission et d’écoute, pour rentrer les mains vides chez lui. Il prétexte alors à son épouse avec des pièces de monnaie qu’on lui aurait volé son argent, un geste de solidarité et de générosité qui le caractérise.

Aujourd’hui, soutient Alé Niang, les communicateurs traditionnels sont en train de dénaturer leur fonction. « Un communicateur doit être un acteur de développement, il doit accompagner la communauté autour de l’essentiel, mais aussi être un bon vecteur de développement et vulgariser toutes les bonnes actions des autorités de ce pays », estime-t-il en invitant ses collègues à plus de retenue. « Parler, c’est facile, mais bien parler n’est pas donné à tout le monde », indique-t-il

Un monument parmi les grands mohicans de la culture sénégalaise. Humble et serviable, Alé Niang aime son pays et continue de le servir sans tambour ni trompette.

Par Mamadou Aicha NDIAYE

Gestionnaire de fortune, Nicolas Pyrgos veille sur plus de 300 millions d’euros confiés par des clients à 80 % africains.

Nicolas Pyrgos aime le risque. Pas pour ses clients, mais pour lui. Passé par les plus grandes banques helvètes, il pourrait y être encore aujourd’hui, à contempler la progression des chiffres sur les marchés africains dont il avait la charge au sein de ces vénérables institutions. Sauf que ce financier aux trois passeports – français et suisse par sa mère, chypriote par son père – n’a de cesse de vouloir repousser les frontières. En 2012, il part donc du Crédit suisse pour lancer sa propre société de gestion de fortune, une activité financière qui, à de très rares exceptions près, ne se trouve qu’en Suisse. « Notre mandat se limite au conseil et à la gestion des biens de nos clients. Nous ne sommes pas une banque. L’argent de nos clients est déposé en sécurité dans des établissements de premier ordre. Nous agissons en multi-family office », explique Nicolas Pyrgos, qui estime « qu’un quart des actifs privés placés en Suisse est géré par ce système ». La formule rencontre, en effet, un succès certain auprès d’une clientèle internationale avide de faire les meilleurs placements tout en s’émancipant des banques.

Reconnu et redouté
Un peu plus de quatre ans après sa création, Emeraude Suisse Capital gère plus de 300 millions d’euros, à travers les portefeuilles de 115 clients privés, « à 80 % d’origine africaine ». Le continent, Nicolas Pyrgos le découvre à la fin des années 1990, lorsque Sgs, l’ancienne Société générale de surveillance, l’un des leaders mondiaux de la certification, l’envoie en poste en Mauritanie. Il y reste deux ans, avant de rentrer à Genève retrouver le monde financier, qu’il avait déjà côtoyé quelques années après avoir été diplômé par l’Institut des hautes études internationales, « le Sciences-Po suisse ».

Profiter de l’émergence d’une classe moyenne
À 47 ans, le diplomate dans l’âme, devenu un financier reconnu autant que redouté, s’appuie sur son parcours et sur une expertise qu’il a peaufinée tout au long de la dernière décennie pour être aujourd’hui l’un des meilleurs spécialistes de l’Afrique sur la place financière genevoise. Au bon moment. « Il y a encore beaucoup de choses à faire à travers le continent en matière d’organisation des richesses et de gestion des fortunes », assure le patron d’Emeraude Suisse Capital, alléché par les perspectives que laissent présager l’explosion démographique à venir et l’accroissement de la classe moyenne africaine.

Jeune Afrique

Last modified on vendredi, 07 juillet 2017 16:32

C’est au professeur visionnaire agrégé en informatique médicale que l’on doit le développement de la consultation et du diagnostic à distance en Afrique et au-delà.

Mépris, dédain, ironie. Cheick Oumar Bagayoko, dans son élégant boubou marron et blanc, égrène, avec un sourire aux lèvres, les trois principales réactions auxquelles il a dû faire face quand il a voulu étudier l’informatique médicale. Fin des années 1990 au Mali, Internet se résume à un seul point d’accès dans toute la capitale. Mais, Bagayoko et une poignée de ses camarades étudiants à la Fac de médecine y voient un potentiel énorme. « Tout le monde faisait de la gynécologie ou de la médecine générale. Nous, ce que nous voulions, c’était changer le quotidien des médecins de brousse qui se plaignaient de désapprendre et d’être trop isolés. Internet nous semblait être le meilleur moyen », explique-t-il.

Vingt ans plus tard, le docteur Bagayoko est l’un des seuls professeurs agrégés en informatique médicale sur le continent africain. A 39 ans, il dispense des cours en France, en Suisse, mais aussi et surtout au Mali. De quoi susciter jalousie et incompréhension dans un pays où les enjeux de ses travaux restent abstraits pour beaucoup de professionnels comme pour les pouvoirs publics. Pourtant, Oumar Bagayoko a bien failli ne jamais devenir docteur. Faute de trouver un directeur de thèse – sur l’iconographie des lésions lépreuses dermatologiques – qui accepte de le tutorer. Jusqu’à sa rencontre avec Abdel Khader Traoré, docteur en médecine interne.

En 2002, Cheick Oumar Bagayoko est prêt à soutenir sa thèse. Toutefois, il se heurte à une difficulté de taille. Son codirecteur est en Suisse : il faut donc organiser une visioconférence. La première tentative échoue piteusement. La connexion ne sera jamais établie entre l’hôpital du Point G, élégant bâtiment rose dragée sur les hauteurs de Bamako, et Genève. Mais, en cette même année 2002, Amadou Toumani Touré devient président. Il développe depuis longtemps ses réseaux à l’étranger, notamment auprès du Grand-Duché qui a financé l’hôpital Mère-Enfant. Et cette prouesse technique ne peut être, pour lui, que synonyme de retombées positives. « ATT a appelé la compagnie des télécoms et leur a ordonné de détourner toute la bande passante de Bamako jusqu’à la connexion Internet de l’hôpital ! » se remémore-t-il. Sa thèse devient un événement national, retransmis à la télévision d’Etat et suivi par des centaines de personnes.

Cheick Oumar Bagayoko et son équipe sont partis du principe que la majorité des spécialistes se concentrent dans les capitales. Ils ont donc mis en place une plateforme sur laquelle les médecins de brousse peuvent interagir avec les spécialistes et demander de l’aide dans les domaines de la cardiologie, de la gynécologie, de l’ophtalmologie ou encore de la dermatologie. Aujourd’hui, ce réseau réunit plusieurs milliers de praticiens dans 19 pays sur le continent et fournit aussi des cours et des formations en ligne.

En 2016, ils ont décliné la version web en une application mobile. Leur plateforme et leur technologie, adaptées aux connexions bas débit, font des émules et viennent d’être reprises dans plusieurs pays d’Amérique centrale sur des projets similaires.

lemondeafrique

Cheikhal Khalifa, perpétuant l’œuvre de son père Cheikh Adramé, arrive, comme à l’accoutumée, à dos de chameau au lieu de prière de Nimzatt. Sa pratique constitue, sur le parcours comme sur la place aménagée pour abriter l’office religieux, une attraction pour ses propres disciples, mais aussi pour ses coreligionnaires. Synthèse d’une tradition à forte charge symbolique.

Nimzatt, dimanche 25 juin 2017, il est 11h sur la place publique devant abriter la prière de la Korité. Un homme, enturbanné et richement habillé, sort de chez lui. Il s’avance vers un chameau et s’installe sur une selle magnifiquement brodée. L’animal se lève. Sa grande taille permet à tout le monde d’apercevoir son « cavalier » haut perché. Et comme ils savent le faire, à chaque apparition de Cheikhal Khalifa sur son chameau, les disciples lâchent. Et de quelle manière ! Le long du parcours du cortège de Cheikhal Khalifa, toute une partie de cité religieuse est restée debout pour saluer le fils du premier khalife de Cheikhna Cheikh Saadbouh, en mouvement vers le lieu de prière.

Malgré le soleil de plomb qui, à 11 heures, dardait ses chauds rayons, des milliers de fidèles khadres, dans leurs habits de fête, sont fous de bonheur en voyant Cheikhal Khalifa arriver avec son chameau au lieu de prière, accompagné de ses disciples et sympathisants entonnant des « lâ ilaha illa lah » (mise en valeur de l’unicité de Dieu). C’est un moment fort qui fait fondre en larmes des milliers de fidèles. L’image de « Borom guelem gi » (le chamelier) est captivante. C’est vrai, Cheikhal Khalifa, comme ce fut le cas avec son père Cheikh Adramé, fascine ceux et celles qui connaissent l’histoire de l’Islam.

Continuateur de l’œuvre de son ascendant, Cheikhal Khalifa concourt, par cette démarche, à la permanence de l’histoire de la religion musulmane. C’est tout un art de le voir se mouvoir à travers le passé de l’Islam. Tel un contemporain, il réimprovise l’entrée triomphale  du prophète Mouhamad (Psl) à Médine. Ainsi plonge-t-il les disciples khadres sénégalais dans la nostalgie en incrustant dans leur imaginaire une posture de l’Envoyé de Dieu (Psl) qui, à dos de chameau, entrait dans « Madine al Mounawara » (la Ville des Lumières).

Par Cheikh Aliou AMATH

La foudre d’En marche qui a récemment propulsé Emmanuel Macron à tête de la République française a également mis en avant une multitude de personnalités jusqu’ici inconnues de la scène. Parmi celles-ci figure une française d’origine sénégalaise. Sira Sylla a grandi à St Etienne du Rouvray au sein d’une famille de onze enfants. Son père d’origine sénégalaise était chauffeur d’autobus. Candidate de La République en Marche aux élections législatives  de 2017 dans l'ancienne circonscription de Laurent Fabius, elle élimine son successeur Guillaume Bachelay au premier tour, puis bat avec 60,73 % des suffrages (19.271 voix) son concurrent du Front national  au second tour pour être élue députée à l'âge de 37 ans.

Sira Sylla est avocate en droit social, spécialisée dans les relations individuelles et collectives. Originaire de Saint-Étienne-du-Rouvray, elle vit aujourd'hui à Rouen. Par le passé, Sira Sylla ne s'était jamais engagée en politique et n'a donc jamais exercé de mandat. Cette campagne pour la République en Marche dans la 4e circonscription de Seine-Maritime est sa première.

 « Je suis une fille de l’école républicaine, lance l’ancienne élève de l’université de Droit de Rouen. Si la France ne m’avait pas permis d’étudier, je n’en serais pas là aujourd’hui », souligne-t-elle. La candidate de la République en marche assure qu’elle sera « une députée de proximité. Je serai souvent sur le terrain, sinon je ne vois pas comment porter la parole des habitants de la circonscription à l’Assemblée nationale », affirme-t-elle.

Par Oumar BA

Last modified on vendredi, 23 juin 2017 16:15

Quinze ans de carrière dans le rap. Serigne M’Baye Gueye devient Disiz La Peste et s’impose avec le succès de « J’pète les plombs ». En 2009, soucis personnels et lassitude de l’industrie le poussent à mettre fin à sa carrière avec « Disiz the end ». Mais, il reviendra en 2012 sur le devant la scène avec son album « Extra-lucide ».

Le nouveau Disiz, à la fois rappeur, père et mari, s’affirme plus que jamais comme un artiste confirmé qui se bat contre les clichés violents et gratuits. Histoire d’un jeune de banlieue qui grandit à Evry, dans l’Essonne. Comme beaucoup d’entre eux,  il se nourrit de la musique hip-hop avec NTM et IAM. Il doit s’affranchir du regard de l’autre et cherche à définir son identité. De Tolstoï à la biographie de Malcolm X, il va s’inspirer de ces auteurs pour écrire ses textes. Un rappeur qui a voulu faire exploser la ségrégation intellectuelle ambiante et imposer le langage de la rue dans un domaine réservé aux élites.

Il ne veut pas produire un disque trop introspectif, ni raconter son journal intime, mais plutôt mélanger figures de styles et sujets actuels afin d’arriver à une réelle cohésion entre rap et réalité. L’image du rappeur calme, serein et surtout lecteur, lui vaut de se voir qualifié d’intello. Cette vision lui déplaît puisqu’elle met en opposition le rap et l’intérêt pour la littérature, ce qui alimente une vision erronée de l’univers hip hop. Le rap représente avant tout les mots et les différentes subtilités de langage. Il crée un rap « utile » bien loin d’un rap « conscient » ou d’un rap « bling bling » comme il dit.

Et lorsqu'on connaît le parcours du rappeur d'Evry, on est surpris de lui trouver les idées si claires et l'esprit si serein. Car Serigne Mbaye Guèye, franco-sénégalais de 38 ans, revient de loin. Sa génération, celle issue de l'immigration et des quartiers populaires, a grandi en écoutant les rappeurs américains et français. La vie en banlieue incarne sa principale source d’inspiration. En 2007, Disiz accorde sa confiance à Ségolène Royale, un geste qui lui laissera une expérience amère. La récupération de son image de rappeur intelligent à des fins stratégiques soutient les clichés contre lesquels il se bat. Cette société, devenue trop vite libérale et capitaliste à son goût, représente un prétexte pour écrire ses textes.

Par Oumar BA

Nayé Bathily, née au Royaume Uni et formée à l’université de Harvard, est diplômée de commerce international et développement durable. Dans le classement de New African, la jeune cadre, en compagnie de deux de ses compatriotes, fait partie des 100 personnalités les plus influentes d’Afrique.

Nayé Bathily débute sa carrière professionnelle au sein des organisations internationales. Au siège de la Banque mondiale à Washington, elle est consultante à la Division de la communication où elle lance notamment le concept « Projet du mois » et collabore à la publication de l’ouvrage «Our Dream is a World free of Poverty». En 2003, elle a en charge des relations avec les parlementaires du monde entier au bureau des relations extérieures à Paris.

Elle est la première recrue à ce poste et participe activement à la création, au sein de cette institution, du premier réseau parlementaire mondial sur la Banque mondiale; une plate forme unique permettant le dialogue des membres des parlements de tout pays sur les enjeux majeurs liés aux problématiques de développement. Elle initie et orchestre nombre d’ateliers de réflexion  et de conférences internationales impliquant des centaines de représentants élus du monde entier, autour de thématiques spécifiques aux pays émergents. «Gouvernance», «Gestion des ressources naturelles », « Sida et VIH » sont quelques uns des sujets qui sont développés.

Elle œuvre également et plus particulièrement en Afrique pour une meilleure mobilisation et une coopération des parlementaires sur le continent.  En 2004, elle s’engage et devient un des membres clés du réseau de professionnels africains de la diaspora « Espace Jappo », qui favorise la rencontre et la promotion des cadres originaires du Sénégal.

En juin 2009, elle obtient un Master d’Administration publique à l’université de Harvard où elle a rejoint le prestigieux programme Edward Mason à la Kennedy School of Government de Harvard (ENA Américaine) en 2008. Ce Master programme a formé nombre de leaders politiques et de la diplomatie internationale comme Mme Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Libéria, Felipe Caldero, président du Mexique, Ban Ki Moon, ancien secrétaire général des Nations Unies. Auparavant, en 1998, elle avait obtenu, avec mention honorable, un double diplôme en Relations et Commerce internationaux de la Business School de l’université de Maryland et complété, par la suite, le cycle de formation LEAD International en 2005 (Leadership pour l’Environnement et le Développement) à Londres.

Par Oumar Ba

Karim Fall alias Lefa est un rappeur né le 28 novembre 1985 à Paris. Il est un des fondateurs et membre du collectif de rappeurs parisiens Sexion d'Assaut. Il est aussi un très bon danseur de break dance, l’ayant pratiqué des années durant. Après plusieurs années d'absence, Lefa revient sur le devant de la scène en juin 2015 avec un nouveau single Intro et sort son premier album solo « Monsieur Fall » en 2016. 

Né d'un père sénégalais musicien de jazz Cheikh Tidiane Fall et d'une mère française chorégraphe et art-thérapeute, il grandit rue des Abbesses à Paris. Durant son adolescence, il pratique la danse, plus particulièrement le break dance. En 2012, Lefa n'apparaît plus sur scène avec les autres membres du collectif, le groupe le dit « en pause musicale » pour se consacrer à sa vie personnelle mais promet un retour prochainement. Dans ses lyrics, Lefa évoque très souvent ses expériences personnelles. Il se contente de faire transcrire ses vérités et se veut plus prudent de l'image qu'il renvoie à ses fans.

Il aborde souvent des thèmes qui peuvent toucher tout le monde comme le matérialisme, son indignation devant certains actes posés par les hommes, sa propre évolution et celle de la Sexion d'Assaut, l'avarice, les futilités, les jeunes parents. Il est très souvent influencé par l'ambiance des quartiers populaires de Paris comme le manque d'argent, la délinquance, etc. Il ne montre pas ses yeux, il les cache avec une paire de lunettes ou parfois avec la visière de sa casquette, cela afin de mettre une « barrière » entre sa carrière et sa vie personnelle, tout comme le fait Maître Gims.

Le style d'écriture de Lefa est immédiatement reconnaissable parmi les autres rappeurs francophones, avec l'emploi fréquent de rimes embrassées. Parmi ces particularités, on peut noter l'utilisation de mots en verlan, caractéristique de l'accent parisien des quartiers populaires, ou de mots issus de l'argot américain.

Par Oumar BA

Last modified on lundi, 12 juin 2017 15:52

Il est un modèle d’humilité aux valeurs discrètes. L’œuvre du Cheikh El Hadji Mama Ansou Niang est transcendante. Elle éclaire les fidèles et répand une lumière, par la prégnance de ses recommandations, sur l’humanité. Retour sur la vie du phare de Sirmang.

En 1927, A Niodior, une île peuplée de Sérères, pour la plupart de valeureux pêcheurs, venait au monde El Hadji Ousmane Niang, plus connu sous le nom d’El Hadji Mama Ansou Niang. Il est d’un lignage royal car son père, Mouhamadoul Mahdy, est un descendant du célèbre roi Mansa Moussa. Seydatou Khadidiatou Diop, dont la piété était reconnue, est sa mère.

Sa famille l’a très tôt fait explorer les océans de la foi. Son réputé ascendant, Mouhamadoul Mahdy, connu pour la grâce dont le Seigneur l’avait couvert, sa dévotion et sa grandeur d’âme, implorait son Créateur de le gratifier d’une progéniture ancrée dans les valeurs de l’Islam et qui serait un phare pour les générations futures. Ce qui le mène à Diourbel pour solliciter les prières de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké afin que Dieu exauce ses prières. Arrivé sur cette terre du Baol, il a dû attendre trois nuits pour être reçu par l’inspirateur de la voie mouride plongé dans une retraite spirituelle. Ses deux compagnons, lassés d’attendre, n’ont pas eu cette patience. Lorsqu’il a été reçu, Cheikh Ahmadou Bamba, après qu’il lui a touché un mot sur l’objet de sa venue, lui prédit l’exaucement de sa prière mais le prévient en ces termes : « En acceptant d’échanger cette vie présente contre celle-là future, tu perdras tous tes biens matériels ». Ce qui a été observé quelques temps après son retour à Niodior. Les mésaventures s’en sont suivies au point que le bienfaiteur n’arrivait plus à aider les gens qu’il couvrait de sa générosité. Il décide alors de quitter son île pour aller s’installer au village de Santhi Wali. C’est en 1958, à Kaolack, qu’il a rendu l’âme au Seigneur qu’il a adoré toute sa vie.

Selon Ousmane Cissé, El Hadji Mama Ansou Niang entame, très jeune, son éducation religieuse auprès de son frère Kéba Fodé. A la mort de ce dernier, il est envoyé à Sipho (Gambie) auprès du réputé marabout Mouhammad Lamine Kanté. Celui-ci lui inculque une éducation spirituelle et le forge mentalement pour qu’il soit apte à recevoir un apprentissage islamique complet. Dans ce terroir, il parfait ses connaissances religieuses, maîtrise parfaitement le Coran, la chari'a, la rhétorique arabe, l’histoire et les sciences ésotériques. Le dévoué apprenant choisit alors une vie d’ascète, renonçant ainsi à toutes les jouissances aveuglantes d’ici-bas afin d’atteindre les objectifs qu’il s’était fixés. Il s’attache à être digne de l’amour, de la gratitude et des prières de son guide spirituel et à accomplir le vœu le plus cher de son défunt ascendant pour que les générations futures trouvent en lui l’exemple qu’il a voulu qu’il soit pour l’humanité. Il s’arme de persévérance et de patience bien que ne disposant pas de moyens pour étudier.

Apprendre, enseigner et adorer
Lorsque Cheikh Mouhamadou Lamine Kanté s’est rendu compte que son élève a acquis de profondes connaissances religieuses et atteint la maturité des érudits et qu’il l’a jugé apte à transmettre son savoir, il le libère et lui ordonne de retourner auprès des siens avec tous les titres que son abnégation lui a permis d’avoir. Il lui prodigue ces conseils rapportés par El Hadj Mama Ansou Niang lui-même : « ne réside pas dans ton village. Etant une île qui ne connaît que la pêche, tu risques de t’y confiner, alors que tel n’est pas ta destinée. Choisis un endroit convenable pour toi et tes étudiants afin de leur inculquer un enseignement de qualité ». Le Cheikh rentre ainsi dans son village auprès des siens où il est resté deux ans.

En 1965, il se rend à Sokone et réside chez le grand érudit El Hadji Ahmadou Dème pour l’éclairer de ses conseils quant au choix du lieu de résidence. Le saint homme, qui le connaissait déjà, apprécie ce geste, cette déférence et lui indique un endroit entre son village Sokone et Karang. Sirmang devient alors son champ de dévotion et de propagation de la parole de Dieu. Il a été bon prophète car ce village est devenu, en l’espace de quelques décennies, un univers où sont développées des valeurs islamiques, humaines. Sa renommée dépasse les frontières du Sénégal et de la Gambie. Beaucoup de talibés y bénéficient d’une bonne formation dans les sciences religieuses dans des conditions appréciables. La prégnance du discours d’El Hadj Mama Ansou Niang, parce que tiré d’une source immuable et universelle, fait que sa voix porte. Elle transcende les obédiences.

A tous ses disciples et à toute personne venue solliciter ses prières, il recommande la purification du cœur et de l’âme. Car, c’est là que réside l’essentiel. Aujourd’hui, le patriarche de toute une communauté dévote, regarde, apaisé, sa progéniture emprunter les allées de la foi comme l’avait souhaité son ascendant pour lui et sa descendance. Elle continue de composer le triptyque : « apprendre, enseigner et adorer Dieu » (Diangue, diangalé, diamou). Les traditions historiques parleront improprement de saga un jour. Ici, il s’agit d’un renouvellement d’une allégeance perpétuelle à des vertus, à des valeurs et à un message divin.

C. Aliou AMATH et A. Aliou MBAYE

Après l'explosion qui s'est produite lundi soir dans l'Arena de Manchester en Angleterre, Ariana Grande, une chanteuse américaine de 23 ans, a fait savoir, sur Twitter, qu’elle est « brisée ». En conséquence, cette icône auprès de la jeunesse a décidé d'annuler ses prochains concerts en Europe.

Sous le choc, la chanteuse américaine Ariana Grande a dit être « brisée » par l'attentat perpétré dans l'Arena de Manchester, en Angleterre lundi soir. Alors qu’elle venait de terminer son concert, une explosion s'est produite, faisant vingt-deux morts et une cinquantaine de blessés, dont des enfants. « Brisée. Du fond du cœur, je suis affreusement désolée. Je n'ai pas de mots », a tweeté la chanteuse au petit matin. Elle pleure les vies d'enfants prises par cet attentat.

Ariana Grande devait se produire à Londres hier mais a décidé d'annuler le déplacement et de suspendre sa tournée européenne pour le moment, rapporte TMZ. Elle devait apparaître dans les semaines et mois qui suivent en Belgique, en Allemagne, en Suisse mais également en France, à Paris le 7 juin et à Lyon le 9. C'est en 2008 que l'adolescente née en Floride débute sa carrière à Broadway. Elle décroche le rôle de Charlotte, une pom-pom girl, dans la comédie musicale 13. Le spectacle restera à l'affiche pendant une centaine de représentations et permettra à la jeune fille, alors âgée seulement de 15 ans, de montrer l'étendue de ses talents.

Chanteuse, comédienne talentueuse
A la fois chanteuse et comédienne, un producteur la repère et lui propose le rôle de « Cat » dans la série Victorious, produite par les studios Nickelodeon. À l'instar de ses rivales Miley Cyrus et Selena Gomez, Ariana Grande devient rapidement une icône auprès de la jeunesse. Elle sort son premier album Yours Truly en 2013. Il atteint la tête du Billboard 200 et est encensé de toute part par la critique. L'année suivante, son deuxième album, My Everything, se place directement sur la première place du Billboard 200, ce qui fait d'Ariana Grande la première artiste féminine ayant eu ses deux premiers albums numéro un à la suite depuis Susan Boyle.

Sa popularité est à son zénith après son duo Problem avec Iggy Azalea. Le single se classe numéro un des téléchargements iTunes dans plus d'une cinquantaine de pays. Figure incontournable de l'industrie musicale américaine avec ses sons mêlant pop et R'n'B, la star de 23 ans a été élue en 2016 meilleure artiste de l'année aux American Music Awards. Aujourd'hui, près de 45 millions de fans la suivent sur Twitter et 106 millions sur Instagram.

Par Cheikh Aliou AMATH (avec Le Figaro)

Issa Doumbia est un acteur et humoriste français né le 10 juin 1982 à Trappes. L’acteur est notamment connu pour avoir tenu le rôle d'Issa Leguenec dans la série courte de TF1, « Nos chers voisins ». Issa Doumbia débute sa carrière en 2009 à la télévision dans la série télé « Brigade Navarro ». En 2010, il obtient un rôle dans le film « Crédit pour tous » de Jean-Pierre Mocky. Mais, c'est en 2011 que l'acteur est révélé au grand public pour son interprétation de Mamadou Seydou Koulibaly dans le film « Beur sur la ville » de Djamel Bensalah, dans lequel il donne la réplique à Booder et Sandrine Kiberlain.

En 2012, Issa Doumbia continue sur sa lancée et passe au petit écran ! Dans douze épisodes, il incarne le rôle de Barkette dans la série « Les Lascars. » En juin 2012, il rejoint le casting de la série télévisée de TF1  « Nos chers voisins » où il interprète Issa Leguenec, un jeune étudiant en sociologie de 23 ans. Par la suite, Issa Doumbia devient animateur de l’émission « Wesh » avec pour co-animateur l’humoriste Alban Ivanov. Les deux complices reviennent sur Canal Street Tv avec une nouvelle émission baptisée « Comment va la street ? »

En mars 2014, Issa Doumbia fait une apparition dans le clip « Mme Pavoshko » de Black M. Il y interprète le rôle d'un professeur de collège complètement débordé par les élèves turbulents de sa classe. Issa Doumbia fait aussi des apparitions dans des clips comme « 20 ans » de Zazie ou encore « Mamadou » du groupe Magic System. À la fin de cette même année, il joue le rôle de Soldat Issa dans le film de Fabrice Eboué, « Le Crocodile du Botswanga. » Par la suite, Issa Doumbia est une nouvelle fois à la présentation des Trace Urban Music Awards, cette fois-ci au côté de Clara Morgane. En 2015, il intègre la bande de chroniqueur de Cyril Hanouna. On le retrouve quelques soirs autour de la table de « Touche pas à mon poste », une émission phare de divertissement diffusée sur la D8.

Par Oumar BA

De son vrai nom Alpha Diallo, Black M est une nouvelle figure du rap français. Né à Paris le 27 décembre 1984, Black M commence sa carrière musicale au sein du groupe Sexion d’Assaut aux côtés d’autres rappeurs comme Maître Gims, Barack Adama, Maska ou encore Lefa. Après quelques années de galère, c'est en 2010 que le groupe rencontre son public avec leur premier album « L’École des points vitaux ». Les hits «Désolé» et «Wati by night» deviennent des tubes en un rien de temps. Un franc succès puisque l'album est certifié disque d’or seulement trois semaines après sa sortie. Rapidement, le groupe enchaîne avec un deuxième album, « l’Apogée », et remporte grâce à lui deux NRJ music awards. Comme bien souvent dans la carrière des groupes, les membres décident de faire un break. En 2012, une collaboration avec la chanteuse Rita Ora permet au Français d’origine guinéenne d’accroître un peu plus sa notoriété. 2014 est l'année des lancements solos. Puis vient le temps du premier album solo. En 2014 sort «Les Yeux plus gros que le monde», un album salué simultanément par le public et par la critique. Ses faits marquants : Black M est un chanteur connu pour avoir fait partie des rappeurs à l'origine du groupe Sexion d'Assaut. Il s'est ensuite lancé en solo en sortant son premier album, «Les yeux plus gros que le monde ». On y découvre les premiers singles qui permettent à Black M de rencontrer le succès populaire comme « Mme Pavoshko » ou « Sur ma route ». Ce dernier titre se classe notamment n°1 des ventes en France en mai 2014. Cette même année, l'artiste remporte également le trophée de meilleur clip de l'année pour « Mme Pavoshko » lors des NRJ Music Awards. Après un troisième succès,  « Je garde le sourire », Black M sort au début de l’année 2015 un second album, intitulé « Eternel insatisfait ». Autodidacte, Alpha Diallo passe son adolescence à écrire. Certains thèmes le préoccupent plus que d'autres : les injustices, l'égalité et la stigmatisation. « Tous les enseignants n’appliquent pas la devise d’égalité de la République», déclare-t-il à L'Humanité. Ses textes se lissent et le chanteur revendique un «rap gentil».

Par Oumar BA

Aziz Salmon Fall est politologue, chercheur panafricaniste et internationaliste, enseignant universitaire et toujours militant progressiste. C’est d’ailleurs pourquoi il préside le Centre de recherches Stanley Brehaut Ryerson, qui valorise la recherche engagée en Sciences humaines et sociales. Se présentant comme un « intellectuel organique », c’est-à-dire qui « est enraciné dans la condition des masses laborieuses, des peuples qui sont exploités et brimés par un ordre impérialiste », il croit que son rôle est d’utiliser le savoir pour changer les conditions matérielles.

« Le savoir est un privilège lorsqu’il est utilisé dans une différente acception du pouvoir et dans une nouvelle forme de défense des opprimés, lorsqu’il contribue à une désaliénation et lorsqu’il contribue à libérer. Le savoir peut contribuer à construire un autre monde », soutient le chercheur militant. Son engagement remonte d’ailleurs à loin. Dès son adolescence au Sénégal, il milite dans des organisations de gauche clandestines qui contestent le régime en place et le néocolonialisme. Même s’il dit être « dans le sillage de ses parents, qui ont participé à la lutte de décolonisation et d’indépendance », ceux-ci ont préféré qu’il étudie à l’étranger, jugeant l’université de Dakar « dangereuse » compte tenu du degré de politisation du jeune homme qu’était Aziz Fall.

Même s’il n’a jamais eu l’honneur de rencontrer Madiba en personne, comme il le rappelle  dans une lettre publiée dans Le Devoir, le militant d’origine sénégalaise reconnaît que la lutte contre l’Apartheid a occupé une grande partie de sa vie. En 1982, il se rend au Canada, à l’université de Moncton plus précisément où il poursuit ses études parallèlement avec son militantisme. « Il était formellement interdit aux étudiants étrangers de participer aux organisations radicales de type communiste. C’est pourquoi nous avons formé le groupe de recherche et d’initiative pour la libération de l’Afrique (Grila) qui, à l’origine, luttait contre l’Apartheid ». Formée avec un groupe d’amis en 1984, l’organisation a rapidement pris de l’importance, soutenue par l’Anc (Congrès national africain) d’Afrique du Sud et alliée à des organismes locaux.

Une fois l’Apartheid tombé, Aziz Salmon Fall prend part à des initiatives politiques au Sénégal, comme le Front pour l’Alternance qui a contribué à la chute du régime socialiste en 2000. Il cofonde également le Mouvement pour les assises de la gauche afin de rassembler toutes les forces progressistes du Sénégal. De plus, à travers ses années au sein du Grila, le militant poursuit sa lutte en menant plusieurs actions, allant de « la libération de prisonniers politiques à la dénonciation de l’Apartheid en passant par la promotion de l’émancipation des femmes ».

Par Oumar BA (Sources : journal Alternative)

Sibeth Ndiaye était en charge de la communication et de la relation presse du candidat Emmanuel Macron, élu hier Président de la République Française. Si son prénom (Sibeth), en « Diola », veut dire celle qui a «remporté beaucoup de combats », c’est qu’elle porte sans doute en elle l’étoffe d’une combattante. Sibeth est discrète, certes ! Mais elle a déjà le goût de l’arène politique. Titulaire d’un DESS en économie de la santé, elle est passée par la case du syndicalisme étudiant. De tendance strauss-kahnienne, elle est au PS depuis 2002 où elle a été secrétaire nationale en charge de la petite enfance. Ancienne des cabinets d’Arnaud Montebourg et d’Emmanuel Macron à Bercy, elle a aussi dirigé le service de presse de Claude Bartolone au département de Seine-Saint-Denis. Sibeth Ndiaye termine ses études à la Sorbonne et se lance dans la communication. Tour à tour chargée de Presse, puis responsable de la Communication au Conseil Général de Saint-Denis, chargée de mission au ministère du Redressement Productif, elle était jusqu’en septembre 2016, Chargée de mission presse et communication au Ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique. Son prénom évoque les reines combattantes de la Casamance. La légende familiale veut que sa mère l’ait découvert en lisant le quotidien national le Soleil. Aujourd'hui lancée dans la bataille de l'élection présidentielle aux côtés d'Emmanuel Macron, la Franco-Sénégalaise Sibeth NDiaye gère les relations presse du candidat.

Sibeth Ndiaye qui figure dans la task force d’Emmanuel Macron, n’est autre que la fille de feu Fara Ndiaye illustre responsable politique au Pds et Mireille Ndiaye ancienne Présidente du Conseil Constitutionnelle. Sibeth Ndiaye est âgée de 37 ans. Emmanuel Macron a su revaloriser ses équipes. Il tient compte de la diversité, tous les talents sont les bienvenus. Les compétences de chacun sont prises en compte.

Par Oumar BA

Partout où il passe, Ahmed Sylla remporte le succès. Au-delà de sa force comique et de sa présence si évidente sur scène, ce jeune artiste dégage une douce folie et une sympathie si attachante que ses personnages nous restent en mémoire. Il y a fort à parier qu’Ahmed Sylla est promis à une belle carrière.

Né en 1990 à Nantes de parents immigrés sénégalais, Ahmed Sylla a toujours été le clown de la famille. « Avec mes frères et sœurs nous vivions dans une cité sensible mais nous étions scolarisés dans des établissements privés catholiques, car ma mère avait à cœur de nous donner la meilleure éducation qui soit », se souvient-il. Ce double regard a sans doute contribué à la bienveillance avec laquelle Ahmed Sylla évoque les différences sociologiques. Il faut le voir, dans son seul en scène, incarner trois pères qui viennent récupérer leurs ados dans un commissariat après un vol de stylo.  «On ne naît pas tous égaux face à l’éducation et à l’adversité », résume l’humoriste aux mille et une voix. Il faut l’écouter, imiter son père qui a le don d’inventer des mots et de traiter son fils de « fanfrela » au lieu de fifrelin. Il faut le découvrir, avec son énergie débordante, interpréter un « entraîneur-épicier » de l’équipe de France de foot qui ne reconnaît plus tous ses joueurs noirs.

Ce jeune humoriste fait sensation. Il imite à merveille la gestuelle, le ton et la vacuité de ses cibles. Avec son sourire enchanteur à la Omar Sy, sa gestuelle à la Jim Carrey et son sens de l’improvisation, ce comédien s’est propulsé dans la cour des humoristes à suivre. Son one man show « Ahmed Sylla avec un grand A » remplit actuellement les salles partout en France. Talentueux pour improviser avec le public, le jeune comédien termine son one-man-show en faisant monter quelques enfants sur scène pour les interroger sur leur futur.

Plus à l’aise dans les cours de théâtre que dans les salles de classe, le jeune Nantais est parti «naïvement» à Paris en 2010, pour tenter de réaliser son désir le plus profond : faire de la comédie. Après des scènes ouvertes, il se fait remarquer dans l’émission «On ne demande qu’à rire» sur France 2 avant de créer, avec son frère Moussa Sylla, son premier one man show, réadapté depuis 2015.

Par Oumar BA (Avec le monde)

Icône du raffinement africain, quinquagénaire élégante, Reni Folawiyo est à la fois avocate, designer d’intérieur et femme d’affaires.

Reni Folawiyo mène toujours grand train dans les soirées mondaines de Lagos. Mais ce n’est plus ce qui la fait rêver. Elle ne le dit pas comme ça, mais on sent bien que la vie fastueuse et superficielle des femmes de millionnaires nigérians l’ennuie. Le luxe tapageur des nantis de Lagos et de leurs demeures à colonnades à la décoration rococo l’exaspère. Elle, l’icône du bon goût et du raffinement africain, se sent parfois incomprise dans son univers de jet-set nigériane pour qui le comble du luxe se trouve dans les boutiques de Paris, Londres ou New York. Cette quinquagénaire élégante, épouse du millionnaire Tunde Folawiyo, est à la fois avocate, designer d’intérieur et femme d’affaires.

Ces dernières années, elle est devenue la chef de file d’une nouvelle tribu urbaine de Lagos dont le portrait-robot pourrait être celui-ci : jeune, raffiné, « arty», aussi à l’aise dans le village de leurs aînés qu’au cœur des bidonvilles ou dans un cocktail chic de la capitale. Dans ce milieu, on méprise les poncifs réducteurs du genre « afropolitain », « afro-tendance »… Souvent diplômés d’universités anglo-saxonnes, la plupart est rentrée au Nigeria pour capter cette énergie de Lagos, faire des affaires et raviver une scène artistique snobée ou ignorée par les oligarques.

A sa manière, elle réunit ces deux mondes de privilégiés au sein d’Alara. La presse décrit ce lieu qui a ouvert ses portes à Victoria Island en 2015 comme le « concept-store le plus branché d’Afrique ». C’est un petit bâtiment cubique aux épais murs noirs percés de baies vitrées couvertes de motifs ocre puisés dans l’esthétique yoruba. Une œuvre signée de l’architecte britannique d’origine ghanéenne David Adjaye. Aux antipodes de projets démesurés tels que le Sky Gallery, centre commercial de Luanda dédié au luxe.
Elle tente vaille que vaille de sensibiliser ses clients fortunés et les curieux qui se précipitent dans sa bulle de luxe et d’art à ce « made in Africa » haut de gamme. Une sorte d’évangélisation que Reni Folawiyo entreprend comme une sociologue de terrain qui observe l’évolution des mœurs et la mutation de cette mégapole dont nul ne sait plus vraiment combien d’habitants y vivent.

Lagos est une sorte de synthèse désordonnée de la multitude de rapports économiques décryptant ce « décollage » de l’Afrique. Il y a cette bourgeoisie débordante de pétrodollars parfois détournés des caisses publiques, une élite besogneuse et entrepreneunante, une classe moyenne émergente et beaucoup de gens qui vivent avec moins d’un dollar par jour.
Un patchwork qui intrigue les grandes marques occidentales, désireuses de profiter d’une croissance de près de 6 % et d’un marché vaste de 184 millions d’habitants. Toutefois, dans le secteur de la mode, seuls Hugo Boss et Ermenegildo Zegna ont franchi le pas. Et, en ce début d’année 2016, la première économie d’Afrique se révèle fragilisée par la chute des cours des matières premières.

Lemondeafrique

Un article paru l’an dernier sur Forbes, « Ten Young African Millionaires To Watch » mettait en lumière dix Africains, millionnaires en dollars, malgré leur jeunesse (ils sont tous dans la vingtaine ou la trentaine). Curieusement, sept d’entre eux (70% de l’échantillon donc) ont fait fortune en partie ou totalement dans les nouvelles technologies.

Jason Njoku, 32 ans, Nigeria
Chimiste de formation, il fonde en 2010 iROKO, une société spécialisée dans la distribution en ligne de contenus de divertissement nigérians (films Nollywood, musique nigériane et africaine, etc.). Il est aujourd’hui à la tête de Spark, qu’il définit lui même comme « une compagnie qui crée des compagnies ».

Mark Shuttleworth, 39 ans, Afrique du Sud
Mark est le fondateur et principal financeur de Ubuntu. A 22 ans, il fonde Thwate, une société de sécurité internet qu’il revendra plus tard à VeriSign pour… 575 millions de dollars! Il est aujourd’hui à la tête d’un fond d’investissement, Knife Capital.

Justin Stanford, 29 ans, Afrique du Sud
Il quitte le lycée pour fonder sa première start-up à l’age de 18 ans. Il est aujourd’hui à la tête de ESET Southern Africa, qui représente exclusivement ESET dans 20 pays d’Afrique, et de 4DI Privaca, une compagnie spécialisée dans la sécurité informatique.

Vinny Lingham, 34 ans, Afrique du Sud
Ce jeune sud-africain basé à San Francisco a fait fortune en fondant Yola, une compagnie spécialisée dans la création et l’hébergement de sites web. Il dirige aujourd’hui Gyft, qui propose des services de cartes de vœux virtuels sur mobile.

Kamal Budhabatti, 37 ans, Kenya
Il est le fondateur et le CEO de CraftSilicon qui propose des logiciels bancaires, de microfinance ou de paiements mobile et électronique avec plus de 200 clients en en Afrique et en dehors du continent.

Michael Macharia, 37 ans, Kenya
Fondateur de la SSII Seven Seas Technologies qu’il a lancée à 25 ans et qu’il dirige, il est à la base comptable de formation.

Ashish Thakkar, 31 ans, Ouganda
EN 1996, à 15 ans, il se lance dans le commerce d’ordinateurs. Il est aujourd’hui à la tête de Mara Group, un conglomérat opérant dans les technologies de l’information, les services hôteliers, l’industrie, etc., et qui emploie plus de 7000 personnes.

Visage de madone, jambes vertigineuses, sourire irrésistible : née au Burundi, remarquée en Belgique, le mannequin a tout d’un grand Top model.

Elle parle français, anglais, néerlandais, allemand, chinois, swahili et kirundi. Elle mesure 1,80 m, pèse 55 kg. 37 000 followers sur Instagram. Ses mensurations : 83-58-89. À 25 ans, Leila Ndabirabe s’impose comme le premier top model originaire du Burundi depuis l’iconique princesse Esther Kamatari dans les années 1970. Même si sa ville de cœur est Bruxelles, où sa famille s’est installée lorsque Leila avait 10 ans.

C’est dans les rues de la capitale belge qu’elle est repérée par un talent scout. Elle a 16 ans, un bon âge pour commencer les castings. Après avoir obtenu son bac, Leila Nda fait des débuts de modèle au sein de l’agence Imm, dirigée par l’ex-mannequin et dénicheuse de talents Carine Caillieret… Tout en étudiant le droit à l’Université libre de Bruxelles. « En Afrique, être belle, c’est avoir des formes. Je n’en ai pas ! J’avais l’impression qu’il me manquait quelque chose. J’ai bataillé dur pour prendre du poids. Quand je suis arrivé en Europe, on m’a dit que j’étais mince et belle […].

La beauté dépend de l’endroit où l’on se trouve. » Cependant, sa silhouette longiligne ne l’empêche pas d’être désignée Miss Union africaine en 2012. Malgré sa timidité et son manque de confiance en elle, elle est vite repérée par les plus grandes maisons de mode, et se retrouve propulsée dans le réseau de cette industrie où tout le monde se connaît, et où il faut éviter le moindre impair.

Élève brillante doublée d’un bon petit soldat, Leila met un point d’honneur à se montrer toujours sous son meilleur jour, belle et professionnelle. En quelques mois, elle foule près de 40 podiums. Marc Jacobs, Victoria Beckham, Versace, Gucci, Bottega Veneta, Roberto Cavalli, Rodarte, Oscar de la Renta ou encore Hugo Boss… Résultat, elle fait la « une », en septembre 2014, du numéro mode du Elle belge. Aujourd’hui, elle est l’une des tops les plus influents du monde.

Dans les newcomers, s’illustre notamment la jeune Dilone, tout droit venue de Long Island, qui remet l’afro-américain au goût du jour. Mais le passeport occidental n’est plus un sésame indispensable. De nombreux modèles nés en Afrique tiennent la dragée haute dans les castings. Parmi les plus connues Leila Nda donc, mais aussi l’Angolaise Maria Borges, les Soudanaises Akuol de Mabior et Ajak Deng, la Tunisienne Hanaa Ben Abdesslem, la Kenyane Malaika Firth, la Tanzanienne Herieth Paul…

Source : Afrique magazine

Elle a à peine 35 ans et le monde littéraire parisien est à ses pieds. Le premier roman de Leïla Slimani, «Dans le jardin de l’ogre», concourrait déjà pour le prix de Flore. Son second ouvrage, «Chanson douce», a tout simplement obtenu le plus connu des grands prix français, le Goncourt. Une surprise sans en être une. Au petit jeu des pronostics, beaucoup sacraient déjà Yasmina Reza, Adélaïde de Clermont-Tonnerre ou Ivan Jablonka, qui se sont tout trois vu décerner les autres grandes récompenses de l’année (respectivement le Renaudot, le grand prix de l’Académie française et le Médicis). Leïla Slimani faisait figure d’outsider, mais, à l’instar du jeune Gaël Faye (qui a eu, lui, le prix du Roman Fnac), cette Franco-marocaine était toujours dans la course. Le jury a fini par la choisir à six voix contre deux pour Gaël Faye et son «Petit pays».

«Chanson douce» avait tous les atouts pour l’emporter. «Le bébé est mort.» Ainsi débute ce livre, qui se dévore comme un thriller mais peut aussi se lire comme une analyse implacable sur les rapports de domination et sur la misère sociale qui en découle. Le bébé en question et sa grande sœur ont été assassinés par leur nourrice, Louise. Peu à peu, au fil des pages, Leïla Slimani dévoile les motivations profondes, la colère, la haine accumulée par cette nounou en apparence dévouée, discrète, volontaire. Une «perle» dont le lecteur peine à comprendre l’acte qu’elle a commis. Il y verra plus clair après les 240 pages d’un roman tendu, à la limite du malaise.

Exploratrice des noirceurs de l’âme humaine
Leïla Slimani est partie à la recherche du moment de bascule, ce trouble qui pousse une personne à un acte dont on l’a pensait incapable. Avec son premier roman («Dans le jardin de l’ogre» qui a pour thème la nymphomanie féminine), l’auteure avait déjà montré son appétence pour les zones grises, celles qu’on préférerait ignorer. Dans «Chanson douce», elle prend le temps de détailler l’ampleur de la tragédie, les raisons du passage à l’acte. Son style est toutefois précis, direct. La Franco-marocaine ne se perd pas en considérations psychologiques et livre un roman plutôt dense, sur le plan narratif, qui rappelle «Le journal d’une femme de chambre», un roman d’Octave Mirbeau maintes fois transposé au théâtre (et récemment adapté au cinéma avec Léa Seydoux et Vincent Lindon).

Le Goncourt permet à la jeune femme d’entrer dans la cour des grands. Un double honneur tant le prix consacre plus souvent des personnes plus âgées et des hommes. «Je ne m’y attendais pas, je me préparais à ne rien avoir pour ne pas être déçue», a expliqué la jeune romancière à la presse, après être arrivée dans une énorme cohue au restaurant Drouant, où est traditionnellement annoncé ce prix. Elle a dédié sa récompense à ses parents et étreint son compatriote, l’écrivain Tahar Ben Jelloun, Goncourt en 1987 et juré.

Par Oumar BA

À 34 ans, Mmusi Maimane a été élu à la tête de l’Alliance démocratique (Da), première force d’opposition en Afrique du Sud et considérée par le pouvoir comme un «parti blanc». Une ascension fulgurante pour un jeune homme parti de Soweto. Mais qui est-il vraiment ?

Mmusi Maimane est né le 6 juin 1980 à Dobsonville, un township de Soweto, épicentre de la lutte anti-apartheid. Ses parents y vivent encore. Mais, le garçon, diplômé en psychologie et titulaire de deux Maîtrises – une en Administration publique et une en Théologie – a préféré poser ses valises depuis quelques années à Johannesburg. Mais, «c’est à Soweto qu’il a passé l’essentiel de sa vie, insiste-t-on sur le site internet de l’Alliance démocratie (Da, première force d’opposition en Afrique du Sud). Par le sacrifice, le travail acharné et la volonté de saisir les opportunités qui lui étaient offertes, il a construit une impressionnante carrière dans les affaires et s’est également consacré aux diverses actions communautaires.»

Polyglotte et éloquent – en dehors de l’anglais, il parle couramment sept langues nationales sud-africaines -, Mmusi Maimane est avant tout un entrepreneur (il a notamment créé une société de conseil en gestion ). Toutefois, cela ne l’a pas empêché de soutenir quelques Ong engagées notamment dans la lutte contre le Vih, selon la Da. Et à Johannesburg, on peut souvent apercevoir Mmusi Maimane en train de prêcher à Liberty Church. C’est même dans cette église évangélique que les chemins du pasteur ont croisé, fin 90, ceux de Natalie, son épouse, qui est Blanche. Deux enfants – une fille et un garçon – sont nés de leur mariage qui fête cette année ses noces d’étain. Début mai pourtant, le site sud-africain News24 affirme avoir reçu un mail anonyme faisant étant d’un scandale sexuel au sein de la Da. «Des hommes prenaient leurs collègues féminins comme des jouets sexuels», selon l’auteure de la dénonciation qui dit avoir été elle-même une victime de ce «passe-temps favori» de ses camarades masculins du parti. Celui-ci dément. Trop tard, la twittosphère sud-africaine s’enflamme : hashtag DASexScandal. Obligeant la femme de Mmusi Maimane de monter au créneau pour réaffirmer sa confiance à son homme sur le même réseau social.

Parmi les hommes les plus stylés d’Afrique du Sud
Dans l’entourage politique de Mmusi Maimane, le démenti est également formel. Celui que l’on surnomme affectueusement le «Barack Obama de Soweto», cité parmi les 50 hommes les plus stylés d’Afrique du Sud en 2014, par la version sud-africaine du magazine GQ, n’aurait rien à voir avec le prétendu scandale sexuel au sein de sa formation politique. Lui qui se bat contre la politique du président Jacob Zuma, qu’il n’hésite pas à traiter publiquement de “voleur” et de “corrompu”. Mmusi Maimane dont les parents se reconnaissent encore dans les idées du Congrès national africain (Anc) est, en effet, un déçu de ce parti au pouvoir en Afrique du Sud depuis 1994. Une déception qui atteint son paroxysme avec la démission forcée, le 21 septembre 2008, de Thabo Mbeki, alors président de la République. Ce dernier, soupçonné d’interférences politiques dans l’instruction judiciaire d’une affaire de corruption dans laquelle Jacob Zuma serait impliqué, était désavoué par l’Anc après le prononcé d’un non-lieu par la justice sud-africaine.

L’année suivante, Mmusi Maimane décide de rejoindre la Da. Helen Zille, alors leader de cette formation politique longtemps considérée comme «parti blanc», le prend sous son aile. En 2001, c’est lui qui est désigné tête de liste de sa formation politique aux municipales à Johannesburg.

Et en 2014, l’étoile montante de Da gravit une autre étape en se présentant aux élections provinciales dans la même circonscription. La même année, il devient le chef du groupe parlementaire de son parti à l’Assemblée nationale, et de surcroît chef de l’opposition sud-africaine. Rien ne semble, aujourd’hui, pouvoir arrêter l’ascension du jeune loup de la politique sud-africaine.

Par Oumar BA

Il s’est imposé comme l’un des hommes de confiance d’Ibrahim Boubacar Keïta. Ministre des Affaires étrangères depuis avril 2014, Abdoulaye Diop, 50 ans, a été maintenu à son poste stratégique après l’éviction de Moussa Mara de la primature, en janvier 2015. Ce poids lourd du gouvernement malien a été l’un des artisans de la signature de l’accord de paix d’Alger, approuvé en juin 2015 par les groupes rebelles du nord du Mali.

Durant les longs mois qu’ont duré les négociations, cet ancien ambassadeur aux États-Unis (de 2003 à 2009) a multiplié les voyages et les rencontres avec les différents protagonistes de la crise malienne pour faire entendre la voix de Bamako. Après ce premier succès – qui doit désormais être concrétisé sur le terrain –, ce diplomate longiligne au contact facile devrait s’attaquer en 2016 à un autre chantier important : l’organisation du prochain sommet Afrique-France prévu en janvier 2017 à Bamako. Avant sa nomination au Ministère des Affaires Étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération international, Abdoulaye Diop a également occupé plusieurs postes au Mali et à l’international. Il a été successivement coordonnateur de la Cellule d’appui à l’Ordonnateur national du Fonds européen de développement (ACP-EU), à la Direction de la Coopération internationale du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de 1992 à 1998, puis conseiller à l’Ambassade du Mali auprès de la Belgique et de l’Union européenne de 1998 à 1999.

Abdoulaye Diop a également été conseiller du Ministre des Affaires étrangères du Mali et de la Coopération internationale, Chargé des questions politiques et diplomatiques de 1999 à 2000 avant d’être nommé conseiller diplomatique des présidents Alpha Oumar Konaré et Amadou Toumani Touré entre 2001 et 2003. En 2003, Abdoulaye Diop occupe le poste d’ambassadeur du Mali aux États-Unis avec une juridiction qui couvre le Brésil, le Chili, le Mexique, le Pérou et l’Uruguay. Un poste qu’il qui quittera en 2009 pour une carrière de fonctionnaire international. Abdoulaye Diop s’est démarqué par son leadership en diplomatie à travers la mise en œuvre d’un plan stratégique pour l’Ambassade du Mali aux États-Unis et une gestion proactive des relations bilatérales et multilatérales entre le Mali et les États-Unis, l’Amérique latine et les institutions Bretton Woods.

Particulièrement intéressé par les questions économiques, et plus particulièrement le développement agricole, Abdoulaye Diop a joué un rôle actif dans la signature du contrat entre le Mali et le Millenium Challenge Corporation (MCC), d’un montant total d’environ 461 millions de dollars destinées à booster la productivité agricole et développer l’accès aux marchés régionaux et internationaux. Dans le même registre, il a initié un plaidoyer actif pour élever l’agriculture, le développement rural et la sécurité alimentaire en tant que haute priorité sur l’agenda de l’aide au développement à Washington D.C.

Par Marame Coumba SECK

Loza Maléombho est la nouvelle étoile montante du stylisme africain. La jeune femme a vu son nom propulser sur la scène internationale lors de la diffusion du clip « Formation » de la chanteuse américaine Beyoncé. 25 millions. C’est le nombre de vues qu’a totalisé le clip « Formation » de la chanteuse Beyoncé dévoilé le 6 février. C’est là, dans le décor et le cadre très ethniques de ce clip, qu’une des créations de Loza Maléombho, styliste ivoirienne, est venue se glisser alors qu’on ne l’y attendait pas. À 3 minutes 24 secondes de la vidéo, le personnage à gauche de la chanteuse porte une création de la collection « Zaouli » Printemps/été 2016 de Loza. Alors qu’elle ne s’y attendait pas du tout, une des nombreuses stylistes de la chanteuse la contacte et lui demande de fournir deux prototypes pour le prochain clip de Beyoncé. « Beaucoup de créateurs sont sollicités par Beyoncé pour ses vidéos, donc d’expérience je sais que cela ne signifie pas forcément que l’on sera retenu », avance-t-elle. Alors depuis que le clip est diffusé, Loza avoue l’avoir regardé plusieurs fois d’affilée. Pour la modéliste, créer est un engagement, une prise de position claire contre le racisme qui prévaut aux États-Unis notamment. Ayant grandi entre les États-unis et la Côte d’ivoire, son art est influencé par les deux cultures.

Collaboration avec Solange Knowles
Loza semble avoir conquis toute la famille Knowles car déjà en février 2015, la jeune femme de 30 ans avait fait parler d’elle lorsque la sœur de Beyoncé l’a mise en avant dans la série « Black Designer Spotlight » sur Saint Heron, une compilation de 11 artistes indépendants qui se veut un espace d’expression d’art et de musique, produit par le label de Solange Knowles. La styliste est aussi connue pour son répertoire d’auto-portraits sur Instagram appelé « Alien Edits » où elle pose, la tête parée d’objets et d’animaux de tous genres. Cette série à succès lui vaut d’ailleurs d’être suivie par des milliers de fans sur les réseaux sociaux.

Customisation de vêtements
Même si elle n’envisageait pas d’en faire un métier, Loza dessinait ses uniformes scolaires et quelques robes de sa mère dès son plus jeune âge. Titulaire d’un diplôme en infographie et animation à l’université des beaux-arts de Philadelphie, c’est à la fin de son parcours universitaire que l’intérêt pour la mode s’impose, plus fort que jamais. Elle entreprend alors de réaliser des stages qui conforteront ses connaissances et son goût pour le domaine artistique. La jeune femme souhaite, à travers ses créations, exprimer son identité construite entre l’Amérique et l’Afrique, et sa fierté d’être « Black ».

Projets futurs
La jeune styliste ne compte pas s’arrêter là. Loza Maléombho voudrait sortir de sa zone de confort et se frotter à de nouveaux défis. Elle aimerait s’aventurer dans la création de lignes de vêtements pour homme, enfants et dans la décoration, particulièrement dans l’habillage de meubles. « Il me faut aussi miser davantage sur le développement durable et l’autonomie de la femme, deux éléments qui constituent la philosophie même de ma marque », avance-t-elle, bien déterminée à apporter sa touche dans l’univers africain du design et de la mode.
Par Oumar BA

Jeune chef d’entreprise, Magatte Wade est l’un de ces nouveaux visages qui captent la lumière. Il est vrai qu’elle a tout pour attirer l’attention. «Africaine, jeune, belle, intelligente et pleine d’énergie », explique un participant au New York Forum for Africa. Magatte Wade, 36 ans, a récemment figuré dans le classement Forbes des vingt jeunes africaines les plus influentes.
Née au Sénégal, elle séduit les trois Afrique, la francophone, l’anglophone et la « roots ». D’origine sénégalaise, Magatte a étudié en France et « défend la culture française », avant d’aller vivre aux États-Unis où elle a appris tous les codes de la culture d’outre-Atlantique. Et d’être devenue une fervente supportrice de la culture d’entreprise et du « branding ». Un mot qu’elle répète avec ravissement. Comme un talisman contre les mauvaises fortunes. Identité complexe, elle défend en français, en anglais ou en wolof une Afrique qui doit éviter de perdre son âme.

C’est en allant aux racines de sa culture que Magatte Wade a créé sa première entreprise : Adina World Beat. Une entreprise qui vend des boissons africaines aux États-Unis. Ainsi, le bissap bio (cette boisson à base de fleur d’hibiscus) a fait son apparition dans des supermarchés américains. Selon une étude des Nations unies, Adina réalise un chiffre d’affaires de 3 millions de dollars et emploie 25 personnes. A cela s’ajoute des centaines de femmes qui fournissent des fleurs d’hibiscus à la société de Magatte au Sénégal.

Américaine, Magatte l’est sans doute beaucoup, mais en même temps elle reste très Sénégalaise, imprégnée de la culture soufie de la confrérie mouride. Elle vibre pour un autre projet : créer au Sénégal une école où l’accent serait mis sur la créativité et l’épanouissement des élèves.

« Le Sénégal a perdu une grande partie de sa créativité culturelle. Il faut aider les jeunes à retrouver cette créativité. 10 % des profits de Tiossano seront consacrés à cette mission. Pourquoi pas une formation au design au Sénégal, comme cela existe aux États-Unis ? » explique-t-elle encore, avant de se lancer dans l’évocation d’un autre de ses projets pour le Sénégal.
Magatte veut aider à créer, en Afrique, une génération de « global leaders ». Son enthousiasme est contagieux. «The sky is the limit» en version wolof. Elle devient intarissable lorsqu’il s’agit d’évoquer tout ce que l’Afrique peut faire. Tout ce que l’Afrique va faire et qui va la faire sortir du sous-développement. Elle en oublie la pendule qui tourne.

Oumar Ba

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