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Les Gens (48)

Omar Blondin Diop, est né le 18 septembre 1946 à Niamey et est décédé le 11 mai 1973 dans les geôles de l’île de Gorée. Blondin a fait ses études secondaires au lycée Louis-le-Grand à Paris et a poursuivi ses études universitaires comme normalien à l’École normale supérieure de Saint-Cloud d’où il sortira diplômé. Un jeune  au potentiel énorme qui était donc promis à un brillant avenir.  Une phrase avait l’habitude d’être chantonnée un peu partout à cette époque «Omar Blondin Diop, le normalien de Saint-Cloud».  Intellectuel brillant, Blondin Diop était également membre du mouvement contestataire post-soixante-huitard.

À Dakar, il continue dans cette logique révolutionnaire, fervent militant anticolonialiste.  Pour avoir protesté contre des travaux démesurés pour une visite de Georges Pompidou à Dakar, qui ne devait pas  durer  plus de 2 heures, les frères d’Omar  auraient  le 15 janvier 1971   été  arrêtés la même semaine. Blondin depuis le Mali, décide de venir secourir ses frères, mais il sera interpellé. Le 23 mars 1972, il est inculpé pour «terrorisme» et pour espionnage comme agent étranger et condamné par un tribunal spécial à 3 ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’État ». Il est emprisonné à la prison de l’île de Gorée.  L’histoire retiendra le parcours de ce grand homme malgré son jeune âge, « Omar Blondin Diop, le normalien de Saint-Cloud ».

Par Oumar BA

Parler d’une mode africaine fait sourire plus d’un. Pourtant, elle est là, présente de plus en plus sur les podiums internationaux. Une des références de la haute couture africaine actuelle, en particulier sénégalaise, elle intègre, en effet, le milieu de la mode. Le monde de la créativité s’ouvre à elle. Deux ateliers de haute couture à sa possession, l’un à Milan, l’autre à Dakar, Kiné Dione n’est pas novice dans le domaine.

Se définissant comme une passionnée de la mode, la styliste sénégalaise est à la conquête des podiums de hautes coutures. Pour la première fois au Fashion week de Paris, cette créatrice de mode a séduit plus qu’un parmi les passionnés de la couture. Atelier Dione qui débarque dans la capitale française avec une collection dénommée Printemps-été : du style avec un mélange de culture d’origine sénégalaise, allongé avec la touche européenne.

Une marque africaine principalement centralisée sur l’élégance. Fruit d’une curiosité infantile d’une fille qui a vu le jour dans l’univers de la mode, son amour de la couture a porté ses fruits.

Après Paris, elle nourrit de nouvelles ambitions pour devenir une internationale.

Par Marame Coumba SECK

Déclaré vainqueur à l'issue de l'élection présidentielle du 1er décembre, le candidat désigné de l'opposition, après l'arrestation de son leader historique Ousainou Darboe, a su mettre un terme aux vingt deux ans de règne de Yahya Jammeh.

Adama Barrow, actuel président de la République de la Gambie, est né en 1965 à Mankamang Kunda, un petit village situé à quelques kilomètres de Basse Santu, à l’extrême ouest de la Gambie. En 1996, il rejoint les rangs du Parti démocrate unifié (Udp). Au début des années 2000, il s’installe à Londres pour suivre une formation en immobilier. Après l’obtention de son diplôme et de retour dans son pays natal, il crée sa propre agence immobilière en 2006, grâce à laquelle il fera fortune.

Adama Barrow a promis de garantir l’indépendance du système judiciaire, dans un pays longtemps miné par la corruption. Il a également promis une plus grande liberté des médias et de la société civile. La désignation d’Adama Barrow en tant que candidat à la présidentielle relève pourtant d'un hasardeux concours de circonstances. En temps normal, Yahya Jammeh aurait dû faire face à Ousainu Darboe, l’opposant qui, à trois reprises, n’a pas réussi à le battre par les urnes.

Mais, l'opposant purgeait, avec d'autres camarades, une peine de 3 ans de prison pour avoir participé à une manifestation non autorisée réclamant la dépouille d’Ebrima Solo Krummah, cadre de l'Udp décédé dans les geôles gambiennes. En l'absence de ce leader charismatique, Adama Barrow s'est porté candidat à la primaire de la coalition d'opposition qui a décidé d'organiser un congrès pour désigner un candidat unique pour la présidentielle de 2016.

Oumar BA

Un livre intitulé  « Fixing Africa », signé Tidiane Tall  gratuitement disponible sur le Net, a bénéficié de plus de 300.000 téléchargements et 3.000 mails de réactions. Derrière ce livre, s’assume un panafricaniste patenté.

Après avoir surfé sur la vague de la nouvelle économite des années 2000 avec une start-up, E-spirituality.com, emportée avec tant d’autres par la chute du Nasdaq, Tidiane Tall opère un retour au « B to C », entendu dans le jargon américain comme « back to consulting ». Il passe un temps chez Roland Berger comme consultant en stratégie, puis s’établit sur l’axe Addis Abeba–Dubaï, l’axe Afrique-Moyen-Orient-Asie, l’axe du futur. Parmi ses nouveaux clients, le premier gestionnaire privé de terminaux dans la région. Tidiane est chargé de « reprofiler » le marketing du groupe dans ses orientations internationales. Il s’agit aussi de refonder la stratégie commerciale pour un autre groupe de renommée. Même mission avec le Somalien Dahab Shiil, leader du transfert d’argent dans la Corne de l’Afrique, devant Western Union. Au passage, cette société vient d’obtenir une licence pour une banque islamique à Djibouti qui ouvrira au mois de novembre prochain.

De toutes ses expériences de consulting et d’entreprenariat, Tidiane Tall tire une conclusion. Que valent donc les 53 plans de promotion des 53 pays africains à l’échelle monde ? Mais, il va plus loin que l’interrogation et émet une proposition dans son livre intitulé  « Fixing Africa » (réparer l’Afrique), qui tranche par l’audace et son parti pris panafricain. Le Malien propose, avec la force de l’argument, de passer de 53 Etats africains malades et fatigués à quatre super-Etats qui compteront chacun dans les vingt premiers Pib du monde.

Panafricaniste, M. Tall explique l’échec du développement par la fragmentation de l’unité africaine. Certains lecteurs, adeptes de la théorie du complot, ont douté du caractère « gratuit » de l’ouvrage.  Parmi les nombreuses réactions, il y a effectivement beaucoup de détracteurs qui lui prêtent des intentions cachées. La gratuité a été confondue avec l’altruisme ou l’affairisme.

On l’a suspecté de chercher à s’attirer la sympathie du guide libyen, héraut du panafricanisme. Les réactions les plus encourageantes viennent des moins de vingt-cinq ans, sans doute plus optimistes et nés avec les nouvelles possibilités offertes par les révolutions technologiques et numériques.

Loin de se décourager, Tidiane Tall a mis en branle son association Africa 2030 sur le même mode de l’internet et du marketing viral. Sans se décourager et avec le même optimisme qui anima son arrière grand-père, El Haj Omar Tall, parti du Fouta Toro et qui a réussi à refonder l’empire du Mali à partir des roitelets faibles et corrompus, Tidiane Tall espère un jour voir l’Africain se déplacer de Bamako à Mogadiscio et du Cap au Caire avec la même facilité qu’un américain en Amérique.

Par Oumar BA

Il détonne mais l’homme n’est pas pour autant exhibitionniste. Elhadji Mouhamed Seck, plus connu sous le nom de Momo Seck, est présentateur à la 2Stv. Il est dans l’équipe de la matinale et s’occupe plus spécifiquement de la rubrique découverte. L’homme âgé  de 33 ans, marié  et père de deux enfants,  poursuit son petit bonhomme de chemin,  dans le monde de l’audiovisuel.  Les habitués des matinales de la 2Stv le connaissent bien. Il a su se faire une place à travers ses revues de titres dont lui seul a le secret. Dans son style de parcourir les Unes des journaux, une particularité se dégage,  sa façon notamment de prononcer le quotidien national Le Soleil. « Le Soleil Yénékay », fulmine-t-il chaque matin,  avec une voix qui a le dont de capter les téléspectateurs. Son succès conforte cette génération montante d’animateurs qui ont réussi à créer leur propre style. Il dit puiser son énergie et son inspiration dans ses meilleures « sources de fierté ». Une véritable graine de bonne humeur.

Et pourtant, c’est un concours de pur hasard, le plus inespéré qui l’amènent à la 2 Stv. Un soir,  se souvient-il,  alors qu’il était sur Facebook, comme à son habitude,  en train de partager des histoires, blagues et autres,  alors Pa Assane Seck qui était à l’époque à la 2Stv lui propose  un passage à la matinale alors présentée par Ya Awa Ndoye.  Muni d’une de ses histoires ou blagues dont lui seul a le secret, il se présente sur le plateau, le lendemain même.  Après deux apparitions, les responsables de la 2Stv sont satisfaits de sa prestation et décident au passage de le garder.  Une nouvelle page s’ouvre dans la vie de celui qui dit avoir toujours été attiré par la communication. Depuis qu’il a  intégré la 2Stv, il note qu’énormément de choses ont changé dans sa vie. Il souligne avoir, par exemple, perdu son anonymat. Hormis la célébrité, le fait de sortir sur le petit écran lui apporte énormément d’opportunités professionnelles. La télévision  constitue une vitrine qui a su booster son autorité et son aura. Depuis, son téléphone ne cesse de sonner. Il se dit obliger de le mettre en mode silence quand il discute avec les personnes.  « Le Soleil Yénékay »  reste un slogan qui lui colle à la peau et dont il dit être très fier.

Par Oumar BA

En quarante-deux années d’une carrière ininterrompue, le Malien Mamadou Koné dit Super Koné, l’homme de 69 ans, aura vu passer devant son objectif pas moins de 818 chefs d’Etat, rois, princes et chefs de gouvernement.

Le rêve de jeunesse de Super Koné le destinait à une carrière de guitariste dans la capitale du Soudan français, l’ancien nom du Mali avant les indépendances africaines. Il a dû renoncer face au veto d’un père intransigeant. C’est finalement la télévision scolaire, lancée aux débuts des années 1970, qui offre à ce grand gaillard au physique de catcheur son premier emploi en tant qu’assistant réalisateur.

De retour à Bamako, la «ville aux trois caïmans» en bambara, Super Koné s’essaie à la photographie en autodidacte. Il obtient, grâce à la bienveillance des gardes et du protocole présidentiel, l’autorisation de « squatter » le palais de Koulouba, sur les hauteurs de la capitale, pour réaliser les photos de cérémonies officielles : audiences du chef de l’Etat, visites de présidents étrangers, lettres de créance. La qualité de ses clichés le distingue très vite des photographes officiels qui manifestent vite leur jalousie. Son tempérament de baroudeur l’aide à faire le dos rond face aux sarcasmes.

Il réalise le portrait de l’écrivain Amadou Hampâté Bâ, l’auteur de « L’Etrange Destin de Wangrin », après celui de Banzoumana Cissoko, père de l’hymne national malien, et connaît sa première heure de gloire en 1975 avec la sortie aux Editions populaires du Mali de son livre « Coiffures traditionnelles et modernes du Mali ». Il gagne ses premiers millions de francs CFA, mais surtout une immense notoriété avec le succès commercial et professionnel de son hommage à la beauté de la femme malienne.

Le photographe malien, que la maladie empêchait par la suite  de se déplacer, aura ensuite été le portraitiste de la deuxième génération des dirigeants africains incarnée par le Zaïrois Mobutu Sesse Seko, le Guinéen Lansana Conté, le Sénégalais Abdou Diouf. Après les pères présidents, Super Koné aura photographié les fils : Eyadema et Faure Gnassingbé, Omar et Ali Bongo, Hassan II et Mohammed VI. De sa longue carrière, il a tiré des liens très personnels avec certains chefs d’Etat, dont le Sénégalais Abdou Diouf, le Congolais Denis Sassou-Nguesso ou le Tchadien Idriss Déby.

En quatre décennies, Super Koné a vendu des  portraits de chefs africains à de prestigieuses agences telles l’AFP, Sipa, Sigma et bien d’autres. Mais son business le plus rentable aura été les albums des activités officielles des chefs d’Etat. Au soir de sa carrière, le plus ancien photographe de chefs d’Etat africains  se bat pour  sortir  de ses archives un album d’hommage à Félix Houphouët-Boigny assorti d’une centaine de témoignages de personnalités.

Par Oumar BA

Expert de l’éducation, il a capitalisé plus deux décennies d’expériences dans le secteur aussi bien formel que non formel. Focus sur le parcours d’un infatigable militant de l’éducation pour tous et de la promotion des langues locales.

Ayant capitalisé plusieurs années d’expérience dans l’alphabétisation depuis son Nguidjilone natal, notamment dans l’Association culturelle Fedde Pinal, au cabinet de l’alphabétisation et des langues nationales avec le projet ‘’Papa’’ d’Enda Graf, il est aujourd’hui à la tête de la coordination nationale des opérateurs en alphabétisation tout comme à la Coalition africaine pour l’alphabétisation. Fervent militant de l’éducation pour tous, il plaide pour la réintégration des exclus du système mais aussi pour la promotion des langues nationales. Un combat qu’il défend si bien dans les institutions nationales comme internationales avec un coup de pouce d’artistes comme El Hadji Baaba Maal. « C’est avec un plaidoyer fort qu’on peut influencer les décideurs pour une meilleure prise en compte des questions éducatives dans la définition et la mise en œuvre des politiques », défend Silèye Gorbal Sy. Si le sous-secteur de l’alphabétisation, en effet, est un champ ouvert à des initiatives diverses, on le doit bien à l’homme de la stratégie du « faire-faire » qui, depuis la rencontre africaine sur l’alphabétisation tenue à Bamako en 2007, tient à ce qu’on attribue 3 % du budget de l’éducation à l’alphabétisation et à l’éducation non formelle.

S’adapter aux technologies nouvelles
Au-delà de l’enseignement traditionnel consistant à acquérir des connaissances de base, ce Halpoular né d’une famille d’instituteurs prône une alphabétisation qui épouse l’évolution technique des sociétés, notamment celles de l’information et de la Communication.

Très au fait des innovations dans l’alphabétisation sur le plan sous-régional, régional et international, à la suite d’une mission au Canada, il a mis en place en partenariat avec un Canadien, une structure dénommée ‘’Boîte à innovations’’ pour mieux alphabétiser et à moindre coût, à travers les technologies de l’information et de la communication. Des moyens grâce auxquels il compte construire un monde instruit. Pour faire bien passer son message de plaidoyer, Silèye Gorbal Sy développe des partenariats avec des Institutions nationales comme l’Assemblée nationale et le Conseil économique, social et environnemental mais aussi dans les institutions internationales comme le Parlement européen où il défend farouchement l’envoi et le maintien des filles à l’école.

Par Marame Coumba Seck

Omar Victor Diop est un afro-optimiste convaincu. Ce photographe sénégalais est sollicité de toutes parts. Il est né en 1980 en France. Son travail est plébiscité de Dakar à Paris, en passant par Arles. Il a 32 ans quand il annonce à sa famille que le seul objectif qui compte désormais pour lui, c’est la photographie. Conçue en 2014, la série Diaspora le place définitivement sur orbite. Pour la première fois, Omar Victor Diop se met en scène en incarnant des personnages célèbres ou oubliés de la diaspora africaine du XVe au XIXe siècle, période où les seules formes d’interaction entre l’Europe et l’Afrique semblaient se résumer à l’esclavage et la colonisation. C’est que son succès a été fulgurant. A peine deux mois après avoir commencé la photographie, il expose aux Rencontres de Bamako en 2011. Tout va très vite après : Biennale de Dakar, Rencontres d’Arles, galerie André Magnin. Depuis, il est devenu la coqueluche des collectionneurs internationaux. Au point que le groupe de spiritueux Pernod Ricard lui a demandé de réaliser les photos de ses employés basés en Afrique pour son rapport annuel 2015-2016. Il s’inspire aussi bien des portraitistes de studio africains que des superpositions d’étoffes et des photographes de mode. Sans oublier un penchant pour la culture hip-hop et le R & B. Il résulte de ses photos un mélange assez pop, empruntant l’imagerie africaine et les codes visuels de la mode. Peu d’improvisation, beaucoup de préparation, tel est d’emblée son mode opératoire.

Ce qui l’occupe en ce moment, c’est l’histoire des mouvements de revendication en Afrique et dans la diaspora, de la révolte des Tirailleurs sénégalais, en 1944, aux marches de Selma à Montgomery (Alabama) en 1965, moment marquant de la lutte pour les droits civiques des Noirs américains. Sans oublier « les soulèvements actuels d’une génération qui se bat pour préserver la démocratie des ambitions des présidents éternels. » S’il séduit, aujourd’hui, un public plus vaste que les aficionados d’art africain. Il veut faire le portrait d’une génération africaine dynamique.

Par Oumar BA

Grand producteur à ses heures perdues, l’honorable député Cheikh Tidiane Ndiaye, est affectueusement surnommé : « Monsieur Agriculture » à l’Assemblée nationale. Le représentant du peuple est formel : « le Sénégal ne se développera qu’avec l'agriculture, la pêche et l'élevage ».

Rencontré à Mboro, il a bien voulu nous promener dans l’une de ses exploitations de la zone.  Le champ que nous visitons se situe dans le village de Kheur Allé Gueye à un (1) kilomètre dés que vous bifurquez à gauche venant de Mboro, pour prendre la direction de Diogo-Fass Boye. Déjà sur les lieux au petit matin du dimanche 25 septembre 2016, Le député Cheikh Tidiane Ndiaye nous accueille avec enthousiasme. « C’est l’une de mes exploitations dans la zone et elle est seulement de 3ha mais que j’ai hérité des champs de mon père ». Le champ ne regorge que d’arbres fruitiers. Des corossols, manguiers, citronniers, des cocotiers nés à gogo, des anacardiers, entre autres qui contrastent avec d’autres cultures maraichères puisque selon l’honorable député, « le maraichage fait aussi partie de mon domaine d’activité et pour ce faire, j’ambitionne de produire cette année beaucoup de pommes de terre, d'oignons et même de l'arachide de contre saison. Nous avons de l'eau pour du riz, mais notre problème dans la zone c'est la prolifération du Tipha et dans certaines zone le sel fait ses effets sur le développement de cultures. Dans mes autres champs c’est presque le même paysage mais, il ya dans un champ où le citronnier est plus exploité avec plus de 450 pieds, l’arachide et le manioc. Je fais aussi de l'élevage et vous avez vu les vaches et l'herbe fourragère ».  

Mais aujourd’hui, le souhait du député Cheikh Tidiane Ndiaye est de voir « éradiquée cette plante du Typha avec l'appui du ministre de l'Agriculture. Par ailleurs, nous demandons un encadrement du ministère de la Pêche pour la production de poissons dans nos vallées ce qui nous permettra d’exploiter de manière optimale les nombreuses potentialités que regorge la zone des Niayes ».

En tout cas, l’honorable député estampillé « Monsieur agriculture de l’Assemblée nationale », a bien suivi la ligne tracée par feu son père Ngalgou Ndiaye, qui fut selon lui, « le premier acheteur d'arachide dans le département de Tivaouane ». Il fut aussi un ancien député, et Président du conseil rural de Darou. Ce qui lui fait dire que, comme vous le constatez, je ne fais que suivre les pas de feu mon père. Je saisis cette occasion pour remercier le ministre de l'Agriculture, Papa Abdoulaye Seck pour son soutien au monde rural qui en a tant besoin. Car, le Sénégal se développera qu’avec l'agriculture, la pêche et l'élevage ».

 

Ses mots dans sa bouche courent comme elle dans la vie ; Angélique Kidjo ne tient pas en place, bondit, saute, rit à gorge déployée. « C’est ma joie instinctive, ma force positive, j’aime cet éparpillement, s’amuse-t-elle. J’ai tout pris de ma mère. À 88 ans, elle court et danse avec deux prothèses aux genoux ! » Qui peut arrêter ce Niagara vital ? Personne… Pas même Jean Hébrail, son bassiste de mari, le père de sa fille, Naïma (âgée aujourd’hui de 22 ans), compositeur et arrangeur de nombre de ses chansons, son alter ego, son complice de toujours qu’elle a rencontré un beau jour de 1985, dans une école de jazz parisienne.

Le fait d’être née le 14 juillet 1960 à Cotonou, au Bénin, sous le signe de l’éruption révolutionnaire française en quelque sorte, y est peut-être pour quelque chose… En tout cas, durant son enfance, Angélique la tornade fatiguera gentiment Papa, employé des postes, Maman, femme d’affaires avertie, et neuf frères et sœurs. Un milieu familial bien structuré et une scolarité quelconque qui s’effacera bientôt derrière sa passion pour la musique. Elle débute réellement à l’adolescence, dans un groupe monté par un de ses frères, les Sphinx. Choc radical. « Chanter, c’est une véritable transformation de votre être, avoue-t-elle. C’est comme un interrupteur qui déclenche une lumière quand on monte sur scène. »

Elle va s’imposer très vite comme une des grandes show-women d’Afrique, une madame 100 000 volts armée d’une voix impérieuse, entre technique de chant traditionnel et phrasé jazzy, une mini-James Brown en robe qui chanterait en fon ou en yoruba. Un premier album, Pretty, produit par la vedette camerounaise Ekambi Brillant, la consacre star en son pays en 1981. Et elle continuera de bondir, Angélique ! En 1983, elle s’enfuit pour Paris, elle étouffe dans le Bénin marxiste-léniniste de Mathieu Kérékou. En France, elle est découverte par Chris Blackwell, le producteur anglais ancien mentor de Bob Marley, qui la signe chez Island Records où elle se bâtit un début de carrière internationale au fil de quatre albums afro-funk et d’un succès, « Agolo ». De bondir et même de rebondir ! Car voilà notre Angélique partant, en 1998, à la découverte de l’Amérique ! Elle s’installe avec mari et enfant à New York. « C’était plus pratique d’y résider, se justifie-t-elle, puisque Columbia, ma nouvelle maison de disques, y était basée ».

Elle saura s’ouvrir les portes dorées du méga-show-biz local. Elle confrontera son feeling à ceux d’Alicia Keys, Carlos Santana, Peter Gabriel, Ziggy Marley, Gilberto Gil ou Branford Marsalis, pour ne citer que quelques-unes de ses collaborations. Virevoltant d’un soul-rock tropical (dont une version peu convaincante du « Voodoo Chile » de Jimi Hendrix, dans Oremi en 1998) à de l’afro-brésilien (Black Ivory Soul en 2002). Sautant d’une expérience salsa (Oyaya! en 2004) à un son vaudou new-look avec l’album Djin Djin (contenant une splendide version du Boléro de Ravel) en 2007. Pour enfin aboutir à cette récente incursion dans le monde du classique… Neuf albums « américains » au total, parsemés de hauts et de bas, conséquence logique d’une chanteuse risque-tout, qui pratique le grand brassage global au risque de se voir accusée d’occidentalisation excessive. « C’était un défi pour moi, rétorque-t-elle, que d’imposer aux États-Unis une autre vision de la musique africaine. » Et ce défi, elle l’a relevé haut la main puisqu’elle s’est offert le luxe de décrocher deux Grammys dans la catégorie du meilleur album de musique du monde : en 2007 pour Djin Djin et en 2014 pour Eve. Performance jamais réalisée auparavant par un artiste du continent ! Elle est désormais Miss Africa aux yeux de beaucoup de médias américains, participe aux plus grands concerts de la planète comme celui du lancement de la Coupe du monde de football 2010, à Johannesburg.

Et sa formidable énergie, elle va la mettre, cette fois-ci, au service de l’autre, notamment de l’émancipation féminine, son grand combat : « Les femmes font l’Afrique. Quand l’une d’entre elles est éduquée, c’est toute une collectivité qui progresse… Il faut instaurer une réelle égalité avec les hommes », écrit-elle dans son autobiographie, Spirit Rising (Harper Design, 2014). Nommée ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef en 2002, elle sillonne le continent. Et comme rien n’épuise la volcanique citoyenne, elle a également fondé en 2007 sa propre association, nommée Batonga. Le principe : fournir à des jeunes filles issues de familles démunies uniformes, matériel scolaire et tutorat afin qu’elles poursuivent des études secondaires et supérieures. Une des 50 icônes du continent pour la Bbc. « La première diva africaine », selon Time Magazine. Une des 100 femmes les plus influentes au monde d’après The Guardian… Les qualificatifs élogieux à son propos pleuvent. « L’essentiel, c’est que je sois Africaine 24 heures sur 24, coupe-t-elle, et que lorsque je n’aurai plus cette énergie, je mourrai ! », lâche-t-elle, prête à rebondir ailleurs.

Par Oumar BA

Il détonne, l’homme n’est pas pour autant exhibitionniste. Il est plutôt un anti-conformiste en quête d’une liberté et souhaite paradoxalement s’affranchir du regard des autres. Né à Yaoundé, son arrivée en France a littéralement changé sa perception du monde… Le tout lui a permis de produire un étrange et passionnant premier roman, « Le Moabi Cinéma », écrit entre deux tournées.

Blick Bassy voulait aller plus loin dans les thèmes abordés. Son roman « Le Moabi Cinéma » parle de l’émigration, des mirages de l’Occident, de son attraction illusoire auprès des jeunes Africains. Il pensait même en faire un film au départ, et pouvoir de fait toucher un public plus large. Il dénonce cette appréhension des jeunes Africains à croire qu’il n’y a rien à faire dans leur pays, que le « paradis » et la réussite sont ailleurs. Ces jeunes, tant qu’ils n’obtiennent pas de visa, sont désœuvrés. On leur impose alors un modèle de réussite basé sur un autre environnement, un autre système de société. Le fait d’avoir migré l’a fait réaliser combien il était difficile de s’en sortir en Europe. C’est qu’il veut dire aux jeunes à travers cette fiction : l’avenir est en Afrique, regardez ce que vous avez, agissez, réveillez-vous ! Il faut revaloriser les terres, la culture. Et arrêter ces dangereux discours qui idéalisent l’Occident, à cause desquels des milliers d’Africains risquent et perdent la vie chaque année.

Son père fut à tour de rôle catholique, protestant, Nouvelle église de Dieu, baptiste… il changeait de religion à chaque fois qu’un scandale éclatait au sein de l’une d’elles. De fait, Blick Bassy a été baptisé sept fois ! Plus jeune, il a par exemple refusé à trois reprises une bourse d’études pour l’Europe et les États-Unis. Le rêve de tous les jeunes ! À l’époque, pour son père, soit il était malade mental, soit on lui avait jeté un sort ! Il avait même appelé un prêtre pour le faire exorciser.

L’auteur est persuadé que la religion est l’un des principaux maux qui minent l’Afrique. Il écrit sans rechigner que l’esclavage, la colonisation, l’apport de l’Église a remplacé l’essence des croyances fondamentales, des dogmes et du modèle de société. « L’Europe nous a imposé une religion à laquelle elle ne croit plus elle-même aujourd’hui. Les églises sont désertées en France. Au Cameroun, la religion abrutit la population, et est devenue l’excuse : les gens ne sont pas responsables de leur vie, de leurs actes, tout est remis à la volonté de Dieu ! Donc, ils ne se prennent pas en main », dénonce t-il dans son livre.

Les pasteurs s’enrichissent en promettant aux malades, aux boiteux, aux aveugles de les guérir… comme dans la Bible. Ils sont tellement puissants, ils ont des chaînes de télévision, payent des acteurs de telenovelas brésiliennes pour être à leurs côtés, renforcer leur crédibilité, s’indigne-t-il au fil des pages. Les médias européens en ont également pris leur grade. « Ils parlent toujours de nos maux : guerres, famines, maladies… À l’inverse, sur le continent, on magnifie l’Europe. La difficulté d’obtenir un visa renforce cette envie de partir : le « paradis » est difficile à atteindre », lit-on. Dans le livre, le blanchiment de peau est présenté, là encore, au manque d’estime de soi, au passé colonial, à cette idéalisation de l’Occident. Il y a une absence cruelle de modèles, que nous devons créer, aller chercher dans notre histoire. Il faudrait que Peau noire, masques blancs, de Frantz Fanon, soit enseigné à l’école, préconise-t-il. Les conséquences pour la santé sont désastreuses : peau brûlée, cicatrices, odeurs, maladies…

Par Oumar BA

Nneka a grandi à Warri, dans le delta du Niger. Une partie de ses racines demeurent là-bas. Mais aussi en Allemagne, le pays d’origine de sa mère, où Nneka a étudié l’ethnologie. Lorsque son père, un architecte nigérian, se remarie, Nneka est confiée à sa belle-mère qui la force à vendre des oranges dans la rue. Élevée à la dure, elle est fréquemment « corrigée » par sa belle-famille. Loin de sa mère qui a quitté le Nigeria, Nneka se sent mal aimée. Pour soigner son « spleen », elle prend l’habitude d’écrire des chansons. Ses sources d’inspiration, elle les trouve dans le reggae, l’afrobeat, la soul et le blues. Ses idoles d’hier sont restées celles d’aujourd’hui : Bob Marley, Fela Kuti et Tracy Chapman. Sa musique se nourrit toujours des styles ayant bercé ses premiers accords de guitare. Le mot « love » revient, de façon obsessionnelle, dans ses chansons. Elle avoue qu’elle a le plus grand mal à le rencontrer, cet amour. Quand elle ne compose pas, la chanteuse se penche sur le sort des plus démunis. Elle a créé Rope, une Ong destinée à défendre les enfants et les femmes victimes de mauvais traitements en Afrique, et s’investit particulièrement dans cette cause en Sierra Leone et au Nigeria. Nneka s’engage aussi contre Boko Haram. Une chanson de son nouvel album est consacrée à la secte. Cette part d’elle qu’elle essaie toujours de fuir, mais vers laquelle elle finit toujours par revenir. Au fond, c’est là que Nneka trouve ce supplément d’âme qu’elle cherche si activement de Lagos à Paris. C’est dans ce refuge musical et uniquement là que Nneka peut faire semblant de croire que sa vie tient encore et toujours du « conte de fées ».

Par Oumar BA

Révélé au grand public dans « Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? », le comédien congolais Pascal Nzonzi jouit d’une quarantaine d’années de carrière. Les mots, Pascal Nzonzi les aime, les délecte et les choisit avec soin. Derrière cette silhouette, se dégage une fierté renouvelée d’être africain.

Il a été seul sur scène avec « Cahier d’un retour au pays natal », d’Aimé Césaire. Il note que ce travail colossal l’a fait grandir. Il s’est isolé pendant un mois. « Pour entendre l’auteur me parler, saisir sa pensée, épouser son combat ». C’était un peu dangereux car plonger dans ce texte puissant vous amène très loin. Toutes ces souffrances du peuple noir dont il parle vous traversent. Comme s’il savait que si le comédien s’astreint à ne pas trahir un texte, l’homme, lui, ne doit pas se mentir à lui-même. Alors, les formules toutes prêtes, trop peu pour lui. Chaque parole est articulée, parfois chantée, avec ce timbre grave qui sied si bien à ceux qui ont grandi au théâtre. Ce fils d’agriculteur est né et élevé en Rdc. Il a grandi en Rdc, à Lutendele, un village au bord du fleuve Congo. À 18 ans, il découvre le théâtre à Brazzaville : il assiste à une pièce et comprend que sa place était peut-être là. Mais il est loin de se douter que cette activité pouvait constituer de métier ! Tout qu’il cherche, c’est perpétuer son amour des textes. Après avoir intégré le Théâtre National Congolais, il a l’opportunité de faire une formation à la Maison de la culture du Havre et découvre d’autres auteurs, modernes, contemporains… Puis, au Festival d’Avignon, il a joué Chant général, de Pablo Neruda. La salle était comble…Il sent alors la nécessité de franchir un palier. Peu importe la longueur de nos répliques, lorsque vous entrez en scène, vous êtes au centre de l’univers, se dit-il.

Le peu de comédiens noirs sur les écrans français serait, selon lui, inhérent au regard étriqué de la société. Une vision stéréotypée, ethnocentriste. Il ne croie pas au fait de « rendre visible » une minorité invisible : c’est un slogan, ça ne veut rien dire, à ses yeux. Il pense plutôt que les auteurs manquent d’inspiration, d’ouverture pour proposer autre chose aux acteurs noirs que des rôles de balayeurs, dictateurs ou dealers. Ce qu’on voit à la télévision, par exemple, n’est pas représentatif de la mixité culturelle de la France. Il s’est certes frustré, mais pas découragé. Il faut gagner sa place, travailler constamment même pour un petit rôle.

Dans ses déplacements, il ne se rend pas tout le temps en Rdc, mais beaucoup en Afrique de l’Ouest. C’est sa façon d’être Africain. «J’observe les mentalités, si différentes d’un pays à l’autre. Je m’intéresse à l’histoire. De grands guerriers de ces pays ont combattu les injustices, les invasions étrangères, l’esclavage. Nous n’avons pas courbé la tête comme certains le pensent ! Je suis fier d’avoir de tels ancêtres», souligne t-il. Quand il voit les masques africains dans les musées français, il dit avoir mal. Pourquoi ne sont-ils pas en Afrique ? Et on entend ces discours paternalistes qui prétendent que nous n’avons rien créé ? Mettre ces masques derrière des vitrines, c’est enfermer les esprits dont ils sont les intercesseurs. Leur fonction sacrée est transgressée.

C’est un triste constat: il n’y a pas d’industrie cinématographique. Où sont les salles de projection? Notre continent est riche, il y a des investisseurs, des hommes d’affaires… Pourquoi ne misent-ils pas sur ce domaine ? Il y a des écoles de footballeurs, on les entraîne et ils rejoignent ensuite des grands clubs en Europe. Pourquoi ne serait-ce pas pareil pour les acteurs ? Il faut créer des structures, former tous les corps de métier, produire des films. S’ils n’ont pas la possibilité de pratiquer leur métier, leur talent ne peut pas s’épanouir, relève-t-il.

Maître Gims n’a pas oublié d’où il vient. En décembre 2013, il est retourné dans sa ville natale, Kinshasa, pour s’y produire sur scène. Gandhi Djuna, son vrai nom à l’état civil, reste congolais, même si une procédure de naturalisation est en cours.

En 1988, son père, Djanana Djuna, musicien dans le groupe de rumba congolaise de Papa Wemba, fuyait Kinshasa et la dictature de Mobutu avec femme et enfants. Gims s’appelle encore Gandhi (du nom de l’idole de son géniteur) et n’a que deux ans. Mais, dès son arrivée en France, il est placé dans un centre social de Forges-les-Bains, dans l’Essonne, avec ses trois frères et sœurs. Leurs parents peuvent les récupérer uniquement le week-end et les emmènent où ils peuvent. Parfois chez des amis, parfois dans des squats. Pourtant, « plus Français que Gims ou Black M, c’est difficile à trouver, commente Laurent Rossi, directeur du label Jive Epic. Mais ils sont fiers de leurs racines : quand ils sont en Afrique, ils restent accessibles. Je n’ai jamais vu Gims refuser un autographe ou des photos, même après 2h30 de concert. Cela s’inscrit dans la tradition du show-business à l’ancienne, où l’on respecte énormément son public – et c’est l’une des clés de sa réussite. »

Son amour pour son continent natal n’est pas feint. En 2012, il chantait déjà dans « Sexion d’Assaut » : « Je ne suis qu’un Africain. Je veux marcher sur la lune mais l’avouer c’est m’humilier. Et tous les jours, mes frères meurent par centaines et par milliers. J’ai les cheveux crépus, je ne pourrais pas les gominer. » Gandhi grandit donc entre les coupures d’électricité, les visites de dealers, les expulsions. L’entrée au collège n’améliore pas sa situation : il dort dans la rue, dans des cages d’escalier, arrive en classe sans avoir fait ses devoirs. Mais il dessine et chante. De l’opéra, surtout. C’est un « enfant de la rue », comme il l’avouera plus tard, tout en ajoutant qu’il n’a jamais été « au mauvais endroit au mauvais moment ». Outre un bon sens qui l’empêche de tomber dans le trafic de drogue, sa persévérance et des (bonnes) rencontres l’aident à se forger un destin en or massif. C’est à l’école qu’il se lie d’amitié avec Maska, Barack Adama ou encore JR O Chrome, avec lequel il fondera Prototype 3015 puis, avec d’autres rappeurs du 19e arrondissement parisien, le collectif « Sexion d’Assaut » en 2002. Il se baptise « Le Fléau » avant de choisir à la fin des années 2000 le nom de Maître Gims – en référence aux mangas japonais qu’il affectionne. Après plusieurs mixtapes de haute qualité, le premier album officiel du groupe, L’École des points vitaux (2010) fait exploser sa carrière. Derrière ce succès, un soutien précieux : Badiri Diakité, alias Dawala. Arrivé du Mali à 11 ans sans parler un mot français, passionné de rap, ce dernier est un self-made-man qui a monté son label, Wati B. Il a veillé sur « Sexion d’Assaut » jusqu’à l’arrivée du label de Sony, Jive Epic, qui a signé en licence le groupe. Mais Dawala continue d’avoir plein pouvoir pour les décisions artistiques.

Parmi les chanteurs français les mieux payés
La tournée avec « Sexion d’Assaut » et le succès inattendu de son premier album solo, « Subliminal », vendu à 1 million d’exemplaires, le classe parmi les chanteurs français les mieux payés devant Johnny Hallyday. Gims frôle le burn-out. Il s’impose un break pour profiter de ses quatre enfants, élevés dans la religion qu’il a choisie à l’âge de 19 ans, l’Islam alors que ses parents sont chrétiens. Il recharge les batteries. « Je ne suis pas de ceux qui pensent que le rap devrait éternellement sentir le bitume, rester à jamais cloîtré dans un quartier à se plaindre », a écrit Gims sur les réseaux sociaux. Six millions d’abonnés sur Facebook, 1,67 sur Twitter, 1,1 million sur Instagram, 500 millions de streams vidéo et audio dans toute l’Europe de son dernier single (Est-ce que tu m’aimes ?), 1,2 milliard de vues sur l’ensemble de ses clips ! Maître Gims est une star. Alors que l’industrie du disque bat de l’aile, son second album, « Mon cœur avait raison », s’est vendu à 700.000 copies depuis 2015. En l’espace d’un mois, sa réédition bonus baptisée « À contre-cœur » s’est écoulée à 50.000 exemplaires. Et voilà qu’il prête sa voix au héros d’un nouveau jeu vidéo, Skylanders Imaginators. Rien que ça. Il prépare aussi une Bd et a déjà écrit ses mémoires, « Vise le soleil » (Fayard, 2015). Sa puissance vocale qui lui permet de toucher des gens qui ne seraient pas susceptibles d’aimer un rappeur. Dans ses concerts, on voit des enfants, de jeunes parents, des adolescents, des seniors… Mais il ne suscite pas la même sympathie qu’un Black M. On ne lui pardonnera pas de se laisser aller. C’est pour cette raison qu’il doit toujours avoir des titres qui surprendront le public.

Imany : La belle aux foulards

23 Nov 2016
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Répètera-t-elle le carton européen de son premier opus, The Shape of a Broken Heart, sorti en 2011 ? Son nouveau titre, dont le single « There Were Tears » a été dévoilé au public, est sensiblement plus orchestré, entre pop et variété, que les joyaux folk-soul épurés du disque précédent tels que le hit « You Will Never Know ». Son premier album, inspiré par ses peines de cœur, avait un feeling et un charme particuliers.

Ce qui lui a valu d’être disque de platine en France et en Pologne, et disque d’or en Italie, en Grèce et en Turquie. Depuis, Imany, de son vrai nom Nadia Mladjao, enchaîne les concerts, parle toujours d’amour dans ses chansons et lance aux filles des messages clairs, sur les scènes parisiennes où elle aime se produire, à la Bellevilloise, la Cigale ou le Trianon : « Si ça ne va pas, ne te change pas toi… Change de mec ! » Cette fille de militaire, née en 1979 à Martigues d’une famille d’origine comorienne, n’a jamais vraiment hésité à être elle-même. Elle a d’abord fait du saut en hauteur, pensé à des études d’histoire et au journalisme, avant de se faire repérer dans le métro parisien par une agence de mannequins. Partie à 19 ans à New York pour un contrat de trois semaines avec Calvin Klein, elle y restera sept ans, s’initiant au chant en marge des séances photo et des défilés. La bande-son de ses années new-yorkaises : Tracy Chapman, Lauryn Hill et Nina Simone. En 2008, lassée de « faire le cintre », elle quitte les podiums, et le petit studio de relooking qu’elle avait monté, pour revenir à Paris se lancer dans la chanson, avec sa sœur Fatou comme manager. Elle est vite repérée lors d’un gig dans un café parisien par Malick Ndiaye, patron du label sénégalo-parisien Think Zik!, qui produit aussi Ayo et Faada Freddy. Depuis ils ne se quittent plus – et se sont même mariés à Dakar.

Imany cultive son petit côté star inclassable et collectionne les succès tranquilles. Elle a ainsi signé, en 2013, la musique du film « Sous les jupes des filles», d’Audrey Dana, vu par 1,4 million de spectateurs en France. Une édition limitée de lunettes funky « Imany pour Alain Mikli » est sortie fin 2014. Et l’une de ses chansons, remixée en Russie, a été numéro 1 d’iTunes Russia début 2015, et sert de générique à une émission sur France 2.

La belle aux foulards comoriens régale avec ses conseils mode les pages people des magazines féminins, mais garde la tête sur les épaules. Elle a promis à ses fans de ne pas dévier de son cap folk et soul, pour céder aux tentations commerciales du R’n’B… En attendant la sortie de l’album, prévue en septembre, et les tournées qu’elle va enchaîner, Imany participe à des concerts pour récolter des fonds, en tant que marraine de l’association Endomind, pour lutter contre l’endométriose, une maladie encore mal connue qui atteint la fertilité des femmes. Et par-dessus tout, elle trace sa route. À son rythme.

Par Oumar BA

Sobel Ngom : Leader civique

21 Nov 2016
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Sobel Ngom est un jeune entrepreneur sénégalais de 25 ans qui a fait des études supérieures en communication à l’école supérieure de commerce Sup De Co à Dakar. Sobel a travaillé depuis 2010 pour une ONG internationale nommée ASHOKA en tant que responsable Afrique du programme Change Makers. A ce titre, il est chargé de bâtir et d’entretenir un réseau de plus de 2000 entrepreneurs à fort potentiel en Afrique. En 2011, il a rejoint l’équipe de People Input, la première agence digitale en Afrique Subsaharienne. Il devient le premier Community Manager à être reconnu sur le marché sénégalais, et est l’auteur du premier livre blanc faisant l’état des lieux des réseaux sociaux au Sénégal et au Cameroun. Particulièrement intéressé par les problématiques de développement et de politiques, Sobel a créé au sein de People Input, Social Marketing Agency dédié à l’accompagnement des ONG, des politiques et des acteurs de la vie publique et du développement pour lesquelles elle conçoit et elle met en œuvre des actions de marketing digital. Sobel est lui-même un entrepreneur et a lancé Social Change Factory, un centre de leadership civique pour les jeunes. Social Change Factory est le promoteur du grand show télévisé dédié à la jeunesse, la Voix des jeunes. En 2011, Sobel a été élu meilleur débatteur de l’année en remportant le concours national de débat, Débattons. Il a représenté le Sénégal au Young Africa Summit en 2012 et au forum mondial des politiques de jeunesse des Nations Unies en 2014. Son engagement en tant que leader de la jeunesse africaine a été reconnu en 2014. En effet, Sobel a été boursier de la première édition du programme Yali, Young African Leaders Initiative, du président Obama. Ses prises de position sont désormais célèbres car il s’est vu cité en référence par le président Obama à deux reprises lors d’allocutions officielles, notamment lors de la réunion de l’Union Africaine il y a quelques semaines. 

Jean-Godefroy Bidima est spécialiste de la théorie critique de l’école de Francfort, ancien directeur de programme du Collège  international de philosophie de Paris et professeur titulaire de l’université Tulane à la Nouvelle-Orléans où il occupe la chaire Yvonne-Arnoult. Bioéthique, anthropologie du droit, éthique médicale, esthétique, économie…, ses champs de réflexion sont nombreux et vastes. Penseur extrêmement fécond, ce philosophe camerounais de 58 ans s’efforce de lire notre monde à travers ses imaginaires et les rapports asymétriques de domination qui le structurent. Au fil de ses recherches, il forge une œuvre solide qui appréhende les réalités africaines et globales à travers les non-dits, déconstruit les faux-semblants et interroge les interstices et les marges. Auteur de « L’Art négro-africain » (éd. PUF, « Que sais-je ? », 1997) et « La Philosophie négro-africaine » (éd. PUF, « Que sais-je ? », 1995), Jean-Godefroy Bidima a créé le concept de « traversée » largement repris depuis par des penseurs plus connus comme son compatriote Achille Mbembe, afin de  dire « de quels pluriels une histoire déterminée est faite ». Plus qu’une idée-force, il manifeste l’envie de déceler le multiple et le divers.

Rama Thiaw : Caméra au poing

18 Nov 2016
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Primé à la Berlinale en mars, le documentaire de 110 minutes de cette réalisatrice sénégalaise sur le mouvement citoyen « Y’en a marre » confirme un vrai talent : celui de Rama Thiaw, 38 ans, une battante à l’esprit rebelle qui a grandi entre la Mauritanie, la banlieue dakaroise de Pikine et la France. Elle y a étudié l’économie à la Sorbonne et le cinéma à Saint-Denis, avant de s’emparer d’une caméra et de sujets de société qui lui tiennent à cœur. Mère en France d’un garçon prénommé Kaya – en hommage à Bob Marley –, elle revendique ses origines populaires et africaines. Remarquée dès 2011 grâce à « Boul Fallé », un documentaire sur l’engouement des jeunes pour la lutte traditionnelle au Sénégal, Thiaw assume une manière très personnelle de filmer, s’attardant avec poésie sur les corps des lutteurs dans leur ballet, qu’elle voit comme l’incarnation d’un espoir : « Redevenir ce que nous sommes, de nobles guerriers. »

Son dernier film, déjà culte au Sénégal au moment de son tournage, s’intitule « The revolution won’t be televised » (« La révolution ne sera pas télévisée »), un titre inspiré par Gil Scott Heron, poète africain-américain (1949-2011) et l’un des parrains du hip-hop. Un paradoxe, aussi, car les images montrent des caméras et des objectifs braqués sur les trois camarades de lutte, Thiat et Kilifeu (deux rappeurs du groupe Keur Gui) et leur ami journaliste Fadel Barro, fondateurs en janvier 2011 du mouvement « Y’en a marre ». Leur mobilisation visait à empêcher le président Abdoulaye Wade de se maintenir au pouvoir, en faisant modifier la Constitution, comme cela arrive en toute impunité sous d’autres cieux.

Rama Thiaw rythme le début de son film d’images d’archives, retraçant avec précision le film des événements. Où l’on voit la rue s’enflammer, littéralement, dans des scènes de colère qu’elle contribue à fixer dans les mémoires, des morceaux d’anthologie qui ont inspiré les jeunes bien au-delà des frontières du Sénégal – au Burkina Faso et en République démocratique du Congo (Rdc) notamment.

En filigrane, la réalisatrice filme aussi la valse médiatique autour du mouvement. Entouré dès le départ de jeunes journalistes européens fascinés, « Y’en a marre », dont on comprend comment le leadership s’est construit dans des périodes de tension intense, n’a été reconnu par la diplomatie occidentale que sur le tard, en 2013, une fois la bataille finie, par les visites officielles de Barack Obama et du ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.

Son sujet s’est imposé à elle avec la force de l’évidence : « Je n’ai jamais rencontré des artistes aussi intègres, si intègres que les filmer est devenu forcément nécessaire, ne serait-ce que pour me dire que je ne rêvais pas », dit-elle. Le documentaire, qui fait le tour des festivals de la planète, a été montré à Milan, Buenos Aires, Toronto, Munich, Varsovie, Bruxelles, Seattle, Durban et Lausanne au mois d’août. En mélomane engagée, Rama Thiaw ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Son prochain projet, qui promet de faire couler de l’encre, porte sur le reggae en Afrique : d’Abidjan à Johannesburg, l’histoire d’une passion et d’une force positive, comme elle.

Son œuvre semble peu africaine mais constitue pourtant l’une des plus importantes et des plus significatives du renouveau de la pensée critique du continent. Résolument inscrite dans les traditions philosophiques occidentales, la réflexion de Kwame Anthony Appiah puise sa source dans son  histoire  familiale et son double héritage culturel, ghanéen et britannique. Le cosmopolitisme n’est pas seulement une question théorique, c’est une éthique et une pratique pour celui qui a grandi au Ghana avant de  mener ses études supérieures en Angleterre et de s’installer aux Etats-Unis, où il a enseigné dans les plus prestigieuses universités. Ainsi qu’il le raconte, Appiah s’est toujours efforcé d’obéir au vade-mecum de son père : « Souvenez-vous que vous êtes des citoyens du  monde, et travaillez à le  quitter meilleur que vous ne l’aurez trouvé. » La pratique africaine de la philosophie, telle qu’il la mène combine l’étude historique, l’analyse conceptuelle et l’approche anthropologique, mais surtout illumine des questions centrales pour la philosophie occidentale. Concilier le singulier et l’universel, le différent et l’en-commun, c’est refuser les assignations identitaires. Cette démarche, Kwame Anthony Appiah en a fait sienne.

De la libération de l’Afrique à l'abandon du Franc Cfa, l'idéologue africain installé au Sénégal prêche un souverainisme du continent africain aux quatre coins du monde. Partout où il passe, Kemi Seba séduit, irrite. Fiché S, interdit de conférence en Allemagne, contrôlé systématiquement aux aéroports, il est dans le viseur des autorités européennes et se présente volontiers comme un persécuté de l’establishment. Originaire de la région de Strasbourg, où il a très tôt été confronté au racisme, il a transformé sa douleur en art de la provocation. Dans les années 2000, il fonde la Tribu Ka, collectif dissous par le gouvernement français en 2006 pour « apologie de la suprématie noire ». Il affiche, avec fierté, son antisionisme et sa proximité avec la fachosphère de l’Hexagone, alors incarnée par Dieudonné et Alain Soral, et fera en tout quatre mois de prison ferme.

Il s’investit ainsi pleinement dans le combat de son « ami » Biram Ould Dah Abeid, président de l’Ong Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (Ira), figure de proue du militantisme antiesclavagiste en Mauritanie, régulièrement dans le collimateur de Nouakchott. Pour donner corps à ses ambitions, il lance une Ong, Urgences panafricanistes, qui souhaite apporter une aide médicale et scolaire sur les terrains de conflit en Afrique et ainsi faire contrepoids aux Ong occidentales.

Après avoir publié trois essais (Supra Négritude en 2013, Black Nihilism en 2014 et Obscure Époque en 2016) et animé, pendant deux ans, une chronique dans un talk-show au Sénégal, où il vit désormais, Kemi Seba est parvenu à populariser ses idées panafricanistes et anti-impérialistes dans la région. Inlassablement, il dénonce les deux maux qui gangrènent, selon lui, les sociétés civiles africaines : le « colonialisme exogène des Ong et des chancelleries occidentales » et « celui, endogène, des ploutocrates africains ».

Il profite de son aura médiatique pour inscrire son combat dans une tendance fédératrice : celle du souverainisme. Pour Kemi Seba, Gbagbo est un cas d’école : « Je garde une distance critique par rapport à lui. Mais sa place n’est pas à La Haye. J’ai l’impression que la justice internationale ne concerne que les pauvres », explique-t il dans les colonnes de Jeune Afrique. Pour lui, la libération de Gbagbo n’est pas une question d’idolâtrie, mais une question de souveraineté africaine !

Le franc Cfa, perçu comme un instrument de domination économique, en prend au passage pour son grade. Des arguments qui font mouche à chaque fois. Il cite Cheikh Anta Diop, Patrice Lumumba, Thomas Sankara et revendique une double filiation avec Marcus Garvey, chantre jamaïcain de l’union mondiale des Noirs, et René Guénon, penseur franco-égyptien qui lui a « permis de comprendre la profondeur du drame capitaliste ». Formé pendant sa jeunesse au sein de la branche française de la Nation of Islam (Noi), il a conservé les techniques oratoires qui ont fait le succès de l’organisation politico-religieuse américaine. Chacun de ses discours est un véritable prêche. Et ses jeunes auditeurs boivent ses paroles.

Source : Jeune Afrique

Ce Sénégalais, descendant de Bouna Alboury Ndiaye, s’est fait une place en or dans le business de la Nba. Il fait office d’intermédiaire pour les contrats des Français du basket américain.

Bouna Ndiaye a réussi sa vie : pour ses 50 ans, il a reçu une Rolex. Ce n'était pas une promesse gratuite. Il a de quoi s’offrir un tel privilège, l’homme fait office d’intermédiaire dans l'export de joueurs français à la Nba. Bouna Ndiaye débarque adolescent en France, en provenance du Sénégal, avec quatre frères et sœurs et sa mère, petite-fille d'un colon français. Le père, entrepreneur et diplomate, est resté au pays. Contrairement à la plupart des jeunes de banlieue, les études lui tentent. Pour financer son cursus en économie d'entreprise, il nettoie les ¬avions à Roissy et organise des soirées sur le campus.

Son sourire enjôleur et un sens certain du contact tissent les premiers réseaux. Bouna était très présent dans le phénomène Streetball des années 1990. Il avait un côté grand-frère pour les joueurs de banlieue parisienne. Bien qu’il soit toujours obnubilé par le basket, il fut un joueur modeste, en -deuxième division, avec un salaire de 8.000 francs français par mois. Avec ComSport, l'idée est de dénicher les joueurs à fort potentiel pour les développer jusqu'en Nba. A force de détermination et d’abnégation, la planche à billets finit par chauffer. De quoi offrir à cet élastique de 2,16 m la plus grosse fiche de paie du sport français : plus de 23 millions d'euros annuels. Total des nouveaux contrats : 371 millions de dollars. Le pactole ne passe pas inaperçu, même dans une ère d'opulence née de droits télé. Au passage, une commission de 4 % et de sacrés galons pour l'agent, négociateur à sang-froid mais mine de gamin réjoui une fois apposée la signature en bas de page. Si Tony Parker est démarché en vain, l'escouade finit par prendre forme. Ndiaye passe en force, en attaquant la puissante association des joueurs Nba. Mais le rêve américain passe par une licence. Pour l'obtenir, un numéro de Sécu local est impératif. Derrière sa réussite, se cache des moments caractéristiques de rudes épreuves.

Bouna s'est souvent fait plaquer. En 2005, la draft, foire aux jeunes joueurs appelés à intégrer le grand monde, dessine un autre tournant. Le départ le plus douloureux ? Celui de Ronny Turiaf, à l'orée d'un contrat de 17 millions de dollars. Pour mieux s'affranchir, Ndiaye s’est installé à Dallas avec sa femme et ses enfants. C'est là-bas qu'il avait placé son premier joueur. Vingt ont suivi. En tête de gondole, Nicolas Batum, pris en main à 16 ans, dont la trajectoire exponentielle a permis de lever les doutes sur le savoir-faire du chaperon. Dans le landerneau français, les jalousies bruissent mais jamais publiquement. Quarante ans qu'il n'était pas retourné à Linguère, 300 km au nord-est de Dakar. On l'a accueilli avec égards, pas tant pour saluer son succès que sa généalogie. Il a envie de perpétuer la trace familiale, projette d'y construire une école. Autour, il y aura des terrains de basket.

Mohammed Dewji est un entrepreneur tanzanien qui a transformé l'héritage familial en un groupe diversifié. Mohammed Dewji dirige un groupe qui réalise près de 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Un ancien groupe de négoce dont il a hérité et qu’il a transformé notamment dans l’industrie, la téléphonie, l’électronique et qui possède une trentaine d’usine dans son pays, la Tanzanie.

Mohammed Dewji a mis quelques années avant de s’imposer comme un patron incontournable. Ces dernières années, il est devenu l’un des dirigeants les plus en vue d’Afrique : depuis 2012, il enchaîne les récompenses. En 2014, il fait notamment partie du classement des dix personnalités africaines les plus puissantes. La même année, il intègre le top 100 des jeunes leaders économiques dans le monde. L’année suivant, il est nommé dirigeant de l’année par African Business Magazine. Si Mohammed Dewji réussit, d’ici à 2018, à atteindre les 5 milliards de dollars de chiffre d’affaires, il pourrait rapidement rejoindre les plus grands du continents.

Parmi les cent personnalités du classement Forbes des personnalités africaines les plus riches, Mohammed Dewji fait figure d’exception. A seulement 40 ans, il cumule une fortune de 1,1 milliard de dollars. Assez pour être l’un des 23 milliardaires que compte l’Afrique. Surtout, il est le plus jeune de ce classement. « L’une des figures de proue de cette nouvelle génération d’entrepreneurs africains », résume Le Monde. Malgré son jeune âge, Mohammed Dewji a déjà un CV impressionnant : depuis 2011, il est à la tête de l’entreprise familiale, MeTL. Une entreprise qu’il a métamorphosée depuis son arrivée. Depuis sa prise de fonctions à la présidence du groupe, il en a fait le plus gros conglomérat de Tanzanie, avec des statistiques extraordinaires : il a notamment multiplié par quarante le chiffre d’affaires de la société. Ce dernier dépasse le milliard de dollars depuis désormais deux ans. Et c’est loin d’être fini… D’ici à 2018, Mohammed Dewji veut «passer de 24 000 à 100 000 employés. » Surtout, il veut encore multiplier par cinq le chiffre d’affaires du conglomérat. Un objectif qui pourrait être atteint, tant l’internationalisation de MeTL est en marche.

Car son conglomérat est bien plus qu’une société tanzanienne. Mohammed Dewji voit plus grand que le marché de son pays : MeTL exporte déjà ses produits dans huit pays de la sous-région. Dans tous les secteurs : savons, détergents, textile, huiles de cuisine. En tout, le milliardaire est à la tête de 25 sociétés et possède plusieurs dizaines de marques. Le tout, produit dans une trentaine d’usines un peu partout dans le pays. Il est loin le temps où Mohammed Dewji était encore sur les bancs de la Georgetown University, aux Etats-Unis. Ce n’était pourtant qu’en 1998.

Alek Wek a su donner un nouveau souffle à l'univers de la mode. Défiant les préjugés, elle s'impose comme l'une des premières africaines à faire la couverture de magazines occidentaux réputés. Elle ravit les grandes maisons et marques. Elle est également investie dans de nombreuses associations humanitaires. 

Après ses premiers pas dans la musique, Alek Wek intègre le monde de la mode et est élue en 1997 « Mannequin de l'année» par MTV. Elle est le premier top africain à apparaître en couverture du magazine « Elle », la même année. Repérée par de nombreuses marques, sa carrière décolle et elle pose pour des publicités. Alek est également très sollicitée sur les podiums et elle défile pour Shiatzy Chen, John Galliano, Chanel, Donna Karan, Calvin Klein, parmi d'autres. Dès lors, elle s'investit énormément au sein d'associations humanitaires : porte-parole de Médecins sans frontières au Soudan, membre du Comité américain pour les réfugiés, elle est très attachée à son pays d'origine.

Elle vit aujourd'hui à New York avec son conjoint Riccardo Sala. Elle est la septième d'une famille de neuf enfants. Alek Wek est née au Soudan. Elle y vit un véritable drame lorsque la guerre civile éclate dans son pays. Elle assiste à des enlèvements, à la destruction de son village et fuit vers la capitale avec sa famille. Malheureusement, son père, blessé, est transporté à l'hôpital et meurt peu après. Alek Wek décide de partir rejoindre l'une de ses sœurs installée à Londres, en 1991, en compagnie de sa mère et d'une  autre sœur. Les autres membres de la famille trouveront refuge plus tard au Canada ou en Australie. En 1995, alors qu'elle se promène à Londres, Alek Wek est repérée par l'agence Models 1. Elle commence à apparaître dans des clips vidéo de Tina Turner et de Janet Jackson, nous sommes en 1997. Plus tard, elle crée une ligne de sacs baptisée « Wek 1933 », en hommage à son père né cette année-là.

Elle a été choisie pour figurer dans le juré du prix de la mode africaine, à Johannesburg.

Par Oumar BA

Dans sa livraison n°597 du 09 au 15 novembre 2007, l’hebdomadaire Nouvel Horizon révèle que « l'Anoci a adoubé la Société Tse de Cheikh Amar pour la réalisation d'un projet immobilier de très grande envergure, qui sera implanté sur l'emprise de l'Aéroport international LSS de Dakar Yoff ». « Ce projet dit des villas présidentielles de l'Oci », poursuit l'hebdomadaire dakarois, « serait estimé autour de 15 milliards de FCfa. Il s'agit d'un complexe immobilier de plusieurs villas de très haut standing pour accueillir les grosses pointures politiques du prochain sommet de l'Oci, en mars 2 008 ». L'heureux bénéficiaire de ce projet qualifié de pharaonique par N.H. « a déjà obtenu des services de l'Etat toutes les autorisations requises pour la mise en valeur du vaste terrain qui lui a été attribué ».

Elu « Homme de l’année » par le jury des « Sedar » de Nouvel Horizon en 2008 et en 2010 – une première –, le patron de TSE-TRE est une belle réussite dans le monde des affaires sénégalais. Inconnu du grand public il n’y a guère longtemps, le frère d’Ameth occupe aujourd’hui une place enviable au box-office des célébrités sénégalaises. Pas un album (de mbalakh) ne sort aujourd’hui sans qu’une chanson ne lui soit dédiée. Youssou Ndour him self y est allé de sa chansonnette. Cheikh a cherché la notoriété, la célébrité et l’a obtenu. Le directeur général de Tracto Services Equipement (Tse) est donc un homme ambitieux qui doit, en grande partie, sa réussite à la première alternance sénégalaise.

Arrivé en France après le bac pour les besoins de ses études en 1991, il faisait de petits boulots pour pouvoir financer ses études commerciales. Son Bts commercial en poche, il créé une petite entreprise qui s’occupe de transit et vend aussi des voitures. En 2001, il lâche tout et rentre au pays sur demande du défunt Khalife des Mouride Serigne Saliou Mbacké, son marabout. Il se lance dans l’importation des matériels agricoles. Khelcom et quelques paysans lui servent de tremplin et l’ex-pensionnaire du lycée Delafosse en fait un filon qui lui permettra de créer en 2002 Tracto Services Equipement (Tse).

Depuis plus d’une dizaine d’années, il dirige Tracto services équipement (Tse), une société anonyme qui épaule les paysans en leur vendant des matériels agricoles importés d’Inde. Mais c’est surtout le coup de pouce de son marabout et du président Wade qui lui permet de décoller. Il fait la connaissance de Me Wade en 2003 lors d’une foire agricole. Ils se retrouveront à Touba où le marabout l’introduit auprès du Président. Wade multiplie les marchés pour son coreligionnaire en mouridisme. L’effet boomerang est positif.

Les agences de l’Etat lui font confiance aussi. L’heureux bénéficiaire du projet pharaonique des villas de l’Anoci a déjà obtenu des services de l’Etat toutes les autorisations requises pour la mise en valeur du vaste terrain qui lui a été attribué. Il revient à la charge en fournissant à l’État, plus exactement à Me Wade, les 510 tracteurs et les 800 motopompes qui avaient été réceptionnés en grande pompe au Cices (coût estimé de ces équipements : 16 milliards de FCfa). C’était le 8 février 2006.

Présent dans la riziculture, du nord au sud du Sénégal, Cheikh Amar se signale presque dans tous les secteurs touchant l’économie du pays. En 2010, il a multiplié sa présence dans certaines entreprises nationales. Récemment, il a été nommé Pca de Seniran auto après son entrée remarquable dans le capital de cette société. Lorsque le chef de l’Etat a été invité aux Usa pour rencontrer les investisseurs noirs américains, c’est Cheikh Amar qui a été désigné pour représenter le Sénégal et toute l’Afrique de l’Ouest. Après avoir lancé son entreprise TRE spécialisée dans l’immobilier, M. Amar est en train de finaliser son grand projet immobilier «Touba Almadies ».

Par Sidy DIOP

Le gymnase mal éclairé retentit du bruit mat des corps sur les tapis d'entraînement. La lutteuse sénégalaise Isabelle Sambou s'y prépare pour les jeux Olympiques de Rio (5-21 août), rêvant de médaille pour son pays où la lutte traditionnelle et ses champions masculins écrasent la concurrence. Entre une séance technique au Centre international de lutte olympique de Thiès, à 70 km au nord-est de Dakar, et une autre plus physique, Sambou (35 ans), neuf fois championne d'Afrique de lutte féminine dans la catégorie moins de 48 kg, se repose dans sa petite chambre en compagnie d'Evelyne, sa sœur cadette, elle aussi lutteuse. Les deux sœurs suivent sur leur téléviseur cathodique un combat masculin de lutte sénégalaise, dont les champions, dans sa version avec frappe, sont des idoles dans le pays.

"Petite, je faisais de la lutte avec frappe dans le sable. Un jour, mes frères m'ont vue et m'ont dit : +Tu es forte, tu devrais faire de la lutte olympique+", raconte la jeune femme, originaire de Casamance, dans le sud du Sénégal. Elle commence par refuser, puis finit par s'essayer à cette variante de son sport, impliquant tout le corps pour faire tomber l'adversaire.

Avec son 1,52 m, elle se lance en 1999, à l'âge de 19 ans, et participe dès 2001 à sa première grande compétition. Cinq ans plus tard, elle devient championne d'Afrique pour la première fois. "La lutte traditionnelle, c'est dans les villes et les villages, alors qu'avec la lutte olympique, tu défends les couleurs de ton pays dans le monde", estime la lutteuse, les yeux brillants.

Aux Jeux de Londres en 2012, elle a ainsi obtenu la cinquième place, soit la meilleure performance africaine de tous les temps, hommes et femmes confondus. "On passe de la lutte traditionnelle à la lutte olympique pour une seule raison : se qualifier pour les Jeux. C'est pourquoi, ici, on met tout en place pour développer les structures et la préparation", explique Vincent Aka-Akesse, olympien à trois reprises en équipe de France et directeur du développement de la lutte en Afrique.

'Marche à franchir'
Depuis sa qualification en avril pour les Jeux de Rio, qui seront ses derniers, la préparation de la lutteuse s'est intensifiée. Accompagnée de lutteurs et d'entraîneurs internationaux, elle enchaîne trois séances par jour pour réaliser son rêve. Course à pied dès 07h00 du matin, entraînement technique en début d'après-midi, suivi de combats face aux meilleurs lutteuses et lutteurs du continent : le programme est exigeant. Les entraîneurs aussi. "Pour obtenir une médaille, il ne manque pas grand-chose. Il y a une toute petite marche à franchir. C'est la raison pour laquelle on a fait venir des entraîneurs d'Europe de l'Est. Ils ont une culture de la lutte et savent préparer ces grandes compétitions", ajoute Vincent Aka-Akesse.

Un entraîneur et un préparateur physique bulgares sont aux côtés de Sambou et des deux autres athlètes qualifiés pour Rio. Le premier, Nikolay Minchev, 36 ans de carrière, dont cinq à Thiès, participe aussi à ses tout derniers Jeux. "Isabelle est l'athlète la plus expérimentée du circuit. Elle a de très bons appuis, est très offensive et défend très bien. Tout est réuni pour qu'elle obtienne une médaille, peut-être en or, cet été", assure-t-il, tee-shirt aux couleurs de son pays sur le dos. Le second, Nick Stanchev, plus jeune, est arrivé mi-mai avec mannequins en mousse, cordes et poids de musculation. Un matériel de professionnel afin de préparer les meilleurs lutteurs du continent africain dans les mêmes conditions que leurs concurrents de pays plus développés.

Ambassadrice de l'Afrique
"Nous connaissons déjà ses adversaires, on a le temps de travailler stratégiquement sur chacune d'entre elles. Je leur répète toujours : vous vous entraînez pour battre les Russes, les Américaines, donc il faut voir ce qu'elles font, comment elles se préparent. C'est pour ça qu'on met les moyens", détaille Vincent Aka-Akesse.

"Les talents comme Isabelle sont présents en Afrique. Maintenant, il faut mettre en place une structure et un parcours d'excellence pour qu'ils puissent rivaliser avec les meilleurs", développe l'ancien lutteur.

Sa cinquième place à Londres a permis à la Sénégalaise de changer de dimension. En 2013, la Fédération internationale de lutte l'a nommée ambassadrice du Super 8, campagne qui promeut la participation féminine dans la lutte, puis en 2015, meilleure lutteuse africaine de la décennie.

Mais au Sénégal, être une femme dans ce sport essentiellement masculin est très mal perçu. "J'ai tout entendu : +Tu vas devenir un homme, tu ne trouveras pas de mari+", se souvient la lutteuse, qui souhaite fonder une famille après cet ultime défi. A la fin de l'entraînement, les athlètes se saluent. Haletante, Isabelle Sambou se met à l'écart pour récupérer près de la fenêtre. Sur les murs qui entourent le centre, plusieurs dessins grandeur nature symbolisent les différents sports olympiques. Le tout dernier représente la championne, remportant un combat face à une lutteuse bissau-guinéenne.

AFP

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