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Tapis Rouge

Tapis Rouge (13)

Germaine Acogny est de ces âmes qui voguent en silence vers des rivages où affleurent des émotions à la fois violentes, tendres et profondes qui la gagnent elle-même, nous envahissent et nous emportent dans un quelque part où la gestuelle fait sens. Elle est un univers poétique, discursif, de rencontres et de synthèse. Car, celle qu’on appelle affectueusement et légitimement la mère de la danse contemporaine africaine opère une exquise greffe (qui a pris) entre les danses traditionnelles africaines et celles-là occidentales pour être à la charnière du « local » et du « global » et décliner un message d’humanité. 

Son génie est reconnu ici. Il est célébré ailleurs. Les éloges décernés ne sont jamais assez répandus pour les âmes qui s’échinent à dessiner des mondes possibles et à secouer notre intérieur. « Mama Germaine » ne faisait pas (l’on peut aussi employer par prudence parce que les danses africaines respectent le corps selon elle) que se mouvoir le corps. Elle incarne des vies, explore des possibilités, stimule des imaginaires et les développe avec l’autre pour créer une fusion avec les « Esprits », avec la nature. Avec le néant aussi.

Ici, au Sénégal, terre qu’elle a foulée à l’âge de cinq ans, elle a été faite « Chevalier de l’Ordre national du Lion », « Officier des Arts et des Lettres »… Ailleurs, en France, une de ses terres de prouesse, elle est faite « Chevalier de l’Ordre du mérite », « Officier des Arts et des Lettres », « Chevalier de l’Ordre de la Légion d’honneur », élevée au rang de « Commandeur dans l’Ordre des Arts et des Lettres » et, le mois dernier, au rang d’« Officier de la Légion d’honneur ». Les hommages d’admiration et de respect dont elle a été comblée, dans toutes les sphères de « décryptage » de sa gestuelle, témoignent de sa grandeur d’âme et de sa foi en la mission qu’elle s’était destinée à accomplir. Honneur ne saurait être plus réconfortant que celui-là après lequel on ne court point. Et la « divinité des sables », pour ainsi reprendre des éloges d’autres cieux, poursuit sa promenade de grâce le long d’une allée où le silence d’humilité est rythme ; et le mouvement, tout un pan de notre aventure collective consigné. Car, dans le continent noir, le corps, plus que l’écrit, est un espace de mémoire. En 2014, elle est classée par le magazine « Jeune Afrique » parmi les 50 personnalités africaines les plus influentes dans le monde. « Jeune Afrique » accompagnait cette reconnaissance de ces mots dont le Sénégal et l’Afrique peuvent tirer fierté : « Germaine Acogny a fait sortir la danse africaine de son ghetto folklorique pour la hisser au rang d’art noble, forgé au cours de longues années d’apprentissage – loin des clichés qui voudraient que la danse en Afrique, on ait ça dans le sang ».

Le temps la vénère
Le temps est complice d’une œuvre utile, accomplie. Celle de Germaine Acogny est magistrale. Il y a un fait loin d’être anodin qui en atteste. L’actuelle directrice du ballet la Linguère du Théâtre Daniel Sorano, fleuron national et « temple » d’exploration et de consignation des identités culturelles, Ndèye Bana Mbaye, fut son élève à Mudra-Afrique (école de danse fondée par Maurice Béjart, en 1977, avec le soutien du poète-président Léopold Sédar Senghor). Germaine Acogny en était la directrice. Ndèye Bana Mbaye se faisait alors appeler « Acogny 2 ». En outre, la plus grande salle de spectacle du Sénégal, le Grand Théâtre, est dirigée par Keyssi Bousso, également un ancien pensionnaire de cette grande école fermée en 1982. Ils ont fait leur chemin et investi d’autres univers de rythmes, mais l’âme de la « pionnière » les (nous) peuplera éternellement.

Il y a toujours un geste, une parole, un lieu, un événement, qui nous rappellent l’auteure du livre « Danse africaine » édité dans plusieurs langues. Elle évoque même notre cheminement collectif. Alors que les autorités de la jeune République du Sénégal s’échinaient à asseoir une indépendance économique et politique, Germaine Acogny, elle, s’attachait à instaurer notre « souveraineté culturelle », à forger notre identité. Qui n’a pas frémi devant les spectacles offerts par les corps domptés des majorettes du Lycée John Fitzgerald Kennedy à l’occasion des fêtes de l’indépendance ? Qu’il aurait été incommode de célébrer des rythmes d’ailleurs les jours d’affirmation de notre souveraineté. Rien que pour avoir écourté cet affront, l’inspiratrice de cette chorégraphie mérite que nous nous répandions en éloges sur la fondatrice, en 1985, du studio-école Ballet-théâtre du 3e monde à Toulouse. Tout autant que le défunt percussionniste, Doudou Ndiaye « Rose », qui l’accompagnait dans cette noble entreprise d’affirmation de notre être profond. Germaine Acogny embrasse d’autres cultures sans perdre ce qui la rend unique : demeurer elle-même comme pour narguer le temps.

Ame généreuse
La danseuse et chorégraphe confiait à la journaliste de Radio France internationale Sarah Tisseyre ceci : « La danse n’est pas innée. Nos danses patrimoniales et traditionnelles sont extrêmement complexes. Elles nécessitent un apprentissage. Moi, j’ai pris l’essence des danses traditionnelles d’Afrique de l’Ouest et celles que j’ai apprises en Europe, et j’ai créé ma propre technique où les mouvements sont initiés par la colonne vertébrale ». L’ancienne directrice artistique de la section danse d’Afrique en création à Paris et des rencontres chorégraphiques de danse africaine contemporaine ne s’est pas contentée de la gestuelle de sa grand-mère, prêtresse Yorouba, ni des danses sénégalaises qu’elle a apprises, encore moins de la parodie presque dédaigneuse de ceux-là qui ont eu la chance d’apprendre les danses occidentales. Germaine Acogny s’est forgée une identité. Et le monde lui reconnaît sa technique. Des danseurs de tous les horizons s’y meuvent.

Un mot pourrait résumer l’œuvre de la franco-sénégalaise d’origine béninoise : partage. Elle a partagé ses émotions sur les scènes du monde mais surtout ses connaissances, son savoir-faire. L’Ecole des sables, une institution unique dans son genre en Afrique, bourg côtier de Toubab Diaw, qu’elle a fondée avec son époux Helmut Vogt, en est une illustration achevée. Elle organise des stages de formation professionnelle pour les danseurs d’Afrique et du monde. Patrick Acogny, son fils, chorégraphe également, en est le directeur artistique. Elle s’emploie à ce que le danseur se serve de son corps comme d’une « plume pour écrire un poème dessiné dans l’espace ». Quand le geste est poésie, la parole pour le traduire est image.

Par Alassane Aliou MBAYE

Last modified on lundi, 12 juin 2017 15:52

1- L’homme d’Etat
Au-delà des clichés d’un homme secret, que retenir de l’homme au parcours politique si dense ? Une longue silhouette mince mais étonnamment majestueuse qui se distingue de tous les autres. En plus d’un homme strict, avec une réserve qui est le signe d’une grande sérénité, il est également un grand homme d’Etat. Acteur de la vie politique au Sénégal comme il le rappelle si bien dans ses mémoires, il a été aux abords comme au sommet de l’Etat. En effet, pendant quarante années de vie publique, l’ex-chef d’Etat a entendu, il a vu, il a fait et défait, il a aussi subi. De 1960 à 2000, il a été au service de son pays où il a été, tour au tour, haut fonctionnaire, directeur de cabinet, secrétaire à la présidence de la République, Premier ministre et, enfin, président de la République. Il est l’incarnation de la discipline républicaine pour ne pas dire senghorienne. L’administrateur a d’abord été militant de base de l’Union progressiste sénégalaise (Ups), responsable d’Union régionale, secrétaire général adjoint, secrétaire général du Parti socialiste (Ps), puis président du parti. Quoi de plus progressif et progressiste qu’un tel parcours !

En effet, quand son parti se déchire au nom d’intérêts particuliers et sous l’empire d’une indiscipline notoire d’une jeunesse impatiente qui n’a plus de références, il est judicieux d’interroger à nouveau l’histoire des hommes politiques de ce parti. Ce dernier a la tradition et le grand souci de construire politiquement ses leaders. L’exemple du Lougatois en est une parfaite illustration. Témoin des mutations politiques, son enfance et son adolescence furent façonnées dans le tourbillon d’une famille senghoriste devant faire face à une forte adversité politique. Une adversité qui s’est accentuée au fil des années, notamment avec le multipartisme. Sans l’avoir cherché, il se retrouve dans le cercle des rares senghoristes des années « 50 ».

Bon militant, brillant étudiant et excellent administrateur, les prémonitions de François Luchaire, directeur de l’Enfom à l’époque, faisant état d’« un élément de choix pour une administration de conception », avaient fini par se matérialiser. Major de sa promotion, dans un pays nouvellement indépendant qui veut assurer son développement, l’ancien directeur de la coopération technique internationale avait sa place dans l’administration. Ministre du Plan et de l'Industrie de 1968 à 1970, année où il fut nommé Premier ministre.

2- L’homme de la méthode
31 décembre 1980 : Senghor avait décidé de démissionner librement, laissant son fauteuil à ce brillant cadre de l’administration qui, à vingt cinq ans, est devenu gouverneur, à trente cinq ans, ministre du Plan, à quarante cinq ans, Premier ministre, à cinquante cinq ans, président de la République. De cette coïncidence, un chanteur de son époque lui avait collé le nom de numéro dix. La relève fut assurée, mais le contexte, en plus des hostilités des barrons du parti « hérité », n’était pas favorable. La sécheresse qui frappe à la porte des pays du Sahel les dépouillant de leur richesse animale et végétale comme une femme à qui on aurait rasé la chevelure. Durant des années, les pluies avaient manqué et la famine sévit dans le monde rural à forte composante paysanne. Une telle situation ajoutée aux politiques d’ajustement structurel (Pas) des années « 90 » avait coupé le souffle vital à la quasi totalité des pays de la sous-région. Face à des Etats qui n’étaient plus à mesure d’assurer le payement des salariés, il fallait être un homme d’Etat et un vrai pour contourner les émeutes et putschs militaires. Ceux qui lui en ont voulu parce qu’il s’était plié devant le diktat des institutions financières, notamment la Banque mondiale (Bm) et le Fonds monétaire international (Fmi), avaient-ils oublié que le Sénégal, en plus des services, n’avait que son arachide pour faire marcher la machine économique ? Ainsi, la dévaluation de la valeur monétaire comme les départs volontaires ne s’étaient-ils pas imposés à nous pour décrocher des financements ? Et là, l’éternelle grande question.

Cependant, ce qu’on retient de l’histoire si elle n’est pas déformée pour des soucis de mise en valeur de soi ou par adversité éternelle, intelligemment et avec beaucoup de méthode, l’homme politique Abdou Diouf a pu jouer sa partition et contribuer à la construction de la nation sénégalaise, mais aussi développer des valeurs même si son bilan politique reste contesté et contestable. Et j’insiste bien sur le mot valeur, car c’est ce que le pays a le plus besoin actuellement. La sanction pénale peut être une mesure dissuasive, mais tient difficilement face à la gourmandise des hommes envers l’argent. Les scandales financiers perpétués depuis les années 2000 trouvent leur origine dans les tares d’une société qui a perdu ses valeurs cardinales dont et surtout le « diomb » (ce que l’homme s’interdit de faire). Avec cette qualité, la métaphore de « je ne suis pas le premier ni le dernier à le faire » n’y tient point.

3- L’homme du juste milieu
Présidant pendant de longues années la destinée du pays, il l’a ouvert au multipartisme. De sa célèbre dérision imagée, « voici ouvertes les portes de la mosquée, que ceux qui savent appeler à la prière le fassent », il avait laissé libre cours à la création des partis politiques qui, jusqu’en 1983, étaient au nombre de quatre. De quatre, le nombre de parti passe à dix huit.


Ses différents mandats furent placés, en effet, sous le signe de l'approfondissement de la démocratie, initiée par son prédécesseur, sur la libéralisation progressive de l'économie et sur la décentralisation. Une démocratie qui ne veut pas dire laxisme étatique. Comme un président de la République, il incarnait pleinement son rôle de chef d’Etat qui n’a pas besoin d’agenouiller la République pour récolter des votes. Dans un pays où l’insolence et l’arrogance sont devenues des armes pour arriver à sa fin, on aimerait le revivre à travers le contemporain, je veux dire l’actuel. Le pouvoir de la carotte et du bâton s’impose à ce dernier qui, subtilement, s’inspire de la politique socialiste à la discipline républicaine.

Né un jour de 1935 à Thiokhna, une ville aux portes du Sahel, une zone de contact entre agriculteurs et pasteurs, et ayant grandi à Saint-Louis, la capitale coloniale, point de rencontre de différents groupes ethniques, il est lui-même un pur produit du métissage. En effet, on pourrait le substituer à un Sénégalais, un homme enraciné dans sa négritude et ouvert de par ses origines, à tous les souffles du monde.

Durant son magistère, il n’a jamais montré son appartenance quelle soit religieuse, ethnique ou confrérique. Exprimant une grande passion pour le français, il a parcouru le monde pour exalter les valeurs de la diversité par le biais de la Francophonie qu’il associe avec démocratie. Inlassablement, il se bat pour que la langue de Molière, de Senghor, de Maupassant, de Césaire et d’Edouard Glissant conserve sa place dans le tumulte de la mondialisation.

Par Marame Coumba SECK

1- Voix unique, sonorités nomades
La ligne démarcative entre ce que certains appellent pompeusement, ici, « album international » -donc dans les normes d’un confort d’écoute- et le « consommer local », forme trépide d’harmonies dissonantes, est trop allongée pour permettre à la musique sénégalaise d’enchanter le monde pour prétendre le conquérir. Et pourtant, sa palette de sonorités est riche et variée. Mais, faudrait-il d’abord que nos artistes-chanteurs sussent explorer et exploiter tout cet univers de rythmes. Un album bien travaillé est forcément international car transcendant les goûts « confidentiels » sans toutefois se priver d’en tirer parti. C’est ce qu’a réussi le chanteur Ismaël Lô même si sa discographie est arrimée aux spécificités locales. Ne s’est-il pas fait connaître ailleurs grâce au morceau « Tajabone » qui, à la fois, puise dans les réalités culturelles sénégalaises et emprunte des cadences entremêlées ? Les instruments ne font pas référence, dans sa musique, à leur terre d’origine ; même ses éternels compagnons de galère et de triomphe. Son harmonica et sa guitare. Ils se croisent pour créer des mélodies qui lui donnent une qualité peu courante sous nos cieux aux résonances stéréotypées.

Ismaêl Lô, c’est une voix unique, parfois d’un exquis tremolo, et des sonorités nomades. Le natif de DongoButi au Niger excelle autant dans ce qui s’apparente, sous plusieurs traits, à la Soul music, que dans les balades au terroir pour emprunter au Mandingue, au Peul, au Wolof… ce qui fait le charme de leurs rythmes. Sa réputation méritée en Amérique, en Europe et dans bien des pays africains « exotiques » est le résultat de cet assemblage d’univers musicaux et de son écriture originale. Ses pérégrinations, son passage au mythique groupe « Super Diamono », sa double appartenance aux cultures sénégalaise et nigérienne ont certainement contribué à cette ouverture à d’autres cultures.

2- C’est un artiste…
Ceux qui se délectent de la musique d’Ismaël Lô peuvent rendre grâce au Ciel qu’il n’ait pas préféré la carrière d’artiste-peintre à celle de chanteur dont le génie est partout célébré. En effet, celui qu’on surnomme le Bob Dylan africain (Bob Dylan était aussi peintre en plus d’être un auteur, compositeur et interprète reconnu) a, pendant un moment, hésité entre ces deux sphères de créativité après son passage (deux ans) à l’Institut des arts de Dakar. C’est par le plus heureux des hasards qu’il a choisi la chanson au détriment du pinceau qu’il aime, de temps en temps, à tremper pour donner de la couleur à la vie, aux choses qu’il évoque dans son répertoire.

Ismaël Lô s’est aussi essayé au cinéma avec une aisance déconcertante. Dans le film « Tableau ferraille » du réalisateur Moussa Sène Absa, il est l’acteur principal, « Dam » qui, sous plusieurs aspects, nous rappelle l’image que nous nous faisons de lui (un homme altruiste, humain et simple). « Afrique, mon Afrique » d’Idrissa Ouédraogo avait auparavant convaincu de ses prédispositions à briller dans le septième art et, dans une moindre mesure, « Camp de Thiaroye » de Sembène Ousmane.

3- ...Et il est correct
C’est à croire que, sous nos cieux, pour porter le titre d’artiste, il faut vivre dans la marginalité, exposer son révolutionnarisme suranné, laisser ses cheveux en délire avec le temps. Ismaël Lô a réussi à exister par sa musique et son talent sans fioritures de style dans sa manière de se manifester à nous. Il ne nous est pas encore donné de le retrouver dans la rubrique des inepties, caractéristiques de beaucoup de nos célébrités, encore moins dans les petites manies pour égayer les groupies.

Sa marotte, si tant est qu’elle existe, est de distiller, dans la longue durée (le bourdonnement du « buzz » ne saurait durer parce que l’insecte devra bien se poser quelque part) des mélodies. Plusieurs années après leur sortie, on se plaît encore à écouter « Jammu Africa », « Dibidibirek » … !

Par Alassane Aliou MBAYE

Rigueur, assiduité, ponctualité. Tels sont les trois maîtres-mots de celui qui se définit comme un passionné du sport en général et le footing en particulier. De son vrai nom Mbacké Guèye, communément appelé « Mbacké » de par ses acolytes. Ce nom est bien familier pour les habitués du parcours sportif de la Corniche ouest de Dakar. Pour lui, le sport est plus qu’une passion, une religion.

Mbacké Guèye. Ce nom n’est plus à présenter aux habitués du parcours sportif de la Corniche ouest de Dakar. Depuis plus d’une trentaine d’années, ce joggeur arpente au quotidien le lieu qui longe la mythique étendue de sable de la plage « Ifan » du haut de son 1,80 m. Bien à l’aise dans sa tenue de sport, une casquette bien vissée sur la tête, Mbacké s’apprête à affronter le sable fin de la place « Ifan » pour quatre tours d’horloge de jogging au moment où sa montre attachée à la main gauche affiche 17h. Quatre heures de footing, réparties en deux étapes de deux heures chacune.

A côté de lui, un groupe de coureurs composés de garçons et filles prêts à suivre ses instructions. C’est ainsi que ça se passe du lundi au dimanche, excepté les samedis considérés comme jours de repos. A en croire Mbacké, « la course à pied produit des effets bénéfiques sur la santé. Elle garantit un corps équilibré, c’est aussi un moyen efficace pour lutter contre le stress et la dépression ». Une définition qui colle bien à son image. En effet, en côtoyant Mbacké, on a l’impression qu’il vient à peine d’atteindre le cap de la trentaine tellement il possède un corps souple qui n’a rien à envier à un plus jeune sportif. « Ceux qui ne me connaissent pas me prennent pour un jeune garçon. D’ailleurs, on me colle le sobriquet de « Boy de la Corniche. Tout cela, c’est grâce au sport », confie-t-il Pourtant, l’homme a soufflé il y a quelques semaines ses 52 bougies. Tout ça pour le bien-être physique mais aussi pour la bonne santé mentale. « Le sport doit être pratiqué par tout individu, quel que soit son âge et son sexe (…). L’homme n’est pas fait pour être sédentaire. Bouger, c’est dans la nature même de l’homme. Il y a des pathologies liées à la sédentarisation », soutient-il.

C’est au début des années 1980 que Mbacké a vu sa passion du sport connaître une autre tournure. A l’époque, il était à la tête d’un groupe de joggeurs qui lui confiait l’animation des séances quotidiennes. Les années passèrent, les choses s’accélèrent pour Mbacké Guèye qui s’orienta vers le monitoring de manière bénévole. « Je l’ai fait pendant cinq ans par amour et je ne m’attendais à aucun centime venant d’ailleurs », témoigne-t-il.

Le monitoring, l’autre passion
C’est au milieu des années 1980 qu’il sera approché par la municipalité de Dakar sous l’ère Mamadou Diop, « pour le travail colossal qu’il était en train d’abattre sur la Corniche », dit-il. Cerise sur le gâteau, Mbacké Guèye devient alors le moniteur du parcours sportif de la Corniche ouest.

Electricien en installation de bâtiment de formation, Mbacké va tout abandonner pour se consacrer à sa nouvelle profession de monitoring. Marié et père de quatre enfants, son nom commence à être connu sur le plan national. Ce qui lui a valu le titre de chevalier de l’Ordre du mérite par le président de la République du Sénégal, Macky Sall. Une belle récompense pour ce passionné du sport encore plus déterminé que jamais.

En effet, ce ne sont pas seulement de simples citoyens de nationalités différents qui prennent d’assaut les lieux. D’autres hautes personnalités du pays s’y invitent. Chaque jour, Mbacké reçoit d’importantes personnalités politiques du pays, des fonctionnaires qui, au retour de boulot, viennent travailler leur corps avant de rejoindre leurs domiciles respectifs.

D’autres personnalités s’y invitent
« Je reçois presque tous les jours des personnalités politiques, des artistes, des fonctionnaires. Même le président de la République, son excellence Macky Sall, passe souvent ici (Corniche) pour s’entrainer avec moi », dit-il.

Très sollicité, Mbacké Gueye se permet même de dispenser des cours de monitoring à domicile les matins avant de rallier la Corniche dans l’après-midi. Une expérience acquise auprès de l’Institut national supérieure de l’éducation populaire et du sport (Inseps) grâce à des stages de formation auxquels il a souvent pris part.

Aliou FAYE (Stagiaire)

1. « Synthétiseur » poétique et philosophique de la vie
Wasis Diop raconta, en 2014, au journaliste Fadel Lô (Le Témoin), cette anecdote : « Une fois, je voyageais par feu notre compagnie Air Sénégal international. Et en présentant notre pays, ils ont commis une bourde. A la fin du document, j’ai remarqué qu’ils avaient mentionné le terme « Assalamoualeikoum » pour dire bonjour. J’étais choqué parce que personne ne pourra enlever au Français son bonjour ou à l’Américain son How are you. Je m’en suis plaint par écrit et évidemment, je n’ai pas reçu de réponse ». Il ne faut pas voir dans ce « détail » une toquade d’un « boy Colobane » parisianisé revendiquant, de manière chauvine, son identité comme du temps des « négrillons » de chez le général de Gaulle. Wasis Diop est de ceux qui poursuivent un engagement dans la longue durée avec sagesse, intelligence et acceptent les compromis mettant en lumière ce qu’il y a « d’essentiel » comme il aime à le dire. L’essentiel, c’est dans l’harmonie des couleurs, dans la puissance de ce qu’elles donnent à voir chacune. L’Afrique a autant à proposer qu’à recevoir de l’ailleurs. La prouesse de l’interprète de « Judubëk » est non pas de le proclamer urbi et orbi sous les ovations des publics qu’il enchante, mais de le démontrer par son œuvre artistique dont l’humain est la centralité…tout court. Elle célèbre les inclinations particulières tout en transcendant les petites appartenances obstruant les allées de la sérénité, de la béatitude. Son œuvre musicale est une synthèse poétique et philosophique du compagnonnage terrestre entre les humains et les choses, entre l’intelligible et le mystérieux. Wasis n’arrête pas de revisiter l’univers mental des « siens », de partager avec le monde leurs pratiques… et le plus souvent en Wolof. La World music dont on dit qu’il est un des maîtres en Afrique n’est pas, ici, une combinaison de sonorités de temps et d’espaces différents. C’est plus que ça avec lui. Elle est une articulation d’idées et une projection d’images dans les consciences d’ici et d’ailleurs.

2. Quête « d’exotisme »
L’Afrique a beaucoup à donner. La France, sa terre « d’accueil », où il était parti apprendre la photographie, offre beaucoup à dire. Mais, l’ancien membre de la formation West african cosmos ne s’est pas enfermé dans ses certitudes « originelles et greffées » pour s’en satisfaire. Sa carrière a été faite de rencontres et de voyages qui l’ont toujours ramené « chez lui » ; celui-là qu’il ne quitte jamais. Au Japon, il rencontre le musicien Yasuaki Shimizu dans les années 1970 pour élargir sa palette et découvrir ce qui, de loin, paraissait exotique. Ses pérégrinations le mènent en Jamaïque où il se lie d’amitié avec la mère de Bob Marley, Cedella, et Jimmy Cliff. Il y passe huit mois. Ses collaborations avec la chanteuse franco-malgache Marie-France Anglade, les chanteuses Amina et Lena Fiagbe, avec Lokua Kanza…produisent une magique alchimie. Et si tout était dans le voyage ?

3. Il chante l’image et montre le son
Le jeune frère du défunt réalisateur sénégalais Djibril Diop Mambety a joué dans certaines productions cinématographiques. Mais, c’est véritablement dans la composition de musique de film qu’il s’est beaucoup plus illustré. Son dernier album, « Séquences », dessine un univers d’images par les sonorités et les paroles. Beaucoup dans ce qui fait la particularité de Wasis Diop renvoie à l’image. La photographie et l’école « philosophique » de Mambety y sont certainement pour quelque chose. Le concept « Ciné-concert » qu’il a développé (Première partie consacrée à la projection d’un film) rend compte de l’étroitesse de la ligne démarcative entre le son et l’image qui s’interprètent.

Par Alassane Aliou MBAYE

1. Il est drôle !
« Deux nains (ce n’est point une offense. Tout le monde en a un chez soi) décident, un soir, d’aller « s’allumer » chez une femme d’une grande beauté charnelle. Arrivés sur les lieux du « crime » et surchauffés par les senteurs enivrantes de l’encens, les « dons Juans » trouvèrent un compromis pour l’ordre de passage. Le premier s’engouffra alors dans l’univers de la volupté. Le second, las d’attendre et certainement excité par les gémissements qu’il entendait de loin (des gémissements de plaisir, pensait-il), fracassa la porte de toute son exaspération. Surprise ! Son ami de « galère érotique » s’épuisait encore à monter sur le lit ! » Il faudrait bien que la femme s’adaptât à la clientèle ! Les gens férus des soirées de Souleymane Faye ont certainement entendu cette plaisanterie en guise d’intermède. « L’hybridité artistique » de celui qu’on appelle ici Diego est prodigieuse. Sa particularité est d’oublier quelquefois l’orchestre qui l’accompagne pour surprendre et mettre en lumière une riche palette d’expressions ; comme celle-là qui fait rire. On l’a vu avec une mystérieuse valise, avec une « robe » ou une coiffure qui charrie l’esthétique. Et quoi encore ? Il nous a rappelés, un autre jour, le caractère usuel du « guimb » dans les pratiques anciennes au beau milieu de son show. En cela, le « musulmenteur » qui boit, fume et… est imprévisible.

2. Philosophe de « l’absurde »
L’interprète de « Jeleti » ne nous dit pas prétentieusement ce que sont la vie, l’amour, la haine, le bonheur ou la peine. Il ne promet pas non plus les ténèbres de l’enfer aux pêcheurs impénitents et le paradis aux dévots. Souleymane Faye nous raconte des existences, partage ses délires et délivre des messages aussi puissants que la « trivialité » et l’absurde (au sens des dramaturges de ce genre théâtral) qui l’édulcorent. Dans le morceau « Caabi bi », pour donner un exemple parmi d’autres, l’intermittent du mythique groupe « Xalam », en décrivant une banale scène de vie, un routinier quotidien, aborde des questions de société d’une haute portée philosophique. « Abdou Guèye » n’est-il pas une ode à la dignité, au travail, à la fierté enveloppée dans une égayante satire, dans une dérision accessible aux esprits les plus étroits ? Tout ça, sans nous ressasser inlassablement notre turpitude.

3. Et puis…il chante bien
Dans le paysage musical sénégalais, il y a les fulgurants (souvent oubliés à la disparition de l’excitation des groupies), les figurants (à qui les flatteries de quartier ont donné des ailes arrondies) et ceux dont les œuvres transcendent les temps et les goûts insolites. La sienne le classe dans ce lot de musiciens couronnés. Jules Faye explore le frénétique rythme de chez nous et laisse sa voix coulisser vers des sonorités de l’autre côté de l’Atlantique, la soul, le jazz…pour donner à voir un résultat éclectique.

Par Alassane Aliou MBAYE

1. Il est drôle !
« Deux nains (ce n’est point une offense. Tout le monde en a un chez soi) décident, un soir, d’aller « s’allumer » chez une femme d’une grande beauté charnelle. Arrivés sur les lieux du « crime » et surchauffés par les senteurs enivrantes de l’encens, les « dons Juans » trouvèrent un compromis pour l’ordre de passage. Le premier s’engouffra alors dans l’univers de la volupté. Le second, las d’attendre et certainement excité par les gémissements qu’il entendait de loin (des gémissements de plaisir, pensait-il), fracassa la porte de toute son exaspération. Surprise !

Son ami de « galère érotique » s’épuisait encore à monter sur le lit ! » Il faudrait bien que la femme s’adaptât à la clientèle ! Les gens férus des soirées de Souleymane Faye ont certainement entendu cette plaisanterie en guise d’intermède. « L’hybridité artistique » de celui qu’on appelle ici Diego est prodigieuse. Sa particularité est d’oublier quelquefois l’orchestre qui l’accompagne pour surprendre et mettre en lumière une riche palette d’expressions ; comme celle-là qui fait rire. On l’a vu avec une mystérieuse valise, avec une « robe » ou une coiffure qui charrie l’esthétique. Et quoi encore ? Il nous a rappelés, un autre jour, le caractère usuel du « guimb » dans les pratiques anciennes au beau milieu de son show. En cela, le « musulmenteur » qui boit, fume et… est imprévisible.

2. Philosophe de « l’absurde »
L’interprète de « Jeleti » ne nous dit pas prétentieusement ce que sont la vie, l’amour, la haine, le bonheur ou la peine. Il ne promet pas non plus les ténèbres de l’enfer aux pêcheurs impénitents et le paradis aux dévots. Souleymane Faye nous raconte des existences, partage ses délires et délivre des messages aussi puissants que la « trivialité » et l’absurde (au sens des dramaturges de ce genre théâtral) qui l’édulcorent. Dans le morceau « Caabi bi », pour donner un exemple parmi d’autres, l’intermittent du mythique groupe « Xalam », en décrivant une banale scène de vie, un routinier quotidien, aborde des questions de société d’une haute portée philosophique. « Abdou Guèye » n’est-il pas une ode à la dignité, au travail, à la fierté enveloppée dans une égayante satire, dans une dérision accessible aux esprits les plus étroits ? Tout ça, sans nous ressasser inlassablement notre turpitude.

3. Et puis…il chante bien
Dans le paysage musical sénégalais, il y a les fulgurants (souvent oubliés à la disparition de l’excitation des groupies), les figurants (à qui les flatteries de quartier ont donné des ailes arrondies) et ceux dont les œuvres transcendent les temps et les goûts insolites. La sienne le classe dans ce lot de musiciens couronnés. Jules Faye explore le frénétique rythme de chez nous et laisse sa voix coulisser vers des sonorités de l’autre côté de l’Atlantique, la soul, le jazz…pour donner à voir un résultat éclectique.

Par Alassane Aliou MBAYE

Avec 19 victoires contre deux défaites et un nul, le palmarès du « roi déchu » Yékini force le respect. Une véritable prouesse pour celui qui est pourtant entré dans la lutte par effraction et a régné sans partage pendant 15 longues années sur le trône. Ce qui lui vaut ce témoignage du grand champion Birahim Ndiaye : « Il a réussi à faire une carrière extraordinaire. Aucun lutteur ne peut l’égaler en termes de prouesses, de succès ou de longévité. Il a été remarquable tout au long de sa riche carrière. Il m’a beaucoup marqué par sa technicité, sa tactique, mais surtout par sa politesse et son respect envers tous. Il n’a jamais versé dans la violence, tous ses combats se sont bien déroulés. »

Professionnel jusqu’au fond du nguimb
Yahya Diop Yékini ne badine pas avec la lutte. Il respecte son métier et s’emploie à lui trouver une place de choix dans la longue liste des disciplines sportives. Il résume son ambition au micro de Rfi : « Ce que la lutte m’a apporté, c’est simple : mon plus petit cachet en lutte avec frappe était de 200.000 FCfa, mon plus gros, c’est 150 millions de FCfa. J’en ai fait mon métier, elle a fait ma réussite. La lutte représente beaucoup pour moi en tant que Sénégalais, mais surtout en tant que sérére, car cela fait partie intégrante de ma culture. C’est un sport noble et il y a un côté artistique. C’est comme si vous évoquez le sumo au Japon. Notre ambition, nous les lutteurs, c’est de faire que la lutte soit au même niveau international que la boxe thaï, ou le sumo, par exemple. Nous n’en sommes pas à ce stade, mais je prie pour qu’on y arrive. »

Une référence pour les jeunes
Yékini est une référence pour les jeunes qui veulent faire carrière dans l’arène. Ses conseils sont un véritable viatique pour ses cadets : « D’abord, il faut maîtriser les techniques de la lutte, avoir de la force et puis avoir de solides assises sur le plan mystique. Après, il faut beaucoup de sérieux dans ce que l’on fait parce que le sport de haut niveau demande beaucoup de sacrifices. Comme tout le monde, on aime la compagnie des filles. Comme tout le monde, on aime aller en boite de nuit. Tu es jeune, tu as envie de vivre ta vie comme un jeune de ton âge, mais tu ne peux pas le faire. Franchement, je me suis privé de beaucoup de choses. Je ne sortais pas. J’ai très tôt arrêté de sortir ou de m’amuser parce que je voulais régner longtemps dans l’arène ».

Par S. Diop

Sa capacité de mener des politiques et d’apporter des changements n’est plus à démontrer. Si d’importantes réalisations ont été notées dans le secteur de la santé, c’est bien grâce à elle. La riposte contre la maladie à virus Ebola en est une parfaite illustration.

Un seul cas importé a semé une grande panique au sein de la population sénégalaise. Au moment où les germes de la stigmatisation commençaient à naître. Au moment où les Européens pensant être à l’abri de ce danger, laissant les pays infectés à eux-mêmes, bien évidemment, celui qui ne sait pas prendre en charge son mal ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort, Awa Marie Coll Seck y a fait face avec beaucoup de lucidité et de leadership. Au moment où ces « omnipotents » n’ont pu trouver un vaccin à ce virus dévastateur qui a emporté quelques de leurs citoyens, elle mobilisa tout le personnel médical pour couper la route à ce dernier.

Pour ceux qui connaissent sa trajectoire professionnelle, cet exploit ne les surprendra point. Car, quand on parle également de l’éradication ou presque du paludisme au plan national comme international, c’est bien grâce à elle. Avec le travail remarquable qu’elle a pu effectuer avec le programme Roll Back Malaria (RBM) créé en 1998 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), l’Unicef et la Banque mondiale, elle voyage aux quatre coins du monde pour faire reculer le paludisme. Si des milliers de Sénégalais dorment sous des moustiquaires toute l’année aujourd’hui, ils le lui doivent.

Syndicaliste, militante, après vingt ans d’exercice, Eva Marie Coll Seck a diagnostiqué le premier cas de sida au Sénégal. Au service de l’être humain, elle décide, en 1996, de s’engager dans l’action internationale de lutte contre le sida en acceptant de diriger, depuis Genève, le département Politique, stratégie et recherche de l’Onu sida.

Une action au service de sa nation
Awa M Coll Seck 3Quand le pays l’a appelée parce qu’ayant besoin de son expertise, elle a fait fi de tout le conforts matériel du système des Nations Unies pour répondre présent. Ministre de la santé dans le gouvernement de Wade qui, un an après son élection à la présidence du Sénégal, a battu le rappel de l’élite du pays à l’étranger. En effet, le professeur revient au pays pour prendre les rênes du ministère de la Santé et de la Prévention. De 2001 à 2003, une courte durée à la tête de cette institution, mais assez de réalisation qui ont fait que son nom restera à jamais gravé dans l’agenda des hommes politiques au sens noble du terme. Des arguments sans illustrations n’ont point de fondement. En deux ans, elle réussit à élargir la couverture vaccinale des enfants de 30% à 70%, à améliorer la santé maternelle, à instaurer la gratuité de la césarienne, entre autres. A l’origine du siège du ministère de la Santé et de l’action sociale, elle est partie quelque temp après son inauguration. Mais, comme Dieu fait bien les choses, elle est rappelée en 2012 par le président Macky Sall. Elle y était et elle est y encore.

Un exemple de réussite féminine
Elle fait partie des femmes leaders qui ont compris très tôt que leurs noms n’étaient pas une faiblesse ni une légèreté mais plutôt une identité. Elle n’a jamais demandé quelque chose. Elle s’est toujours imposée. La parité n’est même pas de Dieu mais l’égalité si. Dotant chacun de nous d’une intelligence, il faut se battre avec des résultats pour gagner sa place dans le concert des individus d’abord et des nations ensuite. Ce qu’elle a compris.

Ancienne militante du mouvement « Yeewu Yeewi », d’Angélique Savané, elle a fait bouger les lignes de par ces résultats. Premier Secrétaire général du Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action social (Sutsas) à sa naissance, ce pur produit de la fonction publique a choisi à une époque où il n’y avait pas beaucoup de femmes médecins de faire son parchemin dans la médecine.

Diplômée de médecine à l’université de Dakar en 1978, elle se spécialise et devient, en 1989, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital universitaire de la ville. A trente trois ans, le professeur est le premier médecin agrégé en maladies infectieuses du Sénégal.

Par Marame Coumba Seck

Last modified on mercredi, 27 juillet 2016 12:56

1- Un artiste à succès
Qu’est-ce qu’il n’a pas chanté pour faire plaisir à des millions de mélomanes, qu’ils soient d’Afrique, d’Europe ou D’Amérique? Sa musique ouverte aux quatre vents du monde a longtemps bercé des âmes. Avec sa belle voix, le fils de la Médina (quartier populaire et périphérique du centre-ville dakarois) est parti à la conquête du monde. « You » fait ainsi partie des rares artistes africains à avoir réussi le cross-over de la musique africaine même si le mbalax a toujours été le moteur essentiel de sa musique.

Son charisme grandissant a fait de lui l’ambassadeur de la musique sénégalaise. A l'âge de 24 ans déjà, le propriétaire de Thiossane, club de production de son orchestre, est à la tête d'une véritable entreprise qui emploie des musiciens, des managers et des secrétaires. Avec sa double casquette de chanteur traditionnel et de chanteur moderne, Youssou N’Dour finit par s’imposer au plan national comme international. Vers la fin des années 1980, son premier disque pour le marché international signé chez Virgin, « The lion ».

Du mbalax accommodé de nappes de synthés, des sons longs aux rythmes peu marqués. De quoi galvaniser les esprits d’une jeunesse sénégalaise qui se lance de plus en dans des compétitions internationales.

Le « roi du Mbalax », d’autre part, s'aventure dans le monde traditionnel des griots africains dont il est un descendant et leur rend hommage. « Voices of the Heart of Africa » en duo avec Yandé Codou Sène en est un des exemples. Ce même disque aux chansons traditionnelles et ballades lui a valu, en 1996, le prix du « meilleur artiste africain » de la musique africaine. Deux fois disques d’or, sa musique n’est pas que divertissement, c’est également des paroles qui fédérèrent.

2- Une réussite africaine
Lors du lancement des journées départementales de la jeunesse de l’année 2016 dont il était le parrain, l’artiste avait lancé dans son discours une phrase qui a peut-être fait son bonhomme de chemin : « Dans la vie, ce qui importe c’est la réussite ».

Issu d’une famille modeste comme la plupart des Sénégalais, il commence adolescent à chanter dans les fêtes de famille en quittant l'école sans aller au lycée, montrant que le dieu de la réussite n’a pas de nationalité. Sa carrière débute alors qu'il a 19 ans avec le groupe Étoile de Dakar. Youssou N'Dour acquiert une notoriété au Sénégal et décide, en 1979, de fonder son propre orchestre le Super Étoile de Dakar.

Chanteur et musicien remarquable, homme d'affaires avisé, la star sénégalaise multiplie les activités et semble vouloir occuper tous les terrains de la création musicale. Et produit d'autres artistes comme Cheikh Lô. Son souci, favoriser le mouvement artistique africain, le structurer et lui donner une chance de réussir. 

En dehors de la musique, il a investi le monde des affaires, notamment celui des médias. L’auteur de l’Hymne de la coupe du monde de 1998 est devenu patron de presse depuis 2003.
Ministre de la Culture et du Tourisme du Sénégal à partir du 4 avril 2012 puis ministre du Tourisme et des Loisirs au sein du gouvernement d’Abdoul Mbaye, il est rattaché au président Macky Sall, aujourd’hui son ministre-conseiller.

3- Un patriotisme à tous crins
La particularité de cet homme d’affaire sénégalais aux ambitions manifestes est qu’il fait partie des Africains qui ont accompli leur performance sur le sol de leurs ancêtres. Habiter Dakar n’a jamais été pour lui un obstacle à sa conquête du monde, mais plutôt un atout. Au Sénégal, c’est un des plus grands employeurs du pays.

A la tête d’une entreprise de presse depuis 2003, successivement le journal L'Observateur, le quotidien le plus lu du pays (tirage de 100 000 exemplaires), la Radio Futurs Médias (RFM) et, depuis septembre 2010, une chaîne de télévision intitulée « Télé Futurs Médias » (TFM), il emploie en effet des centaines de personnes.

Autour de son activité artistique, le roi du mbalax développe également diverses activités commerciales. Il possède un studio d'enregistrement à Dakar et une discothèque, le Thiossane, situé dans le quartier de Grand Dakar, où des jeunes talents organisent des soirées pour assurer leur survie financière. Ce patriotisme dépasse les frontières sénégalaises.

Il se décline ainsi sous forme d’engagement. En 1985, il organise un concert pour la libération de Nelson Mandela au Stade de l'Amitié (actuel Léopold S. Senghor) de Dakar.

Par Marame Coumba Seck

Last modified on mercredi, 13 juillet 2016 12:27

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