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Ticket d'Entrée (76)

Du pacte matrimonial

03 Juil 2017
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Nous partageons, ici, cette convention collective sur le mariage conclue entre des habitants de Rufisque, parue dans l’édition du 05 janvier 1957 du premier quotidien sénégalais « Paris-Dakar » (n°6376). Elle est ainsi titrée : « Le pacte matrimonial : nouveaux tarifs à Rufisque ».

« Las de parler sans résultats, les habitants du quartier Santhiaba de Rufisque viennent de prendre des décisions importantes concernant le pacte matrimonial. Sur l’insistance des femmes et jeunes filles, les notables et imams de Santhiaba se sont donc réunis, sous le patronage des chefs de quartiers Ndiobène et Thiarène, pour arrêter un pacte collectif de mariage signé de tous ces notables. Les tarifs appliqués seront les suivants :

Premier don - jeune fille : 3000 frs ; femme : 1500 frs. Droit des parents paternels - jeune fille : 250 frs ; femme : 150 frs. Droit des parents maternels - jeune fille : 250 frs ; femme : 150 frs. Argent dit colas de la maison - jeune fille : 150 frs ; femme : 100 frs. Argent des jeunes filles (mbakhal) - jeune fille : 250 frs ; femme : 150 frs. Argent des compères - jeune fille : 100 frs ; femme : 100 frs. Argent des camarades circoncis (mboke mbar) - jeune fille : 100 frs ; femme : 100 frs. Argent de la mosquée du village - jeune fille : 200 frs ; femme : 200 frs. Dot - jeune fille 2000 frs ; femme : 1000 frs. Chambre et lit –j-Jeune fille : 1500 frs ; femme : 600 frs. Repas de cavalerie (waral) - jeune fille : 600 frs ; femme : 300 frs. Levée nuptiale (m’beuranti) - jeune fille : 500 frs ; femme : 300 frs. Khokhanti - jeune fille : 300 frs ; femme : 200 frs. Suite réception demeure conjugale (la suite que forment les personnes qui accompagnent la fille ou la femme à la demeure conjugale ne dure qu’un seul jour chez le marié) - jeune fille : 300 frs ; femme : 150 frs. Total des taux appliqués - Jeune fille : 10.000 frs ; femme : 5.000 frs.

Pour veiller à l’application de ces décisions, un membre du quartier sera désigné. Il devra assister aux cérémonies. Il est désormais interdit de faire publier par voie de tam-tams ou de griots parcourant les rues le « labane » ou coucher nuptial. Et le mari est autorisé à emmener sa femme à son domicile dès que le mariage a été célébré selon la loi musulmane. Toute personne qui ne se conformerait pas à la convention serait passible d’une amende de 5.000 frs à payer séance tenante. En cas de refus de paiement, il est entendu que solidairement tout le quartier s’abstiendra de porter aide et assistance à ladite personne. C’est dans un accord complet et unanime que les habitants du quartier de Santhiaba ont discuté et rédigé la convention nouvelle. Et maintenant que les parents ont fait l’effort souhaitable, espérons que les jeunes célibataires sauront y répondre ».

Les législations non écrites en Afrique, au Sénégal particulièrement, renseignent sur l’existence d’une vraie organisation sociale. Leurs modalités d’application témoignent également de l’importance accordée aux vertus dont se paraît la société traditionnelle quoique la pertinence de certains codes, comme toute œuvre humaine, peut être soumise à un examen. Ce texte est plus que d’actualité. Seuls les montants ont évolué. Les convenances sociales continuent d’être accablantes pour la plupart d’entre nous. Et la parfaite intelligence observée entre autorités coutumières et religieuses montre que les pratiques endogènes et celles islamiques ne sont pas totalement antagonistes. Le syncrétisme religieux est, ici, davantage un vécu qu’une perspective aérienne de certains esprits « brillants ». Ceux qui se sont offusqués de l’appellation « islam noir » de certains auteurs ont certainement omis de prendre en considération le cheminement collectif qui nous distingue et prône à la fois cette tolérance dans la pratique et cette acceptation de l’autre.

Par Alassane Aliou Fèré MBAYE

Le mois de ramadan, période d’abstinence et de transcendance, est pourtant devenu un moment de surconsommation. Il rime bien souvent avec une hausse considérable des dépenses. Une consommation effrénée qui prend parfois des relents de gaspillage. Cette période unique de l’année constitue en effet pour les enseignes une occasion pour inciter les individus à consommer davantage. Même le jeûne du mois de ramadan, acte de dévotion, de transcendance  et de dépassement de nos instincts, est désormais pris au piège par le marché de la consommation. Il est devenu un rendez-vous majeur dans l’agenda des plans marketing des grandes enseignes commerciales, particulièrement de l’industrie alimentaire. Ce qui est déplorable, c’est qu’on n’arrive pas à épuiser tous les aliments. Tous les soirs, on se voit obliger de jeter une partie à la poubelle pour reprendre de plus bel le lendemain. Dans les grandes artères de Dakar et à travers le petit écran, difficile durant cette période d’échapper au matraquage publicitaire de ces entreprises, affichant ostensiblement des produits alimentaires (bouillons, laits, beurre, chocolat, boissons…) avec l’estampillage d’usage «Ramadan Moubarak! » Ces annonces commerciales conçues spécialement pour le ramadan semblent avoir la résonnance escomptée auprès de la population. En fait, le sentiment de faim occasionné par le jeûne aiguise les appétits et rend les jeûneurs plus audibles aux messages des annonceurs. Il est vrai que durant ce mois, l’élan de générosité et de partage est plus marqué ; ce qui peut occasionner un surplus de dépenses qui se comprend parfaitement. Mais, ce qui est en cause ici, c’est cette tendance consumériste de nos sociétés qui s’accentue durant le ramadan et qui occasionne souvent des gaspillages très importants.

Par Oumar BA

Les vieilles habitudes

23 Jui 2017
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Mois d’absolution de tous les péchés, le Ramadan touche à sa fin. Une occasion saisie, par des hommes et femmes bien de chez nous, pour se consacrer pleinement aux dévotions dans le dessein de refaire, pendant 29 ou 30 jours, une nouvelle virginité… au plan comportemental. Durant ces journées de jeûne, de nombreux mâles avaient déserté « mbed u naari » (le chemin vers le temple de Bacchus) pour emprunter, chapelet à la main, « mbed u jakka » (la voie de la mosquée).

Des gonzesses, célibataires ou divorcées avaient réfréné leur ardeur de croqueuses d’hommes, en rangeant, dans le placard, leurs légères et transparentes étoffes comme les tongs, shorts, décolletés profonds, mini et robes fendues. Ces néo-saintes nitouches du Ramadan, emmitouflées dans des « jelabas », ces manteaux de la chasteté les couvrant de pied à cap ont torturé leurs admirateurs en les empêchant, pendant un mois, de se rincer l’œil sur leur joli teint, mais aussi leurs fesses bombées, ongles, tresses et cheveux parfaits. Mais, les vieilles habitudes ont la vie dure.

Donc, ne soyez pas surpris, dès l’apparition, samedi ou dimanche prochain, du croissant lunaire annonçant la fête de Korité, de voir des foules de bonnes gens retourner à leurs vieilles amours, à leurs vieilles habitudes pour (re)faire plaisir à leurs sens et donner du tonus à leur corps en manque. Dans la masse, des donzelles pressées de retrouver leurs hommes et des gus impatients d’aller lever le coude chez Bacchus. Leur prochaine pause ou cure, ce sera au Ramadan 2018, dans 11 mois.

Par Cheikh Aliou AMATH

Prime à l’accessoire

19 Jui 2017
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« Monsieur untel a tout dit, je vais juste placer un mot » ! Combien de fois on a entendu cette phrase dans nos assemblées où il faut se répandre en éloges sur l’âme munificente pour lui rendre grâce et quelquefois sangloter afin que l’effusion soit bien poignante. Et puis, le quidam déblatère et oublie sa promesse d’un « mot ». Il s’épanche sous les ovations de quelques excités friands de saillies divertissantes, à la manière des groupies, et ne se prive pas de lancer quelques piques mesquines aux grippe-sous ; espèce favorisant peu les « représentations théâtrales ».

Ne faisant pas partie de la « haute société » et n’ayant rien à dire à part « machiner » sa prochaine sollicitation qu’il a du mal à dissimuler, on n’aura aucune gêne à arrêter ses tendresses intéressées. Il faut bien que les autres quémandeurs aient, eux aussi, leur temps de mise en scène, de parole comme cela se passe dans les assemblées politiques où on loue le génie et la vision éclairée de sa majesté ; ces moments pendant lesquels on dévoile notre fourberie et notre sens du spectacle. Sa majesté et les aspirants au trône n’auront finalement pas besoin de nous dessiner le « réel du lendemain ».

Les chantonneront avec nous, âmes jouisseuses sans répit. Combles d’inconséquences, nous nous offusquerons de leur légèreté. C’est nous qui favorisons cet abêtissement bien fructueux pour cette coterie ! Nous nous plaisons dans le « négligeable », le folklore. Le folklore, nous dit-on, c’est l’ensemble des traditions populaires d’un pays. Il est donc une utopie de vouloir nous en départir. Toutefois, quand nous ne parvenons plus à distinguer l’essentiel de l’accessoire, c’est qu’il y a rupture de sens, d’un équilibre. La capacité de discernement est un signe d’intelligence d’un peuple, une manifestation d’une « volonté de… ».

Il nous arrive souvent de nous rendre à des cérémonies de présentation de livres censées être des moments d’échanges sur diverses questions de grande importance qui nous interpellent. Hélas, elles sont devenues, au grand dam des âmes férues de ces réceptacles d’idées, de triviales parades de saltimbanques où le louangeur a pris le pas sur l’érudit, le poulain sur le critique. On n’hésite pas à se faire escorter par une pléthore d’amuseurs encombrants, de chanteurs, de son vénéré et curieux guide religieux (la nouvelle vague bien sûr) et ses accompagnateurs zélés qui indisposent l’assistance parce que sa dignité requiert qu’il soit à la bonne place. Les sièges, le protocole… tout est fichu. Le pauvre « intello » (si on l’écoute) commence à ennuyer les bonnes dames, les séducteurs à l’esbroufe, les chiqués désormais passés d’auditeurs à animateurs ! Et les sermons inappropriés de l’Imam, venu témoigner de la grandeur d’âme de l’auteur, puent « facturou jakk ji faya gounou ko » (la facture de la mosquée encore impayée). C’est pire que la chienlit de nos parodies de combats de lutte. Le tintamarre est désormais un élément de la jouissance auditive. Tout cela a fini par nous paraître si normal, si anodin, si juste.

Entre les petites prévenances dont on entoure les « yax bu rey », les divagations, les « chants en l’honneur de… », on oublie qu’il faut parler du livre, objet de la rencontre. Il y en a qui achèteront l’ouvrage en guise de reconnaissance, arborant ainsi une humanité de circonstance. C’est peut-être la seule action louable d’un jour festif. Le livre aura trouvé acquéreur. Et un lecteur ? C’est moins sûr. C’est juste un élément du décor contribuant à l’harmonie des couleurs dans une salle surchauffée.
A suivre…

Par Alassane Aliou Fèré MBAYE

Jeûneurs en piste

16 Jui 2017
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Un quotidien de la place révèle qu’à Dakar « l’on ne sent le ramadan que durant les 10 premiers jours ». Son constat est que l’effectif des fidèles -après quelques journées de jeûne- se réduit comme peau de chagrin. C’est vrai que les mosquées, reconnaissons-le, ne refusent plus du monde comme lors des premières séances de « nafilas » (prières surérogatoires). L’on raconte même qu’ils sont très nombreux à avoir déjà renoué avec l’ambiance de la bouffe en mi-journée.

Manque de résistance à l’effort ? Le ramadan est comme une course de fond. Dès que le départ est donné, l’on doit être un croyant qui a du coffre plein d’énergie spirituelle pour passer les « haies » de la faim, de la soif, etc. jalonnant le parcours. Il n’est donc pas l’affaire du « croyant-sprinter », c’est-à-dire ce gus qui, sans aucune préparation dans la pénitence, se lance dans une course de vitesse alors que la distance est longue et est parsemée d’obstacles. Un tel individu file vers la sortie de piste, loin de la ligne d’arrivée. Et vite, il déclare forfait pour ce qui reste de cette « compétition » qu’est le ramadan.

Les bons fidèles qui savent que le jeûne est un excellent moyen de nettoyer leur organisme, d’éliminer les toxines, de déstocker des protéines et dépôts de graisse superflus, sont, eux, en piste et espèrent, dans une dizaine de jours, franchir la ligne d’arrivée et être pris dans l’aile protectrice de Dieu.

Par Cheikh Aliou AMATH

Errance « domestiquée »

12 Jui 2017
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Dakar, terre d’espoirs et de déboires. Ville lumière, de torpeur, de tortuosité où viennent s’inhumer les âmes en peine. Dakar a, à la fois, des airs d’une luxueuse métropole et d’un vaste cloaque humain où l’opulence et la misère ont signé une clause d’indifférence. On se croise, on s’épie dédaigneusement. On foule la patte du chien comme on le ferait avec la jambe d’un « malfamé » en pleine divagation. Est-il d’ailleurs en errance ? Il est dans sa vaste cour ; la cour du roi où on trimbale cinq sachets d’eau pour trouver fortune, où on glande chaque matin à la quête de la « bonne affaire ». Une bonne dame étourdie laissera peut-être tomber son sac à main ou un gadget électronique que son « errant international », à l’autre bout du monde, s’est tué à lui dégotter. L’errance, ce n’est plus « aller çà et là ». Elle est devenue une résultante des espoirs immenses, de notre façon d’envisager la réussite et de nous en targuer et, de manière globale, de la désarticulation des relations humaines. 

Le vieil homme laissé à lui-même, à sa sénilité – parce que nous n’avons pas su « tropicaliser » l’hospice –, le fou – l’asile ne lui convenant pas –, l’ivrogne – pour s’accorder du répit –, le gueux, le chat et le chien – comme une souris évitant la tapette –, cherchent à se poser quelque part dans leurs masures, ces rues publiques, à avaler leur pitance. Où ? Nulle part ailleurs que dans les espaces de morosité espérant quelquefois susciter la compassion des « âmes sédentaires » trop souvent pressées et elles-mêmes dans une éternelle et profonde errance dans leur « aventure » intime.

L’errance n’est pas forcément en mouvement. Elle est dans l’espérance, dans une quête incertaine. Dakar offre, dans ce sens, à voir un monceau d’images de « petites gens » pour ainsi reprendre le cinéaste Djibril Diop Mambety, d’animaux et parfois de choses qui cherchent (ou se cherchent) à rencontrer la fortune, la quiétude. Le petit talibé est-il en errance ? Il habite la rue. Le fou l’est-il davantage ou moins que lui ? Le chien ou le maître ? C’est le maître parce que sa femme lui mène la vie dure ? Sait-il seulement où il va ? L’humeur routinière du maître a peut-être fait connaître au clébard sa destination finale ? Au cours du trajet, il rencontrera le chiot sans maître ou son « grognon » rival, lui aussi sans seigneur. C’est le maître et son chien qui sont en errance ou ceux qu’ils rencontrent dans la « pègre », dans le « taudis à ciel ouvert ». C’est leur demeure. Ils sont à l’étroit chez eux. Ici, ils peuvent se shooter avec de la came à mort. On les regardera dédaigneusement mais on ne les délogera point parce qu’ils sont chez eux.

Le contraste de nos rues en constante métamorphose met en scène des « errants de luxe » et des « errants domestiques ». Dakar, à défaut de devenir comme Paris, met en lumière cette ambivalence. Le drame est qu’elle est devenue refuge de toutes les aspirations parce que tout le monde veut y arriver et la seule allée mène à la capitale sénégalaise. Le valeureux et jeune agriculteur n’envisage la réussite que dans une « promenade » avec quelques camelotes dans la capitale. La poursuite du rêve de grandeur ressemble fort à une aventure incertaine qui l’installe dans une errance à travers un désert, dans un sentiment de devoir rempli parce qu’il faut bûcher, s’accomplir là où on ramasse des billets de banque et les distribue ensuite dans les soirées mondaines. Et ainsi donner à ses rêveries une couverture honorable, « beugg teki rek ».
Ps : passez-moi mon errance

Par Alassane Aliou Mbaye

Les ex-ami(e)s fêtard(e)s

09 Jui 2017
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Bientôt deux semaines que l’on jeûne à Dakar. Un constat : une nouvelle spiritualité a pénétré l’âme de beaucoup de mes ami(e)s. Ceux et celles qui, avant le début du Ramadan, peuplaient « mbed u naari » (le chemin de l’enfer) où avaient cours, à côté des rivières d’eau de feu, une musique non-stop, des scènes d’amour illégitimes et des bagarres sanglantes, manquent, aujourd’hui, à l’appel du bataillon des « kafr » (infidèles).

Pour votre information, mes ami(e)s, des néo-converti(e)s, ont un autre chemin de passage : « mbed u neeg u Yalla » (voie menant à la mosquée). Ces hommes et femmes, de mes connaissances, sont entrés dans une nouvelle vie et se sont engagés à réformer leurs mœurs en s’accrochant aux fondamentaux religieux. Ces néo-convertis dont l’âme n’a jamais été scellée autour de Dieu ont, depuis l’entame du mois de Ramadan, décidé de s’échapper de ces chaudes nuits dakaroises qui, il y a peu, les enveloppaient, de tourner le dos aux plages qui, il n’y a guère longtemps, se déroulaient devant eux, et aux dancings qui, récemment, s'ouvraient à eux.

Mes ami(e)s ont incendié leur « nid d’amour » où, dans un passé récent, il n'y avait plus de réalité à certaines heures. C’était ces heures pendant lesquelles il n’y avait que le plaisir, le rêve, la poésie, le charme et la folie des sens. En ce mois béni de Ramadan, ils ont enterré leur vie de fêtard(e)s. Est-ce pour de bon ?

Par Cheikh Aliou AMATH

« Les victimes du Net »

02 Jui 2017
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« Les victimes du Net ». C’est une initiative lancée, ces derniers jours, par des tiers déterminés à « faire cesser, sur internet et les réseaux sociaux, les insultes, calomnies, diffusions de fausses nouvelles, etc. » dont le but manifeste est de salir de bonnes gens. Leur idée est bonne. Le combat qu’ils comptent mener doit mobiliser beaucoup d’entre nous. En effet, nous devons nous impliquer et, à leurs côtés, rappeler à ceux qui l’ont oublié et apprendre à ceux qui ne le savent pas que le Net n’est pas un « repaire » où des mal éduqués se retranchent pour ne débiter, à partir de leur clavier, que des insanités, des obscénités et des vulgarités. 

Des nouvelles salaces sur une mère de famille, des racontars sur un couple célèbre, des contre-vérités sur le voyage d’un chef religieux, des propos irrespectueux sur nos hommes et femmes politiques, sont l’œuvre d’esprits malfaisants que « Les victimes du Net » et ceux qui les soutiennent se proposent de mettre à l’index et de combattre. Les mauvais utilisateurs du Net et des réseaux sociaux ont, aujourd’hui, un sacré « client » qui va désormais leur apprendre à réfléchir sur leurs propos concernant la vie privée de personnes qui leur sont, souvent, totalement inconnues. Totalement dégoûté par cette façon de clouer au pilori certains compatriotes pour un oui ou un non, j’invite ceux qui s’en gaussent à aller fouiller dans les catacombes de leur propre vie. C’est sûr qu’ils y trouveront quelques faits, gestes et images personnels qu’ils refuseront, pour tout l’or du monde, d’étaler sur la toile.

Comme moi, vous avez certainement constaté que ces mal éduqués du Net sont trop portés sur des futilités : sexe, sang, déballage. Ne comprennent-ils pas, ces mauvais utilisateurs du Net, qu’ils doivent s’élever par l’esprit ? Au Sénégal, l’on doit s’échiner à développer l’agriculture, à défendre et à sauvegarder l’environnement, à prodiguer des soins de santé de qualité, à instruire et à éduquer les jeunes, à créer des richesses et des emplois… Vaste programme devant nous éloigner des insanités, obscénités et vulgarités !

Par Cheikh Aliou AMATH

Nous ne sommes plus en sécurité (les armes physiques sont moins périlleuses) ! Le dire est une lapalissade. On se couvre presque de ridicule à le ressasser. Le tumulte est devenu un élément du décor. Il nous cause une certaine appréhension et légitime beaucoup de nos actes. Cette insécurité, source de notre angoisse existentielle en ces temps fiévreux, redéfinit nos rapports et ouvre des brèches à tous les « doctrinaires ambulants » prompts à nous annoncer l’apocalypse et le début de leur « gloire éternelle » enivrant les âmes égarées et désespérés et ceux-là, particulièrement faciles à embrigader, qui larmoient sempiternellement sur leurs sorts. Il suffit de leur faire miroiter les lambris dorés. Ils sont les seuls dignes d’en jouir ! Ils étaient là quand le Seigneur s’est laissé aller à la confidence ! Les rebuts de « leur » société, en plus de l’opprobre dont ils seront couverts, seront soumis au supplice des âmes damnées. Il n’y a qu’une voie pour y échapper. La leur.

Le drame aujourd’hui, c’est que ces individus, grands rhétoriciens, pullulent dans l’univers du sacré et des promesses. L’insécurité est là. Nous n’avons plus d’emprise réelle sur l’éducation de notre progéniture. Les intrus produisent des interférences. Les ondes de « formatage » s’entremêlent. Qui ne s’est pas plaint, un jour, de ne plus reconnaître son fils, son neveu et le taciturne et déférent garçon du quartier qui adoptent subitement un langage ésotérique les poussant à s’abstraire. Le géniteur devient, pour le rejeton subjugué par le discours mystificateur, « cet homme qui n’a rien compris » au sens de nos petites existences. « Xamoul Yalla » (Il ne connaît pas Dieu). Le doux et sage garçon imagine son géniteur dans les ténèbres de l’enfer ! Il faut alors le sauver. Car, pour son gourou, qui lui a construit de nouveaux paradigmes, croupit dans l’ignorance celui-là qui est différent, qui a emprunté une autre allée pour raviver sa foi. La vie familiale devient une persécution quotidienne pour le nouvel illuminé au grand dam de ceux qui se sont toujours échinés à lui fabriquer un destin « normal », à l’entretenir, à le combler de leurs prévenances devenues encombrantes. Il s’isole parce qu’il faut « sauver la planète » ! C’est l’exaltante mission du môme dont le lait maternel n’a pas encore fini de cailler dans sa « panse » ! L’esprit formaté, il devient l’exécuteur des toquades de son nouveau mentor (Qui sait, celui-ci voudra peut-être un jour faire pâlir certains d’horreur).

Quelques (faux) dévots se plaisent à dessiner un monde qui les rendrait eux-mêmes moins sûrs de leurs étranges absurdités. Ils envahissent les foyers de leur présence encombrante en appâtant les crédules gens par de belles promesses. Ils détruisent des vies pour construire une zone d’influence emplie de leur ego et de leur inhumanité. Il n’y a, en effet, pire cruauté que celle-là qui détourne le fils de ses géniteurs désarmés. Sur cette terre, on s'offre, se soumet pour vivre d’espoirs entretenus par la « vénérable personnalité » qui n’ouvre la bouche que pour cracher sur des paumes moites et percluses d’admiration et de mysticité monnayée ; celle qui leur donne cette douce illusion de voir au-delà de la munificence de la nature et des étoiles (qu’ils sont les seuls à voir scintiller !), de pouvoir s’abstenir de « vivre ». Car ce monde, admettant la souillure, est indigne d’eux pour qu’ils en jouissent ! Il faut le regarder avec dédain ; ceux qui s’en entichent, avec plus de mépris encore. Ce n’est là qu’un leurre simulant leur goût du pouvoir et des honneurs. Le « confident » du Seigneur, l’intercesseur auprès de celui-ci, messie de quelques impies et autres libertins, est un épicurien (dans son espèce) aimant s’entourer de crédules gens qui ensemencent le champ de son égotisme. La désillusion sera leur moisson.

Par Alassane Aliou Fèré MBAYE

Ramadan oblige

26 Mai 2017
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Demain, démarre le ramadan. Pendant ce mois béni, c’est une nouvelle spiritualité qui pénètre l’âme de beaucoup de Sénégalaises. Des amies, leurs 100 kilogrammes de féminité et de tendresse avec, optent de s’effacer devant leurs admirateurs. Mes cousines, grandes, claires et très bien faites, troquent leurs jupes et robes hyper courtes contre les djellabas.

Elles, qui sept jours sur sept, prenaient possession de nos rues et avenues, rôdaient autour des points-argent, squattaient les restaurants et donnaient le tournis aux hommes, décident de ranger, dans le placard, leurs légères et transparentes étoffes comme les tongs, shorts, décolletés profonds, minis et robes fendues. Bref, une subite spiritualité est née chez des milliers de Sénégalaises, les faisant entrer dans une nouvelle vie religieuse. Pendant ces prochaines 29 ou 30 longues journées de jeûne que dure ce court mois de ramadan, les demoiselles et jeunes dames, célibataires ou divorcées, réfrènent donc leur ardeur de croqueuses d’hommes.

Mois d’absolution de tous les péchés, mes cousines dévergondées soutiennent vouloir se consacrer pleinement aux dévotions pour se refaire une nouvelle virginité… au plan comportemental. Elles qui ne manquaient pas de culot et déclenchaient de fortes sensations qui faisaient se retourner les hommes quand elles les croisaient, vont devenir, provisoirement, de saintes nitouches. En s’emmitouflant dans les manteaux de la chasteté, elles sont parties pour nous cacher, d’ici à fin juin prochain, leur joli teint, mais aussi leurs fesses bombées, ongles, tresses et cheveux parfaits.

Par Cheikh Aliou AMATH


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