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Ticket d'Entrée (88)

Le sabre de l’argent

09 Avr 2018
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Une histoire. Dans un village du Sénégal, un père de famille jaloux et ronchon comme pas deux, misait beaucoup sur sa fille pour lisser les rugosités de son époque. Une fille d’une beauté rare qui nourrit les fantasmes les plus fous dans son entourage. Surveillée comme du lait sur le feu, elle finit cependant par tomber dans les filets d’un richissime commerçant. Et ce qui devait arriver… arriva. La belle tomba enceinte des œuvres subreptices d’un grand négociant du village. Le père en rogne jura d’avoir la peau de ce malotru qui a osé lui voler ses rêves. Sabre tranchant bien en évidence, le père passa au peigne fin le village pour débusquer le bourreau de sa fille.

Informé des intentions du papa de sa belle, le commerçant usa de tout son tact pour remettre la goupille dans la grenade. Il alla le trouver pour lui tenir ce langage :
Mon père, je sais que j’ai fauté en engrossant ta fille. Ce n’était guère mon intention, mais Dieu l’a voulu ainsi. Je prends l’engagement ici, devant tout le village, de l’épouser dès qu’elle aura accouché. Je t’enverrai à La Mecque, je t’offrirai une maison, une voiture et beaucoup d’argent. La seule condition que je pose, c’est que tu prennes bien soin d’elle pour qu’elle n’avorte pas. Si elle perd l’enfant qu’elle porte, ma proposition ne tient plus.

Le père écarquilla les yeux et visionna la belle vie qui s’annonçait pour lui. Il se racla la gorge et, d’une voix décidée lança au commerçant :
Mon fils, rassure toi, même si elle avorte, tu l’engrosseras à nouveau.

Par Sidy DIOP

Ils s’appelaient Idy Diène, Cheikh Tidiane Diol, Mame Mbaye Ndiaye, Ousseynou Mbaye. Ils vivaient respectivement à Florence (Italie), à Caxias do Sul (Brésil) et à Madrid (Espagne) pour les deux derniers cités. Ils ont tous subi le même sort que César, assassiné en mars. On tue les Sénégalais en mars. On les tue également les onze autres mois de l’année. Dans un passé pas si lointain, il y a eu des meurtres de Sénégalais en France, aux Etats-Unis, en Côte d’Ivoire, au Gabon, en Argentine ou encore au Maroc. Est longue la liste des pays où la tête du Sénégalais est une hure pour les chasseurs d’immigrés. Leurs hallalis jouissifs résonnent sauvagement d’ignominie, de barbarie, de manque de tolérance et d’humanité. Alors que – pour poursuivre de filer la métaphore animalière – les immigrés sont comme des pinsons, ces oiseaux migrateurs qui cherchent une meilleure vie en quittant les zones froides de la Scandinavie et de la Sibérie pour rejoindre les climats plus cléments de la mer Méditerranée. La migration est, en partie, la source de leur bonheur. En effet, les pinsons sont des oiseaux qui chantent à tel point qu’ils sont à l’origine d’une expression française : « Joyeux comme un pinson ». Survivre n’est pas un délit. Autant pour les oiseaux que pour les humains.

• Par Moussa DIOP

En 2007, Nicolas Sarkozy, alors président de la République française, avait, à l’occasion de son premier déplacement en Afrique subsaharienne, suscité une vive émotion en évoquant notamment le drame de l’Afrique ainsi présenté : « L’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire », disait-il. « Le paysan africain qui, depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles ».

Il l’avait dit sans sourciller et avec condescendance. Ironie du sort, c’est en Afrique, pas suffisamment entrée dans l’histoire, que la sienne risque de s’écrire. Il aurait été de connivence avec une âme qu’il vouait aux gémonies et qui désormais le hante et saborde ses entreprises politiques. Le président sénégalais Abdoulaye Wade avait, à l’époque, fustigé ce discours. Il l’avait même raillé en ces termes : « Sarkozy vient d’arriver au pouvoir, il a beaucoup à apprendre ». Quelques années plus tard, une enquête sur un supposé financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2007, s’est accélérée et a causé son placement en garde à vue avant sa mise en examen. Le juge suspecte de possibles flux financiers impliquant des protagonistes liés au régime de l'ancien guide libyen Mouammar Kadhafi et l’entourage de Nicolas Sarkozy plus que jamais accablé par le sarcasme du temps.

Par Oumar Ba

Nos illusions

22 Mar 2018
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Les enlèvements d’enfants, dont certains subissent un sort atroce comme dernièrement avec cette âme innocente de Rufisque, Serigne Fallou Diop, ont fini de créer une psychose collective. Il y a des créatures que la violence émoustille et que la tendresse répugne. Ces individus de conduite infamante, que la conscience, pour ceux qui en ont, n’assaille point, que le remords ne hante et que les geôles ne dissuadent, ne tirent jouissance que dans la vilenie, l’horreur dont ils sont capables. Mais, il y a à dire sur cette fameuse société sénégalaise de « vertus » et sur ce qu’elle est devenue (à moins qu’elle n’ait jamais été autre chose) sans vouloir admettre ces souillures ou justifier le mal. Nous ne sommes plus ce que nous prétendons être. Nous nous gargarisons de l’héritage des aïeux et des vénérables figures religieuses d’un autre temps pour trouver un accotoir à nos égarements et inconséquences. Nous entretenons l’illusion sur notre être profond. Il suffit d’évaluer le lien affectif avec notre entourage immédiat pour se rendre compte de la désarticulation de la société. Cela n’arrive pas qu’aux autres. Le patient est devenu pour le toubib un vulgaire client. Le dévot, une vache à lait pour le marabout avide de privilèges ; la mosquée, une gentilhommière de recyclage pour vieux flemmards. Le politicien s’octroie le droit de « pigeonner », de mystifier de manière éhontée et l’on dira que « dafa mana polotik » ! Quand les institutions pourvoyeuses de sens se délitent sous l’effet des convoitises, de la cupidité, il ne faut pas s’étonner que ceux que le vice excite sortent de leur cabane pour « faire ripaille ». Car les discours verbeux exaltant nos « valeurs » sont devenus si éloignés de la funeste réalité... Gardez bien vos enfants. Le mal est en nous…dans nos illusions.

Par Alassane Aliou MBAYE

Les nouveaux loups

12 Mar 2018
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Le cas avait fait grand bruit. Un grand jet setteur rendu célèbre par une chanson non moins connue de Thione Seck était tombé dans les filets d’une bande de fillettes en jupes courtes et aux manières adolescentes. Il connut la prison et la disgrâce pour « détournement de mineur ». Un confrère, récemment rappelé à Dieu, qui jouissait d’une excellente réputation fut traîné à la gendarmerie et massacré dans la presse pour avoir tendu une main paternelle à une adolescente en errance devant sa maison. Ils ne sont pas, loin s’en faut, les seules victimes de l’innocence.

De plus en plus, de jeunes adolescentes à peine sevrées du biberon, dessinent des plans machiavéliques pour ferrer des hommes beaucoup plus âgés. Elles gonflent leur âge, exhibent une précocité sournoise et bandent leurs formes généreuses pour tromper la méfiance des adultes. Les célébrités, les hommes mariés et tous ceux qui ont une réputation à préserver sont leurs cibles préférées. Ces derniers, pensent-elles à juste titre, préféreront toujours éteindre un début de scandale en transigeant généreusement. Le plus souvent, elles enfarinent de vieux cougars en quête de chair fraîche. Parfois, malheureusement, leurs mailles se referment sur des pères de familles charitables qui ne sont guidés que par la volonté d’aider. Les loups ne sont plus ceux que l’on croit.

Gare à la meute en tenues raccourcies et aux formes ensorceleuses !

Par Sidy DIOP

Politesse raffinée

08 Mar 2018
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Un forum très animé sur un site de rencontres. Le thème : où est passée la galanterie ? Courbettes, baisemains, mots doux, cadeaux, bref l’attention masculine est traitée d’idiotie par des jeunes qui, décidément, bousculent toutes les convenances. La galanterie, une sincérité douteuse ? Allons ! Le dictionnaire nous renseigne que celle-ci est « l’art de plaire en société, par une allure élégante, une politesse raffinée, des procédés obligeants, etc. ». Mais il faut croire que les temps ont bien changé.

Il faut cependant concéder que face à des femmes libérées, modernes et qui réclament l’égalité à outrance, cette belle urbanité peut faire désordre. « Une survivance de l’esprit supérieur des hommes qui distribuent des gentillesses au sexe dit faible », commente une jeune fille qui ne doit avoir besoin d’un mâle compagnon que pour lui servir des grossièretés.

A une époque où le moindre sourire peut être interprété comme du harcèlement, il vaut mieux faire comme ce jeune homme à qui une demoiselle reprochait de ne pas être du tout galant. La faute du garçon : avoir trouvé une place assise dans un bus alors que nombre de filles étaient obligées de se tenir debout. La réprimande faisait plutôt rigoler le jeune homme : « ma génération connaît l’égalité, pas la galanterie ». Une réponse bien de son époque.

Par Sidy DIOP

Sauveurs des temps modernes

05 Mar 2018
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Des célébrités de renommée planétaire comme Madonna ou Angelina Jolie, des politiciens à la retraite qui ont fini de servir leur pays, se sont fixé pour mission d’apporter « l’éclat » au continent «noir ». Ces «sauveurs» ont ceci de commun, ils sont occidentaux.

Ces « mécènes » des temps modernes arrivent en avion ou en jet, spécialement affrété, pour aider l’éducation à marcher sur le bon pied, Rihanna. Sinon, elles viennent pour adopter des enfants africains, Madonna et Angelina se sont déjà illustrées dans ce registre adoptif. Comme qui dirait, des remparts contre cette misère, à laquelle risquent d’être confrontés, ces enfants africains, à l’image de millions d’autres. Il est également question de publier sur les réseaux sociaux des images avec au premier plan des célébrités et de pauvres Africains en arrière-plan. Peu importe si souvent les stars dépêchées pour venir en aide aux indigènes ont un parcours ambigu. Ces hommes et femmes devenus riches, parce qu’ils disposent de belles voix ou encore s’illustrent dans le septième art, s’érigent en modèle, pour une génération, à la recherche d’inspiration. Même si on leur accorde un crédit de bonne intention, ces campagnes parviennent également à propager l’image d'une Afrique offerte à l’échec, plongée dans une misère inéluctable. On est tenté de se demander si cette aide n’est pas faite dans l'idée d'affirmer une supériorité culturelle ? Il est temps de mettre en avant un partenariat équitable. Une reconnaissance mutuelle. Ce serait un gage de crédit démontrant la croyance de l’occident, en une Afrique pouvant effectivement prendre son destin en main.

Par Oumar BA

Boules puantes

26 Fév 2018
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Le terrorisme fait sa mue. On a connu, jusqu’ici ces « s’en fout la mort » appelés « Jihadistes » qui ont réécrit le Coran et privatisé le paradis céleste. Ils tuent au nom de Dieu, réinventent une façon de vivre en société islamique et multiplient les « fatwas » pour tous les mauvais musulmans qui osent penser que l’Islam est synonyme de paix. Ils utilisent des gilets explosifs, déroutent des avions sur des cibles humaines et enlèvent des milliers de jeunes filles pour les marier de force après les avoir « convertis » à cette nouvelle religion sans prophète et sans apôtre.

Pourtant, cette forme de terrorisme, aussi violent soit-il, n’est rien comparé à celle qui s’installe, progressivement, dans nos sociétés. Ce terrorisme 2.0 est psychologique, moral. Ses bombes de destruction massive sont des mots. Des boules si puantes que des vies entières se retrouvent concassées, détruites à jamais. Il célèbre la pensée unique, abhorre la critique et n’hésite pas à inventer d’innommables infamies pour couler à jamais les têtes brûlées qui voient la réalité avec des lunettes moins colorées. Il suffit de se brancher sur les réseaux sociaux pour voir cette nouvelle armée terroriste à l’œuvre. On y diffuse des enregistrements privés, on y dévoile des secrets intimes, on y invente des histoires salaces pour démolir des réputations ou faire chanter d’honorables pères et mères de famille. La parole est source de vie, mais elle tue tout autant. Combien de personnes ont dû recourir au suicide après avoir été confrontées aux mots qui tuent ?

Par Sidy DIOP

Bug phallique

22 Fév 2018
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La réussite sociale est un chemin pavé d'écueils pour les femmes. Les femmes cadres le savent bien, elles qui peinent le plus souvent à trouver chaussures à leurs pieds tant les préjugés sont tenaces et les hommes… craintifs.  Paradoxe. Une jeune femme belle et aisée doit normalement attirer une foule de charmeurs. On sait, cependant, depuis la publication du livre de Jean Cornut (Pourquoi les hommes ont peur des femmes, Paris, PUF, 2001) que le sexe dit fort entretient des relations ambiguës avec les femmes. Tout fonctionne chez nous comme s'il y avait une sorte de pouvoir misogyne qui incline les hommes à se priver de ces femmes d'un autre standing. Comme si elles étaient des fruits défendus. Une « gynophobia » qui laisse perplexe. Est-ce que parce qu’elles font perdre leur assurance aux hommes ? Ont-ils peur de se retrouver avec une femme chef d’entreprise qui confond le foyer et le bureau ? Ont-ils peur de perdre leur autorité ? Des foules de questions qui n’appellent qu’une suggestion : il faut être ouvert à l’évolution du monde pour franchir le pas. Les femmes seront de plus en plus éduquées puisque les filles sont aujourd’hui meilleures à l’école, elles occuperont plus de responsabilités dans l’espace public et dans l’entreprise. Il faudra faire avec. Et, au rythme où va le monde, c’est le contraire qui sera, dans un avenir très proche, fort difficile : trouver une servante, aimante et très peu spirituelle comme épouse pour perpétuer l’ordre masculin en voie de déshérence sociale. Il faut, certainement, mettre à jour le logiciel sentimental des hommes pour surmonter le grand bug phallique qui s’annonce.

Par Sidy DIOP

Terrorisme insidieux

12 Fév 2018
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Le Sénégal est, décidément, un pays de paradoxe. La venue de la star américaine Rihanna a provoqué l’ire de la nouvelle congrégation des Ayatollah de notre pays. « Persona non grata », ont-ils défendu à longueur d’émissions sur la FM, le menton tremblant. La pauvre est ainsi mise au ban de notre société pour sa capacité supposée à pervertir la jeunesse. Pays du « Guddi town », du popotin en vrille et des grandes agapes du Grand théâtre, il y a sûrement des sujets plus enthousiasmants pour le Sénégal et pour ces « porte-parole de Dieu » que le déhanché de Rihanna.

Il ne faut pas croire que le terrorisme dit « jihadiste » consiste seulement à se faire exploser au milieu d’innocents ou à vider sa kalachnikov sur de paisibles passants. Non, il y a un autre type de terrorisme plus insidieux qui empêche les gens de vivre par des fatwas sans prise sur le réel. Il faut refuser la privatisation de l’islam.

Par Sidy DIOP


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