grandair

Ticket d'Entrée (76)

Cracks du foot

25 Nov 2016
913 times

Il fut un temps pas très loin derrière nous où nos parents veillaient sur nous avec un zèle de nouveau converti. Les jeux étaient interdits et les études passaient avant tout. Il n’était pas question pour eux que leur enfant passât son temps à taper sur un ballon, à courir sans raison, à lire des bandes dessinées ou à pousser la chansonnette. Les saltimbanques n’étaient pas désirés dans nos familles, les sportifs encore moins. Non ! Il fallait être un crack, réussir dans les études, devenir ministre, député, gouverneur ou même président de la République. Le rêve de tout parent. Et pour aider la progéniture à bien assimiler ses leçons, l’on n’hésitait pas à leur faire ingurgiter des litres de « kiiss », cette eau miraculeuse tout droit sortie des amulettes maraboutiques et destinée à fixer le savoir dans les cerveaux distraits de la marmaille. Foin de tout cela aujourd’hui. Nombre de parents rêve de donner naissance à un El Hadj Diouf. Il n’a pas été un crack sur les bancs de l’école, mais a gagné beaucoup plus que ces génies au Qi surdimensionné. L’école est toujours en vogue, mais au rythme où évolue la vie, celles de foot seront bien plus fréquentées par nos mômes.

Par Sidy DIOP

Last modified on vendredi, 25 novembre 2016 15:32

Inhumanité

23 Nov 2016
798 times

Vendredi dernier j'ai vu sur Facebook l'horreur à l'état pur : les photos d'un jeune garçon nigérian de 7 ans lynché puis brûlé vif par la foule pour avoir tenté de voler dans une boutique un peu de farine de manioc . J'étais saisi d'une rage impuissante et en même temps se bousculaient dans ma tête des questions qui peut-être ne trouveront pas de réponses. Comment peut-on laisser dans un pays commettre un crime aussi révoltant et odieux? Ceux qui l'ont perpétré avaient-ils une once d'âme ? Qui est le monstre qui a pris les photos de l'enfant martyrisé pour les mettre en ligne? Ce pauvre garçon sans doute tenaillé par la faim a voulu commettre ce menu larcin pour survivre dans un Nigeria frappé de plein fouet par la baisse des prix du pétrole et le désordre économique et social consécutif aux actions de Boko Haram. Une simple admonestation ou de petites claques auraient suffi pour lui faire comprendre que ce qu'il voulait faire est interdit. Mais au lieu de cela, la foule s'est acharnée sur lui avec une violence inouïe. En me remémorant le sacrifice du jeune Ikemefuma dans "Le monde s'effondre" le roman éponyme de Chinua Achebe, j'ai cru trouver une explication partielle à un acte qui avait peut-être de profondes racines sociologiques. On dit que la foule est bête car au moment où elle brûlait le corps du petit garçon à cause de quelques grammes de farine de manioc sait-elle combien de dizaines de milliards de dollars ont été volés au Nigeria par des politiciens, des officiers et des hommes d'affaires véreux ? De l'argent qui aurait pu assurer le ravitaillement du pays en farine de manioc pendant des décennies ou faire construire écoles, hôpitaux et routes à foison.

Enfin je ne peux m'empêcher de me poser une dernière question : quel est l'avenir d'une société où pour une pincée de farine on brûle vif un petit garçon dans la rue ?

Il faut également ajouter que la série de meurtres commis à Dakar et à l'intérieur du pays ces derniers jours peut être rangée dans un rayon voisin de ce qui est dénoncé plus haut.

Par Ibrahima MBODJ

Papy reconversion

21 Nov 2016
630 times

« Poussière et glace ne s’accordent guère. La glace ne s’émiette ni ne s’effrite, elle fond, elle s’évanouit alors que la poussière ne disparaît jamais. Remuante, turbulente, insolente, elle ne cesse de virevolter, de papillonner, de saupoudrer la face du monde du fin réseau de ses cendres instables ». Un de mes cousins, très jeune, curieux personnage, se passionne pour le roman de Jacques Lacarrière, « La poussière du monde », d’où est extrait ce passage. Mon cousin réinterprète le monde à sa guise à partir de mots qui ne sont pas les siens encore moins de son univers culturel, sociologique. Son aversion pour certains individus d’âge mûr -d’âge nuisible pour le reprendre- obstacles à la vie, gouverne son intellect. Cette poussière, inopportunément turbulente et remuante, qui ne se dépose que là où elle confisque des places et pollue l’atmosphère. J’ai alors compris pourquoi mon taciturne cousin s’est tant entiché de ce livre. L’auteur, sans aborder la question des « encombrants papys » sénégalais, lui permettait, en effet, d’exprimer sa répugnance par métaphore…A travers justement cette poussière asphyxiante.

On peut reprocher à mon cousin l’insolence de son ton mais il faut admettre qu’il n’a pas tort sur toute la ligne. Sous nos cieux, dans nos quartiers où se diffusent des valeurs de solidarité de classe, ceux qu’on appelle les « notables » (pas tous heureusement) sont en perpétuelle quête d’exutoire ; une parcelle d’exubérance acquise par cette seule légitimité d’être nés des lustres avant ceux qu’ils écrasent de leurs avanies. Et tous les moyens sont bons. Après des années de ripaille -et peut-être de luxure- (une fille dont je suis tombé éperdument amoureux m’a dit, hier, que de toute façon, à Sunugal, on n’a jamais rien fait), on se passionne subitement pour le pompeux froufrou. On s’achète un chapelet singulièrement long (c’est plus tape-à-l’œil). On copine avec le pauvre muezzin autrefois repoussé avec dédain en attendant de s’acoquiner avec l’Imam s’il est aussi affligeant que son « crieur » (par ailleurs collecteur des « oblations » d’une mosquée en éternelle réfection). Le muezzin est certainement, lui aussi, passé de « chauffeur » de bal musette à dévot sur le tard.

Après avoir conquis le gang au faste étourdissant dans une autre époque, on convoite le titre de « Aladji » pour rassurer la riche veuve du pauvre « Monsieur tranquille » arraché à la tortuosité de la cohorte des vieux « zieuteurs ». L’Imam à la rhétorique exquise viendra ensuite exalter, chez la bonne dame, les valeurs de son nouvel ami repenti avec les acquiescements de son volubile perroquet, insignifiant « ami » de tous. Quelques versets du Saint Coran, des Hadiths et le rappel de nos extraordinaires valeurs traditionnelles assaisonneront le discours du chef de la délégation (ou plutôt son ronronnement. Qu’est-ce qu’ils ont à tous parler comme des marmottes tirées de leur hibernation).

Et si la veuve de « Monsieur tranquille » a le don de clairvoyance, on s’attaque à sa déférente fille. « Xale yi daño wara sëy » (les jeunes doivent se marier) ! De manière sordide, la bande tortueuse indique à leur progéniture les « pistes » à privilégier : Couplé gagnant, couplé perdant, pour ainsi leur emprunter leur jargon ! Et puisqu’ils sont en même temps les censeurs du quartier, la police des mœurs, les gérants de la boutique du coin (entendez la mosquée), les époux des dames acariâtres que personne n’ose affronter (eux-mêmes ne s’y aventureraient pas, elles sont témoins de leurs « amusements »), gare aux petits gueux sans avenir qui feraient les yeux doux à la jouvencelle du défunt « Monsieur tranquille » (qui ne les blairait point). C’est la chasse gardée de leurs oisifs descendants, proie de toute une pernicieuse famille. « Remuante poussière ». Chapeau très jeune cousin, j’ai pigé !

Par Alassane Aliou MBAYE

Last modified on lundi, 21 novembre 2016 09:55

A l’origine, le numérique voulait bien jouer le rôle d’un medium d’émancipation, d’un outil de liberté, ou du moins nécessaire à l’épanouissement, au rapprochement et à la connaissance des hommes. Il était censé mettre le monde entier en relation. Mais, au lieu de promouvoir une communauté de prochains, il s’est mué en instrument de contrôle et de surveillance. Il prétend abolir les frontières, mais celles-ci ont certes disparu sans pour autant donner naissance à une communauté. D’ailleurs, de plus en plus, l’étranger n’est pas le bienvenu. Avec le numérique, nous vivons dans l’illusion de pouvoir nous réaliser. Nous créons nous-mêmes cette fiction, c’est une sorte d’auto-exploitation, d’autant plus efficace que nous nous y soumettons de manière volontaire. S’il y a faute, elle nous revient. Dès lors, on ne peut pas s’en prendre à autrui. On livre tout de soi-même sans que personne n’ait besoin de nous en formuler la demande. On se dévoile, on se dénude de façon volontaire, on raconte sa vie, ses moindres mouvements, ses sentiments, ses coups de colères à travers les réseaux sociaux en pensant que cela contribue à augmenter notre propre valeur. Les photos privées envahissent ces mêmes réseaux sociaux. Le sens de l’intime est profondément perverti. Notre présent refuse toute forme de négativité.

On est tenté de bloquer « l’ami » qui ne « like » pas notre pensée ou photo ! C’est connu, chaque ordre social fait naitre un nouveau type d’homme, le numérique n’y échappe décidément pas : un égocentrisme excessif a vu le jour. Dorénavant, seul compte l’ego. Le réseau ne crée, en réalité, aucune proximité, contrairement à ce que l’on veut nous faire croire. Le rapport à l’autre devient un investissement que l’on gère au même titre qu’un placement financier, avec le souci de ne pas faire de perte. Conséquence : la solidarité disparait, la proximité et même l’amour. La possibilité d’une rencontre est mise à mal. Alors que la rencontre constitue même l’événement de l’amour. On ne veut plus tomber amoureux de peur d’être blessé, alors que la blessure même appartient en profondeur à ce sentiment humain. Pour rester dans la positivité, on « like » derrière son écran, sans se rendre compte que le négatif participe à l’expérience même. L’homme numérique a aboli l’autre. Or, à travers l’autre, face à l’autre, nous pouvons sentir notre humanité commune.

Par Oumar BA

« Ceux qui sont morts ne sont jamais partis…ils sont dans le bois qui gémit ». Gémissements de plaisir ou de chagrin ? Eclaire notre lanterne Birago Diop, nous, desséchées âmes indifférentes aux images des mots, à la poésie de l’horreur et de la béatitude. « Le souffle des ancêtres » s’éteint dans le brasier de l’insensibilité même si les larmes ruissellent aujourd’hui plus qu’hier. Nous les essuyons avec notre vanité mondaine, avec nos petites marottes.

Moi qui étais si prompt à chicaner sur les « gestes » de compassion des Sénégalais (jaxal), je me suis retrouvé, au décès de ma mère, les poches remplies de billets de banque comme jamais. Cela m’a été d’un certain secours. Je me suis servi de cette petite fortune pour nourrir et loger ceux-là mêmes qui m’en avaient gratifié ! Il m’a fallu ensuite acheter quelques matelas pour les « compatissants de luxe » comme on l’aurait fait avec la future belle-famille à l’occasion des épousailles (avant les chamailles). Ces hommes et femmes de la société « émergente » n’aiment pas trop le « thièbouyapp » et ne boivent pas l’eau en sachet (en même temps ils ont raison, cette eau-là !).

Le soir, quand les « chants lyriques » se sont noyés dans les souvenirs ressassés (toujours les bons, prescription divine, paraît-il) et que la bombance a pris fin, j’ai pris le temps de penser à ma « pauvre » mère. De sa nouvelle demeure, elle est certainement fière de voir son garçon servir ses vieilles amitiés avec déférence ; lui que leur affectée tendresse répugnait. C’est à peine si je n’ai pas exulté pour dire à ma mère « yaye sa fête bi neexna ! » (Maman ta fête a été belle !). L’envie de la lui raconter me brûla ». Elle m’a peut-être bien entendu : « Ton bélier t’a rejointe au ciel. Pour le dîner, on a sacrifié la brebis. La viande du taureau n’a pas suffi. Tous tes amis étaient là. Et il fallait bien qu’ils mangeassent. J’ai demandé à ton grand frère de me prêter un peu d’argent pour les billets de retour des « villageois » comme tu aimais à le faire lors des fêtes de réjouissance. Mon oncle, bienfaiteur des chairs rondes de la capitale, a accédé à ma requête après que je lui ai donné en gage tes colliers en or en attendant le partage de l’héritage. Les quatre imams du quartier ont proposé leurs services. Le plus jeune s’est désisté après avoir soulevé une petite controverse. Tu as toujours respecté, maman, ces trois vieux, mais, moi, je les trouve tordus. Je n’ai pas encore eu le temps de te pleurer comme toutes ces personnes qui ne t’ont jamais rendu visite quand, malgré ta souffrance à l’hôpital, tu continuais à m’entourer de ta prévenance sous le regard amusé et ému de l’infirmière…Je te raconterai le reste quand j’aurai arrêté de frémir d’indignation…Ah, la vendeuse de cacahuètes, elle a tellement pleuré ! Elle m’a aidé à m’occuper de ta clique de grandes dames et leurs compagnons esbroufeurs».

Birago, pardonne-moi cette offense. Les morts sont définitivement morts ; même ce pauvre taximan qui a subi la furie de ce jeune homme qui, dit-on, était promis à un « bel avenir ». Il conduisait de rutilantes bagnoles et passait à l’écran. Cette contingence dans cette ascension vers ce que nous concevons comme la réussite semble nous émouvoir davantage que l’acte ignoble qu’il a commis et qui anéantit les espoirs d’une mère éplorée et d’une ex-future épouse traumatisée à vie. Les esprits étroits et destructeurs d’un autre temps diront qu’elle porte la poisse pour en rajouter à sa peine. Aura-t-elle droit au « jaxal » psychologique ? Pas si sûr ! Et si les taximen en grève y faisaient un tour ?

A. A. F. MBAYE

Une de mes connaissances d’une touchante générosité, mari d’une femme peu précautionneuse, se tape de moins en moins la cloche. Cet ex-rupin, grand pourvoyeur de petits délices, bienfaiteur du chat et de la souris, des gueux (au propre et au figuré) et des hommes de cour de son apprêtée épouse, rase piteusement les murs. Les commères et leurs « potes de potins » s’en délectent joyeusement avec leurs petits « ndeysaan » de commisération. Ses enfants ont désormais pris un abonnement chez le gargotier !

Le matin au moment d’aller à l’école, le boutiquier du coin si peu discret, donne quelque menue monnaie (en attendant que le géniteur retrouve sa santé financière !) à l’un d’entre sa progéniture qui ne le regardait pas avec dédain. La petite chichiteuse du vieux désargenté devient subitement tendre, moins hautaine. Ses frères fréquentent désormais « les petites saletés » crasseuses jouant pieds nus avec des haillons, les Gtv (grosses têtes vides) du quartier. Le drame est qu’il ne peut pas compter sur sa pompeuse épouse, tournoyant toujours dans les airs de la vanité, comptant naïvement sur sa coterie fortunée et ses repus courtisans qui ne supportaient son aristocratisme incommodant que pour sa libéralité à leur égard.

Il faut bien que les mômes mangent, s’habillent, se soignent et gardent un peu de leur fierté. A Sunugaal, sans argent, c’est un peu compliqué malgré les bourses familiales ! La stratégie la plus ingénieuse, pour d’ex-rupins, est de « ventiler les gosses ». Il doit bien y avoir quelque part dans ce vaste Sénégal un tonton, une tante ou un grand ami de leurs aïeuls qu’ils n’ont jamais cherché à connaître qui pourront se les coltiner durant les vacances…Tant mieux si la rentrée des classes coïncide avec la Tabaski. Les enfants vont revenir avec le nécessaire. Et si le tonton, la tante et ce « lointain » ami sont aussi généreux que le vieux du temps de sa splendeur, ils leur achèteront des fournitures… et du goûter. Et le tour est joué. Le budget des toilettes élégantes de maman ne sera pas grevé ! Papa, le débonnaire, n’oserait pas d’ailleurs ! Il en a fait une reine, amie des gens d’en haut qui ne descendrait de son piédestal pour l’innocence d’aucun petit capricieux de sa descendance.

Au risque de paraître égoïste, la « tactique d’éparpillement » des enfants employée par certains chefs de famille est déshonorante. Elle abat quelquefois la fierté de leur progéniture valsant éperdument, comme Maimouna (Abdoulaye Sadji), dans deux mondes de valeurs disparates. Les codes de convenance, dépouillés de toutes les fourberies, sont des moyens de raffermissement des liens sociaux. Mais, quand, au nom d’une solidarité plus idéalisée que vécue, on écrase l’autre du poids des devoirs non assumés, le glissement de sens est marqué. Les réminiscences constituent un viatique pour les âmes jeunes en quête de repères. Face aux vicissitudes de la vie, elles affirment, à travers ce passé lointain, leur personnalité morale. Le souvenir d’un père qui s’abandonne à la facilité et d’une mère insouciante est un accotoir fragile.

Par Alassane Aliou Fèré MBAYE

L’eau et le feu

29 Juil 2016
1090 times

Un Indien, père de 7 filles, ne s'est pas lavé depuis 35 années, afin de s'assurer la naissance d'un garçon. Dans son village, on raconte plutôt qu'un voyant lui aurait prédit qu'il aurait un enfant de sexe masculin s'il arrêtait de prendre des bains. Kailash « Kalau » Singh remplace le bain et le brossage de dents par un « bain de feu », qui, d'après lui, aide à purifier le corps des germes et des infections. Le problème, c’est qu’à force de fuir l’eau pour le feu, aucune femme ne sera dans les dispositions de se frotter à lui pour lui faire un garçon.
Son compatriote K. Vijayan, 59 ans, est entré dans le livre Guiness des records pour n'avoir pas pris de jours de congé depuis plus de trois ans. Cet employé modèle travaille de nuit dans un hôtel et a remarqué qu'il n'avait pas pris un seul jour de congé depuis 1 100 nuits. Il n'a pas manqué une seule journée de travail et a travaillé tous les jours durant ces 3 ans. Un bourreau du boulot qui confie que le travail est sa religion.
Cet homme c’est du feu ! Mais gare au bain (d’eau), ça risque de rendre paresseux.

Last modified on vendredi, 29 juillet 2016 13:54

L’envers de la politique

27 Juil 2016
851 times

Sous nos latitudes, quand quelqu’un est nommé ministre, une expression rend bien compte de l’admiration de ses concitoyens : « arrivé na »*. Ce qui signifie qu’il a atteint le but de sa vie : la réussite sociale. Mais c’est surtout dans le monde de la politique que cette expression prend tout son sens. Le but de l’engagement politique, c’est l’exercice du pouvoir et les commodités qui vont avec. Les signes de la réussite, dit-on chez nous, c’est la belle bagnole, la belle villa, la belle femme et le compte en banque bien fourni. Toutes choses qu’un strapontin ministériel facilite grandement.
Il arrive pourtant que de longues années de militance soient aussi stériles qu’une vieille génisse. Alors, au moment du bilan, seul dans l’intimité de sa conscience, il arrive que l’homme politique se laisse aller à de sombres résolutions. Et, comme pour ce maire traîné en justice pour abus de confiance portant sur 21 bœufs non payés, la politique se révèle être le cruel cimetière des ambitions perdues.

* Il a réussi

Last modified on mercredi, 27 juillet 2016 13:08

Un monde d’éclopés

25 Juil 2016
1088 times

Répondant à la volonté affichée par l’ancienne ministre de la justice française, Michèle Alliot-Marie, d'ouvrir le débat sur la castration physique des délinquants sexuels, le Syndicat de la magistrature a ironiquement prôné l'amputation des mains des voleurs, de la langue pour les escrocs et du foie pour les conducteurs surpris en état d'ivresse, ainsi que la lapidation des casseurs.

Qualifiant cette idée d'“hommage au Moyen Age”, le syndicat propose d'élargir la réflexion. Il propose aussi “le supplice dit du 'croc de boucher' pour les auteurs de dénonciations calomnieuses”. “S'agissant des infractions économiques et financières, un simple retrait des boutons de manchette en place publique devrait suffire”, ajoute le Syndicat de la magistrature.

Mais pourquoi donc s’arrêter en si bon chemin ? Que faire des maris infidèles, des voyeurs, des pirates, des diffamateurs, des agresseurs, des corrompus et des corrupteurs, etc. S’il faut couper la main à chaque délinquant, on vivrait dans un monde d’éclopés.

Par Sidy DIOP

Last modified on lundi, 25 juillet 2016 12:16

Le fric, c’est chic

20 Juil 2016
1060 times

Anat, une juive d’Israël, est très attachée à sa maman. Cette dernière tient plus que tout à son vieux matelas. Anat ne comprend pas cet attachement à un objet de « peu de valeur » qui, de surcroît, se remplace aisément dans les magasins de Tel Aviv. Alors, pour faire plaisir à sa chère mère, elle décide de jeter le vieux matelas et de le remplacer par un autre, tout neuf. Une surprise, qu’elle souhaite lui faire. Mais quand la femme âgée découvre le « cadeau » de sa fille, elle tombe dans les pommes. Incompréhension.

Inquiétude d’Anat qui croyait si bien faire. Sa maman finit par lui dévoiler qu’elle cache à l’intérieur de cet horrible matelas près de 715.000 euros, des shekels qu’elle a réunis au fil des ans.

La jeune femme est prise par une quête frénétique depuis. Ce matelas dont elle ne supportait pas la vue est devenu sa raison de vivre. Le problème, c’est que ses recherches dans les tonnes de déchets des décharges de Tel Aviv sont jusqu’ici infructueuses. Ce qui ne décourage guère Anat qui s’est pris de passion pour le métier d’éboueur. Le fric, c’est chic !

Par Sidy DIOP

Last modified on mercredi, 20 juillet 2016 14:08

L’habit du foot

18 Juil 2016
827 times

Des filles voilées qui tapent sur un ballon. Des hommes enturbannés qui jouent à la baballe. Un public tout étonné qui se demande s’il ne s’est pas trompé de stade. Rassurez-vous, ce n’est pas de la science fiction, c’est l’avenir du foot. La Fifa, en effet, a autorisé le port du voile ou du turban lors des matches de foot. Dorénavant, on ne portera plus seulement les couleurs ou l’emblème de son club, le logo de son sponsor. Non, c’est la préhistoire du football. Le soccer, comme l’appelle les Américains, entre en religion.

C’est à croire que les officiels de l'International Football Association Board (Ifab), l'organe garant des lois du ballon rond, ont décidé de mettre plus de piquant dans un sport où en dehors de CR7 et de Messi, il n’y a que des figurants qui peinent, décidément, à en assurer l’intérêt. Imaginons nos terrains de foot avec des joueurs en kippa, des ombres en burqa, des gardiens de but en soutane ou encore des arbitres qui arborent fièrement le shamtab des moines tibétains. Il ne manquerait qu’un public en Izâr (l’habit du pèlerin musulman) pour faire exploser les audiences des chaînes de télévision sportives.

Porte-parole de Dieu

15 Juil 2016
785 times

Nous sommes un peuple de croyants. Personne n’en doute. Les tarikhas ne manquent pas. Les « thiant », « gamou » et « ziarra » sont nos compagnons quotidiens et les « dahiras » sont là pour nous maintenir dans le droit chemin. Mais il faut croire que tout cela ne suffit guère. Il nous faut désormais accueillir, quotidiennement, une noria de prêcheurs dans nos maisons, nos bureaux et nos voitures pour toujours nous rappeler les tourments réservés aux infidèles dans l’Au-delà. Eh oui ! Les gourdins, les anges exterminateurs, les serpents à têtes multiples… font froid dans le dos. Y a intérêt à bien écouter les porteurs de la bonne parole divine pour se mettre à l’abri des surprises.

Plus besoin d’aller chercher la connaissance dans les daaras ou auprès des saints hommes. Il suffit simplement d’avoir le pouce et l’index bien fermes pour zapper, rudoyer les boutons de la radio, pour que Dieu vienne à nous. Chaque radio, chaque télé a son (ses) oustaz et ses émissions religieuses. Et comme nous sommes des « toubènes » (néo-convertis), les serveurs vocaux explosent et ces représentants de Dieu sur la sphère cathodique sont assaillis de questions et de remerciements. Parfois, l’audience des émissions débordent des studios pour s’installer dans les grands espaces sous forme de conférences. Certains conférenciers ont toute une administration pour planifier les dates et régler les modalités financières. Dieu est, décidément, un business qui marche très fort. Sa parole, c’est de l’or en barre. Tant pis pour nous autres qui n’avons pas été apprendre dans les daaras.

Par Sidy DIOP

Libéralités divines

13 Juil 2016
792 times

Une fatiha récitée lettre après lettre, d’interminables likhlass, des torrents de « rabana » et des kilomètres de perles de chapelet… La longue absence des pluies a fouetté l’ardeur des demandeurs de bienfaits providentiels. Dieu, dit-on, est très sensible à la prière. Il a besoin qu’on Lui reconnaisse Son statut d’« Etre suprême », disent les hommes d’esprit.

Les humains, ces ingrats qui se complaisent dans le péché l’ont si bien compris qu’ils ne cessent de déclamer la longue litanie du repenti intéressé. « Allahouma », « Seigneur »… Rendez-vous compte ! Des milliards de « croyants » se passent le mot pour implorer les bienfaits divins. Un immense brouhaha, imperceptible à l’échelle humaine, qui fend la nuit profonde – le moment le plus propice à la prière – pour déranger l’éternelle quiétude divine.

Et dans ces prières, on trouve du tout. Le paysan qui désespère de voir s’installer l’hivernage, le souffre-douleur qui rêve de changer de condition, le président qui s’accroche à son fauteuil, l’opposant qui rêve du Palais de l’avenue Senghor, le crève-cœur en quête de félicité, l’employé qui veut supplanter son patron et le patron qui veut le rester à vie, la femme qui ne veut pas de co-épouse… Des suppliques qui convergent toutes vers le réceptacle où des estampilles programmées par la prédestination distribuent les sentences divines : « accordé », « refusé », « différé », etc.

Pensez donc à Dieu face à cette multitude de cabotins qui affectent de le vénérer pour bénéficier de Ses libéralités. Et, si la Providence tarde à vous sourire, gardez à l’esprit cette sentence de Charles Péguy : « La sagesse de Dieu par nous peut défaillir. Et nous pouvons faire tout manquer ».

Par Sidy DIOP

Last modified on mercredi, 13 juillet 2016 12:05

Moi, jet setteur !

11 Juil 2016
729 times

Jet-setteur ! C’est une nouvelle activité à la page. Paraître là où ça se passe, vivre sans jamais lever le pied, sentir la réussite et l’incarner.

Ils sont nombreux à remplir les pages « people » des journaux, le visage bien lustré, confortablement installés dans un coin branché de Dakar entre des nymphes tout droit sorties des contes des « Mille et une nuits ». Ils sont des livres ouverts à la curiosité du public. Ils n’ont aucun secret pour les autres.

Vous voulez connaître les ressorts de leur vie familiale, leur travail, leurs amitiés et même leur intimité ? Il suffit juste de demander ! Ils ne rechignent guère à répondre aux questions les plus indélicates. Comme cette artiste qui affirme que sa généreuse poitrine est un atout pour sa carrière musicale. On les retrouve dans les recoins du « Dakar by night », distribuant des liasses de billets avec ostentation aux laudateurs.

ertains parmi eux poussent le désir de paraître jusqu’à payer pour que leur tronche apparaisse dans les journaux « people ». Un joli costume, une belle bagnole, une montre de classe ou une compagne distinguée, ce sont des trophées à exposer au regard envieux de la masse, quitte à transgresser les codes moraux. C’est le carburant qui chauffe leur moteur. Le hic, c’est que quand on expose sa « réussite », on cache difficilement ses soucis.

Plus haut est le succès, plus brutale est la chute.

Par Sidy DIOP

La chute du djinn

08 Juil 2016
649 times

C’est un jeune homme d’une trentaine d’années qui a battu le record des évasions dans les cellules de police et des maisons d’arrêt et de correction du Sénégal. Modou Fall ou Boy Djinné, c’est le nom qu’il s’est choisi, est tombé, une énième fois à Kalifourou (Tambacounda). Les pandores ont tellement ferraillé avec la communauté des pince-mérite de notre pays qu’ils ont dû se prémunir de quelque gris-gris anti-djinn. Mais avec Boy Djinné, le plus difficile, ce n’est pas de lui mettre la main dessus, mais plutôt de le garder en prison. Le ministre de la Justice exulte et ravive la foi des policiers : « Je vous l’avais dit, Boy djinné n’est ni djinn, ni margouillat, encore moins du vent. Ce n’est qu’un vulgaire bandit ».

Cette fois, c’est sûr, ses pouvoirs mystiques devraient carburer au super pour échapper au sort à lui réservé. Les matons vont devoir veiller sur lui « comme du lait sur le feu ». Une garde-à-vue au premier sens du terme. La question est de savoir selon quels critères ses nouveaux anges gardiens seront choisis. Car pour surveiller un djinn, il faut avoir la ceinture et les bras bien cerclés de talismans en tous genres. A défaut, les effluves du « lait sur le feu » pourraient s’avérer bien… soporifiques.

Par Sidy DIOP

Amendes

04 Juil 2016
683 times

Une journaliste de la télévision publique danoise est entendue devant un tribunal danois depuis la semaine dernière. Sa faute ? Dans le cadre de l'émission de défense des consommateurs « Kontant » en 2004, la journaliste avait versé du shampooing antipelliculaire dans un aquarium pour démontrer les résultats d'une étude selon laquelle le principe actif de ce produit serait tellement toxique qu'il pourrait tuer des poissons. Effectivement, quatre jours plus tard, 11 des 12 poissons étaient morts. Un vétérinaire qui avait vu la scène à la télévision avait, à l'époque, porté plainte contre la journaliste pour avoir fait souffrir les animaux. Elle risque aujourd’hui deux amendes de 1.340 euros.

Si le Danemark était le Sénégal, il n’y aurait pas assez de prison pour accueillir les assassins d’animaux que nous sommes. L’Etat, non plus, ne serait jamais en butte à des tensions de trésorerie. Rien que pour la Tabaski, si chaque père de famille devait casquer pour payer une amende, même en Cfa, pour avoir égorgé un mouton, le ministre de l’Economie danserait le « déplacement latéral ».

Par Sidy DIOP

Dieu et les Siens

29 Jui 2016
803 times

L’autre jour, dans un coin chic de Dakar, c’est un ancien camarade de classe perdu de vue depuis longtemps et qui, entre temps, a cédé à l’onction bachique qui m’offre de prendre un verre avec lui. Grande fut sa surprise de m’entendre commander un jus de fruit.

épité, il me tint ce discours tout droit sorti des officines de l’ébriété permanente :

- Il y en a beaucoup, parmi ces gens qui se perdent en génuflexions et en courbettes devant Dieu qui seront surpris le jour de Jugement dernier. Dieu fera faire deux grandes files : celle des musulmans pratiquants qui croient avoir signé un bail avec le paradis et celle des gens comme moi qui vivent pleinement sur terre. A la première catégorie de gens il dira : « vous avez snobé les bienfaits que j’ai descendus sur terre pour vous faciliter la vie, n’espérez donc pas que je vais perdre mon temps à vous proposer mieux ici ».

t à nous, il ouvrira grandement les portes du paradis puisque dira-t-il, « nous avons compris ».

- Je me surpris à lui répondre sur un air interloqué :

- Si je te vois entrer au paradis avant moi, je détrône Michael Jackson dans l’art de la danse.

Par Sidy DIOP

Modèle d’endurance

20 Jui 2016
836 times

Ahmed Mohamed Dhore est un homme hors du commun. Aujourd’hui âgé de cent douze ans (il serait né en 1897). Ce Somalien qui affiche fièrement ses quatre-vingt-dix enfants et petits-enfants, vient de convoler en justes noces avec une jeune fille de… dix-sept ans. 80 ans d’écart entre les eux conjoints. Plus d’une centaine d’invités, plutôt curieux, se sont pressés dans les jardins de la demeure du jeune centenaire pour s’assurer de la réalité de cette union.

Très fier de sa prouesse, Ahmed M. Dhore confie les raisons de sa santé actuelle : un régime alimentaire et une activité sportive régulière. Quatre de ses épouses n’ont pas pu soutenir le rythme de ce marathonien de la longévité. Elles sont décédées depuis une cinquantaine d’années. « Je suis toujours marié à ma première femme, mais elle ne peut plus s’occuper d’un époux. Elle est au lit et ne peut même plus marcher jusqu’aux toilettes », a confié le « jeune » marié, dont les propos sont rapportés par « Le Figaro ».

Si M. Dhore parvient à garder le lit très longtemps avec sa très jeune femme, c’est dans le « Guiness Book » qu’il faudra l’inscrire.

Par Sidy DIOP

Last modified on lundi, 20 juin 2016 13:57

Un monde de pécheurs

15 Jui 2016
817 times

Le péché originel, tout le monde s’en rappelle, même si beaucoup s’en tapent royalement. Une banale histoire de pomme qui transporta Adam et Eve de l’Eden à la Géhenne terrestre. Des pommes comme on en trouve des centaines de variétés sur les étals des fruitiers du monde. Des pommes croquées avec un art consommé de la dégustation pour se moquer du sort de nos deux ancêtres coupables de franches bouchées de la boule à la chair craquante.

C’est dire donc que tous les jours, l’humanité, sous l’emprise du malin, passe son temps à jeter de grosses pierres dans le jardin du gendarme suprême. Et c’est peut-être ce qu’a compris cet espagnol de 30 ans qui s’est coupé le pénis et l’a jeté aux toilettes, expliquant qu’il ne voulait « plus commettre de péché ». Le hic, c’est que sa famille s’est vite empressée de le conduire à l’hôpital pour recoudre sa baguette. Après cela, sûr que ce n’est pas l’envie qui manquera à ce repenti à l’objet de vie cousu de fil de revenir de ses envies de repentance. C’est Satan qui rigole. Dieu porte le masque.

Par Sidy DIOP

Question d’époque

13 Jui 2016
812 times

Comment aborde-t-on celle ou celui que l’on veut séduire?? À chaque époque, amants ou soupirants ont inventé toute une diversité de stratégies et de ruses pour se livrer au commerce sexuel ou amoureux. Le coude sur la portière de son 4x4, arborant un sourire ravageur, le dragueur contemporain n’a rien à envier au séducteur des temps anciens. Il n’est qu’à en juger par l’usage des carrosses et des fiacres depuis la fin du Moyen-âge. Casanova, dans ses confessions érotiques, y narre quelques exploits quand, par exemple, il se fait raccompagner dans la voiture d’une jolie femme et lui laisse «?une marque non équivoque de l’ardeur qu’elle [lui] avait inspirée?». On a toujours séduit, conté fleurette, coqueté, racolé, dragué…, l’air du temps y appose sa marque.

Chez nous, le temps n’est plus seulement aux mots doux et aux déclarations enflammées. Qu’il est loin le temps où l’on parcourait les longues pages du dictionnaire pour dégoter le mot qui fait mouche ! Cette courtoisie, ce sentimentalisme hérité du classicisme français, doit céder la place à une forme plus triviale où l’argent et les présents sont les plus précieux compagnons des Don Juan des temps présents. La valeur d’un soupirant se mesure de plus en plus à l’opulence qu’il dégage. L’amour est aujourd’hui un mot dont la signification se cherche dans les dictionnaires anciens.

Par Sidy DIOP

Bon à tout faire

06 Jui 2016
866 times

Assez d'entendre le robinet de la cuisine fuir sans relâche depuis quinze jours sans avoir le temps ni les outils pour y remédier ? De ne plus pouvoir fermer la fenêtre depuis un mois ? Les Moscovites peuvent désormais, selon le Moscow Times, s'offrir, pour 500 roubles (environ 6000 FCfa) et pendant deux heures, les services d'un homme à tout faire. C'est ce que propose l'agence « Husband for an Hour ». Au Sénégal, où la bataille fait rage autour de la « nouvelle » place de la femme dans la société, l’idée pourrait germer dans quelques ciboulots de féministes que le temps des bonnes (à tout faire) est bien derrière nous et que le moment était venu, comme à Moscou, d’expérimenter les bons (à tout faire). A ces derniers, elles confieraient les tâches qui leur étaient traditionnellement dévolues : cuisine, lessive, lustrage de carreaux… Et même, pourquoi pas, la fonction suprême de pallier aux défaillances des maris aux poches trouées et au stress permanent. Un conseil messieurs : un bon (à tout faire) n’est bon que castré comme un eunuque. Sinon, le torticolis sera votre compagnon de toujours à force de reluquer le faciès de vos chérubins pour s’assurer qu’ils sont bien de vous.

Par Sidy DIOP

La richesse se montre

30 Mai 2016
766 times

Au Sénégal, la richesse s’expose. Il faut paraître pour plaire. Le chanteur Alioune Mbaye Nder et le footballeur El Hadj Diouf l’avaient bien compris en floquant leur nom à la place du numéro d’immatriculation de leur véhicule. Thione Seck n’était pas peu fier de sa maison à sept cents millions de nos francs et Youssou Ndour ne se faisait guère prier pour poser devant sa rutilante 4x4 de marque Mercedes. On attend d’une star qu’elle soit un modèle, qu’elle montre la voie à suivre à ses fans. Mais, à l’exception que quelques exemples – qui se comptent vraiment sur les doigts d’une seule main –, les célébrités sénégalaises adorent l’extravagance. Elles aiment en mettre plein la vue aux Sénégalais médusés par cette apparence d’aisance qui n’est en réalité que de la poudre aux yeux. Regarder les clips qui passent en boucle dans toutes les télés, ou ces émissions sans imagination où l’intimité des maisons s’affiche sans retenue. Etalage de luxe ! Voitures, salons huppés, bijoux de valeur, boubous à la pelle, épouses rondelettes… Rien n’est de trop pour montrer sa réussite à l’autre. Pas étonnant que les plus démunis en talent veuillent pousser la chansonnette, produire un single, emprunter un cadre de rêve pour produire un clip et entretenir l’illusion de la réussite. La gloire, fût-elle éphémère, est un bon adjuvant contre une vie sans relief.

Par Sidy DIOP

Last modified on lundi, 30 mai 2016 16:55

No Make-Up Day !

27 Mai 2016
844 times

Demain, 28 mai 2016, sera célébré le No make-up day (La Journée internationale sans maquillage). Une journée de plus à célébrer. Certaines filles laisseront de côté leur fond de teint, mascara, eye-liner et rouge à lèvres. Un effort pour certaines, un acte anodin pour d'autres. Car, il faut le reconnaître, nombre de femmes ne se maquillent que très peu, voire jamais, préférant mettre en valeur leur beauté naturelle. Parce que les cosmétiques font - depuis toujours - débat. Il y a ceux qui sont contre, qui pensent que c'est un déguisement, un artifice qui engendre des complexes auprès de nombreuses femmes. Et puis, il y a ceux qui sont pour, qui y voient simplement un moyen d'être soi en mieux, de se sentir bien dans sa peau.

Il nous arrive, dans nos rues, de rencontrer des œuvres d’art ambulantes. Des filles dont les visages sont ensevelis sous des centimètres de fond de teint ou colorés à l’excès. Elles sont les seules à ne pas souffrir de la main maladroite de leurs maquilleurs. On se surprend alors à prier à haute voix : « Pourvu qu’il ne pleuve ! »

Last modified on vendredi, 27 mai 2016 15:32

Vive la volaille

25 Mai 2016
1266 times

Le baudet que nous voyions ployer sous les lourdes charges ou gambader dans la campagne en lançant des pets est maintenant dans nos assiettes. Qui aurait pu l’imaginer ? Depuis plusieurs semaines, au rythme des découvertes d’abattages clandestins d’ânes, le consommateur sénégalais n’est plus vraiment sûr de la viande qu’il mange. Et l’année dernière nous apprend-on,  240 tonnes de viande asine auraient été enregistrées sans qu’on nous dise dans quel sens. Même si un docteur, pour nous rassurer a soutenu que la viande d’âne n’est pas impropre à la consommation, encore faut-il que le consommateur ait la liberté de choisir en toute connaissance de cause. La consommation étant avant tout quelque chose de culturel. Et c’est maintenant que l’on se rend compte de l’importance d’avoir un secteur formel bien organisé car la viande d’âne dont on parle, emprunte les circuits informels de vente pour se retrouver sur le marché. Si l’on y ajoute une certaine propension à vouloir acheter ce qui est moins cher sans chercher à en connaître l’origine, alors les bouchers clandestins ont encore de beaux jours d’abattage devant eux. Apparemment, le service du contrôle vétérinaire n’est pas encore en mesure d’y apporter une réponse adéquate.

La cupidité étant un défaut partagé chez les humains,des pays voisins comme le Mali sont également confrontés à la vente illégale de viande d’âne.
Et en attendant que ce trafic soit démantelé, vive la volaille.

Par Ibrahima MBODJ

Last modified on mercredi, 25 mai 2016 12:51

Ces derniers temps, les forces de sécurité font du bon boulot en démantelant plusieurs gangs aux activités délictuelles les plus diverses. Voleurs, agresseurs, vendeurs de viande d’âne… sont exhibés devant à la presse, les mains menottées et tournant le dos. Seulement, on se demande s’il est vraiment nécessaire de préserver l’anonymat de ces bandits en ne montrant pas leur visage. A mon avis, il faut que tout le monde puisse voir la tête de ces individus qui tuent, violent et volent. Cela aurait l’avantage de permettre aux populations de pouvoir les reconnaitre dans la rue, de prendre leurs précautions et même d’alerter la police ou la gendarmerie dès qu’ils commencent à roder dans un endroit. Et qu’on n’invoque surtout pas le respect des droits humains pour garantir l’anonymat à ces délinquants appréhendés pour des délits graves. Sur la balance, les droits et la vie des honnêtes citoyens sont plus dignes d’être défendus que ceux de ces bandits impénitents qui répandent partout l’insécurité.
* Anonymat

Par Ibrahima MBODJ


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.