grandair

Le gouvernement somalien poursuivait ses efforts lundi 16 octobre pour aider les familles des victimes de l’attentat de samedi à Mogadiscio à retrouver la trace de leurs proches disparus. Il s’agit de l’attentat le plus meurtrier de l’histoire de la Somalie : de source médicale, plus de 300 personnes ont été tuées et 300 autres ont été blessées. Deux jours après, cet attentat entraîne une grande vague de solidarité.

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Audrey Azoulay, ancienne ministre française de la Culture, a été élue hier soir directrice générale de l’Unesco face au Qatari Hamad Al-Kawari, au terme d’une élection marquée par de multiples rebondissements, dont le retrait des Etats-Unis et d’Israël de cette agence internationale.

« Félicitations à Audrey Azoulay ! La France continuera à se battre pour la science, l’éducation et la culture dans le monde », a twitté le président Emmanuel Macron. Lors de l’ultime tour d’un scrutin très serré entamé lundi, les 58 membres du Conseil exécutif de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, ont préféré la candidate Française au représentant qatari, par 30 voix contre 28. Audrey Azoulay a reçu le soutien de l’Egypte, dont la candidate avait été éliminée sur la dernière ligne droite. Mais Le Caire a néanmoins demandé à l’Unesco, dont le siège se trouve dans la capitale française, « la vérification des violations détectées tout au long du processus électoral », selon un porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères.

Le candidat du Qatar, qui faisait la course en tête depuis le début malgré la résurgence de vieux soupçons d’antisémitisme relayés par le Centre Simon Wiesenthal Europe, ne faisait pas l’unanimité des pays arabes en délicatesse avec Doha. En juin, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont en effet rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar, l’accusant de soutenir des groupes extrémistes et de se rapprocher de l’Iran. Ces quatre pays ont imposé un embargo au Qatar, qui a rejeté toutes les accusations à son encontre, y voyant une ingérence dans sa politique étrangère. La bataille a cependant été âpre pour prendre le leadership d’une organisation déjà fragilisée par ses dissensions et ses difficultés économiques, et à laquelle les Etats-Unis et Israël avaient porté «un coup dur» avec l’annonce jeudi de leur départ, selon la directrice générale sortante de l’organisation, la Bulgare Irina Bokova.

Washington et Tel Aviv ont voulu ainsi exprimer leur exaspération face à une organisation qu’ils accusent d’être devenue anti-israélienne. Les Etats-Unis avaient déjà suspendu leur contribution financière régulière il y a six ans.

AFP

L’amicale des élèves et étudiants de Yoff a offert, le 2 octobre dernier, à ses nouveaux bacheliers une soirée culturelle, histoire de revisiter le riche patrimoine lébou avant de rejoindre les facultés universitaires. A cette occasion, la troupe de danse traditionnelle « Magui Demb » de Yoff a régalé les adeptes du « Ndawrabine ».

En cette soirée de lundi, la Place publique Diew de Yoff, à Dakar, est noire de monde. Hommes, femmes, jeunes et vieux ont déserté les maisons pour assister à la manifestation organisée par l’amicale des étudiants de Yoff et dédiée à la culture lebou. Les nombreuses chaises étalées autour de la bâche servant de piste de danse, semblent insuffisantes face au nombre exorbitant de spectateurs. Des femmes et beaucoup d’enfants qui n’ont pas trouvé de places assises, forment une foule spectaculaire derrière. A 22 heures, les artistes comédiens proposés pour assurer la première partie commencent à chauffer le public avec des pièces de théâtre abordant des thèmes comme le tatouage, le mariage lébou, la cérémonie de l’initiation (circoncision) ou encore le fameux rituel d’intronisation du Diaraf.

Il a fallu attendre jusqu’à minuit pour voir entrer les danseuses tant attendues et ce, parce que leur chorégraphie démontre l’essence de la culture. Les nombreux spectateurs semblent enfin satisfaits de voir les vedettes du « Ndawrabine » envahir la scène. Sous les applaudissements et hourras du public, la troupe « Magui Demb » composée uniquement de femmes fait son entrée. Pour commencer, les chorégraphes forment deux colonnes parallèles, en dansant de façon nonchalante, au début, et en parfaite harmonie avec le rythme des tambours. Au même moment, la présidente de la troupe, Mame Fatou Ndoye, et ses deux autres camarades chantent les louanges de leurs génies protecteurs. Ensuite, elles se mettent face-à-face et pressent un peu les pas de danse jusqu’à former un cercle. C’est maintenant au tour de la danse individuelle. Elles quittent le cercle une à une et chacune effectue des pas à la manière du « bakk » d’un lutteur jusqu’aux batteurs de tambour. A ce stade, la foule semble surexcitée et s’en mêle. Une femme tout de blanc vêtue quitte sa place et rejoint les danseuses sur la bâche réservée comme piste. Exaltée, elle esquive des pas de danse nonchalants avant de donner quelques billets de banques aux danseuses. « Le Ndawrabine » est notre tradition. Pour rien au monde, je ne peux rater un tel évènement. Il me rappelle le « Bawounane », un rituel de danse et de prière qu’organisaient auparavant les Diaraf pour solliciter auprès des génies un bon hivernage », explique-t-elle, avant de rejoindre sa place avec un visage perlé de sueur.

Enfin, les danseuses entament la dernière séance réservée au « Ndawrabine » endiablé. Celui-ci symbolise la tradition de la pêche chez les Lébous. Les femmes dansent en imitant les pêcheurs qui utilisent la rame pour amener les pirogues en mer.

En mimant ces différentes chorégraphies, elles sont habillées en tenue typiquement traditionnelle. D’abord, chacune d’elles porte une camisole, une robe longue, deux à trois pagnes et deux foulards pour se couvrir la tête. Elles ajoutent à cela des colliers en perles précieuses au cou, un fin morceau de voile attaché autour des reins, et portent des babouches comme chaussures. Pour cette soirée, le déguisement est en couleurs orange et marron. Elles se sont également maquillées et tatouées à la manière de la femme sénégalaise d’hier.

Le spectacle est clôturé vers 1 heure du matin par une allocution de la présidente de la troupe, Mame Fatou Ndoye. Celle-ci a ainsi remercié les étudiants et les membres de son groupe. Ces-derniers ont livré, à la limite, un spectacle épique pour imprégner les nouveaux bacheliers qui vont bientôt franchir les portes de l’université. Histoire de leur souhaiter bonne chance.

« Magui Demb » perpétue la tradition
Fondée en 1980, la troupe « Magui Demb » de Yoff contribue incessamment à la revalorisation de la culture et tradition lébou. Son objectif, faire découvrir à la jeunesse lébou le riche patrimoine que leur ont légué les ancêtres. Selon Mame Fatou Ndoye, directrice artistique de la troupe, au-delà de la nécessité de conserver le patrimoine culturel lébou à travers la danse traditionnelle, le groupe participe à la revalorisation de la culture sénégalaise et africaine en général. C’est d’ailleurs dans ce cadre qu’il a représenté deux fois le Sénégal en Arabie Saoudite et en Algérie pour les festivals de danse arabo-africaine. Il a ainsi remporté des trophées et des primes de participations.

La formation de Fatou Ndoye est riche de 20 chorégraphes. En plus des batteurs de tambours et des chanteurs. Ils sont tous Lébous et originaires de Yoff. Au-delà de la tradition, la danse « Ndawrabine » et ses dérivés que sont le « Yaaba » et le « Goumbé » sont devenus un métier rentable pour ces professionnels. Les troupes sont sollicitées pour couvrir des cérémonies culturelles.

« Nous faisons des prestations pour l’accueil des invités du président de la République, les inaugurations, les courses de pirogue en plus des baptêmes et mariages », explique Fatou Ndoye.
Outre le talent, les danseuses doivent avoir une maîtrise parfaite de la culture et de la tradition lébou. Car la danse n’est qu’un symbole qui permet d’illustrer les valeurs de la société lébou d’hier.

Par Abba BA (stagiaire)

Omar Sy campe un docteur Knock chaleureux, à rebours du rôle mythique tenu par Louis Jouvet, dans un film de Lorraine Lévy qui sort mercredi en salles et qui entend, selon le comédien, « proposer quelque chose de complètement nouveau ».

Lorsqu’elle lui soumet le rôle, Omar Sy ne connaît pas Knock. « Je passe pour le mauvais élève », sourit-il, « alors que la réalité, c’est que ce n’était pas au programme de l’école où j’étais et c’était très bien pour elle, parce que son envie était de proposer quelque chose de nouveau ».

La pièce de Jules Romains créée par Louis Jouvet en 1923 au théâtre et reprise au cinéma en 1951 se situe toujours dans un village de montagne, mais dans les années 50. Knock débarque dans le bourg paisible peuplé de gens parfaitement bien portants, qu’il va bientôt transformer en malades inquiets et prêts à dépenser sans compter.

Président de la section Pikine de l’Association des artistes comédiens sénégalais (Arcots), Leïty Fall, ému par la disparition du comédien Omar Bâ, reconnaît que la génération des Baye Peulh incarnait le profil de l’’artiste cultivé et imbu de valeurs morales.

« Baye Peulh faisait partie des doyens. Sa génération est pionnière du téléfilm au Sénégal et a joué une belle partition dans ce travail » a témoigné Leïty Fall, président de la section Pikine de l’Arcots. Il croit savoir parmi ces artistes des générations passées, il y en a dont le souvenir restera toujours gravé dans la mémoire collective des Sénégalais. « Surtout Baye Peulh et son compère de scène, Makhourédia Guèye. Nous étions des gamins pendant leur belle époque et nous n’hésitions jamais à aller vers eux à chaque fois que l’un ou les deux apparaissait quelque part dans nos quartiers. Ils ont été des monuments que les Sénégalais n’oublieront jamais », a souligné Leïty Fall. Il s’est demandé, si ce sont les férus de théâtre qui n’oublieront jamais ces icônes du théâtre, qu’en sera-t-il pour les artistes de profession ?

« C’est eux qui nous ont balisé la voie. Et ils l’ont si bien fait que nous, de la nouvelle génération, devons pouvoir assurer la relève en portant le flambeau le plus haut possible. Car, aujourd’hui, ils sont nombreux, ces jeunes qui vivent grâce au théâtre. Je peux citer beaucoup de noms de jeunes artistes qui, aujourd’hui, gagnent leur vie grâce au théâtre, et au théâtre seulement », rappelle le comédien. A l’en croire, aujourd’hui, le théâtre doit pouvoir rayonner encore dans la mesure où partout dans nos localités, des troupes théâtrales naissent et poussent comme des champignons. Si bien que les troupes de théâtre sont aussi nombreuses que les écuries de lutte.

Cependant, Leïty Fall est d’accord avec le défunt qui avait avancé que sa vision du théâtre est différente de celle de la génération d’aujourd’hui. « Eux, ils étaient des bibliothèques qui faisaient d’eux des monuments. Je pense que si Baye Peulh dit que sa vision du théâtre est différente de celle de la jeune génération, cela veut dire qu’il y a dans le théâtre d’aujourd’hui des choses qui se sont fait inviter et qui ne devraient pas y avoir droit de cité. Je suis entièrement d’accord avec lui », mentionne-t-il.

« On se souvient bien que cette trempe des Baye Peulh, Makhourédia Guèye et autres n’ont jamais vexé quelqu’un dans leur pratique quotidienne de leur art. Ils n’ont jamais prononcé des injures ou propos discourtois voire injurieux. Ni, non plus, ne parlaient jamais de sexe de manière ouverte », poursuit-il.

« Ils avaient une pratique saine qui ne heurtait la morale de personne. Contrairement à aujourd’hui où il n’est pas rare de voir un jeune artiste prononcer des injures en plein écran de télévision sans en éprouver un remords par la suite. A la différence de nos anciens qui alliaient culture générale, morale si bien qu’une famille entière pouvait regarder ensemble les téléfilms des anciens en se tordant de rires à l’unisson », soutient l’artiste.

« Je suis en phase avec ceux qui pensent que le métier doit être assaini car cela ira de l’intérêt de tous les artistes y compris moi-même. Cela veut dire que les générations actuelles et à venir doivent être formées davantage et formatées afin qu’elles puissent répondre au profil d’un artiste authentique », soutient Leïty Fall.

Abdou DIOP

Le talent artistique de Sarro, de son vrai nom Oumar Sarr, réside dans l’audace de son expression rythmique. Il s’affine au fil des ans, enchante des publics disparates et s’exprime avec le temps, complice de ses exploits que le monde célèbre davantage que son pays, le Sénégal. Il fait partie des 10 musiciens sélectionnés par le comité d’écoute de l’édition 2017 du prix Découvertes Rfi ; une reconnaissance du parcours digne des meilleurs éloges de ce jeune artiste qui confirme ainsi les promesses de ces dernières années.

Comme une prémonition de ses futurs triomphes, le môme Oumar Sarr se plaisait à jouer au chef d’orchestre en récupérant des objets pour en faire des instruments de musique. L’adulte Sarro, lui, utilise une vraie guitare et une voix puissante et singulière pour naviguer entre l’enchantement et le renouvellement perpétuel des merveilles de son art. L’histoire avec la musique de ce natif de Pikine, dans la banlieue dakaroise, sort de la vieille rengaine des artistes : « un oncle féru de musique » ou « un papa mélomane » inoculant le virus au garçon. « C’est inné », tranche-t-il, visage apaisé et « encombré » de ses lunettes à verres correcteurs. Il n’a jamais aimé l’école sur le chemin duquel il aimait à fredonner les chants mourides pour vaincre l’ennui qui l’attendait dans les salles de classe. On ne lui avait jamais demandé ce qu’il voulait faire mais lui s’accrochait à son rêve de mélodies dont il gratifie le monde. Rien n’a été aisé. Il a fallu qu’il se départisse de son téléphone portable et de ses chaussures pour se payer sa première guitare. C’est le début de l’odyssée.

Après le décès de son père, le jeune homme, qui a grandi à Rufisque, s’inscrit, en 2009, dans un lycée bilingue de Dakar où il se familiarise avec la guitare, le clavier, le solfège…A la fin de cette formation, il devient professeur intervenant en musique dans ce même établissement. Il ne faisait, en effet, que suivre sa destinée heureuse. Sarro y croise d’autres instrumentistes avec qui il forme, en 2011, le groupe « Sarro et Get sa feeling » devenu « Sarro », aujourd’hui que sa voix illumine les scènes du monde.

En 2015, le bonhomme barbu au sourire charmant sort son premier album « Tomorrow » qui confirme les promesses entrevues lors de sa participation au festival de jazz de Saint-Louis et de quelques bonnes partitions au gré de ses « divagations ». Cette œuvre éclectique se libère de la tyrannie du Mbalax, très prisé dans la banlieue, pour composer des mélodies aux rythmes mettant en lumière les belles « fluctuations » de l’Afro-folk, de la soul music, du Jazz, du reggae… « Le Mbalax occupe une place prépondérante dans la production musicale au Sénégal mais ce n’est pas pour autant que les artistes, qui ont envie de proposer d’autres sonorités, doivent suivre cette tendance. C’est le paysage musical qui s’en enrichit car les autres rythmes participent à nous faire exister au plan international », confie-t-il lucide et convaincu de son étoile.

Musique de rencontres
Cette production porte l’empreinte de son humanité, de ses préoccupations quotidiennes, de sa hantise et prêche pour un idéal moral reconnaissant à l’Afrique et à ses fils leur souffrance tout en nourrissant des espoirs légitimes. Il y rend également hommage à son père. Ses rencontres avec d’autres univers de création sont tout aussi captivantes. Celles avec les chorégraphes nigérien et sénégalais, Abdallah Ousmane Yacouba (avec le duo « xol sa bopp ») et Fatou Cissé dans son spectacle « ce qui restera… », témoignent de son ouverture. Car, Sarro promeut une musique de rencontres. Le « Medley project », une résidence de création itinérante à vocation panafricaine qu’il a initiée, en est une parfaite illustration. Sarro est en mouvement car dans une quête perpétuelle de la mesure.

« Tomorrow », composé du titre éponyme, de « Maman », « Babylone » et « Domou Adama », lui ouvre des boulevards sur lesquels flânent les merveilles de la poésie de son style. Il touche des âmes et s’offre le monde. Son public s’élargit tout autant que sa palette riche de sa créativité qui a enchanté jusqu’au Tchad en passant par la Guinée, la Côte d’Ivoire…L’Espagne, l’Irlande et le Maroc aussi. Au royaume chérifien, plus précisément à Tanger, il a représenté le Sénégal, avec la chanteuse Maréma Fall, à la deuxième édition du World music and african art festival (Womaaf). Cette fois-ci, c’est le comité d’écoute du Prix Découvertes Rfi qui a été séduit par sa voix, sa musique à travers les morceaux « Maman » et « Tomorrow ». Il fait partie, en effet, des 10 finalistes de l’édition 2017. « Je n’étais même pas au courant de ma participation au concours. C’est mon manager qui a déposé mon dossier ». Qu’il a été bon prophète ! C’est la consécration d’une démarche artistique qui va au-delà des récompenses ponctuelles quoique motivantes. Sarro emprunte une allée que son rythme éclaire de sa lumière tamisée qui, sans doute, éblouira davantage de Sénégalais peu au courant de ses prouesses artistiques.

Par Alassane Aliou MBAYE

Le chanteur belge Stromae est au centre de toutes les attentions. En effet, le chanteur avait donné des nouvelles à propos de son état de santé, et elles n’étaient pas très bonnes : « J’ai été hospitalisé, donc là je suis encore un peu sous traitement, et c’est pour ça que je me réveille tard. J’ai fait une réaction au Lariam, un antipaludique, super super grave. J’ai fait une décompensation psychique. Je perds la boule complètement. C’est vraiment pas chouette… Ça tourne dans la tête, et on a de grosses crises d’angoisse. En dehors de ça, je suis assez facile à vivre ».

Style hybride, mélodies lyriques, talent forgé au contact des cultures du monde, le musicien sénégalais Hervé Samb est un artiste prolifique, un magicien du son. Le virtuose de la guitare et des couplets, initié au jazz par un maître, David Murray, s’est imposé, au fil des années, comme une des étoiles montantes du jazz contemporain. Parti à Paris, en France, depuis 19 ans, l’artiste est revenu s’abreuver aux sources avec son nouvel et troisième album « Teranga ». Une production aux accents jazzy et de musique traditionnelle sénégalaise qui se veut une contribution au rayonnement du quatrième art au Sénégal. Dans cet entretien, Hervé Samb revient sur les débuts de sa carrière, les péripéties de son voyage en France et son intégration sur la scène parisienne. Il parle aussi du Festival Jazz de Gorée mais également du projet de son nouvel album sorti sur le marché musical international.

Départ en France
« D’abord, il faut préciser qu’à l’époque, je voulais surtout aller aux Etats-Unis, dans une école de musique qui s’appelle Berklee. Il y a beaucoup de jeunes musiciens qui veulent aller dans cette école. Malheureusement, je n’avais pas les moyens pour intégrer ce collège. Toutefois, grâce au Festival Jazz de Saint-Louis, j’ai eu à rencontrer beaucoup de musiciens parisiens qui m’ont convaincu d’aller à Paris. Et aujourd’hui, je ne regrette pas d’avoir pris cette décision car j’y ai trouvé une ville cosmopolite où il y a des artistes d’horizons différents, de toutes les nationalités. Je pense que cela m’a finalement donné l’occasion de fréquenter des artistes du monde entier qui viennent, entre autres, de l’Inde, de tous les pays d’Afrique, des Etats-Unis, de l’Amérique Latine. Il s’agit donc d’une expérience qui m’a aidé à nourrir mon envie d’apprendre. A cette époque, j’étais jeune et j’avais tellement envie de voir autre chose et d’apprendre. Mon arrivée à Paris a été une opportunité aussi de collaborer avec des gens de diverses cultures, de voyager et s’ouvrir davantage. »

Scène parisienne
« Je dirai que la scène parisienne, c’est comme toutes les autres scènes. Il faut que les gens vous connaissent d’abord, sachent ce que vous faites et si vous êtes compétent. Mon intégration au niveau de la scène s’est fait normalement car j’étais dehors tous les soirs pour jouer et partager avec d’autres musiciens. Cela m’a permis de rencontrer beaucoup d’artistes et de m’intégrer finalement sur la scène artistique parisienne. »

Passion de la musique
« Je me souviens à l’époque de mon enfance, je devais avoir quatre ans, j’étais sur les épaules de mon père en train de regarder un concert et avoir flashé sur les guitaristes. Depuis ce jour et jusqu’à mes 9 ans, j’ai toujours rêvé d’avoir une guitare car c’est l’instrument qui m’a touché. Je me souviens, à 9 ans, mes parents m’ont acheté une petite guitare et c’était le début. »

« Hervé Samb quintet »
« Tout est allé très vite. Après l’acquisition de ma guitare, au bout de deux ans, j’étais déjà dans un groupe qui s’appelait « Force 5 ». On a fait le tour du Sénégal grâce à « Nelson new music.» En ce moment, j’avais un énorme soutien de mes parents et puis j’étais un jeune prodige. A l’époque, ce n’était pas courant de voir des enfants jouer de la guitare. Donc, j’ai attiré la curiosité des gens ; j’ai créé de l’intérêt en passant à la télévision. Maintenant, comme j’étais pressé, j’ai monté mon groupe sous l’appellation « Hervé Samb quintet ». D’ailleurs, c’est avec ce groupe que j’ai clôturé le Festival Jazz de Saint-Louis à l’âge 14 ans. Après certains sont partis et moi, je suis allé passer mon bac. J’ai un petit peu arrêté les projets sous mon nom pour aller étudier la musique. »

Expérience avec musiciens de renom
« Je dirai que chaque expérience a été complètement différente de l’autre. Donc, il m’est très difficile de parler du musicien qui m’a le plus marqué. Ce qui est sûr, c’est que j’ai joué avec David Murray, qui a une attache assez importante avec mon pays. Il est venu très souvent au Sénégal. J’ai fait avec lui, le tour du monde et j’ai beaucoup appris à ses côtés. Bref, il m’a permis de rencontrer beaucoup de musiciens à travers le monde et d’avoir des projets internationaux. »

Jazz Gorée festival
« Le Festival Jazz à Gorée a été une idée de mon frère Alioune Wade. J’ai aussi aidé à la mise en place de ce Festival. L’idée principale, c’était d’avoir un festival monté par des musiciens pour des musiciens. Nous voulions également qu’il y ait des projets qui naissent à travers les festivals car on s’est rendu compte qu’au Sénégal, on met beaucoup d’argent pour faire venir de grands noms. Sauf que ces grands noms viennent, jouent et s’en vont. Notre idée, c’était de voir comment faire en sorte que chaque tête d’affiche, qui vient dans le festival, fasse des échanges avec des musiciens locaux via par exemple des master-classes. Mais également qu’il soit mélangé avec une autre tête d’affiche du Sénégal pour créer des projets. C’est en fait la trame du Festival qu’on a voulu créer. »

Projet album « Téranga »
« Il s’agit vraiment d’un hasard. Au départ, j’étais parti plus sur un projet un peu plus Blues, Rock africain. Une fois en vacances à Dakar, j’étais en train de travailler sur les standards de Jazz - avec la vie qu’on mène en Europe, on n’a pas de personnel et du temps...- du coup, en étant baigné par le Mbalax et le Sabar, sans faire exprès, j’ai commencé à faire naturellement du mélange dans le jeu. Et c’est comme ça qu’est né le projet. »

Musique traditionnelle sénégalaise
« Si les musiciens sénégalais que nous sommes ne revisitent pas la musique traditionnelle, je me demande qui le fera à notre place ? Ce qui se passe souvent, c’est que ce sont les artistes occidentaux, américains qui viennent pour faire ce travail avant de l’archiver au niveau des universités de musique ou dans les musées européens. Ils viennent, travaillent avec des artistes africains et récupèrent nos cultures. Finalement, nos coutumes ne sont pas archivées chez nous. Il y a des rythmes et des instruments qui se perdent au fil des années. Les seules personnes habilitées à régler ce problème, ce sont les musiciens. C’est une responsabilité et un devoir pour les musiciens sénégalais de magnifier, de valoriser et de revisiter nos cultures qui sont censées évoluer. »

Regard sur la musique sénégalaise
« Il y a énormément de talents au Sénégal. Mais malgré tout, la musique qu’on entend le plus, c’est le Mbalax et c’est dommage parce qu’il y a beaucoup d’autres projets faits par d’autres musiciens qui ne font pas uniquement du Mbalax. Je pense qu’il faudrait que les acteurs, la presse, puissent s’intéresser un peu plus aux musiciens qui font d’autres styles de musique. C’est nous qui sommes censés éduquer le public. Et c’est la démarche que j’ai pris avec cet album. »

 

Propos recueillis par Ibrahima BA

(Coïncidant avec la Journée internationale de la prévention des catastrophes, le 13 octobre 2017)

De Miami à Porto Rico, en passant par Barbuda et La Havane, les ravages de la saison des ouragans, cette année, dans toute l’Amérique latine et les Caraïbes, est un rappel que les effets du changement climatique ne connaissent pas de frontières.

Ces dernières semaines, des ouragans de catégorie 5 ont réduit à néant la vie de millions de gens dans les Caraïbes et sur le continent américain. Harvey, Irma et Maria ont particulièrement été dévastateurs. Les 3,4 millions d’habitants de Porto Rico essaient par tous les moyens d’obtenir des produits de base, tels que de la nourriture et de l’eau, l’île de Barbuda est devenue inhabitable, et des dizaines de personnes sont portées disparues ou décédées sur l’île de la Dominique classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

Les conséquences ne se limitent pas à cette région. Le niveau record d’inondations enregistré au Bangladesh, en Inde et au Népal a rendu la vie pénible à quelque 40 millions de personnes. Plus de 1 200 personnes ont péri et plusieurs autres ont perdu leurs maisons, des cultures ont été détruites, et de nombreux lieux de travail ont été inondés. Parallèlement, au cours des 18 derniers mois, l’état d’urgence provoqué par la sécheresse a été déclaré dans 20 pays en Afrique, avec d’importants déplacements observés dans toute la région de la corne

Pour les pays les moins avancés, l’impact des catastrophes naturelles peut être sévère, privant de moyens d’existence et retardant les progrès dans la santé et l’éducation ; en ce qui concerne les pays développés et à revenu intermédiaire, les pertes économiques d’infrastructures seules peuvent être énormes ; pour les deux catégories, ces évènements rappellent la nécessité d’agir face au changement climatique dont la menace de catastrophe est non seulement plus fréquente mais plus grave.

Un signe (inquiétant) avant-coureur ?
Les effets d’un climat plus chaud sur ces récents évènements climatiques, tant pour leur sévérité que pour leur fréquence, ont été révélateurs pour beaucoup, car, même la grande majorité qui accepte la science a reconnu que le réchauffement de la planète est le fait de l’homme.

Si la catastrophe silencieuse de la mort prématurée de 4,2 millions de personnes chaque année à cause de la pollution ambiante, davantage liée à l’utilisation des combustibles fossiles, est relativement peu médiatisée, l’incidence des gaz à effet de serre qui capturent la chaleur sur les phénomènes météorologiques extrêmes, elle, fait l’objet d’une attention croissante.

Comment pourrait-il en être autrement quand, les impacts de ces évènements météorologiques sont si lourds. Au cours des deux dernières années, plus de 40 millions de personnes, notamment dans des pays qui contribuent le moins au réchauffement climatique, ont été forcées d’abandonner leurs foyers soit définitivement soit temporairement à cause des catastrophes.

Un consensus se dégage clairement : la hausse des températures augmente la quantité de vapeur d’eau dans l’atmosphère, entrainant des précipitations plus intenses et des inondations à certains endroits, et des sécheresses à d’autres. Certaines zones vivent les deux, comme ce fut le cas cette année en Californie, où des inondations record ont succédé à des années d’intense sécheresse.

TOPEX/Poseidon, le premier satellite à mesurer avec précision l’élévation du niveau de la mer, avait été lancé deux semaines avant l’ouragan Andrew qui avait touché la côte de la Floride il y a 25 ans. Ces mesures ont observé une augmentation globale de 3,4 millimètres par an et depuis lors, un total de 85 millimètres sur 25 ans, ou 3,34 pouces.

La hausse du niveau de la mer et son réchauffement contribuent à l’intensité des tempêtes tropicales dans le monde. Nous continuerons à subir les conséquences anormales et souvent imprévues des niveaux existants des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, au cours des nombreuses années à venir.

En 2009, la Suisse a publié à nouveau une étude de cas portant sur les comtés de Miami-Dade, Broward et Palm Beach, qui envisageait un scénario de montée du niveau de la mer pour les années 2030 correspondant à ce qui s’est déjà produit aujourd’hui. Si une tempête de l’ampleur d’Andrew avait frappé ce coin riche des États-Unis aujourd’hui, les dégâts économiques auraient varié entre 100 et 300 milliards $ US. D’après les estimations actuelles, les pertes économiques liées à Harvey, Irma et Maria pourraient dépasser ces chiffres.

Réduction des risques de catastrophes maintenant, lutte contre les changements climatiques à long terme
Miami fait tout son possible pour développer son programme de protection contre les inondations ; 400 millions $ US ont été alloués au financement des pompes à eau de mer, de routes améliorées et de digues. Cependant, ce niveau de dépense est hors de portée des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire qui risquent de perdre une bonne partie de leur PIB chaque fois qu’ils sont frappés par des inondations et des tempêtes.

Si l’Accord de Paris a mis le monde sur la voie d’un avenir faible en carbone à long terme, ce chemin n’en est pas moins hasardeux, ce qui reflète un pragmatisme et des réalités propres à chaque pays. Or, s’il est prévu que les émissions de dioxyde de carbone diminuent à mesure que les pays atteignent leurs cibles déclarées, les effets du changement climatique pourraient se faire sentir pendant un certain temps encore, ne laissant d’autre choix au monde que d’investir, simultanément, dans des efforts pour s’adapter au changement climatique et réduire le risque de catastrophe naturelle. Les avantages de telles actions se justifient sur le plan économique si on les compare au coût de reconstruction.

Ceci nécessitera une coopération internationale à une échelle jusqu’ici sans précédent, alors que nous nous attaquons à la tâche la plus ardue qui est de faire de notre planète un lieu plus résilient face aux effets à retardement des émissions de gaz à effet de serre que nous continuerons à vivre pendant les prochaines années. La restauration de l’équilibre écologique entre les émissions et la capacité d’absorption naturelle de la planète est un objectif à long terme. Il est important de rappeler que la réduction à long terme des émissions est LA tactique de réduction des risques la plus importante dont nous disposons, et nous devons parvenir à cette ambition.

La Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, qui se tiendra à Bonn, en novembre, présidée par la petite île des Fidji, offre une opportunité non seulement d’accélérer la réduction des émissions, mais aussi de soutenir le travail sérieux consistant à s’assurer que la gestion du risque climatique est incluse dans la gestion des risques de catastrophes dans son ensemble. La pauvreté, l’urbanisation rapide, la mauvaise utilisation de terres, la dégradation des écosystèmes et d’autres facteurs de risques accroissent les impacts du changement climatique. À l’occasion de la Journée internationale de la prévention des catastrophes, nous demandons que des mesures soient prises à cet égard de façon holistique.

*Achim Steiner est l’Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement, www.undp.org

Patricia Espinosa est la Secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements climatiques, www.unfccc.int

Robert Glasser est le Représentant spécial du Secrétaire général pour la réduction des risques de catastrophe et le Chef du Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe, www.unisdr.org

Par Achim Steiner
Patricia Espinosa
et Robert Glasser

Le plaidoyer pour la promotion des droits de l’enfant a été au menu des échanges regroupant des enfants venus de six pays d’Afrique. C’était à Dakar hier, à l’occasion de la réunion annuelle du Groupe exécutif managérial du Mouvement africain des enfants et jeunes travailleurs (Maejt) sur le partage de bonnes pratiques au profit des enfants.

La prise en compte du respect des droits de l’enfant est devenue une exigence dans la gestion des politiques publiques des Etats. Le Mouvement africain des enfants et jeunes travailleurs (Maejt) a bien compris ce fait. L’atelier de partage des bonnes pratiques organisé hier par le Groupe exécutif managérial (Gem) du Maejt entre dans cette perspective. Selon le chargé de programme à Enda jeunesse-action, structure d’appui dudit Mouvement, Hamidou Coly, la mise en place de ce cadre de référence permet aux jeunes de la région de s’approprier les politiques de développement. « Les enfants ont longtemps mené des activités de survie. C’est pourquoi, il est indispensable d’amener les Etats à mieux comprendre leurs obligations vis-à-vis de ces couches vulnérables pour la réalisation de leurs droits », a indiqué M. Coly. Néanmoins, il a relevé des avancées notoires dans le domaine de l’éducation des filles, de la santé, du mariage des enfants, des progrès accomplis pour freiner l’exploitation des enfants talibés, entre autres. Cette rencontre ouverte le 03 et qui se déroule jusqu’à demain, s’inscrit dans un esprit de redevabilité et de participation des enfants en vue de trouver des réponses à leurs préoccupations. Ainsi, le bilan des activités de protection des enfants en mobilité et le plan stratégique du Groupe exécutif managérial ont fait l’objet de présentation. Il est ressorti de ces deux présentations que ces enfants sont ambitieux.

Après avoir finalisé leur plan stratégique pour les cinq prochaines années, ces enfants se sont fixés un objectif de 15 millions d’enfants et de jeunes en Afrique vers qui ils veulent étendre leurs actions de protection. « Beaucoup de droits des enfants ne sont pas respectés en Afrique. C’est pour ces raisons que ces enfants ont mis l’accent sur l’accélération de la réalisation de leurs droits, la pauvreté, l’information, le renforcement de leurs capacité, etc. », a indiqué le coordonnateur régional de l’Equipe Enda jeunesse-action, Aimé Bada.

Tata SANE

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