Daouda DIA, 1er questeur de l'Assemblée nationale : « La traque des biens mal acquis est une exigence populaire »

Daouda Dia, 1er questeur de l’Assemblée nationale, fait partie des hommes de l’ombre du régime actuel. Mais il est l’une des voies les plus écoutées par ses collègues de l’Alliance pour la république (Apr). On ne le voit presque pas dans les séances plénières, mais il a son avis sur les grands débats qui agitent le pays. La levée de l’immunité parlementaire de trois députés de l’opposition, l’envoi d’un contingent au Mali, la traque des biens mal acquis…, autant de questions sur lesquels il donne des réponses dans cet entretien.

Le président de la République vient d’expliquer les raisons de l’envoi d’un contingent au Mali. Que pensez-vous de sa déclaration lue devant les députés par le ministre des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye ?
« J’approuve entièrement la teneur de ce discours. Et je ne suis pas le seul, parce que le ministre des Affaires étrangères, en lisant le discours, a dit que si les intérêts du Mali sont menacés, les intérêts du Sénégal le sont aussi. Le président a pris la mesure de cette menace terroriste. Aujourd’hui, le Mali est mis à genou par des groupes terroristes, alors que ce pays est notre voisin direct. Le Mali, c’est le Sénégal, c’est la Gambie, la Mauritanie, le Niger, le Burkina Faso ou encore la Côte d’ivoire. Le fait donc d’envoyer un contingent militaire justifie l’importance de cette question transfrontalière. Mais c’est surtout la menace qui inquiète parce que ce sont des gens (Les djihadistes) qui ont une idéologie et qui veulent l’imposer à tout le monde. Nous louons cette décision du président de la République et nous l’encourageons à prendre une telle décision. Heureusement que c’est une décision qui est bien accueillie par la plupart de nos compatriotes. Maintenant, dans le fond du discours, on sent que le président Macky Sall est resté le même. C'est-à-dire quelqu’un qui tient beaucoup au respect de la liberté des populations, à la démocratie et aux droits de l’homme. »

Ne pensez-vous pas que cette décision d’envoyer des troupes au Mali s’est faite tardivement, si l’on sait que cette crise date de longtemps ?
« Ce n’est pas une décision facile à prendre. Malgré la menace, il y a toujours certaines personnes qui ne souhaitent pas qu’il faille envoyer des soldats combattre au Mali. Ceux qui critiquent ne comprennent donc pas l’ampleur et la gravité de la situation. On aurait pu envoyer très tôt ces troupes, mais on ne peut pas être plus royaliste que le roi.
Il est vrai que le Mali était confronté à une situation très difficile depuis plusieurs mois, mais si les autorités maliennes avaient très tôt accepté que les autres pays de la Cedeao interviennent, on serait obligé d’envoyer des troupes. Mais il a fallu négocier et cela a pris énormément de temps jusqu’à ce que la situation dégénère et que l’Armée française intervienne, ce dont je salue d’ailleurs. Même si cette situation ne s’était pas produite, le chef de l’Etat allait envoyer des troupes.  »

Récemment, l’Assemblée nationale a voté la levée de l’immunité parlementaire de trois députés sur la demande du Procureur spécial près la Cour de répression de l’enrichissement illicite, mais d’aucuns soutiennent un non respect de la procédure ...
« Je ne suis pas de leur avis. J’avoue que la procédure a été respectée de bout en bout. C’est une procédure tout à fait normale. S’il y a des députés qui ont été accusés, cette levée de l’immunité parlementaire les aide à se justifier. A mon avis, il n’y a rien de grave d’autant plus que ce sont des anciens ministres qui, aux responsabilités, ont géré des fonds publics. D’ailleurs, la loi autorise le procureur à demander la levée de l’immunité parlementaire, c’est tout à fait normal. Et ceux-là qui disent que la procédure n’a pas été respectée ne sont pas de bonne foi. »

L’opposition soutient qu’il y a trop de bruit autour de la traque des biens mal acquis et que tout est traité sur la place publique…
« Ces bruits viennent de l’opposition ou de ceux qui ont été accusés. Aujourd’hui, s’ils parlent autant dans les médias, c’est qu’ils cachent quelque chose. Mais s’ils limitent tout cela au simple fait qu’ils ont été aux affaires et qu’après on leur demande de rendre compte, il n’y aurait pas de problème à mon avis. Si on les interroge et qu’ils donnent satisfaction, il n’y a pas de problème. S’il y a des manquements, ils doivent assumer les conséquences. Maintenant tout ce bruit autour de la traque des biens mal acquis, c’est pour faire reculer le gouvernement. Mais c’est peine perdue parce que ce n’est pas le gouvernement qui a initié cette traque de biens mal acquis, c’est plutôt, comme l’a dit un député, une exigence populaire, le peuple l’exige. D’ailleurs, le chef de l’Etat, en présentant son programme au peuple sénégalais, avait bien mis en avant la transparence, la bonne gouvernance et la sobriété comme crédo. Il ne fait que respecter sa parole. »
 
La majorité parlementaire est souvent critiquée parce qu’elle vote toujours les propositions (ou projets) de loi les yeux fermés. Est-ce cela la rupture que vous prônez ?
« Je ne suis pas de cet avis. On ne vote pas les yeux fermés. D’ailleurs, il y a des projets de loi qui font l’objet de critique. La dernière fois, quand on a voulu voter un projet de loi sur le Conseil économique, social et environnemental, les femmes ont mis leur véto en exigeant la parité. Je ne pense donc pas qu’on puisse dire qu’on vote les yeux fermés. C’est une critique non fondée. Nous sommes des députés du peuple et si le gouvernement présente un projet de loi qui est contraire aux intérêts de la population, nous n’allons pas le voter les yeux fermés. Nous allons le critiquer et si on doit le rejeter, on va le rejeter et si ce projet est pour la continuité de l’Etat, on va le voter sans nul doute. »

Pensez-vous qu’on est en face des parlementaires d’un autre genre, différents de ceux d’avant...

« La configuration de l’Assemblée nationale montre que c’est une législature composée de plusieurs formations politiques ou de coalitions. La plupart de ces députés est très expérimentée et elle a fait ses preuves. Ce sont des représentants dignes de la population sénégalaise. Ensuite, ils viennent de toutes les contrées du pays. C’est donc une législature de classe, de haute portée. Toutes les couches sociales sont représentées. Nous sommes d’ailleurs en train de mettre en place une traduction simultanée parce qu’on a des députés qui ne peuvent parler ni le français ni le wolof, mais qui représentent beaucoup pour leur communauté. La traduction simultanée qui est un projet du président (Moustapha Niasse) va donc leur permettre de donner la bonne information aux populations qui leur ont fait confiance. Tout cela constitue une avancée démocratique et il y aura beaucoup de changements prochainement. Ces députés, conscients de leur rôle et de leur charge, tiennent à la mission à laquelle ils ont été élus. »

De nombreux Sénégalais disent qu’ils n’ont pas encore vu les résultats du « Yoonu Yokkuté », le programme de Macky Sall. Le panier de la ménagère ne s’est pas amélioré, l’école a renoué avec les crises, les coupures d’électricité sont de retour. Qu’est-ce qui bloque ?
« Cela montre l’ampleur des dégâts qui ont été trouvés sur place quand il y a eu le changement de régime. Mais on est en ce moment sur la bonne voie et le président est conscient de la situation de la population et il prendra, sans doute, toutes les mesures qu’il faut pour améliorer le quotidien des Sénégalais. Aujourd’hui, on se bat sur tous les fronts comme l’agriculture, l’énergie. Le panier de la ménagère va s’améliorer quand on réglera le problème de la consommation locale. Parce qu’il faut d’abord produire pour consommer ce qu’on produit. Cela nous permettra, avec le développement de l’agriculture, une bonne production accompagnée d’une mise en place suffisante de semences et d’intrants et la mécanisation, on compte alors réaliser des rendements à la hauteur de nos besoins. Ce qui nous permettra, sans doute, de développer l’agro-alimentaire et l’agro-business. De la même manière, l’énergie est un facteur important, et à ce titre, le président est en train de trouver les voies et moyens pour mettre fin aux problèmes du secteur. On aura bientôt une amélioration dans ce secteur avant un règlement définitif de ce problème. Aujourd’hui, le président sait ce qu’il fait et il connaît là où il va. Le « Yoonu Yokkuté » est un programme sur lequel il a longuement réfléchi et il va respecter ses promesses. A ce titre, les Sénégalais ne seront pas  déçus. Mais il faut rappeler que nous avons trouvé une situation pénible, très difficile, à la limite insupportable. C’est pourquoi, il faut d’abord régler cette situation, rester debout avant de régler les problèmes économiques liés à la cherté de la vie.»   

Etes-vous dans la phase de restructuration ?
« C’est un tout et actuellement on est en train de régler les plus gros problèmes, c’est sûr que dans peu de temps, les Sénégalais ne connaîtront plus les coupures de courant. On leur demande seulement de comprendre et d’être un peu patients et bientôt, on atteindra le bout du tunnel et le Sénégal sera dans les lampes de l’émergence. »

Vous faites partie de la coalition Benno Bokk Yaakar, mais est-ce qu’elle sera toujours maintenue ?
« Je ne peux rien dire sur l’avenir. Mais ce qui compte, c’est le présent. Et le présent, c’est que cette coalition est constituée de gens respectables qui ont eu à défendre les intérêts du pays, avant même d’être dans le Benno Bokk Yaakar. Aujourd’hui, Bby n’est intéressé que par l’idée de défendre le pays.
C’est cette coalition qui continue à l’Assemblée nationale, au niveau du gouvernement, en dehors de l’administration et du Sénégal. C’est aussi une coalition qu’on voit partout au Sénégal ; les militants des partis qui la constituent travaillent ensemble dans l’intérêt du pays. On voit rarement les clivages politico-politiciens qu’on avait l’habitude d’entendre dans certaines formations politiques, bien qu’il existe encore des intérêts partisans. Mais d’une manière générale, il existe la paix et la stabilité. C’est ce que les Sénégalais attendent de cette coalition. Et je pense que le développement ne viendra que de la paix et de la stabilité. »

Ne craignez-vous pas qu’il y ait des fissures dans cette coalition, ce qui risquerait de compromettre sa survie ?
« Oui c’est possible. Mais la politique c’est la politique. Il peut toujours y avoir des fissures, des séparations et même des retrouvailles, les choses se passent toujours de la sorte. Mais pour le moment, cela ne nous traverse pas la tête parce que nous ne voyons aucun signe, ni de fissure, ni de séparation au sein de cette coalition Benno Bokk Yaakaar. »

Propos recueillis par Maguette NDONG


Share

Edition du jour

Archives numériques du soleil

Election de Macky Sall - An II

Plan Sénégal Emergent

Supplément MCA-Sénégal

Spécial Maouloud 2014

Spécial Magal de Touba 2014

RETROSPECTIVE 2013

Cahier Education nationale

Journal 22eme FIDAK

40 ans d'Art et de Soleil

Supplément Enseignement supérieur privé

Spécial Maouloud 2013

Rétrospective 2012

Spécial Magal de Touba 2013

Spécial FIDAK 2012

Spécial Tourisme 2012

François Hollande au Sénégal

Cahier MCA

Spécial Poponguine 2012

Spécial Gamou 2012

Spécial Magal Touba 2012

Spécial Can 2012

Nos partenaires

logo unicef logo unicef apanews

logo unicef

mod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_counter
mod_vvisit_counterToday179636
mod_vvisit_counterYesterday187703
mod_vvisit_counterThis week1269931
mod_vvisit_counterLast week1501609
mod_vvisit_counterThis month3837866
mod_vvisit_counterLast month7019090
mod_vvisit_counterAll days94075739

We have: 1149 guests, 1172 bots online
Your IP: 107.22.70.215
 , 
Today: Apr 18, 2014