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Sciences et Technologies (57)

L’arnaque est de plus en plus connue mais elle marche encore. Elle se sert de manière illégale de la notoriété de deux grandes entreprises au Sénégal : Wari et la Sonatel. Le personnel du Soleil fait partie des victimes de cette arnaque qui utilise internet et le téléphone mobile.

« Plus c’est gros, plus ça passe ». La formule rendue célèbre par le président français Jacques Chirac s’est encore vérifiée. En ce jeudi 23 mars, l’après-midi au quotidien Le Soleil est marquée par des appels presque simultanés sur les téléphones du bureau du rédacteur en chef central, un de ceux de la salle 1 de rédacteurs et sur un autre de la salle 2 des rédacteurs. « C’est la Sonatel, se présente, les interlocuteurs qui sont au bout du fil. Votre connexion n’est pas de bonne qualité ». Disons le tout bas mais c’est malheureusement une réalité. La rédaction du Soleil n’est pas pourvue d’une bonne connexion internet. Cette première information « vérifiée » est le cheval de Troie de l’arnaque. Étant en confiance, les différents agents du Soleil fournissent, sur demande de leurs interlocuteurs qui se sont présentés comme des employés de la Sonatel, leurs numéros de téléphone portable personnel. Ils reçoivent, de manière immédiate, un message écrit. « Vous venez de gagner 200.000 FCfa » suivi d’un code de retrait Wari, s’affiche sur le téléphone. Le rapport de confiance entamé par le « diagnostic de la qualité du débit » d’internet se poursuit. « Pour récupérer cet argent, il faut simplement acheter une carte de crédit « orange » de 10.000 FCfa », renseigne la personne au bout du fil. Des trois journalistes du Soleil sollicités, deux ont acheté une carte de recharge de 10.000 FCfa parmi eux un a été victime de l’arnaque en transmettant le code à son interlocuteur. « Je ne sais pas comment j’ai pu être aussi naïf », s’est-il interrogé par la suite. Par pure compassion, cette tribune ne va pas citer son nom.

Moussa Diop

Face à la crise de développement dans certains pays africains comme le Sénégal, le géant américain sort une version allégée compatible avec une connexion lente ou faible.

Lancé jeudi 6 avril, Twitter Lite est une nouvelle expérience web et mobile qui cible les utilisateurs dans les pays dits émergents en minimisant l’utilisation des données. La nouvelle version charge rapidement sur des connexions plus lentes et se montre résistant sur des réseaux mobiles peu fiables en occupant moins de 1 Mo sur les mobiles. « Nous l’avons également optimisé pour qu’il soit plus rapide, avec un temps de lancement jusqu’à 30% plus rapide qu’un navigateur sur Twitter », fait savoir le réseau dont l’emblème  est l’oiseau bleu. Avec les mêmes fonctionnalités que la version d’origine, Twitter Lite permet d’économiser davantage les données mobiles utilisées. Il limite également la visibilité des images et vidéos à un aperçu. Ainsi, Twitter Lite ne charge que les contenus que l’utilisateur veut réellement consulter. L’objectif de la mise sur le marché de cette nouvelle version est d’attirer de nouveaux utilisateurs notamment dans les pays émergents mais aussi de contourner les obstacles des réseaux téléphoniques lents ou couteux. Dans plusieurs pays africains dont le Sénégal, « 45% des connexions mobiles se font encore via un réseau 2 G » contrairement à des pays comme le Japon où il devance largement Facebook en nombre d’utilisateurs, Twitter souffre d’une crise de développement en partie à cause de la faiblesse des connexions. Du côté du réseau social américain, on avoue vouloir rendre « Twitter plus accessible » à des millions de personnes. Cette version est disponible sur un navigateur sans qu’il soit nécessaire de télécharger l’application. Cette démarche intervient alors que Twitter fait face à des difficultés pour augmenter le nombre de ses utilisateurs pour dégager suffisamment de revenus et devenir rentable.

M. Diop

Que ce soit pour sensibiliser le public sur un événement ou pour clairement prendre partie, les réseaux sociaux s’avèrent  utiles. Ils ont ce pouvoir de capter l'attention sur des enjeux importants. Ils sont tout simplement devenus des outils efficaces de propagation  d’informations. L’affaire Khalifa Ababacar  Sall en est une illustration. Elle a été autant relayée par les médias traditionnels que les  réseaux sociaux. Ce qui  a donné lieu, ces derniers jours,  à un véritable élan d’intérêts.  L'actuel maire de Dakar est inculpé et écroué dans une affaire de détournement présumé de fonds publics. Une arrestation qui met la toile en émoi alors qu'on lui prête des ambitions présidentielles pour 2019. A travers les réseaux sociaux,  les commentaires vont bon train.  Si certains internautes font le lien de son arrestation avec ses ambitions politiques, d’autres sont d’avis qu’il doit tout simplement prouver son innocence. Les claviers ont parlé ! 

Oumar Bâ

Derrière les réseaux sociaux se cachent de nombreux mouvements humains. Désormais, qu’il s’agisse de donner suite à  des activités professionnelles ou de loisirs,  les réseaux sociaux sont parfaitement intégrés dans notre environnement quotidien. Apparus il y a une dizaine d’années, ils sont pourtant devenus des outils standards, utilisés par des millions de personnes. Les réseaux sociaux internes permettent désormais de communiquer entre collaborateurs d’une même société, d’un même groupe, depuis des sites géographiquement distants, de manière asynchrone et sur une grande variété de sujets. Prenez les transports en commun aux heures de pointe et regardez autour de vous. Vous constaterez aisément le nombre de personnes, tous âges confondus, qui tapotent sur leur smartphone. Approchez-vous un peu plus, et vous  verrez  les jeunots en train de communiquer avec leurs amis, leurs contacts sur Facebook, Twitter ou une autre communauté non professionnelle. 

Peu gourmands en débit, les réseaux sociaux sont devenus les principaux supports de consommation de l’internet mobile. Ces nouveaux usages se  sont introduits dans nos activités de tous les jours. Il est désormais devenu difficile, pour certains, d’imaginer  vivre sans ces outils. Vous avez dit révolution ? 

O. Bâ

Hommage numérique à Al Maktoum

11 Avr 2017
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Le rappel à Dieu de Serigne Cheikh Ahmad Tidiane Sy Al Maktoum,  Khalif général des Tidianes,  n’a pas laissé indifférente la communauté des internautes. Les hommages proviennent de partout. Les Sénégalais ont, comme un seul homme, salué un «immense connaisseur versé des savoirs coraniques mais également ouvert à l’actualité de son époque». En signe d’hommage, ils étaient nombreux les internautes à avoir changé leur photo de profil,  pour la remplacer avec celle du vénéré Khalif rappelé à Dieu. Un hommage presqu’unanime qui s’est fortement ressenti sur la toile. Côté vidéo, les conférences captivantes mêlées de connaissances, d’ouverture, d’humour et de rappels qu’il avait le don d’animer sont passées en boucle autant dans les medias classiques que dans les réseaux sociaux. Les hommages, à travers des messages de personnalités et des tweets, n’étaient également pas en reste. L’ère numérique ne laissent décidément personne indifférent. 

O. Bâ

La Commission de protection des données personnelles (Cdp) a procédé, le 22 mars, au lancement d’une campagne  dénommée  «Education au Numérique». La cérémonie d'ouverture s’est tenue au lycée Galandou Diouf.  Au cours de cette manifestation, la présidente de la Cdp, Awa Ndiaye, a émis le vœu de  mettre en place des  «Clubs Protection de données personnelles»  au sein des établissements publics et privés de Dakar. Les autres régions du Sénégal sont également concernées. L’objectif est de  veiller à la diffusion de la loi garantissant la protection de données personnelles. Il est essentiel, dans ce sens, d’informer un public spécialement ciblé que constitue la jeunesse. Selon Awa Ndiaye, il s’agit de montrer aux jeunes les voies et les recours légaux à suivre pour faire rétablir la justice. « Nous sommes également en train de voir dans quelle mesure notre structure pourra se constituer partie civile en ce qui concerne les personnes qui se sentent lésées », a-t-elle dit.  Pour l’heure,  la loi ne le permet pas. Mais cette donne sera prise en compte dans les prochaines propositions. L’objectif est de montrer qu’il y’a une structure publique prête à accompagner tout citoyen qui s’est senti nuit à travers la divulgation de ses données personnelles. 

Oumar Bâ

C’est un métier qui s’est imposé aux entreprises depuis la fin des années 2000. Pour devenir Community manager, des universités et des écoles dispensent de formations essentiellement dédiées à la gestion des réseaux sociaux pour le compte d’une entreprise, d’une institution ou d’une personnalité.

Les CM - comme dit-on dans le jargon - manient l’art des différents réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram et autres). Ils permettent à leurs employeurs une présence accrue ou homéopathique, selon la stratégie mise en place, sur les réseaux sociaux afin de soigner leurs réputations. Le champ d’action des CM ne se limite pas seulement aux réseaux sociaux puisqu’ils interviennent également sur internet pour le compte de leurs clients. Au Sénégal, des écoles comme Ism, Bem ou l’Iam dispensent d’une formation équivalente. Des initiatives comme celle de la Start up Volkeno permettent une formation accélérée pour devenir Community manager. Pour embrasser ce métier, il n’y a pas de frontières spécifiques. On peut avoir une connaissance très précise du Web, être issus d’écoles de commerce, de formation des littéraires ou tout simplement être un professionnel en reconversion. Au sein de ce cursus, les étudiants bénéficient d’une solide formation technique et d’un précieux savoir-faire en information et communication. C’est un métier qui demande des qualités de réactivité mais aussi de la retenue et de la sérénité en cas d’attaque sur internet ou sur les réseaux sociaux de son employeur. En résumé, il faut « savoir répondre vite sans s’énerver ». A l’instar du monde numérique où les changements sont permanents, c’est « un métier qui nécessite une veille et une formation permanentes », constate une spécialiste française, cité par Le Monde. Dans les grosses entreprises, le « CM » est désormais entouré du « traffic manager », chargé d’agréger de l’audience, et du social media manager, qui définit la stratégie de communication.  

M. Diop

Toute la journée du 16 mars dernier, une rumeur a circulé sur WhatsApp annonçant de pseudos informations d’une gravité extrême engageant la responsabilité de la Rfm. Remontons le fil de la rumeur.

« Un ami m’a transféré un message WhatsApp inquiétant », s’alarme Alassane Samba Diop, directeur de la radio Rfm. Dans un court texte, les services secrets américains demandent à leurs ressortissants à Dakar et à Abidjan d’éviter certaines villes touristiques à cause de l’imminence d’attaques terroristes. C’est une alerte pour les Américains et les Français qui sont au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Au bas du texte, on pouvait lire « Source Rfm et Bureau Pnud Dakar ». « J’ai failli tomber des nues, s’exclame le responsable de la radio privée. J’ai appelé la rédaction pour vérifier l’information. Ni le rédacteur en chef encore moins notre directeur de la rédaction n’en avait jamais entendu parler ». La rumeur continuait à se répandre comme une trainée de poudre. « Pour éviter que les gens malveillants, sur les réseaux sociaux, ne fassent porter le chapeau d’une telle rumeur à la Rfm, nous avons jugé utile de faire un démenti, explique Alassane Samba Diop. Nous sommes dans un pays où certaines personnes prennent pour argent comptant ce qu’elles voient sur internet et les réseaux sociaux. Nous sommes également dans un pays où la maturité dans la gestion et même la compréhension de l’information n’est pas toujours très développée ». Après avoir coupé court à la rumeur, l’heure est aux interrogations sur son origine et son but. Le présentateur de l’émission « Remue Ménage » a une idée bien arrêtée sur le sujet. « Nous soupçonnons de la malveillance. La concurrence au Sénégal est tellement déloyale que certains concurrents sont capables de véhiculer de fausses informations pour nous nuire car la volonté de nuire est manifeste », soutient M. Diop, selon qui, il y a un besoin de légiférer sur le secteur du numérique qui va au delà de cette rumeur « malveillante ». 

M. Diop

Avec un million de francs Cfa investis, Volkeno a réalisé un chiffre d’affaires de 15 millions de francs Cfa, un an et demi plus tard. La Star up investit dans le secteur éducatif et de l’accompagnement pour les entreprises.

Chez Volkeno, il n’est pas question de Business Plan. Abdou Khadre Diallo, son jeune Pdg préfère  parler de  « Business Model », qui est la version réduite du Business Plan. « Prendre un jeune et le former pendant trois mois dont deux dans une des entreprises avec lesquelles nous sommes en contrat », détaille-t-il. Depuis sa création, août 2015, « Volkeno a accueilli 200 candidats, en a formé 30 développeurs pour une dizaine d’entreprises ». Pour Volkeno, le modèle d’une entreprise prenant un stagiaire pour une allocation allant de 50 000 à 150 000 francs Cfa est révolu. « Le modèle de collaboration, avec des entreprises fonctionne car 33% des jeunes formés par Volkeno trouve un emploi à la suite des deux mois de stage ». Avec une promotion intéressante si le nombre de stagiaire en formation augmente.  Pour un stagiaire, l’entreprise débourse la somme de 300 000 francs Cfa, alors qu’elle doit s’acquitter de 500 000 francs Cfa pour deux stagiaires. Ils peuvent être en entreprise ou au sein de Volkeno. Et ça marche ! Ce jeudi 23 mars, il est 19 heures passées, mais les locaux de Volkeno, jouxtant le Cices, fourmillent de jeunes, les yeux rivés sur leurs écrans d’ordinateur. Ce sont des développeurs et des Community Manager. « Nous sommes actuellement 11 salariés, stagiaires compris », précise Abdou Khadre Diallo. Parti poursuivre ses études supérieures en France, le jeune Pdg de la jeune Start up (4 associés) dont le slogan est « Make it » est rentré au Sénégal en 2015 après un diplôme d’ingénieur informatique. Volkeno projette de former 1200 jeunes par an à l’horizon 2023 et « les accompagner dans la création d’entreprises ». Pour sa croissance, Volkeno prend Wari comme exemple dans le marché de l’économie numérique avec ses 4 milliards de trafics sur son réseau. « C’est un marché assez large pour s’y imposer ».   

Moussa Diop

En cinq années, Ctic (Centre des techniques de l’information et de la communication) Dakar s’est imposé dans l’accompagnement des entrepreneurs dans le domaine des nouvelles technologies. La structure flaire les « bons coups » tout en boostant les projets innovants.

En cette matinée de lundi, la lente reprise du travail, après un long week-end, n’est pas de mise à la rue Berenger Feraud de Dakar. Les va et vient incessants rythment les premières heures de la matinée. Parmi les visiteuses, une jeune étudiante en informatique, aux traits d’ado, malgré ses vingt années dépassées, se ronge les ongles d’impatience. Elle attend son tour pour passer devant le jury du Ctic. Avec deux amis, elle a développé un concept portant sur la distribution de produits pharmaceutiques. La jeune entrepreneuse espère sortir de son rendez-vous avec le sésame qui valide l’accompagnement du Cetic de leur projet. La confiance que lui portent ses amis est source de stress supplémentaire. Des centaines de jeunes sont dans la  même situation que cette jeune fille. Ils sont, en effet, nombreux à soumettre des projets à la structure, dans l’espoir de se faire accompagner.

Et pour cause, Ctic Dakar  a été créé pour accélérer le développement des Tic au Sénégal. Nous sommes en 2001. Différents partenaires issus du  public et du  privé rejoignent l’aventure,  notamment la Banque mondiale.  C’est  d’ailleurs,  l’un des premiers incubateurs francophones soutenu par l’institution internationale. Le Ctic, à but non lucratif, est soucieux de dynamiser le secteur Tic en favorisant la croissance des entreprises les plus innovantes. Placé sous l’égide de la Fondation des incubateurs Tic du Sénégal (Fictis),  le projet a rapidement suscité l’intérêt et de nombreux partenaires.

Faire émerger le Sénégal des Tic
CticCes structures sont accessibles sous conditions d’éligibilité et proposent des services : des locaux spacieux à tarifs avantageux, des services partagés, un accompagnement aux différents stades de la vie de l’entreprise et parfois même un financement. Ce qui représente des avantages non négligeables pour ceux qui viennent de débuter une aventure entrepreneuriale. 

« Il est donc d’un intérêt crucial pour les start-up de passer par cette étape pour démarrer un projet, reconnaît la jeune étudiante. Cependant, le choix de l’incubateur est primordial. Avant de déposer une candidature, nous nous sommes renseignés sur le domaine d’activité de l’incubateur ».  Bien qu’étant une association à but non-lucratif, Ctic Dakar  a pour ambition de bâtir un modèle d’incubateur viable financièrement. L’objectif est de se départir de la dépendance des bailleurs. C’est ainsi que Ctic Dakar est rémunéré sur la base d’un pourcentage de la croissance du chiffre d’affaires des entreprises qu’elle accompagne dans son programme d’incubation.

« La vision du Ctic est de faire émerger le  Sénégal des entreprises Tic au rayonnement international. Un ensemble de services est également disponible pour les entreprises Tic ne souhaitant pas bénéficier de la palette complète des services d’incubation : business développement,  levée de fonds, gestion comptable, appels d’offres, etc. », informe Carine Vavasseur, qui était responsable de la communication et événementiel de l’incubateur Dakarois lors du reportage. D’autres services commerciaux sont également proposés par Ctic Dakar,  afin d’équilibrer son modèle. Il y a des formations et certifications, l’organisation d’événements Tic et de concours d’entrepreneurs, le conseil en incubation, le lancement d’incubateurs.

L’avantage d’un incubateur
En termes d’incubation en Afrique, ce modèle  demeure  original.  Il ne fait pas de prises de participation dans le capital des boîtes mais ne fonctionne pas non plus dans la gratuité.  « Nous partageons vraiment le succès mais aussi l’échec avec nos jeunes pousses», poursuit-elle. «Pour maintenir notre vision entrepreneuriale et être indépendant des bailleurs, nous bâtissons un modèle économique viable en prenant un pourcentage de la croissance du chiffre d’affaires des entreprises que l’on accompagne. En gros, on regarde la différence de chiffre d’affaires entre la première année et la deuxième. S’il n’y a pas de croissance, la startup ne nous paie pas, s’il y a de la croissance, le Ctic perçoit un pourcentage sur la croissance », informait Mme Vavasseur. Les incubateurs sont créés afin de faire grandir les Pme Tic d’Afrique et d’intégrer  le continent dans  l’économie numérique globale. Cette approche est réalisée après une sélection stricte d’une communauté par le canal d’un réseau crédible de dimension sous régionale. « La mission des incubateurs est d’identifier et d’accompagner des entrepreneurs  de talent et des Pme Tic à fort potentiel. Il a aussi pour mission de leur faciliter l’accès aux marchés et aux financements. Ce modèle est mieux adapté aux entrepreneurs  souvent réticents à l’idée d’ouvrir leur capital », informe la chargée de communication. Après six  mois d’accompagnement, les startups les plus solides peuvent entrer dans le programme d’incubation. « Nous avons accompagné beaucoup de startups, principalement dans l’internet, les applications mobiles ou les logiciels », poursuit-elle. Par cette approche,  les incubateurs veulent créer des  entreprises viables et faire  grandir  des leaders à travers la promotion de  l’entrepreneuriat Tic.  Au-delà des incubateurs, il existe d’autres structures appelées « accélérateurs » (durée plus courte et souvent prise de participation au capital) et aussi des « couveuses » ou des « pépinières ». 

CARINE VAVASSEUR, responsable de la communication : « 75 Pme Tic et plus de 1.750 porteurs de projets accompagnés par le centre »
Carine Vavasseur CticLe Centre des techniques de l’information et de la communication (Ctic), organisation à but non lucratif, a vu le jour  sous l’impulsion du secteur privé sénégalais (Organisation des professionnels des Tic), soucieux de dynamiser le secteur des nouvelles technologies et de favoriser la croissance des entreprises les plus innovantes. Carine Vavasseur, lors de la réalisation de l’interview, était Responsable communication et événementiel au Ctic Dakar. Elle faisait le bilan des actions et réalisation du Ctic notamment sur l’impacte des incubateurs.

Quel rôle joue Ctic dans la création des emplois  au Sénégal ?
 La création d’emplois au Sénégal est une nécessité et ne peut se faire sans la création d’entreprises et le soutien au développement des Pme. Ctic Dakar accompagne, depuis 5 ans, les pme tic à fort potentiel et les entrepreneurs du numérique. A travers ce soutien que nous apportons aux startups du numérique, nous avons constaté que 85% d’entre elles sont pérennes au-delà de 3 ans d’activités, alors qu’en Afrique subsaharienne, seules 20% des startups survivent au-delà de 2 ans. Quand on sait que les entreprises que nous avons accompagnées jusqu’à maintenant ont créé plus de 200 emplois et que 85% d’entre elles continuent de grandir, on ne peut qu’imaginer l’impact qu’elles auront sur la création d’emplois au Sénégal et au-delà dans 5, 10, 15 ans. Nous avons également coaché plus de 1.750 jeunes en 5 ans. Certains ont décidé de se lancer en créant des startups. Nous avons même eu le plaisir d’en revoir dans nos programmes d’accélération et d’incubation.
  
Quel est l’intérêt de la création des incubateurs ?
Les intérêts de la création d’incubateurs sont variés, je vous en citerais quelques uns. Les incubateurs sont des catalyseurs de croissance. Ils permettent de créer un environnement favorable aux startups et de leur faciliter l’insertion dans leur marché en participant à mettre en place les conditions de leur succès. C’est pour la survie des startups et pour leur permettre d’être rentables et pérennes qu’existent les incubateurs. Au-delà de cet aspect, les incubateurs peuvent servir de véritable laboratoire pour des entrepreneurs souhaitant lancer de nouveaux produits ou services et recueillir les premiers feedbacks qui leur permettront de poursuivre le développement de ces solutions ou de repenser leur idée. Les incubateurs ont aussi un rôle de tiers de confiance et permettent de créer le lien entre les startups et les Pme mais aussi entre les startups et de grandes entreprises. Un peu comme un label, l’incubateur favorise un climat de confiance entre ces différents acteurs. Nous bénéficions d’un positionnement privilégié en étant une interface permettant la rencontre et la collaboration de plusieurs maillons de notre écosystème (écoles, Pme, startups, grands groupes, banques, organisations). Enfin, les incubateurs ont un impact économique et social dans leur environnement. L’impact social est mesurable de façon directe et indirecte, c’est-à-dire en observant l’impact immédiat des incubateurs mais aussi en s’intéressant à l’impact des entreprises accompagnées. Nous accompagnons, à Ctic Dakar, des entreprises qui ont chacune leurs particularités. Certaines comme Niokobok, site d’achat de ravitaillement en ligne (www.niokobok.com), permettent de créer un lien fort entre la diaspora et les sénégalais de l’intérieur. C’est le cas aussi de LAfricaMobile (www.lafricamobile.com) qui offre, entre autres, la possibilité, à travers des solutions Sms, de donner la parole à la diaspora sénégalaise sur des émissions TV et radio sénégalaises. D’autres startups comme Ecoles Au Sénégal ont choisi d’œuvrer pour un accès gratuit à du contenu scolaire local en ligne (www.ecolesausenegal.com). Ce sont des milliers de familles et d’écoliers qui sont concernés par ces solutions. Sans oublier les emplois créés par ces startups. L’impact économique se mesure quant à lui par les résultats que font les entreprises accompagnées.
 
Pourriez-vous nous décrire vos réalisations en chiffre depuis la création de Ctic Dakar ?
En 5 ans, nous avons accompagné 75 Pme Tic et coaché plus de 1750 porteurs de projets par plus de 85 événements organisés mais aussi lors de sessions d’informations et de coaching. Nous accompagnons actuellement 12 entreprises Tic, dont 3 qui ont rejoint le programme récemment, et 17 porteurs de projets en phase pilote à travers notre programme d’accélération qui est à sa 4ème cohorte. Les entreprises que nous accompagnons ont une croissance intéressante entre 2014 et 2015, parvenant, en moyenne, à multiplier leur chiffre d’affaires par 1,5. Des entreprises qui grandissent et deviennent pérennes pour la plupart.  

Nous avons également accompagnées une quinzaine d’entreprises en mission de prospection dans la sous-région. Notre présence en Afrique de l’Ouest ne se limite pas là.
Ces dernières années, nous avons mené les études de faisabilité et participé à la mise en place d’incubateurs Tic au Niger (Cipmen), au Gabon et actuellement en Mauritanie. Nous déroulons également 3 programmes panafricains phares avec des bailleurs internationaux. « Waziup », un programme financé par l’Union européenne et enrôlant 12 partenaires dont Ctic Dakar, entend vulgariser l’usage de l’internet des objets et du big data dans les zones rurales africaines. Avec la Banque mondiale, nous allons initier le programme « Jambar Tech Lab » pour impulser des produits digitaux africains innovants en Afrique et au-delà. Avec l’Agence française de développement, nous sommes bénéficiaires du Programme Afrique Innovation (Pai) qui se traduira par un renforcement de capacités de notre équipe d’encadrement et un appui à l’accompagnement des entreprises en incubation. 

Oumar Bâ

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