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Sciences et Technologies (120)

A près d’un an du premier tour de la présidentielle sénégalaise (24 février 2019), l’état des lieux montre comment la future part centrale du digital dans cette joute électorale est soumise à des impératifs d’innovations.

Dans cette arène virtuelle aux réels enjeux qu’est la communication digitale, les adversaires politiques n’ont pas toujours les mêmes artifices ni les mêmes degrés de préparation, tout en reconnaissant, en revanche, l’importance des pas à franchir. Mamadou Ndiaye, spécialiste de la communication digitale et professeur au Cesti, en apporte un éclairage. « Vu le développement fulgurant de l'Internet mobile en termes d'utilisateurs (plus de 9 millions d'abonnés) et compte tenu de la grande accessibilité des terminaux mobiles et intelligents (Smartphones, tablettes et postes de télévision), nous pouvons parier que la communication digitale occupera une place importante dans l'élection présidentielle de février 2019 ».

Obama, le pionnier
C’est une position souscrite par Charles Sanches tout en nuançant son propos en mettant la balle dans le camp des formations politiques. « La com' digitale prendra la place que les états-majors des candidats voudront bien lui donner », fait-il remarquer. Les exemples du candidat Macron (France) ou même Trump (Etats-Unis), plus récents, montrent le basculement de leurs élections respectives en mobilisant notamment les abstentionnistes. L’utilisation de la plateforme américaine NationBuilder, une énorme base de contacts, permettait de toucher un maximum d’électeurs. Mais, le pionner dans ce secteur est sans conteste Obama. « En 2008, sa stratégie digitale audacieuse ne se limitait pas juste à être présent sur certaines plateformes communautaires ; son équipe avait défini comment chaque plateforme devait être exploitée et comment l'information y serait agencée », ajoute M. Sanches.

Un terreau fertile
Au Sénégal, les moyens peuvent ne pas être les mêmes pour les potentiels candidats à la location de l’avenue Léopold S. Senghor. Il en est de même pour la sociologie des électeurs. Mais, il y a un terreau fertile à la chasse à l’électeur digital. Effectivement, Internet et les réseaux sociaux sont devenus incontournables dans un plan de communication de masse. « Les audiences sont bonnes, la mise en œuvre d'actes de communication et/ou de propagande est plus rapide », note Mamadou Ndiaye. « Avec les supports digitaux et en ligne, faire ou répondre à une manipulation politique devient un jeu d'enfant », assure-t-il. Un jeu aux apparences plus complexe qu’il n’y paraît et qui pourrait profiter à d’autres forces en dehors du huis clos politique traditionnel. « Si nos hommes politiques manquent d'innovations en la matière, il y a un risque qu'ils laissent l'initiative à la société civile qui, elle, les bousculera. Ils ont donc intérêt à bousculer leurs habitudes et à sortir de leur zone de confort habituel, sinon ils vont déchanter », martèle l’universitaire. Tout un programme.

Par Moussa Diop

COMMUNICATION DIGITALE EN POLITIQUE ENTRE PONCIFS ET ORIGINALITÉ
Etre populaire sur les réseaux sociaux numériques, c’est comme être riche au jeu du Monopoly. C’est un poncif aux allures d’assertion péremptoire. Cependant, il n’a pas le défaut du manque de corrosivité, même si elle ne fait pas toujours rire les politiques en mal d’audience, d’égo, mais surtout à la communication incertaine pour les futures échéances électorales. Ceux qui rassemblent toutes ces « tares » se ruent sur la communication digitale comme on se jette, à genoux, dans l’eau inespérée d’une oasis, lors d’une traversée du désert, sans se soucier si elle est potentiellement dangereuse. En effet, l’horizontalité du digital permet de vérifier la tarte à la crème sous forme de poncif historique qui veut qu’il soit « plus facile de détruire que de construire ».
 
Elle est encore plus avérée quand il s’agit de réputation digitale. En politique, communiquer est synonyme de chercher à fixer une prise de position en se basant sur l’argumentation et la légitimité. Chaque intervention doit être minutieusement choisie, car avec le digital, chaque information peut être partagée, commentée et aussi circuler sans limite, notamment avec les réseaux sociaux. Des prises de position de politiques ou de leurs partis sur Twitter ou Facebook génèrent presque immédiatement de vives oppositions du camp d’en face. Le contraire est une originalité.

« Le digital, c’est technique. Il requiert qu’on le confie à quelqu’un qui s’y connaît », avertit Charles Sanches, activiste et ancien membre de la com’ digitale de la Croix-Rouge à Dakar. Il poursuit : « Il ne suffit pas juste d’avoir du succès sur les réseaux sociaux ou d’avoir de la répartie pour savoir l’utiliser, parce que la stratégie devient conjoncturelle. Ainsi, à la première crise, tout s’écroule alors que pour avoir des résultats sur le long terme, la communication digitale doit être structurelle ». L’hybridité de la communication digitale en politique au Sénégal est ainsi justifiée. Elle est souvent mi-professionnelle mi artisanale. « Dans un pays avec un nombre d’internautes assez réduit (4 119 527 selon internetwordstats), l’utilisation des médias traditionnels offre une meilleure visibilité aux acteurs politiques », conseille Mamadou Ndiaye, professeur au Cesti. Et le serpent se mord finalement la queue. Autre poncif à l’originalité floue comme la com’ digitale en politique au Sénégal.

CHARLES SANCHES, BLOGGEUR : « AU SÉNÉGAL, C’EST UNE COM’ PLUS ARTISANALE QUE PROFESSIONNELLE »
Enseignant, consultant, mais surtout coordinateur de la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (Pplaaf), Charles Sanches a un regard critique sur la communication digitale des politiques au Sénégal.

Il a suffi d’une scène pour étaler au grand jour les difficultés de la communication digitale en politique. Lors de sa récente visite au Sénégal, Macron s’adresse à une élève du collège de Hann : « Ça fait combien de temps que vous êtes 28 ? » La réponse de la jeune collégienne (« Ça fait trois jours ») a déclenché l’emballement des réseaux sociaux numériques où on débattait de la probabilité ou non d’une volonté de « cacher » les réels effectifs de classe du collège estimés à 60.

« Réinventer la communication politique »
« Je crois que cela montre toute la volatilité des réseaux sociaux où les acteurs d’une scène ont eux-mêmes toutes les difficultés du monde à la maîtriser », analyse Charles Sanches. Pour étayer son point de vue, cet ancien de la cellule de communication du Comité international de la Croix-Rouge à Dakar et également bloggeur fait une mise en perspective : « Un spectateur hors du champ va récupérer un élément hors contexte, et c’est cet élément qui l’emportera sur tout le reste. Il y a eu tellement d’interprétations sur cette histoire des « 28 élèves », mais les gens préfèrent garder ce qui les intéresse. Il y a un décalage entre une communication institutionnelle qui se veut sérieuse et les utilisateurs des réseaux sociaux qui sont dans l’instantané, l’emballement et l’effet boule de neige ».

Charles Sanches attire l’attention sur la différence entre la communication politique et la communication digitale appliquée à la politique. Convaincu qu’une présence sur les réseaux sociaux n’est pas forcément synonyme de stratégie digitale, l’activiste pense que la communication digitale en politique au Sénégal est « plus artisanale que professionnelle ».

Développer une stratégie digitale
Deux raisons principales l’expliquent. Premièrement, les politiques ainsi que les structures politiques « n’ont pas compris que Internet et surtout le web 2.0 ont induit des nouveaux comportements des citoyens, potentiels électeurs et électeurs. Les individus sont, aujourd’hui, plus puissants que les institutions ». Deuxièmement, pour parler de communication digitale, cela suppose, au préalable, « le développement d’une stratégie digitale, avoir des cibles, maîtriser les codes des réseaux sociaux et développer une stratégie de contenus ». Le bloggeur n’est pas sûr « que les partis politiques aient intégré les métiers du digital dans leurs structures, (car ils continuent) de voir le digital comme quelque chose d’à-côté, de marginal (alors qu’il est) central ».

M. DIOP

EL HADJI KASSÉ SUR LA COMMUNICATION DIGITALE DE MACKY SALL : « C’EST UNE VOLONTÉ DE TRANSPARENCE ET DE PROXIMITÉ »
Ministre chargé de la Communication de la présidence, El Hadji Kassé est à la tête d’un dispositif dans lequel les outils numériques ont une activité « centrale ». Un dynamisme qui a donné à Macky Sall une identité numérique de premier plan en Afrique.

« Rester connecté et ne laisser personne pour compte avec la volonté de transparence et de restitution de l'action présidentielle ». C’est la vision du président Macky Sall décrite par El Hadji Kassé, responsable de la Communication de la présidence. Avec lui, le Sénégal envisage de se poser comme un pionnier en termes d'innovation communicationnelle. « Le président de la République fait partie des chefs d'Etat les plus connectés du continent. Son compte Twitter est, aujourd'hui, classée 6ème dans le Top 20 des chefs d'Etat les plus connectés sur ce réseau social (1er en Afrique francophone et 2ème en Afrique de l'Ouest derrière le Nigéria) », se félicite-t-il.

« Présidence connectée »
La communication digitale de la présidence de la République sénégalaise est « centrale », selon El Hadji Kassé. L’ancien Dg du « Soleil » décrit une « présidence connectée » protéiforme avec plusieurs plateformes comme le « Chatbot » de la présidence de la République permettant d'échanger et d'informer régulièrement ; la plateforme #StopFakeNewsSn pour dénoncer les manipulations de l’opinion à travers le web 2.0 ; la Newsletter bimestrielle pour suivre et rattraper toute l'actualité présidentielle dont l’inscription se fait sur le site de la présidence ; la « Génération Sénégal », une plateforme de la présidence pour la génération qui construit le Sénégal (des formats revisités et adaptés, de la pédagogie et de l'échange) ; l'Enm (Espace numérique mobile) et ses tournées à travers le pays pour toujours rester connecté ; les comptes Instagram/ou encore Snapchat pour les plus jeunes – « une communication à tous les niveaux et pour toutes les catégories » et, enfin, les sessions de questions/réponses mensuels sur des sujets de société, d'actualité nationale et internationale. Ce dispositif fait dire à El Hadji Kassé que Macky Sall « est le premier président à impulser une telle dynamique, symbole (d’une) relève générationnelle ».

Twitter et Facebook
La mise en place de ce dispositif permet à la présidence d’avoir une « communication de proximité, au plus proche des réalités et des Sénégalais ». L’utilisation des outils numériques dans la communication du président Sall s’inscrit dans sa « volonté de transparence et de proximité ». La présidence favorise, de tous les outils numériques à sa disposition, Facebook et Twitter. Pour El Hadji Kassé, les tweets sont plus « utiles et informatifs », alors que Facebook sert davantage aux « échanges, notamment les sessions mensuelles dont « La Présidence vous répond » - session de questions/réponses ».

M. DIOP

MAMADOU NDIAYE, PROFESSEUR AU CESTI : « LES POLITIQUES SÉNÉGALAIS PRÉFÈRENT FACEBOOK À TWITTER »
Professeur de Multimédia et Communication au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti), Dr Mamadou Ndiaye fait un diagnostic de la com’ digitale en politique au Sénégal.  

Existe-t-il des stratégies de communication digitale spécifiques en politique au Sénégal ?
Oui, il existe des stratégies de communication digitale dans le domaine de la politique. La stratégie basique et la plus simple est d'avoir un site web adossé à une page Facebook sponsorisée. La page doit être développée par un professionnel parce que ce n'est pas la page de monsieur tout le monde. Normalement, c’est la vitrine d'un leader, d'une personne publique charismatique. Par conséquent, il lui faut de la visibilité et une forte audience. C'est ce qui fait que la page doit nécessairement être sponsorisée, c'est-à-dire une page dont la promotion est prise en charge par Facebook. L'application WhatsApp a été beaucoup utilisée lors des dernières élections législatives (juillet 2017, Ndlr), notamment par la coalition « Mankoo Wattu Senegal » et la coalition « Benno Bokk Yakaar ». Dans le cadre de la propagande et de la manipulation politique, des hommes politiques n'hésitent pas à commander des vidéos mettant à nu les failles, insuffisances ou incohérences de leurs adversaires. Ces productions audiovisuelles sont massivement diffusées sur les réseaux sociaux et sur WhatsApp. Toujours sur ces plateformes web, émergent et s'organisent des cellules de riposte qui répondent instantanément et souvent, de manière virulente, à la moindre attaque ou critique visant leur leader.

Est-ce que la communication digitale fait partie des priorités des partis politiques au Sénégal ?
Oui, vu l'activité qu'ils y mènent. Cependant, il faut signaler qu’elle n'est pas très professionnelle, c'est-à-dire structurée, planifiée et déroulée dans les règles de l'art. En somme, cela reste très artisanal et basé sur l'émotion et l'actualité du moment.

Qu’est-ce qui explique qu’une personnalité politique fasse de son compte personnel ou de sa page personnelle le relais de ses opinions politiques ?
Un homme politique bénéficie souvent d'une forte popularité qui fait que son profil est suivi par des milliers d'utilisateurs des réseaux sociaux. Pour le cas de Facebook, à partir de 5000 « amis », il peut faire évoluer son profil en page (« officielle »), toujours en son nom. C'est ce qui explique souvent que les pages portant l'identité du leader sont plus populaires que les pages des partis politiques eux-mêmes. Par conséquent, si on est en quête d'audience, il est plus simple et efficace d'utiliser son propre compte, sa page personnelle, pour échanger avec les citoyens.

Ailleurs, en Occident, par exemple, les politiques choisissent Twitter pour leur prise de parole. Au Sénégal, le choix est plutôt porté sur Facebook. Qu’est-ce que cela dit de la sociologie digitale des Sénégalais ?
Twitter a pendant longtemps trainé une lacune : l'exigence de s'exprimer en 140 caractères. Ce qui nécessitait une capacité de synthèse et une technique d'écriture que ne possédaient pas forcément nos hommes et femmes politiques. Aussi, nous pouvons évoquer la non maîtrise des applications web comme Twitter et la pratique quotidienne. Si on n’est pas un utilisateur assidu de Twitter, en étant ou en devenant un responsable politique, on n’en sera pas pour autant un twitto confirmé. Même en passant à 280 caractères depuis fin septembre 2017, l'utilisation de Twitter est moins fréquente que celle de Facebook. Aussi, Facebook offre une audience, une architecture d'interaction et une aisance que n'offre pas Twitter.

Quels bénéfices peuvent tirer les politiques d’une bonne com’ digitale politique ?
La rapidité de la mise en œuvre des stratégies, une audience jeune et assez importante à portée de main, des coûts relativement bas et la possibilité de toucher les Sénégalais de la diaspora.

Quels risques encourent-ils en choisissant ce mode de communication ?
Ils risquent de voir leurs propres stratégies détournées contre eux. Internet et les réseaux sociaux étant des plateformes ouvertes, il est difficile de maîtriser sa communication et son impact. Ce qui rend véritablement vulnérables ses utilisateurs. Aussi, il y a le risque de confondre popularité sur les réseaux sociaux et popularité dans les urnes. L'histoire politique du Sénégal nous a enseigné que de nombreux acteurs politiques très influents et populaires sur les réseaux sociaux (Idrissa Seck, Ibrahima Fall, Cheikh Bamba Dièye, Ousmane Sonko, etc.) ont réalisé de maigres scores dans les urnes.

M. DIOP

LES RÉSEAUX SOCIAUX, UN TREMPLIN POUR UNE IDENTITÉ ET UNE LÉGITIMITÉ POLITIQUES
C'est à travers sa page Facebook que l’ancien député Thierno Bocoum a annoncé sa démission « par convenance personnelle » du parti politique Rewmi. Il venait ainsi tout bonnement de mettre fin à des années de compagnonnage avec Idrissa Seck à travers un post sur Facebook. Désormais, c’est l’usage pour les hommes politiques de faire constamment recours aux réseaux sociaux dans leur stratégie de communication. Son combat politique, l’ancien porte-parole de Rewmi semble décidé à le poursuivre autrement.
 
Dorénavant, les réseaux sociaux s'imposent comme un outil de communication incontournable. Facebook, Twitter ou encore Instagram  jouent  un rôle extrêmement important. Une communication bien menée et de grande ampleur sur ces plateformes sociales permet donc de disposer d'une forte visibilité mais aussi de draguer un électorat jeune moins tourné vers les médias traditionnels. Dans cette optique, la «course aux likes» entre les acteurs politiques peut sembler insignifiante. En réalité, plus une personnalité est « likée », plus le contenu publié sur la page sera diffusé et plus cette personne bénéficiera d'une grande visibilité pour diffuser ses idées. Avec la montée en puissance des réseaux sociaux, la frontière entre « influenceurs » et influencés tend à devenir de plus en plus poreuse. Au point de bouleverser les formes classiques de communication. Au Sénégal, Thierno Booum, Babacar Gaye et Ousmane Sonko font partie des hommes politiques  les  plus présents sur les réseaux sociaux. Si c’est moins le cas pour M. Gaye, porte-parole du Pds et ancien membre du gouvernement sous Wade, messieurs Bocoum et Sonko se sont servis de leur profil Facebook pour assoir leur identité et légitimité politique en incarnant, pour le premier, une nouvelle vision de l’opposition sénégalaise alors que le second mettait plus l’accent sur des révélations et des dénonciations fracassantes. Des stratégies de communication différentes destinées à toucher un public large. La sociologie actuelle des réseaux sociaux numériques est transversale, elle englobe jeunes – bien sûr – et de plus en plus de moins jeunes.

Oumar BA

LA BATAILLE DES « RÉSEAUX » AU PS
Il y a eu un glissement sur le terrain digital, notamment les réseaux sociaux numériques, de la bataille réelle que se livrent ex-camarades du Parti socialistes. Quand les pro-Tanor se sont contentés de traiter l'autre camp de « dissidents », ceux de Khalifa évoquaient souvent « une tentative de tuer le Parti socialiste ». Pour mieux en découdre avec cette bataille « des réseaux sociaux », le mouvement « And dolel Khalifa Sall (Adk) » a réussi la mobilisation numérique de ses membres avec des éléments de langage sur l’obligation du Ps de « faire sa mue ».  Elle passe par une cure de jouvence à travers une alternance générationnelle.
 
Dans le camp du secrétaire général du Parti socialiste, Ousmane Tanor Dieng, on refuse de rester les bras croisés, traitant l'autre camp d' « indisciplinés ». Les pro-Tanor ont ainsi occupé les réseaux sociaux pour défendre leur leader politique et apporter la riposte à leurs désormais ex-amis.  

O. BA

Le Sénégal vient d’accueillir Emmanuel Macron, le président français. C’est un ardent théoricien de l’horizontalité en politique tout en étant lui même profondément jupitérien, donc adepte de la verticalité. Une position qui laisse entrevoir les linéaments d’un paradoxe.

En  culture digitale, l’horizontalité fait partie des principes fondateurs au même titre que la transparence ou la coopération. C’est la possibilité pour toute personne de contribuer, d’exprimer son opinion, de partager et d’influencer les autres internautes. C’est très différent  du modèle de hiérarchie traditionnelle. Du coup, les avis des internautes revêtent une importance capitale. Une critique ou un avis favorable émanant d’un utilisateur du web 2.0 est redouté. Chaque prise de parole peut être de portée égale à  l’expertise, en numismatique, d’un spécialiste de la Drachme grecque de l’Antiquité. Toutes les paroles se valent (ou presque). L’horizontalité digitale n’est-elle pas le summum d’une manière orthodoxe de la démocratie ? Sans être catégorique, elle rappelle la démocratie participative si chère à Thomas Sankara à travers les fameux Comités de défense de la révolution (Cdr). L’horizontalité, une révolution au-delà du digital.

Par Moussa Diop

Les « fake news » circulent de façon virale et font dans la désinformation, que ce soit via les médias traditionnels ou les médias sociaux. Retour sur quelques « fake news » sur les dernières semaines au Sénégal.

Les internautes sont confrontés au déferlement d’intox. Ce mal qui sévit aujourd’hui et agite l’univers des médias ne connait pas de limites et n’épargne personne. En décembre dernier, des informations faisaient état d’une action contentieuse initiée par la Caisse des dépôts et consignations (Cdc) à l’encontre de Cheikh Amar. Cette information a été très vite démentie par la direction de la Cdc. Une « fake news » avait également fait croire que le gouvernement avait l’intention d’acquérir du matériel roulant ferroviaire en provenance d’Indonésie, mais elle était bien vite battue en brèche par le ministère délégué en charge du Développement du réseau ferroviaire. Dans la même optique, une fausse information avait prêté à l’État du Sénégal l’intention de « déloger tout chef d’État qui tenterait de s’aventurer dans des aventures ambiguës ». Cette information, selon la présidence de la République, était sans fondement. Le constat est qu’il est, aujourd’hui, très difficile d’échapper aux « fake news ».

Samba Oumar FALL

Après Orange et Tigo, Expresso a lancé, le 15 février, à Dakar, son service de transfert d’argent depuis le mobile dénommé E-Money by Expresso. Mais, la véritable nouveauté du service est E-Money Chat.

« Il permet aux clients d’utiliser la plateforme financière digitale E-Money lors de leurs discussions sur les différents réseaux sociaux (WhatsApp – Snapchat – Twitter – Instagram…). Donc, le client, tout en discutant avec un proche, pourra effectuer un transfert d’argent (sans quitter) sa page de discussion », explique Fatou Sow Kane, directrice de projet à Expresso. Par ailleurs, l’utilisation du #144# comme code de service financier mobile (le même que Orange) interpelle. Expresso évoque  un « monde de la portabilité ou le numéro n’est pas l’appartenance d’un quelconque opérateur ». Son souci « majeur » est «de faciliter l’accès aux services financiers mobiles à ses clients et aussi que cette interopérabilité soit un jour une réalité ».                

Job’Tel, la révolution du marché de l’emploi par le numérique

Parti du constat qu’il faut personnaliser la recherche d’emploi au Sénégal, Job’Tel envisage de devenir l’équivalent de Pôle emploi en France.

«Job’Tel est la première plateforme de l’emploi au Sénégal », présente Cheikh Tidiane Diagne, son Pdg. L’équipe, composée d’une douzaine de personnes, a pris un nouveau tournant dans son business plan, en ce début d’année 2018, avec des innovations. En effet, Job’Tel permet désormais aux chercheurs d’emploi de recevoir les offres, de manière automatisée, selon le profil et le domaine de recherche ; d’être accompagné sur toute la procédure de la recherche d’emploi, de participer aux ateliers co-organisés avec d’autres partenaires, de faires des tests d’évaluation de profil. Pour les recruteurs, les offres concernent un tri sélectif de Cv, une large diffusion des offres d’emploi, des réductions sur leurs modules de formation.  

Comment ça marche ? M. Diagne explique qu’« en se rendant chez un distributeur agréé, le chercheur d’emploi procède à l’achat (1000 FCfa) de la carte Job’Tel (numérisée) qui est rechargeable. Le distributeur enregistre les coordonnées du candidat sur un formulaire. Le candidat est désormais abonné ». Après cette étape, le système informatique de Job’Tel prend en charge le candidat avec l’accès aux offres d’emploi de manière personnalisée. Il faudra déboursée 1000 FCfa par semaine pour recharger la carte et continuer à bénéficier des services de Job’Tel.

M. DIOP

 

Les supporters de l’Olympique de Marseille se mobilisent pour permettre au Sénégalais Alioune Diop de faire le déplacement de Dakar à la cité phocéenne pour y assister à la rencontre Om–Ol du 18 mars prochain.

Tout est parti d’un reportage sur Alioune Diop, porte-parole de l'Association des Marseillais au Sénégal. Le fan absolu aux 70 maillots de l’Om y faisait part de son rêve d’assister à un match de son équipe préférée au Vélodrome. Ce qui avait ému le peuple marseillais sur les réseaux sociaux et déclenché une mobilisation avec la création d’une cagnotte sur Leetchi, un site de crowdfunding (financement participatif) pour payer le voyage à Alioune Diop. Sur la page dédiée, on peut y lire : « Tout supporter de l’Olympique de Marseille mérite de pouvoir porter nos couleurs dans le plus bel endroit du monde : Le stade Vélodrome. Et pour le remercier de la passion qu'il véhicule dans son pays, nous prenons l'initiative de l'inviter à Om-Lyon le 18 mars 2018 ».

Cette ambition a un coup : le billet d’avion, le visa, le billet du match et la chambre d’hôtel sont estimés à 800 euros (environ 530 000 FCfa). A 29 jours du match, les supporters de l’Om avaient réuni 383 euros pour la réalisation du rêve d’un Sénégalais fou amoureux de l’Olympique de Marseille.                     

M. DIOP

 

La Direction générale des impôts et des domaines a lancé, hier, la nouvelle version de Etax, une plateforme de télé-déclaration et de télépaiement.

Depuis plusieurs décennies, la modernisation de l’Etat est au centre des réflexions et discussions. Le gouvernement sénégalais a engagé, ces dernières années, des réformes majeures pour améliorer la qualité de son administration en s’appuyant sur la technologie. Le lancement, hier, de l’application Etax, une plateforme de télé-déclaration et de télépaiement qui existe depuis 2013, par la Direction générale des impôts et domaines s’inscrit dans ce souci de fournir des services de qualité aux usagers de l’administration fiscale. Cette plateforme permet aux usagers de déclarer et de payer leurs impôts et taxes en ligne. Selon le directeur général des impôts et domaines Cheikh Ahmed Tidiane Bâ, le déploiement des télé-procédures s’inscrit dans le vaste chantier de modernisation entrepris par la Direction générale des impôts et domaines qui, à travers son plan de développement stratégique de l’administration fiscale, s’est fixé comme objectif premier l’amélioration de la qualité des services aux usagers. L’un des axes retenus pour atteindre cet objectif, concerne la simplification des procédures afin de mieux répondre aux attentes et besoins des usagers. Le directeur général des impôts et des domaines a rappelé que l’utilisation des télé-rocédures est, aujourd’hui, obligatoire pour tous les contribuables relevant de la direction des grandes entreprises. Cheikh Ahmed Tidiane Bâ ajoute qu’en lieu et place d’une obligation, il faut plutôt y voir une révolution positive et des opportunités offertes aux usagers. En plus du gain de temps, il affirme que les télé-procédures assurent une parfaite transparence de toutes les transactions du fait de leur traçabilité. Les risques de perte de documents et d’autres désagréments, poursuit-il, sont annihilés avec cette plateforme. M. Bâ a révélé qu’en janvier dernier, plus de 600 entreprises ont été formées à la déclaration et au paiement des impôts et taxes en ligne. Cette plateforme, explique Aïssatou Ndao, directrice des systèmes d’information de la Dgid, a connu des évolutions depuis 2013. Elle permet de déclarer et de payer les impôts et taxes en ligne ; de consulter les comptes d’impôts ; d’adresser des requêtes à l’administration fiscale en ligne et de recevoir des réponses via le même canal. Baidy Agne, au nom du patronat, a salué le lancement de cette plateforme.

Présidant la rencontre, le ministre délégué en charge du Budget a salué la mise en œuvre de l’application Etax. Birima Mangara affirme que son lancement illustre les actions que l’administration doit mettre en œuvre pour mieux servir les usagers. Selon lui, la dématérialisation des procédures est pour la Direction générale des impôts et domaines qu’il s’agit d’une administration dont les fonctions sont stratégiques voire vitales pour l’accomplissement de tous les autres services publics. M. Mangara a rappelé les bonnes pratiques qui doivent guider les agents de l’Etat. « La légitimité technocratique du fonctionnaire dans un Etat de droit est certes établie, mais nous devons garder à l’esprit qu’il tire sa source de la légitimité exprimée par le peuple souverain. C’est là le fondement de notre obligation d’assurer un service de qualité à l’usager du service public. Elle se décline sous diverses formes telles que le respect du secret professionnel, l’obligation de réserve (…). Je vous engage à garder à l’esprit ces principes fondamentaux de l’exercice de responsabilités administratives », a-t-il dit aux agents de l’administration.

Aliou KANDE

L’Espace numérique mobile de la présidence de la République du Sénégal a été présenté aux jeunes de la ville de Saint-Louis. A travers ce geste, les responsables de la Cellule de communication de la présidence, avec le concept « Génération Sénégal », font un clin d’œil aux jeunes, cette génération qui construit l’avenir du Sénégal. Le conseiller-spécial du chef de l’Etat et coordonnateur de l’équipe digitale, Ousmane Thiongane, est revenu sur les efforts consentis par les autorités pour la mise en place d’un écosystème favorable au développement des Tic et à leur appropriation par les populations. Ainsi, à travers le projet « Sénégal numérique 2025 », plus de 35.000 emplois seront créés, pour un investissement de plus 1.300 milliards de FCfa, faisant de Diamniadio et du Sénégal un hub dans le domaine des Tic. Dans ses propos, il a aussi souligné l’importance de faire un focus sur la cible jeune qui, pour l’essentiel, utilise les réseaux sociaux. De l’avis de M. Thiongane, « des études ont montré que plus de 90 % des jeunes s’informent à travers leur téléphone. Ils n’écoutent plus la radio, ne suivent plus la télé et ne lisent plus les journaux ».

Aujourd’hui, en lançant « Génération Sénégal », a-t-il relevé, « nous voulons, à travers l’expansion du numérique, toucher cette frange de la population et la mettre en interaction avec la première autorité du pays ».

Lors de cette manifestation, les responsables du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation ont évoqué les UVs et les Eno qui sont une révolution dans le domaine de l’enseignement au Sénégal surtout avec l’apport du numérique. L’adjoint au gouverneur Amadou Diop, en charge des affaires administratives, s’est réjoui de cette rencontre. Pour lui, en délocalisant cette activité dans les régions, les services de la présidence de la République donnent une chance aux jeunes de l’intérieur et « respectent aussi la vision de territorialisation des politiques publiques que prône le gouvernement ». L’espace numérique mobile est un espace digital et interactif qui accompagne le chef de l’Etat dans ses déplacements. Il permet de suivre, en temps réel, l’actualité des réseaux sociaux et de partager avec les Sénégalais l’information sur les réalisations et les projets du président de la République, mais aussi de répondre à chaud aux questions des internautes.

Amadou Maguette NDAW

Dans la dynamique de la Conférence du Partenariat mondial pour l’éducation (Pme), la 8ème édition de l’It Forum s’est tenue à l’Institut français de Dakar. Lors de cette activité, plusieurs applications technologiques au service de l’école ont été présentées.

Dans le cadre du Partenariat mondial pour l’éducation (Pme), la 8ème édition de l’It Forum, organisée à l’Institut français de Dakar, a rassemblé plusieurs spécialistes de l’éducation et des Tic. Compte tenu du fait que 94 millions d’enfants africains sont hors du système éducatif, les participants aux panels sont convaincus qu’avec la technologie on pourrait réduire ce nombre.

Gael Le Dréau, délégué international du réseau Canopé qui produit des ouvrages pédagogiques et du contenu audio pour l’enseignement, a indiqué que leur structure peut aider l’Afrique, car accompagnant aussi les enseignants dans l’utilisation des outils technologiques. A son avis « le numérique doit se transmettre sur la façon de travailler et peut permettre aux enseignants de mieux accomplir leur tâche ».

Pour cela, le directeur de E-éducation d’Orange, Thierry Coilhac, a informé que cette structure va équiper un collègue de Kaolack grâce une boite appelée « Aid 4 free », pour un meilleur accès des enseignants et des élèves au savoir sans une connexion Internet. Ce processus permet la mise en place d’une base de données où il y aura 4.000 vidéos sur des cours de mathématiques, 5.000 livres à télécharger gratuitement, des vidéos éducatives qui peuvent y être ajoutées par les enseignants pour un usage pédagogique, etc. « Cela rend un service immense à des élèves qui n’ont pas les moyens d’accéder à Internet. Cette boite leur permettra d’avoir accès à des milliers de supports pédagogiques », a-t-il soutenu.

Une autre plateforme appelée Youscribe a été aussi présentée lors de ce panel autour du thème : « Ces applications à la conquête de l’école ». Selon le spécialiste Juan Pilot De Cordbion, à l’image de Youtube, il s’agit d’une bibliothèque numérique ouverte à tous « et qui donne le pouvoir de publication et de recherche à chacun, en recueillant les écrits des étudiants, les cours des professeurs, etc. ».

Le tableau numérique du Repta
Pour inclure les enfants qui sont en dehors du système éducatif, le Réseau éducation pour tous en Afrique (Repta) a créé un tableau numérique interactif. Selon l’ancien ministre de l’Education, Mamadou Ndoye, responsable de cet organe panafricain, « le tableau est en relation avec un ordinateur qui a des ressources pédagogiques en sons, en images ou en textes ; ce qui peut permettre à chaque enseignant de pouvoir illustrer ce qu’il est en train de dire ou faire sur le tableau numérique à distance des apprenants. Ces ressources pédagogiques sont au service de l’enseignement de la lecture et de l’écriture en langue africaine d’abord, puis pour l’apprentissage du français à l’oral et à l'écrit ».

M. Ndoye a insisté sur l’importance de commencer par la langue maternelle, car, à son avis, c’est absurde de vouloir apprendre quelque chose qu’on ne connait pas dans une langue qu’on ne connait pas. « C’est évident pour tout le monde, sauf pour nous, Africains ». Poursuivant, il a expliqué que « les expériences montrent que les élèves sont deux ou trois fois mieux performants que les autres quand ils commencent par leur langue maternelle ».

Oumar KANDE

Happy coders academy (Hca) a été lancée le 26 janvier 2018 à Dakar. Cette école vise à booster l’intelligence des enfants.

L’école de « coding » et de robotique permet aux enfants de 4 à 15 ans de découvrir, puis de maîtriser le langage et les outils du digital. Mieux, ce système est un moyen pour booster l’intelligence de l’enfant qui, à travers cet apprentissage, comprend les appareils de son environnement. « Nous préparons votre enfant à comprendre le langage du futur », a précisé Alioune Guèye, directeur général de Happy coders academy (Hca), invitant à une réinvention de la pédagogie des enfants.

Selon lui, cette académie veut contribuer à l’évolution de l’écosystème du numérique dans le but de pousser les enfants à apprendre autrement. Dès lors, ces derniers seront habilités à travailler en groupe. « A l’école, ils réfléchiront différemment. Le « coding » est une autre grammaire de la scolarité », a ajouté M. Guèye. A l’en croire, les pensionnaires seront d’abord scolarisés dans le système normal (français, américain ou autre) et les mercredis, samedis après-midi ou les dimanches, ils viendront suivre une heure de cours par semaine. « C’est une activité parascolaire.

L’enfant apprend en s’amusant, car nous allons « didactiser » le contenu », a-t-il. Alioune Guèye à pour ambition de s’étendre sur le territoire sénégalais. « Nous devons occuper notre jeunesse. Il faut qu’on arrive à monétiser nos valeurs culturelles et savoir-faire », a-t-il laisser entendre, estimant d’ailleurs que les médias du futur sont sans conteste le numérique. « Ainsi, nous devons nous y conformer, si l’on veut être entendu. Cet établissement, une première au Sénégal, peut accueillir jusqu’à 150 enfants en permanence chaque année, car les sessions sont calées sur 6 à 8 enfants afin de pouvoir respecter l’encadrement qu’il faut. Et il faut un trimestre pour maitriser le processus d’initiation », a expliqué le Dg de Hca.

Abordant les frais de scolarité, le Pdg du Groupe Afrique challenge a signalé que chaque enfant paie en moyenne 30.000 FCfa par an. Des cours spéciaux seront aussi organisés durant les vacances.

Serigne Mansour Sy CISSE

L’ingénieur Abdoul Khadre Diallo a rendu possible l’initiation à Internet, y compris en mode hors-connexion, grâce à une application qu’il a mise au point. L’usager peut, à l’heure de son choix et à son lieu de convenance, apprendre l’informatique. Cette innovation a été récompensée au concours « eGovLab ».

Le directeur de la startup Volkeno, Abdoul Khadre Diallo, a introduit une grande innovation dans l’initiation des jeunes aux technologies de l’information et de la communication (Tic). Ce Sénégalais, diplômé des prestigieuses écoles françaises, est l’auteur d’une application permettant d’enseigner l’informatique, y compris dans des zones hors connexion. « Nous avons développé un outil dénommé « Andu » qui permet aux gens d’apprendre les technologies sans Internet. Par technologies, nous faisons référence à la programmation web et mobile, au marketing digital et design graphique », a-t-il expliqué.

L’outil est un support d’auto-apprentissage. Les vidéos et les services, ainsi que les Questions à choix multiples (Qcm) créent un espace d’interaction. L’avantage est que ceux qui le désirent peuvent apprendre selon l’heure de convenance et à n’importe quel lieu. « Avec le logiciel « Andu », vous avez accès à des contenus de formation sous forme de vidéos, d’exercices et de Qcm qui vous permettent d’apprendre de façon autonome et sans dépendre de l’Internet. Si vous voulez mettre à jour les contenus, vous avez deux options : utiliser Internet ou notre box wifi dénommée «Andu Box» qui fonctionne comme un modem wifi, mais hors-ligne », a révélé Abdoul Khadre Diallo.

L’auteur est formel : les tests ont produit les résultats attendus. Les membres du jury interprètent cette application comme une avancée remarquable dans la réduction de la fracture numérique. Dans des pays où l’accès à Internet reste localisé dans certaines zones et réservé à des ménages aisés, « Andu » vient lever une contrainte à une initiation de masse. « Oui, il est possible de former des personnes qui sont dans des zones où il n’y a pas l’internet. En y déployant des « Box Andu », les gens auront la possibilité, via une application mobile ou une application sur ordinateur, de télécharger des contenus issus de la box », a défendu l’ingénieur.

Pour lui, c’est par l’appropriation des opportunités offertes par les nouvelles technologies que des pays comme les nôtres peuvent rattraper leur retard et donner aux jeunes la chance d’une insertion socioprofessionnelle ou de création d’emplois. « Dans le monde d’aujourd’hui (Afrique, Europe, Amérique, Asie), la technologie est en train de prendre une ampleur jamais vue. Cela amène des problèmes et donc, des opportunités sont souvent saisies par des startups technologiques. Et l’une de leurs caractéristiques réside dans le fait d’avoir besoin de développeurs, d’infographistes ou encore de personnes qualifiées en communication et marketing en ligne. Par exemple, en France, il y a un manque de plus de 40.000 développeurs », a fait savoir ce Sénégalais qui a eu son baccalauréat S1 au Sénégal en 2008 avant de s’envoler pour la France, précisément à l’Université de Compiègne, où il est diplômé dans la filière Génie informatique.

« Je me suis spécialisé dans la conception et la réalisation d’applications mobiles. Et j’ai travaillé dans une startup parisienne pendant six mois en tant que Lead developer mobile (Android & iOS) », a détaillé Abdoul Kadre Diallo.

L’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie) classe cette startup dans la catégorie des innovations capables de moderniser l’administration sénégalaise. C’est pour cette raison que l’équipe a reçu le deuxième Prix au concours eGovLab-Challenge.

« Les jeunes ont bien compris qu’ils doivent s’impliquer dans la mise en œuvre du Pse. Les projets présentés durant ce concours apportent tous des solutions à des problématiques des secteurs porteurs du Plan Sénégal émergent (Pse) », a noté le directeur général de l’Adie, Cheikh Bakhoum.

Idrissa SANE


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