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Sciences et Technologies (146)

Le mot émergence n’est pas seulement à la mode au Sénégal. La révolution digitale a porté aux cimes du futurisme ce qu’on appelle les « Technologies émergentes ». Grâce à la recherche actuelle, ce sont les nouvelles technologies qui imaginent comment nous vivrons dans le futur. Parmi les technologies émergentes, on peut citer la biotechnologie, la reconnaissance vocale ou faciale, la géolocalisation, les drones, le blockchain, les big data ou encore l’Intelligence artificielle. Cette dernière fait de plus en plus parler et est sujette à controverse. La dernière en date est la technologie « Duplex » de Google dont l’expérimentation est prévue dans quelques semaines aux Etats-Unis. « Ce système d’Intelligence artificielle permet à l’Assistant Google de passer lui-même des appels téléphoniques pour un rendez-vous chez le coiffeur ou dans un restaurant », explique le site de France info. « Duplex » prend à tel point des apparences de la voix humaine, avec hésitations et intonations changeantes qu’on a l’impression que c’est une personne qui est au bout du fil. C’est une étape supplémentaire dans la simplification des échanges dits « inutiles » que le numérique permet. Actuellement, Google propose des formules de politesse ou des réponses déjà prêtes comme « Bien reçu, merci » sur certains e-mails. Cependant, cette « avancée » pose des questions légitimes. Si c’est un robot qui appelle pour prendre rendez-vous, la possibilité qu’un autre robot réponde à l’appel existe alors. Ils discuteront ensemble par échanges d’informations numériques. Quid de l’intervention de l’homme ? En 2020, 85% des interactions avec les commerces de détail seront gérées par l’Intelligence artificielle, sans intervention humaine, selon Gartner, une entreprise américaine de conseils dans le secteur des techniques avancées.

Dans toute révolution, il y a des apports moins glorieux. Ce fut le cas de l’épisode de la Terreur lors de la Révolution française. Il en est de même pour la Révolution industrielle avec l’exode rural puis une urbanisation non maîtrisée donnant au mieux une conurbation au pire des bidonvilles. Avec la Révolution digitale, certains contours de l’Intelligence artificielle dessinent un monde sans humain.

Par Moussa Diop

Les Fai sortent les gros moyens

15 Mai 2018
389 times

Décidés à tirer leur épingle du jeu, les bénéficiaires des trois licences ne comptent pas lésiner sur les moyens. Selon le directeur général d’Arc Informatique, présent sur le marché depuis 1996, « on n’a que faire de la concurrence des opérateurs historiques. Nous allons répondre et contribuer au maximum par les technologies, les supports techniques, l’offre commerciale et les leviers futurs qui s’offriront à nous », assure Mohsen Chirara. Du côté de Waw Télécom, le directeur général, Abdou Kane, révèle que près de 13 milliards de FCfa seront investis. « 2,5 milliards de FCfa l’ont été en 2017 pour les installations pilotes. Pour l’année 2018, ces investissements vont grimper à 10 milliards supplémentaires pour une connectivité partout et à juste prix », explique-t-il.

Déjà, le Fai a déjà déployé une infrastructure de 4G Lte et fibre optique. Et selon le Dg, ceci permettra « de proposer de l’Internet haut débit et nous irons ensuite, à moyen terme, vers des services à haute valeur ajoutée comme la télévision, mais l’infrastructure est déjà fonctionnelle », explique-t-il. Pour Mme Déboye Niang, directrice des ventes, Waw a commencé à déployer son réseau 4G Lte sur certains quartiers comme Maristes, Médina, Sacré-Cœur, Mamelles et Yoff. « Nous avons débuté la période de test en décembre dernier et les tests sont concluants par rapport à la capacité et à la stabilité du réseau », indique-t-elle.

O. FEDIOR

La Révolution digitale n’a pas épargné le secteur financier, bouleversant son mode de fonctionnement. Banques et institutions de microfinance ont adapté leurs produits aux exigences du numérique.

Avec l’évolution des services financiers, explique Moustapha Diop, directeur général de Solution informatique durable (Solid), les employés travaillent avec deux fois plus d’équipements qu’il y a cinq ans. L’ère de l’agent croulant sous les piles de papiers et du client préoccupé par ses documents bancaires est en train de céder la place à l’ordinateur, au smartphone et à la tablette.

« Avant, le banquier n’avait aucun lien direct avec le client, dit-il. Aujourd’hui, on peut parler à distance avec le client, lui proposer les produits les plus adaptés, travailler 24h/24 avec ses collaborateurs ». Les banquiers d’aujourd’hui recourent aux Sms, aux e-mails, aux réseaux sociaux pour proposer, suivre ou exécuter des services financiers. Ce qui multiplie par 10 le volume des données tous les cinq ans, selon Microsoft (Big data boolist, 2012). « L’informatique est au cœur de l’activité bancaire. On ne peut pas gérer les clients, être à jour, avoir de la mobilité sans une infrastructure informatique performante », confie sous l’anonymat le responsable de la sécurité du réseau informatique d’une banque de la place.

Avec le mobile, la croissance multipliée par 3
Grâce aux appareils mobiles, la croissance attendue dans le secteur de la banque en ligne entre 2012 et 2016 a été multipliée par trois (3), à en croire American Banker (Mobile banking grow 300%, année 2012). Accenture nous apprend que les banques qui développent bien des modèles de banque en ligne, de présence sur les réseaux sociaux et sur tous les canaux peuvent faire passer du simple au double la croissance de leur chiffre d’affaires (de 4 % 8 %). Aussi, ces banques peuvent, par ricochet, réduire les coûts de services de 20% ou plus. Pour conserver leurs données, 72 % des entreprises sur les marchés de capitaux envisagent de recourir au Cloud, selon Cdw dans son étude « Top tech trends for capital markets » (2014).
 
Mobilité et investissements
La Révolution digitale permet d’avoir une meilleure visibilité sur les risques financiers et les performances d’une banque, déclare Moustapha Diop. Mais aussi, elle permet de travailler en tout lieu et avec n’importe quel appareil mobile. Disposer d’équipements adéquats en est une préalable nécessité. Cet investissement dans le matériel n’est pas à perte, dit-il, citant Forester Consulting, car une plateforme de productivité peut être amortie en sept mois.

Pour tirer profit du numérique, M. Diop invite les entreprises à disposer, à côté d’un analyste en investissements et d’un chargé de clientèle, d’un responsable de la conformité. Le rôle de ce dernier consiste à éviter les problèmes de conformité en vérifiant que les appareils sont bien gérés et que les données des clients sont sécurisées. C’est lui aussi qui agit rapidement pour répondre aux demandes d’information, qui corrige les erreurs et évite qu’elles se reproduisent, et qui vérifie que le Cloud répond aux exigences des services financiers, dit-il. Le trio composé du chargé de clientèle, de l’analyste en investissement et du responsable de conformité peut donner de bons résultats à condition de bien investir le digital. Le premier peut réaliser un gain de 4% de chiffre d’affaires si la banque prend en compte la mobilité, les réseaux sociaux et autres canaux. Et aussi économiser 20 % sur les coûts des services. Le second peut engranger 8,5% de gain de temps dans la prise de décision et économiser 4,12 millions d’euros, selon une étude de Forrester Consulting citée par Moustapha Diop. Le troisième peut aussi réduire les coûts de conformité de 6,8% et réduire de 73% le nombre de failles dans les données, selon la même étude. Par ailleurs, d’après une étude de Cogent Research intitulée « Social media’s impact on personal finance » publiée il y a cinq ans, 34 % des investisseurs utilisent les réseaux sociaux pour des investissements financiers personnels. Cependant, toutes ces activités gravitant autour de l’informatique produisent une quantité importante de données à exploiter, à gérer et parfois à vendre.

M. CISS

LE SÉNÉGAL EST EXPOSÉ « FRÉQUEMMENT » AUX ATTAQUES INFORMATIQUES
Hacker 2Le principal risque auquel les banques et institutions de microfinance sont confrontées avec l’avènement de l’informatique, c’est, sans conteste, les cyberattaques. La place du digital dans le secteur financier d’aujourd’hui « fait que la cybercriminalité a pris de l’ampleur parce que tout repose sur l’informatique », déclare le responsable de la sécurité du système informatique d’une banque de la place. Parfois, les cybercriminels atteignent leur but. En 2016, la Banque centrale du Bangladesh a été victime de cybercambrioleurs qui, derrière un subterfuge savamment préparé, avaient réussi à se faire virer plus de 80 millions de dollars à cause d’une faille dans un logiciel de virements. Ce casse a été découvert après que la Deutsche Bank a constaté une mauvaise orthographe (fondation au lieu de foundation en anglais) sur l’ordre de virement au bénéfice de l’Ong Shalika Foundation.

C’est ce qui a permis de découvrir la supercherie. En réalité, l’argent s’est volatilisé aux Philippines. Ce braquage des temps modernes montre l’importance de la cybervigilance. Selon un responsable de la sécurité du système d’information d’une banque de la place, les attaques informatiques « sont assez fréquentes » au Sénégal. « Les attaques sont d’origine locale, externe et même interne. La malveillance est essentiellement interne, il y a beaucoup de complicité à cause de l’appât du gain », dit-il.

Pour se mettre à l’abri, les institutions financières doivent se doter d’un plan de reprise de leurs activités à la suite d’une attaque. « La Bceao impose aux institutions financières de mettre en place un dispositif qui les protège et qui protège aussi les clients », poursuit notre interlocuteur. « Les banques font beaucoup d’efforts dans ce sens, parce qu’il y a une réglementation assez rigoureuse qui n’hésite pas à venir voir les banques et à infliger des sanctions. L’ampleur de la cybercriminalité aujourd’hui est telle que les erreurs se paient cash. Il y a une prise de conscience et une sensibilisation du personnel en matière de cybersécurité ».

M. CISS

DR MOUHAMADOU LO, EXPERT DU DROIT NUMERIQUE : « LES DONNÉES HÉBERGÉES À L’EXTÉRIEUR SONT UN RISQUE IMPORTANT »
M Lo TicL’arrivée de l’informatique pose le crucial problème de la production, la gestion et l’utilisation de l’importante quantité de données générées au fil du temps. La Protection des données personnelles (Pdp), avec son corset de textes juridiques, un principe universel, encadre bien ce domaine. Docteur en droit et expert du droit numérique, Mouhamadou Lô en explique les enjeux.

Quels sont les risques liés à la gestion depuis l’extérieur des données personnelles des banques, qui sont pour la plupart des filiales de groupes étrangers ?
Dès l’instant que les données sont hébergées à l’extérieur, les risques sont très importants. Le premier risque, c’est l’insécurité des Sénégalais. On ne sait pas qui a accès aux données et dans quelles conditions. Le deuxième risque, c’est le fait qu’on perde la main sur ces données et, par conséquent, la souveraineté sur ces données. On n’est plus propriétaire de ces données qui sont maintenant dans le public à l’étranger. Cela peut entraîner comme conséquence l’espionnage.

Est-ce qu’on est libre de vendre des données personnelles ?
Libre, non. La loi n’interdit pas de vendre des données, mais elle exige le consentement des personnes concernées. Pour faire du business sur les datas, il faut obligatoirement recueillir au préalable le consentement, sinon c’est une collecte illégale et illicite qui est sanctionnée sévèrement.

Quelle est l’utilité de ces données vendues ?
C’est faire du business avec les données des gens. En ayant avec soi un gisement de données personnelles, on arrive à faire du profilage, c’est-à-dire identifier les besoins des gens, faire des propositions aux entreprises et chargés de services. L’autre utilité, c’est surveiller les gens, on est dans le domaine sécuritaire.

La solution du Cloud comporte-t-elle des risques ?
Le risque, c’est que les gens hébergent dans le Cloud toutes les données. Cela n’est pas recommandé. Il faut faire un sectionnement de sorte que les données sensibles restent dans le pays et ne soient pas hébergées à l’étranger. Dans le secteur bancaire, c’est différent, nous retrouvons au Sénégal des filiales de maisons mères établies à l’étranger. Mais la loi exige qu’avant que les données des Sénégalais sortent du pays, qu’il y ait l’autorisation de la Commission des données personnelles (Cdp). C’est la garantie que le législateur a prévue et que la Commission s’exerce à faire appliquer.

Est-ce que les banques respectent cette législation ?
Oui. La législation a été mise en place tardivement et les banques sont en train de se conformer. Je ne dirai pas que toutes les banques sont à jour par rapport à la réglementation, mais une bonne partie de ces banques ont procédé à la réglementation.

Quels sont les enjeux du débat autour des Bureaux d’information sur le crédit (Bic) en matière de données de la clientèle bancaire?
Le Bic est un dossier très compliqué dans la mesure où c’est en application d’un règlement communautaire. Sur ce dossier-là, la Banque centrale n’a pas joué son rôle. C’était à elle de faire le travail qui est confié aujourd’hui à une société privée. Je m’approche d’une banque pour un crédit, celle-ci devrait simplement interroger la Banque centrale pour savoir si je suis solvable ou non. On ne devait pas inclure la relation entre banque et client, une société publique. Les conséquences peuvent être énormes, parce que si je ne donne pas mes informations, je n’aurai pas de crédit. C’est une contrainte. On requiert mon consentement de manière forcée, ce qui est illégal.

Quelles sont les données qui ne doivent pas être accessibles aux banques ?
Il n’en existe pas. Les banques veulent des garanties. Mais dans la collecte des données, les banques ne peuvent pas tout faire, elles doivent respecter le principe de proportionnalité. Si je dois passer à une banque pour récupérer un mandat, elle doit se contenter des données qui se trouvent sur ma carte d’identité nationale. C’est le principe de proportionnalité. La banque ne peut pas tout faire ou tout réclamer au client.

Propos recueillis par M. CISS

Avec l’évolution des services financiers, explique Moustapha Diop, directeur général de Solution informatique durable (Solid), les employés travaillent avec deux fois plus d’équipements qu’il y a cinq ans. L’ère de l’agent croulant sous les piles de papiers et du client préoccupé par ses documents bancaires est en train de céder la place à l’ordinateur, au smartphone et à la tablette. « Avant, le banquier n’avait aucun lien direct avec le client, dit-il. Aujourd’hui, on peut parler à distance avec le client, lui proposer les produits les plus adaptés, travailler 24h/24 avec ses collaborateurs ». Les banquiers d’aujourd’hui recourent aux Sms, aux e-mails, aux réseaux sociaux pour proposer, suivre ou exécuter des services financiers. Ce qui multiplie par 10 le volume des données tous les cinq ans, selon Microsoft (Big data boolist, 2012). « L’informatique est au cœur de l’activité bancaire. On ne peut pas gérer les clients, être à jour, avoir de la mobilité sans une infrastructure informatique performante », confie sous l’anonymat le responsable de la sécurité du réseau informatique d’une banque de la place.

Avec le mobile, la croissance
multipliée par 3

Grâce aux appareils mobiles, la croissance attendue dans le secteur de la banque en ligne entre 2012 et 2016 a été multipliée par trois (3), à en croire American Banker (Mobile banking grow 300 %, année 2012). Accenture nous apprend que les banques qui développent bien des modèles de banque en ligne, de présence sur les réseaux sociaux et sur tous les canaux peuvent faire passer du simple au double la croissance de leur chiffre d’affaires (de 4 % 8 %). Aussi, ces banques peuvent, par ricochet, réduire les coûts de services de 20 % ou plus. Pour conserver leurs données, 72 % des entreprises sur les marchés de capitaux envisagent de recourir au Cloud, selon Cdw dans son étude « Top tech trends for capital markets » (2014).

Mobilité et investissements

La Révolution digitale permet d’avoir une meilleure visibilité sur les risques financiers et les performances d’une banque, déclare Moustapha Diop. Mais aussi, elle permet de travailler en tout lieu et avec n’importe quel appareil mobile. Disposer d’équipements adéquats en est une préalable nécessité. Cet investissement dans le matériel n’est pas à perte, dit-il, citant Forester Consulting, car une plateforme de productivité peut être amortie en sept mois.

Pour tirer profit du numérique, M. Diop invite les entreprises à disposer, à côté d’un analyste en investissements et d’un chargé de clientèle, d’un responsable de la conformité. Le rôle de ce dernier consiste à éviter les problèmes de conformité en vérifiant que les appareils sont bien gérés et que les données des clients sont sécurisées. C’est lui aussi qui agit rapidement pour répondre aux demandes d’information, qui corrige les erreurs et évite qu’elles se reproduisent, et qui vérifie que le Cloud répond aux exigences des services financiers, dit-il. Le trio composé du chargé de clientèle, de l’analyste en investissement et du responsable de conformité peut donner de bons résultats à condition de bien investir le digital. Le premier peut réaliser un gain de 4 % de chiffre d’affaires si la banque prend en compte la mobilité, les réseaux sociaux et autres canaux. Et aussi économiser 20 % sur les coûts des services. Le second peut engranger 8,5 % de gain de temps dans la prise de décision et économiser 4,12 millions d’euros, selon une étude de Forrester Consulting citée par Moustapha Diop. Le troisième peut aussi réduire les coûts de conformité de 6,8 % et réduire de 73 % le nombre de failles dans les données, selon la même étude. Par ailleurs, d’après une étude de Cogent Research intitulée « Social media’s impact on personal finance » publiée il y a cinq ans, 34 % des investisseurs utilisent les réseaux sociaux pour des investissements financiers personnels. Cependant, toutes ces activités gravitant autour de l’informatique produisent une quantité importante de données à exploiter, à gérer et parfois à vendre.

Le Sénégal est exposé «fréquemment»
aux attaques informatiques

Le principal risque auquel les banques et institutions de microfinance sont confrontées avec l’avènement de l’informatique, c’est, sans conteste, les cyberattaques. La place du digital dans le secteur financier d’aujourd’hui « fait que la cybercriminalité a pris de l’ampleur parce que tout repose sur l’informatique », déclare le responsable de la sécurité du système informatique d’une banque de la place. Parfois, les cybercriminels atteignent leur but. En 2016, la Banque centrale du Bangladesh a été victime de cybercambrioleurs qui, derrière un subterfuge savamment préparé, avaient réussi à se faire virer plus de 80 millions de dollars à cause d’une faille dans un logiciel de virements. Ce casse a été découvert après que la Deutsche Bank a constaté une mauvaise orthographe (fondation au lieu de foundation en anglais) sur l’ordre de virement au bénéfice de l’Ong Shalika Foundation.

C’est ce qui a permis de découvrir la supercherie. En réalité, l’argent s’est volatilisé aux Philippines. Ce braquage des temps modernes montre l’importance de la cybervigilance. Selon un responsable de la sécurité du système d’information d’une banque de la place, les attaques informatiques « sont assez fréquentes » au Sénégal. « Les attaques sont d’origine locale, externe et même interne. La malveillance est essentiellement interne, il y a beaucoup de complicité à cause de l’appât du gain », dit-il.

Pour se mettre à l’abri, les institutions financières doivent se doter d’un plan de reprise de leurs activités à la suite d’une attaque. « La Bceao impose aux institutions financières de mettre en place un dispositif qui les protège et qui protège aussi les clients », poursuit notre interlocuteur. « Les banques font beaucoup d’efforts dans ce sens, parce qu’il y a une réglementation assez rigoureuse qui n’hésite pas à venir voir les banques et à infliger des sanctions. L’ampleur de la cybercriminalité aujourd’hui est telle que les erreurs se paient cash. Il y a une prise de conscience et une sensibilisation du personnel en matière de cybersécurité ».

M. CISS

L’arrivée de l’informatique pose le crucial problème de la production, la gestion et l’utilisation de l’importante quantité de données générées au fil du temps. La Protection des données personnelles (Pdp), avec son corset de textes juridiques, un principe universel, encadre bien ce domaine. Docteur en droit et expert du droit numérique, Mouhamadou Lô en explique les enjeux.

Quels sont les risques liés à la gestion depuis l’extérieur des données personnelles des banques, qui sont pour la plupart des filiales de groupes étrangers ?
Dès l’instant que les données sont hébergées à l’extérieur, les risques sont très importants. Le premier risque, c’est l’insécurité des Sénégalais. On ne sait pas qui a accès aux données et dans quelles conditions. Le deuxième risque, c’est le fait qu’on perde la main sur ces données et, par conséquent, la souveraineté sur ces données. On n’est plus propriétaire de ces données qui sont maintenant dans le public à l’étranger. Cela peut entraîner comme conséquence l’espionnage.

Est-ce qu’on est libre de vendre des données personnelles ?
Libre, non. La loi n’interdit pas de vendre des données, mais elle exige le consentement des personnes concernées. Pour faire du business sur les datas, il faut obligatoirement recueillir au préalable le consentement, sinon c’est une collecte illégale et illicite qui est sanctionnée sévèrement.

Quelle est l’utilité de ces données vendues ?
C’est faire du business avec les données des gens. En ayant avec soi un gisement de données personnelles, on arrive à faire du profilage, c’est-à-dire identifier les besoins des gens, faire des propositions aux entreprises et chargés de services. L’autre utilité, c’est surveiller les gens, on est dans le domaine sécuritaire.

La solution du Cloud comporte-t-elle des risques ?
Le risque, c’est que les gens hébergent dans le Cloud toutes les données. Cela n’est pas recommandé. Il faut faire un sectionnement de sorte que les données sensibles restent dans le pays et ne soient pas hébergées à l’étranger. Dans le secteur bancaire, c’est différent, nous retrouvons au Sénégal des filiales de maisons mères établies à l’étranger. Mais la loi exige qu’avant que les données des Sénégalais sortent du pays, qu’il y ait l’autorisation de la Commission des données personnelles (Cdp). C’est la garantie que le législateur a prévue et que la Commission s’exerce à faire appliquer.

Est-ce que les banques respectent cette législation ?
Oui. La législation a été mise en place tardivement et les banques sont en train de se conformer. Je ne dirai pas que toutes les banques sont à jour par rapport à la réglementation, mais une bonne partie de ces banques ont procédé à la réglementation.

Quels sont les enjeux du débat autour des Bureaux d’information sur le crédit (Bic) en matière de données de la clientèle bancaire?
Le Bic est un dossier très compliqué dans la mesure où c’est en application d’un règlement communautaire. Sur ce dossier-là, la Banque centrale n’a pas joué son rôle. C’était à elle de faire le travail qui est confié aujourd’hui à une société privée. Je m’approche d’une banque pour un crédit, celle-ci devrait simplement interroger la Banque centrale pour savoir si je suis solvable ou non. On ne devait pas inclure la relation entre banque et client, une société publique. Les conséquences peuvent être énormes, parce que si je ne donne pas mes informations, je n’aurai pas de crédit. C’est une contrainte. On requiert mon consentement de manière forcée, ce qui est illégal.

Quelles sont les données qui ne doivent pas être accessibles aux banques ?
Il n’en existe pas. Les banques veulent des garanties. Mais dans la collecte des données, les banques ne peuvent pas tout faire, elles doivent respecter le principe de proportionnalité. Si je dois passer à une banque pour récupérer un mandat, elle doit se contenter des données qui se trouvent sur ma carte d’identité nationale. C’est le principe de proportionnalité. La banque ne peut pas tout faire ou tout réclamer au client.

Propos recueillis par M. CISS

850 participants, 83 pays, 36 organisations internationales, un budget de 165 millions de FCfa pour la partie sénégalaise. Voici quelques chiffres du Sommet africain de l’Internet (Ais, signe en anglais) que le Sénégal a accueilli du 29 avril au 11 mai. Lutte contre la cybercriminalité, le renforcement de capacités de professionnels, des questions techniques, entre autres, étaient au centre des enjeux de l’Ais 2018.

Durant deux semaines, Dakar a rythmé avec « des présentations de sujets d’actualité très pointus sur le domaine des Tic et des expériences partagées », selon Cherif Diallo, directeur des Tic. Elles avaient pour but la poursuite de la croissance du secteur du numérique en Afrique. Il y a eu la semaine de formation organisée par Afnog, du 29 avril au 04 mai, avec la participation de 70 cadres sénégalais et 140 participants venant de 20 pays africains. Elle a permis le renforcement de capacités de tant d’ingénieurs, de professionnels et d’étudiants du secteur autour des thèmes comme les services internet évolutifs, la messagerie électronique, la conception et l’exploitation de réseaux, la gestion et la supervision de réseaux, les techniques avancées de routage ou encore les Centres de réaction et d’alerte aux incidents informatiques.

Thématiques actuelles

L’Ais 2018 a donné aussi l’occasion aux membres du Comité consultatif des gouvernements (Gac) de l’Icann de bénéficier d’un atelier de renforcement des capacités dont le principal objectif était d’offrir aux représentants du Gac issus des pays francophones l’opportunité de se familiariser avec un certain nombre de notions et d’outils nécessaires à une meilleure participation africaine aux travaux de l’Icann et plus particulièrement du Gac. Cet atelier, suivi de l’Icann day, a servi de relais avec la semaine de conférence d’Afrinic, tenue du 05 au 11 mai et durant laquelle un focus a été fait sur les dernières innovations en matière de Tic. Chérif Diallo cite « des tutoriels sur les technologies Blockchain, l’Internet des objets, l’Android, des sessions de panel organisées par les acteurs sénégalais et portant sur la sécurité en ligne, le service universel, la neutralité du net, des réunions d’Isoc (Internet society), du Gfce (Global forum for cyber expertise), AfChix, AfRen, des ateliers d’Afnoc, des sessions de formation sur la migration vers IPv6 pour les Ingénieurs et les managers, un hackathon sur IPv6 ».

Des attentes importantes

Les questions du genre n’ont pas été en reste lors de l’Ais 2018. Il y a eu l’initiative AfCHIXTechWomen pour la valorisation de la place de la femme dans le secteur du numérique. Au bout des 15 jours de travaux au Sénégal, les attentes à court terme concernent plusieurs points. Il s’agit de la migration vers IPv6. Elle permet de répondre à la pénurie d’adresses Ipv4 et le développement de l’Internet des objets par la multiplication d’objets connectés ; l’implémentation du DNSsec permet de mieux sécuriser le système de nom de domaine (Dns) sur lequel repose l’Internet mondial. Il permet d’éviter des cyberattaques ; la mise en place de Cert : elle consiste à bâtir une équipe d’intervention en cas d’incident informatique de grande ampleur, à mener une activité de veille technologique et à mieux sensibiliser et alerter les différentes parties prenantes de l’écosystème ; enfin les conclusions de l’Ais fondent un espoir sur l’infrastructure appelée Pki, c’est la gestion de clés permettant de renforcer la sécurité des échanges et des télé procédures.

 Whatsapp, Viber, Skype, Messenger

L’AIS recommande la poursuite de la gratuité

La fin de gratuité de ces applications est au centre d’une opposition entre opérateurs traditionnels et consommateurs. L’Ais a tranché en faveur de ces derniers et a donné des recommandations pour la lancinante question sur la neutralité du net.

L’Ais 2018 a été le théâtre de discussions sur les Ott service (Over-the-top service, en anglais). Ce sont les services par contournement d’un opérateur de réseau traditionnel (Orange, Tigo ou expresso) pour fournir de la vidéo, des audios et d’autres médias sur Internet. En clair, ce sont des applications comme WhatsApp, Skype, Viber, Messenger… « Il y a eu des discussions sur les Ott et, d’une manière plus générale, sur la neutralité du net, débute Chérif Diallo, le directeur des Tic. A l’issue des échanges, il a été retenu l’inscription du principe de neutralité des réseaux dans le droit et faire en sorte que les Fournisseurs d’Accès à Internet (Fai) ne devront pas opérer de discrimination entre des services ou des applications équivalents sur le plan fonctionnel ». En clair, les experts recommandent la poursuite de la gratuité des applications Ott au grand dam des opérateurs traditionnels. Les recommandations de l’Ais font également état d’un « encadrement et d’une limitation stricte de recours aux services spécialisés ; de l’application du principe à toutes les technologies de réseau en visant le « zero rating » et en incluant l’interopérabilité des normes et standards, notamment des objets connectés ». Le « zero rating » est le fait qu’un opérateur propose un forfait limité en données, mais donnant accès à certains services « en illimité » non décomptés du forfait. Découlant souvent d’un partenariat, ces offres peuvent permettre à des abonnés mobiles de profiter des vidéos YouTube en illimité, par exemple, ou de la connexion à Facebook en illimité. Cela risque d’empêcher les services concurrents de se développer, ce qui va à l’encontre d’un traitement égal de tous les acteurs présents sur le réseau. L’Ais 2018 pense qu’il y a nécessité d’encadrer de telles pratiques.

Enfin, la dernière recommandation est de donner les moyens de contrôler et d’observer l’application de la neutralité du net en imposant des obligations de transparence aux opérateurs et en conférant aux autorités de régulation un droit de regard sur les accords de peering et de transit.                           

La programmation des ateliers et le faible nombre de jeunes diplômés sénégalais pointés

Fatimata Watt, jeune ingénieure en informatique, a participé aux ateliers de renforcement de capacités proposés lors de l’Ais 2018. Elle pointe quelques points d’amélioration.

« Dans l’ensemble, je considère que l’Ais a été une bonne initiative de rencontres, d’échanges et de renforcement de capacités en termes de compétences et de bonnes pratiques dans beaucoup de domaines qui interpellent les réseaux et la protection des données, détaille Fatima Watt, titulaire du diplôme d’ingénieur en Réseau / Télécom à la section informatique du département Mathématiques de la Faculté de Sciences et Techniques de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad). Le sommet a permis une meilleure compréhension des organismes et structures ainsi que les politiques de gestion de l’Internet ».

La jeune femme a participé aux ateliers de formation de l’Africert, l’Icann, l’Afrinic, de la Cdp, de l’Isoc et ceux consacrés à la sécurité en ligne. Elle pense qu’il est nécessaire « qu’il y ait une explication de chaque atelier accompagnée du plan détaillé pour que les participants ne soient pas désorientés ; que les formations phares ne se déroulent pas à la même heure afin de permettre aux participants de mieux en profiter ». F. Watt souhaite un plus grand nombre de participants « de jeunes diplômés (sénégalais) en quête de travail pour développer l’esprit d’entreprenariat ». 70 cadres sénégalais ont participé à l’Ais 2018 ainsi que 140 autres participants venant de 20 pays africains.

Moussa DIOP

Avec la Commission nationale de la protection des données personnelles, le Sénégal est l’un des premiers pays à appliquer les directives de la commission de l’Union africaine (Ua). C’est la révélation de Dawite Békélé, directeur du Bureau régional pour l’Afrique d’Internet society.

«Le Sénégal est un des pays en avance, peut-être même le plus en avance dans ce sens, parce que c’est le premier pays à avoir ratifié la convention de l’Union africaine sur la cybersécurité et la protection des données personnelles et l’un des premiers à avoir cette commission nationale de protection des données. J’espère qu’il sera un leader dans le domaine dans la sous-région voire dans le monde ». C’est la conviction de Dawite Békélé, directeur du Bureau régional pour l’Afrique d’Internet society qui prenait part au Sommet africain de l’Internet qui s’est tenu, du 29 avril au 11 mai 2018, à Dakar. Pour lui, « les autres pays devraient s’inspirer du Sénégal ». Cependant, il avertit que la protection des données ne devrait pas empiéter sur les autres droits. « Par exemple, la liberté d’expression est à prendre en compte quand on parle de protection des données personnelles. Parce que quand on protège les données, on doit s’assurer qu’on ne touche pas à la liberté d’expression qui est aussi protégée par les Constitutions. Donc il faut qu’il y ait un travail au niveau national, pour nous assurer que les données sont protégées, tout en protégeant d’autres droits », dit-il.
Quid de la cybersécurité ? M. Békélé estime que « c’est inhérent à la technologie. Au début, on ne voit que ce qu’elle apporte. Plus tard, nous voyons les problèmes et ce n’est pas propre à l’Internet. Mais les avantages sont tellement nombreux qu’on ne peut pas faire machine arrière. En revanche, on peut trouver des réponses », dit-il.

C’est justement pour en trouver qu’Internet society et l’Union africaine ont mis en place un certain nombre de directives. « Tous les Etats membres doivent reconnaître la confidentialité comme la base de la confiance dans l’environnement numérique, et l’importance d’une utilisation durable et responsable des données personnelles dans l’économie numérique », explique M. Békélé. En outre, elles comprennent des recommandations pour les citoyens qui se soucient de la protection de leurs données personnelles et de leur confidentialité. Le directeur du Bureau régional pour l’Afrique d’Internet society poursuit en informant que « les autorités de contrôle et les gouvernements doivent agir pour s’assurer que les prestataires de services et les fournisseurs de produits ont un modèle commercial bien défini, pour que les consommateurs puissent prendre des décisions bien fondées sur les implications des produits et services en rapport avec la confidentialité. Il y a aussi des principes. Par exemple, il faut que l’utilisateur ait une vue claire sur les aspects sur lesquels on utilise ses données. Ensuite, il faut qu’il y ait des restrictions sur ces données ».

Oumar FEDIOR

 

Va-t-on vers une reconfiguration du paysage des télécoms au Sénégal ? En tout cas, les trois nouveaux Fournisseurs d’Accès à Internet (Fai) nourrissent des ambitions de titan qui risquent de sonner comme une redistribution des cartes.

Même si le Sénégal dispose de trois opérateurs de téléphonie, la couverture du territoire par Internet n’est pas encore totale. Une anomalie que les autorités veulent corriger. C’est ainsi que le Sénégal a enregistré l’arrivée de trois Fai (Fournisseurs d’Accès à Internet). Il s’agit de Waw Sa, Arc Informatique et Africa Access. Avec ces trois nouveaux opérateurs, le segment internet va connaître de grandes évolutions. C’est, du moins, la conviction du directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp), M. Abdou Karim Sall. « Nous visons une couverture équitable du territoire national à l’horizon 2021. C’est pourquoi chaque Fai dispose d’un lot de 5 régions en plus de Dakar. Il s’agit de Waw Sas pour les régions de Dakar, Thiès, Diourbel, Tambacounda et Kédougou, Arc informatique pour Dakar, Louga, Saint-Louis, Fatick, Kaolack et Kaffrine et enfin, Africa Access pour Dakar, Ziguinchor, Sédhiou, Kolda et Matam. Ils ont l’obligation de couvrir ces régions pour les cinq premières années de l’autorisation. Nous avons d’ailleurs tenu à ce que ces clauses figurent dans le cahier des charges », explique-t-il.

En plus du maillage du territoire espéré avec l’arrivée des Fai, le directeur général de l’Artp est convaincu que du fait de la concurrence avec les opérateurs classiques, les tarifs de connexion à Internet vont connaître de fortes baisses. Selon M. Abdou Karim Sall, « l’arrivée des 3 Fai va permettre de poursuivre la baisse des tarifs déjà enclenchée. Aujourd’hui, les consommateurs sénégalais peuvent disposer d’un éventail de choix par rapport à la qualité de services, à la qualité commerciale et de choisir parmi les tarifs les plus bas. Le renforcement de la concurrence du marché de l’Internet par l’accueil de nouveaux acteurs permet, à la fois, de promouvoir l’innovation des offres et des produits, de proposer au public de toutes catégories, des offres alternatives, en termes de débits, de technologies et de qualité de service. C’est le consommateur qui en profite », a-t-il salué.

Cependant, même s’il salue l’arrivée des Fai, le président de l’Association sénégalaise des usagers des Tic (Asutic), M. Ndiaga Guèye, estime qu’il est possible de faire mieux. Selon lui, « le décret interdit aux nouveaux Fai d’offrir aux Sénégalais des services de type triple play à savoir : Internet haut débit, Téléphonie et Télévision. En sus de cela, cette disposition servira de base légale pour mettre dans leurs conditions de ventes devant être proposées par ces Fai, des clauses leur permettant de bloquer l’accès aux applications de téléphonie par Internet tels que : WhatsApp, Viber, Messenger, Skype, etc. Il serait mieux de les mettre sur un pied d’égalité pour plus d’efficacité. En France par exemple, l’opérateur Free était un Fai qui est devenu opérateur, parce qu’on lui a donné les moyens d’exister et de grandir », suggère-t-il.

Oumar FEDIOR

 

Le Sénégal accueille le Sommet africain de l’Internet (du 29 avril au 11 mai) avec comme enjeu la migration vers l’Ipv6.

En accueillant le Sommet africain de l’Internet (Ais’18), prévu du 29 avril au 11 mai, Dakar sera, pendant une semaine, la capitale de l’Internet africain. En prélude à cet événement, le ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, a tenu une conférence de presse, hier, avec le directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp) pour décliner la feuille de route. Les 650 délégués venant de 54 pays africains qui prendront part à cette rencontre vont échanger sur plusieurs thèmes allant de la gouvernance d’Internet, la cryptologie ou l’Internet des objets. Justement, parmi les points saillants qui seront discutés, figure en bonne place l’utilisation du protocole Ipv6 (Internet protocole version 6), essentiel pour l’Internet des objets. En termes simples, l’Ipv6 utilise un protocole de réseau sans passer par la couche 3 du modèle Osi (Open system interconnexion) qui définit les 7 couches du modèle sur lequel est inspiré les couches du protocole Tcp/Ip, c’est-à-dire l’ensemble des protocoles utilisés pour le transfert des données sur Internet. Le fait de sauter la couche 3 donne plus de rapidité à la connexion parce que c’est à ce niveau que s’effectuent les connexions.

L’enjeu est crucial. « Nous allons vers l’Internet des objets, avec la 5G, et une connectivité de masse, et pour cela, l’Ipv6 est le protocole le plus adapté », explique le Dg de l’Artp, Abdou Karim Sall, invitant les opérateurs à accompagner cette innovation. L’Artp, qui annoncera à cette occasion son adhésion pour la mise en place de ce protocole au Sénégal, attend de ce rendez-vous « des éclairages nécessaires » pour des prises de décision qui vont avoir un impact dans le développement des Tic au Sénégal. En dépit d’appels pressants à accélérer la migration vers l’Ipv6 adressés aux fournisseurs d’accès à Internet et aux fournisseurs de contenu de la part d’Icann (sorte de gouvernement mondial de l’Internet), le déploiement de cette technologie reste très limité au niveau mondial.

Le Sommet africain de l’Internet, qui se tient depuis 2013 en Afrique, regroupe, chaque année, les organisations s’occupant de la gouvernance et de la coordination de l’Internet africain et se veut une plateforme internationale de promotion des produits et services des Tic en Afrique. En plus des opérateurs et des autorités gouvernementales, plusieurs acteurs (Icann, le régulateur mondial de l’Internet, les acteurs mondiaux des noms de domaines et de la gestion des adresses Ip), prendront part à cette rencontre. Il est prévu, lors de la première semaine, une formation (payante) pour un renforcement de capacités de la communauté africaine de l’Internet sur des thèmes relatifs aux enjeux actuels comme la cybercriminalité, la conception et l’exploitation des réseaux, la gestion des réseaux et des points d’échange Internet, etc. mais l’Artp a décidé de rendre gratuite cette formation pour 70 agents de l’administration et jeunes entrepreneurs. Pour Abdoulaye « Bibi » Baldé, la tenue à Dakar du Sommet africain de l’Internet confirme le leadership régional du Sénégal dans le domaine des Tic. En effet, d’après un rapport de l’Institut de recherche McKinsey Global Institute, le poids de l’Internet dans le Pib du Sénégal (3,3% en 2013) est le plus élevé en Afrique. « Le Sénégal a toujours soutenu le développement de l’Internet – mise en place d’un point d’échange, l’attribution de trois nouvelles licences de fournisseur d’accès internet – et adopté une gouvernance de l’Internet basée sur un modèle consensuel et multipartite avec l’implication de l’ensemble des parties prenantes », souligne le ministre.

Seydou KA

La formation des ressources humaines sur la cybersécurité est l’arme contre la fréquence des cyberattaques en pleine explosion à cause des enjeux économiques, géostratégiques. C’est tout l’enjeu d’un atelier sur les technologies émergentes et la cybersécurité, organisé récemment par Cisco en partenariat avec l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Les nouvelles technologies offrent à l’Afrique des opportunités pour rattraper son retard. Mais le continent noir, comme le reste du monde, sont tenus de se préparer à relever le défis posés par les hackers. Les cyberattaques sont dans l’ère du temps et ont comme toile de fond des enjeux économiques, politiques, géostratégiques, etc. Ce sont pour ces raisons que l’académie Cisco et l’Université Cheikh Anta Diop ont initié la formation des jeunes sur ces nouvelles problématiques. « Nous sommes en train de former des instructeurs, des formateurs Cisco de l’Afrique de l’Ouest et du Centre afin qu’ils puissent avoir des aptitudes techniques et théoriques leur permettant d’accompagner d’autres jeunes qui se lanceront sur les technologies émergentes », justifie Modou Fall, coordonnateur des ressources technologiques et pédagogiques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Le bouillonnement de l’écosystème des innovations technologiques appelle à l’adaptation aux exigences sécuritaires. La réalisation de cet objectif n’est possible qu’en outillant les informaticiens du contient et surtout en les positionnant sur les nouveaux domaines de compétence comme la  virtualisation, « le cloud computing », l’Internet des objets, entre autres. « L’entreprenariat numérique occupe de nos jours une place très importante. En tant qu’instructeurs, nous voulons faire en sorte que ces jeunes comprennent les nouvelles technologies, notamment l’Internet des objets », recommande Modou Fall.

Auparavant, le responsable du programme à Cisco Académie, Omar Rhoulami, a insisté sur la formation des ressources humaines pour accompagner l’engouement et l’espoir suscités par les nouvelles technologies. L’Afrique, dit-il, a intérêt à se préparer à avoir des acteurs dans des disciplines ou spécialités comme l’intelligence artificielle. « Les années 97 ont été un tournant technologique de l’Internet. Aujourd’hui, nous sommes à un tournant de l’ère de l’intelligence artificielle ou de l’Internet prédictible.

Cette nouvelle ère demande une nouvelle compétence. Nous devons avoir des compétences sur la cybersécurité, les technologies émergentes, la « programmabilité » des réseaux. Nous avons formé des instructeurs sur les technologies émergentes », défend le responsable de programmes à Cisco Académie, Omar Rhoulami, qui a révélé que leur académie a formé plus de 12.000 étudiants sur les technologies intelligentes.

Idrissa SANE


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