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Sciences et Technologies (64)

Le troisième site d’information sénégalais revoit son business-plan. En lançant son Prenium, SeneNews compte faire croître sensiblement son chiffres d’affaires et révolutionner le secteur des médias en ligne.

En lançant une version Prenium, Senenews.com, une plateforme multimédia sur l’actualité du Sénégal, de l’Afrique et de sa diaspora espère continuer à grandir. « Aujourd’hui, nous avons un chiffre d’affaires pouvant « varier de 20 à 50 millions » de FCfa. Avec le Premium, nous pouvons espérer au moins une croissance de 30 ou 35% de notre Ca », projette Massamba Kane, le fondateur de SeneNews.

Mode d’emploi
Concrètement, l’utilisateur a le choix de prendre un abonnement mensuel, semestriel ou annuel, avec le mode de paiement manuel (Orange Money, Wari, Espèce, ...) ou par paypal. « D’autres moyens de paiements seront ajoutés par la suite. Les tarifs varient de 5 euros (environ 3.000 FCfa) mensuel à 45 euros (29.000 FCfa) annuel. Ce qui lui donnera accès à tous nos articles premium. On fait le choix de ne pas proposer des articles à l’unité pour une fidélisation et une implication des abonnés dans la vie du projet. En l’espace de 3 jours, nous avons eu un peu plus de 30 abonnés. Ce qui a largement dépassé nos espérances pour le lancement. Nous avons comme objectif d’en obtenir 300 d’ici la fin de l’année ». Créé en Novembre 2010, « SeneNews est un média numérique indépendant, alimenté par une équipe de journalistes rédacteurs, de chroniqueurs et de techniciens du web. Notre objectif est d’optimiser la lecture et la compréhension de l’actualité sénégalaise et africaine grâce à des contenus systématiquement mis en lien avec le contexte d’une société sénégalaise fière de ses valeurs de respect de la dignité de la personne et de son aspiration au progrès économique, politique et social », développe Massamba Kane. Depuis sa mise en ligne, SeneNews, comme la quasi totalité des sites web d’information sénégalais, vivait principalement de la publicité en ligne.

Crise de la publicité
« Cette publicité se déclinant sur deux axes. Le principal se faisant naturellement en partenariat avec des régies publicitaires telles que Google Adsense et Critéo... L’autre étant orienté sur le démarchage local des entreprises du secteur privé et public qui ont une politique digitale et qui souhaitent vendre ou entretenir cette image de marque en ligne. Cette dernière, que nous appelons dans notre jargon « publicité du porte-à-porte », peut se décliner sous forme de publi-reportage, de campagne display ou vidéo sur notre site web, sur nos applications et nos différentes pages dans les réseaux sociaux. Pour Massamba Kane, « avec le business-model basé à 100% sur la publicité, la recherche du buzz, la fréquence et le nombre de publications d’articles est au détriment du travail » de qualité. D’autant plus que ce modèle est décrié car l’unique dépendance à la publicité « fait partie des maux qui gangrènent la presse en ligne au Sénégal ». Le jeune entrepreneur pense que son équipe (journalistes et marketeurs) dépensait beaucoup de temps et d’énergie sur l’exploration des pistes qui pourraient amener à décrocher des campagnes publicitaires. « Ce qui en fin de compte prend le pas sur le travail journalistique. Et il faut l’avouer aussi, cela commençait à prendre une part importante sur les axes de traitements de l’actualité. Face à cette demande de nos lecteurs de donner des informations en profondeur, des informations abouties et vérifiées, il fallait trouver ce moyen de financer cette activité de journalisme d’enquête et d’investigation ».

Troisième site d’actu
Avec SeneNews Premium, le journalisme d’investigation devient un crédo pour prendre une autre dimension. « Le lecteur sera la seule personne à satisfaire. Ce dernier paie pour que nos journalistes aillent dans le fond des choses ». Ainsi, l’entreprise sénégalaise prend un nouveau virage alors que ses feux sont au vert. « L’engouement envers SeneNews et sa santé financière n’ont jamais été autant meilleure qu’en ce début d’année 2017. D’ailleurs, un classement des statistiques établi par des experts du web indépendants et qui a été publié il y a quelques semaines montre la percée de SeneNews (1.400.000 visiteurs uniques le mois) qui nous classe à la 3ème place des sites d’information les plus visités au Sénégal ». C’est cette impulsion qui a réconforté l’équipe de SeneNews, « et à la demande d’un certain nombre de nos lecteurs et de membres de la rédaction » de se lancer dans le Prenium.

Par Moussa DIOP

Expert informaticien aux « compétences avérées dans le domaine des technologies de l’information et de la communication », Lamine Traoré jouit d’une expérience de 13 années dans la mise en œuvre de projets, l’intégration de systèmes hétérogènes et distribués. Co-fondateur de Sensoft, il revient sur les enjeux de sa participation au Waq 2017.

Pouvez-vous présenter votre Sensoft ?
Sensoft est une société de droit sénégalais spécialisée dans l’édition de logiciels et d’intégration de services technologiques à fortes valeurs ajoutées. Nous capitalisons plus de 10 années d’expérience dans les plateformes de services financiers, de la monétique, de l’éducation, de la dématérialisation, de l’innovation technologique, de l’identification et de la sécurité. Nous intervenons dans une dizaine de pays en Afrique de l’ouest, centrale et dans l’océan indien avec des clients de renoms qui évoluent dans plusieurs domaines d’activités notamment les banques et finances, le secteur pétrolier, les services télécoms, l’éducation.

Comment avez-vous été sélectionné pour participer à la semaine numérique à Québec ?
Nous collaborons avec le Ctic (Centre d’incubation et de croissance Tic) et je profite pour les remercier et les féliciter de leurs fortes contributions dans la croissance Tic ainsi que la promotion de l’entreprenariat au Sénégal. C’est donc dans ce cadre et vu le profil de Sensoft qu’il nous a proposé au Bureau du Québec à Dakar pour participer au Waq17 (Web A Québec 2017).

Pouvez-vous revenir sur votre participation ?
Le Web A Québec est un événement qui se tient chaque année et pour l’édition 2017, l’organisation a souhaité la participation de pays de l’Afrique francophone. Nous faisions donc partie d’une délégation de 200 entrepreneurs pilotée par l’Ofqj (l’Office franco-québécois pour la jeunesse). L’objectif était d’échanger avec des entreprises françaises et québécoises qui évoluent dans le même domaine, de mieux comprendre l’environnement numérique à Québec, de nouer des partenariats et aussi de vendre la destination Afrique dans le domaine du numérique afin de permettre aux entreprises québécoises qui s’intéressent à l’Afrique de comprendre, en retour, les besoins et les réalités du marché africain et aussi d’attirer de potentiels investisseurs. Sensoft et Byfilling ont donc animé chacune une conférence dans le domaine où elles évoluent afin de montrer leur savoir-faire ainsi que les solutions numériques adaptées qu’elles délivrent aux entreprises africaines.

Quel bilan en tirez-vous ?
Pour ma part, la participation à cet événement a été très enrichissante. Cela m’a permis de mieux comprendre l’environnement du numérique à Québec et surtout de noter des différences fondamentales dans la façon de faire des affaires du système américain. J’ai aussi pu nouer de nouvelles relations d’affaires et entamé des discussions de partenariats.

La participation à l’événement m’a également permis de mieux apprécier le niveau technologique des entreprises de l’écosystème numérique du Sénégal et de me rendre compte qu’elles ont beaucoup d’expertise et de savoir-faire à prévaloir. En effet, l’Afrique est aujourd’hui le continent où il y a encore beaucoup de choses à faire sur le plan numérique, ce qui attise les convoitises des opérateurs, équipementiers, industriels, télécoms et numériques du monde. Les entreprises de l’écosystème numérique du Sénégal pourront valablement être des points relais ou nouer des partenariats solides avec des entreprises canadiennes qui souhaitent s’investir dans le marché africain car elles ont toutes les compétences nécessaires qui leur permettront d’adapter les solutions et offres en provenance du Canada aux réalités ainsi qu’aux contraintes économiques et environnementales africaines. Pour ce faire et pour un meilleur échange, il est important que des événements ou sessions d’échange puissent être organisés entre le Canada et le Sénégal afin de permettre aux entreprises numériques sénégalaises de montrer leur savoir-faire, leur apport et l’intérêt des entreprises canadiennes à collaborer avec elles pour mieux s’investir dans le marché africain en général et sénégalais en particulier..

Quelle est la nécessité pour une startup sénégalaise de participer aux événements internationaux de cette nature ?
De façon générale, il est important, lorsqu’on évolue dans un domaine, de savoir ce qui se fait ailleurs afin de se situer et de s’améliorer par rapport à la qualité, aux normes et aux bonnes pratiques. Il est donc important pour une startup de participer à ce genre d’événement dans lequel se déroulent des ateliers et panels très intéressants et qui sont animés par des experts de haut niveau sur des thèmes d’actualités du numérique. C’est un retour d’expérience très enrichissant et cela peut permettre à une startup d’accélérer sa croissance à travers des partenariats qui lui permettront de gagner plus vite en expérience et de bénéficier de raccourci à plusieurs niveaux. Cela lui évite d’essayer des voies et méthodes qui ne marchent pas trop et qu’il va falloir réajuster avec des pertes de temps, d’argent et d’efficacité.

Propos recueillis par Moussa DIOP

Lancée en 2009, WhatsApp est une application mobile et multiplateforme de messagerie. L’application a récemment rejoint un club envié en franchissant le milliard d’utilisateurs actifs par mois « en seulement huit ans ». Pour la petite histoire, le service de messagerie instantanée a été racheté par Facebook en 2014 pour un montant record de 19 milliards de dollars. L’information avait été amplement relayée dans le monde entier. Elle suscitait de la part de certains une incrédulité dont aurait fait part le géant américain. Certains n’ont pas mis de gants pour annoncer ce qui est partie pour être « le fiasco de l’année ». Bien que fédérant près d’un demi-milliard d’utilisateurs, WhatsApp ne dégageait pas à l’époque, des bénéfices énormes : il s’agissait juste d’une petite structure de 55 salariés. Cette application Smartphone permet aujourd’hui à ses utilisateurs de créer des conversations groupées. Il permet aussi de s’envoyer autant de messages et de photos qu’on le souhaite. A force d’innovations et de persévérance, WhatsApp fait aujourd’hui partie de la vie quotidienne de millions de personnes à travers le monde.

Oumar BA

Pour la première fois, un lien direct est établi entre les messageries chiffrées (Telegram et WhatsApp) et la préparation des attentats de Paris. Le débat sur la pertinence du chiffrement de bout en bout reprend dès lors de plus bel. En effet, selon la chaîne américaine Cnn, certains des terroristes impliqués dans les attaques du 13 novembre ont utilisés des applications de messagerie chiffrée pour préparer des attentats. La chaîne américaine, qui cite des sources officielles, explique notamment que Telegram et WhatsApp, service aujourd’hui dans le giron de Facebook, auraient été malencontreusement employés à cette fin.

Tous deux fournissent un chiffrement de bout en bout difficile à percer par les services de sécurité. Selon ces mêmes sources, ces applications, présentes sur certains des smartphones retrouvées sur les scènes de crime, auraient été employées pour des communications entre terroristes, avant les attaques. « Le contenu de ces échanges étant chiffré, il n’est pas sûr que les enquêteurs y aient un jour accès », précise la même source. Bien qu’imprécises, ces affirmations constituent le premier lien officiellement établi entre les messageries chiffrées et la préparation des attaques de Paris.

Certes, après les attentats, Telegram, un service fondé par deux frères russes, défenseurs de la liberté d’expression, avait été mis en cause pour sa passivité à l’égard de l’État islamique. Mais cette accusation ciblait les canaux de diffusion proposés par Telegram et exploités par le groupe terroriste pour propager ses messages. A la suite des attentats du 13 novembre, 78 canaux de diffusion du groupe terroriste, diffusant en 12 langues différentes, ont été fermés. De leur côté, les experts en sécurité expliquent qu’introduire des portes dérobées dans les outils de sécurisation des échanges ne ferait que réduire la sécurité globale d’Internet. Dans un récent rapport du Mit, une quinzaine de chercheurs expliquaient : « La complexité d’Internet aujourd’hui, avec des millions d’Apps et de services connectés globalement, signifie que les exigences des forces de l’ordre vont probablement introduire de nouvelles failles de sécurité, non anticipées et difficiles à détecter. »

Oumar BA

Le réseau social américain Facebook a mis sur pied, en France, un centre de R&D spécialisé sur l’intelligence artificielle. A terme, vingt cinq chercheurs permanents vont y travailler. Six chercheurs de haut niveau sont déjà installés dans les locaux parisiens de Facebook, ils pourraient être une douzaine d’ici peu. Ces « fées » (on les appelle fairies chez Facebook, fée en anglais, du nom du programme Fair, Facebook artificial intelligence research) travailleront sur des sujets comme le traitement automatique du langage, l’apprentissage des machines ou la reconnaissance d’images. Le centre parisien va établir un partenariat avec l’Inria : des projets communs seront ainsi menés avec des chercheurs de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique. Facebook devrait accueillir des doctorants. 

D’autres collaborations pourraient être engagées par la suite, avec des écoles ou d’autres établissements, rapporte le monde. L’intelligence artificielle est l’un des trois piliers de la stratégie R&D de Facebook, avec la connectivité (comment connecter plus de personnes à Internet) et le travail sur les interfaces. Les travaux en la matière ont déjà été utilisés dans plusieurs produits de la société américaine. Fair a ainsi développé un système d’étiquetage d’images permettant de trier les photos mises en ligne sur la plate-forme selon leur contenu. Facebook peut ainsi s’en servir pour filtrer des images violentes, ou tout simplement identifier des thèmes. Un travail a également été mené pour réduire le spam sur Facebook.

O. BA

En Guyane, le mouvement social qui vient de s’achever s’est longtemps appuyé sur deux piliers fondamentaux : «WhatsApp», «Facebook live». Ils racontent les rassemblements, les coulisses du conflit et galvanisent au passage. Ils expliquent où trouver du gaz, alors que la pénurie guette, où faire son plein d’essence. Certains appellent pour proposer du covoiturage à travers les réseaux sociaux. Alors que le mouvement social était basé sur des revendications sécuritaires, sanitaires et éducatives, la mobilisation était très réussie. La mobilisation passe aussi par « Facebook live », une technologie couramment utilisée et qui connaît un succès fracassant. Téléphone portable à la main, les journalistes racontaient en temps réel les images qu’ils filmaient. Et les internautes postent en même temps des commentaires. En termes d’audiences, c’était également une vraie réussite. Alors que le département compte 250.000 habitants, plus de 6 millions de personnes, sur une semaine, ont regardé les « live » de Guyane. Certains instantanés ont été vus simultanément par 18 à 20.000 personnes, rapporte l’Afp. Les « live » sont aussi présents sur la page Facebook des radios. Près de 155.000 personnes ont ainsi visionné tout ou une partie des deux heures de retransmission d’un rassemblement. « Le mouvement social, c’est enfin les informations échangées sur Facebook : les activités, concerts, débats organisés sont postés sur le réseau social », analyse l’anthropologue Isabelle Hidaire-Krivsky, qui souligne le caractère « participatif » des réseaux sociaux.

O. BA

Des startups sénégalaises ont participé, pour la première fois, du 1er au 9 avril, à la semaine numérique à Québec, plus connue sous l’appellation Web à Québec (Waq). Il s’agit de Sensoft et de Byfilling.

Le Waq est la semaine numérique à Québec. C’est un des principaux événements dans le domaine des Tic en Amérique du Nord. Elle regroupe 1.500 participants pour 100 conférences et ateliers. Le Waq est l’occasion de réseautage entre entrepreneurs, startups, des géants de l’industrie, des conférenciers de très haut niveau venant du monde entier. « L’appui du gouvernement du Québec à la mission des entreprises sénégalais au Waq est une contribution directe du Québec à la concrétisation de la stratégie de la Francophonie numérique, souligne Siasia Morel, premier conseiller au Bureau du Québec à Dakar (Bqd) ». Sur cinq entreprises sélectionnées, deux ont finalement représenté le Sénégal. Il s’agit de Sensoft et Byfilling. C’est un choix qui a fait l’objet de plusieurs collaborations. « Nous nous sommes, tout d’abord, tournés vers le Ctic, l’un des principaux incubateurs en Afrique de l’Ouest puis vers Québec numérique, précise Mathieu Tremblay du Bqd. Le Ctic a fait un choix basé sur la maturité des entreprises, son caractère international, l’intérêt suscité auprès de l’écosystème numérique ». Du côté québecois, on précise que c’est un soutien qui illustre un engagement à accompagner « les pays émergents à l’intégration de l’économie numérique, notamment en favorisant la mobilité internationale des jeunes entrepreneurs du numérique », explique Siasia Morel.

Recherche d’opportunités
Installé dans la capitale sénégalaise depuis près d’un an, le Bureau du Québec à Dakar compte sur le développement du numérique parmi ses priorités. « Les Tic représentent 5% du Bip québécois et 1.600 Pme. C’est un secteur qui compte 130.000 emplois, détaille Mathieu Tremblay. C’est une économie qui croît deux fois plus que l’ensemble du reste de notre économie. Il y a tout un écosystème de startups et d’incubateurs numériques ». Dans ce secteur, les besoins au Sénégal et en Afrique de l’Ouest représentent des opportunités pour les entreprises québécoises. « Il y a aussi le besoin d’avoir des partenariats avec des Sénégalais et des Africains pour contribuer aux entreprises québécoises du secteur du numérique. Elles manquent, parfois, de ressources car celles du bassin du Québec ne sont pas suffisantes pour le marché de l’emploi. On veut aussi attirer des jeunes professionnels qualifiés sinon des partenariats entre entreprises ».

AMINATA NDIAYE, RESPONSABLE COMMERCIAL BYFILLING : « Les entreprises québécoises travaillent dans les mêmes conditions que nous »
Aminata Ndiaye ByfillingAminata Ndiaye est responsable commerciale au sein de l’Agence Byfilling, un cabinet de kleenbown et de marketing digital. Dans cette interview, elle revient sur la semaine numérique organisée à Québec. Une rencontre qui a permis, entre autres, à sa structure de nouer quelques partenariats, qui peuvent s’avérer fructueux pour la suite.

Présentez-nous votre structure ?
Nous aidons les clients sur Internet. A cet effet, nous mettons en œuvre des stratégies digitalisées qui passent par des concepts de sites web et des applications mobiles. Cela peut se traduire par des campagnes de digital, à travers la production de contenus, comme des vidéos, des articles etc.… Je suis chargée, dans cette mission, de mettre sur pied des projets qui s’adressent à différents clients. Ensuite, je supervise avec l’équipe en interne chargée de la mise en œuvre. L’entreprise a été créée en 2010, mais les activités ont commencé en 2012. C’est en 2013 que nous nous sommes au Ctic pour une durée de trois ans. Nous sommes sortis de l’incubation en août dernier. Depuis, nous essayons de voler de nos propres ailes. Quand nous étions au Ctic, nous avons connu un boom extraordinaire par rapport à nos activités. Beaucoup d’opportunités de business se sont ouverts à nous. Notre chiffre d’affaires s’est accru durant cette période, à hauteur de 90%. Ensuite, le boom s’est poursuivi. Cette donne s’est, par la suite, un peu stabilisée. Maintenant, l’activité est beaucoup plus permanente, ce qui nous a même ouvert des opportunités à l’extérieur. Des clients nous viennent maintenant de pays étrangers bien que la majeure partie de nos clients sont établis au Sénégal. Nous essayons de sensibiliser les entreprises dans le but de démocratiser l’accès à l’Internet et de pouvoir surtout y faire du business. Dans ce cadre, nous mettons en place des stratégies qui sont adaptées à la cible que le client souhaite toucher. Nous sommes une équipe composée de onze collaborateurs. Nous développons nos activités en France, au Niger et en Côte d’Ivoire.

Comment avez-vous été contactée pour le Waq?
Au début, nous avons été contactés par le Ctic, pour participer à la semaine numérique (Waq 2017). Ensuite, nous avons reçu d’autres invitations pour nous rendre au Québec. Les organisateurs voulaient surtout se rendre compte du sérieux des organisations qui voulaient se rendre à Québec. La rencontre s’est bien déroulée. Nous en avons profité pour assister à des conférences, des visites publiques ont également eu lieu. Nous nous sommes beaucoup intéressés aux opportunités d’investissement qui pouvaient s’ouvrir à nous. Nous nous sommes surtout intéressés aux structures françaises ou canadiennes qui pouvaient faciliter les investissements pour l’installation au Canada. Nous avons pu y découvrir pas mal de modèles, qui, s’ils sont bien appliqués au Sénégal, vont forcément déboucher sur quelque chose de très important. Nous avons également pu visiter des entreprises québécoises qui faisaient la même chose que nous. Je me suis rendue compte qu’elles étaient confrontées aux mêmes difficultés que nous. J’ai pu également constater qu’ils travaillent dans les mêmes conditions que nous. Cette donne nous a permis de comprendre que nous étions effectivement dans les standards internationaux.

Cette rencontre a-t-elle été le lieu pour vous de nouer de nouveaux contacts ?
Nous avons pu rencontrer pas mal d’entrepreneurs et nous avons pu échanger. Des pistes à exploiter se sont véritablement ouvertes. Nous avons fait une présentation sur les défis de l’ingénierie informatique en Afrique. Dans cette présentation, il a été question des opportunités de business en Afrique. Une autre présentation a porté sur Byfilling et les opportunités. On s’est surtout basé sur la pédagogie, en mettant en avant comment on apporte du contenu aux personnes afin qu’elles s’intéressent et s’approchent de l’entreprise. Nous essayons surtout de trouver des solutions à même de pousser les personnes à venir vers nous. Nous essayons d’identifier les visiteurs et veillons à les transformer en prospects. Il s’agit de commencer une démarche commerciale avec ces visiteurs pour pouvoir les convertir en clients et ensuite les fidéliser.

Qu’est-ce que ce modèle vous a concrètement apporté depuis que vous l’avez expérimenté au Sénégal ?
Nous sommes persuadés que c’est une méthode qui a de beaux jours devant elle. Il s’agit juste d’adapter le contenu aux personnes ciblées. Récemment, nous avons fait une étude sur les marchands ambulants, les vendeurs de fruits et de cartes de téléphones. On s’est rendu compte qu’ils utilisaient Internet au même titre que les autres couches de la population. Ils ne sont pas forcément alphabétisés, par contre, ils consomment beaucoup de visuels et de vidéos. Cela constitue une opportunité pour les entreprises de penser même à changer le type de contenus, afin d’en proposer d’autres qui soient beaucoup plus adaptés. Au-delà de l’outil internet, nous nous focalisons beaucoup sur le contenu. Chaque consommateur à ses propres comportements et réagit à un certain nombre de contenus. Vous allez utiliser un même mobile pour toucher le plus de personnes possible. Toutefois, le contenu tend à changer selon l’interlocuteur et la personne concernée. C’est pour cela que les entreprises doivent se concentrer sur ce type de contenus. Il est bien d’essayer de savoir ce qui accroche véritablement.

Que retenez-vous du Waq ?
Je trouve que le Canada est un pays très dynamique. Les gens y sont particulièrement ouverts par rapport au business. L’environnement et le cadre y sont expansifs. Seulement, il suffit de s’armer de volonté pour pouvoir y relever les nombreux défis. Quand on y va, il faut juste se fixer un objectif bien déterminé. Nous avons pu rencontrer des entrepreneurs français qui étaient dans les dispositions de développer des activités avec nous.

Quel est l’obstacle majeur qui freine le développement de votre activité ?
Toutes les entreprises sont d’avis que le digital est important. Mais d’autre part, peu d’entre elles sont dans les dispositions de financer leur volet digital. Également la majeure partie des entreprises ne prennent pas le soin de s’assurer du retour de ce que leurs clients pensent véritablement des services qui leur sont proposés. Les entreprises doivent d’abord apprendre à davantage connaître leurs clients pour pouvoir mieux leur proposer des produits adaptés à leur demande.

Propos recueillis par M. DIOP et Oumar BA

L’arnaque est de plus en plus connue mais elle marche encore. Elle se sert de manière illégale de la notoriété de deux grandes entreprises au Sénégal : Wari et la Sonatel. Le personnel du Soleil fait partie des victimes de cette arnaque qui utilise internet et le téléphone mobile.

« Plus c’est gros, plus ça passe ». La formule rendue célèbre par le président français Jacques Chirac s’est encore vérifiée. En ce jeudi 23 mars, l’après-midi au quotidien Le Soleil est marquée par des appels presque simultanés sur les téléphones du bureau du rédacteur en chef central, un de ceux de la salle 1 de rédacteurs et sur un autre de la salle 2 des rédacteurs. « C’est la Sonatel, se présente, les interlocuteurs qui sont au bout du fil. Votre connexion n’est pas de bonne qualité ». Disons le tout bas mais c’est malheureusement une réalité. La rédaction du Soleil n’est pas pourvue d’une bonne connexion internet. Cette première information « vérifiée » est le cheval de Troie de l’arnaque. Étant en confiance, les différents agents du Soleil fournissent, sur demande de leurs interlocuteurs qui se sont présentés comme des employés de la Sonatel, leurs numéros de téléphone portable personnel. Ils reçoivent, de manière immédiate, un message écrit. « Vous venez de gagner 200.000 FCfa » suivi d’un code de retrait Wari, s’affiche sur le téléphone. Le rapport de confiance entamé par le « diagnostic de la qualité du débit » d’internet se poursuit. « Pour récupérer cet argent, il faut simplement acheter une carte de crédit « orange » de 10.000 FCfa », renseigne la personne au bout du fil. Des trois journalistes du Soleil sollicités, deux ont acheté une carte de recharge de 10.000 FCfa parmi eux un a été victime de l’arnaque en transmettant le code à son interlocuteur. « Je ne sais pas comment j’ai pu être aussi naïf », s’est-il interrogé par la suite. Par pure compassion, cette tribune ne va pas citer son nom.

Moussa Diop

Face à la crise de développement dans certains pays africains comme le Sénégal, le géant américain sort une version allégée compatible avec une connexion lente ou faible.

Lancé jeudi 6 avril, Twitter Lite est une nouvelle expérience web et mobile qui cible les utilisateurs dans les pays dits émergents en minimisant l’utilisation des données. La nouvelle version charge rapidement sur des connexions plus lentes et se montre résistant sur des réseaux mobiles peu fiables en occupant moins de 1 Mo sur les mobiles. « Nous l’avons également optimisé pour qu’il soit plus rapide, avec un temps de lancement jusqu’à 30% plus rapide qu’un navigateur sur Twitter », fait savoir le réseau dont l’emblème  est l’oiseau bleu. Avec les mêmes fonctionnalités que la version d’origine, Twitter Lite permet d’économiser davantage les données mobiles utilisées. Il limite également la visibilité des images et vidéos à un aperçu. Ainsi, Twitter Lite ne charge que les contenus que l’utilisateur veut réellement consulter. L’objectif de la mise sur le marché de cette nouvelle version est d’attirer de nouveaux utilisateurs notamment dans les pays émergents mais aussi de contourner les obstacles des réseaux téléphoniques lents ou couteux. Dans plusieurs pays africains dont le Sénégal, « 45% des connexions mobiles se font encore via un réseau 2 G » contrairement à des pays comme le Japon où il devance largement Facebook en nombre d’utilisateurs, Twitter souffre d’une crise de développement en partie à cause de la faiblesse des connexions. Du côté du réseau social américain, on avoue vouloir rendre « Twitter plus accessible » à des millions de personnes. Cette version est disponible sur un navigateur sans qu’il soit nécessaire de télécharger l’application. Cette démarche intervient alors que Twitter fait face à des difficultés pour augmenter le nombre de ses utilisateurs pour dégager suffisamment de revenus et devenir rentable.

M. Diop

Que ce soit pour sensibiliser le public sur un événement ou pour clairement prendre partie, les réseaux sociaux s’avèrent  utiles. Ils ont ce pouvoir de capter l'attention sur des enjeux importants. Ils sont tout simplement devenus des outils efficaces de propagation  d’informations. L’affaire Khalifa Ababacar  Sall en est une illustration. Elle a été autant relayée par les médias traditionnels que les  réseaux sociaux. Ce qui  a donné lieu, ces derniers jours,  à un véritable élan d’intérêts.  L'actuel maire de Dakar est inculpé et écroué dans une affaire de détournement présumé de fonds publics. Une arrestation qui met la toile en émoi alors qu'on lui prête des ambitions présidentielles pour 2019. A travers les réseaux sociaux,  les commentaires vont bon train.  Si certains internautes font le lien de son arrestation avec ses ambitions politiques, d’autres sont d’avis qu’il doit tout simplement prouver son innocence. Les claviers ont parlé ! 

Oumar Bâ

Derrière les réseaux sociaux se cachent de nombreux mouvements humains. Désormais, qu’il s’agisse de donner suite à  des activités professionnelles ou de loisirs,  les réseaux sociaux sont parfaitement intégrés dans notre environnement quotidien. Apparus il y a une dizaine d’années, ils sont pourtant devenus des outils standards, utilisés par des millions de personnes. Les réseaux sociaux internes permettent désormais de communiquer entre collaborateurs d’une même société, d’un même groupe, depuis des sites géographiquement distants, de manière asynchrone et sur une grande variété de sujets. Prenez les transports en commun aux heures de pointe et regardez autour de vous. Vous constaterez aisément le nombre de personnes, tous âges confondus, qui tapotent sur leur smartphone. Approchez-vous un peu plus, et vous  verrez  les jeunots en train de communiquer avec leurs amis, leurs contacts sur Facebook, Twitter ou une autre communauté non professionnelle. 

Peu gourmands en débit, les réseaux sociaux sont devenus les principaux supports de consommation de l’internet mobile. Ces nouveaux usages se  sont introduits dans nos activités de tous les jours. Il est désormais devenu difficile, pour certains, d’imaginer  vivre sans ces outils. Vous avez dit révolution ? 

O. Bâ

Hommage numérique à Al Maktoum

11 Avr 2017
1315 times

Le rappel à Dieu de Serigne Cheikh Ahmad Tidiane Sy Al Maktoum,  Khalif général des Tidianes,  n’a pas laissé indifférente la communauté des internautes. Les hommages proviennent de partout. Les Sénégalais ont, comme un seul homme, salué un «immense connaisseur versé des savoirs coraniques mais également ouvert à l’actualité de son époque». En signe d’hommage, ils étaient nombreux les internautes à avoir changé leur photo de profil,  pour la remplacer avec celle du vénéré Khalif rappelé à Dieu. Un hommage presqu’unanime qui s’est fortement ressenti sur la toile. Côté vidéo, les conférences captivantes mêlées de connaissances, d’ouverture, d’humour et de rappels qu’il avait le don d’animer sont passées en boucle autant dans les medias classiques que dans les réseaux sociaux. Les hommages, à travers des messages de personnalités et des tweets, n’étaient également pas en reste. L’ère numérique ne laissent décidément personne indifférent. 

O. Bâ

La Commission de protection des données personnelles (Cdp) a procédé, le 22 mars, au lancement d’une campagne  dénommée  «Education au Numérique». La cérémonie d'ouverture s’est tenue au lycée Galandou Diouf.  Au cours de cette manifestation, la présidente de la Cdp, Awa Ndiaye, a émis le vœu de  mettre en place des  «Clubs Protection de données personnelles»  au sein des établissements publics et privés de Dakar. Les autres régions du Sénégal sont également concernées. L’objectif est de  veiller à la diffusion de la loi garantissant la protection de données personnelles. Il est essentiel, dans ce sens, d’informer un public spécialement ciblé que constitue la jeunesse. Selon Awa Ndiaye, il s’agit de montrer aux jeunes les voies et les recours légaux à suivre pour faire rétablir la justice. « Nous sommes également en train de voir dans quelle mesure notre structure pourra se constituer partie civile en ce qui concerne les personnes qui se sentent lésées », a-t-elle dit.  Pour l’heure,  la loi ne le permet pas. Mais cette donne sera prise en compte dans les prochaines propositions. L’objectif est de montrer qu’il y’a une structure publique prête à accompagner tout citoyen qui s’est senti nuit à travers la divulgation de ses données personnelles. 

Oumar Bâ

C’est un métier qui s’est imposé aux entreprises depuis la fin des années 2000. Pour devenir Community manager, des universités et des écoles dispensent de formations essentiellement dédiées à la gestion des réseaux sociaux pour le compte d’une entreprise, d’une institution ou d’une personnalité.

Les CM - comme dit-on dans le jargon - manient l’art des différents réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram et autres). Ils permettent à leurs employeurs une présence accrue ou homéopathique, selon la stratégie mise en place, sur les réseaux sociaux afin de soigner leurs réputations. Le champ d’action des CM ne se limite pas seulement aux réseaux sociaux puisqu’ils interviennent également sur internet pour le compte de leurs clients. Au Sénégal, des écoles comme Ism, Bem ou l’Iam dispensent d’une formation équivalente. Des initiatives comme celle de la Start up Volkeno permettent une formation accélérée pour devenir Community manager. Pour embrasser ce métier, il n’y a pas de frontières spécifiques. On peut avoir une connaissance très précise du Web, être issus d’écoles de commerce, de formation des littéraires ou tout simplement être un professionnel en reconversion. Au sein de ce cursus, les étudiants bénéficient d’une solide formation technique et d’un précieux savoir-faire en information et communication. C’est un métier qui demande des qualités de réactivité mais aussi de la retenue et de la sérénité en cas d’attaque sur internet ou sur les réseaux sociaux de son employeur. En résumé, il faut « savoir répondre vite sans s’énerver ». A l’instar du monde numérique où les changements sont permanents, c’est « un métier qui nécessite une veille et une formation permanentes », constate une spécialiste française, cité par Le Monde. Dans les grosses entreprises, le « CM » est désormais entouré du « traffic manager », chargé d’agréger de l’audience, et du social media manager, qui définit la stratégie de communication.  

M. Diop

Toute la journée du 16 mars dernier, une rumeur a circulé sur WhatsApp annonçant de pseudos informations d’une gravité extrême engageant la responsabilité de la Rfm. Remontons le fil de la rumeur.

« Un ami m’a transféré un message WhatsApp inquiétant », s’alarme Alassane Samba Diop, directeur de la radio Rfm. Dans un court texte, les services secrets américains demandent à leurs ressortissants à Dakar et à Abidjan d’éviter certaines villes touristiques à cause de l’imminence d’attaques terroristes. C’est une alerte pour les Américains et les Français qui sont au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Au bas du texte, on pouvait lire « Source Rfm et Bureau Pnud Dakar ». « J’ai failli tomber des nues, s’exclame le responsable de la radio privée. J’ai appelé la rédaction pour vérifier l’information. Ni le rédacteur en chef encore moins notre directeur de la rédaction n’en avait jamais entendu parler ». La rumeur continuait à se répandre comme une trainée de poudre. « Pour éviter que les gens malveillants, sur les réseaux sociaux, ne fassent porter le chapeau d’une telle rumeur à la Rfm, nous avons jugé utile de faire un démenti, explique Alassane Samba Diop. Nous sommes dans un pays où certaines personnes prennent pour argent comptant ce qu’elles voient sur internet et les réseaux sociaux. Nous sommes également dans un pays où la maturité dans la gestion et même la compréhension de l’information n’est pas toujours très développée ». Après avoir coupé court à la rumeur, l’heure est aux interrogations sur son origine et son but. Le présentateur de l’émission « Remue Ménage » a une idée bien arrêtée sur le sujet. « Nous soupçonnons de la malveillance. La concurrence au Sénégal est tellement déloyale que certains concurrents sont capables de véhiculer de fausses informations pour nous nuire car la volonté de nuire est manifeste », soutient M. Diop, selon qui, il y a un besoin de légiférer sur le secteur du numérique qui va au delà de cette rumeur « malveillante ». 

M. Diop

Avec un million de francs Cfa investis, Volkeno a réalisé un chiffre d’affaires de 15 millions de francs Cfa, un an et demi plus tard. La Star up investit dans le secteur éducatif et de l’accompagnement pour les entreprises.

Chez Volkeno, il n’est pas question de Business Plan. Abdou Khadre Diallo, son jeune Pdg préfère  parler de  « Business Model », qui est la version réduite du Business Plan. « Prendre un jeune et le former pendant trois mois dont deux dans une des entreprises avec lesquelles nous sommes en contrat », détaille-t-il. Depuis sa création, août 2015, « Volkeno a accueilli 200 candidats, en a formé 30 développeurs pour une dizaine d’entreprises ». Pour Volkeno, le modèle d’une entreprise prenant un stagiaire pour une allocation allant de 50 000 à 150 000 francs Cfa est révolu. « Le modèle de collaboration, avec des entreprises fonctionne car 33% des jeunes formés par Volkeno trouve un emploi à la suite des deux mois de stage ». Avec une promotion intéressante si le nombre de stagiaire en formation augmente.  Pour un stagiaire, l’entreprise débourse la somme de 300 000 francs Cfa, alors qu’elle doit s’acquitter de 500 000 francs Cfa pour deux stagiaires. Ils peuvent être en entreprise ou au sein de Volkeno. Et ça marche ! Ce jeudi 23 mars, il est 19 heures passées, mais les locaux de Volkeno, jouxtant le Cices, fourmillent de jeunes, les yeux rivés sur leurs écrans d’ordinateur. Ce sont des développeurs et des Community Manager. « Nous sommes actuellement 11 salariés, stagiaires compris », précise Abdou Khadre Diallo. Parti poursuivre ses études supérieures en France, le jeune Pdg de la jeune Start up (4 associés) dont le slogan est « Make it » est rentré au Sénégal en 2015 après un diplôme d’ingénieur informatique. Volkeno projette de former 1200 jeunes par an à l’horizon 2023 et « les accompagner dans la création d’entreprises ». Pour sa croissance, Volkeno prend Wari comme exemple dans le marché de l’économie numérique avec ses 4 milliards de trafics sur son réseau. « C’est un marché assez large pour s’y imposer ».   

Moussa Diop

En cinq années, Ctic (Centre des techniques de l’information et de la communication) Dakar s’est imposé dans l’accompagnement des entrepreneurs dans le domaine des nouvelles technologies. La structure flaire les « bons coups » tout en boostant les projets innovants.

En cette matinée de lundi, la lente reprise du travail, après un long week-end, n’est pas de mise à la rue Berenger Feraud de Dakar. Les va et vient incessants rythment les premières heures de la matinée. Parmi les visiteuses, une jeune étudiante en informatique, aux traits d’ado, malgré ses vingt années dépassées, se ronge les ongles d’impatience. Elle attend son tour pour passer devant le jury du Ctic. Avec deux amis, elle a développé un concept portant sur la distribution de produits pharmaceutiques. La jeune entrepreneuse espère sortir de son rendez-vous avec le sésame qui valide l’accompagnement du Cetic de leur projet. La confiance que lui portent ses amis est source de stress supplémentaire. Des centaines de jeunes sont dans la  même situation que cette jeune fille. Ils sont, en effet, nombreux à soumettre des projets à la structure, dans l’espoir de se faire accompagner.

Et pour cause, Ctic Dakar  a été créé pour accélérer le développement des Tic au Sénégal. Nous sommes en 2001. Différents partenaires issus du  public et du  privé rejoignent l’aventure,  notamment la Banque mondiale.  C’est  d’ailleurs,  l’un des premiers incubateurs francophones soutenu par l’institution internationale. Le Ctic, à but non lucratif, est soucieux de dynamiser le secteur Tic en favorisant la croissance des entreprises les plus innovantes. Placé sous l’égide de la Fondation des incubateurs Tic du Sénégal (Fictis),  le projet a rapidement suscité l’intérêt et de nombreux partenaires.

Faire émerger le Sénégal des Tic
CticCes structures sont accessibles sous conditions d’éligibilité et proposent des services : des locaux spacieux à tarifs avantageux, des services partagés, un accompagnement aux différents stades de la vie de l’entreprise et parfois même un financement. Ce qui représente des avantages non négligeables pour ceux qui viennent de débuter une aventure entrepreneuriale. 

« Il est donc d’un intérêt crucial pour les start-up de passer par cette étape pour démarrer un projet, reconnaît la jeune étudiante. Cependant, le choix de l’incubateur est primordial. Avant de déposer une candidature, nous nous sommes renseignés sur le domaine d’activité de l’incubateur ».  Bien qu’étant une association à but non-lucratif, Ctic Dakar  a pour ambition de bâtir un modèle d’incubateur viable financièrement. L’objectif est de se départir de la dépendance des bailleurs. C’est ainsi que Ctic Dakar est rémunéré sur la base d’un pourcentage de la croissance du chiffre d’affaires des entreprises qu’elle accompagne dans son programme d’incubation.

« La vision du Ctic est de faire émerger le  Sénégal des entreprises Tic au rayonnement international. Un ensemble de services est également disponible pour les entreprises Tic ne souhaitant pas bénéficier de la palette complète des services d’incubation : business développement,  levée de fonds, gestion comptable, appels d’offres, etc. », informe Carine Vavasseur, qui était responsable de la communication et événementiel de l’incubateur Dakarois lors du reportage. D’autres services commerciaux sont également proposés par Ctic Dakar,  afin d’équilibrer son modèle. Il y a des formations et certifications, l’organisation d’événements Tic et de concours d’entrepreneurs, le conseil en incubation, le lancement d’incubateurs.

L’avantage d’un incubateur
En termes d’incubation en Afrique, ce modèle  demeure  original.  Il ne fait pas de prises de participation dans le capital des boîtes mais ne fonctionne pas non plus dans la gratuité.  « Nous partageons vraiment le succès mais aussi l’échec avec nos jeunes pousses», poursuit-elle. «Pour maintenir notre vision entrepreneuriale et être indépendant des bailleurs, nous bâtissons un modèle économique viable en prenant un pourcentage de la croissance du chiffre d’affaires des entreprises que l’on accompagne. En gros, on regarde la différence de chiffre d’affaires entre la première année et la deuxième. S’il n’y a pas de croissance, la startup ne nous paie pas, s’il y a de la croissance, le Ctic perçoit un pourcentage sur la croissance », informait Mme Vavasseur. Les incubateurs sont créés afin de faire grandir les Pme Tic d’Afrique et d’intégrer  le continent dans  l’économie numérique globale. Cette approche est réalisée après une sélection stricte d’une communauté par le canal d’un réseau crédible de dimension sous régionale. « La mission des incubateurs est d’identifier et d’accompagner des entrepreneurs  de talent et des Pme Tic à fort potentiel. Il a aussi pour mission de leur faciliter l’accès aux marchés et aux financements. Ce modèle est mieux adapté aux entrepreneurs  souvent réticents à l’idée d’ouvrir leur capital », informe la chargée de communication. Après six  mois d’accompagnement, les startups les plus solides peuvent entrer dans le programme d’incubation. « Nous avons accompagné beaucoup de startups, principalement dans l’internet, les applications mobiles ou les logiciels », poursuit-elle. Par cette approche,  les incubateurs veulent créer des  entreprises viables et faire  grandir  des leaders à travers la promotion de  l’entrepreneuriat Tic.  Au-delà des incubateurs, il existe d’autres structures appelées « accélérateurs » (durée plus courte et souvent prise de participation au capital) et aussi des « couveuses » ou des « pépinières ». 

CARINE VAVASSEUR, responsable de la communication : « 75 Pme Tic et plus de 1.750 porteurs de projets accompagnés par le centre »
Carine Vavasseur CticLe Centre des techniques de l’information et de la communication (Ctic), organisation à but non lucratif, a vu le jour  sous l’impulsion du secteur privé sénégalais (Organisation des professionnels des Tic), soucieux de dynamiser le secteur des nouvelles technologies et de favoriser la croissance des entreprises les plus innovantes. Carine Vavasseur, lors de la réalisation de l’interview, était Responsable communication et événementiel au Ctic Dakar. Elle faisait le bilan des actions et réalisation du Ctic notamment sur l’impacte des incubateurs.

Quel rôle joue Ctic dans la création des emplois  au Sénégal ?
 La création d’emplois au Sénégal est une nécessité et ne peut se faire sans la création d’entreprises et le soutien au développement des Pme. Ctic Dakar accompagne, depuis 5 ans, les pme tic à fort potentiel et les entrepreneurs du numérique. A travers ce soutien que nous apportons aux startups du numérique, nous avons constaté que 85% d’entre elles sont pérennes au-delà de 3 ans d’activités, alors qu’en Afrique subsaharienne, seules 20% des startups survivent au-delà de 2 ans. Quand on sait que les entreprises que nous avons accompagnées jusqu’à maintenant ont créé plus de 200 emplois et que 85% d’entre elles continuent de grandir, on ne peut qu’imaginer l’impact qu’elles auront sur la création d’emplois au Sénégal et au-delà dans 5, 10, 15 ans. Nous avons également coaché plus de 1.750 jeunes en 5 ans. Certains ont décidé de se lancer en créant des startups. Nous avons même eu le plaisir d’en revoir dans nos programmes d’accélération et d’incubation.
  
Quel est l’intérêt de la création des incubateurs ?
Les intérêts de la création d’incubateurs sont variés, je vous en citerais quelques uns. Les incubateurs sont des catalyseurs de croissance. Ils permettent de créer un environnement favorable aux startups et de leur faciliter l’insertion dans leur marché en participant à mettre en place les conditions de leur succès. C’est pour la survie des startups et pour leur permettre d’être rentables et pérennes qu’existent les incubateurs. Au-delà de cet aspect, les incubateurs peuvent servir de véritable laboratoire pour des entrepreneurs souhaitant lancer de nouveaux produits ou services et recueillir les premiers feedbacks qui leur permettront de poursuivre le développement de ces solutions ou de repenser leur idée. Les incubateurs ont aussi un rôle de tiers de confiance et permettent de créer le lien entre les startups et les Pme mais aussi entre les startups et de grandes entreprises. Un peu comme un label, l’incubateur favorise un climat de confiance entre ces différents acteurs. Nous bénéficions d’un positionnement privilégié en étant une interface permettant la rencontre et la collaboration de plusieurs maillons de notre écosystème (écoles, Pme, startups, grands groupes, banques, organisations). Enfin, les incubateurs ont un impact économique et social dans leur environnement. L’impact social est mesurable de façon directe et indirecte, c’est-à-dire en observant l’impact immédiat des incubateurs mais aussi en s’intéressant à l’impact des entreprises accompagnées. Nous accompagnons, à Ctic Dakar, des entreprises qui ont chacune leurs particularités. Certaines comme Niokobok, site d’achat de ravitaillement en ligne (www.niokobok.com), permettent de créer un lien fort entre la diaspora et les sénégalais de l’intérieur. C’est le cas aussi de LAfricaMobile (www.lafricamobile.com) qui offre, entre autres, la possibilité, à travers des solutions Sms, de donner la parole à la diaspora sénégalaise sur des émissions TV et radio sénégalaises. D’autres startups comme Ecoles Au Sénégal ont choisi d’œuvrer pour un accès gratuit à du contenu scolaire local en ligne (www.ecolesausenegal.com). Ce sont des milliers de familles et d’écoliers qui sont concernés par ces solutions. Sans oublier les emplois créés par ces startups. L’impact économique se mesure quant à lui par les résultats que font les entreprises accompagnées.
 
Pourriez-vous nous décrire vos réalisations en chiffre depuis la création de Ctic Dakar ?
En 5 ans, nous avons accompagné 75 Pme Tic et coaché plus de 1750 porteurs de projets par plus de 85 événements organisés mais aussi lors de sessions d’informations et de coaching. Nous accompagnons actuellement 12 entreprises Tic, dont 3 qui ont rejoint le programme récemment, et 17 porteurs de projets en phase pilote à travers notre programme d’accélération qui est à sa 4ème cohorte. Les entreprises que nous accompagnons ont une croissance intéressante entre 2014 et 2015, parvenant, en moyenne, à multiplier leur chiffre d’affaires par 1,5. Des entreprises qui grandissent et deviennent pérennes pour la plupart.  

Nous avons également accompagnées une quinzaine d’entreprises en mission de prospection dans la sous-région. Notre présence en Afrique de l’Ouest ne se limite pas là.
Ces dernières années, nous avons mené les études de faisabilité et participé à la mise en place d’incubateurs Tic au Niger (Cipmen), au Gabon et actuellement en Mauritanie. Nous déroulons également 3 programmes panafricains phares avec des bailleurs internationaux. « Waziup », un programme financé par l’Union européenne et enrôlant 12 partenaires dont Ctic Dakar, entend vulgariser l’usage de l’internet des objets et du big data dans les zones rurales africaines. Avec la Banque mondiale, nous allons initier le programme « Jambar Tech Lab » pour impulser des produits digitaux africains innovants en Afrique et au-delà. Avec l’Agence française de développement, nous sommes bénéficiaires du Programme Afrique Innovation (Pai) qui se traduira par un renforcement de capacités de notre équipe d’encadrement et un appui à l’accompagnement des entreprises en incubation. 

Oumar Bâ

Les trois Prix francophones de l’innovation dans les médias ont été décernés, lundi 3 avril dernier, lors d’une cérémonie au siège de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), rapporte un communiqué. Le document précise que c’était en présence de Mme Michaëlle Jean, secrétaire générale de la Francophonie, Mme Marie-Christine Saragosse, présidente-directrice générale de France Médias Monde et M. Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières (Rsf).

Le 1er prix, de 10.000 euros, détaille le communiqué, a été décerné à « Agribusiness Tv » (Burkina Faso), une web-télé qui utilise la vidéo comme outil de promotion et de (re)valorisation du secteur agricole aux yeux des jeunes en montrant les parcours réussis de jeunes entrepreneurs agricoles et leurs innovations en Afrique.

Le 2e prix de 6.500 euros a été décerné à « Africa Check » (Sénégal), un site de « vérification des faits » qui examine la véracité des propos des figures publiques et des informations de la presse. Ce site vise à promouvoir l’honnêteté et l’exactitude dans le débat public et dans les médias en Afrique afin de contribuer à améliorer la qualité de l’information mise à la disposition du public sur le continent. Le 3e prix de 3.500 euros a été décerné à « Médor » (Belgique), un trimestriel d’enquêtes et de récits qui propose un processus coopératif pour construire l’information et offrir un journalisme de terrain, « en profondeur », indépendant, exigeant et amusant.

Le Prix francophone de l’innovation dans les médias, rappelle le communiqué, est le fruit d’un partenariat entre l’Oif, Rfi et Rsf. Il s’adresse à tous les médias (radio, télévision, presse écrite et médias numériques) des 58 États et gouvernements membres de la Francophonie ayant développé des offres innovantes prenant en compte les nouveaux modes de consommation et d’accès à l’information. Il récompense les innovations dans les contenus, dans les usages et dans les modèles économiques et d’organisation qui contribuent à renforcer la liberté de la presse et le droit à l’information des populations, valeurs défendues par les trois partenaires.

E. M. FAYE

Pour faciliter aux populations l’accès à la communication mobile, le ministre des Postes et des Télécommunications a annoncé, hier, le lancement, dans les semaines à venir, d’un appel d’offres pour mettre sur le marché les opérateurs mobiles virtuels (Mvno). Lesquels permettront d’offrir aux Sénégalais des services de téléphonie. « Il s’agit d’améliorer l’accès et de renforcer la concurrence entre les différents opérateurs », a déclaré Yaya Abdoul Kane

Les Mvno sont des opérateurs qui ne possèdent pas de spectre de fréquence ni d’infrastructures. Ils utilisent le réseau des opérateurs et achètent des minutes d’appels à ces opérateurs qu’ils revendent à leurs clients. La présence de ces opérateurs, permettra, à coup sûr, de revoir à la baisse les prix liés à la téléphonie mobile.

I. BA

Les députés ont adopté, hier, à l’unanimité, le projet de loi 39/2016 modifiant la loi 2011-01 du 24 février 2011 portant Code des télécommunications. Dans cette loi, qui permettra un accès plus démocratique aux Technologies de l’information et de la communication (Tic), l’activité des fournisseurs d’accès à l’Internet (Fai) sera désormais soumise au régime d’autorisation.

Le Sénégal vient de franchir un grand pas dans ses ambitions de faire du secteur du numérique un levier dans la création de richesses et de croissance. L’Assemblée nationale vient d’adopter le projet de loi 39/2016 modifiant la loi 2011-01 du 24 février 2011 portant Code des télécommunications. Le présent code va apporter des innovations dans le secteur, à travers notamment l’assouplissement des conditions de fourniture d’accès à Internet (Fai). Ainsi, l’activité des Fai va passer du régime de la licence avec la lourdeur qui s’attache à la procédure d’attribution à un régime d’autorisation générale. Cette facilitation, a expliqué le ministre de Postes et des Télécommunications, Yaya Abdoul Kane, permettra l’accroissement du niveau de concurrence et d’investissement du privé sur le marché du haut débit ainsi que la démocratisation de l’usage de l’Internet. C’est aussi une manière de promouvoir l’essor d’une économie numérique compétitive et inclusive en conformité avec les ambitions fixées dans le Plan Sénégal émergent (Pse).

Après la lecture du rapport de la Commission de la Culture et de la Communication, les députés ont interpellé le ministre sur des questions portant, entre autres, sur l’accès au téléphone et à l’Internet, la problématique du maillage du territoire national, la sécurité et la confidentialité des données personnelles.

Le député Aïda Mbodj a invité le ministre à accompagner les collectivités locales pour leur permettre de recouvrer le manque à gagner par rapport aux impôts et aux autres taxes qui doivent leur revenir dans le cadre de l’occupation de leurs espaces par les opérateurs. Son homologue Cheikh Tidiane Ndiaye a abordé la problématique des antennes que certains opérateurs installent sur les toitures des maisons et qui sont capables de poser des problèmes de santé à la population.

Toujours dans le même ordre d’idées, le député Cheikh Omar Sy a dénoncé l’absence de qualité dans le service, du problème du service d’assistance ainsi que l’impossibilité d’utiliser le service « promotion », « surtout au niveau de l’opérateur Orange, pour accéder à l’Internet ». Son collègue Ibrahima Sène a demandé même une règlementation de la « promotion ».

6.000 kilomètres de fibre optique
Dans ses réponses, Yaya Abdoul Kane a indiqué que la mise en œuvre de la stratégie sur la cybercriminalité permettra d’améliorer de façon efficiente « notre » système de sécurité. En effet, a-t-il rappelé, le Sénégal a procédé au lancement, en partenariat avec les Pays-Bas, de cette stratégie, avec la mise en place d’une cellule de veille pour la protection des infrastructures critiques et des citoyens.

Par rapport aux collectivités locales, Yaya Abdoul Kane a informé qu’une commission présidée par le ministre de la Gouvernance locale, du Développement et de l’Aménagement du territorial, a été mise en place et ses travaux permettront de trouver une solution durable et définitive aux taxes et impôts que doivent ces opérateurs aux collectivités.

Sur la couverture du territoire national, il a informé que d’importants efforts ont été faits, mais il reste encore beaucoup à faire pour l’accès au réseau de téléphonie. « Avec la nouvelle convention de concession de Sonatel et la révision des conventions avec les autres opérateurs, il a été introduit une obligation de couverture de tous les villages dont le nombre d’habitats est supérieur ou égal à 200 dans cinq ans », a-t-il fait comprendre.

Le ministre a relevé pertinence de valoriser les infrastructures de l’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie) pour les mettre à la disposition des opérateurs et des entreprises. En effet, a-t-il annoncé, le réseau de l’Adie passera, dans sa deuxième phase, à 6.000 kilomètres de fibre optique. « Des études sont en cours pour voir comment mettre sur le marché cette surcapacité de l’Adie et avec des options allant peut-être jusqu’à la confier à un autre opérateur dans le cadre du partenariat public-privé », a-t-il laissé entendre. Selon lui, cela permettra d’ouvrir davantage le secteur pour casser le monopole, réduire les coûts et renforcer l’accessibilité.

Ibrahima BA

 

ACCES A LA COMMUNICATION MOBILE : L’APPEL D’OFFRES DES OPÉRATEURS MOBILES VIRTUELS LANCÉ DANS LES SEMAINES À VENIR
Pour faciliter aux populations l’accès à la communication mobile, le ministre des Postes et des Télécommunications a annoncé, hier, le lancement, dans les semaines à venir, d’un appel d’offres pour mettre sur le marché les opérateurs mobiles virtuels (Mvno). Lesquels permettront d’offrir aux Sénégalais des services de téléphonie. « Il s’agit d’améliorer l’accès et de renforcer la concurrence entre les différents opérateurs », a déclaré Yaya Abdoul Kane. Les Mvno sont des opérateurs qui ne possèdent pas de spectre de fréquence ni d’infrastructures.

Ils utilisent le réseau des opérateurs et achètent des minutes d’appels à ces opérateurs qu’ils revendent à leurs clients. La présence de ces opérateurs, permettra, à coup sûr, de revoir à la baisse les prix liés à la téléphonie mobile.

I. BA

La cérémonie de lancement de la communauté French Tech Sénégal s’est tenue, vendredi dernier, dans les locaux de Jokkolabs, en présence de l’ambassadeur de France au Sénégal, Christophe Bigot. C’est un écosystème regroupant l’ensemble des acteurs français de la nouvelle économie numérique et leurs partenaires. Dakar est ainsi la 3ème ville africaine à en bénéficier après Cap Town et Abidjan.

L’évolution numérique offre des opportunités en même temps qu’elle dessine de nouveaux cadres d’échanges où s’expriment des intelligences. Une chance est ainsi offerte à l’Afrique d’impulser une nouvelle dynamique qui redéfinit ses rapports avec le monde. L’implantation de la communauté French Tech au Sénégal en est une parfaite illustration. Elle s’emploie à favoriser l’émergence des startups au Sénégal grâce aux communautés permettant aux entrepreneurs de tester leur projet. C’est également un moyen de constituer un lieu « totem » pour fédérer les acteurs avec une « boîte à outils numérique » et un lieu emblématique appuyé par le réseau Jokkolabs.

L’un des objectifs majeurs est aussi, selon Karim Sy, fondateur de Jokkolabs, de « créer un pont entre le Sénégal et la France grâce aux programmes de promotion de la French Tech pour les entrepreneurs et les investisseurs du Sénégal ». La communauté French tech Sénégal se donne comme mission, par ailleurs, de consolider les startups à succès, en leur permettant d’accélérer leurs paliers de croissance, de s’établir à l’international et de faciliter la conquête des marchés internationaux.

Ces objectifs sont en cohérence avec l’idée qui a présidé au lancement, par le gouvernement français, en 2013, de la French Tech. Elle est une initiative publique visant à améliorer l’écosystème des startups françaises, de leur réseau de partenaires et à développer son attractivité internationale. Le label fait référence à toutes les personnes qui travaillent pour la croissance et le rayonnement international des startups françaises en France et à l’étranger. Cet écosystème est composé des acteurs de la nouvelle économie numérique : les entrepreneurs en premier lieu, les investisseurs, les ingénieurs, les designers, les développeurs, les associations, les grands groupes, les médias, les opérateurs publics, les instituts de recherche…A ce jour, deux startups ont été lancées en Afrique. Cap Town, en Afrique du Sud, en est la ville pionnière. La capitale ivoirienne, Abidjan, a suivi le pas en 2015.

Ces initiatives sont porteuses d’espoirs, selon Karim Sy, en cela que le numérique est un enjeu important pour répondre aux défis de l’heure et du futur. Il participe, en guise d’exemple, à la modernisation de l’administration. C’est, pour ainsi reprendre l’ambassadeur de France au Sénégal, Christophe Bigot, « un moyen pour l’Afrique et le Sénégal de sauter des étapes ». Il s’agit maintenant, selon lui, de détecter des talents et de leur donner cette envie de créer des entreprises. « La French Tech va permettre de créer une synergie entre les acteurs et de faciliter la montée en puissance des startups africaines et françaises », dit-il, tout en espérant que cette initiative sera élargie aux autres régions pour une fluidité des expériences.

Alassane Aliou MBAYE

Madagascar,  Nigeria,  Ghana, Kenya, Gabon, Rwanda, Cameroun et  Zimbabwe, ce sont, au total, huit pays africains qui se sont engagés aux côtés du Sénégal pour  réfléchir autour de la mise en place d’un cadre de concertation et de partage d’expérience en matière d’administration électronique en Afrique. C’est, du moins, ce qui ressort de la rencontre organisée par le Sénégal, sous la direction de Cheikh Bakhoum, directeur général de l’Adie, en marge du forum international de l’Uit de Bangkok.  L’objectif de ce premier contact, informe un communiqué, est d’échanger sur les motivations et l’opportunité de la mise en place d’une telle structure. Les acteurs ont proposé la tenue d’une première grande réunion de l’organisation africaine des agences gouvernementales en charge des Tic en mai 2017, en marge du sommet « Transform Africa » organisé à Kigali par l’Ong Smart Africa. Toujours dans la même lancée, le Sénégal, Madagascar et le Ghana ont été choisis pour prendre en charge les préparatifs de cette première rencontre. « Interconnecter les réseaux, rationaliser les dépenses, échanger et mutualiser les solutions déjà déployées dans le cadre de la dématérialisation et accélérer le processus de gouvernance électronique en Afrique, sont quelques pistes de réflexion sur la finalité de la future organisation panafricaine ». 

I. BA

Le ministre des Postes et des Télécommunications a, dans le cadre de « Security Day », présidé, hier, à Dakar, le symposium sur la cyber sécurité, en présence de plusieurs spécialistes provenant de certaines entreprises africaines. Yaya Abdoul Kane avait à ses côtés ses collègues Sidiki Kaba (Justice) et Mansour Sy (Travail, Organisations professionnelles et Relations avec les institutions).

Les actes malveillants internes aux entreprises et menaces persistantes avancées font que la plupart des équipes informatiques ne sont plus en mesure d’y faire face. Sans compter que le paysage des menaces évolue à un rythme très rapide. Les mesures de protection du réseau, les vulnérabilités des systèmes d’exploitation et les ports ouverts demeurent certes des questions de sécurité importantes, mais ne sont plus les principales préoccupations de la majorité des entreprises. A l’heure actuelle, les hackers informatiques, qu’il s’agisse d’organisations criminelles, d’Etats ou d’utilisateurs internes malveillants, prennent essentiellement pour cible les données sensibles dans des environnements critiques. C’est dans cette perspective que Fortinet et Promo Consulting ont tenu cette session pour tenter de répondre à la problématique. Il s’agit, en effet, de voir comment trouver le bon équilibre entre sécurité de l’entreprise, productivité et respect de la vie privée. En tout cas, le ministre des Postes et des Télécommunications attend beaucoup de ces échanges spécifiques sur ce symposium qui apportera sans nul doute des réponses appropriées à la cyber-sécurité. Selon Yaya Abdoul Kane, la tenue de ces échanges à Dakar est à saluer après d’autres réflexions organisées par le passé sur la question.

« Nous assistons à des actes cybercriminels et des menaces pour les Etats et les entreprises privées », a-t-il signifié, avant d’ajouter que « la sécurité du cyberespace doit être un défi pour les entreprises privées et les Etats ». Yaya Abdoul Kane a rassuré les experts et spécialistes présents sur l’engagement de l’Etat du Sénégal qui a ratifié toutes les conventions africaines et coopère avec les Etats ainsi qu’avec les partenaires privés pour y faire face. Il a rappelé que le Sénégal a mis en place un cercle de protection pour les économies, considérant la cyber-sécurité comme un pré-requis.

Pour le ministre de la Justice, Sidiki Kaba, l’organisation de ce symposium sur la cyber-sécurité vient à point nommé. Selon lui, l’Etat s’est engagé dans la lutte contre la cybercriminalité à travers des lois adoptées par l’Assemblée nationale. « Ce symposium sera une occasion de mieux réfléchir sur la question », a-t-il relevé, avant de souligner que « des dispositions législatives et de coopération sont soutenues par le président de la République et son gouvernement, à travers le département des Postes et des Télécommunications ».

Protéger les données personnelles
C’est pourquoi son collègue du Travail, des Organisations professionnelles et des Relations avec les institutions, Mansour Sy, a magnifié l’intérêt de cette rencontre. Selon lui, les acteurs professionnels doivent réfléchir sur les voies et moyens de faire face à ces menaces. Dans ce cadre, Mbagnick Diop du Meeds a soutenu que « l’une de nos recommandations est de renforcer notre dispositif de protection des données personnelles, par la dotation en moyens suffisants et adaptés à la Commission de protection des données personnelles déjà mises sur pied par l’Etat ». Depuis quelques années, a-t-il ajouté, nous assistons à la recrudescence de nouvelles pratiques destructrices qui se développent dans le cyberespace. Selon le patron de Promo Consulting, les cyber attaques qui sont pilotées par des groupes étatiques ou non étatiques se jouent à des distances et à des espaces frontaliers, la globalisation des échanges aidant. « Ces attaques sont anonymes et il reste extrêmement difficile de déceler les instigateurs. Car le déploiement d’une cyber attaque se déroule toujours sous couvert de relais involontaires (botnets) ou d’intermédiaires (proxies) », a-t-il dit. Mbagnick Diop a aussi reconnu que la cybercriminalité fait le lit de l’espionnage à visée politique ou économique, la prise illégale du contrôle des infrastructures critiques d’un Etat (énergie, transport, communication…) à des fins de sabotage.

Toutefois, la mise en place d’un système de renforcement des capacités de défense constitue l’un des points majeurs que privilégie la cyber-sécurité. Il a annoncé la création en perspective en Afrique d’un mouvement des entreprises numériques et de technologie avancée afin de relever le défi de la cyber-sécurité. Son homologue de Fortinet Afrique francophone a estimé, pour sa part, que « la responsabilité des entreprises est engagée dans ces menaces ». Selon Ahmet Boughazi, il est impératif pour les entreprises d’avoir une démarche de simplification et d’homogénéisation.

Cheikh Malick COLY

Sonatel vient de lancer, dans le cadre de sa politique de responsabilité sociale d’entreprise, le prix « Linguère digital challenge » 2016 (Ldc 2016) qui est la deuxième édition de son Prix de l’entreprenariat numérique féminin (Penf) lancé l’année en 2015.

Pour sa deuxième édition, le Prix de l’entreprenariat numérique féminin s’est mué en Prix « Linguère digital challenge » (Ldc). Sonatel vient de procéder au lancement de l’édition 2016 qui s’inscrit dans le cadre de sa politique de responsabilité sociale d’entreprise.

L’objectif du Ldc 2016, dont les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 25 novembre prochain sur l’adresse http://www.sonatel.sn/ldc/, « est de récompenser les trois meilleures entreprises sénégalaises dirigées par des femmes, utilisant les nouvelles technologies dans leur activité ». Selon un communiqué, il s’agit d’une déclinaison de la politique d’accompagnement de Sonatel aux start-up évoluant dans l’écosystème numérique combinée à l’approche genre qui constitue un des axes majeurs de la stratégie Rse de l’entreprise.

« Linguère digital challenge », poursuit ce document, est spécifiquement ouvert aux entreprises dirigées par des femmes qui auront fait preuve notamment d’innovation dans l’usage des moyens de communications numériques (télécommunications fixes ou mobiles) dans leurs activités avec un impact social et/ou environnemental concret pour la communauté (nombre d’emplois créés, effet sur la santé, l’éducation ou les besoins énergétiques, etc.) Les lauréates de cette édition, en plus de bénéficier d’un accompagnement d’un an, recevront respectivement et par ordre de mérite les lots suivants: 10 millions de FCfa pour le 1er Prix ((Pack start-up inclus), 5 millions de FCfa pour le 2ème Prix (Pack start-up inclus) et le 4 millions de FCfa pour le 3ème Prix (Pack start-up inclus).
Un jury se chargera d’effectuer une présélection du 25 novembre au 05 décembre avant le démarrage des auditions des candidates retenues.

La sélection des finalistes est prévue du 5 au 10 décembre et la cérémonie de remise des prix est fixée au jeudi 15 décembre 2015 avec live-voting des participants pour classer les lauréates.

Ibrahima BA

L’Agence française de développement (Afd) et Bpifrance s’associent pour lancer le « Startup challenge digital Africa », un concours d’innovation numérique ouvert aux startups africaines et françaises qui agissent pour le développement en Afrique. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 15 novembre prochain.

Pour accompagner le dynamisme des écosystèmes numériques se traduisant par la multiplication des hubs technologiques, coworking, lab, des incubateurs dont le nombre dépasse actuellement 300 sur le continent, l’Agence française de développement (Afd) et Bpifrance lancent, pour la première fois, un concours d’innovation numérique. Le « Startup challenge digital Africa » s’adresse aux startups africaines et françaises. Il est ouvert jusqu’au 15 novembre prochain sur la plateforme : http://digitalafrica.afd.fr

Pour cette première édition, quatre secteurs ont été sélectionnés pour leur dynamisme et leur potentiel d’impact pour le développement de l’Afrique.

Il s’agit, selon un communiqué, de la fintech, santé, environnement/énergie et agriculture. L’objectif du « Startup challenge digital Africa » est d’encourager et soutenir de nouveaux acteurs de l’économie numérique, accélérer la diffusion de savoir-faire et faciliter l’émergence de nouvelles solutions pour le développement. « L’Afrique est de plus en plus connectée, grâce notamment à l’adoption rapide du mobile, et est devenue une terre d’innovation numérique. Le développement du paiement mobile et l’adoption grandissante des smartphones et du haut débit sont autant de facteurs qui permettent aux entrepreneurs du numérique de proposer de nouveaux produits et services dans l’ensemble des secteurs économiques », informe ce document.

Rencontre des partenaires
Il ajoute qu’un jury désignera deux startups lauréates, une africaine et une française, dans chacun des 4 secteurs (soit 8 startups). Aussi, deux startups supplémentaires, une africaine et une française, seront sélectionnées via un vote en ligne. A l’arrivée, ce seront 10 startups qui se verront récompensées. Ces startups seront également invitées à venir présenter leur initiative et rencontrer des partenaires lors du 27ème Sommet Afrique-France qui se tiendra à Bamako les 13 et 14 janvier 2017.

Pour l’édition 2016 du « Startup challenge digital Africa », un jury composé de personnalités qualifiées, africaines et françaises, et de représentants de l’Afd et de Bpifrance sera mis en place. Le concours est parrainé par deux entrepreneurs influents du monde des technologies et de l’innovation, en l’occurrence Karim Sy, fondateur du réseau Jokkolabs (1er espace de travail collaboratif africain), et Gilles Babinet, fondateur de Africa4Tech, premier président du Conseil national du numérique, représentant de la France auprès de la Commission européenne sur les sujets numériques (« Digital champion »).

« Le numérique peut être un formidable accélérateur de développement durable en Afrique, à la condition que chacun puisse bénéficier du tremplin de l’innovation. L’Agence française de développement veut accompagner cette transition porteuse de nouvelles trajectoires de croissance, soutenir des entrepreneurs du Sud dont les projets sont prometteurs pour leur continent et favoriser les interactions entre entrepreneurs du Nord et du Sud », déclare Rémy Rioux, directeur général de l’Afd, dans le communiqué.

De son côté, Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, indique que les sauts technologiques qui s’opèrent actuellement en Afrique et l’émergence d’une classe moyenne jeune créent des opportunités exceptionnelles de développement pour les entreprises africaines et françaises.

Ibrahima BA

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