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Sciences et Technologies (146)

Le mot émergence n’est pas seulement à la mode au Sénégal. La révolution digitale a porté aux cimes du futurisme ce qu’on appelle les « Technologies émergentes ». Grâce à la recherche actuelle, ce sont les nouvelles technologies qui imaginent comment nous vivrons dans le futur. Parmi les technologies émergentes, on peut citer la biotechnologie, la reconnaissance vocale ou faciale, la géolocalisation, les drones, le blockchain, les big data ou encore l’Intelligence artificielle. Cette dernière fait de plus en plus parler et est sujette à controverse. La dernière en date est la technologie « Duplex » de Google dont l’expérimentation est prévue dans quelques semaines aux Etats-Unis. « Ce système d’Intelligence artificielle permet à l’Assistant Google de passer lui-même des appels téléphoniques pour un rendez-vous chez le coiffeur ou dans un restaurant », explique le site de France info. « Duplex » prend à tel point des apparences de la voix humaine, avec hésitations et intonations changeantes qu’on a l’impression que c’est une personne qui est au bout du fil. C’est une étape supplémentaire dans la simplification des échanges dits « inutiles » que le numérique permet. Actuellement, Google propose des formules de politesse ou des réponses déjà prêtes comme « Bien reçu, merci » sur certains e-mails. Cependant, cette « avancée » pose des questions légitimes. Si c’est un robot qui appelle pour prendre rendez-vous, la possibilité qu’un autre robot réponde à l’appel existe alors. Ils discuteront ensemble par échanges d’informations numériques. Quid de l’intervention de l’homme ? En 2020, 85% des interactions avec les commerces de détail seront gérées par l’Intelligence artificielle, sans intervention humaine, selon Gartner, une entreprise américaine de conseils dans le secteur des techniques avancées.

Dans toute révolution, il y a des apports moins glorieux. Ce fut le cas de l’épisode de la Terreur lors de la Révolution française. Il en est de même pour la Révolution industrielle avec l’exode rural puis une urbanisation non maîtrisée donnant au mieux une conurbation au pire des bidonvilles. Avec la Révolution digitale, certains contours de l’Intelligence artificielle dessinent un monde sans humain.

Par Moussa Diop

Les Fai sortent les gros moyens

15 Mai 2018
196 times

Décidés à tirer leur épingle du jeu, les bénéficiaires des trois licences ne comptent pas lésiner sur les moyens. Selon le directeur général d’Arc Informatique, présent sur le marché depuis 1996, « on n’a que faire de la concurrence des opérateurs historiques. Nous allons répondre et contribuer au maximum par les technologies, les supports techniques, l’offre commerciale et les leviers futurs qui s’offriront à nous », assure Mohsen Chirara. Du côté de Waw Télécom, le directeur général, Abdou Kane, révèle que près de 13 milliards de FCfa seront investis. « 2,5 milliards de FCfa l’ont été en 2017 pour les installations pilotes. Pour l’année 2018, ces investissements vont grimper à 10 milliards supplémentaires pour une connectivité partout et à juste prix », explique-t-il.

Déjà, le Fai a déjà déployé une infrastructure de 4G Lte et fibre optique. Et selon le Dg, ceci permettra « de proposer de l’Internet haut débit et nous irons ensuite, à moyen terme, vers des services à haute valeur ajoutée comme la télévision, mais l’infrastructure est déjà fonctionnelle », explique-t-il. Pour Mme Déboye Niang, directrice des ventes, Waw a commencé à déployer son réseau 4G Lte sur certains quartiers comme Maristes, Médina, Sacré-Cœur, Mamelles et Yoff. « Nous avons débuté la période de test en décembre dernier et les tests sont concluants par rapport à la capacité et à la stabilité du réseau », indique-t-elle.

O. FEDIOR

La Révolution digitale n’a pas épargné le secteur financier, bouleversant son mode de fonctionnement. Banques et institutions de microfinance ont adapté leurs produits aux exigences du numérique.

Avec l’évolution des services financiers, explique Moustapha Diop, directeur général de Solution informatique durable (Solid), les employés travaillent avec deux fois plus d’équipements qu’il y a cinq ans. L’ère de l’agent croulant sous les piles de papiers et du client préoccupé par ses documents bancaires est en train de céder la place à l’ordinateur, au smartphone et à la tablette.

« Avant, le banquier n’avait aucun lien direct avec le client, dit-il. Aujourd’hui, on peut parler à distance avec le client, lui proposer les produits les plus adaptés, travailler 24h/24 avec ses collaborateurs ». Les banquiers d’aujourd’hui recourent aux Sms, aux e-mails, aux réseaux sociaux pour proposer, suivre ou exécuter des services financiers. Ce qui multiplie par 10 le volume des données tous les cinq ans, selon Microsoft (Big data boolist, 2012). « L’informatique est au cœur de l’activité bancaire. On ne peut pas gérer les clients, être à jour, avoir de la mobilité sans une infrastructure informatique performante », confie sous l’anonymat le responsable de la sécurité du réseau informatique d’une banque de la place.

Avec le mobile, la croissance multipliée par 3
Grâce aux appareils mobiles, la croissance attendue dans le secteur de la banque en ligne entre 2012 et 2016 a été multipliée par trois (3), à en croire American Banker (Mobile banking grow 300%, année 2012). Accenture nous apprend que les banques qui développent bien des modèles de banque en ligne, de présence sur les réseaux sociaux et sur tous les canaux peuvent faire passer du simple au double la croissance de leur chiffre d’affaires (de 4 % 8 %). Aussi, ces banques peuvent, par ricochet, réduire les coûts de services de 20% ou plus. Pour conserver leurs données, 72 % des entreprises sur les marchés de capitaux envisagent de recourir au Cloud, selon Cdw dans son étude « Top tech trends for capital markets » (2014).
 
Mobilité et investissements
La Révolution digitale permet d’avoir une meilleure visibilité sur les risques financiers et les performances d’une banque, déclare Moustapha Diop. Mais aussi, elle permet de travailler en tout lieu et avec n’importe quel appareil mobile. Disposer d’équipements adéquats en est une préalable nécessité. Cet investissement dans le matériel n’est pas à perte, dit-il, citant Forester Consulting, car une plateforme de productivité peut être amortie en sept mois.

Pour tirer profit du numérique, M. Diop invite les entreprises à disposer, à côté d’un analyste en investissements et d’un chargé de clientèle, d’un responsable de la conformité. Le rôle de ce dernier consiste à éviter les problèmes de conformité en vérifiant que les appareils sont bien gérés et que les données des clients sont sécurisées. C’est lui aussi qui agit rapidement pour répondre aux demandes d’information, qui corrige les erreurs et évite qu’elles se reproduisent, et qui vérifie que le Cloud répond aux exigences des services financiers, dit-il. Le trio composé du chargé de clientèle, de l’analyste en investissement et du responsable de conformité peut donner de bons résultats à condition de bien investir le digital. Le premier peut réaliser un gain de 4% de chiffre d’affaires si la banque prend en compte la mobilité, les réseaux sociaux et autres canaux. Et aussi économiser 20 % sur les coûts des services. Le second peut engranger 8,5% de gain de temps dans la prise de décision et économiser 4,12 millions d’euros, selon une étude de Forrester Consulting citée par Moustapha Diop. Le troisième peut aussi réduire les coûts de conformité de 6,8% et réduire de 73% le nombre de failles dans les données, selon la même étude. Par ailleurs, d’après une étude de Cogent Research intitulée « Social media’s impact on personal finance » publiée il y a cinq ans, 34 % des investisseurs utilisent les réseaux sociaux pour des investissements financiers personnels. Cependant, toutes ces activités gravitant autour de l’informatique produisent une quantité importante de données à exploiter, à gérer et parfois à vendre.

M. CISS

LE SÉNÉGAL EST EXPOSÉ « FRÉQUEMMENT » AUX ATTAQUES INFORMATIQUES
Hacker 2Le principal risque auquel les banques et institutions de microfinance sont confrontées avec l’avènement de l’informatique, c’est, sans conteste, les cyberattaques. La place du digital dans le secteur financier d’aujourd’hui « fait que la cybercriminalité a pris de l’ampleur parce que tout repose sur l’informatique », déclare le responsable de la sécurité du système informatique d’une banque de la place. Parfois, les cybercriminels atteignent leur but. En 2016, la Banque centrale du Bangladesh a été victime de cybercambrioleurs qui, derrière un subterfuge savamment préparé, avaient réussi à se faire virer plus de 80 millions de dollars à cause d’une faille dans un logiciel de virements. Ce casse a été découvert après que la Deutsche Bank a constaté une mauvaise orthographe (fondation au lieu de foundation en anglais) sur l’ordre de virement au bénéfice de l’Ong Shalika Foundation.

C’est ce qui a permis de découvrir la supercherie. En réalité, l’argent s’est volatilisé aux Philippines. Ce braquage des temps modernes montre l’importance de la cybervigilance. Selon un responsable de la sécurité du système d’information d’une banque de la place, les attaques informatiques « sont assez fréquentes » au Sénégal. « Les attaques sont d’origine locale, externe et même interne. La malveillance est essentiellement interne, il y a beaucoup de complicité à cause de l’appât du gain », dit-il.

Pour se mettre à l’abri, les institutions financières doivent se doter d’un plan de reprise de leurs activités à la suite d’une attaque. « La Bceao impose aux institutions financières de mettre en place un dispositif qui les protège et qui protège aussi les clients », poursuit notre interlocuteur. « Les banques font beaucoup d’efforts dans ce sens, parce qu’il y a une réglementation assez rigoureuse qui n’hésite pas à venir voir les banques et à infliger des sanctions. L’ampleur de la cybercriminalité aujourd’hui est telle que les erreurs se paient cash. Il y a une prise de conscience et une sensibilisation du personnel en matière de cybersécurité ».

M. CISS

DR MOUHAMADOU LO, EXPERT DU DROIT NUMERIQUE : « LES DONNÉES HÉBERGÉES À L’EXTÉRIEUR SONT UN RISQUE IMPORTANT »
M Lo TicL’arrivée de l’informatique pose le crucial problème de la production, la gestion et l’utilisation de l’importante quantité de données générées au fil du temps. La Protection des données personnelles (Pdp), avec son corset de textes juridiques, un principe universel, encadre bien ce domaine. Docteur en droit et expert du droit numérique, Mouhamadou Lô en explique les enjeux.

Quels sont les risques liés à la gestion depuis l’extérieur des données personnelles des banques, qui sont pour la plupart des filiales de groupes étrangers ?
Dès l’instant que les données sont hébergées à l’extérieur, les risques sont très importants. Le premier risque, c’est l’insécurité des Sénégalais. On ne sait pas qui a accès aux données et dans quelles conditions. Le deuxième risque, c’est le fait qu’on perde la main sur ces données et, par conséquent, la souveraineté sur ces données. On n’est plus propriétaire de ces données qui sont maintenant dans le public à l’étranger. Cela peut entraîner comme conséquence l’espionnage.

Est-ce qu’on est libre de vendre des données personnelles ?
Libre, non. La loi n’interdit pas de vendre des données, mais elle exige le consentement des personnes concernées. Pour faire du business sur les datas, il faut obligatoirement recueillir au préalable le consentement, sinon c’est une collecte illégale et illicite qui est sanctionnée sévèrement.

Quelle est l’utilité de ces données vendues ?
C’est faire du business avec les données des gens. En ayant avec soi un gisement de données personnelles, on arrive à faire du profilage, c’est-à-dire identifier les besoins des gens, faire des propositions aux entreprises et chargés de services. L’autre utilité, c’est surveiller les gens, on est dans le domaine sécuritaire.

La solution du Cloud comporte-t-elle des risques ?
Le risque, c’est que les gens hébergent dans le Cloud toutes les données. Cela n’est pas recommandé. Il faut faire un sectionnement de sorte que les données sensibles restent dans le pays et ne soient pas hébergées à l’étranger. Dans le secteur bancaire, c’est différent, nous retrouvons au Sénégal des filiales de maisons mères établies à l’étranger. Mais la loi exige qu’avant que les données des Sénégalais sortent du pays, qu’il y ait l’autorisation de la Commission des données personnelles (Cdp). C’est la garantie que le législateur a prévue et que la Commission s’exerce à faire appliquer.

Est-ce que les banques respectent cette législation ?
Oui. La législation a été mise en place tardivement et les banques sont en train de se conformer. Je ne dirai pas que toutes les banques sont à jour par rapport à la réglementation, mais une bonne partie de ces banques ont procédé à la réglementation.

Quels sont les enjeux du débat autour des Bureaux d’information sur le crédit (Bic) en matière de données de la clientèle bancaire?
Le Bic est un dossier très compliqué dans la mesure où c’est en application d’un règlement communautaire. Sur ce dossier-là, la Banque centrale n’a pas joué son rôle. C’était à elle de faire le travail qui est confié aujourd’hui à une société privée. Je m’approche d’une banque pour un crédit, celle-ci devrait simplement interroger la Banque centrale pour savoir si je suis solvable ou non. On ne devait pas inclure la relation entre banque et client, une société publique. Les conséquences peuvent être énormes, parce que si je ne donne pas mes informations, je n’aurai pas de crédit. C’est une contrainte. On requiert mon consentement de manière forcée, ce qui est illégal.

Quelles sont les données qui ne doivent pas être accessibles aux banques ?
Il n’en existe pas. Les banques veulent des garanties. Mais dans la collecte des données, les banques ne peuvent pas tout faire, elles doivent respecter le principe de proportionnalité. Si je dois passer à une banque pour récupérer un mandat, elle doit se contenter des données qui se trouvent sur ma carte d’identité nationale. C’est le principe de proportionnalité. La banque ne peut pas tout faire ou tout réclamer au client.

Propos recueillis par M. CISS

Avec l’évolution des services financiers, explique Moustapha Diop, directeur général de Solution informatique durable (Solid), les employés travaillent avec deux fois plus d’équipements qu’il y a cinq ans. L’ère de l’agent croulant sous les piles de papiers et du client préoccupé par ses documents bancaires est en train de céder la place à l’ordinateur, au smartphone et à la tablette. « Avant, le banquier n’avait aucun lien direct avec le client, dit-il. Aujourd’hui, on peut parler à distance avec le client, lui proposer les produits les plus adaptés, travailler 24h/24 avec ses collaborateurs ». Les banquiers d’aujourd’hui recourent aux Sms, aux e-mails, aux réseaux sociaux pour proposer, suivre ou exécuter des services financiers. Ce qui multiplie par 10 le volume des données tous les cinq ans, selon Microsoft (Big data boolist, 2012). « L’informatique est au cœur de l’activité bancaire. On ne peut pas gérer les clients, être à jour, avoir de la mobilité sans une infrastructure informatique performante », confie sous l’anonymat le responsable de la sécurité du réseau informatique d’une banque de la place.

Avec le mobile, la croissance
multipliée par 3

Grâce aux appareils mobiles, la croissance attendue dans le secteur de la banque en ligne entre 2012 et 2016 a été multipliée par trois (3), à en croire American Banker (Mobile banking grow 300 %, année 2012). Accenture nous apprend que les banques qui développent bien des modèles de banque en ligne, de présence sur les réseaux sociaux et sur tous les canaux peuvent faire passer du simple au double la croissance de leur chiffre d’affaires (de 4 % 8 %). Aussi, ces banques peuvent, par ricochet, réduire les coûts de services de 20 % ou plus. Pour conserver leurs données, 72 % des entreprises sur les marchés de capitaux envisagent de recourir au Cloud, selon Cdw dans son étude « Top tech trends for capital markets » (2014).

Mobilité et investissements

La Révolution digitale permet d’avoir une meilleure visibilité sur les risques financiers et les performances d’une banque, déclare Moustapha Diop. Mais aussi, elle permet de travailler en tout lieu et avec n’importe quel appareil mobile. Disposer d’équipements adéquats en est une préalable nécessité. Cet investissement dans le matériel n’est pas à perte, dit-il, citant Forester Consulting, car une plateforme de productivité peut être amortie en sept mois.

Pour tirer profit du numérique, M. Diop invite les entreprises à disposer, à côté d’un analyste en investissements et d’un chargé de clientèle, d’un responsable de la conformité. Le rôle de ce dernier consiste à éviter les problèmes de conformité en vérifiant que les appareils sont bien gérés et que les données des clients sont sécurisées. C’est lui aussi qui agit rapidement pour répondre aux demandes d’information, qui corrige les erreurs et évite qu’elles se reproduisent, et qui vérifie que le Cloud répond aux exigences des services financiers, dit-il. Le trio composé du chargé de clientèle, de l’analyste en investissement et du responsable de conformité peut donner de bons résultats à condition de bien investir le digital. Le premier peut réaliser un gain de 4 % de chiffre d’affaires si la banque prend en compte la mobilité, les réseaux sociaux et autres canaux. Et aussi économiser 20 % sur les coûts des services. Le second peut engranger 8,5 % de gain de temps dans la prise de décision et économiser 4,12 millions d’euros, selon une étude de Forrester Consulting citée par Moustapha Diop. Le troisième peut aussi réduire les coûts de conformité de 6,8 % et réduire de 73 % le nombre de failles dans les données, selon la même étude. Par ailleurs, d’après une étude de Cogent Research intitulée « Social media’s impact on personal finance » publiée il y a cinq ans, 34 % des investisseurs utilisent les réseaux sociaux pour des investissements financiers personnels. Cependant, toutes ces activités gravitant autour de l’informatique produisent une quantité importante de données à exploiter, à gérer et parfois à vendre.

Le Sénégal est exposé «fréquemment»
aux attaques informatiques

Le principal risque auquel les banques et institutions de microfinance sont confrontées avec l’avènement de l’informatique, c’est, sans conteste, les cyberattaques. La place du digital dans le secteur financier d’aujourd’hui « fait que la cybercriminalité a pris de l’ampleur parce que tout repose sur l’informatique », déclare le responsable de la sécurité du système informatique d’une banque de la place. Parfois, les cybercriminels atteignent leur but. En 2016, la Banque centrale du Bangladesh a été victime de cybercambrioleurs qui, derrière un subterfuge savamment préparé, avaient réussi à se faire virer plus de 80 millions de dollars à cause d’une faille dans un logiciel de virements. Ce casse a été découvert après que la Deutsche Bank a constaté une mauvaise orthographe (fondation au lieu de foundation en anglais) sur l’ordre de virement au bénéfice de l’Ong Shalika Foundation.

C’est ce qui a permis de découvrir la supercherie. En réalité, l’argent s’est volatilisé aux Philippines. Ce braquage des temps modernes montre l’importance de la cybervigilance. Selon un responsable de la sécurité du système d’information d’une banque de la place, les attaques informatiques « sont assez fréquentes » au Sénégal. « Les attaques sont d’origine locale, externe et même interne. La malveillance est essentiellement interne, il y a beaucoup de complicité à cause de l’appât du gain », dit-il.

Pour se mettre à l’abri, les institutions financières doivent se doter d’un plan de reprise de leurs activités à la suite d’une attaque. « La Bceao impose aux institutions financières de mettre en place un dispositif qui les protège et qui protège aussi les clients », poursuit notre interlocuteur. « Les banques font beaucoup d’efforts dans ce sens, parce qu’il y a une réglementation assez rigoureuse qui n’hésite pas à venir voir les banques et à infliger des sanctions. L’ampleur de la cybercriminalité aujourd’hui est telle que les erreurs se paient cash. Il y a une prise de conscience et une sensibilisation du personnel en matière de cybersécurité ».

M. CISS

L’arrivée de l’informatique pose le crucial problème de la production, la gestion et l’utilisation de l’importante quantité de données générées au fil du temps. La Protection des données personnelles (Pdp), avec son corset de textes juridiques, un principe universel, encadre bien ce domaine. Docteur en droit et expert du droit numérique, Mouhamadou Lô en explique les enjeux.

Quels sont les risques liés à la gestion depuis l’extérieur des données personnelles des banques, qui sont pour la plupart des filiales de groupes étrangers ?
Dès l’instant que les données sont hébergées à l’extérieur, les risques sont très importants. Le premier risque, c’est l’insécurité des Sénégalais. On ne sait pas qui a accès aux données et dans quelles conditions. Le deuxième risque, c’est le fait qu’on perde la main sur ces données et, par conséquent, la souveraineté sur ces données. On n’est plus propriétaire de ces données qui sont maintenant dans le public à l’étranger. Cela peut entraîner comme conséquence l’espionnage.

Est-ce qu’on est libre de vendre des données personnelles ?
Libre, non. La loi n’interdit pas de vendre des données, mais elle exige le consentement des personnes concernées. Pour faire du business sur les datas, il faut obligatoirement recueillir au préalable le consentement, sinon c’est une collecte illégale et illicite qui est sanctionnée sévèrement.

Quelle est l’utilité de ces données vendues ?
C’est faire du business avec les données des gens. En ayant avec soi un gisement de données personnelles, on arrive à faire du profilage, c’est-à-dire identifier les besoins des gens, faire des propositions aux entreprises et chargés de services. L’autre utilité, c’est surveiller les gens, on est dans le domaine sécuritaire.

La solution du Cloud comporte-t-elle des risques ?
Le risque, c’est que les gens hébergent dans le Cloud toutes les données. Cela n’est pas recommandé. Il faut faire un sectionnement de sorte que les données sensibles restent dans le pays et ne soient pas hébergées à l’étranger. Dans le secteur bancaire, c’est différent, nous retrouvons au Sénégal des filiales de maisons mères établies à l’étranger. Mais la loi exige qu’avant que les données des Sénégalais sortent du pays, qu’il y ait l’autorisation de la Commission des données personnelles (Cdp). C’est la garantie que le législateur a prévue et que la Commission s’exerce à faire appliquer.

Est-ce que les banques respectent cette législation ?
Oui. La législation a été mise en place tardivement et les banques sont en train de se conformer. Je ne dirai pas que toutes les banques sont à jour par rapport à la réglementation, mais une bonne partie de ces banques ont procédé à la réglementation.

Quels sont les enjeux du débat autour des Bureaux d’information sur le crédit (Bic) en matière de données de la clientèle bancaire?
Le Bic est un dossier très compliqué dans la mesure où c’est en application d’un règlement communautaire. Sur ce dossier-là, la Banque centrale n’a pas joué son rôle. C’était à elle de faire le travail qui est confié aujourd’hui à une société privée. Je m’approche d’une banque pour un crédit, celle-ci devrait simplement interroger la Banque centrale pour savoir si je suis solvable ou non. On ne devait pas inclure la relation entre banque et client, une société publique. Les conséquences peuvent être énormes, parce que si je ne donne pas mes informations, je n’aurai pas de crédit. C’est une contrainte. On requiert mon consentement de manière forcée, ce qui est illégal.

Quelles sont les données qui ne doivent pas être accessibles aux banques ?
Il n’en existe pas. Les banques veulent des garanties. Mais dans la collecte des données, les banques ne peuvent pas tout faire, elles doivent respecter le principe de proportionnalité. Si je dois passer à une banque pour récupérer un mandat, elle doit se contenter des données qui se trouvent sur ma carte d’identité nationale. C’est le principe de proportionnalité. La banque ne peut pas tout faire ou tout réclamer au client.

Propos recueillis par M. CISS

850 participants, 83 pays, 36 organisations internationales, un budget de 165 millions de FCfa pour la partie sénégalaise. Voici quelques chiffres du Sommet africain de l’Internet (Ais, signe en anglais) que le Sénégal a accueilli du 29 avril au 11 mai. Lutte contre la cybercriminalité, le renforcement de capacités de professionnels, des questions techniques, entre autres, étaient au centre des enjeux de l’Ais 2018.

Durant deux semaines, Dakar a rythmé avec « des présentations de sujets d’actualité très pointus sur le domaine des Tic et des expériences partagées », selon Cherif Diallo, directeur des Tic. Elles avaient pour but la poursuite de la croissance du secteur du numérique en Afrique. Il y a eu la semaine de formation organisée par Afnog, du 29 avril au 04 mai, avec la participation de 70 cadres sénégalais et 140 participants venant de 20 pays africains. Elle a permis le renforcement de capacités de tant d’ingénieurs, de professionnels et d’étudiants du secteur autour des thèmes comme les services internet évolutifs, la messagerie électronique, la conception et l’exploitation de réseaux, la gestion et la supervision de réseaux, les techniques avancées de routage ou encore les Centres de réaction et d’alerte aux incidents informatiques.

Thématiques actuelles

L’Ais 2018 a donné aussi l’occasion aux membres du Comité consultatif des gouvernements (Gac) de l’Icann de bénéficier d’un atelier de renforcement des capacités dont le principal objectif était d’offrir aux représentants du Gac issus des pays francophones l’opportunité de se familiariser avec un certain nombre de notions et d’outils nécessaires à une meilleure participation africaine aux travaux de l’Icann et plus particulièrement du Gac. Cet atelier, suivi de l’Icann day, a servi de relais avec la semaine de conférence d’Afrinic, tenue du 05 au 11 mai et durant laquelle un focus a été fait sur les dernières innovations en matière de Tic. Chérif Diallo cite « des tutoriels sur les technologies Blockchain, l’Internet des objets, l’Android, des sessions de panel organisées par les acteurs sénégalais et portant sur la sécurité en ligne, le service universel, la neutralité du net, des réunions d’Isoc (Internet society), du Gfce (Global forum for cyber expertise), AfChix, AfRen, des ateliers d’Afnoc, des sessions de formation sur la migration vers IPv6 pour les Ingénieurs et les managers, un hackathon sur IPv6 ».

Des attentes importantes

Les questions du genre n’ont pas été en reste lors de l’Ais 2018. Il y a eu l’initiative AfCHIXTechWomen pour la valorisation de la place de la femme dans le secteur du numérique. Au bout des 15 jours de travaux au Sénégal, les attentes à court terme concernent plusieurs points. Il s’agit de la migration vers IPv6. Elle permet de répondre à la pénurie d’adresses Ipv4 et le développement de l’Internet des objets par la multiplication d’objets connectés ; l’implémentation du DNSsec permet de mieux sécuriser le système de nom de domaine (Dns) sur lequel repose l’Internet mondial. Il permet d’éviter des cyberattaques ; la mise en place de Cert : elle consiste à bâtir une équipe d’intervention en cas d’incident informatique de grande ampleur, à mener une activité de veille technologique et à mieux sensibiliser et alerter les différentes parties prenantes de l’écosystème ; enfin les conclusions de l’Ais fondent un espoir sur l’infrastructure appelée Pki, c’est la gestion de clés permettant de renforcer la sécurité des échanges et des télé procédures.

 Whatsapp, Viber, Skype, Messenger

L’AIS recommande la poursuite de la gratuité

La fin de gratuité de ces applications est au centre d’une opposition entre opérateurs traditionnels et consommateurs. L’Ais a tranché en faveur de ces derniers et a donné des recommandations pour la lancinante question sur la neutralité du net.

L’Ais 2018 a été le théâtre de discussions sur les Ott service (Over-the-top service, en anglais). Ce sont les services par contournement d’un opérateur de réseau traditionnel (Orange, Tigo ou expresso) pour fournir de la vidéo, des audios et d’autres médias sur Internet. En clair, ce sont des applications comme WhatsApp, Skype, Viber, Messenger… « Il y a eu des discussions sur les Ott et, d’une manière plus générale, sur la neutralité du net, débute Chérif Diallo, le directeur des Tic. A l’issue des échanges, il a été retenu l’inscription du principe de neutralité des réseaux dans le droit et faire en sorte que les Fournisseurs d’Accès à Internet (Fai) ne devront pas opérer de discrimination entre des services ou des applications équivalents sur le plan fonctionnel ». En clair, les experts recommandent la poursuite de la gratuité des applications Ott au grand dam des opérateurs traditionnels. Les recommandations de l’Ais font également état d’un « encadrement et d’une limitation stricte de recours aux services spécialisés ; de l’application du principe à toutes les technologies de réseau en visant le « zero rating » et en incluant l’interopérabilité des normes et standards, notamment des objets connectés ». Le « zero rating » est le fait qu’un opérateur propose un forfait limité en données, mais donnant accès à certains services « en illimité » non décomptés du forfait. Découlant souvent d’un partenariat, ces offres peuvent permettre à des abonnés mobiles de profiter des vidéos YouTube en illimité, par exemple, ou de la connexion à Facebook en illimité. Cela risque d’empêcher les services concurrents de se développer, ce qui va à l’encontre d’un traitement égal de tous les acteurs présents sur le réseau. L’Ais 2018 pense qu’il y a nécessité d’encadrer de telles pratiques.

Enfin, la dernière recommandation est de donner les moyens de contrôler et d’observer l’application de la neutralité du net en imposant des obligations de transparence aux opérateurs et en conférant aux autorités de régulation un droit de regard sur les accords de peering et de transit.                           

La programmation des ateliers et le faible nombre de jeunes diplômés sénégalais pointés

Fatimata Watt, jeune ingénieure en informatique, a participé aux ateliers de renforcement de capacités proposés lors de l’Ais 2018. Elle pointe quelques points d’amélioration.

« Dans l’ensemble, je considère que l’Ais a été une bonne initiative de rencontres, d’échanges et de renforcement de capacités en termes de compétences et de bonnes pratiques dans beaucoup de domaines qui interpellent les réseaux et la protection des données, détaille Fatima Watt, titulaire du diplôme d’ingénieur en Réseau / Télécom à la section informatique du département Mathématiques de la Faculté de Sciences et Techniques de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad). Le sommet a permis une meilleure compréhension des organismes et structures ainsi que les politiques de gestion de l’Internet ».

La jeune femme a participé aux ateliers de formation de l’Africert, l’Icann, l’Afrinic, de la Cdp, de l’Isoc et ceux consacrés à la sécurité en ligne. Elle pense qu’il est nécessaire « qu’il y ait une explication de chaque atelier accompagnée du plan détaillé pour que les participants ne soient pas désorientés ; que les formations phares ne se déroulent pas à la même heure afin de permettre aux participants de mieux en profiter ». F. Watt souhaite un plus grand nombre de participants « de jeunes diplômés (sénégalais) en quête de travail pour développer l’esprit d’entreprenariat ». 70 cadres sénégalais ont participé à l’Ais 2018 ainsi que 140 autres participants venant de 20 pays africains.

Moussa DIOP

Avec la Commission nationale de la protection des données personnelles, le Sénégal est l’un des premiers pays à appliquer les directives de la commission de l’Union africaine (Ua). C’est la révélation de Dawite Békélé, directeur du Bureau régional pour l’Afrique d’Internet society.

«Le Sénégal est un des pays en avance, peut-être même le plus en avance dans ce sens, parce que c’est le premier pays à avoir ratifié la convention de l’Union africaine sur la cybersécurité et la protection des données personnelles et l’un des premiers à avoir cette commission nationale de protection des données. J’espère qu’il sera un leader dans le domaine dans la sous-région voire dans le monde ». C’est la conviction de Dawite Békélé, directeur du Bureau régional pour l’Afrique d’Internet society qui prenait part au Sommet africain de l’Internet qui s’est tenu, du 29 avril au 11 mai 2018, à Dakar. Pour lui, « les autres pays devraient s’inspirer du Sénégal ». Cependant, il avertit que la protection des données ne devrait pas empiéter sur les autres droits. « Par exemple, la liberté d’expression est à prendre en compte quand on parle de protection des données personnelles. Parce que quand on protège les données, on doit s’assurer qu’on ne touche pas à la liberté d’expression qui est aussi protégée par les Constitutions. Donc il faut qu’il y ait un travail au niveau national, pour nous assurer que les données sont protégées, tout en protégeant d’autres droits », dit-il.
Quid de la cybersécurité ? M. Békélé estime que « c’est inhérent à la technologie. Au début, on ne voit que ce qu’elle apporte. Plus tard, nous voyons les problèmes et ce n’est pas propre à l’Internet. Mais les avantages sont tellement nombreux qu’on ne peut pas faire machine arrière. En revanche, on peut trouver des réponses », dit-il.

C’est justement pour en trouver qu’Internet society et l’Union africaine ont mis en place un certain nombre de directives. « Tous les Etats membres doivent reconnaître la confidentialité comme la base de la confiance dans l’environnement numérique, et l’importance d’une utilisation durable et responsable des données personnelles dans l’économie numérique », explique M. Békélé. En outre, elles comprennent des recommandations pour les citoyens qui se soucient de la protection de leurs données personnelles et de leur confidentialité. Le directeur du Bureau régional pour l’Afrique d’Internet society poursuit en informant que « les autorités de contrôle et les gouvernements doivent agir pour s’assurer que les prestataires de services et les fournisseurs de produits ont un modèle commercial bien défini, pour que les consommateurs puissent prendre des décisions bien fondées sur les implications des produits et services en rapport avec la confidentialité. Il y a aussi des principes. Par exemple, il faut que l’utilisateur ait une vue claire sur les aspects sur lesquels on utilise ses données. Ensuite, il faut qu’il y ait des restrictions sur ces données ».

Oumar FEDIOR

 

Va-t-on vers une reconfiguration du paysage des télécoms au Sénégal ? En tout cas, les trois nouveaux Fournisseurs d’Accès à Internet (Fai) nourrissent des ambitions de titan qui risquent de sonner comme une redistribution des cartes.

Même si le Sénégal dispose de trois opérateurs de téléphonie, la couverture du territoire par Internet n’est pas encore totale. Une anomalie que les autorités veulent corriger. C’est ainsi que le Sénégal a enregistré l’arrivée de trois Fai (Fournisseurs d’Accès à Internet). Il s’agit de Waw Sa, Arc Informatique et Africa Access. Avec ces trois nouveaux opérateurs, le segment internet va connaître de grandes évolutions. C’est, du moins, la conviction du directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp), M. Abdou Karim Sall. « Nous visons une couverture équitable du territoire national à l’horizon 2021. C’est pourquoi chaque Fai dispose d’un lot de 5 régions en plus de Dakar. Il s’agit de Waw Sas pour les régions de Dakar, Thiès, Diourbel, Tambacounda et Kédougou, Arc informatique pour Dakar, Louga, Saint-Louis, Fatick, Kaolack et Kaffrine et enfin, Africa Access pour Dakar, Ziguinchor, Sédhiou, Kolda et Matam. Ils ont l’obligation de couvrir ces régions pour les cinq premières années de l’autorisation. Nous avons d’ailleurs tenu à ce que ces clauses figurent dans le cahier des charges », explique-t-il.

En plus du maillage du territoire espéré avec l’arrivée des Fai, le directeur général de l’Artp est convaincu que du fait de la concurrence avec les opérateurs classiques, les tarifs de connexion à Internet vont connaître de fortes baisses. Selon M. Abdou Karim Sall, « l’arrivée des 3 Fai va permettre de poursuivre la baisse des tarifs déjà enclenchée. Aujourd’hui, les consommateurs sénégalais peuvent disposer d’un éventail de choix par rapport à la qualité de services, à la qualité commerciale et de choisir parmi les tarifs les plus bas. Le renforcement de la concurrence du marché de l’Internet par l’accueil de nouveaux acteurs permet, à la fois, de promouvoir l’innovation des offres et des produits, de proposer au public de toutes catégories, des offres alternatives, en termes de débits, de technologies et de qualité de service. C’est le consommateur qui en profite », a-t-il salué.

Cependant, même s’il salue l’arrivée des Fai, le président de l’Association sénégalaise des usagers des Tic (Asutic), M. Ndiaga Guèye, estime qu’il est possible de faire mieux. Selon lui, « le décret interdit aux nouveaux Fai d’offrir aux Sénégalais des services de type triple play à savoir : Internet haut débit, Téléphonie et Télévision. En sus de cela, cette disposition servira de base légale pour mettre dans leurs conditions de ventes devant être proposées par ces Fai, des clauses leur permettant de bloquer l’accès aux applications de téléphonie par Internet tels que : WhatsApp, Viber, Messenger, Skype, etc. Il serait mieux de les mettre sur un pied d’égalité pour plus d’efficacité. En France par exemple, l’opérateur Free était un Fai qui est devenu opérateur, parce qu’on lui a donné les moyens d’exister et de grandir », suggère-t-il.

Oumar FEDIOR

 

Le Sénégal accueille le Sommet africain de l’Internet (du 29 avril au 11 mai) avec comme enjeu la migration vers l’Ipv6.

En accueillant le Sommet africain de l’Internet (Ais’18), prévu du 29 avril au 11 mai, Dakar sera, pendant une semaine, la capitale de l’Internet africain. En prélude à cet événement, le ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, a tenu une conférence de presse, hier, avec le directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp) pour décliner la feuille de route. Les 650 délégués venant de 54 pays africains qui prendront part à cette rencontre vont échanger sur plusieurs thèmes allant de la gouvernance d’Internet, la cryptologie ou l’Internet des objets. Justement, parmi les points saillants qui seront discutés, figure en bonne place l’utilisation du protocole Ipv6 (Internet protocole version 6), essentiel pour l’Internet des objets. En termes simples, l’Ipv6 utilise un protocole de réseau sans passer par la couche 3 du modèle Osi (Open system interconnexion) qui définit les 7 couches du modèle sur lequel est inspiré les couches du protocole Tcp/Ip, c’est-à-dire l’ensemble des protocoles utilisés pour le transfert des données sur Internet. Le fait de sauter la couche 3 donne plus de rapidité à la connexion parce que c’est à ce niveau que s’effectuent les connexions.

L’enjeu est crucial. « Nous allons vers l’Internet des objets, avec la 5G, et une connectivité de masse, et pour cela, l’Ipv6 est le protocole le plus adapté », explique le Dg de l’Artp, Abdou Karim Sall, invitant les opérateurs à accompagner cette innovation. L’Artp, qui annoncera à cette occasion son adhésion pour la mise en place de ce protocole au Sénégal, attend de ce rendez-vous « des éclairages nécessaires » pour des prises de décision qui vont avoir un impact dans le développement des Tic au Sénégal. En dépit d’appels pressants à accélérer la migration vers l’Ipv6 adressés aux fournisseurs d’accès à Internet et aux fournisseurs de contenu de la part d’Icann (sorte de gouvernement mondial de l’Internet), le déploiement de cette technologie reste très limité au niveau mondial.

Le Sommet africain de l’Internet, qui se tient depuis 2013 en Afrique, regroupe, chaque année, les organisations s’occupant de la gouvernance et de la coordination de l’Internet africain et se veut une plateforme internationale de promotion des produits et services des Tic en Afrique. En plus des opérateurs et des autorités gouvernementales, plusieurs acteurs (Icann, le régulateur mondial de l’Internet, les acteurs mondiaux des noms de domaines et de la gestion des adresses Ip), prendront part à cette rencontre. Il est prévu, lors de la première semaine, une formation (payante) pour un renforcement de capacités de la communauté africaine de l’Internet sur des thèmes relatifs aux enjeux actuels comme la cybercriminalité, la conception et l’exploitation des réseaux, la gestion des réseaux et des points d’échange Internet, etc. mais l’Artp a décidé de rendre gratuite cette formation pour 70 agents de l’administration et jeunes entrepreneurs. Pour Abdoulaye « Bibi » Baldé, la tenue à Dakar du Sommet africain de l’Internet confirme le leadership régional du Sénégal dans le domaine des Tic. En effet, d’après un rapport de l’Institut de recherche McKinsey Global Institute, le poids de l’Internet dans le Pib du Sénégal (3,3% en 2013) est le plus élevé en Afrique. « Le Sénégal a toujours soutenu le développement de l’Internet – mise en place d’un point d’échange, l’attribution de trois nouvelles licences de fournisseur d’accès internet – et adopté une gouvernance de l’Internet basée sur un modèle consensuel et multipartite avec l’implication de l’ensemble des parties prenantes », souligne le ministre.

Seydou KA

La formation des ressources humaines sur la cybersécurité est l’arme contre la fréquence des cyberattaques en pleine explosion à cause des enjeux économiques, géostratégiques. C’est tout l’enjeu d’un atelier sur les technologies émergentes et la cybersécurité, organisé récemment par Cisco en partenariat avec l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Les nouvelles technologies offrent à l’Afrique des opportunités pour rattraper son retard. Mais le continent noir, comme le reste du monde, sont tenus de se préparer à relever le défis posés par les hackers. Les cyberattaques sont dans l’ère du temps et ont comme toile de fond des enjeux économiques, politiques, géostratégiques, etc. Ce sont pour ces raisons que l’académie Cisco et l’Université Cheikh Anta Diop ont initié la formation des jeunes sur ces nouvelles problématiques. « Nous sommes en train de former des instructeurs, des formateurs Cisco de l’Afrique de l’Ouest et du Centre afin qu’ils puissent avoir des aptitudes techniques et théoriques leur permettant d’accompagner d’autres jeunes qui se lanceront sur les technologies émergentes », justifie Modou Fall, coordonnateur des ressources technologiques et pédagogiques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Le bouillonnement de l’écosystème des innovations technologiques appelle à l’adaptation aux exigences sécuritaires. La réalisation de cet objectif n’est possible qu’en outillant les informaticiens du contient et surtout en les positionnant sur les nouveaux domaines de compétence comme la  virtualisation, « le cloud computing », l’Internet des objets, entre autres. « L’entreprenariat numérique occupe de nos jours une place très importante. En tant qu’instructeurs, nous voulons faire en sorte que ces jeunes comprennent les nouvelles technologies, notamment l’Internet des objets », recommande Modou Fall.

Auparavant, le responsable du programme à Cisco Académie, Omar Rhoulami, a insisté sur la formation des ressources humaines pour accompagner l’engouement et l’espoir suscités par les nouvelles technologies. L’Afrique, dit-il, a intérêt à se préparer à avoir des acteurs dans des disciplines ou spécialités comme l’intelligence artificielle. « Les années 97 ont été un tournant technologique de l’Internet. Aujourd’hui, nous sommes à un tournant de l’ère de l’intelligence artificielle ou de l’Internet prédictible.

Cette nouvelle ère demande une nouvelle compétence. Nous devons avoir des compétences sur la cybersécurité, les technologies émergentes, la « programmabilité » des réseaux. Nous avons formé des instructeurs sur les technologies émergentes », défend le responsable de programmes à Cisco Académie, Omar Rhoulami, qui a révélé que leur académie a formé plus de 12.000 étudiants sur les technologies intelligentes.

Idrissa SANE

De nos jours, nous sommes tous devenus des voyageurs virtuels grâce à tous ces partages sur les réseaux sociaux, les blogs…

Nous visitons la Grande Muraille de Chine, les Pyramides d’Egypte, New York, Zanzibar…grâce à nos amis, parents, collègues qui choisissent de partager ces moments uniques de leurs voyages à travers le monde. Conscients de la force des réseaux sociaux dans la promotion d’une destination touristique, les membres du Réseau des blogueurs du Sénégal ont organisé un #NdadjeTweetup (rencontre mensuelle) sur “L’apport du blogging dans le tourisme au Sénégal”.

Ce rendez-vous des blogueurs a eu lieu à Dakar et a vu la participation de plus de 80 acteurs du digital, du tourisme sénégalais, de photographes, d’étudiants, de cinéastes, tous engagés dans la promotion du tourisme au Sénégal.

Vaste thème – longues discussions
Les différents intervenants invités ont campé le débat et orienté les échanges autour des principaux leviers nécessaires pour booster le tourisme au Sénégal. Après un large tour d’horizon sur l’importance du blogging, l’assistance a fait une session de networking animée par Pape Gahn Bâ.

Promotion du Made In Sénégal
Rokhaya Solange Ndir Mbengue a ouvert les discussions en faisant une présentation de sa plateforme “Je consomme Made In Senegal” qui fait la promotion du consommer local. Ambassadrice de la destination Sénégal, Madame Mbengue, s’engage via sa plateforme à donner vie aux belles créations des artisans. Elle a beaucoup insisté sur l’importance des outils numériques dans la promotion du « Made In Sénégal » et dans la sauvegarde de notre patrimoine. Quoi de mieux que l’art, la mode, le stylisme…pour vendre une destination touristique ?

En parlant de mode, Ibrahima Cissé, initiateur du Festival de la Mode, a fait une présentation autour de l’importance de l’apport des créateurs dans le tourisme. Avec le concours organisé à l’occasion de la FIMODAK, Ibrahima fait découvrir au Sénégalais les belles créations de nos stylistes mais aussi nous fait découvrir les blogueurs lifestyle et autres acteurs de la mode spécialisés dans la promotion de la mode Made In Sénégal via internet. Ses chaussures et sa tenue créées par le grand styliste Lahad Guéye ont fait sensation durant le NdadjeTweetup.

L’image est un point important dans la promotion touristique et nos photographes de l’association Sunu Nataal, Mamadou Le Mind Diop, Pamphile et Amath Niane le confirment lors de leurs brillantes interventions. Savoir prendre les bonnes photos, aux bonnes heures et positions, créer une histoire derrière ces prises, ressortir toute la chaleur des sourires, des rires sont autant de détails précieux développés par ces photographes reconnus pour leur talent et leur engagement dans la promotion de la destination Sénégal. En plus de donner des astuces efficaces pour bien utiliser les photos en ligne, ces photographes ont régalé l’assistance avec des prises de vue à couper le souffle. Le digital est un allié de taille pour ces photographes 2.0. Parler efficacement du tourisme est tout un art mais il faut aussi maitriser certaines techniques et outils importants pour toute personne qui s’engage dans la promotion d’une destination via le blogging. Natty Seydi Ndiaye, nous a parlé de contenu web pour la promotion de la destination Sénégal. Avec un exposé concis sur le contenu, la qualité, le référencement, les astuces.

Les participants ont reçu un cours magistral de la part de ce spécialiste du digital. Un exemple concret d’outils de promotion a été présentée par Kadia Sow avec l’application VUE D’AFRIQUE qui permet de découvrir les différents sites classés Patrimoine Historique de l’UNESCO.

Après tous ces exposés sur le contenu, les techniques, il est important de penser business model et durabilité, Pape Ba Gahn, qui accompagne beaucoup d’entrepreneurs a intervenu sur ce plan en donnant des éléments clés aux participants en ce qui concerne le business model des blogs pour avoir une longue durabilité. “Chaque citoyen peut activement participer à la promotion de la destination Sénégal même avec juste un smartphone; nous ne devons rien minimiser car nous avons un beau pays, stable et attrayant qui mérite sa place parmi les plus belles destinations d’Afrique et du monde”

Moussoukoro DIOP
DigitalLover
#DigitalMousso
www.moussoukorodiop.com
Twitter : @mamouchkadiop

Suite à des articles parus dans les medias,  « France 24 » et « Jeune Afrique »,  prêtant à Samuel Eto’o des intentions présidentielles, le concerné a apporté un démenti. Dans un communiqué faisant office de droit de réponse, l’ancien international camerounais  nie catégoriquement, nourrir  l’ambition de se présenter à la prochaine élection présidentielle de son pays.  «J’estime que les propos tenus à mon encontre portent atteinte à mon honneur et véhiculent de nombreuses allusions malsaines », fait-il savoir. « Profitant d’une tradition séculaire liée au 1er avril, certains « journalistes » ont publié dans leurs éditions en ligne, une interview fictive sur une supposée volonté de ma part de me présenter au scrutin présidentiel camerounais de 2018, a-t-il poursuivi. Au regard de ce qui a été écrit, il apparaît que ces derniers ont voulu surfer sur deux éléments pour générer un effet malsain de buzz ».  Eto’o semble comprendre cette approche, qui, dit-il, intervient suite à  «la récente élection de Georges Weah à la présidence de la République du Liberia».

Oumar Bâ

Le combat de lutte, qui s’est soldé par la victoire de Balla Gaye 2 sur Gris Bordeaux, a beaucoup fait parler de par la décision arbitrale mais aussi par le modèle de diffusion. « Le combat n’était pas accessible sur les chaines de télévision mais par mobile », assure Aly, grand amateur de lutte. Ce passionné du sport national sénégalais décrit par le menu le système mis en place pour avoir accès en direct aux images du combat. « Il fallait acheter un « pass » de 1 500 FCfa qui permettait à travers un code d’être connecté sur la plateforme de diffusion du combat ». C’est un système appelé « Pay-per-view ». Si le procédé est une nouveauté au Sénégal pour une rencontre sportive, il a cours dans plusieurs pays. Le dernier en date est le très médiatique combat entre Floyd Mayweather, champion de boxe et Conor Mc Gregor, champion de MMA.

Une révolution technologie au Sénégal, donc, car c’est la rencontre entre deux secteurs très porteurs. En effet, si le football local (hors équipe nationale) ne draine pas les foules, la lutte continue à surfer sur un succès redouté (à cause de la violence) mais assuré. De l’autre, les innovations technologies dans un pays où il y a plus de téléphones portables (plus de 15 millions, selon l’Agence de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) que d’habitants.

Dans ce contexte, il est difficile de reprocher au promoteur l’audace de cette innovation au Sénégal. En revanche, dans le contrat tacite qui le lie aux consommateurs, il y beaucoup à dire. Plusieurs témoignages sur les réseaux sociaux ont fait état de dysfonctionnements dans la diffusion du combat. « Je n’ai pas pu voir la fin du combat car l’image n’apparaissait plus sur mon téléphone », affirme Aly, le fan de lutte. D’autres ont eu recours à des subterfuges pour détourner le dispositif payant pour regarder le combat à moindre frais. Mountaga Cissé, consultant, formateur en nouveaux médias, résume la situation dans un billet sur son blog : « Pour la première fois au Sénégal, une retransmission en direct sur Internet a dépassé les cent mille (100 000) vues simultanées, c’est-à-dire cent mille personnes qui regardent en même temps un même flux. Ce qui est important à noter est que ces cent mille vues simultanées ne provenaient pas de la diffusion Pay-per-view du promoteur via son site ballagris.com mais plutôt de Youtube. Oui, ils ont été nombreux ceux qui ont contourné la plateforme ballagris.com en passant par Youtube et Facebook.

Une faille du système qui constitue un gros manque à gagner pour Luc Nicolaï & Co.

Moussa DIOP

Le développement des technologies de l’information et de la communication (TIC) a ouvert à l’économie sénégalaise et à notre vie sociale deux champs différents. L’un est le versant positif avec des opportunités prometteuses en termes d’efficience, de compétitivité et d’inclusivité. Le second versant en appelle à des questionnements.

« Toute cette activité administrative, économique et sociale, rendue performante par l’usage des TIC, est en même temps très exposée aux menaces inhérentes au cyberespace et qui ont pour noms : terrorisme, espionnage, piratage, négligence humaine », prévient Cherif Diallo, directeur des Technologies de l’information. Ce sont les effets de ce versant qui ont conduit au scandale appelé Cambridge Analytica avec les 87 millions de données piratées depuis le réseau social Facebook.

Dès 2008, le Sénégal a adopté un ensemble de lois portant sur le cyberespace, ainsi que leurs décrets d’application (la loi n° 2008-08 relative aux transactions électroniques ; la loi n° 2008-10 relative à la loi d’orientation  sur la société de l’information (LOSI) ; la loi n° 2008-11 relative sur la cybercriminalité ; la loi n° 2008-12 relative à la protection des données personnelles ; la loi n° 2008-41 relative à la Cryptologie).

« La Commission de protection des données (CDP), une autorité indépendante, a été créée par la loi n° 2008-12 du 25 janvier 2008 portant sur la protection des données à caractère personnel.

Elle est chargée de vérifier la légalité des fichiers et de toutes collectes, utilisations et transmissions de renseignements concernant des individus identifiables et doit assurer dans ce contexte le respect des libertés et droits fondamentaux des personnes physiques, notamment de leur vie privée », rappelle Dr Diallo.

La CDP, conformément à ses prérogatives de protection des consommateurs et citoyens sénégalais « ne cesse de faire des efforts, pour assurer la protection de leurs informations personnelles ; pour s’en convaincre, il suffit de passer en revue les avis et mises en demeure en ce sens ».

Pour autant, le champ d’application de la législation sénégalaise « va au-delà des activités des simples opérateurs économiques (pour qui leur business model trouve son siège dans les données), mais s’étend également à celles de l’État, ses démembrements et des collectivités locales », pour Cherif Diallo. Sur l’international, notamment en Europe, on évoque le critère de niveau de protection adéquat pour justifier la libre circulation des données vers des pays tiers. « En termes plus clairs, l’adéquation de la protection des données dans un pays tiers signifie que les principes majeurs de la protection des données soient effectivement mis en œuvre dans le droit interne de ce pays », explique le directeur des TIC. Ce niveau de protection adéquat permet aux entreprises de l’État tiers d’échanger des données personnelles avec celles des États membres sans qu’aucune garantie supplémentaire ne soit nécessaire. Dans ce cadre, le Sénégal a adhéré à la convention  n° 108 du 28 janvier 1981 pour la protection des personnes à l'égard du traitement automatisé des données à caractère personnel et aussi ratifié à la Convention de Budapest sur la cybercriminalité.

M. DIOP

LA POLITIQUE, C’EST AUSSI LA VIE PRIVÉE ?
Les pudeurs de gazelle vont de paire avec le petit oiseau. Comprenez : « je préfère Twitter à Facebook pour protéger ma vie privée ». C’est un propos redondant entendu maintes fois au détour d’une discussion qui n’a rien à envier aux brèves de comptoirs. Défendre l’idée que sur Facebook, c’est risqué de mettre en scène sa vie privée, est une chose. Le faire et répandre sur le même réseau social ses opinions politiques ou religieuses, en est une autre. C’est même avoir une curieuse manière d’aborder la sacro-sainte vie privée. Avec l’affaire Cambridge Analytica, il apparaît clair que Facebook en sait un peu trop sur tout le monde. Et mieux, le groupe dirigé par Mark Zuckerberg détient potentiellement des éléments qui peuvent faire pencher d’un bord une élection présidentielle américaine. Donc donner son opinion politique sur les réseaux sociaux est une intrusion sur la vie privée qui peut rivaliser avec un live Facebook du baptême du petit dernier de la famille. Ce n’est pas pour rien qu’au moment de faire un choix, il est demandé à l’électeur de passer par l’isoloir.

Par Moussa Diop

SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE : COMMENT LE SÉNÉGAL GÈRE LES DONNÉES NUMÉRIQUES DE SES CITOYENS
Donnees NumeriquesLe développement des technologies de l’information et de la communication (TIC) a ouvert à l’économie sénégalaise et à notre vie sociale deux champs différents. L’un est le versant positif avec des opportunités prometteuses en termes d’efficience, de compétitivité et d’inclusivité. Le second versant en appelle à des questionnements.

« Toute cette activité administrative, économique et sociale, rendue performante par l’usage des TIC, est en même temps très exposée aux menaces inhérentes au cyberespace et qui ont pour noms : terrorisme, espionnage, piratage, négligence humaine », prévient Cherif Diallo, directeur des Technologies de l’information. Ce sont les effets de ce versant qui ont conduit au scandale appelé Cambridge Analytica avec les 87 millions de données piratées depuis le réseau social Facebook.

Dès 2008, le Sénégal a adopté un ensemble de lois portant sur le cyberespace, ainsi que leurs décrets d’application (la loi n° 2008-08 relative aux transactions électroniques ; la loi n° 2008-10 relative à la loi d’orientation  sur la société de l’information (LOSI) ; la loi n° 2008-11 relative sur la cybercriminalité ; la loi n° 2008-12 relative à la protection des données personnelles ; la loi n° 2008-41 relative à la Cryptologie).

« La Commission de protection des données (CDP), une autorité indépendante, a été créée par la loi n° 2008-12 du 25 janvier 2008 portant sur la protection des données à caractère personnel. Elle est chargée de vérifier la légalité des fichiers et de toutes collectes, utilisations et transmissions de renseignements concernant des individus identifiables et doit assurer dans ce contexte le respect des libertés et droits fondamentaux des personnes physiques, notamment de leur vie privée », rappelle Dr Diallo.

La CDP, conformément à ses prérogatives de protection des consommateurs et citoyens sénégalais « ne cesse de faire des efforts, pour assurer la protection de leurs informations personnelles ; pour s’en convaincre, il suffit de passer en revue les avis et mises en demeure en ce sens ».

Pour autant, le champ d’application de la législation sénégalaise « va au-delà des activités des simples opérateurs économiques (pour qui leur business model trouve son siège dans les données), mais s’étend également à celles de l’État, ses démembrements et des collectivités locales », pour Cherif Diallo. Sur l’international, notamment en Europe, on évoque le critère de niveau de protection adéquat pour justifier la libre circulation des données vers des pays tiers. « En termes plus clairs, l’adéquation de la protection des données dans un pays tiers signifie que les principes majeurs de la protection des données soient effectivement mis en œuvre dans le droit interne de ce pays », explique le directeur des TIC. Ce niveau de protection adéquat permet aux entreprises de l’État tiers d’échanger des données personnelles avec celles des États membres sans qu’aucune garantie supplémentaire ne soit nécessaire. Dans ce cadre, le Sénégal a adhéré à la convention  n° 108 du 28 janvier 1981 pour la protection des personnes à l'égard du traitement automatisé des données à caractère personnel et aussi ratifié à la Convention de Budapest sur la cybercriminalité.

M. DIOP

ZUCKERBERG CONVOQUÉ LE 11 AVRIL
Zuckerberg« Au total, nous estimons que les informations Facebook d'au moins 87 millions d'utilisateurs – la plupart aux États-Unis – ont pu être partagées de façon indue avec Cambridge Analytica », a écrit le groupe, mercredi 5 avril. L’annonce est en quelque sorte un préambule des explications de Mark Zuckerberg prévues le mercredi 11 avril.

En effet, le PDG de Facebook devra s’expliquer sur le scandale Cambridge Analytica mais aussi sur les accusations de manipulations politiques imputées à la Russie lors de la présidentielle de 2016. Sur cette dernière affaire, Mark Zuckeberg a annoncé, le 5 avril, la suppression de 270 pages et comptes Facebook et Instagram gérés par la société russe Internet Research Agency (IRA), qui se trouvait déjà, selon le renseignement américain, derrière l'opération de désinformation lancée pour déstabiliser la campagne présidentielle américaine de 2016.


Faire face aux manipulations politiques
En 2017, Facebook avait déjà supprimé des centaines de faux comptes de l'IRA destinés à influencer les débats politiques aux États-Unis, ainsi que 30 000 ciblant les élections en France et d'autres encore en Allemagne.

Facebook supprime cette fois des comptes ciblant des personnes en Russie ou dans des pays où le russe est parlé tels l'Azerbaïdjan, l'Ouzbékistan et l'Ukraine.

Moussa DIOP


CHERIF DIALLO, DTIC : « LA SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE PEUT ÊTRE COMPROMISE AVEC LE CLOUD »
Cherif Diallo CticDirecteur des Technologies de l’information et de la communication (DTIC) au ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, Chérif Diallo met la protection des données personnelles au cœur de ses missions.

Peut-on parler de souveraineté numérique au Sénégal quand les données des Sénégalais sont stockées à l’étranger avec les applications comme Facebook, WhatsApp, Twitter et autres ?
La souveraineté numérique ne se définit pas seulement par rapport à la territorialisation physique des données des citoyens. Les Etats demeurent souverains et indépendants.

Cela dit, il est vrai que la souveraineté numérique pourrait être un peu compromise lorsque certaines données sont stockées dans le Cloud. Mais n’empêche que grâce à un cadre juridique et règlementaire solide, des dispositifs de cybersécurité efficaces, une excellente coopération régionale et internationale, le pays pourra préserver sa souveraineté.

Le Sénégal accueille le Sommet africain d’Internet du 29 avril au 11 mai et, dans ce cadre, plusieurs discussions et séances de travail sont prévues pour aborder cette problématique qui est vraiment devenue une priorité pour les instances de gouvernance de l’Internet.

Le scandale Cambridge Analytica (ou son équivalent) peut-il toucher le Sénégal ? 
A ce jour, le Sénégal n’est pas encore touché vu les statistiques publiées par Facebook. Cette menace pourrait bien toucher n’importe quel pays, d’autant plus que si aujourd’hui il s’est avéré que 87 millions de comptes Facebook qui seraient presque tous des comptes américains, un des pays les plus développés au monde, et leurs données seraient utilisées pour orienter la campagne présidentielle du président américain. De ce fait, nul n’est à l’abri de ce type de scandale. Il est donc important de faire des efforts considérables dans la sensibilisation. Avec la validation de notre Stratégie nationale de cybersécurité, et de notre plan d’actions de protection des enfants en ligne, nous avons déjà engagé des mesures pour faire face à ce genre de menace.

Quelles sont les solutions que vous préconisez pour éviter un tel scandale au Sénégal ?
Il est important de renforcer notre cadre juridique et règlementaire pour tenir compte des nouvelles mutations technologiques. Il faudrait également mettre en place un système d’alerte et de veille : nous allons mettre en place un CERT national dans le cadre de la mise en œuvre de notre stratégie nationale de cybersécurité. La sensibilisation des pouvoirs publics et des utilisateurs n’est pas à négliger. En définitive, il s’agit d’imposer un certain nombres de mesures de sécurité à respecter par les GAFAM sous peine de sanctions, en s’inspirant du Règlement général sur la protection des données (RGPD) qui rentrera en vigueur dans l’espace Union européenne en mai 2018.

Propos recueillis par M. DIOP

SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE : FACEBOOK AU CŒUR D’UN SCANDALE DE MANIPULATION POLITIQUE
Donnees FacebookDepuis la deuxième quinzaine de mars, Facebook, le réseau social préféré des Sénégalais, est au cœur d’un scandale sur la gestion des données personnelles de ses abonnées aux Etats-Unis et dans le monde. Il s’agit de l’affaire dite Cambridge Analytica. De quoi s’agit-il exactement ? Explications

Qu’est-ce que Cambridge Analytica ?
Créée en 2013, Cambridge Analytica est une entreprise spécialisée dans la collecte et l'analyse de données en ligne, dans le cadre de campagnes électorales. «Il s'agit d'une filiale du groupe britannique SCL, qui conseille ses clients en stratégie de communication et en marketing ciblé renseigne Le Figaro. D’ailleurs, Cambridge Analytica s'est surtout fait connaître pour avoir été utilisée par l'équipe de Donald Trump. Steve Bannon, ancien directeur de campagne du candidat républicain, était lui-même investisseur et vice-président de Cambridge Analytica ».

Le cœur de l’affaire
Tout démarre le 17 mars. Deux journaux (New York Times et London’s Observer) mettent en cause Cambridge Analytica pour le motif d’obtention illégale de données sur plus de 50 millions d'utilisateurs de Facebook (deux semaines plus tard, le chiffre sera revu à la hausse, on parle désormais de 87 millions). Pour ce faire, l'entreprise aurait eu recours aux services d'un sous-traitant, Global Science Research (GSR), et d'Aleksandr Kogan, professeur à la prestigieuse université de Cambridge. Ce dernier a développé une application de tests de personnalité, censée être utilisée dans le cadre de recherches universitaires. Les utilisateurs étaient rémunérés s'ils répondaient à des questions, ainsi qu'en accordant un accès à leurs données sur Facebook. Ces informations et celles des amis des personnes ayant participé à cette étude ont ensuite été transmises à Cambridge Analytica par Aleksandr Kogan. Les 87 millions de profils d’utilisateurs de Facebook auraient été utilisés dans le cadre de la campagne électorale de Donald Trump, afin de comprendre et d'influencer l'opinion des électeurs américains, au travers de publicités en ligne, de l'organisation d'événements et d'opérations de communication ciblée.

Quel est rôle de Facebook ?
La firme Cambridge Analytica, ayant plus tard travaillé pour l'équipe de campagne de Donald Trump, a récupéré, via un questionnaire psychologique téléchargé par plus de 300 000 personnes dans le monde, une précieuse base de données. À l'époque, les applications autorisées par une personne avaient accès aux données de ses amis. Cette option a été supprimée en 2014, mais Mark Zuckerberg a reconnu que le réseau social devait mieux contrôler lui-même l'usage des données par les applications. Le réseau social dirigé par Mark Zuckerber. Celui-ci promet alors de faire la lumière sur cette affaire en prenant les services d’enquêteurs. Facebook a déjà expliqué qu’Aleksandr Kogan avait pu récolter légalement les données des utilisateurs, mais avait «violé les règles de la plateforme» en les transmettant à Cambridge Analytica. C’est ainsi que Facebook a suspendu tout accès à ses données aux entreprises et personnes incriminées dont Cambridge Analytica. Mark Zuckerberg a reconnu, le 21 mars, que la responsabilité de son organisation « est de protéger les données (des abonnés) », et que si Facebook échoue à remplir sa mission, le réseau social ne mérite pas de servir les internautes. De son côté, Cambridge Analytica affirme qu'elle ignorait que le professeur de Cambridge avait eu accès illégalement à ses données.

La société dit également avoir supprimé ces données en 2015, après que Facebook a lui-même supprimé l'application d'Aleksandr Kogan de son service. Le New York Times et le London's Observer disent, eux, que ces informations ont bien été conservées par Cambrige Analytica.

M. DIOP

CHEIKH BAKHOUM, DG ADIE ET PCA DE SENIX : « LE POINT D’ÉCHANGE INTERNET, GAGE DE SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE »
Bakhoum AdieAvec la multiplication des lignes internet estimées à près de 9 millions en 2017, la qualité de la connexion se dégradait sérieusement. C’est pourquoi l’Agence de l’Informatique de l’Etat (Adie) a jugé opportun de mettre en place une solution pour accroitre la qualité de la connexion Internet. C’est tout le sens des différents projets entrepris et/ou réalisés par l’Adie.

«L'Adiea engagé depuis longtemps, un ambitieux programme pour mener notre pays vers une relative souveraineté numérique, avec la mise en place des premiers Datacenter au Sénégal dédiés aux données de l'Administration sénégalaise. Aujourd'hui les opérateurs ont presque tous leur Datacenter, nous avons ensuite mis en place les premiers réseaux de fibre optique nationaux au Sénégal, qui permettent à nos communications de rester dans le périmètre local et avec un très haut débit. Aussi, avec le Point d'échange internet national nous pouvons désormais interconnecter tous les opérateurs présents sur le territoire sénégalais entre eux, ce qui éviterait ainsi l’utilisation des fibres optiques avec les câbles sous-marins internationaux pour nos communications locales. Désormais, les échanges Internet entre sénégalais n’auront plus besoin de transiter par des routeurs à l’étranger. Nous ne serons plus à la merci du trafic international, car nous avons, désormais notre internet local. C’est un gage de souveraineté numérique », assure-t-il.

Oumar FEDIOR

DATACENTER, POINT D’ECHANGE INTERNET… : LA SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE PREND FORME
Jusqu’à un passé récent, les données des entreprises et autres structures étaient stockées dans des serveurs installés dans des pays comme la France, les Etats-Unis… En plus d’engendrer des coûts exorbitants, cette situation exposait les données parfois sensibles à toutes sortes de menace. L’ayant compris, des acteurs de diverses catégories se sont ruées vers la mise en place de Datacenter. De la Sonatel à Tigo, en passant par l’Adie et Gaïndé 2000, ils disposent d’une infrastructure de stockage de données où sont regroupés des équipements constituants du système d’information d’une entreprise. Une avancée majeure dans un monde où même les plus gros systèmes ne sont pas épargnés par la cybercriminalité.

«Le mobile et le cloud tiennent une place prépondérante dans le monde d’aujourd’hui. C’est pourquoi la protection des données est un problème complexe pour les entreprises, puisque les données ne résident plus uniquement dans le périmètre de leur réseau », indique Serge Ntamack, directeur régional Affaires publiques de Microsoft Afrique.

En effet, régulièrement confrontées à des soucis avec les serveurs, les entreprises ont besoin d’entrer en contact avec l’hébergeur en cas de pépin. Ce qui n’est pas évident quand il se trouve à mille lieues de sa zone. «En plus de la puissance, l’hébergé a besoin d’un répondant 24h/24. C’est ce qui fait la différence avec les grands hébergeurs. Par exemple, quelqu’un qui se fait héberger a besoin d’avoir un interlocuteur en temps réel en cas de pépin. C’est pourquoi en se faisant héberger chez soi, on est plus rassuré. Parce qu’à l’international, dès que c’est coupé, on a de sérieux problèmes. C’est une fois arrivé à Wari, et il en a souffert », explique le directeur de la plateforme In Touch, Omar Cissé. Pour Ousmane Dia, directeur des entreprises de Sonatel, avec son Datacenter d’une capacité de 70 baies actives, deux (02) locaux opérateur/fédérateur (OP/FED) d’une surface technique utile de 32m² pouvant accueillir chacun 10 baies IT de 800×800 mm organisées, même les grands projets de l’Etat peuvent y être hébergés. «Ce sont des besoins qui ne peuvent pas être délocalisés à l’étranger. Ainsi, le développement des contenus locaux avec le rapatriement des portails hébergés à l’extérieur ainsi que la mise en œuvre d’un écosystème pour les développeurs, sont autant de facteurs qui vont participer à la croissance de l’économie et de la souveraineté numérique. »

O. FEDIOR

UNE AUBAINE POUR LES PME ?
Principale composante du paysage économique sénégalais, les Petites et moyennes entreprises (PME) étaient traitées de la même manière que les grandes entreprises. Une incongruité que les Datacenter corrigent. «L’entreprise hébergée, qu’elle soit petite ou grande, ne paie qu’en fonction de ses besoins. Il y a une flexibilité qui varie selon les besoins. Les grandes entreprises peuvent en profiter, au même titre que les Pme qui ont plus besoin de faire des économies sur les charges », souligne Ousmane Dia.

O. FEDIOR

En libéralisant l’accès aux codes Ussd, jusque-là une chasse gardée des opérateurs de téléphonie, l’Artp veut impulser une nouvelle dynamique de développement des services mobiles innovants et favoriser l’inclusion financière. Au grand bonheur des acteurs de l’écosystème du numérique. Hormis, peut-être, les opérateurs de téléphonie.

L’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp) vient d’accéder à une forte demande des acteurs du secteur numérique, mais aussi des banques et de toutes les structures proposant des services financiers digitaux ou de monnaie électronique. Son directeur général, Abdou Karim Sall, a annoncé, hier, lors d’un point de presse, une « libéralisation » de l’accès aux codes Ussd. De l’anglais Unstructured supplementary services data (données de services supplémentaires non structurés), l’Ussd permet d’accéder à des services à valeur ajoutée tels que le paiement électronique ou le mobile money à partir du téléphone portable. Jusqu’à présent, ces codes étaient étaient exclusivement détenus et exploités par les opérateurs de téléphonie mobile qui « pour des raisons évidentes pouvaient limiter ou bloquer leur accès aux autres acteurs », alors qu’ils (ces codes) constituent un canal fondamental permettant d’offrir des services financiers et autres services innovants. C’est cette situation de monopole décriée par les autres acteurs et qui est « fortement préjudiciable à la concurrence et à l’innovation » que l’Artp veut casser, avec la mise en place de ce nouveau cadre juridique. L’objectif est de permettre aux acteurs de tout l’écosystème d’impulser « une nouvelle dynamique de développement des services mobiles innovants ». « A travers cette décision, nous avons l’ambition de créer les conditions d’accès équitable à ce que nous considérons comme une facilité essentielle », justifie Abdou Karim Sall.

Pionnier en Afrique francophone
Naturellement, cette décision ne plaît pas forcément aux opérateurs de téléphonie qui voulaient continuer à « garder leur périmètre », même si l’Artp assure avoir opté pour une démarche concertée, incluant l’ensemble des parties prenantes : opérateurs de téléphonie mobile, fournisseurs à valeur ajoutée, etc. En effet, cette décision aura plusieurs implications sur l’écosystème du numérique. A commencer par une diminution des frais d’accès qui vont passer de 1 million à 350 000 FCfa (les trois opérateurs de téléphonie ont accepté de s’aligner sur ce tarif). Mais l’enjeu est ailleurs. D’abord, les opérateurs ne peuvent plus octroyer des codes Ussd qui seront sous le contrôle « exclusif » de l’Artp. Désormais, tout fournisseur de services à valeur ajoutée devra s’adresser à l’Artp pour avoir un code Ussd. Il y a aussi l’interopérabilité des différents codes, indépendamment de l’opérateur auquel on est abonné. L’Artp entend ainsi renforcer, avec cette décision, la concurrence dans le secteur des télécommunications, en particulier sur le segment de la téléphonie mobile, et promouvoir l’innovation, la baisse des prix des services, tout en s’alignant sur les meilleurs standards internationaux. « Il s’agit, pour nous, de donner la possibilité aux acteurs locaux, Pme, start-ups, acteurs de l’industrie numérique locale et d’autres secteurs de disposer facilement d’outils leur permettant de proposer à la population des services innovations au meilleur prix », plaide le Dg de l’Artp. L’Union internationale des télécommunications (Uit) demande aux autorités de régulation de favoriser l’accès des acteurs non opérateurs de téléphonie mobile aux codes Ussd afin d’encourager l’inclusion financière des populations en Afrique, mais, à ce jour, très peu de pays ont suivi cette recommandation. Le Sénégal fait ainsi œuvre de pionnier en Afrique francophone. Jusque-là, seuls l’Afrique du Sud, l’Ouganda, le Kenya et le Ghana avaient libéralisé l’accès aux codes Ussd. En Côte d’Ivoire, le processus est enclenché, mais les opérateurs de téléphonie continuent de faire de la résistance. L’Artp promet d’appliquer cette décision de « manière rigoureuse ». Et ceux qui seront tentés de bloquer la procédure se verront appliquer les sanctions prévues par le code des télécommunications.

Seydou KA

Dans le cadre de sa politique de Responsabilité sociétale d’entreprise et de son soutien au développement de l’écosystème numérique au Sénégal, Sonatel a lancé, le 29 mars dernier, la première édition de « Let’s meet up ! » Il s’agit d’une plateforme d’échanges et de partage avec les acteurs de l’écosystème numérique, notamment les start-up. Selon un communiqué, à travers « Let’s meet up ! » Sonatel souhaite créer un cadre d’échanges privilégié entre l’écosystème numérique et Sonatel qui offre son expertise aux start-up afin de les aider à améliorer leur performances. « Ce soutien passe par la mise à leur disposition de plateformes d’échanges, l’accès à ses réseaux et services, la création de mécanismes d’accélération ou d’incubation spécifiques ainsi que des supports pour le financement et la gestion », informe le document. Il ajoute que Sonatel compte recueillir les besoins et les attentes des acteurs de l’écosystème numérique avec ses partenaires du ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, des start-up accompagnées par Sonatel, des incubateurs, des grandes entreprises partenaires, de Orange digital venture (Odv), de Téranga Capital, de l’ambassade de France et de la présidence de la République. Le lancement de cette première édition de « Let’s meet up ! » a été aussi l’occasion de remettre les Prix du Linguère digital challenge dont la troisième édition s’est tenue, du 31 octobre au 31 décembre 2017, avec 103 start-up candidates. Awalebiz, plateforme de e-commerce, gagne le premier Prix de 7.500.000 FCfa et un accompagnement technique d’une valeur de 2.500.000 FCfa. Le deuxième Prix, d’un montant de 2.500.000 FCfa en nature et un accompagnement d’une valeur de 2.500.000 FCfa est revenu aux « Gourmets, plateforme agro-alimentaire en ligne ». Enfin, le troisième, composé d’un montant de 1.500.000 FCfa et un accompagnement technique de 2.500.000 FCfa, a été remporté par « Dakar lives, une plateforme créative et un hub culturel ».

Ibrahima BA

Les amazones 2.0 du genre

13 Mar 2018
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Il faut sortir d’un cercle pour en voir le tracé. C’est une vision qui peut être appliquée à la présence digitale des femmes au Sénégal. Avec 9 millions d’abonnés à l’internet mobile, le Sénégal est dans la locomotive du train numérique africain fort de ses 170 millions d’utilisateurs des réseaux sociaux (d’après une étude de we are social parue en février 2017). Dans le détail, il y a 35 millions d’utilisateurs de Facebook et 6 millions d’Instagram en Afrique de l’Ouest. « Où (en) sont les femmes », chantait l’indémodable Patrick Juvet. Elles brillent par leur présence dans le digital même s’il n’existe pas encore d’étude spécifique couvrant tout le secteur. A travers une galerie de portraits et une rencontre digitale, nous avons effectué un choix subjectif de femmes dont l’activité professionnelle et économique est symbolique de l’avancée du genre dans le digital au Sénégal.

Par Moussa DIOP

BITILOKHO NDIAYE, L’AMBASSADRICE DU GENRE
Bitilokho NdiayePlus jeune, Bitilokho Ndiaye rêvait d’être ambassadrice ou journaliste afin de « se battre pour créer un monde juste et équitable ». Elle a trouvé le digital comme catalyseur de ses principaux rêves.

« Un engagement personnel au renforcement de la participation des femmes dans le domaine du numérique en tant que consommatrices mais aussi créatrices et innovatrices ». En résumé, c’est ce qui fait courir Bitilokho Ndiaye, la passionnée du digital aux nombreuses activités. Elle occupe le poste de conseillère technique chargée des questions de genre au Ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique. Pour ne pas travailler dans la vie, il faut, paraît-il, faire de sa passion son labeur. La présidente de Festic (l’Association des femmes sénégalaise dans les Tic) l’a bien comprise et mis en application en réunissant ces deux passions : effacer les inégalités de genre et le développement du digital au Sénégal. « Le ministère a pris les questions du genre comme priorités dans les politiques du secteur du numérique avec l’objectif du renforcement de l’accès et des capacités des femmes dans ce domaine », plaide celle qui est également chargée de projet en genre et numérique.

Champs à investir
Dans le monde, il y a moins de 30% de femmes travaillant dans le domaine des technologies (selon les chiffres de l’Union internationale des télécoms). « Au Sénégal, l’intégration du genre dans le domaine des technologies montre qu’elles sont plus nombreuses que les hommes dans un métier comme informaticienne (+80%), se réjouit Bitilokho Ndiaye. En revanche, les femmes sont moins présentes dans le développement d’applications, la gestion des données. Il y a nécessité de renforcer les compétences ». La conseillère au ministère des Télécoms investit dans l’organisation de la journée internationale des filles dans les Tic pour « développer des vocations » chez les plus jeunes. « C’est pareil quand nous invitons les filles lors de journées portes ouvertes dans des entreprises du numérique, poursuit Bitilokho Ndiaye. L’organisation du concours « Djiguèn Ci Tic » avec la présentation de projets innovants pour régler des questions socioéconomiques. Les meilleurs projets sont sélectionnés, accompagnés et financés ».

Hyper connectée
Le combat de Bitilokho Ndiaye est d’amener l’Etat sénégalais ainsi que les pouvoirs publics et privés à intégrer le genre dans toutes les politiques du domaine du numérique. C’est important car le Sénégal fait partie des leaders en Afrique dans « la participation du numérique au Pib avec 3,5% ». « Hyper connectée », Bitilokho Ndiaye publie, commente et gère « quatre pages dans le domaine du genre et des Tic, une plateforme de femmes dans le domaine du digital sur WhatsApp ». Convaincue que le Digital offre beaucoup d’opportunités, « c’est devenu incontournable car 95% des emplois y sont liés ».

Pourtant, elle était loin de l’univers des technologies dans son cursus universitaire. D’une formation de sociologue, elle s’est très tôt intéressée aux questions d’équité sociale. « Enfant, je ne m’expliquais pas certaines inégalités liées à la place de la femme dans la société sénégalaise. Je ne voyais pas beaucoup de femmes dans nos institutions politiques. C’est ce qui m’a amenait à la sociologie », explique celle qui est née dans une famille thièssoise où l’engagement citoyen est « la chose la plus partagée avec un papa qui avait créé une association dénommée «Ndibeul djabot» pour les jeunes en rupture scolaire». Un engagement qui l’a amenée «naturellement» vers les nouvelles technologies.

Moussa DIOP

MOUSSOUKORO DIOP, LA « DIGITAL ADDICTED »
Moussoukoro Diop 2Tumblr, Instagram, Twitter, Facebook, Youtube… Moussoukoro Diop ne vit que pour les réseaux sociaux. Entrée dans l’univers du digital depuis 2012, la jeune bloggeuse fait partie aujourd’hui de ceux qui font bouger l’écosystème des Tic au Sénégal.

Elle est du lot de ces personnalités phares de l’univers des réseaux sociaux au Sénégal. Moussoukoro Diop incarne une figure de proue du digital. Depuis quelques années, la jeune femme a eu l’idée de marquer son empreinte dans le monde des Tic. Sur les plateformes Twiter et Instagram, elle est l’un des Sénégalais les plus suivis. C’est d’ailleurs ce qui lui a permis d’être placée, en décembre 2016, d’après « Jeune Afrique », dans le Top 9 des personnes les plus influentes sur Twitter dans notre pays. Moussoukoro Diop a très tôt eu conscience de l’influence des réseaux sociaux. Lesquels ont fini par constituer un cheval de Troie dans sa lutte pour la « scolarisation des jeunes filles » ainsi que les maltraitances subies par les femmes. « Mon activisme au féminin m'a poussée à créer, pour le réseau des blogueurs du Sénégal, la plateforme « Jigeenu Sénégal » pour rendre hommage à toutes ces femmes anonymes. Ayant été toujours sensible à la solidarité féminine, j'ai lancé Digital Mousso pour regrouper toutes ces femmes qui s'activent dans différents domaines du digital afin de s'entraider et de révolutionner encore  plus ce milieu », soutient-elle.

Moussoukoro se sert aussi des pouvoirs du numérique pour vendre la destination Sénégal. Ses pages sont peuplées de belles images vantant les merveilles du « Pays de la Téranga ». « Je suis très attachée à mon pays, à ma culture et je le véhicule dans mes messages et mes actes, car nous sommes tous des ambassadeurs de nos terres », explique celle qui se définit comme une digital « addicted ».

L’Ingénieur en informatique vit et consomme sans modération les Tic. « Je ne me lasse pas d'aller apprendre pour en savoir encore plus. J'aime toutes ces belles connexions et interactions qu'offre ce domaine », souffle-t-elle. L’histoire d’amour entre cette jeune femme et le monde virtuel du Net a débuté en 2012 lorsque quelqu’un lui propose de travailler comme « community » manager. « Entre nous, j'ai entendu « Manager », je me croyais déjà directrice (rires). Je ne connaissais rien du milieu mais lui me disait que j'avais tous les atouts pour gérer ce gros client. J'ai stressé des jours et je ne dormais plus car il fallait que je prouve qu'il a eu raison de me choisir », raconte-t-elle. En qualité de « community manager », elle fait l’animation de communauté sur son compte Facebook en filmant et en photographiant tout ce qui se passait, surtout pendant les manifestations postélectorales. Avec une équipe de jeunes, Moussoukoro Diop va démarrer la communication digitale pour le n°2 de la téléphonie mobile au Sénégal et bousculer les réseaux sociaux grâce aux mécanismes remplis de fun qui seront mis en place.

Ibrahima BA

ROKHAYA SOLANGE NDIR, LA COMMUNITY MANAGER DU « MADE IN SÉNÉGAL »
Rokhaya NdirVice-présidente de l’Association des femmes sénégalaises dans les Tic (Festic), Rokhaya Solange Ndir a une activité digitale (professionnelle, citoyenne et personnelle) très remarquée.

Mariée et mère de 4 enfants, originaire de Saint-Louis, Rokhaya Solange Ndir évolue dans le domaine des télécoms depuis 2002. Pendant 10 ans, elle a occupé différents postes au sein de la Direction Marketing de Sonatel avant de rejoindre les équipes en charge de la Responsabilité sociale d’entreprise. Elle pilote actuellement les relations avec les écosystèmes numériques. « La transformation digitale représente de nouvelles opportunités de développement économique et sociale, de transformation des métiers et d’offres d’emplois », pense-t-elle.

Un monde masculin
« Moteur d'un changement radical », le numérique a le « potentiel d'autonomiser des millions de personnes tout en fournissant aux entreprises des potentialités inégalées de création et de capture de plus de valeur ». Cette vision du numérique permet à Rsn d’avoir la conviction que « les femmes en tant que partie prenante de la société » ont pleinement leur rôle à jouer dans cette transformation digitale. Cependant, rien ne leur est servi sur un plateau d’argent car « le monde du numérique reste encore très masculin, même si les quelques femmes qui évoluent dans le secteur sont bien accueillies ». C’est un domaine qui a la particularité d’être « un outil au quotidien » et de création d’entreprises « communément appelées start-up ».

Ouverte sur le monde
Une caractéristique qui fait dire à la native de Ndar qu’il « est important que les femmes s’organisent au travers d’associations, de Networking, de monitoring afin que les plus aguerries puissent faire un transfert de compétences vers les autres ». Celle qui pilote les relations avec les écosystèmes numériques à la Sonatel est de nature à s’ouvrir aux autres. « J’aime beaucoup le contact avec les personnes », résume-t-elle. A travers le digital, Rokhaya Ndir échange « à grande échelle » avec le monde à travers le web 2.0. C’est le cas pour « sa passion du "Made In Sénégal" à travers l’animation d’une page Facebook et d’un compte instagram ». Ainsi, elle touche un « public national et international et surtout reçoit un feedback très positif et fait connaître la destination Sénégal ». Une femme digitale qui n’a rien à envier aux « millennials ».

M. DIOP

ROSE DIATTA, LA GEEK
Elle adore les « Story telling ». Cela tombe bien, sa vie en est une marquée par un « happy end ». Malgré les obstacles, la jeune bricoleuse, adepte de technologie et de technique, souhaite devenir ingénieur des télécoms.

Diplômée en Informatique industrielle et réseau en 2015, Rose Diatta (28 ans) a un parcours académique « naturellement » orienté vers « le métier d’ingénierie » dans les télécoms. « La série S2 me prédestinait vers une telle orientation. D’autant que plus jeune, j’aimais bricoler et avec une sœur ainée informaticienne, j’ai dû choper les ondes hertziennes en l’assistant quand elle travaillait à la maison », sourit-elle.

Commerciale
La suite fut moins joyeuse. « A cause de l’absence de proposition de travail après ma licence, j’ai dû, pendant 3 années, me reconvertir en commerciale dans diverses structures (des imprimeries et un call center). Tous les hommes de ma promotion (12) étaient déjà en poste. Seules les filles (2) étaient toujours à la recherche d’un emploi en adéquation avec notre formation commune ». Elle vante les mérites et l’esprit de son employeur qui a su lui donner sa chance. C’est pour cela qu’elle se définit en « WAW Girl » en référence à « WAW Telecom, un fournisseur d’accès internet 100% africain made in Sénégal ». Rose Diatta veut saisir la chance qui lui est offerte (« c’est un stage qui doit déboucher sur une promesse d’embauche », fait-elle savoir) d’exercer une activité professionnelle dans son domaine de prédilection. «  Comme tous les hommes à ce poste, je passe des heures devant un écran à « monitorer » le réseau », ajoute-t-elle.

La jeune femme n’hésite pas à parler de ségrégation qui serait due à « une incompréhension » sur ce poste technique. « Nous sommes aussi capables et gérons aussi bien voire mieux le stress des dépannages rapides », revendique-t-elle.

plutôt Geek que Digital
Elle est plutôt Geek que Digital car elle met la main dans le cambouis technologique. « Je ne suis pas une blogeuse et ne suis pas réellement à l’aise dans le rédactionnel, mon rôle va au-delà du terme digital. Je supervise le réseau, dépanne et assiste les éventuelles défaillances des signaux ». C’est une manière de montrer sa compétence dans ce secteur qui compte « 44% de femmes parmi les ingénieurs télécoms sortant » chaque année. Rose Diatta est consciente des efforts à faire pour combler la « fracture du genre » au Sénégal qui « dépasse de loin le seul secteur du numérique ». Ainsi, elle projette d’allier travail et étude pour faire les deux ans de formation qui lui sont nécessaires afin de devenir ingénieur en télécommunication.

Moussa DIOP

NDEYE FATOU NDIAYE BLONDIN DIOP : REINE DE LA MONÉTIQUE
Ndeye Fatou BlondinSur Facebook, dans une de ses publications où elle apparaît majestueuse avec une belle tenue traditionnelle, comme souvent, Ndèye Fatou Ndiaye Blondin Diop, parlant d’elle, dit ceci : « Une femme sénégalaise en mode "drianké" au son des chants Ngoyane ». Chanter les vertus et la conscience du « terroir » sur un support numérique, ce n’est pas une divergence. Cela montre, au-delà des mots, une facette de la personnalité de celle que les honneurs, sous d’autres cieux, et l’enviable trajectoire professionnelle pouvaient griser. Quand elle recevait une formation d’ingénieur en télécommunication, il n’y avait pas beaucoup de femmes qui s’aventuraient dans cet univers de brillants esprits.

L’ancienne ministre des Technologies de l’information et de la Communication sous le président Abdoulaye Wade marche dans une allée de grâce qui lui vaut le respect des siens et de l’« ailleurs ». Cette spécialiste des politiques numériques a été ingénieur en recherche et développement au sein du groupe Orange France. Son expertise a aussi été utile en Afrique centrale où elle a été consultante de politique numérique. Elle continue d’apporter sa contribution dans ce secteur du présent et de l’avenir d’une Afrique que sa créativité et de celle qui se meuvent dans ce « cosmos » pourrait faire sauter des étapes intermédiaires.

Mme Diop Blondin est, aujourd’hui, consultante en E-santé pour l’Union internationale des Télécommunications, coordinatrice du projet BeHealthyBemobile. L’ancienne présidente du Collège de l’Autorité de régulation des Télécommunications et des Postes est la directrice générale de l’innovant groupe « Monétis », société opérant dans la monétique. Membre de la plateforme « Avenir Sénégal Bii nu Bëgg », elle est aussi d’une grande noblesse d’âme. Son action utile et discrète en faveur des programmes de développement des femmes à Mbour en est une parfaite illustration. Son inspirante œuvre en cours abat les cloisons construites sur le genre et celles-là entre l’action citoyenne (partant de ses performances dans son champ de prédilection) et l’engagement politique.

Alassane Aliou MBAYE

NAFISSATOU NDIAYE DIOUF, SPECIALISTE DES RELATIONS PUBLIQUES ET COMMUNICATION : « LE NUMÉRIQUE MET TOUT LE MONDE SUR UN PIED D’ÉGALITÉ »
Elle a travaillé presque sur tout le continent africain, comme reporter ou directrice de Communication et des Relations publiques. Nafissatou Ndiaye Diouf, ancienne reporter de AP, est désormais consultante pour de nombreux projets en Afrique, avec son agence qu’elle a fondée.

Qui est Nafissatou Ndiaye Diouf ?
Nafi NdiayeVaste question ! Je ne sais pas si je saurai y répondre moi-même ! Je crois qu’on pourrait dire pour commencer que j’aime être là ou l’action se déroule, j’ai peut-être gardé cette « déformation professionnelle » de mon expérience de reporter à l’Agence de Presse Américaine (AP). J’ai toujours aimé bouger, voyager pour aller explorer de nouveaux horizons. Cela a commencé avec mon départ pour l’Angleterre où je suis partie étudier les langues étrangères appliquées, (notamment l’Anglais et le Russe). À l’université, j’évoluais dans un environnement très cosmopolite et ça m’a ouvert les yeux et l’esprit sur un monde de possibilités.

Puis j’ai souhaité revenir au Sénégal. Pas seulement parce que c’était chez moi, mais parce que beaucoup de choses s’y passent et que je sentais que  je pouvais avoir un rôle et une modeste contribution à apporter. Au gré des missions, comme reporter ou directrice de Communication et des Relations publiques, j’ai travaillé plus ou moins sur tout le continent africain, puis peu à peu je me suis concentrée sur l’Afrique francophone et l’Afrique de l’Ouest en particulier. J’ai eu l’opportunité d’effectuer des missions de relations publiques et de communication, surtout à un niveau institutionnel pour de grandes initiatives de développement, mais aussi pour des multinationales comme GSK, La Fondation MasterCard, Standard Bank, Samsung, Visa, la Rockefeller Foundation qui s’implantaient sur le Continent ou voulaient renforcer leur visibilité par des opérations de relations publiques de haut niveau.

 Je suis ravie d’avoir pu « faire mes armes » sur des projets très importants et d’avoir eu à relever des défis auprès de publics aussi variés. C’est comme ainsi que, chemin faisant, j’ai découvert que j’avais des aptitudes pour piloter des projets et injecter mon esprit d’initiative dans un travail d’ouverture et de construction d’images. C’est d’ailleurs cela qui m’a donné envie de créer ma propre agence.
  
Pourquoi avez-vous choisi le digital comme support de travail ?
 Au départ, c’était parce que c’était le seul média qui permettait d’être en contact tout le temps, partout, avec tout le monde. On pouvait avoir accès aux quatre coins du monde avec un écran. C’était assez séduisant comme concept. Et puis rapidement, tout allait plus vite, plus loin, plus fort. Quel extraordinaire vecteur Internet représente quand on a pour métier de communiquer et d’adresser des messages !  Et puis naturellement, c’est le monde entier, les médias, les industries, la technologie qui sont entrés dans l’ère digitale. La révolution numérique s’est opérée très vite. Et tous les jours, elle continue d’ouvrir de nouvelles portes et de créer de nouvelles possibilités. C’est à la fois fascinant et très excitant. Regardez toutes les start-up qui se sont créées autour des applis, les projets qui ont été financés sur le Net, les frontières qui sont tombées grâce au numérique. On ne cherche plus du travail en se rendant en costume à un salon de l’emploi, on se connecte !

C’est le monde qui a changé, je crois. Internet est devenu la langue commune à tous les peuples du monde, c’est une langue que tout le monde parle. La preuve en est que dans les pays qui censurent, la première chose qui est mise sous séquestre c’est Internet. Non, je dirais que je suis une professionnelle de mon temps, j’ai appris à porter ma voix avec de nouvelles technologies, c’est tout.
 
Avez-vous été confrontée à des difficultés dans ce secteur parce que vous êtes une femme ? 
Je n’ai jamais vu le fait d’être une femme comme un frein ou une difficulté. Au contraire, je suis une femme de défis, j’aime être là où on ne m’attend pas. Vous savez, que ce soit reporter en zones de crises ou consultante dans des réseaux institutionnels, les univers dans lesquels je me suis formée étaient plutôt des univers d’hommes ! Alors être une femme dans ces univers-là m’a poussé à m’affirmer davantage et à sortir de mon cocon et j’en suis bien heureuse. Quant au secteur numérique, il a cette particularité qu’il met tout le monde sur un pied d’égalité : hommes, femmes, diplômés, autodidactes… Vous avez vu le nombre d’adolescents devenus millionnaires avec Internet ! Non, je crois qu’à la condition que vous sachiez de quoi vous parler, que vous connaissiez la technologie et que vous sachiez où vous voulez aller, le numérique est plutôt confortable.

Quelles sont les solutions que préconise « Missions Ponctuelles », que vous venez de lancer, pour l’intégration africaine par le travail ?
Missionsponctuelles.com, c’est la toute première plateforme de collaboration professionnelle qui met en relation des travailleurs indépendants, jeunes diplômés en Afrique de l’Ouest francophone avec des entreprises à la recherche de talents. J’ai lancé ce projet avec comme objectif de créer la plus grande base de données de talents de la sous-région ouest-africaine afin de permettre aux jeunes diplômés, mais aussi aux consultants plus expérimentés, de proposer leurs expertises sur le marché africain et au-delà. En Afrique francophone, il y a un « boom » technologique qui est en train de se passer. Les entreprises qui s’implantent, startups, les PME ont un potentiel énorme et des besoins en ressources humaines de qualité. Ce qu’ils cherchent ce sont des experts qualifiés, indépendants, volontaires, prêts à prouver leurs talents ; Missions Ponctuelles est l’outil par excellence qui leur permettra de briller. Ce ne sont pas forcément des postes à temps plein ou durée indéterminée, mais des missions, des projets ponctuels, qui seront un tremplin pour lancer leur carrière.

Cette nouvelle génération, souvent polyvalente, ne demande qu’à prouver sa valeur sur des missions… ponctuelles ! C’est ce qui s’appelle mettre le pied à l’étrier. Il ne faut pas oublier tous les séniors qui, par choix, souhaitent faire valoir leurs compétences en utilisant le digital.

Propos recueillis par M. DIOP

La transparence trahie

13 Mar 2018
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La vie privée n’est pas une parenthèse dans l’histoire de l’humanité qui s’achève avec la révolution numérique marquée par des entorses à ce sacro-saint droit sur les réseaux sociaux. Les dérives numériques détournent la transparence – « un instrument contre le despotisme opaque des pouvoirs » (selon Denis Olivennes qui traite, avec Mathias Chichportich, du sujet dans le livre « Mortelle transparence », Ed. Albin Michel, 2018) – pour en faire l’outil d’une chasse à l’homme. Au Sénégal, avoir un jardin secret n’est pas toujours synonyme de liberté mais d’une « suspicion d’atteinte à la morale ». C’est en contradiction avec nos sociétés ancestrales où le « Mbagne gathie » est un élément essentiel parmi les structures de l’habitat traditionnel. Dans le vade-mecum des dangers du digital, le désir de transparence est en bonne place. Désormais, tout savoir sur tout et tout le monde ne choque plus.

L’exigence de transparence est une vertu en politique. Ailleurs en société, elle peut être ce « despotisme sournois » dont parlait Tocqueville. Dans nos entreprises, au bureau, dans les usines, les écoles, les familles, on s’épie entre collègues pour nuire. Dans ces stratagèmes malsains, les Tic sont détournées pour être de bons chevaux de Troie. On n’est plus dans un désir de transparence mais celui de trahir.

Par Moussa Diop

Il y a des périodes comme celle que nous connaissons actuellement où l’on est particulièrement fière d’être africain. Non pas parce qu’en d’autres temps on l’est moins, mais tout simplement, depuis quelques années, l’Afrique emprunte les voies qui la mènent au développement avec audace et innovation ! Cette innovation, elle en est l’acteur principal, guidée par la volonté farouche d’une jeunesse (Diaspora et locaux confondus) de participer à la construction du monde de demain. Pas une journée ne passe sans que l’on vous dise que le continent africain est celui de l’avenir, tous les grands événements locaux, nationaux et internationaux font la part belle à l’Afrique. De la littérature à la Tech en passant par la mode, l’Afrique est de rigueur avec un grand changement : on parle d’Afrique, de son avenir mais maintenant on le fait avec les Africains eux-mêmes, qui prennent la parole et démontrent au monde ce que l’Afrique est aussi ! Sans aucun doute, un continent avec ses réalités et ses difficultés mais surtout une source d’espoir et de talents. Le numérique est venu comme un accélérateur amplifier cette révolution en marche sur le continent.

J’aimerai donc partager avec vous deux événements qui m’ont marqué ce mois-ci. D’abord, le Global Startup Week-end Women que nous avons porté à Paris pour encourager l’entrepreneuriat féminin. 54h pour mettre sur pieds un projet de start-up et le « pitcher » sous le regard bienveillant d’un jury, avec en ligne de mire la grande finale qui se tiendra à Paris en mars. Quelle fût ma fierté de voir s’aligner les noms de villes africaines qui organisaient en simultané le GSWW ! Alger, Antananarivo, Bamako, Dakar, Douala, Durban, Oran et Tunis. Les start-upeuses africaines aussi prennent le pouvoir ! Enfin, ma rencontre avec Momar Diop, serial entrepreneur franco-sénégalais, à la tête de la start-up Africa Digital Native (ADN) incubée à la Station F, temple de l’innovation à Paris. Momar et son équipe créent et commercialisent des solutions soft engineering adaptées aux problématiques et aux marchés africains, donc à économie africaine. Ces outils destinés notamment aux banques et aux assurances font la promesse de réinventer la relation avec le client. Ces deux temps forts démontrent que l’Afrique est dans le Game aux côtés des pilotes internationaux de l’innovation. Nous suivrons donc avec intérêt les acteurs africains les prochains rendez-vous de l’innovation.

Madi SEYDI, Head of digital basée à Paris

A l’occasion du Mobile World Congress, Mastercard a annoncé qu’elle utiliserait Facebook Messenger pour offrir aux petites entreprises d’Afrique et d’Asie la technologie dont elles ont besoin pour accepter les paiements électroniques et mobiles.

L’accès aux paiements numériques aidera ces entreprises à se positionner sur de nouveaux marchés et à débloquer des services et produits financiers qui leur permettront d’accroître leurs revenus. C’est au Nigeria que Mastercard lancera le programme Messenger en pilotant un nouveau Masterpass QR bot pour aider les dirigeants d’entreprises à passer des transactions en espèces aux paiements par code QR. Ecobank et Zenith Bank soutiendront ce programme inaugural. Le projet pilote au Nigeria n’est que la première phase d’un plan plus vaste de ces deux entreprises visant à intégrer davantage d’entreprises dans l’économie numérique. D’après une étude réalisée par The Fletcher School et Mastercard Center for Inclusive Growth, 98% des 301 milliards de dollars de mouvements de fonds provenant des consommateurs vers les entreprises au Nigeria sont encore effectués en espèces.

Les Adicomdays, une rencontre pour mettre en lumière la créativité digitale de la jeunesse africaine, dont 86% a accès à Internet, ont récompensé, le 2 mars à Abidjan, sept lauréats lors de la remise des prix « Adicom Awards ». 

Les lauréats viennent de la Côte d’Ivoire (5), du Nigéria (1) et du Cameroun (1) et ont été primés dans le domaine de la culture, du food, de l’impact social, de la mode et de la beauté, des influenceurs tech, du voyage, des jeunes talents. Il y a eu également un prix spécial AdicomAwards (Côte d’Ivoire).

Présentée par TV5Monde et co-organisée par Veilleur des Médias, expert du suivi et de l’analyse de la presse et du web, ainsi que par Totem Expérience, en présence du ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Poste, Monsieur Bruno Koné, la soirée a récompensé les « influenceurs » dans différentes catégories (entre autres culture, gastronomie, voyage et technologies) au Cinéma Majestic du Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire. Rappelons qu’en Afrique plus de 840 millions de jeunes de moins de 25 ans vivent une transformation digitale sans précédent.

81% de la population possède un téléphone mobile – soit 995 millions d’individus. Cette transformation digitale peut contribuer de façon décisive au développement du continent. Les « influenceurs » récompensés participent activement à la créativité digitale du continent africain. À travers cette initiative, les lauréats sont mis en relation avec les marques pour d’éventuelles collaborations.

Le projet Jokkokids, impulsé par le programme Jokkolabs, un espace de travail collaboratif dans l’innovation ouverte, a accompagné près de 800 enfants. Le but, stimuler leur créativité avec le numérique.

Le développement du numérique s’est amorcé et annonce de nouveaux défis. Au Sénégal, 21,7 % de la population ont accès à Internet. Ce sont des enjeux importants pour la diffusion du numérique autour de la problématique : comment prétendre à l’égalité des usages et la maîtrise des outils ?

Pour l’espace de travail collaboratif dans l’innovation ouverte, Jokkolabs, les nouvelles technologies ouvrent de nouvelles voies et les enseignants constituent ainsi la pierre angulaire d’une éducation renouvelée et adaptée. Jokkokids propose d’y associer la qualité des animations périscolaires en fédérant des animateurs, clés de voûte du continuum à opérer entre l’école et « dehors », et entre les outils numériques et les apprentissages, pour accompagner les enfants d’aujourd’hui à devenir des adultes accomplis.

Après deux années de fonctionnement, le projet Jokkokids, sous l’impulsion du programme Jokkolabs, a accompagné près de 800 enfants. Initié en 2016, avec le soutien de la Fondation Osiwa, Jokkokids est un projet pluridisciplinaire open-source et un réseau d’innovateurs, animateurs et organisations qui développent des opportunités éducatives afin de stimuler la créativité des enfants par l’usage des technologies, en lien avec l’expression de soi, au sein d’une démarche inclusive. Après cette phase expérimentale, l’idée de ce programme, a expliqué Fatoumata Niang Niox, directrice exécutive de Jokkolabs Sénégal, c’est de préparer les compétences des enfants pour le futur. Pour cela, elle a fait savoir, au cours d’une conférence de presse, samedi : « Nous sommes allés sur trois champs d’action : le numérique qui est une valeur sûre de nos jours, le développement de l’expression de soi et les potentiels en termes de fabrication ». Ces trois champs, par leur transversalité, ont été mis ensemble pour faire Jokkokids. Une fois le programme en marche, « nous avons mis en place des Kidslabs qui sont des espaces pour accueillir des enfants de 6 à 12 ans pour les préparer aux métiers du numérique », a détaillé M. Niox, relevant que beaucoup de séances de programmation simple pour les enfants ont été faites. S’y ajoutent des sessions sur la fabrication avec du matériel recyclé à utiliser pour en faire un micro, une voiture ou un petit hélicoptère. Autre volet du projet, le développement de l’expression de soi qui passe par la danse, l’écriture. « On s’est beaucoup focalisé sur l’écriture parce que les ateliers créatifs sont importants, car stimulant toute la créativité de l’enfant », a souligné Fatou Niang Niox. En règle générale, ces Kidslabs reçoivent les enfants pendant les week-ends ou les vacances scolaires. Un aspect du projet sur lequel la directrice exécutive a insisté, c’est celui du volet social qu’elle a jugé « très important avec l’implication des enfants vulnérables ».

Au-delà du Kidslabs, le projet a développé beaucoup d’activités nomades, notamment au Samu social, à l’Institut français de Dakar où des enfants de la rue ont été invités grâce au partenariat avec l’association « Help the street children ».

Le projet Jokkokids, c’est aussi des interventions dans les régions comme Kaolack et Ziguinchor.

Après deux années d’expérimentation, Jokkolabs Sénégal entend pérenniser Jokkokids en l’intégrant dans le système éducatif national.

E. Massiga FAYE

La compétition « mYouth 2.0 » Sénégal vient d’être lancée. La structure Mobile4Senegal encourage ainsi les développeurs et entrepreneurs évoluant dans le mobile au Sénégal à soumettre leurs projets à la compétition internatinale mYouth 2.0.

Le projet « mYouth 2.0 – mobile, young, opportunity, unity, technology, help » est un projet qui entre dans le cadre du renforcement des capacités des jeunes dans le domaine du mobile », renseigne un communiqué. Le projet est cofinancé par le programme Erasmus de la Communauté européenne et conduit par mladiInfo international. Il implique des organisations et des jeunes de douze pays : Autriche, Ghana, Hong Kong, Kenya, Macédoine, Philippines, Pologne, Sénégal, Roumanie, Singapour, Tanzanie et Vietnam. Avec mYouth 2.0, informe le document, les participants vont utiliser leurs compétences en développement mobile et en acquérir de nouvelles dans un contexte international. Des informations complémentaires sur mYouth 2.0 sont disponibles sur : http://myouth.eu.

Dans sa démarche, mYouth 2.0 fournit un espace privilégié où les participants vont prendre part à des compétitions mobiles locales et représenter leur pays au niveau international. Les partenaires de chaque pays vont mettre en place ces compétitions. La compétition mYouth 2.0 du Sénégal est organisée par Mobile4Senegal (http://mobilesenegal.org, https://facebook.com/mobilesenegal).

Les meilleures équipes seront sélectionnées pour représenter le Sénégal, d’abord au Ghana pour un hackathon, puis en Macédoine pour une formation en business development et, enfin, en Autriche lors des European Youth Awards http://www.eu-youthaward.org (Catégorie mYouth 2.0). Ils bénéficieront d’un encadrement par des experts en technologie et en business development.

Selon le document de présentation, la compétition est ouverte jusqu’au 4 mars 2018 et les soumissions se font en ligne : http://bit.ly/myouth2sen. Des informations complémentaires sur la compétition sont disponibles sur : http://bit.ly/mythou2sensite.

Les applications mobiles seront évaluées selon les critères suivants : admissibilité, motivation de l'équipe, qualité de l'application mobile, innovation, impact social, potentiel commercial et durabilité.

E. Massiga FAYE

Des Sénégalais qui ne savent ni lire ni écrire en français ou même dans les leurs langues nationales peuvent avoir des renseignements sur les procédures administratives comme l’obtention des extraits d’état civil, les casiers judicaires ou encore sur la fiscalité. L’ingénieur Mamadou Diagne a développé une application qui facilite l’accès aux informations en mode hors connexion pour les usagers détenteurs de téléphone portable et de tablette sous Android.

L’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie) a décerné le Prix de l’Emergence au projet I-Citoyen à l’issue du concours « eGovlab Challenge ». Le projet, porté par Mamadou Diagne, permet à l’écrasante majorité des Sénégalais qui n’ont pas fréquenté l’école des Blancs d’avoir accès aux informations administratives. Cette innovation lutte contre l’inclusion. Près de 54,6% de la population sénégalaise n’accédant pas aux informations administratives, l’ingénieur Mamadou Diagne a développé une interface avec des images emblématiques des services comme la justice, la finance, les actions sociales, le système sanitaire. L’objectif est de permettre à ceux qui ne parlent pas français et qui ne savent pas lire de se renseigner.

Tout citoyen détenteur d’un téléphone Smartphone ou d’une tablette sous Android est guidé par des messages vocaux dans sa recherche d’informations. D’emblée, l’utilisateur est invité à choisir la langue de sa convenance par les messages vocaux en wolof, sérère, pulaar. La grande innovation réside dans le fait que cette application fonctionne en mode hors connexion. « I-Citoyen aide les personnes à s’informer sur les procédures administratives en wolof, sérère, pulaar, mandingue, soninké, diola, hassaniya, balante mancagne, noon, manjack, bédik, saafi-saafi.

Tout est disponible en mode hors connexion », informe le porteur du projet.

L’ingénieur pense que le téléphone est l’un des moyens de communication qui aide  l’usager à mieux s’informer. C’est pour cela qu’il a choisi de le mettre au service de la démocratisation de l’accès aux informations administratives. « Avec un taux de pénétration qui est estimé à 116,71% et un parc de téléphonie mobile de 15.765.524 lignes en 2016, le téléphone mobile reste le meilleur vecteur pour l’accessibilité à l’information administrative », croit Mamadou Diagne. La pertinence de cette application n’est plus à discuter. La demande est forte au regard du nombre de Sénégalais qui cherchent des renseignements à distance sur le portail des procédures administratives. « Le portail des procédures administratives est l’un des services les plus innovants de l’État du Sénégal avec un nombre record de visites, dans une société de l’information où l’accès à l’information administrative est un droit. I-Citoyen veut être le futur partenaire de l’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie) pour réduire les inégalités liées à l’accès à l’information », souhaite M. Diagne. L’utilité, l’état d’avancement du projet, entre autres, ont convaincu les membres du jury à attribuer le Prix de l’Emergence à Mamadou Diagne pour la catégorie de « la Ville intelligente ».

Cette innovation est rangée dans la catégorie des outils et des approches qui améliorent la qualité de vie des citoyens dans des villes où ce n’est pas facile de se déplacer. Le concepteur et les autres membres de l’équipe (Marima Dos Santos, Sanou Coumba Faye) ont remercié le ministre en charge des Télé-services de l’Etat et l’Adie qui a initié ce concours considéré comme une vitrine des projets digitaux portés par de jeunes entrepreneurs sénégalais et de la diaspora. « C'est avec une grande joie que notre projet I-Citoyen a reçu le Prix de l'Emergence. Cette récompense prestigieuse est une vitrine pour nous, jeunes entrepreneurs sénégalais. Elle valorise notre travail, nous rend plus crédibles auprès des banques et des investisseurs. En effet, il est très difficile de rivaliser avec les grandes multinationales qui nous écrasent très souvent », confie Mamadou Diagne.

L’équipe réfléchit à élargir l’offre de services. Elle souhaite être l’interface entre les Sénégalais de la diaspora et l’administration sénégalaise. L’ingénieur a constaté que des Sénégalais de l’étranger ont tous les problèmes pour avoir des papiers administratifs. Mamadou Diagne et ses camarades comptent donc lever cette contrainte. Mais, pour cela, il faudra nouer un partenariat avec des services de l’Etat comme l’Adie et le ministère de l’Intérieur.

Idrissa SANE

Le recteur de l’Ugb, Pr Baydallaye Kâne, a lancé le projet «Saint-Louis Numérique 2025» dans les locaux du Conseil départemental de la vieille ville. Ce projet évalué à plus de 17 milliards de FCfa va doper l’économie de la région de Saint-Louis.

Saint-Louis dispose désormais d’un projet numérique. Il a été lancé par le recteur de l’Université Gaston Berger (Ugb), le Pr Baydallaye Kâne, en présence du président du Conseil départemental, Me Moustapha Mbaye, des représentants des ministères de l’Enseignement supérieur, des Télécommunications, du directeur de l’Agence régionale de développement (Ard) Ousmane Sow, de l’adjoint au maire de Saint-Louis, Balla Guèye et de plusieurs élus locaux. Le coordonnateur de ce projet, Pr Ousmane Thiaré de l’Ugb, a rappelé que Saint-Louis Numérique 2025 est un projet de développement territorial. Il est  axé sur l’économie numérique avec des résultats qui vont impacter le développement économique et social des collectivités locales du Nord du Sénégal. L’objectif principal du projet est de doper la croissance économique et d’améliorer le bien-être des populations. Le numérique, a-t-il précisé, est un véritable outil de transformation économique et sociale. « C’est un accélérateur de croissance économique à travers la diffusion et la transformation », a expliqué M. Thiaré. L’Université Gaston Berger de Saint-Louis, à travers le Centre d’excellence africain en mathématiques informatiques et technologies de l’information et de la communication (Cea-Mitic), a initié la réflexion en mai 2016 lors d’un atelier d’élaboration du plan stratégique « Saint-Louis Numérique 2025 (Sln/2025) ». La rencontre avait réuni les représentants des collectivités locales concernées par le projet que sont les départements de Dagana, de Podor et de Saint-Louis ainsi que les 38 communes de ces trois départements.

Potentiel scientifique et technique
Au sortir de cet atelier, un certain nombre de projets avaient été proposés pour constituer le socle du plan stratégique Sln/2025. De l'avis du Pr Ousmane Thiaré, il convient à présent de démarrer cet ambitieux programme. Pr Baydallaye Kâne a, à son tour, laissé entendre que l’initiative du Cea/Mitic de l’Ugb de faire bénéficier la région nord de son immense potentiel scientifique et technique est naturelle. « C’est aussi un devoir », a-t-il souligné. Le recteur a lancé un appel à tous les partenaires, à la tête desquels les collectivités locales, pour une mobilisation autour de ce projet qui va transformer qualitativement les conditions de travail et de vie des populations de la région de Saint-Louis. Il a rappelé que le projet vise le développement de la région de Saint-Louis à travers l’économie numérique à l’horizon 2025. « L’enjeu est de s’appuyer sur les Tic pour éclore et optimiser le potentiel des terroirs concernés, dans les secteurs tels que le tourisme, l’agriculture, l’élevage et la pêche », a-t-il signifié. Rappelant les possibilités que ce projet peut offrir, le recteur de l’Ugb a cité la création d’incubateurs, de pépinières d’entreprises et d’espaces de coworking pour l’emploi des jeunes en milieux urbains et ruraux. Il a aussi fait allusion à la possibilité de promouvoir un large accès au réseau Internet avec un très haut débit, l’aménagement d’espaces numériques et de faire de l’île de Saint-Louis un free wifi zone, de moderniser des collectivités locales par la dématérialisation des procédures administratives.

La réhabilitation, la restauration, la gestion du patrimoine, la gestion de l’information sur la pêche, la disponibilité de ressources pédagogiques, la mise en place d’une plateforme de tutorat en ligne, d’une plateforme de gestion de l’information médicale en local figurent en bonne place dans les perspectives de ce projet.

Mbagnick Kharachi DIAGNE


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