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Sciences et Technologies (156)

Le rapport  final  de l’étude sur l’actualisation du Service universel  a été présenté hier. Ce projet d’actualisation, confié au Groupement défis et stratégies/Titane conseil, avait pour mission de mener une étude sur le plan technique, économique, juridique et institutionnel afin de permettre une actualisation adaptée et cohérente de la stratégie d’accès au Service universel des télécommunications du Sénégal.

Pour  actualiser  le Service universel des télécommunications du Sénégal, une étude  a  été commanditée  et confiée au Groupement défis et stratégies. L’atelier de validation du rapport  final  de cette étude s’est ouvert, hier,  à Dakar, avec la participation des acteurs concernés. Selon le président du  Fonds de développement  du service universel des télécommunications (Fdsut), Aly Coto Ndiaye, la réactualisation du Service universel permettra, entre autres, de revoir  les limites de celui-ci, de  prendre en compte l’évolution des besoins et des technologies pour une meilleure qualité de service et lui donner davantage de poids en définissant clairement la vision et la stratégie globale pour le Fonds de développement du service universel.

A l’en croire,  la stratégie de Service universel devra être régulièrement contextualisée en fonction des évolutions technologiques et des besoins. Mais aussi pour une meilleure intégration des populations défavorisées dans le développement socio-économique afin de favoriser leur épanouissement. Toutefois,  a reconnu  Aly Coto Ndiaye, la bataille ne saurait être circonscrite à la seule stratégie ; il reste le défi de son financement. « Je voudrais attirer l’attention des uns et des autres sur le fait que l’année 2017  a marqué un tournant qui, sauf un réaménagement, risque de constituer une limite  dans l’expansion du Service universel des télécommunications. En effet, depuis sa création, la taxe sur le chiffre d’affaires des opérateurs téléphoniques pour le développement du  Service universel n’a rien versé dans les comptes du Fdsu », a déploré Aly Coto Ndiaye.

A  son avis,  cet infléchissement dans la courbe d’approvisionnement plonge le Fdsut  dans une situation de perplexité, d’incertitude et de questionnement. « Par nos soins, l’attention des décideurs  en charge des finances  a été attirée sur la question afin qu’une rectification soit apportée  pour permettre au Service universel de continuer sa mission dans les zones rurales et urbaines démunies. J’ose espérer que notre plaidoyer va prospérer au risque d’annihiler tous les efforts fournis jusque-là », a-t-il argué.

Le représentant de l’Union internationale des télécommunications (Uit) pour l’Afrique de l’Ouest, Ali Drissa Badiel a, remercié les autorités pour l’initiative prise  d’actualiser le Service universel  des télécommunications. Pour M. Badiel, le Service universel est plus qu’une nécessité, pour avoir des Tic inclusifs conformément à l’une des recommandations phares du sommet mondial sur la société de l’information.

Présidant l’ouverture des travaux de l’atelier de validation de l’étude sur l’actualisation du Service universel, le ministre  de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique,  Abdoulaye Baldé, a indiqué que le développement du Service universel des télécommunications met un caractère particulier à l’un des objectifs de la Stratégie Sénégal numérique 2025 et précisément l’axe stratégique numéro 1, relatif à « un accès ouvert et abordable aux réseaux et services numériques ».

De plus,  il  a souligné que l’actualisation du Service universel est en droite ligne des recommandations de la Cedeao et de l’Union internationale des télécommunications (Uit). A l’en croire, les politiques du Service universel ont généralement pour but de promouvoir ou de maintenir la connectivité universelle de tous les foyers aux installations et services de réseau public, à des prix abordables.

« Aujourd’hui, les moyens de communication se sont diversifiés et différents types d’infrastructures doivent être mises en service le plus efficacement possible pour permettre d’atteindre l’ensemble des populations visées. C’est ainsi que, depuis une date relativement récente, la définition de l’accès universel englobe les services innovants tels que l’Internet », a expliqué M. Baldé.

Pour  le ministre des Télécommunications, cette étude est le meilleur guide, un mode d’emploi pour mener, de manière efficiente, leur politique d’inclusion numérique. En ce sens qu’il appelle toutes les parties prenantes de la société de l’information : pouvoirs publics à travers surtout les responsables du Fonds de développement, membres du secteur privé et de la société civile, universitaires et experts techniques des organisations internationales. Il vise à encourager et à continuer d’accompagner les efforts allant dans le sens de la généralisation des usages numériques par les populations, surtout celles qui accèdent difficilement aux réseaux.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet des Centres multimédia communautaires (Cmc), le ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Économie numérique a remis, hier, des lots de matériels composés de radios communautaires, d’équipements informatiques et de systèmes solaires aux bénéficiaires de ce programme. Cet appui vise à réduire la fracture numérique.

Cette remise de dons est destinée à réduire la fracture numérique en mettant les Technologies de l’information et de la communication au service du développement des communautés, un peu en retrait dans ce domaine. Les Centres multimédia communautaires (Cmc), installés par le gouvernement du Sénégal avec l’appui de partenaires nationaux et internationaux, contribuent, de manière décisive, à la lutte contre la fracture numérique.

Pour le ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Économie numérique, Abdoulaye Baldé, un « Cmc, constitué d’une composante radio communautaire et d’une salle multimédia logées dans une même enceinte, occupe une place importante dans le réseau national des systèmes de communication ».

Ce projet, démarré depuis 2005, a permis la formation de plus de 1000 personnes en production radiophonique, en informatique, en multimédia et en gestion administrative, technique et financière des Centres. Le Sénégal compte, à ce jour, 49 Cmc répartis sur l’ensemble du territoire national avec l’implémentation en cours de huit autres. En sus, « neuf Cmc, déjà opérationnels, vont bénéficier d’un appui en équipements radios communautaires et informatiques », indique-t-il, tout en insistant sur les défis auxquels font face les Cmc. Ils sont surtout liés à la maintenance et à la vétusté du matériel. Dans un souci de pérennisation, son département a prévu d’organiser des visites et échanges au niveau des Cmc déjà installés, pour une meilleure prise en charge.

En outre, un atelier de restitution sera organisé, à cet effet, avec les parties prenantes afin d’élaborer, d’une part, un document de revue globale sur la situation des équipements et du personnel des centres et, d’autre part, un document d’étude de faisabilité pour la généralisation de ces centres dans toutes les zones rurales.

C’est pourquoi, pour la sélection des futurs bénéficiaires du programme, la tutelle privilégiera ces critères technico-sociaux : absence de services Cmc dans la zone, l’articulation avec la stratégie nationale « Sénégal numérique 2025 », la disponibilité de fréquence Fm de radio communautaire et la prise en compte des femmes, des jeunes, des personnes vivant avec un handicap et des populations défavorisées des zones rurales et péri-urbaines.

Parlant au nom des maires, Pape Aly Dièye, l’édile de Guéoul, voit, à travers cette action, une volonté de l’autorité centrale de promouvoir le développement des collectivités territoriales grâce à un accompagnement multiforme. Il a, par ailleurs, sollicité un accompagnement plus conséquent de l’Etat pour l’amélioration des conditions de travail du personnel des Cmc. Il lui semble opportun que les différentes sociétés nationales, dans le cadre de la responsabilité sociétale d’entreprise, soient d’un plus grand apport.

Alassane Aliou MBAYE

Les membres de l’Association des femmes sénégalaises Tic (Festic) veulent s’appuyer sur les nouvelles technologies pour aider leurs camarades à profiter des métiers du digital. Ainsi, le Festic annonce qu’une Maison, espace pour la formation de ces dernières dans divers domaines, sera bientôt fonctionnelle à Dakar.

Les membres de l’association des femmes sénégalaises Tic (Festic) ont procédé vendredi 06 juillet, à Dakar, au lancement de la Maison de la femme entrepreneur digital (Keur festic). La présidente du Festic, Bitilokho Ndiaye indique que cette maison existe déjà puisque l’association dispose d’un local. « Nous voulons seulement l’agrandir pour pouvoir offrir aux femmes des formations en numérique, en entrepreneuriat et en gestion financières », a soutenu Mme Ndiaye. Elle a indiqué que l’association a des partenaires qui sont prêts à l’accompagner pour qu’elle puisse offrir à ses membres des formations dans divers domaines. Elle a invité des femmes entrepreneurs à s’approprier de cette maison afin de bénéficier des opportunités qui seront mises à leurs dispositions.

Bitilokho Ndiaye est consciente cependant qu’il y a encore une réelle facture numérique qui touche des femmes en particulier analphabètes. « Pour utiliser le Tic, il faut savoir écrire et lire mais surtout maîtriser la langue française puisque beaucoup de contenus informatiques viennent d’ailleurs. Nous devons aider les femmes analphabètes à mieux connaître le numérique en français mais aussi dans leurs langues locales », a-t-elle souligné. Elle a ajouté que le Festic cible d’ailleurs les femmes qui sont dans la zone rurale et qui s’adonnent aux activités agricoles, à la pêche et au commerce, en essayant d’offrir à ces dernières des sessions de renforcement de capacités pour qu’elles utilisent le digital pour écouler leurs produits et participer à des activités économiques de leurs choix. L’association est en train aussi de travailler pour disposer d’une page facebook qui permettrait aux femmes de partager certaines informations. « Déjà beaucoup de femmes utilisent WhatsApp pour communiquer. Mais nous devons encadrer les femmes qui ne savent pas lire ni écrire à profiter des avantages du digital », a indiqué la présidente du Festic.

L’association est née en 2016 et compte 76 femmes membres qui exercent dans divers domaines. La présidente promet d’élargir l’association dans les régions en créant des antennes locales. En attendant, elle a invité les partenaires qui œuvrent dans la réduction de la facture numérique du genre à soutenir le Festic.

Eugène KALY

L’Assemblée des régulateurs de télécommunications de l’Afrique de l’Ouest (Artao) tient, depuis hier, à Dakar, sa 15ème assemblée générale. A l’heure des grandes unions régionales, l’Artao veut harmoniser les politiques et réglementations dans l’espace Cedeao afin de relever les défis liés, entre autres, à la cuber-sécurité, au partage d’infrastructures et à la protection des données au sein de la sous-région.

La réalisation des défis liés au développement et au partage d’infrastructures, la cyber-sécurité et la protection des données, la convergence numérique des réseaux et services, l’amélioration de la qualité et la réduction des coûts de la communication… ne peuvent se faire sans une harmonisation des politiques et réglementations dans l’espace Cedeao. C’est ce qu’a bien compris l’Assemblée des régulateurs de télécommunications de l’Afrique de l’Ouest (Artao) qui s’est engagée à coordonner le dialogue sur les politiques et les réglementations du secteur des télécommunications dans la sous-région ouest africaine. La 15ème assemblée générale de l’Artao, ouverte hier dans la capitale sénégalaise, a été une occasion de revenir sur ces défis mais aussi de se pencher sur des questions touchant à la transition numérique et la gestion du dividende numérique et la connectivité large bande (4G, 5G). L’objectif est d’œuvrer pour le renforcement de l’esprit de partage d’expérience et de prise de décisions communes profitables aux membres de cette organisation.

Le ministre sénégalais de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, qui a présidé la cérémonie d’ouverture, a souligné que l’Afrique doit mettre en place un environnement favorable pour accélérer le développement des infrastructures de télécommunications et des Tic. Lesquelles sont devenues un maillon « important » dans le processus d’édification d’une société de l’information inclusive et durable.

Renforcer les liens de coopération
« Les voies d’un arrimage de nos pays dans la société de l’information passent par la réalisation de projets nationaux et communautaires de développement d’infrastructures numériques de qualité », a dit Abdoulaye Baldé. D’où, a-t-il poursuivi, tout l’intérêt, pour le continent et la sous-région, des programmes inscrits dans le plan stratégique, avec notamment la coordination de la transition digitale dans la sous-région et la gestion des pratiques liées au roaming. Les objectifs de l’Artao, a avancé le ministre, sont en phase avec les initiatives prises par le gouvernement du Sénégal dans la cadre de la Stratégie Sénégal numérique 2025.

Il a rappelé le soutien du Sénégal à toutes les initiatives visant le développement des télécommunications et Tic à travers la mise en place d’un marché commun africain dans un secteur ouvert et compétitif capable de contribuer à l’atteinte des objectifs de développement durable. Le secrétaire exécutif de l’Artao, El Hadj Maman Laminou, a relevé la nécessité d’harmoniser les textes réglementaires pour faire en sorte qu’il y ait des services de qualité et en permettant un accès à tous.

Pour sa part, le directeur général de l’Agence de régulation des Télécommunications et postes (Artp) du Sénégal a exhorté à renforcer les liens de coopération « à travers notre organisation et de féliciter les pays membres qui ont eu à signer les conventions de partenariat sur le free roaming émanant du grand projet « One Network Africa ». Selon Abdou Karim Sall, la Transnationalité des services de télécommunications « nous oblige à adopter une stratégie de coopération beaucoup plus soutenue afin de renforcer l’harmonisation de nos procédures et réglementations pour garantir à nos populations une utilisation des services de télécommunications dans la libre circulation des idées à travers les technologies de l’information et de la communication. »

Ibrahima BA

Les besoins des universités seront recueillis et pris en charge pour leur faire bénéficier, de façon optimale, du projet Smart Sénégal qui comporte une importante composante « e-Education ». Le directeur général de l’Adie, en tournée dans les universités sénégalaises, en a informé les différents recteurs ainsi que leurs collaborateurs.

Cheikh Bakhoum, en tournée dans les universités du pays, a d’ailleurs révélé qu’avec l’accès au câble sous-marin envisagé dans le cadre du projet Smart Sénégal, notre pays va augmenter sa bande passante au niveau international et améliorera considérablement sa connectivité.

Une connectivité dont l’Adie veut faire bénéficier davantage les universités, afin de répondre au besoin incontournable pour la qualité de l’Enseignement supérieur. Pour cela, l’Adie dit avoir « interconnecté l’ensemble des universités à l’intranet gouvernemental. Ainsi, les étudiants, le personnel universitaire et les dirigeants disposent d’une connectivité gratuite et d’autres services informatiques pour améliorer les conditions d’études et de travail dans l’espace universitaire ». Toutefois, avec l’augmentation du nombre d’étudiants, les besoins en connectivité dans les différents campus universitaires se sont accrus. D’ailleurs, renseigne un document de l’Adie, lors de leur audience avec le Chef de l’Etat, Macky Sall, les étudiants ont demandé un renforcement de la connectivité. Et pour une meilleure prise en charge de cette doléance, Cheikh Bakhoum, accompagné de ses collaborateurs, a initié une tournée dans les différentes universités du Sénégal.

La délégation de l’Adie s’est ainsi rendue le 31 mai et le 1er juin à l’Université Alioune Diop de Bambey, à l’Université de Thiès et à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Dans les différents sites visités, le directeur général de l’Adie et ses équipes ont pu faire l’état des lieux de la connectivité. « Pour l’essentiel, les universités sont connectées à la fibre optique et des mesures ont été prises afin de renforcer la connectivité wifi », informe le document de l’Adie.

La délégation se rendra également dans les Universités de Ziguinchor et Dakar, dernière étape de la tournée.

Omar DIOUF

Airbus, vient de lancer la sixième édition du concours « Fly your ideas ». Ce concours sur les technologies digitales novatrices invite la prochaine génération d’innovateurs à proposer et à développer leurs idées originales pour l’industrie aéronautique et spatiale.

Célébrant, tous les deux ans, la créativité et l'innovation dans le but de répondre à des défis concrets de l'industrie, la sixième édition du concours « Fly your ideas » a été officiellement lancée, lundi 5 juin. A l’initiative du leader mondial de l’aéronautique, Airbus, ce concours accueille des participants du monde entier, avec des équipes universitaires issues de toutes les disciplines : de l'ingénierie et des technologies de l'information au marketing et au design. Selon un communiqué, il offre aux étudiants l'occasion de donner libre cours à leur esprit pionnier en travaillant sur des technologies digitales novatrices aux côtés d'experts de l'industrie. Aussi, « Airbus recherche des idées susceptibles de révolutionner l'industrie aéronautique et spatiale au cours des décennies à venir et de créer un monde plus sûr, plus respectueux de l'environnement et mieux connecté ». Les inscriptions sont ouvertes à l’adresse : www.airbus-fyi.com.

Lancé depuis 2008, « Fly our ideas » a enregistré la participation de plus de 20.000 étudiants venus de 650 universités à travers 100 pays du monde. Il se déroule en trois étapes consécutives, chacune offrant aux équipes participantes l'occasion d'affiner le développement de leurs concepts avec le soutien de spécialistes et de mentors d'Airbus. « Outre l'opportunité de se rendre dans les locaux d'Airbus pour poursuivre le développement de leurs idées, six équipes finalistes au maximum s'affronteront pour se partager un prix de 45.000 euros et pour la chance de faire évoluer leur idée au sein de l'industrie », informe ce communiqué, ajoutant que l'édition 2019 demande aux équipes de relever l'un des défis suivants : Electrification, Services de données, Cybersécurité, Internet des objets, Intelligence artificielle, Réalité mixte.

Appuyé depuis 2012 par l’Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, « Fly your Ideas » permet, selon son parrain, Marc Fontaine, Digital Transformation Officer d'Airbus, de «  nous rapprocher des innovateurs de l’ère digitale et d'orienter leur énergie et leur enthousiasme vers les formidables possibilités que nous entrevoyons au sein de notre propre transformation digitale ». La finale de l’édition de cette année se tiendra en 2019 et elle sera l’occasion pour les étudiants de présenter leurs idées devant un public d'experts de l'industrie.

Ibrahima BA

L’Institut privé de gestion/Institut supérieur de technologie industrielle (Ipg-Isti) a été désigné, hier, lauréat de la quatrième édition du concours « Challenge Gaïndé entreprendre » pour son projet d’innovation « Air soft ». Il s’agit d’une application servant à réguler le trafic urbain à Dakar. A l’initiative de Gaïndé 2000, cette compétition est ouverte aux établissements publics et privés de l’Enseignement supérieur. Elle récompense l’équipe qui a proposé un projet innovant pour une application fonctionnelle basée sur une thématique. La thématique choisie pour cette édition est : « L’intelligence artificielle dans le cadre de vie ».

Le deuxième prix est revenu à l’Institut supérieur de management (Ism) Dakar. Les deux lauréats ont remporté chacun un million de FCfa comme appui à la création d’une entité juridique, d’une année d’incubation de leurs entreprises à Gaïndé 2000, de l’attribution de contrats sous-traitance par Gaïndé 2000 en fonction des capacités avérées de l’entreprise. En outre, ils bénéficieront également, entre autres, de l’appui à la création d’entreprise avec la mise en disposition de capital d’origine de départ, la fourniture de mobilier de bureau et la poursuite éventuelle du partenariat au terme de l’incubation.

I. BA

La révolution numérique, en impactant sur les modes de vie, agit nettement de plus en plus sur l’économie, notamment dans le milieu de l’entreprise. Pourvoyeur d’emplois, elle soulève en même temps des inquiétudes avec l’avènement de l’intelligence artificielle.

Les Technologies de l’information et de la communication se développent chaque jour davantage dans le monde. En Afrique et au Sénégal en particulier, le numérique se tisse à une échelle exponentielle et modifie les comportements et les modes de vie des citoyens. L’intelligence artificielle (Ia) s’installe peu à peu dans différents secteurs (santé, automobile, éducation, sécurité, transport…) et transforme de manière substantielle la société à travers des innovations majeures. En milieu entreprise où la machine prend petit à petit la place de l’homme, l’Ia constitue certainement une source d’inquiétude en ce sens qu’elle capte certains emplois au détriment d’un personnel qualifié. Ce faisant, tranche Djiba Diallo Diao, responsable Startup-up Engagement Lead à Miscosoft, que se prononçait lors d’une table ronde sur le thème « Intelligence artificielle et génération future », les « entreprises sont confrontées à l’amélioration rapide des technologies ». Cette situation est motivée par une logique de transformation imposée par l’urgence de compétitivité et de productivité au niveau national et international.

Ibrahima Nour Eddine Diagne, directeur de Gaindé 2000, estime que l’Intelligence artificielle va occasionner une réduction de recrutements dans certains domaines et une diminution des effectifs. D’où la pertinence, poursuit-il, d’impliquer cette technologie dans les cursus de formation afin que les populations soient préparées aux exigences du marché et de l’emploi futur au niveau national et international. « Pour un pays comme le Sénégal, l’intelligence artificielle est peut-être un sujet qui peut sembler prématuré mais il est actuel. Ce qui fonde les emplois de demain se construit aujourd’hui », souligne M. Diagne.

Nécessité d’un système d’innovation
Considérée comme « l’ensemble de théories et techniques mises en œuvres en vue de réaliser des machines capables de simuler l’intelligence », l’Ia offre également la possibilité de réaliser de nouvelles opportunités et de nouveaux services. Elle crée, d’après Régina Mbodj, directrice de l’incubateur Ctic Dakar, des opportunités d’emplois.

Selon le directeur de la Recherche et de l’Innovation au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, cette technologie permettra une transformation de l’industrie, de l’économie de « notre » pays et d’améliorer la qualité de vie des citoyens. C’est pourquoi, ajoute Amadou Thierno Gaye, le Sénégal n’est pas statique dans ce domaine. Mieux, le pays a, aujourd’hui, des potentiels, à travers ses étudiants et ses professeurs, pour s’assurer d’un futur flamboyant dans ce domaine. Dans le même sillage, l’ancien ministre de la Communication et directeur général de l’Institut africain de management (Iam), Moustapha Mamba Guirassy, relève la nécessité pour l’Afrique de se positionner comme un producteur des technologies. Ce qui suppose à ses yeux, d’avoir de l’empathie, de procéder à un changement de mentalité et de résoudre l’équation liée à la stratégie et à l’anticipation.

Si l’écosystème numérique affiche un avenir prometteur au Sénégal, il n’en demeure pas moins que les acteurs éprouvent un certain nombre d’écueils qui ralentissent les progrès. « On a des gens bien formés et qui ont envie de réaliser des choses. Toutefois, le manque de soutien pose problème pour produire des choses importantes », renseigne Régina Mbodj, soulignant l’urgence d’accompagner les startups et porteurs de projets. Entre absence d’un fonds dédié à l’innovation et le manque d’accès au marché pour les développeurs, les startups et Pme sénégalaises ont besoin, à son avis, d’un soutien de l’Etat et du secteur privé.

Lesquels doivent « s’approprier les solutions développées par les jeunes ». L’enjeu est tel, soutient Pr Abdoullah Cissé, que le Sénégal a besoin d’un système d’innovation. Ce qui manque encore.

Ibrahima BA

« CHALLENGE GAÏNDE ENTREPRENDRE » : IPG-ISTI ET ISM, LAURÉATS
L’Institut privé de gestion/Institut supérieur de technologie industrielle (Ipg-Isti) a été désigné, hier, lauréat de la quatrième édition du concours « Challenge Gaïndé entreprendre » pour son projet d’innovation « Air soft ». Il s’agit d’une application servant à réguler le trafic urbain à Dakar. A l’initiative de Gaïndé 2000, cette compétition est ouverte aux établissements publics et privés de l’Enseignement supérieur. Elle récompense l’équipe qui a proposé un projet innovant pour une application fonctionnelle basée sur une thématique. La thématique choisie pour cette édition est : « L’intelligence artificielle dans le cadre de vie ».

Le deuxième prix est revenu à l’Institut supérieur de management (Ism) Dakar. Les deux lauréats ont remporté chacun un million de FCfa comme appui à la création d’une entité juridique, d’une année d’incubation de leurs entreprises à Gaïndé 2000, de l’attribution de contrats sous-traitance par Gaïndé 2000 en fonction des capacités avérées de l’entreprise. En outre, ils bénéficieront également, entre autres, de l’appui à la création d’entreprise avec la mise en disposition de capital d’origine de départ, la fourniture de mobilier de bureau et la poursuite éventuelle du partenariat au terme de l’incubation.

I. BA

L'entrepreneur marocain, Pdg et cofondateur d’Atlan Space® en 2016, Badr Idrissi, l’un des quatre jeunes à partager leurs expériences au public, a déclaré au cours de l’atelier sur thème : « Allier l’innovation à l’industrie : la jeunesse africaine relève les défis », que son entreprise est une start-up qui a pour mission de développer l'intelligence artificielle pour guider et coordonner les réseaux de drones afin de permettre aux gouvernements de surveiller des zones géographiques très vastes, de détecter les menaces et intrusions, et de neutraliser les risques. Il révèle comment les nouvelles technologies de l'information permettent aux entrepreneurs africains de lancer facilement des start-ups pour résoudre les défis auxquels le continent fait face. En particulier, il a démontré comment sa société franchit les limites de l'aéronautique sans pilote, de sorte que les réseaux de drones peuvent fonctionner de manière autonome et sans interaction humaine, permettant ainsi aux institutions africaines de lutter contre la pêche et l'exploitation minière illégales, la déforestation et le braconnage. Enfin, il a souligné les compétences (techniques et autres) que les jeunes africains doivent d'ores et déjà perfectionner pour matérialiser la quatrième révolution industrielle sur le continent.

A. KANDE

L’ambassadeur de France a visité, mardi, les locaux, à Dakar, de « In Touch », société sénégalaise et panafricaine créée en 2014 et qui a pour but d’agréger, dans une seule plateforme, les moyens de paiement et de services digitaux. Un exemple de réussite qu’il faut accompagner, trouve Christophe Bigot.

L’agrégateur panafricain de paiement mobile et de services digitaux « In Touch » a reçu, mardi, dans ses locaux sis à la cité Sicap Karack Dakar, la visite de l’ambassadeur de France au Sénégal, Christophe Bigot. Une occasion saisie par le directeur général de « In Touch », Omar Cissé, pour présenter la société à ses hôtes. Selon lui, ils sont partis d’une problématique simple. « Le constat est qu’au niveau africain, le mobile money s’est développé de manière fulgurante et autour, beaucoup de services se sont digitalisés. A partir ce moment, nous avons dressé le problème du marchand dans ce contexte », a-t-il expliqué. A l’en croire, ce marchand se retrouve en face de plusieurs solutions et chaque solution a ses terminaux et ses interfaces. Et pour chaque solution, il faut déposer de l’argent auprès de la banque et quand il y a un problème avec une solution, il faut appeler l’opérateur concerné et c’est très compliqué pour le marchand.

Ainsi, pour faire face à ces obstacles et complications précités, Omar Cissé, ancien directeur de l’incubateur Ctic-Dakar, a pris l’initiative de développer et de mettre en place une plateforme unique qui permet d’agréger tous les moyens de paiement et d’intégrer le maximum de services digitaux dans le transfert d’argent, l’assurance, le mobile money, la vente de crédit téléphonique, le paiement de facture, l’abonnement etc. «Nous nous positionnons comme un facilitateur. Créé en 2014, "In Touch" regroupe tous les moyens de paiement mobiles en un seul terminal. Dans un premier temps, nous avons déployé la plateforme au Sénégal et actuellement, nous nous déployons dans 7 autres pays africains », a informé le directeur général.

Dynamisme d’entreprise
Car, a-t-il soutenu, l’Afrique regorge encore d’un potentiel important, raison pour laquelle ils veulent se positionner comme étant la plateforme incontournable de déploiement de services digitaux en Afrique dans les trois prochaines années. « Nous voulons être implantés dans 38 pays d’ici 2021 et une fois ce challenge atteint, nous essaierons d’attaquer les autres pays émergents », a argué Omar Cissé. Non sans préciser qu’ils travaillent actuellement avec des sociétés de renom en Afrique et dans le monde comme Total et Worldline, une filiale d’Atos.

Venu visiter les locaux de l’entreprise, l’ambassadeur de la France au Sénégal, Christophe Bigot, s’est dit favorablement impressionné par le succès de « In Touch » et son dynamisme. « Je trouve l’initiative de Omar Cissé intéressante. Il y en a certes d’autres, mais voilà un exemple de réussite qu’il faut accompagner. Le Sénégal a de la matière grise, de grandes écoles. Donc quoi de mieux que de décider d’exploiter cette intelligence pour répondre au marché. Le faible taux de bancarisation (15%) peut être conçu comme un obstacle. Justement, cet obstacle, cette difficulté crée un besoin mais aussi une réponse et "In Touch" fait partie de cette réponse en développant des moyens modernes, simplifiés qui accompagnent les points de ventes pour tout ce qui est le money banking », a affirmé Christophe Bigot.

Aussi, le diplomate a souligné l’importance et l’intérêt de l’entreprise dans la mesure où elle se veut une entreprise panafricaine qui peut accueillir beaucoup d’éléments de la diaspora sénégalaise et est partenaire de grands groupes français comme Total et Atos. « C’est un exemple de réussite qu’il faut accompagner et la France est tout à fait en point sur ce sujet, notamment via l’Agence française de développement, via le service culturel. Nous voulons mobiliser les énergies sur ces sujets car je vois que c’est un secteur sur lequel l’avenir du Sénégal se joue », a-t-il rassuré.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Le mot émergence n’est pas seulement à la mode au Sénégal. La révolution digitale a porté aux cimes du futurisme ce qu’on appelle les « Technologies émergentes ». Grâce à la recherche actuelle, ce sont les nouvelles technologies qui imaginent comment nous vivrons dans le futur. Parmi les technologies émergentes, on peut citer la biotechnologie, la reconnaissance vocale ou faciale, la géolocalisation, les drones, le blockchain, les big data ou encore l’Intelligence artificielle. Cette dernière fait de plus en plus parler et est sujette à controverse. La dernière en date est la technologie « Duplex » de Google dont l’expérimentation est prévue dans quelques semaines aux Etats-Unis. « Ce système d’Intelligence artificielle permet à l’Assistant Google de passer lui-même des appels téléphoniques pour un rendez-vous chez le coiffeur ou dans un restaurant », explique le site de France info. « Duplex » prend à tel point des apparences de la voix humaine, avec hésitations et intonations changeantes qu’on a l’impression que c’est une personne qui est au bout du fil. C’est une étape supplémentaire dans la simplification des échanges dits « inutiles » que le numérique permet. Actuellement, Google propose des formules de politesse ou des réponses déjà prêtes comme « Bien reçu, merci » sur certains e-mails. Cependant, cette « avancée » pose des questions légitimes. Si c’est un robot qui appelle pour prendre rendez-vous, la possibilité qu’un autre robot réponde à l’appel existe alors. Ils discuteront ensemble par échanges d’informations numériques. Quid de l’intervention de l’homme ? En 2020, 85% des interactions avec les commerces de détail seront gérées par l’Intelligence artificielle, sans intervention humaine, selon Gartner, une entreprise américaine de conseils dans le secteur des techniques avancées.

Dans toute révolution, il y a des apports moins glorieux. Ce fut le cas de l’épisode de la Terreur lors de la Révolution française. Il en est de même pour la Révolution industrielle avec l’exode rural puis une urbanisation non maîtrisée donnant au mieux une conurbation au pire des bidonvilles. Avec la Révolution digitale, certains contours de l’Intelligence artificielle dessinent un monde sans humain.

Par Moussa Diop

Les Fai sortent les gros moyens

15 Mai 2018
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Décidés à tirer leur épingle du jeu, les bénéficiaires des trois licences ne comptent pas lésiner sur les moyens. Selon le directeur général d’Arc Informatique, présent sur le marché depuis 1996, « on n’a que faire de la concurrence des opérateurs historiques. Nous allons répondre et contribuer au maximum par les technologies, les supports techniques, l’offre commerciale et les leviers futurs qui s’offriront à nous », assure Mohsen Chirara. Du côté de Waw Télécom, le directeur général, Abdou Kane, révèle que près de 13 milliards de FCfa seront investis. « 2,5 milliards de FCfa l’ont été en 2017 pour les installations pilotes. Pour l’année 2018, ces investissements vont grimper à 10 milliards supplémentaires pour une connectivité partout et à juste prix », explique-t-il.

Déjà, le Fai a déjà déployé une infrastructure de 4G Lte et fibre optique. Et selon le Dg, ceci permettra « de proposer de l’Internet haut débit et nous irons ensuite, à moyen terme, vers des services à haute valeur ajoutée comme la télévision, mais l’infrastructure est déjà fonctionnelle », explique-t-il. Pour Mme Déboye Niang, directrice des ventes, Waw a commencé à déployer son réseau 4G Lte sur certains quartiers comme Maristes, Médina, Sacré-Cœur, Mamelles et Yoff. « Nous avons débuté la période de test en décembre dernier et les tests sont concluants par rapport à la capacité et à la stabilité du réseau », indique-t-elle.

O. FEDIOR

La Révolution digitale n’a pas épargné le secteur financier, bouleversant son mode de fonctionnement. Banques et institutions de microfinance ont adapté leurs produits aux exigences du numérique.

Avec l’évolution des services financiers, explique Moustapha Diop, directeur général de Solution informatique durable (Solid), les employés travaillent avec deux fois plus d’équipements qu’il y a cinq ans. L’ère de l’agent croulant sous les piles de papiers et du client préoccupé par ses documents bancaires est en train de céder la place à l’ordinateur, au smartphone et à la tablette.

« Avant, le banquier n’avait aucun lien direct avec le client, dit-il. Aujourd’hui, on peut parler à distance avec le client, lui proposer les produits les plus adaptés, travailler 24h/24 avec ses collaborateurs ». Les banquiers d’aujourd’hui recourent aux Sms, aux e-mails, aux réseaux sociaux pour proposer, suivre ou exécuter des services financiers. Ce qui multiplie par 10 le volume des données tous les cinq ans, selon Microsoft (Big data boolist, 2012). « L’informatique est au cœur de l’activité bancaire. On ne peut pas gérer les clients, être à jour, avoir de la mobilité sans une infrastructure informatique performante », confie sous l’anonymat le responsable de la sécurité du réseau informatique d’une banque de la place.

Avec le mobile, la croissance multipliée par 3
Grâce aux appareils mobiles, la croissance attendue dans le secteur de la banque en ligne entre 2012 et 2016 a été multipliée par trois (3), à en croire American Banker (Mobile banking grow 300%, année 2012). Accenture nous apprend que les banques qui développent bien des modèles de banque en ligne, de présence sur les réseaux sociaux et sur tous les canaux peuvent faire passer du simple au double la croissance de leur chiffre d’affaires (de 4 % 8 %). Aussi, ces banques peuvent, par ricochet, réduire les coûts de services de 20% ou plus. Pour conserver leurs données, 72 % des entreprises sur les marchés de capitaux envisagent de recourir au Cloud, selon Cdw dans son étude « Top tech trends for capital markets » (2014).
 
Mobilité et investissements
La Révolution digitale permet d’avoir une meilleure visibilité sur les risques financiers et les performances d’une banque, déclare Moustapha Diop. Mais aussi, elle permet de travailler en tout lieu et avec n’importe quel appareil mobile. Disposer d’équipements adéquats en est une préalable nécessité. Cet investissement dans le matériel n’est pas à perte, dit-il, citant Forester Consulting, car une plateforme de productivité peut être amortie en sept mois.

Pour tirer profit du numérique, M. Diop invite les entreprises à disposer, à côté d’un analyste en investissements et d’un chargé de clientèle, d’un responsable de la conformité. Le rôle de ce dernier consiste à éviter les problèmes de conformité en vérifiant que les appareils sont bien gérés et que les données des clients sont sécurisées. C’est lui aussi qui agit rapidement pour répondre aux demandes d’information, qui corrige les erreurs et évite qu’elles se reproduisent, et qui vérifie que le Cloud répond aux exigences des services financiers, dit-il. Le trio composé du chargé de clientèle, de l’analyste en investissement et du responsable de conformité peut donner de bons résultats à condition de bien investir le digital. Le premier peut réaliser un gain de 4% de chiffre d’affaires si la banque prend en compte la mobilité, les réseaux sociaux et autres canaux. Et aussi économiser 20 % sur les coûts des services. Le second peut engranger 8,5% de gain de temps dans la prise de décision et économiser 4,12 millions d’euros, selon une étude de Forrester Consulting citée par Moustapha Diop. Le troisième peut aussi réduire les coûts de conformité de 6,8% et réduire de 73% le nombre de failles dans les données, selon la même étude. Par ailleurs, d’après une étude de Cogent Research intitulée « Social media’s impact on personal finance » publiée il y a cinq ans, 34 % des investisseurs utilisent les réseaux sociaux pour des investissements financiers personnels. Cependant, toutes ces activités gravitant autour de l’informatique produisent une quantité importante de données à exploiter, à gérer et parfois à vendre.

M. CISS

LE SÉNÉGAL EST EXPOSÉ « FRÉQUEMMENT » AUX ATTAQUES INFORMATIQUES
Hacker 2Le principal risque auquel les banques et institutions de microfinance sont confrontées avec l’avènement de l’informatique, c’est, sans conteste, les cyberattaques. La place du digital dans le secteur financier d’aujourd’hui « fait que la cybercriminalité a pris de l’ampleur parce que tout repose sur l’informatique », déclare le responsable de la sécurité du système informatique d’une banque de la place. Parfois, les cybercriminels atteignent leur but. En 2016, la Banque centrale du Bangladesh a été victime de cybercambrioleurs qui, derrière un subterfuge savamment préparé, avaient réussi à se faire virer plus de 80 millions de dollars à cause d’une faille dans un logiciel de virements. Ce casse a été découvert après que la Deutsche Bank a constaté une mauvaise orthographe (fondation au lieu de foundation en anglais) sur l’ordre de virement au bénéfice de l’Ong Shalika Foundation.

C’est ce qui a permis de découvrir la supercherie. En réalité, l’argent s’est volatilisé aux Philippines. Ce braquage des temps modernes montre l’importance de la cybervigilance. Selon un responsable de la sécurité du système d’information d’une banque de la place, les attaques informatiques « sont assez fréquentes » au Sénégal. « Les attaques sont d’origine locale, externe et même interne. La malveillance est essentiellement interne, il y a beaucoup de complicité à cause de l’appât du gain », dit-il.

Pour se mettre à l’abri, les institutions financières doivent se doter d’un plan de reprise de leurs activités à la suite d’une attaque. « La Bceao impose aux institutions financières de mettre en place un dispositif qui les protège et qui protège aussi les clients », poursuit notre interlocuteur. « Les banques font beaucoup d’efforts dans ce sens, parce qu’il y a une réglementation assez rigoureuse qui n’hésite pas à venir voir les banques et à infliger des sanctions. L’ampleur de la cybercriminalité aujourd’hui est telle que les erreurs se paient cash. Il y a une prise de conscience et une sensibilisation du personnel en matière de cybersécurité ».

M. CISS

DR MOUHAMADOU LO, EXPERT DU DROIT NUMERIQUE : « LES DONNÉES HÉBERGÉES À L’EXTÉRIEUR SONT UN RISQUE IMPORTANT »
M Lo TicL’arrivée de l’informatique pose le crucial problème de la production, la gestion et l’utilisation de l’importante quantité de données générées au fil du temps. La Protection des données personnelles (Pdp), avec son corset de textes juridiques, un principe universel, encadre bien ce domaine. Docteur en droit et expert du droit numérique, Mouhamadou Lô en explique les enjeux.

Quels sont les risques liés à la gestion depuis l’extérieur des données personnelles des banques, qui sont pour la plupart des filiales de groupes étrangers ?
Dès l’instant que les données sont hébergées à l’extérieur, les risques sont très importants. Le premier risque, c’est l’insécurité des Sénégalais. On ne sait pas qui a accès aux données et dans quelles conditions. Le deuxième risque, c’est le fait qu’on perde la main sur ces données et, par conséquent, la souveraineté sur ces données. On n’est plus propriétaire de ces données qui sont maintenant dans le public à l’étranger. Cela peut entraîner comme conséquence l’espionnage.

Est-ce qu’on est libre de vendre des données personnelles ?
Libre, non. La loi n’interdit pas de vendre des données, mais elle exige le consentement des personnes concernées. Pour faire du business sur les datas, il faut obligatoirement recueillir au préalable le consentement, sinon c’est une collecte illégale et illicite qui est sanctionnée sévèrement.

Quelle est l’utilité de ces données vendues ?
C’est faire du business avec les données des gens. En ayant avec soi un gisement de données personnelles, on arrive à faire du profilage, c’est-à-dire identifier les besoins des gens, faire des propositions aux entreprises et chargés de services. L’autre utilité, c’est surveiller les gens, on est dans le domaine sécuritaire.

La solution du Cloud comporte-t-elle des risques ?
Le risque, c’est que les gens hébergent dans le Cloud toutes les données. Cela n’est pas recommandé. Il faut faire un sectionnement de sorte que les données sensibles restent dans le pays et ne soient pas hébergées à l’étranger. Dans le secteur bancaire, c’est différent, nous retrouvons au Sénégal des filiales de maisons mères établies à l’étranger. Mais la loi exige qu’avant que les données des Sénégalais sortent du pays, qu’il y ait l’autorisation de la Commission des données personnelles (Cdp). C’est la garantie que le législateur a prévue et que la Commission s’exerce à faire appliquer.

Est-ce que les banques respectent cette législation ?
Oui. La législation a été mise en place tardivement et les banques sont en train de se conformer. Je ne dirai pas que toutes les banques sont à jour par rapport à la réglementation, mais une bonne partie de ces banques ont procédé à la réglementation.

Quels sont les enjeux du débat autour des Bureaux d’information sur le crédit (Bic) en matière de données de la clientèle bancaire?
Le Bic est un dossier très compliqué dans la mesure où c’est en application d’un règlement communautaire. Sur ce dossier-là, la Banque centrale n’a pas joué son rôle. C’était à elle de faire le travail qui est confié aujourd’hui à une société privée. Je m’approche d’une banque pour un crédit, celle-ci devrait simplement interroger la Banque centrale pour savoir si je suis solvable ou non. On ne devait pas inclure la relation entre banque et client, une société publique. Les conséquences peuvent être énormes, parce que si je ne donne pas mes informations, je n’aurai pas de crédit. C’est une contrainte. On requiert mon consentement de manière forcée, ce qui est illégal.

Quelles sont les données qui ne doivent pas être accessibles aux banques ?
Il n’en existe pas. Les banques veulent des garanties. Mais dans la collecte des données, les banques ne peuvent pas tout faire, elles doivent respecter le principe de proportionnalité. Si je dois passer à une banque pour récupérer un mandat, elle doit se contenter des données qui se trouvent sur ma carte d’identité nationale. C’est le principe de proportionnalité. La banque ne peut pas tout faire ou tout réclamer au client.

Propos recueillis par M. CISS

Avec l’évolution des services financiers, explique Moustapha Diop, directeur général de Solution informatique durable (Solid), les employés travaillent avec deux fois plus d’équipements qu’il y a cinq ans. L’ère de l’agent croulant sous les piles de papiers et du client préoccupé par ses documents bancaires est en train de céder la place à l’ordinateur, au smartphone et à la tablette. « Avant, le banquier n’avait aucun lien direct avec le client, dit-il. Aujourd’hui, on peut parler à distance avec le client, lui proposer les produits les plus adaptés, travailler 24h/24 avec ses collaborateurs ». Les banquiers d’aujourd’hui recourent aux Sms, aux e-mails, aux réseaux sociaux pour proposer, suivre ou exécuter des services financiers. Ce qui multiplie par 10 le volume des données tous les cinq ans, selon Microsoft (Big data boolist, 2012). « L’informatique est au cœur de l’activité bancaire. On ne peut pas gérer les clients, être à jour, avoir de la mobilité sans une infrastructure informatique performante », confie sous l’anonymat le responsable de la sécurité du réseau informatique d’une banque de la place.

Avec le mobile, la croissance
multipliée par 3

Grâce aux appareils mobiles, la croissance attendue dans le secteur de la banque en ligne entre 2012 et 2016 a été multipliée par trois (3), à en croire American Banker (Mobile banking grow 300 %, année 2012). Accenture nous apprend que les banques qui développent bien des modèles de banque en ligne, de présence sur les réseaux sociaux et sur tous les canaux peuvent faire passer du simple au double la croissance de leur chiffre d’affaires (de 4 % 8 %). Aussi, ces banques peuvent, par ricochet, réduire les coûts de services de 20 % ou plus. Pour conserver leurs données, 72 % des entreprises sur les marchés de capitaux envisagent de recourir au Cloud, selon Cdw dans son étude « Top tech trends for capital markets » (2014).

Mobilité et investissements

La Révolution digitale permet d’avoir une meilleure visibilité sur les risques financiers et les performances d’une banque, déclare Moustapha Diop. Mais aussi, elle permet de travailler en tout lieu et avec n’importe quel appareil mobile. Disposer d’équipements adéquats en est une préalable nécessité. Cet investissement dans le matériel n’est pas à perte, dit-il, citant Forester Consulting, car une plateforme de productivité peut être amortie en sept mois.

Pour tirer profit du numérique, M. Diop invite les entreprises à disposer, à côté d’un analyste en investissements et d’un chargé de clientèle, d’un responsable de la conformité. Le rôle de ce dernier consiste à éviter les problèmes de conformité en vérifiant que les appareils sont bien gérés et que les données des clients sont sécurisées. C’est lui aussi qui agit rapidement pour répondre aux demandes d’information, qui corrige les erreurs et évite qu’elles se reproduisent, et qui vérifie que le Cloud répond aux exigences des services financiers, dit-il. Le trio composé du chargé de clientèle, de l’analyste en investissement et du responsable de conformité peut donner de bons résultats à condition de bien investir le digital. Le premier peut réaliser un gain de 4 % de chiffre d’affaires si la banque prend en compte la mobilité, les réseaux sociaux et autres canaux. Et aussi économiser 20 % sur les coûts des services. Le second peut engranger 8,5 % de gain de temps dans la prise de décision et économiser 4,12 millions d’euros, selon une étude de Forrester Consulting citée par Moustapha Diop. Le troisième peut aussi réduire les coûts de conformité de 6,8 % et réduire de 73 % le nombre de failles dans les données, selon la même étude. Par ailleurs, d’après une étude de Cogent Research intitulée « Social media’s impact on personal finance » publiée il y a cinq ans, 34 % des investisseurs utilisent les réseaux sociaux pour des investissements financiers personnels. Cependant, toutes ces activités gravitant autour de l’informatique produisent une quantité importante de données à exploiter, à gérer et parfois à vendre.

Le Sénégal est exposé «fréquemment»
aux attaques informatiques

Le principal risque auquel les banques et institutions de microfinance sont confrontées avec l’avènement de l’informatique, c’est, sans conteste, les cyberattaques. La place du digital dans le secteur financier d’aujourd’hui « fait que la cybercriminalité a pris de l’ampleur parce que tout repose sur l’informatique », déclare le responsable de la sécurité du système informatique d’une banque de la place. Parfois, les cybercriminels atteignent leur but. En 2016, la Banque centrale du Bangladesh a été victime de cybercambrioleurs qui, derrière un subterfuge savamment préparé, avaient réussi à se faire virer plus de 80 millions de dollars à cause d’une faille dans un logiciel de virements. Ce casse a été découvert après que la Deutsche Bank a constaté une mauvaise orthographe (fondation au lieu de foundation en anglais) sur l’ordre de virement au bénéfice de l’Ong Shalika Foundation.

C’est ce qui a permis de découvrir la supercherie. En réalité, l’argent s’est volatilisé aux Philippines. Ce braquage des temps modernes montre l’importance de la cybervigilance. Selon un responsable de la sécurité du système d’information d’une banque de la place, les attaques informatiques « sont assez fréquentes » au Sénégal. « Les attaques sont d’origine locale, externe et même interne. La malveillance est essentiellement interne, il y a beaucoup de complicité à cause de l’appât du gain », dit-il.

Pour se mettre à l’abri, les institutions financières doivent se doter d’un plan de reprise de leurs activités à la suite d’une attaque. « La Bceao impose aux institutions financières de mettre en place un dispositif qui les protège et qui protège aussi les clients », poursuit notre interlocuteur. « Les banques font beaucoup d’efforts dans ce sens, parce qu’il y a une réglementation assez rigoureuse qui n’hésite pas à venir voir les banques et à infliger des sanctions. L’ampleur de la cybercriminalité aujourd’hui est telle que les erreurs se paient cash. Il y a une prise de conscience et une sensibilisation du personnel en matière de cybersécurité ».

M. CISS

L’arrivée de l’informatique pose le crucial problème de la production, la gestion et l’utilisation de l’importante quantité de données générées au fil du temps. La Protection des données personnelles (Pdp), avec son corset de textes juridiques, un principe universel, encadre bien ce domaine. Docteur en droit et expert du droit numérique, Mouhamadou Lô en explique les enjeux.

Quels sont les risques liés à la gestion depuis l’extérieur des données personnelles des banques, qui sont pour la plupart des filiales de groupes étrangers ?
Dès l’instant que les données sont hébergées à l’extérieur, les risques sont très importants. Le premier risque, c’est l’insécurité des Sénégalais. On ne sait pas qui a accès aux données et dans quelles conditions. Le deuxième risque, c’est le fait qu’on perde la main sur ces données et, par conséquent, la souveraineté sur ces données. On n’est plus propriétaire de ces données qui sont maintenant dans le public à l’étranger. Cela peut entraîner comme conséquence l’espionnage.

Est-ce qu’on est libre de vendre des données personnelles ?
Libre, non. La loi n’interdit pas de vendre des données, mais elle exige le consentement des personnes concernées. Pour faire du business sur les datas, il faut obligatoirement recueillir au préalable le consentement, sinon c’est une collecte illégale et illicite qui est sanctionnée sévèrement.

Quelle est l’utilité de ces données vendues ?
C’est faire du business avec les données des gens. En ayant avec soi un gisement de données personnelles, on arrive à faire du profilage, c’est-à-dire identifier les besoins des gens, faire des propositions aux entreprises et chargés de services. L’autre utilité, c’est surveiller les gens, on est dans le domaine sécuritaire.

La solution du Cloud comporte-t-elle des risques ?
Le risque, c’est que les gens hébergent dans le Cloud toutes les données. Cela n’est pas recommandé. Il faut faire un sectionnement de sorte que les données sensibles restent dans le pays et ne soient pas hébergées à l’étranger. Dans le secteur bancaire, c’est différent, nous retrouvons au Sénégal des filiales de maisons mères établies à l’étranger. Mais la loi exige qu’avant que les données des Sénégalais sortent du pays, qu’il y ait l’autorisation de la Commission des données personnelles (Cdp). C’est la garantie que le législateur a prévue et que la Commission s’exerce à faire appliquer.

Est-ce que les banques respectent cette législation ?
Oui. La législation a été mise en place tardivement et les banques sont en train de se conformer. Je ne dirai pas que toutes les banques sont à jour par rapport à la réglementation, mais une bonne partie de ces banques ont procédé à la réglementation.

Quels sont les enjeux du débat autour des Bureaux d’information sur le crédit (Bic) en matière de données de la clientèle bancaire?
Le Bic est un dossier très compliqué dans la mesure où c’est en application d’un règlement communautaire. Sur ce dossier-là, la Banque centrale n’a pas joué son rôle. C’était à elle de faire le travail qui est confié aujourd’hui à une société privée. Je m’approche d’une banque pour un crédit, celle-ci devrait simplement interroger la Banque centrale pour savoir si je suis solvable ou non. On ne devait pas inclure la relation entre banque et client, une société publique. Les conséquences peuvent être énormes, parce que si je ne donne pas mes informations, je n’aurai pas de crédit. C’est une contrainte. On requiert mon consentement de manière forcée, ce qui est illégal.

Quelles sont les données qui ne doivent pas être accessibles aux banques ?
Il n’en existe pas. Les banques veulent des garanties. Mais dans la collecte des données, les banques ne peuvent pas tout faire, elles doivent respecter le principe de proportionnalité. Si je dois passer à une banque pour récupérer un mandat, elle doit se contenter des données qui se trouvent sur ma carte d’identité nationale. C’est le principe de proportionnalité. La banque ne peut pas tout faire ou tout réclamer au client.

Propos recueillis par M. CISS

850 participants, 83 pays, 36 organisations internationales, un budget de 165 millions de FCfa pour la partie sénégalaise. Voici quelques chiffres du Sommet africain de l’Internet (Ais, signe en anglais) que le Sénégal a accueilli du 29 avril au 11 mai. Lutte contre la cybercriminalité, le renforcement de capacités de professionnels, des questions techniques, entre autres, étaient au centre des enjeux de l’Ais 2018.

Durant deux semaines, Dakar a rythmé avec « des présentations de sujets d’actualité très pointus sur le domaine des Tic et des expériences partagées », selon Cherif Diallo, directeur des Tic. Elles avaient pour but la poursuite de la croissance du secteur du numérique en Afrique. Il y a eu la semaine de formation organisée par Afnog, du 29 avril au 04 mai, avec la participation de 70 cadres sénégalais et 140 participants venant de 20 pays africains. Elle a permis le renforcement de capacités de tant d’ingénieurs, de professionnels et d’étudiants du secteur autour des thèmes comme les services internet évolutifs, la messagerie électronique, la conception et l’exploitation de réseaux, la gestion et la supervision de réseaux, les techniques avancées de routage ou encore les Centres de réaction et d’alerte aux incidents informatiques.

Thématiques actuelles

L’Ais 2018 a donné aussi l’occasion aux membres du Comité consultatif des gouvernements (Gac) de l’Icann de bénéficier d’un atelier de renforcement des capacités dont le principal objectif était d’offrir aux représentants du Gac issus des pays francophones l’opportunité de se familiariser avec un certain nombre de notions et d’outils nécessaires à une meilleure participation africaine aux travaux de l’Icann et plus particulièrement du Gac. Cet atelier, suivi de l’Icann day, a servi de relais avec la semaine de conférence d’Afrinic, tenue du 05 au 11 mai et durant laquelle un focus a été fait sur les dernières innovations en matière de Tic. Chérif Diallo cite « des tutoriels sur les technologies Blockchain, l’Internet des objets, l’Android, des sessions de panel organisées par les acteurs sénégalais et portant sur la sécurité en ligne, le service universel, la neutralité du net, des réunions d’Isoc (Internet society), du Gfce (Global forum for cyber expertise), AfChix, AfRen, des ateliers d’Afnoc, des sessions de formation sur la migration vers IPv6 pour les Ingénieurs et les managers, un hackathon sur IPv6 ».

Des attentes importantes

Les questions du genre n’ont pas été en reste lors de l’Ais 2018. Il y a eu l’initiative AfCHIXTechWomen pour la valorisation de la place de la femme dans le secteur du numérique. Au bout des 15 jours de travaux au Sénégal, les attentes à court terme concernent plusieurs points. Il s’agit de la migration vers IPv6. Elle permet de répondre à la pénurie d’adresses Ipv4 et le développement de l’Internet des objets par la multiplication d’objets connectés ; l’implémentation du DNSsec permet de mieux sécuriser le système de nom de domaine (Dns) sur lequel repose l’Internet mondial. Il permet d’éviter des cyberattaques ; la mise en place de Cert : elle consiste à bâtir une équipe d’intervention en cas d’incident informatique de grande ampleur, à mener une activité de veille technologique et à mieux sensibiliser et alerter les différentes parties prenantes de l’écosystème ; enfin les conclusions de l’Ais fondent un espoir sur l’infrastructure appelée Pki, c’est la gestion de clés permettant de renforcer la sécurité des échanges et des télé procédures.

 Whatsapp, Viber, Skype, Messenger

L’AIS recommande la poursuite de la gratuité

La fin de gratuité de ces applications est au centre d’une opposition entre opérateurs traditionnels et consommateurs. L’Ais a tranché en faveur de ces derniers et a donné des recommandations pour la lancinante question sur la neutralité du net.

L’Ais 2018 a été le théâtre de discussions sur les Ott service (Over-the-top service, en anglais). Ce sont les services par contournement d’un opérateur de réseau traditionnel (Orange, Tigo ou expresso) pour fournir de la vidéo, des audios et d’autres médias sur Internet. En clair, ce sont des applications comme WhatsApp, Skype, Viber, Messenger… « Il y a eu des discussions sur les Ott et, d’une manière plus générale, sur la neutralité du net, débute Chérif Diallo, le directeur des Tic. A l’issue des échanges, il a été retenu l’inscription du principe de neutralité des réseaux dans le droit et faire en sorte que les Fournisseurs d’Accès à Internet (Fai) ne devront pas opérer de discrimination entre des services ou des applications équivalents sur le plan fonctionnel ». En clair, les experts recommandent la poursuite de la gratuité des applications Ott au grand dam des opérateurs traditionnels. Les recommandations de l’Ais font également état d’un « encadrement et d’une limitation stricte de recours aux services spécialisés ; de l’application du principe à toutes les technologies de réseau en visant le « zero rating » et en incluant l’interopérabilité des normes et standards, notamment des objets connectés ». Le « zero rating » est le fait qu’un opérateur propose un forfait limité en données, mais donnant accès à certains services « en illimité » non décomptés du forfait. Découlant souvent d’un partenariat, ces offres peuvent permettre à des abonnés mobiles de profiter des vidéos YouTube en illimité, par exemple, ou de la connexion à Facebook en illimité. Cela risque d’empêcher les services concurrents de se développer, ce qui va à l’encontre d’un traitement égal de tous les acteurs présents sur le réseau. L’Ais 2018 pense qu’il y a nécessité d’encadrer de telles pratiques.

Enfin, la dernière recommandation est de donner les moyens de contrôler et d’observer l’application de la neutralité du net en imposant des obligations de transparence aux opérateurs et en conférant aux autorités de régulation un droit de regard sur les accords de peering et de transit.                           

La programmation des ateliers et le faible nombre de jeunes diplômés sénégalais pointés

Fatimata Watt, jeune ingénieure en informatique, a participé aux ateliers de renforcement de capacités proposés lors de l’Ais 2018. Elle pointe quelques points d’amélioration.

« Dans l’ensemble, je considère que l’Ais a été une bonne initiative de rencontres, d’échanges et de renforcement de capacités en termes de compétences et de bonnes pratiques dans beaucoup de domaines qui interpellent les réseaux et la protection des données, détaille Fatima Watt, titulaire du diplôme d’ingénieur en Réseau / Télécom à la section informatique du département Mathématiques de la Faculté de Sciences et Techniques de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad). Le sommet a permis une meilleure compréhension des organismes et structures ainsi que les politiques de gestion de l’Internet ».

La jeune femme a participé aux ateliers de formation de l’Africert, l’Icann, l’Afrinic, de la Cdp, de l’Isoc et ceux consacrés à la sécurité en ligne. Elle pense qu’il est nécessaire « qu’il y ait une explication de chaque atelier accompagnée du plan détaillé pour que les participants ne soient pas désorientés ; que les formations phares ne se déroulent pas à la même heure afin de permettre aux participants de mieux en profiter ». F. Watt souhaite un plus grand nombre de participants « de jeunes diplômés (sénégalais) en quête de travail pour développer l’esprit d’entreprenariat ». 70 cadres sénégalais ont participé à l’Ais 2018 ainsi que 140 autres participants venant de 20 pays africains.

Moussa DIOP

Avec la Commission nationale de la protection des données personnelles, le Sénégal est l’un des premiers pays à appliquer les directives de la commission de l’Union africaine (Ua). C’est la révélation de Dawite Békélé, directeur du Bureau régional pour l’Afrique d’Internet society.

«Le Sénégal est un des pays en avance, peut-être même le plus en avance dans ce sens, parce que c’est le premier pays à avoir ratifié la convention de l’Union africaine sur la cybersécurité et la protection des données personnelles et l’un des premiers à avoir cette commission nationale de protection des données. J’espère qu’il sera un leader dans le domaine dans la sous-région voire dans le monde ». C’est la conviction de Dawite Békélé, directeur du Bureau régional pour l’Afrique d’Internet society qui prenait part au Sommet africain de l’Internet qui s’est tenu, du 29 avril au 11 mai 2018, à Dakar. Pour lui, « les autres pays devraient s’inspirer du Sénégal ». Cependant, il avertit que la protection des données ne devrait pas empiéter sur les autres droits. « Par exemple, la liberté d’expression est à prendre en compte quand on parle de protection des données personnelles. Parce que quand on protège les données, on doit s’assurer qu’on ne touche pas à la liberté d’expression qui est aussi protégée par les Constitutions. Donc il faut qu’il y ait un travail au niveau national, pour nous assurer que les données sont protégées, tout en protégeant d’autres droits », dit-il.
Quid de la cybersécurité ? M. Békélé estime que « c’est inhérent à la technologie. Au début, on ne voit que ce qu’elle apporte. Plus tard, nous voyons les problèmes et ce n’est pas propre à l’Internet. Mais les avantages sont tellement nombreux qu’on ne peut pas faire machine arrière. En revanche, on peut trouver des réponses », dit-il.

C’est justement pour en trouver qu’Internet society et l’Union africaine ont mis en place un certain nombre de directives. « Tous les Etats membres doivent reconnaître la confidentialité comme la base de la confiance dans l’environnement numérique, et l’importance d’une utilisation durable et responsable des données personnelles dans l’économie numérique », explique M. Békélé. En outre, elles comprennent des recommandations pour les citoyens qui se soucient de la protection de leurs données personnelles et de leur confidentialité. Le directeur du Bureau régional pour l’Afrique d’Internet society poursuit en informant que « les autorités de contrôle et les gouvernements doivent agir pour s’assurer que les prestataires de services et les fournisseurs de produits ont un modèle commercial bien défini, pour que les consommateurs puissent prendre des décisions bien fondées sur les implications des produits et services en rapport avec la confidentialité. Il y a aussi des principes. Par exemple, il faut que l’utilisateur ait une vue claire sur les aspects sur lesquels on utilise ses données. Ensuite, il faut qu’il y ait des restrictions sur ces données ».

Oumar FEDIOR

 

Va-t-on vers une reconfiguration du paysage des télécoms au Sénégal ? En tout cas, les trois nouveaux Fournisseurs d’Accès à Internet (Fai) nourrissent des ambitions de titan qui risquent de sonner comme une redistribution des cartes.

Même si le Sénégal dispose de trois opérateurs de téléphonie, la couverture du territoire par Internet n’est pas encore totale. Une anomalie que les autorités veulent corriger. C’est ainsi que le Sénégal a enregistré l’arrivée de trois Fai (Fournisseurs d’Accès à Internet). Il s’agit de Waw Sa, Arc Informatique et Africa Access. Avec ces trois nouveaux opérateurs, le segment internet va connaître de grandes évolutions. C’est, du moins, la conviction du directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp), M. Abdou Karim Sall. « Nous visons une couverture équitable du territoire national à l’horizon 2021. C’est pourquoi chaque Fai dispose d’un lot de 5 régions en plus de Dakar. Il s’agit de Waw Sas pour les régions de Dakar, Thiès, Diourbel, Tambacounda et Kédougou, Arc informatique pour Dakar, Louga, Saint-Louis, Fatick, Kaolack et Kaffrine et enfin, Africa Access pour Dakar, Ziguinchor, Sédhiou, Kolda et Matam. Ils ont l’obligation de couvrir ces régions pour les cinq premières années de l’autorisation. Nous avons d’ailleurs tenu à ce que ces clauses figurent dans le cahier des charges », explique-t-il.

En plus du maillage du territoire espéré avec l’arrivée des Fai, le directeur général de l’Artp est convaincu que du fait de la concurrence avec les opérateurs classiques, les tarifs de connexion à Internet vont connaître de fortes baisses. Selon M. Abdou Karim Sall, « l’arrivée des 3 Fai va permettre de poursuivre la baisse des tarifs déjà enclenchée. Aujourd’hui, les consommateurs sénégalais peuvent disposer d’un éventail de choix par rapport à la qualité de services, à la qualité commerciale et de choisir parmi les tarifs les plus bas. Le renforcement de la concurrence du marché de l’Internet par l’accueil de nouveaux acteurs permet, à la fois, de promouvoir l’innovation des offres et des produits, de proposer au public de toutes catégories, des offres alternatives, en termes de débits, de technologies et de qualité de service. C’est le consommateur qui en profite », a-t-il salué.

Cependant, même s’il salue l’arrivée des Fai, le président de l’Association sénégalaise des usagers des Tic (Asutic), M. Ndiaga Guèye, estime qu’il est possible de faire mieux. Selon lui, « le décret interdit aux nouveaux Fai d’offrir aux Sénégalais des services de type triple play à savoir : Internet haut débit, Téléphonie et Télévision. En sus de cela, cette disposition servira de base légale pour mettre dans leurs conditions de ventes devant être proposées par ces Fai, des clauses leur permettant de bloquer l’accès aux applications de téléphonie par Internet tels que : WhatsApp, Viber, Messenger, Skype, etc. Il serait mieux de les mettre sur un pied d’égalité pour plus d’efficacité. En France par exemple, l’opérateur Free était un Fai qui est devenu opérateur, parce qu’on lui a donné les moyens d’exister et de grandir », suggère-t-il.

Oumar FEDIOR

 

Le Sénégal accueille le Sommet africain de l’Internet (du 29 avril au 11 mai) avec comme enjeu la migration vers l’Ipv6.

En accueillant le Sommet africain de l’Internet (Ais’18), prévu du 29 avril au 11 mai, Dakar sera, pendant une semaine, la capitale de l’Internet africain. En prélude à cet événement, le ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, a tenu une conférence de presse, hier, avec le directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp) pour décliner la feuille de route. Les 650 délégués venant de 54 pays africains qui prendront part à cette rencontre vont échanger sur plusieurs thèmes allant de la gouvernance d’Internet, la cryptologie ou l’Internet des objets. Justement, parmi les points saillants qui seront discutés, figure en bonne place l’utilisation du protocole Ipv6 (Internet protocole version 6), essentiel pour l’Internet des objets. En termes simples, l’Ipv6 utilise un protocole de réseau sans passer par la couche 3 du modèle Osi (Open system interconnexion) qui définit les 7 couches du modèle sur lequel est inspiré les couches du protocole Tcp/Ip, c’est-à-dire l’ensemble des protocoles utilisés pour le transfert des données sur Internet. Le fait de sauter la couche 3 donne plus de rapidité à la connexion parce que c’est à ce niveau que s’effectuent les connexions.

L’enjeu est crucial. « Nous allons vers l’Internet des objets, avec la 5G, et une connectivité de masse, et pour cela, l’Ipv6 est le protocole le plus adapté », explique le Dg de l’Artp, Abdou Karim Sall, invitant les opérateurs à accompagner cette innovation. L’Artp, qui annoncera à cette occasion son adhésion pour la mise en place de ce protocole au Sénégal, attend de ce rendez-vous « des éclairages nécessaires » pour des prises de décision qui vont avoir un impact dans le développement des Tic au Sénégal. En dépit d’appels pressants à accélérer la migration vers l’Ipv6 adressés aux fournisseurs d’accès à Internet et aux fournisseurs de contenu de la part d’Icann (sorte de gouvernement mondial de l’Internet), le déploiement de cette technologie reste très limité au niveau mondial.

Le Sommet africain de l’Internet, qui se tient depuis 2013 en Afrique, regroupe, chaque année, les organisations s’occupant de la gouvernance et de la coordination de l’Internet africain et se veut une plateforme internationale de promotion des produits et services des Tic en Afrique. En plus des opérateurs et des autorités gouvernementales, plusieurs acteurs (Icann, le régulateur mondial de l’Internet, les acteurs mondiaux des noms de domaines et de la gestion des adresses Ip), prendront part à cette rencontre. Il est prévu, lors de la première semaine, une formation (payante) pour un renforcement de capacités de la communauté africaine de l’Internet sur des thèmes relatifs aux enjeux actuels comme la cybercriminalité, la conception et l’exploitation des réseaux, la gestion des réseaux et des points d’échange Internet, etc. mais l’Artp a décidé de rendre gratuite cette formation pour 70 agents de l’administration et jeunes entrepreneurs. Pour Abdoulaye « Bibi » Baldé, la tenue à Dakar du Sommet africain de l’Internet confirme le leadership régional du Sénégal dans le domaine des Tic. En effet, d’après un rapport de l’Institut de recherche McKinsey Global Institute, le poids de l’Internet dans le Pib du Sénégal (3,3% en 2013) est le plus élevé en Afrique. « Le Sénégal a toujours soutenu le développement de l’Internet – mise en place d’un point d’échange, l’attribution de trois nouvelles licences de fournisseur d’accès internet – et adopté une gouvernance de l’Internet basée sur un modèle consensuel et multipartite avec l’implication de l’ensemble des parties prenantes », souligne le ministre.

Seydou KA

La formation des ressources humaines sur la cybersécurité est l’arme contre la fréquence des cyberattaques en pleine explosion à cause des enjeux économiques, géostratégiques. C’est tout l’enjeu d’un atelier sur les technologies émergentes et la cybersécurité, organisé récemment par Cisco en partenariat avec l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Les nouvelles technologies offrent à l’Afrique des opportunités pour rattraper son retard. Mais le continent noir, comme le reste du monde, sont tenus de se préparer à relever le défis posés par les hackers. Les cyberattaques sont dans l’ère du temps et ont comme toile de fond des enjeux économiques, politiques, géostratégiques, etc. Ce sont pour ces raisons que l’académie Cisco et l’Université Cheikh Anta Diop ont initié la formation des jeunes sur ces nouvelles problématiques. « Nous sommes en train de former des instructeurs, des formateurs Cisco de l’Afrique de l’Ouest et du Centre afin qu’ils puissent avoir des aptitudes techniques et théoriques leur permettant d’accompagner d’autres jeunes qui se lanceront sur les technologies émergentes », justifie Modou Fall, coordonnateur des ressources technologiques et pédagogiques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Le bouillonnement de l’écosystème des innovations technologiques appelle à l’adaptation aux exigences sécuritaires. La réalisation de cet objectif n’est possible qu’en outillant les informaticiens du contient et surtout en les positionnant sur les nouveaux domaines de compétence comme la  virtualisation, « le cloud computing », l’Internet des objets, entre autres. « L’entreprenariat numérique occupe de nos jours une place très importante. En tant qu’instructeurs, nous voulons faire en sorte que ces jeunes comprennent les nouvelles technologies, notamment l’Internet des objets », recommande Modou Fall.

Auparavant, le responsable du programme à Cisco Académie, Omar Rhoulami, a insisté sur la formation des ressources humaines pour accompagner l’engouement et l’espoir suscités par les nouvelles technologies. L’Afrique, dit-il, a intérêt à se préparer à avoir des acteurs dans des disciplines ou spécialités comme l’intelligence artificielle. « Les années 97 ont été un tournant technologique de l’Internet. Aujourd’hui, nous sommes à un tournant de l’ère de l’intelligence artificielle ou de l’Internet prédictible.

Cette nouvelle ère demande une nouvelle compétence. Nous devons avoir des compétences sur la cybersécurité, les technologies émergentes, la « programmabilité » des réseaux. Nous avons formé des instructeurs sur les technologies émergentes », défend le responsable de programmes à Cisco Académie, Omar Rhoulami, qui a révélé que leur académie a formé plus de 12.000 étudiants sur les technologies intelligentes.

Idrissa SANE

De nos jours, nous sommes tous devenus des voyageurs virtuels grâce à tous ces partages sur les réseaux sociaux, les blogs…

Nous visitons la Grande Muraille de Chine, les Pyramides d’Egypte, New York, Zanzibar…grâce à nos amis, parents, collègues qui choisissent de partager ces moments uniques de leurs voyages à travers le monde. Conscients de la force des réseaux sociaux dans la promotion d’une destination touristique, les membres du Réseau des blogueurs du Sénégal ont organisé un #NdadjeTweetup (rencontre mensuelle) sur “L’apport du blogging dans le tourisme au Sénégal”.

Ce rendez-vous des blogueurs a eu lieu à Dakar et a vu la participation de plus de 80 acteurs du digital, du tourisme sénégalais, de photographes, d’étudiants, de cinéastes, tous engagés dans la promotion du tourisme au Sénégal.

Vaste thème – longues discussions
Les différents intervenants invités ont campé le débat et orienté les échanges autour des principaux leviers nécessaires pour booster le tourisme au Sénégal. Après un large tour d’horizon sur l’importance du blogging, l’assistance a fait une session de networking animée par Pape Gahn Bâ.

Promotion du Made In Sénégal
Rokhaya Solange Ndir Mbengue a ouvert les discussions en faisant une présentation de sa plateforme “Je consomme Made In Senegal” qui fait la promotion du consommer local. Ambassadrice de la destination Sénégal, Madame Mbengue, s’engage via sa plateforme à donner vie aux belles créations des artisans. Elle a beaucoup insisté sur l’importance des outils numériques dans la promotion du « Made In Sénégal » et dans la sauvegarde de notre patrimoine. Quoi de mieux que l’art, la mode, le stylisme…pour vendre une destination touristique ?

En parlant de mode, Ibrahima Cissé, initiateur du Festival de la Mode, a fait une présentation autour de l’importance de l’apport des créateurs dans le tourisme. Avec le concours organisé à l’occasion de la FIMODAK, Ibrahima fait découvrir au Sénégalais les belles créations de nos stylistes mais aussi nous fait découvrir les blogueurs lifestyle et autres acteurs de la mode spécialisés dans la promotion de la mode Made In Sénégal via internet. Ses chaussures et sa tenue créées par le grand styliste Lahad Guéye ont fait sensation durant le NdadjeTweetup.

L’image est un point important dans la promotion touristique et nos photographes de l’association Sunu Nataal, Mamadou Le Mind Diop, Pamphile et Amath Niane le confirment lors de leurs brillantes interventions. Savoir prendre les bonnes photos, aux bonnes heures et positions, créer une histoire derrière ces prises, ressortir toute la chaleur des sourires, des rires sont autant de détails précieux développés par ces photographes reconnus pour leur talent et leur engagement dans la promotion de la destination Sénégal. En plus de donner des astuces efficaces pour bien utiliser les photos en ligne, ces photographes ont régalé l’assistance avec des prises de vue à couper le souffle. Le digital est un allié de taille pour ces photographes 2.0. Parler efficacement du tourisme est tout un art mais il faut aussi maitriser certaines techniques et outils importants pour toute personne qui s’engage dans la promotion d’une destination via le blogging. Natty Seydi Ndiaye, nous a parlé de contenu web pour la promotion de la destination Sénégal. Avec un exposé concis sur le contenu, la qualité, le référencement, les astuces.

Les participants ont reçu un cours magistral de la part de ce spécialiste du digital. Un exemple concret d’outils de promotion a été présentée par Kadia Sow avec l’application VUE D’AFRIQUE qui permet de découvrir les différents sites classés Patrimoine Historique de l’UNESCO.

Après tous ces exposés sur le contenu, les techniques, il est important de penser business model et durabilité, Pape Ba Gahn, qui accompagne beaucoup d’entrepreneurs a intervenu sur ce plan en donnant des éléments clés aux participants en ce qui concerne le business model des blogs pour avoir une longue durabilité. “Chaque citoyen peut activement participer à la promotion de la destination Sénégal même avec juste un smartphone; nous ne devons rien minimiser car nous avons un beau pays, stable et attrayant qui mérite sa place parmi les plus belles destinations d’Afrique et du monde”

Moussoukoro DIOP
DigitalLover
#DigitalMousso
www.moussoukorodiop.com
Twitter : @mamouchkadiop

Suite à des articles parus dans les medias,  « France 24 » et « Jeune Afrique »,  prêtant à Samuel Eto’o des intentions présidentielles, le concerné a apporté un démenti. Dans un communiqué faisant office de droit de réponse, l’ancien international camerounais  nie catégoriquement, nourrir  l’ambition de se présenter à la prochaine élection présidentielle de son pays.  «J’estime que les propos tenus à mon encontre portent atteinte à mon honneur et véhiculent de nombreuses allusions malsaines », fait-il savoir. « Profitant d’une tradition séculaire liée au 1er avril, certains « journalistes » ont publié dans leurs éditions en ligne, une interview fictive sur une supposée volonté de ma part de me présenter au scrutin présidentiel camerounais de 2018, a-t-il poursuivi. Au regard de ce qui a été écrit, il apparaît que ces derniers ont voulu surfer sur deux éléments pour générer un effet malsain de buzz ».  Eto’o semble comprendre cette approche, qui, dit-il, intervient suite à  «la récente élection de Georges Weah à la présidence de la République du Liberia».

Oumar Bâ

Le combat de lutte, qui s’est soldé par la victoire de Balla Gaye 2 sur Gris Bordeaux, a beaucoup fait parler de par la décision arbitrale mais aussi par le modèle de diffusion. « Le combat n’était pas accessible sur les chaines de télévision mais par mobile », assure Aly, grand amateur de lutte. Ce passionné du sport national sénégalais décrit par le menu le système mis en place pour avoir accès en direct aux images du combat. « Il fallait acheter un « pass » de 1 500 FCfa qui permettait à travers un code d’être connecté sur la plateforme de diffusion du combat ». C’est un système appelé « Pay-per-view ». Si le procédé est une nouveauté au Sénégal pour une rencontre sportive, il a cours dans plusieurs pays. Le dernier en date est le très médiatique combat entre Floyd Mayweather, champion de boxe et Conor Mc Gregor, champion de MMA.

Une révolution technologie au Sénégal, donc, car c’est la rencontre entre deux secteurs très porteurs. En effet, si le football local (hors équipe nationale) ne draine pas les foules, la lutte continue à surfer sur un succès redouté (à cause de la violence) mais assuré. De l’autre, les innovations technologies dans un pays où il y a plus de téléphones portables (plus de 15 millions, selon l’Agence de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) que d’habitants.

Dans ce contexte, il est difficile de reprocher au promoteur l’audace de cette innovation au Sénégal. En revanche, dans le contrat tacite qui le lie aux consommateurs, il y beaucoup à dire. Plusieurs témoignages sur les réseaux sociaux ont fait état de dysfonctionnements dans la diffusion du combat. « Je n’ai pas pu voir la fin du combat car l’image n’apparaissait plus sur mon téléphone », affirme Aly, le fan de lutte. D’autres ont eu recours à des subterfuges pour détourner le dispositif payant pour regarder le combat à moindre frais. Mountaga Cissé, consultant, formateur en nouveaux médias, résume la situation dans un billet sur son blog : « Pour la première fois au Sénégal, une retransmission en direct sur Internet a dépassé les cent mille (100 000) vues simultanées, c’est-à-dire cent mille personnes qui regardent en même temps un même flux. Ce qui est important à noter est que ces cent mille vues simultanées ne provenaient pas de la diffusion Pay-per-view du promoteur via son site ballagris.com mais plutôt de Youtube. Oui, ils ont été nombreux ceux qui ont contourné la plateforme ballagris.com en passant par Youtube et Facebook.

Une faille du système qui constitue un gros manque à gagner pour Luc Nicolaï & Co.

Moussa DIOP

Le développement des technologies de l’information et de la communication (TIC) a ouvert à l’économie sénégalaise et à notre vie sociale deux champs différents. L’un est le versant positif avec des opportunités prometteuses en termes d’efficience, de compétitivité et d’inclusivité. Le second versant en appelle à des questionnements.

« Toute cette activité administrative, économique et sociale, rendue performante par l’usage des TIC, est en même temps très exposée aux menaces inhérentes au cyberespace et qui ont pour noms : terrorisme, espionnage, piratage, négligence humaine », prévient Cherif Diallo, directeur des Technologies de l’information. Ce sont les effets de ce versant qui ont conduit au scandale appelé Cambridge Analytica avec les 87 millions de données piratées depuis le réseau social Facebook.

Dès 2008, le Sénégal a adopté un ensemble de lois portant sur le cyberespace, ainsi que leurs décrets d’application (la loi n° 2008-08 relative aux transactions électroniques ; la loi n° 2008-10 relative à la loi d’orientation  sur la société de l’information (LOSI) ; la loi n° 2008-11 relative sur la cybercriminalité ; la loi n° 2008-12 relative à la protection des données personnelles ; la loi n° 2008-41 relative à la Cryptologie).

« La Commission de protection des données (CDP), une autorité indépendante, a été créée par la loi n° 2008-12 du 25 janvier 2008 portant sur la protection des données à caractère personnel.

Elle est chargée de vérifier la légalité des fichiers et de toutes collectes, utilisations et transmissions de renseignements concernant des individus identifiables et doit assurer dans ce contexte le respect des libertés et droits fondamentaux des personnes physiques, notamment de leur vie privée », rappelle Dr Diallo.

La CDP, conformément à ses prérogatives de protection des consommateurs et citoyens sénégalais « ne cesse de faire des efforts, pour assurer la protection de leurs informations personnelles ; pour s’en convaincre, il suffit de passer en revue les avis et mises en demeure en ce sens ».

Pour autant, le champ d’application de la législation sénégalaise « va au-delà des activités des simples opérateurs économiques (pour qui leur business model trouve son siège dans les données), mais s’étend également à celles de l’État, ses démembrements et des collectivités locales », pour Cherif Diallo. Sur l’international, notamment en Europe, on évoque le critère de niveau de protection adéquat pour justifier la libre circulation des données vers des pays tiers. « En termes plus clairs, l’adéquation de la protection des données dans un pays tiers signifie que les principes majeurs de la protection des données soient effectivement mis en œuvre dans le droit interne de ce pays », explique le directeur des TIC. Ce niveau de protection adéquat permet aux entreprises de l’État tiers d’échanger des données personnelles avec celles des États membres sans qu’aucune garantie supplémentaire ne soit nécessaire. Dans ce cadre, le Sénégal a adhéré à la convention  n° 108 du 28 janvier 1981 pour la protection des personnes à l'égard du traitement automatisé des données à caractère personnel et aussi ratifié à la Convention de Budapest sur la cybercriminalité.

M. DIOP

LA POLITIQUE, C’EST AUSSI LA VIE PRIVÉE ?
Les pudeurs de gazelle vont de paire avec le petit oiseau. Comprenez : « je préfère Twitter à Facebook pour protéger ma vie privée ». C’est un propos redondant entendu maintes fois au détour d’une discussion qui n’a rien à envier aux brèves de comptoirs. Défendre l’idée que sur Facebook, c’est risqué de mettre en scène sa vie privée, est une chose. Le faire et répandre sur le même réseau social ses opinions politiques ou religieuses, en est une autre. C’est même avoir une curieuse manière d’aborder la sacro-sainte vie privée. Avec l’affaire Cambridge Analytica, il apparaît clair que Facebook en sait un peu trop sur tout le monde. Et mieux, le groupe dirigé par Mark Zuckerberg détient potentiellement des éléments qui peuvent faire pencher d’un bord une élection présidentielle américaine. Donc donner son opinion politique sur les réseaux sociaux est une intrusion sur la vie privée qui peut rivaliser avec un live Facebook du baptême du petit dernier de la famille. Ce n’est pas pour rien qu’au moment de faire un choix, il est demandé à l’électeur de passer par l’isoloir.

Par Moussa Diop

SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE : COMMENT LE SÉNÉGAL GÈRE LES DONNÉES NUMÉRIQUES DE SES CITOYENS
Donnees NumeriquesLe développement des technologies de l’information et de la communication (TIC) a ouvert à l’économie sénégalaise et à notre vie sociale deux champs différents. L’un est le versant positif avec des opportunités prometteuses en termes d’efficience, de compétitivité et d’inclusivité. Le second versant en appelle à des questionnements.

« Toute cette activité administrative, économique et sociale, rendue performante par l’usage des TIC, est en même temps très exposée aux menaces inhérentes au cyberespace et qui ont pour noms : terrorisme, espionnage, piratage, négligence humaine », prévient Cherif Diallo, directeur des Technologies de l’information. Ce sont les effets de ce versant qui ont conduit au scandale appelé Cambridge Analytica avec les 87 millions de données piratées depuis le réseau social Facebook.

Dès 2008, le Sénégal a adopté un ensemble de lois portant sur le cyberespace, ainsi que leurs décrets d’application (la loi n° 2008-08 relative aux transactions électroniques ; la loi n° 2008-10 relative à la loi d’orientation  sur la société de l’information (LOSI) ; la loi n° 2008-11 relative sur la cybercriminalité ; la loi n° 2008-12 relative à la protection des données personnelles ; la loi n° 2008-41 relative à la Cryptologie).

« La Commission de protection des données (CDP), une autorité indépendante, a été créée par la loi n° 2008-12 du 25 janvier 2008 portant sur la protection des données à caractère personnel. Elle est chargée de vérifier la légalité des fichiers et de toutes collectes, utilisations et transmissions de renseignements concernant des individus identifiables et doit assurer dans ce contexte le respect des libertés et droits fondamentaux des personnes physiques, notamment de leur vie privée », rappelle Dr Diallo.

La CDP, conformément à ses prérogatives de protection des consommateurs et citoyens sénégalais « ne cesse de faire des efforts, pour assurer la protection de leurs informations personnelles ; pour s’en convaincre, il suffit de passer en revue les avis et mises en demeure en ce sens ».

Pour autant, le champ d’application de la législation sénégalaise « va au-delà des activités des simples opérateurs économiques (pour qui leur business model trouve son siège dans les données), mais s’étend également à celles de l’État, ses démembrements et des collectivités locales », pour Cherif Diallo. Sur l’international, notamment en Europe, on évoque le critère de niveau de protection adéquat pour justifier la libre circulation des données vers des pays tiers. « En termes plus clairs, l’adéquation de la protection des données dans un pays tiers signifie que les principes majeurs de la protection des données soient effectivement mis en œuvre dans le droit interne de ce pays », explique le directeur des TIC. Ce niveau de protection adéquat permet aux entreprises de l’État tiers d’échanger des données personnelles avec celles des États membres sans qu’aucune garantie supplémentaire ne soit nécessaire. Dans ce cadre, le Sénégal a adhéré à la convention  n° 108 du 28 janvier 1981 pour la protection des personnes à l'égard du traitement automatisé des données à caractère personnel et aussi ratifié à la Convention de Budapest sur la cybercriminalité.

M. DIOP

ZUCKERBERG CONVOQUÉ LE 11 AVRIL
Zuckerberg« Au total, nous estimons que les informations Facebook d'au moins 87 millions d'utilisateurs – la plupart aux États-Unis – ont pu être partagées de façon indue avec Cambridge Analytica », a écrit le groupe, mercredi 5 avril. L’annonce est en quelque sorte un préambule des explications de Mark Zuckerberg prévues le mercredi 11 avril.

En effet, le PDG de Facebook devra s’expliquer sur le scandale Cambridge Analytica mais aussi sur les accusations de manipulations politiques imputées à la Russie lors de la présidentielle de 2016. Sur cette dernière affaire, Mark Zuckeberg a annoncé, le 5 avril, la suppression de 270 pages et comptes Facebook et Instagram gérés par la société russe Internet Research Agency (IRA), qui se trouvait déjà, selon le renseignement américain, derrière l'opération de désinformation lancée pour déstabiliser la campagne présidentielle américaine de 2016.


Faire face aux manipulations politiques
En 2017, Facebook avait déjà supprimé des centaines de faux comptes de l'IRA destinés à influencer les débats politiques aux États-Unis, ainsi que 30 000 ciblant les élections en France et d'autres encore en Allemagne.

Facebook supprime cette fois des comptes ciblant des personnes en Russie ou dans des pays où le russe est parlé tels l'Azerbaïdjan, l'Ouzbékistan et l'Ukraine.

Moussa DIOP


CHERIF DIALLO, DTIC : « LA SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE PEUT ÊTRE COMPROMISE AVEC LE CLOUD »
Cherif Diallo CticDirecteur des Technologies de l’information et de la communication (DTIC) au ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, Chérif Diallo met la protection des données personnelles au cœur de ses missions.

Peut-on parler de souveraineté numérique au Sénégal quand les données des Sénégalais sont stockées à l’étranger avec les applications comme Facebook, WhatsApp, Twitter et autres ?
La souveraineté numérique ne se définit pas seulement par rapport à la territorialisation physique des données des citoyens. Les Etats demeurent souverains et indépendants.

Cela dit, il est vrai que la souveraineté numérique pourrait être un peu compromise lorsque certaines données sont stockées dans le Cloud. Mais n’empêche que grâce à un cadre juridique et règlementaire solide, des dispositifs de cybersécurité efficaces, une excellente coopération régionale et internationale, le pays pourra préserver sa souveraineté.

Le Sénégal accueille le Sommet africain d’Internet du 29 avril au 11 mai et, dans ce cadre, plusieurs discussions et séances de travail sont prévues pour aborder cette problématique qui est vraiment devenue une priorité pour les instances de gouvernance de l’Internet.

Le scandale Cambridge Analytica (ou son équivalent) peut-il toucher le Sénégal ? 
A ce jour, le Sénégal n’est pas encore touché vu les statistiques publiées par Facebook. Cette menace pourrait bien toucher n’importe quel pays, d’autant plus que si aujourd’hui il s’est avéré que 87 millions de comptes Facebook qui seraient presque tous des comptes américains, un des pays les plus développés au monde, et leurs données seraient utilisées pour orienter la campagne présidentielle du président américain. De ce fait, nul n’est à l’abri de ce type de scandale. Il est donc important de faire des efforts considérables dans la sensibilisation. Avec la validation de notre Stratégie nationale de cybersécurité, et de notre plan d’actions de protection des enfants en ligne, nous avons déjà engagé des mesures pour faire face à ce genre de menace.

Quelles sont les solutions que vous préconisez pour éviter un tel scandale au Sénégal ?
Il est important de renforcer notre cadre juridique et règlementaire pour tenir compte des nouvelles mutations technologiques. Il faudrait également mettre en place un système d’alerte et de veille : nous allons mettre en place un CERT national dans le cadre de la mise en œuvre de notre stratégie nationale de cybersécurité. La sensibilisation des pouvoirs publics et des utilisateurs n’est pas à négliger. En définitive, il s’agit d’imposer un certain nombres de mesures de sécurité à respecter par les GAFAM sous peine de sanctions, en s’inspirant du Règlement général sur la protection des données (RGPD) qui rentrera en vigueur dans l’espace Union européenne en mai 2018.

Propos recueillis par M. DIOP

SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE : FACEBOOK AU CŒUR D’UN SCANDALE DE MANIPULATION POLITIQUE
Donnees FacebookDepuis la deuxième quinzaine de mars, Facebook, le réseau social préféré des Sénégalais, est au cœur d’un scandale sur la gestion des données personnelles de ses abonnées aux Etats-Unis et dans le monde. Il s’agit de l’affaire dite Cambridge Analytica. De quoi s’agit-il exactement ? Explications

Qu’est-ce que Cambridge Analytica ?
Créée en 2013, Cambridge Analytica est une entreprise spécialisée dans la collecte et l'analyse de données en ligne, dans le cadre de campagnes électorales. «Il s'agit d'une filiale du groupe britannique SCL, qui conseille ses clients en stratégie de communication et en marketing ciblé renseigne Le Figaro. D’ailleurs, Cambridge Analytica s'est surtout fait connaître pour avoir été utilisée par l'équipe de Donald Trump. Steve Bannon, ancien directeur de campagne du candidat républicain, était lui-même investisseur et vice-président de Cambridge Analytica ».

Le cœur de l’affaire
Tout démarre le 17 mars. Deux journaux (New York Times et London’s Observer) mettent en cause Cambridge Analytica pour le motif d’obtention illégale de données sur plus de 50 millions d'utilisateurs de Facebook (deux semaines plus tard, le chiffre sera revu à la hausse, on parle désormais de 87 millions). Pour ce faire, l'entreprise aurait eu recours aux services d'un sous-traitant, Global Science Research (GSR), et d'Aleksandr Kogan, professeur à la prestigieuse université de Cambridge. Ce dernier a développé une application de tests de personnalité, censée être utilisée dans le cadre de recherches universitaires. Les utilisateurs étaient rémunérés s'ils répondaient à des questions, ainsi qu'en accordant un accès à leurs données sur Facebook. Ces informations et celles des amis des personnes ayant participé à cette étude ont ensuite été transmises à Cambridge Analytica par Aleksandr Kogan. Les 87 millions de profils d’utilisateurs de Facebook auraient été utilisés dans le cadre de la campagne électorale de Donald Trump, afin de comprendre et d'influencer l'opinion des électeurs américains, au travers de publicités en ligne, de l'organisation d'événements et d'opérations de communication ciblée.

Quel est rôle de Facebook ?
La firme Cambridge Analytica, ayant plus tard travaillé pour l'équipe de campagne de Donald Trump, a récupéré, via un questionnaire psychologique téléchargé par plus de 300 000 personnes dans le monde, une précieuse base de données. À l'époque, les applications autorisées par une personne avaient accès aux données de ses amis. Cette option a été supprimée en 2014, mais Mark Zuckerberg a reconnu que le réseau social devait mieux contrôler lui-même l'usage des données par les applications. Le réseau social dirigé par Mark Zuckerber. Celui-ci promet alors de faire la lumière sur cette affaire en prenant les services d’enquêteurs. Facebook a déjà expliqué qu’Aleksandr Kogan avait pu récolter légalement les données des utilisateurs, mais avait «violé les règles de la plateforme» en les transmettant à Cambridge Analytica. C’est ainsi que Facebook a suspendu tout accès à ses données aux entreprises et personnes incriminées dont Cambridge Analytica. Mark Zuckerberg a reconnu, le 21 mars, que la responsabilité de son organisation « est de protéger les données (des abonnés) », et que si Facebook échoue à remplir sa mission, le réseau social ne mérite pas de servir les internautes. De son côté, Cambridge Analytica affirme qu'elle ignorait que le professeur de Cambridge avait eu accès illégalement à ses données.

La société dit également avoir supprimé ces données en 2015, après que Facebook a lui-même supprimé l'application d'Aleksandr Kogan de son service. Le New York Times et le London's Observer disent, eux, que ces informations ont bien été conservées par Cambrige Analytica.

M. DIOP

CHEIKH BAKHOUM, DG ADIE ET PCA DE SENIX : « LE POINT D’ÉCHANGE INTERNET, GAGE DE SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE »
Bakhoum AdieAvec la multiplication des lignes internet estimées à près de 9 millions en 2017, la qualité de la connexion se dégradait sérieusement. C’est pourquoi l’Agence de l’Informatique de l’Etat (Adie) a jugé opportun de mettre en place une solution pour accroitre la qualité de la connexion Internet. C’est tout le sens des différents projets entrepris et/ou réalisés par l’Adie.

«L'Adiea engagé depuis longtemps, un ambitieux programme pour mener notre pays vers une relative souveraineté numérique, avec la mise en place des premiers Datacenter au Sénégal dédiés aux données de l'Administration sénégalaise. Aujourd'hui les opérateurs ont presque tous leur Datacenter, nous avons ensuite mis en place les premiers réseaux de fibre optique nationaux au Sénégal, qui permettent à nos communications de rester dans le périmètre local et avec un très haut débit. Aussi, avec le Point d'échange internet national nous pouvons désormais interconnecter tous les opérateurs présents sur le territoire sénégalais entre eux, ce qui éviterait ainsi l’utilisation des fibres optiques avec les câbles sous-marins internationaux pour nos communications locales. Désormais, les échanges Internet entre sénégalais n’auront plus besoin de transiter par des routeurs à l’étranger. Nous ne serons plus à la merci du trafic international, car nous avons, désormais notre internet local. C’est un gage de souveraineté numérique », assure-t-il.

Oumar FEDIOR

DATACENTER, POINT D’ECHANGE INTERNET… : LA SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE PREND FORME
Jusqu’à un passé récent, les données des entreprises et autres structures étaient stockées dans des serveurs installés dans des pays comme la France, les Etats-Unis… En plus d’engendrer des coûts exorbitants, cette situation exposait les données parfois sensibles à toutes sortes de menace. L’ayant compris, des acteurs de diverses catégories se sont ruées vers la mise en place de Datacenter. De la Sonatel à Tigo, en passant par l’Adie et Gaïndé 2000, ils disposent d’une infrastructure de stockage de données où sont regroupés des équipements constituants du système d’information d’une entreprise. Une avancée majeure dans un monde où même les plus gros systèmes ne sont pas épargnés par la cybercriminalité.

«Le mobile et le cloud tiennent une place prépondérante dans le monde d’aujourd’hui. C’est pourquoi la protection des données est un problème complexe pour les entreprises, puisque les données ne résident plus uniquement dans le périmètre de leur réseau », indique Serge Ntamack, directeur régional Affaires publiques de Microsoft Afrique.

En effet, régulièrement confrontées à des soucis avec les serveurs, les entreprises ont besoin d’entrer en contact avec l’hébergeur en cas de pépin. Ce qui n’est pas évident quand il se trouve à mille lieues de sa zone. «En plus de la puissance, l’hébergé a besoin d’un répondant 24h/24. C’est ce qui fait la différence avec les grands hébergeurs. Par exemple, quelqu’un qui se fait héberger a besoin d’avoir un interlocuteur en temps réel en cas de pépin. C’est pourquoi en se faisant héberger chez soi, on est plus rassuré. Parce qu’à l’international, dès que c’est coupé, on a de sérieux problèmes. C’est une fois arrivé à Wari, et il en a souffert », explique le directeur de la plateforme In Touch, Omar Cissé. Pour Ousmane Dia, directeur des entreprises de Sonatel, avec son Datacenter d’une capacité de 70 baies actives, deux (02) locaux opérateur/fédérateur (OP/FED) d’une surface technique utile de 32m² pouvant accueillir chacun 10 baies IT de 800×800 mm organisées, même les grands projets de l’Etat peuvent y être hébergés. «Ce sont des besoins qui ne peuvent pas être délocalisés à l’étranger. Ainsi, le développement des contenus locaux avec le rapatriement des portails hébergés à l’extérieur ainsi que la mise en œuvre d’un écosystème pour les développeurs, sont autant de facteurs qui vont participer à la croissance de l’économie et de la souveraineté numérique. »

O. FEDIOR

UNE AUBAINE POUR LES PME ?
Principale composante du paysage économique sénégalais, les Petites et moyennes entreprises (PME) étaient traitées de la même manière que les grandes entreprises. Une incongruité que les Datacenter corrigent. «L’entreprise hébergée, qu’elle soit petite ou grande, ne paie qu’en fonction de ses besoins. Il y a une flexibilité qui varie selon les besoins. Les grandes entreprises peuvent en profiter, au même titre que les Pme qui ont plus besoin de faire des économies sur les charges », souligne Ousmane Dia.

O. FEDIOR

En libéralisant l’accès aux codes Ussd, jusque-là une chasse gardée des opérateurs de téléphonie, l’Artp veut impulser une nouvelle dynamique de développement des services mobiles innovants et favoriser l’inclusion financière. Au grand bonheur des acteurs de l’écosystème du numérique. Hormis, peut-être, les opérateurs de téléphonie.

L’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp) vient d’accéder à une forte demande des acteurs du secteur numérique, mais aussi des banques et de toutes les structures proposant des services financiers digitaux ou de monnaie électronique. Son directeur général, Abdou Karim Sall, a annoncé, hier, lors d’un point de presse, une « libéralisation » de l’accès aux codes Ussd. De l’anglais Unstructured supplementary services data (données de services supplémentaires non structurés), l’Ussd permet d’accéder à des services à valeur ajoutée tels que le paiement électronique ou le mobile money à partir du téléphone portable. Jusqu’à présent, ces codes étaient étaient exclusivement détenus et exploités par les opérateurs de téléphonie mobile qui « pour des raisons évidentes pouvaient limiter ou bloquer leur accès aux autres acteurs », alors qu’ils (ces codes) constituent un canal fondamental permettant d’offrir des services financiers et autres services innovants. C’est cette situation de monopole décriée par les autres acteurs et qui est « fortement préjudiciable à la concurrence et à l’innovation » que l’Artp veut casser, avec la mise en place de ce nouveau cadre juridique. L’objectif est de permettre aux acteurs de tout l’écosystème d’impulser « une nouvelle dynamique de développement des services mobiles innovants ». « A travers cette décision, nous avons l’ambition de créer les conditions d’accès équitable à ce que nous considérons comme une facilité essentielle », justifie Abdou Karim Sall.

Pionnier en Afrique francophone
Naturellement, cette décision ne plaît pas forcément aux opérateurs de téléphonie qui voulaient continuer à « garder leur périmètre », même si l’Artp assure avoir opté pour une démarche concertée, incluant l’ensemble des parties prenantes : opérateurs de téléphonie mobile, fournisseurs à valeur ajoutée, etc. En effet, cette décision aura plusieurs implications sur l’écosystème du numérique. A commencer par une diminution des frais d’accès qui vont passer de 1 million à 350 000 FCfa (les trois opérateurs de téléphonie ont accepté de s’aligner sur ce tarif). Mais l’enjeu est ailleurs. D’abord, les opérateurs ne peuvent plus octroyer des codes Ussd qui seront sous le contrôle « exclusif » de l’Artp. Désormais, tout fournisseur de services à valeur ajoutée devra s’adresser à l’Artp pour avoir un code Ussd. Il y a aussi l’interopérabilité des différents codes, indépendamment de l’opérateur auquel on est abonné. L’Artp entend ainsi renforcer, avec cette décision, la concurrence dans le secteur des télécommunications, en particulier sur le segment de la téléphonie mobile, et promouvoir l’innovation, la baisse des prix des services, tout en s’alignant sur les meilleurs standards internationaux. « Il s’agit, pour nous, de donner la possibilité aux acteurs locaux, Pme, start-ups, acteurs de l’industrie numérique locale et d’autres secteurs de disposer facilement d’outils leur permettant de proposer à la population des services innovations au meilleur prix », plaide le Dg de l’Artp. L’Union internationale des télécommunications (Uit) demande aux autorités de régulation de favoriser l’accès des acteurs non opérateurs de téléphonie mobile aux codes Ussd afin d’encourager l’inclusion financière des populations en Afrique, mais, à ce jour, très peu de pays ont suivi cette recommandation. Le Sénégal fait ainsi œuvre de pionnier en Afrique francophone. Jusque-là, seuls l’Afrique du Sud, l’Ouganda, le Kenya et le Ghana avaient libéralisé l’accès aux codes Ussd. En Côte d’Ivoire, le processus est enclenché, mais les opérateurs de téléphonie continuent de faire de la résistance. L’Artp promet d’appliquer cette décision de « manière rigoureuse ». Et ceux qui seront tentés de bloquer la procédure se verront appliquer les sanctions prévues par le code des télécommunications.

Seydou KA


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