banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Centre des techniques de l’information et de la communication (Ctic) : Un mentor d’entreprises innovantes

11 Avr 2017
2131 times

En cinq années, Ctic (Centre des techniques de l’information et de la communication) Dakar s’est imposé dans l’accompagnement des entrepreneurs dans le domaine des nouvelles technologies. La structure flaire les « bons coups » tout en boostant les projets innovants.

En cette matinée de lundi, la lente reprise du travail, après un long week-end, n’est pas de mise à la rue Berenger Feraud de Dakar. Les va et vient incessants rythment les premières heures de la matinée. Parmi les visiteuses, une jeune étudiante en informatique, aux traits d’ado, malgré ses vingt années dépassées, se ronge les ongles d’impatience. Elle attend son tour pour passer devant le jury du Ctic. Avec deux amis, elle a développé un concept portant sur la distribution de produits pharmaceutiques. La jeune entrepreneuse espère sortir de son rendez-vous avec le sésame qui valide l’accompagnement du Cetic de leur projet. La confiance que lui portent ses amis est source de stress supplémentaire. Des centaines de jeunes sont dans la  même situation que cette jeune fille. Ils sont, en effet, nombreux à soumettre des projets à la structure, dans l’espoir de se faire accompagner.

Et pour cause, Ctic Dakar  a été créé pour accélérer le développement des Tic au Sénégal. Nous sommes en 2001. Différents partenaires issus du  public et du  privé rejoignent l’aventure,  notamment la Banque mondiale.  C’est  d’ailleurs,  l’un des premiers incubateurs francophones soutenu par l’institution internationale. Le Ctic, à but non lucratif, est soucieux de dynamiser le secteur Tic en favorisant la croissance des entreprises les plus innovantes. Placé sous l’égide de la Fondation des incubateurs Tic du Sénégal (Fictis),  le projet a rapidement suscité l’intérêt et de nombreux partenaires.

Faire émerger le Sénégal des Tic
CticCes structures sont accessibles sous conditions d’éligibilité et proposent des services : des locaux spacieux à tarifs avantageux, des services partagés, un accompagnement aux différents stades de la vie de l’entreprise et parfois même un financement. Ce qui représente des avantages non négligeables pour ceux qui viennent de débuter une aventure entrepreneuriale. 

« Il est donc d’un intérêt crucial pour les start-up de passer par cette étape pour démarrer un projet, reconnaît la jeune étudiante. Cependant, le choix de l’incubateur est primordial. Avant de déposer une candidature, nous nous sommes renseignés sur le domaine d’activité de l’incubateur ».  Bien qu’étant une association à but non-lucratif, Ctic Dakar  a pour ambition de bâtir un modèle d’incubateur viable financièrement. L’objectif est de se départir de la dépendance des bailleurs. C’est ainsi que Ctic Dakar est rémunéré sur la base d’un pourcentage de la croissance du chiffre d’affaires des entreprises qu’elle accompagne dans son programme d’incubation.

« La vision du Ctic est de faire émerger le  Sénégal des entreprises Tic au rayonnement international. Un ensemble de services est également disponible pour les entreprises Tic ne souhaitant pas bénéficier de la palette complète des services d’incubation : business développement,  levée de fonds, gestion comptable, appels d’offres, etc. », informe Carine Vavasseur, qui était responsable de la communication et événementiel de l’incubateur Dakarois lors du reportage. D’autres services commerciaux sont également proposés par Ctic Dakar,  afin d’équilibrer son modèle. Il y a des formations et certifications, l’organisation d’événements Tic et de concours d’entrepreneurs, le conseil en incubation, le lancement d’incubateurs.

L’avantage d’un incubateur
En termes d’incubation en Afrique, ce modèle  demeure  original.  Il ne fait pas de prises de participation dans le capital des boîtes mais ne fonctionne pas non plus dans la gratuité.  « Nous partageons vraiment le succès mais aussi l’échec avec nos jeunes pousses», poursuit-elle. «Pour maintenir notre vision entrepreneuriale et être indépendant des bailleurs, nous bâtissons un modèle économique viable en prenant un pourcentage de la croissance du chiffre d’affaires des entreprises que l’on accompagne. En gros, on regarde la différence de chiffre d’affaires entre la première année et la deuxième. S’il n’y a pas de croissance, la startup ne nous paie pas, s’il y a de la croissance, le Ctic perçoit un pourcentage sur la croissance », informait Mme Vavasseur. Les incubateurs sont créés afin de faire grandir les Pme Tic d’Afrique et d’intégrer  le continent dans  l’économie numérique globale. Cette approche est réalisée après une sélection stricte d’une communauté par le canal d’un réseau crédible de dimension sous régionale. « La mission des incubateurs est d’identifier et d’accompagner des entrepreneurs  de talent et des Pme Tic à fort potentiel. Il a aussi pour mission de leur faciliter l’accès aux marchés et aux financements. Ce modèle est mieux adapté aux entrepreneurs  souvent réticents à l’idée d’ouvrir leur capital », informe la chargée de communication. Après six  mois d’accompagnement, les startups les plus solides peuvent entrer dans le programme d’incubation. « Nous avons accompagné beaucoup de startups, principalement dans l’internet, les applications mobiles ou les logiciels », poursuit-elle. Par cette approche,  les incubateurs veulent créer des  entreprises viables et faire  grandir  des leaders à travers la promotion de  l’entrepreneuriat Tic.  Au-delà des incubateurs, il existe d’autres structures appelées « accélérateurs » (durée plus courte et souvent prise de participation au capital) et aussi des « couveuses » ou des « pépinières ». 

CARINE VAVASSEUR, responsable de la communication : « 75 Pme Tic et plus de 1.750 porteurs de projets accompagnés par le centre »
Carine Vavasseur CticLe Centre des techniques de l’information et de la communication (Ctic), organisation à but non lucratif, a vu le jour  sous l’impulsion du secteur privé sénégalais (Organisation des professionnels des Tic), soucieux de dynamiser le secteur des nouvelles technologies et de favoriser la croissance des entreprises les plus innovantes. Carine Vavasseur, lors de la réalisation de l’interview, était Responsable communication et événementiel au Ctic Dakar. Elle faisait le bilan des actions et réalisation du Ctic notamment sur l’impacte des incubateurs.

Quel rôle joue Ctic dans la création des emplois  au Sénégal ?
 La création d’emplois au Sénégal est une nécessité et ne peut se faire sans la création d’entreprises et le soutien au développement des Pme. Ctic Dakar accompagne, depuis 5 ans, les pme tic à fort potentiel et les entrepreneurs du numérique. A travers ce soutien que nous apportons aux startups du numérique, nous avons constaté que 85% d’entre elles sont pérennes au-delà de 3 ans d’activités, alors qu’en Afrique subsaharienne, seules 20% des startups survivent au-delà de 2 ans. Quand on sait que les entreprises que nous avons accompagnées jusqu’à maintenant ont créé plus de 200 emplois et que 85% d’entre elles continuent de grandir, on ne peut qu’imaginer l’impact qu’elles auront sur la création d’emplois au Sénégal et au-delà dans 5, 10, 15 ans. Nous avons également coaché plus de 1.750 jeunes en 5 ans. Certains ont décidé de se lancer en créant des startups. Nous avons même eu le plaisir d’en revoir dans nos programmes d’accélération et d’incubation.
  
Quel est l’intérêt de la création des incubateurs ?
Les intérêts de la création d’incubateurs sont variés, je vous en citerais quelques uns. Les incubateurs sont des catalyseurs de croissance. Ils permettent de créer un environnement favorable aux startups et de leur faciliter l’insertion dans leur marché en participant à mettre en place les conditions de leur succès. C’est pour la survie des startups et pour leur permettre d’être rentables et pérennes qu’existent les incubateurs. Au-delà de cet aspect, les incubateurs peuvent servir de véritable laboratoire pour des entrepreneurs souhaitant lancer de nouveaux produits ou services et recueillir les premiers feedbacks qui leur permettront de poursuivre le développement de ces solutions ou de repenser leur idée. Les incubateurs ont aussi un rôle de tiers de confiance et permettent de créer le lien entre les startups et les Pme mais aussi entre les startups et de grandes entreprises. Un peu comme un label, l’incubateur favorise un climat de confiance entre ces différents acteurs. Nous bénéficions d’un positionnement privilégié en étant une interface permettant la rencontre et la collaboration de plusieurs maillons de notre écosystème (écoles, Pme, startups, grands groupes, banques, organisations). Enfin, les incubateurs ont un impact économique et social dans leur environnement. L’impact social est mesurable de façon directe et indirecte, c’est-à-dire en observant l’impact immédiat des incubateurs mais aussi en s’intéressant à l’impact des entreprises accompagnées. Nous accompagnons, à Ctic Dakar, des entreprises qui ont chacune leurs particularités. Certaines comme Niokobok, site d’achat de ravitaillement en ligne (www.niokobok.com), permettent de créer un lien fort entre la diaspora et les sénégalais de l’intérieur. C’est le cas aussi de LAfricaMobile (www.lafricamobile.com) qui offre, entre autres, la possibilité, à travers des solutions Sms, de donner la parole à la diaspora sénégalaise sur des émissions TV et radio sénégalaises. D’autres startups comme Ecoles Au Sénégal ont choisi d’œuvrer pour un accès gratuit à du contenu scolaire local en ligne (www.ecolesausenegal.com). Ce sont des milliers de familles et d’écoliers qui sont concernés par ces solutions. Sans oublier les emplois créés par ces startups. L’impact économique se mesure quant à lui par les résultats que font les entreprises accompagnées.
 
Pourriez-vous nous décrire vos réalisations en chiffre depuis la création de Ctic Dakar ?
En 5 ans, nous avons accompagné 75 Pme Tic et coaché plus de 1750 porteurs de projets par plus de 85 événements organisés mais aussi lors de sessions d’informations et de coaching. Nous accompagnons actuellement 12 entreprises Tic, dont 3 qui ont rejoint le programme récemment, et 17 porteurs de projets en phase pilote à travers notre programme d’accélération qui est à sa 4ème cohorte. Les entreprises que nous accompagnons ont une croissance intéressante entre 2014 et 2015, parvenant, en moyenne, à multiplier leur chiffre d’affaires par 1,5. Des entreprises qui grandissent et deviennent pérennes pour la plupart.  

Nous avons également accompagnées une quinzaine d’entreprises en mission de prospection dans la sous-région. Notre présence en Afrique de l’Ouest ne se limite pas là.
Ces dernières années, nous avons mené les études de faisabilité et participé à la mise en place d’incubateurs Tic au Niger (Cipmen), au Gabon et actuellement en Mauritanie. Nous déroulons également 3 programmes panafricains phares avec des bailleurs internationaux. « Waziup », un programme financé par l’Union européenne et enrôlant 12 partenaires dont Ctic Dakar, entend vulgariser l’usage de l’internet des objets et du big data dans les zones rurales africaines. Avec la Banque mondiale, nous allons initier le programme « Jambar Tech Lab » pour impulser des produits digitaux africains innovants en Afrique et au-delà. Avec l’Agence française de développement, nous sommes bénéficiaires du Programme Afrique Innovation (Pai) qui se traduira par un renforcement de capacités de notre équipe d’encadrement et un appui à l’accompagnement des entreprises en incubation. 

Oumar Bâ

Rate this item
(0 votes)

CanGabon90x700ok


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.