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No Stress Land : De l’espace virtuel aux actions sociales

04 Juil 2017
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Créé en novembre 2012, le groupe Facebook «No Stress Land» s’engage par ses actions sociales et humanitaires au Sénégal. Il compte actuellement plus de 900 membres. Ce sont des valeurs de solidarité, de respect et de fraternité que prône le groupe. Il propose « une autre vision de Facebook » en utilisant le réseau social comme un outil d’action.

Quand on cherche à faire partie du groupe «No Stress Land» pour les besoins de ce reportage comme pour tout internaute, il y a plusieurs conditions à remplir. Ne les honorant pas toutes, le contact virtuel s’est transformé en rendez-vous avec Sanou Ndiaye, président de «No Stress Land».

A 47 ans, barbe poivre et sel, Sanou travaille à l’aéroport de Dakar. Il présente «Nsl» comme un groupe de bénévoles ayant « un idéal commun de partage, de citoyenneté », œuvrant à travers des actions principalement humanitaires.

Actuellement en congés, c’est chez lui, dans une ambiance conviviale, qu’il reçoit. « Avoir mon travail ne m’empêche pas de vivre pleinement ma passion, qui est aussi ma vocation », explique Sanou. Son domicile fait office de bureau, de lieu de stockage des dons et de point de réunion pour le groupe. Demba Ndiaye Leyti, un des administrateurs de la page Facebook de «Nsl», est également présent.

La naissance d’un groupe virtuel
Pourquoi le nom de « No Stress Land » ? Et pourquoi en anglais? Sanou, l’initiateur du projet donne plusieurs explications. Il a « une formation académique au département d’Anglais de l’université Cheikh Anta Diop ». «No Stress Land» est une expression qu’il avait « l’habitude d’utiliser ». Mais, plus étonnant, le nom du groupe lui est « apparu en rêve, le 25 novembre 2012. Ce n’est pas le fruit du hasard ».

A son réveil, il a décidé de créer le groupe Facebook. No Stress Land, « à la base, c’est du fun » mais lié à un réseau social car jusqu’à présent, le groupe ne tient à être présent que sur Facebook. C’est de cet outil que le projet est né, et ils ne souhaitent pas «s’éparpiller ».

Des conditions d’admission sélectives
« La porte n’est pas ouverte à n’importe qui, et il faut vraiment montrer patte blanche pour faire partie de «No Stress Land» », déclare Sanou. Tout d’abord, sans avoir un compte Facebook, on peut contribuer aux actions du groupe, on peut être donneur, mais on ne peut être membre. Et ce n’est pas tout le monde qui est accepté dans le groupe Facebook de «No Stress Land». En effet, le groupe a établi un certain nombre de conditions afin de privilégier « la qualité ». Pour être membre, il faut par exemple avoir plus de 25 ans. « Moins de 25 ans, s’abstenir !!! » est indiqué sur la page Facebook. Mais Sanou et Demba avouent pouvoir faire des exceptions à cette règle : « Tout dépend de la maturité de la personne », mais « il est exceptionnel que nous acceptions une personne sans être allés vérifier son mur ».

Autres conditions à respecter : « Etre actif sur la page », c’est-à-dire « réagir en likant, en commentant», précise Demba. Ou encore, il faut « contribuer aux actions » et « participer aux rencontres ». Enfin, le point visiblement important pour le groupe, afin d’éviter les imposteurs, est qu’il faut « afficher sa photo sur son profil ».

Dérapages et marge d’erreur sur Facebook
Il y a une ligne de conduite stricte à respecter pour être dans le groupe Facebook. On ne peut publier ou parler de tout. « Comme dans une vraie famille », explique Sanou. Pas de sujets sur le sexe, pas d’images de marabouts et pas de soutien politique. Le groupe se veut le plus « neutre possible ». Il ajoute : « Ce n’est pas parce qu’on est membre de «No Stress Land» aujourd’hui qu’on le sera demain. Si un membre accède au groupe et qu’il ne remplit pas les conditions, il peut en être exclu ». Il affirme que cela s’est déjà produit.

« Nul ne sait véritablement qui se cache derrière un profil Facebook », déclare Sanou. « Des fois, on y va sur la base de l’instinct et naturellement on peut se tromper mais depuis le début, ça se passe bien », ajoute le président du groupe. Sanou prend un exemple d’erreur possible : «  Si un profil Facebook qui date de quelques jours ou de quelques mois, très souvent, on ne valide pas du tout. A priori, c’est un profil suspect. Pourtant, une personne peut créer un profil uniquement pour adhérer au groupe. Mais si au préalable cette information ne nous est pas fournie, naturellement c’est un compte qui sera zappé ».

Des actions humanitaires et bénévoles
Sur le terrain, pour distribuer des dons aux plus démunis, le groupe est principalement actif sur Dakar, Thiès et Saint-Louis. Mais ses membres sur le groupe Facebook sont néanmoins éparpillés dans le pays et à l’étranger. L’espace virtuel qu’est le réseau social Facebook permet au groupe de réduire les distances réelles, de mobiliser et de fédérer avec peu de moyens.

Les membres ne perçoivent aucun salaire pour leur travail et sont tous bénévoles. Leur devise, selon le président du groupe : « Je contribue, «No Stress Land» distribue et Allah rétribue ».

Il explique que «les actions sociales ont démarré au mois Ramadan » et pour lui, au sein du groupe, « la religion n’est pas à exclure ».

L’évolution du groupe
A son échelle, l’évolution du groupe «No Stress Land» depuis sa création est considérable. En 2013, ils distribuaient des rations alimentaires à 15 familles démunies. 36 familles ont bénéficié des aides de «Nsl» en 2014. Aujourd’hui, ils en distribuent à 150. Le groupe est très actif pendant les périodes de Ramadan. Sanou précise que « ce sont les périodes qui déterminent les actions sociales ».

Pourquoi cette progression ? Sanou pense que c’est « dû à l’engagement et non au nombre de membres ». Il ajoute que sur Facebook, « plus de 9.800 membres attendent d’être intégrés dans le groupe » alors que le groupe ne compte actuellement qu’un « peu plus de 900 membres ». Pour Sanou, « ce n’est pas le nombre qui fait la réussite, mais la qualité des membres ». Il estime que ««No Stress Land» regorge de potentialités insondables ». Alors que le nom « No Stress Land » est déjà breveté, le groupe entend connaître une autre évolution avec l’entame de démarches administratives pour passer à un statut d’association.

Par Cora PORTAIS

PARTICULARITÉS DU GROUPE
Selon Sanou, les membres du groupe sont variés et se considèrent idéologiquement comme « une seule et même famille, avec tout ce que cela implique ». Il assure que les différences des membres ont permis de « créer une synergie » pour le groupe. « Toutes les catégories socio-professionnelles se retrouvent dans le groupe ». Comme exemples, il cite des catégories telles que «  des directeurs généraux, des bijoutiers, des étudiants, des travailleurs de toutes catégories ». Pour lui, « c’est tout cet ensemble qui a permis à «No Stress Land» de réussir ».

On compte aussi des personnalités publiques, des artistes. Aujourd’hui, le groupe aurait même acquis une « dimension socio-professionnelle », selon Sanou. « Certains de nos membres ont pu trouver un travail grâce au groupe ». Par exemple, « les chefs d’entreprise, les décideurs qui sont dans le groupe peuvent être amenés à embaucher du personnel. Ils pensent d’abord à nous avant d’aller voir ailleurs». En utilisant le réseau social Facebook, le groupe tend à s’ancrer dans les réalités et difficultés socio-économiques des Sénégalais les plus défavorisés. « Aujourd’hui, personne ne peut dire que «No Stress Land» est virtuel. Il relève peut-être du virtuel mais il a atteint une dimension humaine, où les membres de Dakar se rencontrent, se connaissent, partagent beaucoup de choses en commun », explique le président du groupe. Il précise qu’« il est rare que les membres restent plus de 24 heures sans se parler ». Demba ajoute que «c’est par surprise » qu’ils apportent les dons dans les familles. « On part et on ne les prévient pas ».

Cora PORTAIS

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