banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Abonnement sur You Tube : Les séries sénégalaises embauchent le bon filon

09 Jan 2018
2016 times

Après le règne presque sans partage des télénovelas, les séries sénégalaises ont le vent en poupe depuis le début des années 2010. Les maisons de production des différentes séries à la mode surfent sur le phénomène en dopant les abonnements à leurs chaînes YouTube avec une technique de monétisation qui rapporte gros.

« Je suis devenue fan de certaines séries sénégalaises comme Mbettel ou Idoles. Mais je ne les regarde jamais à la télévision. J’attends d’avoir la notification par mail pour aller les visionner sur YouTube », confie Ndèye Fatou Kane, écrivaine et férue de nouvelles technologies. Le cas de la jeune trentenaire n’est pas isolé. La télévision est de moins en moins suivie par toute une génération qui lui préfère désormais les plateformes de vidéos comme YouTube où on peut faire sa propre programmation « télé ». Plateforme très importante pour les producteurs de vidéos, YouTube, propriété du géant américain Google, permet de gagner de l’argent. « Un producteur peut créer sa propre chaîne You Tube. Selon l’intérêt du contenu vidéo pour les internautes, Google va chercher des partenaires pub, explique Basile Niane, Digital Project Manager. Ainsi en activant un bouton, on peut mettre de la publicité dans les contenus vidéo mis en ligne ».

Une monétisation en marche
La monétisation des vidéos sur YouTube est très simple. « Plus la vidéo est lue, plus il y a de la pub. Il y a des rémunérations à chaque clic. Les deux principales sont le Coût par clic (CPC) et le Coût par mille (CPM) vues », détaille toujours Basile Niane, qui en rajoute une autre source de monétisation appelée « l’affiliation », c’est un sponsoring avec une marque qui rémunère la personne sponsorisée selon le nombre de visites redirigées vers son produit. Ces différents aspects de la monétisation de YouTube, notamment le CPC et le CPM, attirent les producteurs sénégalais de vidéos et surtout de séries. Ils axent leur stratégie sur les deux formes d’abonnement aux chaînes YouTube. L’abonnement direct permet à l’internaute d’avoir une notification dans sa boite mail qu’un nouvel épisode de sa série préférée est en ligne, c’est le cas de Ndèye Fatou Kane. Alors que pour celui indirect, l’abonné ne voit le nouvel épisode qu’une fois sur la chaîne YouTube. La chaîne YouTube de la série Pod et Marichou affiche 438 000 abonnés, « Mbettel » est à près de 200 000 abonnés, « Un café avec… » en est à 166 000, « Idoles » en compte 67 000. Mais pour chacun des épisodes de ses séries, le nombre de vues dépasse le chiffre des abonnements. Il se trouve généralement entre 400 000 et son double.
 
Offre spécifique par support
L’explication tient de la théorie de « l’âge de l’accès » combiné au choix des internautes. « Je préfère ne pas m’abonner et aller directement sur YouTube pour voir l’épisode car je connais les jours où passent mes séries préférées », renseigne Adja Seynabou Diop, une quadra férue de séries sénégalaises. C’est ce qu’ont compris les maisons de production. Elles mettent désormais dans les contrats qui les engagent avec les diffuseurs que sont les télévisions, des clauses d’exploitation exclusive sur d’autres supports internet à travers des abonnements. C’est une stratégie compréhensive surtout quand l’argent est tabou. « Les maisons de production ne veulent pas rendre publique ce qu’ils gagnent, constate Basile Niane. Il y a différentes sommes. C’est difficile à estimer mais sur You Tube les séries rapportent à partir de 3 000 euros (2 millions francs CFA) par mois. Tout dépend de la régie publicitaire de la maison de production et de la pub que Google met en ligne. Mais les producteurs sénégalais ne gagnent pas autant que ceux des USA ».

RÉALISATEUR DE « IDOLES », Ibou Diouf : « Quand on met les séries sur internet, c’est n’est pas pour gagner de l’argent »
Ne niant pas les sommes annoncées, Ibou Gueye, réalisateur et producteur de la série « Idoles », précise que « quand on choisit la stratégie de mettre une série sur YouTube, ce n’est pas forcément pour gagner de l’argent car un épisode peut rapporter de deux à trois euros (650 à 1500 francs Cfa), selon le nombre de vues ». Les séries sénégalaises sont confrontées à un problème de taille : elles sont en langues nationales. C’est ce qui fait que l’audience est confrontée à un plafond de verre. « Les programmes qui rapportent sur YouTube sont en français, en anglais ou en espagnol. Les langues nationales sénégalaises ne permettent pas une grande audience », renseigne Ibou Gueye.

Ce qui est en jeu en mettant les épisodes sur internet, tout juste après leur diffusion à la télévision, c’est de créer une communauté. « Cela augmente les vues et le nombre de fans. C’est aussi pour cibler la diaspora. Ce qui augmente forcément la notoriété du produit. Ainsi la série devient plus « bancable » donc attire plus d’annonceurs et devient plus rentable ». A la télévision, un épisode d’une série sponsorisé par une marque rapporte généralement 200 000 f Cfa.

Last modified on mardi, 09 janvier 2018 13:53
Rate this item
(0 votes)


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.