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Sciences et Technologies

Sciences et Technologies (91)

La saison prochaine verra le réseau social diffuser en direct des matches de la Ligue des champions, la plus prestigieuse compétition des clubs. Cependant, ces matches ne seront visibles sur la plateforme qu’aux Etats-Unis, rapporte le site du journal français Le Figaro.

Facebook qui diffuse déjà la Ligue majeure de baseball (Mlb), la National basketball association (Nba) et la Ligue professionnelle nord-américaine (plus connue sous le nom de Major league soccer, Mls), ajoute dans sa grille des programmes de cette prestigieuse compétition.

La nouvelle a été annoncée via un communiqué publié mardi 26 juin par la chaîne sportive américaine Fox Sports. En vertu d’un accord passé entre les deux institutions, Facebook, qui vient de passer la barre des 2 milliards d’utilisateurs, diffusera sur sa page officielle deux matches par journée en phase de groupe, quatre huitièmes de finale et les quatre quarts de finale de la saison 2017-2018. « Les images de ces confrontations seront produites par Fox Sports et ne seront visibles que par les utilisateurs de Facebook situés aux Etats-Unis », précise le communiqué.

Le réseau social fondé par Mark Zuckerberg jouit aussi d’une relation avec la Nba, qui a permis la diffusion, en janvier, d’un match entre Sacramento et Golden State, uniquement visible en Inde, un marché prisé par la ligue nord-américaine de basket, révèle pour sa part Le Parisien. Une nouvelle offensive de la compagnie dans la diffusion du sport en direct.

En présence d’Emmanuel Macron et d’Anne Hidalgo, des milliers d’invités ont assisté, jeudi dernier, à Paris, à l’inauguration de la Station F, le plus gros incubateur de start-ups au monde, financé par le fondateur de Free Xavier Niel.

C’est une ancienne gare de marchandises, un bâtiment classé des années 1920 proche de la gare d’Austerlitz de Paris qui abrite la crème de la technologie française. « L’idée, c’est de créer un lieu-phare qui aide les autres », explique Xavier Niel qui a investi 250 millions d’euros dans ce projet. Etendue sur 34 000 mètres carrés, la nef de béton a été divisée en trois espaces distincts, renseigne lemonde.fr. « Create » est le lieu de travail où les jeunes pousses vivront leur vie de start-up. La partie « Share » est conçue comme un espace de rencontres avec un auditorium de 370 places, un atelier doté d’imprimantes 3D en self-service, un bureau de poste et une boutique présentant des créations des pensionnaires. Enfin, l’espace « Chill », pour la restauration, fonctionnant 24 heures sur 24. 100 appartements partagés, pouvant héberger jusqu’à 600 personnes, seront également proposés dans un futur proche par l’équipe de Station F aux entrepreneurs, notamment les étrangers.

La très suivie série sénégalaise «Pod et Marichou» a fait l’objet de nombreuses réactions la semaine dernière suite à une séquence de l’épisode 19. Entre indignations et extases, les internautes sénégalais ne sont pas restés stoïques.

Les réseaux sociaux se sont déchaînés la semaine dernière à la suite de la diffusion d’une séquence dans la célèbre série sénégalaise intitulée «Pod et Marichou». Dans l’épisode 19 de la saison 2, on voit Momo, frère de Pod, se consoler dans les bras d’Elena, une ravissante collègue de travail. « J’ai toujours eu dans ma tête l’image de l’homme parfait. Et c’est quand je suis venu à Big Perfect (nom de la boîte de Pod) que je l’ai vu», déclare la jeune fille (personnage d’Elena), cherchant à réconforter son hôte. Momo, apparemment insensible à ses paroles, se redresse. Elena finit sa confession en lui disant sans détour être amoureuse de lui depuis le premier jour. S’ensuit des regards qui se croisent et deux visages qui lèvent l’obstacle de la distance. Les yeux se ferment et ce que peut deviner tout spectateur, à savoir le baiser, sera « censuré ».

C’est cette séquence digne des telenovelas que retiendront les internautes de cet épisode. Sur le web, les indignations fusent. « Ce n’est pas dans nos habitudes de faire pareille chose. La pudeur est de mise dans notre pays. Ici il y a le poids de l’Islam », commente Serigne Fallou Lô sur Facebook. Soulèye Ba abonde dans le même sens : « Notre pays a ses réalités. On ne peut pas faire comme dans les séries novelas. Nous n’avons pas les mêmes réalités. On peut jouer des films et éviter certaines scènes ». Pour Binette Ndiaye, les filles dans la série doivent prendre en compte que « les actes les poursuivront toute leur vie », quand elles seront mamans notamment. « Elles ont intérêt à faire attention aux rôles qu’elles jouent », prévient-elle. Pour d’autres internautes, il n’y a rien de choquant dans cette série. D’après eux, les acteurs incarnent la réalité actuelle du pays qui ne fait qu’évoluer. « On ne peut pas rejeter la faute sur les séries diffusées. Si nos enfants dévient, c’est la faute aux parents. Qu’on laisse ces jeunes se produire », dit cet autre internaute. Dans d’autres groupes de discussion sur Facebook, l’avis le plus partagé est qu’il se passe, à l’abri des caméras, des actes plus répréhensibles que le contenu de séries somme toute très appréciées par le public sénégalais. Dans tous les cas de figure, la question que beaucoup de téléspectateurs n’ont sans doute pas manqué de se poser est de savoir le but recherché par les producteurs à travers ces scènes quelque peu gênantes en famille.

Mamadou Alpha SANE

Le 27 juin, de nombreuses entités à travers le monde, et notamment des entreprises industrielles, ont indiqué être victimes d’une nouvelle cyberattaque massive, un mois seulement après le précédent du rançongiciel WannaCry. Cette fois, le virus s’illustre en un ver dénommé NotPetya. Il empêche l’utilisateur d’accéder à ses données et exige, pour les libérer, une rançon de 300 dollars. L’Ukraine a été le premier pays touché avant d’atteindre des milliers d’entités dans le monde entier, renseigne le site d’Industrie techno. Parmi les victimes, on peut citer le géant pétrolier russe Rosneft, le groupe pharmaceutique américain Merck et le chimiste allemand Bayer, le géant de la cosmétique Nivea, ou encore la Sncf en France.

Qui sont les pirates?
Selon certains experts, l’attaque pourrait être menée par un Etat. Ils ont tourné leurs regards vers la Russie. Des informations rapportées par plusieurs entreprises faisaient état d’un virus, par la suite baptisé NotPetya (ou Petrwrap), faisant apparaître une demande de rançon de 300 dollars sur les écrans d’ordinateur, rapporte le Huffingtonpost. La destruction des données pourrait être en fait la seule motivation des pirates, ce qui expliquerait que le ver ne se contente pas de bloquer les fichiers mais met à mal l’ensemble du système d’exploitation, bloquant totalement les machines, poursuit la source. Le 12 mai dernier, un virus nommé « WannaCry » avait affecté des centaines de milliers d’ordinateurs dans le monde entier, paralysant notamment les services de santé en Angleterre et des usines du constructeur automobile Renault. Ses auteurs avaient réclamé une rançon pour débloquer les appareils.

M. A. S

Créé en novembre 2012, le groupe Facebook «No Stress Land» s’engage par ses actions sociales et humanitaires au Sénégal. Il compte actuellement plus de 900 membres. Ce sont des valeurs de solidarité, de respect et de fraternité que prône le groupe. Il propose « une autre vision de Facebook » en utilisant le réseau social comme un outil d’action.

Quand on cherche à faire partie du groupe «No Stress Land» pour les besoins de ce reportage comme pour tout internaute, il y a plusieurs conditions à remplir. Ne les honorant pas toutes, le contact virtuel s’est transformé en rendez-vous avec Sanou Ndiaye, président de «No Stress Land».

A 47 ans, barbe poivre et sel, Sanou travaille à l’aéroport de Dakar. Il présente «Nsl» comme un groupe de bénévoles ayant « un idéal commun de partage, de citoyenneté », œuvrant à travers des actions principalement humanitaires.

Actuellement en congés, c’est chez lui, dans une ambiance conviviale, qu’il reçoit. « Avoir mon travail ne m’empêche pas de vivre pleinement ma passion, qui est aussi ma vocation », explique Sanou. Son domicile fait office de bureau, de lieu de stockage des dons et de point de réunion pour le groupe. Demba Ndiaye Leyti, un des administrateurs de la page Facebook de «Nsl», est également présent.

La naissance d’un groupe virtuel
Pourquoi le nom de « No Stress Land » ? Et pourquoi en anglais? Sanou, l’initiateur du projet donne plusieurs explications. Il a « une formation académique au département d’Anglais de l’université Cheikh Anta Diop ». «No Stress Land» est une expression qu’il avait « l’habitude d’utiliser ». Mais, plus étonnant, le nom du groupe lui est « apparu en rêve, le 25 novembre 2012. Ce n’est pas le fruit du hasard ».

A son réveil, il a décidé de créer le groupe Facebook. No Stress Land, « à la base, c’est du fun » mais lié à un réseau social car jusqu’à présent, le groupe ne tient à être présent que sur Facebook. C’est de cet outil que le projet est né, et ils ne souhaitent pas «s’éparpiller ».

Des conditions d’admission sélectives
« La porte n’est pas ouverte à n’importe qui, et il faut vraiment montrer patte blanche pour faire partie de «No Stress Land» », déclare Sanou. Tout d’abord, sans avoir un compte Facebook, on peut contribuer aux actions du groupe, on peut être donneur, mais on ne peut être membre. Et ce n’est pas tout le monde qui est accepté dans le groupe Facebook de «No Stress Land». En effet, le groupe a établi un certain nombre de conditions afin de privilégier « la qualité ». Pour être membre, il faut par exemple avoir plus de 25 ans. « Moins de 25 ans, s’abstenir !!! » est indiqué sur la page Facebook. Mais Sanou et Demba avouent pouvoir faire des exceptions à cette règle : « Tout dépend de la maturité de la personne », mais « il est exceptionnel que nous acceptions une personne sans être allés vérifier son mur ».

Autres conditions à respecter : « Etre actif sur la page », c’est-à-dire « réagir en likant, en commentant», précise Demba. Ou encore, il faut « contribuer aux actions » et « participer aux rencontres ». Enfin, le point visiblement important pour le groupe, afin d’éviter les imposteurs, est qu’il faut « afficher sa photo sur son profil ».

Dérapages et marge d’erreur sur Facebook
Il y a une ligne de conduite stricte à respecter pour être dans le groupe Facebook. On ne peut publier ou parler de tout. « Comme dans une vraie famille », explique Sanou. Pas de sujets sur le sexe, pas d’images de marabouts et pas de soutien politique. Le groupe se veut le plus « neutre possible ». Il ajoute : « Ce n’est pas parce qu’on est membre de «No Stress Land» aujourd’hui qu’on le sera demain. Si un membre accède au groupe et qu’il ne remplit pas les conditions, il peut en être exclu ». Il affirme que cela s’est déjà produit.

« Nul ne sait véritablement qui se cache derrière un profil Facebook », déclare Sanou. « Des fois, on y va sur la base de l’instinct et naturellement on peut se tromper mais depuis le début, ça se passe bien », ajoute le président du groupe. Sanou prend un exemple d’erreur possible : «  Si un profil Facebook qui date de quelques jours ou de quelques mois, très souvent, on ne valide pas du tout. A priori, c’est un profil suspect. Pourtant, une personne peut créer un profil uniquement pour adhérer au groupe. Mais si au préalable cette information ne nous est pas fournie, naturellement c’est un compte qui sera zappé ».

Des actions humanitaires et bénévoles
Sur le terrain, pour distribuer des dons aux plus démunis, le groupe est principalement actif sur Dakar, Thiès et Saint-Louis. Mais ses membres sur le groupe Facebook sont néanmoins éparpillés dans le pays et à l’étranger. L’espace virtuel qu’est le réseau social Facebook permet au groupe de réduire les distances réelles, de mobiliser et de fédérer avec peu de moyens.

Les membres ne perçoivent aucun salaire pour leur travail et sont tous bénévoles. Leur devise, selon le président du groupe : « Je contribue, «No Stress Land» distribue et Allah rétribue ».

Il explique que «les actions sociales ont démarré au mois Ramadan » et pour lui, au sein du groupe, « la religion n’est pas à exclure ».

L’évolution du groupe
A son échelle, l’évolution du groupe «No Stress Land» depuis sa création est considérable. En 2013, ils distribuaient des rations alimentaires à 15 familles démunies. 36 familles ont bénéficié des aides de «Nsl» en 2014. Aujourd’hui, ils en distribuent à 150. Le groupe est très actif pendant les périodes de Ramadan. Sanou précise que « ce sont les périodes qui déterminent les actions sociales ».

Pourquoi cette progression ? Sanou pense que c’est « dû à l’engagement et non au nombre de membres ». Il ajoute que sur Facebook, « plus de 9.800 membres attendent d’être intégrés dans le groupe » alors que le groupe ne compte actuellement qu’un « peu plus de 900 membres ». Pour Sanou, « ce n’est pas le nombre qui fait la réussite, mais la qualité des membres ». Il estime que ««No Stress Land» regorge de potentialités insondables ». Alors que le nom « No Stress Land » est déjà breveté, le groupe entend connaître une autre évolution avec l’entame de démarches administratives pour passer à un statut d’association.

Par Cora PORTAIS

PARTICULARITÉS DU GROUPE
Selon Sanou, les membres du groupe sont variés et se considèrent idéologiquement comme « une seule et même famille, avec tout ce que cela implique ». Il assure que les différences des membres ont permis de « créer une synergie » pour le groupe. « Toutes les catégories socio-professionnelles se retrouvent dans le groupe ». Comme exemples, il cite des catégories telles que «  des directeurs généraux, des bijoutiers, des étudiants, des travailleurs de toutes catégories ». Pour lui, « c’est tout cet ensemble qui a permis à «No Stress Land» de réussir ».

On compte aussi des personnalités publiques, des artistes. Aujourd’hui, le groupe aurait même acquis une « dimension socio-professionnelle », selon Sanou. « Certains de nos membres ont pu trouver un travail grâce au groupe ». Par exemple, « les chefs d’entreprise, les décideurs qui sont dans le groupe peuvent être amenés à embaucher du personnel. Ils pensent d’abord à nous avant d’aller voir ailleurs». En utilisant le réseau social Facebook, le groupe tend à s’ancrer dans les réalités et difficultés socio-économiques des Sénégalais les plus défavorisés. « Aujourd’hui, personne ne peut dire que «No Stress Land» est virtuel. Il relève peut-être du virtuel mais il a atteint une dimension humaine, où les membres de Dakar se rencontrent, se connaissent, partagent beaucoup de choses en commun », explique le président du groupe. Il précise qu’« il est rare que les membres restent plus de 24 heures sans se parler ». Demba ajoute que «c’est par surprise » qu’ils apportent les dons dans les familles. « On part et on ne les prévient pas ».

Cora PORTAIS

L’année 2017 aura été riche en matière d’innovation. Las Vegas accueillait en janvier dernier son traditionnel Consumer electronic show (Ces), rendez-vous mondial de l’innovation, où inventeurs, visionnaires et parfois même vendeurs de gadgets venus du monde entier vont à la conquête des marchés internationaux. En juin, c’est la France qui fait son show avec deux événements incontournables que sont : Afrobytes et Viva Technology. Kabirou Mbodji était présent à Afrobytes et Orange Fab représentait le Sénégal à Viva Technology avec Cheikh Tidione Diop, son responsable Innovation.

Afrobytes ou le hub de l’Afrique qui innove…
La 2ème édition de la conférence Afrobytes s’est tenu à Paris les 8 et 9 juin dernier au siège du Medef. Cet événement organisé par Haweya Mohamed et Ammin Yousouf, unique dans son genre, fait la prouesse de réunir des entrepreneurs, dirigeants, innovateurs, investisseurs, médias… autour des opportunités d’affaires sur le continent africain. En somme, #Afrobytes est le hub de la technologie et de l’industrie africaine. Pendant 48 h, se sont succédé plénières, workshops, networking au service de la mise en lumière de l’Afrique qui innove, celle qui gagne. J’avais déjà participé à la 1ère édition, qui était un coup d’essai plus que réussi mais je dois avouer que la 2ème a été un plein succès. Par ailleurs, une telle initiative contribue à redonner la parole aux Africains et d’écrire eux même leur story telling. #Afrobytes fonctionne donc comme un pont entre l’Europe et l’Afrique qui ambitionne de redéfinir les rapports entre les deux écosystèmes et faire émerger le meilleur de l’Afrique. Une initiative à suivre…
 
Viva Technology, la place où s’imagine le Futur des startups à la française
Pour sa 2ème édition, Viva Technology (15 au 17 juin) a eu la grande ambition de faire de Paris l’une des grandes places de technologie mondiale pour les startups. Viva Technology connectent les « Makers » pour construire le futur. Pendant trois jours, j’ai arpenté les allées de Viva Technology pour explorer les tendances et découvrir les startups novatrices. La grande tendance repérée, c’est le robot. Dès l’entrée, le célèbre Robot Pepper vous accueille et répond à vos questions. Bienvenu dans le Futur ! Des assistants médicaux pour Ehpad aux robots utilisés en milieu scolaire, nos amis les robots sont incontestablement les stars de Viva Technology. La 2e tendance, c’est le « Gaming ». Il suffit de voir les files d’attente pour tester les innovations casquées… La 3e, c’est l’intelligence artificielle. Jusqu’où ira ce nouvel horizon de la Data ? Enfin, mes 2 coups de cœur startups sont : « BaySeddo », bourse agricole ambitionne de connecter investisseurs et agriculteurs. Et « MedTrucks » qui met à disposition des camions médicaux équipés (matériels et médecins) faisant office d’hôpital ambulant. Vous l’aurez compris Viva Technology, c’est une expérience unique pour les startups et un réel accélérateur de croissance.

Madi Seydi,
consultante en communication, stratégie d’influence
et passionnée par le digital à Paris.

Le développement des infrastructures de télécommunications, la croissance de la démocratisation d’internet ainsi que la faiblesse des outils de défense font du Sénégal une proie facile pour les cybercriminels.

En 2014 et 2015, des sites gouvernementaux sénégalais avaient été piratés. La dernière attaque mondiale cybercriminelle n’a pas non plus épargné notre pays. C’est en connaissance de ce contexte que des experts de la cybercriminalité ont adopté une prudence de Sioux pour aborder la question lors des dernières Security days de Dakar (26 et 27 avril). Même s’il est difficile de trouver la subtilité qui veut qu’on tire la sonnette d’alarme sans pour autant effrayer tout le monde, ils s’en sont employés avec généralement justesse en utilisant les adages bateau comme « mieux vaut prévenir que guérir ». Sauf que l’histoire est trop souvent ironique.

71ème des pays les plus attaqués
Une quinzaine de jours après la tenue de la troisième grande messe sur la cybercriminalité, une attaque cybercriminelle d’une envergure mondiale a eu lieu. Plusieurs privés, des grandes entreprises et des Etats en ont été victimes, dont le Sénégal, malgré les refus ostentatoires de certains officiels de reconnaître la vérité. La cybercriminalité est une réalité dans notre pays. Le Sénégal serait, en effet, à la 71ème position des pays les plus attaqués dans le monde selon une étude de Kaspersky, citée par Ismaël Camara, président du Rejotic, dans une tribune. L’augmentation et le développement des infrastructures de télécommunications, ainsi qu’une plus grande démocratisation d’internet participent à accroitre l’attractivité du Sénégal pour les cybercriminels. La dernière attaque cybercriminelle a mis en exergue le virus Wannacry. Quèsaco ? Pour faire simple, Wannacry est une attaque qui crypte les données d’une entreprise ou d’une institution. Pour les libérer, les malveillants réclament de l’argent en rançon. D’après l’expert Baïdy Sy, au micro de notre confrère Basile Niane, le Sénégal a été touché « près de 3 heures après l’apparition du virus ». Ce qui montre que notre pays n’est toujours pas totalement prêt à lutter contre ce genre d’attaque.

Des outils nationaux
Si le Plan Sénégal numérique 2025 prend en compte certains aspects de cette lutte, il est lucide de reconnaître qu’il reste des choses à faire dans ce domaine. Telle qu’une agence de cybercriminalité, que Chérif Diallo, le directeur des Tic au ministère des Télécommunications, appelle également de ses vœux en dépit de l’annonce imminente de sa création. « La cybersécurité est une vision qui part d’abord d’une stratégie. Donc, une politique de sécurité des systèmes d’informations. Puis, place à la mise en place d’organes composés de ressources qui gèrent la cybersécurité de l’entreprise, mais qui seront aussi composés de procédures, de processus et de reporting jusqu’à la formation et la sensibilisation des utilisateurs du systèmes d’information », décrypte-t-il. L’urgence concerne également la mise en place d’un Centre national d’alerte et de réaction aux attaques informatiques (Cert). En l’état actuel, le Sénégal ne dispose pas encore de tout l’arsenal qu’il faut pour bien lutter contre ce mal aux apparences virtuelles mais bien réel. Le pays axe sa stratégie sur une coopération internationale.

Si elle peut dépanner, elle pose d’autres questions. L’efficacité de la cybersécurité implique nécessairement la souveraineté nationale. Le Sénégal travaille en étroite collaboration avec l’Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’informations de la France), les Pays-Bas et la Corée du Sud. Ce sont des partenariats qui pourraient notamment questionner dans le degré d’implication des parties étrangères dans la gestion des données personnelles des Sénégalais. Donc, plus que jamais, l’urgence est à la gestion de nos propres outils pour lutter contre la cybercriminalité.

Chérif Diallo, directeur des Tic : « Une cellule pour les interventions d’urgence verra bientôt le jour »
Pour le directeur des Tic au ministère des Télécommunications, le Sénégal avance à grands pas vers son autonomie dans la cybersécurité.

« La mise en place d’une cellule pour les interventions d’urgence en cas d’attaque informatique va être fait rapidement », annonce Chérif Diallo. Il poursuit : « Nous travaillons sur différents volets de mise en place des Cert, notamment avec nos bras techniques comme l’Adie et l’Artp. Il faut dire qu’il y a différents types de Cert (équipes d’interventions d’urgence) face aux attaques informatiques. Il peut y avoir un Cert gouvernemental, un national, des Cert privé et universitaire ».

M. Diallo soutient que le Cert universitaire sera lancé bientôt. « Nous sommes en concertation avec différentes universités sénégalaises. Nous nous sommes mis d’accord pour démarrer avec de petits moyens ». C’est un projet qui sera appuyé par le gouvernement du Sénégal, l’enseignement supérieur, le ministère des Postes et Télécommunications pour pouvoir répondre à des problématiques dans ce domaine.

« Nous travaillons aussi dans un deuxième type de Cert avec l’Adie : gouvernemental et national. Celui-là nécessite plus de temps compte tenu des enjeux beaucoup plus importants et d’une technicité plus forte. Il pendra une année. C’est notre objectif. Nous y travaillons depuis l’année dernière avec nos partenaires coréens et néerlandais », informe-til.

Partenaire international 
Dans le domaine de la cybersécurité, « la coopération internationale est très importante, car la plupart des attaques proviennent de l’étranger », consent Chérif Diallo. La France avait collaboré, il y a quelques années, avec le Sénégal dans la mise en place d’une brigade de lutte contre la cybercriminalité qui est désormais opérationnelle. Notre pays collabore également avec les Etats-Unis. « Aujourd’hui, il y a d’autres pays comme les Pays-Bas, la Corée du Sud. Il ne faut pas oublier la coopération Sud-Sud avec le Maroc, l’Afrique du Sud. Ce qui veut dire que le Sénégal a compris que la coopération internationale était primordiale avec des échanges techniques renforcés pour enrayer ce problème », explique-t-il.

Moussa DIOP

CYBERCRIMINALITÉ : Entre lâcheté et ingéniosité
Tapis dans l’ombre, les cybercriminels n’en demeurent pas moins actifs. Avec des méthodes sophistiquées, ils continuent de faire des victimes dans toutes les franges de la société. Particulier comme entreprise, personne n’est épargnée.

A quarante six ans, Amadou Sow est chef comptable dans une grande entreprise florissante à Dakar. Pourtant cette stabilité apparente a été ébranlée, il y a quelques mois, par un « désobligeant phénomène » appelé la « fraude au président ». Elle est de plus en plus répandue et consiste en une prise de contact avec des personnels clés d’une entreprise en se faisant passer pour son dirigeant dans le but de se voir transférer une importante somme d’argent. « J’ai eu des sueurs froides. Tous nos comptes se sont retrouvés exposés du jour au lendemain », confie-t-il.

Des comportements criminels se renouvellent par le biais des technologies et notamment d’internet. De l’escroquerie à l’abus de confiance, en passant par l’extorsion, les criminels remettent au goût du jour des infractions dont la réalisation se trouve considérablement facilitée grâce à l’outil informatique, surtout face à un public non averti. Fatou Diène est âgée de trente ans. Elle est commerciale dans une entreprise de presse. Son compte Facebook a été piraté. Son « bourreau » est parvenu à soutirer de l’argent à plusieurs de ses amis sur le réseau social. « Son modus opérandi consistait à réclamer de l’argent à mes amis en leur demandant de faire le transfert à partir des structures dédiées. Il prenait également le soin de commencer la conversation en leur disant que j’avais changé de numéro », souligne-t-elle. Le délinquant virtuel est parvenu à ses fins avec une dizaine de personnes. Il a été démasqué à la onzième tentative. « Plus de peur que de mal. A chacun, il avait soutiré la somme de 10.000 FCfa », révèle-t-elle.

Certains cybercriminels ont commencé par voler dans le monde réel et se sont, par la suite, recyclés dans le virtuel. « D’autres deviennent délinquants par accident ou tout simplement par facilité », signale Ibrahima Bâ, informaticien. Les cybercriminels ne s’attaquent pas seulement aux néophytes. Grâce aux techniques comme « le fishing, ils ciblent le vol de données, personnelles ou industrielles », ajoute Ibrahima. Quant au skimming, c’est une pratique consistant à pirater, puis à reproduire une carte bancaire. Outre la difficulté que peuvent avoir les particuliers et professionnels à détecter ces risques, l’appareil répressif de l’Etat est confronté à des délinquants qui s’organisent au sein de réseaux.

Personne n’est à l’abri
La cybercriminalité ne renvoie pas nécessairement à l’action d’individus malveillants isolés, des bandes organisées au fonctionnement structuré et disposant de compétences solides le font aussi. « La plupart du temps, ces délinquants du net sont en avance par rapport aux structures chargées de les traquer », souligne un policier qui préfère garder l’anonymat. « Dans une société de plus en plus connectée, la cybercriminalité est logiquement un phénomène en constante accroissement », affirme Ibrahima, l’informaticien. Qu’on pense aux objets connectés ou aux systèmes de paiement par informatique, l’impact d’une action criminelle est toujours dévastateur pour les victimes. Au regard de ces menaces et des enjeux qu’elle soulève, des solutions doivent être envisagées contre la cybercriminalité. Fréquemment, les victimes d’une attaque virtuelle se contentent de constater l’étendue des dégâts et de repenser leur défense, en vue d’une nouvelle tentative criminelle. « Or, si ces questions sont majeures, les individus et structures ne doivent en aucun cas se laisser dissuader de se défendre en justice au motif que le comportement coupable se serait produit en ligne. Le droit évolue avec la technique et il convient de ne pas l’oublier », fait savoir Amadou Niane, juriste.

Oumar BA

Pour le directeur des Tic au ministère des Télécommunications, le Sénégal avance à grands pas vers son autonomie dans la cybersécurité.

« La mise en place d’une cellule pour les interventions d’urgence en cas d’attaque informatique va être fait rapidement », annonce Chérif Diallo. Il poursuit : « Nous travaillons sur différents volets de mise en place des Cert, notamment avec nos bras techniques comme l’Adie et l’Artp. Il faut dire qu’il y a différents types de Cert (équipes d’interventions d’urgence) face aux attaques informatiques. Il peut y avoir un Cert gouvernemental, un national, des Cert privé et universitaire ».

M. Diallo soutient que le Cert universitaire sera lancé bientôt. « Nous sommes en concertation avec différentes universités sénégalaises. Nous nous sommes mis d’accord pour démarrer avec de petits moyens ». C’est un projet qui sera appuyé par le gouvernement du Sénégal, l’enseignement supérieur, le ministère des Postes et Télécommunications pour pouvoir répondre à des problématiques dans ce domaine.

« Nous travaillons aussi dans un deuxième type de Cert avec l’Adie : gouvernemental et national. Celui-là nécessite plus de temps compte tenu des enjeux beaucoup plus importants et d’une technicité plus forte. Il pendra une année. C’est notre objectif. Nous y travaillons depuis l’année dernière avec nos partenaires coréens et néerlandais », informe-til.

Partenaire international
Dans le domaine de la cybersécurité, « la coopération internationale est très importante, car la plupart des attaques proviennent de l’étranger », consent Chérif Diallo. La France avait collaboré, il y a quelques années, avec le Sénégal dans la mise en place d’une brigade de lutte contre la cybercriminalité qui est désormais opérationnelle. Notre pays collabore également avec les Etats-Unis. « Aujourd’hui, il y a d’autres pays comme les Pays-Bas, la Corée du Sud. Il ne faut pas oublier la coopération Sud-Sud avec le Maroc, l’Afrique du Sud. Ce qui veut dire que le Sénégal a compris que la coopération internationale était primordiale avec des échanges techniques renforcés pour enrayer ce problème », explique-t-il.

Moussa DIOP

Entreprise de dématérialisation de procédures douanières à l’origine, Gaindé 2000 s’illustre également dans la lutte contre la cybercriminalité.

« Nos priorité est la sécurisation des identités numériques en proposant des produits de confiance numérique avec des certificats électroniques », confie Cheikh Abdel Khadre Mbengue, cadre chez Gaindé 2000 présent aux Security days de fin avril. « Il s’agit de la signature électronique, le chiffrement et l’authentification des identités sur le cyberespace », dit-il. Ce sont des produits qui répondent aux menaces mais aussi dans la logique de dématérialisation des procédures que Gaindé 2000 effectue. « C’est une suite logique que la signature se fasse également électroniquement. D’où l’intérêt de mettre en place une infrastructure de gestion des clés publiques pour délivrer les certificats électroniques avec lesquels les usagers qui utilisent les guichets uniques de Gaindé puissent signer les documents électroniquement », avance M. Mbengue. En effet, Gaindé 2000 se diversifie en proposant désormais des guichets uniques pour faciliter le commerce extérieur. « Au Sénégal, les serveurs sont vulnérables. Ainsi, les entreprises deviennent vulnérables à leur tour. De plus en plus de jeunes se forment en cybersécurité et ils sont capables de faire tomber une entreprise en une journée. Il faut que les entreprises prennent les mesures de sécurité pour faire face », alerte-t-il.

Moussa DIOP

C’est connu de tous : Emmanuel Macron, le nouveau président français, ne se sépare pas de ses deux iPhone. « Quand on avait rendez-vous avec le candidat Macron, ils étaient toujours posés en évidence devant lui », rapporte le journal français le Parisien. Le jeune président français (39 ans depuis le 21 décembre) ne quitte pas non plus son ordinateur MacBook, sur lequel il prend des notes et retouche ses discours. Bref, Macron (presque 393.000 abonnés sur Twitter, mais seulement 110.000 sur Facebook au moment de la campagne) est un « geek » et ne s’en cache pas. Le lien avec la communauté Tech est établi depuis longtemps. Il s’est rendu deux ans de suite au salon des nouvelles technologies de Las Vegas quand il était ministre à Bercy où il a beaucoup fait pour les start-up. Mais, c’est surtout sa stratégie numérique pour la conquête de l’Elysée qui témoigne de sa connaissance du secteur. Son équipe s’est inspirée des campagnes de Barack Obama en 2008, de Bernie Sanders, Podemos et Ciudadanos en Espagne ainsi que d’exemples canadiens. Pour son grand porte-à-porte, lancé en avril, il s’est appuyé, comme Hollande en 2012, sur le logiciel 50+1 (pour 50 % des voix plus une) de la société Liegey Muller Pons. Cet outil lui a permis de croiser quartiers, résultats électoraux et taux de chômage, et notamment pour aller à la rencontre des abstentionnistes qu’il voulait reconquérir. Pour créer les comités locaux de son mouvement « En marche ! », son équipe a même conçu de toute pièce un logiciel qui permet à n’importe quel citoyen de fonder son comité ou de le quitter en un seul clic. Le résultat a été au rendez-vous.

O.BA

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