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Sciences et Technologies

Sciences et Technologies (80)

La jeune sénégalaise est étudiante en Marketing et Management international à Dakar. S.G souhaite rester anonyme, car elle ne supporte pas être exposée publiquement. Fidèle à cette idée, elle s’est retirée de Facebook il y a quelques années et en explique les raisons.

L’étudiante de 21 ans affirme qu’elle a déjà les numéros de téléphone de la plupart de ses amis qui sont sur Facebook. La raison principale de son départ du réseau social est que « sur Facebook, il y a beaucoup d’inconnus qui t’envoient des messages désagréables. Au Sénégal, les gens ont tendance à utiliser Facebook comme un outil pour draguer les filles ».

Elle poursuit son explication : « J’avais tout le temps des messages indésirables. J’ai pensé que supprimer mon compte Facebook était devenu une nécessité. Les gens qui veulent me parler viendront directement m’envoyer des textos ou des messages par WhatsApp. C’est beaucoup plus privé, je trouve ».

L’autre argument qu’elle avance est celui de protéger sa vie privée. « Je n’aime pas du tout exposer ma vie personnelle. Beaucoup de personnes utilisent Facebook pour annoncer un décès, un mariage ou un baptême. Ils mettent ça vite fait sur Facebook. C’est exposer sa vie à des gens qui ne sont pas tous des proches ».

Les avantages de Facebook
Cependant, la jeune femme avoue qu’elle trouvait des avantages à être sur Facebook. « Avoir des nouvelles des autres, retrouver des personnes perdues de vue, et puis, c’est très facile d’utilisation », avoue-t-elle. S. G. reconnaît également que Facebook peut offrir des opportunités de travail même si elle ne fut jamais personnellement concernée. Elle ajoute ensuite que « certains, paraît-il, ont fait des rencontres inoubliables grâce à Facebook. Bon, pourquoi pas ». Fou rire.

S.G. raconte sa découverte de Facebook : « J’avais 13 ans quand je me suis inscrite. J’avais 1.300 «amis» sur mon compte. J’entendais tous mes amis parler de Facebook, et je voulais juste faire pareil ». Mais, elle a trouvé qu’elle était un peu trop accro à Facebook. « J’étais curieuse et je me préoccupais de ce que pensaient les autres. Qui a liker ma photo, qui l’a commentée. C’était bien pour suivre les commérages : celle-là a fait ça, etc. Marrant certes, mais au bout d’un moment, je me suis dit que ce n’était pas ça la vraie vie. Et puis, j’y passais trop de temps », confie-t-elle. A cette époque, elle partageait avec sa sœur un ordinateur portable : « On se chamaillait juste pour se connecter sur Facebook et pour parler avec nos amis », dit-elle. En conclusion, elle affirme : « Non, je ne me remettrai pas sur Facebook. Ça ne me manque pas du tout ».

Les alternatives à Facebook
Pour la jeune étudiante S.G, ce n’est vraiment pas « une obligation pour (sa) génération d’avoir Facebook », car il y a des alternatives avec les applications comme WhatsApp, Shapchat, Twitter, Instagram. Elle est d’avis que ces applications préservent plus la vie privée.

Twitter, WhatsApp, Instagram, Shapchat
La jeune femme a quitté le réseau social de Mark Zuckerberg pour d’autres applications : « Twitter, c’est moins personnel que Facebook. J’y suis des personnalités, des amis, des pages de cuisine, de politique, d’actualité. Je regarde et j’y trouve plus d’informations rapidement ». S.G. s’intéresse également à l’évolution des réseaux sociaux : « J’ai remarqué qu’avec la nouvelle mise à jour, WhatsApp se rapproche de Shapchat. Tu peux faire de courtes vidéos. Je pense qu’il y a une certaine concurrence et ressemblance ».

Mais, de tous les réseaux sociaux, S.G. préfère Instagram. C’est celui qu’elle utilise le plus. « Je prends des photos que je poste. J’aime Instragam. j’y regarde des pages de cuisine et des vidéos de conseils en beauté ». La jeune femme trouve l’accès sur Instagram plus facile et plus ciblé : « Une fois connecté, on voit directement les pages en fil d’actualité. Quand tu appuies sur l’application, tout vient. Tu n’as qu’à dérouler. Pas besoin d’aller rechercher la page ». Toujours soucieuse du respect de sa vie privée, S. G. ajoute : « En plus, si tu as un compte privé, on ne peux pas te voir ou t’envoyer de messages ».

Cora Portais NDIAYE

 

Sur une vidéo, on voit une petite fille proférer des insultes devant un parterre hilare. On devine et on entend une assistance composée d’adultes qui, si elle ne l’incite pas, ne la décourage pas dans la profération d’insanités. La vidéo est devenue virale sur les réseaux sociaux au Sénégal, mais pose problème.

Grimée en adulte avec une perruque, la fillette de cinq ans fait rire les vrais adultes. Un rire gras qui manque de classe, de hauteur, mais surtout de responsabilité. La vidéo a fait le tour des réseaux sociaux au Sénégal à tel point qu’elle est devenue Trending Topic. Mais, son visionnage déclenche un tollé général ou presque. Les internautes sénégalais dénoncent cette vidéo qui dérange vu les propos tenus par l’enfant. Elle est devenue, en quelques jours, presque une affaire nationale, la vidéo, affichée dans les fils Facebook et Twitter, ayant connu des milliers de partage. Devant une telle réaction, la famille de la petite fille a réagi. En effet, il y a deux jours, c’est le deuxième épisode avec les excuses de l’oncle maternel de l’enfant, toujours en vidéo. Elle est le contraire de la première, parce que tellement touchante. On ne pouvait pas faire mieux en communication. Tous les codes y sont. Fini la perruque, l’enfant apparaît avec une bouille adorable.

Fini les insultes et les roulements des yeux, place à une timidité qui sied à son âge. Elle ne regarde même plus la caméra, mais se confond en pleurs, en toile de fond de la repentance publique de l’oncle. Il a une voix posée, un bon choix des mots : « mbok talibé ». Les gestes parlent également : les mains de l’enfant sont dans ses mains, pour dire que l’enfant est entre de bonnes… mains. « C’est juste une enfant de cinq ans. Sa mère est malade et hospitalisée. Ne pleure pas (dit-il à l’enfant) ». Une présentation d’excuses sommaire, moins d’une minute, mais efficace. Il le fallait, car les parents risquent gros ainsi que ceux qui ont mis la vidéo sur les réseaux sociaux. L’acte est puni par la loi puisque la publication d’une telle vidéo entraine des poursuites judiciaires avec l’article 284 du code de la famille qui suit les outrages aux bonnes mœurs. Concevoir une vidéo où on profère des insultes devenues publiques, selon plusieurs spécialistes du droit de la famille sénégalaise, est une infraction.

Sa diffusion sur les réseaux sociaux, considérés comme des moyens de diffusion publique par le droit sénégalais, en fait un outrage aux bonnes mœurs. La responsabilité civile des parents est également engagée. Ces derniers ont l’obligation et la responsabilité de la surveillance de leur progéniture. Certains professionnels du droit de la famille sénégalaise pensent qu’un parent est responsable civilement des actes posés par son enfant. Donc, si l’enfant insulte une personne, c’est la responsabilité des parents qui est engagée.

Moussa DIOP

Le troisième site d’information sénégalais revoit son business-plan. En lançant son Prenium, SeneNews compte faire croître sensiblement son chiffres d’affaires et révolutionner le secteur des médias en ligne.

En lançant une version Prenium, Senenews.com, une plateforme multimédia sur l’actualité du Sénégal, de l’Afrique et de sa diaspora espère continuer à grandir. « Aujourd’hui, nous avons un chiffre d’affaires pouvant « varier de 20 à 50 millions » de FCfa. Avec le Premium, nous pouvons espérer au moins une croissance de 30 ou 35% de notre Ca », projette Massamba Kane, le fondateur de SeneNews.

Mode d’emploi
Concrètement, l’utilisateur a le choix de prendre un abonnement mensuel, semestriel ou annuel, avec le mode de paiement manuel (Orange Money, Wari, Espèce, ...) ou par paypal. « D’autres moyens de paiements seront ajoutés par la suite. Les tarifs varient de 5 euros (environ 3.000 FCfa) mensuel à 45 euros (29.000 FCfa) annuel. Ce qui lui donnera accès à tous nos articles premium. On fait le choix de ne pas proposer des articles à l’unité pour une fidélisation et une implication des abonnés dans la vie du projet. En l’espace de 3 jours, nous avons eu un peu plus de 30 abonnés. Ce qui a largement dépassé nos espérances pour le lancement. Nous avons comme objectif d’en obtenir 300 d’ici la fin de l’année ». Créé en Novembre 2010, « SeneNews est un média numérique indépendant, alimenté par une équipe de journalistes rédacteurs, de chroniqueurs et de techniciens du web. Notre objectif est d’optimiser la lecture et la compréhension de l’actualité sénégalaise et africaine grâce à des contenus systématiquement mis en lien avec le contexte d’une société sénégalaise fière de ses valeurs de respect de la dignité de la personne et de son aspiration au progrès économique, politique et social », développe Massamba Kane. Depuis sa mise en ligne, SeneNews, comme la quasi totalité des sites web d’information sénégalais, vivait principalement de la publicité en ligne.

Crise de la publicité
« Cette publicité se déclinant sur deux axes. Le principal se faisant naturellement en partenariat avec des régies publicitaires telles que Google Adsense et Critéo... L’autre étant orienté sur le démarchage local des entreprises du secteur privé et public qui ont une politique digitale et qui souhaitent vendre ou entretenir cette image de marque en ligne. Cette dernière, que nous appelons dans notre jargon « publicité du porte-à-porte », peut se décliner sous forme de publi-reportage, de campagne display ou vidéo sur notre site web, sur nos applications et nos différentes pages dans les réseaux sociaux. Pour Massamba Kane, « avec le business-model basé à 100% sur la publicité, la recherche du buzz, la fréquence et le nombre de publications d’articles est au détriment du travail » de qualité. D’autant plus que ce modèle est décrié car l’unique dépendance à la publicité « fait partie des maux qui gangrènent la presse en ligne au Sénégal ». Le jeune entrepreneur pense que son équipe (journalistes et marketeurs) dépensait beaucoup de temps et d’énergie sur l’exploration des pistes qui pourraient amener à décrocher des campagnes publicitaires. « Ce qui en fin de compte prend le pas sur le travail journalistique. Et il faut l’avouer aussi, cela commençait à prendre une part importante sur les axes de traitements de l’actualité. Face à cette demande de nos lecteurs de donner des informations en profondeur, des informations abouties et vérifiées, il fallait trouver ce moyen de financer cette activité de journalisme d’enquête et d’investigation ».

Troisième site d’actu
Avec SeneNews Premium, le journalisme d’investigation devient un crédo pour prendre une autre dimension. « Le lecteur sera la seule personne à satisfaire. Ce dernier paie pour que nos journalistes aillent dans le fond des choses ». Ainsi, l’entreprise sénégalaise prend un nouveau virage alors que ses feux sont au vert. « L’engouement envers SeneNews et sa santé financière n’ont jamais été autant meilleure qu’en ce début d’année 2017. D’ailleurs, un classement des statistiques établi par des experts du web indépendants et qui a été publié il y a quelques semaines montre la percée de SeneNews (1.400.000 visiteurs uniques le mois) qui nous classe à la 3ème place des sites d’information les plus visités au Sénégal ». C’est cette impulsion qui a réconforté l’équipe de SeneNews, « et à la demande d’un certain nombre de nos lecteurs et de membres de la rédaction » de se lancer dans le Prenium.

Par Moussa DIOP

Expert informaticien aux « compétences avérées dans le domaine des technologies de l’information et de la communication », Lamine Traoré jouit d’une expérience de 13 années dans la mise en œuvre de projets, l’intégration de systèmes hétérogènes et distribués. Co-fondateur de Sensoft, il revient sur les enjeux de sa participation au Waq 2017.

Pouvez-vous présenter votre Sensoft ?
Sensoft est une société de droit sénégalais spécialisée dans l’édition de logiciels et d’intégration de services technologiques à fortes valeurs ajoutées. Nous capitalisons plus de 10 années d’expérience dans les plateformes de services financiers, de la monétique, de l’éducation, de la dématérialisation, de l’innovation technologique, de l’identification et de la sécurité. Nous intervenons dans une dizaine de pays en Afrique de l’ouest, centrale et dans l’océan indien avec des clients de renoms qui évoluent dans plusieurs domaines d’activités notamment les banques et finances, le secteur pétrolier, les services télécoms, l’éducation.

Comment avez-vous été sélectionné pour participer à la semaine numérique à Québec ?
Nous collaborons avec le Ctic (Centre d’incubation et de croissance Tic) et je profite pour les remercier et les féliciter de leurs fortes contributions dans la croissance Tic ainsi que la promotion de l’entreprenariat au Sénégal. C’est donc dans ce cadre et vu le profil de Sensoft qu’il nous a proposé au Bureau du Québec à Dakar pour participer au Waq17 (Web A Québec 2017).

Pouvez-vous revenir sur votre participation ?
Le Web A Québec est un événement qui se tient chaque année et pour l’édition 2017, l’organisation a souhaité la participation de pays de l’Afrique francophone. Nous faisions donc partie d’une délégation de 200 entrepreneurs pilotée par l’Ofqj (l’Office franco-québécois pour la jeunesse). L’objectif était d’échanger avec des entreprises françaises et québécoises qui évoluent dans le même domaine, de mieux comprendre l’environnement numérique à Québec, de nouer des partenariats et aussi de vendre la destination Afrique dans le domaine du numérique afin de permettre aux entreprises québécoises qui s’intéressent à l’Afrique de comprendre, en retour, les besoins et les réalités du marché africain et aussi d’attirer de potentiels investisseurs. Sensoft et Byfilling ont donc animé chacune une conférence dans le domaine où elles évoluent afin de montrer leur savoir-faire ainsi que les solutions numériques adaptées qu’elles délivrent aux entreprises africaines.

Quel bilan en tirez-vous ?
Pour ma part, la participation à cet événement a été très enrichissante. Cela m’a permis de mieux comprendre l’environnement du numérique à Québec et surtout de noter des différences fondamentales dans la façon de faire des affaires du système américain. J’ai aussi pu nouer de nouvelles relations d’affaires et entamé des discussions de partenariats.

La participation à l’événement m’a également permis de mieux apprécier le niveau technologique des entreprises de l’écosystème numérique du Sénégal et de me rendre compte qu’elles ont beaucoup d’expertise et de savoir-faire à prévaloir. En effet, l’Afrique est aujourd’hui le continent où il y a encore beaucoup de choses à faire sur le plan numérique, ce qui attise les convoitises des opérateurs, équipementiers, industriels, télécoms et numériques du monde. Les entreprises de l’écosystème numérique du Sénégal pourront valablement être des points relais ou nouer des partenariats solides avec des entreprises canadiennes qui souhaitent s’investir dans le marché africain car elles ont toutes les compétences nécessaires qui leur permettront d’adapter les solutions et offres en provenance du Canada aux réalités ainsi qu’aux contraintes économiques et environnementales africaines. Pour ce faire et pour un meilleur échange, il est important que des événements ou sessions d’échange puissent être organisés entre le Canada et le Sénégal afin de permettre aux entreprises numériques sénégalaises de montrer leur savoir-faire, leur apport et l’intérêt des entreprises canadiennes à collaborer avec elles pour mieux s’investir dans le marché africain en général et sénégalais en particulier..

Quelle est la nécessité pour une startup sénégalaise de participer aux événements internationaux de cette nature ?
De façon générale, il est important, lorsqu’on évolue dans un domaine, de savoir ce qui se fait ailleurs afin de se situer et de s’améliorer par rapport à la qualité, aux normes et aux bonnes pratiques. Il est donc important pour une startup de participer à ce genre d’événement dans lequel se déroulent des ateliers et panels très intéressants et qui sont animés par des experts de haut niveau sur des thèmes d’actualités du numérique. C’est un retour d’expérience très enrichissant et cela peut permettre à une startup d’accélérer sa croissance à travers des partenariats qui lui permettront de gagner plus vite en expérience et de bénéficier de raccourci à plusieurs niveaux. Cela lui évite d’essayer des voies et méthodes qui ne marchent pas trop et qu’il va falloir réajuster avec des pertes de temps, d’argent et d’efficacité.

Propos recueillis par Moussa DIOP

Lancée en 2009, WhatsApp est une application mobile et multiplateforme de messagerie. L’application a récemment rejoint un club envié en franchissant le milliard d’utilisateurs actifs par mois « en seulement huit ans ». Pour la petite histoire, le service de messagerie instantanée a été racheté par Facebook en 2014 pour un montant record de 19 milliards de dollars. L’information avait été amplement relayée dans le monde entier. Elle suscitait de la part de certains une incrédulité dont aurait fait part le géant américain. Certains n’ont pas mis de gants pour annoncer ce qui est partie pour être « le fiasco de l’année ». Bien que fédérant près d’un demi-milliard d’utilisateurs, WhatsApp ne dégageait pas à l’époque, des bénéfices énormes : il s’agissait juste d’une petite structure de 55 salariés. Cette application Smartphone permet aujourd’hui à ses utilisateurs de créer des conversations groupées. Il permet aussi de s’envoyer autant de messages et de photos qu’on le souhaite. A force d’innovations et de persévérance, WhatsApp fait aujourd’hui partie de la vie quotidienne de millions de personnes à travers le monde.

Oumar BA

Pour la première fois, un lien direct est établi entre les messageries chiffrées (Telegram et WhatsApp) et la préparation des attentats de Paris. Le débat sur la pertinence du chiffrement de bout en bout reprend dès lors de plus bel. En effet, selon la chaîne américaine Cnn, certains des terroristes impliqués dans les attaques du 13 novembre ont utilisés des applications de messagerie chiffrée pour préparer des attentats. La chaîne américaine, qui cite des sources officielles, explique notamment que Telegram et WhatsApp, service aujourd’hui dans le giron de Facebook, auraient été malencontreusement employés à cette fin.

Tous deux fournissent un chiffrement de bout en bout difficile à percer par les services de sécurité. Selon ces mêmes sources, ces applications, présentes sur certains des smartphones retrouvées sur les scènes de crime, auraient été employées pour des communications entre terroristes, avant les attaques. « Le contenu de ces échanges étant chiffré, il n’est pas sûr que les enquêteurs y aient un jour accès », précise la même source. Bien qu’imprécises, ces affirmations constituent le premier lien officiellement établi entre les messageries chiffrées et la préparation des attaques de Paris.

Certes, après les attentats, Telegram, un service fondé par deux frères russes, défenseurs de la liberté d’expression, avait été mis en cause pour sa passivité à l’égard de l’État islamique. Mais cette accusation ciblait les canaux de diffusion proposés par Telegram et exploités par le groupe terroriste pour propager ses messages. A la suite des attentats du 13 novembre, 78 canaux de diffusion du groupe terroriste, diffusant en 12 langues différentes, ont été fermés. De leur côté, les experts en sécurité expliquent qu’introduire des portes dérobées dans les outils de sécurisation des échanges ne ferait que réduire la sécurité globale d’Internet. Dans un récent rapport du Mit, une quinzaine de chercheurs expliquaient : « La complexité d’Internet aujourd’hui, avec des millions d’Apps et de services connectés globalement, signifie que les exigences des forces de l’ordre vont probablement introduire de nouvelles failles de sécurité, non anticipées et difficiles à détecter. »

Oumar BA

Le réseau social américain Facebook a mis sur pied, en France, un centre de R&D spécialisé sur l’intelligence artificielle. A terme, vingt cinq chercheurs permanents vont y travailler. Six chercheurs de haut niveau sont déjà installés dans les locaux parisiens de Facebook, ils pourraient être une douzaine d’ici peu. Ces « fées » (on les appelle fairies chez Facebook, fée en anglais, du nom du programme Fair, Facebook artificial intelligence research) travailleront sur des sujets comme le traitement automatique du langage, l’apprentissage des machines ou la reconnaissance d’images. Le centre parisien va établir un partenariat avec l’Inria : des projets communs seront ainsi menés avec des chercheurs de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique. Facebook devrait accueillir des doctorants. 

D’autres collaborations pourraient être engagées par la suite, avec des écoles ou d’autres établissements, rapporte le monde. L’intelligence artificielle est l’un des trois piliers de la stratégie R&D de Facebook, avec la connectivité (comment connecter plus de personnes à Internet) et le travail sur les interfaces. Les travaux en la matière ont déjà été utilisés dans plusieurs produits de la société américaine. Fair a ainsi développé un système d’étiquetage d’images permettant de trier les photos mises en ligne sur la plate-forme selon leur contenu. Facebook peut ainsi s’en servir pour filtrer des images violentes, ou tout simplement identifier des thèmes. Un travail a également été mené pour réduire le spam sur Facebook.

O. BA

En Guyane, le mouvement social qui vient de s’achever s’est longtemps appuyé sur deux piliers fondamentaux : «WhatsApp», «Facebook live». Ils racontent les rassemblements, les coulisses du conflit et galvanisent au passage. Ils expliquent où trouver du gaz, alors que la pénurie guette, où faire son plein d’essence. Certains appellent pour proposer du covoiturage à travers les réseaux sociaux. Alors que le mouvement social était basé sur des revendications sécuritaires, sanitaires et éducatives, la mobilisation était très réussie. La mobilisation passe aussi par « Facebook live », une technologie couramment utilisée et qui connaît un succès fracassant. Téléphone portable à la main, les journalistes racontaient en temps réel les images qu’ils filmaient. Et les internautes postent en même temps des commentaires. En termes d’audiences, c’était également une vraie réussite. Alors que le département compte 250.000 habitants, plus de 6 millions de personnes, sur une semaine, ont regardé les « live » de Guyane. Certains instantanés ont été vus simultanément par 18 à 20.000 personnes, rapporte l’Afp. Les « live » sont aussi présents sur la page Facebook des radios. Près de 155.000 personnes ont ainsi visionné tout ou une partie des deux heures de retransmission d’un rassemblement. « Le mouvement social, c’est enfin les informations échangées sur Facebook : les activités, concerts, débats organisés sont postés sur le réseau social », analyse l’anthropologue Isabelle Hidaire-Krivsky, qui souligne le caractère « participatif » des réseaux sociaux.

O. BA

Des startups sénégalaises ont participé, pour la première fois, du 1er au 9 avril, à la semaine numérique à Québec, plus connue sous l’appellation Web à Québec (Waq). Il s’agit de Sensoft et de Byfilling.

Le Waq est la semaine numérique à Québec. C’est un des principaux événements dans le domaine des Tic en Amérique du Nord. Elle regroupe 1.500 participants pour 100 conférences et ateliers. Le Waq est l’occasion de réseautage entre entrepreneurs, startups, des géants de l’industrie, des conférenciers de très haut niveau venant du monde entier. « L’appui du gouvernement du Québec à la mission des entreprises sénégalais au Waq est une contribution directe du Québec à la concrétisation de la stratégie de la Francophonie numérique, souligne Siasia Morel, premier conseiller au Bureau du Québec à Dakar (Bqd) ». Sur cinq entreprises sélectionnées, deux ont finalement représenté le Sénégal. Il s’agit de Sensoft et Byfilling. C’est un choix qui a fait l’objet de plusieurs collaborations. « Nous nous sommes, tout d’abord, tournés vers le Ctic, l’un des principaux incubateurs en Afrique de l’Ouest puis vers Québec numérique, précise Mathieu Tremblay du Bqd. Le Ctic a fait un choix basé sur la maturité des entreprises, son caractère international, l’intérêt suscité auprès de l’écosystème numérique ». Du côté québecois, on précise que c’est un soutien qui illustre un engagement à accompagner « les pays émergents à l’intégration de l’économie numérique, notamment en favorisant la mobilité internationale des jeunes entrepreneurs du numérique », explique Siasia Morel.

Recherche d’opportunités
Installé dans la capitale sénégalaise depuis près d’un an, le Bureau du Québec à Dakar compte sur le développement du numérique parmi ses priorités. « Les Tic représentent 5% du Bip québécois et 1.600 Pme. C’est un secteur qui compte 130.000 emplois, détaille Mathieu Tremblay. C’est une économie qui croît deux fois plus que l’ensemble du reste de notre économie. Il y a tout un écosystème de startups et d’incubateurs numériques ». Dans ce secteur, les besoins au Sénégal et en Afrique de l’Ouest représentent des opportunités pour les entreprises québécoises. « Il y a aussi le besoin d’avoir des partenariats avec des Sénégalais et des Africains pour contribuer aux entreprises québécoises du secteur du numérique. Elles manquent, parfois, de ressources car celles du bassin du Québec ne sont pas suffisantes pour le marché de l’emploi. On veut aussi attirer des jeunes professionnels qualifiés sinon des partenariats entre entreprises ».

AMINATA NDIAYE, RESPONSABLE COMMERCIAL BYFILLING : « Les entreprises québécoises travaillent dans les mêmes conditions que nous »
Aminata Ndiaye ByfillingAminata Ndiaye est responsable commerciale au sein de l’Agence Byfilling, un cabinet de kleenbown et de marketing digital. Dans cette interview, elle revient sur la semaine numérique organisée à Québec. Une rencontre qui a permis, entre autres, à sa structure de nouer quelques partenariats, qui peuvent s’avérer fructueux pour la suite.

Présentez-nous votre structure ?
Nous aidons les clients sur Internet. A cet effet, nous mettons en œuvre des stratégies digitalisées qui passent par des concepts de sites web et des applications mobiles. Cela peut se traduire par des campagnes de digital, à travers la production de contenus, comme des vidéos, des articles etc.… Je suis chargée, dans cette mission, de mettre sur pied des projets qui s’adressent à différents clients. Ensuite, je supervise avec l’équipe en interne chargée de la mise en œuvre. L’entreprise a été créée en 2010, mais les activités ont commencé en 2012. C’est en 2013 que nous nous sommes au Ctic pour une durée de trois ans. Nous sommes sortis de l’incubation en août dernier. Depuis, nous essayons de voler de nos propres ailes. Quand nous étions au Ctic, nous avons connu un boom extraordinaire par rapport à nos activités. Beaucoup d’opportunités de business se sont ouverts à nous. Notre chiffre d’affaires s’est accru durant cette période, à hauteur de 90%. Ensuite, le boom s’est poursuivi. Cette donne s’est, par la suite, un peu stabilisée. Maintenant, l’activité est beaucoup plus permanente, ce qui nous a même ouvert des opportunités à l’extérieur. Des clients nous viennent maintenant de pays étrangers bien que la majeure partie de nos clients sont établis au Sénégal. Nous essayons de sensibiliser les entreprises dans le but de démocratiser l’accès à l’Internet et de pouvoir surtout y faire du business. Dans ce cadre, nous mettons en place des stratégies qui sont adaptées à la cible que le client souhaite toucher. Nous sommes une équipe composée de onze collaborateurs. Nous développons nos activités en France, au Niger et en Côte d’Ivoire.

Comment avez-vous été contactée pour le Waq?
Au début, nous avons été contactés par le Ctic, pour participer à la semaine numérique (Waq 2017). Ensuite, nous avons reçu d’autres invitations pour nous rendre au Québec. Les organisateurs voulaient surtout se rendre compte du sérieux des organisations qui voulaient se rendre à Québec. La rencontre s’est bien déroulée. Nous en avons profité pour assister à des conférences, des visites publiques ont également eu lieu. Nous nous sommes beaucoup intéressés aux opportunités d’investissement qui pouvaient s’ouvrir à nous. Nous nous sommes surtout intéressés aux structures françaises ou canadiennes qui pouvaient faciliter les investissements pour l’installation au Canada. Nous avons pu y découvrir pas mal de modèles, qui, s’ils sont bien appliqués au Sénégal, vont forcément déboucher sur quelque chose de très important. Nous avons également pu visiter des entreprises québécoises qui faisaient la même chose que nous. Je me suis rendue compte qu’elles étaient confrontées aux mêmes difficultés que nous. J’ai pu également constater qu’ils travaillent dans les mêmes conditions que nous. Cette donne nous a permis de comprendre que nous étions effectivement dans les standards internationaux.

Cette rencontre a-t-elle été le lieu pour vous de nouer de nouveaux contacts ?
Nous avons pu rencontrer pas mal d’entrepreneurs et nous avons pu échanger. Des pistes à exploiter se sont véritablement ouvertes. Nous avons fait une présentation sur les défis de l’ingénierie informatique en Afrique. Dans cette présentation, il a été question des opportunités de business en Afrique. Une autre présentation a porté sur Byfilling et les opportunités. On s’est surtout basé sur la pédagogie, en mettant en avant comment on apporte du contenu aux personnes afin qu’elles s’intéressent et s’approchent de l’entreprise. Nous essayons surtout de trouver des solutions à même de pousser les personnes à venir vers nous. Nous essayons d’identifier les visiteurs et veillons à les transformer en prospects. Il s’agit de commencer une démarche commerciale avec ces visiteurs pour pouvoir les convertir en clients et ensuite les fidéliser.

Qu’est-ce que ce modèle vous a concrètement apporté depuis que vous l’avez expérimenté au Sénégal ?
Nous sommes persuadés que c’est une méthode qui a de beaux jours devant elle. Il s’agit juste d’adapter le contenu aux personnes ciblées. Récemment, nous avons fait une étude sur les marchands ambulants, les vendeurs de fruits et de cartes de téléphones. On s’est rendu compte qu’ils utilisaient Internet au même titre que les autres couches de la population. Ils ne sont pas forcément alphabétisés, par contre, ils consomment beaucoup de visuels et de vidéos. Cela constitue une opportunité pour les entreprises de penser même à changer le type de contenus, afin d’en proposer d’autres qui soient beaucoup plus adaptés. Au-delà de l’outil internet, nous nous focalisons beaucoup sur le contenu. Chaque consommateur à ses propres comportements et réagit à un certain nombre de contenus. Vous allez utiliser un même mobile pour toucher le plus de personnes possible. Toutefois, le contenu tend à changer selon l’interlocuteur et la personne concernée. C’est pour cela que les entreprises doivent se concentrer sur ce type de contenus. Il est bien d’essayer de savoir ce qui accroche véritablement.

Que retenez-vous du Waq ?
Je trouve que le Canada est un pays très dynamique. Les gens y sont particulièrement ouverts par rapport au business. L’environnement et le cadre y sont expansifs. Seulement, il suffit de s’armer de volonté pour pouvoir y relever les nombreux défis. Quand on y va, il faut juste se fixer un objectif bien déterminé. Nous avons pu rencontrer des entrepreneurs français qui étaient dans les dispositions de développer des activités avec nous.

Quel est l’obstacle majeur qui freine le développement de votre activité ?
Toutes les entreprises sont d’avis que le digital est important. Mais d’autre part, peu d’entre elles sont dans les dispositions de financer leur volet digital. Également la majeure partie des entreprises ne prennent pas le soin de s’assurer du retour de ce que leurs clients pensent véritablement des services qui leur sont proposés. Les entreprises doivent d’abord apprendre à davantage connaître leurs clients pour pouvoir mieux leur proposer des produits adaptés à leur demande.

Propos recueillis par M. DIOP et Oumar BA

L’arnaque est de plus en plus connue mais elle marche encore. Elle se sert de manière illégale de la notoriété de deux grandes entreprises au Sénégal : Wari et la Sonatel. Le personnel du Soleil fait partie des victimes de cette arnaque qui utilise internet et le téléphone mobile.

« Plus c’est gros, plus ça passe ». La formule rendue célèbre par le président français Jacques Chirac s’est encore vérifiée. En ce jeudi 23 mars, l’après-midi au quotidien Le Soleil est marquée par des appels presque simultanés sur les téléphones du bureau du rédacteur en chef central, un de ceux de la salle 1 de rédacteurs et sur un autre de la salle 2 des rédacteurs. « C’est la Sonatel, se présente, les interlocuteurs qui sont au bout du fil. Votre connexion n’est pas de bonne qualité ». Disons le tout bas mais c’est malheureusement une réalité. La rédaction du Soleil n’est pas pourvue d’une bonne connexion internet. Cette première information « vérifiée » est le cheval de Troie de l’arnaque. Étant en confiance, les différents agents du Soleil fournissent, sur demande de leurs interlocuteurs qui se sont présentés comme des employés de la Sonatel, leurs numéros de téléphone portable personnel. Ils reçoivent, de manière immédiate, un message écrit. « Vous venez de gagner 200.000 FCfa » suivi d’un code de retrait Wari, s’affiche sur le téléphone. Le rapport de confiance entamé par le « diagnostic de la qualité du débit » d’internet se poursuit. « Pour récupérer cet argent, il faut simplement acheter une carte de crédit « orange » de 10.000 FCfa », renseigne la personne au bout du fil. Des trois journalistes du Soleil sollicités, deux ont acheté une carte de recharge de 10.000 FCfa parmi eux un a été victime de l’arnaque en transmettant le code à son interlocuteur. « Je ne sais pas comment j’ai pu être aussi naïf », s’est-il interrogé par la suite. Par pure compassion, cette tribune ne va pas citer son nom.

Moussa Diop

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