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Sciences et Technologies

Sciences et Technologies (91)

Avec un million de francs Cfa investis, Volkeno a réalisé un chiffre d’affaires de 15 millions de francs Cfa, un an et demi plus tard. La Star up investit dans le secteur éducatif et de l’accompagnement pour les entreprises.

Chez Volkeno, il n’est pas question de Business Plan. Abdou Khadre Diallo, son jeune Pdg préfère  parler de  « Business Model », qui est la version réduite du Business Plan. « Prendre un jeune et le former pendant trois mois dont deux dans une des entreprises avec lesquelles nous sommes en contrat », détaille-t-il. Depuis sa création, août 2015, « Volkeno a accueilli 200 candidats, en a formé 30 développeurs pour une dizaine d’entreprises ». Pour Volkeno, le modèle d’une entreprise prenant un stagiaire pour une allocation allant de 50 000 à 150 000 francs Cfa est révolu. « Le modèle de collaboration, avec des entreprises fonctionne car 33% des jeunes formés par Volkeno trouve un emploi à la suite des deux mois de stage ». Avec une promotion intéressante si le nombre de stagiaire en formation augmente.  Pour un stagiaire, l’entreprise débourse la somme de 300 000 francs Cfa, alors qu’elle doit s’acquitter de 500 000 francs Cfa pour deux stagiaires. Ils peuvent être en entreprise ou au sein de Volkeno. Et ça marche ! Ce jeudi 23 mars, il est 19 heures passées, mais les locaux de Volkeno, jouxtant le Cices, fourmillent de jeunes, les yeux rivés sur leurs écrans d’ordinateur. Ce sont des développeurs et des Community Manager. « Nous sommes actuellement 11 salariés, stagiaires compris », précise Abdou Khadre Diallo. Parti poursuivre ses études supérieures en France, le jeune Pdg de la jeune Start up (4 associés) dont le slogan est « Make it » est rentré au Sénégal en 2015 après un diplôme d’ingénieur informatique. Volkeno projette de former 1200 jeunes par an à l’horizon 2023 et « les accompagner dans la création d’entreprises ». Pour sa croissance, Volkeno prend Wari comme exemple dans le marché de l’économie numérique avec ses 4 milliards de trafics sur son réseau. « C’est un marché assez large pour s’y imposer ».   

Moussa Diop

En cinq années, Ctic (Centre des techniques de l’information et de la communication) Dakar s’est imposé dans l’accompagnement des entrepreneurs dans le domaine des nouvelles technologies. La structure flaire les « bons coups » tout en boostant les projets innovants.

En cette matinée de lundi, la lente reprise du travail, après un long week-end, n’est pas de mise à la rue Berenger Feraud de Dakar. Les va et vient incessants rythment les premières heures de la matinée. Parmi les visiteuses, une jeune étudiante en informatique, aux traits d’ado, malgré ses vingt années dépassées, se ronge les ongles d’impatience. Elle attend son tour pour passer devant le jury du Ctic. Avec deux amis, elle a développé un concept portant sur la distribution de produits pharmaceutiques. La jeune entrepreneuse espère sortir de son rendez-vous avec le sésame qui valide l’accompagnement du Cetic de leur projet. La confiance que lui portent ses amis est source de stress supplémentaire. Des centaines de jeunes sont dans la  même situation que cette jeune fille. Ils sont, en effet, nombreux à soumettre des projets à la structure, dans l’espoir de se faire accompagner.

Et pour cause, Ctic Dakar  a été créé pour accélérer le développement des Tic au Sénégal. Nous sommes en 2001. Différents partenaires issus du  public et du  privé rejoignent l’aventure,  notamment la Banque mondiale.  C’est  d’ailleurs,  l’un des premiers incubateurs francophones soutenu par l’institution internationale. Le Ctic, à but non lucratif, est soucieux de dynamiser le secteur Tic en favorisant la croissance des entreprises les plus innovantes. Placé sous l’égide de la Fondation des incubateurs Tic du Sénégal (Fictis),  le projet a rapidement suscité l’intérêt et de nombreux partenaires.

Faire émerger le Sénégal des Tic
CticCes structures sont accessibles sous conditions d’éligibilité et proposent des services : des locaux spacieux à tarifs avantageux, des services partagés, un accompagnement aux différents stades de la vie de l’entreprise et parfois même un financement. Ce qui représente des avantages non négligeables pour ceux qui viennent de débuter une aventure entrepreneuriale. 

« Il est donc d’un intérêt crucial pour les start-up de passer par cette étape pour démarrer un projet, reconnaît la jeune étudiante. Cependant, le choix de l’incubateur est primordial. Avant de déposer une candidature, nous nous sommes renseignés sur le domaine d’activité de l’incubateur ».  Bien qu’étant une association à but non-lucratif, Ctic Dakar  a pour ambition de bâtir un modèle d’incubateur viable financièrement. L’objectif est de se départir de la dépendance des bailleurs. C’est ainsi que Ctic Dakar est rémunéré sur la base d’un pourcentage de la croissance du chiffre d’affaires des entreprises qu’elle accompagne dans son programme d’incubation.

« La vision du Ctic est de faire émerger le  Sénégal des entreprises Tic au rayonnement international. Un ensemble de services est également disponible pour les entreprises Tic ne souhaitant pas bénéficier de la palette complète des services d’incubation : business développement,  levée de fonds, gestion comptable, appels d’offres, etc. », informe Carine Vavasseur, qui était responsable de la communication et événementiel de l’incubateur Dakarois lors du reportage. D’autres services commerciaux sont également proposés par Ctic Dakar,  afin d’équilibrer son modèle. Il y a des formations et certifications, l’organisation d’événements Tic et de concours d’entrepreneurs, le conseil en incubation, le lancement d’incubateurs.

L’avantage d’un incubateur
En termes d’incubation en Afrique, ce modèle  demeure  original.  Il ne fait pas de prises de participation dans le capital des boîtes mais ne fonctionne pas non plus dans la gratuité.  « Nous partageons vraiment le succès mais aussi l’échec avec nos jeunes pousses», poursuit-elle. «Pour maintenir notre vision entrepreneuriale et être indépendant des bailleurs, nous bâtissons un modèle économique viable en prenant un pourcentage de la croissance du chiffre d’affaires des entreprises que l’on accompagne. En gros, on regarde la différence de chiffre d’affaires entre la première année et la deuxième. S’il n’y a pas de croissance, la startup ne nous paie pas, s’il y a de la croissance, le Ctic perçoit un pourcentage sur la croissance », informait Mme Vavasseur. Les incubateurs sont créés afin de faire grandir les Pme Tic d’Afrique et d’intégrer  le continent dans  l’économie numérique globale. Cette approche est réalisée après une sélection stricte d’une communauté par le canal d’un réseau crédible de dimension sous régionale. « La mission des incubateurs est d’identifier et d’accompagner des entrepreneurs  de talent et des Pme Tic à fort potentiel. Il a aussi pour mission de leur faciliter l’accès aux marchés et aux financements. Ce modèle est mieux adapté aux entrepreneurs  souvent réticents à l’idée d’ouvrir leur capital », informe la chargée de communication. Après six  mois d’accompagnement, les startups les plus solides peuvent entrer dans le programme d’incubation. « Nous avons accompagné beaucoup de startups, principalement dans l’internet, les applications mobiles ou les logiciels », poursuit-elle. Par cette approche,  les incubateurs veulent créer des  entreprises viables et faire  grandir  des leaders à travers la promotion de  l’entrepreneuriat Tic.  Au-delà des incubateurs, il existe d’autres structures appelées « accélérateurs » (durée plus courte et souvent prise de participation au capital) et aussi des « couveuses » ou des « pépinières ». 

CARINE VAVASSEUR, responsable de la communication : « 75 Pme Tic et plus de 1.750 porteurs de projets accompagnés par le centre »
Carine Vavasseur CticLe Centre des techniques de l’information et de la communication (Ctic), organisation à but non lucratif, a vu le jour  sous l’impulsion du secteur privé sénégalais (Organisation des professionnels des Tic), soucieux de dynamiser le secteur des nouvelles technologies et de favoriser la croissance des entreprises les plus innovantes. Carine Vavasseur, lors de la réalisation de l’interview, était Responsable communication et événementiel au Ctic Dakar. Elle faisait le bilan des actions et réalisation du Ctic notamment sur l’impacte des incubateurs.

Quel rôle joue Ctic dans la création des emplois  au Sénégal ?
 La création d’emplois au Sénégal est une nécessité et ne peut se faire sans la création d’entreprises et le soutien au développement des Pme. Ctic Dakar accompagne, depuis 5 ans, les pme tic à fort potentiel et les entrepreneurs du numérique. A travers ce soutien que nous apportons aux startups du numérique, nous avons constaté que 85% d’entre elles sont pérennes au-delà de 3 ans d’activités, alors qu’en Afrique subsaharienne, seules 20% des startups survivent au-delà de 2 ans. Quand on sait que les entreprises que nous avons accompagnées jusqu’à maintenant ont créé plus de 200 emplois et que 85% d’entre elles continuent de grandir, on ne peut qu’imaginer l’impact qu’elles auront sur la création d’emplois au Sénégal et au-delà dans 5, 10, 15 ans. Nous avons également coaché plus de 1.750 jeunes en 5 ans. Certains ont décidé de se lancer en créant des startups. Nous avons même eu le plaisir d’en revoir dans nos programmes d’accélération et d’incubation.
  
Quel est l’intérêt de la création des incubateurs ?
Les intérêts de la création d’incubateurs sont variés, je vous en citerais quelques uns. Les incubateurs sont des catalyseurs de croissance. Ils permettent de créer un environnement favorable aux startups et de leur faciliter l’insertion dans leur marché en participant à mettre en place les conditions de leur succès. C’est pour la survie des startups et pour leur permettre d’être rentables et pérennes qu’existent les incubateurs. Au-delà de cet aspect, les incubateurs peuvent servir de véritable laboratoire pour des entrepreneurs souhaitant lancer de nouveaux produits ou services et recueillir les premiers feedbacks qui leur permettront de poursuivre le développement de ces solutions ou de repenser leur idée. Les incubateurs ont aussi un rôle de tiers de confiance et permettent de créer le lien entre les startups et les Pme mais aussi entre les startups et de grandes entreprises. Un peu comme un label, l’incubateur favorise un climat de confiance entre ces différents acteurs. Nous bénéficions d’un positionnement privilégié en étant une interface permettant la rencontre et la collaboration de plusieurs maillons de notre écosystème (écoles, Pme, startups, grands groupes, banques, organisations). Enfin, les incubateurs ont un impact économique et social dans leur environnement. L’impact social est mesurable de façon directe et indirecte, c’est-à-dire en observant l’impact immédiat des incubateurs mais aussi en s’intéressant à l’impact des entreprises accompagnées. Nous accompagnons, à Ctic Dakar, des entreprises qui ont chacune leurs particularités. Certaines comme Niokobok, site d’achat de ravitaillement en ligne (www.niokobok.com), permettent de créer un lien fort entre la diaspora et les sénégalais de l’intérieur. C’est le cas aussi de LAfricaMobile (www.lafricamobile.com) qui offre, entre autres, la possibilité, à travers des solutions Sms, de donner la parole à la diaspora sénégalaise sur des émissions TV et radio sénégalaises. D’autres startups comme Ecoles Au Sénégal ont choisi d’œuvrer pour un accès gratuit à du contenu scolaire local en ligne (www.ecolesausenegal.com). Ce sont des milliers de familles et d’écoliers qui sont concernés par ces solutions. Sans oublier les emplois créés par ces startups. L’impact économique se mesure quant à lui par les résultats que font les entreprises accompagnées.
 
Pourriez-vous nous décrire vos réalisations en chiffre depuis la création de Ctic Dakar ?
En 5 ans, nous avons accompagné 75 Pme Tic et coaché plus de 1750 porteurs de projets par plus de 85 événements organisés mais aussi lors de sessions d’informations et de coaching. Nous accompagnons actuellement 12 entreprises Tic, dont 3 qui ont rejoint le programme récemment, et 17 porteurs de projets en phase pilote à travers notre programme d’accélération qui est à sa 4ème cohorte. Les entreprises que nous accompagnons ont une croissance intéressante entre 2014 et 2015, parvenant, en moyenne, à multiplier leur chiffre d’affaires par 1,5. Des entreprises qui grandissent et deviennent pérennes pour la plupart.  

Nous avons également accompagnées une quinzaine d’entreprises en mission de prospection dans la sous-région. Notre présence en Afrique de l’Ouest ne se limite pas là.
Ces dernières années, nous avons mené les études de faisabilité et participé à la mise en place d’incubateurs Tic au Niger (Cipmen), au Gabon et actuellement en Mauritanie. Nous déroulons également 3 programmes panafricains phares avec des bailleurs internationaux. « Waziup », un programme financé par l’Union européenne et enrôlant 12 partenaires dont Ctic Dakar, entend vulgariser l’usage de l’internet des objets et du big data dans les zones rurales africaines. Avec la Banque mondiale, nous allons initier le programme « Jambar Tech Lab » pour impulser des produits digitaux africains innovants en Afrique et au-delà. Avec l’Agence française de développement, nous sommes bénéficiaires du Programme Afrique Innovation (Pai) qui se traduira par un renforcement de capacités de notre équipe d’encadrement et un appui à l’accompagnement des entreprises en incubation. 

Oumar Bâ

Les trois Prix francophones de l’innovation dans les médias ont été décernés, lundi 3 avril dernier, lors d’une cérémonie au siège de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), rapporte un communiqué. Le document précise que c’était en présence de Mme Michaëlle Jean, secrétaire générale de la Francophonie, Mme Marie-Christine Saragosse, présidente-directrice générale de France Médias Monde et M. Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières (Rsf).

Le 1er prix, de 10.000 euros, détaille le communiqué, a été décerné à « Agribusiness Tv » (Burkina Faso), une web-télé qui utilise la vidéo comme outil de promotion et de (re)valorisation du secteur agricole aux yeux des jeunes en montrant les parcours réussis de jeunes entrepreneurs agricoles et leurs innovations en Afrique.

Le 2e prix de 6.500 euros a été décerné à « Africa Check » (Sénégal), un site de « vérification des faits » qui examine la véracité des propos des figures publiques et des informations de la presse. Ce site vise à promouvoir l’honnêteté et l’exactitude dans le débat public et dans les médias en Afrique afin de contribuer à améliorer la qualité de l’information mise à la disposition du public sur le continent. Le 3e prix de 3.500 euros a été décerné à « Médor » (Belgique), un trimestriel d’enquêtes et de récits qui propose un processus coopératif pour construire l’information et offrir un journalisme de terrain, « en profondeur », indépendant, exigeant et amusant.

Le Prix francophone de l’innovation dans les médias, rappelle le communiqué, est le fruit d’un partenariat entre l’Oif, Rfi et Rsf. Il s’adresse à tous les médias (radio, télévision, presse écrite et médias numériques) des 58 États et gouvernements membres de la Francophonie ayant développé des offres innovantes prenant en compte les nouveaux modes de consommation et d’accès à l’information. Il récompense les innovations dans les contenus, dans les usages et dans les modèles économiques et d’organisation qui contribuent à renforcer la liberté de la presse et le droit à l’information des populations, valeurs défendues par les trois partenaires.

E. M. FAYE

Pour faciliter aux populations l’accès à la communication mobile, le ministre des Postes et des Télécommunications a annoncé, hier, le lancement, dans les semaines à venir, d’un appel d’offres pour mettre sur le marché les opérateurs mobiles virtuels (Mvno). Lesquels permettront d’offrir aux Sénégalais des services de téléphonie. « Il s’agit d’améliorer l’accès et de renforcer la concurrence entre les différents opérateurs », a déclaré Yaya Abdoul Kane

Les Mvno sont des opérateurs qui ne possèdent pas de spectre de fréquence ni d’infrastructures. Ils utilisent le réseau des opérateurs et achètent des minutes d’appels à ces opérateurs qu’ils revendent à leurs clients. La présence de ces opérateurs, permettra, à coup sûr, de revoir à la baisse les prix liés à la téléphonie mobile.

I. BA

Les députés ont adopté, hier, à l’unanimité, le projet de loi 39/2016 modifiant la loi 2011-01 du 24 février 2011 portant Code des télécommunications. Dans cette loi, qui permettra un accès plus démocratique aux Technologies de l’information et de la communication (Tic), l’activité des fournisseurs d’accès à l’Internet (Fai) sera désormais soumise au régime d’autorisation.

Le Sénégal vient de franchir un grand pas dans ses ambitions de faire du secteur du numérique un levier dans la création de richesses et de croissance. L’Assemblée nationale vient d’adopter le projet de loi 39/2016 modifiant la loi 2011-01 du 24 février 2011 portant Code des télécommunications. Le présent code va apporter des innovations dans le secteur, à travers notamment l’assouplissement des conditions de fourniture d’accès à Internet (Fai). Ainsi, l’activité des Fai va passer du régime de la licence avec la lourdeur qui s’attache à la procédure d’attribution à un régime d’autorisation générale. Cette facilitation, a expliqué le ministre de Postes et des Télécommunications, Yaya Abdoul Kane, permettra l’accroissement du niveau de concurrence et d’investissement du privé sur le marché du haut débit ainsi que la démocratisation de l’usage de l’Internet. C’est aussi une manière de promouvoir l’essor d’une économie numérique compétitive et inclusive en conformité avec les ambitions fixées dans le Plan Sénégal émergent (Pse).

Après la lecture du rapport de la Commission de la Culture et de la Communication, les députés ont interpellé le ministre sur des questions portant, entre autres, sur l’accès au téléphone et à l’Internet, la problématique du maillage du territoire national, la sécurité et la confidentialité des données personnelles.

Le député Aïda Mbodj a invité le ministre à accompagner les collectivités locales pour leur permettre de recouvrer le manque à gagner par rapport aux impôts et aux autres taxes qui doivent leur revenir dans le cadre de l’occupation de leurs espaces par les opérateurs. Son homologue Cheikh Tidiane Ndiaye a abordé la problématique des antennes que certains opérateurs installent sur les toitures des maisons et qui sont capables de poser des problèmes de santé à la population.

Toujours dans le même ordre d’idées, le député Cheikh Omar Sy a dénoncé l’absence de qualité dans le service, du problème du service d’assistance ainsi que l’impossibilité d’utiliser le service « promotion », « surtout au niveau de l’opérateur Orange, pour accéder à l’Internet ». Son collègue Ibrahima Sène a demandé même une règlementation de la « promotion ».

6.000 kilomètres de fibre optique
Dans ses réponses, Yaya Abdoul Kane a indiqué que la mise en œuvre de la stratégie sur la cybercriminalité permettra d’améliorer de façon efficiente « notre » système de sécurité. En effet, a-t-il rappelé, le Sénégal a procédé au lancement, en partenariat avec les Pays-Bas, de cette stratégie, avec la mise en place d’une cellule de veille pour la protection des infrastructures critiques et des citoyens.

Par rapport aux collectivités locales, Yaya Abdoul Kane a informé qu’une commission présidée par le ministre de la Gouvernance locale, du Développement et de l’Aménagement du territorial, a été mise en place et ses travaux permettront de trouver une solution durable et définitive aux taxes et impôts que doivent ces opérateurs aux collectivités.

Sur la couverture du territoire national, il a informé que d’importants efforts ont été faits, mais il reste encore beaucoup à faire pour l’accès au réseau de téléphonie. « Avec la nouvelle convention de concession de Sonatel et la révision des conventions avec les autres opérateurs, il a été introduit une obligation de couverture de tous les villages dont le nombre d’habitats est supérieur ou égal à 200 dans cinq ans », a-t-il fait comprendre.

Le ministre a relevé pertinence de valoriser les infrastructures de l’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie) pour les mettre à la disposition des opérateurs et des entreprises. En effet, a-t-il annoncé, le réseau de l’Adie passera, dans sa deuxième phase, à 6.000 kilomètres de fibre optique. « Des études sont en cours pour voir comment mettre sur le marché cette surcapacité de l’Adie et avec des options allant peut-être jusqu’à la confier à un autre opérateur dans le cadre du partenariat public-privé », a-t-il laissé entendre. Selon lui, cela permettra d’ouvrir davantage le secteur pour casser le monopole, réduire les coûts et renforcer l’accessibilité.

Ibrahima BA

 

ACCES A LA COMMUNICATION MOBILE : L’APPEL D’OFFRES DES OPÉRATEURS MOBILES VIRTUELS LANCÉ DANS LES SEMAINES À VENIR
Pour faciliter aux populations l’accès à la communication mobile, le ministre des Postes et des Télécommunications a annoncé, hier, le lancement, dans les semaines à venir, d’un appel d’offres pour mettre sur le marché les opérateurs mobiles virtuels (Mvno). Lesquels permettront d’offrir aux Sénégalais des services de téléphonie. « Il s’agit d’améliorer l’accès et de renforcer la concurrence entre les différents opérateurs », a déclaré Yaya Abdoul Kane. Les Mvno sont des opérateurs qui ne possèdent pas de spectre de fréquence ni d’infrastructures.

Ils utilisent le réseau des opérateurs et achètent des minutes d’appels à ces opérateurs qu’ils revendent à leurs clients. La présence de ces opérateurs, permettra, à coup sûr, de revoir à la baisse les prix liés à la téléphonie mobile.

I. BA

La cérémonie de lancement de la communauté French Tech Sénégal s’est tenue, vendredi dernier, dans les locaux de Jokkolabs, en présence de l’ambassadeur de France au Sénégal, Christophe Bigot. C’est un écosystème regroupant l’ensemble des acteurs français de la nouvelle économie numérique et leurs partenaires. Dakar est ainsi la 3ème ville africaine à en bénéficier après Cap Town et Abidjan.

L’évolution numérique offre des opportunités en même temps qu’elle dessine de nouveaux cadres d’échanges où s’expriment des intelligences. Une chance est ainsi offerte à l’Afrique d’impulser une nouvelle dynamique qui redéfinit ses rapports avec le monde. L’implantation de la communauté French Tech au Sénégal en est une parfaite illustration. Elle s’emploie à favoriser l’émergence des startups au Sénégal grâce aux communautés permettant aux entrepreneurs de tester leur projet. C’est également un moyen de constituer un lieu « totem » pour fédérer les acteurs avec une « boîte à outils numérique » et un lieu emblématique appuyé par le réseau Jokkolabs.

L’un des objectifs majeurs est aussi, selon Karim Sy, fondateur de Jokkolabs, de « créer un pont entre le Sénégal et la France grâce aux programmes de promotion de la French Tech pour les entrepreneurs et les investisseurs du Sénégal ». La communauté French tech Sénégal se donne comme mission, par ailleurs, de consolider les startups à succès, en leur permettant d’accélérer leurs paliers de croissance, de s’établir à l’international et de faciliter la conquête des marchés internationaux.

Ces objectifs sont en cohérence avec l’idée qui a présidé au lancement, par le gouvernement français, en 2013, de la French Tech. Elle est une initiative publique visant à améliorer l’écosystème des startups françaises, de leur réseau de partenaires et à développer son attractivité internationale. Le label fait référence à toutes les personnes qui travaillent pour la croissance et le rayonnement international des startups françaises en France et à l’étranger. Cet écosystème est composé des acteurs de la nouvelle économie numérique : les entrepreneurs en premier lieu, les investisseurs, les ingénieurs, les designers, les développeurs, les associations, les grands groupes, les médias, les opérateurs publics, les instituts de recherche…A ce jour, deux startups ont été lancées en Afrique. Cap Town, en Afrique du Sud, en est la ville pionnière. La capitale ivoirienne, Abidjan, a suivi le pas en 2015.

Ces initiatives sont porteuses d’espoirs, selon Karim Sy, en cela que le numérique est un enjeu important pour répondre aux défis de l’heure et du futur. Il participe, en guise d’exemple, à la modernisation de l’administration. C’est, pour ainsi reprendre l’ambassadeur de France au Sénégal, Christophe Bigot, « un moyen pour l’Afrique et le Sénégal de sauter des étapes ». Il s’agit maintenant, selon lui, de détecter des talents et de leur donner cette envie de créer des entreprises. « La French Tech va permettre de créer une synergie entre les acteurs et de faciliter la montée en puissance des startups africaines et françaises », dit-il, tout en espérant que cette initiative sera élargie aux autres régions pour une fluidité des expériences.

Alassane Aliou MBAYE

Madagascar,  Nigeria,  Ghana, Kenya, Gabon, Rwanda, Cameroun et  Zimbabwe, ce sont, au total, huit pays africains qui se sont engagés aux côtés du Sénégal pour  réfléchir autour de la mise en place d’un cadre de concertation et de partage d’expérience en matière d’administration électronique en Afrique. C’est, du moins, ce qui ressort de la rencontre organisée par le Sénégal, sous la direction de Cheikh Bakhoum, directeur général de l’Adie, en marge du forum international de l’Uit de Bangkok.  L’objectif de ce premier contact, informe un communiqué, est d’échanger sur les motivations et l’opportunité de la mise en place d’une telle structure. Les acteurs ont proposé la tenue d’une première grande réunion de l’organisation africaine des agences gouvernementales en charge des Tic en mai 2017, en marge du sommet « Transform Africa » organisé à Kigali par l’Ong Smart Africa. Toujours dans la même lancée, le Sénégal, Madagascar et le Ghana ont été choisis pour prendre en charge les préparatifs de cette première rencontre. « Interconnecter les réseaux, rationaliser les dépenses, échanger et mutualiser les solutions déjà déployées dans le cadre de la dématérialisation et accélérer le processus de gouvernance électronique en Afrique, sont quelques pistes de réflexion sur la finalité de la future organisation panafricaine ». 

I. BA

Le ministre des Postes et des Télécommunications a, dans le cadre de « Security Day », présidé, hier, à Dakar, le symposium sur la cyber sécurité, en présence de plusieurs spécialistes provenant de certaines entreprises africaines. Yaya Abdoul Kane avait à ses côtés ses collègues Sidiki Kaba (Justice) et Mansour Sy (Travail, Organisations professionnelles et Relations avec les institutions).

Les actes malveillants internes aux entreprises et menaces persistantes avancées font que la plupart des équipes informatiques ne sont plus en mesure d’y faire face. Sans compter que le paysage des menaces évolue à un rythme très rapide. Les mesures de protection du réseau, les vulnérabilités des systèmes d’exploitation et les ports ouverts demeurent certes des questions de sécurité importantes, mais ne sont plus les principales préoccupations de la majorité des entreprises. A l’heure actuelle, les hackers informatiques, qu’il s’agisse d’organisations criminelles, d’Etats ou d’utilisateurs internes malveillants, prennent essentiellement pour cible les données sensibles dans des environnements critiques. C’est dans cette perspective que Fortinet et Promo Consulting ont tenu cette session pour tenter de répondre à la problématique. Il s’agit, en effet, de voir comment trouver le bon équilibre entre sécurité de l’entreprise, productivité et respect de la vie privée. En tout cas, le ministre des Postes et des Télécommunications attend beaucoup de ces échanges spécifiques sur ce symposium qui apportera sans nul doute des réponses appropriées à la cyber-sécurité. Selon Yaya Abdoul Kane, la tenue de ces échanges à Dakar est à saluer après d’autres réflexions organisées par le passé sur la question.

« Nous assistons à des actes cybercriminels et des menaces pour les Etats et les entreprises privées », a-t-il signifié, avant d’ajouter que « la sécurité du cyberespace doit être un défi pour les entreprises privées et les Etats ». Yaya Abdoul Kane a rassuré les experts et spécialistes présents sur l’engagement de l’Etat du Sénégal qui a ratifié toutes les conventions africaines et coopère avec les Etats ainsi qu’avec les partenaires privés pour y faire face. Il a rappelé que le Sénégal a mis en place un cercle de protection pour les économies, considérant la cyber-sécurité comme un pré-requis.

Pour le ministre de la Justice, Sidiki Kaba, l’organisation de ce symposium sur la cyber-sécurité vient à point nommé. Selon lui, l’Etat s’est engagé dans la lutte contre la cybercriminalité à travers des lois adoptées par l’Assemblée nationale. « Ce symposium sera une occasion de mieux réfléchir sur la question », a-t-il relevé, avant de souligner que « des dispositions législatives et de coopération sont soutenues par le président de la République et son gouvernement, à travers le département des Postes et des Télécommunications ».

Protéger les données personnelles
C’est pourquoi son collègue du Travail, des Organisations professionnelles et des Relations avec les institutions, Mansour Sy, a magnifié l’intérêt de cette rencontre. Selon lui, les acteurs professionnels doivent réfléchir sur les voies et moyens de faire face à ces menaces. Dans ce cadre, Mbagnick Diop du Meeds a soutenu que « l’une de nos recommandations est de renforcer notre dispositif de protection des données personnelles, par la dotation en moyens suffisants et adaptés à la Commission de protection des données personnelles déjà mises sur pied par l’Etat ». Depuis quelques années, a-t-il ajouté, nous assistons à la recrudescence de nouvelles pratiques destructrices qui se développent dans le cyberespace. Selon le patron de Promo Consulting, les cyber attaques qui sont pilotées par des groupes étatiques ou non étatiques se jouent à des distances et à des espaces frontaliers, la globalisation des échanges aidant. « Ces attaques sont anonymes et il reste extrêmement difficile de déceler les instigateurs. Car le déploiement d’une cyber attaque se déroule toujours sous couvert de relais involontaires (botnets) ou d’intermédiaires (proxies) », a-t-il dit. Mbagnick Diop a aussi reconnu que la cybercriminalité fait le lit de l’espionnage à visée politique ou économique, la prise illégale du contrôle des infrastructures critiques d’un Etat (énergie, transport, communication…) à des fins de sabotage.

Toutefois, la mise en place d’un système de renforcement des capacités de défense constitue l’un des points majeurs que privilégie la cyber-sécurité. Il a annoncé la création en perspective en Afrique d’un mouvement des entreprises numériques et de technologie avancée afin de relever le défi de la cyber-sécurité. Son homologue de Fortinet Afrique francophone a estimé, pour sa part, que « la responsabilité des entreprises est engagée dans ces menaces ». Selon Ahmet Boughazi, il est impératif pour les entreprises d’avoir une démarche de simplification et d’homogénéisation.

Cheikh Malick COLY

Sonatel vient de lancer, dans le cadre de sa politique de responsabilité sociale d’entreprise, le prix « Linguère digital challenge » 2016 (Ldc 2016) qui est la deuxième édition de son Prix de l’entreprenariat numérique féminin (Penf) lancé l’année en 2015.

Pour sa deuxième édition, le Prix de l’entreprenariat numérique féminin s’est mué en Prix « Linguère digital challenge » (Ldc). Sonatel vient de procéder au lancement de l’édition 2016 qui s’inscrit dans le cadre de sa politique de responsabilité sociale d’entreprise.

L’objectif du Ldc 2016, dont les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 25 novembre prochain sur l’adresse http://www.sonatel.sn/ldc/, « est de récompenser les trois meilleures entreprises sénégalaises dirigées par des femmes, utilisant les nouvelles technologies dans leur activité ». Selon un communiqué, il s’agit d’une déclinaison de la politique d’accompagnement de Sonatel aux start-up évoluant dans l’écosystème numérique combinée à l’approche genre qui constitue un des axes majeurs de la stratégie Rse de l’entreprise.

« Linguère digital challenge », poursuit ce document, est spécifiquement ouvert aux entreprises dirigées par des femmes qui auront fait preuve notamment d’innovation dans l’usage des moyens de communications numériques (télécommunications fixes ou mobiles) dans leurs activités avec un impact social et/ou environnemental concret pour la communauté (nombre d’emplois créés, effet sur la santé, l’éducation ou les besoins énergétiques, etc.) Les lauréates de cette édition, en plus de bénéficier d’un accompagnement d’un an, recevront respectivement et par ordre de mérite les lots suivants: 10 millions de FCfa pour le 1er Prix ((Pack start-up inclus), 5 millions de FCfa pour le 2ème Prix (Pack start-up inclus) et le 4 millions de FCfa pour le 3ème Prix (Pack start-up inclus).
Un jury se chargera d’effectuer une présélection du 25 novembre au 05 décembre avant le démarrage des auditions des candidates retenues.

La sélection des finalistes est prévue du 5 au 10 décembre et la cérémonie de remise des prix est fixée au jeudi 15 décembre 2015 avec live-voting des participants pour classer les lauréates.

Ibrahima BA

L’Agence française de développement (Afd) et Bpifrance s’associent pour lancer le « Startup challenge digital Africa », un concours d’innovation numérique ouvert aux startups africaines et françaises qui agissent pour le développement en Afrique. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 15 novembre prochain.

Pour accompagner le dynamisme des écosystèmes numériques se traduisant par la multiplication des hubs technologiques, coworking, lab, des incubateurs dont le nombre dépasse actuellement 300 sur le continent, l’Agence française de développement (Afd) et Bpifrance lancent, pour la première fois, un concours d’innovation numérique. Le « Startup challenge digital Africa » s’adresse aux startups africaines et françaises. Il est ouvert jusqu’au 15 novembre prochain sur la plateforme : http://digitalafrica.afd.fr

Pour cette première édition, quatre secteurs ont été sélectionnés pour leur dynamisme et leur potentiel d’impact pour le développement de l’Afrique.

Il s’agit, selon un communiqué, de la fintech, santé, environnement/énergie et agriculture. L’objectif du « Startup challenge digital Africa » est d’encourager et soutenir de nouveaux acteurs de l’économie numérique, accélérer la diffusion de savoir-faire et faciliter l’émergence de nouvelles solutions pour le développement. « L’Afrique est de plus en plus connectée, grâce notamment à l’adoption rapide du mobile, et est devenue une terre d’innovation numérique. Le développement du paiement mobile et l’adoption grandissante des smartphones et du haut débit sont autant de facteurs qui permettent aux entrepreneurs du numérique de proposer de nouveaux produits et services dans l’ensemble des secteurs économiques », informe ce document.

Rencontre des partenaires
Il ajoute qu’un jury désignera deux startups lauréates, une africaine et une française, dans chacun des 4 secteurs (soit 8 startups). Aussi, deux startups supplémentaires, une africaine et une française, seront sélectionnées via un vote en ligne. A l’arrivée, ce seront 10 startups qui se verront récompensées. Ces startups seront également invitées à venir présenter leur initiative et rencontrer des partenaires lors du 27ème Sommet Afrique-France qui se tiendra à Bamako les 13 et 14 janvier 2017.

Pour l’édition 2016 du « Startup challenge digital Africa », un jury composé de personnalités qualifiées, africaines et françaises, et de représentants de l’Afd et de Bpifrance sera mis en place. Le concours est parrainé par deux entrepreneurs influents du monde des technologies et de l’innovation, en l’occurrence Karim Sy, fondateur du réseau Jokkolabs (1er espace de travail collaboratif africain), et Gilles Babinet, fondateur de Africa4Tech, premier président du Conseil national du numérique, représentant de la France auprès de la Commission européenne sur les sujets numériques (« Digital champion »).

« Le numérique peut être un formidable accélérateur de développement durable en Afrique, à la condition que chacun puisse bénéficier du tremplin de l’innovation. L’Agence française de développement veut accompagner cette transition porteuse de nouvelles trajectoires de croissance, soutenir des entrepreneurs du Sud dont les projets sont prometteurs pour leur continent et favoriser les interactions entre entrepreneurs du Nord et du Sud », déclare Rémy Rioux, directeur général de l’Afd, dans le communiqué.

De son côté, Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, indique que les sauts technologiques qui s’opèrent actuellement en Afrique et l’émergence d’une classe moyenne jeune créent des opportunités exceptionnelles de développement pour les entreprises africaines et françaises.

Ibrahima BA

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