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Sciences et Technologies

Sciences et Technologies (152)

La troisième édition du Salon international des Technologies de l’information et de la communication dédié à l’Afrique, Sitic Africa, aura lieu du 10 au 12 avril 2018 à Tunis. Le Burkina Faso et l’Inde seront les deux pays invités d’honneur de cette édition.

Salon professionnel international, Sitic Africa sert à mieux faire connaître l’offre tunisienne des Tic à tous les autres secteurs de l’économie tunisienne (agriculture, industrie et services) tout en étant une plate-forme internationale de partenariat et d’échanges dans les Tic. Les organisateurs attendent, du 10 au 12 avril prochain, plus de 5 000 décideurs Tic tunisiens, africains et internationaux. Dans ce cadre, une coopération triangulaire Tunisie - Pays développés - Afrique est envisagée.

Evénement international consacré exclusivement au business, le Salon Sitic Africa comporte 3 volets importants. D’abord, la présentation d’une offre complète des Tic en Tunisie, avec 300 exposants tunisiens fournisseurs de solutions, cloud, big data, sécurité, storage, formation, téseaux et télécoms, mobilités, banking... L’espace réservé aux exposants internationaux est aussi un atout, surtout dans la logique de la coopération triangulaire Tunisie-Europe-Afrique.

Ensuite, l’organisation de rencontres B2B qui permet aux participants de bénéficier de rendez-vous d’affaires préprogrammés et ciblés. Ces rencontres sont organisées pour les Tunisiens et les Etrangers, et permettent de sélectionner les meilleurs fournisseurs pour leurs projets. Et enfin, l’organisation de forums et workshops sur des sujets d’actualité relatifs au business Tic en Afrique.

Omar DIOUF

Informaticienne de formation et directrice générale de Ctic-Dakar, Regina Mbodj revient dans cet entretien sur les raisons de la création et les résultats de cet incubateur de startups et Pme Tic. Aujourd’hui, ce projet créé en 2011 ambitionne de positionner le Sénégal sur la carte digitale mondiale et d’aller, avec les entreprises qu’il accompagne, à l’assaut des marchés émergents. Avec plus d’une centaine d’entrepreneurs, de startups et de Pme Tic accompagnés, 300 emplois qualifiés créés et plus de 4 milliards de FCfa de chiffre d’affaires cumulés, l’incubateur Ctic dessine les sillons d’une véritable économie numérique.

Pouvez-vous revenir sur les raisons de la création de l’incubateur Ctic Dakar ?
Ctic Dakar a été créé avec les fonds de la Banque mondiale. Il y a eu une étude de faisabilité par la Fondation des incubateurs Tic au Sénégal (Fictis), laquelle a pour mission de mettre des dispositifs d’accompagnement des incubateurs Tic dans toutes les régions universitaires du Sénégal. Après l’étude qui s’est avérée positive, la Banque mondiale a souhaité accompagner la mise en place de cet incubateur. Ensuite, Infodev a participé dans tout ce qui est assistance technique. Il faut rappeler que cette étude de faisabilité a permis de voir que le Sénégal avait des atouts pour disposer de cet outil, en vue d’accompagner les jeunes dans la création d’emplois, dans le développement de leurs entreprises, de leurs solutions et produits. Nous avons des atouts en matière d’infrastructures par rapport aux autres pays de la sous-région. C’est aussi le cas pour ce qui est de la pénétration du mobile et de l’Internet. A cela s’ajoutent beaucoup d’écoles supérieures qui forment de très bons ingénieurs en informatique. C’est suivant tous ces paramètres que Ctic-Dakar a été créé. Au départ, c’était considéré comme un projet pilote qu’on avait prévu de dupliquer, s’il marche, dans les autres régions du Sénégal.

Quelles ont été vos principales satisfactions jusqu’ici ?
Depuis le démarrage en 2011, nous avons accompagné plus d’une centaine d’entrepreneurs, de startups et de Pme dans les technologies. Nous avons coaché plus de 3. 000 étudiants dans les écoles et universités à Dakar et dans les régions. Ctic-Dakar a créé plus de 300 emplois qualifiés à travers ses entrepreneurs. Aussi, c’est plusieurs centaines de solutions qui ont été développées au sein du réseau et plusieurs dizaines d’évènements organisés dans notre écosystème. Nous pouvons dire que nous avons aidé à structurer et à identifier les différentes parties prenantes de notre écosystème, en faisant en sorte que chacun joue sa partition. Sur le plan financier, nous avons réussi à soulever plusieurs dizaines de millions pour nos entreprises, avec plus de 4 milliards de FCfa de chiffre d’affaires cumulés. Nous sommes contents de pouvoir dire que nous avons contribué à la création d’emplois, d’entreprises, de solutions, de richesse ainsi qu’à la formation de plusieurs milliers de jeunes entrepreneurs aspirants.

Donc les objectifs, qui ont été fixés au départ, ont été atteints ?
Les objectifs ont été dépassés tout simplement, parce qu’au début, ils étaient très limités. Cela, du fait que nous n’avions pas beaucoup de moyens. Il faut préciser que Ctic-Dakar n’est pas subventionné pas le gouvernement. Dans ce cas de figure, c’est très difficile pour l’Etat de donner des objectifs à un dispositif qu’il n’accompagne pas. Par contre, dès la mise en place de cet outil, nous avions des objectifs en matière de création d’emplois, de solutions et d’entreprises. Aujourd’hui, nous avons réussi à dépasser ces objectifs. Nous avons fait beaucoup plus que ce que nous étions censé faire. En un moment donné, nous étions très serrés dans nos locaux. Il y avait trop d’entreprises, de jeunes, qui venaient ici pour travailler. En n’ayant plus d’espace où les mettre, nous avons mené un plaidoyer auprès de l’Etat pour avoir d’autres bâtiments. C’est comme ça qu’il a mis à notre disposition, à travers la Direction du patrimoine bâti, un autre bâtiment. Par la suite, nous avons soulevé des fonds pour rénover, équiper et installer nos entreprises.

Et quelles sont les structures qui soutiennent Ctic Dakar, depuis sa création en 2011 ?
Au niveau local, il y a l’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie) qui paie nos factures d’électricité et d’eau, et qui nous a mis sur l’Intranet gouvernemental. En un moment, il y avait l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp), qui est d’ailleurs membre fondateur de Ctic Dakar. Nous avons eu un accompagnement de l’Artp pendant les trois premières années avant qu’il ne s’arrête. Aujourd’hui, nous n’avons plus l’Artp comme contributeur. L’Agence de développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises (Adepme) nous soutient également avec beaucoup d’assistance technique ainsi que dans les programmes que nous déroulons. Il y a également la Sonatel, qui est un membre fondateur et qui accompagne tous nos grands évènements. En un moment donné, il avait mis à notre disposition un Adsl pour la connectivité et a beaucoup contribué pour la rénovation d’une partie de nos locaux. A l’international, il y a eu le Centre de développement de l’entreprise de Bruxelles qui nous a soutenus pendant deux ans pour tout ce qui est assistance technique. France télécom nous a également accompagné en un moment ainsi que l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) à travers un enveloppe de 100. 000 euros (plus 65 millions de FCfa) pour la rénovation des locaux et l’exploitation de Ctic Dakar. Toutefois, la Banque mondiale continue d’être un partenaire privilégié à travers des programmes qu’elle nous confie et pour lesquelles nous sommes rémunérés.

L’accès au financement constitue-t-il une problématique pour incuber et accompagner les startups ?
Pour la plupart, il y a aucun dispositif d’accompagnement financier disponible pour les entrepreneurs et encore moins pour les entrepreneurs des Tic. Quand on n’a pas de matériel comme garanti, les financiers ne comprennent pas les aspects de logiciels, d’applications Web ou mobile. Ils ne peuvent pas mettre des garantis dessus. On arrive dès fois à un moment où l’entreprise est complétement bloquée par manque de financement. Il arrive même que ça soit de petits montants. Mais même avec ces petits montants, c’est très difficile de les avoir. Nous avons signé un partenariat avec la Banque nationale développement économique (Bnde) dans ce sens. Il s’agit d’une convention d’accompagnement pour les entrepreneurs et les entreprises de Ctic Dakar.

Nous avons aussi une autre convention tripartite avec la Cofides Nord-Sud qui est basée en France et qui garantit 50% des prêts au niveau de la Bnde. C’est un mécanisme qui commence à faire ses preuves, mais c’est loin d’être exhaustif. Nous avons besoin d’avoir beaucoup plus. Aujourd’hui, tout ce que nous avons comme dispositif d’accompagnement ne s’adresse pas à nos startups et nos entrepreneurs.

Avez-vous avez noté une satisfaction par rapport aux startups qui ont été incubées jusqu’ici ?
Nous en avons plusieurs. Par exemple, une entreprise comme People Input, qui est passée par Ctic-Dakar est, aujourd’hui, leader de la place et est présente dans beaucoup de pays africains. C’est le cas aussi de « ByFeeling » qui est arrivé à Ctic avec deux personnes pour un chiffre d’affaires de moins de 10 millions. Actuellement, la structure emploie 15 personnes avec un chiffre d’affaires de plus de 100 millions de FCfa, ce qui représente une fierté pour nous. Il en est de même pour Nelam Services ainsi que d’autres entreprises qui ont fait des solutions à travers le monde…

L’action menée par le Ctic sera-t-elle étendue au niveau des régions de l’intérieur du Sénégal ?
On a plus ou moins un budget de fonctionnement qui se situe entre 200 et 300 millions FCfa. Nous n’a aucun franc qui vient en appui. Nous générons nos propres revenus pour assurer la pérennité. Nous ne pouvons pas nous permettre de financer ce genre de dispositif parce que ce n’est pas notre rôle de le faire. Je pense que cela incombe à l’Etat de promouvoir un peu l’entreprenariat des jeunes et d’accompagner les incubateurs.

Et par rapport à l’expérience d’autres incubateurs de pays africains comme la Tunisie ou le Maroc, le Sénégal tient-il le cap ?
On ne tient pas le cap. Il faut qu’on se dise les choses. Je suis bien au fait de ce qui se passe dans ces pays-là. On est très loin derrière pour plusieurs raisons. La première est liée à la contribution de l’Etat. Chez eux, il y a un vrai accompagnement de l’Etat vis-à-vis de ces incubateurs. Au Maroc, le Roi a une stratégie nationale de démocratisation digitale et d’accompagnement des Pme. Ce qui fait qu’ils ont beaucoup d’outils à leur disposition. Ils ont des fonds pour l’innovation pour la recherche et le développement, des zones franchisées et des facilités pour les investisseurs. Franchement, on est très loin de ce qu’ils sont en train de réaliser. Au Sénégal, on a la matière première, c’est-à-dire l’expertise. On a les jeunes, les entrepreneurs, les startups. Mais on n’a aucun fonds. Vous prenez une Pme qui fait 90 millions, 110 millions de FCfa par mois. Cette Pme a besoin, pour être compétitive, innovante-parce que l’innovation coûte cher- d’un environnement favorable. Il faut faire de la recherche et développer. Développer des solutions a certaines exigences auxquelles nos Pme ne peuvent pas toujours accéder. Tout n’est pas rose dans ce milieu.

Au Rwanda aujourd’hui, l’accès à Internet est pratiquement gratuit. Les jeunes peuvent, par exemple, aller se connecter à la Place de l’indépendance et travailler. L’accès à Internet est trop cher. Il en est de même de la téléphonie et de l’infrastructure. L’accès au marché n’est pas simple non plus. C’est quoi la pertinence de créer un incubateur si les entreprises qui sont incubées n’ont pas accès à la commande publique. Pourtant, tout ce qui se fait au Sénégal, aujourd’hui, peut être réalisé par les startups. Les entrepreneurs sont très bien formés ici et ailleurs. Il y a aussi de bonnes écoles au Sénégal. Ils sont outillés pour dérouler toute sorte d’activités de solutions. Néanmoins, quand on parle de commande publique, nous sommes absents. On n’a pas de visibilité dans cette commande publique-là. C’est regrettable. On n’est pas dans les mêmes modèles. Quand vous prenez le Maghreb, l’Etat a une vraie stratégie d’inclusion des startups et des Pme. L’Etat conçoit des projets spécifiques pour elles. On les privilégie. Et c’est bien segmenté. Une startup, c’est, par exemple, à partir de tant d’employés et de chiffre d’affaires. Il en est de même des Pme. Mais, au Sénégal, on ne sait pas qui est une startup ou une Pme. Celle-ci peut faire trois milliards de chiffre d’affaires. On n’a pas cette segmentation. On manque d’outils d’accompagnement. Et pourtant, il y a beaucoup de choses qui se font. On a des agences comme l’Anpej, d’autres agences pour l’emploi des jeunes. On a récemment créé le Délégué général à l’Entreprenariat rapide avec des fonds colossaux de 30 milliards de FCfa, paraît-il. Il y a des outils qui sont là mais tout est disparate. On n’arrive pas à capitaliser tout cela. On ne sait pas qui fait quoi. On n’évalue pas. J’ai l’impression qu’on est un peu laissés en rade.

Mais, néanmoins au Sénégal, l’expertise est là...
Oui , l’expertise est là. Je rappelle que dans le réseau de la Banque mondiale, c’est-à-dire des incubateurs qu’elle accompagne, Ctic jouit d’une belle réputation. La Banque mondiale dit que Ctic-Dakar est le seul incubateur qui s’est pérennisé, qui a adopté le modèle économique qui lui permet d’exister sans subvention. A la date d’aujourd’hui, nous sommes autonomes financièrement sans subvention. Dans cette optique, nous avons mis en place d’autres incubateurs dans d’autres pays. Le modèle économique que nous avions à l’époque ne correspondait pas à nos réalités. Nous l’avons repensé, retravaillé pour l’adapter à nos réalités, à notre vécu. Nous avons mis en place l’incubateur du Niger. Nous avons fait les études de faisabilité pour la Mauritanie, le Gabon, le Togo. Nous ferons bientôt la même chose en Guinée équatoriale. Les gens connaissent Ctic-Dakar à travers le monde. Nous avons reçu plusieurs délégations ministérielles d’autres pays pour venues s’inspirer de notre modèle.

Par rapport à la stratégie « Sénégal numérique 2025 », quelle a été la contribution de Ctic ? Et quelles sont vos attentes ?
Nous avons tous contribué dans cette stratégie. Cela a été inclusif. Il est prévu que Ctic-Dakar ait une place centrale dans le dispositif du Parc technologique numérique de Diamniadio. Il y a un espace dédié à l’incubation pour l’accompagnement des projets. J’espère que cela va prendre forme. Nous essaierons d’intervenir à différents niveaux. Nous sommes dans l’entreprenariat numérique. C’est une chaîne qui va de la sensibilisation à la formation, de la pré-incubation à l’accompagnement des porteurs d’idées. nous essayons de transformer ces idées en projets et ceux-ci en entreprises.

Interview réalisée par Omar DIOUF et Ibrahima BA

Partech Ventures vient d’annoncer le lancement d’un fonds de 50 milliards de FCfa pour le financement de l’écosystème tech africain. Dénommé Partech Africa, ce fonds a pour objectif d’accompagner les équipes « talentueuses » qui utilisent la technologie pour répondre aux besoins structurels des marchés africains.

Avec 50 milliards de FCfa, Partech Africa va devenir le premier fonds de cette envergure destiné à l’écosystème tech africain. Ce fonds, qui vient d’être lancé par Partech Ventures, un investisseur spécialisé dans le numérique et les nouvelles technologies, compte financer les entreprises en « early » stage, avec des tickets initiaux allant de 500. 000 à 5 millions d’euros. Cela, informe un communiqué, dans l’objectif d’accompagner des équipes « talentueuses » qui font appel à la technologie pour répondre aux besoins structurels des marchés africains, ouvrant d’immenses opportunités à l’échelle des marchés émergents. Il faut noter que Partech Ventures a déjà réussi à réunir 57 millions d’euros sur sa taille cible, soit plus de 37 milliards de FCfa. Partech Africa est « un fonds tech généraliste ciblant des secteurs qui vont de l’inclusion financière (Fintech, Insurtech, nouveaux modèles de distribution) aux services mobiles et online (commerce, loisirs, éducation, santé, services numérique) ainsi que la mobilité, la supply chain et la digitalisation de l’économie informelle ». Ainsi, le fonds se lance « dans le contexte d’un marché tech Vc africain ». En tant qu’une partie de la plateforme globale Partech, le projet va bénéficier également de l’expertise collective des équipes et de son unique capacité d’accompagner les entreprises de son portefeuille.


« Le lancement de Partech Africa est soutenu par un groupe d’institutions financières de premier plan menées par l’Ifc, membre du groupe de la Banque mondiale, et comprennent la Banque européenne d’investissement (Bei) et Averroès Finance III…) », note le communiqué. Partech Africa bénéficie aussi du soutien des investisseurs corporates à la tête desquels se trouve « l’un des principaux acteurs du mobile Afrique, Orange, et d’autres acteurs stratégiques dans les marchés émergents comme Edenred et Jcdecaux Holding ».

Ibrahima BA

L’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie) et Suricate solutions, une entreprise luxembourgeoise spécialisée dans la cybersécurité, ont signé, hier, une convention de partenariat. « Il s’agit, pour nous, de bénéficier de l’expertise de ce pays réputé au niveau européen et mondial en matière de cybersécurité.

Ce sera l’occasion de lancer le premier Centre d’alerte et de riposte en matière de cybersécurité pour notre pays. Une occasion pour accélérer un processus cher au Président de la République et au Gouvernement », a déclaré le directeur de l’Adie, Cheikh Bakhoum. L’Agence de l’informatique de l’Etat travaille en même temps avec une autre entreprise luxembourgeoise, Incert, pour mettre en place « l’infrastructure nationale de gestion des clés ». « Elle nous permettra de pouvoir délivrer des certificats à l’administration et de pouvoir accréditer les entreprises privées. C’est une infrastructure qui sera une première dans notre sous-région et le deuxième pays en Afrique », a ajouté M. Bakhoum.

A. N. NDIAYE

De la tontine des « mamans » et autres « tatas » à la « tontine numérique » des sœurs et nièces. C’est le vœu pieux de Mariam Kamara, Directrice de « Inter’Actes MadameDigital », une structure qui cultive des espaces d’échanges et de réseautage.

En Afrique, on évoque des taux de croissances à deux chiffres. Dans ce grand bond en avant, le rôle de la femme entrepreneure dans le digital n’est pas toujours connu. « L’Afrique subsaharienne a un des plus fort taux d’activité entrepreneuriale (TAE) selon plusieurs sources fiables. Mais la femme entrepreneure, telle que nous la connaissons, demeure presque invisible quand on parle de la révolution numérique », regrette Mariam Kamara, Directrice de « Inter’Actes MadameDigital ». Et pourtant, elles sont présentes mais restent invisibles. C’est un paradoxe difficilement acceptable. « Ont-elles besoin d’avoir accès a plus de ressources techniques, matérielles ou autres ?, questionne Mme Kamara. Notre projet tente de répondre à ces questions en proposant une plateforme de dialogues, de réseautage et de formation. Nous avons lancé le Elles’Coaching-She’Coaching, un programme de formation sur 6 semaines 100 % dédié à la femme entrepreneure dès le 6 novembre dernier. Et nous avons eu plus d’une vingtaine de femmes inscrites dans cette cohorte inaugurale ».

Mariam Kamara est consciente qu’il faut apporter quelque chose de différent « au vu de la réelle segmentation dans le secteur des technologies, de l’innovation et du numérique qui laissait pour compte les femmes, et surtout celles non formées ou bien d’une génération plus âgée ». C’est opportun pour FemmeDigital de poser la question d’exclusion. Car quand vous êtes dans une capitale ou dans un centre urbain, on pense que la couverture réseau et l’accès à l’internet est une norme. « Il se trouve que non, affirme avec véhémence Mme Kamara. Les perceptions sont alimentées par les types de communications que nous recevons dans la sphère publique. Et on sait bien qu’en réalité, il y a une majorité d’individus, et en particulier les femmes, en zones non urbaines ou dans des classes démographiques diverses qui n’ont ni accès à l’internet ou même à un portable mobile du type Smartphone. Ceci doit changer impérativement. C’est plus de 50 % de la force de travail qui est concernée ! ».

Moussa DIOP

Voilà déjà quelques années maintenant que l’on nous annonce que l’avenir du monde se jouera en Afrique, continent riche de sa jeunesse et fort de sa position stratégique. Comme pour donner corps à cette prophétie, certains pays africains comptabilisent des croissances à deux chiffres à en faire pâlir bien des puissances européennes empêtrées depuis trop longtemps dans des crises financière et économique. Un concours de circonstances ? Le coup du hasard ? Ou tout simplement les Africains auraient-ils saisi les opportunités de la technologie et du numérique pour écrire un autre pan de leur histoire avec leurs partenaires historiques que sont les Européens ? Il semblerait que cette vision, les Africains la partage avec bien des acteurs de l’innovation de l’autre côté de la Méditerranée. Ainsi, l’édition 2018 de Viva Technology, l’un des plus grands rendez-vous européen de l’innovation, aura pour thème l’Afrique. Son corolaire américain à l’échelle mondiale : le CES 2018 consacrera tout un village au continent. Il accueillera pour une première fois un nombre considérable de startups africaines qui montreront au monde le savoir-faire et l’innovation africaine.

Autant d’événements visant à connecter des territoires d’Europe voire d’Occident avec l’Afrique, terre des toutes les promesses d’avenir. Néanmoins un projet en particulier a attiré mon attention dès l’accueille de ses premiers « campers » en septembre dernier (parfois venus depuis l’Afrique), c’est le lieu singulier qu’est thecamp. Bien plus qu’un campus universitaire, ce haut lieu d’innovation situé à Aix-en-Provence (Sud de la France) se veut être celui de la construction du futur. Thecamp est un lieu unique en France, temple de l’intelligence collective, réunissant étudiants, entreprises, incubateurs, startups, collectivités, universitaires, chercheurs, experts pour travailler ensemble de façon créative afin d’inventer le futur.

Le créateur de thecamp, Frédéric Chevalier, l’a compris très tôt. Sa position stratégique en ferait une source d’attractivité, d’abord en occident puisque le MIT et des universités américaines telle Stamford ont déjà manifesté leur volonté de créer des liens avec thecamp mais aussi l’Afrique, à deux pas… En effet, thecamp a lancé un appel à projets à destination notamment des startups africaines qui bénéficieront d’une incubation jusqu’à maturation de leur projet. Vous l’aurez compris, thecamp positionnera le territoire d’Aix-en-Provence comme le hub d’innovations avec le continent africain et les pays émergents. C’est dans cette continuité qu’a eu lieu les 5 et 6 décembre dernier l’événement EMERGING Valley sur les lieux de la Villa Valmer à Marseille et de thecamp.

Durant deux jours, investisseurs, Makers et startups venus d’Afrique et des territoires émergents ont réfléchi et échangé autour de l’innovation. Ce premier rendez-vous international dédié à l’innovation avec le concours de StartupBRICS et en partenariat avec le journal La Tribune a mis à l’honneur l’Afrique et les territoires émergents. Le boom digital africain au service de l’émancipation et de l’économie, la révolution numérique africaine, l’innovation inversée porteuse de solutions venues du Sud sont autant de sujets abordés avec passion par des Makers venues de toute l’Afrique ! Le Sénégal n’étant pas en reste puisque des personnalités telles Fatoumata Ba de JUMIA Nigeria, Malick Diouf de LafricaMobile, Mamadou Sall de Karangué ou encore Omar Cissé à la tête de In Touch SAS étaient présents et ont témoigné de leurs expériences et ambitions pour l’Afrique. Définitivement thecamp, nouvel hub d’innovations et de business entre l’Europe et l’Afrique n’a pas fini de faire parler de lui. L’année 2018 s’annonce créative, innovante, porteuse d’espoirs et de ponts entre l’Europe et l’Afrique.

Par Madi SEYDI, Head of Digital à Paris (FRANCE)

Les OTT sont dans le viseur de plusieurs pays du fait même de leurs caractéristiques, mais surtout à cause « du manque à gagner » des opérateurs traditionnels. Au Sénégal, se dirige-t-on vers la fin de cette gratuité ?

Les OTT sont les applications qui permettent aux usagers de bénéficier de services (audio, vidéo, photo et texte) avec le téléphone à travers la 3G et la 4G sans passer par un opérateur. Au Sénégal, les OTT sont dans le collimateur des opérateurs (Orange, Tigo, Expresso). Ils ont investi beaucoup d’argent pour acquérir des fréquences et les OTT sont en général installés à l’étranger et bénéficient du trafic IP pour offrir des services au même titre que les opérateurs traditionnels sans pour autant faire un investissement traditionnel. « Cela crée un déséquilibre financier pour les opérateurs, note Cherif Diallo, directeur des Technologies de l’information et de la communication au Ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique. L’Etat sénégalais doit trouver un équilibre pour mieux protéger le grand public et assurer la pérennité financière de ces entreprises qui ont un grand rendement pour l’économie du Sénégal ». Poser ce dilemme, c’est s’interroger sur la fin de la gratuité des OTT désormais tant prisés par les Sénégalais.

« C’est difficile d’être affirmatif à l’heure actuelle qu’on se dirige vers la fin de la gratuité des OTT car chaque pays a sa propre politique », selon Chérif Diallo. C’est une question sensible qui demande une adaptation de plusieurs éléments. « Dabord, il y a les Etats qui doivent mettre en place des législations permettant de protéger tous les acteurs. Puis, il y a les opérateurs traditionnels » avec des intérêts divergents. Ils doivent orienter leurs offres de services en intégrant cette problématique des OTT. Pour Chérif Diallo, il faut nécessairement « une réorganisation » mais il « ne pense pas qu’on tende vers la fin des OTT ». Un avis qu’il base sur un principe : « Tout service offert par internet doit être accessible à tout utilisateur qui paye pour disposer d’internet. Filtrer ces services serait allé contre les libertés individuelles. Toutefois, il ne faut pas oublier que les opérateurs perdent de l’argent ». C’est un dilemme mais il y a une tentative pour contenter les deux parties. « Il faut s’appuyer sur la législation, affirme docteur Diallo. Le Sénégal est en train de réviser le code des télécoms. Le nouveau code est prévu durant le premier trimestre 2018. La problématique des OTT va y être intégrée pour trouver un équilibre. Il y a également le code des lois de la société de l’information qui sera révisé vers fin 2018. Il va prendre en compte d’autres catégories comme le commerce électronique ».

Le régulateur américain des télécoms a voté l'abrogation de la réglementation qui garantissait l'accès égal aux contenus en ligne. Le combat des partisans de la neutralité pourrait se poursuivre sur le plan judiciaire.

Le principe de « neutralité du net » est bien enterré aux États-Unis. La Commission fédérale des communications (FCC), le régulateur américain des télécoms, a voté le 14 décembre dernier, par trois voix contre 2 l'abrogation de la réglementation qui obligeait les fournisseurs d'accès internet (FAI) à traiter de la même manière tous les contenus passant dans leurs «tuyaux». Désormais, la FCC les autorise théoriquement à moduler la vitesse de débit internet à leur guise: les tenants de la «neutralité» craignent donc que ces opérateurs ne fassent payer plus cher pour un débit plus rapide, ou bloquent certains services leur faisant concurrence, comme la vidéo à la demande, la téléphonie par Internet ou les moteurs de recherche. 

AFP

Surfant sur l’innovation, Ecobank a mis jour sa plateforme digitale. En s’associant avec Visa et MasterCard, des modes de paiements électroniques financiers, la banque panafricaine envisage de faciliter la vie de ses clients et d’élargir sa clientèle en ciblant les acteurs non bancaires disposant d’un téléphone mobile.  

Placer le client et la qualité de service au centre des préoccupations. C’est la volonté affichée par les responsables d’Ecobank qui ont procédé, en octobre dernier, au lancement de la version mise à jour de la plateforme digitale de ladite banque. « Nous avons conçu cette plateforme pratique et rapide pour faciliter les opérations de nos clients », a déclaré Serge Ackré, directeur général d’Ecobank Sénégal. La banque panafricaine présente dans 33 pays sur le continent surfe sur l’innovation très marquée dans les technologies de l’information et de la communication pour accroître la qualité de son service. « Avec cette version mise à jour, le client y gagne puisqu’il peut effectuer plus facilement ses opérations de retrait et de paiement. De plus, le coût est compétitif », a vanté Alassane Guèye d’Ecobank.

En misant sur la digitalisation, Ecobank apporte sa pierre à l’édifice dans la politique d’inclusion financière, en faisant du téléphone mobile un outil de paiement et de retrait d’espèces. Toute personne peut ouvrir un compte digital avec son téléphone et être considéré comme client d’une banque.

Les Smartphones, un potentiel à saisir
Ecobank anticipe également sur un énorme potentiel. D’ici à 2020, il est prévu que 540 millions de Smartphones seront vendus en Afrique. Lancée en mars 2016, la plateforme d’Ecobank fait des émules. Rien qu’au Sénégal, plus de 50 000 clients l’utilisent et ils sont 7 000 000 à l’échelle du continent. Les chiffres sont encourageants et incitent à l’optimisme et les responsables de la banque s’en enorgueillissent. « Ecobank est connue pour avoir su exploiter le téléphone mobile en permettant l’ouverture rapide de comptes bancaires, les paiements et les transferts à ses clients », a rappelé Alassane Guèye. Il souligne que le client d’Ecobank peut utiliser cette plateforme dans les 33 pays africains où la banque a ses filiales. Toujours, dans ce souci de faciliter les opérations financières à ses clients, la banque panafricaine s’est associée avec Visa et MasterCard qui sont des leaders mondiaux dans les opérations électroniques financières. Sous peu, les usagers de cette banque pourront utiliser cette plateforme pour effectuer des services non financiers comme le paiement de factures. « L’offre de services non financiers est à l’étude et sera bientôt proposée aux clients », a déclaré Alassane Guèye.   

Concernant la sécurité qui peut être un motif de crainte, les responsables d’Ecobank rassurent. Ils soulignent avoir une expérience avérée dans ce domaine. « On prend toutes les précautions pour que le client puisse effectuer toutes ses opérations en toute sécurité », a affirmé Alassane Guèye. Il a rappelé que lorsqu’une opération est effectuée, le client reçoit aussitôt un message d’alerte. Interpellé sur la présence des opérateurs de téléphonie sur ce segment de la finance digitale, Serge Ackré y voit une complémentarité plutôt que de la concurrence, soutenant que ces nouveaux acteurs vont favoriser l’inclusion financière.

Mamadou GUEYE

Comme partout au monde, les activités de l’économie numérique sont en constante hausse au Sénégal. Une croissance qui se met sur la roue de l’économie sénégalaise.

« L’économie numérique contribue à hauteur de 7 % du PIB dont 3,4 % venant des services numériques, informe Chérif Diallo, directeur des Technologies de l’information et de la communication (TIC) au Ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique. Ces chiffres sont calculés sur une basse échelle car les recettes des services de transfert d’argent via le mobile sont classées dans les finances alors qu’elles sont issues du numérique ». Toutefois, l’importance de l’économie numérique est en train d’être mesurée à sa juste valeur. Par exemple, le PSE mise sur la transformation digitale de l’économie sénégalaise. « Le président Macky Sall a compris cela et l’essentiel du PSE repose sur les technologies numériques sous forme de catalyseur pour doper notre économie », note aussi le directeur des TIC. Les Sénégalais, comme beaucoup d’africains, ont des pratiques singulières dans l’utilisation de l’internet. Contrairement en Occident, le taux de bancarisation n’est pas très élevé en Afrique. C’est ce qui explique que le transfert d’argent via le numérique soit une spécificité typiquement africaine. Cela pose des problématiques de sécurité, de détournement de fonds ou d’usurpation d’identité.

Moussa DIOP


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