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Sciences et Technologies

Sciences et Technologies (156)

L’Espace numérique mobile de la présidence de la République du Sénégal a été présenté aux jeunes de la ville de Saint-Louis. A travers ce geste, les responsables de la Cellule de communication de la présidence, avec le concept « Génération Sénégal », font un clin d’œil aux jeunes, cette génération qui construit l’avenir du Sénégal. Le conseiller-spécial du chef de l’Etat et coordonnateur de l’équipe digitale, Ousmane Thiongane, est revenu sur les efforts consentis par les autorités pour la mise en place d’un écosystème favorable au développement des Tic et à leur appropriation par les populations. Ainsi, à travers le projet « Sénégal numérique 2025 », plus de 35.000 emplois seront créés, pour un investissement de plus 1.300 milliards de FCfa, faisant de Diamniadio et du Sénégal un hub dans le domaine des Tic. Dans ses propos, il a aussi souligné l’importance de faire un focus sur la cible jeune qui, pour l’essentiel, utilise les réseaux sociaux. De l’avis de M. Thiongane, « des études ont montré que plus de 90 % des jeunes s’informent à travers leur téléphone. Ils n’écoutent plus la radio, ne suivent plus la télé et ne lisent plus les journaux ».

Aujourd’hui, en lançant « Génération Sénégal », a-t-il relevé, « nous voulons, à travers l’expansion du numérique, toucher cette frange de la population et la mettre en interaction avec la première autorité du pays ».

Lors de cette manifestation, les responsables du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation ont évoqué les UVs et les Eno qui sont une révolution dans le domaine de l’enseignement au Sénégal surtout avec l’apport du numérique. L’adjoint au gouverneur Amadou Diop, en charge des affaires administratives, s’est réjoui de cette rencontre. Pour lui, en délocalisant cette activité dans les régions, les services de la présidence de la République donnent une chance aux jeunes de l’intérieur et « respectent aussi la vision de territorialisation des politiques publiques que prône le gouvernement ». L’espace numérique mobile est un espace digital et interactif qui accompagne le chef de l’Etat dans ses déplacements. Il permet de suivre, en temps réel, l’actualité des réseaux sociaux et de partager avec les Sénégalais l’information sur les réalisations et les projets du président de la République, mais aussi de répondre à chaud aux questions des internautes.

Amadou Maguette NDAW

Dans la dynamique de la Conférence du Partenariat mondial pour l’éducation (Pme), la 8ème édition de l’It Forum s’est tenue à l’Institut français de Dakar. Lors de cette activité, plusieurs applications technologiques au service de l’école ont été présentées.

Dans le cadre du Partenariat mondial pour l’éducation (Pme), la 8ème édition de l’It Forum, organisée à l’Institut français de Dakar, a rassemblé plusieurs spécialistes de l’éducation et des Tic. Compte tenu du fait que 94 millions d’enfants africains sont hors du système éducatif, les participants aux panels sont convaincus qu’avec la technologie on pourrait réduire ce nombre.

Gael Le Dréau, délégué international du réseau Canopé qui produit des ouvrages pédagogiques et du contenu audio pour l’enseignement, a indiqué que leur structure peut aider l’Afrique, car accompagnant aussi les enseignants dans l’utilisation des outils technologiques. A son avis « le numérique doit se transmettre sur la façon de travailler et peut permettre aux enseignants de mieux accomplir leur tâche ».

Pour cela, le directeur de E-éducation d’Orange, Thierry Coilhac, a informé que cette structure va équiper un collègue de Kaolack grâce une boite appelée « Aid 4 free », pour un meilleur accès des enseignants et des élèves au savoir sans une connexion Internet. Ce processus permet la mise en place d’une base de données où il y aura 4.000 vidéos sur des cours de mathématiques, 5.000 livres à télécharger gratuitement, des vidéos éducatives qui peuvent y être ajoutées par les enseignants pour un usage pédagogique, etc. « Cela rend un service immense à des élèves qui n’ont pas les moyens d’accéder à Internet. Cette boite leur permettra d’avoir accès à des milliers de supports pédagogiques », a-t-il soutenu.

Une autre plateforme appelée Youscribe a été aussi présentée lors de ce panel autour du thème : « Ces applications à la conquête de l’école ». Selon le spécialiste Juan Pilot De Cordbion, à l’image de Youtube, il s’agit d’une bibliothèque numérique ouverte à tous « et qui donne le pouvoir de publication et de recherche à chacun, en recueillant les écrits des étudiants, les cours des professeurs, etc. ».

Le tableau numérique du Repta
Pour inclure les enfants qui sont en dehors du système éducatif, le Réseau éducation pour tous en Afrique (Repta) a créé un tableau numérique interactif. Selon l’ancien ministre de l’Education, Mamadou Ndoye, responsable de cet organe panafricain, « le tableau est en relation avec un ordinateur qui a des ressources pédagogiques en sons, en images ou en textes ; ce qui peut permettre à chaque enseignant de pouvoir illustrer ce qu’il est en train de dire ou faire sur le tableau numérique à distance des apprenants. Ces ressources pédagogiques sont au service de l’enseignement de la lecture et de l’écriture en langue africaine d’abord, puis pour l’apprentissage du français à l’oral et à l'écrit ».

M. Ndoye a insisté sur l’importance de commencer par la langue maternelle, car, à son avis, c’est absurde de vouloir apprendre quelque chose qu’on ne connait pas dans une langue qu’on ne connait pas. « C’est évident pour tout le monde, sauf pour nous, Africains ». Poursuivant, il a expliqué que « les expériences montrent que les élèves sont deux ou trois fois mieux performants que les autres quand ils commencent par leur langue maternelle ».

Oumar KANDE

Happy coders academy (Hca) a été lancée le 26 janvier 2018 à Dakar. Cette école vise à booster l’intelligence des enfants.

L’école de « coding » et de robotique permet aux enfants de 4 à 15 ans de découvrir, puis de maîtriser le langage et les outils du digital. Mieux, ce système est un moyen pour booster l’intelligence de l’enfant qui, à travers cet apprentissage, comprend les appareils de son environnement. « Nous préparons votre enfant à comprendre le langage du futur », a précisé Alioune Guèye, directeur général de Happy coders academy (Hca), invitant à une réinvention de la pédagogie des enfants.

Selon lui, cette académie veut contribuer à l’évolution de l’écosystème du numérique dans le but de pousser les enfants à apprendre autrement. Dès lors, ces derniers seront habilités à travailler en groupe. « A l’école, ils réfléchiront différemment. Le « coding » est une autre grammaire de la scolarité », a ajouté M. Guèye. A l’en croire, les pensionnaires seront d’abord scolarisés dans le système normal (français, américain ou autre) et les mercredis, samedis après-midi ou les dimanches, ils viendront suivre une heure de cours par semaine. « C’est une activité parascolaire.

L’enfant apprend en s’amusant, car nous allons « didactiser » le contenu », a-t-il. Alioune Guèye à pour ambition de s’étendre sur le territoire sénégalais. « Nous devons occuper notre jeunesse. Il faut qu’on arrive à monétiser nos valeurs culturelles et savoir-faire », a-t-il laisser entendre, estimant d’ailleurs que les médias du futur sont sans conteste le numérique. « Ainsi, nous devons nous y conformer, si l’on veut être entendu. Cet établissement, une première au Sénégal, peut accueillir jusqu’à 150 enfants en permanence chaque année, car les sessions sont calées sur 6 à 8 enfants afin de pouvoir respecter l’encadrement qu’il faut. Et il faut un trimestre pour maitriser le processus d’initiation », a expliqué le Dg de Hca.

Abordant les frais de scolarité, le Pdg du Groupe Afrique challenge a signalé que chaque enfant paie en moyenne 30.000 FCfa par an. Des cours spéciaux seront aussi organisés durant les vacances.

Serigne Mansour Sy CISSE

L’ingénieur Abdoul Khadre Diallo a rendu possible l’initiation à Internet, y compris en mode hors-connexion, grâce à une application qu’il a mise au point. L’usager peut, à l’heure de son choix et à son lieu de convenance, apprendre l’informatique. Cette innovation a été récompensée au concours « eGovLab ».

Le directeur de la startup Volkeno, Abdoul Khadre Diallo, a introduit une grande innovation dans l’initiation des jeunes aux technologies de l’information et de la communication (Tic). Ce Sénégalais, diplômé des prestigieuses écoles françaises, est l’auteur d’une application permettant d’enseigner l’informatique, y compris dans des zones hors connexion. « Nous avons développé un outil dénommé « Andu » qui permet aux gens d’apprendre les technologies sans Internet. Par technologies, nous faisons référence à la programmation web et mobile, au marketing digital et design graphique », a-t-il expliqué.

L’outil est un support d’auto-apprentissage. Les vidéos et les services, ainsi que les Questions à choix multiples (Qcm) créent un espace d’interaction. L’avantage est que ceux qui le désirent peuvent apprendre selon l’heure de convenance et à n’importe quel lieu. « Avec le logiciel « Andu », vous avez accès à des contenus de formation sous forme de vidéos, d’exercices et de Qcm qui vous permettent d’apprendre de façon autonome et sans dépendre de l’Internet. Si vous voulez mettre à jour les contenus, vous avez deux options : utiliser Internet ou notre box wifi dénommée «Andu Box» qui fonctionne comme un modem wifi, mais hors-ligne », a révélé Abdoul Khadre Diallo.

L’auteur est formel : les tests ont produit les résultats attendus. Les membres du jury interprètent cette application comme une avancée remarquable dans la réduction de la fracture numérique. Dans des pays où l’accès à Internet reste localisé dans certaines zones et réservé à des ménages aisés, « Andu » vient lever une contrainte à une initiation de masse. « Oui, il est possible de former des personnes qui sont dans des zones où il n’y a pas l’internet. En y déployant des « Box Andu », les gens auront la possibilité, via une application mobile ou une application sur ordinateur, de télécharger des contenus issus de la box », a défendu l’ingénieur.

Pour lui, c’est par l’appropriation des opportunités offertes par les nouvelles technologies que des pays comme les nôtres peuvent rattraper leur retard et donner aux jeunes la chance d’une insertion socioprofessionnelle ou de création d’emplois. « Dans le monde d’aujourd’hui (Afrique, Europe, Amérique, Asie), la technologie est en train de prendre une ampleur jamais vue. Cela amène des problèmes et donc, des opportunités sont souvent saisies par des startups technologiques. Et l’une de leurs caractéristiques réside dans le fait d’avoir besoin de développeurs, d’infographistes ou encore de personnes qualifiées en communication et marketing en ligne. Par exemple, en France, il y a un manque de plus de 40.000 développeurs », a fait savoir ce Sénégalais qui a eu son baccalauréat S1 au Sénégal en 2008 avant de s’envoler pour la France, précisément à l’Université de Compiègne, où il est diplômé dans la filière Génie informatique.

« Je me suis spécialisé dans la conception et la réalisation d’applications mobiles. Et j’ai travaillé dans une startup parisienne pendant six mois en tant que Lead developer mobile (Android & iOS) », a détaillé Abdoul Kadre Diallo.

L’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie) classe cette startup dans la catégorie des innovations capables de moderniser l’administration sénégalaise. C’est pour cette raison que l’équipe a reçu le deuxième Prix au concours eGovLab-Challenge.

« Les jeunes ont bien compris qu’ils doivent s’impliquer dans la mise en œuvre du Pse. Les projets présentés durant ce concours apportent tous des solutions à des problématiques des secteurs porteurs du Plan Sénégal émergent (Pse) », a noté le directeur général de l’Adie, Cheikh Bakhoum.

Idrissa SANE

La troisième édition du Salon international des Technologies de l’information et de la communication dédié à l’Afrique, Sitic Africa, aura lieu du 10 au 12 avril 2018 à Tunis. Le Burkina Faso et l’Inde seront les deux pays invités d’honneur de cette édition.

Salon professionnel international, Sitic Africa sert à mieux faire connaître l’offre tunisienne des Tic à tous les autres secteurs de l’économie tunisienne (agriculture, industrie et services) tout en étant une plate-forme internationale de partenariat et d’échanges dans les Tic. Les organisateurs attendent, du 10 au 12 avril prochain, plus de 5 000 décideurs Tic tunisiens, africains et internationaux. Dans ce cadre, une coopération triangulaire Tunisie - Pays développés - Afrique est envisagée.

Evénement international consacré exclusivement au business, le Salon Sitic Africa comporte 3 volets importants. D’abord, la présentation d’une offre complète des Tic en Tunisie, avec 300 exposants tunisiens fournisseurs de solutions, cloud, big data, sécurité, storage, formation, téseaux et télécoms, mobilités, banking... L’espace réservé aux exposants internationaux est aussi un atout, surtout dans la logique de la coopération triangulaire Tunisie-Europe-Afrique.

Ensuite, l’organisation de rencontres B2B qui permet aux participants de bénéficier de rendez-vous d’affaires préprogrammés et ciblés. Ces rencontres sont organisées pour les Tunisiens et les Etrangers, et permettent de sélectionner les meilleurs fournisseurs pour leurs projets. Et enfin, l’organisation de forums et workshops sur des sujets d’actualité relatifs au business Tic en Afrique.

Omar DIOUF

Informaticienne de formation et directrice générale de Ctic-Dakar, Regina Mbodj revient dans cet entretien sur les raisons de la création et les résultats de cet incubateur de startups et Pme Tic. Aujourd’hui, ce projet créé en 2011 ambitionne de positionner le Sénégal sur la carte digitale mondiale et d’aller, avec les entreprises qu’il accompagne, à l’assaut des marchés émergents. Avec plus d’une centaine d’entrepreneurs, de startups et de Pme Tic accompagnés, 300 emplois qualifiés créés et plus de 4 milliards de FCfa de chiffre d’affaires cumulés, l’incubateur Ctic dessine les sillons d’une véritable économie numérique.

Pouvez-vous revenir sur les raisons de la création de l’incubateur Ctic Dakar ?
Ctic Dakar a été créé avec les fonds de la Banque mondiale. Il y a eu une étude de faisabilité par la Fondation des incubateurs Tic au Sénégal (Fictis), laquelle a pour mission de mettre des dispositifs d’accompagnement des incubateurs Tic dans toutes les régions universitaires du Sénégal. Après l’étude qui s’est avérée positive, la Banque mondiale a souhaité accompagner la mise en place de cet incubateur. Ensuite, Infodev a participé dans tout ce qui est assistance technique. Il faut rappeler que cette étude de faisabilité a permis de voir que le Sénégal avait des atouts pour disposer de cet outil, en vue d’accompagner les jeunes dans la création d’emplois, dans le développement de leurs entreprises, de leurs solutions et produits. Nous avons des atouts en matière d’infrastructures par rapport aux autres pays de la sous-région. C’est aussi le cas pour ce qui est de la pénétration du mobile et de l’Internet. A cela s’ajoutent beaucoup d’écoles supérieures qui forment de très bons ingénieurs en informatique. C’est suivant tous ces paramètres que Ctic-Dakar a été créé. Au départ, c’était considéré comme un projet pilote qu’on avait prévu de dupliquer, s’il marche, dans les autres régions du Sénégal.

Quelles ont été vos principales satisfactions jusqu’ici ?
Depuis le démarrage en 2011, nous avons accompagné plus d’une centaine d’entrepreneurs, de startups et de Pme dans les technologies. Nous avons coaché plus de 3. 000 étudiants dans les écoles et universités à Dakar et dans les régions. Ctic-Dakar a créé plus de 300 emplois qualifiés à travers ses entrepreneurs. Aussi, c’est plusieurs centaines de solutions qui ont été développées au sein du réseau et plusieurs dizaines d’évènements organisés dans notre écosystème. Nous pouvons dire que nous avons aidé à structurer et à identifier les différentes parties prenantes de notre écosystème, en faisant en sorte que chacun joue sa partition. Sur le plan financier, nous avons réussi à soulever plusieurs dizaines de millions pour nos entreprises, avec plus de 4 milliards de FCfa de chiffre d’affaires cumulés. Nous sommes contents de pouvoir dire que nous avons contribué à la création d’emplois, d’entreprises, de solutions, de richesse ainsi qu’à la formation de plusieurs milliers de jeunes entrepreneurs aspirants.

Donc les objectifs, qui ont été fixés au départ, ont été atteints ?
Les objectifs ont été dépassés tout simplement, parce qu’au début, ils étaient très limités. Cela, du fait que nous n’avions pas beaucoup de moyens. Il faut préciser que Ctic-Dakar n’est pas subventionné pas le gouvernement. Dans ce cas de figure, c’est très difficile pour l’Etat de donner des objectifs à un dispositif qu’il n’accompagne pas. Par contre, dès la mise en place de cet outil, nous avions des objectifs en matière de création d’emplois, de solutions et d’entreprises. Aujourd’hui, nous avons réussi à dépasser ces objectifs. Nous avons fait beaucoup plus que ce que nous étions censé faire. En un moment donné, nous étions très serrés dans nos locaux. Il y avait trop d’entreprises, de jeunes, qui venaient ici pour travailler. En n’ayant plus d’espace où les mettre, nous avons mené un plaidoyer auprès de l’Etat pour avoir d’autres bâtiments. C’est comme ça qu’il a mis à notre disposition, à travers la Direction du patrimoine bâti, un autre bâtiment. Par la suite, nous avons soulevé des fonds pour rénover, équiper et installer nos entreprises.

Et quelles sont les structures qui soutiennent Ctic Dakar, depuis sa création en 2011 ?
Au niveau local, il y a l’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie) qui paie nos factures d’électricité et d’eau, et qui nous a mis sur l’Intranet gouvernemental. En un moment, il y avait l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp), qui est d’ailleurs membre fondateur de Ctic Dakar. Nous avons eu un accompagnement de l’Artp pendant les trois premières années avant qu’il ne s’arrête. Aujourd’hui, nous n’avons plus l’Artp comme contributeur. L’Agence de développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises (Adepme) nous soutient également avec beaucoup d’assistance technique ainsi que dans les programmes que nous déroulons. Il y a également la Sonatel, qui est un membre fondateur et qui accompagne tous nos grands évènements. En un moment donné, il avait mis à notre disposition un Adsl pour la connectivité et a beaucoup contribué pour la rénovation d’une partie de nos locaux. A l’international, il y a eu le Centre de développement de l’entreprise de Bruxelles qui nous a soutenus pendant deux ans pour tout ce qui est assistance technique. France télécom nous a également accompagné en un moment ainsi que l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) à travers un enveloppe de 100. 000 euros (plus 65 millions de FCfa) pour la rénovation des locaux et l’exploitation de Ctic Dakar. Toutefois, la Banque mondiale continue d’être un partenaire privilégié à travers des programmes qu’elle nous confie et pour lesquelles nous sommes rémunérés.

L’accès au financement constitue-t-il une problématique pour incuber et accompagner les startups ?
Pour la plupart, il y a aucun dispositif d’accompagnement financier disponible pour les entrepreneurs et encore moins pour les entrepreneurs des Tic. Quand on n’a pas de matériel comme garanti, les financiers ne comprennent pas les aspects de logiciels, d’applications Web ou mobile. Ils ne peuvent pas mettre des garantis dessus. On arrive dès fois à un moment où l’entreprise est complétement bloquée par manque de financement. Il arrive même que ça soit de petits montants. Mais même avec ces petits montants, c’est très difficile de les avoir. Nous avons signé un partenariat avec la Banque nationale développement économique (Bnde) dans ce sens. Il s’agit d’une convention d’accompagnement pour les entrepreneurs et les entreprises de Ctic Dakar.

Nous avons aussi une autre convention tripartite avec la Cofides Nord-Sud qui est basée en France et qui garantit 50% des prêts au niveau de la Bnde. C’est un mécanisme qui commence à faire ses preuves, mais c’est loin d’être exhaustif. Nous avons besoin d’avoir beaucoup plus. Aujourd’hui, tout ce que nous avons comme dispositif d’accompagnement ne s’adresse pas à nos startups et nos entrepreneurs.

Avez-vous avez noté une satisfaction par rapport aux startups qui ont été incubées jusqu’ici ?
Nous en avons plusieurs. Par exemple, une entreprise comme People Input, qui est passée par Ctic-Dakar est, aujourd’hui, leader de la place et est présente dans beaucoup de pays africains. C’est le cas aussi de « ByFeeling » qui est arrivé à Ctic avec deux personnes pour un chiffre d’affaires de moins de 10 millions. Actuellement, la structure emploie 15 personnes avec un chiffre d’affaires de plus de 100 millions de FCfa, ce qui représente une fierté pour nous. Il en est de même pour Nelam Services ainsi que d’autres entreprises qui ont fait des solutions à travers le monde…

L’action menée par le Ctic sera-t-elle étendue au niveau des régions de l’intérieur du Sénégal ?
On a plus ou moins un budget de fonctionnement qui se situe entre 200 et 300 millions FCfa. Nous n’a aucun franc qui vient en appui. Nous générons nos propres revenus pour assurer la pérennité. Nous ne pouvons pas nous permettre de financer ce genre de dispositif parce que ce n’est pas notre rôle de le faire. Je pense que cela incombe à l’Etat de promouvoir un peu l’entreprenariat des jeunes et d’accompagner les incubateurs.

Et par rapport à l’expérience d’autres incubateurs de pays africains comme la Tunisie ou le Maroc, le Sénégal tient-il le cap ?
On ne tient pas le cap. Il faut qu’on se dise les choses. Je suis bien au fait de ce qui se passe dans ces pays-là. On est très loin derrière pour plusieurs raisons. La première est liée à la contribution de l’Etat. Chez eux, il y a un vrai accompagnement de l’Etat vis-à-vis de ces incubateurs. Au Maroc, le Roi a une stratégie nationale de démocratisation digitale et d’accompagnement des Pme. Ce qui fait qu’ils ont beaucoup d’outils à leur disposition. Ils ont des fonds pour l’innovation pour la recherche et le développement, des zones franchisées et des facilités pour les investisseurs. Franchement, on est très loin de ce qu’ils sont en train de réaliser. Au Sénégal, on a la matière première, c’est-à-dire l’expertise. On a les jeunes, les entrepreneurs, les startups. Mais on n’a aucun fonds. Vous prenez une Pme qui fait 90 millions, 110 millions de FCfa par mois. Cette Pme a besoin, pour être compétitive, innovante-parce que l’innovation coûte cher- d’un environnement favorable. Il faut faire de la recherche et développer. Développer des solutions a certaines exigences auxquelles nos Pme ne peuvent pas toujours accéder. Tout n’est pas rose dans ce milieu.

Au Rwanda aujourd’hui, l’accès à Internet est pratiquement gratuit. Les jeunes peuvent, par exemple, aller se connecter à la Place de l’indépendance et travailler. L’accès à Internet est trop cher. Il en est de même de la téléphonie et de l’infrastructure. L’accès au marché n’est pas simple non plus. C’est quoi la pertinence de créer un incubateur si les entreprises qui sont incubées n’ont pas accès à la commande publique. Pourtant, tout ce qui se fait au Sénégal, aujourd’hui, peut être réalisé par les startups. Les entrepreneurs sont très bien formés ici et ailleurs. Il y a aussi de bonnes écoles au Sénégal. Ils sont outillés pour dérouler toute sorte d’activités de solutions. Néanmoins, quand on parle de commande publique, nous sommes absents. On n’a pas de visibilité dans cette commande publique-là. C’est regrettable. On n’est pas dans les mêmes modèles. Quand vous prenez le Maghreb, l’Etat a une vraie stratégie d’inclusion des startups et des Pme. L’Etat conçoit des projets spécifiques pour elles. On les privilégie. Et c’est bien segmenté. Une startup, c’est, par exemple, à partir de tant d’employés et de chiffre d’affaires. Il en est de même des Pme. Mais, au Sénégal, on ne sait pas qui est une startup ou une Pme. Celle-ci peut faire trois milliards de chiffre d’affaires. On n’a pas cette segmentation. On manque d’outils d’accompagnement. Et pourtant, il y a beaucoup de choses qui se font. On a des agences comme l’Anpej, d’autres agences pour l’emploi des jeunes. On a récemment créé le Délégué général à l’Entreprenariat rapide avec des fonds colossaux de 30 milliards de FCfa, paraît-il. Il y a des outils qui sont là mais tout est disparate. On n’arrive pas à capitaliser tout cela. On ne sait pas qui fait quoi. On n’évalue pas. J’ai l’impression qu’on est un peu laissés en rade.

Mais, néanmoins au Sénégal, l’expertise est là...
Oui , l’expertise est là. Je rappelle que dans le réseau de la Banque mondiale, c’est-à-dire des incubateurs qu’elle accompagne, Ctic jouit d’une belle réputation. La Banque mondiale dit que Ctic-Dakar est le seul incubateur qui s’est pérennisé, qui a adopté le modèle économique qui lui permet d’exister sans subvention. A la date d’aujourd’hui, nous sommes autonomes financièrement sans subvention. Dans cette optique, nous avons mis en place d’autres incubateurs dans d’autres pays. Le modèle économique que nous avions à l’époque ne correspondait pas à nos réalités. Nous l’avons repensé, retravaillé pour l’adapter à nos réalités, à notre vécu. Nous avons mis en place l’incubateur du Niger. Nous avons fait les études de faisabilité pour la Mauritanie, le Gabon, le Togo. Nous ferons bientôt la même chose en Guinée équatoriale. Les gens connaissent Ctic-Dakar à travers le monde. Nous avons reçu plusieurs délégations ministérielles d’autres pays pour venues s’inspirer de notre modèle.

Par rapport à la stratégie « Sénégal numérique 2025 », quelle a été la contribution de Ctic ? Et quelles sont vos attentes ?
Nous avons tous contribué dans cette stratégie. Cela a été inclusif. Il est prévu que Ctic-Dakar ait une place centrale dans le dispositif du Parc technologique numérique de Diamniadio. Il y a un espace dédié à l’incubation pour l’accompagnement des projets. J’espère que cela va prendre forme. Nous essaierons d’intervenir à différents niveaux. Nous sommes dans l’entreprenariat numérique. C’est une chaîne qui va de la sensibilisation à la formation, de la pré-incubation à l’accompagnement des porteurs d’idées. nous essayons de transformer ces idées en projets et ceux-ci en entreprises.

Interview réalisée par Omar DIOUF et Ibrahima BA

Partech Ventures vient d’annoncer le lancement d’un fonds de 50 milliards de FCfa pour le financement de l’écosystème tech africain. Dénommé Partech Africa, ce fonds a pour objectif d’accompagner les équipes « talentueuses » qui utilisent la technologie pour répondre aux besoins structurels des marchés africains.

Avec 50 milliards de FCfa, Partech Africa va devenir le premier fonds de cette envergure destiné à l’écosystème tech africain. Ce fonds, qui vient d’être lancé par Partech Ventures, un investisseur spécialisé dans le numérique et les nouvelles technologies, compte financer les entreprises en « early » stage, avec des tickets initiaux allant de 500. 000 à 5 millions d’euros. Cela, informe un communiqué, dans l’objectif d’accompagner des équipes « talentueuses » qui font appel à la technologie pour répondre aux besoins structurels des marchés africains, ouvrant d’immenses opportunités à l’échelle des marchés émergents. Il faut noter que Partech Ventures a déjà réussi à réunir 57 millions d’euros sur sa taille cible, soit plus de 37 milliards de FCfa. Partech Africa est « un fonds tech généraliste ciblant des secteurs qui vont de l’inclusion financière (Fintech, Insurtech, nouveaux modèles de distribution) aux services mobiles et online (commerce, loisirs, éducation, santé, services numérique) ainsi que la mobilité, la supply chain et la digitalisation de l’économie informelle ». Ainsi, le fonds se lance « dans le contexte d’un marché tech Vc africain ». En tant qu’une partie de la plateforme globale Partech, le projet va bénéficier également de l’expertise collective des équipes et de son unique capacité d’accompagner les entreprises de son portefeuille.


« Le lancement de Partech Africa est soutenu par un groupe d’institutions financières de premier plan menées par l’Ifc, membre du groupe de la Banque mondiale, et comprennent la Banque européenne d’investissement (Bei) et Averroès Finance III…) », note le communiqué. Partech Africa bénéficie aussi du soutien des investisseurs corporates à la tête desquels se trouve « l’un des principaux acteurs du mobile Afrique, Orange, et d’autres acteurs stratégiques dans les marchés émergents comme Edenred et Jcdecaux Holding ».

Ibrahima BA

L’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie) et Suricate solutions, une entreprise luxembourgeoise spécialisée dans la cybersécurité, ont signé, hier, une convention de partenariat. « Il s’agit, pour nous, de bénéficier de l’expertise de ce pays réputé au niveau européen et mondial en matière de cybersécurité.

Ce sera l’occasion de lancer le premier Centre d’alerte et de riposte en matière de cybersécurité pour notre pays. Une occasion pour accélérer un processus cher au Président de la République et au Gouvernement », a déclaré le directeur de l’Adie, Cheikh Bakhoum. L’Agence de l’informatique de l’Etat travaille en même temps avec une autre entreprise luxembourgeoise, Incert, pour mettre en place « l’infrastructure nationale de gestion des clés ». « Elle nous permettra de pouvoir délivrer des certificats à l’administration et de pouvoir accréditer les entreprises privées. C’est une infrastructure qui sera une première dans notre sous-région et le deuxième pays en Afrique », a ajouté M. Bakhoum.

A. N. NDIAYE

De la tontine des « mamans » et autres « tatas » à la « tontine numérique » des sœurs et nièces. C’est le vœu pieux de Mariam Kamara, Directrice de « Inter’Actes MadameDigital », une structure qui cultive des espaces d’échanges et de réseautage.

En Afrique, on évoque des taux de croissances à deux chiffres. Dans ce grand bond en avant, le rôle de la femme entrepreneure dans le digital n’est pas toujours connu. « L’Afrique subsaharienne a un des plus fort taux d’activité entrepreneuriale (TAE) selon plusieurs sources fiables. Mais la femme entrepreneure, telle que nous la connaissons, demeure presque invisible quand on parle de la révolution numérique », regrette Mariam Kamara, Directrice de « Inter’Actes MadameDigital ». Et pourtant, elles sont présentes mais restent invisibles. C’est un paradoxe difficilement acceptable. « Ont-elles besoin d’avoir accès a plus de ressources techniques, matérielles ou autres ?, questionne Mme Kamara. Notre projet tente de répondre à ces questions en proposant une plateforme de dialogues, de réseautage et de formation. Nous avons lancé le Elles’Coaching-She’Coaching, un programme de formation sur 6 semaines 100 % dédié à la femme entrepreneure dès le 6 novembre dernier. Et nous avons eu plus d’une vingtaine de femmes inscrites dans cette cohorte inaugurale ».

Mariam Kamara est consciente qu’il faut apporter quelque chose de différent « au vu de la réelle segmentation dans le secteur des technologies, de l’innovation et du numérique qui laissait pour compte les femmes, et surtout celles non formées ou bien d’une génération plus âgée ». C’est opportun pour FemmeDigital de poser la question d’exclusion. Car quand vous êtes dans une capitale ou dans un centre urbain, on pense que la couverture réseau et l’accès à l’internet est une norme. « Il se trouve que non, affirme avec véhémence Mme Kamara. Les perceptions sont alimentées par les types de communications que nous recevons dans la sphère publique. Et on sait bien qu’en réalité, il y a une majorité d’individus, et en particulier les femmes, en zones non urbaines ou dans des classes démographiques diverses qui n’ont ni accès à l’internet ou même à un portable mobile du type Smartphone. Ceci doit changer impérativement. C’est plus de 50 % de la force de travail qui est concernée ! ».

Moussa DIOP

Voilà déjà quelques années maintenant que l’on nous annonce que l’avenir du monde se jouera en Afrique, continent riche de sa jeunesse et fort de sa position stratégique. Comme pour donner corps à cette prophétie, certains pays africains comptabilisent des croissances à deux chiffres à en faire pâlir bien des puissances européennes empêtrées depuis trop longtemps dans des crises financière et économique. Un concours de circonstances ? Le coup du hasard ? Ou tout simplement les Africains auraient-ils saisi les opportunités de la technologie et du numérique pour écrire un autre pan de leur histoire avec leurs partenaires historiques que sont les Européens ? Il semblerait que cette vision, les Africains la partage avec bien des acteurs de l’innovation de l’autre côté de la Méditerranée. Ainsi, l’édition 2018 de Viva Technology, l’un des plus grands rendez-vous européen de l’innovation, aura pour thème l’Afrique. Son corolaire américain à l’échelle mondiale : le CES 2018 consacrera tout un village au continent. Il accueillera pour une première fois un nombre considérable de startups africaines qui montreront au monde le savoir-faire et l’innovation africaine.

Autant d’événements visant à connecter des territoires d’Europe voire d’Occident avec l’Afrique, terre des toutes les promesses d’avenir. Néanmoins un projet en particulier a attiré mon attention dès l’accueille de ses premiers « campers » en septembre dernier (parfois venus depuis l’Afrique), c’est le lieu singulier qu’est thecamp. Bien plus qu’un campus universitaire, ce haut lieu d’innovation situé à Aix-en-Provence (Sud de la France) se veut être celui de la construction du futur. Thecamp est un lieu unique en France, temple de l’intelligence collective, réunissant étudiants, entreprises, incubateurs, startups, collectivités, universitaires, chercheurs, experts pour travailler ensemble de façon créative afin d’inventer le futur.

Le créateur de thecamp, Frédéric Chevalier, l’a compris très tôt. Sa position stratégique en ferait une source d’attractivité, d’abord en occident puisque le MIT et des universités américaines telle Stamford ont déjà manifesté leur volonté de créer des liens avec thecamp mais aussi l’Afrique, à deux pas… En effet, thecamp a lancé un appel à projets à destination notamment des startups africaines qui bénéficieront d’une incubation jusqu’à maturation de leur projet. Vous l’aurez compris, thecamp positionnera le territoire d’Aix-en-Provence comme le hub d’innovations avec le continent africain et les pays émergents. C’est dans cette continuité qu’a eu lieu les 5 et 6 décembre dernier l’événement EMERGING Valley sur les lieux de la Villa Valmer à Marseille et de thecamp.

Durant deux jours, investisseurs, Makers et startups venus d’Afrique et des territoires émergents ont réfléchi et échangé autour de l’innovation. Ce premier rendez-vous international dédié à l’innovation avec le concours de StartupBRICS et en partenariat avec le journal La Tribune a mis à l’honneur l’Afrique et les territoires émergents. Le boom digital africain au service de l’émancipation et de l’économie, la révolution numérique africaine, l’innovation inversée porteuse de solutions venues du Sud sont autant de sujets abordés avec passion par des Makers venues de toute l’Afrique ! Le Sénégal n’étant pas en reste puisque des personnalités telles Fatoumata Ba de JUMIA Nigeria, Malick Diouf de LafricaMobile, Mamadou Sall de Karangué ou encore Omar Cissé à la tête de In Touch SAS étaient présents et ont témoigné de leurs expériences et ambitions pour l’Afrique. Définitivement thecamp, nouvel hub d’innovations et de business entre l’Europe et l’Afrique n’a pas fini de faire parler de lui. L’année 2018 s’annonce créative, innovante, porteuse d’espoirs et de ponts entre l’Europe et l’Afrique.

Par Madi SEYDI, Head of Digital à Paris (FRANCE)


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