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Sciences et Technologies

Sciences et Technologies (156)

Après le règne presque sans partage des télénovelas, les séries sénégalaises ont le vent en poupe depuis le début des années 2010. Les maisons de production des différentes séries à la mode surfent sur le phénomène en dopant les abonnements à leurs chaînes YouTube avec une technique de monétisation qui rapporte gros.

« Je suis devenue fan de certaines séries sénégalaises comme Mbettel ou Idoles. Mais je ne les regarde jamais à la télévision. J’attends d’avoir la notification par mail pour aller les visionner sur YouTube », confie Ndèye Fatou Kane, écrivaine et férue de nouvelles technologies. Le cas de la jeune trentenaire n’est pas isolé. La télévision est de moins en moins suivie par toute une génération qui lui préfère désormais les plateformes de vidéos comme YouTube où on peut faire sa propre programmation « télé ». Plateforme très importante pour les producteurs de vidéos, YouTube, propriété du géant américain Google, permet de gagner de l’argent. « Un producteur peut créer sa propre chaîne You Tube. Selon l’intérêt du contenu vidéo pour les internautes, Google va chercher des partenaires pub, explique Basile Niane, Digital Project Manager. Ainsi en activant un bouton, on peut mettre de la publicité dans les contenus vidéo mis en ligne ».

Une monétisation en marche
La monétisation des vidéos sur YouTube est très simple. « Plus la vidéo est lue, plus il y a de la pub. Il y a des rémunérations à chaque clic. Les deux principales sont le Coût par clic (CPC) et le Coût par mille (CPM) vues », détaille toujours Basile Niane, qui en rajoute une autre source de monétisation appelée « l’affiliation », c’est un sponsoring avec une marque qui rémunère la personne sponsorisée selon le nombre de visites redirigées vers son produit. Ces différents aspects de la monétisation de YouTube, notamment le CPC et le CPM, attirent les producteurs sénégalais de vidéos et surtout de séries. Ils axent leur stratégie sur les deux formes d’abonnement aux chaînes YouTube. L’abonnement direct permet à l’internaute d’avoir une notification dans sa boite mail qu’un nouvel épisode de sa série préférée est en ligne, c’est le cas de Ndèye Fatou Kane. Alors que pour celui indirect, l’abonné ne voit le nouvel épisode qu’une fois sur la chaîne YouTube. La chaîne YouTube de la série Pod et Marichou affiche 438 000 abonnés, « Mbettel » est à près de 200 000 abonnés, « Un café avec… » en est à 166 000, « Idoles » en compte 67 000. Mais pour chacun des épisodes de ses séries, le nombre de vues dépasse le chiffre des abonnements. Il se trouve généralement entre 400 000 et son double.
 
Offre spécifique par support
L’explication tient de la théorie de « l’âge de l’accès » combiné au choix des internautes. « Je préfère ne pas m’abonner et aller directement sur YouTube pour voir l’épisode car je connais les jours où passent mes séries préférées », renseigne Adja Seynabou Diop, une quadra férue de séries sénégalaises. C’est ce qu’ont compris les maisons de production. Elles mettent désormais dans les contrats qui les engagent avec les diffuseurs que sont les télévisions, des clauses d’exploitation exclusive sur d’autres supports internet à travers des abonnements. C’est une stratégie compréhensive surtout quand l’argent est tabou. « Les maisons de production ne veulent pas rendre publique ce qu’ils gagnent, constate Basile Niane. Il y a différentes sommes. C’est difficile à estimer mais sur You Tube les séries rapportent à partir de 3 000 euros (2 millions francs CFA) par mois. Tout dépend de la régie publicitaire de la maison de production et de la pub que Google met en ligne. Mais les producteurs sénégalais ne gagnent pas autant que ceux des USA ».

RÉALISATEUR DE « IDOLES », Ibou Diouf : « Quand on met les séries sur internet, c’est n’est pas pour gagner de l’argent »
Ne niant pas les sommes annoncées, Ibou Gueye, réalisateur et producteur de la série « Idoles », précise que « quand on choisit la stratégie de mettre une série sur YouTube, ce n’est pas forcément pour gagner de l’argent car un épisode peut rapporter de deux à trois euros (650 à 1500 francs Cfa), selon le nombre de vues ». Les séries sénégalaises sont confrontées à un problème de taille : elles sont en langues nationales. C’est ce qui fait que l’audience est confrontée à un plafond de verre. « Les programmes qui rapportent sur YouTube sont en français, en anglais ou en espagnol. Les langues nationales sénégalaises ne permettent pas une grande audience », renseigne Ibou Gueye.

Ce qui est en jeu en mettant les épisodes sur internet, tout juste après leur diffusion à la télévision, c’est de créer une communauté. « Cela augmente les vues et le nombre de fans. C’est aussi pour cibler la diaspora. Ce qui augmente forcément la notoriété du produit. Ainsi la série devient plus « bancable » donc attire plus d’annonceurs et devient plus rentable ». A la télévision, un épisode d’une série sponsorisé par une marque rapporte généralement 200 000 f Cfa.

Les nouvelles technologies sont différentes du numérique. Si le numérique peut, entre autres, se résumer au fait d’être en ligne, les nouvelles technologies, elles, incluent le fait de savoir coder, programmer, produire. Evoquer « programmation », « applications », « réalisation » ou « activation », c’est définitivement parler de technologie. Ce qui revient à aller au delà du numérique. C’est cette différence fondamentale qui mène toutes les petites mains travaillant dans ce secteur à douter de la véracité de l’expertise de « spécialistes » déconnectés des véritables problèmes des entrepreneurs Tech. Il est indéniable que mettre des stratégies sans eux soit quelque peu risqué. Ainsi il devient tout à fait compréhensible la complainte de certains d’entre eux de ne pas pu avoir de mots à dire sur les grandes politiques numériques au Sénégal. « Tout ce qui est fait pour nous sans nous est contre nous », paraît-il.

Par Moussa Diop

Du bon vieux abonnement à la Sotrac dans les années 80, aux classiques nécessaires comme la Senelec, la SDE, voire Canal +, aux plus contemporains comme Rapido pour l’autoroute à Péage, la téléphonie et tous les services proposés par le grouillant écosystème numérique sénégalais, l’abonnement n’est pas nouveau au Sénégal. C’est une économie dont le numérique a repris les rênes. Elle est toute indiquée à porter la croissance sénégalaise.

L’Afrique et l’Occident, deux visions différentes
L’abonnement est devenu une économie de la souscription capable de progresser près de 10 fois plus vite que la plupart des entreprises occidentales cotées en bourse.

Si en Afrique, c’est encore à ses premiers balbutiements, une frénésie de l’abonnement par le numérique est réellement en cours. Cependant, l’abonnement n’est pas nouveau dans beaucoup de pays africains comme au Sénégal et a toujours bouleversé les modes de consommation. L’un des plus répandus est dans doute le fameux « bindou bol » : c’est un abonnement qui consiste à s’inscrire, généralement, auprès d’une ménagère pour disposer d’un ou de plusieurs repas quotidiens pour les célibataires et les enseignants souvent loin de leur famille ainsi que les travailleurs dans le même cas. De nos jours, les consommateurs occidentaux, par exemple, préfèrent de plus en plus l’abonnement à un service pour recevoir une prestation régulière qui les lie sur le long terme avec une entreprise prestataire. « Une avance de l’Occident qui n’est pas synonyme de retard en Afrique », plaide Rivolala Ratsimandresy, Malgache installé au Sénégal depuis 2013 qui est cofondateur de la Rencontre des entreprises, le premier accélérateur des PMU et PMI au Sénégal. L’Afrique doit avancer tout en gardant sa particularité. « Les Africains n’ont pas intérêt à courir derrière qui que ce soit. Nous devons adapter le Digital à nos écosystèmes africains qui sont différents de ceux d’Occident. Le Digital ne représente, pour le moment, que 0,1% du tissu entrepreneurial sénégalais. La grande majorité est composée de PME et de PMI ».

D’autant plus qu’avec la dématérialisation et la digitalisation propice au développement de l’économie d’abonnement, les grandes entreprises traditionnelles craignent plus les startups que leurs rivales classiques. La révolution numérique a provoqué l’arrivée précoce de ce que Jeremy Rifkin appelait dès 2000 « l’âge de l’accès » en Occident. Au Sénégal, les avis sont divergents pour savoir si l’écosystème numérique est prêt à une fidélisation de la clientèle par l’abonnement. Si les Occidentaux âgés de trente ans en moins aux habitudes de consommation « peu attachés à la propriété et veulent pouvoir accéder à tout, et dans la seconde, avec leur Smartphone » sont prêts pour l’abonnement, en Afrique, rien n’est moins sûr, notamment au Sénégal, malgré l’éclosion dans certains secteurs comme la plateforme You Tube avec les séries sénégalaises.

Un écosystème en pleine mutation au Sénégal
Les internautes sénégalais ont des usages numériques généralement identique à ceux du reste du monde. Pourtant, il semble exister une exception sur la consommation en ligne par l’abonnement.

« Le Sénégal n’est pas encore prêt à cause du faible taux de bancarisation », analyse Sédar Henri Senghor, jeune entrepreneur à la tête d’une plateforme monétique digitale. Ce n’est pas un problème culturel mais de solvabilité. Les gens ne sont pas toujours solvables au Sénégal. C’est pourquoi c’est risqué. Les systèmes déjà existant exigent un paiement avant utilisation ». Cependant, le jeune startuper consent que l’abonnement a fait un pas au Sénégal, mais avec des limites. « Tant que nous n’aurions pas une structure qui assure le paiement à la personne, je ne pense pas que les gens iront vers cela. On est très liquide au Sénégal », pense-t-il. C’est un avis qui n’est pas partagé par un autre jeune entrepreneur Tech qui allie digital et secteur de la beauté et du bien-être. El Hadji Magatte Diagne pose le problème autrement. « Tout dépend de ce qu’on propose, avertit-il d’emblée. Au départ, nous (sa boite) avions mis en place un système de commissionnement. Sur chaque réservation, nous prenions une commission. On s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup d’éléments oubliés. Si on propose un pack bien fourni et garanti, c’était mieux. On a le choix de ponctionner le client ou le partenaire ». Il est évident que le secteur de la beauté est en retard sur le digital et qu’il y a un vrai travail à faire. « Il fallait insister sur la nécessité d’interagir avec le client », propose M. Diagne, comme principale solution. Il est difficile de mettre sur pied un système basé sur l’abonnement quand l’informel est la particularité sénégalaise en matière économique.

« Il faut alléger les conditions d’abonnement pour que le client puisse mettre fin au contrat si l’abonnement ne lui va pas, pense El Hadji Diagne. Il est évident que le système de paiement est un problème avec le faible taux de bancarisation. Le renouvellement est un élément à prendre en compte ».

BEAUTÉ ET BIEN ÊTRE : Un secteur encore vierge pour l’abonnement digital
Omael BeautyEl Hadji Magatte Diagne, jeune qui entreprend dans les Tech, a la particularité de s’être tourné vers un modèle exclusivement d’abonnement dans le secteur de la beauté et du bien être.

« Nous aidons le client à aller vers l’institut le plus proche, informe El Hadji Magatte Diagne, entrepreneur Tech depuis 2015. Nous donnons également aux partenaires un outil de promotion de leurs services ». C’est ainsi qu’El Hadji Magatte Diagne présente sa plateforme « Elmadeal » qui interconnecte les instituts de beauté, les salons de coiffure avec les clients pour des soins du visage, de pédicure et de manucure. Il s’est tourné vers un modèle d’abonnement depuis quelques mois.
 
Comment ça marche ?
Il y a tout d’abord un référencement des instituts de beauté puis une inscription sur la plateforme et enfin une mise en place d’un système d’abonnement. « Nous proposons un système d’abonnement qui donne droit d’être sur la plateforme », indique M. Diagne. Dans la mise en place digitale, une page internet est dédiée aux abonnés avec des photos des instituts partenaires. C’est une visibilité qui permet aux clients de faire leur choix. « On y retrouve également des descriptions et la durée de chaque soin proposé », détaille le jeune entrepreneur en technologie. Une partie nommée « avis du client » existe également. Elle permet de mesurer leur degré de satisfaction mais c’est aussi un baromètre pour les autres clients. Sur la base de cette offre, il y a deux types d’abonnements. Le premier dénommé « abonnement simple » donne droit aux partenaires d’être sur la plateforme alors que le second est « un abonnement Prenium » pour les « partenaires qui veulent plus de visibilité et toucher le maximum de clients ». Du côté des clients, la startup propose des « cartes de souscription et de réduction qui permettent aux clients de bénéficier de 15 à 20 % de réduction sur l’ensemble du réseau partenaire ».
 
18 millions de chiffre d’affaires
Dans le modèle économique développé par El Hadji Diagne, l’abonnement occupe 100 % des revenus ; que ce soit avec les partenaires ou avec les clients. « L’abonnement nous permet de garantir aux professionnels de la beauté un ensemble d’outils et d’accompagnements pour lui faire accroître son business », renseigne-t-il. « Après plus d’un an (d’activités), nous en sommes à 18 millions de chiffre d’affaires avec plus de 800 rendez-vous (décompte arrêté en octobre 2017, ndlr). Nous avons une cinquantaine de partenaires sur la plateforme et 3200 membres inscrits. La moitié des partenaires a choisi désormais de basculer sur l’abonnement ». La conviction du jeune entrepreneur est qu’il faut « identifier et verrouiller » l’offre afin que « le client puisse y voir un intérêt à s’abonner ».
 
Plus de visibilité pour un institut de beauté
Mme Diallo dirige Omael Beauty, un institut de beauté et de remise en forme pour hommes et femmes qui existe depuis deux ans. Elle a fait le choix de l’abonnement auprès d’ELMADEAL « pour une meilleure visibilité sur leurs pages et site ». Les avantages qu’en tirent Omael Beauty sont nombreux d’après Mme Diallo. Même en ne donnant pas de chiffres précis, Mme Diallo estime que « depuis le début de (leur) partenariat, (son) portefeuille client s'est accru et donc il y a plus de satisfactions dans cette collaboration ».

MONÉTIQUE : « Le Sénégal n’est pas encore prêt »
Sédar Henri SenghorSédar Henri Senghor a mis en place, en avril 2016, une plateforme monétique digitale qui « apporte une architecture nouvelle, une visibilité en temps réelle et une vraie agilité aux banques, aux instituts et aux entreprises ». Il est dubitatif sur la maturité du marché sénégalais à embrasser l’abonnement numérique.

« Quand on parle de digital, on parle également de rapidité ». C’est la conviction de Sédar Henri Senghor, jeune trentenaire féru d’innovations et de propositions entrepreneuriales. « Généralement, lors d’une opération bancaire, on ne voit sur le compte que les mouvements de la veille. Et l’actualisation n’intervient que le lendemain ».
Le Digital propose une solution à ce problème. « Cartalink apporte cette souplesse. Nous mettons en place des solutions sur cette plateforme ».
 
Déploiement
Sédar H. Senghor informe avoir un client disposant de 16 établissements de bowling. « Dans ses établissements, quand un client arrive, il charge son compte et reçoit une carte. Et c’est avec cette carte qu’il paie son bowling, son resto. En gros, c’est un porte-monnaie électronique avec lequel on peut faire plusieurs choses », explique-t-il. Donc sur la monétique, il n’y a pas de système d’abonnement mis en place car « le faible taux de bancarisation au Sénégal est un frein ». En revanche, pour la fidélisation client, l’abonnement est en bonne voie.
« Nous allons déployer une solution. C’est tout récent », assure M. Senghor. Cette plateforme évolue en Mobile Money. « Nous sommes en train de discuter pour intégrer des solutions Mobile Money, projette M. Senghor. Pour les grandes surfaces et les stations services, nous leur proposons la carte. C’est une sorte de bon d’achat que nous couplons à la fidélisation client ». C’est une manière de contourner les obstacles à l’abonnement en s’y rapprochant de plus près.

Dossier réalisé par Moussa Diop

Dame Ndiaye, directeur général d’Univers Télécoms, acteur dans le milieu des solutions informatiques au Sénégal, a annoncé l’ouverture d’un centre d’incubation à Diamniadio. Il l’a dit en marge d’un panel organisé à Dakar, sur « Optimisation et sécurité des services en entreprise ».

« Pour développer le Sénégal du Numérique qu’on parle constamment, il nous faut renforcer la capacité des valeurs humaines. Nous voulons mettre un centre d’incubation national au niveau de Diamniadio pour regrouper nos différents secteurs, mais l’objectif à court terme, c’est d’aider les jeunes à avoir un métier réel », a dit Dame Ndiaye, directeur général d’Univers Télécoms, lors d’un panel organisé à Dakar, sur « Optimisation et sécurité des services en entreprise ». Acteur dans le milieu des solutions It au Sénégal, Univers Télécoms propose des offres qui touchent la cybersécurité, le contrôle d’accès et la vidéo surveillance.

« C’est pourquoi, nous sommes en train de faire les démarches spécifiques pour la mise en œuvre de ce centre de recherche et de développement. Le but est de renforcer la capacité locale. Le Sénégalais doit utiliser les solutions informatiques et pour rendre accessible l’information, il faut la démocratiser », a-t-il noté. Pour Dame Ndiaye, l’expertise nationale passe par des solutions de sécurité It. A l’en croire, Univers Télécoms, créé en 2012, veut densifier sa politique de sécurisation interne, aider ses grands comptes tels que la direction des Douanes, le ministère des Finances, l’Adie et l’Artp. « On ne peut pas faire de l’It sans insister sur la performance des applications métier. Nous sommes présents en Gambie, au Mali, en Guinée et en Côte d’ivoire », a-t-il affirmé.

Serigne Mansour Sy CISSE


Le Sénégal, à travers l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp), abrite, depuis hier et ce jusqu’à aujourd’hui, la huitième réunion du Comité des régulateurs nationaux de télécommunications (Crtel) de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). Cette rencontre est destinée à examiner des avant-projets de textes communautaires.

L’économie numérique est une des priorités de la commission de l’Uemoa guidée par le souci d’accompagner les Etats dans la mise en place des conditions d’optimisation de la contribution des télécommunications à la création de richesses pour le bien-être des populations. Cela s’est traduit par la création de la Direction de l’économie numérique. Cette huitième réunion du Crtel s’inscrit dans cette dynamique. Elle est destinée à examiner des avant-projets de textes communautaires. Il est question de l’homologation des équipements hertziens et terminaux de télécommunication et la reconnaissance mutuelle de leur conformité. Le cadre de coordination et de partage des fréquences radioélectriques dans les zones transfrontalières et maritimes est également inscrit dans les axes de réflexion. Il en est de même de la validation du document cadre relative à l’harmonisation des numéros d’urgences et des cadres d’accès à certains services, notamment la consultation de la messagerie vocale, la recharge de crédit et la consultation du solde de crédit.

Cette rencontre est d’autant plus importante qu’elle contribue largement à l’atteinte d’objectifs déjà fixés. « Elle favorise les échanges et la coopération entre les différents membres en vue de promouvoir l’intégration régionale, le développement des réseaux et les échanges intra-communautaires », indique Abdou Karim Sall, directeur général de l’Artp, pour qui cette rencontre témoigne de l’intérêt et de l’adhésion des régulateurs des Etats membres au processus d’intégration dans la sous-région.

Adhésion du Bénin au projet « Free roaming »
Il a ensuite magnifié les acquis engrangés avec le Crtel depuis sa création. Il est, à ses yeux, une tribune privilégiée pour les régulateurs et un creuset qui, au fil des années, est devenu indispensable pour conjuguer les efforts afin d’aller vers une meilleure harmonisation des législations et pratiques de régulation.

En marge de cette huitième réunion du comité des régulateurs nationaux de Télécommunications de l’Uemoa, le Bénin a officialisé son adhésion au projet de « Free roaming » en Afrique de l’Ouest, piloté par le Sénégal. Cinq adhésions avaient été jusqu’ici enregistrées sur les huit pays membres de l’Uemoa : Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Sénégal et Togo. Des discussions seront entamées avec la Guinée Bissau et le Niger dans les prochains jours pour l’intégralité du « Free roaming » dans l’espace Uemoa.

Alassane Aliou MBAYE

L’Organisation des professionnels des technologies de l’information et de la communication (Optic) a organisé, hier, une journée de réflexion sur « Le rôle du secteur privé des Tic dans le développement de l’économie numérique au Sénégal ». La rencontre a été présidée par le ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, Abdoulaye Baldé.

L’apport du secteur privé dans le développement des Technologies de l’information et de la communication semble être primordial. C’est, sans doute, la raison pour laquelle l’Etat du Sénégal, dans le cadre de la Stratégie Sénégal numérique 2025 (Sn 2025), dont l’ambition est d’arriver à 300 milliards d’augmentation de Pib par effet d’entrainement sur les autres secteurs, a décidé que plus de 70% des 1.300 milliards de FCfa de ce projet soient financés par le privé. Il s’agit donc de faire du privé l’acteur et le contributeur principal de ce programme constituant un catalyseur pour les autres secteurs d’activités de notre pays.

L’Organisation des professionnels des technologies de l’information et de la communication (Optic), a avancé son président, doit être au cœur de la transformation digitale au Sénégal pour accompagner la mise en œuvre de la Sn 2025. Antoine Ngom, qui s’est exprimé dans le cadre de la journée de réflexion sur « Le rôle du secteur privé des Tic dans le développement de l’économie numérique au Sénégal », a exhorté le privé à prendre des initiatives après que l’Etat a donné des orientations. Il a appelé ses homologues à améliorer le rassemblement pour une plus grande représentativité. M. Ngom, qui s’est félicité, entre autres, de la démarche inclusive de la tutelle dans le cadre de la Stratégie Sénégal numérique 2025, la création du Conseil national du numérique, les licences d’opérateurs mobiles virtuels (Mvno). Mais aussi la mise en place du Fonds universel des télécommunications, l’ouverture des télécommunications de nouveaux acteurs à travers les Fai (Fournisseurs d’accès Internet).

SN 2025 bientôt mis en œuvre
Toutefois, Antoine Ngom a tenu à rappeler la nécessité de procéder à un certain nombre d’améliorations dans la Sn 2025. Il s’agit notamment de la mise en place rapide d’un comité interministériel de pilotage du projet, du rythme d’avancement des travaux du Parc des technologies numériques de Diamniadio. « Les acteurs ne sont pas satisfaits de la manière dont le projet est mené. On n’a pas de temps à perdre. Il faut qu’on améliore notre capacité d’exécution », a-t-il soutenu.

Le ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, qui a présidé l’ouverture de cette journée dont l’objectif est de permettre à l’ensemble des entreprises du secteur de se réunir autour d’une réflexion commune sur les grands enjeux du numérique et formaliser la contribution du secteur privé dans la mise en œuvre de la stratégie Sn 2025, a tenu à rassurer par rapport à la volonté de l’Etat de favoriser le partenariat avec le secteur privé national. Abdoulaye Baldé a annoncé l’engagement « sans faille » de son département à apporter des « réponses idoines » aux préoccupations des acteurs. « Le secteur des Tic représente une part importante de l’économie nationale avec une contribution de plus de 12% aux recettes budgétaires de l’Etat », a informé M. Baldé. D’ailleurs, d’après lui, c’est pourquoi le gouvernement a adopté la Stratégie Sénégal numérique 2025 articulée autour de 28 réformes et 69 projets innovants pour un budget de plus 1.361 milliards de FCfa dont 76% attendus du secteur privé. « La promotion d’une industrie du numérique innovante et créatrice de valeur ajoutée pour un meilleur épanouissement du secteur privé des Tic au Sénégal passe par la mise en œuvre de productions susceptibles de booster les investissements dans le secteur de l’économie numérique », a dit le ministre.

Abdoulaye Baldé a indiqué que la Sn 2025 sera bientôt mise en œuvre. Il a relevé la nécessité de créer un environnement favorable pour attirer les investisseurs. C’est ce qui justifie, a-t-il avancé, l’engagement de son ministère, en procédant à des mesures incitatives favorables à l’investissement privé dans l’économie numérique et en encourageant le renforcement des capacités en ressources humaines. Mais également en travaillant à la promotion du haut débit et l’accès à Internet sur tout le territoire national ainsi que la mise en place d’une réglementation propice à l’entrée de nouveaux acteurs et en garantissant les conditions d’une saine concurrence.

Ibrahima BA

L’Agence de l’Informatique de l’Etat (Adie) accompagne l’Aéroport international Blaise Diagne (Aibd) en terme de connectivité. Grâce à son réseau fibre optique, elle a connecté à l’intranet les administrations présentes sur la plateforme aéroportuaire. Les passagers au départ pourront aussi se connecter gratuitement grâce au réseau Wifi mis en place par l’Adie.

Par Elhadj Ibrahima THIAM et Ndiol Maka SECK (textes),
Assane SOW (Photos)

La chaîne internationale francophone Tv5Monde poursuit sa stratégie dans la présentation de la réalité et la promotion des initiatives positives sur le continent africain. Dans cette dynamique, la nouvelle offre numérique de Tv5Monde Afrique a été lancée, hier, à Dakar.

100% Afrique, 100% mobile et gratuite. La nouvelle offre numérique de la chaîne Tv5Monde Afrique a été présentée, hier, à Dakar, dans le cadre du 25ème anniversaire de la chaîne internationale francophone. Dans sa conception, « cette offre généraliste et enrichie chaque jour en programmes nouveaux propose une expérience de consommation adaptée à tous les publics ». Selon David Guèye, directeur adjoint du numérique de Tv5Monde, qui a présenté l’application, cette nouvelle offre est destinée à l’Afrique, sa diaspora et ceux qui aiment l’Afrique avec des contenus axés sur l’actualité et le divertissement avec une fonctionnalité utile pour le continent. Ainsi, avec un catalogue très fourni, les problématiques du continent sont mises en avant au travers des documentaires, des séries africaines. Il s’agira de « les enrichir avec des contenus exclusifs pour se positionner de manière forte sur le continent », a soutenu M. Guèye.

Prenant la parole, le directeur général de Tv5Monde, Yves Bigot, a estimé qu’avec « le développement du numérique, plus personne n’est isolé. Cela change la culture du monde entier avec une meilleure circulation des œuvres ».

362 millions d’internautes
Sur la même ligne, il a déclaré que la culture sera davantage sur la chaîne avec une offre plus soutenue avec plus de cinéma, séries télévisées, d’émissions. Cette approche s’articule autour de la production, coproduction et la diffusion.

Yves Bigot s’est dit convaincu que le développement du numérique change la perception des peuples les uns sur les autres, notamment au niveau des équilibres entre les êtres.

D’autant plus que l’Afrique est réputée être un continent très connecté avec 362 millions d’internautes dont 170 millions d’utilisateurs des réseaux sociaux (14%).

Au regard de la directrice du Numérique de la chaîne francophone, Hélène Zemmour, « la transformation numérique est au cœur du plan stratégique de Tv5Monde depuis 2017 et elle sera notre priorité ces trois prochaines années. Le continent africain, parce qu’il est l’avenir de la Francophonie, apparaît comme une cible prioritaire, jeune et connecté ». Cela se traduit par une présence de Tv5Monde Afrique sur le numérique avec un site internet consultable à l’adresse afrique.tv5monde.com, développé pour être consulté sur tous les écrans : ordinateur, tablette, smartphone… C’est aussi une application téléchargeable sur tous les terminaux mobiles connectés Ios et Androïd. Evoquant les spécificités de cette offre numérique, Mme Zemmour détaille : « Journal Afrique, articles, chaîne de Tv en direct, séries, magazines, musique, sports, fictions et documentaires sont proposés sur Tv5Monde Afrique. Le site et l’application associée proposent une expérience de consommation adaptée à toutes les conditions d’accessibilité ».

Ainsi, l’ensemble des programmes est disponible en Hd et il est possible sur l’application de consulter des articles et des vidéos grâce à un mode de lecture hors ligne.

E. M. FAYE

La sixième édition du cycle de conférences « Les Mardis du Numérique » a été une occasion, hier, pour les experts, de s’interroger sur la place du digital dans la création d’emplois. Si le secteur des Technologies de l’information et de la communication (Tic) a contribué à la création de nouveaux postes, il demeure néanmoins un moyen de réduction d’emplois au sein des entreprises s’inscrivant dans un impératif de transformation numérique, surtout dans les pays en voie de développement.

L’impact des nouvelles Technologies de l’information et de la communication (Tic) sur le marché du travail est réel. Une étude, parue en 2017, fait état de moins de 10% des emplois menacés en France par « la robotique, l’intelligence artificielle et les technologies liées à l’Internet ». Dans les pays en voie de développement comme le Sénégal, certains emplois ne sont pas épargnés par cette logique de transformation imposée par l’urgence de la compétitivité en milieu d’entreprise. Laquelle a été activée par les bouleversements que le numérique a fini d’engendrer.

Pour Ibrahima Nour Eddine Diagne, président de « African performance institut » (Api), une certaine catégorie d’emplois est, aujourd’hui, transposable, à travers les nouvelles technologies. Toutefois, a-t-il noté, s’il y a de nouvelles opportunités créées autour de petites entreprises qui finissent par avoir une croissance exponentielle par rapport aux nouveaux besoins de service dans certains pays, au Sénégal, l’enjeu est différent.

« Ici, nous n’avons pas beaucoup d’entreprises qui sont de très grosses employeuses. Elles sont soumises à l’impératif de transformation digitale, laquelle se traduit soit par une réduction des recrutements, soit par une diminution des effectifs », a souligné M. Diagne, précisant que parallèlement, il y a derrière une économie faite autour de leur écosystème qui va émerger. En décidant de s’inscrire dans cette sphère d’automatisme, les entreprises font appel, de moins en moins, à la force humaine. Une situation qui peut susciter une certaine appréhension chez les milliers de jeunes devant intégrer le marché de l’emploi, chaque année.

Anticiper la transformation digitale
« Le danger est, aujourd’hui, autour des jeunes qui recherchent de l’emploi parce qu’ils doivent être dans une logique pour avoir des compétences afin de se maintenir dans les évolutions numériques », a avancé Ibrahima Nour Eddine Diagne.

Par ailleurs, il a tenu à rassurer sur le fait que certains emplois ne sont pas actuellement immédiatement menacés. En effet, les professions touchant « les besoins vitaux seront transformées plus lentement ». Par contre, « dans l’industrie des services, il y aura forcément des bouleversements dans la manière de produire, de transformer et de consommer », a-t-il expliqué. C’est pourquoi, selon lui, ces secteurs doivent impérativement anticiper leur transformation digitale ou disparaitre. « Aujourd’hui, le défi est de maintenir les entreprises en vie et de garantir leur croissance afin de pouvoir garder l’emploi. L’entreprise va se robotiser parce qu’elle doit être compétitive pour survivre et optimiser son coût. C’est un mouvement qu’on ne peut pas retenir. L’enjeu, aujourd’hui, est de voir les nouvelles opportunités d’emplois qui doivent exister », a-t-il relevé, ajoutant que le rôle d’un Etat est de soutenir l’émergence de ces entreprises.

Gorgui Ndiaye, secrétaire général du ministère de l’Emploi, de l’Insertion professionnelle et de l’Intensification de la main d’œuvre a indiqué que les Tic constituent un point d’ancrage pour la création d’emplois et de richesse dans notre pays. « Le numérique est une niche de création d’emplois. Il s’agit d’un secteur déterminant dans le développement économique et social », a-t-il informé. A l’en croire, au Sénégal, les perspectives d’emplois dans le secteur du numérique sont favorables. Et dans la Stratégie Sénégal numérique 2025, il est prévu la création de 3. 000 emplois qualifiés et 35.000 emplois directs et 100.000 indirects, à travers la mise en place du Parc des technologies numériques de Diamniadio.

Ibrahima BA

Le Sénégal accueillera, du 29 avril au 11 mai 2018, le Sommet africain de l’Internet (Ais). Organisée par le ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique en collaboration avec le Registre africain de réseaux (Afnog), cette rencontre internationale va accueillir toute la communauté africaine de coordination et de gouvernance d’Internet.

Pour Chérif Diallo, directeur des Technologies de l’information et de la communication, ce sommet permettra d’arriver à un fort niveau de renforcement des capacités des ingénieurs et techniciens africains de l’administration et du privé. Aussi, a-t-il informé,  au cours de la réunion du comité d’organisation, la rencontre de Dakar sera un important moment de discussions, d’échanges et de validation des politiques sur les problématiques de gouvernance de l’Internet liée à la spécificité africaine. La rencontre regroupera quelque 600 participants venant de différents pays. Au Sénégal, plus d’une centaine de participants sont attendus à ce sommet où des sessions de sensibilisation sur la cybercriminalité sont également prévues.

Le Sommet africain de l’Internet est un événement phare qui regroupe les organisations s’occupant de la gouvernance et de la coordination de l’Internet. Il se veut une plateforme internationale privilégiée de promotion des produits et services des Tic en Afrique.

Ibrahima BA


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