banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Ma mère a toujours eu la main verte … Donnez – lui un lopin de terre aride et grincheux, qui ne veut rien laisser pousser, elle vous le transformera en un jardin où se pressent diverses variétés fleuries. Le jardinage, c’était son truc … Toujours d’ailleurs … Je n’ai jamais pu comprendre cette passion qu’elle avait … Il fallait la voir affublée de sa robe chasuble les samedis, sécateur et arrosoir en main, prendre soin de ses fleurs et autres plantes. C’était durant ces moments que le mot « passion » revêtait tout son sens. Car sa concentration montrait à quel point elle était passionnée par ce qu’elle faisait.

La zone où nous habitions était bordée de vendeurs de terreau, d’embryons de plantes où l’on pouvait trouver son bonheur. Et ma mère ne s’en privait pas … Rien ne lui plaisait plus que de s’arrêter devant ces abris, marchandant et conversant avec les vendeurs qui prenaient tout leur temps pour lui détailler les nouvelles variétés reçues, de sorte qu’elle puisse faire son choix …
J’abhorrais ces instants. Car imaginez – vous qu’au retour de l’école, fourbue et impatiente de rentrer à la maison et déguster le bon plat de ceebu jëën qui m’attendait. Mais au lieu de quoi, ma mère prenait tout son temps à parler fleurs. Je rongeais mon frein et prenais mon mal en patience, plongée dans un livre. Est – ce que j’avais le choix ? Revenue dans la voiture, elle me montrait ses dernières trouvailles … Et là, je faisais mine de m’extasier devant les cactus, les roses, les jonquilles qu’on allait planter à la maison.

Elle était la seule à s’en occuper, car ni mon frère, encore moins moi-même n’avions la « main verte ». Hors de question donc, en petits citadins effrontés que nous étions de passer nos week – ends tant attendus à sarcler, bêcher, planter et arroser … C’est ainsi que maman revint d’une de ses pérégrinations champêtres flanquée d’un jeune homme gringalet au teint clair comme une mangue trop mûre. En sus de la pâleur de son teint – chose que l’on remarquait en premier chez lui -, Ibou était d’une extrême timidité. Ma mère nous avait demandé de le mettre à l’aise, mais il était renfermé comme une huître, et ne se déridait qu’au contact des plantes. Car maman et lui partageaient la même passion …
Intriguée, je le regardais, perchée au balcon, soigner avec amour, poser des attelles, couper les mauvaises herbes, le dos courbé et la sueur perlant de son front. Mais aucun mot ne sortait de sa bouche …

Il a fallu que mon frère fasse le pas vers lui pour qu’il commence à parler. Timidement, puis de plus en plus souvent. Jalouse, je voulais faire partie de leur clan. Je trouvais la parade. Quand Ibou venait, je m’asseyais ostensiblement en travers de son chemin, de sorte qu’il était obligé de m’adresser la parole, au risque de me passer sur le corps. C’est ainsi que nous commençâmes à discuter.

Il me parla de sa famille à Guédiawaye, dans la banlieue dakaroise, de sa mère qui avait des soucis de santé, de son père décédé, de ses frères et sœurs en bas âge, de son statut d’aîné, du fait qu’il avait arrêté ses études pour pouvoir subvenir aux besoins familiaux … Rien qu’à entendre son élocution et les mots recherchés qu’il employait, l’on sentait que Ibou aimait apprendre … Je commençais à lui passer des livres quand il venait travailler. Le bonheur qui se lisait dans ses prunelles n’avait pas de prix. On eût dit que je lui offrais des lingots d’or ! J’exagère à peine en disant cela … De sa voix fluette, il me disait « Dieureudieuf Ndèye Fatou, ya bakh ! » et s’en allait …

Quelle ne fut notre surprise quand Ibou nous annonça qu’il avait assez économisé et souhaitait nous quitter … pour émigrer en Italie. Ma mère tenta de l’en dissuader, mais sans succès ; lui promettant de lui faire reprendre ses études, car sachant qu’il aimait « ça » et qu’il y avait un avenir tout tracé. Mais rien n’y fit …

La mort dans l’âme, nous le laissâmes partir et n’eûmes plus de nouvelles de lui … Depuis lors, je ne regardais plus les fleurs de la même façon. Je ne pouvais voir un jardin sans me remémorer Ibou. Pourquoi ? Je ne saurais le dire. Toujours est – il que ce jeune homme m’a marqué à vie, de par son ambition, son dévouement à sa famille et son envie de réussir. J’espère que là où il est, il est heureux et qu’il a accompli tout ce qu’il rêvait d’accomplir.

Par Ndèye Fatou KANE (écrivain)

Traduit littéralement par celui qui a une cuillère ne se brûle pas, ce proverbe wolof, « Ku am kuddu du lakk » est, selon Dr Massamba Guèye, fondateur de la maison de l’oralité et du patrimoine Ker Leyti, un proverbe de protection. « Dans le vrai sens du terme, il se traduit par lorsqu’on est socialement bien entouré, on peut limiter ses erreurs. C’est en quelque sorte une garantie sociale qui renvoie à quiconque avec l’utilisation du mot « ku », indique Dr Guèye.

« Le terme kuddu "renvoie" à la cuillère et le terme "lakk", la brûlure, cela veut dire l’image qui n’est pas présente est l’image la plus importante. Se brûle les doigts, celui qui touche à quelque chose de chaud. La cuillère n’est pas ici à prendre au sens culinaire du terme, mais au sens imagé du terme », explique-t-il. A l’en croire, dans la société wolof et la société ouest-africaine en général, chaque individu doit avoir un maître, une référence sociale qui est sa protection sociale et empêche qu’il ne fasse certaines erreurs qui peuvent lui « brûler les doigts ». Mais, se désole Massamba Guèye, l’utilisation du terme, « Ku am kuddu du lakk » a dérivé de son sens étymologique et son utilisation est devenue négative notamment lors des négociations sociales. « Ce n’est plus une protection au bénéfice du groupe, mais une protection discriminatoire qui renvoie plus à de la corruption, du favoritisme etc. », regrette-t-il. « De nos jours, on entend par exemple dire « Ku am kuddu du lakk » lorsque qu’un candidat doit passer un examen et qu’il est sûr de tomber sur quelqu’un qu’il connaît ou un membre de sa famille et que ce dernier lui fera des faveurs. Aussi, « dans le cas où quelqu’un se voit retirer son permis de conduite et qu’il va au commissariat et qu’il bénéficie aussi de faveurs », argue Massamba Guèye. Il précise que, dans ces cas précités, l’utilisation de ce proverbe devient très négative. Avant, c’était débrouillez-vous pour être bien entouré car si vous l’êtes socialement, vous ne commettrez pas d’erreurs.

Par Maguette Guèye DIEDHIOU

Le lavage de voiture, un métier qui marche bien en cette période d’hivernage. Ainsi, les stations-services ne sont plus les seuls lieux indiqués pour laver sa voiture. Presque dans tous les garages publics à Dakar et sa banlieue, on trouve de jeunes gens qui s’adonnent à ce travail. Aldiouma Bah est l’un de ces jeunes qui, grâce à ce métier, ont trouvé une alternative au chômage.

Sous une chaleur étouffante et des rayons de soleil étincelants, Aldiouma Bah tient son seau rempli d’eau et plein de mousse à la surface. Chiffon à la main, il nettoie un taxi jaune-noir. Vêtu d’un pantalon marron assorti d’un t-shirt bleu foncé, casquette à la tête, de grosses gouttes de sueur perlent sur son visage. Il vérifie les différentes parties du véhicule pour se rassurer de la propreté. Malgré sa concentration, il poursuit sa discussion avec son client qui ne le quitte pas un seul instant des yeux. Depuis plus de 3 ans, Aldiouma passe son quotidien dans ce garage comme laveur de voiture.

Il a quitté sa Guinée natale pour venir travailler et gagner sa vie au Sénégal. Son exode le conduit d’abord au Fouta, puis à Dakar. Menuisier de formation, il n’arrivait pas à trouver un métier dans son domaine de prédilection. Pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, il se convertit en laveur de voiture. Il s’installe alors en face du canal IV, juste derrière la petite porte de l’université Cheikh Anta Diop, au garage des taxis. Toute la journée, il fait des va-et-vient à la recherche de clients. A part la pause du déjeuner de midi, tout son temps est consacré au travail.

Son quotidien est une routine. Dès sept heures du matin, il rejoint le garage et y reste jusqu’à 19h. Le matin, il se rend d’abord au marché de Fass avec son « pousse-pousse » pour chercher de l’eau. Il fait deux charges de quatorze bidons chacune pour ses besoins journaliers. En plus du liquide précieux, Aldiouma utilise du savon, des chiffons et des morceaux de tissus en coton pour embellir les voitures de ses clients. Pour l’espace occupé, il s’acquitte d’une patente de deux cent francs qu’il verse aux agents de la mairie qui passent chaque matin pour la collecte. Son ancienneté sur son lieu de travail fait qu’il est surnommé « patron des laveurs ».

La plupart de sa clientèle est composée de taximen qui fréquentent le garage. Il emploie trois boys (assistants) pour l’aider dans le travail. Le prix pour le lavage d’une voiture varie entre 400 et 600 FCFA. A la fin de la journée, il gagne entre 5 000 et 7 000 FCFA. Après avoir soustrait ses dépenses journalières, il partage le reste avec ses employés. A la fin du mois, ses économies lui permettent de payer la location de sa chambre à la Médina et d’envoyer de l’argent à sa femme restée au Fouta.

L’hivernage est la période favorite des laveurs de voiture à l’image de Aldiouma. Les affaires marchent bien et les revenus journaliers sont beaucoup plus conséquents. Avec les eaux stagnantes, les voitures se salissent très vite. « Pendant l’hivernage, avec les inondations, les clients sont plus nombreux. Nos revenus connaissent une hausse. Contrairement à certains habitants de Dakar qui se plaignent, chez nous, les inondations sont vraiment les bienvenues. Elles nourrissent bien notre business », soutient-il. Comme pour dire que le malheur des uns fait le bonheur des autres. La pluie hivernale, avec toutes ses conséquences négatives à Dakar et sa banlieue, fait ainsi l’affaire des nettoyeurs de voiture.

Cependant, bien qu’il arrive à satisfaire ses besoins, Aldiouma considère ce travail comme un passe-temps. Pour lui, le lavage de voiture n’est pas un métier noble aux yeux de la société sénégalaise. « Les gens ne nous respectent pas. Nous faisons ce métier juste parce que nous ne trouvons pas mieux », se lamente le bonhomme.

La principale difficulté de Aldiouma Ba et ses collègues est surtout l’insalubrité et l’insécurité des lieux. En effet, le garage fait face au canal IV qui est un dépotoir d’ordures. Les déchets trainent partout et l’odeur est pestilentielle. L’espace est également étroit. Il est aussi impossible de travailler jusque tard, car il y a souvent des agressions. En plus, les exigences du travail ne sont pas sans dommages physiques. Aldiouma se plaint souvent de maux au dos à force de se courber.

Par Abba BA (stagiaire)

Modou Fall est un jeune tailleur qui a terminé sa formation il y a juste un an. Son quotidien se résume à courir d’atelier en atelier pour travailler comme journalier. Il fait du « khar matte » (travail supplémentaire) et en cette période de préparation pour la Tabaski, il n’a plus le temps de se reposer.

Calme, le visage serein, malgré son jeune âge (20ans), Modou Fall inspire responsabilité. Vêtu d’un pantalon noir, tee-shirt bleu, un long collier blanc autour du cou, il est derrière sa machine à coudre, entouré des coupons de tissus de toutes sortes. Depuis son arrivée à 10h, il a les pieds sur les pédales de sa machine sans arrêt. Sur la table, un ensemble wax, une paire de ciseaux à côté, sa main droite sur la machine et sa gauche tient le tissu. Il coud une tenue « taille-basse » wax garnie à la dentelle pour une cliente. Toute la journée, il se met la pression pour travailler très vite et avec efficacité. La raison : terminer très vite dans cet atelier pour aller guetter ailleurs. Il veut aussi gagner la confiance de ses différents employeurs pour trouver facilement du travail après les fêtes.

Dans ce petit atelier qu’il partage avec un autre tailleur, le désordre est total. Les morceaux de tissus jonchent le sol. La chaleur est étouffante. Malgré tout cela, la concentration est au bon point. En cette période de préparation pour la Tabaski, Modou ne dort plus. Il saisit toutes les occasions pour gagner davantage d’argent et mieux prouver qu’il est talentueux. « Je suis jeune et ambitieux. Je suis nouveau dans ce métier. Avant, j’étais simple apprenti, mais maintenant que je travaille, je dois prouver que je suis talentueux », explique-t-il, les yeux rivés sur sa machine.

N’ayant pas les moyens pour ouvrir son propre atelier de couture, le jeune Fall fait des va et vient chez les couturières pour travailler comme journalier. Dans cet atelier à Dieuppeul, il est payé 3.500 FCfa la journée. Après sa descente à 19h, il continue chez d’autres couturiers du quartier pour travailler jusque tard dans la nuit avant de rentrer chez lui à Yoff aéroport. « Je n’ai pas d’heures de repos, je fais du « khar matte ». Je saisis toutes les occasions. C’est maintenant que je dois préparer mon avenir », affirme-t-il, l’air sérieux.

Ils sont nombreux à l’image de Modou à terminer leur formation sans avoir les moyens d’ouvrir leur propre atelier. Pour ne pas rester au chômage, ces jeunes tailleurs font ce qu’ils appellent le « khar matte ». C’est-à-dire il court d’atelier en atelier pour travailler soit comme journalier soit comme employé. Ils font ainsi l’affaire des dames et autres promoteurs de mode qui investissent dans ce secteur sans maîtriser le métier.

En le regardant faire son travail, on remarque aussitôt sa passion pour la couture. Avec une énergie débordante, le jeune Modou travaille avec vivacité. Il ne participe point à la discussion qui s’anime autour de lui. Malgré la chaleur étouffante à l’intérieur de leur étroit atelier, il reste bien concentré. « Je ne veux pas me tromper. Quand on me confie un travail, je le fais bien. En plus, je ne veux pas faire des erreurs. Cela peut occasionner des problèmes avec la patronne », avance-t-il.

N’ayant pas eu l’occasion de faire des études, le natif de Gade Ndiaye (un village du département de Tivaouane) a choisi Touba pour apprendre la couture. Après avoir bien maîtrisé les techniques, il décide de venir à Dakar pour chercher du travail. Avant d’atterrir à Dieuppeul, il était au marché Hlm où il exerçait le même métier pour les couturières. Mais, ne trouvant pas assez rentables leurs rémunérations, il décide de faire l’expérience dans d’autres quartiers où le salaire est plus conséquent et les patronnes plus sérieuses. Modou veut profiter de la rentabilité de son métier en cette période de fête pour gagner le maximum d’argent et célébrer la cérémonie traditionnelle de son mariage. En effet, ce-dernier a déjà été scellé à la mosquée. Il ne reste que cette étape pour que son épouse le rejoigne dans son domicile. C’est pourquoi il court d’atelier en atelier et consacre toutes ses heures libres au travail.

Cependant, les ambitions de Modou vont au-delà de trouver un emploi garanti à Dakar. Son objectif est d’y ouvrir son propre atelier. Faute d’électrification, il ne peut pas exercer son métier dans son village, Gade Ndiaye.

Par Abba BA (stagiaire)

Certaines personnes, et elles opposent leurs arguments, désapprouvent l’immixtion du religieux-si tant est qu’elle existe- dans le déroulement du jeu politique. Les dernières élections législatives au Sénégal ont ravivé la controverse ; le débat n’étant pas nouveau. L’autorité coloniale en avait fait des « intermédiaires de valeur » pour ainsi reprendre O’Brien, des interlocuteurs valables qui ne pouvaient demeurer insensibles au sort collectif et se calfeutrer dans leur bulle spirituelle à s’occuper de la « prière, de l’étude du Coran et de la jurisprudence » (D. Boilat). L’Etat postcolonial, bien qu’il fût bien exprimé dans la Constitution que la laïcité était le principe de base du fonctionnement de la République, ne s’est pas privé de cet échange avec les marabouts porteurs de procurations tacites de leurs disciples. Cependant, c’est leur faire un mauvais procès que de vouloir limiter leur intervention dans le paysage politique à ce que J. L. Montezer a appelé, pour les dépeindre, un « esprit d’intrigue ».

De grands sujets ayant trait à notre aventure collective ont été soulevés par les chefs religieux pour contraindre la classe politique à prendre en charge les questions islamiques. Le Conseil supérieur des chefs religieux, regroupant les guides des principales confréries, est l’une des rares associations qui avait posé le débat sur le projet de Constitution, en 1959. C’est pourquoi le président Léopold Sédar Senghor s’est souvent érigé en leur défenseur même contre certains musulmans qu’on a appelés des réformistes favorables au « démêlement » des liens de clientélisme entre religieux et politiques. Il s’offusquait de ce « gauchisme infantile (qui) prétend nous présenter nos chefs religieux comme des contre-révolutionnaires, les fourriers du conservatisme ».
Aujourd’hui, les chefs religieux, qui s’aventurent à donner une consigne de vote, essuient tous les outrages. Et combles d’inconséquences, leurs pourfendeurs en appellent à la posture de leurs illustres devanciers. C’est méconnaître l’histoire. A une certaine époque, c’est le mutisme ou la neutralité du marabout qui aurait étonné.

Par ailleurs, ce que l’on considère comme une « intrusion » du religieux dans le champ des convoitises des suffrages n’est pas nouveau. Le Parti de la solidarité sénégalaise, dont le Parti de l’unité et du rassemblement (Pur) est dans une certaine mesure le prolongement, a été l’une des principales forces politiques du Sénégal avant et après l’indépendance. Cheikh Tidiane Sy Al Makhtum en était la figure de proue ; et El Hadj Ibrahima Niasse, un soutien précieux.

Toute analyse basée sur une logique politique excluant les forces centrifuges est forcément biaisée. La participation progressive des guides musulmans aux compétitions politiques en tant qu’acteurs contribue à « dé-fanatiser les masses dévotes » parce qu’elle les installe dans le champ des controverses idéelles, du débat ; ce qui est inenvisageable dans leur sphère de ferveur.

Par Alassane Aliou MBAYE

A la fois symbole historique de la domination française et de la fin des puissants royaumes de la vallée du fleuve Sénégal, le Fort de Dagana illustre, à bien des égards, l’histoire de cette partie du Walo. Construit dans les années 1800, ce bâtiment qui servait de protection aux comptoirs de commerce, a été transformé en hôtel, en 2015, par la mairie. Le poste, patrimoine de l’Unesco, est aujourd’hui, par sa position et son site singulier, le fleuron du département en termes de richesse historique et de promotion du tourisme local.

DaganaSur les berges de la vallée du fleuve Sénégal, à Dagana, des maisons centenaires croulent sous le poids des années. De vieux bâtiments, témoignant de la période faste de cette cité, sont sur le point de céder. Avec des murs lézardés où une mousse croisse sur des pierres, des portes et fenêtres défaites, certains de ces bâtis fantômes où s’engouffrent des courants d’air sont complètement en ruine. Le temps n’a épargné que quelques maisons qui continuent de servir d’habitat. Ici, des familles vivent encore au milieu de cette ruine au charme centenaire. Ce sont ces maisons commerciales du 19ème siècle, alignées le long du fleuve, comportant des magasins au rez-de-chaussée et un logement à l’étage, que protégeait le fort de Dagana. Ensemble, ils donnaient un caractère à la fois imposant et urbanisé au quartier Kaw Dagana de la ville. A la fois patrimoine historique matériel et symbole de l’hégémonie coloniale française dans le Walo, ce poste a été construit dans les années 1800.

Toutefois, l’histoire du fort de Dagana est étroitement liée au traité de Viennes qui stipulait que l’Angleterre rétrocède à la France ses colonies et ses comptoirs qui étaient à Gorée et à Saint-Louis. Mais la condition qu’avait posé l’Angleterre à la France c’est qu’elle abolit la traite négrière. « C’était le début de la révolution industrielle en Angleterre, la machine était en train de remplacer la force de travail humain ou animal. L’Angleterre, puissance dominante, préconisait l’abolition de la traite négrière afin de vendre ses machines », explique Doudou Bakhao Diaw, historien et traditionnaliste. Ainsi, poursuit-il, en abolissant la traite, la France trouvait plus rentable économiquement d’acquérir des terres de cultures en Afrique et d’y faire cultiver du coton et de la canne à sucre que de transporter des nègres dans les plantations en Amérique. Ce faisant, désigné par la France, le gouverneur Schmaltz, chargé d’appliquer cette politique, porta son choix sur le royaume du Walo pour ses projets de colonisation agricole. « Après deux jours de négociation, le 8 mai 1819 à bord du navire l’Isère ancrée sur le fleuve Sénégal en face du village de Ndiao, au nom du roi de France, le Colonel Schmaltz signa avec le roi du Walo le Brack Amar Fatim Borso Mbodj et les principaux chefs du pays : le Diawdine Madiaw Xor Aram Bakar Diaw, le Béthio Sakoura Diop, le Maalo Ndiack Ndongo Diaw , le Diogomaye Ndiack Arame Kélar Diaw, le beuk Negg Ndiourbel Birame Coura Diagne le traité dit Traité de Ndiao », renseigne l’historien. Il fallait, à travers ce traité, donner le feu vert à la France pour la construction des forts militaires à Lampsar et à Dagana et sur la rivière Taouey.

Cela, note M. Diaw, afin de les protéger des peuples voisins près du village de Ndioukouck moyennant une redevance annuelle de 11 715,70 francs. Si le traité signé avec le Brak Amar M’Bodj garantissait la sécurité totale au Walo, l’empire fut pourtant le théâtre des guerres étrangères et civiles. En effet, « les Maures, par leurs expéditions punitives sur la rive gauche du fleuve, protestent contre le traité de 1819 favorable à la France ».

Attaque du Fort de Dagana
Dagana histoirePour le Français, Gilbert Roger, qui prépare actuellement un livre sur l’histoire de Dagana, dans la première moitié du 19ème siècle, de Schmaltz à Faidherbe, l'influence coloniale s'étend dans le Walo qui prend, surtout après le traité de 1819, une importance majeure dans l'action agricole et politique. A l’en croire, c'est justement à 1819 que l'on fait remonter la fondation du Poste de Dagana. Abritant des comptoirs commerciaux, il constituait l’un des plus grands projets d’André Bruë, ancien directeur de la colonie. En 1835, le fort comptait une garnison de 32 sous-officiers et soldats ainsi qu’un lieutenant chirurgien. «Avant d'être nommé Gouverneur, Faidherbe avait été capitaine sous-directeur du Génie, sous les ordres de Protêt, de 1852 à 1854. C'est à ce titre qu'il reconstruisit, en 1853, le poste de Dagana, qui avait été déjà transformé en poste de police d'escale (avec Richard Toll) en 1845 sous l'impulsion de Bourdon de Grammont », renseigne-t-il.
Poursuivant son récit, Gilbert Roger indique qu’après l’annexion du Walo, Faidherbe se heurta aux Trarza alliés aux Brakna et aux Toucouleurs. C’est ainsi que le 31 mai 1857, 1'armée maure, qui était en route vers Podor après avoir tenté une attaque contre le poste de Nder, fut rattrapée un peu en amont de Dagana et battue. La paix fut signée un an après. En 1908, un marabout du nom Aly Yoro Dia, originaire de Fanaye (département de Podor), mène un raid pour prendre possession du fort. Mais il fut repoussé avec ses hommes « après avoir subi de lourdes pertes ».
Pour la préservation de ce patrimoine historique portant les empreintes de l’histoire coloniale, le fort de Dagana a été transformé, en 2015, en hôtel. Pourtant, « en ruine, abandonné une première fois au début du 20ème siècle et définitivement en 1945 par les militaires, il a reçu diverses affectations, toujours provisoires », souligne Gilbert Roger, qui, aujourd’hui, est chargé de la gestion de l’infrastructure. L’intervention a consolidé l’architecture d’origine ; ce qui permet au bâtiment de garder encore son charme pittoresque. Les aménagements faits à l’intérieur concernent principalement le grand jardin boisé et la construction d’une salle de spectacle. Symbole de la ville et souvenir historique, il est, aujourd’hui, par sa position et son site exceptionnel, le fleuron de toute une région en richesse culturelle et en promotion du tourisme local.

 

Promotion du patrimoine historique : L’Association « Walo-Bi » veut entretenir la mémoire collective du terroir
Dans la commémoration du bicentenaire de la mise en valeur agricole du Walo, à Dagana, l’Association « Walo-Bi » a été portée sur les fonts baptismaux par des hommes de culture et sous la houlette de l’historien et traditionnaliste Doudou Bakhao Diaw. L’objectif principal est de promouvoir le patrimoine historique lié à la mise en valeur agricole du Waalo à travers des activités commémoratives du bicentenaire d’événements qui ont marqué cette zone entre les années 1816 et 1830. En effet, l’histoire du Walo se confond avec l’histoire coloniale française pour avoir été une contrée où la France a expérimenté toutes les phases d’exploitation coloniale, avant de les appliquer au reste de l’Afrique noire. Le collectif « Walo-Bi » célèbre ce bicentenaire à travers des événements ludiques, des colloques, des productions culturelles et des travaux de recherche sur des faits historiques comme le naufrage du navire de la Méduse en 1816, la signature du traité de Ndiao en 1819 ou encore la construction du fort de Dagana. L’association entend ainsi sensibiliser la population locale sur la nécessité de conserver et de valoriser le patrimoine historique et culturel que ses membres ont hérité du passé, en faisant en sorte qu’ils soient fiers de leur passé pour envisager l’avenir avec plus de sérénité. « Walo-Bi » compte mener un plaidoyer pour la restauration et la préservation de l’ensemble des sites historiques dans le département. Lesquels sont actuellement plus que jamais menacés par l’usure du temps qui passe. D’où l’idée du collectif d’inventorier les lieux et monuments datant de cette période et de mettre en place un circuit de visite pour un tourisme de mémoire.

Amadou Bakhao Diaw, traditionnaliste : La mémoire vivante de l’histoire du Walo
Amadou Bakhao DiawPassionné d’histoire, Amadou Bakhao incarne, aujourd’hui, la mémoire vivante de l’histoire du Walo. Le traditionnaliste, président de l’Association Walo-Bi, multiplie, depuis quelques années, des initiatives allant dans le sens de la sauvegarde de la mémoire collective et de la promotion du patrimoine historique de cette localité de la Vallée du fleuve Sénégal.

Il connait, sur le bout des doigts, l’histoire du Walo. Amadou Bakhao Diaw, dignitaire local et spécialiste de la tradition orale, incarne la mémoire vivante de l’histoire de cette localité de la vallée du fleuve occupant une place de choix dans l’arc-en-ciel du paysage culturel sénégalais. Le royaume du Walo, berceau de la civilisation Wolof, porte les marques historiques de la parfaite organisation politique et militaire des empires du Sénégal avant l’arrivée des Occidentaux. C’est aussi l’un des lieux dont l’histoire se confond avec l’occupation coloniale. Amadou Bakhao Diaw connait cette histoire avec finesse et passion. Par les attributions coutumières, il porte les titres de Diawdine, de Diogomaye et de Diombanakhe. « Du côté paternel, j’appartiens à la famille des Dia Ogo, la plus vieille souche aristocratique de la vallée et du pays Wolof. En effet, ce fut le Lamane Diaw qui recueillit Ndiadiane Ndiaye, ancêtre des Ndiaye Bourba et Beur Gueth Diop du Cayor et installa ensuite son frère utérin Barka Bo ancêtre des Mbodj. Les Fall Damel d’origine mandingues sont venus bien longtemps après en pays wolof », se glorifie-t-il. L’historien s’enorgueillit aussi d’appartenir, par sa mère Diaba Manoungou Guilé Mbodj, à la famille des Tediecks, famille dont sont issues les célèbres Linguère Ndieumbeut et Ndaté Yalla ».

Il a grandi auprès de ses grands-parents, qui appartenaient à la chefferie traditionnelle qui étaient régulièrement fréquentés par des griots ou leurs cousins. Un milieu, selon lui, où pendant des heures, se tenaient des débats passionnés et parfois houleux sur l’histoire du Walo. « A 13 ans, je pouvais remonter ma généalogie jusqu’au 8ème siècle. Fort de cette tradition orale, j’ai pu croiser mes connaissances avec les archives nationales », soutient-il. Doudou Bakhao Diaw a toujours fait sienne cette citation de Cheikh Anta Diop : « Les intellectuels doivent étudier le passé non pour s'y complaire, mais pour y puiser des leçons ou s'en écarter en connaissance de cause si cela est nécessaire ». Pour ce traditionnaliste et monogame, le Walo étant le berceau de la civilisation Wolof, ethnie principale du Sénégal, l’étude de son histoire ne peut qu’être intéressante.

Ancien élève du prytanée militaire Charles Ntchorere de Saint louis, Amadou Bakhao Diaw a fait des études en Economie et Gestion à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar(Ucad). L’historien a été directeur de l’hôpital de Richard-Toll et Conseiller Technique du ministère de la Santé et de la Prévention médicale chargé de l’économie de la santé et du financement de la santé de 2005 à 2012. Actuellement, il est en train de préparer un roman sur l’histoire du Walo. Ce livre sera édité grâce à la contribution du ministère de la Culture et de la Communication, à travers le Fonds d’aide à l’édition. Il dressera, en grande partie, l’histoire du peuple wolof. Dans ce travail de restauration et de sauvegarde de la mémoire collective, l’historien essayera de retracer l’histoire du Walo.

Par Ibrahima BA (envoyé spécial à Dagana)

Pour apporter des réponses efficaces à la problématique de la sécurité alimentaire, le Sénégal mise sur une bonne mise en œuvre du Programme national d’appui à la sécurité alimentaire et à la résilience (Pnasar) dont la planification des activités opérationnelles a été mise en branle hier. L’objectif est de recenser les actions concrètes à mener pour venir à bout de l’insécurité alimentaire et soulager les populations vulnérables.

Le Plan Sénégal émergent (Pse) fait de la sécurité alimentaire une préoccupation majeure. C’est ainsi que le Sénégal s’est doté d’une Stratégie nationale de sécurité alimentaire et de résilience (Snsar) en 2016. Pour son opérationnalisation, le Programme national d’appui à la sécurité alimentaire et à la résilience (Pnasar) est en cours d’élaboration. Après un atelier de planification stratégique qui s’est tenu en juillet dernier, les différents acteurs, les ministères sectoriels, les partenaires techniques et financiers, les organisations non gouvernementales, la société civile se sont retrouvés, ce mercredi, pour un atelier de planification opérationnelle dans l’optique de déterminer les différentes actions qui seront conduites dans ce programme, mais aussi de budgétiser et de définir la stratégie et sa mise en œuvre.

Selon le Secrétaire exécutif du Conseil national de la sécurité alimentaire (Cnsa), le gouvernement s’est engagé dans le combat de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle des populations vulnérables en s’inscrivant à des initiatives mondiales et régionales. Jean Pierre Senghor a indiqué que ce processus de construction de cette stratégie devrait aboutir à des actions concrètes qui permettent d’atteindre les objectifs. On se fixe de réduire, de manière drastique, cette insécurité alimentaire et nutritionnelle et de permettre au pays de construire des terroirs résilients. Cela permet aux couches vulnérables à cette insécurité d’être beaucoup plus fortes.

Pour le Secrétaire exécutif du Cnsa, l’insécurité alimentaire est une situation récurrente au Sénégal. Elle est due à l’indisponibilité de ressources alimentaires. Ce qui fait que, de temps en temps, un besoin de venir au secours des populations s’impose. « Aujourd’hui, avant de distribuer quoi que ce soit, à qui que ce soit, il y a d’abord un diagnostic à faire sur le plan national pour voir qui a besoin de quoi, de combien et où », a-t-il indiqué. Ce travail-là est en train d’être fait. Il permettra d’être beaucoup plus rationnel, équitable dans la distribution des vivres. Pour le Secrétaire exécutif, le Cnsa va certes continuer à distribuer des vivres à ceux qui en ont besoin, mais il compte bien réduire le gap. Faire en sorte que ces aides soient réduites à leur strict minimum, voire supprimées, à l’horizon 2035, comme le stipule la stratégie nationale de sécurité alimentaire.

S. O. F.

Le premier salon de l’entreprenariat et des échanges professionnels des Gabonais du Sénégal a été lancé avant-hier jeudi. Une dizaine d’entrepreneurs gabonais a exposé, à l’ambassade de Libreville à Dakar, divers produits. Ce salon est une occasion, selon leur représentant, Dave Ekang, de promouvoir le savoir-faire des entrepreneurs gabonais à Dakar.

La République du Gabon a célébré, hier, le 57ème anniversaire de son accession à l’indépendance. En terre gabonaise au Sénégal, la fête de l’indépendance de ce pays a été célébrée à travers le premier salon de l’entrepreneuriat et des échanges professionnels des Gabonais du Sénégal. A l’ambassade du Gabon à Dakar, située sur la route de Ouakam, dans le paisible quartier de Mermoz, des entrepreneurs gabonais ont exposé des produits riches et variés. Des chaussures et vêtements de marque sont exposés par le duo Nicho et Alf ; deux jeunes étudiants gabonais à Dakar qui s’activent dans le commerce. D’après Alf, leur objectif est d’ouvrir à Dakar un grand magasin pour mieux développer leur commerce et dans l’avenir avoir leur propre marque « Nicho et Alf ». Cédrick Orphée Ayouné, directeur de la Compagnie africaine d’industrie et de négoce (Cafine) s’active dans la vente de l’huile végétale raffinée. Il met sur le marché l’huile « Ndèye Fatou Nekh Lokho ». Même si son produit est bien connu des femmes sénégalaises surtout dans l’agglomération de Dakar, M. Ayouné compte mettre en place une large chaîne de distribution pour vendre cette huile dans toutes les régions du pays. De jeunes entrepreneurs qui s’activent dans la communication digitale ont aussi exposé, à cette occasion, leurs produits à l’ambassade de la République du Gabon à Dakar.

Selon le représentant des entrepreneurs et professionnels gabonais au Sénégal, Dave Ekang, le salon qui est à sa première édition est un espace qui permet aux entrepreneurs de promouvoir leur savoir-faire et savoir-être acquis durant le parcours académique. D’après toujours M. Ekang, dans la coopération entre le Gabon et le Sénégal, Dakar accueille, chaque année, des étudiants venant de Libreville. Ainsi, certains, après leurs études, décident de travailler dans les entreprises sénégalaises. D’autres ont même mis en place leurs propres entreprises. «Nous sommes le fruit de l’éducation sénégalaise et l’école sénégalaise est pour nous une référence. C’est une fierté pour nous d’exposer, auprès de ce public, le résultat de nos initiatives entrepreneuriales », s’est réjoui Dave Ekang. Aujourd’hui, M. Ekang dénombre une vingtaine d’entrepreneurs gabonais au Sénégal. Ces derniers s’activent dans les secteurs de l’agro-alimentaire, de l’industrie plastique, du Btp (bâtiment et travaux public), de la communication… « Nous espérons qu’au sortir de cette journée, les échanges entre entrepreneurs gabonais et sénégalais aboutissent à des partenariats concrets mais aussi nous souhaitons, au sortir de cette journée, susciter chez nos frères et sœurs, l’envie d’entreprendre que ce soit au Sénégal ou ailleurs », a-t-il ajouté.

L’ambassadeur du Gabon au Sénégal, Michel Régis Ndiaye qui a présidé la cérémonie de lancement de la première édition du salon de l’entrepreneuriat et des échanges professionnels des Gabonais du Sénégal a informé les exposants que les orientations du président de la République du Gabon, Aly Bongo Odimba, sont de mettre en avant la diplomatie gabonaise partout à travers le monde.

Aliou Ngamby NDIAYE

Pour mieux assurer la formation des agents du secteur maritime, le ministre de la Pêche et de l’Économie maritime a indiqué que l’école nationale de formation maritime (Enfm) sera bientôt muée en école supérieure. Oumar Guèye a laissé entendre que le président de la République, lors de sa dernière visite en Pologne, a décidé, avec l’appui des spécialistes de ce pays, de transformer l’Enfm en une école supérieure nationale de formation maritime avec les commodités d’une université. Le ministre a également annoncé aussi que le quai de pêche de Mboro sera construit cette année en plus des complexes frigorifiques et du point de débarquement de Soumbédioune qui sera bientôt livré.

L’Ecole nationale de formation maritime (Enfm) a organisé, avant-hier, la cérémonie de remise des diplômes de la promotion 2016-2017. Lors de cette rencontre, 36 élèves issus de 4 sections ont reçu leur parchemin. Le ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, Oumar Guèye, qui a présidé la cérémonie, a annoncé plusieurs mesures de lutte contre la pêche illicite.

36 élèves de la promotion 2016/2017 l’Ecole nationale de Formation maritime (Enfm) ont reçu, hier, leur diplôme lors d’une cérémonie présidée par le ministre de la Pêche et de l’Économe Maritime, Oumar Guèye. Ces élèves sont issus de quatre sections de l’établissement, à savoir la section officier, chef mécanicien de navire, la section permis de conduire ; brevet d’études professionnelles maritimes/polyvalent (pont et machine) et la section brevet de capacité en navigation maritime. La promotion sortant de l’Enfm a choisi comme parrain le directeur de la Compagnie africaine de pêche au Sénégal (Capsen), le Coréen Jong Koo Lee. Cette société a développé un partenariat avec l’école nationale de formation maritime marqué par l’envoi de son personnel dans l’établissement pour le renforcement des capacités, mais aussi par l’accueil à Capsen de stagiaires et des diplômés de l’Enfm. Le directeur de Capsen, Jong Ko Lee a indiqué que c’est un grand honneur pour lui d’être choisi comme parrain par cette école qui a formé plus de 1.300 cadres depuis sa mise en place en 1964. Le directeur de l’Enfm, Babacar Faye, a salué le protocole de partenariat qui lie l’école à la Compagnie africaine de Pêche au Sénégal (CapSen) tout en saluant le travail de l’équipe professorale.

La pêche illicite fait perdre au Sénégal 150 milliards par an
Par rapport à la pêche Inn qui fait perdre au Sénégal 150 milliards de FCfa par an, le ministre Oumar Guèye rassure que le Sénégal fait tout pour venir à terme de ce fléau. Il rappelle que l’adoption du nouveau Code de la pêche intègre des innovations majeures pour la protection de la ressource comme l’augmentation de la taille minimale de capture de plusieurs espèces comme les sardinelles (de près de 10 à 18 centimètres) et les mérous de 20 à 40 centimètres. Après avoir félicité les 36 récipiendaires, il leur a souhaité une bonne intégration dans le secteur maritime. Il a également noté que la présence de CapSen dans notre pays est le témoin des bonnes relations entre la Corée du Sud et le Sénégal. Il rappelle que c’est ce pays qui a construit plusieurs ouvrages du secteur pour le Sénégal, notamment le port de Ndahonga, mais aussi les bateaux Aguène et Diambogne, entre autres.

Pour sa part, commentant le thème de la sortie de promotion, «pêche au Sénégal : pêche illicite non déclarée et non réglementaire (Pêche-Inn) et prévention des ressources», le directeur de l’École nationale de formation maritime, Tahirou Samb, est revenu sur la nécessité de protéger les ressources halieutiques « car la pêche illicite entraîne la raréfaction de la ressource».

Oumar KANDE

CanGabon90x700ok


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.