Comme si le courant coupait en plein concert, pendant que l’orchestre jouait son morceau fétiche. L’on devine alors le soupir bruyant des spectateurs déçus. Ainsi peut-on caricaturer le coup de force des militaires survenu hier en République de Guinée-Bissau.
Grande est la déception de la communauté internationale qui espérait sans doute une continuité du régime démocratique ou une alternance par les urnes dans ce petit pays de l’Afrique de l’Ouest. Citée parmi les plus pauvres au monde, avec ses deux millions d’habitants, la Guinée-Bissau, minée par plusieurs putschs et tentatives de putschs, venait de boucler, pour la première fois, le mandat d’un chef d’État. Le président sortant, Umaro Sissoco Embaló, s’en réjouissait fièrement d’ailleurs.
L’espoir était alors permis pour ce charmant voisin du Sénégal. Mais hélas ! Chaque camp des deux candidats arrivés en tête des urnes commençait à revendiquer la victoire. Et comme au Gabon, en 2023, quand les soldats de la Garde présidentielle sont venus siffler la fin de la récréation, un processus électoral est encore interrompu par l’armée en Afrique. Après le Mali, le Burkina, le Niger, la Guinée, le bruit des bottes a encore pris le dessus sur la symphonie électorale. La démocratisation, prônée par la Conférence de la Baule, est encore loin d’être acceptée par tous sur le continent africain 35 ans après…
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