Le nom de Mbaye Diagne reste associé à un courage rare, celui d’un officier sénégalais qui, en 1994, choisit d’agir alors que le Rwanda sombrait dans le génocide. Né le 18 mars 1958 à Coki, au Sénégal, Diagne avait suivi une formation à l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar avant d’intégrer l’École nationale des officiers d’active. Il gravit rapidement les échelons de l’armée sénégalaise et atteint le grade de capitaine, commandant la 3ᵉ compagnie du 6ᵉ bataillon d’infanterie, avec une expérience militaire acquise notamment lors du conflit en Casamance.
En 1993, il est envoyé au Rwanda comme observateur militaire pour l’Organisation de l’unité africaine, puis intégré à la Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda (MINUAR), chargée de superviser la mise en œuvre des accords d’Arusha. Lorsque le génocide éclate en avril 1994 après l’assassinat du président rwandais, le chaos et la terreur s’abattent sur Kigali. Diagne, en violation des règles strictes de l’ONU, prend l’initiative de sauver des civils, cachant des Tutsis dans sa voiture et les conduisant vers des installations de l’ONU. Il protège également des Hutus et des Sénégalais expatriés. Selon diverses estimations, il aurait sauvé plus de 1 000 vies.

Son engagement a été reconnu à titre posthume. En 2005, il est décoré Chevalier de l’Ordre national du Lion du Sénégal. En 2014, le Conseil de sécurité de l’ONU crée la médaille du capitaine Mbaye Diagne pour honorer le courage exceptionnel. Le 22 mars 2024, une statue est érigée à Dakar pour rappeler son exemple.
P.A.SY


