Le ministère de la Justice, la Garde des Sceaux, Yacine Fall, a, dans un point de presse tenu ce mardi, livré des précisions sur la situation judiciaire de Farba Ngom. La ministre a notamment fait état de faits relevés en milieu carcéral à l’issue d’investigations menées par l’administration pénitentiaire, évoquant des éléments susceptibles de donner lieu à de nouvelles procédures.
La ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Yacine Fall, s’est exprimée, mardi, sur la situation judiciaire de Mohamadou Ngom, connu sous le nom de Farba Ngom, actuellement placé sous mandat de dépôt. Cette communication intervient, selon elle, dans le cadre du devoir d’information de l’opinion publique lorsque des faits survenus en milieu carcéral sont susceptibles d’affecter l’intégrité de la justice et l’ordre public.
La tutelle a indiqué que des investigations approfondies, engagées depuis plusieurs semaines sur les conditions d’incarcération du détenu, ont permis de mettre en évidence des faits appelant, selon ses termes, à des poursuites judiciaires renforcées.
Sur le plan judiciaire, la ministre a rappelé que Farba est poursuivi dans le cadre de deux procédures distinctes pour des faits à dimension transnationale, notamment association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux et escroquerie. Les montants en cause sont estimés à 31,8 milliards et 91,6 milliards de francs CFA. Il est également poursuivi pour complicité d’abus de biens sociaux.
S’agissant des constats effectués en détention, Yacine Fall a précisé qu’une fouille menée le 28 décembre 2025 dans le pavillon spécial de la prison a permis de découvrir que le détenu était en possession de deux téléphones portables, détenus en violation du règlement intérieur des établissements pénitentiaires.
Selon la ministre, ces appareils ont servi à des communications structurées et transfrontalières avec plusieurs pays, notamment le Maroc, le Mali, l’Autriche, le Bangladesh et les États-Unis. Ils auraient également été utilisés pour des opérations financières, ainsi que pour le suivi de chantiers en construction.
Les analyses ont, par ailleurs, mis en évidence des échanges répétés avec diverses personnalités, parmi lesquelles des acteurs politiques, des avocats – dont d’anciens ministres – ainsi que des journalistes et responsables de médias. La ministre a évoqué des centaines d’appels et de messages, dont plusieurs centaines d’interactions avec des responsables politiques et des professionnels de la presse.
Elle a également indiqué que ces téléphones auraient servi à la réception et à la diffusion de procès-verbaux judiciaires confidentiels portant sur deux dossiers, ainsi qu’au partage de contenus à caractère pornographique, y compris avec l’un de ses conseils. Des échanges relatifs à des manœuvres à caractère politique, susceptibles de troubler l’ordre public, ont aussi été identifiés.
Concernant l’état de santé du détenu, la Garde des Sceaux a réfuté les informations faisant état d’une incompatibilité entre la détention et son état médical. Elle a affirmé que les éléments objectifs disponibles font ressortir « une activité soutenue et constante », marquée par de multiples communications, la coordination de flux financiers et diverses stratégies. Elle a rappelé que toute évaluation médicale relève exclusivement des autorités sanitaires compétentes et ne saurait faire obstacle à l’application de la loi.
Face à ces faits, le ministère de la Justice a annoncé l’ouverture d’enquêtes approfondies. « L’État du Sénégal réaffirme sa tolérance zéro face à la criminalité organisée, aux violations des règles carcérales et à toute tentative d’instrumentalisation politique de faits judiciaires graves », a déclaré Yacine Fall. La ministre a enfin assuré que la justice poursuivra son action « avec fermeté, dans le strict respect de la loi et des droits », en vue de préserver l’autorité de l’État et la confiance des citoyens.


