Dix ans après la création de sa Cellule Genre, le ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage veut renforcer la prise en compte de l’équité de genre dans ses budgets et ses programmes. Lors d’un atelier tenu ce mardi 20 octobre à Diamniadio, le ministre Cheikhou Oumar Ba a appelé l’ensemble de ses services à traduire cet engagement en actions concrètes.
La Cellule Genre et de l’Équité du ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage (MASAE) a organisé, mardi 20 octobre, à la Sphère ministérielle Ousmane Tanor Dieng de Diamniadio, un atelier de partage des résultats et de capitalisation des bonnes pratiques, avec l’appui du Programme agricole Italie-Sénégal (PAIS).
En présidant la rencontre, le ministre Cheikhou Oumar Ba a reconnu les progrès accomplis depuis 2016, tout en insistant sur la nécessité de franchir une nouvelle étape. Selon lui, l’intégration du genre doit désormais se traduire dans les décisions quotidiennes, les outils de planification, les allocations budgétaires et l’exécution des programmes. Il a également souligné que cette responsabilité ne relève pas de la seule Cellule Genre, mais de l’ensemble des directions, services techniques, projets et programmes du département.
« Intégrer l’équité de genre et l’autonomisation des femmes dans l’agriculture et l’élevage, c’est avant tout reconnaître à sa juste valeur la contribution inestimable des femmes et des groupes vulnérables à la souveraineté alimentaire de notre pays », a-t-il déclaré. Le ministre s’est engagé à donner une suite concrète aux recommandations de l’atelier, notamment dans les arbitrages budgétaires, la formation, la sensibilisation et les études sectorielles.
Des femmes au cœur de la production, mais loin des ressources
Les femmes occupent une place centrale dans la production, la transformation et la valorisation des produits agricoles, ainsi que dans la sécurité alimentaire des ménages. Elles restent pourtant confrontées à des difficultés d’accès au foncier, au financement, aux équipements et aux opportunités économiques.
Pour répondre à ces inégalités, le MASAE a mis en place plusieurs instruments depuis 2016. Il s’agit notamment de la circulaire n° 0989 du 5 juin 2018 sur la promotion du genre dans les activités agricoles, des audits genre, des outils de planification et des plans d’action genre dans les domaines du foncier, du riz, de l’énergie productive et du climat.
Le ministère a également développé le Programme d’autonomisation économique des femmes dans les secteurs de l’agriculture et de l’élevage (PAEFA). Un Plan d’institutionnalisation du genre (PIG) est par ailleurs en préparation pour le volet élevage.
Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, de la Stratégie nationale pour l’équité et l’égalité de genre (SNEEG) et de la Loi d’orientation agro-sylvo-pastorale et halieutique (LOASPH).

Les services départementaux formés dans les 14 régions
Partenaire de la Cellule Genre, le PAIS accompagne la mise en œuvre de son plan d’action à travers des protocoles annuels signés à la suite de l’audit genre du ministère. Son coordonnateur, M. Fall, a cité parmi les principales réalisations l’élaboration du PAEFA et la formation des services départementaux du développement rural (SDDR) des 14 régions du pays sur l’intégration du genre dans le secteur agricole.
Il a également salué le partenariat avec l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS), qui ne se limite pas au financement, mais repose également sur une collaboration technique.
L’atelier avait pour objectif d’identifier les expériences réussies, les conditions de leur réussite et les moyens de les étendre. Il s’agit d’en faire des outils d’aide à la décision afin de rendre les interventions dans l’agriculture et l’élevage plus inclusives et plus performantes.


