Entre élégance, identité et engagement social, la quatrième édition de la Casamance Fashion Week et le deuxième gala Miss ambassadrice Casamance ont transformé le port de Ziguinchor en une vitrine culturelle et touristique grandeur nature. Une initiative portée par Aya Guèye, déterminée à faire rayonner la Casamance bien au-delà de ses frontières.
ZIGUINCHOR – Dans la nuit chaude et vibrante du 30 décembre 2025, Ziguinchor a vécu l’un de ces moments rares où culture, mode et fierté territoriale se confondent.
L’esplanade de la zone commerciale du port, habituellement animée par les va-et-vient des voyageurs et passants, a changé de visage. Sous un ciel dégagé, bercée par la brise venue du fleuve Casamance, cette vaste étendue ouverte sur l’eau s’est métamorphosée en un podium à ciel ouvert, illuminé par des jeux de lumière et animé par une foule dense et enthousiaste. Situé à quelques minutes du Mémorial-musée « Le Joola », le site du défilé offrait un décor hautement symbolique.
D’un côté, le fleuve majestueux, silencieux témoin de l’histoire et des échanges de la région ; de l’autre, les bâtiments portuaires et autres installations, rappelant le rôle stratégique de Ziguinchor comme carrefour économique et culturel du Sud du Sénégal. L’esplanade bien dégagée, permettait au public de s’installer librement, créant une proximité rare entre les candidates et les spectateurs. Dès les premières heures de la soirée culturelle, les lieux ont été pris d’assaut par des passionnés de mode, des curieux, des familles, mais aussi des acteurs culturels et institutionnels venus de divers horizons.
Peu avant 22 heures, tout était fin prêt. Les candidates, issues des trois régions naturelles de la Casamance, affichaient une détermination visible. Chacune espérait se distinguer et porter la couronne de Miss ambassadrice Casamance, symbole d’élégance, d’engagement et de représentation territoriale.
Le défilé, ponctué d’ovations, de cris de joie et d’applaudissements nourris, a offert un véritable spectacle vivant. Les créations présentées, inspirées des tissus, des couleurs et des symboles casamançais, mêlaient modernité et héritage culturel. La haute couture s’est imposée comme un langage universel, racontant la Casamance à travers ses motifs, ses coupes et son audace. Un engagement en faveur des pupilles de la Nation Fondatrice de la Fondation Sitoé et promotrice de la Casamance Fashion Week, Aya Guèye n’a pas caché sa satisfaction à l’issue de l’événement.
« Cette quatrième édition et le deuxième gala de Miss ambassadrice Casamance viennent de s’achever dans une atmosphère exceptionnelle. J’ai ressenti une forte solidarité entre les populations, ainsi qu’un réel accompagnement des autorités locales et étatiques. L’ambiance était extraordinaire et le public a répondu massivement présent. À mes yeux, tout s’est déroulé comme nous l’espérions », confie-t-elle. Pour le mannequin international originaire de Diembéring, ces rendez-vous culturels ont désormais dépassé le simple cadre de l’animation sociale. «
Aujourd’hui, la Casamance Fashion Week et Miss ambassadrice Casamance ont un impact réel, notamment sur le plan touristique. C’est une opportunité que les autorités doivent saisir en soutenant davantage ce projet, car il contribue à promouvoir la Destination Casamance », souligne la fille de Diembéring, dans le département d’Oussouye. Le choix du port de Ziguinchor comme lieu du défilé n’était pas anodin. Il s’inscrit dans une démarche à la fois symbolique et sociale.
« La Fondation Sitoé poursuit son engagement en faveur des pupilles de la Nation. C’est aussi pour cette raison que nous avons organisé cet événement à proximité du Mémorial « Le Joola ». Nous avons déjà accompagné quinze pupilles dans des formations grâce à un partenaire, et nous restons engagés à les soutenir. Notre action vise à contribuer au développement et au désenclavement de la Casamance », a expliqué Aya Guèye.
Au-delà du glamour et du spectacle, la promotrice insiste sur la dimension sociale de son initiative. « À travers ces deux événements, nous voulons participer à l’autonomisation des jeunes filles et des femmes. La Casamance regorge d’énormes potentialités, et nous avons voulu le démontrer concrètement », affirme Aya Guèye.
Le temps d’une nuit, le port de Ziguinchor est ainsi devenu une scène d’expression culturelle, un espace de revendication identitaire et une vitrine touristique. Un pari réussi pour Aya Guèye, qui continue, à travers la mode et l’engagement social, de raconter et de vendre la Casamance au monde.
Gaustin DIATTA (Correspondant)

