Les objets d’art sont aussi au rendez-vous à la Fidak. Ces productions artistiques subliment le décor au Centre international du commerce extérieur du Sénégal (Cices). Sculpteurs, ébénistes et artisans rivalisent par la beauté de leurs créations.
Le temps est clément dans l’enceinte du Centre international du commerce extérieur du Sénégal (Cices) où se déroule la Foire internationale de Dakar (Fidak). Beaucoup de visiteurs sont habillés en veste, jacket ou pull-over pour se prémunir contre le froid. Les activités de routine se déroulent normalement.
Au pavillon Sénégal, manutentionnaires poussent des chariots remplis de bagages. Certains d’entre eux distribuent de la marchandise dans des stands tandis que d’autres prennent la direction des pavillons Vert et Orange.
Sur une petite surface est érigée une échoppe où sont exposés des tableaux d’art aux couleurs lumineuses sous l’effet des lampes frontales incorporées. Ces œuvres représentent le continent africain à travers la carte de l’Afrique et la beauté de la femme africaine mettant en exergue leur noirceur d’ébène ainsi que les colliers ancestraux qu’elles portent.
À côté, un homme habillé en jean tacheté de peinture assorti d’une chemise blanche. Baïdy, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est un artiste sénégalais spécialisé dans la peinture africaine. Sans détour, il dévoile la quintessence de son imagination culturelle.
« Je suis un panafricaniste, et c’est ce qui se reflète sur mes œuvres. La peinture est l’expression de mes sentiments. Et ces émotions sont vives dans mes tableaux. Le mélange de couleurs symbolise tout le potentiel que regorge le continent africain en trait avec la femme », renseigne-t-il, avant de répondre aux questions d’un client.
Au pavillon Vert, des agents de la foire qui portent des gilets verts fluorescents vérifient si les consignes d’occupation des stands sont respectées par les exposants. En effet, dans chaque rayon de vente, une seule table où sont exposées des marchandises est autorisée.
Juste après, un exposant étranger lance aux vérificateurs : « I have only one table (Ndlr : je n’ai qu’une seule table). »
Un peu plus loin dans ce bâtiment, un sculpteur travaille avec soin et précision sur un bout de bois d’ébène qui prend la silhouette d’un lion enragé. Lamine Ndiaye s’affaire sur cette sculpture en guettant un potentiel client.
Tout autour de lui, d’autres objets d’art sont soigneusement exposés sur des étagères et étals. Il s’agit des masques africains, figurines d’animaux et des statuettes.
Lamine, d’un air timide, pieds empoussiérés, yeux rougeâtres, explique la source de sa science. « J’ai eu ce don par le biais de mon grand-père. Il m’a légué cet héritage et je continue de le perpétrer. Chaque objet d’art est réalisé avec le bois qu’il faut. Si on ne connaît pas le type de bois nécessaire, il est quasiment impossible de le faire. Tout ce travail présenté à la foire est le fruit de longs moments d’efforts », soutient-il.
À quelques jets de pierre de l’emplacement de Lamine se trouve le rayon d’un autre artiste. Ce dernier allie le fer et le bois. Les créations en bronze sont celles des animaux et celles en bois représentent l’être humain dans toute sa splendeur.
Le maître des lieux est un ressortissant d’un pays de la sous-région. Sous l’effet de l’éclairage des lampes, ses œuvres brillent et scintillent comme une étoile lunaire.
Dramane, son nom d’artiste, est à sa première année d’exposition. Il espère conquérir le cœur des acheteurs grâce à ses œuvres. « Pour ma première à Dakar, je voudrais que mes objets d’art attirent et suscitent l’attention de tous ceux qui le verront. Et il faut préciser qu’il est rare de voir un artiste qui sait allier deux matières distinctes comme le bois et le fer et Dieu m’a fait ce don », argue-t-il avec le visage empreint d’espoir.
Par Elhadji Ibrahima DIALLO (Stagiaire)

