Du 22 au 24 octobre 2026, la Place de la Nation accueillera la cinquième édition du Salon du Livre Féminin de Dakar. Organisé par Les Cultur’Elles, ce rendez-vous littéraire mettra en lumière les héritages culturels transmis par les femmes, avec l’écrivaine Véronique Tadjo comme invitée d’honneur et le Mali comme pays invité.
La littérature féminine reprend ses quartiers à Dakar. Après plusieurs éditions consacrées à la promotion des œuvres de femmes, le Salon du Livre Féminin revient du 22 au 24 octobre 2026 à la Place de la Nation, anciennement place de l’Obélisque. Pour cette cinquième édition, les organisatrices placent la mémoire et la transmission au centre des échanges, autour du thème : « Le matrimoine en action : hériter, écrire, transformer ».
Dans le dossier de presse, Les Cultur’Elles expliquent que cette thématique invite à « redécouvrir les héritages transmis par les femmes, à interroger leur place dans la mémoire collective et à reconnaître leur rôle dans la création et la transformation des sociétés ». L’enjeu est de rendre visibles des savoirs, des pratiques, des récits et des œuvres longtemps minorés dans les représentations dominantes du patrimoine.
Durant trois jours, autrices, éditrices, chercheuses, artistes et professionnelles de la culture venues du Sénégal et d’ailleurs prendront part à des conférences, des rencontres littéraires et professionnelles, des ateliers de cocréation, des expositions, des présentations d’ouvrages et des séances de dédicaces. Autant d’activités destinées à encourager la lecture, soutenir la création littéraire féminine et favoriser la circulation des savoirs.
Véronique Tadjo au cœur des échanges
L’écrivaine Véronique Tadjo sera l’invitée d’honneur de cette édition, tandis que le Mali sera le pays invité. Son programme prévoit notamment une rencontre scolaire au lycée Mariama Bâ de Gorée, le 21 octobre, puis une rencontre publique le vendredi 23 octobre à 17 h. Aux côtés de Fatimata Diallo Ba, elle échangera avec le public sur son parcours, son œuvre et ses réflexions autour de la littérature, de la mémoire et des sociétés contemporaines.
Le jeudi 22 octobre, la cérémonie d’ouverture sera marquée par une conférence inaugurale de Mariama Ndoye, spécialiste de littérature orale léboue et directrice-conservatrice du musée Léopold Sédar Senghor. À 15 h 30, un panel réunira Véronique Tadjo, la professeure Fatou Sow, Awa Sene Srr et Sokhna Benga pour explorer les liens entre oralité, mémoire, écriture et transmission.
Deux prix pour consacrer les plumes féminines
La reconnaissance des autrices figure également parmi les priorités du Salon. Deux distinctions seront remises lors de la cérémonie d’ouverture, le jeudi 22 octobre. Le Prix Ken Bugul du Livre récompense les œuvres littéraires écrites par des femmes. Pour cette édition, quatorze ouvrages ont été examinés et sept finalistes retenus.
Le Prix des Lycéennes du 1er Livre Féminin distingue, quant à lui, un premier ouvrage écrit par une Sénégalaise et publié par une maison d’édition sénégalaise. En associant les lycéennes à la découverte et à l’évaluation des œuvres, cette initiative entend stimuler la lecture critique et favoriser les rencontres entre jeunes lectrices et autrices.
Le programme prévoit également la présentation du recueil de nouvelles À Contre-Plumes, issu d’une résidence de création et d’écriture organisée en avril 2026. Cette démarche s’inscrit dans la volonté de soutenir les femmes dans leur parcours littéraire et de leur offrir des espaces de création et de partage d’expériences.
Un espace de transmission et de visibilité
Au fil de ses éditions, le Salon du Livre Féminin de Dakar a accueilli plus de 300 intervenantes et intervenants, accompagné 56 femmes dans le cadre de résidences de création et permis la publication de cinq ouvrages collectifs. L’édition de 2025 avait rassemblé plus de 1 000 visiteurs et participants.
Fondée en 2021 par Amina Seck, la structure Les Cultur’Elles œuvre à la valorisation des industries culturelles et créatives au profit des femmes. À travers le Salon, elle ambitionne de renforcer leur visibilité dans les espaces de création et de diffusion du savoir.
Comme le rappelle le dossier de presse, l’ambition est de « faire de Dakar la capitale de la littérature féminine ». Un objectif qui prend, cette année, le chemin du matrimoine : reconnaître les héritages légués par les femmes, faire entendre leurs récits et inscrire leur contribution dans la mémoire collective.
Arame NDIAYE


