Le Sénégal prendra officiellement part à la 61e édition de la Biennale d’art de Venise(Italie) avec le projet « “Wurus“ – Ce que la Terre nous offre », une installation de l’artiste sénégalaise Caroline Guèye.
Prévue du 9 mai au 22 novembre 2026, la 61e édition de la Biennale d’art de Venise, en Italie, verra cette année la participation du Sénégal. Le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme a informé hier, vendredi 6 mars, que le pays sera représenté à travers l’installation de l’artiste Caroline Guèye.
Intitulé « Wurus » (« or » en wolof), ce projet, indique un communiqué, « convoque la mémoire d’un métal dont l’histoire façonne les destins depuis des millénaires ». C’est-à-dire « de l’Empire du Mali au XIVe siècle aux enjeux technologiques et géopolitiques contemporains, l’or traverse les civilisations, les continents et les siècles ».
En plus, « né des étoiles à neutrons et de l’impact de météorites sur la Terre, cet élément rare tient une place centrale dans notre quotidien, des satellites spatiaux aux téléphones portables, du télescope James Webb Space Telescope à la médecine de pointe ».
En effet, Caroline Guèye « interroge ce paradoxe : un métal omniprésent dans notre modernité, mais dont l’histoire demeure trop souvent absente des mémoires collectives ». Selon le document du ministère, « l’exposition se déploie à travers une succession de situations spatiales soigneusement orchestrées ».
« Certains éléments se révèlent directement, d’autres à travers des ouvertures, des reflets ou des changements de perspective. Des sculptures murales en laiton et en polymère bronze s’intègrent à l’architecture conçue pour l’exposition, tandis qu’une installation lumineuse est visible depuis un espace adjacent. Plutôt qu’une présentation linéaire, l’œuvre invite le visiteur à ajuster sa position dans l’espace et à prendre conscience de la manière dont la perception évolue avec la distance et le mouvement. »
« Au Sénégal, l’extraction aurifère articule encore aujourd’hui pratiques artisanales et ambitions industrielles », ajoute-t-il. L’exposition « Wurus », dont le curateur est Massamba Mbaye, « invite à repenser cet héritage non sous l’angle de la victimisation, mais dans une perspective de valorisation culturelle et de réappropriation souveraine du rayonnement africain ».
Dans ce projet, l’or est envisagé « non pas comme un matériau à exposer, mais comme une condition d’attention, de perception et de valeur ».
Par ailleurs, le Sénégal figurera également dans l’Exposition internationale, avec la sélection de deux artistes majeurs : Séni Camara et Issa Samb, ainsi qu’un projet du Raw Material Company, la plateforme culturelle dakaroise fondée par Koyo Kouoh.
Pour le ministère de la Culture, « la 61e édition de la Biennale d’art de Venise revêt une signification particulière pour le continent africain, car elle a été placée sous la direction artistique de Koyo Kouoh, commissaire et critique d’art camerounaise, fondatrice du Raw Material Company et directrice du Zeitz Museum of Contemporary Art Africa (Zeitz MOCAA) au Cap, disparue en mars 2025.
Cette dernière est reconnue pour « son engagement indéfectible en faveur de la reconnaissance et du rayonnement de la création africaine, qui a marqué une génération d’artistes et d’institutions culturelles sur le continent et au-delà ».
Ibrahima BA

