La Fondation Konrad Adenauer Stiftung (KAS), en partenariat avec la Convention des Jeunes Reporters du Sénégal (CJRS), a organisé ce samedi 15 novembre 2025 une rencontre de haut niveau à la Résidence Mamoune de Dakar. Placé sous le thème « Liberté d’information face à la crise économique dans un État de droit », l’événement a réuni journalistes, juristes, experts des médias et représentants d’institutions pour débattre des défis majeurs qui traversent aujourd’hui le secteur de la presse sénégalaise.
Le premier panel, consacré à l’indépendance des médias dans un contexte économique tendu, a mis en lumière les fragilités structurelles du secteur.
L’expert en droits des médias, Bouna Manel Fall, a dénoncé l’opacité persistante autour du marché publicitaire : « La gestion de la publicité est une véritable nébuleuse. On ne connaît pas réellement la manne financière qu’elle génère. D’où la nécessité d’une réforme approfondie. » Il a plaidé pour l’application stricte des dispositions prévues dans le futur Code de la publicité, en particulier les articles 4 alinéa 2, 6 et 58, afin d’encadrer un secteur clé pour la viabilité économique des médias.
La communicante Sophie Ly Sowa a, pour sa part, insisté sur la contribution décisive des femmes dans la consolidation de la démocratie :« Notre construction nationale passe par nous les femmes. »
Femmes et médias : leadership fragilisé et injustices persistantes
Le second panel a donné la parole aux femmes professionnelles des médias, qui ont partagé leurs expériences et les obstacles qui freinent encore leur ascension dans le secteur. La journaliste Faty Dieng a témoigné des résistances auxquelles sont confrontées les femmes lorsqu’elles ambitionnent des postes de responsabilité : « Elles se heurtent à un système difficile à briser, sans logique. Quand j’ai voulu retracer l’itinéraire de l’exil de Cheikh Ahmadou Bamba, on m’a dit que c’était impossible pour une femme ». De son côté, Aminata Fall Niang, présidente de l’Association des Juristes Sénégalaises, a alerté sur la faiblesse du cadre de protection des femmes et des enfants dans la couverture médiatique :« Dans les faits divers, il n’existe quasiment aucune protection pour les femmes et les enfants. Leur vulnérabilité est trop souvent ignorée. »


