Dans le milieu concurrentiel de la musique, l’auteur-compositeur-interprète et guitariste Ngala Diaw s’est forgé une voie et une voix. L’artiste, fort de cinq singles à son actif, prépare actuellement son premier album.
Avec un style musical nourri par l’afropop, Ngale Diaw, plus connu sous le nom d’artiste Ngala, a fini par se faire une place dans l’univers de la world music. Mais tout n’a pas été un long fleuve tranquille pour ce natif de Louga, qui a grandi à Richard-Toll. L’artiste a dû embrasser une carrière solo après la dislocation de son groupe Big Bone J, qui avait connu du succès dès sa création à l’aube des années 2000.
« Avec ce groupe de rap très réputé, nous avons gagné presque tous les trophées à Richard-Toll. Nous faisions les premières parties lorsque les grosses pointures de la musique sénégalaise, à l’instar de Youssou Ndour, Baaba Maal, Kiné Lam, Titi… venaient y prester », souligne l’auteur-compositeur-interprète et guitariste.
Ngala et sa bande ont également décroché le prix Oscar des vacances Richard-Toll en 1999. Cependant, après une phase de déclin, l’aventure avec Big Bone J s’arrête en 2005.
« Après le collège, nous avons tous été réorientés à Dakar, où nous avons continué à faire des scènes. Seulement, je ressentais le relâchement des autres membres du groupe car, pour eux, la musique n’était plus une priorité », souffle-t-il.
Très tôt inspiré par Pbs, Daara J, Pee Froiss, Rapadio, entre autres, Ngala, qui a consommé toute cette musique de la belle époque, poursuit son rêve.
« J’ai acheté ma propre guitare avec l’aide de ma maman pour continuer à évoluer en solo. C’est surtout cette guitare qui m’a détourné du rap vers la world music, puisque j’ai commencé à découvrir les harmonies et la richesse de la musique, ce qui devenait beaucoup plus intéressant », confie-t-il.
Avec le temps et l’énergie de la passion, l’artiste enchaîne les compositions.
« J’ai continué à creuser et à faire des recherches jusqu’à trouver le style de musique qui me convient le plus, c’est-à-dire l’afropop, qui n’est rien d’autre que le mélange de la world music avec nos sonorités, nos rythmes, nos instruments », souligne-t-il.
Le mbalax, une musique à contretemps
Combinant études et musique, le guitariste décroche son baccalauréat. Les portes de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) s’ouvrent à lui. Après une année dans le temple du savoir, il apprend l’ouverture du concours de l’École nationale des arts actuelle École nationale des arts et métiers de la culture (Enamc). Il postule et réussit ce concours.
La formation lui permet d’affiner son talent et d’acquérir de multiples connaissances dans le domaine musical. « Ces apprentissages sont fondamentaux pour tout artiste qui veut surtout faire une carrière à l’international », avance-t-il.
Le sérieux et la constance lui permettent d’être parmi les têtes de liste de sa promotion. « C’est cette position qui m’a valu mon poste à Dakar, dans une école de la place, comme professeur de musique, après deux ans dans le département art scénique et quatre années de formation comme élève-professeur », relève-t-il.
Pour une carrière dans le milieu de la musique, rester dans la capitale s’avérait une occasion en or. Grâce à cela, Ngala a pu se rapprocher des studios et des professionnels du secteur, ce qui lui a permis de poursuivre sa pratique musicale sur son temps libre. Cela lui donne l’occasion de faire de la musique à temps plein, à la fois à l’école et en dehors des classes.
En choisissant l’afropop, Ngala Diaw a opté pour un style éloigné du mbalax populaire et de son immense public. L’artiste jette un regard sur cette musique « Made in Sénégal » qui fait l’identité du pays.
De son point de vue, l’instrument ne définit pas le style musical ; c’est le tempo qui le caractérise. « Le mbalax est une musique qui met l’accentuation sur les temps faibles, alors que les normes universelles nous disent que ce sont les temps forts qui doivent être accentués. Ce qui fait du mbalax une musique à contretemps, difficile à danser pour quelqu’un qui ne le connaît pas », explique-t-il.
La musique de Ngala est un mélange de jazz, de folk et de blues. Elle porte une identité populaire, nourrie par la richesse des sonorités du continent à travers les diverses ethnies.
L’artiste s’inspire de son milieu et du quotidien pour écrire ses textes. « D’habitude, je ne cherche pas loin quand j’écris. Mes textes reflètent souvent tout ce qui tourne autour de moi, c’est-à-dire moi d’abord, mon entourage et leur vécu quotidien. Ce qui donne les thèmes comme « Yaay », « Raak », « Wallou », « Sénégal », « Téléphone », « Door Fayou » », avance-t-il.
Ngala a commencé la musique dès la classe de 6e secondaire, après des vacances à Dakar. Aujourd’hui, il totalise cinq singles et travaille sur un projet d’album presque achevé.
Au-delà de la sortie de cet opus prévue très prochainement, l’artiste ambitionne de le promouvoir partout en Afrique et dans le monde entier à travers des festivals et des rencontres artistiques.
Déjà avec « Door Fayou », son récent titre en featuring avec Yoro Ndiaye, il offre un avant-goût de ce que sera son futur album aux sonorités afropop.
Ibrahima BA

