Coup sur coup, l’écrivain Samba Oumar Fall annonce la parution prochaine de trois romans : Le silence de l’impuissance, 100 espoirs et Dieu n’est pas sénégalais. Trois livres très différents, qui ont en commun l’exil, la maladie et la question de ce que l’on porte en silence.
Samba Oumar Fall fait une rentrée littéraire à trois titres. Les trois romans paraissent en 2026 aux éditions Edisal, et chacun explore à sa manière les épreuves qui séparent les êtres : la maladie, la migration, la peur de l’autre.
Le silence de l’impuissance : un roman de mère, d’exil et de retour
Après vingt ans passés en France, Salimata Fall rentre au Sénégal, terre de ses origines. C’est là qu’elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer incurable. Ses deux enfants vivent loin d’elle : Raby, avocate à Paris, et Doudou, installé à Montréal. Salimata décide de leur cacher la vérité, par pudeur, par amour et par peur de les voir souffrir.
Dans ce silence s’installe un compagnon inattendu : le Cancer lui-même, personnage à part entière que seule Salimata voit. Il s’assoit face à elle et converse avec elle dans des dialogues dépouillés, presque philosophiques, sur la vie, la mort et le temps qui reste.
Le roman paraît à l’occasion d’Octobre rose. Samba Oumar Fall a décidé de reverser l’intégralité de ses droits d’auteur à la Ligue sénégalaise contre le cancer (LISCA). « Faire en sorte que chaque exemplaire vendu devienne, aussi modestement soit-il, un geste de solidarité envers celles et ceux qui affrontent le cancer », explique-t-il. Il dédie le livre « à toutes les femmes qui traversent ou ont traversé cette épreuve ».

100 espoirs : la migration en fantasy
Tous les 333 ans, un navire surgit des ténèbres : l’Éclair. Pour y embarquer, 2 020 combattants s’affrontent sur une plage, et seuls cent survivants sont élus pour une traversée vers une Terre promise. Un cavalier masqué leur annonce la règle : seuls trente-trois atteindront l’autre rive. À la barre, le Nocher, passeur immortel au cœur de pierre, guide le navire à travers un labyrinthe de dix-huit portes, une cité où l’on meurt pour un regard de trop, des cités enchantées et le royaume des ombres.
Parmi les élus, Aljana, karatéka rongée par la vengeance, Rahma, enceinte et fuyant l’infamie, Dieuwrigne, aveugle de naissance, et AmulYaakar, dont le prénom wolof signifie « sans espoir ». Entre fantasy, mythologie et récit de survie, le livre se veut une allégorie de la migration : « la migration racontée autrement ».

Dieu n’est pas sénégalais : entre cauchemar et réalité
Makhou Sarr, 52 ans, est arrivé en Italie en avril 2000. Il a connu neuf ans de précarité avant d’être régularisé, a fondé une famille avec Léna, puis est rentré au Sénégal pour y lancer son entreprise. Quand un virus frappe le nord de l’Italie, il quitte précipitamment le pays et passe vingt-huit jours en quarantaine à l’hôpital. Un vieil imam mourant, Élimane Sarr, lui y confie une phrase qui ne le quittera plus : « Dieu n’est pas sénégalais. »
À sa sortie, le pays a changé. Les marchés sont déserts, la faim pousse les familles à la révolte, et Léna, restée à Bergame, ne répond plus. Puis une vidéo révèle qu’elle a été enlevée en Libye. Makhou part la chercher jusqu’aux geôles de Benghazi.
Le roman aborde la pandémie, le fatalisme sénégalais, l’exil, la foi et la responsabilité humaine. Le titre, précise le dossier de presse, n’attaque pas la foi : il invite à la réflexion. Le livre laisse un message, que Dieu est universel et qu’aucune nation n’a le monopole de Dieu, du malheur ni de la souffrance.

O.B.N


