Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Docteur Abdourahmane Diouf, annonce une réforme ambitieuse du secteur de l’enseignement supérieur privé. Invité de l’émission Point de Vue sur la RTS, ce dimanche 30 mars, il a détaillé les mesures qu’il souhaite mettre en place pour assainir le secteur et garantir la qualité des diplômes délivrés.
« Sur les 298 universités privées existant au Sénégal, au moins une centaine ne remplissent pas les conditions d’agrément, d’habilitation et d’accréditation. Pourtant, des étudiants pris en charge par l’État y ont été affectés par le passé. Si vous avez une centaine d’universités qui ne respectent aucune norme, faut-il continuer à soutenir un système défaillant qui nuit aux étudiants et à leurs parents ? », a déclaré le ministre. Il a également souligné que ce dysfonctionnement a conduit à des situations préoccupantes, où des diplômés découvrent, une fois sur le marché du travail, que leurs qualifications ne sont pas reconnues.
Abdourahmane Diouf a précisé que l’approche de l’État ne consiste pas à prendre des mesures radicales. « Nous n’adoptons pas une attitude de gendarme qui ferme tout, mais nous tendons la main. Nous enverrons des mises en demeure, dialoguerons avec les établissements concernés. L’objectif reste cependant clair : assainir l’enseignement supérieur privé. Les diplômes délivrés par les universités privées doivent avoir la même dignité et reconnaissance que ceux des universités publiques, afin d’assurer aux étudiants une valeur sur le marché de l’emploi », a-t-il expliqué.
Le ministre a ajouté que le ministère, en collaboration avec l’Autorité nationale d’Assurance Qualité de l’Enseignement Supérieur (ANAQSUP), a déjà entamé un travail d’audit et de restructuration du secteur. « Des rapports ont été élaborés et serviront de base aux prochaines décisions du gouvernement. Si nous n’agissons pas rapidement, nous continuerons à produire des diplômes sans valeur. Il est impératif d’agir maintenant », a-t-il insisté.


