Nommé en juillet 2024, Baye Niass a remis vendredi les clés de l’Agence de construction des bâtiments et édifices publics (Acbep) à Cheikh Issa Sall. Il laisse une structure au budget porté à 8,717 milliards de francs Cfa, aux effectifs renforcés et au portefeuille de projets multiplié par quatre. Son successeur promet d’en faire une référence au service de la Vision Sénégal 2050.
La passation de service s’est tenue ce matin au siège de l’agence, en présence d’Abdoulaye Guèye, secrétaire général du ministère des Infrastructures, de représentants du personnel et de plusieurs cadres de l’Acbep. Avant de céder son fauteuil, Baye Niass a déroulé son bilan, chiffres à l’appui. « À mon arrivée, l’Acbep disposait d’un budget de 5 milliards de francs Cfa pour sept projets. En 2026, le budget atteint 8,717 milliards de francs Cfa », a-t-il rappelé. Dans le même temps, l’effectif est passé de 68 à 99 agents.
Le portefeuille a suivi le mouvement. De sept projets, l’agence est passée à une trentaine de chantiers en cours, auxquels s’ajoute une trentaine d’autres en attente d’ordre de service, dans l’enseignement supérieur, l’agriculture, l’élevage et les sports. « L’Acbep change d’échelle, a résumé le directeur général sortant. Cette dynamique doit être poursuivie, les chantiers engagés doivent être consolidés et les acquis préservés », affirme-t-il.
Le personnel réclame dialogue et équité
Saluant le professionnalisme de ses équipes, Baye Niass dit partir « avec le sentiment du devoir accompli », tout en reconnaissant « qu’il reste encore beaucoup à faire ».
Porte-parole des travailleurs, Fatou Diagne Seck a d’abord salué « la responsabilité » assumée par Baye Niass et les efforts consacrés à sa mission. Au nouveau directeur général, elle a assuré la disponibilité du personnel, sans pour autant signer de chèque en blanc.
« Les travailleurs engagés doivent être considérés comme des acteurs à part entière de la transformation de l’agence », a-t-elle plaidé. Elle appelle à une nouvelle étape fondée sur « un dialogue franc et rigoureux » et une écoute réciproque. « Notre ambition commune doit être celle du dialogue, de l’équité et du résultat », a-t-elle conclu.
Faire de l’Acbep « un instrument de référence »
En prenant ses fonctions, Cheikh Issa Sall a dit mesurer la portée de la confiance présidentielle. Le chef de l’État, a-t-il souligné, lui « assigne une mission de haute responsabilité au cœur des enjeux de modernisation et de développement socio-économique » du pays.
Le nouveau directeur général met en avant un parcours en gouvernance publique, ingénierie financière, gestion de projets, maîtrise d’ouvrage et développement territorial. Cette expérience, il entend la mettre au service de l’agence pour en faire « un instrument d’excellence, de performance et d’efficacité », mobilisé autour de la Vision Sénégal 2050 et du Plan national de développement.
Sa feuille de route se veut « résolument tournée vers l’action ». Elle vise une Acbep qui « inspire confiance, produit des résultats » et devienne un vrai partenaire des administrations et des collectivités territoriales. Objectif affiché : des projets mieux conçus et une commande publique plus efficace.
Dernier à prendre la parole, au nom de la tutelle, Abdoulaye Guèye n’a pas ménagé ses éloges. « Pendant 26 mois, vous avez conduit cette structure avec rigueur et loyauté, en plaçant l’humain au cœur de votre système de management », a-t-il lancé au directeur général sortant. Il a cité les ouvrages réalisés pour l’administration et les populations, la contribution aux projets de l’Uam et, surtout, l’engagement dans la livraison des infrastructures des Jeux olympiques de la jeunesse.
Son verdict tient en une formule : « Vous laissez l’agence debout. Vous avez réussi une mission de sauvetage et assuré son repositionnement stratégique. »
Au successeur, le secrétaire général a ensuite fixé le cap. Selon lui, la nomination de Cheikh Issa Sall témoigne de la confiance du chef de l’État en son « expérience » et en ses « compétences de haut cadre de l’administration ». Il l’invite à s’inscrire dans la continuité, à consolider les acquis de son prédécesseur et à amplifier les résultats, avec une seule boussole : « le respect des délais et la qualité ».
Les agents ont, eux aussi, reçu leur consigne. « Le changement de direction ne doit ni ralentir les chantiers ni freiner l’élan collectif », a prévenu Abdoulaye Guèye, avant de demander au nouveau directeur général de « consolider les bases du dialogue social ».
Continuité affichée, chantiers à poursuivre, personnel à mobiliser ; Cheikh Issa Sall hérite d’une agence remise sur pied. À lui, désormais, d’en confirmer l’élan.
S.O.F


