À Genève, où se tient la 114e session de la Conférence internationale du Travail (CIT), le président de Business Africa, Baïdy Agne, a plaidé pour un renforcement du rôle de l’Organisation internationale du Travail (OIT) face aux mutations profondes du monde du travail et aux défis économiques mondiaux.
Reçu en audience par le directeur général du Bureau international du Travail (BIT), Gilbert Houngbo, le dirigeant du patronat africain a insisté sur la nécessité de préserver les capacités d’action de l’institution dans un contexte marqué par des tensions budgétaires. Il s’est notamment inquiété des conséquences des réductions des contributions américaines, les États-Unis représentant près de 22 % du budget ordinaire du BIT.
Pour Baïdy Agne, l’OIT demeure une institution incontournable en raison de son caractère tripartite, qui associe gouvernements, employeurs et travailleurs dans la recherche de solutions concertées aux défis de l’emploi, de la productivité et de la protection sociale.
« L’OIT joue un rôle majeur dans la régulation mondiale de l’entreprise et du travail, ainsi que pour la paix, la stabilité et la justice sociales », a-t-il souligné.
Le président de Business Africa a également salué le bilan du premier mandat de Gilbert Houngbo à la tête du BIT. Selon lui, les réformes engagées en matière de gouvernance et de gestion ont permis à l’institution d’anticiper les difficultés financières et de maintenir ses missions essentielles.
Dans cette dynamique, il a apporté son soutien à la candidature de Gilbert Houngbo pour un second mandat, estimant que la continuité des réformes constitue un facteur de stabilité pour l’organisation. Il a appelé les partenaires de l’Afrique, notamment européens, à soutenir cette candidature.
Les échanges ont aussi porté sur l’élaboration d’une future norme internationale relative au travail décent dans l’économie des plateformes. Baïdy Agne a souligné l’importance de ce secteur, devenu un moteur de croissance, de création d’emplois et de redistribution des revenus à l’échelle mondiale. Toutefois, il a insisté sur la nécessité d’adopter un cadre réglementaire équilibré permettant à l’Afrique de développer ses propres plateformes tout en garantissant une protection adéquate des travailleurs.
La question du dialogue social a également occupé une place importante lors de la rencontre. Le président de Business Africa a réaffirmé son engagement en faveur d’une démocratie sociale active et responsable, fondée sur le respect des droits fondamentaux des travailleurs, la protection des investissements privés et l’amélioration du climat des affaires.
Enfin, Baïdy Agne a sollicité un renforcement de l’assistance technique du BIT afin d’accompagner les entreprises africaines dans l’amélioration de leur productivité et dans la création d’emplois décents et durables. Un enjeu qu’il considère essentiel pour accélérer la transformation économique du continent et favoriser une croissance plus inclusive.
O. FEDIOR


